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BREFS ET AUTRES

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27 décembre 2022

DU POUTINISME ET DES POUTINIENS

DU POUTINISME ET DES POUTINIENS

1.
Il paraît que Poutine, et avec lui la majorité des Russes, se sont sentis confortés dans leur mépris d’un Occident décadent lorsqu’ils entendirent parler d’un parent A et d’un parent B.

Sur ce point, je donne raison à Poutine et aux Russes. Parent A, parent B : quelle hypocrisie ! Personnellement, à presque 60 ans d’expérience humaine, j’ai compris qu’un môme pouvait être élevé correctement par un couple de deux femmes, ou de deux hommes, alors que des couples « papa-maman » pouvaient se comporter de manière monstrueuse.

La vérité étant la perfection de ce monde voué à l’imperfection, autant dire ce qui est et appeler les choses par leur nom : Monsieur X et Monsieur Y élevant (et étant donc leurs responsables légaux), l’enfant Z, Mademoiselle (ou Madame) X et Mademoiselle (ou Madame) Y élevant (et étant donc leurs responsables légales) l’enfant Z, le reste étant hypocrisie, tartufferie, macronie. Honni soit qui mal y pense.

Et non, je n’ai guère de sympathie (je manque d’empathie) ni pour les LGBT (je m’en fous), ni pour les étrangers, mais entre un homo digne et un hétéro ignoble, entre un étranger respectable et un Français dont j’ai honte, j’ai fait depuis longtemps mon choix.

2.
Ceux qui spéculent sur le joli visage et la jeunesse de Daria Douguine pour dénoncer la résistance ukrainienne sont vraiment des ordures : on peut être jeune, belle, brillante intellectuellement (oui, Daria Douguine était brillante) et être fasciste (Daria Douguine était assez intelligente pour comprendre qu’elle répandait la haine).

En outre, je rappelle aux bonnes âmes que :

- L’assassinat politique est monnaie courante en temps de guerre.

- Bien des enfants et des femmes ukrainiennes, qui ignoraient tout de la fameuse « guerre existentielle » de la Russie douguinienne, sont morts assassinés par des soldats russes qui n’en savaient certainement pas plus sur la prétendue existentialité de cette guerre.

3.
Il apparaît que Volodymyr Zelensky fait preuve de courage et de détermination, et qu’il incarne la légitimité de l’Ukraine à être libre et indépendante, alors que Poutine est bien sot d’avoir engagé la Russie dans une guerre contre la puissance de nos démocraties.

4.
Si Poutine était aussi sûr qu’il le prétend de l’excellence de sa guerre économique, il ne perdrait pas autant d’hommes et d’argent en Ukraine. On dit en occident que Poutine ne peut plus reculer et qu'il n’a pas d'autre choix (sauf à se retirer) que de continuer sa sale guerre en Ukraine. Poutine a donc perdu.

5.
Sachant que Pétain et Laval furent deux ordures sur pattes, la droite nationaliste tendance pétainiste soutenant Poutine ne peut qu’inciter à la méfiance et au mépris le Français que je suis.

6.
En tant qu’écluseur de bars (bin oui et alors), je suis bien content que Jacques le Rouennais ne soit point passé de ce monde-ci à l’autre qui n’existe pas. Il avait même bonne mine, j’ai trouvé, le Jacques. Joyeuses fêtes à lui.

7.
Le 25 décembre 2022, à 0 heures 31, pouvons-nous dire que le libéralisme économique a réussi à nourrir l’ensemble des humains ? Non. Existe-t-il un système alternatif qui puisse atteindre cet objectif ? A moins de la transformation de l’humanité en une secte universelle mangeuse de riz et d’insectes (en petites quantités), non. Conclusion : je bois un coup, et j’envoie promener les donneurs de leçons.

8.
En ces temps de massacres et de crises en tout genre, je pense à l’optimisme du « philosophe » (bin tiens) Michel Serres, et je me dis : ah le con ! J’en ai autant (à peu de choses près) pour Albert Jacquard : ah le niais ! Bon zétaient payés pour leurs conneries hein : ah les salauds.

9.
Que l’état habituel des sociétés soit celui des crises et des conflits, et que ceux-ci, du fait de la mondialisation, soient de plus en plus étendus, me semble logique. Seuls les naïfs d’une mondialisation heureuse et d’une croissance sans limites prétendent le contraire.

10.
Avez-vous remarqué que sans le Covid et les Gilets Jaunes, Florian Philippot (si l’ENA sert à nous fournir des oiseaux pareils, je me demande si l’ENA est bien utile) hein, le Philippot n’existe tout simplement pas ?

Philippot, intellectuellement, est un nain. Dupont-Aignan, un nain et demi. Bref, tout ça ne vole pas très haut.

11.
Entendu dire sur France Culture, mais je ne sais pas si c'est vrai, que Medvedev avait très récemment publié des prédictions hallucinantes pour 2023, genre l'Allemagne allait former un IVème Reich et que la France, évidemment, allait rentrer en guerre contre l'Allemagne.

Il se dit en Occident que Medvedev serait alcoolique. Il se dit aussi qu'il raisonnerait comme une casserole. J'en sais rien, mais outre que je n'ai aucune sympathie pour les paillassons de Poutine, disons que plus rien ne m'étonne dans le n'importe quoi de la propagande russe.

12.
Visiblement à LFI, certains sont plus prompts à s'offusquer des turpitudes conjugales de Quatennens (turpitudes dont ils ne savent rien) qu'à dénoncer les saloperies commise par l'armée russe en Ukraine.

Entre parenthèses, avec la sotte affaire Quatennens, on voit que la solidarité des « camarades », c'est en fait légende, flan, pipeau, propagande.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 décembre 2022.

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26 décembre 2022

DU COUP LES TAUREAUX FURIEUX

DU COUP LES TAUREAUX FURIEUX

Notes et amusettes sur quelques pages du roman « Les Cavaliers de la pyramide », de Serge Brussolo (Le Livre de Poche, 2004, pp 283-291).

« Quant aux autres, les taureaux les mettront en pièces chaque fois que le frisson du sable animera ton tombeau. »
(Serge Brussolo, « les Cavaliers de la pyramide », le Livre de Poche, p.290 [Tanita citant les hiéroglyphes qu'elle déchiffre).

1.
Je ne sais pas qui est Junia, je prends le livre en cours de page. Ça sonne latin. La poussière d'or tue. L'or aussi tue. L'idéologie, derrière laquelle se planquent les appétits d'or et de pouvoir, tue.

2.
Ce 26 décembre 2022, entendu sur France Culture je ne sais qui parler de la nécessité de veiller au contenu idéologique des ouvrages pour la jeunesse. Cette bonne âme, effrayée de ce que certains lecteurs des ouvrages pour la jeunesse d'il y a vingt ans votent maintenant pour l’extrême-droite, ne se rend même pas compte que sa nécessité idéologico-éthique est l'alibi rêvé des censeurs de tout bord.

3.
La poussière d'or asphyxie et aveugle et comme « rien ne peut dissoudre l'or »... Serge Brussolo dans « Les cavaliers de la pyramide » raconte que les « empereurs d'Asie » condamnaient les « hauts dignitaires » qui les avaient trahis en leur faisant aspirer des « feuilles d'or, très minces », lesquelles, se collant aux bronches, les asphyxiaient.

4.
Junia se dit « qu'utiliser le trésor pour [les] tuer » est aussi habile qu'ironique. Vengeance de la momie. Statues d'or, « idoles barbares ». Des « dépouilles » utilisées comme « bombes fulminantes ». Junia regrette de n'avoir pas la maîtrise de soi des « prêtres ».

5.
Junia s'en sort. Junia est-elle une « ogresse » ? Junia cherche à débusquer le piège. La modernité et la bonne parole du « vivre ensemble » masquent les pièges que nous tend l'infini là, toutes ces consciences là, le monde là, les autres là.

6.
Des sarcophages à tête de « taureau furieux ». Ça sent la « malice ». Pourquoi douze ? Donc, Junia cherche « la dépouille de la magicienne » ? On ne serait pas surpris de voir débouler Rick O' Connell et Evelyn Carnahan du film « La Momie » (Stephen Sommers, 1999).

7.
Des sarcophages « à roues » : je ne sais pas si cela existe. Evidemment, ce serait plus pratique pour déplacer leur éternité. Analogie : sarcophages- « fauves assoupis »- « crocodiles » aux aguets- boîtes à coucous toxiques. Junia, les miroirs et le labyrinthe. Multiplication des illusions. Ce qu'on nous fait miroiter qu'on rame. J'aime bien la littérature de genre ; elle me distrait de la littérature sérieuse qui souvent m'agace.

8.
Le tout n'est pas de savoir qu'il y a un piège, c'est de savoir comment il fonctionne. La malice, c'est que ceux qui démontent les pièges sont eux-mêmes des poseurs de pièges. Je me méfie donc des sociologues.

9.
« Ça ne ressemble à rien de connu. » La littérature attrape l'inconnu dans ses syllabes. « L'adolescente » (Tanita) se propose de « déchiffrer ». Comme elle est aveugle, elle tâte et palpe. « Le nombre et l'unité », « la pluralité et l'anonymat », « le frisson du sable », je suis d'accord avec Junia : « Quel prétentieux charabia ! ».

10.
Junia et Tanita (une géante et une adolescente aveugle) face à une « armée de sarcophages ». Fragilité de la pyramide mouvante. Le sphinx incompris et baudelairien avait bien raison de haïr le « mouvement qui déplace les lignes ». Du coup, les taureaux furieux...

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2022.

26 décembre 2022

LA MACHINE QUEL MACHIN TOUT DE MÊME

LA MACHINE QUEL MACHIN TOUT DE MÊME

Nietzsche traduit par Henri Albert revu par Kremer-Marietti. « Réaction contre la civilisation des machines. » in « Le Voyageur et son ombre ». La « machine », « produit de la plus haute capacité intellectuelle ». La machine, quel machin tout de même, qu'on en machine à tour de bras.

La machine ne met pas forcément « en mouvement » le meilleur de l'humain. Exemple : Internet, outil fabuleux de connaissance et terrain de manœuvres des pires complotismes.

La machine ne serait-elle jamais qu'au service de « forces inférieures et irréfléchies » ? (« die niederen, gedankenlosen Kräfte »).

« Une somme de forces énormes » écrit Nietzsche à propos de l'influence, de l'action, du travail sur le réel qu'opèrent les machines. Une somme qui, sans la machine, « demeurerait endormie », où n’existerait pas, ou resterait à la marge.

Nietzsche, dans ce fragment (le 220 de « Le Voyageur et son ombre ») oppose l'artiste, l'humain se réalisant, à la machine qui met à notre disposition une réalité performante.

Cette réalité efficace, comme toutes les réalités dont nous ne sommes pas les créateurs, finit par produire un « ennui désespéré ». Elle contamine « l'âme », en fait la proie d'une « oisiveté mouvementée ». « Mouvementée » est bien le mot, comme le montre l’exemple des périls encourus par les utilisateurs imprudents des réseaux sociaux.

Le vingt-et-unième siècle sera machinal. Ce qu'a tenté Daech, et ce que tente maintenant Poutine dans sa sale guerre en Ukraine : faire des âmes des machines à tuer. Pour cela, il faut les programmer, les convaincre que la haine est préférable à la bienveillance, que la guerre est préférable à la paix, et que si les agressés résistent, c'est que ce sont eux les vrais fauteurs de guerre.

Le vingt-et-unième siècle sera machinal. La production sera automatisée et les personnels au service de l'automatisation, de la connexion universelle, du contrôle permanent de tous par tous. Pour cela, il faut convaincre que la machine protège l'humain, alors qu'elle l'étouffe dans le même mouvement qu'elle le libère des tâches ingrates, des travaux périlleux, et lui fait miroiter l'accès infini à l'arbre de la connaissance.

Nietzsche. « Der Wanderer und sein Schatten ». 220.

« Reaktion gegen die Maschinen-Kultur. - Die Maschine, selber ein Erzeugnis der höchsten Denkkräfte, setzt bei den Personen, welche sie bedienen, fast nur die niederen, gedankenlosen Kräfte in Bewegung. Sie entfesselt dabei eine Unmasse Kraft überhaupt, die sonst schlafen läge, das ist wahr, aber sie gibt nicht den Antrieb zum Höhersteigen, zum Bessermachen, zum Künstlerwerden. Sie macht tätig und einförmig – das erzeugt aber auf die Dauer eine Gegenwirkung, eine verzweifelte langeweile der Seele, welche durch sie nach wechselvollem Müssiggange dürsten lernt. »
(Nietzsche, « Der Wanderer und sein Schatten », 220).

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2022.

26 décembre 2022

A QUOI SERT LA VIRTUOSITE BAUDELAIRIENNE ?

A QUOI SERT LA VIRTUOSITE BAUDELAIRIENNE ?

Notes sur le sonnet « La cloche fêlée », de Baudelaire.

1.
Baudelaire, « La cloche fêlée », 1er quatrain. L'hiver, faut avoir des consolations. L'amertume mêlée à la douceur, qu'il revendique le narrateur baudelairien. « Revendique » est-il bien le mot ? Comment l'auteur de « Parfum exotique » et de « A une dame créole » supportait-il l'hiver et ses « froides ténèbres » ? Le « feu » déclenche l'allitération « f » et la palpitation ternaire. Des « carillons » qui « chantent dans la brume » : étrange paysage sonore, masqué, au rythme régulier (2/4/2/4) d'une partition. La mémoire puise dans ses lointains. Où « s'élèvent-ils » « lentement » qu'on dirait des esprits suscités par les flammes (sont-ce les ombres sur les murs ?), ces « souvenirs lointains » ? Sinon dans sa propre hantise, où donc ? « Cloche fêlée » ? Sans doute : y a comme un « bruit » dans ce qui « chante » : la rime « hiver / s'élever ».

« Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume. »
(Baudelaire, « La cloche fêlée », 1er quatrain).

2.
Baudelaire, « La cloche fêlée », second quatrain. Les occlusives [k] et [g] rythment le vers 5 du sonnet. La séquence « gosier vigoureux » est efficace, résonnant comme les deux coups de cloche d'un rituel. Assonance « o » qui accompagne la métaphore cloche/être humain : « cloche », « gosier vigoureux », « bien portante », « soldat ». Eloge de la vieille fidélité de la cloche, assimilée à une sentinelle. Parallèle « vieillesse de la cloche / vieux soldat ». Assonance « i » dont la résolution se trouve dans le mot « cri » et qui apparaît tantôt assourdie (« Bienheureuse », « gosier », « vieillesse », « religieux », « vieux », « veille »), tantôt sonore, éclatante (« vigoureux », « Qui », « fidèlement », « cri religieux », « Ainsi »). Le son « i » : quel drôle de son pour une cloche ! Plus humain que métal, ce « cri ».

« Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente ! »
(Baudelaire, « La cloche fêlée », second quatrain)

3.
Baudelaire. « La cloche fêlée », les deux tercets. Rupture : irruption du « Moi » après l'éloge dans les quatrains du « bruit des carillons qui chantent dans la brume ». Opposition de l'occlusive [m] (« Moi, mon âme ») et de la constrictive [f] (« est fêlée »). Echo de cette « fêlure » dans le dernier mot du premier tercet : « affaiblie ». Moi, mon âme défois elle rame. Retour du son « i » à la rime. Plaintif le « i » quand il n'évoque pas le rire. Le verbe « peupler » suggère une humanité que la forme « veut » prétend affirmer.

Hyperbole du second tercet : l'âme devient un « blessé qu'on oublie / Au bord d'un lac de sang ». Reprise macabre de l'image du « vieux soldat ». Il « râle », le camarade laissé pour mort et qui ne s'appelle pourtant pas Guttu. Le sonnet a commencé par un tableau mélancolique et finit sur une vision d'horreur. Et ça, c'est parce que le narrateur baudelairien s’exagère. Le « chant » est devenu une « voix affaiblie » puis un « râle ». Virtuosité baudelairienne : le 13ème vers du sonnet est monosyllabique. Le poème se termine sur une accentuation ternaire et les sons « eur » et « or » ( « bord », « meurt », « morts », « efforts ») corrompant la netteté du chant de la « cloche au gosier vigoureux ». A quoi sert la virtuosité baudelairienne ? A mettre une distance entre le « moi, mon âme est fêlée » et le « blessé qu'on oublie ».

« Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie 

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts. »
(Baudelaire, « La cloche fêlée « )

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2022.

25 décembre 2022

COLETTE N'A PAS PEUR MAIS EST TROUBLEE

COLETTE N'A PAS PEUR MAIS EST TROUBLEE

1.
« Chantecoq s'écriait :
- Ça... c'est le comble de l'audace ! Et les yeux étincelants, il scanda :
- Eh bien ! nous allons voir ! »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 11)

Bernède. « Belphégor ». « Où Belphégor déclare directement la guerre à Chantecoq ». Le détective se tait et boit son café sans sucre. Ai vu récemment dans les replay d'Arte un épisode de l’excellente série austro-tchéco-hongro-slovaque « Marie Thérèse d'Autriche » réalisée par Robert Dornhelm. On y voit Marie-Thérèse interprétée par Stéphanie Reinsperger affirmer que le « sucre est un poison ». Je vous dis ça car la série est vraiment bien, L'épisode 3 avec l'histoire de l’audacieux et très trouble baron de Trenck est palpitant.

Revenons à nos revenants et au « Belphégor », d'Arthur Bernède. Le détective se fait graphologue. B comme Belphégor, mais aussi comme Bellegarde, ou comme Baobab, ou comme Bourre et Bourre et ratatam.

« de frappantes analogies ». Deux ensembles aussi dans le Réel : l’ensemble des points communs ; l’ensemble des différences. La différence absolue existe-t-elle ? Cette différence s'appelle-t-elle Dieu ? L’interrogation repose sur les analogies.

Bien entendu, les personnages de fiction ne peuvent pas lire en nous à livre ouvert.

« Belphégor connaît Bellegarde ». Bellegarde ne sait pas qui est ah tiens, le glissement s'est opéré : du Fantôme du Louvre apparu près de la statue de Belphégor, on passe maintenant d'un fantôme qui serait lui aussi Belphégor.

Le détective entrevoit des perspectives. La vitre vola en éclats. Ah ça c'est sûr que si vous envoyez votre courrier par galet lancé à toute volée, ça peut faire voler des vitres en éclats. Ça peut même meurtrir et tuer. Galet rond, missive.

Belphégor menace Chantecoq et Colette. Après quelques atermoiements du type : Ai-je le droit de faire courir de tels risques à ma fille ? (ça fait deux pages), Chantecoq affirme sa volonté d'affronter l'effrayant Belphégor. Nulle trompette ne sonna au loin, nul tambour ne roula, mais ça aurait pu.

2.
«Un cri lui échappa.
Il venait d'apercevoir, éclairé, trahi par la traînée lumineuse que projetait le lustre du salon, le Fantôme en train d'escalader le rebord de la fenêtre. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 12)

Bernède. « Belphégor ». « Où le fantôme reparaît ». L’hôtel particulier de Mlle Desroches. Silence. Elsa conseille la patience… Minuit. Le Fantôme en ce jardin.

Suaire noir, capuchon noir,
V’là Belphégor,
Suaire noir, capuchon noir,
V’là Belphégor qui rôde encore !
Il est passé par ici,
Il repassera par là ;
Qui c’est-y, qui c’est-y
Qui l’attrapera ?
En tout cas, c'est pas Fandor,
Qui l'attrapera, le Belphégor,
Passque c'est dans Fantômas
Que Fandor joue les as.

Le Fantôme aime les lectures indiscrètes. Le Fantôme est maladroit (apparemment, il ne traverse pas les objets). Maurice à la poursuite du Fantôme. Fouilles et confusion.

Les chiens aboient, le Fantôme passe. La poudre parle, le Fantôme passe. Le café passe, le Fantôme passe. Nous passons, nos fantômes aussi.

Simone en tragédie. La première partie ferme son rideau sur une disparition et du Fantôme et des lettres de Jacques Bellegarde. Je ne savais pas que Robert E. Howard, le créateur de Conan le Cimmérien était suicidaire.

3.
« L'enquête que fait en ce moment Jacques Bellegarde réclame, ainsi que toutes celles de ce genre, la plus parfaite circonspection et le plus grand mystère. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 2ème partie, chapitre 1 [Chantecoq])

Bernède. « Belphégor », 2ème partie, « De mystère en mystère ». Titre explicite donné par l'auteur au chapitre 1 de cette 2ème partie : « Où Chantecoq apprend successivement la disparition de Jacques Bellegarde et la réapparition de Belphégor. »

Deux hommes, deux chiens, des noms évocateurs (« Pandore et Vidocq »). De l'efficacité des chiens de garde, d'un « simple coup d’œil » et de l'imparfait du subjonctif, « l'un en lui sautant à la gorge, l'autre en l'empoignant par une jambe ».

Colette n'a pas peur. Où j'apprends qu'en 1927, le téléphone est muni d'un « cornet d'ébonite », et que Chantecoq va se rendre chez Simone Desroches. Colette n'a pas peur, mais est troublée.

Si le Fantôme du Louvre a réapparu, Marie-Jeanne, « essouflée, affolée » apprend à Chantecoq que Jacques Bellegarde a disparu. J'ai mangé du boudin blanc. Zut aussi. Je suis bien content.

Colette fait des déductions :
a) Belphégor, dans le but de compromettre le journaliste, dérobe les lettres de Jacques à Simone.
b) Belphégor organise le « suicide » de Jacques.
Chantecoq n'y croit pas et promet le retour du héros.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 décembre 2022.

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24 décembre 2022

NO PASSARAN, VOUS AVEZ COMPRIS, VLADIMIR VLADIMIROVITCH POUTINE, VOUS NE PASSEREZ PAS !

NO PASSARAN, VOUS AVEZ COMPRIS, VLADIMIR VLADIMIROVITCH POUTINE, VOUS NE PASSEREZ PAS !

1.
Je suis contre Poutine et me méfie de la Chine communiste. Je suis pour la Triade et j'admire l'inventivité américaine. Mais une société ultra-libérale,  soumise à une supranationalité européenne, l'hyper-connectivité et la start-up nation, j'en veux point, compris, Macron ?

2.
En fin de compte, les démocraties libérales, héritage de la philosophie des Lumières, l'emporteront sur les ténèbres de toutes les dictatures : oligarchiques (Russie poutinienne), communistes (Chine et Corée du Nord), théocratiques (Iran, Afghanistan) : Vive Voltaire !

3.
Poutine ne se rend pas compte que le Serpent s'apprête à le mordre. Il a pourtant été prévenu. Les morts sont plus forts que les vivants. Krik krak. Nous ne sommes que les messagers.

4.
Si en plus des HIMARS et des CAESAR, et de tout ce que l'occident fournit en armes et que l'on ne sait pas (eh oh, vous ne croyez tout de même pas que les services vous disent tout), l'Ukraine dispose des systèmes PATRIOT américains, l'armée russe en Ukraine est fichue. Et ce ne sont pas les voyous sans foi ni loi de Prigojine qui feront la différence.

5.
J'ai beau savoir que Bob Dénard a été impliqué dans plus d'un sale coup en Afrique, je n'arrive pas à le considérer avec le même mépris que je considère Prigojine et l'entreprise Wagner. Les mercenaires de Wagner ne relevant pas d'une armée régulière, à mon avis, ils ne méritent qu'une chose : la pendaison.

6.
22 décembre 2002 : des rumeurs courent sur les réseaux sociaux selon lesquelles Dmitry Rogozyn (un proche de Poutine) aurait été blessé lors d'une frappe ukrainienne sur Donetsk. Visiblement, les Russes n'ont toujours pas compris qu'ils avaient perdu leur sale guerre en Ukraine.

7.
Si Poutine retire maintenant ses troupes d'Ukraine et met fin à son « opération spéciale », il pourra se targuer d'une victoire économique. S'il s'obstine, il perdra tout, jusqu'à risquer de finir pendu par les pieds comme un vulgaire dictateur italien.

8.
Le 21 décembre 2022, nous avons appris en occident que les Talibans au pouvoir en Afghanistan interdisaient aux filles l'accès à l'université. Avoir laissé l'Afghanistan aux mains de voyous incultes et soi-disant musulmans est une honte pour l'Amérique. Laisser tomber l'Ukraine en serait une seconde. C'est pour cela que Poutine ne peut pas gagner sa sale guerre en Ukraine.

Et si jamais l'Amérique, première puissance mondiale, elle qui m'a sauvé (oui), abandonnait l'Ukraine, moi et bon nombre de Français, amoureux de la liberté (it's so french, it's so good !) ne le lui pardonneraient pas.

9.
Que ça plaise ou non, les démocraties libérales et la majorité des Européens considèrent désormais la question de la pérennité d'une Ukraine libre et indépendante comme une question existentielle. Poutine, s'il persiste dans sa sale guerre, ne peut qu'être vaincu.

10.
Apparemment, sur France Inter, on est philosophe à bon compte.

11.
La crise de 1929 a favorisé l'essor du nazisme, ce qui entraîna la Seconde Guerre Mondiale, et la défaite de l'Allemagne nazie. La crise de 2008 a favorisé l'essor du poutinisme, lequel entraîna le conflit russo-ukrainien de 2022, et la défaite de Poutine.

12.
J’ai travaillé jadis à côté des Américains. Ils sont efficaces, très pointus technologiquement, et généralement ce sont de « good guys ». Quoi qu’on me dise, je ne pourrai jamais adopter un point de vue eurasiate. Que Poutine aille se faire mettre.

13.
Si je comprends bien, en raison des sanctions, Poutine brade ses matières premières en les vendant peu cher à des pays plus ou moins affiliés aux BRICS, lesquels font un bénéfice en revendant plus cher ces mêmes matières premières à l’Occident (gaz et pétrole).

Conclusion :

-      L’Occident aide les pays émergents à escroquer la Russie.

-      Les BRICS et leurs affiliés n’ont aucun intérêt à une victoire de la Russie en Ukraine car Poutine pourrait alors faire la loi sur les marchés. Cela n’arrivera pas. L’Occident veille.

14.
Poutine se vante d’une solide balance des paiements russe. Euh, quand Poutine se rendra réellement compte de ce que coûte sa sale guerre en Ukraine et de la faiblesse du rouble, il constatera que l’argent file vite, vraiment vite.

15.
Je ne sais pas ce que pensent les Etats-Unis. Personnellement, je pense que fournir à l’Ukraine de l’armement très efficace (missiles Patriot, chars, etc…) à la condition d’en finir avec la milice Wagner serait une opération qui pourrait mettre fin au mythe des armées privées. Anéantir Wagner mettrait fin à l’influence du mafieux Prigojine, et ferait réfléchir Kadyrov, les chefs de guerre tchétchènes, et tout autre pro-russe remuant.

16.
L’armée régulière russe n’aide pas la milice Wagner à l’emporter à Bakhmut. Les soldats russes qui le font se sacrifient pour la mafia. Les Russes le savent et ne sont pas dupes. Ils préfèrent la légitimité de Choïgou et de Guerassimov à l’imposture Wagner. Prigojine perdra à Bakhmut (ce sera son Stalingrad) et comprendra vite le sens de l’expression « vae victis ».

Patrice Houzeau
Malo, le 24 décembre 2022.  

23 décembre 2022

L'INTELLIGENCE PLURIELLE DU MONDE

L'INTELLIGENCE PLURIELLE DU MONDE

Notes sur le sonnet « Correspondances », de Baudelaire.

1.
Baudelaire, « Correspondances ». Si la « Nature » est un « temple », à qui ce temple est-il dédié ? Quelle sacralisation, dis ! Personnifiée, immuable par la grâce de l'être, « temple ». C'est que qui quoi dont où, cette immanence ?

Des « vivants piliers » aux « confuses paroles . Des sibylles ? Le bruissement des feuillages ? De quoi s'imaginer des chœurs étonnants. Des rythmes hermétiques.

La « Nature » fourmillerait de « symboles », à en dresser des « forêts », seul mot de la première strophe se référant explicitement à la nature. Que « l'homme y passe » n'est guère étonnant, l'espèce humaine n'étant jamais qu'un passage dans on ne sait quoi d'ailleurs.

Ces « forêts » ont des yeux. Je pense que s'il y eut jamais quelqu'un qui revint d'une promenade dans une forêt à yeux, ce fut pour rentrer dans un asile d'aliénés, ou alors l'histoire des faits divers. Ce n'est pas l'humain qui contemple la Nature, mais la nature qui garde un œil sur le bipède qu'elle connaît aussi bien que si elle l'avait fait.

« La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers. »
(Baudelaire, « Correspondances », premier quatrain)

2.
L'assonance [on] et le mot « échos » au centre du vers. L'assonance [on] plonge le cercle du o dans la confusion. Echos, en effet : « profonde », « comme », « sons se répondent ».

Identité des contraires « nuit » et « clarté ». Evocation ternaire de la synesthésie : odorat, vue et ouïe ; différents sens participent à une même « unité », celle du monde sensible, du monde tel qu'il se présente.

« Parfums, couleurs, sons » : le champ lexical de la culture domine. Des mots éclatants, aux sonorités différentes, contrastant, aux référents précis, en opposition avec la confusion des échos lointains.

Baudelaire a-t-il voulu que son art rivalisât avec la musique ? Si dans la nature cette unité préexiste, « ténébreuse » et « profonde », c'est l'art qui lui donne son sens.

« Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comma la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »
(Baudelaire, « Correspondances », second quatrain)

3.
Baudelaire prend l’exemple des parfums. Certains de ces parfums ont la douceur du son des hautbois, la fraîcheur des enfants et du vert des prairies.

Le « mot » prairies » et les mot « forêts » sont les seuls mots du sonnet se référant réellement à la nature. Ambiguïté des parfums « corrompus », puissance et richesse d'un monde infiniment divers et irréductible. « expansion » : diérèse précieuse. Le dernier vers traduit l'union de « l'esprit et des sens », du corps et de l'intelligence dans l’exaltation et la synesthésie des parfums chantants.

« Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants, 

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. »
(Baudelaire, les deux tercets du sonnet « Correspondances »)

Note : Je vois dans le sonnet des « Voyelles », de Rimbaud, un écho au sonnet des « Correspondances ». Baudelaire éclaire, démontre, illustre. Rimbaud, en associant sons et couleurs en une suite d'images originales, rappelle que le monde n'en reste pas moins étonnamment hermétique, étrange, bizarre, aléatoire. La fascination n'en reste pas moins.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 décembre 2022.

23 décembre 2022

COEUR ET MYSTERE

COEUR ET MYSTERE

Notes et amusettes sur les chapitres 7 à 10 du « Belphégor », d'Arthur Bernède.

1.
« - Je crois, soulignait Colette, que nous avons affaire à un rude adversaire. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 7)

Bernède, « Belphégor ». « Le roi des détectives ». Apologie de Chantecoq. Papa est un artiste du mystère et sa fille, sa secrétaire. Des amitiés nouées pendant la guerre. Le « problème le plus ardu et le plus troublant ».

Des livres, beaucoup de livres : le détective est cultivé. Colette et son père en pleine réflexion sur l'énigme du Fantôme du Louvre. Le Fantôme a-t-il voulu dérober Belphégor ? (quelle bizarrerie !). Comme il y a des esprits frappeurs, y aurait-il des esprits voleurs, voire des esprits farceurs ? Un esprit peut-il perdre l'esprit ? Ce que l'on appelle « revenant », ne serait-ce pas autre chose qu'un esprit perdu entre deux mondes ?

Colette distraite et rougissante. Je ne me souvenais pas que Jacques Bellegarde avait rendez-vous avec Chantecoq. Colette troublée et volontairement maladroite. L'important, c'est le travail.

2.
« Et, tout en secouant la tête, elle ajouta :
« - En attendant, j'ai grand-peur que tout cela ne finisse très mal pour tout le monde ! »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 8 [Marie-Jeanne])

Bernède, « Belphégor ».« Le bossu mystérieux ». Le bossu a de grandes mains et de grands pieds. Un espion ?

Elsa intervient auprès de Jacques. Simone est en danger, et Jacques bien ennuyé. Opposition Simone/Colette : l’exaltée et la lumineuse.

Comme ce chapitre est consacré aux soucis affectifs du journaliste aventureux, et comme il n'y est pas question de « La septième preuve », qui est le titre du chapitre 3 de la première partie du roman « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, je ne trouve pas grand chose à dire. Il n'y est donc pas question du « soir tombant » sur l'étang du Patriarche, ni d'une histoire dont le poète Biezdomny (paraît que ce nom en russe signifie « sans foyer ») se demande si elle lui fut réellement racontée. Il n'y est donc pas question non plus d'interrogations sur la vérité des Evangiles et sur la fiabilité des témoignages. Il n'y est donc pas question ni d'un œil vert, ni d'un œil mort, ni d'un professeur ayant perdu l'esprit, ni de réflexions sur l’existence du diable, ni de la « septième preuve », ni de ce qu'on ne trouve pas et qui existe cependant. Il n'y est donc pas question de « l'oncle de Kiev » et du fait qu'il y a des gens dont on se demande comment ils peuvent savoir sur vous tant de. Il n'y est donc pas question de la mort de Berlioz. Gautrais est révoqué. Bellegarde lui promet une place. Le bossu filoche.

3.
« - Je sens bien que vous avez raison. Mais comment vous écouterais-je, quand je ne m'entends plus moi-même ? »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 9 [Simone Desroches])

Bernède, « Belphégor ». « L'agonie d'un cœur ». Le divan noir et le « bellâtre ». Le retour d'Elsa réjouit Simone. « Il va venir ! ». Arrivée de Jacques (il est venu) : séquence émotion.

Lucidité de Simone. Colette en ange gardien : « Prenez garde ! », prenez garde, Jacques Bellegarde ! Scrupules de Jacques. Résolution de Simone. Départ de Jacques. Simone tombe dans les pommes.

4.
« - Je crois que Belphégor sera content de moi !... »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 10 [le bossu mystérieux]).

Bernède, « Belphégor ». « Où Chantecoq entre en campagne ». Chantecoq se plonge dans « L'Histoire du Louvre ». Mais par où a-t-il pu passer ?

Bellegarde et Chantecoq unis contre le Fantôme. Apparition joyeuse de Colette, dont la description me rappelle le personnage d'Hélène, interprété par Mylène Demongeot dans la série des Fantômas (« Colette portait une toilette de ville d'une élégante simplicité, complétée d'un charmant chapeau cloche qui lui seyait à ravir »).

Chantecoq passe partout, et on ne le reconnaît pas. La « triple alliance ». En voiture pour le Louvre ! Le bossu filoche toujours.

Examen des ténèbres. En quête d'une « issue secrète ». Un pilier ? Les dalles ? Par où a-t-il pu passer, mais surtout, qu'est-il venu y faire ? Fin de la visite au Louvre (« On ferme ! »).

Chou blanc. Tout le monde est quand même bien content parce que nos héros sont optimistes, cependant que le bossu filochard dans sa « voiturette » a un « regard de batracien » et un « hideux sourire » (les héros sont beaux et le vilain, vilain).

Patrice Houzeau
Malo, le 23 décembre 2022.

21 décembre 2022

LA DECHEANCE DE POUTINE NE FAISANT PLUS AUCUN DOUTE

LA DECHEANCE DE POUTINE NE FAISANT PLUS AUCUN DOUTE

1.
19 décembre 2022. 17 heures 11. La baisse du rouble se poursuit : 1 euro = 71,59 roubles. 1 dollar = 69,64 roubles. L'indice boursier russe RTSI en baisse lui aussi de – 4,55% et repasse en-dessous des 1000 points (991,38). Effet du 9ème train de sanctions décidé par l'UE ? Inquiétudes sur l'issue et le coût de la sale guerre de Poutine en Ukraine ?

2.
20 décembre 2022. 9 heures 27. la baisse du rouble continue : 1 euro = 73, 14 roubles. L'indice boursier russe RTSI en baisse : - 3,10%. Les autres indices russes MOEX, MOEX 10, MOEX Blue chip en baisse eux aussi.

3.
Cette phrase que je viens d'entendre sur France Inter : « Jamais EDF n'a produit aussi peu d'électricité nucléaire. » Est-ce vrai ? Et si c'est vrai, c'est inquiétant, non ? Est-ce dû à un problème de compétences ou le résultat de sottises politiques ?

4.
Macron réconfortant Mbappé sur le terrain n'est pas un « thaumaturge, président des tombés et des défaits » (je cite ici un tweet de BHL-Bernard-Henry Lévy), et Mbappé n'est pas un « jeune héros tombé dans la colère d'Achille » (BHL encore). Non, il s'agit juste d'un joueur déçu d'avoir perdu un match de coupe du monde et un président de la République qui manque de retenue.

5.
Si je comprends bien, la population chinoise ne supportant plus les contrôles permanents liés à la politique de zéro covid, le gouvernement central a dû lever un certain nombre de contraintes.

Mais comme le vaccin chinois est assez peu efficace, et comme la Chine n'a pas voulu des vaccins américains, le Covid recommence à circuler fortement et à décimer.

Il s'ensuit une ruée dans les pharmacies des zones où le virus circule, ce qui provoque ruptures de stocks, voire pénurie, de médicaments. Inquiétant.

6.
Je me demande ce que nous, enseignants de terrain, valons pour Pap Ndiaye et pour Macron. Apparemment, pas grand chose. C'est pourtant nous qui produisons du savoir et qui faisons de notre mieux pour appliquer des réformes de plus en plus étranges.

7.
Subjectivement, je vous l'accorde, est-ce qu'un Français de souche d'origine modeste comme moi, est prêt à accorder sa voix à des gens d'origine étrangère comme Zemmour ou Bardella, la réponse est évidemment non.

8.
Le gouvernement s'apprête à faciliter l'installation de soignants étrangers en France :

- 1ère réaction : ah tiens, en voici une preuve hein, du grand remplacement.

- deuxième réaction : bon, si ces gens ont besoin de travailler, et si leur pays d'origine est défaillant, pourquoi pas ?

- troisième réaction ; qui sont les génies issus de nos grandes écoles (ENA and co) qui nous ont fichus dans une telle situation ?

9.
Le prof de LP qui se prend au sérieux a tout faux. Ne jamais oublier que nos élèves n'ont que faire de l'enseignement général. The Show must go on, mais c'est primordial.

10.
Le mouvement des Gilets Jaunes fut-il d’extrême droite ? Fut-il d’extrême gauche ? A mon avis, il fut l’expression, et peut-être la dernière, de la colère de la France de souche, qu'elle fût de gauche, qu'elle fût de droite.

11.
Avec un rouble aussi faible (1 euro = 75 roubles) et des indices boursiers aussi bas (le RTSI à 940 points!), tous les discours de Poutine deviennent vains. L'économie de la Russie s'écroule. Poutine perd sa sale guerre en Ukraine.Eh non, Elvira Nabioullina, quels que soient ses mérites, ne peut pas faire de miracles.

12.
Censure d'une librairie à Nice à l'occasion de la visite du sieur Darmanin. Qu'en est-il de la plainte de Darmanin envers Quatennens ? Il est que Darmanin ne gifle pas ses partenaires ; il se contenterait de quelques faveurs et gâteries en échange de promesses de logement...

13.
Monsieur le Ministre Pap Ndiaye, convenez-en, la co-intervention et les heures « chef d’œuvre » sont des âneries chronophages. Rendez leurs heures aux professionnels. Les élèves en ont besoin.

14.
J'avais été impressionné par le film, mais quoi qu'en pense l'université, je vous dis que ce roman, « L’Exorciste », de William P. Blatty, est un chef d’œuvre.

15.
Mais qui s'intéresse encore à ce que raconte ce clown de Soloviev ?

16.
« Il posa l'hostie sur sa langue et déglutit le désespoir à goût de papier. »
(William P. Blatty traduit par Jacqueline Remillet, « L’Exorciste » ) 

17.
Poutine, certes, est (pour l'instant) intouchable. Mais personne ne pleurerait, je crois, la mort de Prigojine ou celle de Kadyrov.

18.
Si Poutine n'a jamais vu « Le Parrain », sans doute ne sait-il pas que, par sa sale guerre en Ukraine, il s'est voué à être ce vieux mafioso se croyant à l'abri et qui meurt assassiné par le fils d'une famille qu'il a jadis décimée, #UnPoissonPourPoutine

19.
Les pro-Poutine ont moqué Zelensky défiant, avec humour, Poutine en combat singulier alors que Volodymyr Zelensky n'a fait que rappeler cette bonne et vieille morale ; « Si tu touches à mes enfants, je te tue. »

20.
D'ici quelques années, l'Histoire de la Russie dira de Mikhaïl Gorbatchev qu'il fut l'homme qui aura tenté de faire rentrer la Russie dans la modernité et la démocratie, et dira de Poutine qu'il aura été l'un des pires imposteurs de cette histoire.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 décembre 2022

19 décembre 2022

LE POETE SUIT SA METAPHORE

LE POETE SUIT SA METAPHORE

Notes sur le sonnet « Le flambeau vivant », de Baudelaire.

1.
Baudelaire, « Le Flambeau vivant ». Des « Yeux » qui « marchent », avec majuscule et majesté (enfin, ça je ne sais pas). L'Ange aimanteur. - Il est menteur, l'Ange ? - Non, l'Ange aimante ; il est magnétique. - Ah !...

Et s'il est savant, l'Ange, et si les yeux sont « pleins de lumières », ça doit être celles de l'intelligence. Les Yeux sont « frères » (et même jumeaux, dis). Le narrateur baudelairien en est tout fasciné fraternel itou.

Est-on dans l'affinité élective, l'âme sœur, puisqu'ils sont « frères » ? Et comme ils étincellent les frères Mirette-là, ils jettent partout des « feux diamantés ». C'est précieux, hein ? Alchimique.

« Ils marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumières,
Qu'un Ange très savant a sans doute aimantés ;
Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères,
Secouant dans mes yeux leurs feux diamantés. »
(Baudelaire, « Le flambeau vivant »)

2.
Les Yeux, dont cause le narrateur baudelairien, sont-ils des anges gardiens ? Non seulement, ils « marchent », mais ils « conduisent ». Le narrateur baudelairien n'a plus qu'à les suivre, ces guides lumineux.

Sur un rythme ternaire, « la route du Beau ». Absolument. Les Yeux sont-ils des « serviteurs » ? Peut-on être « l'esclave » des Yeux ? Sans doute qu'un voyeur compulsif est l'esclave de ses yeux et de qu'il y a derrière.

« Tout mon être obéit » : exister, n'est-ce pas « obéir de tout son être » à une « volonté de puissance », à une énergie vitale qui nous anime et nous dépasse ? Cette énergie vitale est-elle exprimée ici par la passion amoureuse et la préciosité poétique ? Et si c'était une métaphore, ce qu'il suit, le narrateur baudelairien. Il croit tomber amoureux d'une femme, il se fascine pour une figure de style. La métonymie, dans le genre fascinant, c'est-y contagieux ?

« Me sauvant de tout piège et de tout péché grave,
Ils conduisent mes pas sur la route du Beau ;
Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ;
Tout mon être obéit à ce vivant flambeau. »
(Baudelaire, « Le flambeau vivant »)

3.
« clarté mystique » des cierges et des Yeux. Une « flamme fantastique ». Le «Réveil » contre la « Mort ». La personne qui a ces yeux-là, serait-ce une surnaturelle ? Une voyante ? Une hypnotiseuse ? Une fascinatrice ? Les Yeux ne sont pas seulement marcheurs, ils chantent aussi, en duo donc. Et s'il y a plusieurs personnes, ça fait un chœur d’yeux chanteurs :

« J'ai des yeux, de beaux yeux,
des yeux noirs, des yeux bleus !
Je les vends deux par deux
achetez-moi mes yeux ! »
(Jules Barbier, livret de « les Contes d'Hoffmann », de Jacques Offenbach, Acte II, [Coppélius]).

Miroir, chiasme : « le soleil rougit » ; « vous chantez le Réveil » ; « en chantant le réveil » ; « Astres dont nul soleil ». Et dans toutes ces luminosités astrales, la répétition du mot « flamme ». C'est qu'ils se regardent. C'est qu'ils se reflètent.

Et comme elle marche devant, c'est qu'elle doit se retourner. Et lui, de la regarder, avec l'air qu'il prenait dans ces cas là, et que je ne puis connaître, puisque ça fait belle lurette que le poète et sa muse sont morts avant que je sois né.

« Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique
Qu'ont les cierges brûlant en plein jour ; le soleil
Rougit, mais n'éteint pas leur flamme fantastique ;

ls célèbrent la Mort ; vous chantez le Réveil ;
Vous marchez en chantant le réveil de mon âme,
Astres dont nul soleil n'a pu flétrir la flamme ! »
(Baudelaire, « Le flambeau vivant »)

Note : A y songer, un tel titre, quelque analyste entiché de psychanalyse pourrait le lire ainsi : « Flan, beau vit, vent », et y voir l'inconscient du poète récusant ce que vous voulez. Mais à mon avis, c'est du vent.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 décembre 2022.

 

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