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BREFS ET AUTRES
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7 août 2020

ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD

ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD

 

  1. Zut se dit que Twitter, parfois, c'est comme le bar du coin, mais la bière est moins chère, parce qu'on l'achète au supermarché.

  2. Zut se dit qu'elle est sur terre. Que ce n'est pas d'l'irréel que, d'aventure, parfois elle en aurait marre, qu'elle s'amarre, mais ça ne durerait pas, se dit Zut, des choses surgiraient d'autres mystères.

  3. Zut se dit que « des choses surgiraient d'autres mystères » est une drôle de phrase parce qu'on ne sait pas si ce sont les choses qui surgissent ou les mystères. C'est que je ne peux pas décider, dit Zut qui trouve ça énigmatique.

  4. Zut défois s'imagine des histoires qui commencent toujours par un sentier d'où débarquent d'autres mystères, d'autres masques, d'autres drames splendides comme des affiches. Le sentier est entre elle et une forêt profonde où elle ne va jamais. C'est là qu'ils naissent.

  5. Zut ne cherche pas à faire comprendre comment elle voit les choses. Il y a tellement de phrases de partout qui disent comment on voit les choses. Zut en connaît certaines, mais il y en a tellement, à l'infini des lèvres se dit Zut, dont beaucoup d'énigmatiques.

  6. Zut pense que les choses ne sont qu'en partie ce qu'on en dit. Des moitiés de visages dans des miroirs coupés d'ombre.

  7. Zut se dit qu'elle est un morceau fini d'un nombre infini de séries infinies. Les objets aussi. Tout en fait, mais cela a-t-il un sens que tout soit fini dans un nombre infini de séries infinies ?

  8. Zut défois voit disparaître le sens des choses. A quoi sert cet objet creux ? Peut-il contenir quelque chose et comment ce qu'il pourrait contenir ne s'échapperait-il pas ? Il suffit de le retourner et de voir qu'il est écrit dessus « Made in China ».

  9. Zut se dit qu'on n'attribue pas une sensation à une chose. Même quand les objets bougent tout seuls inexplicablement. Ce n'est pas la sensation qui les anime. Il doit y avoir derrière ces choses qui bougent autre chose, quelque chose de sensationnel et de terrible, un mystère dans une chambre jaune.

  10. Zut se dit qu'on n'est pas pareil avec un vivant qu'avec un mort. On ne peut rien dire à un mort. Défois qu'il reviendrait plus tard pour vous répondre parce que ça doit mettre du temps à parvenir là-bas. Zut parle aussi avec ses morts, elle qui parle si peu avec les vivants.

  11. « Ne pourrais-je imaginer que j'ai des douleurs effroyables et que je me transforme en pierre pendant qu'elles persistent ? Eh bien, comment puis-je savoir, les yeux fermés, si je n'ai pas été transformé en pierre ? »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 283)

  12. Zut se demande combien de fois elle a été transformée en pierre. C'était sans doute le temps où elle pouvait se faire aussi papier et ciseau. Zut se demande combien de temps elle a passé parmi les pierres et les herbes qui poussent entre elles.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 août 2020.

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30 juillet 2020

PIS QU'ON N'EST PLUS QU'ECHO

PIS QU'ON N'EST PLUS QU'ECHO

 

 

  1. Zut songe que souvent que les temps sont difficiles qu'on dirait même que les temps difficiles c'est l'éternel présent et que le facile, c'est l'ailleurs, le passé, le bon temps qu'on rêve, le jamais plus, le jamais tout court.

  2. L'humain agit en bête et raisonne en dieu, aussi bien qu'il fait des miracles et pense comme une casserole. Il ne s'y reconnaît pas toujours lui-même.

  3. Le pangolin n'est pas plus réel que l'idée que l'on s'en fait. Mais de même que le braconnier peut se laisser surprendre par le pangolin, nous ignorons ce qu'est vraiment un pangolin.

  4. De même que toute chose, dieu n'est pas plus réel que l'idée que l'on s'en fait. C'est pourtant cette idée qui agit dans le monde de façon si déterminante qu'il semble presque impossible d'imaginer ce monde sans dieu.

  5. Parce que l'idée qu'il se fait de la société est nécessairement fausse, le politique se doit de tenir compte du réel en agissant de façon pragmatique. Il semble que plus sa vision est abstraite, philosophique, théorique, plus le politique est en contradiction avec le réel.

  6. Dans ce flux incessant de ressentis que l'on appelle « opinion publique », on n'emploie guère de termes juridiques. L'expression « violences policières » par exemple, n'a pas de sens dans un tribunal. Nous ne sommes pas dans un tribunal, mais dans l'âpre quotidien.

  7. En juillet 2020, ai songé, au vu des affaires éclaboussant la police française, qu'il serait intéressant de comparer les statistiques de la délinquance au sein de la police à celles du reste de la population.

  8. Zut songe aux sirènes Vivent-elles dans des grottes ? On y trouverait sans doute les ossements des fascinés disparus corps et âme. Leur langue est-elle bifide et s'expriment-elles par des sifflements et des cliquetis ?

  9. Zut songe qu'il serait bien étonnant que la Vierge apparût à la fenêtre, mais comme on ne sait jamais, elle se décide à faire ses carreaux.

  10. Zut songe que, comme elle l'a lu dans Heidegger, « si le surhomme va au-delà de l'homme tel qu'il a été jusqu'ici », eh bin, risque bien de tomber de haut.

  11. A force de partir, les gens, ils finissent par ne plus revenir. Ça fait des fantômes parfois.

  12. Le monde de certains, il est tellement idéal qu'on dirait un conte de fée.

  13. A force, le réel si rapide qu'on dirait un manège, il finit par ralentir, ralentir, ralentir jusqu'à s'immobiliser. Les voix, de plus en plus lointaines, les voix. Pis qu'on n'est plus qu'écho.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juillet 2020.

28 juillet 2020

CHRONIQUE DU 28 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 28 JUILLET 2020

 

 

  1. Il se peut que l'avenir soit masqué ou ne soit pas. - La France, vue par les médias et les réseaux sociaux, parfois, on dirait qu'elle flambe. Ceci dit, les Nuit Debout du quinquennat de Hollande, les Gilets Jaunes du quinquennat actuel, la montée des extrêmes sont une réalité.

  2. « L'avenir masqué flambe en traversant les cieux »
    (Apollinaire)

  3. Chaque fois que je lis ces vers d'Apollinaire :
    « Et les roses de l'électricité s'ouvrent encore
    Dans le jardin de ma mémoire »
    Je pense, assez sottement sans doute, à toutes ces chansons électriques et anglo-saxonnes pour adolescent des seventies.

  4. « Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant »
    (Apollinaire, « le Voyageur »)

  5. Peut-on comparer l'Europe à une forteresse assiégée et l'espace Schengen à une porte sur laquelle pèse le poids des coups répétés d'un bélier ? Peut-on comparer les migrants à des voyageurs qui frappent à notre porte en pleurant ?

  6. Serait-il possible que ceux qui frappent à notre porte en pleurant cherchent demain à nous diriger ? Serait-il possible que ceux à qui nous donnons du pain aujourd'hui nous jettent des pierres demain ?

  7. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que si les Anglais ont voté majoritairement pour le Brexit, c'est qu'ils estimaient avoir assez fait de sacrifices pour faire de la City la première place financière d'Europe et que l'idée d'un Royaume-Uni auquel le couple franco-allemand ne cesserait de faire la morale devenait pour beaucoup d'Anglais assez pénible.

  8. L'Europe est un jeu de rôles. Aux frugaux du Nord, au Luxembourg et à la Suisse, la discrétion bancaire et le secret des affaires ; à l'Allemagne et à la France, le leadership politique ; aux pays du sud et de l'est, les frontières, les débats, les incertitudes.

  9. Il est bien sûr trop tard pour fermer nos frontières, sauf pour le tourisme, pour nous recentrer sur nos savoir-faire bancaire, agricole et technologique (notamment dans le domaine de l'armement) ; il est bien sûr trop tard pour renoncer à notre fichue manie de vouloir universaliser nos valeurs : la France est un pays engagé.

  10. Si nous voulons rester parmi les rois du monde, nous pouvons compter sur notre attractivité et cet art si particulier qu'a la France d'être à la fois un pays libéral dans ses relations avec l'extérieur et dirigiste dans sa gestion des affaires intérieures. Mais il semble que cet équilibre soit de plus en plus difficile à maintenir.

  11. Il n'est pas impossible que le Covid, le réchauffement climatique et certains conflits en cours rendent inhabitables, pour longtemps peut-être, un certain nombre de territoires. Sans doute l'Europe doit-elle se préparer à une pression migratoire de plus en plus forte, de plus en plus urgente.

  12. Est-il vrai que si la Hollande affiche un PIB/habitant bien plus élevé que celui de la France, le taux d'endettement des ménages hollandais est un des plus élevés au monde ?

  13. Entendu sur France Culture qu'au début de la crise du Covid, on pouvait lire cette prophétie sur certaines banderoles de manifestants du secteur public anglais : « L'Etat compte ses sous, nous compterons les morts. »

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2020.

19 juillet 2020

I NOUS SCRUTENT

I NOUS SCRUTENT

 

  1. « Comme il s'avançait pour la saluer, il remarqua qu'elle le regardait avec une attention inhabituelle. Ces beaux yeux sombres l'étudiaient. Examen sérieux et qui se prolongeait. »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons »)

    Défois, des yeux, i nous scrutent comme s'ils voulaient voir à quel réel ils avaient affaire.

  2. Comme il, il remarqua qu'elle, alors il et s'prit une gifle. Bien fait pensa Zut.

  3. « Allais-je me trouver face à face avec une effroyable réalité, ou bien m'apercevoir que je rêvais ? »
    (Lovecraft traduit par Jacques Papy, « L'abîme du temps » [le narrateur])

    Et si je rêvais, allais-je me réveiller ?

  4. Si ça se trouve, les personnages de fiction étaient peut-être aussi réels que vous et moi, avant de tomber dans le rêve d'un auteur.

  5. Puisque les mathématiques relèvent du présent de vérité absolue, elles régissent aussi bien notre univers que tous ceux qui lui sont parallèles.

    « Des souvenirs confus se mêlaient à ses connaissances mathématiques ; il lui sembla qu'il détenait dans son subconscient les angles dont il avait besoin pour regagner le monde normal par ses propres moyens. »
    (Lovecraft traduit par Jacques Papy, « La maison de la sorcière »)

  6. Je me souviens d'un bouquiniste qui regrettait d'avoir à vendre tant de livres inutiles : soudainement, la matérialité de la littérature, cette vanité imprimée, cet infini d'histoires toutes plus invraisemblables les unes que les autres le saisissait dans son espace menacé par l'engorgement.

  7. Jadis, nos maîtres d'école nous mirent en garde contre la littérature de genre, la mauvaise littérature selon eux et nous moquions leurs préjugés et leur ignorance. Maintenant que les créatures envahissent et contaminent le réel, il est que nous rions de moins en moins.

  8. Que la plupart des gouvernements se soient laissé surprendre par la pandémie du Covid-19 pourrait relever d'une politique de l'acte manqué et l'inconscient des Etats exprimerait ainsi quelque volonté de contraindre toujours un peu plus l'individu.

  9. La tentation est une réification. On devient « tout chose » devant quelque chose dont le « charme » fait de vous « sa chose ».

    « Quelle singulière chose que la tentation ! On regarde un objet et, peu à peu, il vous séduit, vous trouble, vous envahit comme ferait un visage de femme. Son charme entre en vous,... »
    (Maupassant, « La Chevelure »)

  10. Le langage éveille des mondes oubliés et soudainement éclaire le passé d'une autre lumière.

    « Mais, il y a deux ans, comme j'assistais à la représentation d'une revue, elle me revint et j'en fus si surprise que je m'écriai à haute voix : « Oh ! Maintenant, je comprends ce qu'il y avait de drôle dans cette histoire de gâteau de riz ! »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons », [miss Warren])

  11. « Le peuple doit combattre pour sa loi comme pour ses remparts. » (Héraclite)
    « Si vis pacem, para bellum. »
    Et n'oublie pas de commander des masques à la Chine.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 juillet 2020.

12 juillet 2020

VERS LA CORNICHONIFICATION

VERS LA CORNICHONIFICATION

 

 

  1. Des fois on croit mais en fait non qu'on s'dit tant pis.

  2. Si le verbe « éléphanter » signifiait « adorer son dieu », à coup sûr, le Créateur aurait été représenté avec une trompe.

  3. Nous sommes soudain dans la considération. C'est le moment à soi des questions. Qui fut réellement ce cadavre ?

  4. L'être qui parle dans les poèmes de Henri Michaux imagine qu'aux « approches de la mort », il serait possible de « réduire » les « êtres » à « une sorte d'alphabet qui eût pu servir dans l'autre monde, dans n'importe quel monde. »

  5. Il y a aussi « le regard de mort » qu'elles ont les bêtes (surtout les « félins et les rapaces » écrit Pascal Quignard) que j'ajoute celui des cornichons sauvages à yeux vifs, les féroces cornichœils qui vous dévorent le jambon avant même que vous ayez sorti la moutarde.

  6. A force de beugler « Eye Of The Tiger », on finit par tomber dans le yaourt.

  7. Selon les disciples du culte du Livre-Labyrinthe, il arrive que dans certaines circonstances, certains lecteurs initiés chutent dans le livre ouvert. Devenus purs points de vue internes, ils errent sans fin dans le labyrinthe des lignes et des sens, découvrant ainsi les livres du Livre.

  8. Si j'en crois « le Maître de Ho » dont Henri Michaux rapporta les propos, si nous ignorons tout des gens de la « Terre creuse », c'est que :
    « Rien ne débouche nulle part
    Les siècles aussi vivent sous terre, dit le Maître de Ho. »
    (Henri Michaux, « Labyrinthe »)

  9. Si nous considérons que le réel est une suite de postures, la fin subjective du réel est donc la fin des postures, et la Mort une imposture.

  10. Non, je ne pense pas que certains romans policiers actuels, qui vous font leurs 836 pages comme vous faites du café, soient composés par des équipages d'extra-terrestres échoués sur Terre et réduits en esclavage par de grands gutturaux blonds aux yeux bleus.

  11. Je ne doute pas par contre, à voir la façon dont le grand Touci-touça évolue, que les cornichons à yeux vifs, les féroces cornichœils ne se contentent plus de jambon et en soient venus à parasiter les cervelles de bon nombre de nos frères humains.

  12. Alors, le Maître dit : « Nous allons vers la grande Cornichonification de toute chose, car il est écrit que dès que l'on commence un jeu de cornichon, il n'y a pas de raison pour que cela s'arrête. En vérité, je vous le dis, nous finirons dans le vinaigre. »

    Patrice Houzeau
    Malo, le 12 juillet 2020.

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3 juillet 2020

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

 

 

  1. Hier, j'ai acheté un bocal de cornichons. Ils sont gros. C'est un bocal de gros cornichons. Aujourd'hui, je fus grognon, et pas très vif. Je fus mollement grognon. Ah tiens, on a changé de paillasson à Matignon.

  2. - Le virus Covid-19 aurait muté et serait plus infectieux.
    - En Chine, un virus porcin transmissible à l'être humain pourrait provoquer une nouvelle pandémie.
    - Au Bostwana, des éléphants seraient morts par dizaines sans qu'on en sache la cause.

    Euh... c'est moi ou y a comme quelque chose qui cloche ?

  3. A peine Jean Castex a-t-il commencé à parler, que l'on comprend que c'est un spécialiste de la langue de bois.

  4. Se pourrait-il qu'avec la nomination de Jean Castex, le président Macron soit enfin plus populaire que son premier ministre ?

  5. Certains Français disent qu'en nommant un haut fonctionnaire au poste de Premier Ministre, le président Macron aurait dans l'idée d'affaiblir la fonction de chef de gouvernement pour pouvoir (enfin) jouer les Jupiter tout seul, comme un grand.

  6. « En nommant Jean Castex dont la seule légitimité est technocratique, Emmanuel Macron dissout Matignon. » Je ne suis pas souvent d'accord avec Eric Ciotti, mais là, je me demande s'il n'a pas raison.

  7. Si l'information selon laquelle le Covid-19 aurait muté et serait devenu plus infectieux est exacte, il se pourrait que les frontières rouvertes depuis peu ne le soient pas très longtemps.

  8. Il se dit sur France Info que Jean Castex notre nouveau chef du gouvernement serait apprécié autant à gauche qu'à droite. Euh... je me méfie de ces hauts fonctionnaires qui s'entendent avec la carpe aussi bien qu'avec le lapin. En général, ils s'entendent surtout à rouler les gens dans la farine.

  9. Jean Castex aurait été de novembre 2010 à février 2011 conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy. Quelques semaines, c'est bien court. Pourquoi cette brièveté ? Remarquez que je suis mauvaise langue, c'était sans doute en attendant quelque autre fonction.

  10. C'est souvent en période de crise que Paris se souvient de la Province, que le pouvoir central se souvient des régions, histoire de leur refiler quelques patates chaudes en attendant des jours meilleurs.

  11. « Je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats », qu'il a dit Jean Castex. Ah, il va donc y aller à tâtons.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2020.

1 juillet 2020

CE QUI ME PASSE PAR LA TÊTE

CE QUI ME PASSE PAR LA TETE

 

  1. Ce qui me passe par la tête n'est pas comète dans l'espace. Baudelaire appelait cela « fusées » ; c'est juste du jus qu'on a dans l'citron qu'toute la journée, ça nous fait des bouts d'pensées, des analogies, des impressions qu'on croit qu'on pense qu'on fait juste que fonctionner du carafon.

  2. Ce qui me passe par la tête qu'il fait beau ; je bois de la limonade très fraîche ; aujourd'hui, c'est un second tour d'élections municipales. De toute façon, les gens râlent. Hier, j'ai acheté des tomates séchées. J'me sens un peu fatigué. Les gens votent peu. On s'fait cuire des œufs.

  3. En juin 2020, en France, il ne se passait guère de jours sans que, sous un prétexte ou un autre, des incidents éclatent entre l'une ou l'autre partie de la population et les forces de police. On commençait à douter de l'efficacité de certaines de nos institutions.

  4. En achetant chaussettes, short, tee-shirt, j'ai aussi acheté tomates séchées, saucisses sèches, choux, chicons, chorizo, chablis, mais pas de serpent sifflant sur vos têtes ; je n'en avais nul besoin.

  5. Je n'aurais jamais pensé entendre cette phrase un jour d'élections municipales : « Masque obligatoire et gel hydroalcoolique partout dans les bureaux de vote ».

  6. Ce matin, j'ai lavé du linge. Dans le ciel, on sait bien qu'il n'y a pas d'anges. Quand je pense aux anges, je pense aux oranges. Je les aime sucrées. Chacun d'entre nous pense à sa liberté, et se demande à quel point elle pourrait être menacée.

  7. J'aime beaucoup le poème « Nuit rhénane » d'Apollinaire ; je le savais par cœur jadis, même quand je buvais trop de bière. « Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme ». Défois on s'fascine pour quelque femme. Plus tard, on trouve ça sot, sot, sot, si sot.

  8. Jadis, je savais quelques poèmes par cœur, comme on sait aussi des chansons : « Ecoutez la chanson lente d'un batelier » ; j'avais l'impression d'en avoir l'esprit délié ; ça ne m'empêchait pas d'être aussi bête que les pieds de n'importe qui.

  9. « Ecoutez la chanson lente d'un batelier / Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes », c'est de l'Apollinaire. Ce qui me fait penser au limonaire ; les rues en étaient jadis, dit-on, acidulées. De mon frigidaire, je sors de la limonade et songe par dedans moi Pourquoi sept ?

  10. Les femmes de la Nuit rhénane d'Apollinaire tordent « leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds ». Défois vif, défois très niais qu'on est. Sont-ce des sorcières ? Des vouivres aux yeux verts qui glissent dans les rivières et aimantent les jeunes gens ?

  11. « Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
      
    Ecoutez la chanson d'un batelier
      
    Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
      
    Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds »
      
    (Apollinaire, « Nuit rhénane »)

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2020.

 

9 juin 2020

C'EST EN S'CAUSANT QU'ON S'APPARAÎT

C'EST EN S'CAUSANT QU'ON S'APPARAÎT

 

 

  1. Défois le passé nous palpite dans la machine à souvenances ; quelques spectres agitent de lointains reflets ; ça nous fait parfois des regrets et d'la nostalgie et sans doute est-ce en parlant à ces fantômes qu'on les fait apparaître.

  2. J'ai lavavassé tout à l'heure mon sol. N'ai trouvé nul trésor. Jamais carrelage lavavassé ne donne trésor. Le lavavassage domestique ne rapporte guère que la satisfaction de la propreté.

  3. Il pensa que Couteline était un joli nom pour une fille. Il pensa qu'elle aurait sans doute l'adolescence incisive, rythmique et littéraire. Et bien sûr, si c'est un garçon, on l'appellera Coutelas.

  4. Lorsqu'on lavavouille les tassakawas, on ne trouve point non plus de Pérou au fond des tasses. C'est un fait : le Pérou se fait rare dans les tassakawas.

  5. Il ne faut pas confondre tassakawa et tassathé, ces dernières étant souvent de mauvaise foi et royalistes comme ce n'est plus permis au pays où le café est noir au fond des tassakawas.

  6. « sans doute ne fait-on paraître le Soi qu'en parlant à soi. »
    (Alain, « De la connaissance discursive »)

  7. Même que des fois on lui tourne le dos, au Soi, on se fait la gueule, on se traite de soi-disant, on a le quant-à-soi boudeur pis quand on rit, on dit que le Soi rit (c'est parfois précieux).

  8. Le matin faut se leverédérêver car faut aller travavailler, aller jouer au jeu du réel que défois c'est périlleux qu'il y en a qui en reviennent tout morts que plus jamais ils n'iront hanter leur lit avec l'autre dedans.

  9. « Les enfants des morts vont jouer
      
    Dans le cimetière »
      
    (Apollinaire, « Rhénane d'automne »)

  10. Alors il dit que nous étions comme ces « enfants des morts » qui « vont jouer dans le cimetière », que nous hantions les morts et qu'il y aurait de plus en plus de morts et de plus en plus de vivants pour échapper aux morts et cela jusqu'à ce que le temps referme ses ailes.

  11. C'est avec la fin des lois que s'accomplira la fin des temps. Ainsi sera le chaos, qui est déjà et qui a toujours été, sans loi ni principe d'identité. Le chaos n'est jamais le chaos et toujours le chaos.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2020.

28 mai 2020

KRIK KRAK KWAK

KRIK KRAK KWAK

1. Défois on est comme Agamemnon qu'on a du trouble avec ses esprits qui flottent dedans comme les quelques cornichons restants flottent dans le vinaigre du bocal entamé.

2. « Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits,
      Je n'avais toutefois à craindre que ses cris ! »
     
(Racine, « Iphigénie », IV, 5)

3. Y en a j'vous jure on sait pas squi narratent dans leurs poèmes là comme le narrateur audibertien qui dit « Chien, je bêle » que c'est quand même pas courant ça le chien bêlant après i dit qu'sa copine le contamine (cf « Tu me pèles / de tes ailes ») pour finir dans la question métaphysique à trois clous la croix.

4. « Chien, je bêle. / Je t'appelle. / Tes seins m'attirent, tels de profonds firmaments. / Tu me pèles / de tes ailes. / A toi si je me livre est-ce à Dieu que je mens ? » (Jacques Audiberti, « Ondée »)

5. Sans doute faudra-t-il que je, qu'en tout cas je
   
Puisqu'il faut toujours en fin de compte que nous.

6. Parfois, le poète, chien sur la piste, sent le cœur des hommes ; Hugo l'avait empathique, ce flair, celui qui sent, comprend tout, le cœur plein d'yeux partout qu'du coup il le voit « fondre en abîmes », « notre cœur » ; on appelle ça les « abîmes du cœur » qu'l'âme y boite dedans.

7. « C'est la fatale angoisse et le trouble profond
      
Qui fait que notre cœur en abîmes se fond »
      
(Victor Hugo, « Pensar, dudar »)

8. Des fois y a des poéteuh i disent comssa qu'ils ont mal au cœur mais ça c'est quand i zabusent du cassoulet, d'la tarte aux bricots ou du Chef un p'tit coup on a soif Quand i sont vraiment très poéteuh i disent qu'ils ont « mal à la terre » voire « mal au présent » ; zont-ils mal au ridicule aussi ?

9. Au poète qui « a mal au cœur mal à la terre mal au présent » (uh), je préfère ces vers de Jean-Paul de Dadelsen :

« Qu'as-tu fait de ton frère Maurice ? 

J'étais ailleurs. Je n'ai rien entendu.
Je n'écoutais pas. Je me regardais dans un miroir.
Ce n'est pas moi qui ai ouvert le gaz
Je n'ai rien fait pour mon frère Maurice. »

10. Krik Krak Kwak écoutez ! Agnès n'est pas si sotte, Agnès n'est pas si folle ; Agnès va se prendre un flan mais c'est pour mieux flanquer des tartes ; Agnès n'est pas si sotte, Agnès n'est pas si folle qu'elle réserve dans sa trousse un sacré coup de pied de l'âne Kwake Kwake Kwake !

11. Le 28 mai 2020 au matin, on attendait plus de libertés, et j'espérais que les Français n'oublieraient pas que nos politiques n'avaient pas anticipé une crise sanitaire pourtant prévisible depuis qu'avec une certaine inconscience, on pousse les gens à se balader en tous sens sur cette planète.

Patrice Houzeau
Zone rouge, le 28 mai 2020

24 mai 2020

ZOZOTISES ET AUTRES BRICOLES

  • ZOZOTISES ET AUTRES BRICOLES

  •  

    1. Semblerait qu'au mot « décroissance » (négativement connoté à cause de son préfixe privatif), certains opteraient maintenant pour le terme « post-croissance » (uh!). A quand le ridicule d'une « croissance résiliente » ? A mon avis, ça ne saurait tarder.

  • 2. « Aimer son prochain comme soi-même » Ah c'est beau ! Mais soyons lucides et contentons-nous de vivre en évitant d'ennuyer les autres. Du reste, ce n'est même pas là de la morale, mais de la prudence.

  • 3. « Sous une pluie de pierres, nous nous en tiendrons à... » (René Char) à rien du tout oui, qu'on s'met à filer, et vite !

  • 4. Je n'ai jamais entendu un chat exprimer le moindre doute sur sa félinité, et c'est sans doute pour en désespérer que l'humain a inventé l'humanité.

  • 5. Ce qu'il y a de difficile avec la langue de bois, surtout quand elle est teintée d'une apparente bienveillance, c'est que ne disant rien, on ne peut lui reprocher qu'une chose, c'est d'esquiver le débat sur les chiffres et le contenu des textes. On vous répondra alors que tout ça est bien trop technique pour l'électeur moyen ou mieux, on contestera vos chiffres et pour ce qui est des textes, on vous rappellera que les députés en discuteront le moment venu.

  • 6. Grand Zozo va-t-au cimetière oùsqu'il voit passer un chat dans les ères et come c'étot un chat noir Grand Zozo se ditalor « Môvais présage ! Fais gafe tes zo, Grand Zozo ! mes il continue son chemain car il ma pas dit pourquoi il talai-t-au cimetière.

  • 7. Grand Zozo va-t-au cimetière Soudain des morts (pas bocoup mes quand meme) sorte de leurs tombe Alors Grand Zozo sort son paramort qu'avec paramort les morts meurent encor mes il marche sur des cadavres et continu son chemin sandire pourquoi il talai-t-au cimetière.

  • 8. Grand Zozo va-t-au cimetière où il la trouve pas sa tombe qu'il cherchait Que Titine elle tété tossi parmi les os et les croix que fais tu là Grand Zozo ele lui dit Je cherche ma tombe il lui dit Alors Titine ele rigole alor le monsieur du cimetière i vient et tout le monde s'engueule.

  • 9. Jean-John i lé baite ossi il pensét qu'on pouvé acater des osses au cimetière (il en avé besoin pour fere une danse macabre avec Camille), mes come il s'a fét arcevoir il est rentré pas contan du coup qu'il a bu de (bis)tro il l'a fete à s'maison la danse mes c'été la valse à gifles.

  • 10. Chaipa squi s'est passé mes depuis que Grand Zozo il a commandé un pangolin sur le dark tou l'monde est bien t'emmellassé.

  • 11. Le présidan né pas tro aimé qu'on dit qu'c'est acause des crasses qu'il a fai aux petits, aux infirmiers, aux enseignants, aux retraités du futur mes lui il di qu'il aime la France qu'il va se réinvanté qon le regarde quan meme d'un œil mi-foudre, mi-raison.

 

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 24 mai 2020.

15 mai 2020

COMMENT ÇA RESILIENCE POIL A LA PANSE

COMMENT ÇA RESILIENCE POIL A LA PANSE ?

1. Tremblante, la lune dans l'eau. Sous cette magnétique, hulule le lunatique. Longuement, je compte mes os.

2. De l'infini des équations, je ne sais rien. Des langues orientales, je ne sais rien. Des mœurs du pangolin, je ne sais rien. Des algorithmes, je ne sais rien. Je regarde mon chien ; lui non plus, de tout ça, ne sait rien. Je regarde mon toutou ; lui et moi, de tout ça, on s'en fout.

3. Des gens meurent. On parle de résilience (poil à la panse) et de vacances. Faut bien qu'la machine, on la r'lance. Des gens meurent ; et puis y a l'prix du beurre.

4. Défois j'me dis ferme ta gueule, qu'on y voit qu't'en as plus, des dents. Défois j'me dis pis reste seul, qu'on voit qu'les gens, tu les aimes pas tant.

5. A force d'guignoler sur sa corde tendue entre deux rives, l'humain de base (modèle somme toute des plus courants), i finit par la rafler, la corde et pis i rentre chez lui, avec sa corde et son cœur d'homme, et pis i s'fait des œufs sur le plat parce que sinon, c'est trop triste.

6. Qu'il compte pas sur moi, le suicide ; j'préfère êt' méchant. Qu'il compte pas sur moi, le néant ; j'préfère êt' lucide.

7. Défois j'regarde un vieux Colombo, avec son vieil imper, son vieux tacot, j'l'aime bien Colombo que pendant s'temps-là Colomba s'fait des pâtes à la carbonara passque Colomba Colombo ça l'intéresse pas plus que ça.

8. Actuellement, la tendance est à la tension, qu'on s'demande s'ils vont pas bientôt s'mettre gnons pis horions dans les lorgnons, tous ces grognons déconfinés déconfits dépités pis pas contents que je m'demande s'il va pas y avoir du sang sur l'horizon des possibles du présidon.

9. On le voyait avec la beauté du diable, omniscient adolescent un poil androgyne, miraculant des désastres, foudroyant sur son passage (Abracadabrak!) gentils et méchants, anges et goupils ; on le voyait beau comme dans un film, l'Antéchrist, pis qu'serait-y pas juste un pangolin ?

10. On aurait aperçu l'homme invisible : on l'a reconnu grâce à son masque. Ce qui donne d'ailleurs à penser.

11. L'humain, c't'un drôle de bestiau. Fait des fusils, des fusées, des autos, répare des osses, file dans l'cosmos, puis meurt d'un virus tartempion qu'il avait pas prévu – mon Dieu, qu'c'est con.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 15 mai 2020.

 

13 mai 2020

A L'HEURE INCERTAINE

A L'HEURE INCERTAINE

1. « Le courage n'est-il pas la vertu des avant-postes ? »
       
(Jankélévitch, « La Mort »)
       
Longe des gouffres, l'homme, fréquente l'invisible foudre, qu'on doit s'y réhabituer qu'on dit.

2. Le covid-19 semble confirmer que l'état normal d'une société est, la plupart du temps, critique : la croissance continue des Trente Glorieuses fut un phénomène unique.

3. On avait tant critiqué les emballages plastiques des produits alimentaires qu'on en avait oublié leur fonction première : protéger les fruits et légumes des mains contaminantes.

4. Evidemment, la nécessaire distanciation sociale met un frein à l'expansion des « open space ». On se souvient maintenant de la vertu des bureaux individuels.

5. « le devenir en train de devenir garde cet aspect impair et aventureux qui tient à l'heure incertaine. »
      
(Jankélévitch, « La Mort »)
      
L'heure n'est pas toujours l'heure de ce qu'on croit.

6. La fiction est l'art des modalités de la hantise ; la lucidité y porte un regard critique ; l'administration en est la gestion. Le pied-de-nez en dissout quelques spectres, avant de s'apercevoir qu'il est lui-même de nature fantomatique.

7. Rire de la mort, c'est rappeler son omniprésence. La tentation de ne jamais évoquer la mort est un mauvais service qu'on rend à l'humanité. Le vivant tue et le vivant meurt. Le reste, c'est de l'habillage.

8. Il m'arrive de penser que la si vantée « bienveillance » n'est jamais qu'un des masques de plus de ce que Viviane Forrester appelait « l'horreur économique ».

9. Ce que sont les OVNIS :
        
a) de la diversion (probablement mise en œuvre par l'armée américaine pendant la guerre froide),
        
b) un piège à touristes et à gogos,
        
c) du fictionnel à merveilles médiatisé afin d'attirer des investissements dans le secteur des industries de pointe. (C'est peut être aussi le cas du « transhumanisme »).

10. Ce n'est pas la bienveillance qui beurre la tartine du gamin, c'est la bonne gestion de l'économie de la nation.

11. J'ai beaucoup de mépris pour ces universitaires qui, du haut de leur « bienveillance » affichée, de leur humanisme de façade, condamnent des étudiants à l'endettement, à la précarité, à la frustration.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 13 mai 2020.

8 mai 2020

SE DIT-IL CONSTATANT QUE

SE DIT-IL CONSTATANT QUE

1. Entendu sur France Inter ces deux vers d'une auditrice qui me plaisent bien :
« Dans mon bistrot en politique, il y a de grandes résolutions,
   Mais c'est toujours le Tiers-Etat qui paie l'addition. »

2. Sparte n'est plus dans Sparte puisque paraît qu'faut pas s'imaginer qu'ils étaient tous soldats, ces citoyens brutaux d'antan, à s'entraîner d''un bout à l'autre de l'antique, à manier contondances et tranchantes.

3. Cyniska, la frangine au roi Agélisas II de Sparte, avait dit-on des chevaux, des chars, des cheveux ; avait-elle des chiens, des chouettes, des chouchoux, ou même des chcoubidous ? Ça, je n'en sais rien.

4. Quel casse-tête se dit-il constatant qu'elle s'était enfuie sans bruit dans la nuit quel ennui et surtout quel casse-tête se répéta-t-il constatant qu'elle avait emmené son dîner, son nez, ses nénés et sa ch'mise de nuit. Bien fait ! fit ce fichu chat-huant qui se fichait de lui toutes les nuits.

5. Souvent le vent s'avance en rafalant, en giflant, en raflant défois des bouts d'toits, des bouts d'bois Débrouille-toi fit-elle tandis que quel casse-tête qu'il se disait en constatant que le vent rafalant avait raflé je ne sais quoi mais il était bien embêté.

6. Y avait plus d'masques ; maint'nant y en a plein on dit ça on dit ça mais moi j'en sais rien. Quant au virus, i passe, repasse, casse et trépasse Quel casse-tête se dit le ministre, mine sinistre et gants blancs, en constatant qu'les gens étaient de plus en plus méfiants.

7. Ni Fantômette, ni Fantomine, ni Fantôminette, encore moins Fantomate ne sont les noms de la sœur du maître de l'ombre. Non. Non. Non. Sa frangine, à Fantômas, elle s'appelle Lulu Shrapnel , comme tout le monde.

8. Fonctionnaire déficelé ne peut plus fonctionner car les ficelles qui font fonctionner le fonctionnaire ficelé ne sont plus actionnées. Quel casse-tête se dit le marionnettiste constatant que le vent rafalant avait raflé son Pinocchio.

9. Les marionnettistes sont des artistes
   
Les trapézistes sont des artistes
   
Aussi les accordéonistes,
   
Les harpistes, les pianistes
   
Et les guitaristes,
   
Mais moi, je ne suis que moi
   
J'sais pas quoi faire d'mes dix doigts
   
D'mes trois dents et d'mes pieds bêtes comme des oies.

10. Paraît qu'La REM s'fissure, a r'passe moi la confiture, paraît qu'La Rem s'fissure, ça peut faire mal à la gouvernure, tiens t'as vu paraît qu'La Rem s'fissure pis y a une poule sur le mur qui picore du pain dur.

11. Irai-je suer dans un sauna en Suède ?
     
Irai-je zoner chez les zèbres ou les zoulous ?
     
Irai-je m'griser de ouzo en Grèce ?
     
Nenni Ninon Ninonette, j'resterai confiné chez nous.

12. Quand j'étais petit j'montrais mon à tous les passants
     
Quand j'étais pas grand je disais pis que pendreu
     
Quand j'étais petit fallait déjà que j'exagère
     
Quand j'étais pas grand j'étais déjà pas tendreuh
     
Ah la la ah la la ah la la ah la la
     
Mais qu'est-ce qu'on va faire de ce gars-là ?

Patrice Houzeau
Les Confins, le 8 mai 2020.

1 mai 2020

EN CHATOUILLANT LE PANGOLIN

EN CHATOUILLANT LE PANGOLIN

1. Si tu chatouilles le pangolin, ne t'étonnes pas de cracher tes poumons. (Maxime d'origine incontrôlée)

2. Il ne s'agit pas de prendre de la tarte aux pommes quand on préfère la tarte aux abricots. Ce sont des choses qui ne se sont jamais faites dans cette maison et depuis qu'elle est revenue sur terre, nous sommes particulièrement vigilants à la bonne tenue du service à dessert.

3.Il faut toujours faire de son mieux quand bien même on serait plein de quand bien même qu'on aurait du quand bien même qui nous coulerait comme larmes, comme bave comme quand on a très faim.

4. Elle aperçut de l'autre côté de la rue quelqu'un de sa connaissance. Mince se dit-elle et moi qui m'suis rendue invisible parce que personne ne me voyait plus. Elle se concentra mais ne réussit à apparaître qu'en partie. Tiens, la chatte du Cheshire se dit la sœur d'Alice.

5. Elle appela : « A table ! » et tous moururent. Ah ces champignons.

6. C'est dans les derniers instants de son existence qu'il se rappela cette phrase que sa mère lui disait parfois : « Il faudrait quand même que tu apprennes à vivre. »

7. Souvent l'on manque de confiance en soi. Faut dire que l'on se ment beaucoup à soi-même. Lui-même finit donc par se méfier de vos sautes d'humeur, de votre impulsivité. Parfois, il en vient à sortir de vous et l'on dit alors que vous êtes hors de vous.

8. Vous étiez devant moi et c'était bien là ce que vous disiez. Ainsi Zut s'adressait-elle à son image revenue dans le miroir. Celle-ci ne nia pas et pria Zut d'excuser ce petit moment d'absence. C'est bon pour cette fois, répondit Zut, mais n'y retournez pas.

9. Y a tous ces infinis qui sans cesse se suivent se poursuivent se croisent et s'entrelacent, et il y a nos travaux et nos jours, c'est juste drame express, écrasement d'la fourmi, cailloux.

10. Il se pépiait chez les oiseaux qu'on voyait de moins en moins de bipèdes dans les rues. Serait-ce de notre faute ? s'interrogeaient quelques moineaux. Un merle les rassura en leur parlant du commerce frauduleux du pangolin. Quant aux albatros, ils se fichaient bien de tous les équipages.

11. A force de tourner autour de l'art contemporain, vous finirez par tomber dedans et c'est en vain que l'on vous cherchera dans tout ce conceptuel du vide du trou du manque du puits sans fond ni forme.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 1er mai 2020.

7 mai 2020

CHRONIQUE DU 7 MAI 2020

CHRONIQUE DU 7 MAI 2020

1. Faut pas lénifier : le confinement a sauvé des vies et provoqué des drames ; le déconfinement relancera l'économie et provoquera des drames. La société attaquée par le covid est la même que sans le covid, mais en pire.

2. Prétendre qu'il n'y a pas eu de tri des malades est un mensonge. Covid ou pas, en cas d'urgence et de saturation, s'ils ne peuvent faire autrement, les soignants procèdent à un tri. C'est la vraie vie. Dire le contraire, c'est lénifier, c'est prendre les Français pour des agneaux.

3. « Demain je vais sortir, je quitterai ma chambre,
      
Je marcherai usé sur un boulevard mort »
(Michel Houellebecq)
Ce n'est pas tout récent, ce qu'il a écrit là, Houellebecq, mais c'est d'aujourd'hui quand même.

4. Lu dans une copie télétravaillée : « Par contre, j'ai pu voir la malhonnêteté de certaines personnes qui vont appeler la police lorsqu'elles vont voir par exemple une famille se promener une petite heure. » Eh oui, il y a toujours de « bons Français tendance collabo ».

5. Les gens savent pas s'mêler de leurs oignons, faut qu'ils regardent sque font les autres et si possible les dénoncer parce que c'est mieux d'êt' du côté d'la police même qu'à mon avis avec la surveillance électronique généralisée solidaro-citoyenne, zont pas fini d'en recevoir des lettres anonymes, les zélés.

6. Ça me fait penser à ce jadis d'une confidence de proviseur : « Vous savez, Monsieur Houzeau, la première chose que j'ai trouvée lors de ma prise de fonction, ce sont des lettres de dénonciation, et ça ne venait pas forcément des parents. » Nos collègues sont merveilleux.

7. Il y aura forcément une volonté de faire de la crise sanitaire que nous traversons une narration, une dramatisation dans laquelle les politiques tenteront de se donner le beau rôle (leur carrière en dépend). On n'a pas fini d'en entendre des semi-vérités.

8. Pourrait y avoir comme un problème avec le traçage des porteurs du virus. Le gouvernement pourrait souhaiter payer les généralistes pour chaque info collectée. La tentation serait grande alors de ne pas demander l'avis du patient. L'autoritarisme médical, ça existe aussi. Apparemment, ça va pas se faire. Mais faut faire gaffe quand même. Sale période.

9. Chacun voyant midi à sa porte, une crise, quelle qu'elle soit, laisse le champ libre à une lutte plus ou moins féroce entre intérêts particuliers. Gardez vos sous, les gens, vous en aurez besoin.

10. Toujours amusant de voir des vedettes fortunées donner des leçons de morale aux autres. Dans le temps, on appelait ça la « gauche-caviar » ; elle existe toujours, et elle est toujours aussi ridicule.

11. Et nous irons danser au bal du rat mort
     
Voir qui c'est-i qu'est mort et qui vit encor.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 7 mai 2020.

12 avril 2020

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

1.Entendu sur France Inter cette très bonne formule : « Je me souviens du temps où Macron méprisait les caissières et les gens qui ne sont rien ».

Notes :

a) Faut être juste, il ne parlait peut-être pas des caissières, mais tout de même, y a cette expression de « premiers de cordée » qui a laissé des traces. Comme quoi, certains capitaines d'industrie et aussi quelques hyper-diplômés technocratiques en ce moment d'anxiété latente sont moins utiles que caissières, infirmières et infirmiers, aide-soignantes, livreurs et tout ce petit monde des gens ordinaires qui permet à not' pauv' société de continuer à tourner.

b) « Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien », qu'il a déclaré en juillet 2017, not' bon maître dans un laïus pas très clair et assez prétentieux (ah tiens comment ça se fait). Bon c'est le genre de phrase assez vague pour ne viser personne en particulier (sauf les SDF et les migrants) et dont on sent bien pourtant qu'il y a quelque mépris dedans que, quitte à mépriser le monde, Monsieur, on ne se fait pas élire, on reste chez soi à écrire des conneries en écoutant du Frank Zappa et en se faisant cuire bien des œufs.

2. J'ai pensé qu'après l'covid, fin mai-début juin, les molotovs allaient voler bas entre République et Nation (apprenante, j'peux pas m'en empêcher, c'est trop drôle) et puis non, vous verrez que notre excellent gouvernement mettra bien plus d'habileté à empêcher des troubles prévisibles qu'il en a mis pour prévoir la pandémie actuelle.

Notes :

a) Je me dis même qu'il est possible que Macron soit réélu président (à condition qu'on soye pas tous plus ou moins défuntés du covid avant) parce que bon Macron, c'est pas grand chose, mais en face y a quasiment rien. A moins bien sûr que les Français décident que, quitte à être confinés, autant voter pour des gens qui ont déjà dans leur programme bien des raisons de limiter nos libertés.

b) En ce dimanche de Pâques, il se dit à la radio que notre Président Emmanuel Macron s'apprête à annoncer demain lundi un rallongement du confinement et vu qu'on a l'impression que la pandémie est loin d'être finie, on en vient à se demander dans quel état on en sortira de c't'affaire.

3. Avec cette crise sanitaire revient le spectre de l'installation d'une dictature plébiscitée, c'est-à-dire exigée par le plus grand nombre. Je fais crédit au gouvernement d'Edouard Philippe : pour l'instant, les règles de la Constitution sont ou en tout cas semblent respectées. Mais je crains que les prochaines élections profitent surtout aux extrémistes de gauche comme de droite, sans compter les zélateurs de l'écologisme, du pédagogisme, les collapsologues de tout poil et tous ceux qui pensent que, tout compte fait, la surveillance généralisée vaut mieux qu'une liberté mal employée.

Note : à chaque fois que je glisse un « c'est-à-dire » dans une phrase, je pense à de Gaulle. Ce que c'est quand même que d'avoir passé son bac.

4. « Oui, je rangerai des squelettes dans un hémicycle et je constituerai un Parlement. » (Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

5. Pis bien sûr que le Covid-19 nous rappelle que la grande patronne, c'est la Mort, elle qui se fout de tous nos efforts de vivants.

6. Comme je suis né pas très riche et que je vois que je mourrai pareil, y a que les gens qui ont un peu de sous, j'ai quand même du mal hein avec ces gens-là mais c'est évidemment l'affreuse jalousie qui me cause dans la bouche que j'fais rien qu'à pas beau cracher.

7. Tout compte fait, je trouve que le verbe « vipériner » est un des plus beaux de ma langue française.

Note : Je dis ma langue française parce que j'ai la prétention de ne pas écrire la langue de tout le monde, ah ouiche et zut alors.

8. - « Ça, je savais déjà !! Mais d'où sort le zombie là » [Spirou in Virus de Tome et Janry]

      • Bin tiens, de la « République En Marche »

9. « Sur la banquise, pas mal de monde avait besoin d'un miracle ce jour-là... » [le narrateur in Virus deTome et Janry]. En ce moment, y a pas que sur la banquise que pas mal de monde voudrait bien qu'un miracle advienne (que pourra qu'on se dit quand on les écoute nos chers politiques).

10. Ah bin dame qu'ils nous coûtent cher, les politiques ! Nous prennent nos sous (pour notre bien qu'ils disent) et quand faut réparer leurs bêtises, ils endettent le pays qu'en fin de compte qui c'est-y qui va payer hein ?

11. « Une maladie inconnue ? C'est d'un burlesque ! Vous avez intérêt à trouver quelque chose de plus convaincant ! » [Fantasio dans le prémonitoire et épatant Virus de Tome et Janry].

- Eh oui, mon cher Fantasio, nous non plus au début, on y a pas cru.

12. - « Pas d'affolement ! Tout le monde dehors ! » [Un shérif in « Jerry contre KKK » de Jijé et Lob]

- Ah non, man, pas d'affolement et tout le monde dedans !

13. « Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux » [Baudelaire]
      Qui s'en va boire un coup en tintinnabulant.

14. « Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts »
      
Ah Baudelaire il a toujours le mot pour rire.

15. Dans l'affaire du cintre empoisonné, le seul témoin étant le manteau, le détective se perdit rapidement dans des conjectures dont il ne revint jamais.

16. « Je ne peux pas m'empêcher de penser que... » mais si, mais si, faites donc un peu de politique et vous verrez vite que vous pouvez tout à fait librement vous empêcher de penser.

17. Le serpent ne portant pas de robe, il était donc impossible à dérober. Et pour le voler, il eût fallu des ailes (je me demande si j'écris correctement), là encore le détective ne remonta que difficilement de l'abîme de réflexion où il était tombé en criant « Marmelade ! Os, ossements, bouillie, bouillie, bouillie ! ». Ce qui se révéla exact.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

 

10 avril 2020

JE NE PENSE CEPENDANT PAS

 

JE NE PENSE CEPENDANT PAS

1. Je ne pense cependant pas que Covid 19 (joli titre pour une série de science-fiction façon « Présence du Futur ») réussira ce que Hitler et Staline ont tenté de faire (asservir l'humanité). Le confinement d'une bonne partie de l'humanité sera, je le pense et je l'espère, suivi d'une période de revendication libertaire, laquelle fera basculer bien de ces pantins politiques qui tentent chaque jour de nous convaincre du bien-fondé de décisions qui, de toute évidence, découlent les unes des autres aussi logiquement que le déplacement des pièces d'une partie d'échecs. Autrement dit, un ordinateur ferait aussi bien qu'eux et leur seul talent est de bien savoir tenir leur rôle : Macron préside, Edouard Philippe annonce, les ministres précisent, les fonctionnaires fonctionnent, les experts expertisent et le peuple trinque.

Note : Je suis quand même fichement bien de mauvaise foi car non, ces ministres intègres ne sont pas des machines. Du reste, possible que bien des ordinateurs avaient prévu qu'une coronapeste allait nous tomber sur le chevelu – en fait j'en sais rien - cependant que nos frères humains (et néanmoins ministres) n'ayant rien vu venir se trouvèrent fort dépourvus quand la covide fut venue et n'étant pas des ordinateurs, ils font ce qu'ils peuvent (c'est pas des bêtes non plus hein).

2. Avant la pandémie, je n'aimais pas les gens. Quand cette crise aura passé son viral chemin, rassurez-vous, je ne les aimerai pas plus.

3. Je préfère l'imparfait au néant : c'est pour ça que le suicide ne me semble pas une solution.

4. Décidément non le suicide n'est pas une solution viable.

5. L'humanité est un combat perdu d'avance contre sa propre bêtise.

6. Bilan de la présidence Macron en mars 2020 : L'affaire Benalla, les gilets jaunes, des milliers de morts dus à l'incurie du ministère de la santé, quelques réformes idiotes et/ou obscurément mal ficelées (la réforme Blanquer, celle des retraites, le service national universel,...). Point positif : Macron parle l'anglais. Bon, qu'est-ce qu'on va en faire du Macron là ? Bah, un prof d'anglais dans un Lycée Professionnel tertiaire. Sa tête à claques de beau gosse fera un tabac chez les adolescentes. Il y sera très bien.

7. Le pire n'est pas toujours sûr, mais il se manifeste souvent. C'est d'ailleurs pour cela que parfois, eh oui, Marine dans le genre Cassandre n'a pas tout à fait tort.

Note : cela dit, ce n'est pas parce qu'elle n'a pas tout à fait tort qu'elle aurait parfaitement raison non quand même j'y crois pas (pas plus qu'aux autres électoraux d'ailleurs).

8. Qu'il y a-t-il de plus servile qu'un inspecteur d'académie ?

- Bin pardi, deux inspecteurs d'académie.

Note : ce genre de duo porte d'ailleurs un nom programmatique : on appelle ça la « co-intervention ».

9. Un proviseur nous a affirmé naguère que les inspecteurs d'académie étaient des gens intelligents. Certes, à condition bien sûr qu'on les ait dotés d'un cerveau. Or, parfois il semble qu'il y ait comme des ruptures de stock.

10. Seigneur, ne nous dites pas qu'il y a une « autre vie » ! Franchement, une seule nous aura suffi.

Patrice Houzeau
Dans les confins, le 10 avril 2020.

3 juin 2023

I WANT TO BELIEVE

I WANT TO BELIEVE

1.
Plus j’avance, plus je vois bien que le Jean-Claude Convenant de Caméra Café est une sorte de maître à pencher. Et ça ça doit être parce que ma démocratie est malade.

2.
La culture, c’est important. Surtout pour ceux qui en ont. Certains, ça leur donne l’impression d’être hein.

3.
Depuis que Pap Ndiaye a lancé son Pacte, je crois aux extra-terrestres.

4.
Vous croyez qu’avec la nanotechnologie, ils vont nous faire des chanteurs pop de poche qu’on pourra les sortir, les tiots nains, dans les bars pis qu’ils ritournellent et s’agitent entre la mousse et les cahouettes.

5.
J’aime regarder les quand elles marchent le long de la, après j’m’achète des frites et je vais retrouver la tête à Nietzsche dans ma bibliothèque (mais je le lis pas hein, j’ai autre chose à penser hein).

6.
Paraît qu’ça soye possible que Bruno Le Maire (expert en dilatations, et en pâtes aussi) seraye en 2027 le prochain grand Schtroumpf à la Schtroumpfrance. J’m’en fous, ma pomme, soit j’serai mort, soit j’voterai pas. De toute façon, lui ou un autre hein.

7.
Ah Dick Annegarn ! Souvenirs ! J’me souviens quand j’oyos ses galettes en regardant Sheila en boucle sur Youtube. Je coupais le son à Sheila et du coup j’avais l’impression que c’est elle qui les serinait les chansons à l’aut’ chevelu.

Je plaisante. Le « Bruxelles » de Dick Annegarn est un petit bijou. Bashung en avait fait une très belle reprise dans le Taratata de Nagui, me semble-t-il.

8.
Dans un monde idéalement de mauvais goût (c’est-à-dire un peu plus pire que çui-là qu’on s’agite), il y aurait une marque de cigarettes qui s’appellerait Jeanne d’Arc, qu’on pourrait dire : ah tiens, je vais groumpf (auto-censure).

9.
Je suis sûr les extra-terrestres ont signé un contrat avec Soros ou Bill Gates et qu’ils ont racheté la Terre et tous ses occupants. Nos vrais patrons sont des Aliens. C’est pour ça qu’on comprend plus. Ils ont racheté nos points de Q.I. #Complot #GreatReset #NOM #FicellePicarde

10.
Je m’en doutais. J’en suis sûr maintenant : je suis désespérément stupide. Même Blanquer est plus intelligent que moi. La preuve, il a été ministre et nous ne l’oublions pas.

11.
Les gens qui me saluent. Dans ma tête, je pense « ta gueule ». Et s’ils ne me saluent pas, je pense : « prétentieux, rien qu’des prétentieux ».

12.
Les officiels russes, je les écoute plus. Même quand ils parlent français, j’ai l’impression qu’ils parlent russe. J’comprends rien.

Depuis que j’ai rebaptisé ma poubelle « ambassade de Russie », c’est en souriant que je descends mes sac à.

13.
Bon, faut se rendre à l’évidence, tôt ou tard, ce sera soit une union des droites autoritaires, soit une union des gauches totalitaires qui gouvernera la France. Donc, faut apprendre le russe et/ou le chinois. Eh oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juin 2023.

26 décembre 2021

HUMEURS DU 26 DECEMBRE 2021

HUMEURS DU 26 DECEMBRE 2021

1.
Le problème est de savoir si l'immunité post-infectieuse a une durée aussi courte que l'immunité vaccinale du pfizer. Si c'est le cas, Omicron ne serait-il qu'un répit ou le virus, en se répliquant, sera-t-il moins agressif ?

2.
L'Etat a tellement voulu rationaliser le système de santé qu'il l'a rendu en partie inefficace. C'est là un des plus grands échecs de la technocratie française et donc de l'ENA et autres grandes écoles qui ont formé ces glorieux imbéciles.

En ce moment, une infirmière est plus précieuse qu'un énarque. Mais c'est l'énarque qui palpe le plus. Ras le bol de cette technocratie surdiplômée, surpayée, arrogante et qui tire en fait les ficelles de la plupart des partis politiques (du PS à la droite).

Ras le bol des sociologues qui, statistiques à l'appui, prennent la parole sur France Inter pour me dire quoi penser.

3.
La pandémie du covid est une réalité. Les vaccins empêchent les formes graves. Mais il est aussi que Macron tente de profiter de cette crise pour accélérer la mise en place de la société de contrôle social « société de vigilance » dit-il, dont il rêve.

4.
Selon Romain Colucci, 50% des 1,2 million de bénéficiaires des Restos du cœur ont moins de 25 ans. Si l'on part du principe que le but premier de l'Ecole est de préparer chacun à un métier (seule façon de devenir autonome) alors ces chiffres effarants signent définitivement l'échec du pédagogisme et de la massification de l'enseignement supérieur.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2021

24 juillet 2021

PASS ! PARTOUT !

PASS ! PARTOUT !

 

  1. On annonce un pic épidémique du variant delta d'ici fin-août-septembre... Pas mal d'hospitalisations sans doute. Je me demande s'ils vont oser mettre à pied des infirmières et des aides-soignants au moment où le pays en aura le plus besoin ?

  2. Gestion de la crise sanitaire... Débat parlementaire... Une loi en urgence... la belle pièce que voilà !... Usine à litiges magnifique !... Macron a paniqué !... paniquera plus encore si un aut'variant suit Delta comme Delta a vite suivi Alpha... Les morts le poursuivront !...

  3. Macron n'a vraiment pas de chances : avec l'affaire Benalla, il a passé pour bien des choses, mais pas pour un président ; les Gilets Jaunes l'ont fait passer pour un semeur de troubles ; le « Grand Débat » pour un menteur ; Pegasus pour un inconscient, quant au Covid,...

  4. J'ai trouvé Olivier Véran très bon dans son One Man Show de la loi « Pass Sanitaire partout tout le temps » pis mal ficelée que Macron fait voter en urgence pour dire plus tard qu'il aura tout tenté mais que hein : l'a du talent, Véran, pour le cirque...

  5. Véloce contagieux, le Delta, a dit Véran, « 10 puissance 3 »... faut des masques alors, en extérieur, en intérieur... j'pige pas le sucre d'orge accordé par Véran... même pas mort, le virus, peut toujours muter... cracher ses flammes... encore possibles, confinement et couvre-feu...

  6. Macron, psychodrame président... peut gouverner que dans l'conflit s't'homme-là... le théâtre, l'emphase, l'alarme... on commence à s'en rendre compte, que le jour d'après sera pas le même que le jour d'avant... titube, l'espèce...

  7. Faute de candidat crédible qu'ils sont nuls, nos politiques, Macron va se croire indispensable, sauveur de la patrie, Grand Vainqueur du Dragon Covid... Sa Pomme et Blanquer vont nous faire marcher droit, avec Pass Citoyen obligatoire.

  8. Avec le pass sanitaire, si le variant s'met à déborder les hôpitaux, si un autre variant débarque et fait du dégât, vous allez voir comment ça va virer pas beau la France... j'la pressens, la chasse aux anti-pass, aux non-vaccinés, à gerber j'vous dis... Merci Macron.

  9. « A ces mots on cria haro sur le baudet.
    Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
    Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
    Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. »
    (La Fontaine, « Les animaux malades de la peste »)

  10. L’extension coercitive du Pass Sanitaire permet d'accélérer la campagne de vaccination, tout en divisant la société française. Un mal (la restriction des libertés) pour un bien (la lutte contre un péril épidémique) : l'issue incertaine, peut-être même hasardeuse, climat délétère.

  11. Blanquer avec Macron aux JO... Pas étonnant... Ont le même projet... flanquer du sport et du civisme inclusif partout où c'est possible... SNU, sport, contrôle continu : la même logique tout ça : organiser le contrôle, la « coopération » i disent... ni de gauche ni de droite... « citoyenne »...

  12. S'y sont pris trop tard... pas assez de vaccinés fin août pour faire face au pic, aux hospitalisations... avec ça que le « Pass », aura bien remonté les gens les uns contre les autres... Si un aut' variant apparaît déjà que l'arrivée de Delta les a « surpris »...

  13. La société Blanquer/Macron, je la vois bien... chacun à sa place... ParcoursSup et les de plus en plus nombreux dispositifs d' « accompagnement » ont prévu pour vous... le pédagogisme, utile idiotie, aura bien préparé le terrain... et puis, pas bouger, hein, question de sécurité nationale !

  14. Fin de nos seigneuries personnelles... gloire à Sainte Moraline !... Faut en passer par le pass, partout !... Pass Electeur ! Pass Non-Fumeur ! Pass Moi-le-sel ! Pass Apprenant ! Pass inclusif ! Les sans-pass, qu'on s'en passe ! sont « sans importance collective, tout juste des individus »...

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juillet 2021.

29 décembre 2020

QUATRE JUSTIFICATIONS DU MELANCOLIQUE

QUATRE JUSTIFICATIONS DU MELANCOLIQUE

1.
Défois je me dis ce monde n'est pas
Le mien en même temps j'n'en ai pas
D'autre hein c'est un monde qui pas
Croyable qu'il est ce monde pis pas
Pensable autrement qu'en disant pas
Durable qui s'effondre n'est-ce pas

2.
Défois je pense à tous ces étudiants
Qu'on entasse dans les universités &
Qui ont un baccalauréat qui dit-on a
Plus beaucoup de valeur mais ça doit
Dépendre des filières des options et
Du touci-touça éducatif pondu par le
Grand poulailler des têtes d’œuf qui
Paraît qu'de plus en plus qu'il y en
En a des têtes d’œuf que Ionesco des
Rhinocéros il les voyait devenir les
Gens ces autres qu'en fait s'a gouré
Eugène que têtes d’œuf qu'ça devient
Les gens surdiplômés & en même temps

3.
Sur Twitter j'ai vu qu'en Chine paraît
Qu'ça y est l'ont fait l'intégral très
Robotisé automatisé restaurant qu'il y
A plus de serveurs ni de cuisiniers il
A plus qu'des robots qui cuisinent pis
Qui servent que les gens i z'y vont et
Que les robots évidemment zont pas des
Covids plein partout qu'les zumains du
Virus ils en trimbalent toul'temps les
Zumains oui mais bon c'est tout d'même
Le Grand Remplacement Automatisé qu'on
Nous vend là le Grand Remplacement des
Liens sociaux par le travail qu'ça fit
Notre société jusqu'ici je m'interroge
Que vont-ils faire des gens nos grands
Programmateurs à têtes d’œuf qu'est-ce
Qu'ils vont faire des gens lorsque les
Robots les auront remplacés même qu'on
Sera tous surveillés par l'Big Brother
Qu'on appelle déjà Castex Macron LREM.

4.
Mais qu'est-ce qui zont tant à dire
A la radio à la télé sur facebook &
Twitter & Snaptruc & tictactoc quoi
Donc qu'ils racontent les gens quoi
Qu'ils inventent extrapolent disent
Et mentent disent et mentent disent
Et mentent disent et mentent disent
Rien i passent le temps en brassant
L'air se croient utiles pis pompent
L'air et l'air de rien la préparent
L'ère à venir de la grande vacuité.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 décembre 2020

9 mai 2020

ALORS LUI DU GRAND AILLEURS

ALORS LUI DU GRAND AILLEURS

1. Défois qu'on s'souviendrait plus du sens des choses, confiné qu'on s'rait dans la douceur des semaines, à regarder les zoziaux traverser le ciel entre deux averses de souvenirs, défois qu'on s'souviendrait plus s'que c'est que d'être soi.

2. Fugacement effrayé des forces terrifiantes, des corpuscules invisibles qui se balancent dans l'air et vous foudroient, que pouvait-il faire sinon palpiter en palpant du papier, à tenter de se passionner pour des intrigues policières tandis que l'univers continuait son expansion dans le on n'sait quoi et le paradoxe ?

3. Alors Lui du Grand Ailleurs là, tandis qu'il se passionnait pour les enquêtes d'un détective anglo-saxon, il renversa maladroitement sa bouteille d'univers dont le contenu commença à faire tache, à s'étendre et se répandre dans chaque trou de l'invisible.

4. Non, Monsieur Houzeau, je ne crois pas que l'invisible soit constitué d'une infinité de trous dont la somme serait infiniment plus grande que l'invisible lui-même.

5. L'arrêt d'un train en pleine campagne ignorée, et puis une foule parlant une langue inconnue et le rite d'une danse à pulsions, voilà ce dont je me souviens quand je pense (et pourquoi donc y pensé-je?) au film « Un soir, un train » d'André Delvaux.

6. L'espace grouille-t-il de matières organiques ? L'univers est-il le résultat de la décomposition d'un dieu ? C'est ce que vous saurez peut-être en suivant les fantastiques aventures du Cosmos ! A moins qu'un quelconque péquin se pointe avec un pangolin...

7. Je sais qui est Dieu ! Dieu, c'est Pinocchio, et son nez s'allonge, s'allonge à l'infini.

8. Les osses effrités dans l'cosmos, la tête éparpillée dans les comètes, le cœur fondu dans un trou noir, voilà le train fantôme qui traverse l'espace pis qui vous attrape pis qui vous réduit en poussière de poussière. Bon, j'vas m'faire cuire un œuf moi.

9. Défois on se sent obscur, comme une ombre sur un mur la nuit dans une rue déserte. Alors on r'luque la lune, cette pièce de quelques sous commune à tous et puis on va s'coucher, c'est toujours ça de pris.

10. Zut dit que trop c'est trop et hausse les épaules car les gens lui disent toujours que dire que trop c'est trop c'est pas des choses à dire qu'il faut bien faire avec Zut qui hausse les épaules quand elle entend ces choses comme ça qu'les gens lui disent quand elle dit la vérité.

11. Zut quand elle fait flipper, féroce au fouet, pas facile ferronnière, gifleuse, siffleuse, foudre et feule, à la folie qu'elle joue Zut qu'ça vire flan flagada fuite et fiasco fichage de camp tout autour, alors Zut retourne dans ma tête, et tout rentre dans l'ordre normal des choses qui n'ont pas changé.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 9 mai 2020.

11 juillet 2023

MAYONNAISE A LE DERNIER MOT

MAYONNAISE A LE DERNIER MOT

Tiens, je vais manger des chips. Peut-être bien que ça fera venir la fée des chips : miss Vinaigre ou miss Mayonnaise. Après, les gens, ils mangent du jambon et disent quand même des bêtises.

« Exprimant ainsi un besoin humain, j'avais toujours voulu écrire un livre s'achevant sur le mot Mayonnaise. »
(Richard Brautigan traduit par Michel Doury, « Sucre de pastèque / La pêche à la truite en Amérique », 10/18 n°1624, p.280).

Tiens, je vais écrire que je viens de voir d'la marrance dans les « shorts » de You Tube, d'la marrance en vidéos (y en a un lot) d'une certaine Minynaranja que zavez qu'à taper « Minynaranja Mambo 5 » et là, zavez une idée de l'efficacité d'un effet comique maîtrisé. Après,
Je me suis mis de l'inquiétante musique, l'album « Duck Stab » du groupe The Residents. Ça date de 1978, et c'est toujours aussi, tellement, et tant que ça qu'en tout cas, ma pomme à songes, cette fanfare électrico-étrange me fascine. Ce que je
Vais écrire maintenant, c'est que je vais manger des chips. Je vais
Manger des chips, mais c'est pas moi qui vais manger des chips. Je vais écrire que je vais manger
Des chips, mais c'est le personnage du serial killer qui va manger des
Chips après avoir égorgé éventré c'est le serial killer qui dit je vais manger des chips dans la cuisine là pleine de sang partout alors il mange les chips parce que la fille elle était en train de manger des chips dans la cuisine lorsqu'il est entré par la porte de derrière et qu'il l'a et donc il y a plein de sang partout et le paquet de chips est resté sur la table donc le serial killer il dit tiens je vais manger des chips

Peut-être que vous vous dites quesse-ki-dit quesse-qui-dit mais quesse-qui-dit que je pourrais en rajouter dans l'horrible vous décrire le sang éclaboussant les murs de la cuisine blanche et les vêtements de la fille et tout ça mais ça, ça serait pas
Bien que je préfère, et de loin, évoquer les comiques mimiques du visage de Minynaranja quand elle playbacke « Every dance now Let's go » en gigotant des mirettes à la Tex Avery ou qu'elle mime gamine la comptine « El chino capuchino »,
Que si
Ça se trouve, elle a été, la Minynaranja là, personnage de dessin animé dans une vie antérieure, zavez qu'à regarder; ça vous
Fera quelques secondes de rigolade. A
Venir, le mot « mayonnaise », que de tout temps
La mayonnaise n'a pas existé et que les diplodocus, voyez, ils étaient bien obligés de manger leurs frites sans mayonnaise. Il y a aussi le mot
« Fée » qui vient du latin « fata » qui désignait quelque divinité liée au destin
Des humains. Le mot « mayonnaise » et le mot
« Chips » ont quelque sympathie. Le mot
Miss et le mot « vinaigre » me viennent à l'esprit car il y en a qui aiment les chips au vinaigre. Ceci dit, une Miss
Vinaigre serait acide assez je pense, si,
Ou alors
Miss, cause que j'aime bien l'idée, Miss
Mayonnaise (blonde donc) que si j'avais voulu évoquer une brune, j'aurais évoqué Miss Caféine.

Après hier j'ai lu « La pêche à la truite en Amérique », de Richard Brautigan.
Les poèmes en prose de Brautigan sont marrants ; ça vous cause des
Gens d'une manière décalée comme si les gens,
Ils étaient autrement qu'on dit qu'on les voit que les gens
Mangent défois, nous écrit Brautigan, « de drôles de trucs, et on boit des machins encore plus marrants : de la dinde, du porto, des saucisses, des pastèques, du pop corn, des croquettes de saumon, de la salade de fruits, du melon, du pop corn,» moi aussi je mange
Du melon avec du porto, et aussi du
Jambon, même si je ne connais pas personnellement Pêche à la truite en Amérique
Et que je ne vais jamais à la pêche à la truite en Amérique mais que je sais que les gens
Disent quand même des trucs et des machins encore plus
Quand les gens disent les choses qu'ils disent tout le temps
Même qu'alors défois je reste chez moi à écouter
Des musiques inquiétantes façon « Duck Stab » du groupe The Residents ou que j'écris des
Bêtises du genre Tiens, je vais faire comme Brautigan et que le dernier mot de ce texte soit le mot Mayonnaise.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2023.

18 juillet 2022

EN ECOUTANT ZOUTE QUI TANGUE

EN ECOUTANT ZOUTE QUI TANGUE

1.

Les pro-Poutine me font rire ; vous savez ce que c'est le rouble ? c'est 0,01 euro, et idem pour le dollar. Les spéculations se font sur des poussières de centimes. L'économie russe est un mirage cependant que la multiplication des roubles leur prépare l'hyperinflation.

2.

« Père fantomatique, Philippe s'inscrit aussi dans la parabole. » (Pierre-Robert Leclercq à propos d'un personnage de Bernanos). Zut se souvient que le père du narrateur ne reconnaissait plus son fils à cause qu'il partait d'une tumeur au cerveau.

3.

Les habitants de la Sardaigne s'appellent les Sardes, mais défois on dit « Sardignole » à Marseille paraît qu'on dit. Les tsars dînent à l'huile c'est bien connu s'te vieille blague.

4.

Anecdote qu'on entend sur le légendaire Alcazar :

  • « Et maintenant, Mademoiselle Aurélie... » (une chanteuse)

  • « C'est une puteuh !... » (Une voix dans le public)

  • « Quoi qu'il en soit... » reprend le speakeur.

    5.

    Ce qui a marqué la fin de l'anonymat dans la Légion étrangère, c'est moins la Seconde Guerre mondiale que la Guerre froide. La France avait besoin de volontaires pour l'Indochine puis la Guerre froide a obligé la France à vérifier les pedigrees de ses volontaires étrangers.

 

6.

« Sans cesse, nuit et jour, le malheureux était dans les tombeaux. » (René Girard, « Le Bouc émissaire »). En français, on dit de quelqu'un qui ne révèle jamais rien, que c'est un tombeau. En tout état de cause, les gens sont des tombeaux, et même défois des tombeaux ouverts.

 

7.

« Le crime est l'événement qui précipite l’Événement ». (Pierre-Robert Leclercq sur « Monsieur Ouine », l'énigmatique et extraordinaire roman de Georges Bernanos). Dans la rivière de cassis, les racines de l'Evènement, et dans le sang, la pérennité des Etats.

 

8.

Le blason de Mayotte est l'hippocampe. Les femmes de Mayotte qui, dans les années 60 et 70, ont lutté pour que Mayotte reste française s'appelaient les « chatouilleuses » car elles s'en prenaient par des chatouilles aux zélateurs comoriens de l'indépendantisme.

9.

Le blason de Mayotte est l'hippocampe, l'île ressemblant à un hippocampe tête en bas on dit. Les choses n'ont pas toujours un nom qui leur ressemble, et puis le mot hippocampe ne ressemble pas à un hippocampe, pas plus que le réel n’existe en dehors de sa nomenclature.

10.

Est-ce que l’examen du « Cogito ergo sum » de Descartes pourrait causer un court-circuit dans le bocal à neurones de Trump ? Est-ce que Poutine a une idée de ce que signifie réellement le « Cogito ergo sum » ? Certains Etats sont-ils gouvernés par des ignorants ?

Patrice Houzeau

Malo, le18 juillet 2022.

5 mars 2021

LE LANGAGE EST-IL UNE FORME DE VIE ?

LE LANGAGE EST-IL UNE FORME DE VIE ?

 

« L'expression [le mot] « jeu de langage » doit faire ressortir ici que le parler du langage fait partie d'une activité ou d'une forme de vie. » (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « investigations philosophiques », 23)

 

Wittgenstein dit qu'il y a du « jeu »

dans le langage & jouant sur les mots

nous jouons sur le réel et si nous ne

le changeons pas nous en changeons la

façon de le percevoir le réel qui est

infini & complexe tournoi de manières

de voir c'est ainsi qu'le langage est

actif en plus que toutes ces formules

chimiques & mathématiques que produit

et crée le langage elles agissent sur

le réel qu'elles le changent Ainsi la

science travaille non à métamorphoser

les structures mais à influer sur les

phénomènes sur le vivant à s'en poser

des questions sur le vivant là qu'des

hallucinés imaginent que l'humain est

voué au plus qu'humain transhumanisme

et compagnie qu'on a entendu dire que

la conscience pourrait se faire quasi

éternelle machinée pour ainsi dire la

conscience transposée dans on ne sait

quoi que je me suis dit parfois c'est

juste des âneries qu'des laboratoires

inventent pour attirer l'investisseur

que j'me dis qu'il y en eut peut-être

des alchimistes pour attirer les sous

en promettant pierre philosophale pis

je ne sais quoi d'magico-mystique pis

en fait c'était que ruse pour s'faire

subventionner mécèniser que ça m'fait

penser à la série Astrid et Raphaëlle

vous savez ces histoires où il y a la

documentaliste autiste jouée par Sara

Mortensen qui s'appelle Astrid et qui

aide le Commandant Raphaëlle Coste et

a une mémoire épatante & qui sait les

résoudre les énigmes experte elle est

Astrid en puzzles casse-têtes jeux de

logique Y a un épisode où le mort est

mort depuis longtemps enfoui avec son

secret qu'tout le monde croit que son

secret c'est le secret de la pierre à

changer l'plomb en or à vivre dans on

ne sait quelle éternelle présence pis

en fait cépaçadutou que je vais point

vous le dire ce que c'est mais paça &

même paça paça paça dutou dutou dutou

On voit avec l'exemple d'Astrid qu'il

a raison Wittgenstein lorsqu'il écrit

que c'est une « forme de vie » que le

« parler du langage » et que c'est en

faisant dire s'que la langue vraiment

dit en jouant avec les ressorts de la

langue qu'il se révèle le réel & tous

ses mystères là qu'à mon avis on n'en

verra jamais le bout et qu'le réel il

va finir par nous effacer d'un coup &

que le grand vainqueur c'est le Néant

et même pas l'absurde cause l'absurde

c'est & en plus très logiquement nous

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mars 2021.

 

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