Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
13 juillet 2020

AVANT D'PASSER A L'ACTE LE LUTIN

AVANT D'PASSER A L'ACTE LE LUTIN

 

 

 

  1. Lu l'album « Sigurd », tome VI de la
    série « Les Tours de Bois-Maury » de
    Hermann qu'ça débute par d'la vision
    d'apparitions chauve-souris barge ça
    va sur la mer ça la barge pis cheval
    blanc portant joyau sur son front je
    m'dis qu'le passé c'est du retour de
    revenances qu'le présent leur permet
    encor d'se manifester dans l'bizarre

  2. « Les idées, comme des boucs étaient dressées les unes contre les autres. »
    (Henri Michaux, « La marche dans le tunnel »)

  3. « Les idées, comme des boucs étaient
    dressées les unes contre les autres»
    dit dans La marche dans le tunnel le
    poète Henri Michaux que les boucs oh
    oui qu'ça vous fonce dessus qu'si on
    i songe c'est politique en diable ça
    les boucs dans le genre radical même

  4. Les idées mèneraient-elles le monde?
    Ou alors les idées les alibis de nos
    intérêts qu'elles sont les idées que
    je me pensais en penchant la tête et
    me disant comme elle est bien pleine
    la poubelle faut qu'j'la vide tandis
    qu'elles sortent des murs les ombres

  5. « Le poste de machin semble très convoité
    à la tête de » que j'entends à la radio &
    moi entendant cela je me dis la politique
    c'est pareil que la vie d'pousse-toi-d'là
    -que-j'm'y-mets qu'il y a partout qu'donc
    ça doit être pour ça qu'on vote pour tant
    de gens aussi idéalement menteurs qu'nous

  6. Entendu dire que parfois pendant ses cours
    ce grand philosophe de la Logique aussi du
    Langage disait défois qu'idiot i s'sentait
    C'est que défois la machine a patine kelle
    se met à chantonner des comptines é défois
    qu'c'est juste une présence bouche bée pis
    qu'rien qu'en sort qu'on est juste là nul.

  7. Défois moi aussi j'me sens stupide même que
    je me relis que je me dis qu'c'est pas bien
    écrit cé koi toutes ces conneries et j'm'en
    veux j'me dis qu'j'devrais faire mieux puis
    là en général m'arrive dans la caboche c'te
    troupe de gnomes qui chantent des comptines
    bavaroises qu'j'ai envie d'boire d'la bière

  8. « Mais vous êtes aussi réel que je le suis, lui disais-je. O Simon, pourquoi êtes-vous mort avant d'avoir pu me dire de quoi il s'agit ? Simon, à quoi cela ressemble-t-il, d'être mort ? »
    (Leonora Carrington traduit par Henri Parisot, « Le Cornet acoustique » [la narratrice])

  9. Mais vous êtes aussi réel que je le suis,
    lui disais-je.O Simon, pourquoi êtes-vous
    mort avant que d'avoir pu me dire de quoi
    il s'agit? » qu'elle demande dans l'roman
    étonnant à Leonora Carrington « Le Cornet
    acoustique » que si ça s'trouve les Morts
    si on leur demandait quoiquesse d'l'autre
    côté i s'gondoleraient d'l'ectoplasme pis
    s'frottant le vide orbital i répondraient
    Tu crois quoi toi je te dis moi k'tout ça
    pour ça L'au-delà c'est de l'escroquerie.

  10. Moi je pense que le lutin armé d'un couteau
    qu'y a parfois dans la tête des gens bin il
    n'y a pas qu'le lutin aussi du labyrinthe y
    a et qu'c'est même pour ça qu'le lutin faut
    qu'il le retrouve son chemin dans le dédale
    & sans s'faire bouffer par l'aut' Minotaure
    là qu'en fin de compte il en met parfois du
    long temps le lutin avant d'passer à l'acte

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juillet 2020.

Publicité
12 juillet 2020

VERS LA CORNICHONIFICATION

VERS LA CORNICHONIFICATION

 

 

  1. Des fois on croit mais en fait non qu'on s'dit tant pis.

  2. Si le verbe « éléphanter » signifiait « adorer son dieu », à coup sûr, le Créateur aurait été représenté avec une trompe.

  3. Nous sommes soudain dans la considération. C'est le moment à soi des questions. Qui fut réellement ce cadavre ?

  4. L'être qui parle dans les poèmes de Henri Michaux imagine qu'aux « approches de la mort », il serait possible de « réduire » les « êtres » à « une sorte d'alphabet qui eût pu servir dans l'autre monde, dans n'importe quel monde. »

  5. Il y a aussi « le regard de mort » qu'elles ont les bêtes (surtout les « félins et les rapaces » écrit Pascal Quignard) que j'ajoute celui des cornichons sauvages à yeux vifs, les féroces cornichœils qui vous dévorent le jambon avant même que vous ayez sorti la moutarde.

  6. A force de beugler « Eye Of The Tiger », on finit par tomber dans le yaourt.

  7. Selon les disciples du culte du Livre-Labyrinthe, il arrive que dans certaines circonstances, certains lecteurs initiés chutent dans le livre ouvert. Devenus purs points de vue internes, ils errent sans fin dans le labyrinthe des lignes et des sens, découvrant ainsi les livres du Livre.

  8. Si j'en crois « le Maître de Ho » dont Henri Michaux rapporta les propos, si nous ignorons tout des gens de la « Terre creuse », c'est que :
    « Rien ne débouche nulle part
    Les siècles aussi vivent sous terre, dit le Maître de Ho. »
    (Henri Michaux, « Labyrinthe »)

  9. Si nous considérons que le réel est une suite de postures, la fin subjective du réel est donc la fin des postures, et la Mort une imposture.

  10. Non, je ne pense pas que certains romans policiers actuels, qui vous font leurs 836 pages comme vous faites du café, soient composés par des équipages d'extra-terrestres échoués sur Terre et réduits en esclavage par de grands gutturaux blonds aux yeux bleus.

  11. Je ne doute pas par contre, à voir la façon dont le grand Touci-touça évolue, que les cornichons à yeux vifs, les féroces cornichœils ne se contentent plus de jambon et en soient venus à parasiter les cervelles de bon nombre de nos frères humains.

  12. Alors, le Maître dit : « Nous allons vers la grande Cornichonification de toute chose, car il est écrit que dès que l'on commence un jeu de cornichon, il n'y a pas de raison pour que cela s'arrête. En vérité, je vous le dis, nous finirons dans le vinaigre. »

    Patrice Houzeau
    Malo, le 12 juillet 2020.

12 juillet 2020

DEJA LES FLAMMES DEVORENT THEBES

DEJA LES FLAMMES DEVORENT THEBES

 

 

  1. « Dans un camp à moi, je tiens prisonniers des nobles. Pourquoi ? En otages. Pourquoi en otages ? Parce que. »
    (Henri Michaux, « Dans mon camp »)

  2. Une boîte me tient enfermé. Personne ne la voit et tout le monde me croit aussi visible que l'homme de la rue. Mais parfois, je l'ouvre et tel un diable je jaillis. Personne ne m'en fait jamais la remarque.

  3. « Au contact mortel de ce regard de glace, tout ce qui n'est pas essentiel disparut. »
    (Henri Michaux, « Alphabet »)

  4. Il est certainement qu'au cours de l'existence, beaucoup rencontrent plusieurs fois le « regard de glace » du péril imminent. L'invisible se rappelant à nous, il abolit instantanément tout ce qui n'est pas essentiel jusqu'à parfois, notre présence sur terre.

  5. Il arrive que celui qui se croit justicier dans les ténèbres aille consulter. Henri Michaux rappelle quelque part que cela peut finir mal, je cite : « La tête dans ses tarots mes chiens dévorent la cartomancienne. »

  6. La rumeur publique dénonçait le sphinx comme s'étant rendu coupable d'avoir, lorsqu'il n'était encore que provincial, échangé contre son influence des faveurs sexuelles avec quelque créature des nuits fauves. On parla de « viol ». On contesta sa nomination.

  7. Eu égard aux fermetures annoncées, les gens restaient étrangement calmes. Le Duc se demandait combien de couteaux pouvaient en venir aux mains et si son peuple, déjà réfractaire, n'était pas en passe de lui devenir aussi étranger qu'une horde du Vème siècle.

  8. On s'attendait à un nombre plus élevé que prévu d'apprenants. On s'attendait à un nombre plus élevé d'arrivants. Une poignée de scribes remarqua que les Savoirs tournaient sur leurs socles et, ostensiblement, tournaient le dos à la foule empressée et inutile.

  9. On disait le Prince de Macronie sensible aux attraits de la canaille. Déjà les services avaient dû débarrasser le palais d'un garde du corps un peu trop dominant. Et voilà qu'il nommait à des postes-clés des hommes dont une partie du peuple dénonçait l'hybris, sinon la loucherie.

  10. Je me demande combien de fois ces dernières années on a assassiné César.

  11. « Tout tombe, dit le Maître de Ho. Tout tombe, déjà tu erres dans les ruines de demain. »
    (Henri Michaux, « Les sphinx »)

  12. Que sont les bibliothèques, sinon des sphingeries ? Nous y consultons oracles imprimés et sibylles d'encre qui ne cessent de nous dire que tout est écrit et que les flammes déjà dévorent Thèbes.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 12 juillet 2020.

11 juillet 2020

QUI EST DONC CE DRAGON QUI NOUS ASPHYXIE

QUI EST DONC CE DRAGON QUI NOUS ASPHYXIE ?

 

 

  1. Nos imaginaires vivent avec nous. Nos cités sont hantées d'êtres ailés, nos demeures de dieux aux noms cachés, et d'étranges philosophes parlent par nos discours.

  2. Les anciens dieux, ceux que l'Unique a chassés, se raccrochent au réel. D'où ces murmures dans la nuit, ces coups dans les murs, ces visions fugitives, l'étrangeté de nos musiques et de nos légendes, ces énigmes qui tissent nos poèmes.

  3. « Les maisons sont comme des corps. Nous sommes reliés aux murs, aux toits et aux meubles, tout comme nous dépendons de nos foies, de nos squelettes, de notre chair et du flux de notre sang. »
    (Leonora Carrington traduit par Henri Parisot, « Le Cornet acoustique »)

  4. Se pourrait-il que, croyant vivre en nos maisons, ce soient nos maisons qui nous hantent ?

  5. L'Absolu est-il l'hybris de la conscience ? Les philosophes qui ont argumenté des cités idéales, et les politiques qui sur ces architectures impalpables ont bâti programmes et systèmes seraient donc très périlleux, à moins qu'ils fussent comédiens.

  6. Se pourrait-il que certaines créatures des ténèbres tentent de persister dans l'être en usurpant la langue des politiques ? Ou les ténèbres elles-mêmes ne sont-elles qu'une farce que le langage nous joue pour se moquer de nos prétentions à l'humain ?

  7. Je ne crois pas que l'empire des ténèbres soit une farce. Les Ténèbres sont bien trop puissantes et l'Histoire nous apprend qu'Elles ont pris bien des masques et inspiré à la crédule humanité bien des horreurs.

  8. Lorsque j'étais enfant, soudain nos maîtres d'école se mirent à parler une langue étrange où il n'était plus question de répartir des parts de tarte ou de compter des billes, mais de définir l'identité de « x » et de « y » à l'aide de formules qui me semblèrent tout à fait martiennes.

  9. Lovecraft, on le sait, n'a point vécu raisonnablement. Cependant, rien de plus rationnel que l'esprit de l'auteur de « L'appel de Cthulhu ». C'est tout à fait rationnellement – et peut-être sans même s'en douter - qu'il a préparé le surgissement des Autres Dieux dans nos modernes réalités.

  10. Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora Carrington, le « manuscrit du confesseur de l'Abbesse » mentionne que « des rumeurs souterraines nous parviennent encore ». Les partisans de la théorie de la « Terre creuse » y devineraient quelque peuple ancien et hermétique.

  11. En juillet 2020, il semble de plus en plus clair que nous ne sommes pas débarrassés du Covid et on nous avertit chaque jour d'un probable regain de vigueur du tueur invisible. Qui est donc ce dragon qui nous asphyxie ?

  12. Je me demande parfois si le réchauffement climatique et la fonte des glaces ne vont pas finir par libérer quelque virus d'un autre temps, quelque chose d'inimaginable qui s'abattra sur l'humanité comme les créatures visqueuses de l'autre côté des murs s'emparent de nos demeures.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2020.

10 juillet 2020

QUE DANS LA PENSEE CELA SE PASSE DIFFEREMMENT

QUE DANS LA PENSEE CELA SE PASSE DIFFEREMMENT

 

 

  1. Lorsque Wittgenstein se demande quelle est la « différence entre les deux processus : Désirer que quelque chose arrive - et désirer que cette même chose n'arrive pas », le « et » de la traduction de Pierre Klossowski nous semble essentiel.

  2. Dans la même conscience deux désirs contraires : « Désirer que quelque chose arrive – et désirer que cette même chose n'arrive pas ». C'est exactement ce qui doit hanter la conscience de l'extraterrestre infiltré parmi nous et tombé amoureux d'une belle terrienne.

  3. Au paragraphe 548 de ses « Investigations philosophiques », cette remarque de Wittgenstein : « On entend que dans la pensée cela se passe différemment » indique assez l'existence d'un monde parallèle qui coïncide avec la pensée et se développe hors du réel commun.

  4. Chacun connaît l'énigme de la dernière proposition du Tractatus logico-philosophicus » de Wittgenstein : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » La phrase semble banale mais elle signifie évidemment que le réel en soi est aussi incommunicable que les noms des autres dieux.

  5. Un dieu vint et s'affirma comme le « Il n'y a qu'un seul dieu ». Dès lors, de par le monde, quelques maisons furent dépositaires de lourds secrets et d'événements inimaginables pour le commun des mortels. Jean Ray révéla une de ces maisons tourmentées dans un livre intitulé « Malpertuis ».

  6. Les morts ont-ils encore un nom ? C'est leur présence dans nos mémoires qui est encore nommée. Sinon, les morts oubliés ne sont même plus ombres en leur royaume ; ils ne sont plus que poussière que le vent sème dans l'infini de ce qui n'a plus de temps.

  7. « Mais dès lors que « Excalibur » est le nom d'un objet, cet objet n'existe plus, si « Excalibur » est brisée ; et, puisque alors aucun objet ne correspondrait au nom, ce nom même n'aurait point de signification. »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 39)

  8. Qu'une langue puisse être contaminée, jusqu'à en tomber malade, jusqu'à s'anémier, jusqu'à en mourir et disparaître, prouve sans nul doute que l'être se manifeste dans la langue comme les dieux perdus se manifestent dans leurs dernières demeures.

  9. Les humains tendent à l'universalité du code. C'est ainsi que certains espèrent se débarrasser des autres dieux qui ont fait demeure de la langue. Mais il semble que la hantise persiste dans l'être et contamine les machines.

  10. Wittgenstein fait souvent usage de ces propositions qui nous sont familières telles que : « Tandis que je lui parlais, je ne savais trop ce qui se passait dans sa tête. » (cf Investigations philosophiques, 427). Ce qui revient à évoquer ce monde de la pensée en soi, labyrinthique et parallèle.

  11. C'est de ce monde de la pensée en soi, labyrinthique et parallèle que nous viennent légendes, fantômes et autres dieux, lesquels pétrissent nos réels de leurs mains sans doigts, ni paume, ni poignet.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2020.

Publicité
10 juillet 2020

AVEC DANS LA TÊTE UN LUTIN

AVEC DANS LA TÊTE UN LUTIN

 

 

  1. Savez-vous que, parfois, dans les rues, un homme, ou une femme, voire un enfant, passe avec dans la tête un lutin armé d'un couteau et qu'il arrive que ce lutin passe à l'acte ?

  2. Il est évident que la Caste omnipotente des Technocrates fut prédite dans les nouvelles visionnaires de Lovecraft ; je cite :
    « Plus tard, j'en vis partout : grouillant dans les salles et les couloirs, surveillant d'énormes machines dans des cryptes voûtées »
    (Lovecraft traduit par Jacques Papy, « Dans l'abîme du temps »)

  3. Après les pandémies successives, il y eut bien des drames et bon nombre de mégapoles devinrent ces « noyaux centraux d'un chapitre de l'histoire de la terre perdu dans la nuit des temps » qu'évoque Lovecraft dans « Les montagnes hallucinées ».

  4. Je ne sais pas ce qu'elle fabrique, la Ligue des Transhumains, mais cette remarque de Lovecraft en dit long sur sa puissance psychique et c'est sous son influence que « je voulais ouvrir quelque chose, et je connaissais tous les mouvements que je devais accomplir à cet effet. »

  5. J'ai toujours pensé que ce n'était pas par hasard qu'une vache illustre la pochette de l'étrange « Atom Heart Mother » du groupe Pink Floyd. Cette vache est un vecteur psychique, d'autant plus puissant que multiplié par la complicité industrielle de la production en série.

  6. Bon, je suis rassuré : il ne circule aucun bruit alarmant « sur mon pouvoir d'influencer les pensées et les actes d'autrui ». Je ne suis donc pas le narrateur de la nouvelle de Lovecraft traduite par Jacques Papy et intitulée « Dans l'abîme du temps ». Je peux miauler tranquille.

  7. C'est la rime « squelette/omelette » qui illustre le mieux le culte auquel s'adonnent certaines nuits de pleine lune (on dirait un œuf) des encapuchonnés jaune moutarde-mayo qui vont déposer des omelettes froides sur des tombeaux aussi lointains que la lointaine cité perdue de Chépaou.

  8. Je suis certain que la Chanson « San-Francisco » de « vous-savez-qui » a été composée exprès pour faire pousser les cheveux de nos jeunes gens et énerver le pamphlétaire aux yeux étrangement fixes que je vois régulièrement revenir dans mon cadre spatio-temporel.

  9. Le problème des images, c'est qu'elles ont le pouvoir de se glisser sous nos paupières, de s'insinuer dans nos rêves et certainement d'influencer nos esprits afin qu'une fois réveillés, nous ne soyons plus tout à fait les mêmes.

  10. « Il ne voulait pas s'endormir seul car, au crépuscule, il avait cru voir la répugnante vieille dont l'image était passée dans ses rêves. »
    (Lovecraft traduit par Jacques Papy, « La maison de la sorcière »)

  11. Soudainement étrangement statique, puis la pupille comme tenue par quelque point perdu dans l'espace et le temps, « je puis vous assurer que moi aussi je disparaîtrai » me dit Zut, d'une voix de poupée sanglante.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2020.

10 juillet 2020

DEUX TROIS SOTTISES PUIS REVELATIONS DU CREPUSCULE

DEUX TROIS SOTTISES PUIS REVELATIONS DU CREPUSCULE

 

 

  1. Si les hommes d'équipage avaient attrapé la scarlatine au lieu d'attraper des albatros, ils auraient été mis en quarantaine et le jeune Baudelaire eût peut-être entamé des études de médecine.

  2. On a beau dire, on a beau faire, il est très difficile de rajeunir de vingt siècles ou même d'avoir plus de souvenirs que si l'on avait mille ans.

  3. Saucisson (ce son est-il si sot?) sourd (ce son sourd est-il si sot?) dîne (en sourdine bien sûr ce son si sot sourd).

  4. Vie, ô long (violon donc qu'on joue) temps ! (pis tant pis si j'me goure) va la quiche qu'à la fin le grand On des ténèbres l'engloutit.

  5. Il va sans dire que dans le célèbre poème « L'Albatros » de l'être qui se fit appeler Charles Baudelaire, les « albatros » figurent les Anges Immaculés (« alba » signifiant « blanc ») et les « hommes d'équipage » quelque légion de démons tourmenteurs des Anges Immaculés.

  6. Le « soir charmant, ami du criminel » de Baudelaire n'est pas seulement le soir que quand on rentre du turbin, c'est le soir qu'on s'repose avant d'recommencer le lendemain. Non, c'est le « soir magique », le soir des « charmes », c'est-à-dire des sorts.

  7. Le « soir charmant, ami du criminel » de Baudelaire est d'ailleurs incarné dans un « loup » vu qu'il « vient comme un complice, à pas de loup ». Le « soir charmant » est une créature des ténèbres. Du coup, l'expression « Le Grand Soir », n'est-ce pas qu'elle fait frémir ?

  8. Que le « soir charmant, ami du criminel » soit une créature magique n'est pas douteux. Voyez comme « le ciel se ferme » à son approche louve et louche, et voyez comme il métamorphose « l'homme impatient » en « bête fauve ».

  9. Bref, le « soir charmant, ami du criminel » de Baudelaire sème des loups-garous dans nos villes, réveille « des démons malsains dans l'atmosphère », des Poltergeists ailés qui « cognent en volant les volets et l'auvent » et livre la cité à la Prostitution aux mille mamelles.

  10. « Voici le soir charmant, ami du criminel ;
       Il vient comme un complice, à pas de loup, le ciel
       Se ferme lentement comme une grande alcôve ;
       Et l'homme impatient se change en bête fauve. »
       (Baudelaire, « Le crépuscule du soir »)

      1. Le « soir charmant, ami du criminel » a aussi pour complice le vent et la symbolique vengeresse de la lettre « v » si présente dans le poème, laquelle lettre « v » est aussi la marque des Visiteurs et de leur Victoire :

        « Cependant des démons malsains dans l'atmosphère
           S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,
           Et cognent en volant les volets et l'auvent.
           A travers les lueurs que tourmente le vent »
           (Baudelaire, « Le crépuscule du soir »)

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2020

 

 

9 juillet 2020

CHRONIQUE DU 9 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 9 JUILLET 2020

 

 

  1. Le problème est le suivant : en cas de deuxième vague du Covid, l'Etat sera-t-il prêt à assumer un taux élevé de contagion et la proportion de morts qui en résultera ou reconfinera-t-il, acceptant ainsi l'aggravation d'une crise économique dont nous ne connaissons pas même l'ampleur actuelle ?

  2. En cas de deuxième vague du Covid, le gouvernement ne souhaitera sans doute qu'en partie reconfiner. Le problème sera celui des écoles, qu'il faudra sans doute fermer, ou n'y admettre les élèves que dans des conditions sanitaires drastiques.

  3. Il est que si une deuxième vague du Covid déferlait sur l'Europe, il faudra dès lors repenser la notion de risque et accepter, au nom de l'intérêt général, que des gens meurent. La société, déjà violente parce que basée sur la dureté des rapports humains, n'en sera que plus âpre.

  4. Sans nul doute, en cas de retour du Covid, c'est assez vite que les anciens discours sur la répartition genrée des tâches resurgiront et l'on entendra éructer avec plus ou moins d'ironie et de finesse les contempteurs de la parité et les zélateurs de la femme au foyer.

  5. En cas de deuxième vague du Covid, il est à penser que nos libertés publiques seront encore plus menacées. Le gouvernement prendra peur sans doute de la colère sourde de ceux qui, obligés de travailler et de prendre des risques, verront pourtant leur emploi menacé par la crise économique.

  6. Il est à penser que si la crise du Covid se pérennise et que nous soyons obligés de vivre dans une société en proie aux périls viraux, nous en viendrons vite à la fermeture des frontières, ne gardant de l'Europe qu'une monnaie commune et la circulation des biens.

  7. On peut penser qu'un Covid se pérennisant précipitera l'électorat dans des votes extrêmes à gauche comme à droite, à moins qu'un gouvernement de centre-droit décide de fermer les frontières, d'augmenter le nombre de policiers et de processus de surveillance, de durcir les lois, de construire des prisons, de muscler ses forces armées. Est-ce cela que Macron aurait déjà en tête ?

  8. Face à une éventuelle pérennisation du péril viral, est-ce que le président Macron aurait déjà en tête une société de la raison d'Etat, de l'état d'urgence, de la crise perpétuelle. Ainsi pourrait s'expliquer le choix d'un premier ministre qui s'affirme sans ambiguïtés gaulliste.

  9. Est-ce qu'une Europe des solidarités, une Europe de la mutualisation des dettes, tiendrait longtemps devant une pérennisation de la crise sanitaire et donc de la crise économique ?

  10. En cas de pérennisation de la crise sanitaro-économique, se pourrait-il que les périls extérieurs se fassent plus grands (radicalités religieuses, terrorisme, croissance de la pression migratoire, bruits de bottes et montée des périls) ?

  11. Le libéralisme survivrait-il à une pérennisation de la crise du Covid ? Sans doute le libéralisme économique, faisant comme d'habitude feu de tout bois et s'appuyant au besoin sur l'aide de l'Etat, perdurera, cependant que plus difficile sera l'exercice des libertés individuelles.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 9 juillet 2020.

9 juillet 2020

D'NOUS AUTRES ET D'NOTRE SI VASTE MONDE

D'NOUS AUTRES & ET D'NOTRE SI VASTE MONDE

 

Je lis dans le magazine Le Point
(2 juillet 2020) que le « manque
de leadership », kéçadire manque
de leadership ? Veut-on dire par
là que Rome n'est plus dans Rome
qu'l'aigle américain battrait de
l'aile mais le populisme à Trump
n'est pas immortel -, la « perte
des valeurs » ah ça oui que vous
me direz que c'est pas d'hier la
perte des valeurs mais avec c'te
modernité communicante d'partout
a s'gonfle comme l'hyperbole pis
même kelle est toute pédagogisée
maintenant dis la perte du sens.

Donc selon P.A. Delhommais manque
de leadership perte des valeurs &
montée des populismes signalent à
nous aut's démocrates occidentaux
qu'nous devons affronter la crise
« morale » i dit qu'à mon avis la
crise l'est surtout économique et
je pense que si chacun chacune un
boulot avait on n'en serait peut-
être pas aussi bas là qu'on s'dit
qu'avec le Covid qui tue qui va &
vient et tue derechef savez qu'on
n'est pas sorti d'l'auberge qu'on
n'a pas fini d's'en prendre plein
l'avenir dis du déclin d'l'humain

Y a une chose que je lis dans
Le Point du 2 juillet 2020 et
qui me semble vraie c'est que
pendant la crise les gens pas
sur le bio qu'i s'sont rués &
c'est des steaks hachés qu'on
s'acheta dis au supermarché i
faut pas rêver et le monde de
l'après covid i sera pas plus
beau ni bio ni moins inhumain

Sylvie Brunel dans des propos
rapportés par Le Point dit je
pense ça bien vu qu'depuis le
sommet de la Terre à Rio k'ça
s'est fait en 1992 la défense
de l'environnement a remplacé
la lutte contre la pauvreté &
qu'c'est parce que nous aut's
démocrates occidentaux on est
« terrifié » c'est le mot que
j'lis dans le magazine par la
masse des pauvres des pays du
Sud qui l'voudraient aussi le
niveau de vie qu'on a nous et
donc franchement on sait plus
plus quoi faire avec l'humain

Comme je l'ai déjà écrit j'aime
bien ce qu'il dit le personnage
de Gaston d'Orléans ksé dans le
film Louis enfant roi commequoi
oui commequoi kcécomça épicétou
qu'à la fin la dérision remet à
sa place toute chose que donc à
raison nous met la dérision que
la dérision ici c't'un assassin
invisible qui est en passe d'en
faire une infinie misère d'nous
autres & d'notre si vaste monde

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juillet 2020.

8 juillet 2020

CINQ SOTTISES JUSTIFIEES SUR LE CORNET ACOUSTIQUE

CINQ SOTTISES JUSTIFIEES SUR LE CORNET ACOUSTIQUE

 

Dans Le Cornet acoustique
de Leonora Carrington une
certaine Carmella joli et
faisant penser à carmel à
charnelle à chamelle itou
ce prénom là Carmella qui
offre à la narratrice une
à quoi la narratrice elle
n's'attendait point cause
ksé un cornet acoustique.

On est d'accord qu'offrir un
cornet acoustique à qui n'en
a point besoin témoigne d'un
« curieux sens de l'humour »
On peut même parler d'ironie
qui laisse à entendre que la
personne à qui on l'offre ne
sait entendre tout s'qui est
à entendre dans un réel tout
plein comloeuf d'malentendus

On apprend que la narratrice
du Cornet acoustique dans un
« lieu où elle ne souhaitait
nullement se trouver » kelle
vit kelle n'est pas contente
d'être là même kelle se sent
prisonnière qu'c'est un sort
commun à bien des âmes de se
sentir enfermé oùsqu'on est.

La narratrice du Cornet acoustique
elle avoue divaguer que divaguer à
nous tous ksa arrive qu'on s'met à
penser à tout aut' chose qu'on a à
penser qu'on a l'esprit v'là qu'il
prend son tambour de vent de pluie
& ki bat ki bat ki bat la campagne

La narratrice du Cornet acoustique
dit qu'elle ne permet « à personne
de penser que son esprit la bat la
campagne où y a tant d'esprits qui
y sont djà à la battre la campagne
ksa fait un fichu nid de coucous &
tout un gouvernement d'illuminés Ô
Politiques mais jamais au-delà des
limites k'nous devrions leur fixer

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juillet 2020.

 

 

 

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité