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2 mai 2021

LA TERRE PLATE J'EN AI FAIT LE TOUR

LA TERRE PLATE J’EN AI FAIT LE TOUR

1.
David Niven a l’accent anglais quand il est doublé dans les films qu’on montre aux Français. Je suis certain que le fantôme de David Niven a lui aussi un parfait accent anglais.

2.
Quand les oiseaux se regroupent par milliers et dansent au crépuscule, en grandes vagues, on appelle cela murmuration. Il y a aussi l’humaine condition, l’humaine aberration, la constipation, la consternation (apprenante), les scorpions, les champignons.

3.
Les pyramides d’Egypte, c’est bien. Je ne les verrai jamais. Je me demande si elles existent vraiment. Si ça se trouve, les pyramides sont mortes depuis des siècles, et ce sont leurs fantômes pyramidaux qui hantent les sables.

4.
Alors, j’entendis un pas ; je me retournai et vis un pied. Une grosse pierre tomba en balbutiant parce qu’elle était bègue comme un pied. La pierre se répétait. C’était une pierre radoteuse.

5.
Comme on l’appelait le Sphinx, je me demandai qui exactement reposait dans le sarcophage qu’il avait bien dû engloutir quelque part dans la durée de ses années de formation. #coincoin

6.
Quand je me regarde, parfois, je ne me vois pas. Opaque à moi-même, je devrais bien me munir de quelques lumières dans ma tête. Ce qui me permettrait de ressembler, ne serait-ce que vaguement, à mes collègues. #stratégieglobaledeformation

7.
Si je pouvais, je plongerais ma main dans l’âme de ma tête (où sinon serait-elle ?) pour y pêcher le poisson-chat qui me hante l’aquarium, qu’à vrai dire je ne sais plus à quoi ressemble un poisson-chat et qu’en plus, je m’en fiche, des poissons-chats.

8.
Dans une vie antérieure, je fus professeur de rien au néant. On y parlait beaucoup politique et soupe à la tomate. J’aime bien les tomates. Je n’aime pas beaucoup Jean Castex mais ça c’est parce que je ne le connais pas et qu’en plus je n’aime pas les gens.

9.
A vrai dire, ça ne se voit pas trop que je n’aime pas les gens. Certains s’en doutent, mais ne disent rien. Ils restent discrets sur ma misanthropie et cessent tout à coup de me saluer. Ils ont compris. Je ne les en aime pas plus pour autant. #méchant

10.
J’ai atteint l’âge où je suis de moins en moins jaloux du talent des autres. J’attends leur mort.

11.
Je n’ai absolument pas l’oreille. Zut reconnaît chaque timbre, chaque grain de voix, chaque doubleur. Moi pas. Mon lutin à moi dans ma tête me parasite l’oreille où il y susurre une langue tout en zigzags et toboggans et absolument incompréhensible.

12.
Heureusement que je ne pige pas un mot de ce que dit le lutin de ma tête parce que je sens que ça ne doit pas toujours être ni très poli, ni très amical. #bigoudi

13.
J’aurais passé pas mal de temps avec Hercule Poirot. Pas tant qu’avec mon boulot, mais quand même pas mal. Les deux m’ignorent complétement. Je préfère Poirot.

14.
J’aime bien le soir. Je ne dors pas encore et pourtant il fait nuit. Les mensonges que me racontent les politiques sont bien réels. Après, il y a un film que je regarde si je le connais déjà et que je l’aime bien. Je n’aime pas les films sérieux et inconnus. #abstention

15.
Baudelaire fut le premier à évoquer les spectres modernes, ceux des villes. Moi, je ne préfère pas la campagne, mais je n’aime pas la ville : il y a trop de gens dans les rues, et dans les champs trop de fantômes (surtout le soir).

16.
C’est dans le passé que nous comprenons pourquoi nous sommes en train de nous planter. Mais le prix du voyage est, dit-on, exorbitant. #poireau

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021.

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12 avril 2021

JUSQU'A CE QUE VIRUS NOUS VIDE

JUSQU’A CE QUE VIRUS NOUS VIDE

 

1.
Le monde est plein de s’qu’on peut faire… Toujours quelque chose à faire… Faut bien occuper le surnombre… Sinon i s’tape dessus… Finira bien par s’massacrer quand même, l’humain, bienveillance ou pas, résilience ou pas.

 

2.
Au moment où elle s’engageait dans… Solidarité obligatoire ? Mon… Le monde, ça s’réforme, s’déforme, s’contre-réforme, ça s’travaille du blanquer… Valse tintouin… Aussi heureux que des poissons dans… Faut des sous, du temps, la santé.

 

3.
Il me fallut recourir à… voir « en quelque façon Dieu en voyant ses »… Nier la cause nous empêcherait de voir les effets… sans Dieu, y voit-on que couic… mais Dieu ne serait alors que l’un des noms du Vrai… de là le sanglant tintouin, des conséquences d’la Vérité.

 

4.
Un problème plutôt bizarre, l’humain… file vers quoi… Le transhumanisme… Le surhomme par la machine… « rien au-dessus de lui que Dieu, ni rien au-dessous que des corps »… je cite Malebranche évoquant saint Augustin. Oui, mais pas d’corps, pas de Dieu.

 

5.
Sommes-nous les corps de Dieu ?... Les plus étrangers à l’homme sont les hommes… Ça éclaira le visage de l’inspecteur… L’enquêteur fatal enquête sur l’humain… La Vérité est une fatalité… Le faux, du fatal itou … La machine balaiera-t-elle la morale ?

 

6.
Trop d’monnaie dévalue… Trop d’dettes dévalue… De quoi la valeur est-elle le nom ?... On évalue par rapport à quoi… certainement pas la morale. La performance ? Le PIB ? Le monde des affaires ? L’inconnue du sarcophage.

 

7.
Des yeux étincelants derrière de grandes… des projets de génie… Mise en scène du génie, le monde… l’ordinateur refait, en toujours plus vite… le réel, c’est du toujours plus vite, jusqu’au virage fatal. Mise en scène du génie, lequel est fatal tragique.

 

8.
Les perroquets électroniques vont de plus en plus vite… Le réel, c’est d’la zique répétitive, avec d’l’infinie variation… On appelle ça progrès… On vivra plus longtemps jusqu’à ce que l’virus nous vide… L’inconnue sortira d’son sarcophage pis nous poignardera.

 

9.
Ils prirent le chemin de… L’ensemble des gestes… Chaque jour répète… La machine est-elle une morale en soi ? Comme la guerre. Le réel est-il un affrontement des morales ? Le Vrai est-il forcément moral ? Le Vrai est-il dans l’affrontement des morales ?

 

10.
Je crois que, plutôt que la fuite en avant, la décroissance serait la moins mauvaise. Le choix entre deux dictatures : l’étatisme écologiste ou le machinisme libéral. Le surnombre aura la peau des nations, celle des démocraties aussi.

 

11.
« Souvent, pour s’amuser, les hommes… ». L’humain travaille et s’ennuie… Perte du sens, du sacré, de l’Histoire, du roman… Les civilisations sont des parties… On finit toujours par perdre, et les gains servent à la suivante de mise, d’investissement.

 

12.
L’ennui est-il de nature ontologique ?...quelque peu énigmatique… Les sollicitations devinrent si nombreuses que… Les langues sont des arbres… Des feuillages, les livres ?... Quel latin obscur y jasent leurs oiseaux ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2021.

7 mars 2021

EN REGARDANT UN CLIP VIDEO DE KATE BUSH

EN REGARDANT UN CLIP VIDEO DE KATE BUSH

 

Je ne sais pas ce qu'il y a dans c'te

Petite boîte non je ne sais pas je ne

Sais pas ce qu'il y a dans c'te boîte

 

Est-ce Kate Bush qui danse danse dans

Sa longue robe blanche qui danse elle

Danse Kate Bush elle danse danse dans

Ma mémoire longue en longue robe dans

 

C'te petite boîte je n'sais pas je ne

Sais pas ce qu'il y a non ne sais pas

Ce qu'il y a dans c'te petite boîte &

 

Blanche elle danse Kate Bush danse et

Sa chevelure danse et c'est peut-être

Du roux et c'est peut-être l'auburn à

La lumière blanche et dessus la brume

Blanche artificielle du studio & elle

 

Dans c'te petite boîte je ne sais pas

Ce qu'il y a je n'sais pas ce qu'il y

A dans cette petite boîte est-ce elle

 

Tend ses bras on dirait la somnambule

Longue comme il y en a sur les images

Aux longs bras tendus devant elle pis

En longue chemise de nuit blanche qui

Marche la nuit & elle agite ses longs

Doigts au bout des longs bras & danse

 

Dans c'te petite boîte je ne sais pas

Sais pas ce qu'il y a dans c'te boîte

Petite là je ne sais pas ce qu'il y a

 

Est-ce une poupée mécanique que l'art

D'un enchanteur a rendue si gracieuse

Est-ce une poupée enchantée ou est-ce

Kate Bush dans Whuthering Heights qui

Danse ainsi avec mes années passées &

La longue jeune fille qui danse et la

Longue robe blanche qui danse et fait

La roue dans la nuit de tout ce qui a

Eté et qui ne reviendra plus & que je

Ne sais pas & que je n'sais déjà plus

 

Patrice Houzeau

Malo, le 7 mars 2021.

2 mars 2021

CONVULSER DANS LES ONGLES ET AUTRES SOTTISES

CONVULSER DANS LES ONGLES ET AUTRES SOTTISES

 

1.

Quand on laisse marioler les marionnettes, faut pas s'étonner après si on s'retrouve tout dégringolé des tréteaux.

 

2.

« Convulsivement dans tes ongles » il

Ecrit Claudel ça m'réveille le visuel

Chaipas si on peut convulser dans les

Ongles en avoir du convulsif dans les

Ongles qu'ça m'rappelle ces ongles si

Longs oh si longs les ongles qu'elles

Ont les sorcières dans les images les

Sorcières genre sur les pochettes des

Albums de hard rock savez les groupes

De s't'époque des années 70-80 puis à

Cheveux longs d'l'horrifique plein la

Ritournelle De Iron Maiden avec leurs

Cadences d'épouvante on se souvient &

Défois i m'semble qu'ça sonne dans le

Genre médiéval danse de géants que si

Ça s'trouve c'est d'la revenance tout

Ça qui stride & danse pis électrique.

 

3.

« Convulsivement dans tes ongles, Cuméenne dans le tourbillon des feuilles dorées !
Mais cette grosse flûte tout entrouée de bouches à tes doigts indique assez
Que tu n'as plus besoin de la joindre au souffle qui t'emplit »
(Paul Claudel, « Cinq grandes odes »)

Et tourbillonner dans les feuilles dorées

Ça vous évoque quoi un Faune dansant dans

L'automne après on peut toujours jouer de

La grosse flûte (Blanquer dit-on virtuose

A la grosse flûte qu'il est dis Blanquer)

Ou tout empli de souffle on pourrait être

Dans le genre tempestaire que soudain les

Souffles on les libère qu'ils envahissent

Routes et bourgs s'engouffrent partout et

Déboulent & vous l'tourneboulent le monde

Vous rentrent dans la boule qu'vous voilà

Maboul maboul maboul que du coup zieutant

L'orthographe de maboul voilà que j'tombe

Sur le mot maboulisme que j'savions point

Qu'il existait le maboulisme illustré par

Une citation de Duhamel «Elle a dû sentir

de loin ce coup de maboulisme» qu'il y en

A plein l'monde & les rues du maboulisme.

 

4.

« tout fulgurant de la jubilation

orchestrale ! » écrit Claudel que

Défois ça vous flanque le frisson

Les grandes envolées mélodiques &

A fond les trombones timbales pis

Trompettes et carillons pis qu'ça

Vous donne des envies de fulgurer

Qu'c'est juste psychobidule qu'en

Fait vous restez là à écouter les

Instruments remplir l'espace puis

Après on reprend ses esprits ceux

De tous les jours et on arrête le

Délire car c'est bien gentil tout

Ça le tagada lyrique & l'envol de

L'aigle mais savez it's only rock

n'roll d'l'amusette du distrayant

Qui peut certes être génial qu'en

vérité voyez comme on s'en moque.

 

5.

Défois commidit Claudel on peut être

« tout impatient de la fureur » mais

Ça c'est quand on exagère On peut se

Demander itou comme l'a fait Claudel

Un jour où il composait des vers que

Presque plus personne ne lit mais ça

Passe aussi un peu l'temps d'lire du

Claudel & se demander « où serait le

chœur sans la danse ? » que moi j'en

Sais fichtre rien mais que ça m'fait

Penser à de longues jeunes filles en

Blanc pis très brunes genre grec pis

Très antique forcé le genre de drame

Qu'on voit plus guère genre festival

Qu'je n'y vas jamais moi au festival

& pourquoi qu'j'iros moi au festival

Vu que ce que j'aime moi c'est rêver

Chez moi en lisant de vieux vers que

Des gens dont je ne sais rien & dont

Je me fiche assez ont composés et je

Compose moi aussi des sottises ça me

Passe le temps tandis que courent le

Covid & tous ses variants & tournent

Le monde en bourrique et font passer

Les politiques pour ce qu'ils sont &

« où serait le chœur sans la danse »

Mais à sa place mon cher à sa place.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mars 2021.

10 février 2021

DOUZE SOTTISES DE LA NUIT DU 9 FEVRIER

DOUZE SOTTISES DE LA NUIT DU 9 FEVRIER

 

1.

Alors les masques tombèrent

Et des grands éclats qu'ils

Firent en tombant par terre

Quelques vipères jaillirent

 

2.

« Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes

Se mirent » Ce vers d'Apollinaire & ce i

Se répondant s'faisant écho se reflétant

Dans La Nuit rhénane ce i je l'apprécie.

 

3.

« Humble comme je suis qui ne suis rien

Qui vaille » Le narrateur Apollinaire a

De l'humilité plein sa personne parfois

Et dit mieux ce que je pense de moi que

Moi-même défois quand j'm'écoute narrer

 

4.

A force de dire la vérité aux gens

I finissent par n'plus vous croire

S't'ainsi qu'on finit Cassandre et

Que terre et ciel soudain grondent

 

5.

A force de n'aimer personne

Je n'aimai plus que vous oh

La sotte chose d'aimer sans

Que personne jamais ne vous

Aime Personne c'est quelque

Chose Il faut savoir l'être

C'est pas donné à quiconque

 

6.

Le temps passe je compte mes os

Que voulez-vous que je fasse Je

Suis mort depuis trop longtemps

J'ai lu chaque bibliothèque Mes

Chairs ont fondu & je n'ai plus

Personne à hanter On m'a oublié

 

7.

Je me demande pourquoi le narrateur

Apollinaire ne peut «exprimer {son]

tourment de silence» que ça me fait

M'rappeler qu'un jour d'ma si sotte

Adolescence je m'étos tant répété &

Tant répété tant dans l'dedans d'ma

Tête que j'devais m'taire qu'j'suis

Resté quelques minutes sans pouvoir

Un bref moment d'tourment d'silence

Réellement parler genre la muette a

M'avait coupé l'sifflet sifflé c'te

Jactance qu'j'ai toujours kekchoz à

 

8.

& c'est jamais que des mares de sang

Contenues dans des sacs de peau dans

Les rues qui passent pis qu'ils sont

Pleins d'maladies défois & d'pensées

Plus ou moins troubles Vous font des

Yeux parfois qu'on pourrait croire à

Leur existence à tous ces autres là.

 

9.

Zut est la seule à me trouver sympathique

C'est vrai qu'elle n'est pas trop aimable

 

10.

Chaque fois qu'j'entends Imagine du

Lennon là j'ai des envies d'meurtre

Ça doit être ça une chanson qui tue

 

11.

Je me demande pourquoi les « chevaucheurs »

Du poème à Apollinaire « nous jetèrent dans

L'avenir » comme si nous étions des dés nos

Pommes & qui zauraient parié sur nos ombres

 

12.

J'me souviens soudain car j'aime à

De ce trait de Churchill qu'on lui

Dit Une pomme chaque matin éloigne

Le médecin Surtout si on vise bien

Répondit celui qui n'eut pas peur.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 9 février 2021.

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9 février 2021

QUAND JE N'SAIS PAS QUOI

QUAND JE N'SAIS PAS QUOI

 

1.

Quand je n'sais pas quoi faire

De moi-même je m'imagine Alors

La présence d'un aut' moi-même

Se fait tellement forte que la

Porte ouverte je me vois alors

Entrer dans la pièce puisqu'il

Est que porte ouverte partir &

Arriver que ça laisse la porte

Ouverte car si elle est fermée

Tu restes seul toi & toi seul.

 

2.

Pour déguster du preux en armure

Le dragon ouvre une vaste gueule

Puis crache sa flamme Rôti alors

Flambé le chevalier audacieux et

Divin accompagné d'son destrier.

 

3.

« Soleil cou coupé » Je me demande

Quand je songe à cette forte image

Qu'Apollinaire mit en fin de poème

De quelle créature elle sauta dans

L'espace cette tête flamboyante de

Quel capitaine décapité ou de quel

Chevalier errant & quel roi vaincu

Fut ainsi décollé & s'écroula dans

La poussière tandis que sa tête au

Ciel jaillit éclairant chaque jour

La terre des humains de son signe.

 

« Soleil cou coupé » Je me demande

Quand je songe à cette forte image

Si Persée après qu'il a tranché sa

Tête à la Gorgone l'aurait-il dans

L'espace jetée que nous ne pouvons

Regarder la vérité en face sans en

Être médusés fascinés pétrifiés et

Que nous finissons par baisser nos

Têtes de peur d'en finir aveuglés.

 

4.

Il arrive que les vitres se brisent

Que se cassent verres et bouteilles

Qu'éclatent les carreaux se jettent

Les fenêtres que se creusent et que

S'ouvrent les miroirs sur des vides

Dans lesquels bien des âmes chutent

 

5.

Ne touchez pas à ce piano

Gardez-vous bien de poser

Vos mains pour y jouer la

Chanson vive et légère et

Qui met les cœurs en joie

ne touchez pas à ce piano

Il se jouera de vous vous

Prendra les doigts et les

Entraînera les endiablera

les virtuosera et vous ne

Pourrez plus que jouer et

Jouer et jouer encore pis

Nuit et jour jouer et pis

Vous en tomberez cadavéré

Qu'vot'cœur aura cessé de

la battre la folle mesure

& se s'ra tout désaccordé

 

6.

« Beaucoup de ces dieux ont péri »

Note le narrateur Apollinaire Mais

Ils continuent à agir en nous Mais

Ils continuent à nous agiter comme

Si nous étions ces pantins que des

Fils invisibles actionnent sur les

Scènes sans nombre des dieux morts

 

7.

Sûr qu'nous sommes machinés par la

Machine infernale qu'un malin il y

A longtemps quand le temps n'était

Pas encore venu a actionnée et qui

Nous éclatera à la conscience puis

Ce sera comme si rien n'avait été.

 

8.

Défois j'me demande mais je ne suis

Pas toujours là alors j'm'attends &

Je patiente mais à force d'être pas

Là je m'impatiente et me cherche et

Me mets en quête & quand enfin j'me

Retrouve je m'engueule & pendant ce

Temps-là que j'n'ai rien fait d'bon

 

Patrice Houzeau

Malo, le 7 février 2021.

 

 

24 octobre 2020

TANDIS QUE VIRTUOSENT LES VIOLONS

TANDIS QUE VIRTUOSENT LES VIOLONS

 

 

  1. Holmes virtuosait du violon - ça lui occupait l'cogitant - tandis que Poirot contemplot un tableau (ah oui c'est beau) : on aime l'art dans le mystère et ma pomme se demande hein le Pharaon fumait-il réellement le cigare ?

  2. J'imagine assez Rimbaud la tête lourde de bière dans quelque troquet enfumé cependant qu'à gros flocons tombe la neige et que la bourrasque gesticule quelques fantoches au loin qu'on dirait vraiment pas les cavaliers de l'apocalypse.

  3. La politique en France, c'est tellement de moins en moins clair qu'on se demande qui c'est-y qu'est vraiment de gauche, qui c'est-y qu'est réellement de droite. En tout cas, ils ont tellement raconté de carabistouilles, gouvernants et partis, qu'à les croire, on n'en a plus trop envie.

  4. Défois, le covid, je me demande s'il est vraiment si invisible rapport à ce que ses sabots i sont de plus en plus gros. Ceci dit, j'suis point complotiste, j'y crois au danger virulent, le problème c'est la compétence de nos compétents et autres experts.

  5. C'est avec soulagement que le chevalier sans tête accueillit la nouvelle du port obligatoire du masque. Enfin, il serait reconnu pour ce qu'il était, le chevalier sans tête mais masquée : la France, quoi.

  6. Ces histoires d'islamo-gauchisme me gavent tellement que j'ai bien envie de mettre tout ce beau monde des grandes idées dans le même sac, et zou ! Pas de compromis, pas de soumission. Ni dieu, ni maître, et vive l'omelette au jambon, nom de Zeus.

  7. M'est avis que même si le covid court comme un furet dans une contrepèterie, un couvre-feu à 19 heures aurait été vue comme une connerie, et je dirai même plus, comme dirait Tondu, comme une macronnerie.

  8. J'ai toujours cru que mes professeurs de mathématiques étaient des sorciers inscrivant des signes cabalistiques au tableau vert, dans le seul but de me perdre dans une autre réalité. Quant à mes professeurs d'anglais, ah tiens, ils ne viennent pas des ailleurs stellaires.

  9. Pendant que le chevalier sans tête détaillait quelques zôtres, Heidegger se demandait Qu'appelle-t-on penser ? pis quelques zozos des alpages réflexifs rêvaient d'un monde sans frontières oùsque tout le monde i pourrot faire n'importe quoi comme les autres hein dis.

  10. Tandis que le chevalier sans tête se disoit qu'on estoit point sorti des sables, le ministre décréta couvre-feux et vlan passe-moi l'amende et même que le chevalier sans tête se battoit dedans l'horreur d'une profonde nuit, et qu'ils surgirent, les gens d'armes, pour vérifier son attestation de sortie.

  11. On n'a jamais la tête assez pleine de youp la boum troulala itou et toutes ces idées qui font rire pour les supporter, ces jours d'automne virulent oùsqu'on s'déplace masqué en pensant des ce serait mieux si seulement.

  12. On se dit des fois des âneries du genre j'aime pas les gens qu'en fait, c'est pas tellement qu'on les aime pas, les gens, c'est qu'ontologiquement, on s'en fout, pis qu'on s'en méfie, pis que des fois, ils sont bien utiles quand même, les gens.

  13. Les gens, ça passe le temps en attendant le grand rien du tout oùsqu'on pourra même plus voir personne.

  14. Si je vous ai fait venir ce matin – je sais, vous avez dû galoper de Labasstown à Que-couic-city -, c'est que je ne voulais pas vous laisser patauger dans toute cette marmelade tarabiscotée. Et vrai, dans ma caboche à cornichon, je n'imaginais pas que vous étiez déjà si avancé dans le n'importe quoi la banane.

  15. Il quitta son bureau et ses vitres sales, en commençant par ses jambes et le reste suivit (pipe, chapeau, imperméable) afin d'engloutir quelques œufs durs et leur poule, quelques escalopes de veau si ferré (i braille commak), et d'la bière en demis dans une brasserie dont le patron s'appelait Georges.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2020.

22 octobre 2020

BON ALORS TOTOR PRIT LE LONG FIL

BON ALORS TOTOR PRIT LE LONG FIL

 

 

  1. Bon alors Totor i prit le long fil, tira dessus tira tira-ra-ra (râlot fort Totor) qu'à force, au bout du fil qu'était si long qu'on aurait dit une sociologie, arriva un monstre tout épouvantable qu'il avala la table (avec toutes ses assiettes) pis l'étable (avec tous ses chevaux) et même Totor en fut tout bouffu.

  2. Alors un autre Totor entendit cris, pleurs et plaintes qu'il en eut les oreilles toutes secouées même qu'on aurait dit des oreilles d'éléphant faut dire qu'il fallait s'en douter à cause de sa trompe hein aussi donc Totor l'éléphant entendit ouiner qu'ça l'embêta fort mais bon allez fit-il faut qu'j'aille au pain.

  3. Un jour il sentit sa vie glisser c'était comme s'il étot sur la pente fatale d'un toboggan vertigineux qu'on en voit pas le haut (l'est là haut oh c'est haut) mais il se reprit par le col de son être et continua d'exister jusqu'à la prochaine fois.

  4. Parfois, Zut rêve d'un grand bateau blanc qui l’emmènerait loin bien loin vers d'autres ailleurs prodigieux, du coup Zut elle se flanque une tenue de plonge-grenouille et s'en va saboter l'aut' mirifique à partances cause Zut elle y croit pas, à tous ces ailleurs à prodiges qu'on nous vend.

  5. Comme il se sentit entouré par le vide il se dit qu'il allait chuter dedans que c'était ça la pente fatale aux zumains chuter dans un vide dont on ne, ni ne, donc il fit un pas et il y eut comme un bong qu'il avait franchi le mur du sot, le mur de la vitesse limite de sa propre pensée. L'était pas bien malin non plus hein.

  6. Alors un aigle formidable descendit des cieux que c'était comme si - Shazam estrange l'ambiance ! - tout l'décor et paysage estoit sorti de son cadre spatio-temporel pis l'bestiau happa un rongeur qui passait par là et s'en fut dans le trouble des cieux pendant que Zut se disot que si elle avait été une souris souriçant deci-delà, l'aut' enflé du ciel l'eut becquée toute crue.

  7. Il se dit qu'il ne lui restait plus grand chose alors il se mit en quête de quelque chose et se fit chevalier de la quête des choses. C'était un peu vague. D'ailleurs, il se perdit dedans, dedans un vague paysage avec des vagues de brume dont il ne reste qu'un vague écho dans une légende dont il manque des pièces.

  8. Lors Zut avot passé la rivière de cassis et s'artrouva aux enfers oùsqu'elle fit un tel tonnerre de tintouin qu'les ombres la rendirent au monde et aux noms. On parla de miracle. Sque c'est qu'la littérature tout d'même.

  9. Bon alors le chevalier sans tête il entra dans la machine à remonter les montres - et hop Jean Castex Edouard Philippe ! - i s'artrouva dans le pré de son enfance. J'ai déjà vu cette tête de veau quelque part s'escria-t-il pour que le lecteur entendît.

  10. Bon alors le chevalier sans tête ne fut reconnu par quiconque car vu qu'il n'avot point sa tête nul ne pouvot le reconnaître Cépourça qu'les manants lui jetèrent cailloux caillasse cahiers et qu'les singes lui balancèrent des noix de coco.

  11. Alors le chevalier sans tête se dit vu que nul ne reconnaît point ma tête perdue faut que j'm'achète une tête de circonstances. Il alla chez un chasseur de têtes des plus chasseurs sachant chasser qui lui refourgua une tête politique dont il ne savait que. C'est comme ça qu'le chevalier sans tête fut pendu dans le passé.

  12. Cependant qu'le chevalier sans tête du passé (l'avot remonté les montres) fut pendu, le chevalier sans tête du présent s'initia au pendule : « A l'ouest, toujours plus à l'ouest ! » n'arrêtait-il pas de dire dans sa barbiche absente. C'est d'ailleurs pour ça qu'le capitaine point ne put le décapiter même qu'il en était tout dépité.

  13. En ayant marre du pendule, le chevalier sans tête se chercha des divertissements. Il joua à tout un tas de jeux oùsqu'il perdit beaucoup d'sous et d'autres trucs aussi. Cétalors qu'les dieux qu'existent pas intervinrent du haut de leur être en le chargeant d'une quête à laisser bouches bées et cheveux dressés.

  14. Lors de sa quête, le chevalier sans tête labyrintha beaucoup, grimpant les escaliers vertigineux d'une bibliothèque sans fin où les livres engendraient les livres et où tossi il entendit les échos lointains de conversations entre d'autres invisibles dans des langues dont il ne savait point le latin.

  15. Lors de sa quête, le chevalier sans tête se posa bien des questions sur le but du truc et sur l'être des créateurs du truc adoncques il se dit enfin que tout ça c'était bien beau mais bien dangereux tossi qu'il aurait dû rester près de Zut sa Zutesse dulcinée laquelle en attendant cornemusait fort car elle était nulle en tapisserie.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 22 octobre 2020.

22 octobre 2020

LE CHEVALIER SANS TETE PRECEDE D'AUTRES SOTTISES

LE CHEVALIER SANS TETE PRECEDE D'AUTRES SOTTISES

 

  1. Sur la route vertigineuse, j'ai vu la rose rare, j'ai vu la rose rare – oh la rarissime, la pure rareté – j'ai vu la rose rare en vêture de renarde. Et bien entendu, elle s'a fichu d'ma gueule.

  2. Derrière les fenêtres, il y a des êtres, qui vivent leur vie d'être, en se moquant bien de votre être à vous pis même que derrière les fenêtres, il y a des êtres qui regardent s'agiter et soliloquer d'autres êtres dans de plus en plus étranges lucarnes.

  3. On est très encombré savez d'objets bibelots bricoles camelote pis du peinturé utra-moderne, du tout ça plus ou moins bien rangé empilé collectionné amassé dans une « vie toute vide » qu'il dit Houellebecq.

  4. Peut-on comme i dit Houellebecq « s'écraser sur l'infini », s'écrabouiller sur l'exponentiel, même que l'exponentiel c'est d'l'infini qu'en finit pas d'exponentialiser, pis s'ramasser dans l'innombrable et se dépeupler dans le surnombre ?

  5. Que la rose rime avec la chose induit bien des choses, qu'en somme, la rose est aussi bien alchimique qu'érotique.

  6. La mort mord-t-elle ? La mort a-t-elle des dents pour mordre ? La mort est-elle la mâchoire du néant ? Sommes-nous des bouts de viande défois froide, défois cuite qu'elle dévore, la mort ?

  7. Y en a i nourrissent des invisibles, empiffrent des tout puissants, engraissent des ogres, gavent des dieux pis élèvent des croyances qu'ils lâchent dans le monde oùsqu'elles courent les têtes, les sottes obscures, en quête de cervelles à grignoter.

  8. En attendant qu'le covid fasse le vide, on continue à critiquer les tactiques des politiques... ça fait passer le tic-tac, ça occupe les esprits.

  9. Tout métaphysichosifié, transparu dans la modernose, critivitreux, golemisé volontaire, originellé dans l'vouloir, démontré, déchronicisé, sorti d'l'horloge le spectre, mué d'la synchronie, et pis quoi, aussi nu qu'un roi.

  10. Bon alors le chevalier sans tête se mit à courir à courir à courir car il avait perdu son cheval même que c'est un ogre qui l'eut bouffi pis après il avait tant couri tout parti qu'des jambes lui en poussèrent squi lui permit d'arriver au château.

  11. Bon alors le chevalier sans tête il arriva au château mais ce n'était pas son château comme il était sans tête le chevalier sans tête il l'avot point r'connu pis une flèche se décocha d'un arc d'un archer là haut sur le château alors le chevalier sans tête mourut quand même.

  12. Un enchanteur arriva avec sa barbe blanche de long temps et guérissa le chevalier avec des onguents du genre qu'on trouve pas à Leclerc Le chevalier sans tête reprit ses esprits mais dans le désordre qu'il parla zarbi mais ni graf car l'enchanteur avot aut'chose à faire.

  13. Alors le chevalier sans tête il décida de rentrer chez lui revoir Zut sa Zutesse dulcinée mais c'était pas mince l'affaire car il devait passer par un bois oùsqu'il y avait rien que des malfaisants à moustaches qui le guettaient pour lui piquer ses sous et d'autres trucs aussi.

  14. Mais comme il était brave comme un héros de la légende, il prit tout son courage avec tous ses bras et alla un peu montrer à tous ces malfaisants à moustaches squessefu qu'trancher dans l'vif qu'il y en eut bien des moustachus tout découpés dans les fourrés feuillus.

  15. Après le chevalier sans tête rentra chez lui oùsque Zut sa Zutesse dulcinée soufflot dans une cornemuse passqu'elle était nulle en tapisserie du coup tous les prétendants furent sourds comme des pots litiques (on en trouve encore) skifu que point n'entendirent survenir le chevalier sans tête qui tous les zigouilla pour l'exemple et la légende.

  16. Alors le chevalier sans tête se marida avec Zut sa Zultesse dulcinée (avant, ils vivaient dans un péché affreux) et donc ils se maridèrent (troulala-troulalère chantèrent en vers les trouvères) et ils eurent beaucoup d'histoires dont, par ailleurs, on se fout carrément.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 22 octobre 2020

22 août 2020

FOIN DES FICELLES

FOIN DES FICELLES

 

 

  1. La massification de l'enseignement supérieur, c'est bien souvent « la foire aux illusions », le « bûcher des vanités » et même parfois « on achève bien les chevaux ».

  2. « Peut-être si quelqu'un reçoit, comme Mrs Gonzales, la visitation de fantômes, sera-t-il possible d'éveiller l'intérêt d'autrui, surtout si on lui parle de lui-même. »
    (Leonora Carrington traduit par Henri Parisot, « Le Cornet acoustique »)

  3. Si soudain m'apparaissait quelque spectre d'épouvantable apparence, sans doute mon palpitant se pétrifierait dans ma poitrine. Mais si c'était le fantôme de mon amie, comme le fit jadis l'amour de Monsieur de Sainte-Colombe, alors la joie en mon âme se mêlerait à la mélancolie.

  4. La fille, quoique farfelue, était fière et fine. Claire et colorée, elle était férue des crépuscules. Merlin l'Enchanteur les avait-il parsemées de poussières stellaires, y avait-il émietté quelques merveilles, pour que ses mirettes ainsi brillassent ?

  5. Le fantôme de l'antique maître d'hôtel du vieux manoir annonça pour le lendemain soir un concert de clavecin par quelque squelette virtuose. Quant à moi, je m'échinais à comprendre ce que cette clavicule faisait là. Les araignées des coins accordaient leurs violons.

  6. Les murs ayant maintenant des yeux et des oreilles, il ne leur manque plus que la parole pour nous ordonner. Encore que d'une certaine manière, l'impératif d'la connexion fatale au reste des bipèdes à cerveau aléatoire, hein.

  7. En septembre, des masques risquent de tomber. En septembre, verra-t-on de nouveau jaunes et bleus se taper dessus ? Si rien ne change, à Minsk, l'hiver risque d'être très long.

  8. Les marxistes ont cru pouvoir tuer Dieu ; ils semblent qu'ils l'aient seulement anesthésié et qu'il se réveille, et de fort méchante humeur encore.

  9. En théorie, difficile d'associer soumission houellebecquienne et France Insoumise pourtant qu'on dit. « Who'll stop the rain » n'est pas une chanson très écoutée en ce moment.

  10. Ce barde fut-il imberbe ou porta-t-il la longue barbe des enchanteurs d'antan, ce barde qui battant la campagne cherchait abri, bicoque, baraque, auberge, quelque bergerie où poser son barda, ce barde fut battu à mort par quelques gueux dégoûtants gueulards. Cela arrive parfois.

  11. Où sont ces zoziaux querelleurs, ces zoziaux noiseurs ? Font les bateleurs, chantent leur comédie. Unissons-nous camarades, aiguisons nos couteaux de carton. Nous ne prendrons pas le pouvoir, il est au voisin. Nous en aurons des choux et du lard puisque la voisine est en cuisine.

  12. Comme beaucoup, je fus moi aussi tenté par l'ailleurs à illusions, l'extension d'la Providence verticale. Et puis j'appris que jadis je serais mort si un chirurgien n'était pas revenu des Amériques avec une méthode qui me sauva. Foin des ficelles et des rouges fantoches.

  13. Qu'est-ce que les extra-terrestres préparent ? Du thé peut-être ? Du riz cantonnais ? Quant aux ailleurs à illusions, ils parsèment le ciel d'idées de constituante. Ah les songeurs zoziaux ! Ah les fourgue-rêves ! Ah comédie, dés pipés, fête à la citrouille ! A la pomme verte !

    Patrice Houzeau
    Malo, le 22 août 2020.

11 août 2020

D'UN FAUDRAIT FAIRE L'AUTRE

D'UN FAUDRAIT FAIRE L'AUTRE

 

 

  1. Cela fait longtemps que j'ai dit je t'espère ;
    Il me semblait sans toi manquer d'oxygène ;
    Cela fait si longtemps que je t'ai dit je t'espère,
    Que te voilà fantôme et donc plus un problème.

  2. A passer repasser sous le ciel bleu avec sa tête entêtée hantée de pensées et des fugaces rêve-t-on de vert qu'on est dans le gris, mais du vert y en a tout d'même un peu et puis y a la mer et le vert des diabolos menthe et des Get 27 qu'on boit au bar tabac du coin.

  3. A passer repasser sous le ciel bleu on pense que nos morts ne le verront plus jamais, le ciel bleu, ni les oiseaux noirs et blanc s'envolant des fronts verts, qu'on se sent soudain un cœur une tête et toutes ces veines et la chaleur qui vous enveloppe, vous colle au corps.

  4. « Qui s'approche de moi, qui me regarde en face »
    (Michel Houllebecq, « Derniers temps »)

    C'est la Mort, c'est la Mort qui vous efface de votre espace.

  5. Qui s'approche de moi y a kekchoz qui cloche kekchoz de louche qui s'approche de moi et me regarde en face avec des yeux qui voient comme loin, loin derrière moi qui s'approche de moi et me traverse comme si j'étais transparent translucide du vide du vide du vide.

  6. Loin derrière moi qui s'approche de moi... Bien le bonjour, « Monsieur mon passé » ! comme il l'appelait, Léo Ferré, qu'est passé lui aussi qu'c'est bien dommage.

  7. Quand j'étais au collège, je préférais écouter des chansons plutôt que d'apprendre mes leçons. Maintenant que j'en refourgue moi aussi aux élèves des leçons , je me demande s'ils écoutent encore des chansons sont plus les mêmes sons sont plus les mêmes bref, passons.

  8. Défois, un verre de vin blanc bien frais, une chanson de Léo Ferré et le monde i s'fait tout léger qu'on dirait qu'le temps sonne enfin juste, pis le disque i s'termine et la bouteille, elle est vide qu'on s'sent bien lourd qu'on va s'couquer, « dodo la boule »...

  9. « Je suis peut-être mort, je ne sais pas » écrit Michel Houellebecq qui confirme ainsi, qu'en vertu du « cogito ergo sum » cartésien, on peut bien être sans exister. Le sentiment est bien connu, que l'on appelle « malaise existentiel », qu'il nous semble qu'on passe à côté.

  10. A ce malaise existentiel, Houellebecq répond lui-même en notant : « Il y a quelque chose qu'il faudrait faire, que je ne fais pas. » C'est dans ce faudrait faire que l'on se flanque tout le temps, courant de faudrait faire en faudrait faire jusqu'à ce que tout se défasse.

  11. C'est dans ce faudrait faire que l'on se flanque tout le temps, courant de faudrait faire en faudrait faire, en faisant de son mieux et avec ce sentiment que l'on pourrait mieux faire, que l'on aurait dû mieux faire, mais que, quoi qu'on fasse, ce qui est fait et fait et ne saurait se défaire.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2020.

5 août 2020

EST-IL BIN QU'ÇA S'POURRAIT

EST-IL QUE BIN ÇA S'POURRAIT

 

 

  1. Est-il que la pandémie se poursuivant, les cartes du monde en soient redistribuées ? Est-il que la France recule à ce point dans le classement des puissances qu'elle doive renoncer un temps à son interventionnisme au profit d'une relance intérieure de son économie ?

  2. « Le gnôti seauton (« connais-toi toi-même) apparaît (…) dans le cadre plus général de l'epimeleia heautou (souci de soi-même) comme une des formes, comme une des conséquences, comme une sorte d'application concrète, précise et particulière de la règle générale : il faut que tu t'occupes de toi-même, il ne faut pas que tu t'oublies toi-même, il faut que tu prennes soin de toi-même. »
    (Michel Foucault, « L'Herméneutique du sujet », cours de 1981-1982 au Collège de France)

    Michel Foucault faisant remarquer que le gnôti seauton (« connais-toi toi-même ») socratique est une conséquence de l'epimeleia heautou (souci de soi-même) me donne à songer que c'est aussi dans cette reconnaissance antique du sujet que naît notre individualisme occidental. (cf Philosophie Magazine Hors-Série n°45, « Platon », p.69)

  3. « Les lettres sont encore visibles, mais étant donné leur demi-effacement et la couleur de votre peau tout autour, il est évident que vous avez tenté de les faire disparaître. »
    (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « le Gloria Scott » [Holmes])

    Le présent est plein de disparitions. L'être du présent est la disparition, à commencer, car il est insaisissable, par celle du présent lui-même.

  4. « Il y a déjà longtemps que la rumeur s'est répandue, que l'étant était « en soi ». »
    (Heidegger traduit par Becker et Granel, « Qu'appelle-t-on penser ? »)

    Qu'est-ce que cet « en-soi », sinon un signifié, un référent indéfinissable ? La matière ? Mais nous ne pouvons jamais appréhender ce qu'est la matière que par des équations. L'humain est le fantôme de cet « en-soi » que le langage produit comme nous produisons nos légendes.

  5. L'hypothèse de l'univers parallèle inversé n'est pas nouvelle. Elle peut sembler logique pour ceux qui voient l'univers tel que nous le connaissons comme une projection d'une source lointaine. Il y aurait ainsi un univers en positif et un univers en négatif. Spéculation, expérience de pensée.

  6. Si on admet que l'on puisse remonter le temps, cela suppose-t-il la « présence » d'un univers parallèle ?

  7. Le verbe « être » hante la langue comme s'il voulait nous persuader que nous existons réellement.

  8. Est-ce que le verbe « être » a un sens en musique ? Est-ce que « être » en musique revient à affirmer le sujet (compositeur et virtuose) ? Un gouvernement anti-sujet, anti-singularité, qui considérerait la notion d'auteur comme un reliquat de « l'esprit petit-bourgeois » finirait-il par ne plus admettre qu'une musique programmée, une musique d'intelligence artificielle ?

  9. Parce que la technologie tend à remplacer la maîtrise humaine et la fierté de cette maîtrise, peut-on considérer que l'intelligence artificielle est un danger pour l'humanité ? Vivons-nous déjà sous la dictature des algorithmes ?

  10. Bien entendu, une bibliothèque n'arrête pas une division de panzers cependant que ce sont bien des ingénieurs qui conçoivent et chars d'assaut et toutes ces armes actuelles dont nous n'avons même pas idée, et que ce sont bien des stratèges qui en définissent l'emploi.

  11. Si l'on considère que les Etats-Unis ont, en matière d'armement et en moyenne, quinze ans d'avance sur le reste du monde, il ne me semble pas impossible que la base de Bentwaters disposât en 1980 de câbles nécessaires à quelque puissante connexion internet.

  12. Le populisme commence toujours par en appeler aux valeurs du respect (de la religion, des traditions, du « peuple », de la nature, etc...) pour légitimer la censure de tout humour d'abord, puis de toute critique de la religion, des partis du peuple, de l'écologie, des communautarismes, etc...

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

 

27 juillet 2020

DE L'OBLIGATION DE PAYER POUR POUVOIR S'EXPRIMER

DE L'OBLIGATION DE PAYER POUR POUVOIR S'EXPRIMER

 

 

 

  1. Dieu est la condition de l'humain autant que l'humain est la condition de Dieu. Peu importe que Dieu existe, ou que l'humain croit exister.

  2. Obliger les contributeurs de Twitter, les producteurs de tweets, à payer un abonnement reviendrait à faire payer ceux qui produisent le contenu sans lequel Twitter ne serait qu'une coquille vide.

  3. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est oublier que, si les contributeurs ne sont pas payés, c'est en raison des investissements nécessaires à la facilité d'emploi fournie par le système de publication de l'entreprise. C'est en l'occurrence un échange de services. Nous remplissons gratuitement vos pages en échange d'un accès gratuit.

  4. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est oublier que le marché ayant horreur du vide, à un outil qui serait désormais payant, succéderaient très vite d'autres systèmes gratuits dont la concurrence nuira à la pérennité de l'entreprise. On peut citer en Europe le cas de Canal +, télé payante qui, jadis puissante, a maintenant bien du mal à survivre et à faire face à la concurrence des chaînes gratuites.

  5. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est faire jouer un capitalisme étroit et de court terme, et pas forcément gagnant (il pourrait s'en suivre une succession de défections), contre un libéralisme ouvert, intelligent et de moyen terme, qui lui est gagnant, la popularité de Twitter étant assurée de s'accroître, étant donnée la qualité de bon nombre des publications que ses services permettent.

  6. Une petite remarque en passant aux belles âmes qui rêvent de toujours plus taxer et imposer les GAFAM. Croyez-vous réellement qu'une imposition très forte de Google et consorts serait favorable aux utilisateurs ? Evidemment que non, puisque ce que les Etats percevraient, les GAFAM en répercuteraient forcément le coût sur les utilisateurs. Pas nécessaire d'être ultra-libéral pour comprendre cela.

  7. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner est un mauvais calcul et, en bonne logique, c'est par la publicité et les investissements privés (via des partenariats) que Twitter pourra, non seulement améliorer son positionnement et ses résultats, mais même devenir leader.

  8. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner ne peut être envisagé qu'en compensant le coût de cet abonnement par une rétribution des auteurs. Dès lors, l'utilisation de Twitter deviendrait une activité marchande et, à terme, serait soumise à des réglementations nationales qui pourraient s'avérer contraignantes pour chacune des parties.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 juillet 2020.

20 juillet 2020

CHAPITRE DANS UN FAUTEUIL ET FUMANT LA PIPE

CHAPITRE DANS UN FAUTEUIL ET FUMANT LA PIPE

 

« Ces yeux immenses qui le regardaient, que disaient-ils ? »
(Agatha Christie traduit par Michel le Houbie, « Cinq petits cochons »)

 

  1. Dans un fauteil, pates croisées, un chat fume la pipe ; ses yeux perçans scrutent par la fenêtre la mer dérolant ses chevlures amêlées. Le soir cligne ses escrimes la lune semble déjà visage rond tâché de rousseurs Y a aussi la mort (en plus des noyés je dis ça à cause des chevelures).

  2. Comme il avait une voix sourde, il murmura :
    - Elle était si jeune !
    Oui, vraiment si dommage d'être si jeune et de se retrouver si vite squelette dans son placard. Son esprit planait-il encore au moins, ou fust-elle déjà dans le puis sans fon et sans parois ?

3. Il approuva. Le chat dans le fauteil scrutait toujour la mer de moins en moins visible à mesure qu'ombres la mangeoient genre on mange un plateau de fruits de mer que c'est exactement un genre à me boutonner la face pis à m'vaguer l'existant que j'me dis Ah tiens ça va pas.

4. Il songea que « si jeune » était bien gentil qu'il y avait plein d'innocence et de naïveté, et d'enthousiasme encore dans ce mot. Alors entrèrent dans la pièce kelkes jouvenceaux et jouvencelles très énervés brailleurs débraillés exigeant du vin et des danses et jouant à couteau.

5. Comme il, le sceptique (c'était son métier de remettre tout en doute, le réel ne se ressemblant jamais) le suivit. Il se réjoïst à l'idée de, tout en se demandant ce qu'était devenue la fillette prodigieuse et superbe et aussi les roses oiseaux qui oiselaient jadis emmi les roseaux.

6. Comme s'il avait entendu la voix dans la nuit qui murmure mystérieusement le prénom d'une adolescente vouée à l'hémoglobine des films d'horreur, il se retourna sur la Beauté, qu'il trouva amère et qu'il injuria, mais à voix muette afin de n'offusquer nul spectre d'esthète.

7. Après s'être retourné sur la Beauté, il se retourna sur le tableau, « une dernière fois »,pensa-t-il parce qu'il savait (il avait lu le scénario) que l'assassin des tableaux viendrait cette nuit même et lacérerait le beau et énigmatique visage de la Dame du temps des Dames du temps jadis.

8. Il contempla l’œil immense (elle était borgne) qui, come font tous yeux, le regardait, - du coup, s'était muni depuis longtemps d'un détourneur de regards, afin de passer inaperçu quan son scepticisme professionnel l'obligeait à pénétrer dans une histoire qui n'était pas la sienne.

9. Il lui sembla que cet œil immense (elle était borgne) avait quelque chose à dire. Il attendit un instant. Puis comme rien ne vint que le bourdonnement ennuyé d'une mouche passant parci-parlà, il haussa les épaules et sortit.

10. Le petit boogie-woogie dans sa tête alluma quelques lampions qu'il se dit que ce qu'il avait à lui dire, l’œil immense (elle était borgne), pourrait-il le comprendre depuis le coup de lune que lui avait assené la lune dessus s'tiête un jour qu'il était encore plus sot que d'habitude.

11. Comme il ne comprenait rien de ce que l’œil immense (et bleu comme l'immense bleu du ciel quand il accepte d'être bleu) voulait lui dire et ne lui disait pas de sorte qu'il comprenait encore moins, il sortit s'acheter une baguette de pain et un recueil d'arguments platoniciens.

12. C'est en traversant la rue qu'un tremblement de trottoir le bouleversa tant qu'il en mourut, emportant dans la tombe le secret de ce que l’œil immense ne lui avait pas dit. Le chat et quelques dénoyés vinrent à l'enterrement. Au loin la mer enrolait.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juillet 2020.

8 juillet 2020

CINQ SOTTISES JUSTIFIEES SUR LE CORNET ACOUSTIQUE

CINQ SOTTISES JUSTIFIEES SUR LE CORNET ACOUSTIQUE

 

Dans Le Cornet acoustique
de Leonora Carrington une
certaine Carmella joli et
faisant penser à carmel à
charnelle à chamelle itou
ce prénom là Carmella qui
offre à la narratrice une
à quoi la narratrice elle
n's'attendait point cause
ksé un cornet acoustique.

On est d'accord qu'offrir un
cornet acoustique à qui n'en
a point besoin témoigne d'un
« curieux sens de l'humour »
On peut même parler d'ironie
qui laisse à entendre que la
personne à qui on l'offre ne
sait entendre tout s'qui est
à entendre dans un réel tout
plein comloeuf d'malentendus

On apprend que la narratrice
du Cornet acoustique dans un
« lieu où elle ne souhaitait
nullement se trouver » kelle
vit kelle n'est pas contente
d'être là même kelle se sent
prisonnière qu'c'est un sort
commun à bien des âmes de se
sentir enfermé oùsqu'on est.

La narratrice du Cornet acoustique
elle avoue divaguer que divaguer à
nous tous ksa arrive qu'on s'met à
penser à tout aut' chose qu'on a à
penser qu'on a l'esprit v'là qu'il
prend son tambour de vent de pluie
& ki bat ki bat ki bat la campagne

La narratrice du Cornet acoustique
dit qu'elle ne permet « à personne
de penser que son esprit la bat la
campagne où y a tant d'esprits qui
y sont djà à la battre la campagne
ksa fait un fichu nid de coucous &
tout un gouvernement d'illuminés Ô
Politiques mais jamais au-delà des
limites k'nous devrions leur fixer

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juillet 2020.

 

 

 

3 juillet 2020

LA POINTE DU JEU

LA POINTE DU JEU

 

  1. « Avec Philippe Nicaud dans le rôle de Rouletabille. Réalisation : Jean-Jacques Vierne ». De la nostalgie tout ça, de la nostalgie plein la bille. Le soleil à travers les volets de ma chambre en 1983. On ne remonte pas ce qui nous démonte. Une main s'abat sur la mouche.

  2. Peut-on dire qu'une langue est un instrument au sens où l'on dit que le piano est un instrument de musique ? En ce sens, les règles d'une langue seraient comme un solfège, et la littérature serait le champ des possibles ouvert par la grammaire.

  3. De même que le solfège précède la musique, que les règles du jeu précèdent la partie, la grammaire précède la littérature. Les règles ne codent qu'elles-mêmes. Les règles ne codent ni pièce de musique, ni partie d'échecs, ni poème. Elles sont la clé de cette parade sauvage.

  4. Ne codant qu'elles-mêmes, les règles de chaque jeu ont leur propre code. Solfège, grammaire, mathématiques, logique, langue des signes, etc..., autant de systèmes de notation des règles de ces jeux qui permettent de composer, de raisonner, de communiquer, de signifier.

  5. De même que le solfège n'est pas la musique, mais le système de notation d'un type particulier de musique, une langue n'est pas le langage mais l'ensemble des usages d'une langue. Dès lors, comment définir la musique, comment définir le langage autrement que comme les êtres d'une suite de sons et de syllabes ?

  6. Il est, comme l'écrit Wittgenstein, dans ses « Investigations philosophiques » (par. 569) que « les calculs dans un système de mesure » pourraient exiger « plus de temps et d'efforts que nous n'en pouvons fournir. » Tous les codes ne se valent pas.

  7. Ce à quoi renvoient les codes sociaux, c'est aux manières d'être humain. Le paradoxe étant que l'abolition de la peine de mort permet à d'épouvantables meurtriers de continuer à vivre cependant que nous vendons des armes qui tuent des innocents chaque jour.

  8. Il y aurait, comme le remarque Wittgenstein (cf « Investigations philosophiques, 564) « dans le jeu des règles essentielles et non essentielles ». Ainsi des codes sociaux qui vont des manières de se moucher aux décrets et lois, de l'échange d'opinions aux conflits sociaux.

  9. « Le jeu, aimerais-je dire, n'a pas seulement ses règles, mais aussi sa pointe. » (Wittgenstein, « Investigations philosophiques », 564). Que puis-je comprendre par ce mot de « pointe » ? Serait-ce l'esprit, l'être du jeu ? Ce qu'il révèle de l'humain : la maîtrise, la virtuosité, le grand style.

  10. L'administration prépare la partie, en éclaire les règles, les redéfinit au besoin, mais c'est toujours la maîtrise qui exécute le coup. Ecrivant ceci, j'ai en tête ces parties d'échecs dont chaque coup, dès le début de la partie, est prévisible jusqu'à l'inédit, le trait de génie, le coup de maître.

  11. Il y a sans doute un point où l'hypertrophie des règlements finit par étouffer la maîtrise. C'est là où la « pointe » s'émousse et où l'institution devient ce mammouth obèse, cette machine à circulaires, de plus en lourde, bavarde, prétentieuse, coûteuse, inefficace.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2020.

2 juillet 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

 

 

  1. Entendu l'autre jour Hugues Aufray rendre hommage à Marc Fumaroli, qui fut un des rares à s'élever contre le nivellement culturel qui consiste à mettre sur le même plan les vulgarités du rap et la tradition classique, l'escroquerie de l'art conceptuel et Picasso (ou Rembrandt), le dernier Goncourt et Racine.

  2. Depuis que j'ai entendu à l'oral de contrôle une candidate raconter l'histoire du petit chaperon rouge sous prétexte qu'une collègue n'aurait fait étudier aucune œuvre pendant l'année (ce qui est faux, je connais la collègue en question), je trouve que la bienveillance a vraiment un large, très large dos.

  3. A force de maintenir la jeunesse dans un état de sujétion administrative en augmentant inutilement le nombre d'années d'études, vous verrez que la jeunesse va finir par nous égorger.

  4. Soirée du 25 juin 2020, au large de Dunkerque, de la digue, plusieurs personnes ont vu au loin, sur la mer, des formes rectangulaires sombres, assez imposantes, alignées semble-t-il, statiques et sans lumières apparentes. On m'a parlé d'un déplacement d'un objet plus petit vers une de ces masses. Qu'était-ce ? Exercices ? Manœuvres ? mise en place d'un dispositif spécifique ? Surveillance ? Patrouilles ? Transport industriel ?

  5. Silence des médias français sur l'impressionnante explosion qui a lieu dans la nuit du 25 au 26 juin 2020 en Iran et dont on a pu voir des images sur Twitter. Que s'est-il passé ? Il y a-t-il eu des victimes ? Quelle est l'ampleur des dégâts ?

  6. Le 2 juillet 2020, j'entends parler de troubles ethniques en Ethiopie. J'entends que le monde entier est en proie au trouble. Je pense au « déclin de l'empire américain ». Je pense qu'il vaudrait mieux pour le monde entier que Donald Trump ne soit pas réélu. Je grignote des p'tits Lu.

  7. Je me souviens d'un collègue me citant quelques exemples de sociétés multiculturelles apaisées. Dans ce monde d'après pire que celui d'avant, je souris. Je souris aigre. Les enseignants sont des rêveurs.

  8. « Le loup à l'estomac vide n'est pas l'ami du loup à l'estomac plein ». Evidemment, le multiculturalisme n'est pas à l'origine de tous nos problèmes mais en quoi est-il une solution ? Sur Twitter le nom de la ministre des Armées est cité. Parly deviendra-t-elle premier ministre ?

  9. Ce n'est pas seulement le Covid qui crée tant de troubles. En décimant, le virus souligne à quel point les humains sont trop nombreux et se gênent les uns les autres.

  10. Comme le terrorisme est la monnaie de la pièce du commerce mondial des armes, les pandémies sont le corollaire du surnombre et de la mondialisation.

  11. Le 2 juillet 2020, certains se mirent à rêver d'un premier ministre écologiste. Cela m'effraya. Je ne voyais pas un dispensateur de moraline diriger un gouvernement français. Je me refis un café en écoutant du piano à la radio. C'est beau, le piano.

  12. Ai pensé que Blanquer avait eu raison de supprimer cette année les épreuves ponctuelles du bac. Ai pensé que ceux qui dénonçaient l'injustice du bac 2020 étaient des hypocrites, le baccalauréat ne valant plus grand chose depuis longtemps déjà.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 2 juillet 2020

1 juin 2020

CE QUI NE PEUT ETRE SANS QUE CELA SOIT

CE QUI NE PEUT ETRE SANS QUE CELA SOIT

 

  1. Le ciel est bleu ; la plouze est verte et les gens blancs ;
    Y a un tueur dans l'air et nous sommes masqués.
    Tout est normal, prévu, voulu, tenu, o.k.
    Le monde continue d'tourner, évidemment.

  2. Que nous ne soyons que très peu capables de changer de modèle de croissance n'implique pas que ce changement ne se fera pas. Et ce que nous ne ferons pas de nous-mêmes nous sera imposé par l'horreur des circonstances.

  3. Ce n'est jamais que devant l'horreur qu'une civilisation consent à se réformer en profondeur. Il a fallu deux guerres mondiales et la Shoah pour que l'Europe se mette enfin à songer sérieusement à la paix.

  4. « Et si nous la retenons, elle surgit donc devant notre œil spirituel, dès que nous en prononçons le nom. Elle doit donc être indestructible en soi, si la possibilité doit exister de nous en souvenir à tout moment. »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 56)

  5. Ce dont nous nous souvenons et que la conscience convoque, est en soi en ce sens que cela signifie toujours quelque chose pour quelqu'un. Les êtres, imaginaires ou pas, échappent à notre durée, et y sont radicalement indifférents.

  6. Conan Doyle est mort en 1930 mais nous cherchons toujours à définir « Sherlock Holmes » cependant que nous nous attachons à produire des biographies toujours plus exactes de son créateur.

  7. Ce qui est « indestructible en soi », c'est autant une qualité (par exemple, une couleur) que ce qui ne peut être sans que cela soit, ici la conscience de cette qualité. Ce qui ne peut être sans que cela soit est le nom de l'être.

  8. L'arbitraire des signes relativise toute qualité (chaque langue invente un monde, etc...), mais il n'en reste pas moins que le langage ne peut être sans que cela soit. Dès que je parle, je mets en œuvre une langue qui n'a pas d'autre justification que le fait que je m'en empare.

  9. Ce ne sont jamais que des mots que nous avons en mémoire. Ce dont nous nous souvenons et que nous croyons si réellement vrai n'est qu'habitude de langage, voire abus, idiosyncrasie. Il n'en reste pas moins que l'habitude est la chose du monde la mieux partagée.

  10. « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
    Il était au commencement en Dieu.
    Tout par lui a été fait, et sans lui a été fait rien de ce qui existe. »
    (Prologue de l'Evangile selon saint Jean, traduit par Augustin Crampon)

  11. L'univers suppose un créateur. Ce créateur ne peut être qu'étant nommé cependant que nous ne pouvons le définir qu'en le désignant par ce « Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut » qui signifie à la fois Dieu et le Verbe, ce qui ne peut être sans que cela soit. « Muss es sein ? Es muss sein. »

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juin 2020.

29 mai 2020

LA NUIT TOMBE LA PLUIE AUSSI SIGNES ET PRESAGES

LA NUIT TOMBE LA PLUIE AUSSI SIGNES ET PRESAGES

 

 

  1. La nuit tombe Du bleu partout La nuit tombe On rêve quelque saxophone La nuit tombe Quelques nappes d'un blues lent et profond La nuit tombe Lent profond un regard.

  2. La nuit tombe Le chat attend la souris La nuit tombe Des fois on y titube La nuit tombe Titube de vin ou de fatigue La nuit tombe On n's'en sent plus d'ses regrets.

  3. La nuit tombe On a d'l'Amérique plein la cafetière La nuit tombe Et les échos des malheurs La nuit tombe Qu'la radio débite en tranches La nuit tombe Entre deux chansons plus ou moins habiles.

  4. La nuit tombe On en emmêle ses rimes La nuit tombe Qu'on remue sous ses paupières La nuit tombe On voit des visages, des gares, des lacs, des pierres La nuit tombe Le visage d'un ange, la face d'un crime.

  5. La nuit tombe Qui nous appelle et nous réveille ? La nuit tombe Un cri un nom un coup donné à la porte La nuit tombe Et qui exigerait de nous qu'on veille ? La nuit tombe Quel diable viendrait, que le vent emporte.

     

    LA PLUIE AUSSI

  6. La pluie aussi passe comme passe Zut La pluie aussi s'amuse comme Zut à nous rêver La pluie aussi est entre deux éclats de soleil La pluie aussi où fuse un rire qui revient parfois la nuit.

     

  7. Un présage peut s'interpréter de façon symbolique ; ceci dit, ce n'est pas parce qu'en novembre, j'ai croisé à Dunkerque une jeune et longue eurasienne masquée que j'aurais pu prévoir le Covid-19.

  8. On peut aussi expliquer la mort d'Iphigénie, ou la mort tout court, par la malédiction divine. Notre finitude est la raison des dieux.

  9. Peut-il être que la colère des dieux soit sans raison ? Qu'Iphigénie soit condamnée par courroux de la déesse ? Que les dieux ne soient que pure colère, colère en soi ? Dies Irae, une éternité.

  10. Objectivement, le présage n'a aucune valeur. Seul le fait importe. Même a posteriori, ce que l'on tient pour présage n'a de valeur objective qu'en tant que signe avant-coureur. Lire l'Histoire comme une suite de présages, c'est en multiplier les fictions.

  11. La propagande remplace le signe par le présage. La démocratie elle-même joue ce jeu dangereux et d'autant plus tentant que le signe est un fait. L'accélération de la multiplication des signes pris pour des présages fait du réel un vertige, une fiction périlleuse.

  12. La propagande, faisant du signe un présage tend à faire de l'adversaire une essence. C'est ainsi que le discours politique simplifie le réel en oppositions binaires : le peuple contre la bourgeoisie, la nature contre la technologie, la culture contre l'intolérance.

  13. Considérer le réel comme une suite d'oppositions binaires revient à prendre le signe pour un présage, comme s'il y avait un sens de l'Histoire, alors qu'il n'y a que des effets et des causes : le dieu derrière le rideau n'existe pas : il n'est qu'un être et ne présage de rien.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 29 mai 2020.

17 mai 2020

PARFOIS LA VERITE ÇA REND MUET

PARFOIS LA VERITE ÇA REND MUET

1. Défois on a beau semer des graines dans le champ des possibles, que les merles de la fatale viennent vous les piquer, et pis c'est tout.

2. Un chasseur pétant les plombs expose-t-il ses proches à plus de périls qu'un politique incompétent ?

3. Toute chemise en glissait et chaque pantalon en tombait froissé, fripé, en tas pitoyable et chiffonné, cependant que certaines nuits, dans le secret de la garde-robe, le cintre hanté arborait une tunique gorgée de sang. Zut racontait cela, le soir, entre mes paupières.

4. J'me souviens plus des paroles d'la chanson à Carlos : Mais qu'est-ce que tu dis, Dodo, t'as quoi ? D'quoi t'est-ce tu dînes, dis donc, Didon ? « Da Da Da » Non c'est pas ça... Tu fais dodo, Domi, ou quoi ? Oh et puis zut fit Zut en sortant tout à trac un paquet d'tucs.

5. Inondation sur les ondes : « les étages différents dans lesquels se perd le fleuve de la volonté du pays » qu'il a dit le politique (authentique et tout à fait champignacien). J'vous dirais pas qui c'est et puis on s'en fout.

6. Sa tactique étant toc, il tiqua donc fort, le politique quand il constata que des masques bin y en avait pas assez.

7. Non, désolé, ce n'est pas « dès lors que l'on connaît l'autre, que tout va mieux », je connais tout un tas de gens que j'aime autant pas fréquenter, alors que s'ils m'étaient restés lointains, ils me seraient simplement indifférents.

8. Ça aurait pu être la vengeance de la pince à linge, ou le coup du lavabo vicelard, ou la revanche de l'omelette aux champignons, mais non car il mourut dans sa salle de bains d'une glissade sur quelque savon vengeur.

9. J'aime bien la voix claire d'Angèle et l'acidulé zeste d'flûte à bec de Philippe Katerine dans la chanson « Duo » qu'en plus de ça, fallait le faire d'écrire une fantaisie rêveuse autour du mot « pattern » qu'on doit les paroles à Chilly Gonzales je crois.

10. Ça, je le regrette, je le regrette que la menue Ninon ne soit pas venue, car du coup, Marie est amère, amère comme jus d'cafetière ; même qu'elle vous répond qu'ça n'a aucune importance, tu penses, tu penses, alors pourquoi donc, Marie, êtes-vous si amère ?

11. La vérité, défois, ça rend muet. Alors on ne dit rien, on fait semblant de rien, et l'on continue à passer l'éponge, à vivre avec la piété des mensonges que tout va pas si mal, et même bien, et même mieux.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 17 mai 2020.

9 mai 2020

GOUTTE A GOUTTE LE TEMPS

GOUTTE A GOUTTE LE TEMPS

1. Les locutions oubliées : Avoir chamaille à partir.
Quel est ce sagouin de chasseur chassant chasser sans son chien qui a chapardé les chaussettes sèches, archisèches de l'Archiduchesse partie acheter des saucisses ? Ah si je le chope, j'aurai bien chamaille à partir avec cet animal.

2. « Prout fit la bouche d'ombre ». (Hémistiche oubliée de Victor Hugo). Ah mais c'est qu'il savait rigoler lui aussi, le grand Totor.

3. - « C'est une chamaillerie ? - Non Sire, c'est une révolution ! »

- « Lors Mélenchon le Chamailleur
    
Dit ce qu'il avait sur le cœur »
    
(« Le Chevalier au Covid »)

- J'entends comme un taratata de trompette ! Oui, c'est ça, c'est la chamaillerie ! Nous sommes sauvés !

- Alors, cha maille ? - Bin non, cha maille pas.

4. Il est possible que la distanciation sociale mette un terme assez définitif à  « La Danse des canards » ainsi qu'à « La Chenille qui redémarre », sans parler de l'immortel « Big Bisou ».

5. « Prout et prout ! répondit alors la bouche d'ombre
      
Magistrale et sonore à décorner Blanquer. »
      
On m'affirme que ces vers sont de Victor Hugo. Je n'y crois guère.

6. Entendu hier un médecin quasi extatique à l'idée que désormais, à chaque attaque de la grippe, à chaque offensive de gastro, à chaque quinte de toux, les Français sortiront masqués. Ah bin, i va être rigolo, l'avenir.

7. Ça commençait à ressembler à de la montre molle. Ça faisait plus tic-tac ; goutte à goutte, le temps ; ça faisait flic-flac, qu'on en finissait plus de déconfir.

8. Comme je suis irrévérencieux, chaque fois que j'entends parler de Philippe Meirieu, je m'caboche « poil aux yeux », c'est qu'aussi je suis à bout d'arguments, poil aux dents.

9. « Les objets bien rangés et la vie toute vide » qu'il a écrit Houellebecq comme si déjà il y a des lustres, il la voyait comme morte, la société d'nous autres qu'le covid nous bouffe.

10. Y en a i zont l'air d'avoir toujours pas compris qu'la politique, même dans une démocratie européenne, est faite d'une infinité de petits, et parfois moins petits, arrangements avec la morale. Ils espèrent qu'on fasse payer les riches, qu'on vende moins d'armes, qu'l'Etat soit plus civico-citoyen. C'est quand même beau à cinquante balais de rêver comme un môme.

11. Avec la réouverture des frontières, je crains moins un retour du virus qu'une fuite des capitaux.

12. « Alors Dieu les bénit , et leur dit : Croissez, et multipliez, et remplissez la terre ». Mais le diable, ayant plus d'un virus dans son sac, et le politique étant plus sot que sot (c'est qu'il a des diplômes), au XXIème siècle, on se retrouva dans une béchamel qu'avait tout l'air de vouloir virer infernale.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 9 mai 2020.

29 avril 2020

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

1. Pis comment qu'on s'en sort qu'on va finir par donner sa langue au pangolin comme on disait en 2020 avant qu'on se rende compte que mais c'était trop tard.

2. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Les premiers de cordée sont tombés sur le pangolin – Mascarade en Macronie n'est pas notre projet - Personne ne ment puisqu'on vous le dit – La machine vomit des fantômes – Je répète : La machine vomit des fantômes - Félicie aussi.

3. Bon faut qu'je leur donne du boulot à distance aux apprenants en situation de confinement passque les politiques ça fait des années qu'ils dépensent nos impôts en réformes à se faire jeter les contribuables par la fenêtre et donc : En une vingtaine de lignes, vous expliquerez en quoi l'expérience du confinement a enrichi, ou pas, votre perception de l'autre et a, ou non, changé votre regard sur le monde.

4. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : - Est-ce vraiment la vérité qu'on nous ment – Ma tante dit que c'est la peste mais mon oncle penche plutôt pour le choléra – Tous ceux qui ne portent pas de masques seront démasqués – Je ne prendrai pas de nouilles avec mon pangolin.

5. Est-il vrai que Godzilla va prochainement être remplacé par Pangola ? Faudra que j'demande à Blanquer, lui qui sait tout, j'suis sûr, i saura me renseigner.

6. Ai entendu à la radio que Jean-Michel Blanquer (fonctionnaire modèle) n'excluait pas l'idée d'une réouverture des lycées non pas en juin mais en septembre. Ah tiens il prend les devants. C'est-y pas qu'il commencerait à se rendre compte qu'on lui dit pas tout ?

7. Le matin à la radio y a une espèce de sociologue qui explique à nous autres pauvres crétins qu'nous sommes, le bien fondé des gouvernemances là. Aujourd'hui le prédicologue nous a conté que Macron s'rait tantôt jacobin pis aussi girondin qu'à mon avis l'est plutôt dans l'pétrin.

8. Je ne suis pas tellement choqué que le gouvernement gouvernât à vue ; n'ayant pas vu venir le virus, sont bien obligés de se démerder comme ils peuvent. Les autres génies d'la chose publique d'opposition ne feraient pas mieux. Mais quand même, quelle bande de.

9. Les politiques, ces niais qui comptent sur la bienveillance, la patience, la bonne volonté et la crédulité des Français et qui s'étonnent ensuite de se prendre des gamelles aux élections.

10. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : La réforme est dans la choucroute – Le café-croissant au bar du coin n'est pas pour demain – Le petit Manu énerve le grand Edouard – Ne donnez pas vos sous, vous en aurez besoin – Quand on marche à reculons, on finit par se faire enquiquiner.

11. Alors mon lit m'appela : « Tu viens t'coucher ou quoi ? ». J'écrasai quelques gouvernements dans mon cendrier, finis mon verre d'amère ironie et allai rejoindre mon repose-couenne à caboche.

Patrice Houzeau,
Les Confins, le 29 avril 2020.

 

 

25 juillet 2021

PROTEGER VACCINER SECOURIR

PROTEGER VACCINER SECOURIR

1.

Certains disent que les services d'urgence commencent à se remplir et que le nombre de cas symptomatiques augmente fortement. Je les crois. Cela prouve ;
- que Macron a réagi beaucoup trop tard
- que même en vaccinant à tour de bras, cela n'empêchera pas bien des drames.
Que faire ?... vacciner le plus possible... faudra-t-il confiner ?... faudrait-il confiner ?... faut-il confiner ?... et fermer les frontières ?... On va arrêter de faire semblant quand ?... recourir à l'armée ? Possible... appréciable... Matériel, hôpitaux de campagne... transports... Protéger, vacciner, secourir... c'est quand même autre chose que le gadget du pass sanitaire et les coercitions puantes, non ?
Je n'ose imaginer que, pour faire passer sa loi d’extension coercitive du pass sanitaire, le gouvernement usât du levier de la peur et de la dramatisation, et que nous pourrions abdiquer nos libertés pour peu de risques ; cela lui retomberait dessus, et sans doute assez vite.
Je n'ose imaginer que, pour faire passer sa loi d’extension coercitive du pass sanitaire, le gouvernement sous-estimât la létalité de Delta et le risque de surgissement d'un variant plus létal encore ; cela lui retomberait dessus, et sans doute assez vite.

2.
Le président Macron au Japon (avec son pote Jean-Michel, il est « génial » hein!) il est tout fier à cause que le créateur de « One Piece » lui a offert une jolie image : il la montre à tout le monde sur twitter. Comme un ado. Not' président, c'est d'la pop culture.

3.
Fin août : pic épidémique... hôpitaux débordés … des abus dans l'application du Pass Sanitaire élastique... ça manifeste sec... Castex rassure en menaçant, menace en rassurant et fait la promotion des bons produits français (pruneau d'Agen, bêtise de Cambrai, huile de Coude)...

4.
La rentrée... le génial Blanquer a tout prévu : ça marche pas, comment ça s'fait ? Blanquer déclare que grâce à sa réforme continue apprenante inclusive bienveillante, les jeunes Français ont gagné 50 points de Q.I... Il exige un prix Nobel, n'importe lequel : il excelle en tout.

5.
J'entends sur BFM TV qu'Estrosi qui frétille quand Macron s'agite, a rétropédalé sec sur chaipas quoi qu'il a voulu mettre en place à Nice. Je l'aime bien, Estrosi, c'est un vainqueur, un absolument pas franc du collier, un vrai quoi.

6.
Septembre 2021 : Bercy alerte Macron (via messagerie cryptée modèle Pegasus) : « Président, y a plus d'sous ». Macron panique et en même temps ne panique pas, car il a la pensée complexe et l'esprit conquérant : On va créer une monnaie numérique inclusive et résiliente ! On va l'appeler le Blanquor !

7.
Selon RFI, le ministère de l'intérieur dénombre 160 000 manifestants contre le pass sanitaire ce samedi 24 juillet. En pleine saison estivale, la mobilisation ne semble pas faiblir. Macron devrait faire attention.

8.
Zavez remarqué ? sauf quand ils sont confinés, suffit que le président Macron décide quelque chose, pour qu'une partie non négligeable des Français descende dans la rue. Y a quand même comme un os dans le yaourt. Un petit problème de compétence ? De légitimité ?

9.
Les Champs Elysées bloqués par des manifestants un 24 juillet ? Mais il est où ? Mais il est où ? Mais il est où, Didier Lallement ?

10.
Macron avec Blanquer aux JO : ça cache quoi ? Blanquer premier ministre ? (Au secours !), la création d'un nouveau parti (avec de vrais faux LR dedans) ? La rédaction du Mémorial de Sainte-Hélène ?

11.
Macron a réagi trop tard... Fin août, pic épidémique, on nous dit... ça contamine d'partout... hôpitaux saturés... comme on ne testera plus les vaccinés, vous comprendrez alors la fonction réelle du Pass Sanitaire ; accuser les non-vaccinés de négligence coupable... Saint Macron dédouané...

12.
Vous vous souvenez du coup des « vérités alternatives »... c'était au début du mandat de Trump... Blanquer a bien retenu la leçon : il dit n'importe quoi en estimant que si ça a l'air vrai, il y aura toujours quelqu'un pour le croire, et si c'est vrai pour quelqu'un, donc d'une certaine manière, ce n'est plus tout à fait faux.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2021.

17 avril 2021

L'INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

L’INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

« Que l’homme, étant revenu à soi, considère ce qu’il est au prix de ce qui est ; qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j’entends l’univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » (Pascal)

1.
D’abord il y a d’la contemplation, que c’est quand on regarde le réel avec des yeux de j’y crois pas c’est trop ou bien j’y crois et c’est trop ou bien qu’on contemple avec un bzzzzz dans la passoire à idées passqu’en fait on s’endort.

2.
Puis il y a la nature entière que c’est une idée qu’on peut pas la voir en entier la nature entière, qu’on s’en fait une idée comme j’me fais l’idée que dans une boîte de haricots y a des haricots et que peut-être, les haricots i s’mettent juste à exister que quand je l’ouvre.

3.
Pour bien contempler faut pas faire attention à ce qui nous environne cercle cerne du moment qu’c’est pas un train qui nous fonce dessus ou une brique qui tombe du ciel à la dernière case parce qu’on est le Krazy Kat de Herriman.

Pour bien contempler, on prendra donc bien soin de donner un coup de balai dans les yeux de sa tête afin d’y envoyer paître ailleurs les sots lutins qui font rien qu’à nous raconter des sottises dans la tête toute la journée. Défois, i zont la tête à Blanquer, mais ça c’est parce que vous l’aimez pas.

4.
« Qui se considérera de la sorte s’effraiera de soi-même »
(Pascal)
« s’effrayer de soi-même » : ça c’est quand on réfléchit à tous ses possibles puis qu’on se rend compte que. Défois, ça peut effrayer.

5.
Que le bipède, étant revenu à soi par le chemin le plus court, celui de l’idée A dans sa tête (j’ai envie de manger des frites) à l’idée B dans sa tête (je vais donc acheter de la mayonnaise), pense à ce qu’il est (un tube digestif qui a envie de manger des frites).

Que le bipède se regarde - il faut pour cela mettre ses yeux à distance de soi-même (ni trop loin -sinon on voit plus grand-chose ; ni trop près – sinon on voit qu’des p’tits bouts) – et il verra qu’il est égaré (d’autant que maintenant, il a plus les yeux dans leurs trous).

Que le bipède considère le « petit cachot où il se trouve logé », i dit Pascal qui ajoute « j’entends l’univers », que son petit cachot, au perspicace, il est quand même bien grand que l’avantage c’est qu’on peut y mettre plein de monde et que l’Eternel i peut y ranger des bricoles.

A un moment donné (à la fin du paragraphe), il arrive que le philosophe se pose cette question : « Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » et défois, c’est là où il se dit qu’il a envie de manger des frites et que donc, il va acheter de la mayonnaise.

« Que l’homme [bipède perspicace], étant revenu à soi [ah enfin de retour, car savez, j’étais quand même ailleurs], considère ce qu’il est au prix de ce qui est [l’argent est-il le vrai nom de l’être du monde et alors, qu’est-ce réellement que l’argent ?] ; qu’il se regarde comme égaré [flûtablanquer, je m’a trompé d’route] dans ce canton détourné [en plus, s’il y a des déviations…] dans ce canton, dis-je, détourné de la nature [celle-là où le loup est un loup pour le loup et aussi pour l’agneau qu’il dévore] ; et que, de ce petit cachot [là où les petits cachotiers font leurs petites cachoteries] où il se trouve logé [le montant du loyer ? la peau des genoux, les cent bras d’une divinité hindoue – au vrai, elle a combien de bras ; l’aut’ contorsionniste ? - sa peau, son souffle, sa vie] ; j’entends l’univers [Entreprise « Maison Eternelle », Père et Fils, et Saint-Esprit associés], il [on cause du bipède perspicace qui mange des frites et achète de la mayonnaise] apprenne à estimer la terre [c’est là où qu’on fait pousser les patates pour faire les frites], les royaumes [on dirait le speech de début d’un épisode d’heroic fantasy avec la voix profondément humaine de Morgan Freeman, mais en français, donc c’est pas sa voix mais sinon moi j’comprends rien], les villes [c’est là où il y a des gens qui mangent des frites, alors qu’à la campagne, c’est là où qu’on fait pousser les patates] et soi-même [qu’est-ce que je viens faire là ?] son juste prix [le prix d’l’humain ? faut demander ça aux marchands d’armes, à mon avis, c’est eux qui le fixent chaque jour, le prix de l’humain]. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? [j’ai envie de manger des frites].

(d’après Blaise Pascal, évidemment, pas d’après Blanquer, et c’est marrant comme quand je vois la tête à Blanquer, je ne pense jamais à Blaise Pascal (par contre, j’ai envie de manger des frites).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 avril 2021.

18 juin 2020

SI SI SI

SI SI SI

 

 

  1. Si les fenêtres avaient des yeux (mais si ça se trouve hein), elles pleureraient quand il pleut et cligneraient quand il fait du soleil. La nuit elles fermeraient leurs paupières et rêveraient de jours heureux dans des rues heureuses.

  2. Si les pigeons ronronnaient, ils chasseraient les chats, lesquels s'enfuiraient à tire-d'aile en emportant nos langues.

  3. Si les étoiles avaient de longs bras élastiques, sans doute certains d'entre nous seraient ravis par ces longs filaments lumineux parcourant le monde.

  4. Si les chiens avaient des ailes, il y aurait vite des chiens de garde postés sur les toits, les tours de contrôle, et ils feraient, sous la conduite de leurs anges gardiens cynophiles, d'un bâtiment l'autre des bonds fantastiques.

  5. « Si je n'étais pas moi, je me jalouserais », dit, non sans malice, Zut.

  6. Si les livres de philosophie pouvaient parler, on ne pourrait plus s'entendre dans les bibliothèques.

  7. « If I were a rule I would bend », dit la chanson « If » de Pink Floyd. « Si j'étais une règle, je me plierais ». Et au fond, c'est ce que nous sommes, à nous-mêmes une servitude volontaire.

  8. Le présent est un passant, et parfois impatient, pressé qu'il est de passer à ce qu'il croit être l'avenir et qui n'est que lui-même toujours repris, revu, corrigé, repris, revu, corrigé, repris, revu, corrigé. Le présent travaille à la chaîne.

  9. « Les mots permettent tout », a écrit le philosophe Alain. C'est ainsi que le réel est permis par le langage. Dès lors, le présent ne cesse de nous interpeller, de nous interroger, et c'est ainsi que nous passons.

  10. Si j'étais le Covid, je dirais bien des choses au politique, et pas poliment encore.

  11. Si j'étais quelques-uns de nos politiques pendant la crise du Covid, je ne serais quand même pas très fier, mais bon, en politique, la dignité est une vertu assez rare.

  12. Si j'étais le Temps, je ne me presserais pas tant quand je suis heureux et me ferais rapide comme la flèche quand je ne le suis pas.

  13. Serait-il que nous ayons chacun notre serpent portatif et toutefois lunatique, qui, la nuit, pendant que nous dormons, s'échappe de nous pour aller étouffer nos ennemis.

  14. Si je n'étais pas si lunatique, sans doute serais-je plus solaire.

  15. Si Sissi n'était pas si sotte, sûrement apprécierais-je Sissi autant que j'apprécie Suzette, laquelle n'est assurément point aussi sotte que Sissi et qui, de plus, sait faire de délicieuses crêpes.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 18 juin 2020.

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