ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD
ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD
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Zut se dit que Twitter, parfois, c'est comme le bar du coin, mais la bière est moins chère, parce qu'on l'achète au supermarché.
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Zut se dit qu'elle est sur terre. Que ce n'est pas d'l'irréel que, d'aventure, parfois elle en aurait marre, qu'elle s'amarre, mais ça ne durerait pas, se dit Zut, des choses surgiraient d'autres mystères.
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Zut se dit que « des choses surgiraient d'autres mystères » est une drôle de phrase parce qu'on ne sait pas si ce sont les choses qui surgissent ou les mystères. C'est que je ne peux pas décider, dit Zut qui trouve ça énigmatique.
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Zut défois s'imagine des histoires qui commencent toujours par un sentier d'où débarquent d'autres mystères, d'autres masques, d'autres drames splendides comme des affiches. Le sentier est entre elle et une forêt profonde où elle ne va jamais. C'est là qu'ils naissent.
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Zut ne cherche pas à faire comprendre comment elle voit les choses. Il y a tellement de phrases de partout qui disent comment on voit les choses. Zut en connaît certaines, mais il y en a tellement, à l'infini des lèvres se dit Zut, dont beaucoup d'énigmatiques.
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Zut pense que les choses ne sont qu'en partie ce qu'on en dit. Des moitiés de visages dans des miroirs coupés d'ombre.
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Zut se dit qu'elle est un morceau fini d'un nombre infini de séries infinies. Les objets aussi. Tout en fait, mais cela a-t-il un sens que tout soit fini dans un nombre infini de séries infinies ?
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Zut défois voit disparaître le sens des choses. A quoi sert cet objet creux ? Peut-il contenir quelque chose et comment ce qu'il pourrait contenir ne s'échapperait-il pas ? Il suffit de le retourner et de voir qu'il est écrit dessus « Made in China ».
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Zut se dit qu'on n'attribue pas une sensation à une chose. Même quand les objets bougent tout seuls inexplicablement. Ce n'est pas la sensation qui les anime. Il doit y avoir derrière ces choses qui bougent autre chose, quelque chose de sensationnel et de terrible, un mystère dans une chambre jaune.
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Zut se dit qu'on n'est pas pareil avec un vivant qu'avec un mort. On ne peut rien dire à un mort. Défois qu'il reviendrait plus tard pour vous répondre parce que ça doit mettre du temps à parvenir là-bas. Zut parle aussi avec ses morts, elle qui parle si peu avec les vivants.
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« Ne pourrais-je imaginer que j'ai des douleurs effroyables et que je me transforme en pierre pendant qu'elles persistent ? Eh bien, comment puis-je savoir, les yeux fermés, si je n'ai pas été transformé en pierre ? »
(Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 283) -
Zut se demande combien de fois elle a été transformée en pierre. C'était sans doute le temps où elle pouvait se faire aussi papier et ciseau. Zut se demande combien de temps elle a passé parmi les pierres et les herbes qui poussent entre elles.
Patrice Houzeau
Malo, le 7 août 2020.