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BREFS ET AUTRES
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20 novembre 2025

DES TRUCS DANS DES LANGUES

DES TRUCS DANS DES LANGUES

 

« LE DIABLE. Ne vous effrayez pas, j'ai lu vos œuvres. »
(Christian Dietrich Grabbe, « Les Silènes »)

 

Le Diable il dit le
Diable il dit des trucs dans des langues que je ne comprends pas.
Ne pensez pas que je parle du diable car je pourrais tout autant parler de sardines de saucissons secs des chaussettes de l'archiduchesse et des chasseurs avec ou sans chien.
Vous vous dites mais pourquoi mon dieu parler du diable alors que justement Valérian et Laureline (je dis Valérian et Laureline parce que ça me vient à l'esprit car je pourrais tout autant parler de Tif et Tondu de Tintin et Milou de Pif et Gadget de la perruque et de sa cantatrice, laquelle savez-vous est toujours aussi chauve). Qu'est-ce ? Vous pâlissez Vous tremblotez Vous vacillez et vous gélatinifiez Vous vous
Effrayez vous commencez à comprendre que le diable est tout aussi absurde que tout le reste mais qu'il est très puissant puisqu'il n’existe 
Pas, et quand je dis pas c'est pas pour vous empapaouter c'est parce que 
J'ai lu beaucoup de livres dont certains parlaient d'enquêtes en ce monde, d'autres d'enquêtes en d'autres mondes (genres parallèles voyez avec des étrangetés partout) même que j'ai
Lu des livres je ne me souviens plus de ce qu'ils racontent et alors « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur
Vos têtes ? » demanda Oreste qui est un fou de théâtre et probable voyageur spatio-temporel (comme Valérian et Laureline, qui sont des personnages créés par le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières) et qui depuis l'Antiquité est passé sur bien des scènes et dans bien des langues allez.

 

Nous sommes le 19 novembre 2025 et le bitcoin continue de dégringoler dans des abîmes de perplexité spéculative.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 novembre 2025. 

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18 novembre 2025

LES GENS ILS ABUSENT DU REEL C'EST POUR ÇA

LES GENS ILS ABUSENT DU REEL C'EST POUR ÇA

 

« Je reconnais, dit Angelo, que vous avez toutes les raisons du monde de vous méfier de moi. »
(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit »)

 

Je contemple parce que j'ai mes yeux, ne se sont pas encore fait la malle et je
Reconnais le réel à ce que je m'y débats débrouille et dépatouille Il y a ce qu'on
Dit ce qu'on ne dit pas et la nécessité de gagner sa croûte.

 

Angelo est un personnage de roman pas comme vous ni comme moi bien Que nous aussi, fictions auxquelles on croit pour passer le temps, finirons aussi par n'être plus. Et puisqu'on en cause,
Vous y croyez vous à toutes ces histoires de réel fit le fantôme aux autres fantômes.

 

Avez-vous toutes les raisons de ce monde pour vous méfier Sans doute que l'on a toujours 
Toutes les raisons de ce monde pour se méfier de soi.
Les gens ils abusent du réel ils appellent ça vivre et bien sûr qu'ils ont toutes les
Raisons de ce monde pour aller acheter des boîtes de sardines et se mettre en ménage et faire des enfants et c'est ainsi que
Du réel, que savons-nous  réellement ? - C'est que l'on ne parle à son miroir que s'il réfléchit On dit que le
Monde est complexe car ce n'est pas si simple.
De ce monde on dit qu'il est malade car on ne peut pas dire qu'il tourne très rond mais
Vous vous faites une raison parmi toutes les raisons du monde et vous vous dites qu'il faut se
Méfier de tout - défois on dit ça - car rien n'est jamais vraiment comme il a l'air d'être Certains prennent même des haltères et go !

 

De cela que conclure ? Je ne sais pas car
Moi je ne sais pas grand chose sauf que l'on ne fait pas d'omelette sans en casser des œufs c'est pour ça qu'il y a des boîtes de sardines dans la supérette pas loin de chez moi où je salue bien poliment la vendeuse. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 novembre 2025.

18 novembre 2025

A PLEIN NEZ

A PLEIN NEZ

 

« Tous sentaient le terrestre à plein nez, le terrien, le terrier, le terre à terre. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit » [le narrateur]) 

 

Tous ceux-là ce sont des autres on en connaît forcément
Sentaient-ils la soupe la sardine le savon
Le sapin déjà du temps qu'ils étaient vivants sentaient-ils le
Terrestre qu'il dit le narrateur non sans mépris le terrestre ça rappelle le globe les salles de classe les leçons 
A copier à apprendre qu'on en avait 
Plein les cahiers des leçons plein la tête et le
Nez et les heures parce qu'il faut bien que 
Le temps passe sinon qu'on resterait coincé dans le passé coincé dans quelque boucle synchronique coincé le
Terrien que si ça se trouve c'est pas que le passé s'abolit mais que nous ne sommes peut-être jamais qu'une version de nous-même qui continue à passer le temps tandis que l'infini de nos autres versions nos pommes restent coincées fantômes dans des boucles temporelles d'où elles ne peuvent plus s'échapper condamnées qu'elles sont à jamais la même boîte de sardines dans la même supérette pas loin de chez moi c'est-à-dire pas loin de chez tous ces autres qui furent moi.

 

Le truc alors c'est que l'univers serait infiniment composé d'univers parallèles et si on peut conjecturer là-dessus à en devenir drôle d'oiseau dingo pour ce qui concerne la matière on se demande s'il y aurait une infinité d'infinités de choses et d'où qu'elles sortent hein du
Terrier primordial qui fut le moule nécessaire et parallèle de tous les terriers qui trouent l'univers ? Du chapeau de mon oncle qui a perdu son parapluie ? De l’expansion de la tarte aux pommes dont la somme des parts est plus grande que la tarte elle-même ?

 

Le truc aussi c'est que cette phrase que je cite là, de Jacques Sternberg, j'en suis pas tellement fan ; l'est quand même assez aigre, aigrie, un peu rance rochon mais bon c'est vrai que parfois les gens les autres là on dirait pas qu'ils ont vraiment un cerveau qu'on dirait plus qu'ils obéissent à des stimulis comme le chien à Pavlov l'électeur le
Terre à terre il dit le narrateur c'est
A cause de l'allitération que je la cite la phrase à Sternberg la voici: « Tous sentaient le terrestre à plein nez, le terrien, le terrestre, le terre à
Terre » ah la la le tintouin tout ça rythmique la musique ça sauve bien des sottises.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 novembre 2025.

20 novembre 2025

MAIS ISEUT AIME TRISTAN

MAIS ISEUT AIME TRISTAN

 

« Comme le roi Marc aime de grand amour Iseut ! - qui ne l'aime pas, car elle aime Tristan de toutes ses forces. »
(Pierre Champion, adaptation de Tristan et Iseut)

 

Comme le roi - ouah ouah ouah firent les chiens en écho car 
Le roi je suppose qu'il a des chiens, des chiens qui font ouah ouah, comme tous les chiens, et que l'écho alors fait ouah ouah itou Ah ce sont les chiens du
Roi et comme le roi il s'appelle
Marc, je me demande si le roi Marc tire à l'arc. Je pense que oui, le roi Marc tire à l'arc parce que ce serait idiot de se demander si le roi Marc achetait des sardines en boîte dans les supérettes parce qu'à son époque au roi Marc je remarque que l'on n'a pas encore inventé les sardines en boîte dans les supérettes (c'étaient les temps sauvages). Ce qu'il y a, c'est que le roi Marc Aime Iseut sa bouche son nez ses seins ses yeux, et 
De grand amour encore qu'il l'aime et adore car si ce n'était point de 
Grand amour (tiens ce soir je vais me faire une omelette aux champignons) et que si cet
Amour était petit, il aurait dit elle est bien mignonne cette petite et il se serait fait préparer des crêpes au jambon au lieu de se fasciner pour 
Iseut sa bouche son nez ses seins ses yeux, 
Qui d'ailleurs ne l'aime pas ah non non non et ce n'est pas pour ça qu'elle a de longs bras de longues jambes de longs bras de longues mains de longs bras qu'elle 
Ne l'aime pas car si elle ne
L'aime pas c'est qu'elle aime Tristan, dont je ne sais pas s'il a toutes ses dents parce qu'au Moyen-Age je ne sais 
Pas si les gens avaient toujours toutes leurs dents assez longtemps qu'en fait j'en sais rien 
Car il y a bien des mystères en ce monde, mais si Iseut
Elle aime Tristan, c'est embêtant à cause du grand amour fasciné du roi Marc mais c'est comme ça, Iseut 
Aime Tristan (elle aime aussi la tarte aux pommes mais on s'en fiche) et si elle aime
Tristan que voulez-vous c'est comme ça qu'ça s'est écrit, et 
De toutes ses forces et c'est pour ça qu'elle mange beaucoup de soupe, Iseut pour avoir 
Toutes ses forces pour l'aventure et toutes
Ses péripéties là, qu'il faudra qu'elle aura subies Ah ça il en faut des 
Forces ! et si Iseut n'aime pas le roi Marc, lequel aime de grand amour Iseut sa bouche son nez ses seins ses yeux, quelle est donc cette tragédie qui s'amorce ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 novembre 2025.

20 novembre 2025

EN ATTENDANT LA PUBLICATION DES EPSTEINFILES

EN ATTENDANT LA PUBLICATION DES EPSTEINFILES

 

1.
Comme je l'ai appris quand j'étais môme des écoles, il y a bien des chauve-souris vampires dont je lis les appellations sur Wikipédia : le « vampire commun » (Desmodus rotundus), le « vampire à pattes velues » (Diphylla ecaudata), le « vampire à ailes blanches » (Diaemus youngi). Je précise que le poutine n'est pas une chauve-souris vampire ; il ne vit même pas en Amérique du Sud. 

 

2.
18.11.2025. J'entends cette phrase terrible sur France Inter attribuée à un gendarme : « Aujourd'hui, en campagne, il est plus facile de trouver un dealer qu'un docteur. »

 

3.
18.11.2025. Beaucoup annoncent un large vote du Congrès américain en faveur de la publication de l'ensemble des pièces des Epstein Files. La question devient donc non plus si cette publication se fera mais quand elle se fera. 
Question : les enquêtes demandée par Trump sur les liens entre certaines personnalités démocrates, dont Bill Clinton, et Epstein pourraient-elle retarder, voire considérablement retarder, la publication des EpsteinFiles ?

 

4.
18.11.2025. La Chambre des Représentants a voté massivement (427 voix pour 1 contre) en faveur de la publication de l'ensemble des pièces du dossier Epstein. Faut-il s'attendre à ce que le Sénat, le ministère de la Justice ou la Maison Blanche fassent valoir que la sécurité nationale serait menacée par une telle publication et que donc certains noms, certains liens, certains faits pourraient être censurés ?
Personne ne serait dupe mais il est à penser que POTUS Trump pourrait tenter ce coup pour sauver son poste et ce qui lui reste de crédibilité.

 

5.
Il est à penser que tandis que le POTUS Trump s'agite et fait plus ou moins n'importe quoi, bien des journalistes d'investigation, des enquêteurs, des avocats, des juges travaillent dans l'ombre à recueillir indices, preuves et témoignages qui, dès que cela sera possible, feront du futur ex-président Trump un candidat éligible à quelques années de prison. A moins qu'il torde le bras à la Constitution et s'impose, lui-même ou l'une de ses âmes damnées, comme président pour longtemps, très longtemps, je ne vois pas comment il pourrait s'en tirer.

 

6.
20.11.2025, Même s'il est de plus en plus probable que, pour des raisons de sécurité nationale et de conformité aux lois fédérales, les EpsteinFiles ne seront pas, pour l'instant, publiés dans leur intégralité et sans censure, il semble que Trump a compris qu'il devait donner quelque os à ronger à l'opinion publique. Bref, ça pourrait sentir roussi et soucis, divorce et faillite, pour quelques-uns tandis que d'autres auront eu très chaud. En outre, la publication des EpsteinFiles pourrait ouvrir de nouvelles pistes d'investigation et délier quelques langues.

 

7.
20.11.2025. Sur Youtube, une vidéo intéressante publiée il y a trois jours par la chaîne de Colby Hall, « Mediaite Actualités », présente une interview de Howard Lutnick par Miranda Devine (pour Pod Force One) dans laquelle le secrétaire au Commerce des Etats-Unis présente Jeffrey Epstein comme un pervers, un maniaque, avec lequel, dès sa première rencontre, il a pris ses distances au point de faire en sorte de ne jamais « être dans la même pièce que lui ».
Ce n'est pas tout, Miranda Devine faisant remarquer que si lui, Howard Lutnick, a compris dès les premières cinq minutes, que Epstein était infréquentable et toxique, d'autres personnalités ont cependant entretenu des liens avec Epstein (le nom de Bill Gates est cité par Devine), Howard Lutnick a suggéré qu'il était possible que certaines séances de « massage »(puisqu'il est question de massages) aient pu être filmées et que donc Jeffrey Epstein faisait chanter ses victimes, au point de se faire, affirme Lutnick, beaucoup beaucoup d'argent. 
Des vidéos auraient donc été tournées. Que sont-elles devenues ? Lutnick émet l'hypothèse que [certaines] vidéos auraient pu, en 2008, servir de monnaie d'échange avec l'administration de George W. Bush [ou le FBI ? ou la CIA ? ou...?] et permettre à Epstein d'écoper d'une peine légère si l'on considère que des investigations approfondies auraient déjà pu l'envoyer en prison pour longtemps. 
Quand Miranda Devine pose la question de ce que savait ou ne savait pas Donald Trump de ces séances de massage, Howard Lutnick répond qu'il ne sait pas et dit ensuite le plus grand bien de son ami le POTUS Trump.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20.11.2025.

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15 novembre 2025

L'UNIVERS QU'ON VOUS DIT C'EST-Y PAS BEAU ?

L'UNIVERS QU'ON VOUS DIT C'EST-Y PAS BEAU ?

 

« Mais dans cette hypothèse, on ne saurait pourtant dire qu'il s'agit du commencement absolu de l'Univers. »
(Pauwels/Bergier, « Le Matin des magiciens »)

 

Mais c'est tout de même étrange cette histoire d'univers qu'on dirait qu'il s'est auto-engendré auto-généré big bang badaboum shazam patatras répandu 
Dans tout un tas d'infinis 
Cette affaire j'y pige que couic C'est tout
Hypothèse et paradoxes et bizarreries quantiques chats fantômes.
On ne sait pas nous péquins pensifs et on voit se développer les Intelligences Artificielles On
Ne sait pas nous pitoyables péquenauds et voilà qu'on nous annonce « l'ordinateur quantique » (c'est-y dieu qu'on réinvente?). Quel professeur
Saurait m’expliquer tout ça qu'est bien tarabiscoté allez

 

Pourtant tandis qu'ça fume et cogite dans les sphères pensantes faut tout de même
Dire que ça a pas l'air de s'arranger en bas chez les crétins ordinaires : guerres massacres assassinats meurtres Trump actuel POTUS qu'est tellement sot comme un navet qu'il n'a pas l'air de comprendre pourquoi il est si impopulaire Poutine actuel chef de gang qui ruine la Russie et envoie sans sourciller la jeunesse de son pays à la boucherie complots et intrigues partout les grandes gueules aux portes du pouvoir C'est 
Qu'il s'agit de ne pas prendre un panzer pour une ballerine hein
S'agit de pas s'illusionner ça ne va pas très bien
Du coup on resterait bien chez soi à boire de la bière en écoutant des rolling stones mais faut travailler c'est la grande loi du bipède Au
Commencement je ne sais pas quelle mouche a piqué qui quoi qu'est-ce et tout cet
Absolu là qu'on croit que c'est le réel alors parce que je n'avais plus
De pâtes je suis allé à la supérette et j'ai acheté des œufs une boîte de sardines et du café et comme dit j'ai bonjour à la caissière la caissière m'a dit bonjour c'est dans
L'Univers tout ça les œufs les sardines en boîte les vendeuses les vendeurs Trump Poutine et toutes les autres tronches d'ahuris des puissances avec leurs armes très dépeuplantes L'Univers qu'on vous dit c'est-y pas beau ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 novembre 2025. 

 

21 octobre 2024

QUI C'EST-Y QU'A PIQUE-NIQUÉ LA GRENOUILLE ? 

QUI C'EST-Y QU'A PIQUE-NIQUÉ LA GRENOUILLE ? 

 

1.
« Mon chou... je ne te vois plus... où es-tu ? Qui sont-ils ? Qu'est-ce qu'ils veulent tous ces gens-là ? Qui est celui-là ? »
(Ionesco, « Les Chaises » [La Vieille appelant son Vieux])

 

2.
Que m'décrépitant, qu'en zieutant des concerts rock sur Arte, je ne vois plus que saucisses remuantes... d'l'électric sausage.

 

3.
La malice est sous la limace d'Alice
La maison poulaga ne prend pas de royco
Avez-vous retrouvé le crâne de la cantatrice ?
Non, mais on retrouvé sa tête et son chapeau.

 

4.
Le collègue n'a retrouvé ni ses poches ni son dentier
Le yaourt a oublié la sorbetière
La concierge a bouffé l'escalier
On ne mange pas des yeux de merlan frit à la petite cuillère.

 

5.
« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage »
(Baudelaire, « L'albatros »)

 

Souvent je me dis des choses incongrues grues qui passent as de pique
Pour me passer le temps je me dis des choses incongrues grues qui crient orties piquent
S'amuser vaut mieux que d'avoir un cor au pied pied de porc porc salut !
Les choses incongrues que je me dis ne sont pas faites pour être reliées yéyé ! v'la les hurluberlus 
Hommes, vous avez beau être, vous n'en êtes pas plus plus ça va plus ça rame
D'équipage n'en ai point de flûtiau non plus plus ça rame, moins ça va.

 

6.
Je n'ai rien à leur dire je les laisse tranquilles moi les fruits confits.
D'ailleurs je n'en reprendrai pas c'est trop souvent qu'on nous en sert de l'infernal.
N'essayez pas de lui échapper qu'il va vous tomber sur la tête et bien vous carbonarer le Grand Spaghetti.
C'est le poisson qui a glissé du journal qui me l'a dit parce qu'à force d'être emballé il en sait des choses le poisson qui a glissé du journal.

 

 

7.
Et à force d'écrire des âneries, voilà qu'il est 23 heures 9.
Je me demande si la lune fume la pipe.
Quand j'aurai cassé la mienne, je ne me demanderai plus si la lune fume la pipe.
Alors j'en profite tandis qu'au gouvernement tanguent les têtes d’œuf.

 

8.
Si Trump est élu président des Etats-Unis, j'ai écrit que ce serait une opportunité pour Poutine de gagner sa sale guerre en Ukraine. A y songer, pas si sûr. Trump est parfois imprévisible, voire lunatique. Suffit qu'il trouve qu'une victoire russe ne favorise pas assez les intérêts du MAGA, et il pourrait soudainement envoyer paître quelques conseillers républicains un peu trop poutinistes et trouver des qualités à Zelensky et à l'Ukraine. Quant au kompromat, comme je l'ai déjà dit, si ce kompromat existe (et ça reste à prouver), à moins que ce soit quelque chose de grave (relations intimes  avec des mineures, par exemple), si c'est juste une sex-tape de galipettes avec une Natacha du KGB majeure, vaccinée, quelconque, ça, Trump, à mon avis, il s'en fiche.

 

9.
20 octobre 2024  Paradoxe moldave. Sans doute que les services russes n'ont pas choisi le bon candidat pour s'opposer à Maia Sandu ou que les Moldaves tiennent résolument à leur neutralité.

 

10.
Rappel : 1 euro = 104 roubles. 1 dollar = 96 roubles. Ces 6 derniers mois, les indices boursiers russes ont nettement chuté. Le taux directeur de la banque centrale de Russie est actuellement de 19% (!). L'inflation est toujours à plus de 8%. Les sanctions portent leurs fruits.
Les sanctions occidentales affaiblissant nettement l'économie russe et Poutine étant obligé de demander de l'aide à la Chine, la Corée du Nord et l'Iran, si la Russie perd sa sale guerre en Ukraine, alors elle pourrait n'être plus aussi respectée par ses partenaires des BRICS.

 

11.
Je me demande si à force de tirer sur la corde de la vache à lait, les politiques français n'ont pas fait déborder le vase de la poule aux œufs d'or et pique-niqué la grenouille.

 

12.
« puzzle que ma tête... » qu'il dit le narrateur du « Château l'autre » à Céline. C'est d'ailleurs la grande réussite de ce livre, cette alternance des temps, celui de Siegmaringen, celui de Meudon... la mémoire zigzague ; imprécations toujours.

 

 

13.
« J'insiste... les points sur les i !... j'ai l'heureuse mémoire d'éléphant... on croit toujours me baiser, mon air abruti... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

D'éléphant certes, mais sélective.

 

14.
Y a de ces réels, sont d'un ahurissant... perspectives, impasses, odieux camemberts, graphiques loustics... j'entends des gens passionnés à la radio... astronomes, acteurs, physiciens, littérateurs, voyageurs, comédiens... zont l'épatance plein la bouche... comment qu'ils font ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2024.

30 décembre 2024

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

 

1.
Pourquoi l'introduction du roman « Némésis », d'Agatha Christie, commence par ces mots que Miss Marple se répète à mi-voix, je cite :
« - Notre code est Némésis. » ?

 

- Parce que Miss Marple est âgée et commence à dérailler de la comprenette ?
- Parce que cette phrase signifie, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, que, « maintenant, il va falloir manger du saignant » ? 
- Parce que Némésis est la déesse grecque de la colère et de la vengeance, laquelle est un plat qui se mange froid, comme chacun sait depuis que quelqu'un l'a dit quelque part ?

 

2.
Que fait-on quand, comme ma pomme, on devient vieux ?

 

- On ronchonne que c'était mieux avant ?
- On soupire après ses amours perdues ?
- On se laisse aller à la nostalgie des films de Truffaut et de Hitchcock, des romans de Simenon et d'Agatha Christie, des chansons de Brel et de Nougaro et on hausse les épaules quand on écoute blablater les politiques qui ont cours ?
- On attend la tarte aux pommes ?

 

3.
« - N'allez surtout pas encore vous mêler de quelque crime, tante Jane. »
Cette demande que dans « Némésis », d'Agatha Christie, Joan, la femme à Raymond, fait à Jane Marple (Raymond, c'est à neveu, à Jane), est-elle:

 

- Une phrase en l'air puisque, Jane Marple étant le personnage principal d'un certain nombre de romans policiers composés par Agatha Christie, si elle ne se mêle pas « de quelque crime », y a pas de roman ?
- Une autre phrase codée qui, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, signifie que « le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat. » ? 
- Que Joan s'inquiète pour sa tante ?

 

4.
« - Jaune soufre, dit-elle à haute voix. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Qu'est-ce que ceci que cette phrase ?

 

- Une autre phrase codée qui signifie que ce lundi 30 décembre 2024, j'écoute France Inter (il est dix heures huit) et que ça me gave, leur didactisme mielleux là ?
- Une indication sur les préférences de Miss Marple quant à l'aménagement de son jardin ?
- Une faute de frappe car « Jaune  souffre », et terriblement, cause qu'on est dans un roman policier à énigmes et psychologie (tourments de l'âme,  macédoine de légumes, bottes de caoutchouc et chapeau mou) ?

 

5.
Je me demande quel est mon album de musique préféré ?

 

- « Atom Heart Mother », de Pink Floyd, parce que c'est un album qui me fascina à l'époque où j'écoutais de la musique qui fait du bruit plutôt que de faire mes devoirs (ah la la) ?
- « Il Faut Tourner l'Apache », de Sttellla qui date de 1998 et que je tiens pour aussi essentiel que la mousse à raser et le chausson aux pommes ?
- La Neuvième Symphonie, de Beethoven, laquelle est réellement extraordinaire d'un bout à l'autre que, s'il y a bien une musique qui a l'air de venir d'ailleurs, c'est bien ce chef d’œuvre là ?

 

6.
« Je me contente de poser un pied devant l'autre, tout en réfléchissant à certaines choses.
Quelles choses ? s'enquit Cherry avec intérêt.
J'aimerais bien le savoir moi-même. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Que veut dire cette étrange réponse de Miss Marple ?

 

- Qu'elle ne sait pas à quoi elle pense, mais qu'elle y pressent quelque mystère ?
- Que Miss Marple ne veut pas révéler le fond de sa pensée, parce que voilà ?
- Qu'il y a « certaines choses » qui vous traversent l'esprit, genre Dada Ronron, ou Macron cron cron, ou zigouigoui stellaire, qu'on ne sait pas ce que ça veut dire non plus ?

 

7.
« Ses sourcils étaient faux, et cela expliquait tout. »
Cette réflexion qui, au sortir d'un rêve, vient à Miss Marple, nous rappelle que l'on trouve souvent, sous la plume d'Agatha Christie, des allusions à l'univers onirique.Sinon qu'en penser ?

 

- Rien du tout, parce que je vais faire une pause ?
- Rien du tout, parce que ces faux sourcils signifient sans doute autre chose, de bien plus profond que de faux sourcils, genre le dernier roman dont on cause sur France Culture, que je n'ai pas lu, parce que je ne lis guère, et encore moins de derniers romans dont on cause sur France Culture, que même si je les trouve dans une boîte à livres, je me dis  « Tiens, le dernier roman dont on cause sur France Culture ; je ne vais pas le lire. » ?
- Que je n'ai pas de faux sourcils (les miens étant assez épais pour qu'on s'en souvienne) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

13 novembre 2025

SOPHIE LES OVNI LES BD ET LES VACHES

SOPHIE LES OVNI LES BD ET LES VACHES

 

« Sophie entra chez moi, en 1975, avec beaucoup d'assurance comme si elle y était déjà venue souvent. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit »)

 

Sophie cette Sophie là je ne la connais pas d'ailleurs je ne connais pas beaucoup de Sophie mais elle
Entra chez moi dit le narrateur d'un roman que je ne lis pas.

 

Chez moi il y a trop de romans de toute façon chez
Moi il y a trop de romans, que je crois que la nuit ils s'échangent des informations sur le réel.

 

En 1975, je lisais le magazine Spirou où il y avait plein d'aventures et d'humour en couleurs et il y a toujours plein de Spirou chez moi.
1975, c'est l'année de la chute de Saigon et de la défaite des Etats-Unis au Vietnam , c'est aussi l'année de la mort de Franco ; c'est aussi l'année de la sortie du film « Black Moon », de Louis Malle. 

 

Avec le steak-frites je prends des frites sinon ce n'est plus un steak-frites et alors autant aller se faire cuire un œuf. Je ne sais pas s'il y a vraiment
Beaucoup de récits d'enlèvements (des abductions on dit) de vaches par des soucoupes volantes que je me dis pourquoi des vaches et pas des bœufs ou des vélos ou des bérets ou des taureaux ou des beignets. Avec beaucoup
D'assurance donc elle entra chez moi dit le narrateur et moi c'est
Comme si ça m'obnubilait sérieux cette affaire d'abductions là comme
Si les Visiteurs venus dans leurs véloces vaisseaux s’intéressaient plus aux vaches qu’aux canards ou qu’aux dindons ou qu’aux allumés zozos des zones que moi je comprends pas.   

 

Elle le narrateur dit qu'elle s'appelle Sophie mais si ça se trouve
Y a pas d'Sophie du tout que c'est encore un déguisement de l'infâme Olrik çui là il
Était l'adversaire des aventures de Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs.

 

Déjà que je ne sais pas si je le lirai ce roman qu'elle est
Venue l'énigme des vaches ôtées de leur plancher par les puissants rayons des Visiteurs dans leurs drôles de machines même que
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025. 

11 novembre 2025

ON A COMME L'IMPRESSION

ON A COMME L'IMPRESSION

 

« On a comme l'impression d'entendre un grand désordre, mais parfaitement ordonné : Thelonious, ou l'Art de la Chute ».
(Laurent de Wilde, « Monk »)

 

On ne sait pas toujours ce qu'on fait à cause de l'inconscient qui machine On
A l'impression de réaliser quelque chose qu'le farceur de not'tête dedans programme autre chose qui va nous retomber dessus fatal qu'on s'y attend pas

 

Comme on ne sait jamais à quoi s'attendre y compris qu'on puisse tomber raide foudroyé alors qu'on est train de débiter les âneries de tous les jours parce que souvent qu'on débite des âneries on a
L'impression que tout ça (notre passage affairé parmi les vivants) est bien précaire fragile fatal

 

D'entendre du jazz c'est bien intéressant tout de même pour peu que l'on s'intéresse au jazz là dans son texte Laurent de Wilde dit que quand on l'écoute Thelonious Monk, « on a comme l'impression d'entendre un grand désordre »
 

Un jour je ne fus jamais pianiste de jazz Pourtant quel
Grand contentement cela aurait été pour moi d'être un pianiste de jazz comprenez un vrai capable d'innover tout en restant élégant charmeur vivace
Bah
 

Désordre qu'elle fut la vie que je n'ai vécue que parce que je me le dis (je ne sais pas si cette phrase a un sens)
Mais les jours se suivent et je me fais des omelettes
Parfaitement des omelettes aussi des crêpes et aussi des films 

 

Ordonné je ne le suis guère je fais comme je pneu fis-je en changeant ma roue (cette phrase est  tellement idiote qu'elle va finir par meugler en regardant passer un ministère)
 

Thelonious Monk faut être franc je ne l'écoute pas souvent
Ou alors c'est parce que ça passe à la radio (mais sur France Inter ça fait longtemps qu'ils ont remplacé les géants du jazz par euh autre chose)

 

L'Art c'est du bizness aussi faut se le dire
De Thelonious Monk les gens j'crois bien qu'ils préfèrent les chips les électro-zozos et les bavards si sots trois fois sots de la téloche

 

La musique, j'aime bien aussi les endives au gratin le coq au vin les aquarelles de Marie Laurencin (ah si, c'est joli !) quelques chansons de Joe Dassin La
Chute est un bon texte d'Albert Camus mais je ne sais plus si on y joue du piano. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

11 novembre 2025

TIENS DES SARDINES

TIENS DES SARDINES

 

« J'ai vu une boîte aux lettres sur un cimetière. - »
(Xavier Forneret in André Breton, « Anthologie de l'humour noir »)

 

J'ai dormi car j'avais les yeux fermés donc j'en ai profité. J'ai
Vu qu'au réveil il était l'heure et je me suis dit Tiens il est l'heure.
Une fois que c'est l'heure il faut bien songer que le temps passe alors j'ai ouvert une
Boîte de sardines parce que j'aime à méditer sur les sardines et me réciter les vers immortels de Georges Fourest dont le titre est « Sardines à l'huile » et qui se terminent par le si touchant et si évocateur « Sans voix, sans mains, sans genoux / Sardine, priez pour nous !... »
Aux sardines je songe souvent (surtout quand j'en mange et que je me dis Tiens des sardines) je songe aussi aux 
Lettres de mon moulin ou aux Lettres de Madame de Sévigné laquelle s'appelait Marie de Rabutin-Chantal comme la sardine s'appelle sardine et le hareng-saur hareng-saur et les poules du couvent couvent les poules du couvent couvent.
Sur cette boîte aux lettres je n'ai rien à dire (je ne connais même pas son prénom). L'auteur, un certain Forneret Xavier (1809-1884, il est donc mort) nous indique que c'est sur - non pas « dans » ou « à l'entrée de » mais sur
Un cimetière qu'il l'a vue, cette boîte aux lettres. Après enquête du GEIPAN s'il est avéré que ce 
Cimetière existe, il apparaît ossi qu'on ne dispose d'aucun autre témoignage signalant quelque OVNI PAN UFO ou même une simple boîte aux lettres survolant le calme des morts et la patience des chrysanthèmes (ce qui ne veut pas dire grand chose mais la vie étant si absurde n'est ce pas). 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

9 novembre 2025

L'HUMAIN FAUT QU'IL S'INTERESSE 

L'HUMAIN FAUT QU'IL S'INTERESSE 

 

1.
Actualité : généralement brûlante. Il faut bien que journalistes et politiques survivent à leurs propres sottises. 

 

2.
Les aventures de Blake et Mortimer, d'Edgar P. Jacobs, ne sont pas dénuées d'humour. Outre cet esprit de sérieux à faire rire les meugleuses au pré qui anime les dialogues des protagonistes et leur contenu science-fictionesque, on peut citer « l'invraisemblable tacot, datant de l'époque héroïque de l'automobilisme », véhicule rappelant les virées burlesques du cinéma muet et dont le professeur Mortimer se gausse à la page 24 du tome 1 du « Mystère de la grande pyramide » avant de rencontrer son curieux propriétaire, smoking ou pied-de-poule (c'est que je n'y connais rien) barbe rousse, haut-de-forme, l'égyptologue amateur Herr Doktor Grossgrabenstein.   

 

3.
Canard à l'orange
Ne fait pas coin-coin ; cuit cuit
Qu'il est cuit cuit cuit.

 

4.
Petit matin, scran.
Je crois que le rideau bouge
Nul spectre pourtant.

 

5.
Dégoût ? Humour ? Elle dit
Au spectre apparu
- Hou hou hou ! Il est minuit ! -
Pourriez-vous voiler
Cette tête au cou coupé ?

 

6.
L’œil, l’œil est partout.
A la page vingt-neuf l’œil 
Inaperçu l’œil 
A travers un judas l’œil
Quoi qu'il fait, l’œil ? L’œil
Observe.

 

7.
On dit Jordan Bardella inculte et peu compétent. Sa possible candidature aux présidentielles 2027 serait-elle un signe supplémentaire d'une hypothétique volonté de Marine Le Pen de ne surtout pas permettre au RN d'accéder au pouvoir ?
Hoplali, Hoplala, voterez-vous Bardella ou Mélenchon ? Que préférez-vous, la peste ou le choléra, le freluquet ou le vieux tromblon grognon ronchon ?

 

8.
A la page 39 de l'album « Le Mystère de la grande pyramide », d'Edgar P. Jacobs, cette incise dans les propos du professeur Mortimer : « ... je vais me poster dans le hall et si Olrik – que je suis d'ailleurs le seul à pouvoir identifier – tente de sortir... » donne à songer que, si ça se trouve, Olrik n’existe pas et que le professeur Mortimer est victime d'hallucinations récurrentes et thématiques.

 

9.
L'introduction d'un bouquin écrit par un radioastronome russe... cité page 169 de l'édition de poche folio avec le dessin de Gourmelin qui représente l'Ouroboros en forme de 8 avec des masques dans les creux dudit 8 ... j'en sais pas plus, obligé de chercher... Voulez pas qu'à mon âge, avec la Camarde qui grattouille vaguement à la porte, je me farcisse le pensum non ? « L'homme éternel » (1970) par les curieux Pauwels et Bergier, la suite du « Matins des magiciens » (1960) qu'a donné à songer à bien des têtes dis, la première bible des complotistes avant que les complotistes et puis des lâchent toute leur furie d'araignées partout sur la Toile.... S'agit de l'introduction d'un opus écrit par Iossif Chklovski (1916-1985) puis collaboré avec Carl Sagan... « Intelligent Life in the Universe »... des années soixante et y en a qui doutent de rien. 
C'est sur les « êtres raisonnables » qui fourmilleraient partout dans le cosmos le plus lointain, que ça viendrait, cette idée de leur existence aux gaziers sidéraux, des « cultes primitifs »... C'est qu'on s'y est intéressé, aux cultes primitifs, car l'humain, voyez, quand bien même il danse sur un volcan en agitant ses petits drapeaux, même qu'il se pourrait qu'il finisse assez prochainement grillé des climats et très évaporé des fissions, l'humain faut qu'il s'intéresse, hein, au voisin qui bat sa femme, à Totor qui turlupine Nono, à la philosophie allemande, au riz cantonais, aux courses de vélo, aux scandales du dopage, au diable et au bon dieu, aux équations des plus tarabiscotées, au paradoxe de Fermi et à la barbe des barbus, à l'avenir de l’Éducation nationale, aux nains ministériels, aux cultes sur les commodes et à ceusses des primitifs, cause qu'ils « vitalisent », les cultes primitifs, « choses et phénomènes »... Animisme... Croyances et rituels... Lé début de la bêtise, avec sacrifices humains et autres bizutages sanglants, mais que l'Université anoblit, structure et voyez-t-y comme l'humain est complexe là sur ses deux jambes avec son zigoto qui pendouille...
Après ça cause du vague des notions bouddhiques et « transmigration des âmes », comme quoi, les âmes, une fois qu'ils sont tout couiqués, les gens, les âmes, elles iraient au Soleil, à la Lune, et aux « étoiles fixes » (ça a-t-y un sens ça les étoiles fixes dans tout cet infini agité d'partout ?) que je me l'imagine le Charon avec sa tête d'antique à enquiquiner le candidat, transportant les âmes dans un aéronef intergalactique et traversant allure le fleuve noir des espaces effrayants, avant, bien sûr, la « béatitude du nirvâna », lequel était un groupe de rock sans circonflexe qui comme tous les groupes de rock fit beaucoup de bruit.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 novembre 2025.

11 novembre 2025

MORTIMER ARRACHÉ 

MORTIMER ARRACHÉ 

 

« Subitement, et comme obéissant à un signal de son subconscient, Mortimer est arraché à son sommeil. »
(Edgar P. Jacobs, « Le Mystère de la grande pyramide », tome 2)

 

Subitement je constatai que j'étais encore là
Et cela m'étonna, alors j'ai changé de disque
Comme si changer de disque pouvait me faire sortir d'ici, comme si comme si  je n'étais déjà pas là plus là ou quelque chose comme ça.

 

Obéissant à un instinct secret et ancestral, je me fis cuire un œuf.

 

A neuf heures faut que je téléphone à quelqu'un c'est bien embêtant.
Un spectre ne m'apparut pas ; c'est que le réel fait bien son travail de garde-spectres. Au
Signal convenu, il ne se passa rien allez donc faire confiance à des gens qui n’existent pas. 

 

De toute façon c'est pas toi qui dis c'est pas toi qui fais c'est
Son subconscient qui réveille le professeur Mortimer car il a un
Subconscient Mortimer quand bien même il ne serait qu'un personnage d'une bande dessinée signée Edgar P. Jacobs.

 

Mortimer donc il est dans son lit parce qu'il dort et c'est qu'il 
Est arraché et ça c'est pas bien d'arracher les Mortimer car après quand il est
Arraché le personnage c'est pas agréable à lire l'album.

 

A neuf heures faut que je téléphone à quelqu'un et il est déjà presque neuf heures je sens que je ne vais pas téléphoner à neuf heures.

 

Son truc à Mortimer c'est de ne pas exister jamais. C'est pour ça son
Sommeil c'est juste une façon d'être personnage de bande dessinée parmi les autres personnages de bande dessinée ; après que « le long corps sinueux d'un naja » (c'est un serpent) apparaisse dans sa chambre à Mortimer c'est rien là, parce que ce naja là à lui son dada, c'est itou de ne pas exister, jamais et ça c'est bien pour l'éditeur parce que comme ça le lecteur, il ne risque rien.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

2 novembre 2025

LE COUREUR RESTE PASSIF

LE COUREUR RESTE PASSIF

 

1.
 Prague où, ces années-là, tout le monde a peur, tout le temps, de tout le monde et de tout, partout. »
(Jean Echenoz, « Courir », ch.11)
Cette phrase évoque la Tchécoslovaquie de la guerre froide, plus précisément, l'ère Gottwald, entre 1948 et 1953. Je songe que ce qui, croyait-on, appartenait au passé, donne des signes de résurgence, et pas seulement en Chine et en Russie mais au cœur même des Etats-Unis, où il semble que, Trump, semaine après semaine, prépare l'opinion publique à une mise entre parenthèses de l'idéal démocratique américain.

 

2.
22 octobre 2025. 20 heures 30. Évocation dans le feuilleton de France Culture (« L'homme inquiet » de Henning Mankel) des jouets en bois que l'on trouvait à Berlin-Est avant la chute du Mur.

 

3.
« La Fille de Vercingétorix », une aventure d’Astérix et Obélix, signée Ferri pour le scénario et Conrad pour le dessin, est vraiment très drôle. Le jeune Goth romanisé, appelé Ludwikamadéus, surdoué hyperactif qui tape sur son tambour des BOM BOM BOM en lettres gothiques qui finissent par taper sur les nerfs de son père adoptif, le commandant d'un navire romain à la recherche d'Adrénaline, la fameuse fille de Vercingétorix, ça m'a bien amusé.

 

4.
Octobre 2025. Vu « L'homme qui rétrécit », de Jan Kounen, avec Jean Dujardin dans le rôle principal (il y est excellent). Cette nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson met l'accent sur la métaphore de l'oubli et pose la question du sens de l’existence. Superbe, intelligent, sensible.

 

5.
Dans le dossier pédagogique de l'édition de poche « Folio + Lycée » que Antony Soron consacre au  « Courir », de Jean Echenoz, cette phrase : « Il [Emile, c'est-à-dire Emil Zatopek] court plus vite que son ombre, il crucifie les records un à un ; au même moment, le bloc de l'Est, d'où il est issu, s'enferre dans les lenteurs accablantes de sa bureaucratie. »
C'est que les habitants du réel n'obéissent pas tous aux mêmes vitesses. Et nous avons tout à craindre de ce monde hypertechnologisé, hyperconnecté et hypercontrôlé dans lequel la technocratie veut absolument que nous entrions ; il nous obligera, nous oblige déjà à toujours plus de vitesse, à être de plus en plus performant. Nous entamons une course et cette course, ce sont les machines qui vont la gagner, pas les humains.

 

6.
Octobre 2025. Lu le dernier Astérix, « Astérix en Lusitanie », de Fabcaro au scénario et jeux de mots, et Didier Conrad pour le trait virtuose. A partir de la planche 18 et la participation du « petit anxieux et du gros nonchalant » à un « cogitum » de consultants en communication, c'est marrant. L'album évoque aussi la mélancolie (souvenir de Pessoa?), le fado, la morue et le vin. 
Citation : « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion... » 
(Fabcaro et Conrad, « Astérix en Lusitanie », pl.5 [Boulquiès citant Voltaire et son « Poème sur le désastre de Lisbonne »]) 

 

7.
« Le coureur reste passif (le sujet des verbes d'action est « on » ; ce pronom indéfini sous-entend que la force à l’œuvre (le régime) dépasse l'humain, agit de manière diffuse, puissante mais insaisissable. »
(Antony Soron, Dossier pédagogique de « Courir »,  de Jean Echenoz, Folio + Lycée, p.121).
On pensait que cet omniprésent « on »  des régimes du Bloc de l'Est était réservé aux dictatures du passé. Il semble de plus en plus évident que ce « on » est, via la technocratie, en passe de revenir en force jusqu'au cœur des démocraties libérales.

 

8.
Ah la pleine page 18 du tome 1 de l'album « Le Mystère de la grande pyramide », d'Edgar P. Jacobs (« opéra de papier », élégance de la ligne claire, le journal de Tintin, lettres de noblesse de la pop culture, de la bande dessinée, de l'enfance préservée des sottises politiques, années de collège et de la pluie, préau, illustrés pour la jeunesse avant que l'on tombe dans le Rolling Stones et autres tonitruants circus, Agatha Christie, Belphégor, Riri-Fifi-Loulou, choucroute et pipe de Maigret, cabas, bar-tabac, carambar et caramba n'est pas en haut). Sombre et bleu, « musée égyptien », statues des dieux antiques, et le cartouche explicatif : « Mais tandis que le professeur se penche sur l'infortuné Mohamed Zaim, une ombre menaçante sort sans bruit du renfoncement obscur de la « fausse porte ».

 

9.
Jusqu'à l'âge de 14 ans, ma grande préoccupation fut la lecture. J'avalais volume après volume (tout y passait, de Jules Verne à Henri Vernes). Ma bonne mère, ma petite maman, insistant pour que j'achète un disque et finançant cet achat, j'achetai un album des Beatles et je fus damné, fasciné, stupéfait, idiotisé. La suite fut : rock n' roll, bières, clopes, filles.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 novembre 2025.    

30 décembre 2024

SOUS L'OEIL DU CHAT DU LUTHIER

SOUS L'OEIL DU CHAT DU LUTHIER

 

1.
« Fourier, qu'a-t-on fait de ton clavier
Qui répondait à tout par un accord »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Que peut-on déduire de ces vers ?

 

- Que Charles Fourier avait réponse à tout, ou assez d'imagination pour trouver une réponse à tout ?
- Que Charles Fourier avait inventé un piano savant mécano-dialectique, un genre de pianocktail à la Boris Vian, mais philosophique ?
- Que Charles Fourier utilisait l'ordinateur ?

 

2.
« Je vois ce qui m'est caché à tout jamais
Quand tu dors dans la clairière de ton bras sous les papillons de tes cheveux »
(André Breton, « Écoute au coquillage »)
Ce joli trait, exquis, qu'esquisse-t-il ?

 

- Une jolie peinture ?
- Une publicité pour une marque de déodorant ?
- Une jolie fille ?

 

3.
« Au comptoir une femme nue ailée
Verse le sang dans des verres d'éclipse »
(André Breton, « Je reviens »)
Ce drôle de trait, quoi qu'il évoque ?

 

- Une étiquette d'apéritif pour vampires ?
- La part féminine d'un ange de l'apocalypse qui sert à boire aux âmes condamnées ? 
- Une vignette dans une bande dessinée d'heroic fantasy ?

 

4.
« Il était dit que le jeu de mains devait mal finir. »
(André Breton, « Le lever du soleil »)
A quoi André Breton fait-il ici allusion ?

 

- A un meurtre dans un jardin anglais, cependant que le jardinier n'est pas fatalement le coupable ?
- Au proverbe « jeux de mains, jeux de vilains » ?
- A la violence civilisationnelle qui est autant liée à la rareté naturelle qu'à l'ineptie de certains principes et traditions ?

 

5.
« Femme à la blonde aisselle coiffant sa chevelure à la lueur des étoiles »
(André Breton, Titre d'un poème en prose)
A quoi vous fait penser ce titre de poème ?

 

- A une suite (apparemment, elle est réveillée) de ce que André Breton a écrit dans « Écoute au coquillage », je cite : 
« Je vois ce qui m'est caché à tout jamais
Quand tu dors dans la clairière de ton bras sous les papillons de tes cheveux » ?
- A un tableau de Joan Miro (avec plein de signes dedans, que ça fait comme un jazz muet somptueux, et aussi un accent aigu sur le « o » (comme dans chevillette mais sans accent) ?
- A de la mousse à raser ?

 

6.
« Le chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. »
(André Breton, « Femme et oiseau »)
Pourquoi ce chat rêve-t-il et ronronne dans une lutherie brune ?

 

- Parce que c'est le chat du luthier ?
- Parce que ce chat n'a rien d'autre à faire ?
- Parce que ce chat est lui-même luthier ?

 

7.
« Un voilier porté par les alizés s'ouvre une passe dans les bois. »
(André Breton, « Le chant du rossignol à minuit et la pluie matinale »)
Qu'est-ce que cette phrase ?

 

- Une surréalisterie dans un grouillement de surréalisteries ?
- Une évocation de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ?
- Une imitation des phrases rimbaldiennes ?

 

8.
« Lamiel, le tison aux doigts, s'apprête à incendier le Palais de Justice. »
(André Breton, « La poétesse »)
A quoi le poète fait-il ici référence ?

 

- A un fait divers célèbre (une anarcho-syndicaliste du début du vingtième siècle ayant incendié un Palais de Justice considéré comme un instrument de pouvoir et de domination aux mains des puissants  ?
- Au personnage principal, Lamiel donc, d'un roman éponyme et inachevé de Stendhal ?
- A Cassandre ? (Pourquoi Cassandre ? Et pourquoi pas Cassandre ?, car ce n'est pas parce que Cassandre ne s'appelle pas Lamiel que l'on ne peut pas penser à Cassandre).
- A une chaudasse ? 

 

9.
« Même si, à beaucoup près, « la bouche d'ombre » ne m'a pas parlé avec la même générosité qu'à Hugo et s'est même contentée de propos décousus, [...] »
(André Breton, « Le la »)
Que penser de ce début de phrase ?

 

- Qu'André Breton reconnaît que sa poésie est parfois décousue, rapport au grouillement de métaphores qui défois lui remuait la caboche ?
- Que, modeste, André Breton, reconnaît le génie inspiré de Victor Hugo ?
- Rien du tout, cause qu'en vérité, on s'en fiche ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

23 octobre 2025

VERS LE FINAL COUNTDOWN ?

VERS LE FINAL COUNTDOWN ?

 

1.
22 octobre 2025. A ce que je vois, le crash des cryptomonnaies continue. Ah la la, vous pensiez préparer un monde plus libre et vous offrez à Trump un outil de domination financière dont il fixera lui-même les règles. 

 

2.
22 octobre 2025. Dans le crash du Bitcoin et autres cryptosottises, il est clair qu'il y a eu (et cela continue, semble-t-il) manipulation des marchés. Donc, tôt ou tard, le Bitcoin repartira à la hausse et peut-être battra-t-il de nouveaux records (vers la lune et tout ça). Mais ne vous réjouissez pas trop vite. Le crash actuel a déjà liquidé pas mal de portefeuilles. Si vous avez tenu bon, bah, lorsque le moment sera venu, quand le Bitcoin sera vraiment très haut, trop haut, toujours trop haut, alors si vous ne vous êtes pas fait siphonner  par des hackers ou des plateformes malhonnêtes, ne vous inquiétez pas, Etats et banques centrales sauront légiférer et prendre les mesures fort utiles quand on veut plumer le gogo lambda.  

 

3.
Le plus triste dans ce grand cirque qu'est devenu le marché des cryptomonnaies, c'est que, semble-t-il, certains investisseurs en viennent à lâcher leur emploi, ou leurs études, pour la chimère d'une fortune qui ne viendra probablement jamais. 
Ces cryptodreamers renoncent à la communauté des gens ordinaires qui se rendent utiles à la vraie communauté (celle des gens de tous les jours) pour une communauté virtuelle menée comme une bande d'enfants fascinés par la flûte d'un algorithme.

 

4.
Que le récent braquage du Louvre et le vol de joyaux impériaux, historiques, inestimables, patrimoniaux (qui finiront sans doute dépecés fondus) ait été prévu en 1975 par Georges Chaulet dans une aventure de Fantômette (« Appelez Fantômette ») nous apprend que :
- on a toujours tort de ne pas relire les classiques ;
- le président Macron est moins cultivé qu'il le prétend ;
- et qu'effectivement la France se délite. 

 

5.
Je sais bien que comparaison n'est pas raison, mais quand même, je trouve que le Trump commence assez à ressembler à certains de ces tyrans azimutés qui, frasque après frasque, finirent par préparer son déclin et sa chute, à l'Empire romain.

 

6.
22 Octobre 2025. Selon le fil du Wall Street Journal, l'administration Trump préparerait un nouveau train de sanctions visant la Russie de Poutine. De plus, toujours selon le WSJ, l'administration Trump aurait levé « une restriction clé sur l'utilisation par l'Ukraine de certains missiles à longue portée fournis par des alliés occidentaux ». 
Cependant, il semble que le POTUS Trump tient à se démarquer d'éventuels tirs à longue portée effectués par les forces ukrainiennes, je cite : « The U.S. has nothing to do with those missiles, wherever they may come from, or what Ukraine do with them ! » (POTUS Trump).
Conclusion : Le torchon semble continuer de brûler entre Trump et Poutine mais aucun des deux ne tient à ce que cela se sache.
Quant à la rencontre Trump-Poutine à Budapest cette semaine, si j'ai bien compris, elle est remise aux calendes. A moins que...  ou peut-être alors...  mais à la condition que... etc...

 

7.
23 octobre 2025. « Le moment est venu », le président Trump change de ton et se prépare à sanctionner fortement la Russie de Poutine. Le POTUS tient à ce que Poutine stoppe ses bombardements meurtriers en Ukraine. Joue-t-il la comédie ou va-t-il réellement montrer les dents ?
Et si le POTUS Trump montre réellement les dents, est-ce que cela va suffire à décourager Poutine de continuer sa sale guerre en Ukraine ? C'est difficile à croire tant il semble que le sort de Poutine semble lié au sort des armes russes.

 

8.
23 octobre 2025. Ce jeudi, discussion européenne sur un prêt à l'Ukraine de 140 milliards d'euros. Il s'agirait d'une avance sur les réparations de guerre dues par la Russie et donc de puiser dans les avoirs russes gelés. Signe que l'Occident s'attend à une défaite prochaine de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine.

 

9.
23.10.2025.
Il se dit que le 15 août 2025, à Anchorage, Poutine a baladé le POTUS Trump, lequel en aurait été très agacé.
Quelques semaines plus tard, l'administration Trump et Trump lui-même, consternés par la poursuite des bombardements meurtriers sur la population civile ukrainenne, évoquent à plusieurs reprises une possible livraison de missiles Tomahawk à l'Ukraine.
Poutine a réagi en faisant savoir qu'une telle aide américaine entraînerait une réponse significative et éloquente de la Russie.
Trump réfléchit et décide d'abandonner cette idée de livraison de Tomahawks.
S'en est suivie le 17 octobre, à la Maison Blanche, une discussion que l'on dit houleuse entre les présidents Trump et Zelensky.
Trump serait-il réellement Krasnov ? Trump est-il la marionnette de Poutine ?
22 octobre : Trump annonce de nouvelles sanctions visant Rosneft et Lukoil et appelle Poutine à cesser le feu « immédiatement ».
Probable que ni Poutine, ni Trump ne veulent une extension du conflit russo-ukrainien.
Poutine n'en veut pas parce que la Russie n'y est pas prête et qu'il préfère miser sur la guerre hybride pour diviser les opinions publiques occidentales.
Trump parce qu'il sait qu'un conflit déclaré en Europe entre OTAN et Russie pourrait déboucher sur une WW3.

 

10.
23 octobre 2025. Le POTUS Trump va-t-il tenter de brouiller les relations entre la Chine et la Russie en baissant ses tarifs douaniers sur les produits chinois tout en sanctionnant le secteur pétrolier russe ?

Une hypothétique baisse de ces taxes douanières propulsera-t-elle le Bitcoin vers des sommets lunaires, ou bien le marché des cryptomonnaies suit-il une toute autre logique que celle des géopolitiques ? 

 

11.
23 Octobre 2025. 10 h.20 (heure de Paris) : Suite aux récentes annonces de sanctions américaines et aux déclarations du président Trump, très nette baisse des indices boursiers russes qui ne cessent de se déprécier depuis trois mois. Rouble toujours très faible.

 

12 .
La question est : « l'opération spéciale » en Ukraine commencée en 2022, qui devait durer trois semaines et qui depuis a tourné massacres, est-elle le premier coup porté à l'Occident dans une suite de coups planifiés par Poutine et son armée, ou plutôt cette « opération spéciale » était-elle vue comme une étape nécessaire dans la préparation d'une extension ultérieure de la Russie vers l'Ouest ? Temps long ou temps court ?
Quelle que soit l'option choisie, il semble que Poutine est en passe de se planter.

 

13.
23 octobre 2025. Le dernier Bitcoin crash avant l'irrésistible ascension vers les sommets ? Attendez les futures défaites électorales de Trump et de son clan et vous verrez comme ça va tanguer.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 23 octobre 2025.

22 octobre 2025

QUEL TEMPS POUR SOI : Proust ; Dali.

QUEL TEMPS POUR SOI : Proust ; Dali.

 

1) Marcel Proust, « Du côté de chez Swann » (1913). L'épisode de la madeleine.

 

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, alors que je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, je me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petite Madeleines qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. Il l'y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact à ma disposition, tout à l'heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et je me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. »

 

Question : En quoi cet épisode autobiographique est-il en rapport avec la problématique : « Rythmes et cadences de la vie moderne, quel temps pour soi ?
 

Ce passage du roman « Du côté de chez Swann », de Marcel Proust rappelle que nous connaissons tous des instants où le temps semble suspendu. Le goût de la madeleine trempée dans le thé provoque chez le narrateur un moment de joie qui, un court instant, lui rend « les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire ». Cette parenthèse dans le temps peut d'ailleurs prendre d'autres formes : réminiscences (= fragments de souvenirs) provoquées par un parfum, impression de « déjà vu », rappel soudain d'images fugaces (= qui disparaissent rapidement) du passé,...
Ces instants, comme le note l'auteur, sont précieux car ils suspendent le déroulement de la vie ordinaire ; en cela, ce sont de purs moments de « temps pour soi » qui mettent à distance rythmes, routines et cadences.
De cette expérience, Proust tire une conclusion intéressante : comment retrouver ces états suspendus du temps, comment les retrouver, sinon par la création ?

 

2) Dali « La Persistance de la mémoire » (1931)
 

a) Décrivez ce tableau :
Ce tableau de Salvador Dali montre un paysage marin (une grande plaque blanche, des falaises, une sorte de mur, un toit plat) mais ce qui attire le regard, ce sont trois cadrans de « montres molles » et le dos d'une montre couvert, semble-t-il, de fourmis. Au premier plan, le bec ouvert d'une tête d'oie dont le corps s'est perdu dans l'ombre.

 

b) Quel sens lui donnez-vous ?
Comme souvent avec les toiles de Dali, cette toile rappelle l'univers des rêves, où l'on perçoit le temps différemment que lorsque nous sommes éveillés. Ce paysage est une sorte de nature morte : les fourmis et la tête d'oie rappellent l'omniprésence de la mort et les montres molles (car le temps coule et s'écoule) évoquent l'illusion d'un temps en soi, d'un temps objectif ainsi qu'une nature du réel qui nous reste inaccessible, énigmatique.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2025.

22 octobre 2025

POURVU QUE L'INSPIRATION SOIT VIVE

POURVU QUE L'INSPIRATION SOIT VIVE

 

1.
La planche 3 de l'histoire courte « L'Ecole des jeunes filles », de Will Eisner, est une planche d'anthologie. La façade a disparu et, pleine page, le lecteur découvre l'intérieur de cette école dont le propriétaire, M. Raymond, est tombé sous le charme vénéneux de la vamp P'Gell. Chacun des personnages de cette fantaisie pour figurines y occupe une pièce. Ah c'est fameux. 

 

2.
Fini la lecture de « L'Ingénieur aimait trop les chiffres », de Boileau-Narcejac. La mécanique du drame a été mise à jour. Le commissaire Mareuil a fini de taper son rapport et « il n'y a plus de mystère ». Bon roman d'énigme à l'ancienne.

 

3.
« Courir » de Jean Echenoz. J'aime bien le rythme rapide. Courts chapitres. Des passages. C'est que c'est une histoire de coureur aussi, celle d'Emil Zatopek. Une histoire de temps passé, et ça va vite, le temps. 
En toile de fond de « Courir », de Jean Echenoz, l'Histoire, et ce roman biographique commence d'ailleurs par l'évocation d'une « invasion éclair », celle de l'armée allemande en Moravie, pour se poursuivre dans le long temps de la guerre froide.

 

4.
La P'Gell des aventures du Spirit, de Will Eisner, est une vamp très intelligente, façon cinéma américain film noir des années 40. Elle trouble, séduit et manigance, et tout cela avec un immense sang-froid et un humour désabusé. Dans « Le médaillon du Duce », c'est elle qui mène la barque et, quitte à l'assommer d'abord pour le réveiller ensuite, manipule le Spirit afin de mettre hors d'état de nuire le fasciste Bandito et l'escroc Stileto.
« Je ne suis qu'une femme... sans défense... prise dans le maelström des intrigues internationales ! » qu'elle dit, la vamp P'Gell tout en assommant le Spirit à la planche 4 de l'histoire courte : « Le médaillon du Duce ».

 

5.
La littérature, c'est aussi dire ce qui a déjà été dit mille fois, mais d'une manière différente, parfois à peine. Ainsi, dans le roman « Courir », de Jean Echenoz, cette présentation de la fiancée d'Emil Zatopek :
« Je dois dire qu'elle est tout à fait bien, très jolie, grande et mince, cheveux châtains courts, regard gris clair, beau sourire énergique et doux, et en plus elle lance le javelot. »
(Jean Echenoz, « Courir », ch.9 [le narrateur])

 

6.
Dans l'histoire courte « Concurrence », de Will Eisner, la vamp P'Gell, fidèle à son habitude d'assommer le Spirit avec ce qui lui tombe sous la main, se saisit à la planche 6 d'une statuette de volatile tout vert qu'on dirait bien une sorte de faucon renfrogné à défaut d'être maltais. 
J'aime bien aussi l'ellipse qui, à la planche 5, met en scène la teenager Saree qui en pince pour la jeune recrue de la police Sam Klink soudain tout drôlement ému parce que la vamp P'Gell est en passe de le séduire (elle lui fait du rentre-dedans parce qu'elle a momentanément mais urgemment besoin de lui). A la case suivante, on comprend qu'une gifle a été donnée, la tête de Sam Klink en témoigne cependant que P'Gell, avec tout son sang-froid et sa distance habituelle, « Tu m'as parlé, chérie ? » qu'elle dit, P'Gell, à la jeune Saree boudeuse, pas contente.

 

7.
21.10.2025. J'entends sur France Inter, dans l'émission « La 20ème heure », d'Eva Bester, la nouvelliste Mariana Enriquez dire qu'elle a tenté moult fois d'avoir ce que l'on appelle une expérience paranormale et que ça n'a jamais marché. Sans doute qu'il ne faut pas le chercher, l'étrange singulier. Étant une expression de l'inconscient, l'invisible se manifeste au moment où on ne s'y attend pas (poil aux bras).

 

8.
L'album « Le Parfum de la dame en rouge », recueil d'histoires courtes du Spirit, de Will Eisner, publié par Albin Michel en 1985, se termine par une histoire en noir et blanc intitulée « Les Bijoux de Capistrano ». Plus sombre, plus acide, un Spirit dans le cosmos, une P'gell qui a vieilli et qui cherche, semble-t-il, à se caser. J'ai même pensé à un pastiche réalisé par quelqu'un d'autre, le trait rappelant parfois le style d'auteurs publiés dans le mensuel « Fluide Glacial ». 

 

9.
« (Je peux commencer « Mon cœur mis à nu » n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour, suivant l'inspiration du jour et de la circonstance, pourvu que l'inspiration soit vive.) »
(Baudelaire, « Mon cœur mis à nu »)
Cette note de Baudelaire fait écho, n'est-ce pas, au « miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience » que l'auteur des « Petits poèmes en prose » appelait de ses vœux. Rêve d'un genre nouveau et pourtant très ancien, celui de la note, du bref, de l'aphorisme soudain, du mot d'esprit, de la chronique.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2025.

21 octobre 2025

LE FAUVE LE FELON ET LE FOU

LE FAUVE LE FELON ET LE FOU

 

1.
En matière d'immigration, la valeur absolue est plus révélatrice que la valeur relative. 6 millions d'étrangers en France, cela signifie que certaines minorités peuvent constituer des groupes de pression assez puissants et actifs pour contribuer à la déstabilisation du pays.

 

2.
Visiblement, les pédagogistes et zélés sociologues qui nous ont tant chanté durant tant d'années que la massification de l'enseignement supérieur et l'accroissement du nombre de diplômés feraient de la France un pays toujours plus humaniste, démocratique et éclairé se sont mis le doigt dans l’œil jusqu’au principe de régulation des espèces. 

 

3.
Parce que le président Macron est l'un des seuls politiques français à affirmer son soutien à l'Ukraine contre la sale guerre de Poutine, je soutiens le président Macron contre les partis dont aucun, je dis bien aucun, ne semble décidé à sérieusement contrer Poutine.

 

4.
19 octobre 2025. Il se dit que, suite à sa dernière conversation avec son ami Poutine, Trump aurait perdu son calme devant Zelensky que le Donald prétend obliger à signer un accord avec le Vlad. Pourquoi donc Trump perdrait-il son calme, « jurant sans cesse », dit-on, alors qu'il est le président de la première puissance mondiale ? Est-ce que cela aurait possiblement quelque rapport avec certains documents que Poutine aurait peut-être en sa possession et qui, éventuellement, concernerait ce que l'on appelle les Epstein Files ? 

 

5.
20.10.2025. Le braquage du Louvre étonne et nuit à l'image de la France. Il rappelle que l'administration de notre président Macron, lequel a tant promis de modernité (souvenez-vous du ridicule projet de la « Start Up Nation » et autres mesures fabuleuses, retraite à points, réforme Blanquer, SNU,,...) est de fait incapable de protéger le patrimoine national (on parle quand même du vol de joyaux historiques) et que la si sourcilleuse France, si fière de ses Grandes Écoles, a été victime d'un cambriolage comme on en trouve dans les aventures de Tif et Tondu et autres illustrés pour la jeunesse des années 60. 
Cela rappelle le pathétique épisode des masques de protection qui, lors de la crise Covid de 2020, manquèrent, dit-on, jusque dans les hôpitaux. Incorrigible.
Une note encore : on frémit rétrospectivement à l'idée que ces monte-en-l'air n'avaient pas d'autre projet que le vol. Un commando de terroristes aurait pu  provoquer un carnage.

 

6.
Donc, d'après certains, le Bitcoin aurait été créé pour court-circuiter les banques en proposant une alternative au capitalisme prédateur et la possibilité à tout un chacun de s'enrichir et bin, c'est pas gagné, vu que les USA visent à contrôler le partage du gâteau.

 

7.
20 octobre 2025. J'entends sur France Inter que le Laos mettra fin, d'ici les premiers mois de 2026, à l’expérience des fermes de minage de Bitcoin et autres cryptosottises. Sage décision. Les économistes laotiens seraient-ils plus avisés que certains de nos technocrates issus des Grandes Écoles et qui croient que l'on peut réellement créer de la valeur pérenne avec du vide ?

 

8.
20 octobre 2025. Ce que certains appellent « le futur de la finance » (comprenez le marché des cryptomonnaies et le règne du Bitcoin trumpien), je le pressens comme une grande déconnection du réel, lequel finit toujours par vous ramener, plus ou moins violemment, à sa nécessité.

 

9.
Le marché des cryptomonnaies, ce n'est rien d'autre que du casino. Plus il y a de gens qui jouent, plus il y a de gagnants (et encore plus de perdants) mais n'oubliez jamais que le casino ne peut pas perdre. Et Trump se voit bien patron du Bitcoin Casino.

 

10.
Octobre 2020. Sommet de Budapest : Poutine, Orban, Trump : le fauve, le félon et le fou.

 

11.
21 octobre 2025. La société Binance est-elle dans le viseur des juridictions française et australienne ? Il semble que oui. Ce monde des cryptomonnaies, dont ses zélateurs nous répètent sans cesse qu'il est transparent et sûr, apparaît en fait opaque et incontrôlable.

 

12.
Au départ, la valeur d'un produit est liée à son utilité ; fruits, viandes et légumes servent à me  nourrir, l'eau à m'hydrater et à me laver ; le bois et le charbon à me chauffer,...
Pour éviter les inconvénients du troc, l'humain inventa la monnaie, laquelle fut suivie de la spéculation (quelle sera la qualité de l'huile d'olive l'an prochain ? Et, en conséquence, quelles en seront l'offre et la demande?)
Les mondialisations (c'est-à-dire les intensifications des échanges internationaux) firent des monnaies, des banques et de la spéculation les outils essentiels des nécessaires négociations entre les peuples (et non, ça ne va pas de soi).
Tout cela pour qu'au XXIème siècle des comiques à écrans s'imaginent pouvoir remplacer l'or, le dollar et l'euro par des bitcoins, des coincoincoins et autres cryptozigouigouis.

 

13.
20 octobre 2025.
Le sommet de Budapest ne donnera rien.
Le président Zelensky ne cédera pas face aux exigences de Poutine.
Poutine, acharné, ne lâchera rien. 
Trump-Krasnov finira par désengager les USA de tout soutien à l'Ukraine.
Les massacres continueront.

 

14.
M'étonnerait pas que si les règles qui régulent les marchés traditionnels étaient réellement appliquées au secteur des cryptomonnaies, bien des acteurs de ce secteur finiraient en prison tant les manquement y semblent nombreux : à commencer par la fraude fiscale, le blanchiment, le délit d'initié, la manipulation des marchés, etc etc etc...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2025.

18 octobre 2025

ET PLUS SI INIMITIÉ 

ET PLUS SI INIMITIÉ 

 

1.
« Des grues levaient, en plein ciel, des plaques métalliques qui se balançaient en miroitant. »
(Boileau-Narcejac, « L'Ingénieur aimait trop les chiffres », chapitre V)

 

La notation réaliste, le pris sur le vif, l'effet de réel ne consiste pas seulement à rendre le texte plus vraisemblable, il lui injecte assez d'images mentales pour que s'en dégage une atmosphère, du « poétique » au sens de ressenti, réminiscence, petite graine de syndrome.

 

2.
En 2009, Casterman publia le travail d'adaptation réalisé par Hugo Pratt du roman « Les Tigres de Mompracem », de Emilio Salgari et, à sa lecture, j'éprouve de nouveau ce même intérêt, dont je pressens qu'il pourrait me plonger dans la fascination, si je me laissais oublier le temps et relisais encore et encore ces planches en noir et blanc, dont les hachures, les ombres, les onomatopées, les signes que semblent révéler soudain un sillon sur la mer, le nœud d'une écorce, constituent le décor d'une légende violente, celle d'un homme qui s'est fait tigre et tomba amoureux d'une perle.
Citation : « Quel combat ! Dehors l'ouragan, et moi ici ! Lequel des deux est le plus terrifiant ? »
(Hugo Pratt et Mino Milani, « Sandokan », Casterman, 2009, p.15 [Sandokan])

 

3.
Nous passons le temps que nous sommes
Et du minois nous passons à la trogne. 

 

4.
16 octobre 2025. Non, il ne s'agit pas d'un crash flash du bitcoin ; il s'agit d'un crash de longue durée. Le bitcoin y survivra-t-il ? Certainement. Jusqu'au prochain crash, qui lui, étant donnée la situation géopolitique actuelle, pourrait lui être fatal.

 

5.
Le but de l'enquêteur de roman policier est de rendre visible ce qui persiste à ne pas être révélé. Aussi cette invisibilité apparaît d'abord souvent comme énigmatique. Ainsi, le deuxième assassinat, celui du chapitre VI du roman « L'Ingénieur aimait trop les chiffres », de Boileau-Narcejac, semble tout aussi énigmatique que le premier. 
« L'assassin est subitement devenu invisible » se dit Mareuil. « De nouveau, il envisagea le passage secret. De nouveau, il haussa les épaules. Les murs étaient en parpaing. Il n'y avait même pas de cave. »

 

6.
L'une de mes BD préférées est l'album « Noces de brume », de Benoît Sokal (publié en 1985 par Casterman) : un canard enquêteur, alcoolique et dépressif, un chat monstrueux du nom de Raspoutine, une jeune femme au regard magnétique qui hypnotise et plus si inimitié, une atmosphère fantastico-mélancolique, tragédie et mots d'esprit, Michel Audiard chez Bram Stoker.
« -... J'comprends pas... Ils m'ont flingué ! Arg !
- Ah ! J't'avais prévenu... Les hommes, c'est pas fréquentable. »
(Sokal, « Noces de brume », p.17 [Bambou et Canardo]) 

 

7.
18 octobre 2025. Il semble que Trump recule une fois encore dans son soutien à l'Ukraine en ajournant sine die une éventuelle livraison de missiles Tomahawks. On évoque même une prochaine rencontre Trump-Poutine à Budapest (tiens donc). Retour du krasnov ou bien Trump utilisera-t-il les tomahawks comme moyen de pression sur Poutine pour le forcer à négocier ? 

 

8.
Avec le temps, défois, on ne se sent plus capable de faire ce que déjà l'on ne faisait pas.

 

9.
« Il repoussait au fond de sa mémoire les images qui cherchaient à en sortir, avec une ténacité de bêtes. La chambre vide, l'escalier vide, la maison vide. »
(Boileau-Narcejac, « L'Ingénieur aimait trop les chiffres »)

Le retour du refoulé, tout ça qu'on se refuse à se poser les bonnes questions, parce qu'alors le réel changerait tellement de sens que, pour soi, on se dit que ça n'a pas de sens.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2025.

19 octobre 2025

WHEN BULLS CRIES

WHEN BULLS CRIES 

 

1.
Jadis, le monde était dirigé par des ogres que l'on appelait Empires. Et puis vint l'époque des nains.

 

2.
En fin de compte, l'avenir de Trump dépend essentiellement de deux de ses anciens camarades, le pédophile Epstein et l'assassin Poutine. J'ai l'impression que ces deux-là ont bien empapaouté le Donald.

 

3.
18 octobre 2025 : Aux Etats-Unis, c'est le « No Kings Day » et les Américains manifestent leur attachement à la démocratie et leur refus du trumpisme. Quant au surévalué par nature Bitcoin, les requins de la finance le manipulent depuis quelques jours afin de spéculer sur ce qui n'est jamais qu'un vaste réseau de blanchiment d'argent. Ces gens finiront, tôt ou tard, en prison.

 

4.
Trump et Poutine ont le même fantasme. 
Trump se voit diriger un empire qui couvrirait l'ensemble des territoires de l'Amérique du Nord et dicterait sa politique à l'Amérique du Sud.
Poutine se voit diriger une Grande Russie dont la sphère d'influence s'étendrait à l'ensemble des pays européens.
Trump et Poutine échoueront.

 

5.
On verra bientôt si ces deux règles de l'Histoire seront démenties ou pas :
a) Lorsque l'on accélère et multiplie la production d'armes, ces armes finissent toujours par servir.
b) Lorsqu'une valeur d'échange, qu'elle soit crypto ou pas, est trop déconnectée de la réalité économique, elle finit toujours par être dévaluée.
Autrement dit, sommes-nous à la veille d'une WW3 déclarée ? 
Sommes-nous à la veille d'une nouvelle récession mondiale ? 
Sommes-nous à la veille d'un effondrement durable de l'ensemble des cryptomonnaies ?

 

6.
Je me demande quel pourrait être l'impact d'une éventuelle destitution du POTUS Trump sur l'avenir du Bitcoin ? Se pourrait-il que cette hypothétique destitution soit accompagnée de la révélation de la réelle nature des liens entre Trump et la Russie ? du contenu réel des EpsteinFiles ? de quelque manipulation douteuse du marché des cryptos ? 

 

7.
19 octobre 2025. « Pas de tomahawks pour l'Ukraine », qu'il a dit hier le POTUS Trump. Mais avec Trump, il faut s'attendre à tout et il ne serait pas si étonnant qu'il dise « pas de tomahawks » tout en préparant et négociant en secret une éventuelle livraison. On ne sait jamais.

 

8.
La guerre hybride des Russes en France, pas sûr que ça fonctionne. A gauche, Mélenchon est impopulaire et la LFI fait peur. A droite, le RN pourrait finir étouffé par les scandales et les affaires juridico-financières. Un bloc central pourrait encore l'emporter en 2027. 

 

9.
Le propre du fantôme est de revenir. Le Bitcoin ne cesse de revenir. Il n'en est pas moins un fantôme.

 

10.
Possible que les Russes aient en leur possession des preuves impliquant gravement Trump dans l'affaire Epstein. Mais c'est une arme à double tranchant. Si les Russes publiaient ces preuves, ils feraient probablement tomber Trump et se retrouveraient face à une nouvelle administration américaine sans doute beaucoup moins docile.
A moins, évidemment, que les EpsteinFiles ne soient qu'un élément parmi d'autres dans un plus vaste plan de déstabilisation de l'Occident.

 

11.
Je m'aperçois qu'il y en a qui n'ont toujours pas compris que, mis à part quelques effets d'aubaine, le bitcoin est programmé pour finir dans la poche des plus riches, des vraiment plus riches, à moins que cette variante subtile de la pyramide de Ponzi finisse par s'effondrer.

 

12.
Pour ceux qui nient le lien entre cryptomonnaies et activités criminelles, à votre avis, en quelle monnaie sont généralement exigées les rançons des ransomwares ?

 

13.
Lisant sur le réseau X certains commentaires, je m'aperçois que certains voient dans le bitcoin une sorte de projet révolutionnaire, libérateur, et même (c'est rigolo) égalitariste, voire rédempteur.
Quelle naïveté !
A mon avis, du même ordre que ceux qui pensaient que :
- l'Abbé Pierre était irréprochable ; or, il ne l'était pas.
- que la musique pop allait changer le monde, alors que c'est juste une industrie.
- que le socialisme révolutionnaire était l'avenir de l'humanité, eh non...

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2025.

15 octobre 2025

L'INELUCTABLE EXPLOSION DE LA BAUDRUCHE

L'INELUCTABLE EXPLOSION DE LA BAUDRUCHE

 

1.
Au premier chapitre du roman « L'Ingénieur aimait trop les chiffres », de Boileau-Narcejac, lorsque Renardeau et Belliard découvrent le corps de l'ingénieur en chef, « le tapis se teinte de rouge » […] « Des martinets rasent la fenêtre, criant à pleine gorge, et l'on entend siffler l'air autour de leurs ailes. » Amusant quand même, cette bande-son ornithologique. Curieuse même, si filmée.

 

2.
« Lady Elza » est un album de bande dessinée oniro-ironique publié par les éditions Glénat en 2011. Scénario de Jean Dufaux, dessin de Philippe Wurm et couleurs de Benoît Beckaert. Amusant, clair, fluide.
Citation : « Ah ! J'ai compris ! Il s'agit d'une histoire de fantômes ! J'ai déjà connu ça. J'en ai un parmi mes proches. »
(« Lady Elza », Dufaux et Wurm » pl. 21, [Lady Elza])

 

3.
Amusant comment les données du problème sont énoncées à la fin du chapitre deux du roman policier « L'Ingénieur aimait trop les chiffres », de Boileau-Narcejac, je cite :
« - Personne n'est sorti, dit Mareuil.
- Personne n'est entré, dit Belliard.
- Personne n'est venu, soupira Aubertet. »

 

4.
Lieu commun que de dire que l'univers de Hugo Pratt est l'un des plus singuliers et originaux parmi la foule des univers proposés par l'art de la bande dessinée. Je relis le mélancolique « A l'ouest de l’éden » et ses séries de cases quasi désertes où le temps semble suspendu et n'arrête pourtant pas le travail du « Vengeur ». Boucle synchronique.
Citation : « Ce n'est pas possible... capitaine Adams !... Vous ne pouvez pas parler... Un squelette n'a pas de cordes vocales. »
(Hugo Pratt, « A l'ouest d'éden », Dargaud, collection Pilote, 1979, [le lieutenant Robinson]).

 

5.
Le chapitre trois du roman « L'Ingénieur aimait trop les chiffres » permet au lecteur d'avoir un aperçu du futurisme au tournant des années 50 dans lequel « un ingénieur, tout seul, assis devant un clavier électrique en fer à cheval, regardait, devant lui, le long des murs, scintiller des signaux lumineux, glisser des chapelets de bulles bleues, rouges, vertes, s'ouvrir et se fermer des voyants phosphorescents, trembler, sur des cadrans argentés, des aiguilles fines comme des cheveux. » Nous ne sommes plus très loin des laboratoires secrets et souterrains des films de la série Fantomas, ou des James Bond. Ce que confirme cette remarque de Mareuil à la fin du chapitre : « … on a l'impression que n'importe quoi peut arriver, ici... Qu'on peut devenir invisible, ou tuer à distance ! »  

 

6.
Relu « Le Juge », de Morris et Goscinny, où le personnage du juge Roy Bean, figure de l'Amérique du temps des cow-boys tels qu'on les voit dans les westerns, a fort à faire avec Lucky Luke et la concurrence. Du trio Tintin-Astérix-Lucky Luke, ce sont les aventures du cow-boy qui m'ont toujours fait le plus rire.
Citation : « J'aurais dû lire ce code civil plus tôt ! C'est plein de choses intéressantes et mêmes utiles pour un juge ! »
(Morris et Goscinny, « Le Juge », Dupuis, p.26 [Le juge Roy Bean])

 

7.
15 octobre 2025. Le Bitcoin connaît une nouvelle tendance baissière, par overdose de trumpisme, dit-on, entraînant le repli de quasi toutes les autres cryptosottises et ruinant certains investisseurs naïfs. 
Consultant twitter, je lis ce début de citation surréaliste attribuée à Michael Saylor : « Bitcoin est une banque dans le cyberespace, gérée par un logiciel incorruptible,... » Euh... Un logiciel n'est en soi ni corruptible ni incorruptible ; c'est un outil et croire que cet outil ne pourrait être utilisé à mauvais escient   me semble pour le moins naïf.
Cette croyance en un Bitcoin juge de paix de la finance mondiale témoigne de la foi aveugle que certains humains mettent dans la technologie, au point de ne pas voir que les cryptomonnaies sont liées autant à des activités criminelles qu’aux aléas des relations internationales.
Pour la baisse actuelle, elle témoigne de la déconnection de plus en plus flagrante entre la valeur atteinte par le Bitcoin et la réalité de son utilité. Et plus le cours du Bitcoin battra des records, plus il se fragilisera, jusqu'à l'inéluctable explosion de la baudruche.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 octobre 2025.

6 octobre 2025

OUI MAIS VOILA

OUI MAIS VOILA

 

1.
« Les différentes étapes, peut-être concentriques, de cette aventure dans le temps comme dans l'espace, se jouent parfois au niveau du millimètre, du minutieux. »
(Jean Ricardou, « La Prise de Constantinople »)

 

« Les différentes étapes », ça pourrait être de la diachronie, le roman, jamais qu'un piège à fantômes, le roman, qu'une mise en boucles de personnages condamnés enfermés dans la même forme, que fatales synchronies, le roman, les romans, tout ça dont on fait des histoires. 
« peut-être concentriques », ces étapes, se refermant peu à peu comme le temps passant rétrécit le champ des possibles jusqu'au centre de la cible, jusqu'au trou dans le réel, cette trappe dans laquelle nous hop là plus personne.
« cette aventure dans le temps et dans l'espace »... quoique... quoique... quoique... 
Quelles « étapes » se jouent-elle parfois « au niveau du millimètre, du minutieux » ? se demanda le lecteur, en écho à la page, puis haussant les épaules, il ferma le livre et rejoignit sa propre fiction.

 

2.
« Tout d'un coup la fatigue accumulée depuis des mois, tout d'un coup ta fatigue, Bleston, s'est abattue sur moi, enveloppant mes os comme les replis d'un linceul humide,... »
(Michel Butor, « L'Emploi du temps »)

 

« Tout d'un coup »... de coups, le réel ; du coup, le réel, qu'on en découd avec le réel (pourquoi donc ai-je mangé de si mauvaises frites et ce croque-monsieur industriel à cette baraque à frites alors que)
« la fatigue accumulée depuis des mois » : c'est qu'on s'fatigue, à se le coltiner, le réel... et pour en arriver où... (ces mauvaises frites me restent sur l'estomac ; ou alors c'est autre chose qui ne passe pas, qui passe de moins en moins, qui m'encombre le spatio-temporel)
« tout d'un coup ta fatigue, Bleston »... le réel aussi, ça s'fatigue ça le réel,... quand bien même Bleston n’existe pas tout en étant si familier au lecteur quand bien même on ne serait jamais (ou si peu) allé en Angleterre
quand bien même on ne serait pas Jacques Revel le personnage du roman « L'Emploi du temps », de Michel Butor
quand bien même on aurait bu (ou pas bu) ces deux bières dans ce café malgré la promesse faite de ne pas s'attarder de ne pas traîner de ne pas se laisser engourdir par le réel et sa
fatigue qui « s'est abattue sur moi, enveloppant mes os comme les replis d'un linceul humide »... heureusement que Bleston n’existe pas parce que je ne sais pas si j'aurais trop envie d'y aller, moi à Bleston, qu'on dirait ce nom, Bleston, d'une localité de roman policier genre collection « club des masques » que si c'est pour finir momie de papier dans les « replis d'un linceul humide » (tiens, il pleut) c'est peut-être pas la peine (faudra tout de même que je le relise « L'Emploi du temps » ; il ne m'avait pas déplu ce roman il y a longtemps).

 

3.
Faire son temps : se conjugue généralement au passé composé. Expression assez déprimante qui rappelle la nécessité d'occuper un certain temps à faire quelque chose quelque part que l'on n'aurait pas, si l'on y réfléchit, songé à faire voulu faire tenu absolument à faire si on avait eu réellement le choix alors que bien sûr on a toujours le choix de manger des mauvaises frites après avoir bu deux bières dans un café alors que cela aurait été tellement plus si oui mais voilà. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 octobre 2025

28 septembre 2025

DISTANCES 

DISTANCES 

 

1.
25 septembre 2025. Nicolas Sarkozy, ex-président de la République, condamné à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs ». Il y a tout de même une Justice dans ce pays.

 

2.
25 septembre 2025. Certains LR et soutiens de Sarkozy, condamné à cinq ans de prison, pensent demander au président Macron qu'il prononce une grâce présidentielle et lève la peine qui pèse sur Sarkozy. Que le président Macron s'abstienne d'une telle grâce ; elle achèverait de convaincre l'opinion publique d'une corruption structurelle des prétendues « élites » de la politique française.

 

3.
« En tout cas restait valable l’exigence absolue que l'homme ne commette pas d'actions vicieuses ou criminelles et qu'elles doivent lui être imputées du moment qu'il est un homme et non un bétail. »
(Hegel traduit par André Kaan, « Principes de la philosophie du droit »)

 

« En tout cas » (ça des fois faut voir)... « exigence absolue » (ah ça ne rigole pas)... « pas d'actions vicieuses ou criminelles » (même en temps de guerre, je suppose, et là, ça devient problématique)... pas un bestiau, l'humain, pas une bête (bien que, comme on le lit dans les romans policiers, « l'homme soit un loup pour l'homme », cet étranger radical).  

 

4.
En 1914 et en 1940 débutèrent deux boucheries mondiales.
Tout ça très massacrant génocidant des morts par millions même que la seconde fut on dit la guerre la plus sanglante de l'Histoire des effarés et de leurs chefs Un
Cas qu'c'est l'humain quand même dans l'histoire du vivant C'est qu'il aura innové dans la technique à blesser torturer anéantir exterminer.
Et apparemment, en 2025, on l'envisage de nouveau, l'horreur internationale, même que c'est bien engagé déjà.

 

5.
« Le génie du plus simple artisan l'emporte autant sur les matériaux qu'il exploite, que l'esprit d'un Newton sur les sphères inertes dont il calcule les distances, les masses et les révolutions. »
(Proudhon, « Qu'est-ce que la propriété ? »)

 

« Le génie du plus simple artisan » (ce qu'il appelle « génie » c'est le savoir-faire : le génie humain consiste à avoir la patience de travailler assez longtemps pour acquérir un savoir-faire magistral, une maîtrise).
« l'emporte autant sur les matériaux qu'il exploite » (sur le réel donc puisque ce que l'humain exploite, travaille et transforme, c'est le réel, à un point tel que la fin de l'Histoire pourrait tourner en un effacement du réel, une destruction radicale).
« l'esprit d'un Newton » (c'est qu'il y a des humains qui font mieux que d'autres, et « l'esprit d'un Newton » est infiniment plus rare que celui de l'ahuri qui court les rues, fût-il surdiplômé – en 2025, beaucoup de diplômes n'ont plus que fort peu de valeur).
« sur les sphères inertes » (ça se discute, le réel n'est-il pas une infinie agitation de particules aléatoires ?)
« dont il calcule les distances, les masses et les révolutions. » ('humain est calculateur, au contraire de la moule, que l'on mange avec des frites et en buvant de la bière).

 

6.
Génie : Léonard de Vinci, Victor Hugo, Napoléon (d'où l'idée que le génie peut être aussi néfaste que l’imbécillité, laquelle est aussi courante que l'ignorance).

 

7.
Dés : dont un coup, selon Mallarmé ; « jamais n'abolira le hasard » (la notion de hasard étant assez difficile à définir, à se demander si, dans ce chaos raisonné qu'est le réel, cette notion a seulement un sens).

 

8.
Canard : se prend sous forme de sucre imbibé d'alcool. Terme générique désignant les journaux. Boiteux en économie. Quand il est sauvage, Michel Audiard a rappelé, à juste titre, qu'il ne fallait pas le confondre avec quelque enfant du Bon Dieu (lequel n'est bon que parce qu'on le dit, mais on n'est pas obligé d'y croire).

 

9.
Télévision : il n'y a, de l'avis de beaucoup, « jamais rien à la télévision », mais on la regarde quand même. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 septembre 2025. 

27 septembre 2025

MÊME SI ALORS NON

MÊME SI ALORS NON

 

« Si je me souvenais de la lumière
Je n'irais pas vers cette chambre d'hôtel
Où trois arbres dépareillés m'attendent »
(Serge Brindeau, « Lumières et chemins »)

 

Si je m'en souviens mais c'est quand même très flou
Je vieillis dans ma caboche aussi Je
Me raconte encore des histoires mais j'y crois de moins en Si je me
Souvenais il y en a j'aime autant pas c'est pour ça.

 

De mes doigts il m'en reste toujours dix (c'est bien pratique)
La  lune n'a pas fondu (il y en a on dit la lune c'est leur marraine) La
Lumière de la lune je n'ai pas le talent de la décrire.

 

Je me dis que j'ai bien des maladresses Si je, je
N'irais pas (l'orchestre ne m'inspire pas confiance il y a trop de fantômes dedans) Non même si tu, je n'irais
Pas Mon jeu de dés a perdu son galop.

 

Vers Noël il ne neige pas de boudins blancs (on doit les acheter)
Cette nuit je ne sais plus de quoi j'ai rêvé il est tout de même six heures La
Chambre est noire et on dit qu'il va y avoir la guerre Un rat
D'hôtel deux rats d'hôtel trois rats d'hôtel rient dans quelque illustré.

 

Où il y a de la gêne il y a tout de même des rideaux (oui, c'est pratique).
Trois rats d'hôtel peut-être ou trois dames ou trois
Arbres Il faut de tout pour faire une langue Mes mots sont
Dépareillés parce que je n'ai guère de patience.

 

M'attendent d'autres jours dans la même lumière et les mêmes oublis. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 septembre 2025.

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