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BREFS ET AUTRES

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24 novembre 2022

ON NE RELIT JAMAIS ASSEZ ZAZIE DANS LE METRO

ON NE RELIT JAMAIS ASSEZ ZAZIE DANS LE METRO

1.

22.11.2022 .

Quand on apprend le décès d'une personne avec qui l'on a travaillé et qui fut notre supérieur hiérarchique, parfois on se dit c'est dommage.

Ainsi qu'ça va.

J'aimais bien cette personne.

Ainsi qu'ça va.

2.

Reprendre le travail. Le travail, c'est ce que l'on prend.

Prendre son poste. Reprendre courage.

Reprendre la routine, le rituel, la ritournelle.

Quelque chose de magique dans le travail qui transforme un bipède vaguement obscène en humain utile.

Je pense à son mari.

Ainsi qu'ça va.

3.
Hier soir, mangé avec Zut une quiche moules-légumes.

Hier soir, c'était il y a quelques jours. Entre-temps, j'ai mangé autre chose.

Ecrivant « j'ai mangé autre chose », je pense au mystère, ou à l'ironie, que pourrait receler ce bout de phrase.

Hier soir, j'ai mangé deux talmouses en tricorne.

4.

« - Ah, la foire aux puces, dit Zazie de l'air de quelqu'un qui veut pas se laisser épater, c'est là où on trouve des ranbrans pour pas cher, ensuite on les revend à un Amerlo et on n'a pas perdu sa journée. »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro », chapitre 4)

5.

On ne relit jamais assez « Zazie dans le métro ».

Face au flot de lourdeurs pavées qu'on nous vante dans le poste comme littérature actuelle, et résiliente, et voyez comme ce monde est injuste et violent, Queneau est nécessaire, nécessairement nécessaire.

6.

Il fait nuit. J'entends du Erik Satie sur France Culture.

Les gens n'écoutent pas les distanciations distinguées de Satie.

Je me dis que les gens, surtout qu'ils écoutent du bruit.

Les gens font du bruit.

Les gens sont de plus en plus bruyants.

De l'importance des grandes gueules politiques.

Les gens sont fascinés par le bruit.

Ils votent pour.

7.

De l'importance des grandes gueules politiques : Mélenchon et bien des Zéléfistes, Le Pen père et fille et bien des Herennes, Zemmour, Macron qui s'écoute parler.

Je ne les aime pas.

Ils sont les symptômes de cette grande et longue crise que l'on appelle « humanité ».

8.
Et puis il y a les grandes gueules internationales : Trump, Poutine, Bolsonaro, Orban, et tant de céleris, et tant de scélérats.

Eux, ils ne sont pas utiles. Ils sont dangereux.

Plus nous sommes nombreux (8 milliards tout de même), plus les gens font du bruit et plus les gens se perdent dans le bruit, et plus les grand gueules pullulent et prospèrent (Yop-la-Boum).

9.

Dans le chapitre 4 de « Zazie dans le métro », à un moment, Zazie mange des moules « avec une férocité mérovingienne ».

Ce qui ne veut pas dire que Zazie mange et des moules et de la férocité.

Non, Zazie mange des lamellibranches (Queneau emploie le mot). Il se trouve qu'elle y met de la férocité, surtout lorsqu'elle « force » les ceusses « qui ont résisté à la cuisson ».

Je ne pense pas que l'on puisse parler de moules féroces.

La comparaison « féroce comme une moule » me semble de nature ironique.

Je ne pense pas qu'il existât un film dont le titre serait : « L'attaque des moules géantes ».

10.

Logique zazienne au chapitre 4 du roman de Queneau :

« Un satyre » peut se donner « l'apparence d'un faux flic ».

Un « vrai flic » peut se donner l'apparence d'un « faux satyre qui se donne l'apparence d'un « vrai flic ».

Conclusion : Il a oublié son parapluie au bistro.

Qui peut s'écrire aussi :

Il a oublié son pébroque au bistro.

C'est donc qu'il n'est pas un « satyre qui se donne l'apparence d'un faux flic ».

Et s'il n'est pas un « faux flic » qui se donne l'apparence d'un faux satyre, c'est donc qu'il est un « vrai flic qui se donne l'apparence d'un faux satyre qui se donne l'apparence d'un vrai flic ».

11.

« - Mais ce qu'il y a de plus fort dans mon cas, reprit le type, c'est que je ne sais pas si j'en avais un avant.

- Un nom ?

- Un nom. »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro », chapitre 7)

Sûr qu'avant, avant le roman, le type n'avait pas plus de nom que s'il existait.

Est-ce que Dieu peut dire qu'il est Dieu ?

12.

« - Je ne parle pas de l'histoire avec le roi de la séguedille et de la princesse des djinns bleus. »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro », chapitre 7 [le type])

J'aime bien les contes défaits et les périphrases délicieuses.
13.

Les gens craquent. Le bois craque. Les allumettes craquent.

On fume.

Patrice Houzeau

Malo, le 24 novembre 2022.

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21 novembre 2022

PARFOIS LES SALTIMBANQUES JE M'EN FOUS

PARFOIS LES SALTIMBANQUES JE M’EN FOUS

1.

J'écoute la batteuse Sina assurer le rythme de « Hallowed By Thy Name » de Iron Maiden.

Autrement, la chanson, ça dit les paroles de quelqu'un qui va être pendu.

C'est dans « Cosmos » de Gombrowicz qu'il y a un moineau pendu.

Vais-je lire « Cosmos » en écoutant du Iron Maiden ?

Je sais pas. Y a comme un truc qui m’agace.

Y a comme un truc qui m’agace. Et puis, Iron Maiden ça fait du boucan.

2.

La farine dans le bol, ajouter de l'eau, du sel, du fromage rapé.

J'aime bien Iron Maiden, mais ça fait quand même du boucan.

Du boucan Du boucan Du boucan Boucan Boucan Boucan

Je répète ce mot Boucan qu’ça fasse boucan justement

Boucan rythmique façon batterie.

Le fromage rapé, y en a dans les sachets qu'on achète au supermarché.

J'aime bien Iron Maiden, mais c'est pas très léger quand même.

Touillez qu’ça fasse pâte, puis mettez-la, s'te pâte, dans un peu d’huile et votre crêpière.

(Ça coûte pas cher).

3.

Pas léger, Iron Maiden, j'vas mettre « Black Betty » de Ram Jam avec toujours la battante Sina.

La pluie, ça bat aussi, les toits, les chiens, les chats, les gens, i s'pressent, du coup, i passent plus vite, les gens, la pluie, ça bat puis ça s'abat, - ça bat puis ça s’abat, c’est idiot ça, bah puisque c’est rythmique, j'aurais pu mettre du Black Sabbath.

4.

Le « Black Betty » à Ram Jam, c'est-y pas une chanson de prisonnier au départ, ou un traditionnel des champs de coton ?

En tout cas, ça tonitrue rythmique, efficace, cinglant, avec ces cymbales qui sifflent façon pour qui sont ces serpents, mais je m'égare (du Nord).

5.

Entendu tout à l'heure sur France Culture je ne sais qui regretter qu'il y ait de moins en moins d'étudiants étrangers.

Je ne sais pas si c'est vrai.

Et puis, de toute façon, il y a déjà trop d'étudiants, et d'une manière générale trop de gens partout.

I savent plus où se mettre.

6.

Entendu « Les Anneaux de Saturne », de Chassol. Je sais pas comment ça tient, mais ça tient. Je pense, ça tient au rythme. J’aime bien avec les loups. Sinon courir « parmi les oiseaux nus », c'est bizarre. Du décalé. Remarquez, ça passe le temps, le décalé.

Après, est-ce de l’art ? Je sais pas. Je m’en fous. Sont payés pour.

8.

Ah flûte et zut, j’ai bloqué la souris d’un ordinateur portable.

« Tu passais sur notre route, et nous t’avons ramenée chez nous. » ; j’entends ça dans un film appelé Tomiris.

D’après Wikipédia, Tomiris, c’est le nom de la légendaire guerrière qui mit fin au règne de Cyrus le Grand, lequel fonda l’empire perse.

Sinon, c’est un film kazakh, réalisé par Akan Satayev. Y a des flèches, des chevaux, des guerrières et des steppes.

Je ne sais pas si je vais regarder le film jusqu’au bout.

Je ne pense pas. Y a comme un truc qui m’agace. Pas d’humeur à regarder un film à batailles.

9.

Je suis près de la mer et il fait nuit.

La mer, elle fait du bruit.

« Les chevaux de la mer » c’est pas ça qu’il dit, Léo Ferré ?

Ah ouais, il me semblait bien que c’était dans « Comme à Ostende » de Jean-Roger Caussimon que Ferré l’a chantée, la « Comme à Ostende » à Caussimon.

« On voyait les chevaux d’la mer

Qui fonçaient la têt’ la première

Et qui fracassaient leur crinière

Devant le casino désert ».

En tout cas, chevaux d’la mer ou pas, elle fait du bruit, la mer. Paraît qu’il y en a qui supportent pas ça, de vivre près du bruit de la mer.

10.

J’ai vérifié qu’on dit sur internet que dans la chanson Black Betty (« Oh oh Black Betty Bam-ba-lam ») Black Betty ça pourrait être « un fusil, une bouteille d’alcool, un fouet, un wagon de transfert pénitentiaire » dans l’Amérique d’il y a des lustres.

11.
« Cet homme nous tend la main, mais elle est couverte de sang », qu’elle dit Tomiris dans le film éponyme de Satayev.

Elle parle de Cyrus le Grand.

Je suppose que Volodymyr Zelensky pourrait dire ça de Poutine si jamais Poutine voulait négocier défois  qu’il commencerait, le Poutine, à se rendre compte qu’il ne va pas tout à fait la gagner, sa sale guerre en Ukraine.

12.

Dans le film ça s’bataille. Les armes font des kling et des klang, et les bipèdes combattants poussent des euh et des oeuh et des euoh. Ça m’intéresse mollement. C’est comme ça, j’suis vaguement agacé d’un truc.

Parfois, les saltimbanques, je m’en fous.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 21 novembre 2022.

19 novembre 2022

QUELS ETRRES ETRRRANGES SONT CE LA ?

QUELS ÊTRRES ETRRRANGES SONT CE LA ?

« Un passage secret !... C'est inouï !... Et c'est l’œil qui a déclenché le mécanisme !... Entrons ! »

(Hergé, « Vol 714 pour Sydney », planche 43 [Tintin])

1.

Alors Rastapopoulos, le Rastapopoulos de Tintin et Hergé dans « Vol 714 pour Sydney », oui-da, quel rascal, chacal, crapoteux, crapouilleux et pouillard et pouillot, - ô crapaud, ô Rastapopoulos -, quelle crapule stilal, tenta d'écraser une araignée, mais l'araignée fut si vive et véloce et vivace, qu'esquivant le talon, vivante elle resta, malgré l'acharnement à bottes du rageur Rastopopoulos, qui donc l'eut dans l'os.

2.

Alors Rastapopoulos, le Rastapopoulos de Tintin et Milou et Hergé dans « Vol 714 pour Sydney », oui-da, la crapule bien connue, et vilain, et véreux, et vraiment épouvantablement ridicule, Rastapopoulos tenta d’extorquer à Carreidas le numéro de son compte en Suisse... en Suisse... où j'aimerais tant passer le reste de mes vanités horaires en compagnie d'une jolie Suissesse, ou sa sœur, pleine aux as, et douce, suave, délicieuse, gentille et généreuse, pas trop silencieuse, mais point jacassante. Ceci dit, je rêve, je rêve, je songe, mais je ne sais pas, je ne pense pas que, pour moi, de telles Suissesses, ou leurs sœurs, existassent, ni de telles compagnes d'ailleurs, que moi-même, que j’existe me semble aussi sot qu'improbable.

3.

La sœur d'une Suissesse est-elle suissesse elle aussi ? - Oui, assurément, sauf si la sœur de cette Suissesse a marida un frança et qu'a s'a fa naturalisa (poil aux bras, au bas, abracadabra).

4.

C'est à la planche 28 de « Vol 714 pour Sydney », de Hergé, que les forces de l'invisible se manifestent pour la première fois. C'est d'abord le pendule du professeur Tournesol qui se met à osciller si fortement, si fortement, si fortement, à tel point que le professeur Tournesol fait remarquer que ce sont là « les plus fortes oscillations que [son] pendule ait jamais enregistrées ». Ensuite, dans un phylactère aussi ad hoc que son nom, le capitaine Haddock donc, se fait la réflexion d'une « curieuse impression... celle d'une présence invisible autour de nous... ». Ah ça c'est aussi mystérieux que le mystère des chaussettes de l'archiduchesse mises à sécher, avec ses chemises aussi, et qui furent mystérieusement remplacées par six saucissons et un hareng aussi saur qu'ironique.

5.

Alors, comme j'avais fort faim, je me mangeai et me trouvant indigeste, je me rendis compte que j'écrivais n'importe quoi.

6.

Mais revenons à « Vol 714 pour Sydney », de Hergé, et voyons ce varan progressant dans l'herbe et la case 10 de la planche 35, « - Qu'est-ce qu'il fabrique ici, cette espèce de diplodocus sorti tout droit de la préhistoire ? » et disons que ce varan, ce « sorti de la préhistoire », comme dit Haddock, c'est le passé représenté, la permanence reptilienne (Sartre ressuscité ?) cependant que s'agitent pendule, mitraillettes et bipèdes, dont certains très reptiliens eux aussi (« Vipère ! » lance Haddock à l'adresse de Allan).

7.

Alors Tintin, l'épatant Tintin de Tintin et Milou et Hergé du « Vol 714 pour Sydney », planche 38, l'invisible se manifeste à nouveau puisque Tintin, soudain, « On dirait qu'une voix me parle à l'intérieur de moi-même », que le sympathique, épatant et globe-trotter Tintin, le voilà tout télépathé.

8.

Planche 41, il est question d'un « signe » gravé sur un rocher, « celui des dieux qui sont venus du ciel sur leurs chars de feu ! » dit à Allan un Sondonésien refusant d'entrer dans le « troulala » (cf planche 40 de « Vol 714 pour Sydney », de Hergé) même que « ces dieux qui sont venus du ciel dans leurs chars de feu », cela rappelle la théorie des anciens astronautes, ces extra-terrestres qui seraient venus des ailleurs stellaires, pour faire sur notre planète de l'architecture (pyramides, alignement de mégalithes, statues à gros yeux, et salsifis et choléra) because le cursus suivi par les étudiants en architecture de chez eux (les lointains cosmiques), prévoyaient alors un stage de plusieurs semaines sur la planète Terre, vu qu'on y trouve des tas de matériaux épatants, qu'on peut faire avec des constructions tout ce qu'il y a plus propre à fasciner le bipède humain pour les siècles des siècles. Apparemment, il dut y avoir une réforme dans leur cursus architectural, à ces zèbres des azurs dans leurs drôles de machines, parce que s'ils nous visitent encore, hein les bâtisseurs des étoiles, ils construisent plus rien.

Je songe aussi que si l'antre du mystère, c'est un « troulala », comme dit Rastapopoulos, et si le mot « troulala » renvoie bien à ce que je pense, c'est peut-être aussi que cette histoire de visiteur cosmique des temps anciens, c'est juste qu'une connerie.

9.

Alors, dans un claquement de sa mâchoire de pierre, la statue avala, goba, engloutit Carreidas, Krollspell, Haddock, Tintin, Milou. Que va-t-il se passer ? Oh c'est palpitant comme un poulpe télépathique si tant est qu'il existât des poulpes télépathiques, ou des capillaires érudites, ou encore des barricades énigmatiques.

10.

Dans « Vol 714 pour Sydney », de Hergé, lorsque Mik Ezdanitoff de la revue « Comète » (rappelant Jacques Bergier de la revue « Planète ») commente planche 47 un étrange dessin rupestre, son roulement des « r » et les particularités de sa syntaxe participent à la bizarrerie : « Voyez dessins surr murr : c'est évidement machines utilisées parr êtrres venus d'autrres planètes... ». Sur des pierres illustrées qu'on aurait les preuves de leurs visites, aux extra-terrestres... N'est-ce point curieux ?

11.

L'astronef extra-terrestre de « Vol 714 pour Sydney », de Hergé, ne ressemblant pas à un astronef extra-terrestre, mais à un canotier blanc et lumineux, je m'interroge : à quoi ça ressemble ça, réellement, un aéronef extra-terrestre ? A une machine à coudre ? Un parapluie ? Une table de dissection ? Un Saint descendant du ciel ? Une bête faramine ? Le wok égaré de Tante Agatha ?

12.

Ai revu l'autre soir « La Mort aux trousses », de Hitchcock, ai pensé qu'il y avait une parenté de style entre ce film et la fameuse « ligne claire » d'Hergé, une parenté d'atmosphère entre l'aventure de Roger Thornhill et les aventures de Tintin.

Patrice Houzeau

Malo, le 19 novembre 2022.

13 novembre 2022

DU BIZARRE QUI VIENT TURBULER

DU BIZARRE QUI VIENT TURBULER

1.

A la planche 4 du Jesse James

De Morris et Goscinny on voit

Un coq pas content même qu'il

Court ce coq pas content même

Qu'un cocoricooo interrogatif

Qu'il pousse ce coq courroucé

Courroucé cocasse itou ce coq

Because y a le Jesse James là

I veut lui piquer une plume &

La mettre à son chapeau Après

Jesse James i s'pose tout une

Série de questions même qu'il

A un frère du Shakespeare que

Son frère lit ça doit être un

Intellectuel & j'en sais rien

Si dans la véritable histoire

De Jesse et Frank James Frank

Lisait du Shakespeare qu'elle

M'a l'air très sanglante dans

La réalité l'histoire du gang

James-Younger Ensuite planche

7 Il y a deux policiers et ce

Ne sont pas Dupond & Dupont &

Pas non plus Astérix & Obélix

Ni Blake & Mortimer parce que

Cosmo Smith et Fletcher Jones

Sont leurs noms dans la bédé.

2.

Voilà une vignette qui montre les personnages

De Johan et Pirlouit de Peyo le dessinateur à

L'origine des Schtroumpfs Johan a les cheveux

Noirs & l'air décidé du bachelier qu'anime la

Volonté de devenir chevalier Il a donc épée à

La main & regard franc Pirlouit cocasse luron

Qu'il semble au nez rond & la bouille réjouie

Plus large que haute façon boulette la longue

Mèche blonde qui couronne sa petite taille et

L'air d'avoir toujours plus d'un tour dans sa

Malice C'est aussi après la seconde guerre du

Monde tel qu'ils s'entretuent les humains que

Marc Sleen créa le personnage de Néron et son

Humour absurde jusqu'à la poésie Néron et son

Chapeau De Avonturen van Nero en zijn hoed en

Fut d'abord le titre et qu'on n'en trouve pas

Les albums en France je trouve cela dommage &

Si jamais vous tombe sous les yeux l'album Le

Petit Coffre canari z'en goûterez l'épatance!

3.

Aux planches 10 à 13 de « L'Orgue du Diable »

De Roger Leloup Yoko poursuit tombe se relève

Très dynamique sautillante en rouge et noir &

Même qu'elle porte de souples bottes rouges &

Manque se faire étrangler whiii-huuule Ingrid

S'intrigue d'un gros tuyau dans le jardin que

Pol voit qu'il est en cuivre On peut lire des

Bribes d'allemand mich nicht mehr... Ich habe

ein ver-... seine Orgel zu... verrückt aber &

C'est sur une bande magnétique ils l'écoutent

C'est bien mystérieux même qu'il « manque des

pages ! »s'écrie Ingrid qui se souvient d'une

Légende et après Yoko Tsuno Ingrid et Pol ils

Pourraient faire des crêpes des gaufres voire

Des claquettes mais non parce qu'ils prennent

Des pelles pour hein voilà moi ce que je peux

Dire c'est que l'intrigue se base sur quelque

Enigme genre paranormal avec légende de pacte

Avec le Diable orgue maudit tuyau énigmatique

Mais que Yoko agit rationnellement ça me fait

Penser à une série téloche des années 70 avec

Pierre Vaneck et Elga Andersen Aux Frontières

du possible que ça s'appelait et c'était basé

Sur l'idée que la science pouvait l’expliquer

Le bizarre qui vient défois turbuler le réel.

Patrice Houzeau

Malo, le 13 novembre 2022.

13 novembre 2022

ZUT DEGUSTE DU SAUCISSON SEC

ZUT DEGUSTE DU SAUCISSON SEC

1.

Zut déguste du saucisson sec en attendant que sèchent les chaussettes de l'archiduchesse, dont récemment la sœur, - Sissi était son nom -, s'a fa trucida par erreur et par un chasseur qui croyait qu'il savait chasser avec ou sans son chien.

2.

Zut déguste du saucisson sec tandis que klaxonnent les coin-coins aux quatre coins du canton et que passent de toutes tellement sensibles, tellement sensibles, tellement sensibles, qu'un souffle pourrait les évaporer.

3.

Zut déguste du saucisson sec cependant que chiots chahutent et chats, chattes, chatons se chauffent à la chaleur d'une prodigieuse cheminée où crépite et palpite un feu dont les flammes jettent des ombres formidables.

4. Ce n'est pas parce que Zut ne zézaye pas que je l'appelle Zut, pas plus que ce n'est pas parce qu'elle ne chuinte point que je ne l'appelle pas Chut.

5.

Zut déguste du saucisson sec cependant que dans les azurs zébrés passe un vampire sur un vélo volant vu que, visiblement, ce vampire s'est fait voler ses ailes par la cocasserie d'une phrase commençant par Zut déguste du saucisson sec.

6.

Zut déguste du saucisson sec en se disant : « Comme tant de choses... » mais ne sachant pas lire dans ses pensées, je ne sais pas ces choses auxquelles elle songe, Zut.

7.

Zut déguste du saucisson sec qu'elle a acheté avec ses sous chez le saucissonnier qui, sans souci, lui assura que ces saucissons secs sont si secs qu'on peut être sûr que c'en sont (et Dalila).

8.

Zut déguste du saucisson sec en sirotant une Suze cependant que sa cousine Zazie cause avec ses amies Zoé et Suzon de la zizanie en cours chez d'autres zozos et zozotes.

9.

Zut déguste du saucisson sec en conjecturant que de l'impitoyable et pitoyable Poutine l'empire empire de jour en jour.

10.
De retour du zoo, où elle est allée avec Zazie, Zoé, Suzon zieuter les zèbres, Zut se dit : « Zut ! Il n'y a plus de chorizo ! Quoi donc déguster en sirotant ma Suze vespérale ? » Sais-tu, Zut, qu'il reste du saucisson sec, de la rosette, aussi du salami ? lui susurra Salomé salutaire.

Patrice Houzeau

Malo, le 13 novembre 2022.

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13 novembre 2022

POUTINE LA LOI DU PLOMB ET DU SILENCE

POUTINE LA LOI DU PLOMB ET DU SILENCE

 

  1. Tandis que Choïgou annonce de bonnes nouvelles aux Russes en prenant la tête de Roger Gicquel le jour où il déclara : « La France a peur », je me demande ce que fait Guerassimov. Probablement qu'il doit relire sa thèse sur la guerre hybride en se disant : « Il y a quelque chose qui cloche là-d'dans, j'y retourne immédiatement. »

  2. Le 7 octobre 2006 (jour de l'anniversaire de Vlad l'empoisonneur), Anna Politkovskaïa est assassinée. On peut noter qu'auparavant, plusieurs journalistes de Novaïa Gazeta étaient morts de mort violente, sans doute parce qu'ils enquêtaient sur des affaires de corruption.

    Je lis sur Wikipédia que, selon « Reporters Sans Frontières », à la date de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa (7 octobre 2006, jour de l'anniversaire de Vlad le défenestreur) 20 journalistes déjà avaient été assassinés en Russie depuis l'élection de Poutine (26 mars 2000).

  3. Quel que soit le commanditaire de l'assassinat de Anna Politkovskaïa (Poutine ou Kadyrov), j'entends sur France Culture que ses enquêtes sur d'éventuels crimes contre l'humanité commis par l'armée russe en Tchétchénie auraient commencé à donner des sueurs froides à Poutine lui-même, inquiet de la reconnaissance internationale du travail de la journaliste.

  4. Lorsque l'on entend parler de la corruption en Russie, il semble que celle-ci soit si répandue qu'elle touche les plus hautes sphères de la société.

    Questions : les plus hautes autorités de l'armée russe sont-elles touchées ? Et si oui, jusqu'à quel point ? Et quelles conséquences cette corruption a eu sur la manière dont a été menée la sale guerre de Poutine en Ukraine ?

  5. Le général Vincent Desportes, il n'y a pas si longtemps, a décrit l'OTAN comme étant inefficace et paralysée par un carriérisme de pantoufle. Il y a quelques jours, il évoquait un possible Stalingrad à Kherson. Incompétence, léger mou intercostal pour le Poutine, sénilité ?

  6. 12 novembre 2022. Ah tiens, le bitcoin et le rouble poutinien sont en difficulté. Sale temps pour les monnaies douteuses.

  7. Pourquoi Poutine envoie-t-il en Ukraine des mobilisés, parfois mal formés et mal équipés nous dit-on, au risque de nourrir les ressentiments de la population russe. Réserverait-il ses régiments les plus aguerris pour une autre phase de son « opération spéciale » ?

  8. « une société ni communiste ni libérale, mais de plus en plus monstrueuse », a écrit André Glucksman dans une préface au livre « Tchétchénie, le déshonneur russe », de Anna Politkovskaïa (2003), décrivant ainsi la Russie poutinienne à venir.

  9. Les historiens n'ont pas fini de discuter de savoir si la cause du conflit russo-ukrainien réside dans la revendication identitaire d'une majorité russophone du Donbass à être rattachée à la Russie, ou si cette revendication identitaire n'a été qu'un prétexte, voire qu'elle a été exacerbée, entretenue et armée par le FSB et le GRU.

    La sale guerre de Poutine en Ukraine aura prouvé à l'Occident que le vieil adage « si vis pacem, para bellum » est toujours d'actualité et que ni la mondialisation des échanges (la « société ouverte »), ni nos sophistications technologiques ne font disparaître ce sentiment d'appartenance à une communauté, qu'on l'appelât patriotisme ukrainien ou nationalisme russe.

    Aussi, face à un impérialisme russe résurgent, est-ce plus au nom de la défense des démocraties qu'au nom d'une territorialité à retrouver, que l'Occident a choisi de soutenir l'Ukraine.

    Quant à l'eurasisme de Douguine, sans doute s'agit-il surtout d'une création intellectuelle, comme tous les élargissements abusifs des communautarismes (panslavisme, pangermanisme, panislamisme, panarabisme, européisme naïf, etc...)

  10. L'une des grandes énigmes du conflit russo-ukrainien aura été l'état réel de l'armée russe (qui semble mal équipée, mal commandée et que l'on dit pauvre et corrompue). La Russie ne semble donc pas en mesure d'affronter l'Occident dans une guerre conventionnelle de grande ampleur. Que reste-t-il à l'impérialiste Poutine ? Ses alliés hypothétiques (Chine, Corée du Nord, Biélorussie,...) et sa puissance nucléaire.

  11. La popularité russe de Poutine viendrait de ce qu'il a mis fin au laisser-aller sociétal et au désordre laissé par son prédécesseur Eltsine. Sans doute. Mais sans doute a-t-il rétabli un semblant d'ordre à la manière d'un parrain de la mafia : par la loi du plomb et du silence.

    Ainsi, il semble que la société russe soit tout autant criminalisée sous Poutine que sous Eltsine, la différence étant que cette criminalité serait beaucoup plus organisée, hiérarchisée, sophistiquée même que par le passé turbulent de la fin de l'ère soviétique.

    Patrice Houzeau

    Malo, le 13 novembre 2022.

11 novembre 2022

POUR RAPPELER LES MORTS AUX VIVANTS

POUR RAPPELER LES MORTS AUX VIVANTS

1.

Sur la quatrième de couverture de l'édition de « Si c'est un homme », de Primo Levi, je lis cette phrase d'Angelo Rinaldi : « Si la littérature n'est pas pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité. »

2.

Libération de Kherson : le drapeau ukrainien flotte sur la ville (accompagné du drapeau de l'Europe aussi, dit-on). Les habitants manifestent leur joie en accueillant chaleureusement les combattants des forces ukrainiennes. Mais bon, Xavier Moreau (Stratpol, organe poutinien) va sans doute nous expliquer que ce drapeau ukrainien est en fait un drapeau russe déguisé, que ces enfants qui rient sont des mercenaires de Wagner en civil et que l'Ukraine est en passe de tomber dans un piège aussi machiavélique que bien pensé par le génial Poutine, lequel, s'il a un peu de bon sens, devrait commencer à se poser des questions sur les réelles capacités de son armée.

3.
La libération de Kherson ne signifie pas la fin de la sale guerre de Poutine en Ukraine, mais que le petit père des empoisonnements et défenestrations se soit pris une fessée par l'armée d'un pays qu'il considère comme décadent et pourri par l'influence occidentale, voilà qui fait plaisir.

4.
Y a un certain général allemand, Erich Vad qu'il s'appelle, il y croit toujours lui à la victoire de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine. Soit, ce général est incompétent (et ça coûte bonbon à l'entretien, un général), soit euh non, je ne vais pas le dire qu'il s'en sentirait, peut-être, lui aussi du mou interscotal pour le Poutine, mais on finit par se poser des questions.

5.

« Dans une note du temps où il travaillait à son premier livre, « La Naissance de la tragédie » (1870), Nietzsche écrit : « Je crois à ce mot des anciens Germains : tous les dieux doivent mourir. »

(Heidegger, « Le mot de Nietzsche « Dieu est mort » in « Chemins qui ne mènent nulle part »)

Où l'on voit que la mort des dieux est avant tout livresque. Ce début de XXIème siècle est au contraire marqué par un retour des dieux et des batailles sanglantes livrées en leur nom.

Ainsi, certains chrétiens traditionalistes prennent ouvertement parti en faveur de Poutine et de sa sale guerre en Ukraine menée avec la bénédiction du patriarche Kirill dans le soi-disant but de sauver l'Occident de la décadence.

Chaque jour, les meurtres ordonnés par les mollahs iraniens et la répression dont ils se servent pour sauver leur privilèges rappellent que l'odeur de Dieu est loin d'être dissipée. En fait, les dieux se sont à nouveau emparés du monde, et à nouveau, - les imbéciles parleront de sacrifices -, des humains en meurent.

6.

« Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes de retour des pays chauds. Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé. »

(Rimbaud, « Une Saison en enfer »)

Rimbaud politique. Quel fantasme, ce portrait de colon ! Composant « Une Saison en enfer », Rimbaud se rêvait-il un destin d'enrichi des ailleurs, de « oisif et brutal » couvert d'or et de femmes comme dans les romans ?

Cette citation encore, plus loin dans le texte :

« Les blancs débarquent. Le canon ! Il faut se soumettre au baptême, s'habiller, travailler. »

7.
Ce n'est pas parce que la jeune fille est au piano qu'elle est impassible.

Elle est impassible parce qu'elle est aussi passée qu'un soupir dans une porte, et c'est ainsi que tu la vois.

Mais, est-ce parce que les étés sont de plus en plus chauds que tu as froid ?

Tu songes à tes Illustrés disparus, aux gaufres, à Maigret chez les Flamands – la jeune fille au piano -, aux heures inaccessibles.

8.
N'ayant pas demandé qu'on m'appelât chez moi s'il y avait du nouveau, je ne fus pas si surpris qu'on m'appelât ailleurs pour me dire que la situation n'évoluait absolument pas.

9.

Ecouté « Pigeons », de Genesis (1977). Le morceau est basé sur un motif rythmique aussi lancinant que sautillant (évocation des dits oiseaux ?). J'aime bien le texte qui me semble à double sens, mais j'me goure peut-être :

« So we called in those men, those horrible men

(…)

Sometimes they use vaseline, sometimes they use the pill

I've often seen them with a gun

But as the years go by, old habits seem to die

And nowadays they knockatize them all

Oh you've got to watch out

As you wander round the square in the morning

Oh they're everywhere, they're everywhere »

Et c'est signé : Anthony Banks, Phil Collins, Michael Rutherford.
10.

« Ici, c'est exactement comme ça. Savez-vous comment on dit « jamais » dans le langage du camp ? « Morgen früh », demain matin. »

(Primo Levi, « Si c'est un homme »)

C'est parce que le spectacle de la souffrance, plus que son évocation, pousse à la compassion, qu'il faut conserver le plus longtemps possible les lieux de la Shoah, afin que la parole ne soit pas qu'évocation abstraite.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 novembre 2022.

11 novembre 2022

ALORS L'HEURE VINT OU IL N'EUT PLUS DE TEMPS

ALORS L'HEURE VINT OU IL N'EUT PLUS DE TEMPS

1.

« Der Dichter kann sich auch eine Welt erschaffen haben, die, minder phantastisch als die Märchenwelt, sich von der realen doch durch die Aufnahme von höheren geistigen Wesen, Dämonen oder Geistern Verstorbener scheidet. »

(Freud, « Das Unheimliche »)

« L'écrivain peut s'être aussi créé un monde qui, moins fantastique que celui du conte, ne se distingue pas moins du monde réel par l'introduction d'êtres spirituels supérieurs, de démons et de spectres de défunts. »

(Freud traduit par Fernand Cambon)

De telle sorte que Freud, que je cite ici dans le texte parce que, distingue ici le fantastique pur du conte (le merveilleux, l'outil social, la parabole) d'un fantastique subjectif, hanté, psychopathologique (le récit d'épouvante, la sophistication gothique, le « Horla », la possession).

Question : les mythes gothiques de Dracula et de Frankenstein sont-ils plus puissants que les figures archétypales du conte ?

2.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles, »

(Rimbaud, « Voyelles »)

Je ne suis sans doute pas le seul à penser que c'est avec un grand talent, et même une sorte de génie, que Rimbaud s'est moqué du monde. Ce garçon était un punk.

3.

« Les théologiens affirment que si l'attention du Seigneur s'écartait une seule seconde de ma main droite qui écrit, celle-ci retomberait dans le néant, comme foudroyée par un feu sans lumière. »

(Borges, « Deutsches Requiem » [le narrateur])

Cette « attention du Seigneur », sans laquelle le monde retourne au néant, je l'appellerai « Sens ».

4.

« pour ce que c'est le même que si on disait que sa puissance est tout ensemble finie et infinie : finie, puisqu'il y a quelque chose qui n'en dépend point ; et infinie, puisqu'il a pu créer cette chose indépendante. »

(Descartes, «Lettre à Elisabeth », 3 novembre 1645)

Cette dernière partie d'une phrase de Descartes sur le libre-arbitre me plonge dans quelque chose qui s'apparente à la réflexion. Que la puissance de Dieu soit à la fois finie et infinie implique que si Dieu n'est que par sa puissance (le nom de l'être de Dieu étant ainsi « toute puissance »), Dieu lui-même serait à la fois fini et infini : voilà un point de vue d'une grande fécondité.

5.

« Moi qui compatis tant aux gens qu'on fait souffrir

Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ? »

(Molière, « L'Ecole des femmes », [Agnès], II, 5)

De sorte que c'est le spectacle de la souffrance plus que son évocation qui pousse à la compassion. Jusqu'à quel point ? Je me le demande.

6.

Nach meinen Beobachtungen = D'après mes observations

Ouvrant une édition bilingue de « Das Unheimliche », je lis ce début de phrase, et j'éprouve aussitôt l'envie de la noter, peut-être parce qu'il me rappelle l'importance dans la langue de l'observateur, du subjectif.

7.

« J'imaginai ce réseau de tigres, ce brûlant labyrinthe de tigres, répandant l'horreur dans les prés et les troupeaux, pour conserver un dessin. »

(Borges, « L'Ecriture du Dieu » [le narrateur])

Pendant ce temps-là, je vis qu'il était bientôt cinq heures. Comme la marquise n'était pas sortie, je me dis que cette phrase de Borges était lourde de sens quant au « tout fait signe », « signes des temps » et lectures ésotériques. Entendons-nous, j'allumai.

8.

« The first question of course was, how to get dry again : they had a consultation about this, and after a few minutes it seemed quite natural to Alice to find herself talking familiarly with them, as if she had known them all her life. »

(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter III)

« Question primordiale, naturellement : comment se sécher : on se consulta là-dessus, et au bout de quelques minutes, il parut tout naturel à Alice de se trouver en conversation familière avec ces créatures comme si elle les connaissait depuis toujours. »

(Lewis Carroll traduit par Magali Merle)

J'aime bien cette phrase de Lewis Carroll, que je cite en anglais parce que. J'aime bien cette phrase parce qu'elle rappelle, à sa manière toute fantaisiste, que la nécessité rapproche parfois des êtres qui n'ont en commun que leur mortelle condition.

9.

« Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ; »

(Rimbaud, « Voyelles »)

Rimbaud précurseur de l'association surréaliste des images. Je ne vous dirai pas à quoi ces « vapeurs et ces tentes » me font penser, parce que c'est vulgaire. M'étonnerait pas qu'il y ait du jeu de mots là-dedans.

10.
Il n'a pas regardé l'heure exacte quand il n'a pas rencontré Souvenance et Ramon Lamarne parce que n'ayant plus de bras, sa montre s'était arrêtée.

Note : Souvenance et Ramon Lamarne sont les personnages d'un roman qui existe : « Souvenance pleurait », de Yves Dermèze, Grand Prix du roman d'aventures 1950, et je ne vous dirai pas pourquoi.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 novembre 2022.

11 novembre 2022

SI JAMAIS DANS LA TÊTE A POUTINE UN LUTIN FOU

SI JAMAIS DANS LA TÊTE A POUTINE UN LUTIN FOU

1.

Il y a quelques jours encore, certains étaient sceptiques quant à une reprise rapide de Kherson par les Ukrainiens, et l'on disait que les Russes ne quitteraient pas Kherson sans de longs et meurtriers combats... Peut-on se fier à Choïgou quand il dit ordonner le retrait des troupes russes de la ville ?

2.

Pensez-vous que les forces russes auraient été autant en difficulté et dans l'incapacité de progresser, voire même dans la nécessité de reculer (comme à Kherson) sans livraisons d'armes à l'Ukraine ? Non bien sûr. Il faut donc continuer à soutenir les Ukrainiens.

3.

Le 11 novembre 2022 ; j'entends sur France Culture évoquer la question de savoir si les fascistes sont des Italiens comme les autres. D'après ce que je comprends, le terme « fasciste » sert facilement en Italie pour insulter le politique auquel vous vous opposez.

4.

Certains disent que Salvini nest pas fasciste au sens où il ne relève pas d'une tradition fasciste. Il serait plutôt un populiste. Ce qui le différencie, c'est qu'il n'a pas tenté d'user de la violence politique (via des « chemises noires » par exemple, ou l'assassinat).

5.

On ne peut pas imaginer les succès électoraux de Mussolini ou de Hitler sans songer que ces succès ont été préparés certes par une propagande efficace, mais aussi par un charisme évident, une séduction, une maîtrise de l'éloquence.

Ce charisme, cette séduction, cette maîtrise de l'éloquence, on les retrouve chez Poutine. On remarquera que, comme dans les cas de Mussolini et de Hitler, cette séduction et l'efficacité de ses services de propagande sont en fin de compte au service d'un projet mortifère.

6.

Vladimir Poutine aura été le politique qui aura réveillé le spectre de la Troisième Guerre Mondiale et donc relancé le nécessaire réarmement des démocraties.

J'avoue que j'ai du mal à comprendre « démocratie » autrement que « libérale ». Certes, il s'agit d'un libéralisme nécessairement tempéré par l'interventionnisme de l'Etat, mais d'un libéralisme tout de même, tant au niveau de la liberté d'entreprendre et de la défense de la propriété privée qu'au niveau des mœurs et de la tentation fédérale, mondialiste, voire universaliste.

7.

La politique est une manière de gérer la rareté naturelle. Naïvement, nous pensons d'abord que son but est d'abolir cette rareté naturelle, en produisant assez de richesses pour améliorer le sort du monde. Dans les faits, ce but, sans être totalement oublié, passe au second plan, derrière la défense des intérêts des Etats, lesquels dépendent des intérêts de leurs industries respectives.

Où l'on comprend que l'Afrique n'est pas sortie de l'auberge, d'autant que les nouveaux tenanciers russes et chinois ne sont pas plus tendres et moins rapaces que les anciens.

8.

Le fascisme, et le poutinisme tel qu'il s’exprime dans le conflit russo-ukrainien actuel, affiche massivement l'idée que le monde serait moins complexe que les libéraux le disent. Pour la propagande poutinienne, il n'y a que deux sortes d'Etats : les alliés (la Chine, la Biélorussie...) et les ennemis, lesquels sont nécessairement décadents et nazifiés.

A partir du moment où l'on voit le monde comme une division entre Etats favorables à la grande Russie et Etats « nazis et décadents », alors on comprend que le recours à la violence et à la guerre peut paraître nécessaire à bien des têtes faibles, des idiots, ou des salopards.

9.

J'entends sur France Culture que le mot « pour » [« Baraye »] qui est le titre de la chanson en passe de devenir l'hymne de l'opposition à la théocratie des mollahs iraniens, aurait aussi le sens de « parce que ». Cette chanson est donc un exposé des causes de la révolution en cours, et le constat est, en effet, accablant pour le régime des mollahs.

10.

« l'un veut que le meilleur gouvernement soit le plus sévère, l'autre soutient que c'est le plus doux ; celui-ci veut qu'on punisse les crimes, et celui-là qu'on les prévienne ; l'un trouve beau qu'on soit craint des voisins, l'autre aime mieux qu'on en soit ignoré ».

(Rousseau, « Du Contrat social », Livre III, chapitre IX)

Bien des admirateurs de la sévérité et de l'ordre des vaches bien gardées, bien des contempteurs du laxisme judiciaire et de l'angélisme migratoire, sont actuellement en faveur d'une relative neutralité vis-à-vis de la Russie de Poutine, « neutralité » qui, chez certains, ressemble à une fascination soumise. Il est pourtant nécessaire de montrer à Poutine (et à sa meute) que La France n'est pas disposée à laisser Poutine agir comme il le veut au cœur de l'Europe.

Si Poutine n'a pas peur de la France, il doit sans doute se dire que l'OTAN est décidément beaucoup plus forte qu'il le croyait, et s'il n'a pas peur de l'OTAN, peut-être sa propre armée, qui accumule les déboires, lui donne-t-elle parfois des sueurs froides ?

11.

J'entends dire sur France Culture qu'il paraît que certains militaires parlent de l'armée française comme d'une armée « bonsaï », certes efficace et intervenante (la France est championne d'Europe des OPEX), mais ridiculement petite en nombre d'hommes et en matériel.

L'armée française, dit-on, ne serait pas prête à affronter une guerre de haute intensité. Et personne ne sait quel est le lutin fou qui pourrait se mettre à s'agiter dans la caboche à Poutine. Il est donc urgent de réarmer la France, l'Europe, les démocraties.

12.
11 novembre 2022. J'entends un intervenant sur France Culture se poser la question d'une majorité de députés qui ne serait pas disposée à poursuivre ou renforcer le soutien à l'Ukraine contre Poutine. Est-ce pour cette raison que le bruit a récemment couru que le président Macron se teindrait prêt à dissoudre l'Assemblée ?

Patrice Houzeau

Malo, le 11 novembre 2022.

11 novembre 2022

ON CONTINUE DANS L'INCONGRU

ON CONTINUE DANS L'INCONGRU

1.

Le mot « cheval » me fait penser

Au mot « western » que des films

De cow-boys et d'indiens ça fait

Longtemps que je n'en ai pas vus

Le mot « cheval » me fait penser

A Jolly Jumper le cheval à Lucky

Luke même que Jolly ça veut dire

Joyeux enjoué c'est de l'anglais

Et Jumper ça vient de to jump un

Verbe anglais lui aussi qui veut

Dire sauter bondir & en allemand

Wurst veut dire saucisse & quand

On dit Das ist mir Wurst ça veut

Dire que ça m'est égal et que je

N'en ai rien à faire Je sais que

Ça n'a aucun rapport avec le mot

Cheval et Jolly Jumper quoiqu'en

Français quand on dit oui oui je

Vais en parler à mon cheval cela

Veut dire qu'on n'en à rien à oh

rien rien de rien rien de rien à

Galoper de s'que l'autre raconte

Et que Jolly Jumper dans l'album

Jesse James de Morris & Goscinny

Jolly Jumper à la planche 2 fait

Son intéressant le Jolly Jumper.

2.

100 ans de BD un ouvrage collectif publié

En 1996 par les Editions Atlas dirigé par

Pascal Pillegand l'ouvrage pas Atlas il y

A pas mal d'images par exemple page 61 la

Reproduction d'une planche de Sirius même

Qu'elle vient de la série L'Epervier Bleu

On voit le héros dire à un autre qui dans

Sa combinaison d'astronaute dit qu'ça lui

Aurait plu de pouvoir se mirer le héros i

Dit « Tu es à croquer, comme toujours » &

En fait au premier plan c'est le visage à

Christine (elle est blonde) qu'on voit et

Comme elle est mignonne on pige que c'est

Elle qui est à croquer pas l'autre poilu.

3.

L'un des grands défis des humains c'est

de lutter contre le froid celui qui est

en dehors et celui qui règne en dedans.

4.

On continue dans l'étrange avec Mortimer

Celui de l'album Le Dernier Pharaon page

61 le voilà face à une pyramide inversée

Genre que dessous le Palais de Justice à

Bruxelles l'Egypte antique et la tête en

Bas s'il vous plaît serait tombée là que

Tout baigne dans une lumière verte et le

Mortimer a les pieds dans l'eau & paraît

Qu'il y aurait une « mer souterraine » i

Dit Henri à la page 62 Une méganeura des

Temps anciens puisque ça date quand même

Du Carbonifère soit plus de 300 millions

D'années s'te libellule géante là étonne

Mortimer que si cela avait été un député

Volant voire un politique sincère il eût

Eté moins époustouflé le Mortimer pis la

Méganeura a s'fa bouffa par un surgi des

Flots à long cou un basilosaurus j'crois

Bien ça se passe page 63 Les auteurs des

Epatances superbes dont je viens de vous

Causer sont Schuiten Van Dormael Gunzig.

5.

J'entends sur France Inter un blues

Chanté par Janis Joplin On y entend

Itou une machine à écrire & si j'ai

Bien pigé c'est la compagne à Jorma

Kaukonen Margareta qui en tape d'la

Machine à écrire qu'ça sonne bien &

Nous sommes le 9 novembre 2022 tout

Ça Janis Joplin Kaukonen évidemment

C'est du temps passé à y penser des

Fois ça mélancolise fiche le blues.

6.

Le chapitre 5 du Dracula de Georges Bess

Met en scène les « Concubines du comte »

Que les planches présentent flottantes &

Volantes & ondulantes & vénéneuses & des

Roses ponctuent leur apparition comme si

Le parfum des roses servait à dissimuler

Les planches 60 et 61 montrent un Harker

Alité en proie à une étrange torpeur Les

Femmes qui entourent Jonathan dessiné au

Centre de la double page peut-être qu'il

Croit les rêver tandis qu'il les compare

A des « bêtes sauvages » et le dessin de

Georges Bess en montre le vampirisme qui

Les anime ongles griffes dents longues &

Pointues et leur dimension érotique liée

A la nudité de certaines ainsi qu'à leur

Nature de bête de proie tout ça plein de

Lignes de stries & d'ombres tourmentées.

Patrice Houzeau

Malo, le 9 novembre 2022.

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