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4 octobre 2025

BOURBIERS

BOURBIERS

 

1.
2 octobre 2025. Apparemment, dans le Donbass, l'armée russe continue de   s'embourber dans le déshonneur, la honte et la défaite. La Russie de Poutine n'est pas un pays d'avenir.

 

2.
10.2025. 13 heures 36 (heure de Paris) : Le rouble toujours aussi faible (1 euro = 95 roubles) et indices boursiers russes en baisse. On sait que les perspectives économiques de la Russie ne sont pas bonnes. Poutine a pourtant une autre solution que la fuite en avant : négocier.

 

3.
2 octobre 2025. Mélenchon n'a aucune chance d'arriver au pouvoir en France.
Poutine est en passe de ruiner son pays et de perdre sa sale guerre en Ukraine.
L'administration Trump s'enfonce dans le ridicule, le déshonneur et les scandales.
Sale temps pour les extrêmes. 

 

4.
2 octobre 2025. J'ai l'impression que dans les relations Trump-Poutine, si l'on se place du point de vue de Poutine, tout ne se passe pas exactement comme prévu. Et Poutine de découvrir que Trump est plus borderline, dingo et imprévisible qu'il le pensait.

 

5.
Quand je pense aux présidentielles 2027, je ne vois aucun candidat qui puisse me donner envie de voter. Mélenchon est certes ce que l'on appelle un leader mais n'est guère populaire et pire, il fait peur. Olivier Faure est insignifiant. Fabien Roussel a quelque légitimité mais le communisme n'a plus la cote (et je ne suis pas communiste). A droite, il n'y a même plus vraiment de leaders et beaucoup trop de prétendants. Bayrou, depuis l'affaire Betharram, passe pour un imbécile. Villepin est trop mêlé à des intérêts étrangers pour convaincre (et puis, ce grand échalas lyrique ne m'a jamais inspiré confiance). Plus à droite, Zemmour (je tousse), reste Marine Le Pen/Bardella qui pourraient effectivement l'emporter au second tour (ce qui ne veut pas dire que le RN aura une majorité aux législatives suivantes) mais, par conviction personnelle, je ne pourrai jamais voter pour un parti où fourmillent pro-Poutine et pétainistes plus ou moins affichés.

 

6.
M'est avis que Trump aura bien du mal à arriver au bout de son mandat ; il a l'air tout pété de la comprenette, le krasnov, tout cramé des neurones.

 

7.
3 octobre 2025. Personne n'y comprend plus rien dans la façon dont Trump gère le conflit russo-ukrainien. Après avoir multiplié tant de marques de respect, voire de flagornerie, à l'égard de Poutine, le POTUS Trump semble maintenant prendre des décisions en faveur de l'Ukraine (intensification du partage de renseignements, possible vente de missiles Tomahawks,...). Étrange. Dans l'histoire, qui c'est-y qui s'ra donc cocu ?

 

8.
3 octobre 2025. Visiblement, dans l'affaire de l'implantation de magasins chinois low cost en France (chaîne Shein), certains confondent libéralisme économique et capitalisme sauvage, concurrence nécessaire et concurrence déloyale.

 

9.
Face aux influences périlleuses des États autoritaires russe et chinois, l'Occident va-t-il basculer de la démocratie libérale à la technocratie militaro-industrielle ?

 

10.
3 octobre 2025. 20 h. 1 euro vaut 96 roubles et les indices boursiers russes continuent de chuter. L'action Gazprom vaut 115 roubles (ah oui, c'est pas grand chose). L'inflation est toujours à plus de 8%. Elle doit s'en poser des questions, Elvira Nabioullina. 

 

11.
Les présidentielles françaises de 2027 sont au nombre des enjeux de la guerre hybride. Poutine attend certainement plus ou moins patiemment la victoire du RN, lequel pourrait suspendre l'aide militaire à l'Ukraine et provoquer une crise de l'UE et de l'OTAN.

 

12.
Ne jamais oublier que l'OTAN est une organisation militaire, et politique aussi.

 

13.
Curieux destin que celui du président Macron. Applaudi et respecté à l'étranger pour sa pugnacité à défendre l'Ukraine et à contrecarrer les plans de Poutine, - et cela est fort heureux -, il est pourtant peu apprécié en France où on lui reproche d’avoir souvent manqué de clairvoyance quant aux intérêts financiers et sociétaux du pays.

 

14.
Avez-vous remarqué qu'à chaque fois que les Russes promettent et tentent une offensive de grande ampleur sur le front ukrainien, l'Occident décide d'améliorer la qualité et l'efficacité des armements fournis aux forces ukrainiennes ? 
L'OTAN, - en 2022 ? avant 2022 ? en 2023? en 20214? - aurait-elle décidé qu'en cas de tentative d'invasion de l'Ukraine, il fallait faire en sorte que l'armée russe ne puisse jamais aller plus loin que le Donbass (qu'elle ne contrôle toujours pas totalement).

 

15.
4 octobre 2025. Si le POTUS Trump arrive à faire libérer les otages israéliens d'ici la semaine prochaine et que le Hamas, reconnaissant sa défaite, accepte de négocier, ce sera une preuve de plus de l'hyperpuissance américaine, mais peut savoir si la paix reviendra à Gaza ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 octobre 2025.

 

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14 septembre 2025

DE L'ORGUE DU DIABLE ET D'UN PIRE L'AUTRE

DE L'ORGUE DU DIABLE ET D'UN PIRE L'AUTRE

 

1.
Quel est pour Poutine l'intérêt de sa sale guerre en Ukraine ? Quel est l'intérêt pour Poutine d'avoir transformé l'économie de la Russie en économie de guerre, menaçant la paix mondiale de sorte que beaucoup pensent qu'un conflit mondial à venir est sans doute inévitable ? C'est que ces deux faits permettent à Poutine de légitimer la ruse et la violence qui caractérisent et l'état de guerre et sa propre conception du pouvoir. Je cite : 
« Là où il n'est pas de pouvoir commun, il n'est pas de loi ; là où il n'est pas de loi, il n'est pas d'injustice. La violence et la ruse sont en temps de guerre les deux vertus cardinales. » 
(Hobbes, « Léviathan »)
Je tire de cette citation que je fais de Hobbes l'idée que Poutine doit être considéré comme un hors-la-loi, un bandit, un gangster, un loup pour l'homme.

 

2.
14 septembre 2025. 1 euro = 98 roubles. Les principaux indices boursiers russes ont terminé la semaine en baisse. Poutine en ayant transformé l'économie russe en économie de guerre a des airs de préparer la troisième guerre mondiale. La finance russe, on peut la supposer inquiète et perplexe.

 

3.
On dit souvent en France que la Révolution de 1789, que nous fêtons chaque 14 juillet avec de moins en moins de bals populaires et de plus en plus de bling-bling audiovisuel, fut une révolution populaire confisquée par la bourgeoisie. Cf Georges Lefebvre cité par Sartre dans « Questions de méthode » :
« Si le pain eût été bon marché, l'intervention brutale du peuple, qui était indispensable pour assurer la chute de l'Ancien Régime, ne se fût peut-être pas produite et la bourgeoisie eût moins aisément triomphé. »
La sécurité alimentaire serait-elle la première des sécurités, pour chacun comme pour l'Etat ?

 

4.
J'ai beaucoup de respect pour le talent du dessinateur Roger Leloup et ai relu je ne sais combien de fois certains albums des aventures de Yoko Tsuno. « L'Orgue du Diable » notamment, et sa première planche nocturne et rocheuse, je cite :
« Celui du Katz (le Chat) veille sur le site le plus célèbre du fleuve : le rocher de la Lorelei... En ces lieux, la nuit venue, le passé se confond au présent et l'histoire fait place à la légende... »
Il est fait référence ici au Burg Katz (« château du Chat ») situé sur le Rhin.

 

5.
Parmi les incipits célèbres de la littérature, celui du « Voyage au bout de la nuit », de Céline, est un des plus fameux. Je cite :
« Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C'était après le déjeuner. »
On appréciera l'ironie du narrateur qui sera tant bavard vipérin tout au long du roman, de tout et du monde, et qui, dès les premiers mots, en fait le reproche au réel, à l'autre, cet outrecuidant, cet « étudiant, carabin, camarade », ce dernier terme sonnant amèrement quant on songe au futur collaborationnisme de l'écrivain génial, teigneux, haineux.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2025. 

14 septembre 2025

LE VEAU DERRIERE LE RIDEAU 

LE VEAU DERRIERE LE RIDEAU 

 

1.
Défois, on sent bien que ça va « mal se terminer » qu'on se dit comme se dit Tom, un personnage du roman de Fred Vargas « Les jeux de l'amour et de la mort », que « ça va se terminer mal, voilà comment ça va se terminer » et là, on est dans un roman policier de la collection du Masque, « collection de romans d'aventures créée par Albert Pigasse » mais dans la vie réelle, qui est tout aussi machinée de fictions que les romans sont machinés de réel, ça va mal se terminer aussi, en Russie, à Gaza, aux États-Unis, en Europe qu'on les sent bien arriver à grand cheval, au galop, à toute berzingue les fatalités, les instants tragiques, les catastrophes mortifères, le retour du Grand Macabre et de ses assassinats, qu'il y a qu'à écouter la radio pour s'en rendre compte que ça va tellement pas que ça va mal aller, d'un pire l'autre... 

 

2.
Au début de « Das Weisse mit dem roten Punkt », de Unica Zürn, il est question de « la table de multiplication par 9 » et du passe-temps favori de la narratrice, « trouver des ANAGRAMMES », je cite : 
« Meinem Sohn Christian und dem Einmaleins mit dem 9 gewidmet. »
Notons l'humour de cette dédicace. 
Je cite encore : « Ob das wohl etwas mit meiner Lieblingsbeschäftigung  - dem Finden von ANAGRAMMEN zu tun hat ? ».

 

3.
Dans un sonnet appelé « Sonnet » parce que c'est un sonnet qu'on le trouve, ce sonnet, dans l'Album zutique du cercle des poètes zutiques (les Zutistes, je suppose) de Rimbaud, Verlaine, Charles Cros, Germain Nouveau et autre compagnie d’originaux, nous trouvons ce No Future version 19ème siècle :
« - C'est pourquoi, crois-moi, pauvre genre humain,
Chante et ris, sans trop croire au lendemain ;
Va, saute, Arlequin ; danse, Pierrot, danse ! »

 

4.
Un de mes romans préférés a pour titre « La Conjuration des imbéciles », de John Kennedy Toole. Il est très drôle, bien plus drôle que toutes les sottises que le « philosophe » Luc Ferry s'est cru autorisé à balancer pendant des semaines et des semaines sur LCI (LCI, c'est une chaîne d'infos en continu, c'est-à-dire qu'elle brode en continu sur quoi penser de ce qui se passe qu'on a bien compris qu'on était bien dedans, ah oui).
Il est très drôle, ce roman, parce qu'il brosse une série de portraits de ridicules avec plein d'effets de style et grotesque de situation. Ainsi, cette énumération des activités successives de Mme Levy, épouse dont l’époux a assez d'argent pour qu'elle ne sache pas quoi faire de son temps. Je cite : 
« Au cours des années, elle s'était adonnée librement et successivement au bridge, aux violettes africaines, à Susan et à Sandra, au golf, à Miami, à Fanny Hurst et à Hemingway, à l'enseignement par correspondance, à la coiffure, au soleil, à la grande cuisine, à la danse et, plus récemment, à Miss Trixie. » 

 

5.
Une chanson que, ces dernières années, j'ai souvent écoutée est « Entre toi pi moi pi la corde de bois », de la québécoise Lisa LeBlanc, chanson dans laquelle la narratrice évoque ses jours de flemme. Je cite :
« Si ça continue de même
J'me perdrai p't-être dans les craques du couch
J'irai rejoindre les miettes de chips
Pi les mottons de poussière ».

 

6.
14 septembre 2025. Sur France Inter, ce dimanche, à quelques minutes d'intervalle, j'entends, dans deux émissions différentes (« Le Masque et la Plume » et « On va déguster ») dénoncer les dérives de l'élevage industriel français et l'hyperpuissance de certaines coopératives. Je n'ai pas trop d'avis sur la question mais m'étonnerait pas qu'il y ait quelques loups dans la bergerie.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2025.

19 septembre 2025

UN INCURABLE A QUOI BON

UN INCURABLE A QUOI BON

 

1.
C'est peut-être parce que l'humain court plus qu'il ne vit, qu'il va droit dans le mur , cependant que l'hostilité naturelle l'oblige à réagir, à être sans arrêt sur le qui-vive, à se prémunir et se méfier de tout. L'humain ne serait-il qu'un incurable « A quoi bon ? ».
Cf le personnage de Pierre Niox dans « L'homme pressé », de Paul Morand : « Pierre ne voyait plus ses amis, trop occupé à avancer dans sa carrière, à multiplier les projets. Il ne vivait plus, il courait. »

 

2.
Le POTUS actuel, le très trouble Trump, illustre parfaitement bien la thèse selon laquelle « la démocratie est une tyrannie de l'incompétence. »

 

3.
19 septembre 2025. Très clair que, d'une parole l'autre, d'une décision l'autre, le POTUS actuel, le très trouble Trump, prépare l'opinion publique américaine à l'instauration d'un régime anti-démocratique, illibéral, voire une dictature.

 

4.
Parmi les auteurs passés à la postérité, fascinant un public avide d'énigmes et d'étrange, Nostradamus est l'un des plus intéressants, moins par son style, pourtant difficile imitable (quoique, de nos jours, avec les IA, on peut déjà faire croire n'importe quoi à n'importe qui) que par son étonnante personnalité, et j'apprécie, pour leur humanité, ces lignes de Yves Lignon dans son article sur l'auteur des « Centuries » in « Les Enigmes de l'Etrange » ; je cite :
« Et une fois venu le temps de la vieillesse, son implication dans la vie communale, sa maxime « La main du pauvre, c'est la bourse de Dieu » confirment qu'il n'avait pas véritablement le cœur sec. »

 

5.
19 septembre 2025. Il est à penser que si, en 2017, les Français avaient compris que Macron, le prétendu « Mozart de la finance », allait laisser en 2025 une France surendettée, instable et fracturée politiquement, il n'est pas sûr que son élection eût été aussi aisée.
Certes, on me dira, avec raison, que bien des Français préféreront toujours un démocrate, fût-il arrogant, maladroit et imbu de sa personne, à une aventure extrémiste style RN (extrême-droite) ou LFI (extrême-gauche) mais il se peut, et cela semble même assez certain, qu'avec quelque habileté et souplesse dans le discours, l'une de ses deux tendances, pourtant mortifères, finisse, et peut-être plus tôt qu'on le croit, par arriver au pouvoir.

 

6.
Je voyais dans le candidat Macron de 2017 une chance pour le pays de prendre un nouveau départ, avant de rapidement déchanter et si je fais le bilan, il y a peu de raisons pour lesquelles je continue à ne pas penser que du mal du président Macron cependant que, outre les nécessaires abrogation de la taxe d'habitation et mise en place de l'impôt à la source, il en est une que je place au-dessus des autres, c'est la détermination du président Macron à continuer à soutenir la courageuse Ukraine contre l'impérialisme russo-poutinien.

 

7.
Poutine, dit-on, est en passe de surarmer la Russie et a, dit-on, transformé l'économie de son pays en économie de guerre. Dans quel but ? Trois hypothèses : 
- Poutine réarme-t-il pour s'assurer, d'ici un an ou deux, une victoire définitive sur l'Ukraine ?
- Poutine réarme-t-il pour s'assurer une victoire définitive sur l'Ukraine et préparer d'autres « opérations spéciales », visant peut-être la Moldavie, les États baltes, voire la Pologne (au risque de déclencher la WW3) ?
- Poutine réarme-t-il pour achever de faire de la Russie une dictature militaro-illibérale (de fait une dictature d’extrême-droite) et tenir la dragée haute à l'OTAN ?

 

8.
Je ne me réjouis pas de l’avènement des Intelligences Artificielles (IA) ; je le constate, et pense assez que cet avènement pourrait bien accélérer le déclin de l'idéal démocratique, au profit de pouvoirs de plus en plus intrusifs et conservateurs (de droite comme de gauche).
La question devient donc : le capitalisme de prédation va-t-il utiliser les IA, et autres innovations technologiques, pour étrangler toute possibilité de démocratie libérale ?  

 

9.
Flaubert, dans son « Dictionnaire des idées reçues », excelle dans l'art bref de la notation et de la définition pour cruciverbiste ; je cite :
« CLASSIQUES (les) – On est censé les connaître. »
[...]
« COMPAS – On voit juste quand on l'a dans l’œil. »
ou encore le surréaliste :
« CLARINETTE – En jouer rend aveugle.
Ex : tous les aveugles jouent de la clarinette. » 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 septembre 2025. 

1 septembre 2025

TOUT PARTOUT LES TROUS

TOUT PARTOUT LES TROUS

 

1.
« La conversation générale traitait de l'obligation où l'on se trouvait d'attendre dehors dans la neige au lieu d'entrer dans la maison. »
(Kafka, « Le Château »)

 

Ce n'est pas parce que l'on est parfois dans l'obligation d'attendre dehors dans la neige au lieu d'entrer dans la maison qu'il neige, ou qu'il y a une maison, ou que l'on est réellement obligé d'attendre. Après, vous pouvez porter le chapeau, ou la moustache.

 

2.
« dans la palpitation des poissons jetés sur le lit »
(Pierre Guyotat, in « Fata Morgana 1966/1976 » coll. 10/18)

 

Jeter sur le lit toute une palpitation de poissons palpitants (puisqu'ils palpitent) ne confirme nullement la maxime « comme on fait son lit, on se couche ». Pas la peine non plus d'y jeter une vache ; cela ne confirmera pas plus cette autre maxime selon laquelle comme on fait son pis, on se mouche.

 

3.
«[...] en d'autres termes, je dois toujours me conduire de telle sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne universelle. »
(Kant, « Fondements de la métaphysique des mœurs »)

 

Avez-vous remarqué que les maximes ont la même prétention à s'universaliser que la confiture à s'épandre et couler tout partout les trous ? On peut d'ailleurs préférer le miel, ou le camembert, mais alors là, attention aux ours.

 

4.
Quand ils entendent le mot « culture », il y en a, ils sortent leur ACDC.
 

 

5.
« Je ne me rappelle pas qu'on se soit étonné que le géant normand se soit projeté en femme dans son œuvre. »
(Jean-Paul Sartre, « Questions de méthode »)

 

Je suis bien content parce que je ne suis pas mort et pas malheureux.
Ne pensez pas que je sois un « imbécile heureux » mais quelque chose me dit qu'il y a en ce monde de plus en plus de gens malheureux.
Me dis souvent que mon étoile ne doit pas être trop malveillante. Je me
Rappelle - dégoût et nausée - que j'aurais pu développer une âme politique.

 

Pas de mauvais temps ce 1er septembre 2025 et de quoi penser. Tant
Qu'on peut s'agiter l'araignée, c'est qu'on a encore un plafond. Zut va
Se faire des pâtes ; on attend le départ de Bayrou et on ne sait pas trop ce qui va suivre.
Soit ça va aller (à peu près), soit ça ne va pas aller (du tout) mais j'ai  l'impression que ça ne va pas être joyeux. 

 

Étonné ? Pas vraiment. Faut s'y attendre, au n'importe quoi à venir. N'était-il pas annoncé depuis longtemps ? « Ah
Que vienne le temps / Où les cœurs s'éprennent ! ».
Le poète Rimbaud a écrit cela : faussement naïf, ironique drôlement.

 

Géant normand : c'est Flaubert que Sartre désigne ainsi. 
Normand, je suppose que l'auteur de « Madame Bovary » buvait du cidre et du calva mais je n'en sais rien que si ça se trouve, il
Se nauséait rien qu'à entendre les mots « cidre » et « calva ».

 

Soit je me fais des pâtes, soit je continue à écouter un sociologue sur France Inter débiter des sornettes sociologiques.

 

Projeté contre le mur, il se distribua 
En plusieurs parties, lesquelles jonchèrent très vite le réel. Comme il n'avait pas de
Femme, il n'était pas marié. Pourtant, cela ne consola pas sa bien-aimée, ni la cantatrice chauve qui n'en fut, hélas, que plus chauve.

 

Dans tout ceci, je ne vois qu'une chose, c'est qu'il ne faut pas pousser
Son bouchon trop loin car je ne crois pas que tous les géants, normands ou pas, écrivent tous « Madame Bovary », ou toute
Œuvre assez intéressante pour retenir l'attention des critiques.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er septembre 2025.

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25 août 2025

SCHTROUMPF FIT LA SCHTROUMPFETTE

SCHTROUMPF FIT LA SCHTROUMPFETTE

 

« Schtroumpf ! », fit la schroumpfette.
« - Oh c’est schtroupfement dégoûtant ! » dit alors le schtroumpf pudique.

 

1.
« Tout roule avec des mystères révoltants
    De campagnes d’anciens temps »
(Rimbaud, « La rivière de Cassis »)

 

Tout – Ah ! ce n’est pas rien.
Roule le train, j’allais au travail.
Avec le sandwich au pâté, j’aime bien les cornichons.

 

Des pluies qu’on annonce ; ça sent la rentrée – ô visages ! Les
Mystères, j’aime bien les mystères dans les romans – ô masques…
Révoltants, les jours politiques, que je les vois arriver, le déclin des démocraties, la débandade des bonnes volontés, l’avènement du collabo.

 

De l’Egypte antique, Zut n’en sait pas plus que moi et pas la peine de consulter le chat, il s’en moque comme du bicorne à Napoléon. Les
Campagnes à Napoléon, elles furent quand même très sanglantes.

 

D’anciens vers me reviennent souvent – « Souvent, pour s’amuser… » ; « U, cycles, vibrements divins… » ; « Pour qui sont ces serpents… » - ce sont des vers revenants. Les
Temps à venir ne m’inspirent pas confiance : l’Internationale des autocrates est à l’œuvre.

 

2.
« Le film est la forme d’art qui correspond à la vie de plus en plus dangereuse à laquelle doit faire face l’homme d’aujourd’hui. »
(Walter Benjamin, « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », 1939)


 

Le morceau de lapin à la moutarde que j’ai mangé hier était délicieux. Le
Film que je préfère est « Le Septième Sceau » d’Ingmar Bergman. J’aime aussi les films avec Jerry Lewis mais ce n’est pas du tout le même genre d’humour et, par ailleurs, par ici et parallélépipède, je ne vois rien de drôle à un enterrement. Le film
Est, parce que s’il n’était pas, comment donc qu’on pourrait en causer ?

 

La journée d’aujourd’hui, dimanche 24 août 2025, s’annonce ensoleillée. Le chat dort au soleil, et ça, c’est parce que c’est un chat parce que si c’était un kangourou, je me demanderais ce qu’un kangourou fait dans cette herbe. « La
Forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des mortels » est le titre d’un recueil de Jacques Roubaud que je n’ai pas lu.

 

D’art je ne cause point étant aussi nul en histoire de l’art qu’en toute chose.

 

Qui vole un œuf, vole un bœuf mais je note qu’il est plus facile de cacher un œuf qu’une bête à corne. Ce qui
Correspond à une tête d’œuf s’appelle souvent un politique (tout le monde le sait).

 

A la salade, naguère, on ajoutait de la mayonnaise mais de la mayonnaise, on en prend aussi avec des frites, du thon en boîte et des tomates, et aussi du jambon ; on ne prend pas de la mayonnaise en jouant du violon, c’est bien trop gras.

 

La rage de dents est ponctuellement très handicapante ; la technocratie aussi. Ma
Vie, je crois bien que je l’ai un peu ratée ; et j’en ai bien peur, je ne ferai pas mieux la prochaine fois.

 

De la sale guerre de Poutine en Ukraine à toutes les autres sales guerres qui s’annoncent parce que la technocratie européenne nous a joyeusement désarmés, je ne vois guère que quelques années d’une paix relative avant que tout n’explose.

 

Plus j’y pense, plus je pense que le No Future des punks, qu’il fût sincère ou pur marketing, était tout de même fichtrement prémonitoire.

 

En vingt-quatre heures, on peut en faire des choses. Et pourtant.

 

Plus je me rends compte que j’ai vieilli, plus je me morose.

 

Dangereuse Zut – car si je ne vous ai pas dit que Zut était peu sympathique, maintenant je vous le dis.

 

A la campagne, jadis, on voyait des oiseaux, bin là, j’en vois beaucoup beaucoup beaucoup moins.

 

Laquelle de mes camarades de lycée nourrissait pour moi quelque affection (la vache, comment que j’cause classique soudain) ? Je ne sais pas trop. Pas beaucoup, je suppose mais on s’en branle.

 

Doit-il vraiment venir le Messie, ou se fera-t-il excuser ?

 

Faire ce qu’on peut en évitant de causer du souci aux autres est une bonne règle de vie dont surpopulation et politique en gênent considérablement l’application.

 

Face au monde à venir, défois, j’ai juste envie de boire une bière de plus.

 

L’homme que j’aurais le plus respecté ? Je ne sais pas, il y a tant d’imitations.

 

D’aujourd’hui je suis, et aussi d’hier, de demain, par définition, c’est pas sûr. 


 

3.
Si vous voulez savoir quelle est la différence entre le jazz et n’importe quel album pop/rock de ces vingt dernières années, Ecoutez les cinq premières minutes de l’album « Maiden Voyage » de Herbie Hancock (piano), Freddie Hubbard (trompette), George Coleman (saxophone ténor), Ron Carter (contrebasse) et Tony Williams à la batterie, et vous verrez la différence entre virtuosité et bricolage plus ou moins honteux.  

 

4.
L’élégance en musique, c’est, à mon avis, quelque chose qui doit se rapprocher du « Song For My Father », du Horace Silver Quintet et si vous n’aimez pas ça, je vous suggère d’aller vous faire voir du côté des incultes, ça ne manque pas, surtout en politique.

 

5.
Savez-vous ce qu’on dit en France ? C’est que quand ça a deux pattes, que ça se dandine et fait coin-coin, c’est que ça doit être un canard et donc, à mon avis, à force de dandiner devant Poutine et de faire coin-coin, c’est que le POTUS Trump doit être une sorte de coin-coin krasnov tenu par les c… par Poutine, ou, si l’on veut être plus poli, pris à la gorge par le FSB mais ça revient au même. 

 

6.
Tsahal pouvait-il faire autrement que de raser Gaza pour anéantir le Hamas ? Oui, tout le monde sait que oui. Netanyahou est une honte pour tous ceux qui croyaient en la démocratie israélienne. 
Quant à ceux qui crient « Free Palestine » parce que Rima Hassan le beugle à longueur de temps, qu’ils apprennent à lire une carte et ils comprendront combien Israël est fragile.  

 

7.
Trump krasnov a déclaré que s’il n’y avait pas d’accord entre Poutine et le président Zelensky, soit il y aurait des « sanctions massives », soit il se retirerait des négociations. TACO Trump étant ce qu’il est, je parie assez qu’il choisira la seconde option.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2025.

 

20 août 2025

GRIMACE EN ALASKA PUIS ILLUSION LYRIQUE

GRIMACE EN ALASKA PUIS ILLUSION LYRIQUE

 

1.
« La guerre impérialiste est une révolte de la technique, qui réclame, sous forme de « matériel humain », la matière naturelle dont elle est privée par la société. »
(Walter Benjamin traduit par Gandillac revu par Rochlitz, « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », 1939)

 

Si la guerre impérialiste a pour but et moyen le matériel humain, c’est qu’elle est un ogre.
Et cet ogre qu’est la guerre impérialiste se nourrit de territoires et des humains qui y circulent, et ceci afin d’agrandir son espace et, en en contrôlant les populations, accroître son empire sur le réel.
La Russie de Poutine a ainsi pour but de compenser son sous-peuplement (144 millions d’habitants pour 17 millions de km²) en tentant d’accroître sa population en annexant le plus possible de territoires et de peuples (d’où la blague assez sinistre attribuée à Poutine : « Les frontières de la Russie ne s’arrêtent nulle part »).
Le problème d’Israël est tout autre (9,4 millions d’habitants sur 20 770 km²) : petit pays, avec une natalité suffisante pour assurer le renouvellement des générations, c’est plutôt le manque de place qui caractérise Israël, d’autant qu’il a bien des raisons de se méfier de ses voisins, même si ceux-ci, souvent par souci de ne pas se brouiller avec les Etats-Unis, prétendent normaliser leurs relations.

 

2.
16 août 2025. Je nourrissais sottement quelques espérances mais après le désastre d’Anchorage, il est maintenant clair pour moi que le chef de la première puissance mondiale, le POTUS Trump, n’est qu’un pantin aux mains du mafieux Poutine.

 

3.
Aux Etats-Unis, Trump est souvent qualifié de TACO, ce qui signifie « Trump Always Chickens Out » (Trump se dégonfle toujours) comme on l’a vu dans la désastreuse « négociation » d’Anchorage le 15 août 2025.

 

4.
Je ne pense pas que les Démocrates américains et toutes les oppositions au krasnov Trump savent à quel point l’Europe toute entière leur serait reconnaissante si elles pouvaient empêcher Trump d’aller plus loin dans ses délires.

 

5.
Avec la chute à prévoir du krasnov Trump, il est certain que le bitcoin (surévalué par définition) va soudainement être mis en difficulté par la nécessité de trouver du liquide vite, très vite, très très vite.    

 

6.
19 août 2025. Au lendemain de la rencontre de Washington entre les présidents Trump et Zelensky soutenu par la coalition des pays européens « volontaires », il est question de « garanties de sécurité » qui, en cas d’accord de paix avec Poutine, se définiraient par une armée ukrainienne puissante (on évoque le chiffre de 800 000 soldats) et la présence, sinon en Ukraine même, du moins dans les pays limitrophes, d’une force d’intervention terre-air-mer européenne chargée d’intervenir en cas de nouvelle agression russe.
Cette force d’intervention et la sacralisation du territoire ukrainien, je ne pense pas que Poutine puisse l’accepter : elle mettrait fin à toute possibilité d’expansion et de reconquête des territoires perdus lors de la dislocation de l’URSS et le problème russe resterait entier (une natalité en berne et un sous-peuplement chronique).
A moins que Poutine compte sur la stratégie d’entrisme et d’ingérence pour déstabiliser et favoriser dans certains pays européens (visant en particulier la France) la venue au pouvoir de partis qui lui seraient favorables, je ne le vois pas accepter que l’Ukraine (même amputée de l’oblast de Louhansk) soit singulièrement plus forte qu’en 2014.
Si Poutine accepte une telle situation, méfions-nous.
Reste aussi la possibilité que, dans un sursaut de lucidité, Poutine ait fini par comprendre que jamais l’Occident des démocraties ne le laissera s’emparer de l’Ukraine toute entière.
Quant au président Trump, on ne sait plus dans quel camp il est ; il semble qu’il pense avant tout à sa réputation d’homme d’Etat, dans le but, sans doute, de faire oublier ses nombreuses et parfois très sales casseroles.
 

 

7.
19 août 2025. Ainsi donc, la LFI s’associe au mouvement du « 10 septembre », lequel ressemble beaucoup à une opération téléguidée de l’étranger (guerre hybride à la russe). On voit donc où vont les sympathies réelles du parti de Mélenchon.
Je note qu’en appelant l’extrême-gauche à se rallier aux troubles potentiels du 10 septembre, la LFI s’attire les foudres de la nébuleuse tendance complotiste-insurrectionnelle de l’extrême-droite, laquelle, sur les réseaux sociaux, en revendique clairement l’initiative.
De plus, s’il s’agit de censurer le gouvernement Bayrou, nul besoin de troubles et de grève illimitée, les grèves catégorielles menées par les syndicats, les négociations qui suivront et le jeu parlementaire devraient suffire, sinon à faire tomber Bayrou, du moins à le faire reculer sur bien des points. 

 

8.
19 août 2025. Après le sommet Trump-Poutine d’Anchorage et l’illusion lyrique de Washington, je crains la suite des manœuvres trumpiennes et de la guerre hybride russe.

 

9.
Du bec cloué de Trump à Anchorage à l’illusion lyrique de Washington, j’ai l’impression que le POTUS se fiche de nous, travaille pour lui seul, cherche à gagner du temps, pour lui, et peut-être aussi pour le compte de Poutine.

 

10.
19 août 2025. Paraît que Poutine envisage de rencontrer le président Zelensky à Moscou. Sachant que les Russes ne reconnaissent pas la légitimité du président Zelensky, qui garantira la sécurité du chef d’Etat ukrainien ? Trump ? - J’ai comme un doute. Aller à Moscou quand on s’oppose à Poutine, autant se jeter dans la gueule du loup.

 

11.
Trump est mégalomane et Poutine paranoïaque. Je ne leur fais guère confiance quant à leur soi-disant volonté de paix.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2025.

 

20 octobre 2024

EN ATTENDANT LE GRAND QUOI DONC

EN ATTENDANT LE GRAND QUOI DONC

 

1.
« Le son d'un cornet
Mangeait au vinaigre
Le cœur d'un tonnerre »
(Fatrasies d'Arras)

 

2.
L'équation est simple :
Si Trump remporte les présidentielles de novembre, Poutine pourrait bien gagner sa sale guerre en Ukraine.
Si Trump perd les présidentielles, Poutine en sera pour ses frais et pourrait vite s'en mordre les doigts.

 

3.
« Comme ça toutes les gares du monde, du moment que les trains de troupes stagnent... la vie sur la terre a dû commencer dans une gare, une stagnation... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Défois qu'on stagne... qu'on mange des gaufres... on stagne encore... pourtant pas la malédiction du gaufrier... d'ailleurs, avec les crêpes, c'est pareil...

 

4.
« La terminologie du monde, peu ou prou, salonnière, proustière, me rendrait facilement assassin... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

L'emploi du terme « assassin » … ah c'est un terme !... chez Céline... le narrateur lui-même... féroce ironie, mâchoire.

 

5.
« la bibliothèque du Château en avait des malles ! monceaux ! monticules d'Albums, que vous pouviez passer des semaines à regarder tel petit ruisseau d'un siècle à l'autre... »
(Céline, « D'un Château l'autre »[le narrateur])

 

Le monde chiffré, lettré, codé... on y passe des heures, qu'on s'y fascine de tous les réels, qu'on y pêche de ces vérités... sachant, qu'on sort, farci... qu'on s'y croit autorisé à en tirer des leçons... c'est là souvent qu'elle chope l’œuf la gourance...

 

6.
Mais qui s'intéresse aux excès d'Inès ?
Pas les insectes ! Pas les insectes !
Mais qui s'intéresse aux excès d'Inès ?
Occupez-vous plutôt d'vos fesses !

 

7.
« … après il s'est passé des choses... beaucoup de choses... je vous raconterai. »
(Céline, « D'un Château l'autre »[le narrateur])

 

L'a certainement pas tout conté raconté, Céline... s'est arrangé avec la vérité... certainement... maquillé, mystifié... c'est pas l'essentiel... Céline menteur, c'est entendu, mais quel violon l'infernal !

 

8.
Machinerie, machinerie tout ça... le caillou pense pas... pas de conscience, laquelle suffit pas... l'humain ne cesse pas de penser... la sardine, la baleine, le dauphin, le rat d'égout, chaipas... et puis fardé consciences l'humain... conscience réflexive, conscience professionnelle, conscience morale, conscience politique, conscience citoyenne, apprenante, résiliente, raisonnable... machinerie... a évolué auto-programmation par le langage l'humain... s'est codé complexe... avec des affects, des passions, des morales, des cultures virtuoses, des raisons pour tout... et assez de mots pour bavarder à l'infini... les ordinateurs ? On verra quand on y sera, au maximum d'informations dans le minimum d'électronique... le « point de singularité » ?... le grand quoi donc ?

 

9.
« Now I've heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you ? »
(Leonard Cohen, « Hallelujah »)

 

C'est ce que je dis, qu'il faut faire attention à ne pas se coincer l'allelouia  dans une porte.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 octobre 2024. 

19 octobre 2024

DISPARATE INCONGRU POIL AUX PATTES ET POIL AU

DISPARATE INCONGRU POIL AUX PATTES ET POIL AU

 

1.
« Par contre, le chien qui voulut faire le coq n'a jamais été reconnu. »
(Ionesco, « La Cantatrice chauve » [Mme Smith])

 

2.
« Cristi gaucho mi-carême on t'y en fouterait de la façon de rire !... et du cinéma !... oui... c'était plutôt urgent qu'ils rebarrent, lui et sa poupée !... mais l'autre, Cézig des Cimetières, qu'est-ce qu'il venait foutre à l'Ambassade ?... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

Le Céline « D'un Château l'autre », maître, maestro, virtuose... rythme, visuel, tout... musique... le moqueur au cœur de l'orchestre qu'il s'en vient siffler... anti-choucroute... blagueur de pompes... envoyeur à balades... hausseur  d'osses.

 

3.
« je vis encore plus de haine que de nouilles !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

L’alexandrin outre... les nouilles, ça nourrit la haine défois... pas que... faut aussi à tout détester l'avoir le tempérament... Céline l'avait fort... pas tellement bienveillant, sauf avec les bêtes et les mômes, enfin je crois que c'est ce qu'on dit.

 

4.
« oh ! mais je débloque pas si tant plus que je me méprends de ce que j'ai été !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

Qui sait-y ce qu'on a été, voire qu'on a été ?... c'est jamais que du possible, du vraisemblable, du reconstitué, hypothétique, éventuel probable... a-t-on jamais été... qu'on se serait rêvé... douleur qui se distrait d'elle-même en s'inventant de l’être existentiel.

 

5.
J'y crois pas trop à l'alerte lancée par les renseignements allemands : la Russie de Poutine 2030 qui provoquerait en attaquant un pays membre de l'OTAN... 2024 que son armée ne contrôle le Donbass qu'au prix d'un grand nombre de cadavres et mutilés et perdus... que le rouble vaut que couic... A moins de la 3ème mondiale hécatombe... L’axe Moscou-Pékin-Téhéran-Pyongyang à l'assaut de nos pommes... Les Chinois à Brest, qu'il avait dit, Céline... l'incroyable déculottée... le truc qu'ils avaient pas prévu, les pédagogistes, les désarmeurs, les humanistes... qu'ils seraient si féroces aussi, les autres lointains...

 

6.
Entendu sur France Inter une émission sur les lambertistes... c'est rare ça les émissions sur les lambertistes... c'est qu'ils n'apprécient pas trop qu'on parle d’eux, les clandestins politiques, les entristes... évocations de Jospin, de Mélenchon... assez trouble tout ça... ridicule aussi, grotesque, si ce n'était pas dangereux.

 

7.
Mon cœur, mon cœur, ne t'emballe pas... fais comme s'il n’existait pas, le chien des ténèbres qui va te sauter à la gorge.

 

8.
19 octobre 2024. Macron, par la dissolution et la cohabitation qui en résulte, aura prouvé lui-même, hein, président, que le macronisme n'aura été qu'une parenthèse agitée, et coûteuse.

 

9.
Le 18 octobre 2024, sur France Culture, Denis Lavant a lu le formidable « Au mouton pourrissant dans les ruines d'Oppède », de Henri Simon Faure. C'est de la poésie et c'est excellent.

 

10.
Certains, à droite, comme l'illustre Copé Jean-François, voudrait le rétablissement de la taxe d'habitation. Sa suppression était pourtant l'une des rares bonnes mesures du président Macron. Je serais d'accord si cette taxe  servait réellement à la collectivité, pour assurer la gratuité des bus de ville, ou la rénovation des écoles. Mais si c'est pour des projets culturels bidons ou subventionner des associations douteuses, ou pire encore, alors halte au racket.

 

11.
« Que voilà de disparates histoires ! je me relis... que vous y compreniez ci !... ça !... pouic ! perdiez pas le fil !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

« perdiez pas le fil »... bah, peu importe... c'est que de la littérature... ça se lit aussi bien que ça s'écoute... symphonie qu'on se passe le disque... on fait pas attention à tout... pas si grave... on a notre vie à nous... Céline ou Simenon... c'est du supplément de génie... de l'essentiel fil rouge, quand bien même qu'on est occupé à repriser tout à fait autre chose.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2024.

18 octobre 2024

SI VOUS AVIEZ EU DEUX NEZ

SI VOUS AVIEZ EU DEUX NEZ

 

1.
« LE PROFESSEUR
Prenons des exemples plus simples. Si vous aviez eu deux nez, et je vous en aurais arraché un... combien vous en resterait-il maintenant ? »
(Ionesco, « La Leçon »)

 

2.
« Une mouche et un canari furent à la base de la solution du mystère du Royalty Theatre » 
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort »)

 

On ne fait pas chanter une mouche. Enfin, disons que c'est difficile.

 

3.
« - Non. La dernière fois que je vous ai vue, vous étiez passionnément intéressée par... voyons donc... était-ce la rumba ou la trompette bouchée ? »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage mais pas avec un bandeau sur l’œil, une jambe de bois et un perroquet sur l'épaule ; je m'en souviendrais sinon.])

 

Plus le temps passe, plus je m'intéresse moins aux autres. Moi-même, je m'indiffère assez. Mais quand il pleut, je me dis : flûte, il pleut.

 

4.
Quand on entend des choses, c'est que l'on a des oreilles. Mais on peut avoir des oreilles sans rien entendre. C'est assez politique parfois ça aussi. Comme la saucisse.

 

5.
« Soudain, elle parut s'incorporer au mur, et disparut. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

J'admire ce vers blanc : « Soudain, elle parut s'incorporer au mur ». Il ne s'agit pas d'une gaufre, bien sûr. Je n'ai jamais vu aucune gaufre s'incorporer à un mur et disparaître. La gaufre passe-muraille, ça n’existe pas.

 

6.
C'est à force de tourner et retourner la question qu'il décida d'ouvrir une crêperie.

 

7.
« L'insecte s'envola avec un bourdonnement ironique, puis revint de nouveau tournoyer autour de l'instrument. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Ah l'ironie des mouches ! Du reste, je ne sais qu'en dire, parce qu'il n'y a que très peu de rapport entre l'ironie des mouches et..  et quoi d'ailleurs ? Elles sont partout. Ou presque. Enfin, je crois. C'est ça qu'est.

 

8.
On ne laisse pas courir des flammes comme si c'était des chevaux sauvages. J'entends sur France Inter un fin connaisseur de l'Iliade dire que Achille, le bouillant Achille, était une brute. Je pense ça assez aussi, avec ou sans saucisse.

 

9.
« Adeane continuait à suivre la mouche des yeux et semblait n'écouter l'inspecteur que d'une oreille. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Quand on n'écoute que d'une oreille, je me demande ce que fait l'autre. Elle doit voleter quelque part dans la pièce et si, par malheur, la fenêtre est ouverte, hop, l'oreille, elle sort, un rapace passe, et nous voilà borgne.

 

10.
« - Y a-t-il une actrice répondant à ce signalement dans la pièce ? »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage mais sans faux nez])

 

Comme il n'y avait aucune actrice répondant à ce signalement dans la pièce, il en conclut que la femme invisible avait changé de perruque.

 

11.
Bien sûr que les religions sont mortelles. D'ailleurs, elles bégayent, toussent, et finissent par cracher du sang, beaucoup de sang.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

18 octobre 2024

L'ESSENTIEL C'EST PAS QUE ÇA EXISTE 

L'ESSENTIEL C'EST PAS QUE ÇA EXISTE 

 

1.
« Les sons, mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu'ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. »
(Ionesco, « La Leçon » [Le Professeur])

 

2.
« - Parce que les aiguilles sont soit retenues, soit poussées par le vent. »
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort » [Wanda])

 

Il faut toujours savoir d'où vient le vent. A cause de l'ours, l'ours dont on a vendu la peau avant de l'avoir plumé, et qui va vous assommer de sa lourde patte.

 

3.
Ayant tendance à m'assourdir, et cela bien après ma naissance, j'en conclus que je vieillis.

 

4.
« Pour ce qui me concerne, je vous dirais que la vie, même ascétique, coûte encore extrêmement cher... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

En soi, la vie n'a pas de prix. Tous les idéalistes vous le diront. Dans le réel, c'est terriblement plus relatif. Tous les marchands de canons vous le diront.

 

5.
« des millions sont morts, qu'étaient pas plus coupables que vous !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

La différence entre la guerre et le fait divers, quantitative est-elle aussi. Les motifs itou, qu'en fin de compte, ça se résume à la rareté naturelle... après, qu'on l'entretiendrait exprès soigneusement... la rareté des choses... parce qu'on n'imagine pas l'humanité autrement qu'en lutte, conflit, bagarres, bombardements, chambard, et menaces apocalyptiques... je saurais pas vous dire... j'en ponds pas, du philosophique, du résilient, du sériel polémique à passer sur France Inter, ou Clown des News.

 

6.
« le mystère piquant, qu'on a jamais retrouvé le cadavre ! on l'a pourtant vu ! le mec s'effondrer ! deux couteaux dans le dos !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Céline le disait, qu'il y en plein les journaux, des histoires... faits divers et zigzags fatals... là, la disparition du cadavre de « la Maison Verte »... ailleurs, bizarreries diplomatiques et marchandages de tapis qu'il y a des armes dedans... ou d'autres cadavres... des encombrants... des inquiétants... des collatéraux...

 

7.
« je donnerais d'énormes leçons de Vertu, de jusqu'au-boutisme tonnerre de Dieu ! la mystique !... je me ferais tout le temps téléviser, on verrait mon icône partout !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Pas changé... y en a toujours des imposteurs... le psychanalyste hypnotique, enjoliveur, abuseur de jeunes filles... l'Abbé des pauvres affolé du radada... d'autres encore... Tartuffes applaudis, honorés, reçus des requins, pondeur de bouquins, honoris causa et autres foutaises, puis les scandales éclatent... rejetés alors, les apôtres, agonis, crachés, pourris des œufs, en attente de jugement... qu'on sait même pas encore tout.

 

8.
18 octobre 2024. Yahya Sinwar tué, par quel cadavre ambulant le Hamas va-t-il le remplacer ?

 

9.
« ils sont plus prudents à vous tuer qu'un bourgeois à acheter ses « Suez »... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Y a des assassins... vous les croisez, vous savez pas... plus qu'on croit... dans le béton comme la verte... des tueurs froids... des sanguins aussi... des abstinents, des alcooliques, des camés, des mystiques, des hallucinés, des gagés.

 

10.
« Enfin, étrange pour étrange puisque j'étais descendu pour me rendre compte si c'était du rêve, pas du rêve... du saindoux, des gens, des nèfles, Christophe Colomb ? Cortez ?... » 
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Le réel se vérifie... défois qu'on va voir... qu'il y en a itou, de l'irréel... qu'on vérifie aussi qu'il y en a qui y croient, à la fiction étrange, au fait troublant, au complot reptilien.

 

11.
On s'emporte toujours avec soi dans la tombe. Et que la viande ait une âme, ça m'étonnerait.

 

12.
Bon dieu, diable, fantômes, Eldorado, OVNI, fin de l'Histoire, paix perpétuelle, mondialisation salvatrice, relance économique... l'essentiel, c'est pas que ça puisse exister, c'est que certains y croient, ou fassent semblant.

 

13.
Le politique n'arrive jamais à ses fins qu'en vendant du rêve, de la poudre de perlimpinpin, du faudrait que parce que en effet. C'est le prix de son efficacité. Laquelle est parfois relative, voire douteuse. S'il dit la vérité et parvient à, le politique obtient le privilège d'être respecté après sa mort.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

18 octobre 2024

SOUPÇONS ONOMASTIQUES

SOUPÇONS ONOMASTIQUES

 

1.
« Les cacaoyers des cacaoyères donnent pas des cacahuètes, donnent du cacao ! »
(Ionesco, « La Cantatrice chauve » [Mme Martin])

 

2.
« En apercevant le psychiatre, elle éloigna son interlocuteur d'un geste de la main. »
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort »)

 

Il ne faut rien exagérer ! Ce n'est pas parce que vous apercevez un psychiatre – y en a qui passent – qu'il faut s'agiter des mains. Et, quelle que soit la hauteur du mur, gardez la tête haute, haute, haute.

 

3.
« Margaret se leva en portant la main à ses yeux. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Comme elle portait la main à ses yeux, elle vit qu'elle n'avait plus de doigts, ce qu'elle ne vit pas d'ailleurs, n'ayant plus d’yeux. Les oreilles lui manquant, elle haussa les épaules en entendant la petite voix qui disait : Tout est affaire de perception, comme on dit à Bercy. 

 

4.
A l'approche des élections présidentielles américaines, je vérifie que j'ai bien tous mes clowns. Pour la parade. 

 

5.
« Et une mouche venait constamment se poser sur le manche, bien qu'il y eût du sang séché sur la lame. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Adeane])

 

Les mouches ont leurs raisons que les couteaux ignorent. Tous les cadavres vous le diront.

 

6.
« - Les trombones ne sont pas là, expliqua Basil. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

L'orchestre, épouvanté, décida du suicide de la symphonie. C'est depuis lors que cette œuvre méconnue est appelée « La Symphonie fantôme ». Même le nom du compositeur nous est inconnu. C'est vous dire.

 

7.
« Cette allusion et les suivantes sont extraites de la populaire « nursery-rhyme » : « Qui a tué le rouge-gorge ? »
(Note de bas de page in « En Scène pour la mort », de Helen McCloy, traduit par Jacqueline Souvré, Collection « Le Masque / Les reines du crime », n°1841, p.137)

 

Quelle allusion ? Je vous assure, mon cher cousin, que personne ici n'a tué de rouge-gorge. Un rouge-gorge... comme c'est bizarre... comme c'est étrange...

 

8.
J'ai faim. Je mangerais bien une émission culinaire, moi.

 

9.
Je devrais arrêter de fermer les yeux en regardant des films, moi. Un jour, je ne verrais pas le train arriver, et je finirai déstructuré façon Godard Jean-Luc.

 

10.
Ce roman policier était si compliqué que je n'ai jamais su qui avait été assassiné. Lorsque je crus comprendre que c'était le narrateur, je me dis qu'il fallait quand même, parfois, dans certains cas, que je condescende à lire toutes les pages.

 

11.
« Ce meurtre a été préparé par une intelligence pratique, non par un esprit tortueux. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Basil])

 

Si vous l'avez tortueux, l'esprit, faites attention à ne pas vous mélanger les gâteux.

 

12.
« - Quatre au moins ont ou ont eu des soupçons. Et l'un d’eux est mort. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Un personnage, et même pas sur une échelle])

 

Lorsque je rencontrai Onhuhonhu, il était déjà très Onhuhonhu. Maintenant qu'il est mort, j'ai des soupçons onomastiques.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024. 

13 août 2025

LE SEUL POIDS QUI COMPTE

LE SEUL POIDS QUI COMPTE

 

1.
Je suis comme beaucoup d'athées. J'ai fait de la croyance une affaire purement privée. Cela ne regarde que Dieu et moi.

 

2.
12 août 2025. Il n'aura pas fallu longtemps avant que Trump revienne sur sa parole. Le voilà qui de nouveau critique le président Zelensky. Quant à l'ultimatum des 10 jours ? Envolé. Au revoir, Donald, bonjour, Krasnov ! Symptômes de dissociation ?

 

3.
Si je comprends bien, POTUS Trump aka Krasnov veut rendre l'Alaska à la Russie (dans l'espoir peut-être d'un cessez-le-feu fatalement éphémère) et en compensation, il annexerait le Canada. Ça a l'air d'une blague mais avec le dingo orange, on peut s'attendre à tout.

 

4.
S'il y a un lien qui relie Trump, Epstein et les services secrets russes, nul doute qu'il finira par être mis à jour. Mais pour l'instant, ce n'est plus seulement une affaire d’État, c'est une affaire susceptible d'avoir des conséquences internationales majeures. 

 

5.
Trump n'est pas un pacifiste, c'est un homme d'affaires qui joue à l'homme d'Etat. Et la guerre, toujours incertaine, ça coûte cher, économiquement mais aussi politiquement.

 

6.
France. Fiscaliser les pourboires serait une stupidité contre-productive qui prouve la tentation permanente de l’État à vouloir tout contrôler, tout maîtriser et en soi, c'est inquiétant et préoccupant. Sommes-nous toujours dans une démocratie libérale ?

 

7.
12 août 2025. Krasnov Trump déclare qu'il a de bonnes relations avec la Chine et s'apprête à négocier la partition de l'Ukraine avec Poutine. Est-ce assez clair ? Krasnov Trump favorise les ennemis de la démocratie parce qu'il est lui-même un ennemi de la démocratie.

 

8.
12 août 2025.
Trump aura tout fait pour faire oublier les Epstein Files.
Trump se prépare à négocier la partition de l'Ukraine avec Poutine.
M'étonnerait pas qu'il y ait un lien entre ces deux faits.

 

9.
Poutine doit boire du petit lait. D'ici quelques jours, soit Trump conclut un accord qui aboutira à une partition de l'Ukraine, ce qui serait pour les Russes une victoire diplomatique et politique, soit Trump renonce à un accord et se désengage totalement du conflit russo-ukrainien. Dans les deux cas, l'Ukraine serait affaiblie. 
Le monde qui se prépare pourrait bien être administré par le mégalomane Trump, le mafieux Poutine et l'anti-démocrate Xi Jinping. Quant à l'Europe, elle a intérêt à se réarmer vite, très vite, très très vite.

 

10.
Cela fait des années que la CIA alerte sur les risques d'une multiplication des conflits internationaux. Mais les analystes des années 90 et 2000 n'avaient sans doute pas prévu que la Russie de Poutine aurait réussi à placer un de ses pions à la Maison Blanche.

 

11.
Comme en 2022, en 2023, en 2024, il est en 2025 des champions de la diplomatie, genre Araud et consorts, qui disent qu'il faut maintenant négocier et que le conflit russo-ukrainien se conclura bientôt par une partition de l'Ukraine. Je pense que la sale guerre de Poutine en Ukraine est loin d'être terminée et que l'Ukraine n'acceptera pas si facilement de se laisser démembrer. Encore faut-il qu'elle ait un soutien actif de l'Europe, et là, hélas, j'ai parfois des doutes.

 

12.
L'économie française, quelle blague ! Le pays est endetté à hauteur de 114% du PIB (3 345,8 milliards d'euros). Elle est la championne des prélèvements de toutes sortes et évite l’explosion du chômage en maintenant artificiellement des centaines de milliers « d'étudiants » dans un enseignement supérieur qui coûte un « pognon de dingue » tout en produisant beaucoup de frustration et de déqualification. Pendant ce temps-là, pour faire face à la pénurie de main d’œuvre dans certains métiers (y compris des métiers de première importance, comme médecins), on a recours à une immigration tellement forte que les Français s'apprêtent à élire un candidat d’extrême-droite lors des présidentielles 2027. Le travail au noir y est très répandu et nos chercheurs fichent le camp à l'étranger où ils sont mieux payés. Par contre, nous avons beaucoup de « grandes écoles » qui produisent des plus ou moins hauts fonctionnaires en série, lesquels alimentent une classe politique dont le niveau de compétence est pourtant assez relatif. A part ça, l'Etat (et le président Macron a parfaitement illustré cette tendance) ne manque jamais d'idées pour réformer dans tous les sens et de dépenser beaucoup dans des projets quelquefois assez lunaires (l'Education nationale s'est notamment distinguée dans cette course à l'échalote pseudo-savante). Nous avons cru que nous pouvions nous passer d'une armée conventionnelle et voilà que, face au péril poutinien, nous sommes obligés de nous réarmer très vite (et ça coûte). Nos atouts ? Puissance nucléaire, bancaire et agricole, nous sommes aussi de gros vendeurs d'armes et de produits de luxe. Nous ne manquons pas de sociologues.   

 

13.
« Le seul poids qui compte est celui des armes » a écrit Samantha de Bendern dans un post récent sur la sale guerre de Poutine en Ukraine. Elle a raison et je me souviens des critiques qui me furent adressées lorsque, citant un enseignant de Lille III commentant le roman de Claude Simon, « La Route des Flandres », j'avais énoncé cette énormité aux oreilles des humanistes tendance niaise : "On n'arrête pas une division de panzers avec une bibliothèque".

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 août 2025.

19 octobre 2024

HUMAIN EN SERIE CHAIR A CANON

HUMAIN EN SERIE CHAIR A CANON

 

1.
« … Grâce auquel, en quinze minutes, vous pouvez acquérir les principes fondamentaux de la philologie linguistique et comparée des langues néo-espagnoles. »
(Ionesco, « La Leçon » [Le Professeur])

 

2.
« L'Opinion a toujours raison, surtout si elle est bien conne... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Qu'on va vérifier ça avec les présidentielles américaines de novembre 2024, que si Trump l'emporte, y en aura pour tous à frousser : Américains, Européens, Ukrainiens... La tête qu'on va tirer, qu'la démocratie libérale va virer fiel et sale goût.

 

3.
« La tête est une espèce d'usine qui marche pas très bien comme on veut... pensez ! deux mille milliards de neurones absolument en plein mystère... » 
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

C'est qu'on nous a livré l'ordinateur sans le mode d'emploi, sans doute... Oh et puis après, c'est déjà assez grotesque obscène sanglant le monde, qu'on dirait pas qu'il a été travaillé par l'intelligence... et cette manie de la reproduction... humain en série, chair à canon.

 

4.
19 octobre 2024. Avec sa monnaie qui déconfiture (un seul euro, plus de cent roubles) et des indices boursiers si souvent dans le rouge, l'économie russe glougloute j'crois bien. Je sais pas ce qu'il y a dans la tête à Poutine. Pas grand chose apparemment. Peut-être un rat.

 

5.
« Elle est pas liante sa princesse !... elle ne nous aime pas... elle regarde l'autre côté... moi son nez qui me dit ! que je veux mieux voir... trois quatre verrues... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Quand on croise une princesse, parfois on peut compter ses verrues. Sinon, on peut toujours penser au roquefort.

 

6.
Défois qu'on se prend au sérieux... bien vite heureusement qu'on se rend compte qu'on se caricature... c'est pas nous, ce melon professionnel... on n'est pas exact dans le zélé... on connaît la comédie... heureusement oui, sinon qu'on pourrait se laisser entraîner au politique, au trissotin, à la responsabilité morale, à l’exemplarité... Valsez trompettes ! Un sale con reste un sale con, professionnel ou pas... le tout c'est d'esquiver, pas risquer, pas prétendre.

 

7.
Quand j'entends des philosophes, je sors mon camembert.

 

8.
Dans les années 70, certains se faisaient pousser les cheveux en s'achetant une guitare.

 

9.
Beaucoup de Français parlent très mal le franco-français. Et comme ils entravent que dalle au russe, au chinois, à l'espagnol, et à toutes les sortes d'anglo-saxon, ils finissent par soliloquer l'alcoolique latent du bar du coin.

 

10.
« Citoyen du Monde » ? Fichtre, pour quoi faire ?... Fichez lui la paix, au Monde, il se massacrera bien assez sans vous.

 

11.
« De baliverne en baliverne, je vous oublie !...»
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Baliverne souvent le littéraire... phrases bien troussées, périodes, aperçus psychologiques, profondeurs à formules... Zut s'en tamponne... c'est le rythme qui l'emporte... le jazz.

 

12.
« Hé ! là ! cocotte ! ma cavale échappe !... où je vous fais encore galoper ? je vous distrais... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Distrait, défois qu'on se perd...on s'y retrouve plus... le réel dédale... on se sent nulle part...on se demande qu'on se répond pas.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2024.

27 juillet 2025

FANTASIA ANONYMAT VERITE ET MORALE

FANTASIA ANONYMAT VERITE ET MORALE

 

1.
« Il porte un panama et un costume croisé et il tient une mitraillette dans ses mains, de celles qu'on voit dans les illustrés en couleurs. »
(Charles Williams traduit par Marcel Duhamel, « Fantasia chez les ploucs », [le narrateur|)

 

Qui se souvient de ce roman policier très amusant de l'américain Charles Williams (1909-1975) publié en 1956 sous le titre « The Diamond Bikini » et traduit en français en 1957 par Marcel Duhamel sous le titre épatant de « Fantasia chez les ploucs » ? Qui se souvient du film plaisant que Gérard Pirès en a tiré en 1971 avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc ?
Quel genre de type peut se promener dans la cambrousse, « panama et costume croisé » (voire rayé noir et blanc), « une mitraillette dans ses mains » ? Pensez-vous qu'il puisse s'agir d'un chasseur de lapins ?

La référence aux « illustrés en couleurs » indique-t-elle que le narrateur est un lecteur habituel de magazines de bandes dessinées, ou alors de livres documentaires sur la mafia ?

 

2.

« Ils ressemblaient tous à des gens dont on oublie les noms. »
(Richard Brautigan traduit par Marie-Christine Agosto, « Le joli bureau » in « La Vengeance de la pelouse »)


Y a-t-il dans cette phrase quelque chose qui pourrait s'apparenter à du mépris pour les gens ordinaires qui travaillent dans des bureaux pour nourrir leur famille ? 
Quelqu'un de gauche, qui fût un peu honnête et lucide (si, si, ça existe) aurait-il pu écrire ce genre de phrase ? 
Aurais-je pu écrire une telle phrase ? (je pense que oui mais en le regrettant à la relecture) ? 
Les gens de tous les jours ressemblent-ils vraiment à des « gens dont on oublie les noms » et si oui, pourquoi ?
Les « gens dont on oublie les noms » ne valent-ils pas mieux que ces politiques dont les noms, la présence et les propos, souvent très sots quand ils ne sont pas purs mensonges et hypocrisie, saturent médias et espaces publics ? 
Le titre du film de Eric Assous, « Les gens en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels » s'applique-t-il ici ? 
Avez-vous vu « Mr Smith au Sénat », de Frank Capra (1939) avec l'immense James Stewart ? 
Pourquoi est-ce que j'aime tant le rock n' roll ? 
Le monde de tous les jours est-il voué à l'anonymat de masse ? 
Le monde à venir de la surveillance de tous par tous est-il voué à l'anonymat des délateurs ?

 

3.
« Je vois, par exemple, que 2 fois 2 font 4, et qu'il faut préférer son ami à son chien, et je suis certain qu'il n'y a point d'homme qui le puisse voir aussi bien que moi. »
(Malebranche, « Eclaircissements » à la « Recherche de la vérité »)

 

Tous les humains sont-ils si sûrs que « 2 fois 2 font 4 » est une vérité universelle et « qu'il faut préférer son ami à son chien » ? Et s'ils affirment le contraire, sont-ils des provocateurs ? Des gens de mauvaise foi ?
Autrui est-il toujours capable de comprendre ce qui paraît évident ? Du reste, l'universalité des tables de multiplication est-elle si évidente ? De même, qu'appelle-t-on «mon ami » et qu'appelle-t-on «mon chien » ?
En admettant que je sois assuré qu'il « faut préférer son ami à son chien », qu'en est-il de la plupart des gens que je croise, et surtout qu'en est-il de mes ennemis ? Je conçois aisément que je préfère mon chien à Poutine, et que si j'avais à choisir qui sauver, je choisirai mon chien, puisqu'il est établi que dans mon esprit Poutine vaut moins que mon chien. C'est aussi la raison pour laquelle, au dam des bonnes âmes, je suis pour la peine de mort, étant persuadé qu'il existe des humains qui, quelles qu'en soient les raisons, ont renoncé à leur humanité pour céder à des pulsions prédatrices et mortifères.
La vérité est-elle indissociable de la morale ? Nous aimons certes à le penser, mais il est tout aussi probable que le développement des intelligences artificielles précipite l'humanité dans un empire des vérités qui se passera tout à fait de morale. Une dictature mondiale des algorithmes est-elle en passe de remplacer la morale des démocraties et la tribu coupée du monde et des algorithmes deviendra-t-elle le dernier bastion de la morale ordinaire (celle qui obéit aux règles nécessaires d'une vie en communauté, d'un contrat social purement humain, fût-il non écrit), face à l'immense royaume des Lumières éteintes et des machines triomphantes ?
On peut aussi imaginer que l'humanité saura utiliser les algorithmes comme une simple aide à la décision et, au contraire, renouera avec la volonté de placer la démocratie comme le but à atteindre, mais il semble que la démocratie elle-même a déjà renoncé et qu'étant de plus en plus formelle, elle finisse par s'accommoder d'un monde dominé par les hyperpuissances américaine et chinoise ainsi que par l'impérialisme russo-poutinien.        

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 juillet 2025.

25 juillet 2025

PARFOIS J'ENVIE L'ELEGANCE DE LA LANGUE ANGLAISE

PARFOIS J'ENVIE L'ELEGANCE DE LA LANGUE ANGLAISE

 

1.
22 juillet 2025. « Quand les entreprises se battent pour ne pas sombrer » (France Inter) – Gaza va-t-il disparaître ? - L'AFP (Agence Française de Presse) tire la sonnette d'alarme : les journalistes présents à Gaza pourraient tout simplement « mourir de faim ».

 

2.
Parfois, j'aimerais avoir l'élégance de la langue anglaise.

 

3.
Si je comprends bien, la moitié du monde est corrompue. Et l'autre aussi.

 

4.
Quoi qu'on pense de Cioran, à ma connaissance, jamais dans ses aphorismes, il ne cite un nom propre qui ne soit du domaine public. Cette élégance de refuser des attaques ad nominem est remarquable. Cette élégance ou cette crainte des conflits ouverts.

 

5.
Je me demande si Philippe Meirieu dort sur ses deux oreilles. Je pense que oui, ce genre de trissotin n'a pas assez conscience des conséquences de son outrecuidance pour imaginer une minute qu'il se serait trompé sur presque tout.

 

6.
Rencontré récemment un fils d'immigrés polonais (de la première moitié du vingtième siècle) qui m'a expliqué qu'il restait « rouge » parce que, selon lui, le communisme n'avait jamais été vraiment appliqué. J'ai renoncé à l'interroger sur l’existence du Père Noël et des licornes. Par ailleurs, le même « rouge » m'a affirmé, sans sourciller, que la science prouvait, sans guère de contestation, l’existence de Dieu. Je pense que Marx et Jean-Paul II ont dû tous les deux se retourner dans leur néant. Le XXIème siècle sera religieux, guerrier et confus. 

 

7.
22 juillet 2025. Où l'on reparle de corruption en Ukraine. Et c'est très mauvais pour son image. Difficile de se faire une opinion. Les pressions internes sur Zelensky sont probablement très fortes. Une chose est sûre : si les Européens ont le sentiment que l'Ukraine est minée par la corruption, alors ils s'en détourneront et les opinions publiques sanctionneront leurs gouvernements de trop dépenser pour défendre un pays qui, dans leur esprit, à tort ou à raison, ne vaudrait alors guère mieux que la Russie du mafieux Poutine.

 

8.
22 juillet 2025. Je ne sais pas ce qui se passe exactement en Ukraine ; je ne sais pas ce qui se passe exactement aux USA, mais cela donne l'impression que l'Histoire pourrait encore s'accélérer et, plus vite que prévu, la jeter dans le mur, l'humanité. 

 

9.
Clair que si Trump arrive à ses fins (obtenir des pouvoirs très renforcés pour une durée indéterminée) et si Poutine remporte sa sale guerre en Ukraine, alors l'Europe des démocraties sera vite en très grand danger. Assisterons-nous à la fin du libéralisme politique ? 

 

10.
24 juillet 2025. Dans l'affaire Epstein, de quoi exactement le POTUS Trump a-t-il peur ? Je note que Trump semble craindre vraiment que l'on y découvre de quoi réellement le compromettre, sinon il ne ferait pas autant d'efforts pour tenter de détourner l'opinion publique du contenu réel de ce dossier, jusqu'à porter des accusations graves contre les Démocrates et dire tout haut qu'il aimerait que Barack Obama soit traduit en Justice. Je note encore que ce que Trump semble craindre doit être assez particulier puisque jusqu'ici, il a réussi, avec beaucoup de mauvaise foi et pas mal d'arrangements, à faire en sorte que les scandales qui ont émaillé sa carrière ne détournent pas soutiens et électeurs. Autrement dit : qu'est-ce qui - ou qui ? - tient le POTUS Trump à la gorge, voire par les couilles ?

 

11.
24 juillet 2025. On apprend par la radio que la Justice est sur le point de « rouvrir l'enquête pour d'éventuels faits de violences volontaires » commis par Bertrand Cantat sur sa compagne Krisztina Rady, laquelle s'est suicidée en 2010. La question devient donc : de combien de drames le dit Cantat, ex-chanteur de variétés prétentieuses et meurtrier qui a purgé sa peine, est-il responsable ? La Justice en décidera.

 

12.
25 juillet 2025. La France (là où je gigote et cogite) va reconnaître l’État de Palestine (c'est le président Macron qui l'a dit écrit promis ; moi tandis que, je me bâfrais des rillettes en me glabouvant la grabulle). Perspective politique nécessaire ou décision imprudente ? De toute façon, on ne m'empêchera pas de ronchonner qu'il y a trop de monde sur cette terre et que ça finit toujours mal because que, même si « le pire n'est jamais sûr », il est quand même, bien engagé.

 

13.
25 juillet 2025. Rachida Dati a des soucis avec la Justice. Elle râle. Je me dis qu'il y en a bien beaucoup des anciens de la présidence Sarkozy qui ont des soucis avec la Justice. Ah si. Donc Dati râle. Zut aussi elle râle. Moi aussi je râle. L'humanité est une râlerie quand elle n'est pas une boucherie.  

 

14.
25 juillet 2025. Depardieu, acteur énorme, va-t-il être de nouveau condamné ? Bertrand Cantat, ex-artiste de variétés outrecuidantes et meurtrier qui a purgé sa peine, va-t-il de nouveau devoir s’expliquer devant un juge ? Vais-je pouvoir éviter d'être à découvert ce mois-ci ?

 

15.
25 juillet 2025. La France va reconnaître l'Etat de Palestine. Comment vont réagir les Etats-Unis ? Comment va réagir Donald Trump ? Va-t-il rompre de nouveau les négociations commerciales en cours et menacer la France d'imposer des droits de douane à 30% le 1er août ?

 

16.
25 juillet 2025. La présence de Netanyahou à la tête du gouvernement israélien est-elle le seul obstacle à un arrêt de la destruction de Gaza par Tsahal ?

 

17.
25 juillet 2025. Une chose est sûre. Les images et les témoignages de la destruction systématique de Gaza et les échos d'un possible nettoyage ethnique dégradent fortement l'image d’Israël, et cela durera.

 

18.
Si les démocraties sont formelles, les dictatures, elles, sont bien réelles. A tout prendre, mieux vaut Macron que Poutine ; mieux vaut Obama que Trump.

 

19.
25 juillet 2025. Un Etat palestinien reconnu par les puissances occidentales ? Mirage diplomatique ou assurance de voir se pérenniser aux portes d’Israël un Etat nourri par l'islamisme radical ?

 

20.
Si Depardieu avait été plus fin, plus délicat, plus intelligent et plus sobre, il n'aurait pas été ce qu'il est. Ah oui.

 

21.
25 juillet 2025. Echos d'échanges de tirs entre Thaïlande et Cambodge. L'Occident vend des armes, condamne leur emploi. Hypocrisie et gens qui causent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2025.

11 août 2025

MAIS QUOI DONC QU'ILS MACHINENT TRUMP ET POUTINE ?

MAIS QUOI DONC QU'ILS MACHINENT TRUMP ET POUTINE ?

 

1.
10 août 2025. C'est l'été. Dans les allées des supérettes de proximité, on croise de grandes didines étrangères.

 

2.
Le lave-vaisselle Poutine est censé laver plus blanc que blanc, mais il laisse quand même beaucoup beaucoup beaucoup de traces de sang.

 

3.
10 août 2025. Trump est-il décidé, oui ou non, à faire plier Poutine ? Si ce n'est pas le cas, et il semble en effet que le POTUS tergiverse et lambine, alors c'est qu'il se fiche de nous et que ça recommence à sentir le krasnov et le kompromat (les Russes disposeraient-ils d'images éloquentes concernant les visites de Donald « Bigmouth » Trump dans l'île au prédateur Epstein, ou autres salaceries glauques et moscovites...) ?

 

4.
Les Etats-Unis sont-ils encore une démocratie ? Oui, mais avec Trump, il semble qu'ils se dirigent tout droit vers le contrôle de tous par tous et l’imbécillité institutionnalisée. Démocrates, réveillez-vous.

 

5.
Nous aussi, en France, on en a eu des bizarres façon Trump qui ont voulu toujours plus de pouvoir. Heureusement, les services de l'Etat ont été efficaces (cf Strauss-Kahn et pas que, demandez voir un peu à Sciences Po).
On pourrait aussi demander à François Mitterrand qui en connaissait un rayon sur les bizarreries extra-judiciaires et raisons d’État, mais vu que le pote à Bousquet est un peu décédé, et même s'il croyait, disait-il, aux « forces de l'esprit », ça m'étonnerait qu'il nous réponde. 

 

6.
La gauche en France est devenue une blague dont Mélenchon et le Diable rient encore.

 

7.
De toutes les figures de style, l'ironie est sans doute la plus précieuse. Tout État qui ne comprend plus l'ironie est condamné à la dictature.

 

8.
Le RN au pouvoir en 2027 ? Très possible, dit-on, voire hautement probable, disent d'autres. Et alors, que feront-ils ? Un programme d’extrême-droite demandant des changements constitutionnels tels qu'ils mettraient illico les gens dans la rue, je ne les vois pas gouverner en extrémistes, d'autant que tout dépendra des législatives et que, contrairement aux Etats-Unis, il existe en France une histoire très vive de la Résistance au pouvoir totalitaire qui, en théorie, devrait empêcher bien des familles d'adhérer à on ne sait quelle « révolution nationale » de sinistre mémoire. Non, le RN au pouvoir se heurtera vite au réel et gouvernera à droite, sans excès et avec bien des compromis.

 

9.
11 août 2025. Donald Trump a déclaré aujourd'hui : « Certains disent que Vladimir Poutine veut prendre toute l'Ukraine. Je le pense aussi. » Au moins, nous savons que sur les objectifs poursuivis par Poutine, le POTUS Trump est lucide. 

 

10.
11 août 2025. Moi, je suis pour l'échange de territoires entre Ukraine et Russie. Les Russes rendent les oblasts de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia à l'Ukraine et en échange, Poutine garde la Russie (17 millions de km² quand même).

 

11.
11 août 2025. POTUS Trump déploie la Garde nationale à Washington. Est-ce seulement pour lutter contre les gangs ultra-violents ou est-ce un test de prise de contrôle de la capitale qui pourrait bientôt, sous le même prétexte, concerner d'autres villes-clés ?

 

12.
Je viens de regarder sur You Tube une vidéo de l’excellente chaîne Occulture intitulée « L'affaire IRRESOLUE des Warren (le Poltergeist de Lindley Street) ». Généralement, Novalexandre et Marie Mad Line arrivent à démontrer qu'il y a un très gros doute sur la réalité des faits supposés surnaturels mais là, l'étrangeté demeure et m'a fait penser à ce que l'on dit de certaines enquêtes du gendarme Emile Tizané. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2025. 

2 août 2025

LE DOIGT SUR LA DETENTE

LE DOIGT SUR LA DETENTE

 

1.
Que deviennent Guerassimov et Choïgou, vous savez les deux gradés de chez Poutine qui, en 2022, n'avaient l'air pas plus convaincus que ça de la nécessité de « l'opération spéciale » en Ukraine et qui ont envoyé des troupes d'élite se faire décimer à l'aéroport de Kyiv ?

 

2.
31 juillet 2025. Les « révélations » de Paul Amar sur Rima Hassan sont-elles vraiment des révélations ou de simples supputations à partir d'un certain nombre de positions prises par la députée LFI ? 
On le saura, je pense, assez vite. Il peut s'agir d'un coup de bluff tenté par le journaliste comme il peut s'agir du lancement d'une série d'attaques qui, si elles sont étayées par des preuves, trouveront leur prolongement dans la presse et les médias audiovisuels, voire une action judiciaire.
Paul Amar a-t-il inventé ces révélations ? Est-il manipulé ? Quelque chose de beaucoup plus sérieux s'est-il mis en marche ? Je ne me prononce pas. J'attends la suite (s'il y en a une).

 

3.
Une Palestine « démilitarisée » ? Je n'y crois pas une minute.

 

4.
1er août 2025. Plus que quelques jours et nous saurons enfin s'il arrive que Trump soit réellement sincère. S'il taxe fortement et significativement les produits russes importés, c'est qu'il l'est (en matière de politique étrangère en tout cas). S'il recule et y renonce, la question reviendra lancinante d'une éventuelle comédie trumpo-poutinienne que le POTUS jouerait à l'Occident. 

 

5.
Je comprends que l'on explique la virulence nazillonne des tweets de l'étudiante palestinienne renvoyée de Sciences Po par sa jeunesse et les massacres de Gaza. Mais, à tout le moins, une telle virulence et des positions si clairement antisémites prouvent qu'elle n'a pas les pré-requis ni l'esprit critique nécessaires pour rentrer dans une école qui se veut « grande » et « prestigieuse » (quoique cela fait longtemps déjà que le prestige de Sciences Po n'est guère plus qu'une convention, voire un abus de langage). De plus, ses positions et son style apparentent tout de même cette « étudiante » à une adhérente confirmée aux thèses et aux pratiques du Hamas dans ce qu'elles ont de pire (appel au meurtre, islamisme radical, refus des valeurs occidentales,...).

 

6.
1er août 2025. Dans l'affaire du compte au contenu antisémite et nazillon de l'étudiante palestinienne renvoyée de Sciences Po Lille, une manipulation est-elle possible ? Cette étudiante reconnaît-elle être l'auteur des contenus haineux qui circulent sur les réseaux ? Ce compte a-t-il été réellement alimenté par cette étudiante ou y-a-t-il eu usurpation, falsification, malveillance ? Et si oui, par qui et dans quel but ? L’État de droit suppose une enquête approfondie. J'espère qu'elle sera menée  de façon impartiale et objective.  
Si l'enquête démontre la responsabilité de cette étudiante dans la publication de ces messages antisémites et haineux, alors c'est qu'elle n'a rien à faire en France et devra être expulsée. 

 

7.
Je me demande qui pourrait voter Mélenchon en 2027 (s'il se présente aux présidentielles, ce qui n'est pas certain) ? Quelques centaines de milliers d'étudiants déconnectés du monde du travail ? D'autres étudiants encore, fascinés par le concept de « créolisation » ? Quelques centaines de milliers de musulmans qui adhèrent aux propos anti-Israël et pro-Hamas de Rima Hassan ? Quelques centaines de milliers qui craignent l'arrivée au pouvoir du RN ? Quelques milliers de trotskistes et de nostalgiques du lambertisme ? Quelques milliers d'intellectuels émargeant dans la fonction publique, de pseudo-intellectuels (de petits profs essentiellement) anti-américains, anti-OTAN, anti-UE, Pro-Poutine et pro-BRICS, trop couillons pour voir qu'ils doivent en partie leur position privilégiée (emploi à vie, congés à rallonges, etc...) à la réussite du modèle libéral, quelques milliers de journalistes  et d'artistes qui aspirent à une fonctionnarisation de leur statut, quelques milliers de fils de bourgeois qui ont du mal à digérer leur enfance (j'en connais), quelques centaines de milliers de paumés, de naïfs, de rêveurs, d'idéalistes, d’exaltés et de déclassés... Tout ça finit par faire quelques millions et donne à Mélenchon l'illusion d'un électorat puissant et crédible. Y croit-il vraiment ? Je n'en suis pas certain.
A cet électorat hétéroclite, il faut être honnête et y ajouter les centaines de milliers de travailleurs précaires mal ou sous-payés, de personnels de santé exténués, de salariés exploités, de gens de gauche déçus du parti socialiste, de sans-emplois, de chômeurs de longue durée, de sur-diplômés déqualifiés... et qui espèrent, à tort à mon avis, en une gauche LFI qui se présente comme un modèle d'éthique politique et qui n'est qu'un parti d'apprentis chefs, sous-chefs et petits chefs de plus.

 

8.
Pour ce qui est des cancérigènes, on finit par ne plus rien y comprendre. Des substances classées cancérigènes jusqu'à maintenant ne le sont plus ; des pesticides pestiférés la semaine dernière reviennent en grâce. N'étant pas spécialiste, j'en conclus que de tous les côtés (écologistes, agriculteurs, industriels, politiques, médias), on se fout de nous.

 

9.
Serait-il possible que la véritable raison de l'antagonisme naissant et, semble-t-il, de plus en plus virulent qui anime le mégalomane Trump contre le mégalomane Poutine (et inversement), soit en fait le partage et contrôle de l'Europe ?

 

10.
Trump travaille-t-il à une soumission totale de toutes les administrations fédérales. Dans quel but ? Envisage-t-il de changer la Constitution à son profit et rester POTUS le plus longtemps possible ? D'ici quelques mois, les Etats-Unis seront-ils encore une démocratie ?

 

11.
Paraît que Bertrand Cantat déprime. Eh bien, qu'il se fasse soigner et que l'on nous fiche la paix avec les états d'âme de ce chanteur de variétés meurtrier.

 

12.
1er août 2025. Le président Trump annonce l'envoi de deux sous-marins nucléaires à portée de la Russie. Fort probable qu'ils y étaient déjà ou qu'ils suivent une feuille de route déjà précisée. Cependant, le signal est clair : Donald Trump a le doigt sur la détente.

 

13.
Je suis convaincu que les USA disposent d'un arsenal militaire bien plus puissant que celui de la Russie ; sinon, ils n'auraient pas dépensé autant d'argent pour alimenter le mythe des OVNI et détourner l'attention de l'opinion publique de leurs avancées technologiques.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 août 2025.

31 juillet 2025

EN ATTENDANT QUE TRUMP TAXE LES RUSSES

EN ATTENDANT QUE TRUMP TAXE LES RUSSES

 

1.
28 juillet 2025. Suite au raccourcissement du délai de 50 jours à une douzaine accordé par Trump à Poutine pour arrêter sa sale guerre en Ukraine et aussi suite au hacking très efficace, et visiblement destructeur, des données d'Aeroflot par des hackers pro-ukrainiens, le rouble est en baisse très nette et les indices boursiers russes plongent. Poutine est en passe de ruiner son pays et si Trump décide d'agir vraiment (ne serait-ce que pour détourner l'attention de l'opinion publique de l'affaire Epstein), Poutine a du souci à se faire.

 

2.
28 juillet 2025. Il semble que Trump veut vraiment que le conflit russo-ukrainien s'arrête. Il a compris que le président Zelensky ne capitulerait pas ; il a donc décidé de faire plier l'agresseur Poutine. Une course de vitesse est-elle engagée ou Poutine va-t-il effectuer un repli tactique, histoire de gagner du temps ?

 

3.
28 juillet 2028. L'idée que Trump pourrait très bientôt botter le zad à Poutine, en taxant ses exportations, voire en initiant de nouvelles sanctions économiques, a tendance à me mettre de bonne humeur. Espérons qu'il ne change pas d'avis d'ici là, à moins, bien sûr, que Poutine arrête sa sale guerre en Ukraine. Mais rien n'est moins sûr, Poutine étant persuadé d'être un génie, voire un élu de la Sainte Eglise de Russie, ou une connerie dans ce genre. 

 

4.
En théorie, Trump et Netanyahou, une fois qu'ils ne seront plus au pouvoir, devraient finir en prison. Sauf s'ils s’exilent avant toute possibilité d'action de la Justice, ou s'ils arrivent à persuader la Justice que leur condamnation, et surtout leur incarcération, provoquerait le chaos dans le pays, voire la guerre civile. Je ne sais pas si cela marchera.
Quant à Poutine, il fait déjà peur à tout le monde et il est possible que même un échec en Ukraine ne le déboulonnera pas. A moins qu'il soit assassiné. Ce qui n'est pas certain du tout. Par contre, il sera toujours plus méfiant, voire paranoïaque et son pouvoir pourrait être de plus en plus autoritaire, personnel et déconnecté du réel.
Xi Jinping semble à l'abri. La machine du Parti Communiste Chinois est très bien rodée et, pour l'instant, je suppose qu'il a la légitimité des dirigeants des pays prospères et en paix. 

 

5.
Serait-il que la principale raison de l'agressivité de la Russie de Poutine soit d'ordre démographique ? La Russie est le plus grand pays du monde (17 millions de km²) mais elle est sous-peuplée (144 millions d'habitants). Développer une telle immensité avec si peu d'habitants et une natalité en berne est tout simplement impossible.
Serait-il que Poutine (et les milieux hyper-nationalistes, orthodoxes panslaves, etc...) ait considéré qu'avec si peu de perspectives, la Russie était condamnée, un jour ou l'autre, a être avalée par l'Europe à l'ouest et par la Chine au sud, donc, en fait, pourrait être disloquée, voire disparaître ? La poussée à l'ouest est-elle pour lui la seule solution possible, compte tenu du fait que Poutine craint aussi l'idée d'une société ouverte à l'occidentale (la période Eltsine, 1991-1999, l'ayant certainement conforté dans cette idée que le modèle de la démocratie libérale était un danger pour l'unité du pays) ?

 

6.
29 juillet 2025. Si l'armée russe, malgré les avertissements de plus en plus pressants du président Trump, continue ses attaques en Ukraine, et il semble que ce soit le cas, cela signifie-t-il que Poutine ne tient pas compte de l'ultimatum et ne prend pas le POTUS au sérieux ? Pourquoi ? Nous aurons assez vite la réponse (si Trump ne change pas d'avis d'ici-là). 
Ceci dit, Poutine peut-il faire autrement ? Ordonner l'arrêt des attaques sur l'Ukraine au moindre haussement de ton de Trump serait interprété comme un aveu de faiblesse.  

 

7.
Trump a tout intérêt à se désolidariser de Netanyahou. La destruction systématique de Gaza et la guerre ethnique menées par l'armée d’Israël aux ordres d'un gouvernement qui a basculé dans l’extrémisme pourraient remettre en cause durablement la normalisation des relations entre Israël et bon nombre d'Etats arabes. 
Si l'éradication annoncée du Hamas et les coups portés au Hezbollah ne sont pas pour mécontenter certains dirigeants, qu'en est-il de leurs opinions publiques respectives, de la nébuleuse des organisations islamistes et des cellules dormantes (sans compter les trafiquants d'armes et les semeurs de troubles professionnels) ?

 

8.
Dans la guerre hybride que la Russie mène contre l'Occident, on peut penser que les services russes avaient, en ce qui concerne la politique française, misé sur deux chevaux : LFI et RN. Maintenant que le RN est en tête de course, LFI a peut-être bien été prié de tout faire pour ne surtout pas être en position de gêner la victoire du RN : d'où crétines manœuvres, très sottes initiatives et déclarations souvent stupides, voire provocatrices et scandaleuses des députés à Mélenchon. Et d'ici les présidentielles 2027, je festival n'a pas fini d'ébahir.  Si ce n'est pas ainsi que ça fonctionne, c'est tout de même bien imité.

 

9.
Nous sommes le 31 juillet 2025 et, visiblement, Poutine continue d'ignorer l'ultimatum de Trump. Il ne peut sans doute faire autrement sous peine de passer pour un faible, mais cette fuite en avant meurtrière risque de coûter cher à la Russie.

 

10.
Ce qui distingue la « guerre hybride » de la « guerre totale », c'est que la guerre hybride peut, un certain temps, se dérouler sans conflit ouvert et ouverture d'un front sur le terrain (alors que la guerre totale se définit par le recours de toutes les ressources économiques au service d'une offensive militaire de haute intensité).
La guerre hybride est certes une guerre de propagande, mais aussi, et c'est essentiel, une guerre politique. Il s'agit pour la Russie d'influer sur le destin des pays européens en tentant de les déstabiliser de telle manière que les opinions publiques en viennent à porter au pouvoir des partis sous influence russe. C'est beaucoup plus que du soft power et de la simple influence (laquelle est constante et vient autant des Etats-Unis que de la Russie ou de la Chine). Il s'agit pour la Russie de pratiquer l'entrisme au sein des partis et des institutions de manière à les influencer de l'intérieur ; il s'agit aussi de profiter des faiblesses sociétales et d’exacerber les revendications jusqu'à provoquer troubles, émeutes, insécurité et semer le doute dans l'esprit des électeurs. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 juillet 2025.

 

11 août 2025

HIC SUNT LEONES

HIC SUNT LEONES

 

1.
« Hic sunt leones ». Tu parles ! Une carte de la renaissance ! »
(Sevrin au dessin et Dellisse au scénario, « La Carte de l'Afrique », Casterman, coll. Studio A Suivre, 1991, p. 26 [Manu])

 

Hic c'est ça le hic quand on a le hoquet qu'c'est agaçant mais hic c'est aussi du latin et là ça désigne un lieu qu'on dirait une périphrase, qu'alors « hic
Sunt leones » ça pourrait désigner l'Afrique car
Leones, ce sont les lions et les lions c'est en Afrique, mais en cartographie médiévale, « hic sunt leones » et « hic sunt dracones » sont des formules qui désignaient des territoires inconnus ou périlleux, de la terra incognita quoi. 

 

Tu es repartie, la féline avec toi et le latin des arbres. Tu
Parles et je n'entends pas ta voix et le long des ombres, c'est
Une autre Zut qui lit la
Carte, celle que tu ne connais pas.
De toutes ces cerises, il ne reste que les noyaux et 
La chanson est désossée. Je ne sais pas s'ils lisent encore les poètes de la
Renaissance, les professeurs qui ont pris leur retraite au soleil des sécheresses. 

 

2.
« Quand Diane venait à Bruxelles, elle descendait toujours dans le même hôtel. »
(Sevrin et Dellisse, « La Carte de l'Afrique », p.33 [le narrateur])

 

Quand il fait chaud comme aujourd'hui (11 août 2025), j'évite la fatigue du houblon ; je reste chez moi et je sirote des bandes dessinées.
Diane est rousse et elle compose des pièces de théâtre. Diane
Venait parfois à Bruxelles, parce que le narrateur le dit.

 

A Bruxelles que venait faire Diane ? Manger des gaufres qu'on appelle gaufres de
Bruxelles, vous savez, les gaufres rectangulaires à petits carreaux que c'est très bon avec du beurre, vous croyez ?

 

Elle s'appelle Diane et c'est une amie du narrateur de l'album « La Carte de l'Afrique », de Marc Sevrin et Luc Dellisse, et elle
Descendait de l'étagère à chaque fois que je prenais « La Carte de l'Afrique ».
Toujours tu prends « La Carte de l'Afrique » lorsque tu veux regarder Diane et lire des aventures.

 

Dans les albums de bande dessinée, j'aime bien les aventures et les mystères.
Le mystère, c'est intéressant et vu que le monde tourne de plus en plus à la farce sanglante genre Trump qui prétend qu'on lui file le prix Nobel de la paix malgré la destruction systématique de Gaza et
Même qu'il s'apprêterait, dit-on, à démembrer l'Ukraine en échange d'une suspension provisoire, fatalement provisoire, de sa sale guerre par Poutine, moi, voyez, je ne descends pas dans un
Hôtel de ces capitales où je ne vais jamais parce qu'il y a trop de gens, non, moi, je reste chez moi à lire des bandes dessinées et songer à mes fantômes. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2025. 

31 juillet 2025

LA ZUT QUI SUIT LA ZUT QUI SUIT EST-ELLE TOUJOURS LA MEME ZUT ?

LA ZUT QUI SUIT LA ZUT QUI SUIT EST-ELLE TOUJOURS LA MEME ZUT ?

 

« Les sentiments désordonnés et troubles de la nuit précédente s'étaient à présent dissipés, [,,,] »
(Oscar Wilde traduit par Jules Castier, « Le Crime de Lord Arthur Savile »)

 

Les jours passent et c'est normal parce que les jours, ça passe, c'est normal. J'ai des
Sentiments parce que je suis vivant ; quand je serai mort ; je n'aurai plus que mes os pour pleurer et ce n'est pas facile. Quand on a des gestes
Désordonnés, c'est défois parce qu'on est en panique.

 

Et quand se désordonne panique, il faut faire attention à garder tout ensemble qu'on n'ait pas les bras qui vous en tombent ou vos esprits qui se perdent dans l'air. Certains annoncent des
Troubles à la rentrée en France façon Gilets Jaunes, mais c'est pas sûr parce que les émeutes des Gilets Jaunes ont surpris tout le monde mais là, le gouvernement a largement le temps d'anticiper.

 

De Trump, on attend qu'il mette de fortes taxes sur les produits russes, qu'il maintienne et accroisse son soutien à l'Ukraine et que les renseignements américains continuent d'informer efficacement les forces ukrainiennes. S'il veut que
La paix revienne, Trump a tout intérêt à livrer assez d'armes à l'Ukraine pour que Poutine soit tout à fait dissuadé de continuer sa sale guerre. La
Nuit, je dors et le matin, je me lève à l'heure où mon corps se met en mouvement pour aller déjeuner ; ce qui prouve que je suis assez synchrone avec moi-même. La
Précédente, c'est avant celle qui est venue après et c'est parce qu'il y a des séries : la Zut précédente n'est pas la même que la Zut qui suit la Zut qui suit la Zut qui suit, mais c'est toujours la même Zut, avec les variations qui confirment la Zut. 

 

S'étaient-elles défois brouillées, toutes ces Zut qui se succèdent en se ressemblant tellement que l'on dirait que c'est la même Zut ?
A présent que j'y songe, je pense que c'est une question intéressante d'autant que j'ai des œufs, donc je peux m'en faire cuire un ou deux. C'est comme le
Présent qui ressemble au passé, mais avec des variations, et qui annonce les variations du futur mais il y a des surprises. Une fois leurs doutes
Dissipés, ils rangèrent leurs têtes et sortirent en rangs. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 juillet 2025.

6 août 2025

C'EST QU'IL PASSE

C'EST QU'IL PASSE

 

1.
Je me souviens de la « Bibliothèque verte » pour les garçons et de la « Bibliothèque rose » pour les filles. Je me souviens de Fenimore Cooper et de l'amusant « Les 3 D à l'Hôtel flottant », de Georges Chaulet.

 

2.
Je me souviens que la mort d'Elvis Presley fit la une des journaux. 

 

3.
Je me souviens du patchouli des années 70 et des adolescentes à la mode d'alors (le style « baba cool », foulard polychrome et fausse peau de mouton).

 

4.
Je me souviens que jadis, sur France Culture, l'on parlait beaucoup de l’œuvre de Mircea Eliade et je constate que plus personne n'en parle aujourd'hui. Même chose pour les films de Peter Greenaway, célébrés dans les années 90 et oubliés depuis. 

 

5.
Je me souviens que môme je ne m'imaginais pas vieillir.

 

6.
Je me souviens des sandwichs pâté-cornichons qui étaient dans les années 70 et 80 courants dans beaucoup de bistrots. Je me souviens de la pancarte : « Ici, on peut apporter son manger ».

 

7.
Je me souviens des œufs durs sur les comptoirs (paraît que pour des questions d'hygiène, dit-on, c'est désormais interdit).

 

8.
Je me souviens des minuscules petits crabes dans les moules fraîches de bistrots de Boulogne-sur-Mer : on ne pouvait pas plus frais, je crois.

 

9.
Je me souviens de Nathalie (qui était très rousse et « en avance sur son âge », comme on disait alors) balancer à un regard inadéquat : « Et alors, t'as jamais vu ta sœur en sous-tif ? ».

 

10.
Je me souviens de l'éclat de rire de ma mère dans un obscur café des Flandres belges à la vue de cette pancarte : « Recherche dame pour faire propre. »

 

11.
Je me souviens de Eddy Merckx toujours vainqueur et de Raymond Poulidor toujours second.
.
 

12.

Je me souviens de Orlando de Rudder, écrivain talentueux, généreux, débordé.  

 

13.
Je me souviens de « Who by Fire », de Leonard Cohen.

 

14.
Je ne souviens qu'un critique a écrit (je cite de mémoire) : «  Ce qu'il y a de plus excitant dans les adaptations françaises des romans de Carter Brown, ce sont les couvertures ». 

 

15.
Je me souviens que Valéry Giscard d'Estaing prétendait savoir jouer de l'accordéon et que l'on disait que Alain Peyrefitte apprenait le chinois.

 

16.
Je me souviens de la quarte, de la sixte, de la septime et de l'octave.

 

17.
Je me souviens de mon pote d'université Luc M. Où que tu sois, Luc, fais-moi signe. Tu fus alors mon meilleur ami, je ne l'ai pas oublié.
Dans le même ordre de nostalgies, j'espère que tu vas bien, Patricia D. qui, un jour, dans un train, alors que j'étais assez pessimiste sur mon avenir, m'a conseillé de postuler à l'éducation nationale. Je n'ai pas eu l'occasion de t'en remercier, je le fais aujourd'hui. 

 

18.
Je me souviens du « Chant des Partisans blancs ». En fait, c'est le seul chant que je connaisse par cœur.

 

19.
Je me souviens des parties d'échecs avec Jacques H. ; elles nous prenaient des après-midis entières.

 

20.
Je me souviens des cours de littérature de Claude Lourme au Lycée Condorcet de Lens. Magistraux et éclairants. Ils m'ont beaucoup servi lorsque moi-même je me mis à enseigner.

 

21.
Je me souviens d'avoir été un « petit con » dans mon adolescence et de le regretter encore aujourd'hui, à 60 berges passées. O mes parents, comme vous fûtes patients !

 

22.
Je me souviens de mon émerveillement à la lecture de la première page du « Ulysse », de James Joyce.

 

23.
Je me souviens que je n'ai jamais pu apprendre correctement à jouer d'un instrument de musique : ni guitare, ni piano, et qu'en plus, je chante désespérément faux. 

 

24.
Je me souviens de Jacky Ickx, du baron Empain, du bois des Lanières et de Bob Dénard. Je me souviens que dans le val de Sambre, on ne disait pas « Schneider » mais « Schnèdre ».

 

25.
Je me souviens que, étant très banal et casanier, je n'ai pas d'aventures extraordinaires à raconter (et ne m'en porte pas plus mal).

 

26.
Je me souviens des expressions « qué dallage ! » et « y a pas d'avance ».

 

27.
Je me souviens que ma mère passait chaque matinée du nouvel an à cuire des galettes que nous allions, l'après-midi, par piles de 12 (les mois de l'année) porter à la tante Jeanne, à la tante Yvette, à la tante Lise-Marie et à l'oncle Albert.

 

28.
Je me souviens du ratafia de cerises que ma mère confectionnait et dont, à ma grande surprise, j'ai récemment retrouvé le goût dans un café de Dunkerque.

 

29.
Je me souviens de Georges Marchais secrétaire général du PCF et que l'on disait de lui qu'il prenait directement ses ordres à l'ambassade russe (alors URSS).

 

30.
Je me souviens que l’expression « aller à la cour » signifiait « aller aux toilettes ».

 

31.
Je me souviens que lorsque mon père disait « J'suis scran », cela signifiait qu'il était fatigué.

 

32.
Je me souviens que ma mère considérait Léon Degrelle comme l'un des pires salauds de la Belgique occupée par les Nazis.

 

33.
Je me souviens de Bastogne, du « char américain », du « Nuts » qui, dit-on, fut en 1944, la réponse des Américains à l'ultimatum des nazis encerclant la ville.

 

34.
Je me souviendrai longtemps des noms des apprentis collabos français prêts à vendre la France à Poutine tandis que les Russes bombardent l'Ukraine chaque nuit. Je n'oublierai pas, et je ne suis pas le seul.

 

35.
Quand je pense à la destruction systématique de Gaza par Tsahal, je songe à la force aveugle du Golem. Il est vrai que le 7 octobre 2023, le Hamas a réveillé quelque chose de très profond chez beaucoup d'Israéliens : la peur de disparaître. 

 

36.
Je me souviens, ou plutôt je constate que bien des jeunes filles gracieuses d'aujourd'hui seront les grosses dondons de demain, vulgaires et pondeuses.

 

37.
Je me souviens de « Fripounet » et de « Sylvain et Sylvette » achetés directement à la paroisse, via le catéchisme (soft power catholique).

 

38.
Je me souviens que, dans les années 70, on disait que si les socialistes arrivaient au pouvoir, ils allaient fermer les écoles privées. Ceci dit, cette crainte n'était pas infondée comme on l'a vu en 1982 avec la tentative de la réforme Savary.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 août 2025.

18 octobre 2024

COMME UNE PÂTE A TARTINER

COMME UNE PÂTE A TARTINER

 

1.
Quand on l'a, le petit rire sec, il ne faut pas se mélanger les gâteaux.

 

2.
D'une manière générale, j'ai des cheveux. Si je n'ai pas répondu à votre question, allez vous faire brosser chez la cantatrice chauve et son caniche nain.  

 

3.
Les preuves de ma non-existence sont si nombreuses que j'en suis parfaitement pillé et par pillé.

 

4.
La place que j'ai devant les yeux – elle s'étale comme une pâte à tartiner – n’existe que par les circonstances. Soyons francs, si j'étais ailleurs, je doute d'avoir assez de talent pour la susciter, la penser, la faire résonner.

 

5.
Il ne faut pas prendre le premier ministre de la France pour un poisson stupide.

 

6.
On dit chocolatine parce qu'il y a du chocolat dedans ; de même que dans la saucisse, il n'y a ni sot, ni sotte, ni saumon.

 

7.
Je ne pense pas, je bzzzzzzzzzeute. C'est cérébral.

 

8.
En général, il vaut mieux ne pas mourir. Ce n'est guère recommandé pour la santé.

 

9.
On ne met pas toutes ses poches sous les yeux dans la même valise.

 

10.
Ayant une fois attrapé les pissenlits par la racine, il ne s'en remit jamais.

 

11.
Le temps passe, je m'efface, et m'épate même qu'aussi c'est pareil, je mange pâtes et patates.

 

12.
On ne demande pas à un képi s'il a une tête.

 

13.
Je ne m'apprécie que très moyennement. Je me supporte souvent. Parfois, ça s'aggrave. C'est, je crois, une affaire de tempérament, et de flair.

 

14.
Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir plumé est un proverbe stupide.

 

15.
Parfois, font des têtes à la grosse vache, et du museau façon nez d'boeuf ; C'est qu'il en faut pour toutes les cloches.

 

16.
Je me demande si Schrödinger avait un chat et s'il avait appelé Paradoxe. 

 

17.
« - Je ne connais personne de ce nom, dit Margaret. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Moi non plus, je ne connais pas de Margaret. Je n'ai même jamais essayé.

 

18.
« - Il est fort coûteux de rompre un contrat. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage])

 

On ne rompt pas un contrat avec un aspirateur. Enfin, je pense. Ou alors, il faut être méticuleux et bien aspirer tous les termes.

 

19.
On ne fait pas d'omelette sans casser de sbires est une proposition comme une autre. Après, qu'elle mange des gaufres ou pas, ça, je n'en sais rien. 

20.
« Rod se dirigea à son tour vers l'alcôve, transportant sa petite trousse noire. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage])

 

Je crois n'avoir jamais lu cette phrase sans tomber sur la « petite trousse noire ». C'est étonnant que, depuis le temps, personne ne la lui a encore volée. 

 

21.
La question est : peut-on assassiner quelqu'un avec un roman policier ? Quelque chose me dit que oui, mais, étant moi-même assez paresseux, je ne développerai pas.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

11 août 2025

BOULETTE ET BAMBOU AU COQUILLAGE

BOULETTE ET BAMBOU AU COQUILLAGE

 

1.
C'est marrant comme la figure du rocher qui figure sur la couverture de l'album cartonné « Patati Patata », de Marc Sleen (Editions Erasme, 1973) me rappelle le visage de Georges Pompidou.

 

2.
« Bon ! Tu pêches, je rame et Catherine pond des œufs. Nous rentrerons chez nous dans quelque 10 ans. »
(Marc Sleen, « Les Aventures de Néron et Cie, Patati Patata », strip 40, [Bambou]) 

 

Bon ! qu'il dit Bambou qui est un personnage d'enfant de bande dessinée comique dans le genre absurde et fantaisie pour les mômes et Bambou dit à Boulette, qui est une enfant aussi, alors à Boulette, Bambou dit « 
Tu pêches », et ça c'est parce qu'ils sont, Bambou et Boulette, en pleine mer parce que s'ils étaient chez le boucher, ça n'aurait pas de sens que Bambou dise à Boulette, « Tu 
Pêches » et leur canne à pêche, ils l'ont trouvée dans un coquillage géant sur une toute petite île dans l'ailleurs des océans de bande dessinée et Bambou dit aussi « 
Je rame », parce qu'il faut bien faire avancer le coquillage.

 

Et comment ça s'fait que Boulette et Bambou sont à bord d'un coquillage géant flottant sur la flotte salée ? C'est parce qu'ils ont été enfermés dans une fusée par un bandit qui s'est vengé.

 

Catherine est avec eux dans le coquillage et Catherine, c'est une goélande parce que goélande c'est le féminin de goéland et que donc Catherine
Pond et Bambou précise même « des œufs », ce qui est inutile parce que si Catherine pondait des canulars, on dirait que Catherine est un canard, et Catherine n'est pas un canard puisque c'est une goélande et donc elle pond 
Des œufs, et les œufs c'est bien, moi des œufs, j'en ai toujours parce que je m'en fait cuire souvent, des
Œufs et j'aime bien manger des frites dans un œuf battu.

 

Nous avons assez l'impression, ce 11 août 2025, que ce que Trump et Poutine s'apprêtent à machiner n'est guère reluisant, donc nous lisons des bandes dessinées parce qu'on se dit que la démocratie telle que nous l'avons connue, elle vit peut-être bien ses dernières années et que personne n'y peut mais. Bambou dans son coquillage géant sur la grande bleue des petites cases, il dit : « Nous
Rentrerons chez nous » parce que, bien sûr, il faut que Boulette et Bambou rentrent 
Chez Néron et Cie pour que les aventures de Néron et Cie continuent parce que « chez
Nous », pour Bambou, c'est chez Néron et Cie, mais la grande bleue, c'est grand et Bambou prédit que c'est
Dans une décade qu'ils rentreront au pays des aventures de Néron et Cie ; une décade, c'est
Quelque chose, c'est tellement quelque chose que c'est
10 ans, et alors Boulette ne sera plus une petite fille (et son pull rouge et sa jupe bleue seront trop petits) et Bambou, il aura de la barbe et il s'appellera Robinson. Boulette s'appellera Vendredi et ils auront échoué leur coquillage géant sur une île déserte, dont un écrivain anglais, il y a bien des
Ans et des ans, a déjà fait toute une histoire.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2025.

28 juillet 2025

L'UE ENTRE DEUX FEUX

L'UE ENTRE DEUX FEUX

 

1.
Est-ce qu'en annonçant la reconnaissance de la Palestine par la France, le président Macron vient de donner les clés de l'Elysée au RN qui ne pourrait, dès lors, que remporter les présidentielles 2027 ?

 

2.
28.07.2025. Ces derniers jours, on annonce que les forces ukrainiennes ont remporté quelques succès sur le territoire russe. Serait-ce que les renseignements américains continuent d'informer l'Ukraine ou est-ce que les renseignements européens ont pris le relais ? 

 

3.
On peut condamner la destruction systématique de Gaza et considérer qu'affamer les populations civiles est un crime contre l'humanité, et penser que la création d'un état palestinien aux portes d’Israël est le plus sûr moyen de pérenniser une guerre entre musulmans radicaux et juifs orthodoxes (à moins, bien sûr, que dans chacun des deux États, les populations envoient balader leurs extrémistes respectifs, mais rien n'est moins sûr).
A terme, verra-t-on deux Etats surarmés et sur-idéologisés se faire face et s'épuiser dans une guerre de cent ans ? En tout cas, je note que la solution à deux États est un désaveu du « vivre-ensemble » et du fédéralisme dont bon nombre de nos progressistes se gargarisent du matin au soir.

 

4.
28.07.2025. Accord commercial UE-Trump : 15% au lieu de 30%. « Stabilité », « Prévisibilité » qu'elle dit Ursula von der Leyen. Ce serait pas plutôt du racket ?

 

5.
28.07.2025. Est-ce que l'accord commercial UE-Trump, qui favorise les intérêts américains, garantit la pérennité de l'OTAN et la poursuite de l'aide américaine à l'Ukraine ou bien Trump considère-t-il que ce sont là deux questions distinctes et se réserve le droit de changer d'avis concernant la protection de l'Europe face à une Russie très menaçante et la nécessité de soutenir l'Ukraine ?

 

6.
Ce que l'on entend dire un peu partout, c'est que si la Russie de Poutine a bien du mal à se tirer du bourbier ukrainien, cela ne signifie pas que Poutine va renoncer si facilement à ses rêves d’expansion à l'Ouest. Les Russes prendront le temps de s'armer toujours plus, de se réorganiser et sans aucun doute, tireront les leçons de leurs échecs sur le front ukrainien. 
En clair, il ne faut surtout pas que l'Europe baisse la garde. En conséquence, la politique de réarmement et de sanctions devrait être maintenue assez longtemps encore.

 

7.
28.07.2025. Accord UE-Trump. Je note aussi qu'a priori, il vaut mieux acheter du pétrole et du gaz aux Etats-Unis plutôt qu'à la Russie. Les Etats-Unis restent nos alliés ; la Russie de Poutine est notre adversaire.

 

8.
28.07.2025. Le gouvernement français ne semble guère satisfait de l'accord UE-Trump. Il est vrai que ça tombe mal pour Bayrou, qui prévoyait de nous imposer une cure d'austérité et qui va devoir compter avec une baisse des exportations et donc une possible baisse de production. 
La France n'est pas sortie des soucis. Mais comme je suis sûr que notre génial président Macron va nous sortir un nouveau lapin magique de son grand chapeau, je suis d'autant plus inquiet.

 

9.
S'il s'avère que Trump n'aime pas beaucoup mener des conflits armés, je ne pense pas du tout que ce soit par grandeur d'âme, mais parce qu'en homme d'affaires, il a jugé depuis longtemps que les guerres économiques étaient bien plus rentables pour lui que des conflits armés coûteux et incertains.

 

10.
28.07.2025. Si nous résumons, l'UE est, de fait, prise entre deux feux. A l'est, la menace russe l'oblige à se réarmer et à faire monter très vite les budgets   de la Défense. A l'ouest, Trump fait de son mieux pour que les démocraties libérales s'étouffent économiquement et s'affaiblissent. Tout ça sans compter le péril islamiste, diffus, imprévisible et omniprésent. Quant au réchauffement climatique, eh bien, je crois qu'il faudra que nous fassions avec.
Tout n'est cependant pas perdu. Trump peut perdre les élections de mi-mandat (novembre 2026), voire être destitué à l'occasion de quelque scandale (la sordide affaire Epstein par exemple), et si les Démocrates remportent les élections de 2028, il est assez probable que l'on revienne à des relations Europe-USA bien meilleures.

 

11.
Juillet 2025. En attendant la rentrée et le budget Bayrou, tout le monde râle devant les économies budgétaires annoncées. Le monde du sport parce qu'il réalise que les promesses liées aux JO de Macron seront loin d'être tenues (furent-ils naïfs !) ; les magistrats et les enseignants parce qu'ils sentent bien qu'ils devront faire plus avec moins ; le monde de la Culture parce que certaines subventions risquent de disparaître (ou quasi). Quant au secteur de la santé, il est légitimement inquiet, d'autant qu'il fut longtemps et largement sacrifié (comme l'a prouvé la déplorable période du covid19). Il n'y a que les militaires de satisfaits, mais ça ne va peut-être pas durer.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2025.

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