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BREFS ET AUTRES
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24 avril 2022

IL Y A DES PLAIES ET DES COUTEAUX PARTOUT

IL Y A DES PLAIES ET DES COUTEAUX PARTOUT

(Brefs en parcourant « La Plume empoisonnée d'Agatha Christie)

1.

« Les langues marchent. », dit la Miss Griffith d'Agatha Christie. Les langues n'ont pas de jambes. On peut toujours imaginer une longue langue bien baveuse et bavarde roulant des hanches sur une paire de gambettes à bas résilles.

2.

La Miss Griffith de « La Plume empoisonnée » précise « qu'on avait découvert l'auteur des lettres ». Avec ou sans confession, vaut mieux s'méfier et ne jamais l'donner à personne, l'aut' Bon Dieu. Rien n'est gratuit. Elle « allait encore en classe » dit la traduction.

3.

Le narrateur de « La Plume empoisonnée » dit :« La lettre avait dû arriver au courrier de l'après-midi ». C'est dans les cervelles que ça naît d'abord, les malveillances, les saloperies, la sale guerre de Poutine en Ukraine. Ça finit parfois par du cyanure.

4.

Il n'y a pas que celle qui « allait encore en classe », il y a aussi la « jeune femme très distinguée, raffinée même », qu'évoque le Owen Griffith d'Agatha Christie. Le notaire a reçu une lettre anonyme, le docteur aussi. Le réel est bourré à craquer d’yeux malveillants.

5.

« - L'ennui, avec les lettres anonymes, c'est que l'épidémie se propage vite. » , fait remarquer le Owen Griffith d'Agatha Christie. Sur Twitter, il y a aussi un genre de pandémie, celle des saloperies rédigées par des salauds qui se croient anonymes.

6.

La Joanna d'Agatha Christie « était très surprise ». Elle pense que dans un « coin comme celui-ci », il ne peut rien arriver de « fâcheux ». Le roman dit que c'est une « réflexion parfaitement idiote. » Il y a des plaies et des couteaux partout.

7.

Selon le narrateur de « La Plume empoisonnée », il y a des maisons « où l'on [a] quelque peine à imaginer qu'on [puisse] y habiter ». Pourtant, elles le sont, hantées...

8.

La Joanna d'Agatha Christie dit : « ça ressemble à un roman !. » C'est l'histoire qu'on lui raconte d'un tyran domestique (« elle était monumentale » commente Mr Pye) et de trois sœurs (je crois qu'elles furent trois). La fiction commente la fiction.

9.

Le choc de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe fut si grand en Occident que bien des esprits ont dû quelque temps regarder leurs occupations quotidiennes, et surtout leurs loisirs, comme de bien étranges contingences à côté de la mort s'abattant sur les Ukrainiens.

10.

Lu « La Souris Bleue », de Kate Atkinson, traduit par Isabelle Caron. Dense, polar plus rose rosse que noir, plein d'élégance, de fantaisie aigre-douce. Le glauque nécessaire au thriller y est, mais masqué, fardé, distancié de sorte qu'on n'a pas cette impression de se faire avoir.

Patrice Houzeau

Malo, le 24 avril 2022.

 

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27 janvier 2022

LUCIDEMENT J'EN SUIS CERTAIN

LUCIDEMENT J'EN SUIS CERTAIN

1.
L'Obs du 27 janvier 2022 met Valérie Pécresse en couverture. C'est sûr qu'un second tour Macron/Pécresse serait plus politiquement correct que le très envisagé Macron/Marine Le Pen.

L'Obs du 27 janvier 2022 met Valérie Pécresse en couverture mais le titre est plutôt dézingueur : « Du centre à la droite extrême : Le double jeu de Pécresse », pas tellement flatteur, et même du genre à faire fuir les centristes et les sympathisants de gauche indécis.

Vous me direz, les centristes et certains indécis de la gauche en miettes vont sans doute voter Macron ; l'argent magique est rassurant ; l'Europe, c'est bien hein ? Même si argent magique et Europe pourraient tantôt nous coûter un bras.

2.
Dans son éditorial de L'Obs du 27 janvier 2022, Céline Prieur rappelle que « les électeurs préfèrent souvent l'original à la copie » et que donc beaucoup préféreront toujours Marine Le Pen, dont l'ancrage dans l'électorat populaire ne fait guère de doute, à l'en même temps pécressien.

3.
Parce que la gauche a abandonné l'ouvrier et l'employé, tout en tentant de faire de la marge une rente électorale (n'est-ce pas, Jack Lang), les Français se sont rappelé qu'ils étaient une Nation et frondent toute gouvernance.

4.
La France est un compromis permanent entre l'esquive qui est la pratique habituelle de bien des Français (et c'est tant mieux) et la bannière de l'intérêt général que le politique agite avec une grande ostentation quand il est pris en faute, ou qu'il en a besoin.

5.
Dans sa chronique de l'Obs du 27 janvier 2022 consacrée aux tensions entre l'Ukraine et la Russie, Pierre Haski évoque la faiblesse de l'Occident « sur la défensive et incapable de se projeter dans un monde où le retour de la brutalité est la norme ».

J'espère que Pierre Haski se trompe. Que l'Europe soit sur la défensive est certain (mis à part le volontariste Royaume-Uni, l'Allemagne et la France se montrent plutôt prudents vis-à-vis de Poutine), mais l'OTAN, je pense, se tient prête et juge lucidement, j'en suis certain.

6.
Pierre Haski dans sa chronique de l'Obs évoque aussi « l'ordre imparfait » qui caractérise l'Europe. Certes, mais c'est là la rançon de la démocratie, qui est basée sur le débat permanent. On peut toujours rêver à la stricte application du « Contrat social », mais l'Histoire récente nous apprend qu'une trop grande rigueur des lois nuit toujours aux libertés individuelles.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 janvier 2022.

 

 

 

1 novembre 2021

QUI C'EST-Y QUI F'RA PLOUF ? QUI C'EST-Y QUI F'RA OUF ?

QUI C'EST-Y QUI F'RA PLOUF ? QUI C'EST-Y QUI F'RA OUF ?

1.
Le maroilles est un fromage du Nord de la France. On en fait des tartes qu'on mange chaudes. J'aime bien le fromage. Quand je mange du fromage, je ne pense pas à Macron ; parfois je pense aux vaches, aussi à Blanquer, quand je mange du camembert.

2.
« Quelle que soit la question qui nous préoccupe, je crois que nous savons toujours d'elle beaucoup plus de choses que nous ne nous le figurons. »
(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée » [le narrateur])

Quand on consulte la notice « inconscient » de Wikipédia, on trouve le mot allemand « Das Unbewusste » que Freud, dit-on, employait par antonymie à « Das Bewusste ». C'est du coffre de la langue que nous tirons ces trésors. La langue est notre subconscient.

3.
Selon Robert Charroux  : « dans les hiéroglyphes du Popol Vuh, conte E. Beauvois, on voyait que leurs ancêtres avaient d'abord habité au-delà de la mer, dans l'est, où ils connaissaient des hommes blancs et noirs qui vivaient sans maison (donc en nomades?) »

Dans les hiéroglyphes - en voilà donc du tarabustant tarabiscoté -
Les hiéroglyphes mayas, on dit qu'ils constituent un ensemble élaboré de glyphes, représentations graphiques de caractères ou d'accents (en vérité, je ne comprends pas ce que je note) et paraît que ce n'est pas en
Hiéroglyphes qu'a été composé le texte que nous connaissons
Du Popol Vuh mais en langue quiché et cela après l'arrivée des Espagnols même que le
Popol Vuh livre que sans doute je ne lirai jamais, que Popol
Vuh paraît qu'ça signifierait « Livre de la Natte » ou « Livre du Conseil » ou « Livre de la Communauté ».

Je me demande mollement de quoi qu'ça jacte, le Popol Vuh. Y est-il question d'hommes volants, de machines volantes, du ministre Blanquer, de la main d'ma sœur et de la culotte d'un zouave ? Va savoir...

J'en profite pour signifier à qui de droit que ma sœur a parfaitement le droit, lorsqu'elle est chez elle, de porter une culotte de zouave. Après, que ma sœur ait une main, rien de plus raisonnable, surtout qu'elle en a deux.

4.
« oh une forêt, nous disons « une forêt » mais qu'est-ce que ça signifie, de combien de petits détails, de petits éléments, de particules, se compose une seule feuille d'un seul arbre ? »
(Gombrowicz, « Cosmos » [un personnage])

Dans « Cosmos » de Gombrowicz, un zig cogite qu'une forêt est un infini de « détails », « éléments », « particules », qu'à mon avis, de quoi qu'il est fait le réel hein ? qu'les physiciens zéquationnent à plus savoir qu'à force vont arriver à zéro + zéro = la tête à Toto. Point schnock.

5.
Hier matin, quelque part dans le continuum espace-temps, Emmanuel Macron et Boris Johnson ont eu un entretien. La rumeur qui court comme quoi le premier ministre De Sa Très Gracieuse aurait balancé des os de poulet à la tête de not' président très aimé est mensongère.

Je ne crois pas non plus qu'Emmanuel Macron et Boris Johnson aient fait une partie de bataille navale, bien qu'il fût question de licences de pêche. Boris et Manu sont dans un bateau. Qui c'est-y qui f'ra plouf ? Qui c'est-y qui f'ra ouf...

6.
Je lis sur Internet ce titre de Capital : « Police : le fiasco a 12 millions d'euros du logiciel pour rédiger les plaintes. » C'est toujours intéressant de savoir à quoi servent nos impôts. #StartUpNation #Darmanin

12 millions d'euros partis dans un logiciel bancal, bah, une paille ! Perlimpinpin va nous arranger ça d'un coup d'argent magique, zallez voir s'que vous zallez voir... et payer ensuite, faut pas rêver.

7.
Ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il ne faut pas fermer sa porte.

8.
Pour les Mérovingiens, l'abeille était symbole de l'immortalité ai-je lu sur le web. C'est bien possible. L'abeille était aussi un symbole napoléonien. Certains en concluent que l'Empereur était initié à je ne sais quelle closerie des mystères... Je vois mal le très rationnel et artilleur Bonaparte faire des simagrées autour de je ne sais quelle symbolique tarabiscotée grotesque au milieu de gugusses qui ne savent pas quoi faire de leur temps.

9.
Ai revu les trois premiers épisodes de « L'Or du Diable », savez, la série sur l'étrange destin de l'abbé Béranger Saunière qui, dit-on, trouva un trésor à Rennes-le-Château. Je ne sais pas s'il y eut ou s'il y a encore (certains le croient) un trésor à Rennes-le-Château mais il est amusant de voir à quel point certains lettrés et hermétistes ont enfumé cette histoire de chasse à la fortune d'un tas de références ésotériques : Prieuré de Sion, luttes meurtrières entre sociétés secrètes, parchemins et peintures codés (« Et in Arcadia Ego »), mysticisme celtique, étranges abbés, cantatrice manipulatrice, Maison de France, fouilles nocturnes et - oh t'as vu ? Un ratichon voltigeur !

10.
Je suis toujours consterné de voir des gens qui ont une sensibilité à gauche s'engager dans l'ésotérisme et s'enthousiasmer pour les soi-disant secrets de sociétés de polichinelles toxiques. Ce celtisme de pacotille masque parfois une idéologie suprématiste nauséabonde.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er novembre 2021.

23 octobre 2021

APPARITION DISPARITION COVID

APPARITION DISPARITION COVID

1.
« Je pensais que, lorsqu’on voyage ainsi, les choses ne se montrent que pour disparaître »
(Gombrowicz, « Cosmos »)

2.
J’entends Benoît Peeters parler de l’art de la bande dessinée au Collège de France (sur France Culture). J’ai du pain Harrys à côté de moi, mon petit déjeuner tout à l’heure. Je touche le sachet de pain (son froissé).

3.
Dans une page de Gombrowicz, le mot « canasson ». Mes élèves le connaissent-ils encore, ce mot ? Je vois tous les jours le vocabulaire de ma langue disparaître. Le sens de l’adjectif « pacifique » pose problème à certains.

4.
Mon chat dort, coussin. Deux mandarines, un plat. Trois grains de raisin. La petite cuillère avec laquelle je touille mon café a un manche vert. Un petit cercle blanc et deux virgules épaisses y figurent une abeille. On s’interroge sur le Pass Sanitaire.

5.
On dit que la possibilité pour l’exécutif d’user du Pass Sanitaire sans l’accord du Parlement pourrait être prolongée jusqu’en juillet 2022, soit après les élections présidentielles. Etrange. Macron est-il si assuré de sa réélection ? Ou alors quoi ?

6.
Le monde est plein à craquer d’évènements dont je me fiche royalement. Royalement. J’aime bien cet adverbe. Me demande d’où ça sort ça l’idée de roi, de reine, de président, de chef, de caïd, enfin quand je dis « me demande » en fait non.

7.
Apparition, disparition… Elvis Presley il apparaît à chaque fois que je le regarde s’agiter dans l’ordinateur. (Elvis Presley hante-t-il les ordinateurs ?) Le monde est-il voué aux fantômes ? L’irréel Roi Lézard gouverne-t-il ce réel ?

8.
J’entends la radio évoquer les déclarations d’Olivier Veran (Véran ?). J’ai beau savoir que cet homme a en fait un pouvoir énorme sur ma petite vie, si vous saviez comme je m’en fiche d’Olivier Véran (Veran).

9.
J’entends parler de mesures impopulaires à Moscou. De dictature en Afrique. De mariages forcés. De #MeToo de #MeeTooThéâtre de #PasDeVagues de mort de mort et encore de mort. Après y a débat. Le monde i vaut quoi ?

10.
L’infini, c’est d’la gomme à camarades. Efface les faces. Mélenchon fait le spectacle avec Bourdin. Le tout, c’est de continuer à faire croire. J’aime bien les chiens, ils aboient, toujours mieux que d’jacasser politique du matin au soir à la téloche.

11.
Les gens d’la téloche, défois i s’rendent pas compte que leurs tronches finissent par nous en flanquer à force de l’indigestion. Je peux plus les voir. Je les regarde et je me dis que je ne peux plus les voir. Nous aveuglent.

12.
On s’attaque au concours Miss France. On déboulonne. On rebaptise. On transgenre tout et n’importe quoi qui qu’esse. Bientôt on interdira les westerns, les films de genre et même les genres. On s’ra tous des anges, faut croire, des bienveillant(e)s.

13
Ah tiens, la caverne. Dans le film « Louis, Enfant Roi » de Planchon, l’enfant Louis (futur Roi-Soleil), cauchemar du royal rejeton chassé de la grotte par son père Louis XIII dont la poitrine « flambe ».

14.
Maintenant quand j’entends parler de « dépenses publiques », de dette, de crise, je hausse les épaules. Cinoche, tout ça. Le vrai, c’est que chacun se sert, s’en met plein les fouilles en fonction de sa position puis faux derche nous fait la morale à la télé.

15.
Fin octobre 2021 : léger rebond du covid en France alors que ça continue de flamber en Europe ; on commence à nous expliquer qu’une troisième dose sera peut-être nécessaire, en attendant quoi ? que les labos les améliorent ?

Fin octobre 2021 : on ne parlait plus guère du Delta Plus. Le voici au Royaume-Uni. Il serait peut-être un peu plus contagieux que le déjà rapide variant Delta. Echappe-t-il en partie à l’immunité vaccinale ? On suppose que non. On ne sait pas. Inquiétant.

Si jamais l’épidémie de Covid repartait en France et si jamais un variant échappant en partie à l’immunité vaccinale surgissait, l’exécutif aurait vraiment beaucoup de soucis à se faire et de bizarreries à expliquer…

Patrice Houzeau
Malo, le 23 octobre 2021.

23 septembre 2021

TOUJOURS UN CHIEN DANS LA RUE TOUJOURS

TOUJOURS UN CHIEN DANS LA RUE TOUJOURS

1.
Dans son « Voyage au bout de la nuit » à Céline, Bardamu parlant de l'empathie de Molly : « Pour la première fois un être humain s''intéressait à moi, du dedans si j'ose dire, à mon égoïsme, se mettait à ma place à moi et pas seulement me jugeait de la sienne ».

2.
A force de lire, relire son sonnet des « Voyelles » au Rimbaud, je finis par y voir des sens qui y furent, y furent-ils pas, j'en sais rien. Peu importe ici le cinoche sémantique, l'énigme cause fantaisie et le « U, cycles, vibrements divins des mers virides » n'a pas fini d'onduler.

3.
Aujourd'hui, c'est la grève dans l'éducation nationale : c'est qu'on n'y comprend plus grand chose à la réforme à Blanquer : empilement de gadgets chronophages et prétentieux, agitation dont le covid a largement prouvé l'inanité ; et maintenant on fait quoi ?

Paraît que Blanquer prévoit qu'il ne sera plus ministre après 2022. J'ai lu quelque part qu'il envisagerait d'être député. Macron pourrait être réélu, mais pas sûr que des ministres façon Blanquer menteur soient assez populaires pour être recyclés dans l'hémicycle.

4.
L'amusant de cette réplique de Porprenaz se croyant mourir est, à quelques syllabes de distance, dans l'emploi des mots « harpes » et « orteil » : « J'entends des harpes. Le Tout-Puissant écarte ses orteils. » (Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

5.
Vivre, c'est participer à l'être humain. Clément Rosset le dit très bien qui parle d'une « très faible et très éphémère participation à l'être ». C'est que nous ne durons guère ; « notre qualité ontologique est désastreuse », à bien des égards.

6.
L'un de mes morceaux préférés du moment est « So may we start » des Sparks (musiqué du film « Annette »). Une mélodie entraînante comme ils savent en fignoler. May we start, may we, may we now start ? qu'ils font les chœurs, un de leurs grands savoir-faire.

7.
« Pour un seul signe déchiffré par hasard, combien pouvait-il y avoir de signes non remarqués, fondus dans l'ordre naturel des choses ? » (Gombrowicz, « Cosmos » [Le narrateur]) Choisissons-nous ce que nous déchiffrons ? L'inventons-nous ?

8.
J'entends l’ironique « Happy House » de Siouxsie and the Banshees, pièce dans laquelle la musique un brin acide et le ton d'la chanteuse façon puisque je vous le dis, le dis le dis le dis démentent des paroles qui, distraitement, pourraient paraître joyeuses :

« We've come to screaaaaaam
In the happy house
We're in a dreaaaaaam
In the happy house
We're all quite sane, ane, ane.
(Siouxsie and the Banshees, « Happy House »)

9.
J'aime les morceaux pop/rock courts et incisifs, les courts poèmes, les fragments, les épars, j'en aime l'escrime, la lame, le couteau bref, et m'ennuie facilement au trop long, trop lourd, pesant comme un politique ou un pensum de lycée.

10.
De même qu'il y a toujours un rhinocéros dans le couloir (défois c'est même une vache), il n'est pas vrai qu'il n'y a pas un chien dans la rue. Il y a toujours un chien dans la rue. Parfois, il se met à gronder, bondit et invisible saute à la gorge du politique imprudent.

11.
Dans le « Série-or été 2020 » de Fluide Glacial (le magazine à faire s'gondoler les pierres tombales) et « Cosmik Roger fait sa valise », ce n'importe quoi qui m'amuse : « Au secours, le commandant vient d'avoir une crise cardiaque de la jambe et il est train d'être complètement mort !!. » panique une hôtesse extra-terrestre de « Cocotiers Spacelines » dans la bédé à Julien et MO/CDM.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2021.


 

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22 septembre 2021

ÇA VA M'JOUER DES TOURS J'PRESSENS

ÇA VA M'JOUER DES TOURS J'PRESSENS

1.
Rimbaud « illuminé ». Faisant poème de notes. Là c'est un finistère, - « que les oiseaux et les sources sont loin ! » -, un désert. « Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant. » « Le saint », « le savant », « le piéton de la grand'route », « l'enfant abandonné » : des solitaires.

2.
Céline politique, délire... Délire, délire, le frise, puis y glisse, l'abîme... A des éclairs tout d'même, des évidences... ceci dans « Rigodon » : « Vous n'allez pas demander ce qu'elles pensent, à des personnes ici ou là.. si elles sont pauvres elles s'en foutent bien !... »

3.
Umberto Eco citant dans « Le pendule de Foucault » un passage tiré d'un livre de Giovanni Papini ; il est question d'une rencontre avec un immortel (Saint-Germain ?) ; çui-là ouine, Monsieur : « La terre n'a plus de secrets et je n'ai plus d'espoir en mes contemporains ».

4.
Je suppose que ce qui est intéressant pour le Diable, c'est la lutte avec le Créateur. S'il gagnait, le Cornu, ce serait universellement, et alors quel ennui, quel immortel ennui. S'il perd, l'Eternel Pater n'aurait jamais créé qu'un troupeau de plus.

5.
Je ne me souviens pas d'avoir lu dans aucun livre la description d'une bande d'anges jouant du jazz... Zont trompettes et l'badabam boum boum du tonnerre, et le bruissement de leurs ailes pour l'scander, le blues céleste. Quel « When the Saints » alors...

6.
De ce que « Tout ouvrage démontre un ouvrier », Voltaire tire une intelligence éternelle créatrice des lois de l'univers comme l'ingénieur imagine ses mécaniques, sans voir que c'est l'humaine raison qui tire une logique du chaos où nous roulons. L'humain est la raison de sa raison.

7.
La première page de « Cosmos » de Gombrowicz (qui lit encore Gombrowicz aujourd'hui ?)... Cette marche du narrateur, accompagné de Fuchs (« une-deux, une-deux ») me rappelle celle du début du « Voyage » célinien, le Ferdinand saisi par le militaire...

8.
Enseigner, c'est aussi les prévenir, les mômes, des catastrophes... sinon quoi, le bienveillant, le rassurant, le résilient ?... Le progrès ? Tu mourras pauvre, mais de plus en plus vieux, veillé par la Miraculeuse caste des Médecins... Obligatoire.

9.
Je me lève le matin, j'allume la radio, je me lève le matin, Macron, Blanquer, Blanquer, Véran, Le Drian, Macron... L'En marche rengaine... J'en peux plus d'l'es entendre, d'en entendre... On dirait d'la mauvaise pub pour du cassoulet en boîte... Ras la choucroute...

10.
Si la France, qu'est bonne fille et tout, en bonus extra des douze sous-marins d'l'apocalypse à pognon de dingue, leur avait filé, aux Australiens, notre Blanquer (The Brain, dis), zussent été ravis en Australie d'avoir un tel génie en prime, pis nous, ça nous aurait fait du débarras.

11.
Miou-miou (c'est un chat), je l'appelle ma p'tite chérie (c'est une chatte) et ma p'tite chérie, je l'appelle Zut. Ça va m'jouer des tours, j'pressens.

12.
Le 23 septembre 2021, y a grève des enseignants. Y en a des collègues qui vont pas la faire... Dommage, car ça se sent que Macron, pour être réélu, est prêt à bien des concessions et lâchage de sous... C'est donc le moment d'en demander pis dans la rue...

13.
Dans l'album « Dulle Griet », de Yves H. et Hermann (« Les Tours de Bois-Maury »), l'étrange cavalier de la nuit et des planches travaillées de gris, s'adresse en langue magique à l'orfraie blanche qui l'accompagne.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

14 septembre 2021

JE NE CROIS PAS AU FANTÔME POURTANT

JE NE CROIS PAS AU FANTÔME POURTANT

1.
Pis ça sera comme si tu étais revenue
Ça sera beau, beau, magnifique ah ça
Sera comme on ouvre le champagne ça sera
Comme avant qu'toutes mes bouteilles soient vides
Si tu étais revenue, si tu étais revenue Si
Tu ne m'étais pas perdue là-bas chez les autres gens si tu
Etais revenue pis là à sourire de ton retour
Revenue d'entre les autres gens, pis pas trop vieille.

2.
On dit qu'les loups sourient avant d'attaquer. Il y a des gens comme ça aussi, paraît. J'ai volé une soucoupe volante : ça m'est moins utile qu'un vélo. Par contre, qu'est-ce que je peux croiser comme hommes en noir. Je crois en Blanquer, que je leur mens. Ils se signent.

3.
On dit l'humain au-dessus de la bête. Pourtant, pourtant, comme c'est drôle de préférer mon chien à bien des humains, que je laisserais volontiers crever la gueule ouverte et bien des souffrances, parce que je ne suis pas un saint moi.

4.
« … du moins devant le tribunal qui est en nous. », a écrit Schopenhauer. L'a l’œil noir. J'entends la voix maintenant fantôme de Juliette Gréco. Les gens, ce sont des fantômes auxquels on croit. Tiens, un livre vole... Il était donc si mauvais... J'aime Belphégor.

5.
« Le sol ressemble à une bouche «  a écrit Houellebecq. On lui voit les dents. Celles qui restent quand plus rien ne reste. Moi mes dents sont chez Hollande. Les politiques ont des meutes de chiens de ma chienne. Aussi condamnés que les talibans.

6.
« C'était dans vos yeux. » a écrit Jeanne Favret-Saada, citant un témoin. Je crois aux sorciers. Aux yeux surtout. Ce n'est pas le réel qu'on y voit, mais l'être du réel. Je crois au verbe. Ce n'est pas alchimie, mais envoûtement. Rimbaud cracha.

7.
Ted Nugent a prouvé plus d'une fois que l'on pouvait paraître très teigneux de droite et être un fichu bon musicien. Je crois aux sorciers du son. N'est-ce pas Kate Bush que l'on a surnommé « la sorcière du son » ? La lune souffle.

8.
La sardine sirupeuse a mordu sournoisement la tsarine. Le monde est plein d’yeux électroniques. Je sors mon chien avec la lune. Le soleil ne s'en laisse pas compter. Une existence de lance-roquettes dans un étang croupi.

9.
Politique : les nains sont de sortie. Ma boussole s'est envolée avec la fenêtre plongée dans le noir. J'ai avalé la sardine qui avait mordue la tsarine. L'était à l'huile d'olive vierge. Les gens malveillants sont souvent très efficaces.

10.
Je ne crois pas aux fantômes, pourtant. Il faut se méfier de son cœur, le couteau est déjà dedans. Le jeu de go m'a sauté à la gorge, je ne m'y attendais pas. J'ai la bouche pleine de pierres.

11.
La jeune femme m'a tourné le dos. C'est parfaitement normal lorsque l'on sait que je n’existe pas plus que le fantôme du Louvre. Longtemps Belphégor hantera nos mémoires. Macron danse. Les prétendants bricolent dans l'ego. Marianne soupire.

12.
Quand on retourne au réel, ce n'est pas sans serpents. La tsarine a soigné sa morsure avec du baume zutique. Comme elle était morte, je lai ressuscitée (un auteur n'a-t-il pas tous les pouvoirs?). Les murs ont des affiches.

13.
A force de travailler dans le sens avec des gens qui n'ont pas le même sens que vous, on finit par écrire des zutismes. « La raison est un gros chien tendre » écrit Houellebecq. Mon fusil est très pur. J'aime les chiens de chasse.

14.
« Tant la volonté est toute-puissante sur l'intelligence », écrit Schopenhauer. Les dieux sont-ils la volonté des bipèdes ? Les oiseaux qui crient au loin (mouettes, goélands, formateurs) me rappellent Pink Floyd. Je n'écris pas sans ma chauve-souris.

15.
Quand on discute pédagogie, il faut savoir mettre son petit Blanquer dans la poche. Je ne suis pas méchant, mais mon ironie peut être fatale. Quelques mots, prononcé sur un certain ton, avec l’œil ad hoc (l’œil noir qui te regarde, toréador) et vous voilà mort.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

4 septembre 2021

BRRR FIT LA COMTESSE

BRRR FIT LA COMTESSE

1.
« Je suis celui qui pourrait être. »
(Georges-Emmanuel Clancier)

Lorsque je cite ce vers de Clancier à mon fantôme, celui-ci me répond invariablement : « Et moi donc... » ou alors « Tu l'as dit, bouffi ! » ou encore : « C'est clair comme pas une ombre au tableau » sans oublier : « Ah ne m'en parlez pas, mon brave monsieur que je hante sans le connaître vraiment.

2.
« En gros, je dirai que les lecteurs ne voient pas bien où vous voulez en venir et ils attendent que quelqu’un réponde. »
(Lilian Jackson Braun, « Le Chat qui disait cheese » [Qwilleran])

« M’est avis que les lecteurs, surtout ceux qui ont des yeux, un cerveau et quelque espérance dans la vie, ne voient pas bien où vous voulez en venir et attendent que quelqu’un. »
-      Que quelqu’un quoi ?
-      Que quelqu’un, quoi.

3.
Véran tacla Blanquer sur la fameuse utilisation « détournée » des Allocations de Rentrée Scolaire (ARS). Véran a raison. Il est toujours étonnant de voir des gens qui n’ont jamais été dans la gêne expliquer aux « pauvres » la façon dont ils doivent utiliser l’argent qu’on leur concède.

4.
« La réponse arriva sur une voix haut perchée qui semblait incongrue chez un homme de cette corpulence. »
(Lilian Jackson Braun, « Le Chat qui disait cheese »)

La réponse arriva sur une voix en forme d’aéronef invisible et si haut perchée qu’elle semblait tutoyer les branches aux anges pendus (ach ! gothik !) et très incongrue dis chez un gaillard de cette corpulence, hache sur le dos et mâchoire façon piège à loup.

5.
S’ils étaient rationnels, les gens voteraient écologiste parce que la planète est en train de cramer d’partout qu’on nous dit, mais outre, que je ne crois absolument pas en l’efficacité ni en la cohérence des écolos, je vais soutenir la droite parce qu’au fond, je m’en fous.

6.
Zemmour citant Coluche : « Le malheur humain est trop grand pour l’homme. » la conclusion s’impose.

7.
« - Brr ! fit la comtesse d’une voix à l’accent étranger distingué. »
(Agatha Christie, « Les Sept cadrans »)

8.
« mais, d’après la forme de l’empreinte et la manière dont le gazon était foulé, je ne crois pas que le revolver ait été lancé de là »
(Agatha Christie, « Les Sept cadrans » [Battle])

Mais, d’après la forme de l’empreinte (notez les pizzicati que fait la musique à ce moment où Rouletabille s’enfonce dans le tout ce qu’on ne voit pas et qui est là pourtant…) et la manière dont le gazon est foulé, je ne crois pas que l’éléphant se soit jeté de ce holà !

9.
Rentrée 2021. Le président Macron nous refait le coup de « l’école du futur » et des « pédagogies innovantes ». Soyons sérieux, ça fait trente ans qu’on est dedans, l’innovant pédagogique, et ça donne quoi ? Des universités qui craquent et un manque consternant de main d’œuvre.

10.
« Quand les steaks arrivèrent, Qwilleran avait eu le temps de réfléchir. »
(Lilian Jackson Braun, « Le Chat qui disait cheese »)

Quand les steaks arrivèrent sur leurs fringants dadas ponctués de moutarde et accompagnés d’une tournée de blondes croustillantes, Zut avait eu le temps de réfléchir au destin des bêtes et dévora quand même tout en songeant que la prochaine fois elle prendrait du poisson.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 septembre 2021.

30 août 2021

MIAMZ-MIAMZZZ ET CELA SANS DOUTE AUCUN

MIAMZ-MIAMZZZ ET CELA SANS DOUTE AUCUN

 

 

1.

Je suppose que pour des extra-terrestres
Anthropophages ça doit bien exister dans
Une dimension quelconque du multivers où
Paraît qu'y en a tout un infini d'mondes
Qu'on y a pas accès mais si ça se trouve
Ça fait lurette et astronomie qu'il y en
A des Gones des autres côtés qui passent
D'un miroir l'autre avec la facilité que
Vous mettez pour boire un godet pis nous
Reluquent en passant la langue sur leurs
Trois lippes MiamZ-MiamZ s'disent-ils en
Leur langue avec un Z pour faire genre à
L'autre côté du Zétrange qu'donc tout ça
Dit que les vivants c'est d'la boucherie
Qui marche marche marche MiamZ-MiamZZZZ.

 

  1.  

    Ça existe ça une jambalaya de poisson-chat
    Ou bien c'est Michka Assayas qui l'invente
    Pour les besoins de son émission sur Dylan
    Que ma chanson favorite au Dylan c'est One
    More Cup Of Coffee (Valley Below) pour son
    Refrain bien balancé façon j'vais aller au
    Bout du coin d'la rue m'acater du tabac et
    Pis peut-être que j'vais m'arrêter pour un
    Café ou une bière oùssqu'il est mon cheval
    « One more cup of coffee for the road
    One more cup of coffee fore I go
    To the valley below »
    Mais bon j'suis pas trop fort en Dylan non
    Plus J'aime bien surtout quand il prend le
    Soin d'laisser un peu d'place à la musique
    Passque sinon déjà que j'pige que couic et
    Perlimpinpin à ce qu'il nasillarde le coin
    -coin à guitare alors si on les entend pas
    Les sonorités électrico-rythmiques un poil
    Casse-pieds Dylan que tout d'même l'violon
    Qui gazouille et zèbre et zigzague tout au
    Long de l'album « Desire » si je me trompe
    Point eh bien c'est chouette les aminches.

     

  2.  

    « Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues,
    Entre des quais roses et verts,
    Pendant des millions de lieues,
    Vers les confins de l'univers »
    (Baudelaire, « Rêve parisien »)

     

    Baudelaire, il le rêvait pastel, l'univers
    Liquide et portuaire, élancé vers l'infini
    Mignon comme un dessin de môme, bisounours
    Charmant dandysme qu'en fait moi je l'vois
    Tout troué d'gouffres amers que les mondes
    I tombent dedans l'univers à en finir tous
    Atomisés départiculés néantisés vapeur pis
    Les talibans i seront plus talibans seront
    Plus rien du tout les talibans nib et nada
    Qu'il y aurait pas besoin de daech pour la
    Pulvériser la théocratie talibane et daech
    Même chose dans la farine du grand rien du
    Tout du coup ça me fait sourire quand même
    S't'univers Ah flûte une niaiserie que sur
    France Inter on entend because correct sur
    Le vivre-ensemble résilience pouah pas bon
    On dirait du sous Yves Simon mais bon j'ai
    Pas trop écouté non plus les paroles si ça
    Se trouve y a du double sens j'suis d'fort
    Mauvaise foi Quand même je l'appréciais un
    p'tit peu le Yves Simon « Les Fontaines du
    Casino » pour la nostalgie et la violonade
    « Ma mère chantait les feuilles mortes
    Devant notre porte
    Et dans un vieux poste à galène
    Traînait l'âme des poètes »
    Pis pour « Zelda » aussi le côté variété à
    Influence psychédélique c'était pas si mal
    Bon vous me direz tout ça nous éloigne des
    Vers de Baudelaire que voulez-vous qu'j'en
    Dise que moi l'univers ce serait plutôt du
    Grand sable mouvant bleu pétrole pis plein
    D'trous dedans rose dégueulis de rosé vert
    Choucroute moisie pourrite pendant le laps
    De temps qu'il faut à dieu pour nous péter
    A la gueule voilà c'est dit c'est fait bon
    Là-dessus j'vais manger du saucisson en me
    Rappelant la donzelle croisée ce matin que
    Moi j'allais m'acater d'la mozzarella chez
    Quelque mozzarelliste virtuose mais y en a
    Pas Nul mozzarelliste virtuose dans l'coin
    Que du coup j'acate d'la mozzarelle d'chez
    Fromton Industry alors la jolie demoiselle
    Portait jupe seyante qu'illico m'a fait au
    Paragraphe 6.1224 de l'essentiel Tractatus
    Logico-philosophique à Wittgenstein songer
    Comme vous pouvez penser & sans nul doute.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 août 2021.

 

12 juillet 2021

LE PRESIDENT COVID

LE PRESIDENT COVID

1.
Je crains que, quelques soient les mesures prises par le président Macron (vaccination obligatoire et/ou extension du pass vaccinal), la société française en sorte divisée, sinon fracturée pour longtemps.

2.
Viens d'écouter le président Macron à la télé : fin de nos libertés individuelles: autoritarisme, volontarisme, réformes très verticales au service dit-il de la reprise en main par chacun de son « destin personnel ». C'est confirmé, Macron se prend vraiment pour Jeanne d'Arc.

3.
La vaccination obligatoire ? de toute façon, on n'y coupera pas : trop de variants de plus en plus virulents. La réforme des retraites et la verticalité des réformes (via la « réforme de l'Etat ») ? Macron ne sera pas réélu en 2022. Et à mon avis, il ne se représentera pas.

Si on ajoute à cela la catastrophique réforme Blanquer et le fait que le président Macron ne semble pas avoir la moindre idée sur la façon dont il va, sinon faire baisser, du moins empêcher que la dette publique continue à s'alourdir, je crois que politiquement, la Macronie est morte.

4.
En Europe, actuellement, face au covid, deux stratégies différentes : celle très libérale de Boris Johnson, et celle très étatiste (sinon autoritaire) de Macron : qui a raison ? A mon avis, on ne va pas tarder à le savoir. Et comme on disait jadis : Vae victis.

5.
L’extension du pass sanitaire. Bah, ça va être comme d'habitude en France : dans certains endroits : hyper appliqué et dans d'autres, à la tête du client, voire appliqué pas du tout. Je sens que l'on va encore solliciter abusivement les Forces de l'Ordre.

6.
Ne soyons pas hypocrites : Le président Macron a ce soir, lundi 12 juillet 2021, et à sa manière rendu la vaccination obligatoire pour l'ensemble des Français. Ne reste plus à espérer qu'un variant pernicieux et létal ne va pas débarquer d'ici quelques mois et fiche tout en l'air.

Ne soyons pas hypocrites : Soit Macron a raison et il restera dans l'Histoire comme un président qui aura évité le pire à son pays et pris le premier au sein de l'UE des décisions certes autoritaires mais salutaires ; soit il se trompe et alors, il aura intérêt à courir vite, très vite...

7.
J'interroge mon cheval
Qu'est-il arrivé au monde ?
Qu'est-il arrivé aux gens libres ?
Mon cheval rit d'un long rire de gilet jaune.
J'interroge la science
Qu'arrive-t-il à la République bleu blanc rouge ?
La science est pleine de bégaiements.
J'interroge Zut la lucide
N'est-ce pas que Macron n'a pas le mauvais œil ?
N'est-ce pas que l’Oeil n'a pas jeté l’Oeil sur Macron ?
Zut la lucide a l’œil noir et brillant
La télévision est-elle hantée ?
Y aura-t-il un variant Gilet Jaune ?
Y aura-t-il un variant vaccinal ?
Y aura-t-il de la neige à Noël et du rouge sur les gaufres ?
Macron est-il un grand homme ou si petit riquiqui à finir écrasé par les bottes qu'il vient d'enfiler ?

8.
Ce soir, lundi 12 juillet 2021, la France n'est pas devenue une dictature. Mais Macron a clairement décidé d'un tournant autoritaire, peut-être salutaire (peut-être), et ce tournant, j'espère que LREM va l'assumer et ne tentera pas d'endormir l'électeur.

9.
Chaque fois que Macron prend la parole, il nous promet que les mesures prises nous permettront bientôt de retrouver une « vie normale » (les « jours heureux » qu'il dit) et puis ça n'en finit plus et c'est même de pire en pire.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2021.

9 juillet 2021

D'LA TRAPPE A CLOWNS

D'LA TRAPPE A CLOWNS

1.

Manquent pas non plus d'intellectuels qui avec force références universitaro-sociologico-pédagogistes justifient la sottise du contrôle continu et de la massification de l'enseignement supérieur. Ce sont des idéalistes. Aucun sens du réel.

2.
Les gaullistes de 68, s'ils voyaient ce que Blanquer a fait du baccalauréat, ils diraient peut-être : « C'est quoi, cette chienlit ? C'est quoi, ces élucubrations gauchistes ? Les cocos ont pris le Ministère ? Mesmer, sortez les chars ! »

3.
Nous prennent pour des cons pis après i chouinent à cause de l'abstention... « crise de la démocratie » i zappellent ça... crise de lucidité oui... zont peur aussi de perdre leur boulot, défois qu'les militaires finiraient par leur piquer la place...

4.
Quoi qu'il en coûte a réussi à les laisser ouverts... A quel prix ?... Circula fatal le virus... Taquina les mômes... les familles... Papy-mamy ont pu en faire les frais... le dira jamais, Blanquer... Noiera le poisson électeur dans ses statistiques pifométriques...

5.
Jeux Olympiques en huis-clos... Les Américains laissent l'Afghanistan se débrouiller avec les Talibans... Quid des terres rares ?... Des accords auraient-ils été passés... A-t-on négocié honteusement les richesses naturelles ?...

6.
Le Bac est mort, vive Blanquer !... Ai vu fleurir sur twitter #XavierBertrandLeProuteur... potache... Certains tweets sont talentueux dans le genre zutique... ça vaut quoi ? Quelques pets... On s'en fout.

7.
Une corruption tolérée, plus ou moins contrôlée, est-elle la rançon de la démocratie ?... Avant, on se doutait mais on en parlait pas... Maintenant, tout se sait, ou finit par... Après, on peut toujours rêver la démocratie morale... Façon Mélenchon... la dictature éthique...

8.
Y a itou la tyrannie des incompétences... démocratisation des Grandes Ecoles... Quand ça va pas, on met les têtes d’œuf en stage dans les collèges REP, à la place des contractuels... surtout pas donner à penser que Sciences Po baisse de niveau...

9.
Bin oui, on peut être de droite et favorable, en cas de crise, à un impôt de solidarité sur les grandes fortunes... Du moment que ce n'est pas systémique... Faut revoir son histoire économique... Taxer le grand bourgeois défois c'est utile...

10.
Préparent les esprits... Conseil scientifique... Le variant Delta serait plus résistant à la vaccination... On rentre dans le dur... la prédiction du médecin chinois : « plus de morts que les deux guerres mondiales ! »... En Tunisie, c'est le chaos sanitaire, paraît...

11.
Mézigue, Xavier Bertrand, je m'en fous... n'a quand même pas l'air d'avoir inventé l'eau chaude... un gestionnaire comme un autre... un « comptable »... Moins intelligent que Macron, sans doute... moins trouble ?...

12.
Des comptables, c'est ça qu'elles nous ont pondus, les Grandes Ecoles... les autres, les vifs d'esprit, technocratisent dans l'ombre... se remplissent les poches en nous préparant la société européenne, multiculturelle, polyconnectée et omnisurveillée.

13.
Xavier Bertrand est contre les Primaires après avoir été pour ? Et alors ?... Zavez pas vu, à gauche comme à droite, ce que ça a donné en 2017 : Hamon coula le PS et Fillon flingua la droite... Les Primaires, c'est d'la machine à perdre... d'la trappe à clowns...

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juillet 2021.

19 juin 2021

LES CHEFS C'EST LES CHEFS ET LES CHEFS I ZONT DIT

LES CHEFS C’EST LES CHEFS ET LES CHEFS I ZONT DIT

1.
« Issu de l’écume des mers comme Aphrodite
Sois docile puisque tu es beau Naufragé »
(Apollinaire, « Le larron »)

Issu qu’on est… qu’on est forcément issu de quelque part…
De quelque part là … ah soyez pas vulgaire hein… pas d’ailleurs… de
L’écume je sais pas… on fut tous poissons… il y a
Des siècles et des siècles et des siècles … avant les géants… Des
Mers qu’on vient… avant les grands sauriens là…
Comme on peut pas s’en souvenir… de l’écume là qu’elle est sortie
Aphrodite je sais pas qui c’est… cor un nom à coucher dans l’dictionnaire ça hein.

2.
Sois docile là hein… c’est quoi tout ce bordel là hein ?... faut êt’
Docile là hein les chefs i zont dit… et les chefs c’est les chefs hein
Puisque toi t’es pas chef non défois ? les chefs i zont dit là hein
Tu te tais là hein maintenant… c’est Blanquer qui dit hein toi
Es-tu chef toi là hein ? Non hein c’est les chefs qui disent t’es
Beau toi t’es pas chef non défois ? les chefs i disent c’est les chefs hein
Naufragé hein reste sur ton île c’est les chefs qui disent pas toi hein

3.
Alors quoi… c’est quoi tout ce bordel là hein avec c’qui
Survint là hein… c’est du virus on dit… chauve-souris pangolin c’est
Le covid quoi c’est dingue s’t’affaire pis tout du
Variant là… variant anglais variant indien variant mécoule là hein
Delta les chefs i disent là c’est quoi ça Alpha Bêta Fermta là hein.

4.
« La ville est métallique et c’est la seule étoile
         Noyée dans tes yeux bleus
Quand les tramways roulaient jaillissaient des feux pâles
         Sur des oiseaux galeux »
(Apollinaire, « Un soir »)

La ville c’est pas la campagne hein y a plus de monde la
Ville c’est la jungle c’est un autre monde là y a plus de monde là… elle
Est métallique la ville hein forcément hein elle est pas en carton
Métallique qu’elle est… pas en carton on va pas la déchirer hein
Et mécanique aussi la ville métallique mécanique cosmopolite
C’est un autre monde là y a plus de monde là
La ville y a plus de monde cosmopolite on dit…

5.
Seule quoi qu’est-ça veut dire ça seule ? Une
Etoile elle est seule qu’on dit qu’elle est seule là
Noyée dans tout ce noir là… ce schwarz là…
Dans tout un noir là… mais elle sait pas qu’elle est seule là l’étoile… c’est
Tes yeux qui voient ça là… la seule étoile… c’est dans tes
Yeux qu’elle est seule l’étoile… sinon elle, a sait pas… c’est comme les
Bleus là t’sais là les tiots nains tout bleus là hein i savent pas non plus
Quand tu vois là ton môme i lit ça hein ces conneries là hein
Les tiots nains bleus là avec leur gant d’toilette sur leur tiête là hein

6.
Tramways allez roulez les tramways c’est fait pour rouler les tramways i
Roulaient jadis les tramways on voyait ça dans l’temps des vieilles photos i
Jaillissaient les tramways sur les cartes postales dans les capitales
Des tramways c’est comme pour dire que maint’nant y a des voitures des
Feux c’est comme pour dire que des feux y en a la nuit défois
Pâles comme des revenants du cimetière dans le ciel défois des feux
Sur les champs ils passent ces feux c’est pas les machines hein
Les machines on les r’connaît bien hein non c’est des feux comme les
Oiseaux… je dis comme les oiseaux comme pour dire dans le ciel
Galeux je sais pas moi s’que ça vient faire ici ça « galeux ».

7.
« Monjoie » y en a i crient ça « Monjoie
Saint-denis »… C’est les chevaliers ils criaient ça là dans les batailles
A l’heure qu’il est on crie plus ça… On est en république… « A
Bas la Macronie » il a crié l’autre à la télé
La Macronie… J’sais pas s’que c’est… je connais la France, la Belgique, la
Macronie j’connais pas… S’t’au Canada ça, ou quoi la Macronie ? Elle
Est où la Macronie, c’est le pays des macrons là ou quoi là… C’est quoi
Un macron ? Ça existe ça au moins hein… j’crois pas moi
Des macrons z’en avez déjà vus vous autres ? c’est cor des
Trucs qu’on invente… qu’est-ce qu’on invente pas hein c’est dingue
Les macrons, les LREM, hein tarte à la crème farine tout ça
Plus y en a plus on en invente… Ça n’arrête pas… Les classiques les
Baroques les modernes… Ça n’arrête pas… Les variants
Qu’on sait même pas combien il y en a… Qu’on en
Ait, j’sais bien… c’est dans l’air… Ça s’propage… C’est quoi s’bordel ?
Entendu à la radio là qu’le variant delta indien i s’diffuse là
Depuis quelques jours on dit i s’diffuse… C’est sous contrôle i dit le chef
Longtemps encore là, sous contrôle, hein c’est quoi ça ?

Patrice Houzeau
Malo, le 19 juin 2021.

13 juin 2021

CHAPITRE TROIS L'ATTAQUE DES ZÔTRES QUI N'EUT POINT LIEU

CHAPITRE TROIS : L’ATTAQUE DES ZÔTRES QUI N’EUT POINT LIEU

1)    Donc dans le château, un cri retentit figeant un bref instant le baron Papa-Tango-Charly et le chevalier inconnu dans la sauce du réel. Qui a poussé ce cri ? C’est soit le miaulement suraigu d’une demoiselle à la vue d’une souris vive, vivace, trottinante,

2)    Soit le cri aigu rauque et grave pourtant d’un demeurant qui s’estoit planté le doigt avec le clou, soit le cri d’alarme d’une sentinelle à la vue d’une horde de Zôtres tout en armes galopant furieusement vers ce castel.

3)    « Kikacrié ? » dit le baron déglacé. Cette interrogation fut suivie d’un grand ramdam froufroutant dans l’escalier d’à côté. « Mon père, c’est affreux » fit la demoiselle du château pénétrant dans la salle seigneuriale. « Koikis’passe ? » fit le baron alarmé.

4)    « Ah mon père ! n’avez-vous point ouï le cri d’alarme de la sentinelle ? Des Zôtres, mon père, des Zôtres galopent furieusement vers ce castel ! Du coup, vostre fils s’a planté le doigt avec le clou qu’il clouait pour voir si le hareng saur pendulait,

5)    La souris échappa au chat (d’où le miaulement rageur) ! Ah mon père, c’est affreux ! » Lors le baron s’adressa au chevalier inconnu : « A peine arrivé, il vous faudra être héroïque ! Allons aux armes, chacun à son poste et fermez les hublots ! »

6)    Y eut-il grande bataille ? N’y eut-il pas grande bataille ? Le chat rattrapa-t-il la souris ? Le hareng-saur se mit-il à penduler toujours, toujours, toujours, comme fait le pendu que pousse vent d’est et que vent d’ouest repousse ? Je ne sais passque j’avais une course à faire.

7)    Si l’on admet qu’il y eut grande bataille (bruit, fureur, testes, bras, gambes, oneilles, membres de tout poil tranchés pis éparpillés, lances brisées, chevaux troués, herbe rougie, échelles cassées, vaisselle cassée, c’est la fessée),

8)    Si l’on admet qu’il y eut grande meslée, ça fait quand même beaucoup de choses à expliquer et à ranger après la représentation. C’est casse-nougats. Aussi il n’y eut pas grande bataille, le chat bouffa la souris, et pendula le hareng-saur.

9)    J’ajoute qu’en ces temps de post-covid, il serait indélicat de profiter des congés du Variant anglais, lequel sera remplacé à la rentrée de septembre par le Variant indien pour se mettre à dépenser force argent dans des batailles et leurs doubles.

10)  En effet, cet argent, Messire Macron est obligé de l’emprunter à l’Europe (laquelle grimace, surtout chez les parpail… euh… chez les frugaux du Nord) tout en vendant plein d’avions très chers à des pays qui n’ont pas les moyens de s’en payer afin que l’on croit que.

11) Afin que l’on croit que l’argent rentre en Macronie, Messire Macron vend des Rafales (vifs avions, très beaux, très chers pis pour faire la guerre) et autres armements tant époustouflants que massacrants. Du coup, ça fait des sous car certains sont très riches.

12) Mais nous, Français, soucieux du droit des peuples à s’entretuer et de l’égalité de tous devant la Mort, nous vendons à tous, riches ou pauvres, - à chacun son pan pan tueur, ce qui est fort bon pour la démographie, me dit-on.

13) Quant aux Zôtres, ils galopèrent furieusement vers ce castel. Arrivés au pied du mur, ils reconnurent que ce n’était pas le bon orteil (Ah Nom d’un Homard de Rugy ! rugirent-ils, on s’a gouré ! Scuzez le dérangement !) et ils s’en regalopèrent furieusement en sens inverse.

14)   « Nous l’avons échappée belle ! » fit le baron Papa-Tango-Charly qui n’était guère fameux en dialogues. « Oui, mon père » fit la demoiselle qui s’appeloit Annie-Zette-Annie-Zut et qui estoit belle, blonde, charnue comme frite croustillante ou sautée patate.

15)  Quant au chevalier inconnu, il commençot à trouver tout ça très sot si sot, qu’il se fit les ongles des mains, des pieds et des incarnés (ses fantômes familiers) en songeant à l’avertissement de la Voix : « N’entre en ce castel car péril périlleux tu courras périlleusement ! »

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2021.

21 mai 2021

DEUS IPSE IOCUS EST

DEUS IPSE IOCUS EST

1.
« On pensait jadis, en Chine comme au Japon, que si l’on était aimé d’une personne, cette personne apparaissait en rêve. »
(Renée Garde, « Ise, poétesse et dame de cour »)

2.
Peut-on être « prisonnière du monde des immortels » (je lis ça dans Renée Garde) qu’on serait comme à la croix, condamnée à l’immortalité, que du coup on verrait tous ses vivants s’décrépir pis mourir, sans espoir de retour.

3.
« Bref, nous sommes partis à la recherche de l’âne dans les ruines du postmodernisme. »
(Frank Adam traduit par Michel Perquy, « Confidences à l’oreille d’un âne, Livre premier »)
Trouver un âne dans les ruines du postmodernisme, voilà qui ne devrait pas être si difficile.

4.
Défois on pense des choses. Il est bizarre, ce complément d’objet : « des choses ». Forcément qu’on pense quelque chose, sinon on ne pense rien, ce qui veut dire qu’on ne pense pas. Après, le pluriel, c’est peut-être pour dire qu’on est tout dispersé.

5.
Défois y en a, ils ont la fin pathétique, genre après avoir tant rendu de services, ils finissent oublié délaissé parmi les araignées et les rats contemplants, quand les rats sont contemplants bien sûr, sinon, ils sont plutôt inquiétants et mordants.

6.
« Dieu lui-même est une blague, et l’homme qui la raconte est un bouffon. »
(« Le Grand Livre des Proverbes inconnus » cité par Frank Adam in « Confidences à l’oreille d’un âne »)

Si Dieu est une « blague », alors assassine, la blague, tuante. Quant au bipède étourdi qui « la raconte », nous sommes bien d’accord, c’est un « bouffon ».

7.
« le récit s’arrête, mystérieusement brisé » (lisé-je dans Renée Garde) que peut-être c’est un récit qu’on l’a envoûté avec du cœur de bœuf (paraît que ça se fit) qu’alors (du crime), i s’a brisé comme petit gâteau pis qui s’émiette dans une tasse de thé. #madeleine

8.
Y a un truc avec le Temps que paraît qu’il existe pas, mais que, en théorie, nous dit-on dans des documentaires d’la télé avec des savants et des belles images, on pourrait le remonter, qu’alors, le Temps, ce serait de l’être…

9.
Dans une fable de Frank Adam, un personnage évoque le « rasoir électrique crapahutant », que je suppose qu’il est en quête d’une prise, qu’il en est tout obsédé, d’la prise, l’électrique crapahutant, qu’il en a la lame qui lui sort de là que je sais pas comme ça s’appelle. #FrankAdamEstEpatant

10.
Paraît que même quand tout était recouvert de glace (il y a des lustres que c’était bien avant la découverte de l’Amérique et la réforme à Blanquer), les volcans arrivaient à percer. C’est qu’ils devaient pousser, les volcans là, qu’ils en étaient tout plissés des efforts.

11.
Paraît que Melenchon a traité les policiers qui manifestaient le 19 mai 2021 de « factieux ». S’il était élu, le citoyen là, à coup sûr, il en dénoncerait moult, des « factieux », et vous robespierrirait dare-dare le salut public et la souveraineté d’sa pomme.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 mai 2021

 

 

18 mai 2021

ON DIT QU'AVEC MACRON BAH QU'AVEC BLANQUER

ON DIT QU’AVEC MACRON BAH QU’AVEC BLANQUER

1.
On dit qu’avec Macron ça n’a pas tourné trop rond (casse et gilets jaunes, réformes noiseuses toussa) mais que le bilan économique (avant le badaboum covid) n’était pas mauvais que chaipas qu’il y avait quand même déjà beaucoup d’étudiants dont on ne savait que faire.

2.
On dit qu’avec Macron ça n’a pas tourné trop rond mais qu’avec les zôtres candidats (déjà pour être candidat en ce moment, faut être frappé moi je dis) ça ne tournera pas plus rond qu’à mon avis pour la rondeur c’est fini qu’on va vers la pente. Glissante.

3.
Bah qu’avec Blanquer on est rentré dans l’ère du n’importe quoi éducatif (contrôle continu, ça veut dire contrôle bidon, pis tous les autres gadgets qu’il t’a inventés, le champion d’la marelle là genre « co-intervention », « chef d’œuvre », attestations bidons sans diplômes, etc...

4.
Je ne sais pas si Blanquer a bien conscience qu’il rentrera dans les livres d’histoire comme ayant été un ministre menteur, manipulateur, brouillon, cynique et très peu efficace.

5.
A l’école, faudrait beaucoup plus d’heures de français, surtout de l’orthographe, surtout du vocabulaire, beaucoup de lectures, et de vrais auteurs s’il vous plaît, pas des moralisateurs niais, sans style et formatés pour la jeunesse. La moraline, laissez ça au curé et aux socialistes.

6.
Au début de la pandémie du Covid, lorsqu’on évoquait un accident de laboratoire, on passait pour un horrible complotiste qu’on nous causait pangolin et chauve-souris, et maintenant, on se demande si les Chinois n’étaient pas en train de manipuler du virus tranquillou (dans quel but ?) lorsque patatrac.

7.
Bah, on comprend maintenant ce que la communauté chinoise en France avait compris dès le début de la pandémie : que les probabilités d’une fuite du covid lors d’un accident de laboratoire à Wuhan sont assez fortes.

8.
Du coup, est-il si illégitime de se demander si le virus qui empoisonne le monde depuis un an et demi est vraiment si « naturel » que ça et s’il serait pas un peu légèrement bricolé défois. #Montagnier #Delfraissy

9.
Possible que le Bitcoin ne soit qu’une escroquerie (beaucoup de perdants, très peu de gagnants) ; possible aussi que cette cryptomonnaie témoigne d’une volonté d’entrisme (et de contrôle des transactions électroniques). Reste à savoir au profit de qui.
La valeur du bitcoin ne se fondant que sur le nombre d’utilisateurs, mineurs, développeurs, garantit l’autonomie totale de la spéculation (nous dit-on), sauf que cette valeur finit bien par dépendre des gros spéculateurs.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2021

 

9 mai 2021

CHRONIQUE DU 9 MAI 2021

CHRONIQUE DU 9 MAI 2021

1.
Nous apprenons tous presque chaque semaine le décès des suites du covid d’une personne ayant été contaminée par quelqu’un qui travaille dans un service public. Pour ce qui est de l’école, nous le savons tous, Blanquer nie l’évidence. C’est pour cela qu’il est détestable. Et cette manie qu’il a prise d’aller faire le clown avec les gamins lors de ses tournées des popotes scolaires ne le rend pas plus populaire. Au mieux, cela le rend ridicule ; au pire, on peut trouver cela déplacé, voire malaisant.

2.
Dupond-Moretti veut obliger les agents français de daech sortis de prison à exercer une activité professionnelle. Ah certes, donner un emploi à un islamiste plutôt qu’à un étudiant ou à un jeune sans emploi, bravo ! Et puis, c’est vrai qu’il n’y a presque pas de chômage en France…

3.
En jetant l’opprobre sur le RN et ses électeurs, Dupond-Moretti commet une évidente erreur de communication : il prouve ainsi qu’il n’a rien compris de l’inquiétude des habitants des Hauts-de-France et, plus encore, qu’il sous-estime les problèmes liés à l’islamisme.

4.
Blanquer, défois, il doit se dire, parce qu’il a le sens de la synthèse (c’est un universitaire), non mais qu’est-ce que c’est que tous ces enseignants et lycéens qui bloquent ma géniale réforme, qu’est-ce que c’est que tous ces islamogauchistes d’extrême-droite adeptes de l’écriture inclusive ?

5.
Le mieux serait que Macron et son « en même temps » hypocrite et fédéraliste renonce à se représenter et laisse les Français choisir entre la droite et la gauche. Ce serait quand même plus clair. Parce que la politique à Macron, c’est quand même un peu fourre-tout et opportunisme.
Ceci dit, à vrai dire, je m’en fiche, j’étais pour Macron en 2017, mais quand éclata l’affaire Benalla, je me suis dit que Macron avait des amitiés bien troubles pour un président de la République. Puis ce fut vite le bordel : manifestations, émeutes, Gilets Jaunes, crise sanitaire etc…

6.
On suggère ici et là que l’excellent président Macron comprend parfaitement les enjeux de la crise sanitaire actuelle. Bravo. Il se dit aussi qu’il s’est lancé dans la problématique de La Ligne Maginot qui, dit-on, ne serait pas suffisante pour arrêter les divisions blindées allemandes.

7.
On ne peut pas être à la fois gaulliste (LR) et fédéraliste (LREM), socialiste et libéral (sauf au PS), productiviste (PCF) et écologiste politique (EELV), trotskyste (LFI) et nationaliste conservateur (RN). D’où le fait que LREM ressemble de plus en plus à une union des opportunismes, sinon des traîtrises.

8.
Lu sur Internet : Mona Cousine « dévoile ses fesses sur Instagram et envoûte les internautes. » Euh… si une paire de fesses sur instagram réussit à vous envoûter, zavez quand même du souci à vous faire.

9.
Les lycéens manifestent et n’arrivent pas à dialoguer avec Blanquer. C’est vrai que le ministre, entre ses concours de marelle et ses réflexions sur le cerceau (faudrait lui dire que dans son conseil scientifique, c’est du cerVeau que l’on discute), bin, l’a pas l’temps.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2021

3 mai 2021

PIS QUE J'VOUS RACONTE

PIS QUE J’VOUS RACONTE

1.
« Il ne faut pas oublier que la force qui évolue à travers le monde organisé est une force limitée, qui toujours cherche à se dépasser elle-même, et toujours reste inadéquate à l’œuvre qu’elle tend à produire. »
(Bergson, « Matière et Mémoire »)

2.
Une « force évolue à travers le monde » : j’ai souvent pensé que c’était la force de la Grande Saucisse à révoltes (elle est échevelée, chatoyante, charnue, chasseresse qui est un mot que j’aime bien parce qu’il me fait penser à miroir, à rose, tigre, biscuit. #Saucisse

3.
Parfois, on ouvre la cérémonie, mais il n’y a rien dedans, alors on la referme, on la recoud, on la repose. Les gens applaudissent. Parfois il y a quelque chose dedans, et quand c’est le diable jaillissant de sa boîte, les gens applaudissent quand même.

4.
Le monde est « organisé » qu’on dirait la tête à Blanquer, le ministère à Blanquer, la réforme à Blanquer, tout fut organisé puis un jour se pointa un péquin avec un pangolin sous son bras et il y eut comme d’la moumoute dans le potage. #moumoute

5.
Une force limitée cherche toujours à se dépasser elle-même. Sinon, elle serait illimitée. Et c’est ainsi que les élastiques finissent par craquer.

6.
La force qui cherche toujours à se dépasser elle-même s’appelle la force sotte. Plutôt que de rester tranquille à regarder des Barnaby à la télé, elle s’en va réformer le vaste monde là où les morts ne sont là que pour justifier l’infinie fragilité des vivants.

7.
Comme je voyais passer un plat de choucroute dans le ciel, je m’exclamai : Miracle ! Le Ministère de la Culture vole ! Cela n’eut pas l’effet escompté. Ce ne sont pas des saucisses qui plurent, mais des taxes post-réélection. #Macron

8.
« Il faut du temps à l’éclair et au tonnerre » écrit Nietzsche qu’en effet, l’éclair et le tonnerre mettent parfois un temps infini à le tricoter, leur pull long en fine laine noire qu’après ils le refilent à une chanteuse fière et ça fait enfin d’étonnants concerts dans la saison.

9.
Nietzsche écrit qu’il « faut du temps à la lumière des astres », laquelle parvenant enfin aux yeux experts de nos astro-physiciens nous raconte des durées que moi aussi je me raconte des histoires pour le tenir éveillé, le petit cosmos dans ma tête.

10.
Défois, je compte mes osses, défois qu’je mourrirais dans l’illico du presto de pas longtemps, mais le compte n’est pas juste et je suis obligé de recommencer ou alors, chez les chiens hein d’aller les chercher.

11.
Défois j’entends des voix, ce qui est étonnant parce que depuis que je suis devenu commode, mes oreilles sont tombées dans le mur. Je ne m’explique pas non plus toutes ces sottises qui m’zigouigouitent la tête pis que j’vous raconte.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

14 mars 2021

CE N'EST PAS LE BICORNE DE NAPOLEON QUI A GAGNE AUSTERLITZ

CE N'EST PAS LE BICORNE DE NAPOLEON QUI A GAGNE AUSTERLITZ

 

1.
Si, en raison de ce qu'elles pourraient être périlleuses, on ferme les cantines des établissements, je suppose que cela veut dire que l'on va distribuer des repas froids aux élèves et qu'ils iront les manger euh... où, au fait, monsieur Blanquer ?

2.
« Songez au malaise que nous éprouvons quand l'orthographe d'un mot est changée. »
(Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski « Investigations philosophiques », 167)

Parfois éprouvé, ce petit tremblement du réel, ce léger trouble, ce « petit malaise ». Nous voilà froissés, légèrement comme une feuille, à peine, par ce changement dans les traits du visage familier. Il bouge un peu, le masque du radical étranger, cette nouvelle orthographe.

3.
« Ah ! nom de Dieu ! Qu'ont donc crié ces entrecôtes
Ces grands pâtés ces os à moelle et mirotons »
(Apollinaire, « Palais » in « Alcools »)

Défois qu'on jure pis en chapelets (« Nom de Dieu ! Fichtre, fouchtre, fachtre ! Ah ! Crénom !) - visiblement, il exagérait – à écouter comme ça crier les entrecôtes, qu'ça dériverait-y d'un illico j'l'invente « faire crier les entrecôtes » peu bienveillant ?

Alors qu'il était plongé dans les « Alcools » d'Apollinaire, se mirent à crier « entrecôtes, grands pâtés, os à moelle et mirotons ». Il s'enfuit en balbutiant qu'il n'y avait plus dans son cerveau que des « rôtis de pensées mortes ».

4.
Ce dimanche 14 mars 2021, la plainte déchirante de la mère d'Alisha, assassinée il y a quelques jours.

5.
Se pourrait-il que la Macronie ait maintenant peur du peuple ? François Bayrou, ce dimanche 14 mars 2021 sur France Inter : il hésite, bafouille, cherche ses mensonges.

6.
Peut-on « déchirer le Ciel » comme je le lis dans Segalen. Y a-t-il une « pierre cachée dans les broussailles » ? Y a-t-il une épée dissimulée dans la chapelle ? Y eut-il une pucelle sur ce cheval ? L'Histoire se ment-elle à elle-même ?

7.
Qui « frappe les dalles », qui en « éprouve la solidité » et « en écoute la sonorité » ? Quel est ce narrateur qui, dans un poème de Segalen, prétend ainsi s'assurer du réel ? Ne s'assure-t-on jamais que l'illusion est à sa place ?

8.
L'autre ne peut-il jamais que nous croire, ou pas ? Ce que nous pensons du réel suppose-t-elle son existence ? Non. Je puis penser Dieu sans croire à son existence. L'être suffit.

9.
« Supposons qu'il me dise : « Ce n'est peut-être pas si grave. » - N'est-ce pas la preuve de ce qu'il croit à l'existence de quelque chose qui se cache derrière l'expression de la douleur ? » (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 310).

Qu'y a-t-il derrière ce qui n'existe pas ? L'être de ce qui n'existe pas. Et il faut bien un médium de l'être de ce qui n'existe pas. De là l'origine des fantômes. De là la source et le sorcier, les esprits et les sorts.

10.
Ne vivons-nous jamais que par malentendu ? Que signifierait l'expression « entendre le réel » ? N'en serions-nous pas pris d'un effroi chronique, ou de possession ? La condition humaine repose-t-elle sur un malentendu concernant sa nature ? La condition du réel en est-il le malentendu ?

11.
La croissance est-elle la condition de notre sécurité ? Une croissance universelle est-elle possible ? Notre sécurité dépend-elle et de la croissance et du si vis pacem, para bellum ?

12.
Le général de Gaulle aurait dit à plusieurs reprises que les Français étaient des « veaux ». Certes, mon général, mais parfois, ils se font si critiques, si polémiques, si politiques, les veaux.

13.
La liberté d'expression ne fait-elle jamais que se dire elle-même ? Asséner une opinion, se réclamer d'une croyance, est-ce user de sa liberté d'expression ou faire de la propagande ? A quoi sert Charlie Hebdo, sinon à dénoncer l'hypocrisie des propagandes ?

14.
« Ceci n'est point du temps qui se mesure. Acclamons la vertu du passé, le portant comme une chaîne : mais qui soit d'or. »
(Victor Segalen, « Décret » in « Stèles »)

Ce qui ne se mesure pas : l'être du temps (la durée), l'être de l'espace (les infinis). Le commencement est un pour-soi, une donnée subjective qui n'a aucun sens en-dehors de nous. Ce qui est ne commence ni ne finit. L'existant seul se mesure.

Avoir conscience de ce qui n'existe plus crée-t-il le lien entre passé et présent ? L'Histoire est-t-elle constituée de ce qui n'existe plus, ou de ce qui en reste ?

En quoi le passé serait-il vertueux ?
Parce qu'il nous donnerait des leçons.
Comment ce qui n'existe plus pourrait-il nous donner des leçons ?
Ce n'est pas le bicorne de Napoléon qui a gagné Austerlitz.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 mars 2021.

13 mars 2021

CE N'EST PAS MON PROBLEME

CE N'EST PAS MON PROBLEME

« Ce n'est pas mon problème, je ne suis pas ton chien. »
(in « « I'm Not Your Dog » de Baxter Dury)

 

1.
Certains sont-ils vraiment assez sots pour croire en une paix universelle ? Pourquoi reconnaissons-nous chaque ritournelle dès son intro ? Pourquoi ont-ils remplacé les craies par des marqueurs qui lâchent le pédagogue au bout de quinze jours ?

2.
Cétivrai que le 11 mars 2021, le Danemark et d'autres zossi, a décidé de suspendre l'emploi de l'AstraZeneca (principe de précaution). Sicévrai je sens que les oreilles à Véran, Salomon et Macron vont bientôt siffler... La vaccination obligatoire chez les soignants, j'crois pas qu'ça va passer... chez les autres non plus d'ailleurs... Bizarre bizarre...

3.
Y a-t-il des islamodroitistes ? Et si oui, est-ce pour des raisons intellectuelles, ou pour des raisons électorales ? Vaut-il mieux ne penser à rien que de penser à Blanquer ? S'assure-t-on réellement que les gens ont un cerveau avant de leur vendre un permis de chasse ?

4.
Les gens le font-ils exprès d'être les gens ? Avec la crise du covid, ceux qui disent tout le temps que c'était mieux avant, soudain ils n'ont plus tout à fait tort. Se pourrait-il que l'on oublie parfois son image, son reflet, son double, quelque part, là-bas, dans l'autrefois.

5.
Macron est-il un adepte des blagues carambar ? Les gens d'la télé pensent-ils vraiment que les gens de la rue sont presque tous homophobes, racistes, chauvins et même pas plus cultivés qu'un banal Sarkozy ou qu'un Hollande de base ? Blanquer sait-il compter ?

6.
Est-ce nous qui hantons le réel ou le réel qui nous hante ? Le fait de ne pas pratiquer une religion empêche-t-il que bon nombre de nos attitudes et de nos opinions sont de fait déterminées par l'empreinte culturelle de cette religion ?

7.
Que certaines valeurs occidentales puissent être considérées comme universelles est admis par beaucoup. Cela n'empêchera pourtant pas qu'elles se heurteront toujours à l'irréductible culturel, au radical « ailleurs » - fût-il si proche - de ce qui nous est étranger.

8.
Que certaines valeurs occidentales puissent être considérées comme universelles n'implique pas l'existence de droits naturels. L'humain n'est pas un enfant qui attend que le Maître Occident veuille bien lui donner la leçon. Pour moi, je laisse le lointain au lointain.

9.
Je suis très ignorant de tout mais je me console en me disant que de toute façon je n'y comprends rien. Il n'y a d'ailleurs pas que moi : Zut n'en sait pas plus. Et ce que sait ma main, je n'en sais rien mais pour l'instant, ma main ne m'a jamais fait de citation latine.

10.
Un truc légèrement agaçant, c'est de voir ici et là apparaître des vidéos qui tendent à prouver que bienveillance et coopération relèveraient du naturel puisque, - ô illusion anthropocentrique -, il semble que les animaux soient capables de bienveillance et de coopération.
Je pense assez que l'instructeur SS pouvait être parfois « bienveillant » avec ses meilleurs éléments assassins et que l'esprit de corps nécessaire à l'efficacité des grands massacres était une valeur qui existait chez les SS comme dans tous les corps d'armée du monde.

11.
Certains s'effraient de la baisse de la natalité française de ce début d'année 2021. Eh oh, je ne crois pas que l'avenir prête à l'optimisme (c'est combien de temps déjà, l'immunité vaccinale anti-covid ?). Les gens ne sont pas si inconscients quand même. Enfin, pas tous.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mars 2021.

20 février 2021

PIS QU'ON AIME AUSSI

PIS QU'ON AIME AUSSI

 

Pis qu'on aime aussi ces prénoms païens & un

Peu « prétentieux » comme i dit le narrateur

Apollinaire dans Les dicts d'amour à Linda i

Paraît qu'Linda signifie jolie en espagnol &

Qu'en germanique lind c'est le serpent alors

Très païen s'prénom Linda tenant d'la sirène

De la vouivre la serpente Lorelei Lorelei et

Dans la nuit d'ma caboche flamboient soudain

Deux yeux verts si intenses si qu'i m'semble

 

« Votre nom très païen, un peu prétentieux,

Parce que c'est le vôtre en est délicieux ;

Il veut dire « jolie » en espagnol, et comme

Vous l'êtes, on dit vrai chaque fois qu'on vous nomme. »

(Apollinaire)

 

Que dans la nuit sifflent leurs chevelures &

Disant Linda qu'le poème mélancolise Linda &

Voilà l'arbre il bruisse doucement et vous Ô

Invisibles les entendez-vous siffler et dire

Ces chevelures qui disent aux brises d'Avril

Aux serments de Mars aux promesses de mai en

Juin languissant qu'on pressent que le temps

N'est + dans le temps passant autre le temps

Des images et des anciennes photographies on

Y voit des inconnus des oubliés des perdus à

Jamais devant une maison un ciel où grimpent

Des branches des branches des branches encor

Mon saule pleureur abattu déraciné oublié et

« tilleul lyrique » du poème & de la légende

 

« Ce nom devient mélancolique en allemand,

Aux brises de l'Avril, il bruisse doucement,

C'est le tilleul lyrique, un arbre de légende,

D'où, chaque nuit, des lutins fous sortent en bande. »

(Apollinaire)

 

« D'où, chaque nuit, des lutins fous sortent

En bande » et vont faire un de ces jazz dans

Les villages un d'ces bœufs à y faire danser

Tous les morts du jour des morts que tant le

Narrateur Apollinaire aima et même qu'il dit

 

« Enfin, ce rare nom qui dit votre beauté,

Ce fut aussi le nom d'une antique cité

Qui florissait jadis parmi les roses belles

Dans Rhodes, l'île où roucoulent les colombelles. »

(Apollinaire)

 

Qu'Linda « aussi le nom d'une antique cité »

Que c'est Linda Qu'en fait moi Lindos qu'sur

Wikichaitou j'trouve à Rhodes sous le soleil

Exactement à Rhodes dont je l'imagine native

Linda native d'il y a revenante aux syllabes

Secrètes et lucides Ô prophétesse Ô diseuse.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 20 février 2021.

11 février 2021

COMME UN OEUF SUR LE PLAT

COMME UN OEUF SUR LE PLAT

 

1.

« Voici donc pour mon jeûne

un morceau de gruyère » dit

L'Ermite d'Apollinaire même

Que moi idem m'en suis bien

Parfois contenté du morceau

De gruyère qui vous reste &

Qu'vous n'avez plus de sous

& qu'vous maudissez l'monde

& mes parents aussi parfois

Plus souvent qu'on croit et

Même que pendant s'temps-là

Des politiques bien nourris

Nous faisaient la morale le

Soir tombant sur les télés.

 

2.

« Et le troupeau de sphinx

regagne la sphingerie » Ce

Vers d'Apollinaire m'amuse

Je m'imagine sa tête à çui

Qui veille sur le troupeau

Des bêtes à énigmes i doit

Être saoulé de questions &

Même que sur ses épaules i

Doit y avoir en place d'sa

Figure des yeux effarés et

& savez-vous quoi ? Et & &

& un point d'interrogation

 

3.

« C'est la lune qui cuit

comme un œuf sur le plat 

» A quoi qu'il songea le

Grand Guillaume écrivant

Composant et rythmant ce

Vers Songea-t-il qu'faim

Il avait Pensait-il à la

Peinture naïve Le soleil

Jetait-il des éclairs de

Lucidité sur la ville ou

La pluie s'pressait-elle

Après les passants N'est

-ce pas que la lune fuma

Quelques pipes Je l'sais

Très bien j'étais pas là

 

4.

J'ai bien aimé l'insolence qu'on disait

Aux Rolling Stones celle des punks itou

Qu'on disait J'ai bien aimé les délires

Electriques de Jimi Hendrix les délires

Verbaux de Frank Zappa même si pas tout

Du tout que j'comprenos et la fantaisie

Mélancolique défois qu'il y a dans bien

Des chansons à Charlebois Les planeries

Pinkfloydiennes j'ai bien aimé & ce son

De batterie dans l'album à la vache pis

Les cris d'oiseaux lointains du temps à

Brumes de Echoes que chouette ça Echoes

Toujours tu m'intéresses J'ai bien aimé

Fleetwood Mac même que j'avos un poster

De Stevie Nicks dans ma chambre et aimé

La poésie à Patti Smith pis celle à Jim

Morrison dans An American Prayer Défunt

Déjà qu'il étot le Morrison quand parut

L'album J'ai bien aimé leur inventivité

Aux Beatles pis tant d'autres tant tant

Que j'aurais mieux fait d'mieux étudier

A l'école que tout ça c'est bien gentil

Mais c'est jamais qu'du rock n'roll une

Petite affaire à faire rêver passer son

Temps passer son tour & pis s'artrouver

Vieux tout seul pis un c'est comme dans

Un vieux rock n'roll dans la cafetière.

 

5.

Parfois l’œil se jette dans le monde

Ce n'est jamais pour rien que lèvres

& syllabes agitent la nuit & la lune

 

6.

« Le soleil d'hier m'a rejoint » dit

Le narrateur Apollinaire & c'est pas

Nous qui remontons le temps mais lui

Qui nous remonte du fond d'nos jours

Un plein filet de méduses oubliées &

Les couteaux que nous avons utilisés

Et brillant alors d'un étrange éclat

Voilà que leurs yeux morts s'ouvrent

 

7.

« Et des mortes parfois voudraient

bien revenir » note le narrateur à

Apollinaire dans Rhénane d'automne

Et des mortes parfois... Quelqu'un

Les nomme-t-il les appelle-t-il et

Dans les églises prie-t-il pour le

Retour de leur âmes C'est que nous

Oublions les songes et les espoirs

Qui furent ceux de ceux qui furent

Avant que nous mêmes soyons morts.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 11 février 2021.

 

 

 

 

6 juin 2020

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

 

  1. Mars 2020. Quelques jours avant la décision de confiner et de fermer tous les établissements scolaires, alors que le nombre de morts montait chaque jour, le ministre Blanquer assurait que fermer les écoles n'était pas à l'ordre du jour. Combien de morts chez les enseignants, le personnel administratif et les agents de service le ministre Blanquer aurait-il accepté au nom de ce qu'il faut bien appeler son carriérisme ?

  2. Le président Macron est un bien piètre président qui a réussi le tour de force de provoquer des manifestations populaires d'une ampleur inégalée depuis Mai 1968 et qui a menti effrontément aux Français sur le manque de matériel disponible face au Covid. Que le président Macron songe sérieusement à se représenter aux présidentielles de 2022 prouve qu'il n'a ni honneur, ni dignité.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2020.

3 juin 2020

C'EST TOUJOURS EN DIEU QU'IL CROIT

C'EST TOUJOURS EN DIEU QU'IL CROIT

 

  1. Alors il en était à la fin de son assiette. Il contemplait le réel passant devant lui, les gens, les garçons et les rieuses.
    Il voyait du monde. Il songea à la suite des siècles.
    Et comme il comprenait le sens du mot fatigue, il commanda un café.

  2. « Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
       Pour voir une fois encore mon beau château »
       (Apollinaire, « La Loreley »)

  3. Alors il fréquenta les chevaliers qui étaient sans châteaux.
    Les chevaliers ne le laissèrent pas venir sur le haut rocher.
    Il se demanda s'il y avait encore un haut rocher.

  4. Il essaya d'expliquer la façon dont il comprenait cela.
    Mais cela l'autre ne pouvait que le deviner.
    Il avait beau convoquer son armée exemplaire, l'autre ne pouvait comprendre que ce qu'il comprenait lui-même.
    Apprendre, c'est mal-entendre, et sur ce malentendu se fondent les hauts châteaux.

  5. Lui aussi craignait quelqu'un, et quelqu'un pouvait avoir prise sur lui.
    Et quelqu'un lui donnait des raisons pour le faire agir.
    Mais peu importaient ces raisons car la crainte le faisait obéir de toute façon.
    Ce ne sont que les apparences de la raison qui permettent au monde de tourner.

  6. Il songea au Verbe et à la raison du Verbe, et le Verbe et la raison du Verbe lui semblèrent sublimes.
    Il songea au Verbe et que le Verbe était fécond d'une infinité de mondes qui n'existaient que par de mêmes lois.
    Il songea que ces lois étaient les lois du Verbe et que l'humain en cherchait la grammaire.

  7. « Mais un homme devient la risée de son ami,
      
    quand il crie vers Dieu pour avoir une réponse. »
      
    (La Bible, Job, 12,4)

  8. Il songea qu'il ne pouvait appeler Dieu à voix haute.
    Si quelqu'un l'entendait appeler Dieu à voix haute, quelqu'un se moquerait de lui.
    Il songea qu'on ne pouvait appeler Dieu qu'avec sa voix muette.
    Il songea que Dieu entendait les muets.
    Il songea que sinon, le monde ne serait qu'appels et prières, jérémiades et parjures.

  9. Il dit que ; il pense que ; il croit que.
    Il dit à ; il pense à ; il croit en.
    Même athée comme la tasse à Orlando de Rudder, c'est toujours en Dieu qu'il croit.

  10. « Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » (saint Jean)
      
    Ainsi est le Verbe, dans l'ailleurs de Dieu et en Dieu.

  11. Je crois en Dieu et je crois au Verbe, et quoi qu'il m'est possible de croire, c'est toujours en vertu du Verbe.
    Ainsi furent donnés à l'humain dieux, diables et légendes, mais c'est toujours dans la puissance du Verbe que je crois, que je doute, que je nie.

  12. En 2020, un dragon parcourut le monde et tua une partie du monde.
    Dieu n'a pas créé la nuit pour que l'humain y dorme, et c'est pourtant la nuit qu'il dort.
    L'humain s'adapte à Dieu au point ne plus y faire attention.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juin 2020.

1 juin 2020

NOUS AVONS TOUS NOTRE PART D'AMES

NOUS AVONS TOUS NOTRE PART D'AMES

1.                  « Nous avons tous notre part d'âmes.
     Nous avons, les uns craints et les autres aimés,
     Vous les empires, nous les boudoirs parfumés,
     Vous les hommes, et nous les femmes.»
    (Victor Hugo, « Oh ! Vivons ! Disent-ils... »)

2. Défois on a une part de gâteau, mais on peut avoir aussi une part « d'âmes », c'est ainsi que Hugo exprime le lien entre le vivant et les autres. Sinon, en général, un politique a souvent une part de responsabilité dans quelque crasse mais ça on sait. Du reste, on méprise.

3. Si tu ne veux pas subir les lazzis, ne brigue pas les suffrages du peuple.

4. « J'ai connu de ces nuits qui me rendaient au monde,
      
Où je me réveillais plein d'une vie nouvelle »
      
(Michel Houellebecq)

5. Il arrive qu'on se réveille « plein d'une vie nouvelle » ; ça relève de la chimie du cerveau ou de la nécessité de retrouver une énergie. Sinon, il y a les pommes de terre nouvelles, pas idéales pour les frites. Puis on écoute les nouvelles du vieux monde qui toujours revient.

6. « Un fantôme s'est suicidé » écrit Apollinaire : je suppose donc que le mort n'était point mort. Ceci dit, un fantôme qui se suicide redevient-il vivant ?

7. « Ni parce que les drapeaux claquent aux fenêtres des citoyens qui sont contents depuis cent ans d'avoir la vie et de menues choses à défendre »
(Apollinaire, « Poème lu au mariage d'André Salmon »)

8. Les drapeaux claquent; les claques claquent aussi, cependant qu'il y a toujours quelque part cliquetis, claquement de bottes, casqués crapauds, quelque clique à querelle, une armée de tête à claques.

9. « Ni parce que nos verres nous jettent encore une fois le regard d'Orphée mourant »
      
(Apollinaire, « Poème lu au mariage d'André Salmon »)

10. Un regard se jette, comme un gant à la face ; un regard se pose aussi, sur la surface de tous ces réels dans lesquels, perplexes, nous promenons nos yeux et notre tête sur les épaules.

11. Avez-vous remarqué que la chanteuse Angèle dans la première partie du clip de la chanson « Duo » (avec Philippe Katerine), a comme un faux air de France Gall jeune qui lui va bien ?

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juin 2020.

 

6 mai 2020

LE FIN FOND DU COSMOS C'EST-I ICI C'EST-I LA-BAS

LE FIN FOND DU COSMOS C'EST-I ICI C'EST-I LA-BAS

1. Non, Monsieur Houzeau, « Qui ne dit mot consent » n'est pas le surnom d'un personnage muet et malpropre d'un roman de Victor Hugo.

2. On ne sait pas ce qu'on dit quand on dit qu'on s'aime.

3. Je trouve le gouverneman se quil fai cé bien parce que cé pas facile de dirigé les gaulois chamailleurs et le gouverneman fai de son mieu que les autres feraient pas mieu moi je di même que cé celui qui dit qui y est com dit Arthur cé mon oncle (il est mort).

4. A force d'être confiné, on les voit de plus en plus en loin, les autres, de plus en plus si loin, qu'on se dit parfois « Mais qu'est-ce qu'ils me veulent ? »

5. Au fin fond du cosmos : « Et ça fait combien de millénaires maintenant qu'ils sont confinés sur leur planète, les Terriens ? »

6. Je ne sais pas si « la mer bruit comme un animal ». C'est un vers de Houellebecq qui dit ça, que la mer bruit c'est sûr que le réel bruite partout il court le bruit du monde sur ses deux jambes il bruite sans cesse produit du sens qu'ça s'ébruite qu'ça fait du bruit qu'on dit un d'ces bruits dis.

7. Les efforts des médias pour promouvoir des anodineries culturelles en découvertes sont assez constants : écrivains « sensibles » et niais, chanteurs à emphases absconses, « intériorités » qui se « recentrent» (bin tiens). Rien n'est assez gentiment pompeux pour faire cracher gogo et bobo.

8. « Je ne peux faire autrement que d'être authentique » écrivit-il. J'ai pensé qu'il allait nous faire une dépression.

9. Que moi aussi, je fais dans l'authentique : Zut est authentiquement fictive. Elle n'en reflète que plus réellement le pied-de-nez qui m'trotte la musique aussi sûrement que le nez va à la figure.

10. Parfois, il n'y a pas très loin de l'esprit de sérieux à la lettre de dénonciation.

11. Ai revu « Black Book » de Paul Verhoeven (Pays-Bas, 2006). Efficace, rythmé, âpre. Le personnage de Rachel Stein (interprété par Carice van Houten) est intéressant parce que pas si simple. Me suis demandé si le scénario était trop subtil pour ma comprenette ou s'il y avait des incohérences. C'est de toute façon du bon cinéma.

12. « Une idée n'est jamais aussi forte que quand son temps est venu » aurait dit Victor Hugo ou quelque chose dans le genre. En effet, je constate aussi que l'eau n'est jamais aussi chaude que quand elle arrive à ébullition.

13. Zut est triste. Elle me regarde dans son miroir. Elle dit : « Je ne te reconnais plus. » Je crois que Zut va me quitter.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 6 mai 2020.

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