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BREFS ET AUTRES
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17 juillet 2020

CE QUI EST VRAI N'EST PAS FORCEMENT REEL

CE QUI EST VRAI N'EST PAS TOUJOURS REEL

 

 

  1. Un mur zébré d'ombres ; deux personnages à voix basse. L'un porte soie, velours et or ; l'autre une veste et des trous. Leurs yeux brillent ; tous deux ont dague au côté. Sur le mur, tout à senestre, une affiche déchirée proclame : Les serments dans la n... se diss ..vent s...vent.

  2. Dans un paysage de ronces, de terre jaune, de poudre, la bête aux ailes repliées et à la longue queue d'écailles verdâtres ouvre une gueule aux dents acérées. Sur une pierre, des lettres maladroitement gravées : « La chose avant le nom n'existe pas encore. »

  3. Une pièce vide aux murs blancs. Un être (aussi bien Zut que ma pomme, ou l'autre, cet étranger) y réfléchit. Par l'unique fenêtre, on voit passer des feuilles d'arbre, un parapluie, au loin quelque goret volant.

  4. Sur les flots gris, quelque frêle esquif. La silhouette fine et longue d'une jeune fille. Elle pleure et s'adresse à la Vierge. Au loin, on devine les côtes d'une nation hérissée de lances.

  5. Le merveilleux est l'irruption de la synchronie singulière dans la banalité de la diachronie. Le miracle est l'irruption de cette singularité dans une diachronie en péril.

  6. Fées et enchanteurs étant eux-mêmes des figures du merveilleux, le merveilleux est en soi, sans auteur, cependant que le Christ, la Vierge Marie, les saints ne sont pas en eux-mêmes miraculeux, mais source de miracles. C'est là le mystère de la foi.

  7. On notera que l'on prie la Vierge et les saints d'intercéder en notre faveur, mais on ne prie pas le Christ, et c'est à Dieu alors qu'on s'adresse directement, en utilisant souvent les mots de « Seigneur, mon Dieu ».

  8. Même s'il use souvent de l'énigme, le merveilleux est sans mystère, et se déploie comme se déploie un éventail richement orné. C'est un spectacle, une féerie, au contraire du miraculeux qui reste sans autre explication que la présence de Dieu au cœur de l'humain.

  9. Quelle est la vérité du dragon ? Ses ailes, sa longue queue, ses écailles de serpent, les flammes qu'il crache, sa fonction de gardien de trésor et d'adversaire de chevalier. Cependant qu'il n'est pas réel, le dragon a une vérité. Ce qui est vrai n'est pas toujours réel.

  10. Défois, y a des gens, le président il en fait des ministres mès les gens i disent qui zont fait ci ou ça qu'il y a des enquetes en court qu'il est pas bien le ministre genre d'avoir couché avec une femme en échange de son influence ça fet des affaires bizarres du tintouin.

  11. A minima, l'affaire Darmanin, c'est du bizarre et de l'inconséquent. Etait-ce bien le moment pour Macron d'aller dans le bizarre en nommant un ministre (de l'Intérieur quand même) peut-être pas coupable mais en tout cas un peu trop sensible au radada canaille ?
    Il est possible que Darmanin soit tombé dans un piège. Ce qui, en fait, n'arrange pas vraiment son image, et cette faiblesse (a minima sa naïveté, sinon une certaine corruptibilité) devrait l'écarter de tout poste touchant à la sécurité des Français.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 17 juillet 2020.

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22 juin 2020

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

 

 

  1. Entendu dans le film « Meurtre au soleil » de Guy Hamilton : « On ne diffame pas les morts ». Ce qui veut dire qu'on « ne doit pas dire du mal des morts » autant qu'il est possible de diffamer des personnes qui ne sont plus là pour se défendre.

  2. Ai pensé qu'il y avait « nobody » et ai pensé que « nobody's perfect ». Voilà à quoi ma cervelle s'amuse.

  3. J'aime bien « Meurtre au soleil ». Certes pas un chef d’œuvre, mais Peter Ustinov y interprète un Hercule Poirot assez crédible dans son ridicule et puis, il y a Diana Rigg dedans et tout le monde aima voir Diana Rigg jouer.

  4. L'humain est en lui-même une expérience de pensée.

  5. Je n'ai pas très bien vécu le confinement et l'expérience de l'enseignement à distance ne m'a pas convaincu. Le déconfinement m'est lui aussi assez amer et c'est avec peu de plaisir que me voilà tenu de croiser tant de gens qui ne me sont rien et moins que.

  6. Au fond, j'aime assez l'idée que la plupart de nos échanges soient basés sur des services marchands. On peut ainsi s'en tenir à la stricte politesse. Je crains le monde associatif et sa morale citoyenne et fatalement intrusive.

  7. Il n'y a guère que l'échéance de la mort qui puisse empêcher l'ami de finalement vous trahir.

  8. Ce n'est guère que par l'espoir d'un retour de la croissance économique que le monde de l'éducation tient encore debout. Je crains qu'une forte hausse du chômage ne finisse tout de même par obliger lycéens et étudiants à aller donner de la voix dans les rues.

  9. L'éducation nationale est de plus en plus administrative et collaborative. Aussi l'individualisme et la singularité y sont de plus en plus mal vus au profit d'une gestion bienveillante de l'obtention d'un maximum de bouts de papier appelés « diplômes » parce qu'il faut bien leur donner un nom.

  10. Chaque réforme de l'éducation nationale me donne le plaisir d'assister à ce spectacle toujours réjouissant de la victoire de l'esprit de sérieux, de l'enthousiasme plus ou moins feint et du très grand zèle administratif dont certains chefs d'établissement sont capables.

  11. Mes élèves sont inquiets. Ils savent que quelque chose ne tourne plus très rond dans le social. Ils théorisent fort peu et se méfient du désordre et des émeutes ; sans être extrémistes, loin de là, certains se disent patriotes. Je sens bien qu'ils regrettent une France dont ils ont entendu parler et qui n'existe plus.

 

Patrice Houzeau,
Malo, le 22 juin 2020.

17 mars 2021

SEPT LAIDS PWEMES PIS A DIRE

SEPT LAIDS PWEMES PIS A DIRE

 

1.

Cheval cheval cheval

Ça piaffe ça piaffe ça piaffe

Cheval cheval cheval

Ça hennit ça hennit ça hennit

Cheval cheval cheval

Ça galope ça galope ça galope

 

Cheval noir noir noir

Le voit-on dans la nuit

Autrement que par bouts

Cheval pâle pâle pâle

Ah on le voit mieux net

Net net que c'est clair

 

Que c'est clair clair clair

Eclair éclair éclair

Pis ça gronde pis ça gronde

Eclair éclair éclair

Pis la foudre pis la foudre

Tombe foudroie tout.

 

2.

Je ne vois jamais les météores

Jamais jamais jamais

Je ne vois jamais les météores

Je ramasse mes yeux.

 

3.

Os os os

C'est sec comme son ça os

Os os os

C'est sec ça danse heurté

Os os os

Ça appelle ce son appelle

Os os os

Ça siffle presque la nuit

Os os os

Quel monstre à canines Os

Os os os

Tapi dans les ténèbres Os

Os os os

Tapi aux fougères froides

Os os os

Ameute ainsi le squelette

Os OS OS

 

4.

Quel roi était dit roi chaudronnier

Cette expression - roi chaudronnier

Dans René Char que je la lis que je

La lis que je la lis pis j'm'endors

A mon réveil je n'sais toujours pas

Quel roi était dit roi chaudronnier

Et st'expression – roi chaudronnier

Voyez je m'en moque moque & moque &

La lis que je la lis pis j'm'endors

 

5.

La poésie ça passe le temps

Tant qu'ça l'passe le temps

La poésie c'est bien gentil

La poésie ça passe le temps

Parfois ça montre les dents

La poésie a s'fait méchante

Méchante ah très méchante &

Méchante à tordre l'âme pis

Sifflante pis à yeux rouges

Rouges ah très rouges qu'ça

Sort défois des livres pour

Aller s'lover dans l'âme et

Tout ça à faire des p'tits.

 

6.

Ah le vent le vent le vent ah

Je l'avoue le vent m'rend fou

Fou fou fou fou fou fou fou à

Ecrire huit fois fou dans une

Fantaisie pis à la suite à la

Suite à la suite & à la suite

J'la tourne j'la tourne je la

Tourne ma tête je la tourne &

La tourne tourne tourne boule

Ma tête boule boule dans tous

Les sens de ma tête la tourne

Avec tous mes cheveux ma tête

Pleine de vent de vent tourne

Je l'avoue pleine de vent pis

Tourne le vent tourne ma tête

Tourne boule boule ô ma boule

 

7.

L'étoile - au nom indéniable 

Qu'il dit René Char L'étoile

Là haut là haut si loin loin

Loin comme j'suis loin d'toi

L'étoile entend-elle l'étang

Où ça fait coin coin coin et

Coin coin et encore coin pis

Coin & coin coin coin coin &

J'passe au loin de l'étang &

Au loin de l'étoile – au nom

indéniable dit René Char pis

Au loin de toi si loin loin.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 17 mars 2021.

5 juillet 2020

CE N'EST PAS PARCE QUE, QUE

CE N'EST PAS PARCE QUE, QUE

 

 

  1. J'aimerais pouvoir écrire des « illuminations » comme Rimbaud le fit. Mais j'y suis trop manche, piteux, déconfit. « J'aime la nuit avec passion. » On trouve ça dans Maupassant. C'est pas pour ça qu'j'vas virtuoser. C'est juste tout noir ; des fois, j'écoute le vent.

  2. C'est vrai comme dit le narrateur de « La Nuit » de Maupassant que le jour est « brutal et bruyant ». Quand on était confiné, y avait moins d'bruit et moins de gens. Remarquez qu'ça dépend où. Le confinement, quel calme, comme si j'avais invité le désert chez moi.

  3. Ce n'est pas parce que Dieu n'existe pas, que tout est permis. Dieu est ; cela seul suffit. Et les ténèbres de la fin des temps sont plus certaines que la pérennité des âmes dans la chair des siècles.

  4. Si la réincarnation existe, je me demande bien quel antique cinglé, quel agité du bocal est venu s'installer chez moi.

  5. La répétition de l'adjectif « chaque » , ça sonne comme les coups de faux que la Camarde flanque dans votre champ en attendant de vous y retrouver.
    « et chaque pas, chaque mouvement, chaque geste, chaque parole, chaque pensée me fatigue comme si je soulevais un écrasant fardeau. »
    (Guy de Maupassant, « la Nuit »)

  6. Aujourd'hui encore ça fait grise mine dehors. Notre nouveau premier ministre est un serviteur de l'Etat. C'est pour cela que le président Macron l'a choisi. La crise sanitaro-économico-sociale risquant de s'aggraver, il lui faut un solide exécutant. Il va pleuvoir.

  7. La crise s'aggravant et s'il fallait prendre des mesures de type « raison d'Etat », il faut donc au président Macron quelqu'un qui acceptera d'être impopulaire. Quel sera le prix de la viande, du beurre et des légumes cet hiver ?

  8. Je n'apprécie guère ces algorithmes chronophages, ces affelnet, ces parcoursup qui décident on ne sait comment de l'avenir des gens. J'aime bien ces « œufs de lune tombés du ciel » qui servent au narrateur de « La Nuit » à évoquer les « globes électriques ».

  9. « Et les globes électriques, pareils à des lunes éclatantes et pâles, à des œufs de lune tombés du ciel, à des perles monstrueuses, vivantes, faisaient pâlir sous leur clarté nacrée, mystérieuse et royale, les filets de gaz, de vilain gaz sale, et les guirlandes de verres de couleur. »
    (Guy de Maupassant, « La Nuit »)

  10. L'allongement démesuré des années d'étude, la massification de l'enseignement supérieur, la lourdeur de la Réforme Blanquer, la crise sanitaire, la crise économique, la crise sociale, l'affaiblissement de l'autorité présidentielle,... : bon ben, faut mettre des sous d'côté, j'crois.

  11. Plus personne. Un clairon sonne. J'entends au loin des pas, des voix dans une rue proche. Le temps m'a passé. Je bois un café. Les choses sont mortes ; leurs yeux sont vides, leurs langues bavardent et n'ont plus de nom. Zim Zam Zoum fait le violon.

  12. Alors il y eut un grand fracas dans le ciel et sur toute chose et sur tout être, s'abattit un long déluge. Lors, on entendit une voix formidable dans les ténèbres : Nom de Moi, qui c'est qu'a utilisé le dernier rouleau et qu'a pas remis de P.Q. ?

    Patrice Houzeau
    Malo, le 5 juillet 2020.

29 décembre 2020

AUTOUR DU CORNET ACOUSTIQUE

AUTOUR DU CORNET ACOUSTIQUE
Notes justifiées

 

1.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington ça cause de Templiers les gus
Vous savez avec une cape pis une croix &
Une légende commak de malédiction sur le
Bûcher de trésor caché dans le temps les
Gaillards dans le roman zauraient l'idée
De fonder une cellule est-ce bien le mot
Employé de leur chevalerie en Provence A
Part ça un pot la narratrice très sourde

2.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington il y a un Evêque lui-même qui
Rapporta d'Orient d'étranges présents et
Pas très catholiques une « tête embaumée
D'éléphant blanc » par exemple « parures
Aux broderies orgiaques » « huile » dite
« de Madeleine » « aphrodisiaque » & qui
Aurait été trouvée dit-on non loin de la
Momie de Marie-Madeleine elle-même » Oh!

3.
« Lorsque j'eus soigneusement dissimulé
Le cornet acoustique » dit celle-là qui
Conte dans « Le Cornet acoustique » qui
Nous rappelle donc qu'il faut défois le
Dissimuler « le cornet acoustique » qui
Permet défois d'entendre ce qui ne doit
Pas être ouï pis qu'on en fait du roman

4.
Dans « Le Cornet acoustique » de Léonora
Carrington soudain une « femme à tête de
loup » apparaît ce qui obligea celle qui
Conte à se rappeler deux ou trois choses
En « langue louve » de façon à peut-être
Pas être dévorée tout de suite je me dis
Par la collectionneuse de morts Anubeth.

5.
Dans « Le Cornet acoustique » de Léonora
Carrington il y a Dona Rosalinda montant
A cheval dans les montagnes elle fait de
Nombreuses promenades nocturnes même que
Déguisée en gentilhomme qu'elle est avec
Une courte barbe rousse comme si elle ne
Voulait pas être reconnue par les ombres

6.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington à de curieux exercices que se
Livrent Maud Sommers d'autres aussi même
Que se trémoussant leurs bras s'envolent
Dans toutes les directions mais elles ne
Les laissent pas partir dans l'invisible
Et l'ailleurs car elles rattrapent leurs
Bras même que ça fait rire la narratrice

7.
Je mets ici un interlude passque je pense
Que le jambon c'est bon pis avec des œufs
Frits c'est mieux aussi la dame elle fait
Un malaise rayon des épices moutardes pis
Mayonnaises c'est bon le jambon que ça se
Mange avec des frites c'est pour ça qu'le
Jambon les frites puis les cornichons pas
Oublier les cornichons à cause d'ça qu'au
Rayon des épices moutardes mayonnaises je
M'étos rendu quand la dame elle chut dans
Le grand magasin il y avait tant de monde

8.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington il y a des amusettes dans les
Phrases qu'elle disent que même une elle
Sort en courant à un rouleau compresseur
Evadé qu'elle est comparée le mot répété
Est baragouinant baragouinant puis morte
Qu'elle est on apprend que la narratrice
Dit que « le fondant au chocolat » comme
« Une apparition » elle l'avait vu ombre
Pâtissière se promenant dans les phrases

9.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington la narratrice elle s'artrouve
Face à une « identique » ajoute que plus
« gaie » et plus « intelligente » que la
Sienne était son expression même qu'elle
Lui dit Vous avez mis longtemps pour que
J'avais bien peur que jamais jamais vous
Ne vinssiez mais qu'il fallait venir car
C'est écrit dans le livre et que l'Enfer
C'est écrit dans le livre c'est façon de
Dire que c'est « la Matrice du Monde » &
Qu'en sortent toutes choses d'l'Enfer là

10.
Dans « Le Cornet acoustique » de Leonora
Carrington il y a le « Jardin hollandais
Perdu » on y joue au tennis pis pourquoi
Hollandais s'demande la narratrice qu'ça
Sonne un peu paradis perdu je dis ça car
Il y a roses et tintements de cloches du
Temple ça se trouve au début du livre et
Qu'à la fin il y a l'Enfer c'est pour ça

Patrice Houzeau
Malo, le 29 décembre 2020.

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2 février 2021

VLOUFFF NEANT

VLOUFFF NEANT

1.

Le narrateur houellebecquien dit

Que «le jour monte» que je crois

Pas qu'le jour montât à l'échele

Pis qu'il «grandit » dit-il ossi

Que du coup i frait grand jour &

A l'échele k'toutacou i «retombe

Sur la ville» dégringoling alors

Le jour pis suicidaire le géant.

 

2.

Le narrateur houellebecquien dit

Ossi l'entendre « subtile» alors

La «rumeur des échanges sociaux»

Ça veut-i dire qu'il ne sait pas

De koi k'ils causent les gens là

Dans l'ombre & les rues qu'c'est

Plein d'estranges et d'histoires

La ville la nuit & tant de seuls

Avec moult meurtres & déceptions

Leur hantant la tête et le cœur.

 

3.

Ça s'rait bien que tu n'écrives plus qu'des

Amusettes me dit Zut intelligemment because

Houzeau quand tu veux faire intéressant que

Des conneries qu'tu dis pis t'es trop bête.

 

4.

De pourquoi en pourquoi on finit par que

Couic Allez savoir la raison radicale au

Grand Barnum où nous les menons nos vies

Si fourmis & fragiles dérisoires nulles.

 

5.

L'narratant houellebecquien dit

«Le corps est une appartenance»

Que si le corps ne l'étot point

Alors nos corps s'proméneraient

Sans nos pommes dessus pour les

Diriger qu'dis ça en ferait une

De société de décapités qu'plus

Personne ne se plaindrait qu'on

Passerait not' temps à s'cogner

A s'rentrer dedans qu'la Nature

A la fin nous créerait un radar

Un sonar du tactile tentacule &

Je n'sais quel organe perceptif

Et qu'le corps une appartenance

Qu'il est c'est vrai cause nous

Sommes tous corps réglés par un

Emploi du temps et pas toujours

Ce qu'on veut qu'on fait qu'nos

Jours sont faits de contraintes

et déplacements et qu'nos corps

Après i sont tout fatigués même

Qu'on se dit défois vivement ce

Soir qu'on s'couche pis en même

Temps c'est ça qu'on veut qu'on

Fait sinon on se débrouillerait

Pour pas le faire quitte défois

A fuir à s'rebeller et résister

A se suicider ou à s'faire tuer

Pis en même temps tout ça qu'on

Croit qu'on veut qu'on fait est

pas toujours clairement voulu &

Pis qu'c'est l'nain inconscient

Qui décide pour nous qu'nous on

Croit qu'on veut pis qu'en vrai

On veut pas tant qu'ça & défois

Pas du tout même c'est complexe

& fatal le bipède non décapité.

 

6.

On ce moment on mouise plus qu'on s'amuse

S't'à cause du Covid qui nous flanque des

Tas de trucs par terre qu'on se la gratte

La tête qu'on se demande qui nous a fichu

Dans s'sac de nœuds qu'on s'en sort plus.

 

7.

Le narratatif houellebecquien dit

«nous sommes prisonniers de notre

transparence» qu'ça fait comme si

Qu'on était dans un feuilleton de

Science Fiction même qu'on serait

Prisonniers de murs invisibles et

Qu'on pourrait pas s'enfuir qu'on

Réssemblerait à des barbaras très

Blondes et des martins aussi très

Moulés dans des tenues en peau de

Synthèse à tout l'invisible qu'on

S'cognerait à des parois en plaxo

Expansé multi-résilient & que des

Gardiens à têtes de blanquer nous

Epieraient d'leur œil réformateur

Qui n'annonce rien de bon & aussi

Qu'on lit en nous comme on lit en

Livre ouvert cause nous sommes ce

Que nous faisons qu'on nous l'dit

Quoi faire quand faire où faire à

Chval qu'j'aimerais bien m'enfuir

Défois si j'savais monter à chval

Et si même j'en avais un d'cheval

Que j'ai jamais qu'ma gueule pour

L'ouvrir & qu'c'est même comme ça

Qu'on crève dis la gueule ouverte

 

8.

Le narrateur houellebecquien dit

Que les «êtres humains» lesquels

Sont comme des machines molles &

Bipèdes pis appareillées d'assez

Cognitivo-comportemental pour ne

S'entre-tuer qu'en cas disons de

Nécessité «sont faits de parties

séparables» c'est s'que tous les

Marchands d'armes qui permettent

Aux Français de + ou – vivre pis

Aux porcs d'engraisser & d'faire

De la politique savent Les êtres

Humains pas faits pour durer ils

Sont périssables mais comme il y

En a tant et toujours plus z'ont

D'la marge les marchands d'armes

& leurs marionnettes des Grandes

Ecoles pis qu'chaque jour on les

Ecoute nous faire la morale tous

Ces ministres intègres qu'on les

Voit s'agiter dire dédire médire

Et occuper la lucarne et que nul

Ne les entende jamais remuer les

Squelettes impatients là au fond

Des grands placards républicains

 

9.

Le narratateur houellebecquien i dit

Que défois on est «seul» pis «hanté»

Par «l'image du vide» que j'vois pas

Bien ce que ça peut être dis l'image

Du vide que si ça se trouve tout est

Plein de vide et que nous sommes que

Baudruches outres de peau gonflées &

Fantoches aussi toutes les choses du

Réel monde que le vent distend pis à

Craqueler le monde pis à craquer que

Ça finira par un grand VLOUFFF néant

 

Patrice Houzeau

Malo, le 2 février 2021.

 

 

 

 

12 juin 2021

CHRONIQUE DU 12 JUIN 2021

CHRONIQUE DU 12 JUIN 2021

1.
Le covid, ça devient marrant. On commence à prévoir, maintenant. Donc, le variant anglais s’estompe rapidement et va laisser place au variant indien lequel commencera à saturer les hôpitaux courant septembre-octobre-novembre 2021.
Pour des raisons de couverture immunitaire limitée dans le temps, faudra aussi prévoir la campagne de vaccination massive de l’année prochaine, télétravail, bricol… euh enseignement à distance (le distanciel blanquerien) : le Nouveau Monde de Macron, la StartUpGrenouille.

2.
Question de logique : en  2017, les Français ont élu Macron et ils ont eu les Gilets Jaunes et le Covid. En 2022, les Français rééliront Macron et ils auront le retour des Gilets Jaunes et les Variants du Covid. Tout ça avec plein d’argent magique, de taxes invisibles mais qui assomment et d’impôts finauds qu’on s’en rend pas compte tout de suite. Bref, la Macronie, c’est un conte de fée raconté par un vieux croûton qui prend les mômes pour des crétins.

3.
Il semblerait que les Talibans gagnent du terrain en Afghanistan. Les Etats-Unis retirent leurs troupes du pays et le laissent peut-être aux mains des islamistes. La France fera-t-elle la même chose avec le Mali ? Allons-nous regretter Trump ?

4.
Maintenant que les Américains ont dit : « Les OVNIS, c’est pas nous », tout le monde se dit que les OVNIS, c’est eux. Et vu les performances constatées, cet armement doit être terriblement efficace, voire terrifiant… #SiVisPacemParaBellum

5.
Quelque chose me dit qu’avec sa fiscalité internationale là et s’il se retire un peu trop de la guerre contre l’islamisme, dans quatre ans Joe Biden et Kamala Harris vont rendre les clés de la Maison Blanche aux Républicains.

6.
Je dis ça je dis rien mais faudrait quand même que Les Républicains trouvent un candidat crédible sous peu défois que pour cause de Gilets Jaunes, du Covid, de Blanquer et de trop plein technocratique LREM, Macron décide de ne pas se représenter aux présidentielles2022.

7.
Les historiens écriront peut-être que la contestation des Gilets Jaunes fut violente, dura assez longtemps pour gêner le président Macron dans ses réformes et aboutit à une gifle donnée au président lui-même alors en campagne électorale. Est-elle finie ? Même pas sûr.

8.
Macron n’a rien compris. Il a supprimé l’ENA pour en fait faire plus d’ENA, de l’ENA réformé et ouvert à plus de monde (à la diversité ? euh… je m’inquiète…) sauf que beaucoup de Français n’en veulent plus de cette suradministration des technocrates, d’où qu’ils viennent.

Faut dire que dans l’esprit de Macron, ça a l’air bien rangé : il y a les jeunes premiers de cordée (des têtes à claques qui font l’ENA, fondent des Start Up, gagnent des sous) et tout le reste, ceux qui ne sont rien, qui écoutent McFly et Tartuffo et que Blanquer est chargé de contrôler.

9.
J’aime bien le « en même temps » à Macron : il prouve assez que l’on peut être très diplômé et couvert d’éloges au point de devenir président de la république et en même temps se tromper et faire sottise sur sottise avec constance, sérieux et Blanquer.

10.
Si c’est vrai que Pompidou a dit à l’un de ses technocrates : « Mais arrêtez d’emmerder les Français », Pompidou avait raison. Je note que la Macronie, c’est tout le contraire (inflation législative, technocratique, numérique, réformatrice…). Blanquer serait-il l’antithèse de Pompidou ?

11 .
Macron se rend-il bien compte que si les présidentielles 2022 aboutissent en fin de compte à la victoire de Marine Le Pen, il restera dans l’histoire comme le président dont l’inconséquence et les nombreux virages de son fameux « en même temps » auront fait basculer la République dans une aventure extrémiste ?

12.
Paraît que Bruno Le Maire considère comme prioritaire et assez urgente une réforme des retraites. Allez-y, M’sieur Bruno, réformez, beaucoup de Français n’attendent que ça pour aller crier dans la rue tout le bien qu’ils pensent de la Macronie, de Macron et des Macronisants.

13.
En France, à force de suradministration, plus personne n’est responsable de rien. Du coup, le covid tue et Blanquer passe pour quelqu’un de compétent.

14.
Non, on ne peut pas mettre sur le même plan l’antisémitisme européen des années 40, qui a abouti à la mise en œuvre industrielle par l’Allemagne nazie d’un génocide (6 millions de morts), et les inquiétudes et les problèmes induits par les pressions migratoires et le multiculturalisme actuels.

15.
François De Rugy (célèbre opportuniste LREM et collectionneur de casseroles) enfariné à Nantes en juin 2021 porte plainte en dénonçant une « agression physique ». Il n’a honte de rien. Il ferait mieux d’aller exercer un vrai métier au lieu de vivre aux crochets du contribuable.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2021.

12 avril 2021

QUE J'ME DEMANDE QUELLE MAIN FANTÔME

QUE J’ME DEMANDE QUELLE MAIN FANTÔME

 

1.
Dans le roman que j’suis en train d’parcourir, y a un gong qui « résonna soudainement dans le hall » qu’les gongs qui résonnent soudainement c’est mystérieux que j’me demande quelle main fantôme fit ainsi résonner le gong dans le hall.
Surtout qu’y a pas d’gong dans le hall, qui n’existe pas non plus, qu’elle me fait remarquer Zut en faisant des cocotes en papier avec les œuvres complètes de Robbe-Grillet.

 

2.
Il y a aussi de « l’attrait magnétique » dans les yeux de chaipaki. Les yeux, ça prouve l’humain on dit, mais si ça s’trouve, les cerveaux cogiteurs d’transhumanisme et robote compagnie, i vont nous en fabriquer, des faux vrais yeux qui prouvent l’humain là.

 

3.
Y a un personnage qui s’appelle Lucy, et ici, à Malo, y a le vent qui nous joue sa sonate pour porte plaintive. Lucy, à un moment, elle est « légèrement intriguée » par chaipakoi, peut-être la présence d’un gong qu’était pas là avant pis dans un hall qu’existe pas.

 

4.
Dans le roman, y a quelqu’un qui « peu de temps avant sa mort » avait écrit à Xyz. Xyz, c’est une inconnue pour moi. Je crois que c’est une jeune femme, mais si ça se trouve c’est un soufflant comme un phoque dans sa peau d’Inuit. Ce qui peut étonner.
A bien y songer, je ne crois pas que, dans toute l’œuvre d’Agatha Christie quelqu’un, même un peu avant sa mort, ait écrit à un soufflant comme un phoque dans sa peau d’Inuit.

 

5.
A la télé, y a du star trek qui fait du son fusant fusant fusant comme dans les flippers dans les bars d’antan, du temps où la Grande Pandémie n’avait pas encore transformé les démocraties en républiques sanitaires à niveaux.

 

6.
Y en i disent qu’il y aurait « comme fondement une chose en soi », bien que hein quoi qu’c’est va savoir. On lit ça chez Kant. Y a du quelque chose en soi qu’on connaît pas et que suppose tout ça qui est qui nous flotte dans la représentation.

 

7.
Y a aussi qu’il ne voit « toujours pas le rapport entre les clauses », dont je ne sais rien, « et la mort d’une jeune femme inconnue ». Enquêter, c’est nouer des liens entre des phénomènes. Y avait plus d’mayonnaise ; il en fut déçu.

 

8.
Comme il avait jeté ses osses par la fenêtre, i s’répandit partout. Comme il réfléchissait, il s’aperçut qu’il n’avait plus d’cerveau. Récupérer son cerveau est possible, s’il n’est point volant, le voleur de cerveaux ; lent non plus hein.

 

7.
Quand je sors les poubelles, des crabes géants se mettent à secouer les ombres en faisant de grands clacs-clacs. Les choses ont tendance à s’accumuler chez moi. Le spectacle n’était pas très beau à voir : le bocal de cornichons était vide.

 

8.
Parfois, j’en ai les bras qui tombent. Le temps que d’autres bras repoussent, ils se sont fait la malle. J’ai beau faire, je crois bien que je n’aurai jamais quatre bras.

 

9.
On s’écria : c’est la faute aux champignons ! La foule en furie fondit sur les groupes de champignons, lesquels, pleins d’effroi, s’escamotirent (ce qui veut dire qu’ils se tirèrent en escamot) pis dans la nature. Certains plongèrent dans le lac. Il y eut bien des poissons morts cette saison-là.

 

10.
Peut-on attraper la choucroute ? Bien sûr, on n’attrape pas la choucroute comme le covid nous asphyxie. Mais il est possible d’attraper une choucroute à condition qu’elle ne parte pas trop vite et qu’elle n’ait pas encore déployé ses turbo-saucisses.

 

11.
On peut toujours demander la lune ; il est infiniment rare qu’on nous l’accorde. Du reste, la lune se fiche de nous comme nous nous moquons des verres à moutarde qu’on fait tourner le soir pour évoquer les esprits. La lune, elle nous tire la langue, la lune.

 

12.
« soumis à la mort qui est dilution du souffle », je cite Onfray… Ça reste abstrait. La souffrance, v’là d’l’expressif… D’où la fascination morbide pour les corps souffrants, pour les jouirs aussi… D’où le cinéma, la représentation de la violence.

 

13. 
« dilution du souffle », Onfray évoque aussi le « grand souffle du monde » dans lequel tous les souffles s’évanouissent. Derrière ce grand souffle, quel dieu ? Ce qu’ils avaient découvert dans… Pourquoi cherche-t-on ?

 

14.
Jouets de nos passions ? Les passions se jouent-elles de nous comme des marionnettistes jouent de… Les dieux, des représentations d’nos passions ? Les rituels, des stylisations de nos passions. Les jeux, les phrases…

 

15.
« Le coup avait été trop pénible et je me sentis incapable après cela d’avoir confiance en qui que ce fût. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Meurtre en Mésopotamie » [Mrs Leidner])
Pourquoi, lisant cette phrase, je pense à l’Etat et à son imprévoyance face au covid.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2021.

5 août 2020

L'INCIDENT DU CHIEN PENDANT LA NUIT

L'INCIDENT DU CHIEN PENDANT LA NUIT

 

  1. Défois que circuleraient entre deux eaux, genre mauvais dans la rue, des couteaux à manche d'ivoire comme dans les romans policiers qu'on trouve sur les marchés aux puces qu'dorénavrant ça va être des marchés aux masques.

  2. Donc Holmes, un moment dans la nouvelle « Flamme d'argent », il trouve un « bistouri-cataracte » qu'on trouve tout dans les bouquins, surtout des mots, remarquez qu'un bistouri-cataracte, ça fait moins drôle que la main coupée à Cendrars, et tous les morts et les souffrances.

  3. Celui pour qui le réel est une suite de puzzles à résoudre, le paysage peut bien faire des claquettes en se faisant des œufs sur le plat, il s'en moque bien, tout plongé dans le lui-même de ses énigmes.

  4. Y a vraiment que Holmes pour se promener avec un fer à cheval dans la poche et dans des landes improbables que soudain tiens « les empreintes d'un cheval » voyons voir si ce fer est bien le fer qui fera l'affaire.

  5. Défois le diable qui s'balade dans l'air, en s'moment l'est très virulent, ch'cornu, pandémique et circulatoire, i vous souffle de « cacher le cheval » alors vous, vous cachez l'cheval, dans l'paysage qu'après ça vous fait des histoires de phrases à rhinocéros et de Wittgenstein.

  6. L'essentiel est d'avoir plus d'un tour dans son sac : un tour de cochon, un tour de piste, un tour de cartes, un tour de France (c'est joli et pis sportif), un tour du pâté d'maisons (avec ou sans toutou), un tour de clé, un tour de chant (c'est distrayant), et r'mets du riz, et fuis les rats.

  7. Défois y en a marre de se consacrer à des énigmes qu'on a qu'une seule envie, laisser Watson dans la contemplation de l'Angleterre, prendre le train de nuit et rentrer en France passqu'on n'est pas Sherlock Holmes non plus hein.

  8. « - Y a-t-il un autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
       - Sur le bizarre incident du chien pendant la nuit.
       - Le chien ? Il n'y a eu aucun incident avec le chien pendant la nuit.
       - Voilà l'incident bizarre, justement ! » observa Sherlock Holmes. »
      (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « Flamme d'argent »)

« un point sur lequel vous désireriez » : y a vraiment que dans les classiques anglais traduits en français que l'on trouve encore ce genre de forme à paniquer un troupeau de bacheliers nourris au lait du pédagogisme.

9) Il n'est pas recommandé de faire courir des choses trouvées « entre les mains d'un truqueur ». C'est des trucs à vous faire turlupiner par des lustucrus qui vous hurleront aux ouïes : « Edouctusorcetruc hein douctusorcetruc ? ».

10) Défois, il a raison, Holmes, « le véritable assassin se tient immédiatement derrière vous », que vous vous retournez, tiens l'est plus là, ou alors zêtes déjà mort.

11) Lorsque vous fûtes descendue,
      Il se trouve que vous me plûtes
      Que j'en suis tombé sul'...
      Flûte fit alors Zut on connaît la chute
     Vous feriez mieux de vous occuper de tous ces lustucrus qui lustucrutent sous votre lustre plutôt que de faire des rimes ridicules.

12) Le souci c'est ça susurra Suzy Holmes (si, si, c'est la nièce à Sherlock) supposant que l'un des deux, dont il manquait l'autre, s'était subrepticement approché de l'assiette afin d'y verser la potion à fataliser les intrigues.

13) Il est recommandé, si jamais vous conservez par devers vous « la main d'un mort », de bien vérifier qu'aucun « couteau bizarre » n'y pousse. Auquel cas, il vous faudra, dès que possible, invoquer l'esprit de Conan Doyle. Ce couteau lui appartient ; il l'a juste oublié dans votre mémoire de lecteur.

14) Je ne sais pas si c'est une bonne idée de retirer son manteau alors qu'il pleut des phrases de partout. Je sais bien que c'est pour « être plus à l'aise », mais vous risquez bien d'être noyé dans le sens commun, d'être débordé par l'hyperbole, d'être étouffé par l'opinion. Allons, mon cher Watson, reprenons scalpel et bistouri et fichons l'camp de cette énigme.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

21 janvier 2024

PLUSIEURS ET IGNORÉ

PLUSIEURS ET IGNORÉ

1.
« L'ennui de vivre avec les gens et dans les choses
Fait souvent ma parole et mon regard moroses »
(Verlaine)

En français, on peut s'ennuyer « de vivre avec les gens et dans les choses ». Cela signifie sans doute que l'on préfère souvent rester seul et que l'on se sent souvent encombré.

On peut supposer que l'ennui de vivre avec les choux et sur les roses pourrait se comprendre comme une tentative dépitée de se mettre au vert.

On pourrait aussi évoquer l'ennui de vivre avec soi, soi-même et son double. Mais cela nous emmènerait dans des zones où je ne me coupe jamais le nez.
Ceci dit, je puis écrire aussi :
L'ennui de vivre avec soi, soi-même et son double...
Et pourtant jamais que j'en mange, du gras-double.
Mais ça, c'est parce que j'exagère.

2.
« Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
Éclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,
La bête épanouie et la vivante flore. »
(José-Maria de Heredia, « Le récif de corail »)

En français, on peut imaginer que « le soleil sous la mer » éclaire tout un tas de trucs sous-marins qui mêle « la bête épanouie et la vivante flore. » Nous constaterons que la bête des profondeurs y est « épanouie » (ce qui ne nous fait ni chaud ni froid et, qui à vrai dire, reste assez flou quant à la nature de la « bête » que moi, je m'imagine une méduse où quelque chose du genre). Quant à la vivante flore, c'est fort heureux, car si elle était morte, la « vivante flore », eh bien, ça vous pousserait à je ne sais quelle mélancolie, et se poserait alors la question du bon usage du Heredia dans le « réarmement civique » que notre bon président Macron appelle de ses vœux pieux.

3.
« Ah ! sur les terrasses en prenant nos épaules »
(René Ghil, « Nuit aux terrasses »)

En français, il est grammaticalement correct d'écrire : « Ah ! sur les terrasses en prenant nos épaules » et l'on notera qu'il doit faire froid là, sur les terrasses, parce qu'on le voit bien, dans le kino de sa caboche, le geste de se croiser les bras pour que les mains, lesquelles sont au bout des bras comme le train est dans le champ de vision de la vache – à moins, bien sûr, que les agents de la SNCF soient en grève ou que les vaches soient à la foire -, pour que les mains donc, atteignent les épaules et ceci afin de protéger le reste du corps du froid. On s'interrogera aussi sur l'utilité d'aller sur les terrasses pour s'y prendre les épaules alors qu'on pourrait très bien rester chez soi et se faire des crêpes. Ce qui donne à penser que parfois les poètes ne savent pas quoi faire de leurs vers.

4.
La politique tend-elle à devenir une donnée universelle du n'importe quoi ?

5.
« Un théâtre en plein vent, où, le long de la rue,
Passe, tantôt de face et tantôt de profil,
Un mimodrame, avec changements à vue »
(Théodore de Banville, « La ville enchantée »)

En français, on peut évoquer « un théâtre en plein vent où, le long de la rue ». C'est le genre de vers qui me retient car « le long de la rue » et le « en plein vent » me font songer qu'ils sont hantés d'un théâtre qui passait là, dans ces rues révolues, et dont on trouve un exemple, un écho, une trace, un passage dans l'extraordinaire tableau de Balthus intitulé « La Rue ». Quelqu'un passa, qui était plusieurs et qui était ignoré.

6.
La crise de 1929 fut un des déclencheurs des événements qui menèrent à la Seconde guerre mondiale. Est-il illégitime de penser que la crise de 2008 est un des paramètres originels d'une série d'événements qui ont mené au conflit russo-ukrainien ?

Patrice Houzeau
Malo, le 21 janvier 2024.

8 janvier 2024

MONSTRES SACRÉS MON CUL

MONSTRES SACRÉS MON CUL

1.
Depardieu, Marlon Brando, Klaus Kinski ont en commun d'avoir marqué certains films par l’excellence de leurs interprétations. (« Les Valseuses » « Danton », « Sous le Soleil de Satan », et le « Cyrano » de Rappeneau pour Depardieu, « Reflets dans un oeil d'or », « Apocalypse Now », « Le Parrain »  et beaucoup d'autres encore pour Brando, « Aguirre » et « Fitzcarraldo » pour Kinsky). C'est indéniable mais tous les trois aussi laissent l'image de personnalités qui, à des degrés divers, ont pu mettre en danger physique les personnes avec lesquelles elles travaillaient. Inutile de revenir ici sur les nombreuses anecdotes qui courent sur les comportements agressifs, lunatiques, pervers ou obscènes, voire quasi irrationnels, de ces trois personnages. On en trouve facilement des traces. Et on a l'impression que ces trois acteurs de très grand talent ont utilisé leur charisme et le sentiment de puissance que semblait dégager leur seule présence sur les plateaux pour instaurer des rapports de séduction malsaine, de manipulation, de domination avec lesquels le réalisateur et les autres acteurs devaient apparemment nécessairement composer. On les a donc considérés comme des « monstres sacrés » et l'appellation est trompeuse, laissant croire qu'ils pouvaient tout se permettre. Je pense que l'appellation « acteurs monstres » leur convient mieux.
Je dis « acteurs monstres » et non pas de « génie ». Car sont-ils les seuls à avoir brillé par l’excellence de leurs interprétations ? Evidemment non. Impossible d'oublier le Humphrey Bogart du « Faucon Maltais », le Cary Grant de « La Mort aux trousses », le Mastroianni de « La Dolce Vita », Elizabeth Taylor dans « Cléopâtre », et l'on peut évoquer aussi les formidables incarnations cinématographiques de Raimu, de Harry Baur, de Greta Garbo, de Anna Magnani, de Claudia Cardinale, de Gene Kelly, de Fred Astaire, de Jean Gabin, Alain Delon, Belmondo, Jerry lewis, Louis de Funès, James Stewart, Chaplin, Lauren Bacall, Catherine Hepburn, Marylin Monroe, Ingrid Bergman, Catherine Deneuve, Jack Nicholson, et la liste est longue, très longue, très très longue liste des acteurs, actrices, comédiens, comédiennes qui ont marqué l'histoire du théâtre et du cinéma par une présence, un talent et un charisme évidents. Tous, sur leurs différents tournages, se sont-ils comportés de manière inappropriée ? Bien sûr que non, et en tout cas, pas de manière à laisser derrière eux une atmosphère de scandale et de perversité qui vient à l'esprit quand désormais on évoque Brando (ce que l'on raconte sur le « Dernier Tango à Paris » est quand même, si c'est avéré, absolument écœurant), Kinsky et maintenant Depardieu. Aussi ne faisons pas de ces trois exceptions des généralités et jugeons les pour ce qu'ils sont : des acteurs de très grand talent mais dont les comportements ont parfois pu ou doivent relever de la justice, et non de la fascination pour on ne sait quel « génie » qui les mettrait au-dessus de nos règles communes et de nos lois.

2.
Ce n'est pas parce que Poutine a attaqué l'Ukraine qu'il faut s'imaginer que le Père Noël parle russe et que sa fille va vous apparaître toute pimpante dans une bouteille de vodka. Quant à la corne d'abondance, j'ai vérifié, elle jacte pas russe non plus.

3.
Si Depardieu est vraiment ce qu'on dit qu'il est, eh bien cela ne m'empêchera pas de ronfler. Mais pour la photo dédicacée, ou même un simple autographe, c'est non. Qu'il aille se brosser, je ne les lui donnerai pas.

4.
Je suis beaucoup beaucoup plus fort au steak-frites-mayonnaise-bière qu'à la guitare. Du coup, je grossis. Quant à une carrière au music-hall, c'est hors de question.

5.
Je n'apprécie guère Luc Ferry. Surtout quand j'écoute les Rolling Stones. D'ailleurs, à chaque fois que j'entends le nom de Luc Ferry, j'ai envie d'écouter les Rolling Stones. Pareil avec Zemmour, mais là, c'est plutôt les endives au jambon. Je ne les écoute pas. Je les mange. Curieux.
Et allez savoir pourquoi, quand on me parle de Mélenchon, j'ai envie de manger du melon.

6.
Dans la liste des acteurs que j'admire, j'ai oublié (et ce n'est pardonnable que parce que je me pardonne aisément) le dit-on « impulsif, généreux et courageux » Clark Gable, magnifique dans l'un des meilleurs films de John Huston : « The Misfits » (1961).
Et aussi Max von Sydow dans ce film que je place au-dessus de tous les autres : le fascinant (ah oui) « Septième Sceau » d'Ingmar Bergman (1957), histoire d'un chevalier errant que la Mort attend et métaphore de l'humanité en quête de sens dans un monde absurde et violent.

7.
Romans et films ne sont que divertissement. Pourtant, nous admirons et les grands romanciers et les grands réalisateurs. Pourquoi donc ? Parce que nous y cherchons du sens. C'est que nous ne nous contentons pas d'obstinément nous agiter, il faut aussi que nous sachions pourquoi. C'est sans doute ce qui nous différencie des animaux et des bigots.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2024.

9 décembre 2023

AH ! ET PUIS ZUT POUR TOUT

AH ! ET PUIS ZUT POUR TOUT

« - Ah ! et puis zut pour tout ! »
(dit un personnage du roman « Le Flux et le reflux d'Agatha Christie)

Ah ! est une onomatopée. Elle est donc suivie d'un point d’exclamation signalétique et ad hoc. Ah ! fis-je, Poutine est encore vivant et l'Ukraine toujours pas libérée des griffes de l'envahisseur russe. Eh bien merde, et merde, et merde alors !

Et puis, déçu de l'Occident, je me mis à écouter « New Boots And Panties !! », de Ian Dury (12 mai 1942- 27 mars 2000) et ses Blockheads, qui est un de mes albums préférés. Paraît que Ian Dury y balance pas mal d'inconvenances. Peut-être, mais la musique y est foutrement bonne.

Puis est une conjonction de coordination. On ne peut donc pas tomber dedans, sauf à être doté d'un sens très particulier de la syntaxe du français.

Zut est mon amie. Et elle vous dit Zut.

Pour en revenir à Ian Dury And The Blockheads, ma chanson préférée sur l'album « New Boots and Panties !! » est « Sweet Gene Vincent » que je vous en cite un couplet :
« Sweet Gene Vincent
There's one in every town
And the devil drives 'till the hearse arrives
And you lay the pistol down »

Tout comme dans « tout est bien qui finit bien », ce qui est complètement faux vu que tout est chien qui ne vaut rien. Il

Dit aussi – c'est moi qui cause - que tout est foutraque qui finit mal.

Un est « l'entier naturel représentant une entité seule. » Un schtroumpf, un poutine, un depardieu, un con, un porc. Ça fait déjà du monde, et beaucoup de n'importe quoi. Le mot

Personnage est souvent suivi du complément « de fiction », ce qui en fait un être imaginaire. Comme Dieu. Cela n'empêche nullement ce dernier d’exercer une influence néfaste sur les peuples.

Du est un article. Dans « il se sert du téléphone pour appeler l'au-delà », du est un article défini contracté (mis pour « de le ») tandis que dans « il boit du rhum en écoutant Ian Dury et ses Blockheads », du est partitif. Ce qui n'empêchera pas le rédacteur de ces lignes d'être bourré s'il continue à boire du rhum en écoutant du Ian Dury. Le mot

Roman désigne depuis le moyen-âge un texte de fiction composé en langue romane. On ne peut pas confondre le mot « roman » avec le mot « camembert ». Du reste, personne n'a jamais écrit de texte narratif en langue camembert, même électrique.

Le est un déterminant défini d'un groupe nominal. Avec une ironie toute particulière, le dictionnaire Larousse donne les exemples suivants : « L'homme est mortel. » « La voiture démarre. » Le mot

Flux est « un emprunt savant », nous ammareye Wikipédia, » du 14ème siècle au latin « fluxus » qui signifie « écoulement ». Je précise que le verbe ammareyer est un emprunt même pas savant à que dalle. Quant aux amarelles, ce sont des cerises acides à « chair molle et jus incolore » lisé-je sur les sites qui s'autorisent.

Et figurez-vous que j'écoute toujours « New Boots and Panties !! », qu'il pleut et vente, que je sirote du rhum et me dis que je vieillis.

Le, comme nous l'avons vu, est un déterminant masculin. Ainsi, il ne faut pas dire « le lune », mais « la moustache », et pas non plus « la Depardieu », parce qu'il serait vexé. Le mot

Reflux est le second terme de l’expression « Le flux et le reflux » qui donne son titre à la traduction française d'un roman d'Agatha Christie dont le titre original est « Taken at the Flood » en Angleterre et « There is a Tide » aux Etats-Unis où il fut d'abord publié en 1948. C'est un roman avec Hercule Poirot. Par contre, nulle trace d'éléphant effervescent.

d' est élidé alors que la France est profonde et la gorge irritée.

Agatha est un prénom qui me fait toujours penser à la tarte aux pommes depuis que je suis tombé amoureux (c'était il y a longtemps) d'une Agatha qui ne faisait jamais de tarte aux pommes. Ce qui, comme on se l'imagine, me contristait.

Christie est le nom d'auteur d'Agatha Mary Clarissa Miller (15 septembre 1890 – 12 janvier 1976) qui créa les personnages de Hercule Poirot et de Miss Marple. Quant aux rapports entretenus par l'auteur du chef-d’œuvre « Le Meurtre de Roger Ackroyd » avec la tarte aux pommes, je n'en sais fichtrement rien.

Note : Depardieu serait-il un provocateur qui a perdu le sens de la nuance, un allumé du verbe que l'hybris ne maintient plus dans une ironie acceptable, un homme blessé qui ne sait plus où il en est et qui dit n'importe quoi, ou un porc, voire un voyou ou un prédateur ? L'avenir nous le dira.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 décembre 2023.

 

22 juin 2023

IL AURA LA TAILLE DES SARTRE

IL AURA LA TAILLE DES SARTRE

1.
« Mon grand-père me trouvait minuscule et s’en désolait, « il aura la taille des Sartre », disait ma grand-mère pour l’agacer. Il feignait de ne pas entendre, se plantait devant moi et me toisait : « Il pousse ! » disait-il enfin sans trop de convictions. » (Jean-Paul Sartre, « Les Mots », 1964)

Pourquoi, selon Sartre, dans « Les Mots », la grand-mère du petit Sartre (Jean-Paul) disait du petit Sartre qu’il « aurait la taille des Sartre » ? Qu’est-ce que les Sartre ?

Pourquoi la grand-mère du petit Sartre (Jean-Paul) cherchait-elle à agacer le grand-père du petit Sartre ? Et faisait-elle du vélo ? On tiendra compte du fait que l’oncle du petit Sartre avait probablement au moins un parapluie.

En quoi le petit Sartre (Jean-Paul) « ne partageait ni les inquiétudes ni les espoirs » de son grand-père lorsque ce dernier « se plantait devant lui et le toisait » ? Et quel est le rapport avec la fongibilité asymétrique ?

Quand Sartre (Jean-Paul) écrit que « tout changea quand ma vie prit de la vitesse », fait-il référence à l’industrie automobile et au désespoir de Billancourt ? Au transport ferroviaire ? A la manière dont Macron fait repousser ses doigts ?

2.
Quel est le rapport entre le Pacte à Pap Ndiaye et la fongibilité asymétrique ? Quel est le rapport entre un poste de ministre de l’éducation nationale, alors qu’on n’y connaît rien, et l’histoire sociale des Etats-Unis, ce en quoi Pap Ndiaye est spécialiste (dit-on) ?

Quand « le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse » dit que « l’école peut faire beaucoup, mais elle ne peut pas tout faire » (source : France Info) dit-il une banalité, ou est-il le grand rénovateur de l’art subtil du pipeau en milieu journalistique ?

3.
Bien des politiques français ont voulu, et grâce à Macron, l’obtiennent en partie, l’américanisation de nos façons de vivre et de travailler. Maintenant, ils se plaignent du développement de la violence, laquelle n’est jamais qu’un des aspects de cette américanisation.

4.
Pourquoi faut-il que chaque participant « choisisse un proverbe et aille s’asseoir sur l’une des cinq chaises » alors qu’il pourrait très bien aller aller à la pêche, ce qui est plus utile si l’on veut manger du poisson que de participer à des ateliers d’expression orale à la ah oui, vous en êtes un et un vrai.

Pourquoi l'élève devrait-il « dire ensuite le proverbe à haute voix » de manière à « faire deviner à ses camarades », lesquels s’en tamponnent le coquillard, « le trait de personnalité inscrit sur le papier posé sur sa chaise » alors que s’il allait acheter des pommes de terre, il pourrait faire des frites, et alors, à midi, il pourrait manger du poisson avec des frites au lieu de participer à des ateliers d’expression orale niais comme on en trouve l'énoncé dans les manuels de Bac pro seconde de chez Nathan Technique de 2019, et c’est nul à braire comme un ministre.

5.
On évoque de plus en plus souvent la semaine de travail de quatre jours. Et quelqu’un de dire à la radio, ce 22 juin 2023, que ça laissera le cinquième jour pour une deuxième activité éventuelle. On voit que certains économistes, ou sociologues, des « sachants sachant sacher » donc, sont pleins d’optimisme quant à l’inflation, le pouvoir d’achat et le nombre de postes non pourvus à venir.

6.
Pourquoi devrait-il y avoir un nouveau Pacte financier mondial ? La Russie et la Chine, et plus généralement les pays affiliés aux BRICS, seront-ils favorables à ce nouveau Pacte financier mondial ? Macron ne nous prépare-t-il pas une nouvelle séquence d’agitation internationale sur le mode « la France va vous apprendre comment faire, d’ailleurs regardez-nous, nous nous endettons tous les jours, mais on continue à nous faire confiance, pourquoi ? » Réponse : parce que nous possédons l’art subtil du baratin et de l’arrangement en coulisses.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2023.

5 mai 2023

PRIGOJINE A BAKHMUT

PRIGOJINE A BAKHMUT

1.
L'est humain, l'Agamemnon, il hésite et n'en croit pas ses dieux...
« Non, je ne croirai point, ô ciel, que ta justice
Approuve la fureur de ce noir sacrifice.
Tes oracles sans doute ont voulu m'éprouver ;
Et tu me punirais si j'osais l'achever. »
(Racine, « Iphigénie », I,1)

Prigojine à Bakhmut, en croit ses morts... Dans la nuit du 4 au 5 mai 2023, nouvelle vidéo... les prend à témoins, les cadavres... Furieux, il s'en prend avec des noms d’oiseaux à l'Etat-major russe... « Shoygu ! Gerasimov ! Where is the f.cking ammo ?! » qu'il clame... Elles sont où, les putains de munitions... les mercenaires de Wagner, chair à canon de l'armée russe, pas mécontente d'affaiblir Prigojine, ça se peut... problèmes de logistique... Bakhmut vire Stalingrad...

Insulte beaucoup, Prigojine... autre taureau furieux... On y pige que couic à l'opération spéciale de Poutine en Ukraine... Immense bain de sang que ça aura été... renforcement de l'OTAN et affaiblissement de la Russie... Insulte beaucoup, Prigojine... C'est-y leur en dire assez ? « le reste, il le faut taire », dit l'Agamemnon racinien...

« Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen. », « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence » klaxonne la dernière proposition du « Tractatus logico-philosophicus » de Wittgenstein... s'en moquent, certains... faut voir... les grands massacres annoncent quels règlements de comptes, couteaux tirés, vendettas, chiens lâchés... Prigojine ne croit pas si bien dire... « These are someone's fathers and someone's sons »... pères et fils sont ces cadavres... présent de vérité mortelle... A vie maintenant que Poutine devra se méfier du mystère des poignards volants... dingo parano va finir... Et Choïgou et Guerassimov et sa f.cking « guerre hybride », et Prigojine... et tous les autres furieux, Medvedev, Peskov, Lavrov... pourraient le payer de leur peau, l'immense cimetière sous la lune... et la langue de leurs assassins pourrait bien être le russe...

2.
Scène 1, l'Agamemnon racinien refuse de sacrifier sa fille Iphigénie pour que les dieux laissent les vents se lever... faut pas qu'elle vienne en Aulide, Iphigénie... « Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, / Elle est morte. »...

Scène 2, fatalitas et patatras ! Achille se réjouit de l'arrivée prochaine d'Iphigénie... le destin, c'est rien qu'du contrariant...

3.
En France, Marlène Schiappa, des soucis à se faire... « fonds Marianne »... beaucoup de sous débloqués suite à l'assassinat de Samuel Paty et distribués à des associations pour d'étranges usages apparemment... justice saisie, on dit... Macron chaipas, mais la Macronie, quelle gabegie !... La France des politiques quoi, fraudeuse, crapuleuse, menteuse, magouilleuse, taxeuse et donneuse de leçons... Après, y a les élections... les voleurs succèdent aux voleurs, sous vos applaudissements, m'sieurs-dames électeurs, électrices, cocus... défois même, y en a, ce sont les mêmes...

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

5 mai 2023

VOS YEUX SEULS ET LES MIENS

VOS YEUX SEULS ET LES MIENS

1.
Levé, très tôt, l'Agamemnon racinien... ça lui « fait devancer l'aurore de très loin », lui dit Arcas... Les yeux dans la nuit... « Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide » (Arcas encore)... les yeux ouvrent le réel... Les yeux, c'est fertile, à lire ça dans Eluard...

« Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière 
Je t'ai faite à la taille de ma solitude »

qu'il a écrit Eluard... nous sautent aux yeux, les images, poissons volants...

L’œil dans l'assiette... vu dans une revue sur le cinoche à faire peur... pas le p'tit grain mort à la crevette, non l’œil bien visible, bien au centre, bien humain, dans l'assiette vous zieute vivant...

J't'en aurais fait – j'aurais dû – des encres bleu de Prusse, des cercles avec des yeux dedans, cercles grouillants d’yeux, grands, petits, multiples... du temps où je dessinais... Mort tout ça, l'a fallu la gagner la croûte, guignoler dans l'pédagogique, supporter élèves et collègues et l'immense bêtise des réformes... Adieu dessin, salut, Ducon.

2.
« Ce long calme, il est vrai, retarde vos conquêtes », alluvionne Arcas à Agamemnon et sa barbe virile (ceci dit, une barbe féminine jusqu'à maintenant, ça reste rare)... Mime la mer, ce « long calme »...que c'est tout aussi bien si ça retarde conquêtes et épouvantes à massacres... Les dieux jaloux vengeurs n'ont qu'à faire comme tout le monde, regarder les people s'la péter à la télé.

Et puis, il y a l'énigme : le vers 40.
« Non, tu ne mourras point, je n'y puis consentir. »
Agamemnon dans la nuit, et ce murmure.

3.
Je vous cause début... Tombé tantôt sur cet épatant incipit... Début de « B comme Baptiste », un « Série Noire » de 1971, signé J. Oriano (Janine Boissard en fait) : « Tout a commencé le lendemain du jour où ils ont posé le pied sur cette saleté d'astre mort chanté depuis des siècles par des zozos aveugles. »

4.
Les yeux ouvrent le réel, j'vous disais... Picasso aux yeux perçants, Picasso aux yeux immenses et décalés... Bien que maintenant, les yeux sont électroniques, que la technocratie utilise pour contrôler plus que pour ouvrir... pour le fermer même, le social... l'ouvrir juste pour que tu ailles de la place que Parcours Sup t'a choisie au boulot déqualifié que France Travail te forcera à prendre... Macron a bien compris Orwell...

J'peux comprendre... A 8 milliards de bipèdes et tubes digestifs, - foutu bordel ! alors à 10 milliards d'ici 30 ans, si on n'y met pas de l'ordre dans le social mondialisé, imaginez la chienlit sanglante que ça pourrait bah que ça sera tout d'même, question de rareté naturelle.

Vous me direz, y a la guerre... Voyez Poutine, pour repeupler son immense 17 000 000 km² où s'agitent jamais que 144 millions d'habitants, il envahit l'Ukraine et lorgne sur d'autres espaces... Résultat, au lieu de repeupler, il dépeuple et à ce rythme, il va finir, le Poutine, par avoir recours à l'immigration massive, - voler les enfants des autres suffira pas -, qu'alors la Sainte Russie blanche sera de moins en moins blanche et de moins en moins orthodoxe, verrez...

Que faire en cet enfer, se dit-il, en vaquant à ses affaires... Dire comme l'Agamemnon de Racine :
« Je condamnai les dieux, et sans plus rien ouïr,
Fis vœu sur leurs autels de leur désobéir. »...

pour qu'en fin de tirade, les dieux et leur foudre vous fassent rentrer dans le sillon sanglant.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

7 mars 2023

GARE, GARS MÊLE ET AUTRES PELLES

GARE, GARS MÊLE ET AUTRES PELLES

1.
Gare ! gars, mêle-toi à la foule, rends-toi invisible, si tu veux échapper à l'homme en noir !

2.
J'aime beaucoup le Lucky Luke de Morris et Goscinny. L'humour absurde, on en trouve pas mal d’exemples dans les albums de la série. Ainsi, dans « Jesse James », Jolly Jumper jouant aux échecs avec « l'homme qui tire plus vite que son ombre ». Etonnement d'un témoin et double remarque du Juge de Nothing Gulch : « il joue un peu lentement mais là n'est pas la question... » ; deux planches plus tard : « C'est incroyable qu'un cheval aussi lent aux échecs soit aussi rapide à la course. »

Dans « Jesse James », Jolly Jumper fume trop et il n'aime pas ça et fait le difficile quant au choix de ses fers. Il y a aussi un bandit, Jesse James, qui se prend pour Robin des Bois, mais confond partage des richesses (mal acquises) et confiscation (à main armée). Il forme un trio de grand chemin avec un cousin débile et un frangin qui fait des peseudo-citations de Shakespeare à tout bout de champ et de branche lorsque les bandits sont perchés.

Tout ça bien rythmé en cases dont certaines sont sans bord (l'album date de 1968, la bande dessinée commençait à expérimenter), personnages à trognes et pifs improbables, couleurs franches qui vous mettent souvent un groupe de bonshommes en bleu, en gris, en vert pâle quand ils ont peur.

3.
Vu « Aline », de Valérie Lemercier. Sympathique, comme le personnage central, Aline Dieu qui évoque la chanteuse Céline Dion, que l'on aime à croire aussi sympathique, franche et naturelle que son double de fiction. A voir aussi pour les répliques de maman Dieu, pleines de verve.

4.
Ai fini de lire « La Chèvre d'or », de Paul Arène (1889). Roman rapide (200 pages, chapitres très courts), style clair et concis, basé sur le mythe de la « chèvre d'or », mythe lié, si j'en crois Wikipédia, à l'occupation sarrasine de certaines parties de la Provence entre 730 et 973.

Je ne sais pas si ce roman est disponible en librairie. Si ce n'est pas le cas, « La Chèvre d'or » mériterait d'être réédité. Il fourmille de détails sur la Provence du 19ème siècle et charme par le conte, un brin naïf, le goût de l'énigme et de la chasse au trésor.

5. 
Alors comme ça, l'archiduchesse qui avait coutume de faire sécher à l’air sec ses chaussettes jusqu'à ce qu'elles fussent, ses chaussettes, sèches, sèches, archisèches, on l'a retrouvée, l’archiduchesse, desséchée, cadavérée cependant qu'au mur et au bout d'une ficelle se balançait quelque sardonique hareng saur.

6. 
Hector, t’as tort d’être tant porté sur la tortore car trop de tortore tue et tu dois donc, Hector, stopper tartares, tartines, gratin de pâtes, patates sautées, choucroutes et pâtés en croûte si dans l’trou tu veux pas chuter.

7. 
J'aime le son de batterie de Nick Mason dans « Cymbaline » (c'est de Pink Floyd) Je n'aime pas le son désagréable de Poutine (sale !) JaimeLeSonDlaBatterieDansLesDisquesDePinkFloyd JeNaimepasLaTêteALavrov MacabreTheClown macabre.

8. 
Paraît que Roger Waters a des tendances pro-russes et surtout anti-américaines. Bah on ne demande pas à Roger Waters s'il a des compétences en géopolitique, ni s'il pige que s'il est bien friqué, c'est grâce au vilain libéralisme, on lui demande de composer de bonnes chansons.

9.
Très tapant le soleil trop trempée la limace
TropTrempéeLaLimace Ah la malice dis et puis
Alice chuta chuta chuta S'artrouva Alice as'
Kip dans les étrangetés d'la logique et puis
As'kip paraît qu'i va neiger qu'ça va chuter
D'la neige Aujourd'hui grève & demain neige.

10.
SouventSouventSouventCoinCoin SouventSouvent
TchiiipTchiiipSouventSouvent TirrreliSouvent
SouventCroaCroa SouventCoinCoinCroaCroa j'me
Promène & j'entends des zoziaux dans m'tête.

11.
Ce n'est pas parce qu'il neige des bigoudis qu'il y a des têtes dessous. (proverbe merlan)

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mars 2023.

15 février 2023

ON EÛT DIT DEJA UNE AUTRE FEMME

ON EÛT DIT DEJA UNE AUTRE FEMME

« Hypnotisé par cette femme extraordinaire qui incarnait vraiment le génie du mal, de plus en plus dominé par sa beauté et plus encore par son charme infernal, il la contempla d'un œil ardent de convoitise. »
(Arthur Bernède. « Belphégor ». IV, 5.)

« Belphégor », c'est le titre du chapitre 5 (partie IV) du roman au titre de la même ombre qu'Arthur Bernède composa. Un regard dans la glace et « on eût dit déjà une autre femme ». Ce sont les deux aviateurs du chapitre précédent. Résurrection de Simone. La vérité sur Maurice. Mais rien sur Robert.

Tiens, qui est donc ce « petit Jack Teddy, qui s'est merveilleusement débrouillé » ? Aurais-je loupé quelque chose ? Est-ce une nouvelle manœuvre de Belphégor pour m'empêcher de comprendre l'histoire ?

Les motivations de Simone. La peur de se retrouver sans rien. L'argent mène le monde (le reste, des affectivités masquantes, minaudes, midinetteries, passe-temps social). Les corps mènent le monde. Faut des sous pour nourrir, vêtir, abriter, réchauffer les corps épicétou.

La bagatelle à répétition répugne Simone. C'est une intello, Simone, elle s'intéresse aux grimoires, à l'Histoire (avec une grande trompe), au « trésor des Valois », tout ça.

Où on comprend pourquoi Le Louvre, pourquoi Belphégor, et, si on y réfléchit, pourquoi est-ce ainsi que les hommes vivent, bien qu'il ne soit pas nécessaire de lire le « Belphégor » de Bernède pour comprendre que tout soleil est voué à être révolu.

Ah tiens, le vil bossu est le frère d'Elsa Bergen. Simone, son cœur battit « un peu plus fort que de coutume ». Elle n'est pas seulement une cérébrale, Simone, elle est aussi une aventurière. Il lui faut de l'adrénaline, à cette femme-là. C'est bien pour ça que Bernède l'a choisie et l'a mise dans son roman. Inadéquate, la Bécassine ; la Thérèse Desqueyroux itou.

Simone, elle est tellement Simone, fantôme, exploratrice, aviatrice, comédienne, intrigante, assassine, qu'elle aurait pu faire Irma Vep dans une autre vie parallèle.

Ah tiens, je ne me souviens pas de ce que Simone a pu faire de ce « casse-tête ». « Vous avez vu que je n'ai pas hésité à en faire usage... », dit-elle, « avec un accent diabolique ». Alors Belphégor chuta, - un bruit de tous les diables. Elle dit tout Simone, même qu'elle faillit estourbir Jacques Bellegarde, qui était pourtant son amant. Elle est terrible, cette femme-là.

Si Simone n'avait pas emprunté la « porte secrète », elle aurait été rattrapée par Chantecoq. Il faut toujours une porte secrète dans un roman d'aventures. Toujours. Et dans les livres de philosophie aussi. Comme ça on ne vous retrouve pas, et vous pouvez continuer à philosopher sans craindre qu'un autre bipède casse-pied vienne vous chercher des rhinocéros dans la pièce.

Simone fume. Orientale, la cigarette. Comme dans les aventures de Bob Morane, dont l'auteur fut multiple, m'a-t-on dit, Henri Vernes jouant l'écrivain qui sait, m'a-t-on dit, plein d'écrivains fantômes, la collection Bob Morane... J'aimais bien ça, môme, les Bob Morane, après ce fut Agatha Christie, puis San-Antonio et Simenon. J'ai toujours préféré les écrivains professionnels aux soi-disant « génies » dont France Inter et France Culture nous font la réclame et qui scribent des bouquins ennuyeux souvent, et prétentieux la plupart du temps, comme une visite d'inspecteur d'académie.

Fière d'elle-même, Simone la fantômette, se compare aux « plus grandes criminelles des temps passés et modernes », la Simone, manque pas de souffle... Qui elle aime, qui elle déteste. « Vivre sa vie... ». Bon, faut pas qu'elle s'illusionne, la Simone, elle n'est rien qu'un personnage de roman, alors les « paysages de songe », les « décors formidables », ça, c'est cinoche et téloche qui font ça. Vous n'êtes pas Louise Bourgoin dans « Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec », ni Diana Rigg dans le rôle d'Emma Peel, et vous ne tiendrez même pas votre propre rôle dans le « Belphégor ou Le Fantôme du Louvre », de Claude Barma, vous faisant donc belphégorer (grouik grouik) par la formidable Juliette Gréco.

Bon, c'est pas tout ça, mais « le temps presse », dit le bossu. Va donc falloir passer au chapitre suivant.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 février 2023.

11 février 2023

TANDIS QUE CHAGRIN D'AMOUR BALANCE SON FLOW

TANDIS QUE CHAGRIN D'AMOUR BALANCE SON FLOW

1.

J'me suis levé ce matin
Me suis dit, « Putain, faut qu'j'aille au turbin ».
Faut bien gagner sa vie
Si on veut gagner le cœur de Suzie.

Je vois le président Macron
Qui veut qu'on travaille plus longtemps
Moi je dis, non, Monsieur le Présidon
Faut que j'm'occupe de ma maman.

Midi : au bar du coin, l'heure de l'apéro.
Des chevaliers teutons chopinent avec des rots ;
Ils se prennent pour des électeurs de Zemmour.
Dans ma tête j'entends du Rita Mitsouko : « On n'a pas que d'l'amour. »

Vendredi soir.
J'suis plein d'espoir.
Après ma boîte de raviolis,
Au Zombie Club, je vais retrouver Suzie.

« Cinq heures du mat', j'ai des frissons »,
Bon dieu, que c'est con...
« Tant pis pour toi, il faut dormir »
Me dit Suzie dans un éclat de rire
Tandis que Chagrin d'Amour balance son flow
Dans la radio.

2.
QUATRAIN RIP

Tant va la dernière bière qu'à la fin elle se boit.
Tant va la dernière clope qu'à la fin elle se fume.
Tant va ma pauvre ombre qu'à la fin elle se consume.
Et que je partirai en fumée, comme il se doit.

3.
Parmi tout ce que j'ai entendu sur Rimbaud, ceci me revient : quelqu'un dit un jour que, alors que Rimbaud était en Abyssinie, au début en tout cas, car après il les eut courts, les gamins du patelin où il logeait, rapport à ses cheveux longs, lui jetaient des pierres.

A mon avis, c'est du n'importe quoi de littérateur à la radio, pour nourrir la légende et se faire mousser, mais j'en sais rien.

Cocasse d’imaginer Rimbaud causant dans le poste. Je lui suppose un accent du nord-est français, avec des « a » fermés. Et puis, comme le sont parfois les Ardennais, peut-être était-il « taiseux ».

3.
Parmi les chanteurs oubliés, le grand Jean Constantin mériterait d'être plus souvent cité. Ecoutez sur You Tube sa version de « Mon Manège à Moi », ou des chansons comme « Dans l'île » ou « Lola (légende du pays aux oiseaux »), des merveilles.

4.
Les mollahs sont foutus,
le peuple est dans la rue !
#Iran

5.
Investir actuellement en Iran ou en Russie relèverait de la sottise et de l'incompétence : les mollahs sont foutus (le peuple iranien est dans la rue) et Poutine va perdre sa sale guerre en Ukraine (laquelle Ukraine est une terre d'avenir).

6.
Paradoxe : les Etats-Unis sont très endettés, mais grâce à leurs capacités de production et d'innovation, continuent à s'enrichir. La Russie poutinienne est peu endettée, mais sclérosée, corrompue et lancée dans une guerre absurde, elle continue à s'appauvrir.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 février 2023.

27 octobre 2022

DIEU EST MORT ET LES HUMAINS S'ENTRE-TUENT

DIEU EST MORT ET LES HUMAINS S'ENTRE-TUENT

1.

« Est-ce que le choc de la pioche sur les rochers avait repris là-bas ? »

(Yves Dermèze, « Souvenance pleurait »)

Rythme. Le « est-ce que » précipite le son « choc » auquel fait rapidement écho la séquence labiale + « diphtongue io » + constrictive « ch ». Mais je ne sais pas si « le choc de la pioche sur les rochers avait repris là-bas ».

2.

« Il me semble de plus en plus que le philosophe, étant nécessairement l'homme de demain ou d'après-demain, s'est de tout temps trouvé en contradiction avec le présent ; il a toujours eu pour ennemi l'idéal du jour. »

(Nietzsche traduit par Geneviève Bianquis, « Par-delà le bien et le mal »)

Plutôt que «  de tout temps », je préfère « tout le temps » car que savons-nous de la totalité des temps ? Si ça se trouve, certains nous ont échappé.

Que le philosophe soit « nécessairement l'homme de demain ou d'après-demain », je ne sais pas ; faudrait en parler à Poutine, au parti communiste chinois et aux mollahs iraniens. Il est aussi que la philosophie occidentale est une des meilleures armes de ce que nous appelons « humanité » en ce qu'elle est menacée par la barbarie.

Quant à « l'idéal du jour », ce fatal « ennemi » du philosophe, c'est que cette fatalité est nécessaire puisque le philosophe ne philosophe jamais de façon aussi aiguë que lorsqu'il s'oppose (pour peu qu'il ne soit pas trop sot). Que certains professeurs de philosophie se rangent du côté de Mélenchon, peu importe (c'est une sottise, et ils le savent), mais ce qui importe, c'est la manière dont ils analysent et commentent cette nécessité pour eux de se rallier à l’extrême-gauche. Ils n'en auront pas pour autant raison, mais leur critique, si elle est réellement philosophique, sera intéressante, et sans doute plus essentielle que l'opinion du premier libéral venu qui, s'il a objectivement raison dans son choix politique, n'est parfois libéral que pour des raisons qui laissent songeur quant à la puissance de la subjectivité et des déterminismes.

3.

J'écoute le groupe Magma et ses chants en kobaïen.

Cette langue n’existe pas ; pourtant elle est chantée.

Cette langue n’existe pas et n'a pas, comme il en est pour la musique instrumentale, d'autre référent qu'elle-même.

Cette langue n’existe pas et a, comme il en est de la musique instrumentale, une expressivité qui la rend parfois amusante, ou agressive, ou étrangement virtuose.

Cette langue n’existe pas car elle semble n'avoir qu'une apparence de syntaxe. C'est l'euphonie et le rythme des séquences syllabiques qui l'emportent sur le « sens ».

Cette langue n’existe pas ; pourtant, elle suggère à notre imaginaire d'occidental ignorant (en l'occurrence, moi) des sonorités slaves, nordiques, saxonnes aussi slaves, nordiques et saxonnes que la slavitude, la nordicité et la germanité affichées par certaines énigmes des nouvelles de Borges.

Je note que dans cette langue qui n’existe pas, se détachent parfois des mots de sens plein (« kameraden », « mekanik destruktiw kommandoh ») mais ce sens qui pourrait faire penser à quelque message menaçant, voire crypto-innommable, est désamorcé, - et même nié -, par l'absence de syntaxe, par la musique pure. Les mots ici n'ont pas d'autre agressivité que celle que leur confèrent les possibilités de la musique. Les mots se font art lyrique, et même art tout court.

J'ajoute que dans certains albums récents de Magma, certains chants ont été composés en français. Et c'est bien dommage, car les textes en sont ridicules, emphatiques et parfois beaucoup trop longs.

Maintenant, à mon avis, l'album « Mekanik Destruktiw Kommandoh » (1973) est un chef d’œuvre du rock progressif.

4.

Sur l'édition de poche de « Par-delà le bien et le mal », de Nietzsche, je contemple le visage de l'actrice Dominique Sanda dans le rôle de Lou Andreas Salomé.

Il y a toujours quelque chose qui échappe dans le visage. Quelque chose du bout de la langue. Pour peu, on croit saisir une généalogie, le visage vieillissant d'une mère, la rudesse d'un visage de paysan d'avant la révolution industrielle, une lignée obscure de travaux et de jours, de fiertés et de nécessités... comme c'est fugace... puis l'on se souvient qu'un visage, c'est d'abord de la chair recouvrant une mâchoire et son crâne.

5.

« Cet autre être de l'étant est devenu entre-temps – et c'est ce qui caractérise le début de la Métaphysique moderne – la subjectivité. »

(Heidegger traduit par Wolfgang Brokmeier, « Chemins qui ne mènent nulle part »)

Seul celui qui affirme la conscience de son individualité, et donc sa singularité, peut remettre en doute la légitimité de Dieu jusqu'à le déclarer mort. Les peuples en proie aux dictatures sont tenus de croire soit au dieu garanti par la théocratie, soit à l'homme providentiel qui les dirige. La subjectivité et l’exercice aigu de la conscience sont liés à la libéralisation des sociétés. « Dieu est mort », et les humains s’entre-tuent.

Note : Faut-il avoir cru en Dieu pour le déclarer mort ? Je ne sais pas. Il s'agit peut-être du dieu de nos éducations, du dieu au cœur de la civilisation occidentale, auquel beaucoup croient sans croire.

Patrice Houzeau

Malo, le 26 octobre 2022.

16 octobre 2022

PAR CE QUE J'IGNORE

PAR CE QUE J’IGNORE

1.
Serge Brussolo. « Les Cavaliers de la pyramide ». Comme dans beaucoup de romans dits de genre, le texte n’est pas si avare de références qui donnent lieu parfois à des notes : « La poudre à canon est en grande partie composée d’une moisissure : le salpêtre. »

Non sans rêverie, certaines phrases du roman de Serge Brussolo : « Nous sommes à la lisière de deux univers. Les équipages partis d’ici se sont en réalité embarqués pour l’autre monde. Ils ont trouvé la mort sans arriver nulle part ; voilà pourquoi ils hantent ces lieux » [Shagan].

2.
Les livrets bleus et blancs des « Classiques Larousse » de nos écoles. On en trouve encore sur les marchés aux puces, dans les boîtes à livres. Celui-ci est consacré à Clément Marot.

J’y retrouve le plaisant dizain de neige: « Anne par jeu me jeta de la neige », les échos d’une vie aventureuse, de l’élégie aussi, faisant parler le défunt Semblançay :

« Mes grans trésors, en lieu de secourir,
Honteusement me menèrent mourir. »

3.

« N’y a si belle dame aussi
De qui la beauté ne chancelle ;
Par temps, maladie ou soucy,
Laydeur les tire en sa nasselle »
(Clément Marot, « Chant de may et de vertu »)

Avec ça y a le gniaquard qui fait nyak nyak nyak (normal pour un gniaquard) comme quoi y a qu’la belle dame, sa beauté va pis qui s’effrite ; je ne pourrais dire mieux que Marot, aussi je n’ai plus qu’à me faire des frites.

4.
« Les contemplant tour à tour, j’observe les comportements différents à mes yeux du métal, de la pierre précieuse, du charbon, de la bûche, du morceau de viande. »
(Francis Ponge, « Les trois boutiques »)

Moi, cé rare que je contemple, passque chuis trop nerveux (cé pour ça que je lis pas, au bout de trois pages, j’ai envi de fere bouffer le bouquin a mon dogue), alors vous pensé, contempler tour à tour que déjà chez nous y a pas d’tours y a que des barres.

Cé rare aussi que les choses elles ayent des « comportements différents à mes yeux », passque généralement, je m’en fous des choses, surtout si je les connais pas par leur nom, zont qu’a s’barrer, sont pas chez elles chez les autres.

Je sais bien que le métal il a des comportemens differans selon la chaleur et les degrés qui le font rougir qu’avec ça les « chauffeurs » de l’ancien i brulé les pieds des fermiers pour leur fere dire ou ce qu’ils avé caché leur or et argent.

Quantta « la pierre précieuse, le charbon, la bûche, le morceau de viande », ah ça aussi c’est sûr que quand ça crame, ça se comporte différaman pas pareil, cé pour ça qu’on peut manger le kebab, se chauffer le cor on voit auçi que la pierre précieuse cé pas vraiment utile.

Quand je dis que la pierre précieuse cé pas vraiment utile faut pas le prendre au pied du mur passque je chuis sur un home intelligent come Mélenchon i saurait quoi fere avec, il la mettré dans un grand coffre national populaire, histoire d’avoir une poire pour la crise.

Moi je trouve Mélenchon intelligent qui gagne des sous rien qu’avec les mots qu’il dit que je comprends pas mais faut le fere quand meme. C’est comme Picasso, cé pas beau mais ça coûte sa vache.

5.
« Mékanïk Destruktïw Kommandöh » du groupe Magma me rappelle les Carmina Burana de Carl Orff, aussi Stravinsky, quelque chose de païen dans le kobaïa là, de médiéval, ou d’une Renaissance hantée.

6.
Comme vous nous avez demandé
D’écrire un poème narratif, j’ai décidé
De mettre dedans des mots que vous
Ne connaissez pas et moi itou
Pareil que je les connais pas.
C’est à cause du vocabulaire,
Que j’ai fait comme ça
Parce que du vocabulaire,
J’en ai peu
Et puis ainsi ça fait plus mystérieux…
Pour l’orthographe, c’est ma cousine
Qui a corrigé, c’est une tête, ma cousine ;
C’est normal, elle est au lycée général.
Donc voilà mon poème pas trop banal
(Il n’y a pas de titre, j’ai pas trouvé ;
J’espère que vous m’en excuserez)

La magueline aigrissait ses chamais
Crevettes, serpentines, racle-marais
Elles se glissèrent entre djour et cornioure,
Crevettes, serpentines, lestes dongloures,
Sous les portes, dans les fêlures,
Les lisières et les côtes des pendures.
La maguline aigrissait ses chamais
Tandis que dans l’armoisse
Ils mirauflaient feuillus les fardoisses
La courlardière estongeait sans crisser
Crevettes, serpentines, ô dégoulinantes
Ombres vives, ombres lentes…
Sans bruit elles effaçaient les murs
Réveillaient les poignardés des tentures
Crevettes, serpentines, griffures
Affaissaient les sentinelles plaies morsures
L’une pénétra dans la pardereille
A la fenêtre la lune gonflait vermeille
L’autre pénétra dans la ministreille
Et plongea plongea plongea sa dague
Dans le corps ensongé plongea sa dague
Le prince mourut. Les ombres s’en furent.

7.
Rien qu’avec tout ce que je ne sais pas, je pourais écrire un livre, meme plusieurs je pense.

8.
C’est par ce que j’ignore que je considère qu’un réel existe en soi, et dont je ne suis une condition ni nécessaire ni suffisante.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 octobre 2022.

4 septembre 2022

NEGOCIER LA PAIX AVEC POUTINE ? AUTANT INVITER LE DIABLE A SA TABLE

NEGOCIER LA PAIX AVEC POUTINE ? AUTANT INVITER LE DIABLE A SA TABLE

1.

En septembre 2022, l'Occident considérait que les pertes financières induites par la sale guerre de Poutine en Ukraine étaient particulièrement importantes. Poutine doit compter ses sous comme on compte les trous dans un fromage.

2.

Paraît que certains, vus les périls climatiques, estiment que la démocratie n'est pas assez adaptée à la résilience et en appelleraient à une dictature verte, avec crédit social à la chinoise. Les barbecues préparent leurs passeports.

3.

Quand on jongle avec des couteaux, faut pas s'étonner des flaques de sang. Le souci, c'est que vous ne pouvez pas lancer des idées en l'air et aller boire un café sans éviter que retombent les couteaux. Zavez qu'à demander aux missiles.

4.

Paraît qu'à l’extrême-gauche y en a qui trouvent le barbecue trop viriliste. A force de chercher des poux partout, y compris dans les braseros, y en a, vont finir par faire rire d’eux, voire tomber sur un os, voire se brûler.

5.

Qu'est-ce que les gens peuvent parler ! Qu'est-ce que les gens peuvent se reproduire ! Qu'est-ce que les gens peuvent boire et manger ! Qu'est-ce que les gens peuvent être humains ! A la fin, ça en devient presque agaçant.

6.

Depuis que je sais, grâce à Sandrine Rousseau, que la saucisse est l'ennemie du genre humain, je ne regarde plus ma choucroute de la même façon, et je pense que le monde est gouverné en secret par une coterie de bouchers-charcutiers-traiteurs-reptiliens-mondialistes.

7.

Sandrine Rousseau se plaint d'être cyber-harcelée. Elle est surtout moquée.

Sandrine Rousseau n'aime pas les moqueries dès qu'elles sont blessantes.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte, qu'à tort ou à raison, elle est vue aussi, par beaucoup de gens humbles, comme une privilégiée, quelqu'un du pouvoir.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte qu'elle en appelle à la censure et à un ordre moral faussement bienveillant qui est le contraire de nos valeurs démocratiques.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte que ses histoires de jet privé et de barbecue viriliste ne pèsent pas lourd face à la sale guerre de Poutine en Ukraine et aux problèmes des gens qui restent sans emploi ni formation.

8.

Pour être honnête, dans l'affaire Iquioussen, je ne suis pas bien sûr ni de l'honnêteté de l'imam incriminé, ni de celle de Gérald Darmanin, dont nous savons qu'il a une conception toute personnelle de la vérité, surtout quand il la veut officielle.

J'aurais une petite tendance à renvoyer Iquioussen et Darmanin dos à dos en me disant que ni l'un ni l'autre n'ont l'air très franc. J'aurais même une voix de plus en plus forte qui me susurre avec obstination que je m'en bats les yeux, le droit d'abord, le gauche ensuite.

9.

Paraît que Ségolène Royal a encore dit des choses. Ça, Ségolène Royal, elle en dit des choses. Et à force de dire des choses, elle glisse petit à petit, sans même peut-être s'en rendre compte (à moins que) dans le pro-Poutine. Le « processus de paix » ? Quelle sinistre blague !

A côté de la plaque, Madame Royal. Ce n'est pas parce que le président Zelensky a utilisé des informations pour rappeler la souveraineté de l'Ukraine qu'un prétendu processus de paix a été interrompu puisque Poutine dès février 2022 voulait la reddition complète des forces ukrainiennes.

10.

3/11/2022 . J'entends sur France Culture François Heisbourg, se référant aux services de renseignement britanniques, affirmer que les Ukrainiens ont ouvert dans la région du Dniepr et l'oblast de Kherson un large front qui met en difficulté les forces russes.

  1. Apparemment, Ramzan Kadyrov, qui dirige la Tchétchénie d’une main de fer depuis 2007, aurait décidé de quitter le pouvoir, avant, dit-il lui-même, d’être obligé de le quitter sous la contrainte. Lucidité ou disgrâce ? Que décideront ses partisans ? Continuer le massacre en Ukraine ou s’en retirer ?

  2. Tous les jours, les trolls pro-Poutine annoncent le total fiasco de la contre-offensive ukrainienne sur Kherson cependant que le 4/09/2022, certaines rumeurs semblent indiquer que les Ukrainiens poursuivent leur avancée.

    D'autres rumeurs semblent indiquer que, du fait des dommages infligés aux ponts du Dniepr, le ravitaillement des forces russes se fait au compte-gouttes. On parle même de drapeau blanc, d'inquiétude, de moral très bas dans certaines unités.

  3. Ceux qui parlent de processus de paix, de négociations de paix avec la Russie, quitte à lever les sanctions et à cesser de livrer des armes à l'Ukraine (ce qui reviendrait à la sacrifier) se rendent-ils bien compte qu'il n'y a pas de paix possible avec Poutine ?

    Poutine, malgré ses efforts, sait que les soucis démographiques de la Russie, couplés avec un territoire immense et inégalement développé, l'empêchent d'accéder réellement au statut de grande puissance. Il compte donc sur la solution militaire, et va se planter.

    Patrice Houzeau

    Malo, le 4 septembre 2022.

     

 

 

 

27 juin 2022

NON POUTINE N'EST PAS SATAN ZELENSKY ET BIDEN NON PLUS

NON POUTINE N'EST PAS SATAN ZELENSKY ET BIDEN NON PLUS

1.

Les pays du G7 s'apprêteraient à interdire les importations d'or russe. Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni et Japon auraient déjà acté cette décision. Mesure tardive, certes, mais salutaire : l'or russe pue la mort. Poutine pue la mort.

2.

Le président Macron n'ayant pas la majorité absolue, il devra donc négocier avec LR : possible que Damien Abad, vu par bon nombre de Républicains comme un vulgaire opportuniste, ne reste pas très longtemps au gouvernement.

3.

Le coup de Kaliningrad est un coup de maître : l'OTAN bloque Poutine et le prend à son propre piège. Si Poutine prétend contrôler la Mer Noire, l'Occident contrôlera la Baltique, et sans détruire de villes, sans bombarder écoles et hôpitaux, sans massacre des innocents.

4.

Poutine ne pourra conquérir que le donbass : d'ici quelques mois, les Etats-Unis auront rétabli l'équilibre de la terreur nucléaire, sans compter que, contrairement à Vlad-les-gros-bras, les Américains ne communiquent pas sur leurs armes les plus sophistiquées...

5.

Quand le diable aura rappelé Poutine à lui, il est à penser que la Russie connaîtra une guerre de succession, qui pourrait même s'avérer sanglante, Poutine ayant lui-même renoué avec la tradition soviéto-stalinienne des assassinats politiques.

6.

Les deux erreurs majeures de Poutine auront été :

- d'avoir déclenché une guerre en Europe et d'avoir méprisé le jeu diplomatique

- d'avoir sous-estimé la résistance ukrainienne, l'unité de l'UE, la puissance de l'OTAN et des Etats-Unis.

Poutine a déjà perdu.

7.

Evidemment, la sale guerre de Poutine en Ukraine a des répercussions négatives sur l'économie mondiale. Nous constatons tous que les prix s'envolent à la pompe et dans les rayons. C'est inévitable mais songez que la récession touche plus durement encore la Russie.

Et je ne pense pas que la très prédatrice Chine voit la Russie d'un œil aussi bienveillant que les poutiniens le disent. « Dog eat dog ». A mon avis, la Chine attend patiemment que l'économie russe s'effrite puis signera avec elle des contrats léonins.

8.

Que le président Macron n'ait pas la majorité absolue est une bonne nouvelle pour la démocratie : le débat parlementaire est de retour et, du moins je l'espère, réduira la fréquence des manifestations violentes, des émeutes, des troubles.

9.

Quelque chose me dit que Pap Ndiaye ne restera pas longtemps au ministère de l'Education nationale. En tout cas, ses premières déclarations indiquent une méconnaissance du fonctionnement réel des établissements : l'idée de faire rattraper des cours aux enseignants qui auront été en arrêt maladie moins de quinze jours est bouffonne (ne serait-ce qu'en raison des problèmes de gestion des emplois du temps que cela cause...).

10.

« - Les actes des fous, dit Farach, dépassent les prévisions du sage. »

(Borges, « La quête d'Averroës »)

11.

Il arrive qu'en vieillissant, les êtres finissent aussi désabusés qu'un politique qui ne s'est pas fait attraper.

12.

Je lis dans « Le Bouc émissaire », de René Girard, que « la société dite de consommation » fournit « réellement le type de nourriture qu'on lui demande de fournir » (Le Livre de poche biblio, essais, p.213).

Ce qui prouve la réalité de la société de consommation, c'est qu'elle repose sur la réalité de la production, laquelle est régulée par l'offre et la demande, et donc par une organisation sociale basée sur les échanges commerciaux et l'outil monétaire.

Si par la dénonciation des abus de cette production (pollution, aliénation, matérialisme...) les tenants de la décroissance n'en reconnaissent pas la légitimité, ils n'en prouvent cependant pas l'illégitimité. Le défaut n'abolit pas la nécessité.

Ainsi, que l'Ukraine ait été déclarée « pays le plus corrompu au monde » (à l'aune de quels critères?) ne justifie en rien que Poutine, chef d'un Etat qui ne passe pas non plus pour un modèle de vertu, cherche à la dépecer en massacrant ses habitants.

Par ailleurs, imaginer qu'une société ouverte qui ne serait pas basée sur le commerce et la monnaie puisse être viable relève de la régression infantile. Ce ne sont donc ni production, ni consumérisme, ni commerce qui sont la cause des malheurs de ce monde, mais bien plus probablement la surpopulation et l'ignorance.

13.

« La victoire sera trop décisive cette fois pour ne pas entraîner la révélation de la force qui la suscité. »

(René Girard, « Le Bouc émissaire », Le Livre de poche Biblio, Essais, p.152).

Cette phrase de René Girard m'arrête : c'est là la puissance du mot « révélation ». La multiplication des moyens de communication a entraîné une libération de la parole et a permis qu'émergent les monstres des complotismes.

Que cherchent ceux qui pensent que le covid n’existe pas, que les vaccins sont des poisons sciemment administrés, que l'Ukraine serait peuplée de « nazis », que Poutine va sauver le monde et toutes ces bêtises ? A « révéler ».

Pour les complotistes, l'humanité toute entière est soumise à des forces obscures et malveillantes qui cherchent à contrôler l'ensemble des humains. Au fond, nous connaissons depuis longtemps le nom du principe unificateur de toutes ces forces occultes, il s'agit de Satan himself.

Nous ne nous étonnons donc pas des tweets pro-Poutine qui fustigent la diabolique civilisation occidentale, pas plus que des propos de certains bigots américains qui n'hésitent pas à assimiler le droit à l'avortement à la preuve de l’existence du diable sur terre...

Patrice Houzeau

Malo, le 27 juin 2022.

7 mai 2022

EN ATTENDANT QUE POUTINE CONSTERNE LE MONDE

EN ATTENDANT QUE POUTINE CONSTERNE LE MONDE

1.

Si l'on fie aux chiffres occidentaux, les pertes russes en Ukraine seraient en deux mois de guerre de l'ordre de 15 000 morts et blessés, soit plus de 200 soldats par jour. Poutine peut-il se permettre de tels dommages sans que l'opinion russe réagisse ?

Qu'espèrent les milieux financiers russes ? Le rouble reste très faible (1 rouble = 0,014 euro) et la Bourse de Moscou peine à ne pas sombrer, et cela pendant que se met en place le prochain volet de sanctions économiques...

2.

Lavrov est un âne habillé en diplomate.

Un bouledogue aussi, Sergueï Lavrov, qui a déclaré le 2 mai 2022 que « Hitler avait aussi du sang juif ». Outre que le « sang juif » n’existe pas plus que l'intelligence de Poutine, ce lieu commun de bistrot de bas quartier ne fait guère honneur au rang que Lavrov est censé tenir.

En tout cas, si Lavrov voulait irriter le puissant et efficace Israël, il ne s'y prendrait pas autrement... Etrange...

3.

L'étrange candidature Zemmour relève-t-elle d'une opération « false flag » dont le but aurait été de diviser et d'affaiblir l’extrême-droite française ? Par qui exactement Zemmour a-t-il été manipulé ? Y aurait-il dans les rangs des pro-Russes affichés des pas si pro-Russes que ça ? Mystère et boule puante...

4.

Mères, femmes, fiancées de ces soldats russes qui s'imaginent que leurs fils, leurs maris, leurs fiancés se couvrent de gloire en Ukraine doivent comprendre que Vladimir Poutine porte la responsabilité d'une très sale guerre et du malheur de ses soldats.

5.

Le 2 mai 2022, l'UE considère que le paiement en roubles exigé par la Russie pour ses livraisons de gaz constituent un contournement des sanctions décidées par l'UE et une « modification unilatérale et injustifiée des contrats » en cours.

Un bras de fer pourrait donc très vite s'engager entre l'UE et la Russie sur l'enjeu des payements en roubles. Le destin économique de la Russie se joue ici. Si l'UE tient bon et intensifie ses sanctions, Poutine pourrait très vite s'en mordre les doigts.

6.

3 mai 2022. Poutine, au téléphone avec Emmanuel Macron, paraît qu'il « exige » que l'UE arrête d'envoyer des armes à l'Ukraine. Tu n'as rien à exiger, Vladimir, sinon un avocat à ton procès.

7.

Mai 2022. Le rouble vaut 0,014 euro. Le salaire moyen en Russie serait compris entre 45 000 et 50 000 roubles (entre 650 et 700 euros). L'inflation a fait en mars 2022 un bond de 17% contre 4,4 en France. Le PIB russe pourrait baisser de plus de 10% en 2022 (8,5% selon le FMI).

8.

Selon @LePoint Poutine aurait insinué à Macron qu'un arrêt des envois d'armes en Ukraine pourrait mettre fin au conflit...

- Qui accorde encore du crédit à la parole de Poutine ?

- Qu'il retire ses troupes d'Ukraine d'abord et la Triade avisera.

- Poutine essaierait-il de faire comprendre qu'il sait qu'il est militairement, politiquement, diplomatiquement, économiquement battu, ou masque-t-il ses réelles intentions ?

9.

Rumeurs de coup d'Etat en préparation en Russie... Bizarre... D'habitude, rien ne filtre quand on se prépare à renverser un pouvoir. Ne serait-ce pas plutôt des fuites organisées par le Kremlin servant à justifier un éventuel tour de vis stalino-poutinien à venir ?

Maintenant, si Poutine était bientôt évincé et qu'un nouveau pouvoir russe mette fin au conflit en Ukraine, alors tant mieux ; sinon, dommage...

10.

Ursula Von Der Leyen évoque l'avenir de l'Ukraine débarrassée du vampire russe et pense que les investissements de l'UE devront y être importants. Je suis d'accord : ils devront même être massifs, façon plan Marshall de manière à faire de l'Ukraine une des vitrines du Monde Libre.

11.

Le prochain volet des sanctions contre la Russie poutinienne prévoit l'interdiction dans l'UE de certains médias russes très présents sur Internet. Serons-nous bientôt débarrassés des trolls de la Troll Farm de Saint-Petersbourg ? Resteront les Zemmouristes.

12.

Législatives 2022. Marine Le Pen voit sans nul doute le danger d'une alliance avec Zemmour. Elle n'a pas fait tant d'efforts pour dédiaboliser le RN pour que l'électorat de Zemmour, ouvertement pro-Poutine, anti-libéral, voire anti-parlementaire, s'y insinue.

13.

Je n'apprécie guère Macron mais pour l'instant des contre-pouvoirs demeurent. La France est toujours une démocratie, contrairement à la Russie de Poutine qui a viré dictature agressive.

14.

Le RN et Zemmour ont relégué la droite parlementaire classique des LR à un rôle de second plan. LR manque sans doute d'un vrai leader. Ce ne sont pourtant pas les talents qui y manquent. Mais personne ne réussit à s'imposer...

15.

J'apprécie vraiment le travail de Restitutor Orientis, et tant l'étendue de ses connaissances est grande, j'ai même pensé que Restitutor était plusieurs. Quoi qu'il en soit, il est ce que les réseaux sociaux devraient être : un exposé des faits accompagné d'une argumentation intelligente.

16.

Le 4 mai 2022, il se dit en Occident que l'offensive russe dans le Donbass piétine, et que les pertes y sont élevées. Poutine va-t-il :

- essayer de gagner du temps en « négociant » (mais l'économie de la Russie tiendra-t-elle) ?

- ordonner une nouvelle intensification des bombardements ?

17.

Le 6 mai, les médias occidentaux relaient l'information selon laquelle la frégate russe Makarov aurait été touchée par un missile et serait en feu. Si l'information se confirme, à deux jours du 9 mai, la superbe de Poutine va encore en prendre un coup.

Au soir du 7 mai 2022, cette information restait non confirmée.

18.

Le 6 mai 2022. Le rouble perd du terrain face à l'euro et au dollar (1 rouble = 0,014 euro et 0,015 dollar). La Bourse de Moscou termine en baisse. Quand rouble et indices russes remontent, c'est qu'ils ne sont pas tout à fait KO, mais ils ne se portent pas bien du tout.

19.

Des rumeurs persistantes en Occident font état d'actes de résistance sur le territoire russe lui-même (actes de sabotage, incendies...). Y aurait-il une « armée des ombres » de citoyens russes opposés à corruption du pouvoir et à la sale guerre de Poutine en Ukraine ?

20.

Je me demande comment le 9 mai 2022, Vladimir Poutine va s'y prendre pour expliquer que son « opération spéciale » en Ukraine, qui devait être bouclée en 3 jours, n'en finit plus de tourner au fiasco diplomatique, militaire, économique.

21.

Un croyant en un « miracle économique russe » (auquel je ne crois pas) rappelle que l'économie, c'est de l' « énergie transformée ». Certes, mais ça ne suffit pas : il faut aussi que les marchés soient propres, pas trop corrompus, sinon, l'Etat, comme le montre l’exemple du Venezuela, n'en finit plus de colmater les brèches avec du papier monnaie, et ça finit en inflation de moins en moins contrôlée.

22.

Ils ne s'en rendent pas compte, mais le 9 mai 2022, les Russes vont applaudir un chef qui sera bientôt vaincu, une armée qui sera bientôt défaite et dont certains soldats seront bientôt condamnés pour crimes de guerre (viols, exécutions sommaires, actes de barbarie etc...)

Patrice Houzeau

Malo, le 7 mai 2022

17 mars 2022

DERRIERE LE CONFLIT UKRAINIEN LE CONFLIT SINO-AMERICAIN ?

DERRIERE LE CONFLIT UKRAINIEN LE CONFLIT SINO-AMERICAIN

 

1.

Entendu que Poutine aurait promis aux Russes d'augmenter le montant des retraites et des salaires du secteur public. Avec une monnaie qui ne vaut même plus les mots pour le dire, il prépare ainsi le terrain pour une hyper-inflation, le petit père des assassinats.

2.

Ce n'est pas que la Russie se rapproche de la Chine, c'est que Poutine est en passe d'offrir la Russie à la Chine... Les oligarques chinois vont-ils dépouiller les oligarques russes ? La Chine résistera-t-elle longtemps à l'attrait d'une place de leadership de l'économie mondiale ?

Les intérêts américains sont directement menacés par le conflit en Ukraine. En vue, une possible partition de l'Ukraine afin de préserver les intérêts des USA comme ceux de la Russie et empêcher la main mise de la Chine sur les ressources russes.

Si Poutine est rationnel, il négociera avec Zelensky une partition Est/Ouest de l'Ukraine. Si Poutine est fou, il prendra l'Ukraine, ou s'y enlisera, ruinera son pays et la Grande Russie ne sera plus qu'un état satellite de la très puissante Chine.

Le visage du vingt-et-unième siècle et le sort du monde de demain se jouent sans doute dans le conflit en Ukraine. J'espère que l'administration Biden en a pleinement conscience. Je pense que oui.

La pire solution pour les USA serait d'abandonner l'Ukraine. Il y aurait :

  • constitution d'un bloc central Blélorussie/Ukraine pro-russe et menaçant.

  • Déstabilisation de l'UE et risque de victoires électorales (en France notamment) de partis non-démocratiques sous influence russe.

La meilleure solution pour les USA :

  • négocier une partition de l'Ukraine de manière à préserver les intérêts de Poutine et de Zelensky

    ou

  • aider l'Ukraine à vaincre rapidement Poutine de manière à court-circuiter les appétits de la Chine.

Conclusion : bon nombre de conditions semblent réunies pour qu'en fin de compte éclate une troisième guerre mondiale qui sera suivie par l’avènement d'un monde assez proche de celui décrit par George Orwell dans « 1984 ».

 

Patrice Houzeau

Malo, le 17 mars 2022.

18 février 2022

PUR HASARD DIT LA LANCEUSE

PUR HASARD DIT LA LANCEUSE

 

1.
Cependant que les héros de Godard et Ribera, Axle et Nusky, l'éternaute qu'est une fille mais avec un faux air de garçon, se reposent des précédentes, je regarde vhoup-vhoup-vhouper l'avertisseur de Matt Gammon en écoutant « Mad Puppet » des Goblin.
Des précédentes ou des précédents, selon que l'on parle des aventures, ou des épisodes.

2.
Nusky elle est jalouse, à cause de sa «  fissœur » qu'elle croit que le Axle, il en serait amoureux (d'autant que, mais zavez qu'à lire l'album). Zut me dit que ce n'étaient pas nos affaires ; nous voguions sur les mêmes ténèbres, c'est tout.

3.
Alors qu'une sorte de bouée bavarde récupérée au filet évoquait « l'autre côté », je me demandai de quel côté nous étions, Zut et moi. Zut se moquant de Nusky prit la pose en collants jaunes et noirs et gigue donc la donzelle. Je haussai les épaules.

4.
Dans l'album « Le Dépotoir des étoiles » de Godard et Ribera, planche 4, Nusky se jette au cou de Axle, dont l'étonnement est figuré par un point d’exclamation rose entre deux interrogations vertes, façon agacement mêlé d'une pointe d'attendrissement.

5.
Comme Axle et Nusky envisagent d'aller s'amuser sur « Stardup », je fais remarquer à Zut que « Stardup » (nom de la « planète du jeu » dans « le dépotoir des étoiles », de Godard et Ribera), ça sonne comme « Start up » de la « Start Up Nation » à Macron.

6.
Une voix nous dit qu'il fallait tenter notre chance et nous fûmes obligés de passer la douane et l’œil exercé d'une accorte en bas résilles et uniforme réglementaire. Nous n'avions pas inventé cette créature ; nous la trouvâmes chez Godard et Ribera.

7.
A la douane, il y eut imbroglio et Nusky fut suspectée d'être un « tricheur professionnel » ce qui est étonnant parce que Nusky, c'est l'amoureuse de Axle. J'écoutais la tempête donner d'sa batterie et je croyais y reconnaître des cris d'oies sauvages.

8.
Tandis que la tempête donne d'sa batterie et que j'écoute les Goblin jouer « Profondo rosso », Nusky et Axle se sont mis dans des draps dont Zut ne voudrait pas pour jouer au fantôme dans un film avec Jean Marais et Louis de Funès avec.

9.
Alors Axle et Nusky, je ne les vis plus cependant que Zut contemplait incrédule un faux air vieux de président Macron, mais c'était un pur hasard comme nous le confirma la lanceuse de dés qui s'appelait Marianne.

10.
Poussé au bout de sa logique, le nudge (l'incitation par la contrainte « douce ») mène au hasard du tirage au sort. Remarquez qu'en France, on y eut droit aussi sous François Hollande et le tirage au sort des étudiants pour cause d'hypertension universitaire.

François Hollande, entendu dire qu'il avait dit que s'il avait été à la place de Macron, il n'aurait pas laissé les troupes françaises s'enliser au Mali. « Je me serais désengagé plus tôt », il a dit. Et s'il avait été président, aurait-il fait confiance à Emmanuel Macron ?

11.
« Au même moment, un peu partout sur la planète, la même scène se reproduit... »
(Godard et Ribera, « Le Dépotoir des étoiles », planche 11)

Je songe parfois que le réel, c'est de la matière travaillée par une multitude de bras, lesquels, chaque jour, répètent partout sur la planète les mêmes gestes. Nous sommes plus près des insectes que nous le pensons.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 février 2022.

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