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BREFS ET AUTRES
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17 février 2023

CHORUS VOLTIGES A DEUX BALLES BANANE

CHORUS VOLTIGES A DEUX BALLES BANANE

1.
Le narrateur Suelien note que le toucan est ainsi nommé « parce qu'il est un oiseau bruyant ». Exact. Et il en est de même pour le tohu-bohu bigarré (appelé aussi tohu-bohu des péninsules démarrées) et aussi de l’hurluberlu hurleur (appelé aussi hurluberlu potchük).

2.
Souvent, pour m'amuser, je feuillette Baudelaire,
Pour y trouver – les Fleurs du mal -, des trésors ;
S'amuser avec, quelle drôle d'idée Baudelaire,
Les vers à Baudelaire ont souvent ce goût bizarre et fort,
Hommes, que vous cherchez dans des ailleurs
D'équipage, ce goût de parfum qui revient et qui plaît à mon cœur.

3.
« Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue »
(Baudelaire, « Brumes et pluies »)

Dans cette grande plaine,
Cette grande plaine – j'la vois pas, j'suis en ville -,
Grande grande à couvrir des milles et des milles,
Plaine ô plaine et pourquoi donc que j'écris Plaine ô plaine ?
Où je suis, c'est bar-tabac commerces casino, mais il y a la mer ;
L'autan, qu'on dit « vent du diable », ici, - c'est le Nord -, ne s'y perd ;
Froid cet autan là, écrit Baudelaire, d'cet autan, qu'en faire ?
Se dire « Plaine ô plaine » et puis quoi, c'est rien du tout, je
Joue, voyez-vous, je joue, je.

4.
Lu « Les Cavaliers de la pyramide », de Serge Brussolo (2004). Du très bon roman d'aventures antiques. L'adolescente aveugle qui déchiffre et qui entend. L'ogresse géante, l'héroïne de l'histoire - terrible maîtresse ! Ankhnoût, « servante de la nuit et magicienne ». Les pièges de la pyramide engloutie. Bêtes féroces et prêtres fanatiques. D'instructives notes de bas de page. Des petits bonheurs d'écriture. Je garde et relirai.

« Comme l'indiquait l'obélisque il fallait gagner la montagne de l'Homme triste. C'était là que commencerait la chasse aux cris d’oiseaux. »
(Serge Brussolo, « Les Cavaliers de la pyramide »)

5.
Ai commencé la lecture de « Armaggedon Rag », de George R. R. Martin, traduit par Jean Bonnefoy (« La Découverte Fictions », 1985). Le pavé à 400 pages. Heureusement que je sais ce que c'est qu'un roman de genre, donc je saute des trucs. Pour l'instant, elle me plaît, cette histoire qui commence façon roman policier (l'impresario d'un groupe de rock retrouvé assassiné pis sans cœur, un bar qui flambe, un écrivain enquêteur mélancolique,...) sur fond de nostalgie, de contre-culture et pop/rock américaine de la fin des années 60. Très « il y a un film à faire » là, et le défi de rendre compte de l'intensité d'une musique par des mots (ah les critiques de disques des « Best » et « Rock & Folk » des années 70!).

Citation :
« Il y avait cinq albums, classés entre les Mothers of Invention et les News Riders of the Purple Sage. Les pochettes lui étaient aussi familières que les traits d'un vieil ami, tout autant que les titres. »
(George R. R. Martin, « Armageddon Rag »)

6.
Si ! C'est cité ! Ne sois donc point aveugle !

7.
Comme c'est bas, Lise... N'as-tu donc plus aucune borne ?

8.
Tiens, bois, car à bistouille, bistouille et demi (pression, s'il vous plaît!).

9.
Là, je n'ai plus de mots. Râle que je. Oui. C'est que ça vous en fiche un coup.

10.
Ce roman est si mauvais que c'en est à – pouh ! -, hu ! Lu... laid !

11.
« C'était une nuit où une chouette aurait pu hululer. »
(Haruki Murakami, « 1Q84 », Livre 3)

C'était hier Je m'en souviens, puisque je n'étais pas là.
« Une Banane dans l'oreille », c'est pas un titre de la série des San-Antonio ?
Nuit, - grave ! Je n'ai pas vu le temps
Où ai-je mis mon rhinocéros ?, demande la pièce si vide soudain, sans conjecture aucune.
« Une Banane dans l'oreille » est bien un titre de la série des San-Antonio ; c'est même le 94ème, et il date de 1977.
Chouette j'ai du café du sucre (en poudre) du tabac à rouler du beurre (demi-sel) de la farine du râpé des œufs des oranges du pain des tas de bouquins la radio un toit la mer et quelques fantômes.
Aurait-il écouté s'il n'avait pas eu une banane dans l'oreille ? Il aurait
Pu mais il n'a pas voulu il préfère écouter dans sa tête la chouette
Hululer pour l'ambiance tandis qu'il ouvre avec gourmandise « Malpertuis », de Jean Ray.

12.
Au tel
A l'hôtel
Miss x
Fait du x

Au tel
A l'hotel
Miss x dit que ça la broute
De faire du x pour gagner sa croûte

Elle préférerait faire du vélo
Aller au zoo manger des gâteaux
Avoir les bons numéros du loto

Plutôt que d'allumer le pigeon
Mais comme elle a besoin de ronds
Au tel à l'hôtel Miss x fait du x et évoque son con.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 février 2023.

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3 janvier 2022

BILLET D'HUMEUR DE DEBUT D'ANNEE

BILLET D'HUMEUR DE DEBUT D'ANNEE

1.
Je n'aime pas Emmanuel Macron. Sarkozy n'est jamais qu'un affairiste. Hollande fut un parfois maladroit mais honnête gestionnaire. Je pressens que Macron se croit réellement supérieur aux autres. Et vu le bilan, y a vraiment pas de quoi.

2.
Si Blanquer s'imagine que les enseignants vont à la fois, en simultané, faire du présentiel et du distanciel, c'est que notre ministre de l'Education ne sait absolument pas ce que c'est réellement qu'une classe et ce que cela signifie que de donner un cours.

3.
Emmanuel Macron ou le Président qui n'aimait pas la France.

4.
Agnès Buzyn décorée de la Légion d'Honneur : le prix du silence.

5.
Le libéralisme économique est efficace mais il n'est ni juste ni bon. Tenter de légitimer l'ordre social en usant des bons sentiments et du « en même temps » macroniste n'est rien d'autre que moraline et escroquerie.

6.
Au vu de la succession d'annonces des différents membres du gouvernement Castex, j'ai pensé que la gestion de la crise sanitaire devenait de plus en plus improvisée, voire pifométrique (chez Blanquer notamment) avec toujours les mêmes relents autoritaristes.

7.
Certes, l'Europe, c'est 70 ans de paix mais nul besoin du fédéralisme et de l'illusion d'une « culture commune » pour cela : l'euro, de solides traités commerciaux et des alliances politiques suffisent.

De toute façon, il suffirait que tous les Européens vivent sous le même toit (cette fichue fédération dont rêve Macron) pour qu'on commence sérieusement à se chercher querelle et à vouloir se séparer. Le fédéralisme à l'échelle européenne est contre-productif.

8.
L'Histoire retiendra sans doute qu'entre 2017 et 2022, le service public de l'Education Nationale a dû faire face à trois problèmes majeurs : la crise covid, la réforme Blanquer et Blanquer lui-même.

9.
Je ne crois pas que Brigitte Macron soit un homme, mais je comprends l'affaire Jean-Michel Trognieux comme un symptôme de l'exaspération de la droite conservatrice devant la bienveillance dont fait preuve l'Elysée envers le lobby LGBT.

Macron a trop méprisé les « Gaulois réfractaires » et les « gens qui ne sont rien » (sic) pour se permettre d'aller chercher des voix chez les électeurs des minorités. Il le sait très bien d'ailleurs, et c'est sans doute pour cela qu'il ne se représentera pas.

 

10.
Les abus du « en même temps », multiculturalisme, communautarisme, trop grand relativisme culturel, laxisme judiciaire, dévalorisation des diplômes et des formations, massification de l'enseignement supérieur finiront par rendre notre pays ingouvernable.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2022

16 avril 2021

L'ETAT MAGIQUE

L’ETAT MAGIQUE

1.
Vu « Le Chant du Loup » (Antonin Baudry, France, 2019) : remarquable, qui rappelle, comme le dit le personnage interprété par Omar Sy, que des siècles de civilisation n’ont pas réussi à empêcher les guerres d’éclater. Seule la dissuasion y parvient. Si vis pacem, para bellum.

2.
« L’émotion n’est pas un accident, c’est un mode d’existence de la conscience, une des façons dont elle comprend (au sens heideggerien de « Verstehen ») son « Être-dans-le-Monde ».
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

L’émotion, qu’on est tout troublé par quelque chose qui peut être quelqu’un. On tombe dans l’émotion comme si le temps faisait des plis qu’on glisse dedans. C’est pas qu’on réfléchit plus, qu’la cervelle s’cavale, c’est qu’on réfléchit zému, qu’elle s’accidente, la raison.

Après, l’émotion, elle est tellement répandue qu’on dirait un « mode d’existence de la conscience ». Et dès qu’on se met à vouloir réfléchir à froid, la société du spectacle, cette poudre aux yeux dont, via les médias, use et abuse l’Etat, nous y replonge, dans les émotions.

Le politique prétend faire appel à notre raison, mais c’est en utilisant le registre de l’émotion qu’il parvient à se faire élire. Macron, Mélenchon, Marine Le Pen sont des maîtres dans cet art : ils sont les promoteurs d’une société magique, qui n’a aucune chance d’advenir.

C’est en utilisant le registre de l’émotion que le politique se fait élire. Mais banques, investisseurs, spéculateurs ne misent pas sur l’émotion. Ils calculent à froid et se sauvant eux-mêmes, ils sauvent ce qu’il est possible de sauver. Une partie du monde est dans tous les cas sacrifiée.

Il ne manque pas de rêveurs qui veulent se passer des banques, des financiers et des marchands d’armes. Ce serait plonger l’humanité dans l’illusion de l’abondance et de la bienveillance naturelles et la dictature d’un Etat magique et sans distance.

3.
Ce cluster au Canada de près de 900 cas positifs au variant brésilien, on dirait une l’anglaise, la sud-africaine et la brésilienne, celle du Nord ? (twitter)

Si jamais le variant brésilien venait à ruiner les effets des mesures d’urgence sanitaire mises en place par les Etats européens, ce serait une nouvelle pierre dans le pré carré de plus en plus étroit de Macron, et une démission inévitable du très inconséquent Blanquer.

Je dis ça, je ne dis rien, mais vu la façon dont la pandémie se développe et joue de variants de plus en plus inquiétants, j’espère que Macron réfléchit sérieusement à l’état de nos forces armées et s’est bien assuré de l’opérationnalité de notre dissuasion. On ne sait jamais.

L’Histoire étant une suite d’évènements improbables, dont on comprit ensuite qu’ils étaient inévitables, ceux qui pensent que la fin des démocraties et un nouveau conflit mondial sont impossibles, à mon avis, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’aux confins.

4.
Etre « un projet qui se vit subjectivement » (comme dit Sartre) : expression qui rappelle que c’est bien moi qui dit qui fait et pas l’autre, d’ailleurs l’autre i dit que des et i fait que des sauf quand j’me fourre le doigt à moi-même dans l’œil à mézigue pis jusqu’à l’existentiel à ma pomme.

5.
« Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. »
(Jean-Paul Sartre)

J’aime bien cette phrase qui dézingue deux des mythes les plus puissants de l’opinion qui court et fait bien des dégâts.

6 .
« (par exemple, ce visage qui nous fait peur à travers la vitre, il agit sur nous sans ustensiles, il n’est pas besoin qu’une fenêtre s’ouvre, qu’un homme saute dans la chambre, marche sur le plancher) »
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

Cette phrase de Sartre me rappelle cette autre phrase :

« Une autre fois elle affirma qu’une face jaune s’écrasait contre sa vitre et que, s’étant précipitée à la fenêtre, elle ne vit plus rien. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Meurtre en Mésopotamie »)

7.
« chuter brusquement dans le magique » (expression sartrienne) : défois, on chute brusquement d’sa raison dans le magique ; c’est quand les politiques font leur intéressant dans la lucarne pis qu’on croit qu’ils nous disent la vérité et qu’tout va s’arranger ; c’est magique.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 avril 2021.

15 avril 2021

TROMPE ET PERSPECTIVES

TROMPE ET PERSPECTIVES

1.
« Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. »
(Alain, « Propos sur la religion »)

Le « monde », c’est tous les gens là mais il y a aussi l’autre monde, celui des pas là. Défois, on dit qu’ils reviennent. On les appelle alors revenants. J’y crois pas. Un spectre lui-même m’a confirmé qu’il n’existait pas.

« que le monde me trompe par ses perspectives » ne m’étonne pas. C’est  l’trompe l’œil, aussi l’attrape-couillon (c’est quand les filles se maquillent).

Les perspectives, c’est ce qu’ont en tête les politiques, défois qu’ils ont une tête. Mais défois, même quand ils ont une tête, les politiques, leurs perspectives, elles sont toutes pourrites. On peut même dire que la politique, c’est gérer les conséquences de perspectives bien palmées et l’aléatoire d’leur mise en œuvre. On l’a vu avec le covid, et on le voit encore, à quel point nos politiques peuvent être macabrement grotesques et inconséquents.

Les « brouillards », c’est quand on voit plus grand-chose, qu’on pourrait se paumer dedans, et après, on a beau s’appeler, eh bien, on se retrouve pas. Le brouillard me fait songer aux vaisseaux fantômes surgissant soudain des brumes qui tapissent les gouffres amers pis que des squelettes tout à fait pirates débarquent dans les ports et font du massacre. Hein, Philibert, que défois quand ça fogue, les forbans des vaisseaux fantômes filent dans les faubourgs et défuntent et fracassent…

Les « chocs détournés », c’est bizarre comme expression (en tout cas pour moi, mais j’suis sot comme moi-même) ; ça me fait penser au billard, et penser que je sais pas y jouer, au billard, puis qu’en vrai, je m’en fiche du billard, comme de Blanquer, c’est vous dire.

Quand on « consent », évidemment, on peut se mettre dans un mauvais cas, pis quand on ne dit mot aussi, car « qui ne dit mot consent ». Le mieux, c’est de consentir à la façon d’un seigneur de cinéma, du bout du gant, avec l’idée dans sa tête que si ça roule pas comme ça doit, on le retire son consentement, et allez vous faire lanlaire, les autres là. Moi c’est ma ligne de conduite souvent, je consens mais faut pas m’exagérer l’chantier, sinon, allez voter Macron, ou vous cuire des œufs durs, et fichez-moi la paix.

« c’est que je ne cherche pas autre chose » ; moi, voyez, quand je cherche la deuxième chaussette, je ne cherche pas autre chose que la deuxième chaussette, et même si je ne la retrouve pas, la deuxième chaussette, c’est pas pour ça que je vais chercher une archiduchesse sachant chasser sans son chien.

2.
« Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. »
(Alain, « Propos sur la religion »)

Quand on réfléchit, faut dire qu’ça fatigue. Donc moi, j’réfléchis pas trop, et donc souvent je m’goure, mais comme j’ai déjà réfléchi que les autres réfléchissaient pas plus que mézigue, - défois moins-, j’me dis que j’dois être dans la moyenne de la connerie ordinaire.

« nier ce que l’on croit » est nécessaire, je crois, car sinon on s’fait avoir. Du coup, à force de prendre le parti de nier ce que l’on croit, on finit pas ne plus croire en grand-chose, comme le Dom Juan de Molière qui ne croit qu’en « deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit ».

3.
« Il est vrai qu’ils n’ont jamais différé une démarche utile, ni manqué de voir régulièrement ceux dont ils pensaient se servir », écrit Alain à propos des ambitieux. Je songe alors à la façon dont Macron a fait campagne en 2017, s’attirant les bonnes grâces de tout et son contraire.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2021.

11 février 2021

TRACE SUR LES VITRES

TRACE SUR LES VITRES

 

1.

« Mon Automne éternelle ô ma saison mentale

Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol

Une épouse me suit c'est mon ombre fatale

Les colombes ce soir prennent leur dernier vol »

(Apollinaire, « Signe »)

 

Défois qu'on aurait façon Apollinaire

D'l'Automne « éternelle » d'la saison

« mentale » plein la caboche qu'c'est

Tout mélancolie neurasthénie cafard &

Blues touss'touçi-touça vous poussant

Comme mauvaise herbe dans les pensées

 

Qu'ça fait d'l'antan revenant Ce sont

« Les mains des amantes d'antan » qui

Vous enneigent la souvenance jonchent

Le sol que vous vous mirez dans votre

Cafetière vous passez dans vot' passé

Mignonnes frimousses mirettes rieuses

Tout ça fané ridé pis éparpillé Votre

 

Seule compagne « une épouse » s'nomme

Ombre & vous suit « fatale » comme un

Jamais plus D'ailleurs le narrateur à

Apollinaire note Les colombes ce soir

Prennent leur dernier vol Se souvenir

C'est rappeler l'adieu celui que tous

Les jours à tout instant nous faisons

 

Sans même y penser défois qu'le temps

Nous passe casse lasse et nous efface

A cet adieu que toujours nous faisons

Aux gens qui tissèrent ce réel perdu.

 

2.

« Et, depuis, le hareng saur – sec, sec, sec,

Au bout de cette ficelle – longue, longue, longue,

Très lentement se balance – toujours, toujours, toujours. »

(Charles Cros, « Le hareng saur »)

 

Dans le poème Le Hareng Saur de Charles Cros

Qu'j'ai pensé le hareng saur & n'revient pas

Dans ce petit bijou ce chef d’œuvre d'ironie

Il y a quelqu'un qui monte à une échelle pis

Plante un clou pointu dans un grand mur nu &

Blanc A ce clou il accroche longue ficelle &

A cette ficelle longue il accroche un hareng

Saur et s'en va et tandis qu'il s'en va loin

Dans l'ailleurs des morts le hareng saur lui

Se balance très lentement pis toujours qu'il

Se balance très lentement pis toujours qu'ça

Fait penser qu'ce hareng saur c'est le Temps

 

3.

« L'armature murmurante du ciel trace sur les vitres de son esprit toujours les mêmes signes amoureux » (Artaud, « Le clair Abélard »)

 

Voilà qui sonne comme du René Char ça

« L'armature murmurante du ciel trace

sur les vitres de son esprit toujours

les mêmes signes amoureux » Je n'sais

Pas trop le sens exact Ça évoque joue

Le monde est plein de petits mystères

Masqués par un tissu de syllabes Fait

Société secrète étrange compagnie une

Chevalerie de phrases mystérieuses Le

Langage planque ses brumes à échos et

Les cercles magiques des contes J'lis

La phrase à Artaud me dis qu'ça sonne

Musique cette « armure murmurante » &

Son « m » Lèvres remuant des syllabes

Son « m » Qui susurre ainsi Est-ce le

Ciel des idées l'armature toujours en

Passe de reconstruire ses figures que

Je la vois bleue cause le ciel que je

La vois bleue s't'armature à murmures

Après les doigts de l'enfant au givre

Des vitres jouent des s Ça la cadence

La phrase qu'elle peut s'jouer sur le

S /du ciel/trace/sur les vitres/

S /du ciel/trace/sur les vitres/de son esprit/toujours/Oh

de son esprit/toujours les mêmes

signes/ A ce son de cymbale cadençant

quelque soliloque électrique je pense

L'éternel retour des notes & celui du

Rituel du « toujours les mêmes signes

amoureux » C'est si simple

Il y a le ciel Dessous une

Caboche rêvant Dedans il y

A des signes i tournent en

Boucle en S i spiralent on

Dirait la même chanson qui

Passe dans la tête pis qui

Vous parle d'amour pis que

Derrière votre vitre là en

Dedans d'votre cervelle il

Y a je ne sais qui pis qui

Trace des signes comme une

Devinette laissée au givre

 

Patrice Houzeau

Malo, le 11 février 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 avril 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

1.
Je sais pas vous, mais étant donné que le pic épidémique, on nous dit qu’il est pas encore atteint, et qu’on nous annonce un possible variant brésilien dévastateur, j’ai quand même des doutes sur la réouverture des écoles le 26 avril… On verra.

2.
Croyez-vous qu’en raison de son extraordinaire bilan, Blanquer, s’il est obligé de démissionner, Macron va le faire nommer à l’OMS ?

3.
Covid asiatique, variant anglais, variant sud-africain, variant brésilien. Pierres du jeu de go. Y a-t-il un variant d’Europe centrale ? Y a-t-il un variant du Nord ? Qu’en est-il de la présence du variant brésilien en Europe ?

4.
Même si pour l’instant, il semble peu présent en Europe, se pourrait-il qu’à la faveur d’un retour à la normale et des flux de population qui suivront, (y compris les flux clandestins), le variant brésilien fasse son apparition et oblige certains pays européens, y compris le Royaume-Uni, à se reconfiner ?

5.
Quel est le temps d’immunité que procurent les différents vaccins ? Seront-ils efficaces face à d’éventuels nouveaux variants et combinants qui seraient plus contagieux et plus létaux ?

6.
Que veut dire exactement « effacer la dette d’une entreprise » ? Comment sera remboursé le créancier ? Cela annonce-t-il une hausse des impôts et une baisse des investissements, et donc une crise bancaire ? Peut-on effacer les dettes des entreprises comme on efface la dette des états dont le créancier est l’UE ? Peut-on effacer une dette publique sans risque de dérèglement du système ?

7.
Ce jeudi 15 avril 2021, Macron a réaffirmé son objectif de rouvrir à la mi-mai certains lieux comme les terrasses des cafés et des restaurants, certains musées, les commerces non-essentiels. Il joue sans doute dans cette promesse sa réélection, sinon sa candidature.

8.
La pandémie, on dirait une partie de jeu de go : le virus place ses pierres un peu partout sur la planète (les variants) et lance des attaques, via des connections (les combinants), qui peu à peu encerclent nos territoires, les ferment. Le covid ne tue pas l’humanité ; il la restreint.

9.
Le 15 avril 2021, la France a franchi le nombre de 100 000 victimes officielles du covid. Que ceux qui nient la réalité du virus, ou en relativisent la gravité, se taisent.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2021.

24 juin 2022

L'UKRAINE TOMBERA-T-ELLE DANS LE TROU NOIR A POUTINE ?

L'UKRAINE TOMBERA-T-ELLE DANS LE TROU NOIR A POUTINE ?

 

1.

Juin 2022. Employer une « sans papiers », bah on s'en fout. En faire une esclave, c'est autre chose. Garrido et Alexis « bourrin » Corbière sont-ils aussi cyniques et stupides qu'on nous le dit ? La réponse, on le sait maintenant, est non.

2.

La rébellion cinoche : on nous a fait des plans : le punk, Lavilliers, Iggy Pop, l'indie, le festival de Cannes et tous ses faux-culs, tout ça fake... Pas plus de rebelles que de sincérité chez Le Pen ou Macron. Depuis mai 68 qu'on s'fait avoir...

3.

Juin 2022. Il semblerait que l'affaire de la femme de ménage sans papiers exploitée par le couple Garrido/Corbière soit un assez grossier bidonnage de plus. La crédibilité du Point remise en cause.

4.

Que le cours du bitcoin ait fabuleusement grimpé depuis 2009 ne prouve ni sa valeur ni sa légitimité ; c'est le propre des bulles spéculatives et des ponzi de se développer rapidement puis d'éclater et se crasher, ruinant au passage bien des imprudents.

5.

Poutine dérègle les livraisons de gaz à l'UE. Une manière de faire la guerre. Zut se demande combien qu'on va l'payer hein, le gaz, l'hiver prochain. Macron n'a pas la majorité absolue. Il tente le coup de l'Union nationale. Ça risque de pas passer, les oppositions se sentent pousser des ailes.

6.

« A la déçente des marins chez Marijane serre à boire et à manger couche à pieds et à cheval. » (Tristan Corbière, en exergue du poème « Le novice en partance et sentimental »)

Il faut bien que les marins descendent quelque part, au « chez Marijane » d'un poème de Corbière, ou au chaipa où je m'en fous. Les aliens aussi. Zut a fait rien qu'à débarquer là où ma caboche réfléchit.

Là où ça « serre à boire », Zut trouve dommage que ça « serre » pas toujours à manger. Ça étancherait. Zut a deux pieds et pas de cheval. Zut sifflote parfois « These boots are made for walkin' ».

7.

Le président Macron n'ayant pas la majorité absolue, il sera obligé de négocier avec LR pour faire passer ses réformes. La gauche étant revenue en force, et certains LR n'appréciant que très modérément la Macronie, l'exécutif sera donc limité dans son action. Tant mieux.

8.

Question entendue sur France Culture : « La Russie est-elle en train de devenir un trou noir ? » Zut se dit que fatalement tout ce qui fut, est, sera ici-bas finira infiniment patafiolé dans ces trous noirs là qui se baladent, dévorant l'espace comme vers le papier.

9.

Tout ce qui existe tente d’exister. Zut n’existe pas. Zut répond à une volonté d’exister. Zut est la preuve de l’existence de son auteur. Et si j'étais une machine, un robot rédacteur, je n'en existerais pas moins.

10.

Les Français ont élu Emmanuel Macron, pas Jean-Luc Mélenchon. L'Assemblée Nationale reste à droite. La gauche, bien que revenue en force, reste minoritaire et divisée. Macron est donc légitime, bien que son pouvoir jupitérien soit heureusement limité par sa majorité relative.

11.

Kaliningrad Blocus... Qui qu'en veut ?... La Lituanie ? L'OTAN ? L'application stricte des sanctions ?... La Boucherie Trois s'annonce ?... Va-t-il représailler le Vlad ?... Envoyer sa chair à canon à l'assaut de la Baltique ?... Déclencher les apocalypses ?... J'y crois pas...

12.

Plus personne au guichet de l'apprenance... Blanquer s'a planté... S'a foutu le doigt du Maître dans son œil à visions... Pas d'profs, pas d'chauffeurs, pas d'toubibs... Rien que gueulards chaipaquois... Gilets jaunes, pro-Z, gnomes poutiniens... gueuserie partout.

13.

Zont l’œil sur nos pommes libérales, les taupes de l'autre monde, çuilà des assassinats, des disparitions, des yeux partout... Attendent qu'on s'fissure la démocratie, s'entregueule l'Europe, laisse tomber l'Ukraine dans le trou noir à Poutine le Z... héros d'mes... Vlad a perdu, depuis le début.

14.

C'est-y-vrai ça que le Salvador a paumé une fortune dans le cryptoponzi ? Aurait déconné dans le bitcoin ? Conseillé par qui ? « les grands argentiers » i dit lui... J'ai pas l'impression que les phénix soient si tout feu tout flamme pour la crypto-embrouille...

15.

Forcée, la retraite des troupes ukrainiennes de Severodonetsk... Les Z l'ont gagnée violente la bataille... Poutine va tellement en hein qu'il devra en changer... Caleçon rouge mafia... massacre... il en a envoyé des Russes à la trappe néant le Vlad... Ont pas fini d'saigner.

16.

24 juin 2022. Une voiture explose à Kherson... Dedans un collaborateur pro-russe notoire elle dit Rebecca Rambar... Au néant des Z le bonhomme. « La cause de la déflagration reste à préciser », paraît... Ça sent quand même fort la Résistance à l'occupant...

Patrice Houzeau

Malo, le 24 juin 2022.

13 février 2023

NUL OVNI MAIS DES BALLONS ESPIONS

NUL OVNI MAIS DES BALLONS ESPIONS

1.
Pourquoi le front n'est-il pas gelé dans le Donbass ? Pourquoi l'armée russe précipite-t-elle, jour après jour, des milliers de ses soldats à la mort ? De quoi Poutine a-t-il peur ?

2.
12.02.2023. Alerte OVNI dans le Michigan ? Espace aérien brièvement fermé, comme la veille dans le Montana. Psychose ? Exercices de mise en alerte ? Mise en œuvre d'un plan hérité de la guerre froide et mettant en scène la couverture OVNI ? Signaux faibles ou signaux forts ?

3.
Il se passe quelque chose à la frontière Etats-Unis/Canada. A peine l'alerte levée dans le Michigan qu'elle retentit au Canada (Ontario). Ballon espion ? Drones ? OVNI ? On dirait que ça se précipite. Prélude à quoi ?

4.
Ces derniers temps, le président Macron, s'est surtout occupé de l'international, laissant Borne se débrouiller avec la réforme des retraites. Question stupide (sans doute) : y aurait-il un rapport avec les alertes aériennes et les OVNI à répétition en cours ? J'en sais rien.

5.
Des tweets passent sur un OVNI au-dessus du lac Michigan-Huron. Pourquoi l'espace aérien a-t-il été rouvert au-dessus du lac Michigan ? Le NORAD a publié sur Twitter un communiqué concernant le Michigan, mais, à 21 heures 40 en France, rien sur le lac Huron ? Pourquoi ?

6.
Le représentant républicain du Michigan confirme que ce 12 février 2023 la chasse américaine a abattu un « objet » au-dessus du Lac Huron. Tous ces OVNI sont-ils des ballons espions ? Des drones ? Pourquoi les autorités, au risque d'entretenir la psychose, n'en disent-elles pas plus ?

7.
Possible que, comme le sous-entend Alexandre Gagné, le NORAD serait en train de nettoyer l'espace aérien américano-canadien de quelques objets espions. D'où le silence des autorités sur la nature exacte et l'origine probable de ces « OVNI ».

8.
« un octogone » (?), un objet de la taille « d'une petite voiture » (?), un objet « cylindrique » (?). Mwouais, je finis par me demander si les avions de chasse ne dégomment pas des cerfs-volants égarés ou des drones civils. D'où le silence (embarrassé sans doute) des autorités.

Cela me rappelle qu'en France, dans les années 2012-2014, des drones « de loisir » (?) avaient été repérés volant au-dessus de plusieurs centrales nucléaires. Les autorités s'en étaient émues.

9.
Cette série d'OVNI abattus a le mérite de nous éclairer sur la nature d'un certain nombre d'observations : pas d'aliens, pas d'aéronefs de reconnaissance cosmique, mais des ballons espions chinois.

10.
France. La contestation de la réforme des retraites n’exprime pas seulement un refus d'une étape de plus dans le « travailler plus et plus longtemps », mais aussi le ras-le-bol d'une administration toujours plus infantilisante et contraignante des Français.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 février 2023.

29 mars 2023

L'HISTOIRE AVEC UNE GRANDE VACHE ET AUTRES APPROXIMATIONS

L'HISTOIRE AVEC UNE GRANDE VACHE ET AUTRES APPROXIMATIONS

1.
Et c'est là, au milieu des étagères couvertes de livres, qu'apercevant la campagne autour de moi, je constatai que murs, portes, fenêtres et toit avaient disparu, ne laissant que mes livres et leur fantôme.

2.
Carnaval de Dunkerque. La bière coule. La mort vient. La bière coule parce que la mort vient. La mort, aussi inéluctable qu'un verre qui vient de se vider. « Ça sent la bière, de Londres à Berlin », chantait Brel. Chantait.

3.
Une faute de frappe m'a fait copier ainsi cette citation attribuée à Albert Einstein :
« Le progrès technique est comme une vache qu'on aurait mise entre les mains d'un psychopathe. »
J'en frémis encore.

4.
Comme il avait eu l'intention d'enlever sa panoplie, il chercha un coin discret pour se changer lorsqu'il tomba dans une foule d'inconvénients qui le regardaient avec des yeux à ne pas regarder en face.

5.
Je crois que la chaleur lui est montée à la cafetière. Il bout ; il fume ; il va se verser jusqu'au ras-le-bol, déborder, se déverser et répandre partout la tache noire de ses humeurs.

6.
Sisyphe apprit ce qu'était l'optimisme le jour où un technocrate décida de lui verser un salaire et rebaptisa sa malédiction du nom prometteur de « travail ».

7.
« Le réel, c'est quand on se cogne » attribue-t-on à Lacan. L'étant n'est pas en soi la preuve du réel. C'est la douleur qui rend évident le fait qu'il y a quelque chose et non rien.

8.
L'humain est le seul animal à se croire humain. Prétention, évidemment.

9.
Le réel manque à l'humain. En manque donc, l'humain se met en quête de réel. Pour débusquer et s'approprier le réel, l'humain utilise la raison. C'est, dit-on, cette raison qui fait de l'humain un animal singulier. C'est aussi par la raison que l'humain comprend qu'il est en manque d'humanité.

10.
Si mon jeu d'échecs était un orchestre, je me demande si les fous joueraient de la guitare, les tours du tambour, les chevaux du clairon, la Reine du piano, le Roi du discours et les pions de la flûte.

12.
Si mes amours perdues étaient des chansons, je me demande combien en ai-je oubliées.

13.
Ah tiens, j'écoute l'album « American Pie » de Don McLean. Ça date de 1971, ce bijou, et ça n'a pas pris une ride.

« So, bye-bye, Miss American Pie
Drove my chevy to the levee, but the levee was dry
And them good ol' boys were drinking whiskey and rye
Singin', « This'll be the day that I die
This'll be the day that I die ».
(Don McLean, « American Pie »)

Bon, ma pomme ne conduira jamais de Chevrolet, mais pour le whisky, j'aurai encore quelques occasions, si le vent ne m'avale ni le diable ne m'emporte avant que se pointe le jour du grand bye-bye.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 mars 2023.

2 mai 2020

PASSAGE DE LA MEDUSE

PASSAGE DE LA MEDUSE

1. « Sombre. Mais l'espace plus vaste.
Moins de gens. Le sentier dans l'obscurité
mène-t-il vers une solitude plus vraie ? »
(Jean-Paul de Dadelsen, « Dépassé. Provisoirement »)

2. Elle se demandait si l'enquête du mélancolique inspecteur progressait. Elle aussi avait entendu parler de ces formes ressemblant à des visages humains cruellement décharnés. Mais après tout, ce n'est pas lui qui avait ouvert le gaz.

3. Je ne m'écoute pas s'ouvrir mon espace intérieur. Je n'ai pas d'espace intérieur. Parmi toutes ces viscères, ces organes, toute cette biologie transitoire, comment voulez-vous que j'installe un espace intérieur ? Et puis qu'est ce que j'y mettrais ?

4.« Dieu créa l'homme à son image,
      
à l'image de Dieu il le créa,
      
homme et femme il les créa. »
     
(Genèse 1.27)

C'est là le sens de l'infini car l'humain étant plutôt gratiné dans le genre n'importe quoi, s'il est à l'image de Dieu, c'est que l'est pas fini l'Eternel, mais il y travaille infiniment.

Jean-Paul de Dadelsen en était arrivé à la conclusion que c'est l'homme qui n'existe pas. Au sens où l'humain serait toujours à conquérir, où l'humain est l'être en quête de l'humain, on peut dire, en effet, que nous n'existons pas encore.

5. « Et dans l'arbre qui dort sans rêves »
(Jean-Paul de Dadelsen, « Un chant de Salomon »)

C'est vrai qu'il ne me semble pas dans la nature des arbres de rêver. Par contre, je ne vois pas pourquoi « la brise » y chuchoterait « le nom de la patrie spirituelle ». Non, elle fait comme tout le monde, la brise, elle reste chez elle à se faire cuire des œufs.

6. « L'ange apparut comme je languissais à la nuit sur le toit »
       
(Jean-Paul de Dadelsen)
C'est sûr qu'à force des confins là, va y avoir crise de lune dans les cafetières, qu'ça va languir pis gémir sur les toits qu'la nuée, va y neiger de l'ange ou d'la flying saucer...

7. « Dieu nous traverse / Comme la mer une méduse »
      
(Jean-Paul de Dadelsen, « Bach en automne »)
J'vois ça assez torpille d'la révélation, l'épiphanie fusante, mais c'est plutôt comme une pulsation qu'il nous renseigne Dadelsen, « d'un même mouvement qui tour à tour se gonfle / Et se creuse ».
Baladeuse lenteur, la méduse, noble et sentimentale comme la valse qu'c'est pas la vraie alors, qu'c'est que le fantôme de la méduse qui me plane dans la songeuse.

8. « Les religieuses à grosses joues
       
rouges, à gros mollets, à gros
       
derrière le dimanche descendent chez
       
l'oncle vigneron manger la tarte aux prunes. »
       
(Jean-Paul de Dadelsen, « Femmes de la plaine »)

Voilà du poétique, qu'il me plaît : du concret, un brin grotesque, burlesque même, farcesque. Le bref, le croquis et foin des trombones Amour, Eternité, Infini, Résilience et tout l'hermétique toutim.

9. « Le docteur a prescrit un tonique pour le cœur
       
pour faire durer l'agonisante jusqu'à l'arrivée d'une fille distraite
       
d'un fils longtemps aimé de loin. »
       
(Jean-Paul de Dadelsen, « Mort de la femme du percepteur »)

On dirait le résumé d'une page de Simenon, une de ces rapides notes explicatives par lesquelles le grand Georges savait si bien nous mettre dans l'ambiance des quotidiennetés où il promenait son commissaire à pipe.

10. « ce qui l'intéresse, c'est ce bout de chanson transfiguré et l'espace autour » (Jean-Paul de Dadelsen, « La fin du jour »)

C'est dans un passage sur le vieux Ludwig qu'on peut comprendre que c'est Beethoven « à fredonner pour lui seul » de la mélodie que plus tard il va vous la transcender, la chanson, en vous en fiche épatance et frisson, qu'ça va vous remplir d'un coup l'espace du tout seul.

11. Bon, allez, à mes copies : Sainte Syntaxe, Sainte Orthographe, Saint Style, pardonnez leur leurs offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui commencent quand même à nous les casser.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 2 mai 2020.

 

9 mai 2023

LES MOTS EMBELLISSENT (C'est où ?)

LES MOTS EMBELLISSENT (C'est où?)

1.
Agatha Christie, « La Maison du péril » (Club des masques n°152, traduit par Louis Postif). Ce « Peril at End House » de 1932 est un de mes Agatha Christie préférés, pour la personnalité de Nick Buckley, qui, - j'étais alors adolescent niais -, me parut si délicieusement moderne et attrayante. Il est question d'attachement à une vieille maison, d'aviateur disparu, de châle fatal, d'un testament introuvable, de l'ironie d'une boîte de chocolats et de son double, d'une séance de spiritisme. L'épisode de la série « Les Petits Meurtres d'Agatha Christie » qui en fut tiré (avec Antoine Duléry et Marius Colucci) est pas mal lui aussi, mais en nettement moins machiavélique.

Citation :
«  - Poirot ! m'écriai-je, j'ai réfléchi.
- Félicitations, mon cher ; c'est un excellent exercice, je ne saurais trop vous engager à continuer. »
(« La Maison du péril », début du chapitre II [Hastings])

2.
Jacques Martin, « Le Dieu sauvage » (Alix, #9, 1970). Bande dessinée, Un bon album de péplum. Où l'on comprend que le dieu en soi n'a rien de surnaturel et que c'est l'image qu'on en donne qui fait la force des croyances. Atmosphère à mystère donc à cause de la statue de « l'étrange idole » qui, page 18 (édition Casterman) « fait son entrée dans le temple ». Page 14, Alix la trouve « insolite », cette statue, au « corps fait d'un alliage » qu'il ne connaît pas et qui, page 26, s'illumine d'une « étrange lueur ». Il est question aussi de miracles, de mauvais augure, d'une tempête de sable, de la résistance des Cyrénéens à la colonisation romaine, de tragédie, de la mort d'une reine, de la ruine d'une cité, et d'un « sourire indéfinissable ».

3.
Bien joli, ce récit du « Madame Chrysanthème » de Pierre Loti (1888). Joli et d'une singulière profondeur. Chapitres très brefs (de deux à six pages), poème en prose ; journalisme d'art ; beaucoup d'humour et de mélancolie. Ce livre autobiographique (sur Wikipédia, à la notice « Madame Chrysanthème », on trouve une photo qu'ayant lu le livre, on peut trouver émouvante) se situe au Japon. Mariage arrangé et provisoire (le temps du séjour de l'officier français à Nagasaki). Multitude de détails sur la vie quotidienne des Japonais de la fin du 19ème siècle vue par un Français.

« Ici, au contraire, les mots, justes cependant, sont trop grands, trop vibrants toujours : les mots embellissent. Je me fais l'effet de jouer pour moi-même quelque comédie bien piètre, bien banale, et, quand, j'essaie de prendre au sérieux mon ménage, je vois se dresser en dérision devant moi la figure de M. Kangourou, agent matrimonial, à qui je dois mon bonheur. »
(Pierre Loti, « Madame Chrysanthème », chapitre VIII)

Autre citation :
« On vend aussi toute sorte d'instruments de musique ; beaucoup de ces trompettes en cristal dont le son est si étrange, mais d'énormes, ce soir : deux mètres de long pour le moins : le bruit qu'elles font ne ressemble plus à rien de connu ; on croirait entendre au milieu de la foule des dindons gigantesques, gloussant pour faire peur. »
(Pierre Loti, « Madame Chrysanthème », chapitre XXXIV)

4.
Apollinaire, « Clotilde », in « Alcools ». Pour sa brièveté, trois quatrains en vers de 7 syllabes, et parce qu'il évoque la mélancolie, « entre l'amour et le dédain », du marcheur amoureux, du marcheur, du marcheur, du passant, j'aime bien le « Clotilde » d'Apollinaire.

« L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain »

J'aime aussi cette notation de rien, le passage de nos ombres qui ne tiennent qu'au soleil, et qui, comme lui, sont vouées à disparaître.

« Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra »

Cette image aussi : cheveux des nymphes... font des lignes... ce sont les « eaux vives » tandis que siffle à la rime le son « v ».

« Les déités des eaux vives
Laissent couler leurs cheveux
Passe il faut que tu poursuives
Cette belle ombre que tu veux ».

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2023.

22 octobre 2023

LES TROIS SINGES ONT RAISON

LES TROIS SINGES ONT RAISON

1.
« Il avait suffi de placer une arme entre ses mains pour que la jeune femme se transformât en un adversaire agressif. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette phrase nous apprend que :
- il ne faut jamais faire confiance aux jeunes femmes surtout si on leur met une arme entre les mains ?
- Qu'elle a des yeux revolvers ?
- Qu'Adela de Otero est une remarquable escrimeuse ?
- Qu'un bigoudi armé est moins dangereux qu'une femme fatale dans un roman de Arturo-Pérez Reverte ?
- Les heures allument les yeux. Avec une courtoisie glacée, elle sort son poignard. Elle ne s’excuse pas, mais reste polie et s’exécute.

2.
« - Je ne suis pas d'accord. En réalité, il n’existe aucun sujet dont on puisse parler longuement.
- Si, l'escrime. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [de Ayala et Astarloa])

Cet échange signifie-t-il que :
- la plupart des sujets de conversation sont ennuyeux surtout si on ne s'y intéresse pas ?
- Qu'on a vite fait le tour de la plupart des questions qui ne sont intéressantes que d'un point de vue technique ?
- L'escrime est un art tout autant qu'un sport de combat ?
- L'escrime est ici la métaphore de la politique, laquelle finit parfois en pugilat ?
- Si on n'y connaît rien en escrime, il y a tout de même des tas d'autres sujets dont on peut longuement parler, surtout si on radote, si on remet une tournée, si on digresse, si on s'embrouille et qu'on finit en garde à vue pour s'être battu dans un bistrot avec quelqu'un qui ne partageait pas votre point de vue sur l'intérêt des chicons au gratin ou l'influence du lambertisme au sein de l'éducation nationale.

3.
« The devil speaks truth much oftener than he's demmed. / He has an ignorant audience... »
(Byron cité par Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [Adela de Otero])

Cette citation de Lord Byron faite par Adela de Otero signifie-t-elle que :
- l'enfer est pavé de bonnes intentions, dont j'apprends par le Wiktionnaire qu'il s'agit d'un proverbe du 18ème siècle tiré d'une phrase attribuée à saint Bernard de Clairvaux : « l'enfer est plein de bonnes volontés...» ?
- Que ce n'est pas parce que l'on porte des cornes que l'on ne dit ni plus ni moins la vérité que la plupart des autres légendaires ?
- C'est justement parce que le diable dit parfois la vérité qu'il est radicalement dangereux ?
- Que le mieux, c'est de n'écouter ni diable ni dieu, d'envoyer paître leurs zélateurs, et de s'en remettre à la bonne vieille raison humaine qui ne fait pas de miracles mais qui a réussi pas mal de prodiges ?
- Que lorsque Mick Jagger chante dans « Sympathy for the Devil » :

"I've been around for a long, long year
Stole many a man's soul and faith
I was 'round when Jesus Christ
Had his moment of doubt and pain",

il énonce cette vérité que si le diable existe, ça fait une éternité qu'il hante les humains et que donc rien d'étonnant à ce qu'il ait vu le Christ douter et Ponce Pilate se laver les mains ?

4.
« Bien qu'il fût encore incapable de considérer l'ensemble de l'affaire dans ses plus fines implications, les premiers indices commençaient à révéler le rôle que lui-même y avait joué. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Ce constat signifie-t-il :
- qu'il vaut mieux pas, si peu que ce soit, se mêler de ce qui ne nous regarde pas, au risque de déclencher des catastrophes ou d'être accusé de déclencher des catastrophes ?
- Qu'on se croit maître de soi mais qu'on est surtout manipulé par ces puissances étrangères que l'on appelle « les autres » ?
- Qu'à petite cause, grands effets ?
- Que le diable se cache dans les détails comme le terroriste dans la foule ?
- Que si j'aurais su, j'aurais pas venu et que les trois singes ont raison ?

5.
« Suis-je suspect ? demanda-t-il.
Campillo cligna ses yeux de poisson.
- Lequel d'entre nous ne l'est pas, par les temps qui courent ? commenta-t-il d'un ton frivole. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette remarque implique-t-elle que :
- tout innocent est un coupable qui s'ignore ?
- Que toute démocratie est fragile et qu'il se pourrait bien que nos démocraties libérales soient de plus en plus souvent confrontées à des menaces existentielles ?
- Que toute démocratie est fragile et qu'il se pourrait bien que nos démocraties libérales soient maintenant obligées de lutter pour leur survie dans un monde qui décaroche complètement ?
- Que l'ennemi de la démocratie et des libertés n'est pas seulement extérieur mais qu'il a aussi été nourri, éduqué, protégé par notre bienveillance, qu'il vit parmi nous et qu'il s'apprête à nous frapper en plein cœur ?
- Que c'est le genre de situation qui nous attend si aux présidentielles 2027, les Français se laissent aller à élire un président ou une présidente extrémiste de droite ou de gauche ?

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2023.

8 juillet 2021

ECOUTANT LES DOORS SUR ARTE

ECOUTANT LES DOORS SUR ARTE

  1. Les Doors sur Arte… Electriques élégances… l’élégance, pas ma pratique… mais j’apprécie le style… Epatants les portes… Une autre dimension… du loup des steppes dans la marqueterie… sans inutiles biduleries électrotocs …
  2. J’aurais bien aimé la pop/rock quand même… ça vide la tête du politique… l’angliche j’y pige que couic alors i peuvent bien dire toutes les vérités qu’ils veulent, m’en tamponne… la musique que j’kiffe.
  3. La musique que j’kiffe… le clavier à Ray Manzarek façon cabaret burlesque hanté… d’la zique à illustrer les poèmes à Rimbaud… « U, cycles, vibrements divins des mers virides »…
  4. A droite, j’ai la mer… bâche gris-bleu… bouge pas aujourd’hui… le soleil me tapote… j’entends du ou-ou… ou-ou… ou-ou… Jim Morrison pousse un cri dans le passé… le cabaret burlesque agite ses fantômes… #WhenTheMusicIsOver
  5. « La religion, du moins la chrétienne, est la relation de l'homme à lui-même, ou plus exactement à son essence, mais à son essence comme à un autre être. »
    (Feuerbach, traduit par Osier, « L'essence du christianisme »)
  6. « La relation de l’homme à lui-même »… la gymnastique, la religion… mais « comme à un autre être »… pas lui-même, cézigue… on ne se connaît pas soi-même et on ne voit jamais les autres comme ils sont…
  7. Allez vous-y retrouver ! jeu de dupes… sur la digue, les gens passent, c’est jamais les mêmes ; sur la digue, passent les gens, c’est jamais les mêmes, c’est toujours des gens… y a aussi des chiens.
  8. « Sur la gauche, on vit, très haut, au milieu des neiges, une petite ville des dieux. Par un effet de nuages, elle semblait planer en plein ciel, au-dessus du col. »
    (Stefan Wul, « Niourk »)
  9. A ma droite, bâche bleu-gris… « Sur la gauche, très haut, au milieu des neiges, une petite ville des dieux. »… Des poules aux œufs d’or, les dieux… Et moins ils sont, plus ils coûtent cher, mais ils durent plus longtemps aussi…
  10. Les dieux uniques, ça vous coûte un œil dans le ciel… Moins ils sont, plus ça chiffre… c’est la rareté naturelle des dieux… Y a aussi les esprits… les dieux n’y croient pas… moi si… Hondeghem, j’les ai quand même entendus, ces coups, ces pas…
  11. « Par un effet de nuages, elle semblait planer en plein ciel, au-dessus du col. » : cool à écrire en écoutant les Doors… la relation de l’humain à sa pomme… ah i se loupe pas… pleine caboche, la flèche…
  12. Y a aussi des chiens… des politiques… s’t’à cause du mot « cynisme »… nous cassent les burnes, on va plus dans les urnes… « An American Prayer » : oui, là vraiment de la poésie rock… rock progressif on dit…
  13. Me souvenais plus qu’ils furent si bons les Doors à l’île de Wight, en 1970… l’île… l’île… l’île… j’irai jamais à l’île de Wight… je sais pas où c’est l’île de Wight… et Jim Morrison ne nous y attend plus.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juillet 2021.

24 mai 2021

LA PETITE POUCETTE JE M'EN FOUS

LA PETITE POUCETTE JE M’EN FOUS
Ironies sur un texte tiré d’un manuel de français à l’usage des classes de TBacPro telles que les voudrait Blanquer : complétement ennunuchées.

1)    Comment le chapeau (chapô) de ce texte présente-t-il Michel Serres ?

Je ne sais pas comment le chapô (écrit-on aussi chapî ?) « de ce texte » présente Michel Serres parce que je ne l’ai pas lu le chapô de ce texte car je m’en fiche de Michel Serres et de sa nunuche « Petite Poucette » que je préfère Cruella la Vampire.

2)    Que pouvez-vous dire de la « devise » de la « Petite Poucette » ?

La « devise » de la « Petite Poucette » est basée sur le sens du participe présent du verbe « maintenir » que Michel Serres i dit que quand on a une boîte à images électronique, on a le monde en main mais faut payer un abonnement.

3)    Comment la « Petite Poucette » peut-elle avoir « à sa disposition tous les lieux du monde, y compris ceux où elle n’est jamais allée et qu’elle ne connaît pas. » ?

La « Petite Poucette » elle peut « avoir à sa disposition tous les lieux » grâce aux « manipulations avec le GPS » qu’on se demande pourquoi faire que si ça se trouve et très lucidement, la « Petite Poucette » elle s’en fout des lieux où elle ira jamais et des estrangers dedans.

4)    En quoi l’usage du portable est-il ici légitimé par l’emploi du mot « information » ?

Grâce au portable, la « Petite Poucette » à Michel Serres elle a accès à toutes les informations qu’elle veut pour savoir tout sur les groupes de pop coréenne (sont même pas vivants défois) et elle peut copier/coller qu’ça va plus vite pour les cours, devoirs et autres chiantes choses.

5)    Quel avantage Michel Serres voit-il dans les « réseaux sociaux » ?

Je sais pas mais j’crois que Michel Serres a tort car les « réseaux sociaux » c’est surtout pratique pour les gros pervers qui veulent attirer des « petites Poucettes » dans leurs pédofilets pis aussi à s’faire harceler par des anonymes même pas d’ici.

6)    Qui, dans ce passage, Michel Serres appelle-t-il des « personnes rares » ?

Lorsque dans ce passage, Michel Serres évoque des « personnes rares » à mon avis il veut parler de gens qui sont tellement rares qu’ils sont morts. C’est pas que les morts soient rares, avec le Covid à Blanquer, y en a eu même plus que d’habitude.

7)    En quelques lignes, dites ce que vous pensez de ce texte : en quoi est-il pertinent ? En quoi peut-on le trouver un peu trop optimiste, voire « déconnecté » ?

Le texte de la Petite Poucette à Michel Serres il est intelligent : Michel Serres il avait des diplômes même qu’il passait à la radio (comme Maître Gims) mais il est bête parce qu’en fait faudra bien taxer l’usage non-professionnel d’Internet rapport aux n’importe quoi des réseaux.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 mai 2021.

25 octobre 2023

OU DIABLE CET ESCALIER MENE-T-IL ?

OU DIABLE CET ESCALIER MENE-T-IL ?

1.
« … Tous ne s'appellent pas Klingsor, et tous ne sont pas fils de l'imagination exaspérée d'écrivains comme Hesse et Wolfram von Eschenbach, ni de musiciens comme Wagner... »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor])

Que puis-je baladiner de cette phrase ?
- qu'à la place de « exaspérée », j'aurais peut-être mis « exacerbée » mais je ne connais ni l'italien ni la version originale de cette planche.
- Que je me souviens de mes premières lectures des aventures de Corto Maltese dans Pif Gadget (when I was môme) : je n'y avais rien compris (je me souviens d'une planche où des gens se tiraient dessus dans un dédale de maisons blanches avec de grandes ombres noires partout et des crac pour onomatopéiser les coups de fusil). Je n'y avais rien compris mais ça m'avait fasciné.
- Que relire « Les Helvétiques » en écoutant le premier album des Stray Cats (ah ce bon vieux rock n' roll !), ça me flanque un coup d'nostalgie dans la neuronale.
- Qu'avec le temps, je tends à préférer le bon vieux rock n' roll (guitare, basse, batterie et du swing) à bien des prétentions psychédélico-progressives qui vous ont parfois un goût de vieille montre molle (quelques heureuses exceptions cependant chez les Beatles et Pink Floyd).
- Que j'avais bien aimé « Le Loup des steppes », de Hermann Hesse qui était assez à la mode chez les lycéens des sections littéraires du début des années 80.
- Que je n'ai pas lu Wolfram von Eschenbach ; qu'il faudrait que je le fasse, s'il reste assez de sable en mon sablier.
- Que je n'aime pas beaucoup la musique de Wagner – trop lourd trop long - (je préfère les opérettes d'Offenbach, ce qui swingue et ironise).

2.

« - Vous rendez-vous compte que votre incrédulité me chasse dans le monde de l'imaginaire et que je ne pourrai plus en sortir ? »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor])

Que puis-je caraveller de cette phrase ?
- que les personnages de fiction sont des fantômes, des exclus de ce monde des vivants que nous partageons comme si nous étions de ce monde ?
- Que notre incrédulité nourrit ces mondes parallèles qui, de moins en moins étanches, vont finir par envahir le réel et nous plonger dans une folie collective où nous nous exaltons déjà ?
- Que les étranges histoires de H.P. Lovecraft et de Hugo Pratt sont des prémonitions de cette invasion du réel par les fictions des mondes parallèles ?
- Que les albums de bande dessinée sont des synchronies dans lesquels les personnages sont condamnés, de case en case, à répéter sous nos yeux les mêmes gestes, à prononcer les mêmes paroles. Ils se révèlent à chaque lecture.
- Que c'est le propre des revenants de hanter un même lieu et de répéter les mêmes gestes, pris qu'ils sont dans une boucle, une boucle, boucle temporelle ?
- Que nous nous croyons les acteurs d'une diachronie que, prétentieusement, nous appelons Histoire et qu'en fait nous ne sommes que les spectres de la synchronie de l'éternel retour.

3.
« Des châteaux du Saint-Graal, on en trouve quelques-uns en France, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et dans le Pays de Galles. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Steiner])
Que puis-je kaamelotter de cette phrase ?
- que ça fait beaucoup de « châteaux du Saint-Graal » tout de même : - le Graal aurait-il le don d'ubiquité ?
- Que je m'étonne (mais c'est parce que je suis très ignorant) que Steiner de mentionne pas l'Irlande. Allant quêter sur Wikipédia (la technologie nous évite bien des départs), j'y trouve mention du « Saumon de la sagesse », lequel, d'abord saumon aussi ordinaire que vous et moi, ayant mangé « les neuf glands tombés de l'arbre du savoir dans le fleuve Boyne – ou parfois le Shannon », devint énorme car il était plein du savoir du monde.
- Que la matière de Bretagne, la légende arthurienne, le mythe du Saint-Graal ont nourri l'imaginaire occidental aussi bien que le « Cogito » de Descartes a fondé l'usage moderne de la raison et que Molière et Shakespeare nous ont donné le goût du théâtre.

4.
Corto Maltese , dans « Les Helvétiques », échappe à l'universelle Faucheuse, dont le manteau d'ombre couvre la majeure partie de la case 1 de la planche. Corto s'enfuit, effrayé cependant que la Mort, en ses mouvements de faucheuse, courbe herbes et plantes. Au bout de sa course, une tour. « Où diable cet escalier mène-t-il ? » qu'il dit, le personnage de Hugo Pratt ?
- à la cuisine où Corto pourra se faire cuire un œuf ?
- À la bibliothèque de Babel dont il est issu, comme tous les personnages de fiction, hein quand on y songe, qu'au fond, Corto Maltese, dans la bibliothèque qui n'en finit pas, il est chez lui, n'est-ce pas ?
- A trois lettres de l'alphabet hébreu ?
- Au fumoir, où Corto pourra s'en griller une en buvant un whisky. Il l'a bien mérité, allez !
- Dans son lit, cause que Corto Maltese, c'est un grand rêveur, et un gros mytho itou ; qu'en fait, il n'a jamais quitté sa chambre d'étudiant quelque part dans une ville universitaire d'Italie, même que tout le reste n'est que littérature et fables pour littéraires ?

5.
Ah tiens, une allitération dans la bouche de la fée Kundry (cf « Les Helvétiques », de Hugo Pratt). Citons cette présentation de Kundry la rousse par Kundry aux yeux verts : « Je suis pucelle et magicienne, et avec mes servantes nous façonnons des rêves fabuleux, fantastiques, fatals et funestes pour faire prisonniers ces chevaliers du Saint-Graal chastes et assommants. » J'aime bien. C'est amusant.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 octobre 2023.

 

2 mai 2023

MON CHIEN S'APPELLE RIEN

MON CHIEN S'APPELLE RIEN

1.
Y a le mystère OVNI... Volante devinette... Késaco ?... Aliens, Russes, Chinois, Américains, Otanesques, Hologrammes, lanternes magiques, éruptions cutanées ?... Belle diversion y en a i disent... Cependant que, le nez dans mon désarroi, je m'épate aux belles énigmes de René Char... « L'été qui rauquait son nom indéniable »... parfois, c'est net, imparable... « Les hommes naissent, travaillent, se perdent, le cœur uni ou désuni dans ses mille motifs. »

2.
Ai lu, ou entendu, que René Char était un grand lecteur de Racine... Vrai qu'il y a un côté « grand style »... « Je me suis heurté à lui dans mon éclat »... sa majesté... « dans mon effroi »... sa majesté tragique... « parmi les ruines où crisse encore mon obstination »... Il parle du Temps, René Char, le majuscule tranchant... Racinien, « crisse », j'suis pas sûr...

3.
Les OVNIS traversent-ils le Temps, qu'on nous dit que s'ils viennent de l'espace aux infinis, pas possible c'est... Ça, c'est d'la question... Mon chien s'appelle Rien... le président, Macron... François Fillon est-il un type bien ?... J'en sais rien ; d'ailleurs c'est le nom de mon chien... Diversion, les OVNI, on dit... Ce s'rait américain et hyper-sophistiqué, qu'ça étonnerait pas plus les Castors Juniors, mais faut pas qu'ça s'dise... Non, non, c'est pas nous, pensez qu'on pourrait pas... Non, on ne sait pas ce que c'est... On enquête... On vous dira, hein, promis.

4.
« Vous n'allez pas demander ce qu'elles pensent, à des personnes ici ou là... si elles sont pauvres elles s'en foutent bien !... » C'est Céline qui a écrit ça dans « Rigodon ». L'avait raison, le fou.

5.
L'écriture, une fascination... ça a à voir avec le réel... qu'on devrait en rire, la guignolade, le festival des Absurdes, la fête des neuneus à diplômes, des « dilatés comme jamais »... la marrance, j'm'y amuse de moins en moins... J'entends sur France Culture qu'en 1979 – les « Dossiers de l'écran », mythique ! - qu'on l'évoquait déjà, le réchauffement climatique, la montée des eaux, glouglou les gens des côtes... Une diversion, une arnaque pour gogos d'la République, dit l’extrême-droite climato-sceptique, anti-vaccin, sceptico-covid, pro-Poutine.

6.
Ai grignoté un bol de crevettes grises... Miam, la tête, la queue, hop ! dans la goule... en refile à la miaulante... au bout d'mes doigts... fait des manières, la duchesse, gloupe quand même... pas trop... trois-quatre... puis ma pomme, gâteau de Pâques italien, régalance... café... café... cigarette... café... sont très courts... « Est-il éthique d'avoir des enfants ? », y en a i s'demandent... zont raison, vu l'bordel... Ce soir, Hanouna invite l'Apocalypse (elle est chaude, paraît)... A l’extrême-droite à la France, sont natalistes... N'en parlent pas trop, les malignes brutes... ça peut troubler... mais bon nombre voudraient bien le repeuplage à la France, à coups d'petits Français, relancer l'élevage, la production d'ouvriers sous-payés et de petits soldats, petits chefs, sous-chefs, sous-sous-chefs et sous l'bureau, du Mélenchon quoi, du gauchisme inter-sidérant, mais pur France, messieurs-dames-votez-pour-moi, sans mixité... comme si le monde ne grouillait pas déjà de partout qu'on sait plus quoi en faire... des gens... des guerres.

7.
C'est quoi cette affaire de « lapin fluorescent » ? On m'a parlé aussi de chevaux qu'on élève en France pour les flanquer dans des aéroplanes et hop direction le Japon (quasi 10 000 kms dis) oùsqu'on les engraisse pis bouffe... C'est-y vrai ?... J'irai pas vérifier... Aucune raison, ni aucune envie, d'aller ailleurs qu'au bout d'ma rue... L'argent a l'odeur de la mort.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2023.

10 août 2021

DUX BELLORUM MACRON

DUX BELLORUM MACRON

1.
Lorsque l’on voit le désastre de l’épidémie du covid en Martinique et en Guadeloupe, on ne peut qu’espérer que les gens se fassent vacciner. Evidemment. Le Pass Sanitaire est un mal nécessaire. Il a été mis en œuvre parce que l’Etat n’a pas su anticiper.
Si, malgré la mise en place d’un coercitif Pass Sanitaire, le gouvernement est plus ou moins prochainement obligé de reconfiner de façon drastique, les questions de la perspicacité de Macron et de la compétence de Véran se poseront de façon aiguë.

2.
Signaler que Macron a travaillé pour la banque Rothschild n’est en rien antisémite. C’est un fait. Cela ne souligne qu’une chose, c’est que Macron est un homme en lien avec une haute finance de toute confession, où il peut et pourra sans doute compter sur des appuis de poids.
En plaçant la contestation du Pass Sanitaire et de la vaccination obligatoire sur le terrain de l’antisémitisme, on commet non seulement une erreur, mais de plus, on crache littéralement sur la mémoire des six millions de victimes de la Shoah.

3.
Selon le site « Les Echos », l’Islande (taux de vaccination : 80,6%) envisagerait de renoncer à la vaccination de toute sa population au profit d’une « immunité naturelle », les autorités constatant que le vaccin n’empêcherait pas les taux de contaminations du variant Delta d’exploser… A suivre.
Le site i24news annonce qu’Israël (taux de vaccination de 67 %) connaît un nombre quotidien de cas qui dépasse les 6000 (population de 9,3 millions). Les autorités conseillent une troisième dose de vaccin aux personnes de plus de 60 ans, et, selon Les Echos envisageraient un reconfinement…
En Islande et en Israël, où les taux de vaccination sont plus forts qu’en France, on constate que la vaccination n’empêche pas les contaminations (mais évite les formes graves) ; on n’est donc pas près, nous, de sortir du Pass Sanitaire et Blanquer a comme du souci à se faire.

4.
Le vaccin, nous dit-on, est très efficace car il empêche les formes graves, mais pas les contaminations (même s’il les freine, mais dans quelle mesure ?). Et si un autre variant se pointe et réinfecte tout le monde ? On fera quoi ? Pass ? Surpass ? Nouveau vaccin (si possible…)

5.
Grosse grippe, le covid ?... chaipas… m’a plutôt l’air d’une belle saloperie à rebondissements variants… on s’accroche à l’espoir du vaccin… ça a l’air de marcher… mais méfiance… défois qu’le covid, ce serait genre poupée russe à virus… mise en abyme d’la boîte à diable…

6.
Machine infernale virale… vaccin… variant… nouveau vaccin… nouveau variant… et ainsi de… course à l’échalote ?... « Vous délirez ! Pour le plus grand nombre, le vaccin rendra inoffensif le virus en évitant les formes graves »… ah oui, peut-être, chaipas… on verra…

7.
La France est une démocratie, mais en raison d’une pandémie qui perdure, du changement de modèle de production et de consommation induit par le réchauffement climatique, et face à l’expansion djihadiste, la France pourrait s’appuyer sur un Etat de plus en plus autoritaire.
Ainsi, la coercition du Pass sanitaire n’est peut-être que la première d’une série très longue de mesures de restrictions des libertés publiques rendues nécessaires par la montée de périls d’une nature telle qu’il se pourrait que l’avenir de nos sociétés fût en jeu.
Il ne serait pas si étonnant que la France renforce ses forces de sécurité intérieure face aux contestations récurrentes depuis 2016, face au péril djihadiste, face à la croissance d’une économie informelle mondialisée, face à une pression migratoire devenue incontrôlable.
Pas impossible que ce soit le président Macron qui, le premier, décidera de renforcer la puissance de l’Etat aux dépens des libertés publiques. Pas impossible non plus que l’armée joue un rôle de premier plan dans cette reprise en main de la sécurité intérieure du pays.
Les périls sont si grands (pandémie, réchauffement climatique, expansion djihadiste,…) que bon nombre de Français ressentent la nécessité d’un Etat fort (qu’il soit mélenchoniste et d’extrême-gauche ou lepéniste et d’extrême-droite). Macron Dux Bellorum ? Pourquoi Pas ?

Patrice Houzeau
Malo, le 10 août 2021

22 juillet 2020

QUELQUES QUESTIONS SUR VIOLENCE ET MECHANCETE

QUELQUES QUESTIONS SUR VIOLENCE ET MECHANCETE

 

 

  1. « - Je veux dire, précisa Poirot, qu'aussi longtemps que vous ne savez pas très exactement quel genre de personne était la victime, vous avez peu de chance de comprendre pourquoi un crime a été commis. »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons »)

  2. Que signifie « savoir très exactement » ? Peut-on jamais savoir « très exactement quel genre de personne était une victime » ? Qu'est-ce qu'un « genre de personne » ?

  3. Se poser la question du « genre d'une personne », n'est-ce pas supposer une typologie des genres de personnes ? Si l'on considère qu'il y a un genre de personne exposée à être assassinée, de combien de sous-catégories ce genre est-il composé ?

  4. Quand augmente le nombre d'assassinats dans une population de personnes a priori peu exposées au risque d'être assassinées, le sentiment d'insécurité s'accroît-il ?

  5. Peut-on toujours « comprendre pourquoi un crime a été commis » ? Est-ce qu'il est toujours nécessaire de savoir « quel genre de personne était la victime » pour comprendre pourquoi elle a été assassinée ?

  6. Dans le cas des tueurs en série, est-il suffisant de comprendre quel genre de personnes étaient ses proies pour comprendre la mentalité du prédateur, ou le genre des victimes n'est-il qu'un paramètre parmi une foule d'autres définissant le profil singulier du meurtrier ?

  7. « En général, ils ne sont pas méchants, mais il ne faut pas leur demander d'être idéalistes ! »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons », [Poirot])

  8. Que signifie l'expression « en général » ? Ne se trompe-t-on pas à chaque fois que l'on fait une généralité ? La sociologie consiste-t-elle à débattre infiniment subtilement de généralités ? Existe-t-il une sociologie des sociologues ?

  9. Est-ce que cela a un sens de se demander si les humains sont « méchants » ? Affirmer que les gens, « en général ne sont pas méchants », n'est-ce pas faire preuve d'idéalisme ? Ou en tout cas de naïveté ? Qu'est-ce que la méchanceté ?

  10. Peut-on définir la méchanceté comme étant la manifestation de nuire volontairement à autrui ? La méchanceté est-elle un motif suffisant pour juger d'une mauvaise action ? Un marchand d'armes est-il quelqu'un de méchant ?

  11. La bienveillance peut-elle coexister dans une même personne avec une très grande violence, ou une très grande méchanceté ? S'il s'avère qu'un tueur en série n'est que méchanceté dans la totalité de son comportement, doit-on encore le considérer comme un être humain ?

  12. S'il s'avère qu'un tueur en série n'est que méchanceté dans la totalité de son comportement, et qu'il ne semble pas qu'il puisse jamais s'amender, doit-on absolument le maintenir en vie dans quelque prison alors que tant de gens honnêtes ont de plus en plus de mal à vivre ?

  13. Pourquoi la peine capitale apparaît-elle comme un marqueur de droite ? N'y a-t-il pas à gauche des gens favorables à la peine de mort ?

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juillet 2020.

30 juin 2021

COMME UN PRESSENTIMENT DE FRITES DE JAZZ ET DE CHINE

COMME UN PRESSENTIMENT DE FRITES DE JAZZ ET DE CHINE

 

« I want to be considered a jazz poet blowing a long blues in an afternoon jam session on Sunday. » (Jack Kerouac, « Mexico-City Blues »)

 

1.
Depuis que je me suis équipé d’une scie à scier les jambes des fenêtres, j’ai moins de problèmes de fuite de perspective. Je surveille néanmoins ma liseuse, défois qu’elle ferait apparaître un Cupidon à fiche du sens par les carreaux.

 

2.
Je ne recule pas à regarder le café les yeux dans les yeux. C’est comme ça que je réveille mon vieux pote Le Doute. D’ailleurs, « derrière le crabe, on entend le cliquetis d’un trousseau de clefs. » (Jocelyne Sanschagrin)

 

3.
Si Dieu n'existe pas, surtout ne lui dites rien, ça pourrait le vexer, lui faire un choc quoi, une réforme, voire un schisme.

 

4.
Et dire qu’il suffit que Dieu n’existe pas un seul instant, fût-il infiniment bref, pour n’avoir jamais existé. Il se dit aussi qu’à la façon des monnaies, les dieux s’usent, se dévaluent. Il faut alors en changer.

 

5.
J’ai le pressentiment que ce soir je vais manger des frites. Dans mes derniers instants, j’ai pensé à Dieu, ça doit être pour ça. Lorsque je pense aux frites, je pense à la mayonnaise, et à Marlène aussi, le morceau là du morceau de rock. Aussi à la bière.

 

6.

Défois y en a i veulent être considérés comme des poètes de jazz. Ça leur prend de temps en temps et défois les temps i sont autres qu'on dit même en d'autres temps. Ça fait penser à la trompette, et puis au saxophone ; pas tellement au dé à coudre.

 

7.

Je ne sais pas si, comme l'affirme Jack Kerouac, "Snakes are Poor Denizens of Hell". Parfois, je regarde par la fenêtre et je ne vois pas emmi les zoziaux colorés d'anges voler. Mais depuis la fermeture de l'église, ce qui vole, c'est surtout dans les plumes.

 

8.
Je ne sais pas s'il y a un enfer des serpents, ou si l'enfer, ce seraient les serpents, et pourquoi les serpents seraient-ils plus infernaux que les  lions, les baleines, les dauphins, les saxophones, les mirlitons, les thons, les mirlis, les ters et les biscuits ?

 

9.
Accusations d’Eric Zemmour ce soir, 30 juin 2021, sur CNews : selon lui, la loi bioéthique prévoit la possibilité des « bébés-médicaments », la création de « chimères » (hybrides hommes-animaux) et d’autres joyeusetés dignes de l’île du Docteur Moreau.

Si ces accusations sont fondées, alors je ne sais plus dans quel pays je vis et me demande de quoi est fait réellement Emm. Si ces accusations sont fausses, alors il faudrait tout de même interdire à Zemmour de dire n’importe quoi.

 

10.
On finit par se demander si les LP ne vont bientôt plus accueillir que les élèves dont ni CFA, ni entreprises ne veulent. A mon avis, c'est là l'entourloupe très hypocrite (à la Blanquer quoi) de la pompeuse appellation "école inclusive".

 

11.
Dans un de ses textes dits "chorus", Kerouac dit que Roosevelt était "avare". C'est ce que dit la traduction française. Mais peut-être pourrait-on signifier aussi que Roosevelt fut stellaire, ou circonspect, ou amateur d’endives (aima-t-il les endives ?) ou président.

 

12.
Il m’arrive de penser à l’empalement des saucisses à hotdog. Parfois, la nuit, je vois passer de petites chauve-souris. Ce ne sont pas des anges, ni des lycéennes non plus. D'ailleurs, elles ne mangent pas de hotdogs et ne vous regardent pas avec des yeux ronds.

 

13.
Lorsque je pense au mot hotdog, je pense à Elvis Presley, aux motos, à la Chine et à l'élève qui me dit deux fois la même blague dans la même semaine : Monsieur, les chiens qu'ils mangent, les Chinois, c'est des chiens-saucisses ?

 

13.
Je ne sais pas si les Chinois apprécient que l'on dise qu'ils mangent du chien, fût-il saucisse, du chat, du pangolin virulent, du libéral occidental, de la vache atomique, du petit livre rouge, des terres, tout sauf les tables, et qu'ils ont un appétit d'ogre.

 

14.
Je ne sais pas si les Chinois ont le sens de l'humour. Je ne sais pas si les Chinois ont le sens de la satire. Je ne sais pas si les Chinois apprécient l'humour noir. Peut-être que les Chinois sont une preuve de l'existence d'un Dieu capitaliste et anti-libéral.

 

15.
Les Chinois cultivent des laboratoires comme les yeux cultivent des prunelles. Je ne sais pas si les yeux cultivent des prunelles. J'aime bien le mot prunelle. Ça me fait penser au mot mirabelle et à Jeanne la Pucelle qui tant fut vaillante et inflammable.

 

16.
Défois je prends ma plume pour écrire un mot. Je ne sais pas comment ça se fait qu'ça finit par finir par une suite burlesque de phrases dont le sens s'échappe tout seul.

 

17.
Autour de moi, certains disent que c’est bizarre mais qu’ils trouvent qu’ils entendent un peu beaucoup parler de crises cardiaques autour d’eux, dans les journaux locaux… Pas de complotisme mais un sentiment diffus de pas très net dans la crise actuelle.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2021.

22 janvier 2024

DES CHAUSSETTES DE L'ÂNE ET AUTRES COUINERIES

DES CHAUSSETTES DE L'ÂNE ET AUTRES COUINERIES

1.
« What is love, 'tis not hereafter,
Present mirth hath present laughter :
What's to come is still unsure.
In delay there lies no plenty,
Then come kiss me, sweet and twenty :
Youth's a stuff will not endure. »
(Shakespeare, « Twelfth Night » [Clown])

« Ne dis pas à l'amour : plus tard.
L'avenir est fait de hasards.
C'est aujourd'hui qu'il faut cueillir
Ce que demain viendra flétrir.
Vite un baiser, ma toute belle :
Jeunesse passe à tire-d'aile. »
(traduction : Pierre Leyris)

En français, on peut dire qu'on ne dit pas à l'amour « plus tard ». On peut le dire mais l'amour ne vous répondra pas, car l'amour n'a ni bouche, ni langue. Comment voulez-vous alors ? Si l'amour avait une bouche et une langue, il pourrait vous répondre et aussi manger car il n'y a pas de raison pour que, dès lors, l'amour n'ait pas d'estomac et donc d'appétit. On pourrait même penser que l'avenir pourrait vous dévorer, vous bouffer tout cru, vous digérer dans ses profondeurs amoureuses.
Conclusion : En français, vous pouvez dire qu'on ne dit pas à l'amour : « plus tard », il ne va pas vous manger.

2.
Il paraît que le président Macron voudrait généraliser le SNU en classe de seconde.
Je note que le président Macron n'est pas un âne. Car s'il était un âne, il ne voudrait pas généraliser le SNU en classe de seconde. Notez que si le président Macron était un âne, il ne voudrait pas le contraire non plus.
Du reste, le président Macron porte des chaussettes et un âne ne porte pas de chaussettes ; un mouton non plus ; un coq non plus ; un bœuf non plus ; et ils sont nombreux comme ça à ne pas porter de chaussettes, ce qui signifie que tous ces nombreux là ne veulent pas de la généralisation du SNU en classe de seconde et qu'en conséquence, le président Macron est minoritaire.
Notez que tous ces nombreux là ne voudraient pas du contraire non plus. Ce qui leur fait un point commun avec le président Macron et donne à penser que si le président Macron n'est pas un âne, il peut parfaitement s'entendre avec tout un tas d'ânes. Pour faire quoi ? Des âneries, bien sûr.

3.
Je ne sais pas si Gérard Depardieu est un grand malade ou un odieux perubu.
Je sais que Gérard Depardieu est un grand acteur (ceci dit, je peux m'en passer, car il y a tout un tas d'autres films formidables sans Depardieu dedans et quand même que les acteurs qui y gagnent leur vie sont très bien, épatants, méritoires et articulants).
Je sais aussi que lorsque le président Macron défend Depardieu en disant qu'il l'apprécie beaucoup en tant qu'acteur, d'abord on s'en fout, et ensuite, tel n'est pas le propos car il est vrai que l'on peut être un grand malade (ou un odieux perubu péteur-roteur) et en même temps un grand acteur, de même que l'on peut être président de la république française et pondre des âneries (ce qui n'est pourtant pas recommandé par la Constitution).

4.
« Hoffmann replongé dans sa rêverie, qu'échauffaient le poêle, le tabac et le vin de Bourgogne, demeura quelque temps silencieux. Mais soudain relevant la tête :
« On guillotine donc beaucoup ici ? dit-il. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

En français, la question « On guillotine donc beaucoup ici ? » est grammaticalement correcte mais obsolète car cela fait longtemps qu'au pays de Voltaire, de Hugo et de Badinter l'on n'utilise plus la bascule à Charlot. La phrase pourrait se comprendre au sens figuré de la mort sociale, mais elle ne s'emploie guère. On dira plutôt : « Les têtes tombent-elles souvent ici ? » ou « Y a-t-il beaucoup de turn-over dans la boîte ? »
Sans évoquer la mort sociale, il y a quelques temps, on aurait pu demander s'il y avait beaucoup de borgnes dans le pays mais cette forme d'humour noir n'est pas appréciée par tout le monde, loin de là.
Dans la Russie de Poutine, on pourrait demander : « Les fenêtres sont-elles sûres ici ? » ou « Tombe-t-on souvent par la fenêtre dans le quartier ? » (et ce ne serait pas au sens figuré) mais quelque chose me dit que peu de gens, voire personne, ne se risquent à poser une question si dangereuse pour la santé.

5.
Les politiques français aiment et la démocratie et les élastiques. Certains plus que d'autres. Il y a même un moment où les élastiques sont si tendus qu'on a l'impression que la démocratie pourrait bien craquer.

6.
L'administration est un dieu discutable. Du reste, Dieu est sans doute le premier être dont l'existence virtuelle est avérée par son influence sur le destin de nous autres, bipèdes plus ou moins perspicaces.

7.
Je n'ai rien à dire sur Rachida Dati. Ça doit être parce que je m'en fiche.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2024.

 

 

 

 

 

2 janvier 2024

A-T-ON JAMAIS VU ? BIN SI JUSTEMENT

A-T-ON JAMAIS VU ? BIN SI JUSTEMENT

« A-t-on jamais vu, dites-moi, deux pecques provinciales faire plus les renchéries que celles-là, et deux hommes traités avec plus de mépris que nous ? »
(Molière, « Les Précieuses ridicules », Scène première [La Grange à Du Croisy])

A-t-on jamais vu ? C'est qu'à cet a-
T-on jamais vu, on a la réponse ; ce que l'on n'a
Jamais vu, c'est une telle intensité dans ce que l'on a déjà vu.
Vu ?

Dites-moi, dit l'un à l'autre, sans attendre que l'autre lui dise quelque chose.
Moi, que voulez-vous que je vous dise : qu'on file vers de grands badaboums ?

Deux « pecques » ah
Pecques, voilà un mot que faut aller le lire dans Molière pour le trouver et même que, selon une note de l'édition scolaire Bordas des « Précieuses ridicules », collection « Univers des lettres », avec Catherine Hiegel et Virginie Pradal en couverture et costumes, le mot « pecque » viendrait « du provençal « péco », sotte » et que selon l'édition de 1694 du Dictionnaire de l'Académie, il serait employé comme « terme d'injure et de mépris, qui se dit d'une femme sotte, impertinente et qui s'en fait accroire ».
Provinciales qu'en outre elles sont, ces pécores ; ça commence à
Faire beaucoup dans le genre prétentieuses péronnelles.

Plus j'y gaillasse et écoutaille, plus je songe que j'aime bien le pop/rock,
Les trucs, voyez du genre « Barracuda » du groupe américain Heart, que ça date de 1977, cette kitscherie rythmique, même que Wikipédia nous espadonne que son riff, au Barracuda là, serait emprunté à une reprise d'une chanson de Joni Mitchell par le groupe Nazareth, et que le texte de la chanson serait le fruit d'une colère de la chanteuse et autrice Ann Wilson à la suite de rumeurs propagées par l'industrie du disque sur une relation incestueuse qu'elle aurait eue avec sa sœur Nancy, guitariste du groupe. La rumeur folle, scandaleuse et inventée de toutes pièces était alors assez utilisée par l'industrie du chante une chanson pour qu'on gagne beaucoup de pognon, afin d'attirer l'attention et faire vendre. Cela s'appelle de la diffamation, évidemment. J'vous en mets un bout parce que j'aime bien citer les paroles des chansons dont je cause :
« You're lying so low into the weeds
I bet you gonna ambush me
You'd have me down, down, down on my knees
Now wouldn't you, barracuda ? »

Renchéries, sont-elles, Madelon et Cathos, selon La Grange et Du Croisy et
Que « renchéries » signifie ici qu'elles sont
Celles-là « dédaigneuses, méprisantes, hautaines » et
Là, ils ne rient plus, La Grange et Du Croisy, tout rebutés qu'ils sont.

Et nous voilà en 2024 avec
Deux guerres en cours, des
Hommes qui se battent, des femmes et des enfants qu'on assassine.
Traités qu'ils sont, les gens comme des bêtes à l'abattoir, par les politiques, les drapeaux, les religions, les mafias.
Avec ça, faudrait croire en l'avenir, à l'en-marche, à la renaissance que
Plus on y zieute, plus on la voit venir la grande et dernière boucherie mondiale.
De là haut qu'il nous vient, ce
Mépris, nous vient des technocrates, des marchands d'armes, des spéculateurs,
Que j'en saucisse, zutte et balingrince à n'en plus voter, et que tous les
Nous des partis, qu'ils aillent se faire lanlaire (poil au derrière).

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2024.

19 novembre 2023

DEFOIS ÇA VEUT BIEN DIRE CE QUE ÇA NE DIT PAS

DEFOIS ÇA VEUT BIEN DIRE CE QUE ÇA NE DIT PAS

1.
Wikipédia nous électrise que cette galette énergique aurait été enregistrée en « deux semaines au Toe Rag Studio de Londres sur du matériel vintage ». Story-telling ou vérité, je ne sais pas, mais ça ne m'étonnerait pas tant l'album semble bouillonner d'une énergie brute, d'une effervescence juvénile, cependant que l'on n'y trouve pas la moindre trace de Sherlock Holmes. Ou alors, c'est que je n'ai pas bien compris les paroles, et notez que n'est pas pour autant que ce n'est pas un de mes albums préférés dans le genre musique énervée garage rock.

L'album « Elephant », des White Stripes, publié en 2003, commence par l'étonnant et fameux « Seven Nation Army ». Cette sauterie picaristique (l'adjectif « picaristique » n’existe pas, mais il veut bien dire ce qu'il ne dit pas) a-t-elle un rapport avec les films « L'Armée des Douze Singes », « Les Sept Mercenaires », « Les Septs Samouraïs », « Les 101 Dalmatiens », the Salvation Army, le parapluie de mon oncle, la toujours vague récente d'OVNIS, la machine à coudre de ma tante, la tarte aux abricots ? Je n'en suis pas certain.

En outre, le caractère hermético-allusif des paroles écrites par Jack White ne nous renseigne guère. C'est que les anglo-saxons ont tendance à composer des lyrics où le sens semble parfois moins importer que les sons et les rythmes que les mots produisent. Y est-il question de vengeance ? En tout cas, y a d'la menace. Y a qu'à voir le dernier vers (non, je n'ai pas dit « boire le dernier verre »), je cite :

« And the stains coming from my blood tell me to go back home ».

Il est y aussi question des « chiens de l'Enfer » (« the hounds of Hell »), du « Seigneur », de Wichita (c'est dans le Kansas) et d'opéra. On dirait une version hallucinée du « Alligator(s) 427 », de Hubert-Félix Thiéfaine.

Le clip « officiel » du tube reprend le code couleur du duo Jack et Meg White : noir, rouge, blanc. C'est fignolé, géométrique, moderne et photogénique. Y a un ordre serré de squelettes dedans. Meg White tape et frappe et frappe et tape because c'est la batteuse. Jack White riffe et épate avec cette ligne qu'on croirait de la basse mais paraît qu'c'en est pas.

2.
Dans le genre hermético-allusif, il y a itou l'assez expérimental « Down By The Water », de PJ Harvey (sur l'album « To Bring You My Love », 1995). Wikipédia nous approfondit que les paroles seraient inspirées par le classique du folk « Salty Dog Blues ». J'y ai jeté une oreille (la version de Leadbelly épate fort et la chanson d'un bluegrass entraînant qui ravigote).

Apparemment, « Salty Dog » « is an old slang term » qu'on pourrait peut-être traduire par « (vieux) loup de mer ». Mais rien n'est moins concombre.

Il est que dans la coda, PJ Harvey susurre ces mots :

« Little fish, big fish, swimming in the water,
Come back here, man, gimme my daughter »,

paroles quasi identiques à l'un des couplets du « Salty Dog Blues » traditionnel,

« Lil' fish, big fish, swimming in the water,
Come on here and give me my quarter ».

Quant au sens, je me suis d'abord perdu en confitures (parce que je n'ai pas retrouvé tout de suite le mot « conjectures) et je n'en sais pas plus qu'une boîte à œufs. Le texte de PJ Harvey évoquerait une mère qui vient de tenter de noyer sa fille et qui aurait tenté ensuite de la sauver, elle ou une autre... On serait loin donc du « Salty Dog Blues » traditionnel.

Vers courts. Pas un mot de trop. De la belle ouvrage.

Tout ça pour dire que PJ Harvey est une artiste qui sait s'inspirer, ce que confirme aussi la musique de « Down By Water », lancinante et distanciée (grâce notamment à la ponctuation assurée par un ensemble violon-altos-violoncelle, une voix qui fait chœur et écho, des percussions exotico-dansantes et l'effet bruitiste produit par un synthétiseur).
Distanciation aussi le trémoussement de PJ Harvey dans le clip officiel de la chanson. Sensuelle en robe rouge, battant des cils, mimant l'allumeuse, en contraste avec le même personnage – bin oui, c'est du théâtre – s'enfonçant, se débattant dans l'eau.
« Oh help me jesus
Come through this storm »
(PJ Harvey, « Down By The Water »)

3.
Qu'importe le sénateur Joël Guerriau. S'il est reconnu coupable, il devrait ne plus pouvoir remettre les pieds au Sénat et être déclaré inéligible de manière à ce qu'il ne puisse plus utiliser l'argent de l'Etat à on ne sait quel usage de stupéfiants.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 novembre 2023.

12 novembre 2023

L'UNIVERS PARALLELE DES CHOSES PERDUES

L'UNIVERS PARALLELE DES CHOSES PERDUES

1.
« En réalité, l'Arthur des textes gallois est un véritable « Amherawdr », Imperator, dont le pouvoir s'étend à travers les trois régions majeures de la Britannia post-romaine : le nord, le sud-ouest, et l'ouest gallois. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur » (Editions Jean-Paul Gisserot, 2007)

En réalité, Arthur, je ne l'ai pas connu. Il est né avant même que je puisse savoir que j'allais naître moi-même. Il est même mort avant, Arthur.
Aurais-je aimé le connaître, le roi Arthur ? Non. Pour quoi faire ? Il aurait fallu que je parlasse je ne sais quelle langue ancienne que tous ceux qui la parlaient sont morts. Comme quoi, les langues anciennes, c'est dangereux.
Non, je n'ai pas connu le roi Arthur. Vous me direz que c'est un autre roi que je contemple le matin dans ma glace, le roi des je ne vous le fais pas dire. Je ne regrette donc rien, d'autant qu'il y a une île flottante au dessert.

2.
« D'ailleurs, chez Chrétien, le cortège manque singulièrement de références chrétiennes ; c'est une Demoiselle qui porte le Graal et on rechercherait en vain la présence d'un prêtre dans ce château enchanté. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Que ce soit une Demoiselle qui porte une coupe pleine de sang, c'est assez singulier, comme dit le poisson en face du chat palmé, son couteau, sa fourchette et son citron.
Après, les prêtres, chacun le sait, il y en a de moins en moins, donc ils ont d'autres paroisses à paroisser, les curetons, que de fréquenter les légendes composées en ancien français.

3.
« Gauvain monte jusqu'à une salle splendide qu'inonde une intense clarté et trouve sur un lit un échiquier vide. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Lorsque l'on trouve sur un lit un échiquier vide, évidemment, ce n'est pas pratique pour disputer une partie. Pareil, si vous n'avez pas d’œufs, votre omelette aura un drôle de goût, surtout si elle composée d'huile et de sardines sorties d'une boîte que vous avez préalablement ouverte.

4.
« Mais à Bour de Déols, en 470, nous apprend Grégoire de Tours dans son « Histoire des Francs », Riothamus est vaincu par Euric. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Il s'en est passé des choses. C'est ce que je me dis souvent quand j'ai loupé plusieurs épisodes d'une série que je ne regarde pas parce que je n'ai pas la patience. Récemment, j'ai quand même à la suite zieuté les trois épisodes du bien ficelé «  Le Mystère Enfield ». Y a du fantôme, du poltergeist, du revenant, mais pas de parapluie.
Sinon, j'aime bien dans la version de Bourvil la chanson de Pierre Perrin, « Un clair de lune à Maubeuge », savez hein :
« Tout ça n'vaut pas
Un clair de lune à Maubeuge
Tout ça n'vaut pas
Le doux soleil de Tourcoing (coin-coin...) »

5.
« Pour la première fois dans l'évolution de la Matière de Bretagne, Geoffroy décrit non plus un champions de la résistance nationale contre les Saxons, mais un véritable conquérant, bientôt gagné par l'arrogance et l'hybris qui guettent inévitablement les grands conquérants. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Y a toujours des choses qui nous guettent. Tout est plein d’yeux que l'on voit pas. Disparaissent-ils quand on les surprend ? C'est le coup du cornet de frites fantômes qui s'évanouissent mystérieusement comme happées par un estomac invisible.

6.
« Car chez Wolfram (mais non chez Chrétien, chez qui c'est chose convenue) Parzifal retourne à Montsalvage pour poser la bonne question, délivrer Anfortas (dont le nom vient d'« enferté », le blessé), devenir le roi du Graal à son tour. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

J'ignorais qu'il y eût un « roi du Graal ». C'est tout de même autre chose que le « Roi de la saucisse », même si dans la vie de tous les jours on a plus souvent besoin de saucisses que du Graal. D'ailleurs, le Roi de la saucisse peut tout ignorer de la quête du Graal et prospérer yop la boum alors que le Roi du Graal, sans saucisses, il ne peut pas manger de choucroute. Eh oui.

7.
« Une fois de plus, Lancelot disparaît, comme il en a l'habitude, et la Reine craint qu'il soit mort. Alors Gauvain, qui semble prédisposé à cette tâche, part à sa recherche. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Dans la série Kaamelott, d’Alexandre Astier, Lancelot disparaît aussi et tous finissent par se demander s'il n'est pas mort. Par contre, la deuxième chaussette qui disparaît ne meurt pas forcément. Elle vit sa vie de chaussette dépareillée dans l'univers parallèle des choses perdues. C'est une quête aussi.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 novembre 2023.

26 octobre 2023

DIABLE C'EST LOURD ! AH ÇA OUI...

DIABLE C'EST LOURD ! AH ÇA OUI...

1.
« Le mystérieux, l'énigme, le sens caché au cœur des phrases font partie de notre jeu. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [la Rose à Corto])

Que signifie ce discours de la Rose ?
- Que la poésie est par essence énigmatique ?
- Que le « mystérieux, l'énigme, le sens caché » courent les répliques et les paroles les plus anodines aussi souvent que les passants traversent la rue ?
- Que l'énigme est la clé de ce monde de la même manière que si vous mettez du sucre dans votre café, alors il sera sucré ?
- Que, comme le dit Juliette Armanet, ce matin du 26 octobre 2023 sur France Inter, à propos du film « Les Choses de la vie », il y a « un film fantôme caché dans cette chanson » (la mélancolique « Chanson d'Hélène ») ?
- Qu'on ne fait pas d'énigmes sans se creuser la cervelle ?

2.
« Et ne sois pas trop surpris. En cheminant sur le sentier de l'éternel retour, tu nous rencontreras sans cesse, nous autres démons. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [un démon à Corto])

Que signifient ces mots ?
- Que Corto Maltese, aussi bien que nous autres humains, est damné, condamné à cheminer « sur le sentier de l'éternel retour » ?
- Que l'éternel retour est par essence diabolique ?
- Qu'il n'y a pas plus de fin de l'Histoire que de bonne volonté et de bienveillance dans la tête d'un cadre d'un parti extrémiste ? Et qu'en conséquence, les Français feraient bien de se méfier du piège que l'éternel retour s'apprête à leur tendre aux présidentielles 2027 ? Voulez-vous vraiment le retour du pétainisme ? Voulez-vous vraiment être dirigés par le spectre du trotskisme ? Voulez-vous vraiment que Marianne lèche les bottes de Poutine ?
- Que les démons parlent français aussi bien qu'en Angleterre les démons parlent anglais ; ce qui prouve que les démons s'acclimatent partout, au point qu'ils circulent anonymes et poignards en tête ?
- Que la démocratie aura été une belle parenthèse dans l'histoire humaine et que la paix durable est une utopie ?

3.
« Diable, c'est lourd ! »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [le Diable])

Quelle est la cause de cette exclamation du Diable ?
- Le poids de l'Humanité ?
- La lourdeur des raisonnements de bon nombre de députés ?
- La réforme Blanquer revue et corrigée par Gabriel Attal ?
- La dalle que le Diable soulève et qui va laisser surgir des profondeurs les figures de « Caïn, Judas, Balal En Shînaar [je sais pas qui c'est, je reprends juste le nom donné dans l'album], Merlin l'Enchanteur, Eve, Jeanne d'Arc, le pape Clément V, Gilles de Rais, Dick Turpin [c'est un bandit de grand chemin britannique du 18ème siècle], et... Raspoutine ! [Ah, je savais bien qu'il finirait par se manifester]. »
- L'horloge de l'Apocalypse ?

4.
« C'est pourquoi les libertés publiques ne sont pas de simples règles religieuses ou morales, mais des règles juridiques. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [lKlingsor])

Cette phrase, qu'implique-t-elle ?
- Que le droit positif est bien supérieur au droit naturel, lequel aurait vite fait, si on n'y prend garde, de prendre les masques de la religion ou de la morale pour réduire les humains en esclavage ?
- Qu'il n'y a pas, comme Klingsor le dit aussi, « de véritable liberté sans légalité » ?
- Que la Déclaration des droits de l'Homme ne se réfère jamais qu'à un droit « théorique et imaginaire » (il le dit aussi, ça, Klingsor, et nous voyons que Hugo Pratt s'intéressait aussi à la philosophie du droit, dite aussi philosophie politique) ?
- Qu'on ne peut reprocher à personne de n'avoir pas été foudroyé par quelque puissance surnaturelle ?
- Que le Diable va en être pour ses frais et Corto Maltese acquitté d'avoir refusé de se soumettre à la fatalité infernale de l'éternel retour ?

5.
Devinez un peu quoi qu'il arrive à la fin de l'album ?
- Corto Maltese glisse sur une peau de banane (le Diable a plus d'une peau de banane dans son sac) et se retrouve à l'hôpital ?
- Corto enregistre une galette électrique avec les Grateful Dead (y figure notamment le célèbre morceau « La Ballade de la Mer salée ») ?
- Corto décide de rester au pays des légendes helvétiques et, malgré les avertissements du chevalier Klingsor, tombe amoureux de la redoutable fée Kundry ?
- Corto se réveille dans son lit et Erica lui apporte son café du matin ?
- Corto part dans le soleil couchant, vers d'autres aventures, à cheval et chantonnant : « I'm a poor lonesome cow-boy » ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2023.

11 octobre 2023

RESILIENCE ? QUELLE RESILIENCE ?

RESILIENCE ? QUELLE RESILIENCE ?

1.
« Mais n'éprouvez-vous pas le désir d'être libre de quelque autre manière, Lenina ? D'une manière qui vous soit propre par exemple ; pas à la manière de tous les autres. »
(Aldous Huxley traduit par Jules Castier, « Le Meilleur des mondes » [Bernard])

Cette phrase signifie-t-elle que :
- il y a la liberté et il y a l'apparence de la liberté et qu'être libre, c'est refuser d'être libre de ne faire que ce que l'on vous oblige à faire, quand bien même cette apparence de liberté vous rendrait heureux comme un animal bien soigné ?
- Gérard Depardieu finira-t-il en prison ou va-t-il refuser de prendre ses responsabilités et se réfugier dans la Russie à Poutine pour ne plus jamais revenir en France ?Q
- Gérard Depardieu est-il la preuve qu'en fin de compte, l'on n'échappe ni à son passé ni à ce que l'on fut. La résilience serait-elle une vaste blague ?

2.
Après les crimes de guerre dont les exécutants du Hamas se sont rendus coupables en Israël ce 7 et 8 octobre 2023, que va-t-il se passer ?

- Après les pogroms dont se sont rendus coupables les assassins du Hamas en Israël, ne fait-il plus aucun doute que le Hamas sera éradiqué dans les mois à venir ?
- En commettant les crimes de guerre dont chaque jour les médias se font l'écho, le Hamas croit-il qu'il va abattre Israël ou, plus certainement, les dirigeants du Hamas viennent-ils de signer leurs arrêts de mort respectifs ? Israël n'oubliera pas. Le Mossad non plus.
- Le poids des morts français, américains, allemands et d'autres encore, ainsi que le poids des otages, vont-ils, à terme, pousser les services occidentaux à travailler avec le Mossad dans l'éradication des agents du Hamas ?
- Le Hamas croit-il réellement qu'il sera soutenu militairement par l'Iran qui, s'il se lançait dans une telle aventure, pourrait très vite subir les foudres de Tsahal et des Etats-Unis ?
- L'attaque du Hamas sur le territoire israélien est-il le signal du début de la troisième guerre mondiale ?
- Si Israël frappe si violemment la bande de Gaza, serait-ce aussi pour mieux préparer des négociations sur le mode : on desserre l'étau, ou on prévoit des corridors humanitaires en échange des otages détenus par le Hamas ?
- En ce qui concerne la politique intérieure française, le refus de la part de la LFI de considérer le Hamas comme une organisation terroriste condamne-t-il définitivement la LFI à disparaître, surtout quand le vieux Mélenchon finira par lâcher la pompe à fric électorale ?

3.
« Il ne prêta aucune attention à ses appels, mais s'enfuit en courant, au loin, au loin, n'importe où, pour être seul. »
(Aldous Huxley, « Le Meilleur des mondes ») .

Le personnage dont il est ici question veut-il être seul car :
- il ne supporte plus que de plus en plus difficilement le voisinage de ses semblables ? (Ça se comprend).
- Il court, il court, il court au magasin du coin s'acheter saucisson et litron et rentrera chez lui casser la croûte, boire un coup en écoutant du punk, du pünk, du ponk.
- Gérard Depardieu va-t-il finir seul et abandonné dans une grande maison en Russie poutinienne à vomir son foie ?

4.
« - La stabilité, dit l'Administrateur, la stabilité. Pas de civilisation sans stabilité sociale. Pas de stabilité sociale sans stabilité individuelle. »
(Aldous Huxley, « Le Meilleur des mondes »)

Ce que dit l'Administrateur semble-t-il correspondre à :
- au « meilleur des mondes possibles » où, de moins en moins insensiblement, la technocratie nous mène avec la bonne conscience du travail accompli ? (poil au nini).
- Au projet politique d'Emmanuel Macron ?
- A ce que l'on appelle communément le NOM (« Nouvel Ordre Mondial »)
- A du blabla déconnecté de la réalité et qui finira par n'être plus qu'une poignée de syllabes au milieu d'un infini chaotique de poignées de syllabes ?
- A la mort du petit cheval ?

5.
« - A présent - voilà le progrès – les vieillards travaillent, les vieillards pratiquent la copulation, les vieillards n'ont pas un instant, pas un loisir, à arracher au plaisir, pas un moment pour s'asseoir et penser... »
(Aldous Huxley, « Le Meilleur des mondes »)

Ce constat publié en 1932 vous semble-t-il correspondre à :
- la situation de notre vaillante et résiliente et polyvalente vieillesse telle que la veulent nos politiques affairés et affairistes aussi des fois ?
- Au projet politique d'Emmanuel Macron (cf la réforme des retraites) ?
- au « meilleur des mondes possibles » où, de moins en moins insensiblement, la technocratie nous mène avec la bonne conscience du travail accompli ?
- A l'horreur économique dans laquelle surpopulation et hyperconsommation nous plongent ?
- Aux sottises que l'on entend parfois dans les émissions qui se croient intelligentes sur France Inter, tiens, où, défois, on recycle de petits professeurs de philosophie pour en faire de médiocres influenceurs ?
- Tête à Blanquer, poil au derrière ! (chanson estudiante) ?

6.
« Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »
(Nicolas Berdiaeff cité par Aldous Huxley en exergue du roman « le Meilleur des mondes »)

Cette hypothèse de Nicolas Berdiaeff cité par Aldous Huxley est-elle :
- démentie par les faits et l'épaisse bêtise des partis extrémistes de gauche comme de droite ?
- En partie réalisée, mais uniquement dans les familles et chez les gens de bon sens qui ont choisi de ne plus se mêler de politique et de son cortège de crétineries surdiplômées ?
- L'Education nationale est-elle en voie de technocratisation accélérée et va-t-elle finir, comme l'hôpital public, par être de moins en moins efficace tout en étant de plus en plus administrée, contrôlée, connectée, fliquée, managée ?
- La liberté pédagogique existe-t-elle encore en France ?
- Gérard Depardieu est-il un acteur d'exception ? Certainement. Cela ne l'empêcherait pas, apparemment, si l'on en croit bon nombre d'actrices et comédiennes qui l'ont croisé sur les plateaux, d'être un pauvre type, vulgaire et un peu trop entreprenant ?

Patrice Houzeau
Malo, le 11 octobre 2023.

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