L'AUTRE SENS
L'AUTRE SENS
1.
L'album « Magie noire », de Dufaux et Grenson, case 7 (la dernière de la planche 3), les yeux de la rousse et armée Valentina, comme si elle nous regardait (ou alors elle regarde dans l'invisible mais je ne sais pas ce que ça signifie exactement de regarder dans l'invisible) et dans le cartouche cette précision qui termine la présentation que Valentina fait d'elle-même : « Ah oui ! Un dernier détail : j'ai aimé un homme. On me le reproche beaucoup. »
2.
Masques : Planche 7 de l'album « Magie noire », Niklos Koda ôte un masque (Niklos Koda porte parfois des masques comme dans les films de Fantomas, Fantomas, il porte des masques pour se faire passer pour quelqu'un d'autre) et en ôtant son masque, le personnage a ce commentaire intéressant : « Maudits masques ! Ils finiront par m'étouffer ! ».
3.
Planche 10 de l'album, il y a deux citations : l'une de Alexandre Dumas sur l'utilité des couteaux et une autre de Cocteau sur « le Silencieux » que prononce une très belle jeune femme brune en robe noire. Il y a un rapport entre les deux et je note que l'assassin est blond avec un costume blanc.
4.
Certains assassins sont-ils des fascinés, des fascinés jusqu'à l'hypnose ?
5.
Chiffres. Dans les planches 21 à 23 de l'album « Magie Noire », deux tueurs calculent. C'est que l'assassinat professionnel demande de l’exactitude et donc il y a 139, le 7 et 146, une « enseigne 7UP » et un bus. Il y a aussi deux morts parce qu'il y a deux assassins mais à la planche suivante, il y aura deux morts de plus.
6.
Esprits. Planche 40, Antioche, le fils d'Ahmad fait remarquer que « ce ne serait pas la première fois qu'un esprit vienne se coucher dans la tombe d'un humain. » Serait-il que les esprit aussi ont besoin de repos , ou d'un lieu où être, puisque les tombes sont des lieux d'être ? Les esprits n’existent pas ; ils relèvent de l'être et c'est de cet être que certains vivants espèrent une aide occulte, quand ils ne les redoutent pas.
7.
Visages. Au centre de la planche 41 de « Magie noire », le visage de la mystérieuse femme brune (elle lit dans les cartes), hypnotique : « Dors maintenant... », dit-elle à la jeune fille aux cheveux bleus et au visage interrogatif.
8.
« L'aiguille... Elle repart dans l'autre sens. »
(Dufaux et Grenson, « Magie noire », pl. 42 [l'espionne aux cheveux bleus])
L'aiguille, elle dit l'aiguille parce qu'elle suit des yeux l'aiguille d'une montre à une seule aiguille.
Elle (c'est la jeune femme aux cheveux bleus) ne quitte pas l'aiguille des yeux parce que le magicien lui a demandé de ne pas quitter l'aiguille des yeux (et je ne sais pas ce que c'est que l'aiguille des yeux).
Repart « dans l'autre sens », l'aiguille, et ça c'est bizarre mais ça a peut-être rapport avec le magnétisme mais comme je suis une poutre en sciences en fait j'en sais rien.
Dans cet album, « Magie noire », de Dufaux et Grenson, il est question d'espionnage et de surnaturel mais c'est de la bande dessinée.
L'autre là, le magicien malveillant qui hypnotise et machine des calculs meurtriers, il dit que cela indique « le
Sens de ce qui est caché » et que c'est « intéressant », cet autre sens qu'elle prend l'aiguille quand elle repart, l'aiguille, dans l'autre sens.
Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2025