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BREFS ET AUTRES
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28 octobre 2024

PRESSION ET AUTRES CONSTERNATIONS

PRESSION ET AUTRES CONSTERNATIONS

 

« La pression rompt le haut de l’œsophage, comprime les artères carotides et entraîne l’hypoxie, c'est-à-dire une pénurie d’oxygène dans le sang. »  
(Patricia Cornwell, « Une peine d’exception » [la narratrice])]

 

La dernière fois que j'ai bu un demi à la
Pression, j'avais mes mains. C'est pour ça que j'ai pu boire mon verre. Qui
Rompt avec sa copine, si, à midi, il mange un steak frites, c'est qu'il a faim.

 

 

Le haut est à l'opposé du bas dans des conditions que j'aurais bien du mal à préciser, bien que je sache où est le
Haut et où est mon chapeau (celui que je n'ai pas, ne portant pas de chapeau).

 

 

De la marine à voile, je n'ai généralement rien à dire du tout mais j'aime bien le poisson. 
 

 

L’œsophage est un organe du tube digestif. Le mot œsophage vient du grec mais il ne l'a pas fait exprès. La pression
Comprime aussi, de même que le tort tue et qu'il n'est pas recommandé de mettre ses politiques dans son nez (c'est sale).

 

 

Les gens ont une tête. Cela sert à les reconnaître. Dans ces têtes, tous ont un cerveau, mais il ne fonctionne pas toujours correctement. Chez certains députés, ce cerveau s'appelle pompe à fric. Cette pompe est souvent couplée avec un débiteur de bobards à haute intensité. Les
Artères coronaires irriguent le muscle cardiaque et n'en sont pas plus fières pour autant. Quant aux
Carotides, elles aussi nous rappellent que nous sommes faits de chair 
Et de sang. Il y a aussi les os, mais ça ne se mange pas. Qui
Entraîne une équipe de football n'a les pieds palmés que s'il fait de la plongée (ou qu'il joue dans une comédie stupide).

 

 

L’hypoxie est une « diminution de la concentration d’oxygène dans le sang »
C'est-à-dire qu'il y a une pénurie et je me souviens qu'il y a deux ans, il y en a eu
Une, de pénurie car c'était une
Pénurie d'huile et de moutarde aussi dans les magasins, en France, qu'on disait que c'était à cause de la sale guerre de Poutine en Ukraine et, ou alors ou, à cause de la spéculation que moi, je me suis dit, c'est quand même embêtant pour mon steak-frites. Quand c'est une pénurie
D’oxygène dans le sang, ça s'appelle une hypoxie. Je le sais parce que je l'ai lu 
Dans un roman de Patricia Cornwell parce que j'aime bien les romans policiers. 

 

 

Le sang n'est bu que par les vampires. Les vampires n’existent pas et je ne pense pas qu'ils soient des prototypes de l'aérospatiale américaine. Le
Sang est rouge et facilement que les humains se répandent mutuellement le sang. On appelle cela la guerre et elle est fort utile aux marchands de canons.

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 octobre 2024.

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27 octobre 2024

ON NE JETTE PAS SON TROMBONE AVEC L'EAU DE VAISSELLE

ON NE JETTE PAS SON TROMBONE AVEC L'EAU DE VAISSELLE

 

1.
26 octobre 2024. S'il se confirme que l'opposition proeuropéenne a remporté les législatives en Géorgie, comment va se comporter le parti pro-russe actuellement au pouvoir ? Autrement dit, quelles sont les instructions des agents de Poutine en cas de défaite de ses pantins ?

 

2.
Si vous ne vous y retrouvez pas, sifflez vos yeux. Parfois, ils reviennent. Mais, attention aux os de poulet.

 

3.
J'ai constaté que l'on n'avait pas besoin d'un couvercle de cercueil pour apprécier un bon roman policier. Une pipe en bon état suffit. Attention, toutefois, de ne pas la casser.

 

4.
Si vous vous mettez en tête de « dévoiler tous les mystères », façon narrateur rimbaldien, récitez vous vos tables de multiplication. Ce n'est pas une prière à l'arithmétique, c'est que ça passe le temps.

 

5.
« Europe, Asie, Amérique, disparaissez.
Notre marche vengeresse a tout occupé,
Cités et campagnes ! - Nous serons écrasés !
Les volcans sauteront ! Et l'océan frappé... »
(Rimbaud, « Qu'est-ce pour nous, mon cœur,... »)

 

« Europe, Asie, Amérique, disparaissez. »
Ah v'là qu'Arthur nous annonce l'universelle déculottée !
« Notre marche vengeresse a tout occupé ».
De quoi donc qu'il cause ? Qui c'est-y ce « nous » qui va tout chambouler ?
« Cités et campagnes ! - Nous serons écrasés ! »
Certes, il semble assez, en 2024, que l'Occident est menacé.
« Les volcans sauteront ! Et l'océan frappé... ».
Prophétique ? Chaipas. En tout cas, c'est pas gai.

 

6.
« Ce n'est pas un spectre, ce n'est pas un fantôme. »
(Rimbaud, « Une Saison en enfer »)

 

Si vous vous dites que non, ce n'est pas un spectre, et pas non plus un fantôme, c'est que vous avez peut-être retrouvé votre téléphone.

 

7.
Si vous avez retrouvé votre téléphone, ne téléphonez pas à un politique. Ça porte malheur. Tous les téléphones perdus vous le confirmeront.

 

8.
Avant de décider d'écouter de la musique, il est recommandé par la Faculté de vérifier d'abord que l'on n'est pas encore tout à fait sourd.

 

9.
« Eh ! L'humide carreau tend ses bouillons limpides !
L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes.
Les robes vertes et déteintes des fillettes
font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides. »
(Rimbaud, « Mémoire »)

 

« Eh ! L'humide carreau tend ses bouillons limpides ! »
C'est-y la pluie qui bat aux carreaux qu'elle les rend dis, tout humides, dis, limpides ?
« L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes. »
Et il est connu que dans le bifteck, y a point d'arêtes.
« Les robes vertes et déteintes des fillettes »
Ce vers soubresaute, schtroumpfettes et gambettes,
Ou ne soubresaute pas ; ça ne change rien aux rillettes.
J'écoute à la radio passer des chansons très bêtes.
Quant aux robes vertes, ce ne sont point robes à fillettes
Car elles « font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides. »
Je ne sais plus dans quel poème Rimbaud utilise l'adjectif « virides ».

 

10.
Défois, bien mal acquis court toujours. Et ça, c'est parce que l'on a laissé la Justice trop longtemps toute seule. Déprimée, elle a fini par se condamner.

 

11.
On n'attrape pas des saules avec des sauliers, les cieux avec des essieux et pour les sous, les souliers, ça peut marcher, mais faut pas perdre de temps.

 

12.
Pour jouer du trombone, c'est pas forcément utile d'avoir une bonne mélomane. Par contre, ne laissez pas tomber votre trombone dans l'eau de vaisselle. Fatal qu'il se vengera, par un couac bien évident lors du prochain concert de Sainte Cécile. 

 

13.
« La Rivière de Cassis roule ignorée
        En des vaux étranges ; »
(Rimbaud, « La Rivière de Cassis »)

 

« La Rivière de Cassis »
Ça fait longtemps qu'j'en ai pas bu, tiens, un blanc-cassis.
« Roule ignorée »
Et ça c'est parce que personne ne la connaît.
« En des vaux étranges »
Qu'elle roule ainsi, ignorée, et faut-il comprendre qu'ils sont lointains, ailleurs, étrangers tout à fait, ces vaux étranges ?

 

14.
« - Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert ! - »
(Rimbaud, « Une Saison en enfer » [le narrateur])

 

Si vous sortez et que le ciel est couvert, vous constaterez qu'avoir mis un lapin dans votre poche ne sert à rien. Remarquez qu'un décapsuleur non plus. Un parapluie suffit. A condition d'avoir retrouvé votre oncle.

 

15.
« je voyais très franchement une mosquée à la place d'une usine »
(Rimbaud, « Une Saison en enfer » [le narrateur])

 

Les ravages de la désindustrialisation...

 

16.
« Il faut être absolument moderne. »
(Rimbaud, « Une Saison en enfer » [le narrateur])

 

Je pense assez que la Faculté des Armes et Cycles serait d'accord sur ce point, qu'avant de décider d'être « absolument moderne », faut vérifier que l'on a toujours du para bellum dans son si vis pacem. Sinon le fatal vous guette, le gouffre vous guigne et vous déglingue guignol.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 octobre 2024.

26 octobre 2024

SALE TEMPS POUR LA DEMOCRATIE

SALE TEMPS POUR LA DEMOCRATIE

 

1.
Négocier avec la Russie, c'est négocier avec des gens qui n'ont qu'une seule idée en tête : affaiblir l'Occident et l'UE afin d'avoir les mains libres en Asie, en Afrique et en Europe centrale. La Russie dispose d'une arme redoutablement efficace au cœur même de l'UE : les partis populistes pro-russes. L'Occident n'a pas le choix et doit soutenir militairement l'Ukraine, faire reculer Poutine, et, si possible, favoriser la chute de ce despote mafieux.

 

2.
Les traités de paix ne sont jamais garantis que par la puissance des canons.
Si vis pacem, para bellum. L'OTAN doit être renforcée et rester le bras armé du monde libre.

 

3.
24 octobre 2024. J'entends sur France Inter que, dans le cadre des économies envisagées et assez urgentes, dit-on, il pourrait y avoir une  diminution substantielle des aides financières à l'apprentissage. L'une des meilleures réformes de la Macronie pourrait être ainsi impactée.
Il en est de même pour un éventuel retour de la taxe d'habitation. Attention au matraquage fiscal.

 

4.
25 octobre 2024. J’entends dire que le budget 2025 passera au 49.3 et donc tel que l’a prévu le gouvernement de Michel Barnier. Autrement dit, les agitations des oppositions actuelles seraient en grande partie stériles. 

 

5.
25 octobre 2024. Entendu Jean Quatremer évoquer l’hypothèse d’une présence de troupes nord-coréennes sur le front russo-ukrainien qui serait autant un renfort qu’un entraînement en vue d’un possible conflit avec la Corée du Sud. Inquiétant.

 

6.
Si l’Occident laisse Poutine gagner sa sale guerre en Ukraine, le signal donné à la Russie, à la Chine et à la Corée du Nord sera qu’une guerre conventionnelle de haute intensité peut être gagnée en Asie et même en Europe. Inquiétant.

 

7.
Paradoxe. Chacun voit que surpopulation et productivisme intensif mènent l’humanité à la guerre perpétuelle, sinon à l’extinction de l’espèce humaine et cependant, il ne manque pas de bonnes âmes pour en appeler à faire plus d’enfants et à produire toujours plus.

 

8.
25 octobre 2024. J’entends dire que certaines IA conversationnelles pousseraient des humains au suicide. Aurait-on atteint le point de singularité plus tôt que prévu ?

 

9.
Je ne sais pas si le XXIème siècle sera religieux ou pas, mais en tout cas il sera militaire ; ça me semble plus que probable.

 

10.
Instabilité politique, instabilité économique, instabilité internationale, instabilité géopolitique, risques de conflit mondial. Bref, Jean Fourastié avait raison : l’état normal de l’humanité, c’est l’état critique.

 

11.
J'adore les sociologues. Ils prétendent souvent savoir mieux que les Français ce que les Français pensent et jugent bon pour eux et en tirent des conclusions politiques et sociétales d'une grande sottise. Charlatans.

 

12.
Octobre 2024. Antonio Guterres serrant la louche du criminel Poutine au sommet des BRICS de Kazan : énième aveu de faiblesse de l'ONU ? Diplomatie de la carpette ? Ou message d'alerte adressé tant aux BRICS qu'à l'Occident sur les risques réels d'un conflit mondial ?

 

13.
26 octobre 2024. En visant et touchant des cibles purement militaires en Iran, Israël a fait preuve d'intelligence. Les forces armées iraniennes sont impactées et personne ne crie au massacre et à la « barbarie ». Bien vu. Ne pas oublier qu'en cas de déclenchement d'un conflit mondial, France et Israël seraient alliés, et non ennemis.

 

14.
26 octobre 2024. 1 euro = 104, 80 roubles. Les indices boursiers russes continuent à s'effriter. L'inflation, de l'aveu même de Elvira Nabiullina, reste élevée (plus de 8%) et le taux directeur de la Banque Centrale de Russie est porté à 21%. Poutine ruine son pays.

 

15.
Drôle d'ambiance. Il ne manque pas de voix pour prédire le retour de Trump à la Maison Blanche. Sale temps pour la démocratie. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2024.

24 octobre 2024

DU BIZARRE DANS LA COMPRENETTE

DU BIZARRE DANS LA COMPRENETTE

 

1.
« Julot vient à p'tits pas
Sur un air de java
C'est lui qu'on guillotine
Sur un air de javine
Sa tête roul' dans l'panier
Sur un air de javier
Et Nana s'évanouille
Sur un air de javouille. »
(Gaston Trémolo et Georgius, « La plus bath des javas »)

 

2.
« LA BARONNE. - Ah ! Mon Dieu, un mort qui m'arrive ! Qu'on arrange vite la chambre verte. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », I, 2)

 

Ça rappelle quelque chose. Du cinéma. Truffaut. C'est un beau film, « La Chambre verte ». Un film sur la fascination de la mort. La réplique de la Baronne me fait penser aussi à la connotation macabre du vert au théâtre, que la couleur verte des vêtements était au XVIIème siècle toxique. La légende veut aussi que Molière soit mort alors qu'il portait du vert. 

 

La Baronne, elle s'écrie, car défois, les baronnes s'écrient, et c'est surtout quand elles s’exclament, car quand elles sont muettes comme des momies, des murs, des mangues, des moules, elles ne s'écrient guère, les baronnes.
Mais là, la Baronne s'écrie qu'un mort lui « arrive », - ah ce n'est pas à rire qu'un mort qui vous arrive, d'autant qu'il ne pourra vous saluer, ni vous susurrer sottises ou secrets, ni siffler des chansons ou réciter des sonnets.
Cependant, la Baronne, ne perd ni bas ni Rhône (c'est un fleuve) rapport à ce qu'elle ordonne, la Baronne, qu'illico soit arrangée la « chambre verte », qui n'était donc ni mauve ni velue, ni véloce ni variole, ni violette et pas violon non plus. 

 

3.
« VALENTIN. - Il n'y a rien de plus possible ; c'est même probable, et, qui pis est, assez douloureusement réel. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », II, 1)

 

Gradation. Quant je tombe sur une gradation, je me relève car c'est en se relevant qu'on se rapproche les yeux du ciel, lequel est vaste, comme chacun sait.
Pour ce qui est de la nature douloureuse du réel, il faut s'en tartillonner. Et rythmiquement encore. Sinon, on se trouble le tempérament, on s'aigrit la poire.
Du reste, s'il n'y a « rien de plus possible », aussi possible que six saucissons secs plus un font sept saucissons secs, je l'accorde à Valentin, c'est donc probable, probable comme la bêtise, et même qu'ça peut s'avérer « douloureusement réel », comme quand on se cogne car le réel c'est quand on se cogne c'est Lacan je crois qu'a dit ça que le réel c'est quand on se cogne car le réel on s'y cogne itou que le réel ça se cogne qu'ça fait d'la boxe comme si exister c'était s'faire cogner, cogner, comme si exister c'était boxer.

 

4.
« Je la voyais là, sans connaissance, étendue à terre ; elle criait à tue-tête, et j'avais la clef dans la main. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », III, 3 [L'Abbé])  

 

L'Abbé est-il bête, bête comme ses pieds qu'il la voyait là, sans connaissance – elle s'appelle Cécile et donc Cécile, sans connaissance, hein qu'elle est dans l'incapacité de susurrer, soupirer, siroter, saluer, siffler du pastis ou réciter des sonnets, surtout qu'elle est étendue à terre (laquelle est ronde, aussi ronde qu'une ronde de choses rondes quand les choses rondes font une ronde), même qu'elle criait à tue-tête, Cécile, qu'elle criait à tue-tête qu'un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, qu'un bon chien vaut mieux que deux charabias, qu'un petit rien vaut mieux qu'un grand patatras, et que lui, l'Abbé, l'Abbé bête, il avait la clef, la clef qui ouvre car, n'est-ce pas, il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, sinon elle fait une dépression, la porte.

 

5.
« VALENTIN. - Non, je vous le jure, vous vous trompez ; c'est une pensée involontaire qui vient de me traverser l'esprit. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », III, 4)

 

Défois, y a d'la bizarre qui vous fuse dans la comprenette... de ces incongruités  involontaires, qu'en contemplant quelque politique débiter mensonges et sornettes, on pense à un concombre ou à un canard en plastoc jaune... 
C'est imagé souvent et pensé aussi, torché neurones, genre stilal l'a l'air chaussette ou j'en ai marre de ces paquets d'chips, harengs pas frais, faisans dindons, bêtes à bouffer du bigorneau en boîte (San-Antonio, je te salue!), accointés en Suisse Monaco Benelux, parlementaires zigotos poudrés du pif, affolés du paf, gauche ouin-ouin, droite bigote, même que surtout qu'c'est triste, allez, pour les parents, ah la la. Moi, ça m'arrive souvent parce que j'ai l'esprit à songer sottises et persiflages, coquecigrues et incongrus, coq au vin et moqueur coin-coin.
Sinon, je songe au prix des chicons, à ce qui me reste comme ronds, aux yeux ronds de mon chat, à la jeune fille qui joue du violon, à une assiette de pâtes au jambon, poil aux arpions. 

 

 

6.
« CECILE. - J'espère, du moins, que ma robe de noce ne sera pas mortellement belle. Il me semble qu'on rôde autour de nous. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », III, 4)

 

« J'espère, du moins », qu'elle dit Cécile, que moi je songe coin-coin, je songe coin-coin et je dis coin-coin, car je me relis à voix haute, j'espère, du moins, qu'elle dit Cécile,
Que ma robe de noce – c'est là oùsqu'on se secoue les osses, car c'est qu'on danse à la noce -
Ne sera pas mortellement belle à en pressentir du tragique floral, du lyrisme de jardinerie, du « Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses », c'est de François de Malherbe, ce vers, dans « Consolation à M. du Perier ».
« Il me semble », qu'elle dit aussi Cécile cause que c'est qu'il semble à Cécile et son châle qu'on « rôde autour » mais je ne sais pas si ce sont des chasseurs sachant chasser sans leurs chiens ou d'acharnés chipeurs de châles.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2024.

24 octobre 2024

EN ATTENDANT LA DEMISSION DU DEPUTE ANDY KERBRAT

EN ATTENDANT LA DEMISSION DU DEPUTE ANDY KERBRAT

 

1.
23 octobre 2024. France cohabitation. Donc si je comprends bien, le petit Manu ayant fait quelques sottises, papy Barnier est venu réparer les dégâts (ah la la).

 

2.
Avec la péripétie Andy Kerbrat, l'image de l’extrême-gauche a pris un sacré coup de vieux. Finis les militants austères, quasi-clandestins, à pseudonymes, entristes, aux aguets, et connaissant leur catéchisme marxo-trotskyste par cœur. Ça doit lui donner à songer, à Mélenchon, cette gauche chabada-chabada pink floyd arlequine là, qu'a remplacé la vieille, celle de Lambert, celle de Debord.

 

3.
Je me demande comment, à l'avenir, les gens ordinaires vont considérer le député Kerbrat ? Comme un toxico, peu fiable, pas clair, trouble sans doute. J'ai l'impression que le député Kerbrat, tout comme le sénateur Guerriau, ne mesure pas la gravité de son acte.

 

4.
23 octobre 2024. Je me demande ce que Antonio Guterres est allé fiche au sommet des BRICS de Kazan. Serrer la louche du criminel Poutine ? Tâter le terrain ? Passer un message de l'Occident aux potentiels alliés militaires de Poutine ? Prévenir ? On saura sans doute, plus tard. 

 

5.
23 octobre 2024. Paraît que les drones ukrainiens ont la nuit dernière détruit deux distilleries russes. Attention, ligne rouge ! Faut s'attendre à ce que Dmitri « Glouglou » Medvedev nous tartine une nouvelle gueulante anti-Satan-de-nous-autres-occidentaux. Va y avoir du féroce.

 

6.
Apparemment, Pascal Boniface, qui en débite défois dans les lucarnes, n'est souvent que moyennement apprécié. Moi, de Pascal Boniface, je m'en tarlempionne. J'ai pas lu ses œuvres car j'en ai pas trouvé dans une boîte à livres (si j'en trouve un, se peut que j'y jette un œil, sauf si je trouve un San-Antonio que j'ai pas encore consulté). Après que je m'en tarlempionne, du Pascal Boniface, ce n'est pas étonnant ; j'ai en mémoire une image d'une rue l'été la nuit avec des lampions. C'est vous dire si je m'en fiche de Pascal Boniface.

 

7.
J'apprécie tellement Poutine que je ne manque jamais de le saluer à chaque fois que je tire la chasse d'eau.

 

8.
23 octobre 2024. Entendu sur France Info que l'OTAN confirmait la présence de troupes nord-coréennes sur le sol russe. Que cherche Poutine ? Provoquer ? Internationaliser sa sale guerre en Ukraine ? Piquer l'orgueil de ses généraux ? Etrange en tout cas.

 

9.
Parmi les défenseurs du député Andy Kerbrat, certains vont quand même très loin... je passe l'apologie de la partouze et de l'usage des stupéfiants (ah si, j'ai lu ça, car certains ne reculent devant rien pour faire parler d’eux, savez ! et pour le deuxième point – apologie de l'usage des stupéfiants -, je me demande d'ailleurs si ça ne tombe pas sous le coup de la loi...) pour en venir aux aimables zozos qui prônent une dépénalisation de l'usage des drogues... bin tiens.. cela signifie donc l'autorisation des points de vente clandestins ou alors, cette dépénalisation ne serait possible qu'en pharmacie ou dans des sortes de « coffee shops » agréés... je note au passage que dans le cas du député Kerbrat, il ne s'agit pas de cannabis mais d'une drogue de synthèse utilisée, dit-on, dans le cadre du « chemsex » (excusez-moi , je reviens, je vais vomir un peu), et là, on est quand même assez loin du joint qu'on fume pour se détendre, non ?
Donc, admettons l'idée de la dépénalisation des drogues (y compris les plus salopes, puisqu'il s'agit d'éviter les trafics) et que pensez-vous qu'il pourrait se passer ? Si c'est en vente libre, je crains des soucis sanitaires et des professions de santé qui se sentiraient complices ; si c'est sur ordonnance, les médecins seront littéralement harcelés par des consommateurs qui en voudront toujours plus... cela n'éviterait donc pas les trafics, les corruptions, luttes de territoires et règlements de comptes sanglants et ferait peu à peu glisser la société vers une sorte de « meilleur des mondes », où chacun aurait sa dose quotidienne de  positiveur de réalité. Est-ce cela que les Français veulent ? Je ne crois pas. Sinon, ils ne seraient pas si nombreux à préférer la droite conservatrice à la gauche complaisante.
Quant au cas du député Andy Kerbrat, il est assez clair que s'il avait pris l'habitude d'user de stupéfiants avant d'être élu, c'est donc sur une apparence d’exemplarité, et en masquant sa véritable personnalité, qu'il est devenu député. S'étant fait passer pour ce qu'il n'est pas, un minimum d'éthique suffit pour comprendre qu'il devrait démissionner. 

 

10.
Le cas du député Andy Kerbrat est intéressant car :
- en donnant l'image d'une gauche complaisante et dont certains s'adonneraient (on parie qu'il n'est pas le seul) aux drogues « récréatives » (tu parles), voire au « chemsex », Kerbrat donne raison à Poutine qui déclare assez facilement que l'Occident est décadent (ceci dit, m'étonnerait pas que le taux d'alcooliques siégeant à la Douma soit assez élevé). Je note, par ailleurs, que le cas Kerbrat est pain bénit pour l’extrême-droite puisque bon nombre de Français vont tirer de cette affaire la leçon que payer des impôts pour alimenter les turpitudes des députés de gauche, c'est peut-être pas ça qu'il faut à la France. 
- Il me semble stupide, comme l'a fait la très éclairée Sandrine Rousseau, de comparer le cas Kerbrat, à qui l'on demande légitimement de démissionner, au cas d'un député qui serait atteint d'un cancer et dont il serait parfaitement odieux d’exiger la démission. En effet, il y a tout de même très loin entre l'illégalité d'une transaction (l'achat d'un produit stupéfiant à un dealer), l'usage d'une drogue « récréative » et une maladie telle que le cancer. Andy Kerbrat se dit « malade ». Certes, je le conçois, puisqu'en effet la dépendance aux drogues est une maladie, qui révèle aussi, - ce qu'Andy Kerbrat avoue lui-même dans son communiqué de presse – des « fragilités psychologiques » préexistantes à l'usage de la dite drogue. Le député atteint d'un cancer, s'il peut être affaibli psychologiquement par son mal, ne l'était peut-être et, dans bien des cas, sans doute pas avant de tomber malade. Où l'on voit que les deux causes n'ont rien en commun et où il serait bon de réfléchir un peu avant de débiter. De plus, il n'est pas si rare de voir un élu démissionner pour raisons de santé, et personne ne lui jette la pierre. Au contraire, c'est souvent tout à son honneur d'avoir jusqu'au moment de son départ rempli ses fonctions tout en affrontant la maladie. Et chacun de voir la différence entre un élu qui se met en retrait, ou démissionne, pour raisons de santé et un député qui refuse de démissionner alors qu'il a enfreint la loi et donné une image du parlement peu conforme à ce qu'en attendent les Français. 

 

11.
24 octobre 2024. Après, qui nous dit que le député Andy Kerbrat est réellement malade et dépendant aux drogues de synthèse ? Lui-même. On n'est pas obligé de le croire. Si ça se trouve, quand il s'est fait interpeller, il avait juste envie de se « distraire ».

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2024.

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29 octobre 2024

FAÇON GOUFFRE

FAÇON GOUFFRE

 

1.
Défois me vient le soupçon d'une manœuvre électorale du président Macron genre : « Ah la la, je ne suis guère populaire et j'ai creusé le déficit à la France façon gouffre. Comment j'vas-t-y faire ? Euh, bon le mieux, c'est de dissoudre, laisser passer les JO, envoyer balader LFI et RN, prendre un premier ministre de droite, un bien sérieux et posé, voire un poil réactionnaire, un qui va redresser les comptes, comme ça, si les gens râlent, c'est pas moi, c'est l'autre. En attendant, je vais faire comme d'habitude, soutenir l'Ukraine, histoire de prouver aux clients que l'armement français, c'est pas de la camelote, débiter des phrases et donner des leçons de morale à tout le monde (ça agace mais ça ne coûte rien), et voilà ! ah la la, qu'est-ce que je suis intelligent, je me dégoûte moi-même tellement que je suis intelligent. »

 

2.
28 octobre 2024. Budget et autres soucis de financement. Je dis ça, je ne dis rien mais il semble que les députés macronistes y croient tellement plus, qu'ils ne se donneraient même plus la peine de venir à l'Assemblée. Pour quoi faire ? Tout est écrit d'avance...

 

3.
28 octobre 2024. Le monde multipolaire que certains prédisent, et même nous vantent, est une chimère, ou en tout cas, n'est pas pour demain. Le monde sera tout aussi bipolaire qu'au vingtième siècle : un bloc ouest dominé par les Etats-Unis et l'Europe face à un bloc est dominé par l’axe Moscou-Pékin-Pyongyang-Téhéran. On continuera comme avant à courtiser les pays du Golfe et l'Afrique sera toujours l'objet de conflits sanglants pour le contrôle des matières premières. Dans ce jeu de dupes, l'Ukraine est un enjeu important, une préfiguration de ce qui pourrait arriver à d'autres pays si nous laissons Poutine développer son jeu.

 

4.
28 octobre 2024. Midi 30 . 1 euro = 105 roubles ; 1 dollar = 97 roubles. Indices boursiers russes toujours en baisse. La fin de l'hégémonie du dollar n'est pas pour demain. 

 

5.
Le politique est un être à vue courte. Ça lui sert à se faire réélire. Dès qu'il tente de voir plus loin, il tombe facilement dans le hasardeux, la gourance à visions, voire la trahison. Certains, mais ils sont très rares, ont la vue longue et rentrent parfois dans l'Histoire.

 

6.
L’expression « réarmement démographique » est hideuse, mais elle dit bien ce qu'elle veut dire. Faire des mômes en ces temps troublés, ça peut signifier aussi assurer le patrimoine des marchands de canons pour plusieurs générations.
Je m'attends d'ailleurs à ce qu'un décérébré de la droite la plus bigotement rance nous sorte l’expression de « réarmement spirituel », et ce sera un indice de plus du retour de l'idéologie du « sabre et du goupillon ».    

 

7.
On dit souvent que la technocratie française a longtemps œuvré pour une désindustrialisation dont nous savons maintenant qu'elle est un de nos principaux problèmes. Je me souviens pourtant que, dès la fin des années 90, certains commentateurs disaient clairement que sur 5 emplois perdus dans l'industrie, on ne pouvait espérer mieux qu'une compensation de 3 emplois dans le secteur tertiaire.  

 

8.
28 octobre 2024. La France est actuellement administrée par un gouvernement de technocrates qui s'apprête à faire passer à peu près tout ce qu'il veut en usant du 49.3. Quant aux politiques, ils assurent le spectacle. De la démocratie formelle tout ça...

 

9.
L'Europe fédérale ? J'y crois pas... Pour en arriver au bazar américain, pas la peine...Et encore, les Ricains, trumpistes ou démocrates, ils se causent dans la même langue... 
L'Europe économique, technologique à grands projets, d'un libéralisme tempéré par une bonne dose de démocratie sociale, l'Europe culturelle, l'UE, là, d'accord. 
Pour ce qui est de l'Europe de la Défense, à mon avis, c'est pas demain la veille, à moins que Trump nous y oblige, sinon, l'OTAN, c'est tout de même le mieux. 

 

10.
Ceux qui pensent que l'on peut être de plus en plus nombreux sur la planète sans être de moins en moins riches, à mon avis, ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu'au tréfonds.

 

11.
Ceux qui pensent que l'on peut être de plus en plus nombreux sur la planète sans risquer des conflits partout, voire une troisième massacrante mondialisée, à mon avis, ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu'à l'allelouia.

 

12.
29 octobre 2024. 
- Bon, il fait quoi Macron ?
- Il vend des trucs très chers au Maroc...
- Ah, c'est bien, et à part ça ?
- Euh... Il vend des trucs très chers au Maroc.

 

13.
Hypocrisie est l'autre nom de la politique.

 

14.
La realpolitik, le « ça se finira de toute façon par des négociations », le « il faut faire attention à... », la diplomatie, c'est bien gentil mais ne pas oublier que : lorsque l'on veut négocier avec le Diable, mieux vaut avoir une longue louche ; lorsque l'on veut négocier avec Poutine, mieux vaut avoir un bon bazooka.

 

15.
C'est bien gentil, la légalisation du cannabis, mais, concrètement, ça donne quoi ? Questions :
On vend où, quoi, à qui ?
Où ? Dans des bureaux de tabac ? Des bars spécialisés ? Des pharmacies ? Des magasins agréés ?
Quoi ? C'est-à-dire : qui produit et fournit ? L’État ? L'étranger ? Et à quel prix ? Et à quelle teneur de principe actif, et en quelle quantité ?
A qui ? A tout le monde ? Les mineurs compris ? 
Ou alors, on dépénalise, mais alors là, c'est que l'on reconnaît la légitimité des points de deal ? Et donc, on fait quoi ? On les fait s'inscrire au registre du commerce et payer des impôts ?

 

16.
29 octobre 2024. Entendu sur France Inter que manger du thon en boîte, c'est pas bon qu'il y a du mercure dedans... Donc, ma pomme, qui, debout dans la cuisine, m'avale facilement une boîte de thon en buvant une bière entre deux bouffées de clope, pensez-vous que j'sois suicidaire ?

 

17.
Le meilleur diplomate du monde n'est rien sans l'appui d'une division blindée. C'est pour avoir méprisé cette évidence que la France s'est désarmée.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 29 octobre 2024.

23 octobre 2024

COMMENT ÇA UN DEPUTE TOXICOMANE ?

COMMENT ÇA UN DEPUTE TOXICOMANE ?

 

1.
Dans l'histoire de l'Assemblée nationale, il y a eu des députés :
incompétents
corrompus
incultes
alcooliques
affolés du radada harceleurs
indécis
lunatiques
têtus entêtés
agités
menteurs
Et aussi, hein qu'il y a eu à l'Assemblée nationale des députés :
hypocrites
rétrogrades
lambertistes
prétentieux trissotins
malveillants
cupides
et bien sûr, cocus. 
Avec Andy Kerbrat, nous apprenons qu'il y a aussi des députés toxicomanes.

 

2.
Nul doute que la Chine convoitant la prise de contrôle de Taïwan observe attentivement la poursuite du conflit russo-ukrainien. C'est aussi pour cette raison que nous devons soutenir l'Ukraine, faire reculer Poutine et montrer à la Chine que l'Occident est prêt à soutenir toute démocratie menacée.

 

3.
2017 : Election de Macron : ah on va voir ce qu'on va voir ! Adieu, ancien monde ! Bye, bye, Flamby ! Voilà la « pensée complexe », le « en même temps », la « Start Up Nation », l'ouverture, et la géniale tronche Blanquer ! Et on a vu... on a vu qu'en 2024, Macron préside plus grand chose, que Michel Barnier (73 ans) est premier ministre, que la géniale réforme Blanquer a viré bricoli-bricolo, qu'on nous annonce de l'austérité sérieuse rapport à ce qu'on dérape grave dans les dépenses, que l'Afrique nous botte le train et qu'on doit se dépêcher de refaire une armée because serait possible qu'on y soit un peu, au bord de la troisième mondiale sauterie à massacres.

 

4.
Le problème n'est pas seulement que Andy Kerbrat soit un député toxicomane... Le problème est tous les députés qui ont quelque chose à se reprocher et sur lesquels les services étrangers font pression, voire utilisent comme de simples marionnettes. Vous me direz, ce n'est pas nouveau, et le renseignement intérieur a pour mission d'y remédier. Certes, mais les temps étant incertains, le problème n'en est que plus aigu.

 

5.
Au soir du 22 octobre 2024, 1 euro vaut plus de 103 roubles, les indices boursiers russes sont en baisse, l'inflation en Russie est à plus de 8% et la Moldavie préfère l'UE à la mâchoire de l'ogre russe.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 23 octobre 2024

22 octobre 2024

AH SI VOUS GOUGNAFEZ POURQUOI EST-CE 

AH SI VOUS GOUGNAFEZ POURQUOI EST-CE 

 

AH SI VOUS GOUGNAFEZ !

 

« Vous l'avez dit, j'ai peur du diable, et je ne veux pas être ganté. »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », I,1 [Valentin])

 

Vous gougnafez ! Ah si, vous gougnafez ! D'ailleurs, ne
L'avez-vous pas dit vous-même que vous gougnafez ? Si, si, vous l'avez
Dit que vous gougnafez.
J'ai, pour ma part grallacialé beaucoup et j'ai bien 
Peur de grallacialer encore.
Du coup, je piaule et pâle et poutre à en crocodoler le
Diable et tout son grimacier, çui-là des lucarnes, le torve.
Et après, je graigne les gaires... Ah si,
Je graigne les gaires, d'ailleurs,
Ne vous l'ai pas dit hein, que je graigne les gaires ; je 
Veux dire que je grallaciale ; sauf quand il pleut, car, bien sûr, c'est
Pas facile de grallacialer quand il pleut ; ou alors, il faut
Être qu'être. Comme ça, la pluie tombe mais comme vous n'êtes que, la pluie ne vous touche pas. Zêtes pas trempé mouillé draché. Et là,
Ganté vous pouvez l'être, et piaulé et pâli et poutré ; tout le monde s'en louche (même les aveugles, ça va de soi). 

 

DE CE QU'ON EST POURQUOI EST-CE ?

 

« Mais, maman, de ce qu'on est Anglaise, pourquoi est-ce décent de valser ? »
(Musset, « Il ne faut jurer de rien », I, 2 [Cécile])

 

Mais maman, dit la jeune fille, de ce qu'on est, pourquoi est-ce ? Et pourquoi donc es-tu si morte ? C'est vrai qu'une
Maman, c'est comme tout, ça meurt.
De ce qu'on aratrille, on ne sort pas d'Anglaise, de
Ce qu'on aratrille et mérimolde, non, on ne sort pas d'Anglaise, de ce 
Qu'on contribue et contorsionne, il
Est que jamais jamais jamais on ne sort d'Anglaise, car nulle
Anglaise blonde rousse verte ou bleue ne se dératrille, ni ne se démérimolde, mais dans la paix des champs, dans les herbes, les chevaux, les chiens et les crincrins, elles chantent, les Anglaises (avec un accent anglais, évidemment), elles chantent : Mais maman, dit la jeune fille, de ce qu'on est, pourquoi est-ce ? Et pourquoi donc es-tu si morte ? C'est vrai qu'une maman, c'est comme tout, ça meurt.
Pourquoi ? Parce que. Cela devrait vous suffire, ô couacouasimores et moresses !
Est-ce que je m'hallucine de l'écoutille ? ai-je bien acoustiqué ?
Décent ? dites-vous, ah démilez, démilez donc, poiriers ! 
De valser, vous n'arrêterez jamais, quand dans la paix des champs, dans les herbes, les chevaux, les chiens et les crincrins chanteront les Anglaises (avec un accent anglais, évidemment) : Mais maman, dit la jeune fille, de ce qu'on est, pourquoi est-ce ? Et pourquoi donc es-tu si morte ? C'est vrai qu'une maman, c'est comme tout, ça meurt.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2024.   

 

11 janvier 2025

LE SPHINX EST-IL UN ANIMAL POLITIQUE ?

LE SPHINX EST-IL UN ANIMAL POLITIQUE ?
 

1.
« OEDIPE – Le Sphinx est le criminel à la mode. Qui l'a vu ? Personne. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », II)
Oedipe, ici, dis :

 

- Il ne sait pas ce qu'il dit ?
- Il n'a pas compris la véritable nature du Sphinx, qui est celle de l'Enigme que toute conscience est pour elle-même à partir du moment où elle prend conscience de son imprévisibilité ?
- Il n'a pas compris que si personne ne l'a vu, c'est que ceux qui ont rencontré le Sphinx ne sont plus là pour témoigner ?

 

2.
Avec sa dissolution vertigineuse, le président Macron quoi qu'il a fait ?

 

- Ce serait-y pas un acte manqué, cette dissolution, qui prouve que le président Macron est fatigué de la charge qui lui incombe ?
- Cette dissolution prouverait-elle, une fois pour toutes, la très grande sottise du président Macron qui agit et parle souvent sans avoir suffisamment réfléchi ?
- N'aurait-il pas déstabilisé un peu plus une situation politique compliquée et inquiétante ?
- Le président Macron aurait-il agi de manière à forcer les partis républicains à s'unir pour faire face aux dangers extrémistes de gauche  comme de droite ?

 

3.
« LE SPHINX – Un secret qui vous permette d'entrer en contact avec l'énigme des énigmes, avec la bête humaine, avec la chienne qui chante, comme ils disent, avec le Sphinx ?
Quoi qu'a dit là, le Sphinx ?

 

- Le Sphinx s'apprête à révéler à Œdipe qui il est réellement ?
- Le Sphinx va dévoiler à Œdipe la solution de l'Enigme ?
- Le Sphinx va révéler à Œdipe le secret du Temps ? A propos du Temps, je me demande vaguement ce qu'est cette histoire de « temps négatif » dont on dit qui que quoi dont où.

 

4.
« LE SPHINX – L'imbécile ! Il n'a donc rien compris. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », II)
De qui qu'il parle ici donc, Le Sphinx ?

 

- D'Œdipe, qui a réussi à répondre et qui n'ayant pas saisi les désirs réels du Sphinx, court vers son destin fatal et œdipien ?
- De l'humain qui a tant appris, n'a rien compris, et s'apprête à disparaître dans la nuit des espèces disparues ? 
- Du président Macron, dont, en fin de compte, il se pourrait qu'il reste peu de choses de ses réformes fabuleuses ?

 

5.
« ANUBIS – Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », II)
Anubis, ici, qu'en dire :

 

- Anubis, tout dieu à tête de chien soit-il, se montre philosophe, moraliste, lucide et porte-parole de l'auteur ?
- Anubis, tout dieu à tête de chacal soit-il, se montre outrecuidant, pontifiant, chroniqueur audiovisuel, petit prof ?
- Anubis, tout personnage de théâtre soit-il, eh bien, il fait ce qu'on lui demande, il débite son texte ? 

 

6.
La politique, est-ce :
- L'art de faire passer du n'importe quoi pour le résultat de longues et mûres réflexions ?
- L'art d'escroquer ses concitoyens en se faisant passer pour un modèle d'honnêteté et d’exemplarité ?
- L'art de se rendre indispensable alors que, bien des députés, soyons francs, ne sauraient pas gérer une baraque à frites, voire une buvette d'amicale d'enseignants ?
- L'art d'envoyer Œdipe au devant de son destin et, dans ce cas, peut-on considérer que le Sphinx de Jean Cocteau est un animal politique ? 

 

7.
« NEMESIS, voilée. - Les pauvres, pauvres, pauvres hommes... Je n'en peux plus, Anubis... J'étouffe. Quittons la terre.
ŒDIPE – Je serai roi ! »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », II)
Pourquoi Némésis étouffe-t-elle ?

 

- Parce que, parfois, quand on étouffe de colère, on se dit que l'on va se venger, et justement, Némésis, c'est la divinité de la justice et de la vengeance ?
- Parce que Némésis est prise de pitié pour les humains qui se croient rois de la terre et finissent aveugles sur les routes ?
- Parce que Némésis est en train de s'étouffer avec un os de poulet mais Anubis, qui est à ses côtés, va éviter ce drame métaphysique.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 janvier 2025. 

10 janvier 2025

FORCEMENT FATALEMENT HUMAINEMENT

FORCEMENT FATALEMENT HUMAINEMENT
 

1. Quel est le temps des verbes des phrases a et b et pourquoi Donald Trump menace-t-il d’annexer le Groenland, le Canal de Panama et de faire du Canada le 51ème état des Etats-Unis ?
a) L’année dernière, tous les matins, je prenais le train.
b) Ce matin, j’ai manqué le bus de peu.

 

- Je ne sais pas mais dans la phrase a, le locuteur prend le train mais c'est le bus dans la phrase b et c'est parce que Donald Trump, il aime provoquer et il prend l'avion aussi.
- L'imparfait et le passé composé et Donald Trump, il fait de la diversion pour éviter de parler des sujets que j'espère qu'il les travaille vraiment,  ces catastrophes là, Trump (le conflit israélo-palestinien, la sale guerre de Poutine en Ukraine,...).
- L'imparfait et un autre temps du passé et je ne sais pas si Donald Trump a avalé un clown ou un cheval.

 

Quelles sont les valeurs que l’on peut attribuer à ces deux emplois verbaux ?
- imparfait d'inquiétude et passé de pas de chance ?
- imparfait ferroviaire et passé de circonstances ?
- imparfait d'abonnement de travail et passé de carte de bus ?

 

2. Comment appelle-t-on la figure de style qui consiste à répéter un mot ou un groupe de mots en début de phrase, de vers ou de paragraphe et, à mon avis, parce que votre avis à vous, je m'en fiche, quel est le meilleur album des Beatles ?
 

- une anaphore et « Abbey Road » parce que « Come Together », ça en jette non que je pige que couic à s'que ça dit, mais quand même ça en jette ?
- une anacoluthe et « The White Album » parce que « Blackbird », « Dear Prudence », le tonnerre d'Helter Skelter et des tas d'autres ?
- une anaconda et « Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band » et l’extraordinaire « A Day In The Life » que je vous en cite : 
« Woke up, fell out of bed
Dragged a comb across my head
Found my way downstairs and drank a cup
And looking up I noticed I was late »
(Lennon / McCartney)

 

3. Comment appelle-t-on la répétition expressive d’un son vocalique ? Exemple : « Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire » (Racine, « Phèdre », I, 3 [Phèdre]) et qui était Racine ?
 

- Une association et Racine fut un chanteur « pop » très méconnu (d'où l’affliction) ?
- Une aspiration et Racine fut tel qu'en lui-même l'éternité en a fait ce que les Français ont voulu qu'il soit ?
- Une assonance et Racine (1639-1699) fut un des plus célèbres dramaturges du XVIIème siècle, auteur de « Andromaque » (1667), « Iphigénie » (1674), « Phèdre » (1677)

 

4. Quel était le nom de la société néerlandaise qui fut fondée en 1602 et développa avec l’Inde un commerce florissant et quel est l'intérêt de ce vers de Rimbaud : « U, cycles, vibrements divins des mers virides » ?
 

- La Compagnie des Indes Lointaines et le vers de l'aut' Rimbaud là, il est tout vert que même quand le livre est fermé, il est tout vert (comme le « Magasin Vert ») ?
- La Compagnie des Indes Noires et le vers de Rimbaud, il est tiré du sonnet « Voyelles » et il y a de l'allitération dedans avec le « v », et de l'assonance aussi avec le « i », sinon je sais pas trop le sens à lui donner que c'est juste bien musical ?
- La Compagnie des Indes Orientales et le vers rimbaldien, je ne sais pas si c'est de la fièvre verte, de la fée verte, de la reine verte, de la souris verte qu'a fumé de l'herbe ?

 

5) Qui fut le premier président des États-Unis d’Amérique ?
- Ronald Reagan, que tout le monde prenait pour un crétin, et qui fit gagner la Guerre froide à l'Occident des démocraties libérales ?
- Donald Trump mais ce n'est pas certain ?
- George Washington, qui fut chef d'état-major de l'Armée continentale pendant la Guerre d'indépendance ?

 

6) Pourquoi peut-on dire qu’en France l’Ancien Régime était une société inégalitaire ?
 

- Parce qu'avant 1789, mon neveu, tout était à eux, à eux, à eux ?
- Parce que, comme le chantait Coluche, s'adressant à la Misère, dans sa chanson « Misère Misère » : « C'est toujours sur les pauvres gens / Que tu t'acharnes obstinément » ?
- Parce que la noblesse et le clergé avaient beaucoup de privilèges et dominaient économiquement, politiquement et socialement le Tiers-Etat qui représentait pourtant la quasi-totalité de la population (98 %).

 

7) Citez les noms de deux révolutionnaires français célèbres pour leur affrontement de 1794 qui les mena tous deux à la guillotine ? 
- Lennon et McCartney ?
- Bonaparte et Napoléon ?
- Danton et Robespierre ?

 

8) Qu’est-ce que la Triade et qui, dit-on, a dit : « Veni, vidi, vici » ?
 

- C’est la mafia triadaise et c'est Napoléon qui a dit ça un jour où il était d'humeur latine.
- C’est l’Organisation Mondiale du Tri et c'est le président Macron qui a dit parce que le président Macron il a dit tant de choses.
- C’est l’ensemble des trois zones économiques qui dominent  le monde (Amérique du Nord, Europe, le Japon) et c'est Jules César qui a dit ça parce que c'était un fameux conquérant, César.

 

9) Qu’est-ce que les BRICS et qui a dit « Si j'aurais su, j'aurais pas venu » ? 
 

- C’est la mafia de la brique et « si j'aurais su, j'aurais pas venu », c'est le sapeur Camember du dessinateur Christophe qui l'a dit.
- C’est l’Organisation Mondiale de la Maçonnerie et « si j'aurais su, j'aurais pas venu », c'est le président Macron qui l'a dit, un jour où il s'est rendu compte.
- C’est une association de pays émergents (dont certains ont bien émergé, ah oui) qui contestent la domination de la Triade ? Dedans, il y a le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud (South Africa) et c'est le personnage de Petit Gibus, du film « La Guerre des boutons », de Yves Robert, qui le dit ça : « Si j'aurais su, j'aurais pas venu », et c'est marrant.

 

10) En quoi les BRICS et la Triade sont-ils opposés et combien ça fait ?
 

- Bin, ils ne s'aiment pas, ils ne s'aiment pas quoi ! Et combien ça fait ? Et bien, beaucoup, et plus si complexités.
- Parce que les humains, c'est rien que férocités et compagnie. Et ça y fait pour beaucoup.
- Parce qu'il y a surpopulation et rareté naturelle, et donc, forcément, fatalement, humainement, ça lutte de partout pour la survie. Et ça fait que je me demande ce que je vais manger ce soir. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 janvier 2024.

14 janvier 2025

LES INDIENS SONT ENCORE LOIN ET LES FANTÔMES PARMI NOUS

LES INDIENS SONT ENCORE LOIN ET LES FANTÔMES PARMI NOUS
 

1.
« OEDIPE – Apprenez que tout ce qui se classe empeste la mort. Il faut se déclasser, Tirésias, sortir du rang. C'est le signe des chefs-d’œuvre et des héros. Un déclassé, voilà ce qui étonne et ce qui règne. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », III)

 

Quoi qu'il fait là, Œdipe ?
- Des œufs sur le plat, avec des frites ?
- Une profession de foi anarchiste et une apologie du désordre ?
- Il accomplit son destin, l’Œdipe, que si ça se trouve, comme un acteur qui connaît parfaitement son rôle, disant cela, il pense à autre chose, à des œufs sur le plat, par exemple, avec des frites, ou à la France de 2025 qui a bien des soucis et au monde aussi qui, sous le poids des peuples, s'apprête à virer fasciste et conflits à n'en plus finir ?

 

2.
13 janvier 2025. Nouvelles révélations sur les turpitudes de l'Abbé Pierre. De plus en plus graves. Si tout ce qui est livré au public est vrai, alors ce qui écœure, c'est la façon dont les médias, la téloche surtout, nous a, pendant des années, présenté l'Abbé Pierre comme un exemple et même un modèle et comme on n'est jamais déçu avec les gens de pouvoir, voilà qu'on apprend que le défenseur des pauvres et des sans-logis n'aurait été qu'un grand malade, un pervers, un prédateur, un nuisible. Dans ce cas, la question est donc : pourquoi l'avoir ainsi promu, honoré, célébré et mis en avant pendant tant d'années alors que les renseignements savaient (ou alors, on se demande à quoi ils servent) quel genre de détestable il était. Soyons plus précis : l'Abbé Pierre était-il manipulé et si oui, par qui, et dans quel but ?
Note : Si les accusations qui visent l'Abbé Pierre s'avèrent fondées, c'est le cas de le dire, pour reprendre le lexique sartrien, qu'il était de mauvaise foi, l'Abbé. Y croyait-il au moins, à ce dieu dont il était le soi-disant représentant sur la terre des bipèdes affolés ?

 

3.
« … Je vois mal, je vois mal, je veux voir ! C'est ta faute, devin... Je veux voir ! »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », III, [Œdipe])

 

Que dire de ceci ?
- Qu'Oedipe a toujours eu du mal à y voir clair. C'est un malvoyant du destin ?
- Qu'Œdipe rejette la faute sur le devin alors que le devin n'est que le messager ?
- Qu'Œdipe est aussi lucide qu'un technocrate qui dans son ministère, œuvra naguère au désarmement et à la désindustrialisation de la France et qui n'a visiblement toujours pas compris qu'il n'était qu'un con, sur-diplômé, polyglotte, très sachant et très friqué, mais un con.

 

4.
« On m'avait dit qu'un soldat avait vu le spectre de Laïus et que Laïus m'appelait, voulait me prévenir d'un danger qui me menace. » 
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », III, [Jocaste])

 

Quel est l'intérêt ici de l'emploi du présent dans le syntagme : « un danger qui me menace » ?
- Le présent, c'est là où l'on croit que l'on est qu'il est déjà passé, en réalisant le futur qui lui-même oh et puis zut.
- Les Indiens sont encore loin et les fantômes parmi nous ?
- Jocaste comprend qu'il y a péril en la demeure et que, malgré la mort du Sphinx, le danger persiste ? 
- Jocaste penserait-elle, défois, à Macron ? à Mélenchon ? à Marine Le Pen ? aux technocrates surdiplômés de la modernité modernisante qui ont fichu la France dans un sacré tintouin politico-financier ?

 

5.
« CREON – Ta femme est malade, Œdipe. La peste nous démoralise tous. Les dieux punissent la ville et veulent une victime. Un monstre se cache parmi nous. » 
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », IV)

 

Ah si, c'est intéressant, et pourquoi donc ?
- Parce que le mécanisme de la Machine infernale est intact et poursuit son grignotage des heures ?
- Parce que ça fait un drôle d'écho avec le monde actuel menacé par la mondialisation de la peste populiste et par ce vieux démon de désigner un bouc émissaire ?
- Parce que je me demande si François Bayrou, actuel et sans doute assez provisoire chef du gouvernement à la France, va, pour éviter une éventuelle censure, suspendre la réforme des retraites ou alors non.
- Parce que, comme on le voit, si le pire n'est jamais certain, il est quand bien avancé ?

 

6.
« CREON – Eh bien, j'en ai assez de vos devinettes et de vos symboles. J'ai ma tête sur mes épaules, moi, et les pieds par terre. Je vais donner des ordres. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », IV)

 

Disant ceci, Créon prouve :
- Qu'il est un homme d'Etat et l'homme de la situation ; du reste, Antigone ne perd rien pour attendre.
- Que Créon n'aime pas le théâtre ?
- Que peu importent les mystères et les états d'âme, il faut bien que ça avance.

 

7.
« Il est dur de renoncer aux énigmes... », dit Œdipe à l'acte IV de « La Machine infernale », de Jean Cocteau, rappelant ainsi que l'humain ne peut se passer de mystères, et quand il n'en a plus à se mettre dans le citron, il s'en crée.

 

8.
Au générique de fin du film « Moi y en a vouloir des sous » de Jean Yanne (1973) apparaît cette phrase assez lucide : « Le monde est peuplé d'imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde. » Une façon comme une autre de dire que la rareté naturelle et la surpopulation finissent toujours par nous conduire au pire.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 janvier 2025.

12 janvier 2025

MAIS ÇA C'EST A CAUSE DU TEMPS

MAIS ÇA C'EST A CAUSE DU TEMPS

 

1.
« Je n’ai pas voulu vous astreindre à lire les poétiques descriptions de tombes encapuchonnées de neige, ni mes idées sur Grieg et sur Wagner, ni mes préférences littéraires, ni mes élucubrations philosophiques sur la peur et la solitude. »
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Donnez la définition du mot « élucubrations » :
- Les élucubrations, c’est celles d’Antoine du temps où Antoine chantait « Les élucubrations d’Antoine » ?
- Les élucubrations, ce sont des sortes de concombres dont on fait des salades sophistiquées ?
- Faut demander au fantôme de Jean-Paul Sartre ?
- C’est le produit de longues réflexions compliquées pour pondre un texte que personne ne lira ?
- C'est ce que raconte Mark Zuckerberg pour justifier la façon dont il cire les pompes de Trump ?

 

b) Dans le groupe nominal « élucubrations philosophiques », le mot « philosophiques » a-t-il pour nature et pour fonction :
- Adjectif qualificatif attribut de la société du spectacle ?
- Épithète de « carabistouilles » ?
- Adjectif qualificatif épithète détachée de l’existentialisme ?
- La pipe à Jean-Paul et même qu’elle fume ?
- Justification de la façon dont Mark Zuckerberg (autre IA probable) cire les pompes à Trump ?

 

2.
« A ce régime, je devrais grossir comme une caille. Il n’en est rien. C’est curieux, par moments, je me trouve même une mine extrêmement souffreteuse. »
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que signifie le mot « souffreteuse » ?
- C’est un nom terrible car la Souffreteuse pèse du poids de tous ses souffrets sur l’humanité (ah ça, qu’on en parle tous les jours !)
- C’est quand les crayons de bois se cassent dès qu’on les utilise. On dit alors qu’ils ont la « mine souffreteuse » ?
- C’est quand on ne se sent pas très bien et que ça se voit quand on se regarde dans un miroir que si le miroir se brise, alors c’est pas bon signe ?

 

b) Quel est le temps et le mode du verbe « devoir » dans la forme « Je devrais grossir » ?

- Futur du mais je ne grossirai pas ?
- Présent du que je grossisse, ça me ferait bien mal au hein ?
- Présent du j’ai pas un peu maigri là ?
- Le temps de « La Grande Magie », de Noémie Lvovsky, sorti en 2022, - ah tiens, un film ontologique, pour dire de grands mots et, en tout cas, bien réussi, surréaliste et amusant. On dit aussi « décalé », mais ça c’est à cause du temps.
- Le mode du je devrais arrêter de me goinfrer de bœuf à toutes les sauces avec des frites, je vais finir par enfler ?

 

3.
« Drôle de petite bête à l’immense bec, long comme une dague, et quelle vilaine clameur pour un oiseau, pourtant gracieux. »
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Qu’est-ce qu’une « dague » et quelle est la capitale du Canada ?
- Une espèce de chien au museau en lame de couteau, et la capitale du Canada, d’après Trump, ce serait-il pas Washington ?
- Une lame chauffée à blanc, d’où l’expression « hot dague », et la capitale du Canada, c’est Ottawa.
- Une arme blanche, courte, à deux tranchants, et la capitale du Canada, c’est encore Ottawa.

 

b) Quelle est la nature et la fonction du groupe « en palpant » (cf Jean Ray : « J’ai ri en palpant son duvet cendré ») ?
- Participe tactile et complément d’information ?
- Participe courant du verbe « palper » et complément de manière de dire ?
- Gérondif (préposition « en » + participe présent), complément circonstanciel de manière ?
- Participe exemplaire et complément d’illustration grammaticale ?

 

4.
Que signifie le mot « tintamarre » dans cette citation d'un texte de Jean Ray, je cite : « et le tintamarre des casseroles d’Ossip » ?
- Le tintamarre c'est quand on en a marre du tintouin qu'ils font les voisins ?
- Le tintamarre c'est ce que fait le monde chaque jour à en rendre sourds le cosmos et tous ceux qui y circulent ?
- Le tintamarre, c'est un instrument de musique particulièrement tintamarrant que l'on emploie dans des pièces de musique légère, humoresques, airs fantaisistes, facétieux, farceurs ?

 

5.
Quelle est la nature de l’expression « autour de » (je cite Jean Ray, « autour d’une minuscule boursouflure de chair vive ») ?
- « autour de », c'est une bidulerie grammaticale autant que spatiale ?
- C'est une allusion à quelque pot qu'on tourne autour, histoire de voir si l'autre comprend ce qu'on a compris et que l'on veut qu'il comprenne sans qu'on soit explicite ?
- « autour de » ou la seigneurie du rapace ?

 

6.
« Je venais d’entendre une voix. Elle était rauque et plaintive. »
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que signifie ici l'adjectif « rauque » ?
- Que c'est une voix qui roule (d'où l’expression « rauque n' roule ») ?
- Que c'est une voix qui a beaucoup fumé ?
- Que c'est une voix que, si on sait jouer de la guitare, et qu'on chante juste à peu près, on peut faire du blues avec ?

 

b) Quelles sont les fonctions des adjectifs « rauque et plaintive » dans la proposition « elle était rauque et plaintive » ?
- Épithète de gland ?
- Épithète de nœud ?
- Épithète qu'il ne la gagnera, pas, le Poutine, sa sale guerre en Ukraine ?
- Attribut du pronom sujet « Elle » ayant pour antécédent une voix mystérieuse et des mots « presque suppliants » dans « une langue inconnue » ?

 

7.
« Il n’est pas loin de minuit ; mes deux compagnons jouent aux dés ; [...] »     
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur]) 

 

Quelle est la fonction de « aux dés » dans « ils jouent aux dés » ?
- Complément d’objet de jeu ?
- Complément ludique du verbe « jouer » ?
- Complément d’objet volant non identifié, surtout quand on balance sa grammaire à travers la salle de classe ?

 

8.
« Il n’y avait rien dans l’enclos, si ce n’est huit croix dont la vétusté allait pour ainsi dire en gradation régulière ; ainsi, la première était pourrie et lavée par les pluies, la huitième semblait toute fraîche… »
(Jean Ray, « Le Gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Quel est le sens du mot « vétusté » ?
- On parle de vétusté lorsque que l'on parle d'une femme qui fut belle, qui l'est certes moins maintenant, mais qui conserve quelques traits charmants. Ah la la, la beauté vétuste...
- La vétusté, c'est tout ça qu'on entendait chanter partout, avec des paillettes et des paroles idiotes et qu'on ne voit plus maintenant. Pourquoi ? Parce que c'est vétuste, tiens...
- C'est l'obsolescence programmée à nous autres. 

 

b) Quelle est la nature et la fonction du mot « hier » (cf « Hier, je me suis promené… ») ? 
- Préposition d'éventualité qu'éventuellement je mets de la crème fraîche dans mes pâtes ?
- Adverbe de si j'aurais su, j'aurais pas venu ?
- C'est du circonstanciel de temps, de l'adverbe aussi ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 janvier 2024.

12 janvier 2025

JEAN MARIE LE PEN IST KAPUTT 

JEAN MARIE LE PEN IST KAPUTT 

 

1.
Je ne me souvenais plus d’avoir vu « Mes petites amoureuses », de Jean Eustache (1974) mais dès les premières séquences, le film me revint en mémoire comme si je l’avais vu il y a quelques mois.
Par son évocation de l’adolescence des années 60 et d’un temps où on ne « couchait » pas si facilement, d’une France où, pour beaucoup, faire des études était un luxe, sinon un privilège et où l’apprentissage se faisait souvent « sur le tas », par sa sobriété et son absence de nostalgie et de complaisance, par sa lucidité, son objectivité, le film est non seulement intéressant, mais paradoxalement attachant. Plus proche de « Une vraie jeune fille » (qui est peut-être son pendant féminin), de Catherine Breillat (1976) que de « Diabolo Menthe », de Diane Kurys (1977), j’y ai retrouvé les échos de choses vues et entendues dans la vie réelle, comme on dit, celle que le cinéma reflète, recrée, représente, réactualise, re-suscite.

 

Note : Maurice Pialat y apparaît dans une courte scène. Il y joue parfaitement le pauvre type ordinaire, ni bienveillant, ni réellement malveillant. De l’humain qui passe.

 

2..
8 janvier 2025. Quoi qu’il fait Donald Trump, il fait caca sur la souveraineté du Canada, ou bien ? Ou bien c'est une manière de diversion, histoire d'attirer l'attention sur ses provocations cependant qu'il commence à travailler sérieusement et discrètement sur les conflits russo-ukrainiens et israélo-palestinien ? Et puis, j'en sais rien.

 

3.
T’imagines le cauchemar : Trump annexe le Canada, le Groenland et le Canal de Panama. Poutine gagne sa sale guerre en Ukraine et place ses pions nazillons partout en Europe. Le monde dans les mains de ses deux guignols aux mains de la mafia….

 

4.
Ah tiens, Jean-Marie le Pen est mort. Un point de détail de l’Histoire sans doute…

 

5.
Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, de droite comme de gauche, ils ont tous œuvré au désarmement de la France. Honte à eux.

 

6.
Ceci dit, Jean-Marie Le Pen, en fondant le FN, a permis de rassembler des tas d’électrons libres de l’OAS, du nationalisme exacerbé, de déçus du gaullisme, de conservateurs exaltés, d’antisémites pathologiques, et a ainsi permis le fichage de ces gens et itou empêché que certains de ces zigotos en viennent à participer à des projets terroristes.
En cela, Jean-Marie Le Pen aura rendu service à la République, d’autant qu’il ne voulait pas du pouvoir.
Spoiler : L’illustre Mélenchon a fait de même avec l’extrême-gauche. Les militants de la LFI disent beaucoup de conneries mais ne posent pas de bombes. Et ça, c’est essentiel. D’autant que Mélenchon est assuré de ne jamais gagner les présidentielles.

 

7.
8 janvier 2025. On apprend que la natalité est en forte baisse en France. Les couples n’auraient-ils plus confiance en l’avenir ? On se demande bien pourquoi…

 

8.
France 2025. L’épargne des Français est très élevée (2 fois la dette de la France ai-je entendu dire) et la natalité est en baisse. Conclusion : Les Français ont des sous, font des économies au cas où, mais ne font pas de mômes cause que l’avenir est incertain.

 

9.
8 janvier 2025.
Jean-Marie Le Pen est mort.
Pas de paradis pour Le Pen.
Pas d’enfer non plus.
Juste le trou, la terre, les vers, le néant.
Comme pour nous tous.
Le reste n’est que niaiserie.

 

10.
Les humains ayant du mal à supporter la réalité (l’arbitraire de la mort, la rareté naturelle et la violence qui en découle) ont inventé les dieux, les prêtres et les politiques pour s’entendre raconter des histoires.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 janvier 2025.

5 janvier 2025

OH PAS L'UN MAIS L'AUTRE

OH PAS L'UN MAIS L'AUTRE

 

1.
« Imaginez-vous cet être nourri de carottes glacées sentant le purin et l'engrais et de pommes reinettes, aigres et dures, oubliées sur l'herbe d'un verger désert ; [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Le mot « verger » désigne-t-il :

- l'action de frapper avec une baguette longue et flexible ?
- un terrain planté d'arbres fruitiers ?
- une occasion d'écrire des bêtises et des dégoûtations ? 

 

b)
Dans le groupe nominal « verger désert », le mot « désert » a-t-il pour nature et pour fonction :
- Adjectif qualificatif attribut du nom « verger » ?
- Adjectif qualificatif épithète du nom « verger » ?
- Qualificatif de désertification ?
- Adjectif qualificatif épithète détachée du substantif « verger » ?

 

2.
« J'entrai dans la première maison, qui est une auberge à l'enseigne des Deux-Pluviers, où le patron charitable me réconforta de café chaud, de pain et d'un hareng-saur [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Le mot « hareng-saur » désigne-t-il 

- le sujet d'un poème drolatique de Charles Cros ?
- la métaphore du temps pendouillant ?
- un hareng séché, salé, fumé ?
- l'injonction faite au voleur de rendre ce qu'il a volé puis de sortir du magasin ?

 

b)
Dans le groupe nominal « des fritures aussi copieuses que dorées. », l’expression « aussi que » a-t-elle pour fonction :
- d’établir une distinction ?
- d’établir une liste de courses à faire ?
- d’établir une comparaison, une égalité ?

 

3.
« Une sorte de brousse hâve a envahi les allées, et les pelouses sont comme une jungle. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

Que signifie ici le mot «hâve » :

- Que le jardin et le presbytère sont loin d'avoir conservé l’éclat et le charme qu’ils avaient du temps de Gaston Leroux ?
- Qu'elle est bien pâle et décharnée, sèche hein, cette brousse ?
- Bin oui, tiens, qu'on va s'en fumer un, de cigare ? 

 

4.
« La municipalité, qui est pauvre et qui envoie maintenant ses morts dormir dans l'immense cimetière de l'Ouest, avait caressé l'espoir de convertir la nécropole en terrains industriels. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

Quelles sont la nature et la fonction de la proposition «qui est pauvre et qui envoie maintenant ses morts dormir dans l'immense cimetière de l'Ouest » : 
- proposition conjonctive circonstancielle de lieu ? 
- proposition conjonctivite qui donc fait mal aux yeux ?
- proposition subordonnée relative (PSR) complément du nom « municipalité » ?

 

5.
« Peu de temps avant sa mort, la richissime duchesse Opoltchenska – noblesse russe ou bulgare – proposa à la ville d'acheter le cimetière désaffecté pour une somme fantastique, [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que signifie ici le mot « désaffecté »

- qu'il n'y a plus aucun mort qui y vit dans ce cimetière ?
- que la municipalité, qui est pauvre, l'a laissé à l'abandon, ce cimetière ?
- que personne ne l'aime, ce cimetière ?

 

b) Dans le groupe « la ville était pauvre », le mot « pauvre » a pour nature et pour fonction : 
- adjectif qualificatif de circonstance ?
- adjectif qualificatif épithète du mot « ville » ?
- adjectif qualificatif attribut du sujet « ville » ?
- adjectif d'une manière ou d'une autre ?

 

6.
« Ensuite, ne jamais approcher du mausolée de la duchesse. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que désigne  le mot  « mausolée »

- Un monument avec des osses ?
- Un monument funéraire somptueux de grandes dimensions ?
- Une énigme de plus dans le grand catalogue des énigmes ?

 

b) Dans le groupe « mausolée de la duchesse», quelle est la fonction de « de la duchesse » 
- complément du nom « duchesse » ?
- complément du nom « mausolée » ?
- complément de noblesse ?
- complément de dissolution et d'incompétence politique ?
- complément de montée de la négativité dans la Vème république ?

 

7.
« [...] le cimetière fourmillait de lapins sauvages, de gros ramiers au duvet opalin [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que désigne le mot « opalin  »
- une manière d'annoncer la couleur ?
- une couleur bleuâtre et laiteuse ? 
- une manière d'annoncer mais l'autre ?

 

b) Quelles sont la nature et la fonction du mot « négligemment » 
- adverbe de négligence ?
- adverbe de complaisance ?
- adverbe de manière ?
- l’adverbe horaire d'aller se faire engueuler ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 janvier 2025

9 janvier 2025

LE CAPRICE DU SPHINX

LE CAPRICE DU SPHINX

 

« Au lever du rideau, une jeune fille en robe blanche est assise sur les décombres. La tête d’un chacal dont le corps reste invisible derrière elle, repose sur ses genoux.
Trompettes lointaines. 

 

LE SPHINX – Ecoute.
LE CHACAL – J’écoute.
LE SHINX – C’est la dernière sonnerie, nous sommes libres.

 

Anubis se lève, on voit que la tête de chacal lui appartient. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

1)    Dans le groupe nominal « une jeune fille en robe blanche », l’adjectif qualificatif « blanche » est-il :

-    Epithète du mot « robe » ?
-    Epictète du mot « robe » ?
-    Ça ne vous regarde pas ?


 

2)    Le passage en italiques nous renseigne sur le type de texte présenté. S’agit-il :
-    D’un texte explicatif sur la fonction diégétique de l’enchanteur Merlin dans la série Kaamelott, d’Alexandre Astier ?
-    D’un texte théâtral parce que ce sont des didascalies ?
-    D’un texte poétique parce que ce qu’écrivait Jean Cocteau était poétique, non ?


 

3)    Le Sphinx est-il :

-    « Une jeune fille en robe blanche » ?
-    Dans la mythologie grecque antique, une créature au corps de lion, au visage féminin et aux ailes d’oiseau ?
-    Une manière de parler et de faire suer son monde avec tout un tas d’énigmes, de devinettes, de calembour-ta-pipe et fiche nous la paix ?


 

4)    Anubis est-il :

-    Quelqu’un qui s’est déguisé pour le carnaval ? 
-    Un dieu de l’Egypte antique souvent représenté comme un homme à tête de chacal ?
-    Un passant qui passe, qui fait rien qu’à passer, l’éternel passant qui passe dans les tableaux, sur les photos, dans les rues et les mémoires, et même qu’on s’en fout ?


 

« LE SPHINX – Anubis ?
ANUBIS – Sphinx ?
LE SPHINX – J’en ai assez de tuer. J’en ai assez de donner la mort.
ANUBIS – Obéissons. Le mystère a ses mystères. Les dieux possèdent leurs dieux. Nous avons les nôtres. Ils ont les leurs. C’est ce qui s’appelle l’infini. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

5)    L'Anubis de Cocteau (c'est une divinité de l’Égypte antique, je précise pour les élèves de sciences po, mais attention, Anubis tout seul, hein, Cocteau, c'était un poète français du vingtième siècle) et donc, comment qualifier sa conception de l'infini, à Anubis, dites ?

- C'est une conception polythéiste ?
- C'est une conception qui donne le vertige, un peu comme la politique, genre la dissolution vertigineuse à Macron voyez ?
- C'est du n'importe quoi, mais c'est bien écrit ?


 

6)    Quel est le temps et le mode dominant dans cet échange de répliques ?
-    Le subjonctif présent que moi, ce que je préfère, c’est la tarte aux pommes ?
-    Le relatif présent, puisque tout est relatif, dit-on que ça m’a toujours paru vague comme expression ?
-    L’indicatif présent ?
    

 

7)    Dans la phrase « J’en ai assez de donner la mort », quelle est la nature du mot « assez » ?
-    « assez » est un adverbe de satiété ?
-    « assez » est un adverbe de quantité ?
-    « assez » est un adverbe de donation ?


 

8)    Comment appelle-t-on une religion qui admet plusieurs dieux ?
-    Une religion polychrome ?
-    Une religion polycopiée ?
-    Une religion polythéiste ?
-    Une curiosité métaphysique ?

 

9)    Comme appelle-t-on une religion qui n’admet qu’un seul dieu ?
-    La Vème République française ?
-    Un monothéisme ?
-    Une manière exclusive d’entretenir une amitié imaginaire ? 

 

10)    Dans la mythologie grecque, quel était le rôle du Sphinx :
-    Le Sphinx renseignait les voyageurs ?
-    Le Sphinx rançonnait les voyageurs ?
-    Le Sphinx gardait la route de Thèbes. Elle (pour les Grecs de l’Antiquité, le Sphinx était un être féminin), elle posait une énigme aux voyageurs et tuait ceux qui ne pouvaient pas répondre pis qui balbutiaient, pis qu’ils avaient l’œil qui divague  ?


 

11)    « LE SPHINX – J’en ai assez de tuer. J’en ai assez de donner la mort. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

A votre avis, ce que dit ici Le Sphinx est-il :
-    Incompatible avec sa nature de monstre antique ?
-    Intéressant parce qu’il fait preuve d’indépendance et montre qu’il n’est pas seulement le tueur que l’on croit qu’on dit qu’il est dans l’œil de l’autre tout ça ?
-    Dérisoire car le Sphinx, ici, il fait juste un caprice, que ça va certainement lui passer ?

 

12) Quel est le féminin du mot « sphinx » ?
-    Sphinxesse ?
-    Sphingesse ?
-    Sphinge ?
-    Elisabeth Borne ?

 

13)     En français courant, que veut-on dire quand on dit de quelqu’un que « c’est un sphinx » ?
-    Que c’est quelqu’un de dangereux ?
-    Que c’est quelqu’un qui aime à faire suer tout le monde avec des devinettes et des énigmes, des blagues à rien et des contrepèteries à Riri et Peter ?
-    Que c’est quelqu’un qui ne se livre pas facilement sur ses intentions réelles (je me souviens qu’on disait ça du président Mitterrand, alors que du Sarkozy, voyez, on disait qu’il parlait trop, qu’il bavassait, même que des fois, il paraît qu’il mentait, dit-on) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 janvier 2025.

4 janvier 2025

NON MAIS DANS L'INVISIBLE VOUS NE VOYEZ VRAIMENT RIEN

NON MAIS DANS L'INVISIBLE VOUS NE VOYEZ VRAIMENT RIEN

 

1.
L'acteur lui-même est une fiction. Quand cette fiction se prend pour la réalité, alors elle est capable du pire.
Que signifie cette phrase ?

 

- Que j'aime à pontifier ? J'aime aussi le poisson pané, mais ce n'est pas la même chose. Par contre, les discours de Mélenchon (ce fut un politique) ne me plaisent guère.
- Que la fiction est partout et que le réel n’existe jamais pour nous que parce que nous en faisons une fiction, une fiction terriblement sanguinaire, façon guerre civile, voyez ? 
- Que bien que je n'aille jamais au théâtre, j'aime bien lire des pièces ? J'aime aussi les pâtes au jambon, mais ce n'est pas la même chose. D'ailleurs, je me fiche de la politique.

 

2.
« J'ai essayé plus d'une fois, comme tous mes amis, de m'enfermer dans un système pour y prêcher à mon aise. Mais un système est une espèce de damnation... »
(Baudelaire cité par Jean Cocteau, en exergue de « La Machine Infernale »)
Pourquoi donc qu'un système (comprendre « système de pensée ») serait « une espèce de damnation » ?

 

- Parce qu'un système de pensée implique des schémas préconçus, des dogmes, qui, par définition, ne peuvent expliquer qu'une partie de la complexité du réel (cause que le réel est complexe, eh oui) ?
- Parce qu'une grille de lecture n'est jamais qu'une grille de lecture : on ne peut pas y mettre son plat de pâtes au gratin (avec du jambon), je veux dire pas son vrai plat de pâtes au gratin (et donc le jambon non plus) ?
- Parce que c'est embêtant, ennuyant, contraignant, contristant, nauséant, embarrassant, oignonnant, affligeant, étriquant, et qu'on finit par dire des sottises, comme on en dit dans les sectes et autres cercles où les gens, ils tournent plus très rond dans leur tête ?

 

3.
« Je mourrai ma dernière mort »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [Le Soldat citant Le Fantôme])
Que signifie cette citation spectrale ?

 

- Que les morts meurent aussi (par oubli, je suppose) ?
- Que Le Soldat se croit sur une scène de théâtre et raconte n'importe quoi ?
- Que Le Fantôme explique ainsi que, n'ayant pas respecté les règles de l'Au-delà, il lui sera désormais interdit d'apparaître ?

 

4.
« - Encore un escalier ! Je déteste les escaliers ! Pourquoi tous ces escaliers ? On n'y voit rien ! Où sommes-nous ? »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [La voix de Jocaste])
Que se passe-t-il ?

 

- La reine Jocaste doit emprunter des escaliers et râle parce que la reine Jocaste est une râleuse ?
- La reine Jocaste, en s'apprêtant à monter ces escaliers, déclenchera fatalement la machine infernale qui donne son titre à la pièce de Cocteau ?
- La reine Jocaste ne sait pas où elle est, et, comme cela lui déplaît, elle s'en prend à tout ce à quoi elle peut s'en prendre ?

 

5.
« - Mais pourquoi n'apparaît-il pas cette nuit ? Croyez-vous qu'il puisse encore apparaître ? »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [Jocaste])
De qui parle donc Jocaste ?

 

- Du fantôme qui l'appelle (« Jocaste ! Jocaste ! Jocaste ! », crie-t-il) mais Jocaste ne le voit pas ? 
- Du fantôme du roi Laïus, car la reine Jocaste sait que c'est son défunt mari qui, la nuit, hante les remparts et raconte ses misères aux sentinelles qui n'y comprennent que peu et se grattent la tête ?
- Du fantôme d'Elvis Presley (dont la reine Jocaste est une grande fan) ? 

 

6.
« C'est vous qui êtes vague avec votre troisième œil. »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [La voix de Jocaste])
A qui qu'elle cause donc ainsi, la reine Jocaste ?

 

- Au louche conseiller, que tout le monde appelle « Troisième Œil » et qui se permet de faire des remarques à la reine ?
- Au critique de théâtre qui fait la moue devant « La Machine infernale » de Jean Cocteau ?
- Au devin Tirésias, qu'elle appelle familièrement Zizi, et qui n'est pas plus capable qu'elle de voir Le Fantôme, lequel est pourtant là, impuissant à se faire entendre ?

 

7.
« Il suffit qu'ils arrivent pour que le fantôme disparaisse. »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier [Le Soldat])
Que peut-on déduire de cette remarque du Soldat ?

 

- Que les fantômes sont timides et ont peur des vivants comme nous avons peur des revenants ?
- Que le surnaturel ne revient pas au galop ?
- Que si on ne les voit pas, les fantômes, c'est qu'ils n'apparaissent qu'à ceux qui les voient déjà ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 janvier 2025  

3 janvier 2025

DE L'HUMAIN ET DU BLUES

DE L'HUMAIN ET DU BLUES

 

1.
« Faute de pouvoir dire, de façon exacte et définitive, ce qu'elle en pensait (ce qui était le cas pour la plupart des événements), elle préférait l'ignorer. »
(Carson McCullers traduit par Jacques Tournier, « La Ballade du café triste »)
Face à cette neige inattendue qui est « tombée sur le comté », que penser de la réaction de Miss Amelia ?

 

- Cette réaction est celle de la plupart des gens qui, du moment que cela ne les empêche pas de mener leur vie habituelle, préfèrent ignorer ce qu'ils ne comprennent pas ?
- Miss Amelia n'en pense pas moins sur les véritables maîtres de ce monde, mais elle préfère se taire qu'on ne sait jamais défois que ?
- Vu qu'elle ne voit pas comment toute cette neige pourrait lui rapporter de l'argent, elle préfère l'ignorer, qu'elle a déjà bien des soucis, allez, avec le cousin Lymon et le Marvin Macy là ?

 

2.
« Elle avait un grand courage, s'exerçait au punching-ball avec une conscience parfaite, et, dans ce cas précis, le droit était de son côté. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que se prépare-t-il ?

 

- Miss Amelia prépare un match de boxe ?
- Miss Amelia, comme dans un western, va provoquer son pire ennemi en duel, mais ce ne sera pas au pistolet ?
- Miss Amelia passe sa colère comme elle peut et ce punching-ball lui sert d’exutoire ?

 

3.
« Le combat eut lieu le 2 février, jour de la Marmotte. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
C'est quoi, ce « jour de la Marmotte » ?

 

- Une tradition en Amérique du Nord, selon laquelle si, le 2 février, la marmotte sort de son terrier, et « voyant son ombre » car le temps est clair et lumineux, retourne hiberner, c'est que le reste de l'hiver ne sera guère clément ?
- Une jolie comédie romantique teintée de fantastique, sortie en 1993 et intitulée « Un Jour sans fin » (« Groundhog Day »), avec Bill Murray et Andie MacDowell ?
- Un film d'épouvante qui raconte qu'un certain 2 février, jour de la Chandeleur, suite à une expérience scientifique qui a mal tourné, les marmottes de toute l'Amérique, soudain dotées de pouvoirs psychiques étonnants, sont sorties de leurs terriers pour envahir le pays ?

 

4.
« Un ange volait au-dessus de la ville et la lueur du crépuscule donnait aux gens d'étranges visages. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que penser de cette drôle de phrase ?

 

- Qu'elle souligne la part fantastique de la narration ?
- Qu'on dirait une scène de film d'épouvante ?
- Que cet « ange » qui « volait au-dessus de la ville », ce serait pas plutôt un OVNI, par hasard, qu'on nous cache tout, qu'on nous dit rien, qu'il chantait Jacques Dutronc ?
- Que moi, du coup, ça me fait penser à ces paroles de la chanson « Creep »,  du groupe Radiohead, je cite :
« You're just like an angel
Your skin makes me cry
You float like a feather
In a beautiful world »

 

5.
Ce texte terrible et virtuose, « La Ballade du café triste », de Carson McCullers, raconte-t-il :

 

- La confrontation du bien ordinaire avec le mal absolu ?
- Comment une personne en bien des points admirable , Miss Amelia, fut en  fin de compte défaite par la méchanceté ?
- La tristesse de certaines petites villes américaines « en marge de tout » ?

 

6.
«  La Ballade du café triste », de Carson McCullers, se termine par une belle page, un épilogue, dont le titre est « Les douze mortels ».
Ces « douze mortels », ce sont des bagnards, sept Noirs et cinq Blancs du comté, « simplement douze condamnés à mort enchaînés l'un à l'autre » (ce sont là les derniers mots du texte) et qui, toute la journée, sous le regard d'un gardien dont « les yeux ne sont que deux étroites lignes rouges », manient la pioche.
Ces bagnards chantent le blues, et cette musique, nous dit l'auteur, est si merveilleuse qu'elle « semble ne plus venir des douze hommes, mais de la terre elle-même ou de l'immensité du ciel. »
L'humanité : des mortels enchaînés l'un à l'autre, et cependant capables de chanter à l'unisson et de produire de la beauté.

Source :  Carson McCullers, «  La Ballade du café triste » traduit par Jacques Tournier, Le Livre de Poche, coll. biblio, n°3055, 2002.
 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2025.

3 janvier 2025

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

 

1.
« De temps en temps, lorsqu'elle n'avait rien de précis à faire, elle sortait la boîte de velours, s'approchait de la fenêtre, prenait les cailloux dans sa paume et les regardait avec un mélange de fascination, de respect hésitant et d'effroi. »
(Carson McCullers traduit par Jacques Tournier, « La Ballade du café triste »)
Que sont ces cailloux que Miss Amelia regarde ?

 

- « C'étaient deux calculs qu'un médecin de Cheehaw lui avaient extraits des reins quelques années plus tôt » ?
- Deux éclats d'une météorite tombée quelques années plus tôt et qui avait causé bien des dégâts dans la petite ville triste ?
- Les reliques d'une bête mystérieuse qui avait épouvanté la région quelques années plus tôt ?

 

2.
« Accoudé à la rambarde de la véranda, le bossu fixait la route déserte, comme s'il attendait que quelqu'un arrive. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)

 

- Cette phrase annonce-t-elle un événement surprenant, un coup de théâtre, un coup de corne, un coup de blues, un coup de rouge ?
- Cette phrase annonce-t-elle la tempête, la tempête qui dévaste tout, la tempête, la tempête, la tempête qu'après faut tout réparer ?
- Serait-il que, d'après ce que j'entends sur France Inter ce vendredi 3 janvier 2025, le comédien Philippe Caubère, qui, comme Gérard Depardieu, n'est jamais qu'un saltimbanque, un amuseur de talent, certes, mais enfin rien d'essentiel (Caubère est, par exemple, moins nécessaire que mon boulanger) et bien, qu'il finisse par réellement avoir des ennuis avec la justice, cela serait-il possible ?

 

3.
« Les jeunes gens chassaient le renard dans les forêts de pins, les édredons d'hiver prenaient l'air suspendus à des cordes et, en prévision des jours froids, on enterrait les patates douces dans la paille. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Ce passage, que décrit-il ?

 

- Un mode de vie à jamais disparu ?
- Une scène ordinaire dans l'imagination d'un écrivain américain ?
- Le début d'un film de Francis Ford Coppola, dont j'aime beaucoup le « Peggy Sue s'est mariée » ?

 

4.
« Comme on pouvait s'y attendre, Marvin Macy apporta aussitôt le malheur avec lui.  Le temps changea dès le lendemain et devint étouffant. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Le retour de Marvin Macy signifie-t-il :

 

- L'irruption du fantastique au cœur d'un récit réaliste (Stephen King est-il un lecteur de Carson McCullers) ?
- Un mortel contretemps ?
- Que, pour suivre une chroniqueuse de France Inter, en ces temps de résolutions pour l’année nouvelle, je cite : « Le monde brûle, faisons des blagues. » 

 

5.
Étant donné le caractère imprévisible que l'on prête à Donald Trump, s'il réussit à imposer des négociations entre la Russie et l'Ukraine, dans le cas où Poutine se montrerait hostile à toute proposition qui n'irait pas dans son sens et, de fait, bloquerait toute possibilité d'arrêt des hostilités, faut-il s'attendre à ce que :

 

- Trump hausse les épaules et laisse l'Ukraine et la Russie poursuivre leur guerre meurtrère ? 
- Trump, lié d'une manière ou d'une autre à Poutine, se retourne contre l’Ukraine, voire la menace, au cas où le président Zelensky ne se soumettrait pas aux volontés des Russes ?
- Trump, ne voulant pas se montrer faible et impuissant face à Poutine, décide de surarmer l’Ukraine et d'agir de telle sorte que Poutine sera bien obligé de reculer ?

 

6.
Pourquoi que j'continue à composer mes sottises ?

 

- Parce que cela fait longtemps que j'ai renoncé au dessin ?
- Parce que cela m'empêche de penser à l'essentiel (les autres et la façon qu'ils ont, et pour les motifs les plus divers, de me prendre la tête) ?
- Parce que cela me permet de continuer à lire (j'aime bien), à écrire (j'aime bien), tout en écoutant des chansons pop en anglais que j'pige point (j'aime bien aussi) ?

 

7.
« Car, pendant quelques heures, ils peuvent enfin oublier ce sentiment amer et profond de ne pas valoir grand chose en ce monde. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que ce qui motive les gens, c'est l'espoir qu’aux yeux de quelqu'un leur existence puisse avoir de la valeur ?
- Que ce que nous appelons réel n'a en soi aucun sens et que seul l'humain, par ses actes, lui donne un sens qui ne vaut jamais que pour l'humain ?
- Que, comme l'a écrit Pascal, « un roi sans divertissement est un homme plein de misères » ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2025.

3 janvier 2025

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

 

1.
« En vérité, elle rêvait d'avoir un fils, qu'elle aurait baptisé Caruso pour qu'il devienne un grand ténor. Puisque l'enfant est une fille, elle change une lettre et l'appelle Carson (qui est un prénom de garçon). »
(Jacques Tournier, avant-propos de « La Ballade du café triste », de Carson McCullers)
Pourquoi cette citation me fait-elle sourire ?

 

- Parce qu'en même temps que je la lis, cette évocation de la mère de Carson McCullers, qui, selon Jacques Tournier, s'appelait Marguerite et « avait la passion de la musique », je pense aux cornichons, lesquels baignent dans le vinaigre comme certains députés dans la bêtise ?
- Parce que Caruso poil au dos et Carson poil aux arpions ?
- Parce que, en vérité, la vérité qui sait-i s'que c'est hein, la vérité ? Et voilà qui rappelle le film « Zazie dans le Métro », de Louis Malle et le roman de Raymond Queneau itou. 

 

2.
« Le reste du temps, la ville est triste, solitaire, un endroit loin de tout, en marge du monde.
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste » traduit par Jacques Tournier)
Pourquoi cette ville est-elle triste ?

 

- Par nécessité de la fiction et par souci de réalisme ?
- Parce que, d'une manière générale, il n'y a pas de quoi rire (poêle à frire) ?
- Parce que les habitants de cette ville « en marge du monde » ne connaissent pas François Bayrou et ses joyeux lutins ?

 

3.
La Vème République à la France, en ce début d'année 2025, on dit qu'elle est en crise, parce que :

 

- C'est à cause de la dissolution-tion-tion à Macron-cron-cron ?
- Le fonctionnement de ses institutions aurait besoin d'être revu et corrigé par un toilettage constitutionnel ?
- Des clous ! La Vème République à la France, elle en a vu bien d'autres, et elle  survivra à Marine Le Pen, étant donnée que, dit-on, Marine Le Pen  pourrait bien en être la prochaine présidente ?

 

4.
« Dans la vie de Miss Amelia, bien rares étaient les jours où elle invitait quelqu'un à dîner – sauf si elle avait l'arrière-pensée de lui jouer un mauvais tour en lui soutirant de l'argent »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que penser de Miss Amelia ?

 

- Que c'est une roublarde ?
- Que c'est un personnage ?
- Qu'elle ne me fait pas penser aux cornichons, et pas non plus à la cornemuse, et pas non plus à la première phrase du texte de Franz Kafka intitulé « Vor dem Gesetz », je cite : « Vor dem Gesetz steht ein Türhuter. » ?

 

5.
« Et voici que le temps doit aller plus vite, car les quatre années qui suivent se ressemblent trop. De grands changements surviennent, bien sûr, mais lentement, par petites étapes, qui n'ont pas d’importance en elles-mêmes. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que se passe-t-il ?

 

- La vie continue, se ressemblant à elle-même, et préparant pourtant, peu à peu, jour après jour, les inévitables bouleversements ?
- La conséquence de la caravane, que ce n'est plus le même chien qui aboie ?
- Miss Amelia a fait de son épicerie un café ?

 

6.
« Il a peur de garder les yeux ouverts dans le noir. Il a une peur terrible de la mort. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que bon nombre de nos façons d'être s’expliquent par notre peur de la mort ?
- Qu'on dit que certains animaux voient la nuit (on dit alors qu'ils sont nyctalopes) ?
- Que la littérature est une ruse pour, d'une certaine manière, déjouer la mort ?

 

7.
« Et pourtant, c'est étrange à dire, jamais elle ne parlait de lui qu'avec une rancune amère et terrible ; »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
De quoi est-il ici question ?

 

- D'une pièce de théâtre abandonnée, le soir de la première, par son personnage principal ?
- D'un saucisson si sec qu'il lui cassa, à Miss Amelia, deux dents de devant ?
- Du mari de Miss Amelia, Marvin Macy, qu'elle ne garda que dix jours pour le jeter dehors ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2025

2 janvier 2025

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

 

1.
« Si vous ne voulez pas que cela arrive, endurcissez-vous ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette injonction d’un personnage de combattante vêtue de noir aux cheveux clairs nous rappelle :

 

- Que nous allons tous mourir et qu’il faut s’endurcir à l’idée de la mort, surtout que la surpopulation et la rareté naturelle, ça augmente les risques de mort violente, y compris en Occident ?
- Que dans ce manga fantastique (Red Garden), les personnages principaux étant des jeunes filles ordinaires, elles ont tout intérêt à s’endurcir, si elles ne veulent pas finir dévorées par les ténèbres ?
- Que le monde n’est pas bienveillant et que la bienveillance préconisée par certains acteurs de l’Education Nationale est un leurre qui tend à masquer des intérêts politiques, économiques et sociaux qui relèvent moins de la bienveillance que de l’organisation en cours d’une société du comportement approprié, validé par l’État, autant qu'une société du contrôle de tous par tous ?

 

2.
« C’est parce que tu nous as emmenées là-bas… qu’on a été tuées ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette exclamation d’un des personnages du manga à la vue d’un manoir du genre gothico-sinistre nous apprend que :

 

- Les jeunes filles Kate, Rose, Rachel et Claire sont en fait des fantômes dans un monde assez réel pour être lisible ?
- Le vrai sujet de toute fiction est la façon dont l’idée de la mort conditionne nos existences ?
- Que les humains sont essentiellement des êtres qui vivent et agissent en fonction de fictions politiques, religieuses, morales, bref idéologiques ?

 

3.
Quand le vent remue les lignes de sable qui ondulent sur la plage, c’est joli mais ça ne donne pas envie de sortir. J’ai envie de boire du coca. C’est que je regarde beaucoup de film américains aussi.

 

4.
Que nous a appris la sotte réforme Blanquer ?

 

- Que la sottise est parfois efficace, mais qu’elle reste sottise ?
- Qu’en l’occurrence, l’efficacité de la sotte réforme Blanquer reste encore à prouver ?
- Qu’en fin de compte, la sotte réforme Blanquer aura été aussi contre-productive que les réformes inspirées par le pédagogisme, les outrecuidances de Philippe Meirieu et toutes ces sortes de sottises qui ont amené l’enseignement français aux limites du n’importe quoi ?
Que la sotte réforme Blanquer aura été l’une des causes de l’échec du macronisme ?

 

5.
« Les morts se relèvent… c’est la fin du monde. »
Cette phrase, d’où est-elle tirée ?

 

- Du manga « Red Garden », de Kirihito Ayamura, bande dessinée pleine de mystère et très bien faite ?
- D’un film de zombies (je n’aime pas les films de zombies car ils sont souvent trop violents et que je n’en vois pas l’intérêt que j'aime pas ça) ?
- D’une chanson du groupe Blue Öyster Cult ?

 

6.
« Quand ont-ils bien pu commencer à devenir fous ? »
Cette interrogation d'un personnage du manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura s'applique-t-elle ?

 

- Aux humains en général, qui, effectivement, semblent devenus si fous qu'ils mettent le monde en danger, non seulement par des guerres, mais aussi en se soumettant à la toute puissance d'Intelligences Artificielles, de dieux qui n’existent pas et de dirigeants populistes ?
- Aux « monstres » qui sont « en nous » ?
- Aux « monstres » avec lesquels, selon le personnage du manga, « depuis longtemps, les Delors, vivent en symbiose » ?

 

7.
Le mot « animus », employé dans le manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura, désigne-t-il :

- L'esprit, et ainsi « l'animus » désignerait l'esprit et « l'anima » l'âme, qu'il paraît, d'après ce que j'ai lu sur internet, que cette distinction serait un héritage de la philosophie médiévale, elle-même inspirée par la philosophie antique ?
- Une adolescente particulièrement agressive ?
- Un esprit guerrier qui anime certaines âmes ?
- Je ne sais pas trop car, moi, les mangas, quand ça a l'air un peu trop philosophique, je ne cherche pas trop à comprendre parce que ce n'est pas ça qui m'intéresse, qu'en fait, moi, cette histoire d'animus et d'anima, hein... 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2024  

1 janvier 2025

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

 

1.
« C’est pourquoi j’éprouve au fond de moi-même un certain sentiment de culpabilité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [l’archidiacre Brabazon] - quel drôle de nom).
Que penser de l’emploi ici du mot « culpabilité » ?

 

-    Le mot culpabilité apparaît-il ici parce que le genre roman policier a aussi pour sujet la notion de culpabilité ?
-    Le mot « culpabilité » est ici employé pour éviter toute confusion avec le mot « cornemuse ». En effet, un clergyman scrupuleux peut éventuellement éprouver « un certain sentiment de culpabilité », mais il est infiniment improbable qu’il éprouve au fond de lui-même un certain sentiment de cornemuse.
-    Déjà qu’il a un drôle de nom, cet archidiacre, - Brabazon, comme c’est curieux - si ça se trouve, c’est lui qu’est coupable, mais qu’il aurait comme du remords dans la cornemuse hein dites ?

 

2.
« - Je crois que son contenu peut être d’une extrême importance. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Miss Marple])
Que penser ici de l’emploi du mot « contenu » ?

 

-    Qu’il rappelle que le monde est plein de contenants et que dans certains de ces contenants, il y a des choses d’une « extrême importance », et qu’en connaître la nature permet parfois à l’enquêteur d’élucider bien des mystères ?
-    Que la littérature consiste à composer des objets (les livres) qui contiennent des signes, et que parfois l’interprétation de ces ensembles, de ces collections de signes, peut se révéler d’une « extrême importance » ?
-    Que pendant que je compose mes sottises, je suis plus ou moins un film sur Arte, dont le titre est « La grande attaque du train d’or », un film de Michael Crichton sorti en 1978, avec Sean Connery et Donald Sutherland. C’est plutôt plaisant.

 

3.
« Et il faut bien que son corps se trouve quelque part. »
Cette remarque de Miss Marple dans « Némésis » est-elle ?

 

-    Peu conforme à la vérité. Certains cadavres ne réapparaissent jamais car ces corps n’existent tout simplement plus ?
-    Révélatrice de ce qu’un roman policier classique tient un compte exact de ses cadavres ? 
-    Intéressante. Le monde est peuplé de corps qui passent. Certains sont encore vivants, d’autres plus tout à fait.

 

4.
En quoi le film « Le Patriote : Le chemin de la liberté », réalisé par Roland Emmerich, sorti en 2000, est-il un film intéressant ?

 

-    Parce que c’est un bon film sur la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis, bien rythmé, efficace, même qu’il y a Mel Gibson dedans ?
-    Parce que c’est un film qui pose la question de l’hybris guerrier déclenché par la volonté de vengeance ?
-    Parce qu’il y a des batailles dedans, avec des fusils qui font pan-pan, des canons qui tonnent, du sang, des chevaux tout ça ?

 

5.
Les lois servent-elles à :

 

-    Réglementer la vie sociale en vertu d’un projet commun ?
-    Conditionner la vie de chacun de telle manière que l’on vient à douter de l’idée de liberté, sinon de la démocratie elle-même ?
-    Justifier le salaire des députés et la prétendue légitimité des Grandes Ecoles ?

 

6. 
« Plusieurs années se sont écoulées, et cependant on dirait qu’une ombre rôde toujours parmi nous. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Mrs Glynne])
Cette réflexion nous rappelle que :

 

-    On vit autant avec les vivants qu’avec ses fantômes ?
-    Que nous menons tous une double vie, celle, tangible et sociale avec les vivants et celle avec les spectres ? (Il arrive que le seconde prenne le pas sur l’autre et cela peut finir tragiquement).
-    Que, comme le chantait Jacques Brel, 
« On n’oublie rien de rien 
On n’oublie rien du tout
On n’oublie rien de rien
On s’habitue c’est tout » ?

 

7. 
Du roman « Némésis », d’Agatha Christie, publié en 1971, peut-on dire que :

 

-    L’assassinat du personnage de Verity Hunt est un crime passionnel ?
-    Que, comme le dit le personnage de Elizabeth Temple, « L’Amour » est « le mot le plus effrayant qui soit au monde. » ?
-    Que « Némésis » est sans doute l’un des meilleurs romans d’Agatha Christie, et l’un des plus allusifs concernant les passions qui animent les corps et les esprits ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2025.

30 décembre 2024

LA CHAIR DE L'ENIGME

LA CHAIR DE L'ENIGME

 

1.
« Il lui semblait qu'il y avait dans cette maison quelque chose d'étrange. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette phrase est-elle :

 

- typique du style roman policier à énigmes dont l'action est souvent située dans de grandes maisons plus ou moins isolées, plus ou moins bien entretenues, et où le mystère plane comme un étudiant en sociologie qui croit savoir alors qu'il sait que dalle ?
- typique du style roman policier à énigmes où l'enquêteur, Hercule Poirot,  Miss Marple ou Sherlock Holmes, doit résoudre de bizarres extravagances ?
- C'est moi, ou France Inter devient de plus en plus nunuche ?

 

2.
« L'histoire était donc une éternelle répétition. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette réflexion de Miss Marple à propos de meurtres à répétition dont les victimes sont des jeunes filles donne-t-elle à penser que :

 

- Certains humains sont des porcs et la justice trop clémente (surtout depuis que Badinter joua du violon et fit supprimer l'usage de la machine à se débarrasser des salopards) ?
- L'Histoire est, comme on le lit dans Shakespeare, un « récit plein de bruit et de fureur raconté par un idiot », qui, si ça se trouve, ne vote même pas pour l’extrême-gauche et ses rentiers (le dernier en date s'appelle Mélenchon et il en vit bien, dit-on, le monsieur, de l'arrogance révolutionnaire) ?
- L'Histoire, c'est du théâtre avec de vrais morts dedans ?

 

3.
« - Henry, ne dis donc pas des choses aussi affreuses ! »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Butler à son mari])
Que signifie au juste cette injonction ?

 

- Que lorsque l'on a pour prénom Henry, on ne doit pas dire de « choses aussi affreuses » ?
- Que les gens dont le prénom est Henry disent parfois des « choses aussi affreuses » ?
- Que, pour paraphraser le Irwin Molyneux du film « Drôle de drame » (Marcel Carné, 1937), à force de dire des choses affreuses, les choses affreuses finissent par arriver ?
- Que Henry aurait des choses aussi affreuses à se reprocher ?

 

4.
« - Un ennemi secret. Le terme paraît bien mélodramatique. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Que penser de cette remarque de Miss Marple ?

 

- Que dans les romans à énigmes, l'identité du coupable et le mobile de ses actions sont d'abord si difficiles à percevoir (sinon, il n'y aurait pas d'énigme) que l'on peut penser à quelque « ennemi secret » qui agit dans l'ombre et l'invisibilité ?
- Que « l'ennemi secret » existe bel et bien. Il est tapi dans l'autre, et attend la faille pour vous prendre à la gorge ?
- Que je ne me souviens pas d'avoir lu un roman de genre, ou du genre qu'on en cause sur France Culture, qui aurait eu pour titre « L'Ennemi secret ». Ceci dit, il y a « L'Adversaire », d'Emmanuel Carrère, sur l'affaire Romand, et c'est un très bon livre.

 

5.
« - C'est un nom... un nom que nous connaissions et qui... nous rappelle des souvenirs, répondit doucement Miss Glynne. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Les romans policiers ont aussi pour objet l'identité, parce que :

 

- Meurtres et drames laissent des traces dans bien des consciences concernées ?
- Les romans policiers remuent le passé, rappellent les noms des morts. En l’occurrence, celui d'une série de jeunes filles assassinées ?
- Qu'il y a une chair de l'énigme ?

 

6.
La solitude, qu'est-ce que c'est ?

 

- Un pacte passé avec ses fantômes ?
- Une habitude contemporaine ?
- La certitude de crever en maudissant le monde ?
- Une fatalité ?
- Un manque de savoir-vivre ?
- Le titre d'une chanson emphatique de Léo Ferré ?

 

7.
« Il me répugne de dire ces choses, mais c'est la vérité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Blackett à propos du comportement de la jeune Nora Broad])
Les romans policiers ont aussi pour objet le social, parce que :

 

- Il n'y a pas de meurtre en dehors du social qui le conditionne, voire le favorise ?
- Parce que les gens ont plus de choses à cacher qu'on le croit généralement ?
- Parce que tout le monde a son idée sur la question de savoir qui a laissé sa cuillère traîner un peu trop dans le pot de confiture ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

22 novembre 2025

LA DERNIERE HEURE S'IMPATIENTE

LA DERNIERE HEURE S'IMPATIENTE

 

1.
« L’extérieur me paraissait l'ennemi, l'angoissant ; mon intérieur devait me servir d'abri, de cocon rassurant. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit » [le narrateur])

 

Si l'on met l’extérieur en bouteille, ça peut faire pas mal de bouteilles. Et on n'a jamais assez de place. C'est pour cela que l’extérieur nous est limité. Bien sûr, on fait de la place en en vidant une de temps en temps. Mais défois ça nuit à la santé.

 

2.
« Le chemin circulait à travers une sapinière sordide, usée jusqu'à la corde par une invasion de chenilles qui avaient pendu des haillons gris dans tous les rameaux. »
(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit »)

 

Je note que l'on n'est pas obligé de placer un hussard sur son toit pour observer le travail de sape des chenilles dans la sapinière. Un civil peut tout aussi bien faire l'affaire. Mais il faut bien le nourrir.

 

3.
Je ne crois pas que le POTUS Trump mérite le prix Nobel de la paix. D'ailleurs, je pense que le POTUS Trump ne mérite pas grand-chose, sauf notre plus grand mépris et sans doute quelques années de prison.

 

4.
« Acate bone vïande » ne saurait vouloir dire : achète toutes les provisions, ni même toutes les bonnes choses qui sont dans la ville. A plus forte raison, si nous remplaçons la notion de ville par celle d'univers. »
(Lucien Foulet, « Petite syntaxe de l'ancien français »)

 

Si nous remplaçons la notion de ville par celle d'univers, alors la ville devient si petite qu'elle en devient invisible, ou alors il faut monter toute une expédition, avec aéronef, combinaison spatiale étanche (c'est un poisson) pour aller chercher le pain. 

 

Je me demande si la raison la plus forte est toujours la meilleure façon de se faire cuire un œuf.

 

6.
A peine trois semaines de prison et hop là boum, voilà que le Nicolas Sarkozy nous pond un livre. « Le Journal d'un prisonnier », ça s'appelle. Sarkozy, c'est Beaumarchais, savez, c'est en prison, loin du tumulte du monde qu'il peut enfin donner libre cours à son génie littéraire (ou ce qu'il croit être son génie).

 

7.
« Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
    Je m'enfouis dans l'herbe sombre
    Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu. »
(Emile Verhaeren, « Un matin »)

 

Baiser « les fleurs sur leurs bouches de feu », moi je le ferais pas. D'abord parce que le feu, ça brûle et puis on ne sait jamais défois qu'on attraperions le herpès ou le covid floral. C'est bien des idées d'aligneurs de rimes, ça.
Et puis vous voyez le truc que si on tombe sur une carnivore incognitive qu'elle vous croquerait le nez comme on croque la pomme ou le biscuit nantais pur beurre ?

 

8.
« Nul n'a encore pu déchiffrer une mystérieuse écriture née voici cinq millénaires, dans la vallée de l'Indus, autour du site de Mohenjo-Daro. »
(Louis Pauwels / Jacques Bergier, « L'Homme éternel »)

 

A l'heure où l'on calcule à la vitesse que ça va très vite, je m'épate que l'écriture dite « de l'Indus » n'a pas encore été déchiffrée. C'est bien dommage car j'aimerais savoir que l'on sait enfin l'âge du capitaine que moi je ne le saurai jamais parce que ça ne me regarde pas.

 

9.
Les IA ne sont pas très intelligentes mais certains de leurs concepteurs sont visiblement mal intentionnés.

 

10.
« Voici le temps venu des grottes d'acier, de l'invisibilité démente. Perdue est la Sirène devant laquelle autrefois les fougères s’exprimaient, goutte après goutte. »
(René Char, « La gare hallucinée »)

 

Quand on fait face à « l'invisibilité démente », faut savoir qu'on ne sait pas d'où viennent les coups. Ça s'appelle le poltergeist. Ou alors c'est le voisin, ou le facteur, ou la dernière heure qui s'impatiente.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 novembre 2025.

22 novembre 2025

LE PRIX NOBEL DE LA LACHETÉ

LE PRIX NOBEL DE LA LACHETÉ

 

1.
Une chose qu'elle est bien, c'est qu'en Terminale Bac Pro, le programme dit « limitatif », mis en place suite à la crise du Covid, nous demande d'étudier une œuvre intégrale et ça fait bien plaisir que de commenter chapitre après chapitre le « Courir », de Jean Echenoz. C'est tout de même plus intéressant que les sempiternels questionnaires sur des extraits divers, dont les élèves de bac pro ne retiennent généralement que peu de choses.
J'en suis au chapitre 6 et certains de mes apprenants (comme on dit) commencent à s'y intéresser. Ils redécouvrent le style indirect libre, l'analyse linéaire, le plaisir du commentaire libre, les références à l'Histoire (Emile, le personnage central du roman de Jean Echenoz étant le double fictionnel du coureur Emil Zatopek), les liens avec leur propre vie (pratiques sportives, l'humilité quotidienne, la gestion de leur emploi du temps, de leurs priorités, etc...). Bref, enfin j'ai l'impression de faire ce pourquoi j'ai été formé, apprendre à lire.

 

2.
20.11.2025. Je me demande si la chute du bitcoin, qui semble de nouveau s'accélérer, n'est pas aussi liée à une défiance croissance d'une opinion publique internationale consternée par les déclarations et les agissements d'un président Trump de plus en plus déconnecté du réel.

 

3.
20.11.2025. On se doute assez que, pour des raisons de sécurité nationale et de conformité aux lois fédérales, la prochaine publication des EpsteinFiles pourrait bien occulter un grand nombre de noms. La question est : si les consignes sont de censurer les noms des personnalités républicaines, s'appliqueront-elles aussi à l'ensemble des personnalités démocrates ? Autrement dit, l'administration Trump va-t-elle utiliser cette publication des EpsteinFiles comme une arme de guerre contre les Démocrates et si oui, les électeurs américains seront-ils dupes de la manœuvre ? 

 

4.
En France, les universités sont pleines à craquer mais on manque d'enseignants, de médecins, d'infirmiers, etc... Par contre, on ne manque pas de politiques, littéralement, ils grouillent comme la misère sur le monde.

 

5.
20.11.2025. Pourquoi le bitcoin continue-t-il de chuter ? C'est que les Requins (les « Baleines ») continuent de secouer le cocotier et quand ils jugeront suffisant le nombre de noix de coco tombées, ils le feront remonter le bitcoin en s'accaparant des avoirs de leurs victimes. Cela s'appelle la Bourse et le principe en est simple : les gros poissons finissent toujours par manger les petits.

 

6.
Qu'est-ce que le macronisme ? Un pragmatisme mal ficelé à tendances autoritaires. C'est que le président Macron pense souvent qu'il a raison en dépit de l'opinion des Français. Prétentieux et contre-productif, comme on le voit actuellement.

 

7.
20.11;2025. Voilà que de nouveau l'inquiétude grandit et que certains annoncent déjà la défaite de l'Ukraine face à l'impérialisme russe. C'est que l'on a de nouveau l'impression que Trump voudrait assez lâcher l'Ukraine et laisser Poutine s'en emparer. 
Quant aux États-Unis, les échos que l'on en a donnent à penser que Trump, semaine après semaine, prépare le piège mortel dans lequel il pourrait bien faire tomber la démocratie américaine au profit d'un pouvoir autoritaire et oligarchique.

 

8.
20.11.2025. C'est la volatilité même des cours du bitcoin qui rend cette « monnaie fantôme » suspecte. Elle ne repose sur rien d'autre que sur l'appétit des ogres qui la contrôlent et en manipulent le marché.

 

9.
21.11.2025. Le dernier plan de « paix » proposé par Trump pour mettre fin au conflit russo-ukrainien est inacceptable et Trump le sait. Ce plan étant voué à l'échec, il ne restera plus à Trump qu'à déclarer que les Etats-Unis se désengagent totalement d'une guerre qui, selon lui, concerne surtout les Européens, et de laisser Poutine continuer à massacrer la population ukrainienne. Nul doute, Trump méritera bien alors le prix Nobel de la lâcheté.

 

10.
Ce qui caractérise l'ensemble des décisions de Trump c'est leur imprévisibilité, leur incohérence, leur cynisme. A tel point que bon nombre d'observateurs se demandent si ce ne serait pas l'éventuelle épée de Damoclès d'une révélation complète du contenu des EpsteinFiles qui influencerait bon nombre de ses décisions.
Pourtant, jusqu'ici, rien n'a vraiment filtré. Aucune « gorge profonde » n'a révélé à des journalistes d'investigation l’existence d'indices et de preuves assez puissants, et surtout les lieux où ils se trouvent, pour déclencher un mécanisme de destitution. 
Peut-être le secret est-il bien gardé ? Par qui ? La CIA ? Le FSB ? Le Guoanbu ? Les trois? 
Pour ce qui concerne la Russie, si l'on suppose que le FSB tient Trump par un kompromat lié aux EpsteinFiles (ou d'autres affaires antérieures), ce serait pour les services russes une arme à double tranchant : certes, ils pourraient faire chanter leur krasnov et le manipuler (et c'est peut-être ce qu'ils font) mais la révélation d'une éventuelle culpabilité de Trump dans quelque sordide affaire de mœurs pourrait le faire chuter et ramener les Démocrates au pouvoir, lesquels, en tout cas on peut l'espérer, s'empresseraient de réarmer l'Ukraine et de tenir la dragée haute à Poutine. 
C'est peut-être la raison pour laquelle les Russes, ces dernières semaines, intensifient leurs attaques, acceptant de perdre beaucoup d'hommes et de matériel pour tenter une percée décisive, ce qui leur permettrait de sauver leur pion à Washington, lequel entre-temps, aura fait publier une version censurée des EpsteinFiles tout en doublant ses attaques contre les Démocrates ou toute opposition à son pouvoir.

 

11.
22.11.2025 . Un des arguments des zélateurs du Bitcoin est qu'il ne peut qu'atteindre des sommets puisqu'il en a déjà atteint quelques-uns, passant de rien puis quelques centaines puis milliers de dollars à des records de plus de 100 000 dollars. Et ils vous disent, la bouche en cœur, que l'on n'a donc pas à se plaindre. 
Tu parles, Charles. 
Ce qu'ils refusent de voir, c'est que plus les montants sont élevés, plus les décrochages coûtent cher, font des victimes et révèlent les failles et les fragilités du système crypto. On en est à un point où certaines plates-formes sont fortement suspectées de fraude, d'escroquerie ou encore de manipulation des marchés ; on parle de délit d'initiés, de faillites frauduleuses, de fraude fiscale, de blanchiment, de règlements de compte, d'assassinat, d'entrisme de services étrangers etc... Bref, le jour où quelques juges courageux mettront sérieusement leur nez dans les affaires liées aux cryptomonnaies, ça risque de tanguer bien plus fort qu'aujourd'hui, qui fait déjà de nombreuses victimes parmi ceux qui ont cru que l'on pouvait faire fortune juste en pianotant sur son ordinateur et qui, en réalité, sont des proies faciles pour des hommes d'affaires peu scrupuleux. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 novembre 2025.

23 novembre 2025

ÇA S'DIT-I ÇA OU ÇA S'DIT-I PAS ?

ÇA S'DIT-I ÇA OU ÇA S'DIT-I PAS ?

 

1.
« Je vais d'abord me moucher, parce que j'en ai besoin ; et ensuite, puissamment aidé par ma main, je reprendrai le porte-plume que mes doigts avaient laissé tomber. »
(Isidore Ducasse, « Les Chants de Maldoror » [le narrateur])

 

Contrairement à l'oiseau que l'on nomme paon (et s'il a pris l'habitude de se tenir près d'un mur, on l'appelle le paon de mur), le porte-plume n'appelle ni Léon, ni Léone. Je note aussi que le fait de se moucher est tout à fait indépendant du geste de reprendre le porte-plume que les doigts du narrateur ont laissé tomber dans la phrase. 

 

2.
22.11.2025. Il y a quelques temps, POTUS Trump menaçait la Russie de sanctions lourdes et laissait planer la menace d'un nouvel apport d'armement à l'Ukraine puis maintenant, le « chien qui n'a pas aboyé » des fameux EpsteinFiles laisse jusqu'à jeudi au président Zelensky pour accepter que l'Ukraine se laisse dévorer toute crue par Poutine. C'est à douter sérieusement de la sincérité de Trump, et la question de nouveau se pose : Donald Trump n'est-il pas autre chose que la marionnette des services russes ?

 

3.
« […] il y a de même, eu égard à la meilleure constitution d'un État, des bornes à l'étendue qu'il peut avoir, afin qu'il ne soit ni trop grand pour pouvoir être bien gouverné, ni trop petit pour pouvoir se maintenir par lui-même. »
(Rousseau, « Du Contrat social », II,9)

 

2025. La situation actuelle de ces énormes pays que sont la Russie et les Etats-Unis semble donner raison à Jean-Jacques Rousseau.
L'immense Russie de Poutine est vide et tente donc par la force et la guerre hybride de pousser à l'Ouest dans l'espoir de se repeupler afin de pouvoir continuer à se développer et accéder au statut d'hyperpuissance.
L'hyperpuissance américaine est actuellement dirigée par un homme, Donald Trump, qui éprouve le plus grand mal à faire autre chose que de gouverner par la puissance du dollar. L’exemple démocratique américain pâlit au profit d'une oligarchie qui s’accommoderait fort bien d'un autoritarisme libéral économiquement, ultra-conservateur politiquement et entretenant de bons rapports (bizness oblige) avec les dictatures chinoise et russe. Dès lors, peut-on dire que les Etats-Unis sont bien gouvernés ? C'est que cette accession au pouvoir d'une oligarchie trumpienne s'apparente à un droit du plus fort, lequel ne peut, tôt ou tard, que rentrer en guerre contre aussi fort que lui qui  menacerait ses intérêts (bizness oblige). 

 

4.
« Sweeney trouva Dieu sur un banc – toujours le même. Il lui parut plus vieux, plus loqueteux que jamais. Peut-être était-ce dû au fait que lui, Sweeney, avait retrouvé un aspect correct. »
(Fredric Brown traduit par C. Grégoire, « La Belle et la bête »)

 

Je n'ai jamais trouvé Dieu sur un banc. Je ne pense pas – à Dieu ne plaise!- qu'un jour je trouverai Dieu sur un banc. Maintenant, Dieu pourrait être un clochard qui se fait appeler Dieu. C'est qu'il y en a beaucoup maintenant dans nos villes des qui font la manche.

 

5.
Vu récemment le film « Fallait pas », de Gérard Jugnot (1996). Comédie classique avec leçon d'humanisme et bons sentiments. Jean Yanne y est excellent en gourou escroc mystico-meurtrier assez dingo pour faire exploser une station-service sous prétexte qu'à la caisse l'employé refuse de lui donner le cadeau (c'est la nuit, la boutique est fermée) auquel la somme de ses points promos lui donne droit. 
Dans le genre comique, ai vu aussi « Elle voit des nains partout », de Jean-Claude Sussfeld (1982). Parodie assez acide des contes de fée avec plein de trouvailles frisant le surréalisme et Zabou en Blanche-Neige délurée. La multiplication par quelque fée maladroite des clones du Prince Charmant (interprété par Martin Lamotte), ah en voilà du cocasse gondolant ! 

 

6.
Heureusement que nous ne sommes pas hier car alors je serais encore plus en retard sur ce que je devais faire aujourd'hui et que je ne ferais peut-être pas demain non plus.

 

7.
Quand on s'aperçoit qu'on s'a gouré, il est inutile de se mettre le doigt dans l’œil. C'est dangereux qu'ça éborgne et fait mal. Ne vous couvrez pas non plus de cendres. C'est salissant. Dites-vous que vous vous avez gouré et, si c'est possible, passez à autre chose en allant vous faire cuire un œuf.

 

8.
« Et l'autre personne il y avait de ça des années qui surveillait le maître de sa fenêtre... »
(Robert Pinget, « Passacaille »)

 

Et l'autre qui n'était pas lui parce qu'il était autre
L'autre avec son masque sans masque son visage sans visage l'autre
Personne ne savait qui il était puisque tous connaissaient son nom.

 

Il avait d'ailleurs un nom difficile à oublier dont je ne me souviens pas Il
Y avait aussi des caramels mous mais nul ne s'en soucia Il y
Avait des romans que nul ne lisait plus et
De la marmelade maritime qui mollement marinait.

 

Ça s'dit-i ça ou ça s'dit-i pas ?
Des parapluies planent dans le ciel, des jeunes filles les attrapent et les
Années passent et les jeunes filles tombent en poudre.
Qui c'est qu'a dit qu'ça s'dit pas ? Et l'autre là qui
Surveillait ses saucisses que si jamais ses saucisses s'échappaient
Le temps qui n’existe pas ne saurait les rattraper.

 

Maître maître dit alors le muet affolé parce qu'il était sourd 
De quoi de quoi fit alors le maître de sa saucière d'où pendait une louche bien pendue
Sa fenêtre alors et sans rapport perdit les eaux et de sa
Fenêtre naquit une flottille de parapluies qui bientôt s'égailleront joyeux  joyeuses dans le ciel pluvieux. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 23 novembre 2025.  

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