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BREFS ET AUTRES

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29 mai 2020

LA NUIT TOMBE LA PLUIE AUSSI SIGNES ET PRESAGES

LA NUIT TOMBE LA PLUIE AUSSI SIGNES ET PRESAGES

 

 

  1. La nuit tombe Du bleu partout La nuit tombe On rêve quelque saxophone La nuit tombe Quelques nappes d'un blues lent et profond La nuit tombe Lent profond un regard.

  2. La nuit tombe Le chat attend la souris La nuit tombe Des fois on y titube La nuit tombe Titube de vin ou de fatigue La nuit tombe On n's'en sent plus d'ses regrets.

  3. La nuit tombe On a d'l'Amérique plein la cafetière La nuit tombe Et les échos des malheurs La nuit tombe Qu'la radio débite en tranches La nuit tombe Entre deux chansons plus ou moins habiles.

  4. La nuit tombe On en emmêle ses rimes La nuit tombe Qu'on remue sous ses paupières La nuit tombe On voit des visages, des gares, des lacs, des pierres La nuit tombe Le visage d'un ange, la face d'un crime.

  5. La nuit tombe Qui nous appelle et nous réveille ? La nuit tombe Un cri un nom un coup donné à la porte La nuit tombe Et qui exigerait de nous qu'on veille ? La nuit tombe Quel diable viendrait, que le vent emporte.

     

    LA PLUIE AUSSI

  6. La pluie aussi passe comme passe Zut La pluie aussi s'amuse comme Zut à nous rêver La pluie aussi est entre deux éclats de soleil La pluie aussi où fuse un rire qui revient parfois la nuit.

     

  7. Un présage peut s'interpréter de façon symbolique ; ceci dit, ce n'est pas parce qu'en novembre, j'ai croisé à Dunkerque une jeune et longue eurasienne masquée que j'aurais pu prévoir le Covid-19.

  8. On peut aussi expliquer la mort d'Iphigénie, ou la mort tout court, par la malédiction divine. Notre finitude est la raison des dieux.

  9. Peut-il être que la colère des dieux soit sans raison ? Qu'Iphigénie soit condamnée par courroux de la déesse ? Que les dieux ne soient que pure colère, colère en soi ? Dies Irae, une éternité.

  10. Objectivement, le présage n'a aucune valeur. Seul le fait importe. Même a posteriori, ce que l'on tient pour présage n'a de valeur objective qu'en tant que signe avant-coureur. Lire l'Histoire comme une suite de présages, c'est en multiplier les fictions.

  11. La propagande remplace le signe par le présage. La démocratie elle-même joue ce jeu dangereux et d'autant plus tentant que le signe est un fait. L'accélération de la multiplication des signes pris pour des présages fait du réel un vertige, une fiction périlleuse.

  12. La propagande, faisant du signe un présage tend à faire de l'adversaire une essence. C'est ainsi que le discours politique simplifie le réel en oppositions binaires : le peuple contre la bourgeoisie, la nature contre la technologie, la culture contre l'intolérance.

  13. Considérer le réel comme une suite d'oppositions binaires revient à prendre le signe pour un présage, comme s'il y avait un sens de l'Histoire, alors qu'il n'y a que des effets et des causes : le dieu derrière le rideau n'existe pas : il n'est qu'un être et ne présage de rien.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 29 mai 2020.

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28 mai 2020

KRIK KRAK KWAK

KRIK KRAK KWAK

1. Défois on est comme Agamemnon qu'on a du trouble avec ses esprits qui flottent dedans comme les quelques cornichons restants flottent dans le vinaigre du bocal entamé.

2. « Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits,
      Je n'avais toutefois à craindre que ses cris ! »
     
(Racine, « Iphigénie », IV, 5)

3. Y en a j'vous jure on sait pas squi narratent dans leurs poèmes là comme le narrateur audibertien qui dit « Chien, je bêle » que c'est quand même pas courant ça le chien bêlant après i dit qu'sa copine le contamine (cf « Tu me pèles / de tes ailes ») pour finir dans la question métaphysique à trois clous la croix.

4. « Chien, je bêle. / Je t'appelle. / Tes seins m'attirent, tels de profonds firmaments. / Tu me pèles / de tes ailes. / A toi si je me livre est-ce à Dieu que je mens ? » (Jacques Audiberti, « Ondée »)

5. Sans doute faudra-t-il que je, qu'en tout cas je
   
Puisqu'il faut toujours en fin de compte que nous.

6. Parfois, le poète, chien sur la piste, sent le cœur des hommes ; Hugo l'avait empathique, ce flair, celui qui sent, comprend tout, le cœur plein d'yeux partout qu'du coup il le voit « fondre en abîmes », « notre cœur » ; on appelle ça les « abîmes du cœur » qu'l'âme y boite dedans.

7. « C'est la fatale angoisse et le trouble profond
      
Qui fait que notre cœur en abîmes se fond »
      
(Victor Hugo, « Pensar, dudar »)

8. Des fois y a des poéteuh i disent comssa qu'ils ont mal au cœur mais ça c'est quand i zabusent du cassoulet, d'la tarte aux bricots ou du Chef un p'tit coup on a soif Quand i sont vraiment très poéteuh i disent qu'ils ont « mal à la terre » voire « mal au présent » ; zont-ils mal au ridicule aussi ?

9. Au poète qui « a mal au cœur mal à la terre mal au présent » (uh), je préfère ces vers de Jean-Paul de Dadelsen :

« Qu'as-tu fait de ton frère Maurice ? 

J'étais ailleurs. Je n'ai rien entendu.
Je n'écoutais pas. Je me regardais dans un miroir.
Ce n'est pas moi qui ai ouvert le gaz
Je n'ai rien fait pour mon frère Maurice. »

10. Krik Krak Kwak écoutez ! Agnès n'est pas si sotte, Agnès n'est pas si folle ; Agnès va se prendre un flan mais c'est pour mieux flanquer des tartes ; Agnès n'est pas si sotte, Agnès n'est pas si folle qu'elle réserve dans sa trousse un sacré coup de pied de l'âne Kwake Kwake Kwake !

11. Le 28 mai 2020 au matin, on attendait plus de libertés, et j'espérais que les Français n'oublieraient pas que nos politiques n'avaient pas anticipé une crise sanitaire pourtant prévisible depuis qu'avec une certaine inconscience, on pousse les gens à se balader en tous sens sur cette planète.

Patrice Houzeau
Zone rouge, le 28 mai 2020

27 mai 2020

QUELQUE CHOSE DU RETOUR DU SPHINX

QUELQUE CHOSE DU RETOUR DU SPHINX

 

 

  1. Le narrateur apollinarien i cause de « tous les regards tous les regards de tous les yeux » qu'on remarque qu'il a mis trois fois le mot « tout » que ça fait beaucoup de « tout » tout ça qu'ça fait du rythme avec l'accent toutes les quatre syllabes et qu'ça regarde aussi beaucoup chais pas pourquoi.

  2. « Mais tandis que mourants roulaient vers l'estuaire
      
    Tous les regards tous les regards de tous les yeux »
      
    (Apollinaire, « Le Voyageur » in « Alcools »)

  3. J'aime bien les vers nocturnes Je veux dire les vers avec de la nuit mélancolique dedans, où passe un vent façon nuit du nord et fantasque, ou alors nuit d'été, claire lune et dame blanche jolie, qu'elle est pas souvent jolie la dame blanche mais bon moi je dis jolie.

  4. « Il est des nuits où la chouette
      
    crie sans désir et sans regret dans l'arbre mort. »
      
    (Jean-Paul de Dadelsen, « Crépuscule »)

  5. Le narrateur houellebecquien use des mots du quotidien nous dirons donc que c'est un poète de la quotidienneté (soulignez en rouge) et j'aime bien car ça change de tous ces poèmes à âme et intérieur où l'on entend de vertigineux trombones appeler le troupeau des grands mots.

  6. Il y a un poème de Michel Houellebecq où le narrateur a « acheté du pain et du fromage en tranches » que « ça devrait [lui] éviter de crever [s]on œil droit » qu'il y a d'la chose mystérieusement effrayante genre biblique, rituel antique dans c't'histoire de fromage et d'œil point crevé.

  7. « J'ai acheté du pain et du fromage en tranches,
      
    Ça devrait m'éviter de crever mon œil droit »
      
    (Michel Houellebecq, « Il est vingt et une heures... »)

  8. Cette histoire de « pain et de fromage en tranches » et d’œil droit épargné me rappelle qu'on disait fin des années 2010, que certains étudiants étaient tellement pauvres qu'il y avait eu des cas de prostitution Je ne sais pas dans quelle mesure mais bon, si c'est vrai, voilà qui me fait regarder les belles âmes réformatrices de l'éducation nationale avec un regard peu amène je vous le dis.

  9. Les crises révèlent le singulier. Je n'irai pas jusqu'à dire que les crises ouvrent la porte aux monstres et aux saints, mais quand même, il y a du décalé, du pas tout à fait dans l'ordre administratif des choses dans une crise, et quelque retour du Sphinx.

  10. J'entends un écrivain expliquer un truc chaipaquoi sur ce qu'il voudrait (ou pas, chais déjà plus) « couper les racines de ses tentacules » : ça donne grandement calamar à penser.

  11. René Char poétisant dit qu'il « suffirait que le doigt majeur se séparât de la main » qu'alors on dit qu'on s'a coupé le doigt mais sinon c'est que le doigt i va faire des choses je n'saizoùchéki que euh je songe à Zut et à son grand Ordre des doigts d'honneur un peu partout.

  12. « Il suffirait que le doigt majeur se séparât de la main et, à la première mousse entre deux tuiles glissantes, innocemment le passage s'ouvrirait. » (René Char, « Le doigt majeur »)

    Patrice Houzeau
    Zone rouge, le 27 mai 2020.

     

27 mai 2020

CHRONIQUE DU 27 MAI 2020

CHRONIQUE DU 27 MAI 2020

 

 

  1. Quelque chose me dit que l'on va beaucoup pleurer dans les jupes du Conseil d'Etat ces temps-ci.

  2. Mais depuis la massification de l'enseignement supérieur, tout le monde sait que certains diplômes universitaires (Sorbonne ou pas) ne valent plus grand chose et que certaines filières ne sont là que comme variables d'ajustement du chômage.

  3. Amusante, l'autosatisfaction de la plupart des politiques qui ont eu en charge l'éducation nationale. De réforme en réforme, l'institution s'enfonce dans le ridicule et la bureaucratie ; qu'importe, de Jacques Lang à Blanquer, ils se prennent tous pour de grands humanistes.

  4. Je me demande, mais j'ai peut-être tort, si la polémique Camélia Jordana versus Castaner, ce s'rait pas fait par hasard pour faire pisser de la copie, faire gueuler un peu le citoyen outragé, et surtout faire diversion. On appelle ça du story telling.

    Ceci dit, ça change rien pour moi : je n'apprécie guère Castaner et je n'ai pas d'avis sur Camélia Jordana.

  5. Entendu dire à la radio que Macron voulait que les Français rachètent au plus vite une voiture (y a un plan pour ça, des primes à la casse et tout et tout). Bon après, i vont vous aider à payer l'écologisation d'vot' maison et vont vous faire payer encore un peu pour l'allongement des études de vos enfants. Bref, faites gaffe, sont déjà dans l'idée d'vous plumer.

  6. Zut me dit : Forcé que j'ai du mal avec l'autorité ; j'arrive déjà pas à m'obéir.

  7. Nous vivons des heures historiques m'a dit un collègue. Ah ça, on peut le dire que c'est un merdier historique.

  8. Sorbonne et autres universités, vous avez accepté la massification de l'enseignement supérieur, les filières bidons, l'allongement exagéré des études, parcours sup et la bureaucratie, et maintenant vous pleurez parce que vos étudiants remuent : eh bien, démerdez vous !

  9. Monsieur Houzeau, je vous assure que Monsieur Blanquer est un homme responsable et qu'il ne vient pas d'une autre planète pour vous obliger à remplir des tableaux, des tableaux, des tableaux, des tableaux, des tabl... euh excusez-moi, je dois avoir un shadok dans le logiciel.

  10. Au fond, la France n'a pas tellement changé (Ah la France éternelle!) : Le confinement fut notre ligne Maginot et maintenant, évidemment, la débâcle.

  11. Tous ceux qui connaissent cette région le savent : si MCA Maubeuge tombe, la région Sambre-Avesnois glissera un peu plus encore dans quelque chose qui s'apparente, croyez-moi, au désastre option chaos.

    Patrice Houzeau
    Zone rouge, le 27 mai 2020

26 mai 2020

PERSPECTIVES ET IRONIES

PERSPECTIVES ET IRONIES

1. Pour moi, le début de la Genèse est un des plus beaux textes qui soit :

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme et un souffle de Dieu agitait la surface des eaux. »

2. Si on supprime les moyennes en dessous de 10 à la Sorbonne (en clair, si on valide le semestre de tous les étudiants), il faut bien sûr, les mêmes causes produisant les mêmes effets, supprimer l'oral de contrôle et accorder le baccalauréat à partir de 8 de moyenne.

3. Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques.

4. Tant que la menace du covid-19 et les risques de fermeture des entreprises perdureront, il est clair que les Français ne se remettront pas à consommer massivement.

5. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Manu voit son fan-club se démonétiser chaque semaine – Agnès va se prendre un flan à la mairie d'Paris et tout ça pour quelques miettes – Juin 2020, mensonges et coin-coins – Le « nouveau monde » à Manu, c'est déjà du passé -

6. J'entends poindre chez certains journaliste la petite musique du « on ne pouvait pas prévoir ». Si ; on pouvait prévoir. Régulièrement, des épidémiologues prévenaient, qu'en raison de l'accroissement des circulations, une pandémie à venir était non seulement possible, mais probable.

7. En 2020, il y eut une réelle pandémie d'un virus tueur, pandémie qui s'accompagna d'une épidémie assez universelle de mensonge.

8. Au fond, le « en même temps » est une assez honnête locution : en même temps que je vous dis la vérité, je vous raconte des craques.

9. Je n'arrive pas à me départir de cette idée qu'il y a quelque chose qui cloche, le sentiment qu'on nous ment. Bah le doute déçoit moins que la crédulité.

10. « Je te promets tout ce que tu veux mais allez ! Sors-nous de là. » dit un personnage de Joann Sfar et sans doute aussi bien des gens dans bien des difficultés, s'adressant à bien des saints, au bon Dieu et à la Vierge.

11.Plus on analyse le monde politique, plus on entrevoit des gouffres qu'on a parfois juste envie de vomir dedans.

12. Monsieur Houzeau, franchement, je ne crois pas jamais avoir entendu parler d'un think tank du nom de « Perspectives et Ironies », avec une certaine, comment dites-vous ? ah oui, Zut, à sa tête.

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 26 mai 2020)

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26 mai 2020

ZUT SOUVENT QU'ÇA LA DEGOÛTE

ZUT SOUVENT QU'ÇA LA DEGOÛTE

1. Le matin était moche et pluvieusement tarte ;
   
Tu disais te sentir vaseuse, un brin patraque.
   
J'attendais je n'sais quoi ; on n'disait presque rien,
   
Pis quoi qu'on fasse, il ferait un temps de chien.

2. Défois Zut s'épate du télépathe acrobate qui se carapate après s'être accaparé d'un plat de pâtes et de quelques pâtisseries ; on entend au loin les échos d'un xylophone polyglotte (ce qui est somme toute assez rare).

3. Elle dessina une lune toute ronde et un peu voilée, et de l’œil de cette lune, elle fit couler le losange d'une longue larme bleu cristal.

4. Il est difficile de se traverser lorsque son temps passe à refléter les fascinations et les agitations de l'autre côté.

5. Le long des flots Florence qu'on appelle Flo car si elle s'appelait France on ne l'appellerait pas Flo, flotte un peu de l'âme puis soudain s'dit flûte, flûte et zut, tout ça c'est du flan et s'en va en sifflotant Petite Fleur de Sydney Bechet.

6. Des fois, on a beau se fatiguer la salade de sa tête, on y pige que couic à toute cette macédoine là.

7. Zut souvent qu'ça la dégoûte, tout s'couscous, oùsqu'on se secoue le pour et le quoi qu'est-ce, pis qu'on s'presse le pensif citron, pis tout ce qu'on fait mousser là, dans la lucarne à courges, la boîte à andouilles, toute cette semoule à grosses légumes, ce bourratif politique qu'dedans qu'on finit par pédaler, dedans, dans le touci-touça des inconséquences.

8. J'ai l'éthique toc, j'en suis bien conscient, mais mon éthique toc vaut mieux que l'alibi de leur humanisme, lequel sert surtout carrières et complaisances tandis que tant d'étudiants dansent devant des armoires vides.

9. Ce n'est pas quand j'entends le mot culture que j'ai envie de sortir ma tarte à la crème, c'est quand j'entends le mot ministre voyez.

10. « Une hécatombe n'est aux yeux de la nuée humaine qu'un os mal dénudé et tôt enfoui. » (René Char, « Azurite ») : bin oui, si l'hécatombe est loin, vrai qu'on n'y pense pas trop. D'autant qu'c'est souvent avec les armes qu'on leur vend qu'ils se massacrent, nos frères.

11. Avec tous les doigts d'honneur que Zut a laissés un peu partout, il serait, je pense, tout à fait aisé de créer un Ordre, voire une Chevalerie.

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 26 mai 2020.

 

 

25 mai 2020

FAUT S'Y FAIRE QU'ON S"Y FAIT

FAUT S'Y FAIRE QU'ON S'Y FAIT

 

  1. Le matin, j'entends à la radio l'inconséquence du monde seriner sa chanson absurde. Ceci est un présent d'habitude (qu'on s'y fait donc).

  2. J'entends que, lors de la pandémie du covid-19, la pénurie de masques fut quasi mondiale. Est-ce à dire que la plupart des dirigeants de la planète seraient en fait tout justes capables de gérer une baraque à frites ?

  3. Dans le rôle de Philippe Katerine, Edouard Philippe et dans celui d'Angèle, Manu Jupiter, et en effet, il semble que ce soit de plus en plus « pas tout à fait les mêmes mots » et poil au dos si je me trompe.

  4. Ma chère Zut, avez-vous vu ces « silencieux serpents glissant dans l'herbe épaisse ? » dis-je en citant à peu près du Michel Houellebecq. « Non, ze n'ai pas vu zes zilenzieux zerpents glizant (et réglise) dans l'herbe épaize » qu'elle m'a répondu Zut, juste pour se moquer.

  5. J'admire ces ministres, qui, après avoir causé tant de malheurs, arriveront au soir de leur vie avec la conviction d'avoir bien travaillé.

  6. Alors Zut dit à Grand Zozo : Grand Zozo, quand te dézozoteras-tu ? Car si tu ne te dézozotes, j'irai zieuter zailleurs, et tu seras cocu comme un député.

  7. Je rappelle à ses contempteurs que c'est aussi grâce au libéralisme que vous trouvez dans vos magasins des pommes, des poires et des tas de scoubidous venus d'partout et à tous les prix.

  8. Quand j'ai d'la mélancolie, j'écoute parfois du Robert Charlebois :
    « Des fois j'ai pu l'goût de rien faire
    J'fumerais du pot, j'boirais d'la bière »
    Oui que j'mécouterais du Charlebois
    mais faut que j'pense à s'que j'dois
    à s'qui s'mange pis à s'que j'bois.

  9. J'aimerais bien pouvoir écouter Classic 21 à Dunkerque. J'aimerais bien comme avant d'il y a longtemps lire « De Avonturen Van Nero & Co » en français.

  10. Je note que François Hollande est le seul politique pour l'instant à assumer « une part de responsabilité dans la situation de l'hôpital ».

  11. Je me demande comment ils vont faire, les députés de La République en Marche pour expliquer à leurs électeurs que ce qui était il y a peu absolument formidable et urgent est aujourd'hui complètement hors de propos, voire assez idiot. A ce niveau, c'est plus de la politique, c'est de l'apostolat.

  12. Macroniste jusqu'à l'affaire Benalla. Là, je me suis dit ; je ne peux pas faire confiance à un type qui se laisse embobiner par on n'sait qui d'on sait où. La pénurie de matériel et de personnel face à la crise du covid m'ont détourné définitivement de l'imposture LREM.

  13. Rabelais raillait les Sorbonnards car leur sottise les rendait dangereux. Les énarques d'aujourd'hui sont d'autant plus dangereux qu'ils sont pour la plupart loin d'être sots.

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 25 mai 2020.

25 mai 2020

QUELQUES QUESTIONS QUE J'ME

QUELQUES QUESTIONS QUE J'ME POSE LE 24 MAI 2020

 

  1. Est-ce que la macronie aurait tenue sans le sang-froid d'Edouard Philippe ?

  2. Que peut-on penser d'un président qui se prend d'amitié pour un voyou et ne prend pas en compte les avertissements des épidémiologues, ni ne prend la peine de se renseigner sur le matériel réellement disponible en cas de crise sanitaire ?

  3. Sera-t-il nécessaire de faire preuve de la plus fine des diplomaties dans nos relations avec la Chine en sachant que notre gouvernement a compris bien tard ce que la population savait déjà : la Chine mentait.

  4. Est-il possible que le président en vienne à dissoudre l'Assemblée Nationale sachant qu'elle signifierait la défaite probablement définitive de La République en Marche ?

  5. Peut-on imaginer un plan d'investissement massif dans le secteur hospitalier sans être obligé de faire des coupes dans d'autres budgets (celui de l'éducation nationale peut-être, d'autant que d'autres secteurs sont en attente d'une revalorisation nécessaire, la justice par exemple) ?

  6. Le gouvernement va-t-il réellement œuvrer à augmenter le nombre d'infirmier(e)s (et donc promouvoir l'offre de formation) ?

  7. Avons-nous tiré toutes les leçons du manque d'ouvriers agricoles et de travailleurs saisonniers pourtant nécessaires en cas de crise ?

  8. Avons-nous besoin de tant d'étudiants en formation post-bac, et d'ailleurs avons-nous besoin de tant de formations post-bac ?

  9. Certaines formations post-bac ne pourraient-elles faire l'objet d'une requalification en formation de niveau baccalauréat ? (Avantage : gain de temps et d'argent pour les étudiants comme pour l'Etat).

  10. Le gouvernement s'est-il enfin rendu compte que le Service National Universel était non seulement clivant (par l'annonce de son caractère obligatoire à venir) mais constituait aussi une dépense inutile ?

  11. Qu'en est-il des relations entre Edouard Philippe et Jean-Michel Blanquer ? Ai-je raison de penser que l'un des deux partira (ou peut-être bien les deux) mais qu'on ne les reverra pas tous les deux dans un même gouvernement ?

  12. Gérald Darmanin (qui, d'après ce que je sais, a montré son efficacité dans la mise en place de « l'impôt à la source ») veut-il vraiment devenir premier ministre ?

  13. Comment vont réagir les extrêmes qui, lors de la crise des Gilets Jaunes, ont semblé échapper quelque peu aux contrôles de la France Insoumise et du Rassemblement National ?

  14. En vertu d'un « Acte III » plus « social » et « écolo-compatible », va-t-on assister à un rapprochement de la macronie avec une partie des écologistes ?

  15. Emmanuel Macron va-t-il nous faire le coup de la « croissance résiliente » ?

  16. Le gouvernement va-t-il enfin payer les heures supplémentaires dues aux personnels soignants ? (quand je pense aux sous dépensés par l'éducation nationale à la mise en place de réformes aussi successives qu'ineptes, bin j'm'interroge voyez).

 

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 25 mai 2020.

24 mai 2020

ZOZOTISES ET AUTRES BRICOLES

  • ZOZOTISES ET AUTRES BRICOLES

  •  

    1. Semblerait qu'au mot « décroissance » (négativement connoté à cause de son préfixe privatif), certains opteraient maintenant pour le terme « post-croissance » (uh!). A quand le ridicule d'une « croissance résiliente » ? A mon avis, ça ne saurait tarder.

  • 2. « Aimer son prochain comme soi-même » Ah c'est beau ! Mais soyons lucides et contentons-nous de vivre en évitant d'ennuyer les autres. Du reste, ce n'est même pas là de la morale, mais de la prudence.

  • 3. « Sous une pluie de pierres, nous nous en tiendrons à... » (René Char) à rien du tout oui, qu'on s'met à filer, et vite !

  • 4. Je n'ai jamais entendu un chat exprimer le moindre doute sur sa félinité, et c'est sans doute pour en désespérer que l'humain a inventé l'humanité.

  • 5. Ce qu'il y a de difficile avec la langue de bois, surtout quand elle est teintée d'une apparente bienveillance, c'est que ne disant rien, on ne peut lui reprocher qu'une chose, c'est d'esquiver le débat sur les chiffres et le contenu des textes. On vous répondra alors que tout ça est bien trop technique pour l'électeur moyen ou mieux, on contestera vos chiffres et pour ce qui est des textes, on vous rappellera que les députés en discuteront le moment venu.

  • 6. Grand Zozo va-t-au cimetière oùsqu'il voit passer un chat dans les ères et come c'étot un chat noir Grand Zozo se ditalor « Môvais présage ! Fais gafe tes zo, Grand Zozo ! mes il continue son chemain car il ma pas dit pourquoi il talai-t-au cimetière.

  • 7. Grand Zozo va-t-au cimetière Soudain des morts (pas bocoup mes quand meme) sorte de leurs tombe Alors Grand Zozo sort son paramort qu'avec paramort les morts meurent encor mes il marche sur des cadavres et continu son chemin sandire pourquoi il talai-t-au cimetière.

  • 8. Grand Zozo va-t-au cimetière où il la trouve pas sa tombe qu'il cherchait Que Titine elle tété tossi parmi les os et les croix que fais tu là Grand Zozo ele lui dit Je cherche ma tombe il lui dit Alors Titine ele rigole alor le monsieur du cimetière i vient et tout le monde s'engueule.

  • 9. Jean-John i lé baite ossi il pensét qu'on pouvé acater des osses au cimetière (il en avé besoin pour fere une danse macabre avec Camille), mes come il s'a fét arcevoir il est rentré pas contan du coup qu'il a bu de (bis)tro il l'a fete à s'maison la danse mes c'été la valse à gifles.

  • 10. Chaipa squi s'est passé mes depuis que Grand Zozo il a commandé un pangolin sur le dark tou l'monde est bien t'emmellassé.

  • 11. Le présidan né pas tro aimé qu'on dit qu'c'est acause des crasses qu'il a fai aux petits, aux infirmiers, aux enseignants, aux retraités du futur mes lui il di qu'il aime la France qu'il va se réinvanté qon le regarde quan meme d'un œil mi-foudre, mi-raison.

 

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 24 mai 2020.

24 mai 2020

ALORS QUE DEJA S'AVANCENT

ALORS QUE DEJA S'AVANCENT

 

 

  1. Romain Pauchet pratique l'art de l'origami et fait jaillir de quelques feuilles de papier un univers fragile, précieux, magnifique.

  2. « et combien le « bellum omnium contra omnes » est en vigueur, du moins entre les esprits. » (Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale ») Le monde s'étripe et compagnie.

  3. Comme j'entendais Zut pousser des coin-coins de plus en plus féroces, je sus qu'elle suivait quelque débat politique.

  4. « nous ne mentions pas à l'herbe » (René Char) : Je confirme qu'il est particulièrement malvenu de mentir à l'herbe et de lui faire croire qu'elle deviendra forêt majestueuse, verger fabuleux alors que déjà s'avancent les pesantes et paisibles vaches.

  5. Elle se monta si haut le cou que l'on vit bientôt des gnomes grassouillets chuter des plis de sa peau cependant que quelques-uns, hargneux et pugnaces, s'y accrochaient encore.

  6. Défois, j'les vois passer, droits comme des textes de loi, raides comme la statistique. Et j'observe les petits loups qui se dépêchent de se placer hors de leur vue.

  7. C'est sans doute d'une somme très grande de petits mensonges que naissent les grands malentendus sur lesquels se fondent nos bienveillantes modernités et poil au nez bien sûr.

  8. L'avantage de savoir que l'on est par parti pris de mauvaise foi, c'est que l'on peut sans ni se méjuger, ni changer fondamentalement d'avis, donner raison à son contradicteur, fût-il sot comme une saucisse.

  9. « Il est écrit / Que nous aimerons autrui plus que nous-mêmes. » a écrit Jean-Paul de Dadelsen, et Zut de me suggérer que c'est exactement le genre de phrase qu'avec ma mauvaise foi habituelle, je ne peux évidemment comprendre.

  10. « Na ! », fit Zut, contente de son effet. Je contemplais sa jolie peau d'invisible, cependant que rieuse et me contemplant dans son miroir elle s'écria : « Bouh ! Qu'il est laid ! ». On dit ça, on dit ça, je sais, fis-je en écho.

  11. « Vous savez comment sont les objets, vous les pensez perdus, et les voilà qu'ils réapparaissent ! », fit ontologiquement remarquer le lieutenant Colombo dans un épisode d'hier soir. Les objets sont nos revenants.

    Patrice Houzeau
    Les (dé-)Confins, le 24 mai 2020.

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