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BREFS ET AUTRES
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1 février 2022

UNE SAUCE AU SANG AVEC DE PETITS OS

UNE SAUCE AU SANG AVEC DE PETITS OS

1.
Peut-on voir la « Ligne Maginot » comme une œuvre d'art conceptuelle démontrant par l'absurde l'importance du mouvement et de la surprise dans les relations entre Etats ? Et si oui, peut-on dire que l'Art tue ?

2.
Comme l'a montré Œdipe, la douleur aveugle et comme le prouve la politique, l'humain ment.

3.
- Et je vous mets une sauce avec votre cornet de passions ? - Oui, s'il vous plaît... une sauce au sang, merci.

4.
Je vous prête vie et vous m'accordez l'éternité, ok ? A mon avis, l'humain s'est fait rouler.
Je vous accorde quelques droits, mais ce sont les devoirs qui primeront. A mon avis, on va s'faire rouler. #Attal #Macron

5.
Comme Zut comptait ses fantômes, il m'en manqua un ! Ce n'était pas la première fois qu'il s'absentait, le spectre de l'oncle Cassave. Elle me dit : « Celui-là, je le soupçonne fortement d'avoir une double vie dans l'au-delà ».

6.
Zut se demandait si les troupes françaises de l'opération Barkhane avaient autant de vocation à rester au Mali, et à se faire tirer dessus par des djihadistes ou autres malveillants zigouilleurs, qu'un squelette dans un placard.

Zut entendit sur France Info un ancien diplomate dire que si les troupes françaises de l'opération Barkhane restaient au Mali, c'était pour éviter que le « chaos » s'installe au Sahel et s'interrogea sur le sens actuel du mot « chaos ».

7.
Après Bock-Côté et Ilana Cicurel, j'ai entendu Hanouna dire que Blanquer était un « bosseur ». Marrant, c'est ce qu'on dit d'un élève qui fait des efforts mais qui n'y arrive pas vraiment. « Et pourtant, il travaille, hein... ».

8.
Blanquer fait partie des Grands Chronophages qui contrôlent la planète. Il n'y a qu'à le regarder : il a deux yeux, un nez, une bouche, et des bras et des jambes. Pas de doute, c'est un Grand Chronophage, du type « Apprenant ».

Autre indice : la téléportation ministère-Ibiza – Ibiza-plateaux télé à laquelle il s'est récemment livré. On vous aura prévenu.

9.
Comme il balançait la tête au rythme de la musique, il s'aperçut que la galette des Creedence Clearwater Revival venait de s'arrêter ; fallait maintenant la récupérer ; où donc qu'elle avait roulé ?

10.
La rumeur selon laquelle le « Petit Théâtre de Guignol » serait bientôt remplacé par le « Petit Théâtre à Macron » (avec un Véran en Môssieur le Docteur armé d'une grande seringue) est largement exagérée.

11.
Sans « droit de mentir », plus de politique possible ; sans « raison d'Etat », plus de politique possible ; sans électeurs, plus de politique possible. Demain, c'est la Chandeleur : Zut fera des crêpes et jettera des sorts.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er février 2022

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17 janvier 2022

LORSQUE L'OEIL DANS L'ASSIETTE

LORSQUE L'OEIL DANS L'ASSIETTE

1.
Lorsque l’œil dans l'assiette cligna
il comprit où était passée la moitié
de son poulet alors reprenant du vin
comme s'il n'avait rien vu il sourit

2.
selle dans la salle à manger... Silence absolu ! Le
narrateur s'interrogea sur les secrets objectifs de
cette selle et se demanda s'il n'était pas tombé au
milieu d'une erreur de traduction et si cette salle
était bien une salle à manger et où était le cheval

3.
passé quelque chose. Je me suis sentie tellement mal
que je m'attendais à voir surgir le fantôme du jeune
capitaine décapité & qu'eurent la tête coupée treize
moines dit-elle se souvenant d'une vieille devinette

4.
fleurs et d'étrangers. A une heure de route, on était
soudain dans un village où dit-on l'auteur des contes
d'où s'insinuaient les reptiliens zélateurs des dieux
oubliés avait imaginé ses plus étranges compositions.

5.
sais, qui vivent d'abord dans un monde aquatique et
des millénaires plus tard vous les croisez dans les
rues ils achètent le journal regardent des matchs à
la télé vont au travail & attendent la grande pince

6.
avait quelque chose à me dire et qu'elle pouvait
enfiler rapidement sa tenue de plongée car ça ne
pouvait que m'intéresser ça des informations sur
le scandale des digues moi j'étais sceptique sur
cette affaire le monde n'était plus que complots

7.
On parle d'une réserve de voix chez les électeurs
de Zemmour qui favoriserait Marine Le Pen si elle
arrivait au second tour des présidentielles cette
fois-ci sera la bonne se disait-on à droite cette
fois-ci on voyait bien que la France était plus à
droite plus dure que les bonnes âmes le pensaient

8.
Quelque chose me dit que les zélés de l'ultra-
-libéralisme vantant jadis la dérégulation des
prix de l'électricité doivent chercher profond
leurs arguments Certains secteurs qui relèvent
de l'intérêt général et qui demandent beaucoup
d'investissements il n'y a qu'un Etat puissant
régalien qui peut les faire prospérer sinon on
va droit aux scandales & spéculations abusives

9.
Que l'apprentissage n'ait pas été assez développé
en France est évident d'autant que le pédagogisme
et la moraline avaient dénaturé bien des filières
des Lycées professionnels mais démolir les Lycées
en supprimant les diplômes intermédiaires & usant
du contrôle continu à outrance voilà qui est bien
sournois Monsieur le ministre Blanquer à mon avis
votre carrière politique s'arrêtera même si votre
maestro de l'enfumage (le président Macron) était
réélu ce qui n'est même pas si évident qu'on dit.

10.
Si Martin Blachier a raison et si le variant Omicron annonce la fin de l'épidémie, alors le pass vaccinal, à peine prendra-t-il effet, sera-t-il obsolète et contre-productif ?
Dans ce cas, le pass vaccinal passera vite pour une décision politique et technocratique, et Macron risque d'en payer le prix aux présidentielles.

11.
En ne rendant pas la vaccination obligatoire, le président Macron satisfait à l'idée libérale que le législatif doit laisser une certaine marge de liberté individuelle et en même temps, en remplaçant l'obligation par le nudge du pass vaccinal, Macron se montre assez sournois.

12.
Selon France Inter en ce mois de janvier 2022, la sous-traitance sans contrôle des comptes de livreurs « indépendants » des plate-formes serait courante. Le gouvernement doit s'emparer du dossier, sinon il se fait le complice d'un système qui favorise le travail illégal. A Lille, un môme de seize ans en est mort.

13.
Quelqu'un m'a dit que le but d'Edouard Philippe était de pouvoir se présenter en 2027 et succéder à Macron. En tout cas, si j'en crois France Info, en ce matin de janvier 2022, le torchon semble brûler entre l’ex-premier ministre et la Macronie.
« Je ne demande rien... Mais je ne veux pas qu'on m'emmerde », c'est ce qu'aurait déclaré samedi dernier Edouard Philippe car paraît que Macron lui-même lui mettrait des bâtons dans les roues d'son petit vélo politique.

 Patrice Houzeau
Malo, le 17 janvier 2022


8 janvier 2022

FANTAISIES DIVAGATURES ET ELUCUBRANCES EN LISANT CLIGES

FANTAISIES DIVAGATURES ET ELUCUBRANCES EN LISANT CLIGES
(En parcourant « Cligès » de Chrétin de Troyes traduit par Charles Méla et Olivier Collet)

1.
Les débuts du Cligès de Chrétien de Troyes : « d'un jeune homme qui vivait en Grèce [et] qui était du lignage du roi Arthur », laquelle Grèce « fut, en chevalerie et en savoir renommée la première. » Des fondations mythiques de notre Occident.

N'y voyez pas critique : ce sont les symboles (dont celui de l'argent qui fixe les prix de la valeur échange), les symboles et les mythes qui nous gouvernent et pas les algorithmes. L'administration rationnelle du moindre de nos gestes n'est pas pour demain.

2.
« Alexandre le beau » « va parler à son père », l'empereur et lui signifier qu'il veut quitter cet empire de Grèce dont il est l'héritier pour « servir le roi Arthur ». V'là qui sonne façon pôle magnétique. Que veut dire réellement « servir le roi Arthur » ?

3.
« Souvent elle [Soredamor] pâlit, toute en sueur, malgré elle, il lui faut aimer. »
(Chrétien de Troyes, « Cligès », traduit par Charles Mélla et Olivier Collet)

Soredamor est la très belle qui méprise l'amour. Trop belle pour aimer ? Mais humaine, elle ne saurait échapper au tourment. #PoilAuxDents

4.
« Mais l’œil ne regarde vers nulle chose si le cœur ne le veut et n'y incline. »
(Chrétien de Troyes [Soredamor])

Le réel n'est vraiment intéressant et n'est vraiment visible que s'il est hanté.

5.
« mais il est le miroir du cœur, et c'est par ce miroir que passe, sans l'abîmer ni le briser, le sentiment dont le cœur s'enflamme. »
(Chrétien de Troyes [Alexandre])

« dont le cœur s'enflamme » : Que l'on remplace le mot « sentiment » par le mot « fantôme » et c'est une image façon Jean Cocteau qui impose sa magie à l'esprit. Je songe aussi à cet homme qui prend feu sur la pochette de « Wish You Were Here » de Pink Floyd.

6.
« Je pensais avoir trois amis, mon cœur ainsi que mes deux yeux, mais ils me haïssent, je crois. »
(Chrétien de Troyes, « Cligès » [Alexandre])

Je mange du veau pas content défois et je
Pensais biscornu passque j'aime bien penser biscornu en écoutant The Residents aussi je pensais
Avoir le temps mais le temps me grignote souris dans le fromage et
Trois fois suis-je sot aussi sot que les trissotins que je moque Mes
Amis je les ai mangés mes amours je les mangées mes fantômes je les ai mangés mais je ne les digère pas (j'ai de l’ectoplasme plein la lippe)
Mon œil çui-là que j'ai en dedans il voit tout oblique, pis mon
Cœur est tout bavant, débordant, moussant de poésie teigne
Ainsi que le monde tourne j'ai la tête qui itou me tourne
Que le grand Haddock me croque
Mes amis je les ai, pis mes amours, aussi mes fantômes bouffis-bouffas, œufs sur le « plat, et me sens tout nauséeux comme si Zemmour était élu et mes
Deux que j'ai pour voir ce qui n’existe pas, mes
Yeux coulent sur ma chemise Je n'aurais pas dû prendre ces yeux-là sont à peine croyables
Mais trève des confiseurs,
Ils sont tout bouffis - Quoi donc ? mes spectraux dindons tiens que
Me voilà toussant crachant des crapauds asthmatiques s'arrachent de mes poumons et haïssent
Haïssent haïssent haïssent c'est bien simple on dirait des gens
Je suis pas content je
Crois que je vas un peu vous vomir dessus.

7.
« … dans l'intention de vérifier s'il se pourrait trouver quelqu’un qui sût les distinguer l'un de l'autre de si près qu'il les regardât, car autant, sinon plus que l'or, brillait et rougeoyait le cheveu. »
(Chrétien de Troyes, « Cligès »)

C'est que Soredamor a « entrecroisé un de ses cheveux avec l'or des fils ». L'amour ne pourrait-il tenir qu'à un cheveu ? Marrant, la forme « rougeoyait » me fait voir une Soredamor rousse. Remarquez qu'on est quand même en Grande-Bretagne là.

8.
Donc, Alexandre du château qu'il est sorti, même que le roi « s'en réjouit et il lui a livré le comte ». Y a des louanges. Le roi offre « une coupe en or de quinze marcs », ça doit faire des sous, ça. Alexandre (il est content) la reçoit, et tergiverse sur Soredamor.

9.
Chrétien de Troyes pour évoquer les noces de Soredamor et d’Alexandre utilise l'image du jeu d'échecs : « La plus grande joie fut la troisième, quand son amie devint la reine de l'échiquier dont il était le roi. » Ce qui me fait songer que l'on dit souvent que la vie est un jeu. Un jeu certes, mais de quel genre, un jeu de stratégie ? de hasard ? Ou des deux combinés, à la grande consternation des malchanceux.

10;
Quelques pages plus tard, l'empereur de Grèce Alis, le frère d’Alexandre, veut rester empereur cependant que je ne sais qui vient lui demander la couronne et qu’Alexandre parti en Bretagne désormais gouverne sur Constantinople.

11.
Mais tout s'arrange car après qu’Alexandre se soit pointé à dada à Athènes (là où ils s'atteignirent), les royaux frangins s'la topent là et Alis reste empereur à condition de ne point se marier afin que Cligès, le fils d’Alexandre puisse à sont tour impérialiser.

12
Bon après, il est question d'une certaine Fénice, qu'il plaît à Chrétien de Troyes de la comparer à l'oiseau appelé Phénix, qui est un drôle d'oiseau et « qu'il ne peut y avoir qu'un à la fois », de même qu'il n'y a qu'un grand Zôtre.

13.
Le narrateur du « Cligès », de Chrétien de Troyes fait remarquer qu'on ne peut « donner son cœur » et il dit : « Je ne tiendrai pas le langage de ceux qui en un corps associent deux cœurs ». Cet anti-lyrisme médiéval m'enchante.

14.
La gouvernante de Fénice s'appelle Thessala, « experte en magie », magicienne donc, « et on l'appelait Thessala parce qu'elle était née en Thessalie, où les maléfices sont pratiqués, enseignés et bien établis ». C'était, bien entendu, dans la nuit des temps antiques.

En ce début 2022, on trouve encore sur Internet l'idée que la sorcellerie est née en Thessalie. Cela nous viendrait de Lucain et de Pline, lequel évoquerait une pièce de Ménandre « La Thessalienne », dans laquelle, écrit Jacques Cazeaux en 1975, des femmes de Thessalie feraient « descendre la lune ».

15.
Ça s'complique : l'empereur Alis veut épouser Fénice, mais Fénice est amoureuse du neveu Cligès. Thessala lui propose le secours de la vieille magie de sa Thessalie natale où, nous dit le narrateur, « les femmes de ce pays jettent des sorts et exercent des charmes. » Y a des lunes.

16.
Un peu plus tard, Thessala demande à Cligès de verser à boire à l'empereur une rare boisson, avec « dans l'air tout autour la bonne odeur de ses épices ». Quel tour prépare donc la servante magicienne ? (Moi, je le sais car j'ai lu le roman) #SurpriseSurprise

17.
De cette rare boisson dont seul l'empereur se régala, il en tirera, nous dit Chrétien de Troyes une ivresse singulière qui fera « qu'il croira en dormant être éveillé ». C'est donc un philtre d'illusion, un dédoubleur de réel. (Il est quand même bien confiant, le Cligès).

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2022.

 

 

 

 

 

5 janvier 2022

AH TIENS DES EMMERDEMENTS

AH TIENS DES EMMERDEMENTS

1.
« qu'il lui ôte l'âme du corps, et le logis reste sans hôte. »
(Chrétien de Troyes, « Cligès »)

2.
Froid revient, temps de chien, le vent secouant, entre arbres et néons, on la baisse, pis dans l'humide qu'on s'presse.

3.
Alors le président Macron dit qu'il voulait les emmerder. Ah ça, quand on est emmerdant...

4.
« regrette, sachez que de toute ma vie je ne l'aimerai »
(Chrétien de Troyes, « Cligès » [Alexandre])

Ainsi le cœur, toute sa vie qu'on aime ou déteste, ou qu'on les hausse et fait bouh, ou bah itou défois.

5.
« à noter le vent violent hein » (la météo à la radio)

6.
Le 5 janvier 2022, Macron président pas encore candidat veut « emmerder » les non-vaccinés. Tenterait-il de faire de la vaccination un enjeu électoral ? Si les Français élisaient Macron pour cette seule raison, ils commettraient une grave erreur d'appréciation.

7.
« Rien de tout cela n'était connu de leurs gens restés »
(Chrétien de Troyes, « Cligès »)

8.
monde tel qu'il est qu'on voudrait qu'il soit autre mais c'est que

9.
« Les députés de l'opposition sortent spontanément de l'hémicycle » (la radio à propos de la deuxième nuit de débats à l'Assemblée nationale sur le pass vaccinal).

10.
Marine Le Pen a raison quand elle rappelle que la vaccination n'étant pas obligatoire, le président Macron n'a pas à jeter l'anathème sur les non-vaccinés. Ou alors, qu'il prenne ses responsabilités, et décrète la vaccination obligatoire. Macron serait-il veule ?

11.
« mais leurs écus avaient été trouvés parmi les corps au matin, après la fin de la bataille. »
(Chrétien de Troyes, « Cligès »)

« L'écu ou escu, du latin scutum, est un type de bouclier » (Wikipédia)

12.
Covid, janvier 2022 ; et les enfants, dit-on, commencèrent à être atteints...

13.
Le 5 janvier 2022, on entendit la radio rapporter ce propos du président Macron aux lecteurs du « Parisien » : « Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder... » Points d’exclamation, d'interrogation et de suspension (de séance) se succédèrent.

« Une phrase qui vient jeter de l'huile sur le feu » (ce n'est pas moi qui le dis mais France Info).

14.
« coupe en or, il n'est pas question d'attendre. Il prend »
(Chrétien de Troyes, « Cligès »)

Bon alors, l’Alexandre du Cligès à Chrétien de Troyes, il fait des manières pour demander au roi la Soredamor qu'il aime mais pour la coupe en or, hop, in the pocket.

15.
« tout ça est en train de basculer dans une autre galaxie »
(Eric Neuhoff sur France Info, le 5 janvier 2022).

Il parle des progrès technologiques de l'édition. Bah, d'une manière générale, tout a tendance à « basculer dans une autre galaxie », qu'on l'appelle Macronie, « société de vigilance », fédéralisme, mondialisme, surpopulation...

16.
« le bébé tout nu dans l'eau turquoise et entouré de dollars » (une voix sur France Info décrivant la pochette de l'album « Nevermind »)

Classée sans suite, la plainte pour pédo-pornographie de je sais pas son nom mais qui fut le bébé de la pochette de l'album « Nevermind » du groupe Nirvana. Le bon sens prévaut.

17.
Castaner note que lorsque Pompidou avait dit qu'il fallait arrêter d' « emmerder » les Français, personne n'avait trouvé à y redire. Certes et justement, ce que veut, ce que fait Macron, c'est « emmerder » les Français. Une bonne partie de son quinquennat l'atteste.

18.
France Info, le 5 janvier 2022 à propos du nouveau protocole sanitaire à Blanquer : « La pagaille commence à s'installer dans les écoles ».

19.
Avec le pass vaccinal, il semble que Macron a inventé un nouveau genre de gouvernance : « l'emmerdance »... Du coup, vivons-nous dans une emmerdature ?

Quand le nudge devient emmerdance, alors c'est qu'il y a grenouille dans le potage, une moumoute dans la soupe à l'oignon, du pédalage dans la semoule législative.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 janvier 2022.

21 décembre 2021

LES CERISES SAVENT

LES CERISES SAVENT

1.
« Depuis longtemps, je me vantais de posséder tous les paysages possibles »
(Rimbaud)

Défois et depuis longtemps même, on se vante « de posséder tous les paysages possibles », et même les impossibles, mais ça c'est quand on se raconte des histoires.

2.
« C'est bien, monsieur. Vous ne direz pas que je ne vous ai pas averti. »
(Ionesco, « La Leçon » [La bonne])

Quand on nous avertit, on ne s'en rend pas toujours compte. On avale quand même son éléphant, et après on s'étonne d'être trompé.

3.
« Limpide aujourd'hui, ce théâtre suscita d'abord des malentendus. »
(Une phrase prise dans un commentaire d'Emmanuel Jacquart à propos de « La Leçon » de Ionesco)

Je me demande parfois si le théâtre, ou tout autre spectacle, voire même une théière (mais ça, c'est par association sonore) n'est intéressant que lorsqu'il suscite des malentendus. Ainsi j'ai toujours trouvé hautement comiques les pièces de Racine.

J'ai toujours trouvé hautement comiques les pièces de Racine. Mais je n'y ai jamais ri en public. Il y aurait eu malentendu et toute la tragédie m'aurait lapidé en français classique, grec et latin. Seule Zut rit en moi.

Comme je n'avais pas mis de s à comique, je me suis posé des questions. J'en ai conclu que ce n'est pas aujourd'hui que je retrouverai ma deuxième  chaussette ni les raisons pour lesquelles je devrais voter Macron, et même voter tout court.

4.
« Les dernières répliques du Professeur révèlent une systématisation de l'absurde aboutissant ici à la négation de tout enseignement traditionnel »
(Note d'Emmanuel Jacquard sur « La Leçon » de Ionesco)

Quand on parle de pédagogisme, certains se font très savants. Meirieu est très savant. Mon âne aussi, surtout quand je l'agite au bout de mes doigts et que les enfants des écoles rient à le voir ruer : un âne rue-t-il ? Je ne sais pas. En tout cas, il ne vote pas Macron.

Quand je dis « voter Macron », il faut comprendre voter pour un homme assez malin pour que l'on se demandât tout au long de son mandat s'il fut sincère ou pas. Quant à son efficacité, bah, pauvre canif, je ne puis en juger qu'à l'aune de mes sous.

5.
« Une langue presque un peu pourrie ». Cette phrase prononcée par Géraldine Mosna-Savoye à propos d'un passage de Saint Augustin, me fait penser au Pass Vaccinal et au bouquet de couleuvres que nous sert le bon Castex.

6.
Une suite d'erreurs que notre mort elle-même ne peut corriger. De fait, la mort n'est pas faite pour corriger. Elle est faite pour faire causer ceux qui préfèrent parler de la mort plutôt que de faire des tartes. Rien n'empêche de faire les deux ; ça peut passer pour baroque.

7.
« Vous savez que je ne vous aime pas ». Cette phrase, le ministre ne l'a pas entendue. D'ailleurs je ne l'ai pas prononcée. Mais je crois qu'il a compris.

8.
Vivre, c'est être poli, voire même serviable, avec des gens qu'en réfléchissant un peu, on trouverait bien des raisons de vouloir étrangler.

9.
« Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies »
(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

« Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies », je suppose que l'on traverse parfois des fantômes qui sentent la cave.

10.
« Ouvrant sur ta pâleur tes milliards de portes »
(Rimbaud, « L'orgie parisienne »)

Quand je songe à mon fantôme, je le vois fort pâle, alors que si ça se trouve, mon fantôme a les joues aussi rouges que les biftecks qui passent dans les prés tandis que couteaux et fourchettes.

11.
Parfois on dit le mot « cerise » comme ça sans y penser, dans une phrase où l'on parle de noyaux, de confiture ou de merle moqueur et l'on ne se rend pas compte du mal que, malgré soi, l'on fait à qui une cerise étouffa le bonheur. Vaut mieux se taire : les cerises savent...

12.
Je viens d'entendre quelqu'un sur France Culture dire trois fois de suite « de fait ils se » (de fait ils se, de fait ils se). J'ai beau me douter qu'il s'agit d'une erreur de montage, je suis allé vérifier le temps qu'il fait ; on ne sait jamais.

13.
Les gens s'étonnent que plus il y a de Français, moins il y a de lits dans les hôpitaux. C'est très logique, au contraire, sinon, y a pas de raison que ça s'arrête. Macron l'a très bien dit : Les vivants, ça coûte un pognon de dingue. #TagadaTagadaVoilàLesVariants.

14.
« prendre conscience de la dimension géographique de son existence » : paraît qu'on lit ça dans les instructions officielles du Ministère des Apprenants Nationaux. Epatant. Si on m'avait ingéré ça durant mes enfances bêtes, à coup sûr j'me seros pris la cafetière pour une capitale.

15.
Le truc qui m'embête, c'est que si Macron n'est pas réélu, se pourrait que cestui ou ceste qui lui succédera nous refasse payer une taxe d'habitation. Macron lui même, si ça se trouve, pourrait le faire, à cause du quoi qu'il en coûte, de la dette magique, des hackers russes, tout ça...

Patrice Houzeau
Malo, le 21 décembre 2021.

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8 novembre 2021

CHRONIQUE DU 8 NOVEMBRE 2021

CHRONIQUE DU 8 NOVEMBRE 2021

1.
C'est par l’existence d'un Bien supérieur, l'intérêt de la nation, que l'Etat moderne est radicalement interventionniste. Seul l’exercice de la démocratie empêche l'homme de pouvoir de céder, y compris en temps de crise, à la tentation jupitérienne.

2.
Il semble acquis pour beaucoup que Macron sera réélu en 2022. Certains jugent que les législatives pourraient être fatales aux députés de la majorité LREM. Il se pourrait que Macron soit obligé de cohabiter en prenant un premier ministre issu des Républicains (LR).

L’exercice de la cohabitation certes freine considérablement l'action verticale du Président. Elle est aussi un exercice d'humilité. Je vois bien un Macron forcé de travailler avec les Républicains. Il y serait comme un poisson dans l'eau.

Il est de notoriété publique que l'une des qualités du président Macron est son adaptabilité. Libéral fédéraliste, il trouverait assez aisément dans les rangs des Républicains des politiques aussi libéraux et fédéralistes que lui.

Les présidentielles 2022 pourraient être assez amusantes. Le candidat républicain coiffé au poteau par Marine Le Pen ou Zemmour ? Ennuyeux mais pas mortel. L'implantation locale de LR et la faiblesse de LREM pourraient donner lieu à une cohabitation.

3.
La réforme des retraites ne sera sans doute pas lancée avant les présidentielles 2022. Le président Macron prenant la parole ce mardi 9 novembre, en saura-t-on plus sur la délicate question de la fin des régimes spéciaux et des caisses autonomes ?

4;
Le bilan de la présidence Macron tient en deux mots : le Pass Sanitaire. La situation ante-covid n'était pas si brillante : les contestations à répétition (contre la réforme Blanquer et celle des retraites, crise des Gilets Jaunes) grignotaient l'électorat macroniste.

L’extension du Pass Sanitaire a relancé une relative lente campagne de vaccination et permis à la France d'afficher des ambitions raisonnables de reprise d'une activité normale liée à une éclaircie économique, un regain de confiance passager.

Cependant, la reprise de l'épidémie du covid et les incertitudes économiques en cours (crise énergétique, inflation possible, tensions sur les marchés, manque de main d’œuvre,...) pourraient faire voler en éclats l'optimisme un peu béat de certains.

5.
Ce ne sont pas les humains qui sont les jouets.

6.
Peut-on dissoudre une production nationale dans une soupe fédéraliste ?

7.
La technocratie est-elle le dernier rempart de la rationalité, ou n'est-elle que la ratiocination d'un pouvoir qui tend à la supranationalité ?

8;
Technocratie, cercles d’experts et idéologues se sont emparés de l'éducation nationale et en ont fait un laboratoire permanent. Les enseignants y perdent leur latin, parfois leur âme.

9;
L' hyper-consumérisme a fait des produits culturels un instrument de son expansion. D'ici quelques temps, l'Etat sera obligé d'intervenir régulièrement pour garantir les conditions de vie acceptables, voire dans certains cas le minimum vital, des acteurs de la catégorie socio-professionnelle « Monde de la Culture ».

10.
La crise covid aura prouvé que l'hyper-consumérisme ne peut se passer de l'Etat. Nous assistons aux premiers babils d'un monstre inédit : l'Etat promoteur d'une consommation téléguidée, choisie par les experts pour le peuple. Le nudge fera le job.

11.
Michel-Edouard Leclerc prévoit donc une inflation rapide dès ce mois de novembre 2021. Forte épargne d'argent magique + tensions sur les marchés = inflation. Que Macron continue à fluidifier le social et après les élections de Merlin L'Enchanteur En Marche, Poum : hyper-inflation.

La solution existe : réduire le crédit. Ce qui ne gênera pas les riches (lesquels ont eux aussi profité de l'argent magique), déstabilisera la classe moyenne et rendra les pauvres plus pauvres encore.

En tout cas, Michel-Edouard Leclerc voudrait envoyer un signal fort à Macron et Bruno Le Maire, qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Ou alors, c'est que c'est un fan caché des Gilets Jaunes.

12;
Possible qu'Emmanuel Macron profite de la présidence française de l'UE pour essayer de faire annuler la dette Covid. Si ça marche (sans jeu de mot), ce sera Austerlitz, sinon on prend l'eau.

Je crois plutôt que Macron, face aux inquiétudes européennes de la dette va tenter de noyer le poisson dans un flots de paroles : il est très fort à ce jeu. Et, dans ce cas, les Français n'ont pas fini de les payer, les masques manquants et les lits fantômes.

Je m'attends à ce quelque jour, un sociologue éclairé ou quelque économiste informé publie un article dont le titre sera « La dette Covid n’existe pas » et qui convaincra le gogo que l'on peut se débarrasser des milliards d'une dette aussi aisément que l'on sort ses poubelles.

13.
Ne pas oublier que Zemmour est un candidat sans parti. Il sera sans doute plus difficile de faire élire des députés zemmouristes qu'en leur temps les députés LREM. Je pense qu'une cohabitation Macron/majorité LR est fort possible.

A moins que Zemmour vide LR de sa substance et soit massivement rallié par des « transfuges », de la même manière que la trahison des idéaux de gauche a, en 2017, rallié bien des bonnes âmes à Macron.

14.
Quant à Arnaud Montebourg, il s'agite beaucoup mais risque d'en être pour ses frais. Ni crédible à gauche, ni crédible à droite. La place au centre godillot étant déjà prise par Bayrou, il n'a aucune chance. Supplanter l'UDI peut-être ? Je n'y crois pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 novembre 2021.

 

 

25 octobre 2021

SOUPÇONS DOUTES SPECTACLE

SOUPÇONS DOUTES SPECTACLES

1.
Ce que l'éducation nationale attend des enseignants c'est plus de savoir s'adapter que de savoir penser. D'où l'étrangeté des réformes.

2.
Ce que l'institution exige des enseignants est moins de transmettre un contenu, les bases d'une discipline, que d'apprendre aux élèves à s'adapter à la mondialisation en cours.

3.
Je n'aime pas Macron car il est le président des efficacités technocratiques, et l'on constate que les événements ne cessent de lui rappeler que sa sacro-sainte technocratie est souvent contre-productive (Gilets Jaunes, crise de l'hôpital public, crise de l'éducation, crise des énergies...).

4.
Si les Etats-Unis ne découvrent pas bientôt le moyen d'obtenir une énergie recyclable et si bon marché que le monde entier pourrait en profiter, je ne vois pas comment on pourra continuer à vivre dans un monde surpeuplé sans la pérennisation des conflits.

5.
Une idée entendue dans une vidéo selon laquelle le complexe militaro-industriel aurait intérêt à faire croire que les OVNI constituent une inquiétude, sinon une menace.

Cette idée fait écho au soupçon selon lequel les principaux « témoins » d'assez troublantes observations étaient en fait des agents gouvernementaux.

6.
La civilisation occidentale fut la civilisation de la pensée pure, de la spéculation, de la subtilité, de la nuance, et il me semble que toute notre philosophie pourrait bientôt être balayée par l'empire des dogmes.

7.
Les réseaux sociaux et les chaînes d'info en continu ont fait de la violence du monde un spectacle. Ce sont nos jeux du cirque modernes.

8.
Le doute est devenu un spectacle et le prétexte tout trouvé aux dogmatiques de tout bord pour propager leurs inquiétantes idées.

9.
Au fond, la rhétorique LREM est simple : les Français sont démocrates. Macron est démocrate, donc votez Macron. Sauf qu'évidemment, la démocratie macroniste est souvent bien éloignée de ce que les Français attendent.

10.
De 2017 à 2022 revint souvent le soupçon que le président Macron était très souvent tenté par une réduction drastique des pouvoirs du Parlement au profit d'une multiplication des expertises et des conseils restreints.

11.
La société du spectacle semble vouée à une foire d'empoigne généralisée entre propagandes officielles et complotismes de tout poil. On n'y pense plus ; on assène.

12.
C'est un fait avéré que l'augmentation continue des APL contribue à la crise du logement. Les aides au logement sans blocage des loyers reviennent à pisser dans un violon. Qu'en sera-t-il si l'inflation repart...

Patrice Houzeau
Malo, le 25 octobre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

24 octobre 2021

BRICOLES D'OCTOBRE

BRICOLES D'OCTOBRE

1.
Citation : « Edda signifie bisaïeule ; du sanskrit atta = mère ; persan alâ ; ossète = ada ; grec et et latin = atta ; slave = otitsi, etc... Bibliographie des Eddas, voir Edgar Quinet, Ozanam, Ampère, Philarète Chasles, Marmier ; Mlle du Puget, (…) ; M. de Laveleye (...) »

Je me demande ce que valent ces étymologies que Robert Charroux cite en bas de page pour, dans « Le Livre du mystérieux inconnu », évoquer « l'unité de la race aryenne » (sic).

Il y a dans le corpus ésotérique de quoi réjouir et les amateurs de merveilleux, de narratif alternatif, de légendes et les manipulateurs de bien des extrêmes-droites à relents pestilentiels. Ai entendu parler récemment du « vril », ai sifflé d'étonnement.

2.
« Il avait peur...
Et, parce qu'il avait peur, certaines choses devenaient inévitables.
C'était l'évidence même.
Mais je ne m'en suis aperçu que beaucoup plus tard. »
(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée », [le narrateur])

3.
« Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies »
(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

Ce vers (« Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies ») me plonge l'étrange interne dans la vision d'une succession de couloirs s'emboîtant, tunnel sombre syncopé d'éclairs, parcours dans un univers spongieux, suintant, maquillé.

Dans « Les poètes de sept ans » : « l'ombre des couloirs aux tentures moisies », « la fraîcheur des latrines », « les habits puant la foire », « les saveurs de sa peau », « [l'] âcrement prise d'humidité », un olfactif trouble opposé aux « parfums sains » du rêve.

4.
La vie rêvée est une vie maquillée.

5.
« L'écologie sans la lutte des classes, c'est du jardinage. »
(Jean-Luc Mélenchon, le 17/10/2021).

Certes, et c'est même pour cette raison que l'écologie politique est inquiétante. Quant à l'écologie à Macron, si elle existe, elle ne peut être que « résiliente », comprenez : technocratique, verticale, connectée aux machines et déconnectée des gens.

6.
Je ne crois pas qu'il existe mais en tout cas, il est le meilleur alibi des censeurs, des bourreaux, des assassins, des marchands d'armes.

7.
L'assassinat de Samuel Paty prouve qu'il suffit de quelques dessins pour amener des fanatiques religieux au meurtre. Cela prouve donc qu'il avait raison. Cela fera école et les futures générations en finiront avec les dieux et leurs mensonges.

8.
Thierry Breton assimilant l'imaginaire fédéralisme de l'Union Européenne à la cohésion des Etats-Unis, c''est vraiment très très faible. Macron osera-t-il la même hasardeuse analogie ? Tout ça parce que la Pologne ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Un élève me rendrait un tel argumentaire, il aurait maxi 6 sur 20 (si je suis de bonne humeur). Faudrait que nos élites se rendent compte que les Français sont moins sots que Macron et Breton le croient.

9.
« - Vous ne vous trompez jamais ?
- Bien sûr que si. Je me souviens de ne m'être trompé qu'une fois en 1912... Je ne sais plus à propos de quoi, par exemple. »
(Dashiell Hammett, « La clé de verre » [Whisky Vassos et Ned Beaumont])

Défois, on a beau s'agiter le grelot d'la souvenance, on s'en souvient plus d'toutes nos gourances, qu'à s'en souvenir, on en mourrait de honte.

10.
« Or pour l'homme, cela seul est réel, qui est objet d’expérience, ou qui pourrait, à ce qu'on suppose, le devenir à l'occasion. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

Le bipède, il a qu'un réel, çui-là qu'l'alambic d'son l'appareil optique lui montre et démontre. En a-t-il plusieurs, le voilà physicien, pis acharné à l'équation.

11.
Ecouté l'album « Oxygène » (Jean-Michel Jarre, 1976). Je prenais un bain (ça va bien avec les salles de bain, la musique électronique old school) mais sans rire, c'est pas mal du tout. Jarre n'a pas fait mieux depuis. Mike Oldfield idem, pas mieux que « Tubular Bells » (1973).

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2021.

3 octobre 2021

ALORS IL DIT IL Y A ET IL Y EUT

ALORS IL DIT IL Y A ET IL Y EUT

1.
« Tout a une interdépendance ; rien ne débute à un moment du temps ; tout commence à l'infini passé, c'est-à-dire ne commence jamais ! »
(Robert Charroux, « Le Livre du mystérieux inconnu »)

Le « mystérieux inconnu » à Robert Charroux, plus connu perdrait très vite de son mystère. Quand je songe à toutes ces deuxièmes chaussettes perdues à tout jamais dans les vertiges du temps, je me dis qu'on ne nous dit pas tout.

2.
« Je la regardai s'éloigner. Elle semblait glisser sur le sol, comme une créature immatérielle. »
(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée » [le narrateur])

Ce genre de phrase produit toujours son petit effet, même si après on apprend que l'évanescente a « de grandes dents, larges comme des pierres tombales ».

3.
« Si l'on considère la quantité fantastique de sons, de formes, que nous percevons à chaque moment de notre existence... essaim, fleuve, bourdonnement... quoi de plus facile que de combiner ? »
(Gombrowicz, « Cosmos » [le narrateur])

C'est sans doute par une exceptionnelle maîtrise de l'art combinatoire que se manifeste le génie : trouver la bonne solution dans un très grand nombre de possibilités, la replacer dans un autre lot de combinaisons. Et puis la sénilité et la mort écroulent le château.

« Kant y a (...) mis toute sa subtilité, tout son art des combinaisons, pour donner au tout un air de solidité. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

4.
Dans Astrid et Raphaëlle (excellente série), un policier dit « Le fantôme qui revient pour dire qu'il a été assassiné » et se moque. Eh oh, c'est tout de même l'un des points de départ de Hamlet, alors quoi.

5.
« Quand deux choses ne vont pas ensemble, croire à toutes les deux, et avec l'idée que quelque part il en existe une troisième, occulte, qui les unit, c'est ça la crédulité. »
(Umberto Eco, « Le Pendule de Foucault »)

La science réunit des faits qui semblaient contradictoires avant qu'on trouve le lien qui les rend cohérents. Ce qui fascine, c'est le pouvoir qu'ont les idées de se contredire. Science et ésotérisme, au départ, il y a toujours un mystère.

Alors l'être humain dit : « il y a » et il y eut.

7.
« Messire Belzébuth tire par la cravate
Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
Et, leur claquant au front un revers de savate,
Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël ! »
(Rimbaud, « Bal des pendus »)

M'étonnerait pas que quelque gothique bande de sonneurs ait remis en musique ces vers qui voltigent dans le macabre : j'y entends du synthétiseur hululant et des coups d'archet électriques avec dans la ligne de basse les sabots du bouc.

8.
« Quelque part au-dessus de leurs têtes on entendit des bruits de pas. Une porte claqua. Des voix excitées s'élevèrent au fond du corridor, mais personne ne se montra. »
(Dashiell Hammett, « La Clé de verre »)

9.
« C'est de moi-même qu'elle procède, mais ici je parle en anonyme. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale », note de bas de page)

10.
« ATTENTION ! Une cigarette explosive... BOOM »
(Will Eisner, « La Fortune de Millissy Portier » in « Le Parfum de la Dame en rouge », Albin Michel)

11.
Tiens donc, Tony Blair profiterait de certains avantages que procurent les paradis fiscaux... Et dire que ce type il n'y a pas si longtemps prétendait nous faire la morale. Politiques, allez vous faire frire un œuf et fichez nous la paix. #PandoraPapers

Patrice Houzeau
Malo, le 3 octobre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 septembre 2021

LE GROTESQUE GROUILLE ET GRENOUILLE DANS LES DETAILS

LE GROTESQUE GROUILLE ET GRENOUILLE DANS LES DETAILS

1.
Les élèves ne tombant pas comme des mouches à cause du covid, Blanquer estime que la rentrée se passe bien. Euh ! Manque de profs, distorsions entre établissements sur l'application de la réforme qui n'en finit plus de se réformer elle-même, contrôle continu imposé...sans oublier les trissotineries à venir : design pédagogique, nudge pseudo-bienveillant : on vous enfume comme un jambon mais avec tact, technocratie et un sourire coopératif aussi faux que Le Drian ou Blanquer.

2.
Jean-Paul de Dadelsen, poète perspicace, dans « Bach en automne » : « Mais à quoi serviraient les pédales d'orgue, sinon / A signifier la route indispensable ? » ou comment donner un sens à la musique. Une voie, un chemin, comme on dit la voie de l'arc.

3.
Que les Etats-Unis pensent d'abord à leurs intérêts commerciaux et géopolitiques est logique. Ne soyons pas hypocrites, si la France avait réussi ce coup de leur piquer un contrat mirifique, Macron aurait passé pour génial et Machiavel. #Sousmarins #Glouglou

4.
Ai expliqué une fois encore la houle évoquée par le rythme dans ce vers de Baudelaire : « Le navire glissant sur les gouffres amers. » Est-ce que cela intéresse mes élèves ? Je ne sais pas. L'art pour l'art n'a pas bonne presse.

5.
Rimbaud le visuel : il songe à l'Ophélie de Shakespeare et voit la neige chuter : « Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! » (…) « Quel rêve, ô pauvre Folle ! / Tu te fondais à lui comme une neige au feu ». La neige, la neige à l'infini, à en terriblement « effarer les yeux bleus ».

6.
La littérature est une sibylle. Prophètes, les mots. « Dans cette énormité mécanique, l'homme subalterne passait, essayant de ne pas se faire remarquer », écrit Henri Michaux. C'est ce qui se passe déjà dans « l'énormité » électronique actuelle.

7.
Le président Macron restera dans l'histoire de notre pays comme étant l'homme qui aura tenté de tuer la politique en tant que débat démocratique perpétuel. Il aura échoué. Dans une démocratie, seule l'administration peut remplacer le politique, et c'est idiot.

8.
« Le pendule de Foucault » de Umberto Eco me semble un roman comique, comique cette énumération latine des disciplines ésotériques que je trouve p.321 de mon livre de poche :

« et donc un expert in magiam, in necromantiam, in astrologiam, in geomantiam, in pyromantiam, in hydromantiam, in chaomantiam, in medicinam adeptam, pour citer le livre d'Azoth » (Umberto Eco, « Le pendule de Foucault » [Bramanti]).

9.
Lisant des pages ici et là, la littérature m'est un puzzle. Sans ordinateur et l'obligation de gagner ma vie, je lirais beaucoup des livres que je picore. La vie moderne émiette. Certains déplorent de n'y plus trouver « le sens » de leur travail. Cet esprit de sérieux m'amuse.

10.
Je ne sais pas quel rôle dans le « Cosmos » de Gombrowicz joue cette « théière » (« Lui, debout, en gilet, tenait à la main une théière et la lui montrait. Elle, elle regardait cette théière. Elle disait quelque chose. Il parlait. ») mais elle fait bouillir le narrateur.

« Il existe une espèce d’excès dans la réalité, dont le grossissement devient insupportable », dit le narrateur du « Cosmos » de Gombrowicz. Que d'agacements et d'énervements déclenchent ces détails qui soudain nous sautent aux yeux.

11.
Dans le très beau « Dulle Griet » de Yves H. et Hermann (« Les Tours de Bois-Maury »), la langue magique de Hugo est retranscrite par des signes et déchaîne tout un bestiaire fantastique dans la nuit de la ville. Les signes gouvernent le monde.

12.
On attend de ceux qui travaillent pour la fonction publique qu'ils aient un comportement et d'administré (par leur hiérarchie) et d'administrant (le public). Fort heureusement, les agents de l'Etat sont loin d'être si marionnettes. Ils rusent, Blanquer.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

7 septembre 2021

EN ECOUTANT LES SONS DE BLACK MOON

EN ECOUTANT LES SONS DE BLACK MOON

 

  1. Quelques mots de Bruno Le Maire sur la fin des régimes spéciaux et la rumeur d'une réforme des retraites avant la fin du quinquennat se met à courir : de quoi mettre de nouveau bien des Français dans la rue. Macron n'osera pas : troubles et désordre joueraient contre lui.

  2. Quand on fera les comptes, on verra que les deux gouvernements de la Macronie sont mémorables pour la constance avec laquelle ils auront menti sur à peu près tous les sujets (crise sanitaire, éducation, finances, sécurité...) : ça doit être ça qu'ils appellent « nudge ».

  3. L'écurie En Marche est constituée d'un étalon qui va à droite, à gauche, à hue, à gifle, suivi de quelques baudets (dont un apprenant) mêlés de jeunes loups (peu fiables, sinon douteux) eux-mêmes suivis d'une flopée de dadas de bois à bascule et roulettes.

  4. « Ou seulement que le créateur de toutes ces choses puisse exister d'une certaine manière, mais non d'une autre ? » (Platon, « La République »)

     

    Ou alors quoi ? Ou – ne sais-tu que dire « ou » ?
    Seulement « ou » ? Ton imagination s'est-elle enfuie à cheval de ta caboche ? Voilà
    Que j'écoute des sons, ceux de « Black Moon », le film de Louis Malle avec tous ces sons d’animaux (il y a une licorne)
    Le son que fait la nature dans ce film étrange (il y a une grande maison, un corps de ferme ?) dans laquelle pénètre la jeune fille inconnue, tout ça que le
    Créateur de toute chose laisse aller venir vivre et mourir comme autant de personnages d'un songe
    De songe sommes-nous tissés, ne sommes-nous que des images ?
    Toutes ces figures sont-elles les figures d'un spectacle à laquelle assiste quelqu'un de très au loin ?
    Ces paroles que nous disons, ces cris que nous poussons, ces douleurs que nous éprouvons ne sont-ils que des rôles dans lesquels nous nous sommes tant incarnés que nous croyons qu'ils sont absolument nôtres, que nous éprouvons comme étant radicalement nôtres ?
    Choses sommes-nous, choses conscientes, linguistiques, morales ?
    Puisse Zut me faire rire d'une vieille blague à tabac bas au rhum (rhum rhum rhum murmurent-ils façon basse continue les gones assis en tailleur) pour me distraire le bocal de mes cornichonneries spéculatives.
    Exister quelle drôle de chose tout de même, fis-je à l'araignée avant de l'écraser.
    D'une lune noire à l'autre (j'écris ça parce que j'écoute les sons de « Black Moon » film merveilleux (je vous le conseille) pis en anglais j'pige que couic défois j'entends grouiquer couiner siffler english speaker ou en quoi hein ?
    Certaine estrange parlance La licorne passe et repasse dans le film la jeune fille la cherche marche dans les feuilles mortes une poule picore un cadavre (il y a une guerre en cours, il y a toujours une guerre en cours).
    Manière de voir que ce film on dirait un songe Lily songe-t-elle ? Le cinéma est-il un art des songes ? Le songe du cinéma contre les mensonges du réel ?
    Mais voilà que l'un des personnages porte un masque à gaz comme nous portons un masque pour nous protéger du covid et que l'on évoque en économie je ne sais quelle licorne
    Non mais c'est un monde ça
    D'une lune noire l'autre d'une idée l'autre d'une licorne l'autre
    Autre chose arrive ; nous, nous mourons ; les nombres continuent.

5.
La politique est détestable en ce que son omniprésence (justifiée par les nécessités de la sur-administration) finit par occulter notre art de vivre et même l'art tout court. Un film comme « Black Moon », de Louis Malle, était visible au siècle précédent. Il est maintenant remplacé par Macron et ses bouffons.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 septembre 2021.

3 septembre 2021

MACRON EST RENTRE EN CAMPAGNE

MACRON EST RENTRE EN CAMPAGNE

1.
La politique consiste à faire croire que l'on peut réanimer les morts, tout en passant sur leurs cadavres, voire en crachant sur leurs tombes.

2.
Je pense au mot « Wörterbuch » (« Livre des mots ») et, par analogie, au « Livre des Morts » et je songe que les morts n'ayant plus besoin de mots, c'est aux vivants qu'il s'adresse, ce livre des morts.

3.
« D'autres, (…), accompagnent ces mesures de protection d'un acte d'agression magique contre le sorcier »
(Jeanne Favret-Saada, « Les Mots, la mort, les sorts »)

Qu'est-ce qu'un « acte d'agression magique » ? Une action (une agression physique ou verbale relevant de la justice) ou un « acte » d'une théâtralisation du sort, non pas une action, mais la représentation d'une action, « drama » ?

4.
« En un éclair, tout me revint en mémoire. »
(Agatha Christie, « le Crime du golf » [le narrateur])

« Tout me revint en mémoire » : y a-t-il vraiment simultanéité des images, des sensations et des mots qui, en quelques fragments explicites (un nom, un lieu, un parfum, - celui de « la Dame en noir »?) éclaircissent ce qui était occulté ?

Le langage permet-il d'éclairer ce qui est occulté ou est-il avant tout un grand créateur d'occulte ?

5.
Macron (qui pourrait être aussi bien appelé « Macron l'éborgneur », en raison de l'usage immodéré que ses forces de l'ordre firent du LBD lors de la crise des « Gilets Jaunes ») est rentré en campagne. Celui qui prétendait rassembler et a beaucoup divisé retombe dans son travers et promettant beaucoup, dépensant beaucoup, annonce déjà des mesures qui diviseront profondément, notamment en matière d'éducation.

Le discours tenu par Macron à Marseille le 2 septembre 2021 annonce l’expérimentation d'une plus grande autonomie des établissements scolaires. C'est une partie de la stratégie Blanquer qui est ici annoncée : la fin d'une verticalité rectorale au profit des abus probables de petits chefs ambitieux.

Prétendant réformer profondément le pays, - au point que fleurit déjà ici et là l'élément de langage « nouvelle société » -, Macron donne l'impression de voir les Français comme il voudrait qu'ils soient, et non comme ils sont. Au fond, Macron est un idéaliste. Ce n'est pas toujours anodin.

6.
En politique, le « en même temps » n'annonce-t-il pas bien des trahisons d'un temps pour un autre ?

7.
Je trouve dans Platon l'idée que c'est en homme libre que l'on étudie, et non « comme un esclave », cependant que l'apprentissage d'un métier se fait souvent plus par nécessité que par choix réel et que plus il y a d'étudiants, plus la nécessité se fait sentir au dépens de la liberté.

Tout l'art de l'Etat est de faire passer des nécessités pour des libertés accordées.

8.
« Dès qu'elle fut arrivée, elle nous dit : Jamais je ne dis qui que c'est, parce que ça fait des haines. »
(Jeanne Favret-Saada, « Les Mots, la mort, les sorts » [témoignage de Joséphine]).

Le dire désigne ou refuse de désigner. Être maître de son dire consiste à cacher une partie de la vérité pour éviter emballement du réel et déclenchement des machines infernales que la vérité pose tout au long des révélations. On ne peut tout savoir sous peine de tout perdre. Raison d'Etat.

9.
Une plus grande autonomie des acteurs administratifs locaux annonce une dilution des responsabilités de l'Etat. La corruption structurelle de l'Etat central (qui ruina le communisme) se double ainsi d'une multitude de petites corruptions locales.

10.
Le modèle libéral repose sur l'illusion que l'on pourrait en finir avec la rareté naturelle. Surpopulation, ruptures climatiques et déficits démocratiques prouvent sotte prétention des économistes, des philosophes et irresponsabilité des politiques.

11.
La rareté naturelle induit une corruption qui tend à se généraliser à mesure que les problèmes ne sont plus seulement locaux mais mondiaux. La verticalité européenne ne fera que faciliter l'organisation des trafics.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 septembre 2021.

16 août 2021

DE LA PLACE DES SAUCISSES DANS LA CHOUCROUTE

DE LA PLACE DES SAUCISSES DANS LA CHOUCROUTE

 

  1. Comme j'entendais couiner quelque crin-crin très grinçant très, je me décollai les oreilles quelques instants et m'en fis de nouvelles. Je félicitai mon chat pour sa franchise.

  2. Je me demandai ce que les hackers martiens pensaient de Jeff Bezos et de Elon Musk. Par la fenêtre, je vis passer une manifestation de feuillus. Ils bruissaient fort. Je ne sais pas s'ils avaient quelque chose contre Macron, notre cher vertical penchant.

  3. Tout à coup, mon petit doigt (celui que je me suis si souvent mis dans l’œil) me dit que le mieux, c'était tout de même de se moquer de ce monde qui craquait d'partout très vite, mais sous l’œil rond des experts autorisés et des grands avisés audiovisuels.

  4. On parle tellement de Macron (Macron Macron Macron) tellement tout l'temps que l'autre jour, réfléchissant sur la condition des équidés et des sourds-muets dans la série Zorro, devinez qui m'apparut sous un masque noir, un ciel d'orage et le portrait de mon grand-oncle Bébert 

  5. En me rencontrant par hasard dans quelque miroir, je me suis demandé à quel phénomène étrange et animé j'avais soudain affaire. Mon chat ne me répondit rien. Je le félicitai pour sa franchise.

  6. Non sans cynisme, buvant quelque liqueur de j'en ai plus rien à, je dis à haute et sombre voix : « ah bin forcément, ça va faire beaucoup moins de monde maintenant... ». Zut me gifla. Ne croyant pas en dieu, je ne lui tranchai point la main. Mon chat la félicita pour sa franchise.

  7. Ce qui est fantastique avec les OVNIS, c'est qu'on se doute assez de où ils viennent, ce qui n'empêche pas les Américains de quitter l'Afghanistan comme s'ils avaient le feu au. Je soupçonne fortement mon petit doigt de complotisme. Il a trop contemplé Scully.

  8. Paraît qu'il y en a qui ont vu des OVNIS en forme d'entonnoir... je me doutais bien que quelque chose ne tournait pas très rond là-haut. Zut me dit que je n'étais qu'un mécréant, et me prépara un coq au vin.

  9. On ne peut pas dire tout ce que l'on pense. Du reste, techniquement, on n'y arriverait pas.

  10. Des joueurs inconnus réalisent le monde. Autant pour nous déduire de la place des saucisses dans la choucroute le déroulement des possibles. L'observateur se demande dans le secret de son jardin, qu'il cache aux pierres, si c'est bien avec la nuit que l'on combat la nuit.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 août 2021

9 août 2021

PASS SANITAIRE ET FAKE NEWS CLUB

PASS SANITAIRE ET FAKE NEWS CLUB

 

  1. Ah tiens, je me demande : quelqu'un a-t-il déjà fait une parodie de « Marinella » (tube de Tino Rossi) genre « Vaccinella » « Ah... reste encore dans mon bras »... etc... eh oh c'est juste de l'humour hein, j'y crois moi, à l'immunité vaccinale...

  2. Y en a ça a l'air de les défriser que l'on puisse en même temps considérer Céline comme l'un des plus grands romanciers du vingtième siècle et soutenir et défendre Israël. Les nazis ont assassiné le père de mon père. Je sais donc quoi penser. Gardez vos leçons de morale.

  3. Auschwitz ne symbolise pas le mal radical, le mal absolu, Auschwitz fut le mal absolu. Rien de comparable. Et oui, je suis d'accord, les débats sur le Pass Sanitaire sont ridicules si l'on considère ce que fut la barbarie nazie. Macron n'est pas Hitler ; Véran n'est pas Goebbels.
    Par contre, ils nous cassent les pieds, Macron et Véran, mais ça c'est dans la nature du politique.

  4. En fait, les trolls macronistes ne sont pas tellement méchants. Parfois même ils discutent avec vous, tranquillement, poliment. Par contre, ne critiquez pas la Chine, car les trolls pro-chinois, WTF ! (What The F...k!) sont terriblement trolls (à défaut d'être futés). Idem pour les nostalgiques du « Rideau de fer. »

  5. Ceux qui ne voient pas la différence entre la Shoah (6 millions de morts) et le Pass Sanitaire (que je désapprouve par ailleurs, mais ce n'est pas la fin du monde, c'est juste un emmerdement), sont juste un peu... euh... allons, osons le mot, un peu... cons.

  6. Lu quelques tweets, rares heureusement, de bons Français qui se faisaient fort, dès lundi, d'avertir la gendarmerie si tel ou tel cafetier ou restaurateur n'appliquait pas le règlement et laissait passer – ô étourdi ! - quelque client dépourvu de pass sanitaire. Ô douce France, douce France de l'an 40.
    Je décourage ces bons Français d'agir ainsi... Outre que tout finit par se savoir (y compris le moins bon), je crains que certains gendarmes eux-mêmes puissent les considérer comme des balances et délateurs.

  7. Ma mère m'a appris ceci : quoi que tu penses des gens, et même si tu es en désaccord avec eux, n'empêche jamais quelqu'un de travailler et de nourrir sa famille. Bonne leçon. Que la vaccination soit rendue obligatoire, soit, mais en venir à priver des gens de ressources, mon bon sens ne peut l'admettre.

  8. Tout de même, Monsieur le Président, malgré vos chiffres, vos statistiques, vos sondages, et en tenant compte que vous avez sans doute raison sur la dangerosité du Delta (pourtant annoncé et que Blanquer a laissé venir tranquillou dès la mi-juin), tout de même, M'sieur Macron, la France, quel bordel vous y avez mis hein ?

  9. Le 7 août 2021, ai considéré qu'en ces temps de paranoïa sanitaire, si le terme « gaulliste » n'est pas encore une incongruité mais une preuve de liberté d'esprit, c'est bien à René Chiche qu'il s'applique.

  10. De Macron, je ne sais quoi penser. Serait-il meilleur président que je le pense ou, au nom de l'Etat d'urgence en cours confondu avec une sorte d'Etat de guerre, son gouvernement multiplie-t-il craques et fake news et aurons-nous après les présidentielles une avalanche de mauvaises nouvelles (notamment en économie) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2021.

19 juillet 2021

LA VICTOIRE AU BOUT D'LA SERINGUE

LA VICTOIRE AU BOUT D'LA SERINGUE

  1. « On attend le moment de gagner la victoire »... Le poète à la « tête étoilée »... Qui a dit ça d'Apollinaire ?... Cocteau ?... Chaipas... Exister c'est tenter d'en remporter... défois on s'défait quand même... pis le temps file fatal...

  2. Couverture vaccinale... Semble que 60% ne sera pas suffisant... Alors 70 ? 80 ? 90% ?... Pas de droit naturel à la vaccination... s'te blague... L'Etat panique... Alors il vaccine gratis... Arrivera-t-on à terrasser le dragon ?.... Macron héros républicain ?

  3. « Un marin japonais se gratte l’œil gauche avec l'orteil droit »... Apollinaire... Tatouage ?... rigolote case... ça amuse... « Je fume un cigare à Tarascon en humant un café »... Apollinaire... Je n'irai jamais à Tarascon... magie des mots...

  4. Les mots nous inventent... pas grand chose qu'on traîne nos pets...puis les mots font de nous des formidables ou des diables... épatants les mots... vous rendent égaux ma pomme... mais c'est que des mots... d'l'efficace convention...

  5. M'énervent avec leur liberté s'arrête où la mienne commence... Moraline... concurrents, les autres... chronophages, les autres... preneurs de têtes, les autres... commerçants... ah quel siècle à solidarités obligatoires !...Le surnombre veut ça... tous frères, pouah !

  6. M'énervent avec leur goût des voyages... Pour quoi faire ?... rapporter des maladies biscornues ?... « Ils sont si accueillants »... cornichonneries... Zont besoin de gagner leur vie, voilà tout... Après, zêtes touristes... friqués d'occident...

  7. L'Occident moderne, démocrate avancé, mondialisant, c'est quand même le meilleur alibi pour vendre des armes à des tas de dictateurs et profiter des richesses des ailleurs miséreux par la mutualisation des massacres.

  8. Y a le surnombre... les zozos vont dépenser aux confins... des malins vont s'y remplir les poches (ça marche pas toujours)... en importent des virus... passagers clandestins... assassins voltigeurs... invisibles égorgeurs... filants étouffeurs...

  9. Macron... J'y reviens... Gonflé quand même... couillu... allez zou, vous vous vaccinez ou j'vous fais virer... « Vous savez pas à qui vous avez affaire ! »... du sport au Parlement... et les Grands Conseillers ?... déjà arrangé en coulisses ?... On verra...

  10. Les virus, ça s'réplique en série... à la chaîne... fatal, y a des incidents... ça mute... le hasard dit-on... entendu dire que le virus mutait défois pour se défendre... j'l'entends plus dire... évidemment, vaudrait mieux qu'ce soit au hasard Balthazar... Sinon...

    Patrice Houzeau
    Malo, le 19 juillet 2021.

14 juillet 2021

LA VACCINATION STRATAGEME

LA VACCINATION STRATAGEME

1.
Le problème n’est pas la vaccination obligatoire puisqu’il semble que le covid ne nous laisse pas le choix mais l’extension intrusive du Pass Sanitaire qui est une attaque de plus menée contre la liberté de circulation et un pas de plus vers la société du contrôle généralisé.

2.
Selon Eric Zemmour, Macron serait un libéral saint-simonien qui prétendrait faire le bonheur des gens malgré eux. Moi j’en sais rien, mais je pense que le macronisme est une téléologie, dont les buts m’inquiètent : fédéralisme européen, neutralisation des idéologies, Start Up Nation…

3.
Il m’arrive de songer, avec une certaine mauvaise foi, que le rêve de Macron serait peut-être une société du contrôle généralisé (via l’hyperconnection) et celui de Blanquer, une société du contrôle continu généralisé.

4.
Sur France 2, le 14 juillet, un documentaire sur la Révolution française : pour se souvenir d’où nous venons et qui nous sommes.

5.
Trois hypothèses :
- La vaccination obligatoire empêche le covid de circuler et celui-ci disparaît ou
- La vaccination obligatoire ne provoque pas l’apparition de nouveaux  variants et le virus devient saisonnier ou
- La vaccination obligatoire provoque l’apparition de nouveaux variants qui rendraient le vaccin inefficace.
Comme on le voit, Macron fait un pari risqué : ou il passera pour un homme providentiel (d’autant qu’il entend « vacciner le Monde ») ou pour un irresponsable liberticide.

6.
A propos de la méthode Macron qui consiste à rendre la vaccination obligatoire sans le dire explicitement, Eric Zemmour parle de « sournoiserie », et donc de machiavélisme. Notons que c’est exactement la méthode employée par Blanquer. Et cela se voit. Nettement.

7.
Curieux : c’est au moment où la fracture sociale saute aux yeux, au moment où il faut être drôlement naïf pour croire que la crise covid est derrière nous et la prospérité au coin de la rue, que le macronisme tente de nous faire le coup du en même temps ni gauche, ni droite.

8.
La prostitution des mineur(e)s est-elle un phénomène ancien qui éclate maintenant au grand jour ou a-t-elle monté en flèche ces dernières années du fait d’une fracture sociale toujours plus nette ajoutée à la sottise des réformes successives de l’éducation nationale ?

9.
Le macronisme, ce n’est en effet ni la gauche, ni la droite, le macronisme, c’est la pensée de Macron, revue et corrigée par Macron, approuvée par Macron, félicitée par Macron, et Blanquer…

10.
Selon i24News, en Israël, la « tendance à la hausse du nombre de patients dans un état grave inquiète les hauts responsables du Ministère de la Santé » (site i24News, le 4 juillet 2021)
Au 14 juillet 2021, selon le site, sur les 90 patients hospitalisés, 53 sont dans un état grave.
Or, Israël est un Etat qui a beaucoup vacciné… De quoi se poser des questions. D’autant qu’Israël serait déjà en train de traquer Delta Plus…

11.
Si la vaccination obligatoire ne réussit pas à débarrasser la France du covid, n’arrive pas à empêcher la survenue d’un variant plus dangereux, cela signifie-t-il que le pass sanitaire sera en application toute l’année 2022 et qu’en même temps on devra reconfiner ?

12.
Entendu un commentateur dire que la dernière année du quinquennat serait marquée par un retour de l’autorité de l’Etat (via donc la verticalité jupitérienne) et la prolongation du « quoi qu’il en coûte » (comprenez alourdissement de la dette). Bon, on verra…
Je note que jusqu’ici, la verticalité jupitérienne n’a pas toujours profité au président Macron (Gilets Jaunes, réforme des retraites, Conseil d’Etat critique,…) et qu’au bout d’un certain en même temps, le carrosse redevient citrouille.

13.
Pass Sanitaire : Macron, une fois de plus, est en train de diviser les Français. Pour l’instant, les Français l’applaudissent, mais quand les sanctions commenceront à pleuvoir, quand recours et litiges se multiplieront, que fera-t-il, Macron, un tour de France ? pour prendre une gifle ?

14.
A l’heure où j’écris ces lignes, il semble qu’un peu partout en France, il y ait des manifestations plus ou moins improvisées contre l’extension intrusive du Pass sanitaire. Restent à attendre les débats du Parlement et les avis du conseil d’Etat et du conseil constitutionnel. Macron ou la Révolution permanente.

15.
« Covid : Matignon veut isoler les cas positifs. » : voilà ce que je lis sur BFM TV. Suit une liste de mesures coercitives. Il semble que la France s’inspire de plus en plus du modèle asiatique (isolement, contrôle étroit de la population, pass sanitaire intrusif…)
Cet isolement forcé, contrôlé, notifié par le préfet risque bien d’être la goutte d’eau qui va faire déborder le gilet jaune.

Ne soyons pas hypocrites : Macron n’a plus confiance dans les Français. Du coup, il verse dans l’autoritaire, le cher homme… Il ordonne, exige, isole, contrôle… Personnellement, je ne fais pas confiance à quelqu’un qui ne me fait pas confiance…

16.
Je ne sais pas si choisir la date du 12 juillet (deux jours donc avant la commémoration de la prise de la Bastille) pour annoncer la vaccination obligatoire en usant du stratagème du pass sanitaire était une très bonne idée…

17.
Le mieux, c’est de se faire vacciner, et d’attendre les évènements. Si la vaccination nous débarrasse réellement du covid et de ses variants, alors tant mieux. Sinon, eh bien, aux présidentielles 2022, les Français dégageront Macron, Blanquer et tous leurs courtisans.

18.
Il était une fois le petit Pierre Macron et le grand Loup Covid qu’à force de carabistouilles et de perlimpinpin, les villageois ne le croyaient plus, Pierre, mais qu’à la fin, le loup Covid, il le bouffi-bouffa quand même, le petit Pierre…

Patrice Houzeau,
Malo, le 14 juillet 2021.

12 juillet 2021

NON LA REPUBLIQUE FRANÇAISE NE PORTE PAS DE NEZ ROUGE

NON LA REPUBLIQUE FRANÇAISE NE PORTE PAS DE NEZ ROUGE

 

1.
Ils ont dévoré mon clown.
N’en ont rien laissé que quelques os et un nez rouge.
Ils ont dévoré mon clown.
Dans la rue je l’avions trouvé qui crevait de faim comme un étudiant.
Ils ont dévoré mon clown.
Les enfants ne sont plus ce qu’ils étaient.

2.
Zut, se croyant drôle, me dit : « Est-il français au moins, le couteau avec lequel l’aut’ Sénégalais a tué le jeune homme là. » Je lui ai flanqué une macron (comprenez une gifle) : on ne plaisante pas avec la production nationale, n’est-ce pas, François Bayrou ?

3.
Pour ceux qui ne connaissent pas, The Residents est l’un des meilleurs groupes de rock expérimental et ironique de tous les mondes possibles : écoutez voir « The Third Reich n’ Roll », une tuerie comme dit mon boucher.

4.
Les migrants souvent sont aussi peigne-culs et sans-dents que ma pomme. J’assume. C’est pour ça que, moi, les migrants, j’les rejette pas. Mais ceux qui nous content qu’ils sont une « chance pour la France » sont vraiment des suceurs de chaussures. #NiDieuNiMaître #Anarchie

5.
Zut, se croyant drôle, me dit : « Paraît que lorsqu’il pleut des chiens et des chats, les Chinois s’en mettent plein la panse. » Je lui flanqué une macron (comprenez une gifle et donc ne dites plus tête à claque, mais tête à Macron) : on ne plaisante pas avec les expressions anglaises qu’on apprend à l’école. #YulinMeatDogFestival #ShutDownTheYulinDogMeatFestival

6.
Jusqu’ici, les Français n’avaient pas trop contesté violemment : faut dire que l’argent magique que Macron a piq… euh emprunté à l’Europe avait quelque peu anesthésié les esprits. Mais se pourrait que vaccination obligatoire et pass machinchoses remuassent le Gilet Jaune.

7.
Parce qu’on a des diplômes, on aurait du Victor Hugo et du vivre-ensemble plein la bouche ? ou qu’on serait tout prêt à s’faire trouer la peau pour que Bolloré continue à s’en mettre les fouilles. A gauche comme à droite, serez toujours aussi naïfs.

8.
La Shoah, ça a été la mise en œuvre d’un programme industriel de génocide : 6 millions de victimes considérées comme des bêtes à abattre. Le Mal absolu : rien à voir avec aucun autre conflit, et donc rien à voir avec le regrettable conflit palestino-israélien.

9. 
Au fond, Macron et Blanquer, c’est Sacco et Vanzetti, des anarchistes. Macron a réussi à emprunter des milliards à l’UE qu’on ne remboursera jamais (j’vois vraiment pas comment) et Blanquer a réussi à fiche en l’air le sacro-saint baccalauréat. Ah les camarades !

Du reste, à ce niveau de nuisance, c’est plus de l’anarchisme, c’est du nihilisme.

10.
Soit Macron réussit à faire de la France le premier pays de la Triade à faire de la vaccination obligatoire une arme efficace contre le covid, soit nous continuons à nous enliser entre pass sanitaires plus ou moins efficaces, frontières jamais vraiment fermées, reconfinements…

Ceci dit, si ça se trouve, une fois que nous serons tous vaccinés, un variant absolument calamiteux débarquera d’un avion et réduira à néant tous nos efforts… Je n’envie pas le président Macron. Il est maintenant obligé d’agir, et donc de prendre des risques.

La question est : le virus est-il moins létal en raison d'une immunisation collective en cours (et dans ce cas, Boris Johnson a raison) ou une éventuelle saisonnalité rendra-t-il ce virus beaucoup plus mortel dès cet automne ?.
Autre question : le virus de la grippe mute-t-il parce qu'on vaccine ou vaccine-t-on parce que le virus mute ? Autrement dit, la vaccination favorise-t-elle la multiplication des variants ?

11.
Les enseignants favorables à une laïcité « plus ouverte », « bienveillante », que feront-ils si jamais on admet le voile en classe et que dans certains établissements quelques élèves prosélytes se mettent à faire pression sur les filles pour qu'elles portent le voile ?

Soyons clairs, la laïcité en tant qu'exercice de la stricte neutralité des croyances religieuses est, en ces temps où l'occident est en proie à une expansion de l'islam politique, une digue, une digue essentielle si nous voulons raison garder.

Soyons encore plus clairs, l'Ecole est au service de la République et donc au service de la laïcité. Rendre cette laïcité plus « inclusive, bienveillante », c'est ouvrir la porte à l'idée que les dogmes religieux prévaudraient sur les lois de la République.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2021.

25 juin 2021

ET MACRON SE PRIT UNE GIFLE

ET MACRON SE PRIT UNE GIFLE

 

1.
« car on était parti des apparences sensibles, simple écorce du réel »
(Clément Rosset, « Le Réel et son double »)

a) « car on était parti » : ça s’en va et s’en repart, toutes les chansons le disent, et tous les observateurs de ce qu’il est convenu d’appeler le réel le savent.

b) « des apparences sensibles » : Dieu est un être remarquable en ce que n’existant pas, il a tout de même réussi à convaincre les humains que cette illusion que nous nommons « réel » a un sens que Lui-Seul connaît.
c) « simple écorce du réel » : et derrière, l’arbre-mirage cache l’illusion d’une forêt (poil au nez du passant égaré).
d) Toutes les réponses possibles à une question sans réponse décidable sont-elles équivalentes ?

 

2.
« En d’autres termes, ce monde-ci est l’autre d’un autre monde qui est justement le même que ce monde-ci »
(Clément Rosset, « Le Réel et son double »)

C’est ainsi que la langue produit du réel qui est autre que le réel en-soi mais qui ne peut être autre que le réel que nous appelons réel. Autrement dit, le langage crée un réel vivable, c’est-à-dire un réel où la mort prend tout notre sens.

3.
« à l’attitude simple on préfère la manœuvre compliquée, même si le but visé est le même, et qu’on se prépare d’ailleurs à le manquer par cet excès de complication. »

(Clément Rosset, « Le réel et son double »)

Blanquer devrait lire de temps en temps du Clément Rosset. Du reste, Blanquer devrait lire de temps en temps, au lieu d’aller faire l’andouille dans les gymnases des écoles.

4.

« Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d’un souffle prophétique… »
(Nerval)

 

a)    « Ils reviendront » : défois, les êtres reviennent, on appelle ça des revenants. Ce n’est pas possible et pourtant. Et si le réel était l’infinie réduction des impossibles.

b)    Si on se fie à ce que l’on dit sur le gendarme Emile Tizané, les fantômes ne sont pas ce qu’ils semblent être…

c)    « ces dieux que tu pleures toujours ! » : les dieux, les seigneurs et les nouvelles créatures passent nos vies à revenir. Et quand ils ne se manifestent pas, l’Occident va les chercher, les ramène dans le cercle de ses connaissances.

d)    « Le temps va ramener l’ordre » : le temps, c’est de l’ordre. C’est pour ça qu’il n’existe pas.

e)    « des anciens jours » : par définition, le passé n’existe pas. Il est comme Dieu, il est et c’est justement cet être qui conditionne le présent. Le passé avant d’être le passé avait un autre nom. Dieu aussi, un nom que nous ignorons.

f)     « La terre a tressailli » : du coup, ça a tremblé, dégringolé.

g)    « d’un souffle prophétique… » : Y a eu un grand VLOUFFF ! Du coup, j’avions prophétisé qu’agriculteurs, assureurs et gouvernement allaient être bien ennuyés.

h)    Et puis des fois, un immeuble s’effondre d’un bloc sur lui-même, tout droit dans les bottes du néant, à Miami comme ailleurs, pis proche de la mer, sans que l’on sache d’abord pourquoi… #25juin2021

 

5.

« car être sans ombre signifie qu’on est qu’une ombre soi-même »
(Clément Rosset, « le Réel et son double »)

« qu’on est qu’une ombre soi-même », ça me fait penser que le Vampire est sans reflet. Il se voit pas, le Vampire. La fiction non plus ne se réfléchit pas.

L’humain serait-il la seule fiction à se penser elle-même, à se réfléchir ? Le réel serait-il la transcendance de la fiction ? Limiter l’exercice de la pensée humaine condamne-t-il l’humain à n’être que fiction, qu’illusion après illusion ?

En ce qu’elles tendent à limiter l’exercice de la pensée critique, les dictatures et les pensées uniques (le gauchisme par exemple, ou le macronisme) font régresser l’humanité à l’état de fiction, de futur programmable.

6.
« Dans le couple maléfique qui unit le moi à un autre fantomatique, le réel n’est pas du côté du moi, mais bien du côté du fantôme : ce n’est pas l’autre qui me double, c’est moi qui suis le double de l’autre. »
(Clément Rosset, « Le Réel et son double »)

Le réel tend à multiplier fantômes, illusions lyriques, futurs idéaux (le citoyen européen hyperconnecté et pragmatique dont rêve Macron, le citoyen engagé et soumis à la raison d’Etat dont rêve Mélenchon) : des fictions douloureuses…
Ce « nouveau monde » que Macron aura tenté de promouvoir n’est jamais qu’un fantôme qui prétend parler en notre nom. Cela explique peut-être la violence de la réaction populaire, et Macron se prit une gifle.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2021.

20 juin 2021

HEY BLANQUER LEAVE THE KIDS ALONE

HEY BLANQUER LEAVE THE KIDS ALONE

Avec la pérennisation des vacances apprenantes, la généralisation du contrôle continu, l’évaluation du sens civique des lycéens (si, si), le SNU et d’autres dispositifs étranges, m’étonnerait pas que Blanquer et Macron soient en passe d’engraisser fameusement le Mammouth.

M’étonnerait pas que l’Education Nationale version Blanquer/Macron devienne une énorme d’entreprise de prise en charge et d’embrigadement par l’Etat du petit Français de la maternelle obligatoire à l’université obligatoire. L’enjeu : la macronisation des esprits.

La macronisation des esprits à l’école via les réformes Blanquer : obligation de solidarité, travail collaboratif (c’est même plus un gros mot), polyvalence des équipes (toyotisme pédagogique ?), promotion du « vivre-ensemble », promotion du fédéralisme européen, promotion de la mondialisation heureuse et de l’esprit de la Start Up Nation (les « premiers de cordée » et toutes ces conneries), promotion d’une laïcité « bienveillante » (c’est-à-dire compromise), apolitisme, et donc disparition de l’esprit critique (m’étonnerait pas que Blanquer exigeât bientôt de ses enseignants le strict respect d’un devoir de neutralité, comme on le demande aux militaires, et que l’on ne puisse plus du tout et à aucun moment critiquer publiquement les technocrates qui nous gouvernent), généralisation du contrôle continu (pour qu’élèves et enseignants soient sans cesse sous pression), Service National Universel (embrigadement civique), intrusion dans la vie personnelle des élèves et des familles (contrôle social) via la fameuse « bienveillance » qui fait que de « bienveillance » en « bienveillance », les services administratifs en viennent parfois à se mêler de ce qui ne les regarde pas…
Blanquer et Macron préparent ainsi le futur de la France (et de l’Europe fédérale, leur objectif réel) : en prétendant formater les esprits des jeunes générations. Il y a là dérive de la mission de l’Education Nationale (dont le cœur de métier est de préparer les gens à devenir des professionnels dans une filière, et non des citoyens exemplaires et bienveillants). En outre, ce type d’embrigadement qui passe outre les murs de la classe pour prendre en charge les individus au-delà du temps scolaire (SNU, « vacances apprenantes », - grotesque dénomination, du Blanquer pur sucre,…) rappelle des tentatives du passé qui furent souvent caractéristiques de régimes dictatoriaux qui ont bien mal fini.

Bref, à force d’être « en même temps »,  Blanquer et Macron réussissent ce tour de force d’être à la fois d’extrême-gauche (soviétisation du système éducatif) et d’extrême-droite (embrigadement « apolitique » de la jeunesse)

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juin 2021.

6 juin 2021

EN LISANT IPHIGENIE PIS PENSANT A AUT' CHOSE AUSSI

EN LISANT IPHIGENIE PIS PENSANT A AUT’ CHOSE AUSSI

1.
« Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ? »
(Racine, « Iphigénie » [Arcas])

C’est ce qu’on se dit tous les matins que dieu fait
Puis on voit que Blanquer, il est toujours ministre.

2.
« Et présentant la foudre à mon esprit confus »
(Racine, « Iph. » [Agamemnon])

La foudre Covid, en tout cas, ils l’ont pas vue
Venir, nos têtes d’œufs, zan sont tombés sul’ cul.

3.
« Les flots en ont poussé le débris et les morts. »
(Racine, « Iph. » [Agamemnon])

La mer encor de nos jours est pleine de débris et de morts des ailleurs désespérants.

4.
Il se dit que Macron ne se représentera pas aux présidentielles 2022. Ah non, trop facile ! C’est le coup du père François Hollande : on fout le bordel (#NuitDebout) et puis on s’en va. Non, non, faut qu’il assume, le Macron, d’autant qu’il n’a pas de réel opposant. Il sera donc réélu, sans gloire et par défaut, mais réélu.
A moins que le ras-le-bol des Français devant une pensée fédéraliste, qui fait trop la part belle à la technocratie connectée et au « vivre-ensemble » (fichaise !) ne finisse par porter Marine Le Pen au pouvoir. Mais, pour l’instant, je n’y crois guère.

5.
« Mais dans le temps fatal que repassant les flots »
(Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Je songe soudain qu’Eriphile « repassant les flots » revient du royaume des ombres que le Styx sépare de celui des vifs.

6.
« Cependant, par un sort que je ne conçois pas,
Votre douleur redouble et croît à chaque pas. »
 (Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Mélancolie, cauchemar, mauvais sort…

7.
« Un oracle toujours se plaît à se cacher.
Toujours avec un sens il en présente un autre. »
(Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Symboles. Dédale. Tout ça qui tout l’temps s’complique.

8.
« Au sort qui me traînait il fallut consentir :
Une secrète voix m’ordonna de partir »
(Racine, « Iph. » [Eriphile])

L’inconscient. Nous croyons qu’il nous sauve, il nous perd. Nous pensons qu’il nous perd, il nous sauve.

9.
« Qu’est-ce qu’ils font ici tous ces gens ? » entendis-je dans un épisode d’Agatha Raisin. C’est exactement ce que je me dis souvent et où que j’aille.

10.
« Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux.
Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux. »
(Racine, « Iph. », [Agamemnon])

Le réel change plus vite que nous. On est dépassé.

11.
« D’une secrète horreur je me sens frissonner. »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Quel est ce serpent qui siffle dans ces pieds ?

12.
« Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Iphigénie, défois, elle a son cœur qui s’envole devant elle, alors elle court après mais c’est dangereux comme l’antique passqu’elle pourrait se casser la gamelle à répliques.

13.
« Lui seul ne paraît point. Le triste Agamemnon
Semble craindre à mes yeux de prononcer son nom. »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Les tragédies sont pleines de noms interdits, de noms cachés (celui d’Eriphile par exemple), de noms dénoncés, de noms trahis, de noms maudits.

14.
Le Covid, ce serait-y point l’Antéchrist, et ses variants Légion ?

15.
« Avez-vous pu penser qu’au sang d’Agamemnon
Achille préférât une fille sans nom »
(Racine, « Iph. », [Eriphile])

Eriphile, c’est la « fille sans nom ». La dénommée, la déracinée, l’exilée sans retour, la vouée aux ombres.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2021.

6 juin 2021

JAMAIS PERSONNE NE RECLAMA SON CORPS

JAMAIS PERSONNE NE RECLAMA SON CORPS

1.
«… l’histoire d’horreur nous donne la possibilité de voir ce qui se passe derrière des portes que nous maintenons d’ordinaire fermées à double tour. »
(Stephen King traduit par Jean-Daniel Brèque, « Anatomie de l’Horreur »)

2.
Quel est le sujet du livre de Stephen King : « Anatomie de l’Horreur » ?
C’est un livre qui parle de l’horreur qu’on trouve dans les livres, aussi des spectres qui agitent mains griffues, faces rongées, robes pourrissantes, puis tout ça qui grouille d’un autre monde qui est aussi le nôtre.

3.
« Je me sentais un peu dans la peau d’Alexandre levant son épée au-dessus du nœud gordien et grommelant : « Rien à foutre de le dénouer ; j’ai une meilleure idée. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

4.
Dans le roman de Georges R. Stewart, « La Terre demeure », par quoi est « pratiquement anéantie l’humanité » ?

Je ne sais pas ce qui l’a, dans ce roman, anéantie, la bipédie virale, là, qu’ça peut’êt’ les extra-terrestres, ou alors les comunisses, ou alors les extra-terrestres communisses, sans compter les Variants trotskystes et autres visiteurs du soir qu’on dit qu’la lune est pleine.

5.
Par qui, selon Stephen King, est prononcée la phrase « Une fois par génération, la peste descendra parmi eux » ?

Chais pas qui a dit cette phrase sur la peste qui vous dégringole (à) chaque génération, l’ai lue dans Stephen King, c’est peut-être un virologue ou un marchand de vaccins ou un macron-qui-sait-puisque-c’est-lui-qui-dit que les blanquers eux savent rien du coup ils inventent.

6.
Dans quoi, selon Stephen King le manuscrit intitulé « Le Fléau » a-t-il été emballé lorsqu’il est allé le remettre à son éditeur ?

Peut-être que le manuscrit, vu qu’il était de Stephen King, a été emballé dans du papier cadeau à motifs de têtes de mort, de faces de clowns sanglants, ou alors un papier qui se décompose très vite en exhalant une odeur de catacombes, ou alors dans d’la peau des ténèbres.

7.
Paraît que dans le ranch Skinwalker aux States, y aurait eu chaipa quand (je cherche pas ça m’soule) des étranges lumières dans le ciel comme des OVNIS pis y a des bestiaux bizarres à yeux rouches qui courent après les humains (poussent-y des cris genre hurlements ?).

8.
Selon Stephen King, que pousse Johnny Rotten dans l’intro du fameux et tonitruant « Anarchy in the UK » ?

Je sais pas si dans l’intro de « Anarchy in the UK », Johnny Rotten pousse la Reine dans les orties ou s’il pousse toi de là pour qu’il s’y mette mais on dit que les punks venaient souvent de la zone où on apprend pas la bonne musique des bonnes manières.

Cause qu’ils venaient de la zone où on apprend pas la bonne musique des bonnes manières, les punks ont dû frapper fort car alors les groupes qui dominaient le marché du pop/rock avaient fait des études souvent et faisaient défois dans le sonore à prétentions.

9.
« Si vous traversez un buisson de houx, votre ombre s’accrochera et sera emprisonnée pour l’éternité. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

10.
Qu’est-il arrivé à la petite fille du cirque Ringling Brothers qui brûla le 6 juillet 1944 ? (cf « The Book of Lists », de Wallace-Wallechinsky cité par Stephen King in « Anatomie de l’Horreur »)

Jamais personne n’est venu réclamer son corps.

11.
Vu tout ce que cela suppose de bricolage et de transformations de la personne humaine, je ne crois absolument pas que le transhumanisme soit un humanisme.

12.
En déclarant que les OVNIS ne sont ni d’origine extra-terrestre, ni d’origine américaine, les Etats-Unis envoient ce message à leurs adversaires : ne nous avisez pas de nous déclarer la guerre, nous maîtrisons une technologie dont vous n’avez même pas idée. #Etats-Unis #Russie #Chine

Il se peut que les Etats-Unis utilisent les OVNIS à des fins géopolitiques. Ils ne savent peut-être pas ce que c’est, ni même s’ils existent vraiment, mais suggèrent l’idée qu’ils en maîtrisent la technologie.

Si ça se trouve, les OVNIS ne sont que des leurres, des images fantômes, des hologrammes qu’on ne sait qui (les Etats-Unis sans doute) projette dans les airs pour faire peur, ou bien diversion. #ingénierie sociale #géopolitique

13.
Avec les progrès de la technologie de la surveillance de tous par tous, m’est avis que les jours de la démocratie telle que nous la connaissons encore sont comptés. On voit bien qu’avec la pandémie du Covid, la démocratie n’est déjà plus ce qu’elle était.

Patrice Houzeau
malo, le 6 juin 2021.

8 mai 2021

MOI J'LA PREVOIS BADABOUMESQUE

MOI J’LA PREVOIS BADABOUMESQUE

1.
« - C’est horrible, murmura-t-elle. Tout… partout. »
(Agatha Christie, « La Maison du péril » [Nick])

2.
Défois y a des sonneries c’est passqu’il y a eu la guerre il y a longtemps pis qu’on dit qu’elle reviendra plus avec sa face de gueule cassée et ses millions d’âmes en fumée. Elle est ailleurs la guerre, en Afrique, avec les armes qu’on leur vend. #LeDrian #Parly

3.
« Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins »
(Apollinaire)
C’est passqu’il y a de la neige. C’est joli, la neige. Y a des gens tous les ans ils meurent dans la neige. Ils ne ressuscitent pas. Tous les ans, ils sont différents, et meurent dans l’avalanche.

4.
Ça m’épate toujours que, comme l’écrit Apollinaire, « L’automne est plein de mains coupées ». C’est des feuilles, ces mains ; elles sèchent vite. Défois elles vont étrangler quelqu’un mais j’ai pas d’preuves. C’est juste le vent qui dit.

5.
Moi j’la prévois badaboumesque, l’année qui vient, pis la suivante, pis l’autre après que Macron, les gens auront quand même voté pour lui qu’ils ne l’aiment pas mais c’est ça ou les chiens rouges et noirs, alors…

6.
Dans ma tête, ma chanson préférée c’est quand même « Si tu savais, si tu savais, comme je m’en fous ». Je pense que c’est un hit planétaire. Cosmique même que les Aliens doivent passer dans leurs soucoupes en s’fichant d’nos fioles.

7.
Défois, y a des affaires, on dirait bien qu’elles puent. A Avignon comme ailleurs. Tiens, Mitterrand dans la boîte à mensonges. Je l’aimais pas. Je l’aime encore moins. Tiens, Nagui dans la boîte à bêtises. Je l’aime bien. Non, en fait, je m’en tamponne.

8.
Je n’aime que les comédies. Surtout celles où l’on égorge le clown à la fin.

9.
Ai revu « Phantom Of The Paradise », de Brian De Palma. Ah y a pas, c’est chouette (j’aime bien leurs yeux pis leurs cris aux chouettes) et rock n’ roll (j’aime bien le rock).
Ce soir, j’me zieuterai bien « Le Corbeau », de Clouzot. Du solide dans l’genre lucide.

10.
« Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient »
(Apollinaire)

Défois la nuit c’est la mer. Et les fleuves c’est comme s’ils se donnaient rendez-vous pour aller se baigner tous ensemble dans le grand bain de minuit. Mais comme ça fait du tsunami partout, les gens et les morts sont pas contents (on les comprend).

Défois la nuit je regarde la nuit qu’il y a la mer dedans passque je suis au bord de. Mais je vois pas la mer, je l’entends seulement. A mon avis, elle raconte qu’elle nous enc… très profond et ça c’est pas poli. #Lespoètessontcons

Que les fleuves se répandent dans la mer ne m’étonne pas. Où voulez-vous qu’ils aillent. De temps en temps ils noient bien quelques riverains mais c’est quand même pas l’essentiel de leur fonction. Par contre, sont bien pratiques pour y faire disparaître.

11.
Macron a deux chiens de garde. L’un est rouge ; l’autre est noire (c’est une toutoute). Défois, il les fait aboyer pour que les gens aient peur et votent Macron. Défois, il leur dit de se taire pour se donner des airs de Macron a raison et que les gens votent Macron. Voilà. On appelle cela la Démocratie.

12.
Imaginons que la Mort me dise : tu pourras toujours vivre un jour de plus et en bonne santé pourvu que tu lises un bon livre par jour. Pour sûr, je vivrai longtemps et très très vieux. Par contre, je serai obligé d’abattre mon ordinateur d’une balle dans la nuque.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2021.

7 mai 2021

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

« Il n’est pas donné à chacun à prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage. »
(Baudelaire, « Les Foules »)

1.
Baudelaire i dit que c’est pas tout le monde qui peut prendre un « bain de multitude » que c’est pourtant pas comme ça qu’on s’lave ! Quel malprop’ ce Baudelaire !

2.
Baudelaire i dit que « jouir de la foule est un art » ; plus loin dans le poème, il utilise le mot « prostitution », l’est pas seulement impropre (comme dans l’expression à la consommation) mais il est carrément hop scène ! comme disait Mona Cousine au Moulin Rouche.

Post-tweet : Mona Cousine, elle n’existe pas : faut pas croire tout ce que je n’écris pas dans les journaux. Le Moulin Rouche non plus d’ailleurs ! C’est une scène fantôme pour jambes seules (musique : le spectre d’Erik Satie).

3.
Après Baudelaire, i dit « et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain » : l’opposition « celui-là seul » / « genre humain » c’est de la mentalité d’individualiste, d’ultra-libéral sociopathe (et pas que dans les tiroirs ! Suivez le regard de l’aveugle) !

4.
Défois dans Baudelaire j’comprends pas tout que « ribote de vitalité » je me demande que je vas être obligé de consulter un livramots (celui où les mots sont bien rangés, passque chez tous les autres auteurs, c’est tout mélangé).

Je trouve comme synonymes à « ribote » : bamboche, bombance, bombe, bringue, ripaille ; normalement y a aussi grosse bouffe mais je l’a pas trouva que quand je me dis « grosse bouffe » je pense à de gros schleus (on peut plus dire ça) qui s’empiffrent de choucroute en s’imbibant de bière.

Je rappelle qu’on ne peut plus dire « schleu » : c’est pas inclusif. On doit dire : des gens originaires du pays dont quelques millions d’habitants exterminèrent quelques millions de leurs frères humains dans l’Europe d’entre 1940 et 1945. Il faut être linguistiquement correct.

Ce qui me fait penser que tout môme, mon père vit son père blessé à mort après une attaque de stuka. C’était l’exode des frontières vers l’ouest. C’était moche. Ceux qui pensent que je suis d’extrême-droite parce que je soutiens les Généraux lanceurs d’alerte sont des cons.

Mais je suis mauvaise langue : j’aime beaucoup l’Allemagne. Je n’y vais jamais.

5.
Baudelaire, il imagine que des fées « insufflent » dans les berceaux des braillants là comme quoi voyez, la fée à Blanquer, chauve et voulant tout changer, c’est Réformette, la fée des réformes ; la fée à Macron, elle fut « en même temps » et donc assez indéterminée.

6.
Parmi les bizarres et grotesques que les fées, selon Baudelaire, insufflent aux futurs contribuables de la nation apprenante, il y aurait « le goût du travestissement » : c’est comme ça qu’on finit au Moulin Rouche, ou à la République en Marche.

7.
Parmi les saugrenues et incongrues que les fées, selon l’autre là, insufflent aux futurs apprenants de la nation contribuable, y a le goût « du masque » qu’on les croit membres d’un parti gaulliste, que les v’là fédéralistes chez Macron (n’est-ce pas Falco ? N’est-ce pas Estrosi ?…)

8.
Y a aussi « la haine du domicile et la passion du voyage » qu’les fées insuffleraient aux futurs candidats que c’est comme ça qu’on se retrouve à promener partout virus et variants, ou à mener une vie voltigeureuse (ça veut rien dire, j’adopte) dans de lointains voisinages.

« lointains voisinages » : l’oxymore est osé. Mais le monde n’est-il point un village ? C’est si vrai, qu’il suffit qu’un laborantin de Chine, hélas accompagné d’un pangolin (son repas de midi) et d’une chauve-souris (sa mascotte) glisse sur une crotte de chameau dans son labo de là-bas et patachauve ! le monde vire viral et variances.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2021.

 

3 mai 2021

NOTES SUR LE DOS HOULEUX DU MIROIR

NOTES SUR LE DOS HOULEUX DU MIROIR

« L’énigme et la flamme n’ont d’existence simultanée que dans nos sens. »
(René Char, « Le dos houleux du miroir »)

1.
Défois, on « fait la relation d’un état personnel » comme dans René Char, qu’on a une « liaison grave avec le graphisme » de Zao Wou-Ki ou d’un autre peintre si comme moi on ne connaît Zao Wou-Ki que d’un œil oublié dans un catalogue.

2.
Dans les toiles qu’on regarde, on peut, comme René Char, y voir de la « couleur en éclaireuse déchiquetée » que moi, je la vois bien, l’indienne, pastel, fleurs et feuilles à l’affût, la fûtée. Au loin passent les adversaires, les dangereux, les malfaisants.

3.
Puis le temps nous porte à « un chaos second » pour reprendre l’expression de René Char, qu’on croit qu’elles nous télépathent des effarements, les horloges, ou bien, ce sont les mystérieuses du fond des énigmes et des parcs d’autres tableaux. #jaimebienScully

4.
Quand je lis dans un poème de René Char cette phrase : « Là perce le sortilège aérien et tellurique d’Orphée voyageur », j’avoue que cela m’évoque moins de choses que « Je prendrais un steak-frites, avec de la mayonnaise et une bière. »

5.
Parfois, les choses semblent faire écho à quelque « prophétie pressée » comme dit René Char. Quand la prophétie est pressée, on pige pas tout, elle parle trop vite, la sybille, laquelle, nous précise le poète, a « une sœur étrusque ». C’est pas simple.

6.
Selon Char (René), l’Asie « traverse le royaume des morts » et pour cela, j’ai compris que Miss Asie portait un costume de « poisson géant » (l’Asie, c’est grand) couleur de soufre noir ». Pas trop seyant, je pense ; fluvial sans doute.

7.
Char ne voit jamais dans la peinture de Zao Wou-Ki un « fleuve esseulé ». Ma cousine qui ment même quand elle dit la vérité m’affirme qu’un fleuve est souvent suivi de ses frères fantômes. Des peaux-rouges criards y capturent des équipages.

8.
Il y a souvent des fantômes dans ce que j’écris. Je connais si mal les vivants.

9.
René Char remarque que nous sommes des « parcellaires ». Que par morceaux qu’on vit. Un puzzle originel avec des pièces qu’on ne voit pas bien ce qu’elles représentent : un dieu dans une vigne ? Blanquer jouant à la marelle ? Macron et Brigitte à la plage ?

10.
René Char évoque aussi les « juristes insatiables penchés sur nos berceaux » : belle image pour dire toutes les lois et les déterminismes qui nous la calculent, notre vie.

11.
Dans le dernier paragraphe du poème « Le dos houleux du miroir » (c’est gondolant, dis donc), René Char a cette métaphore: « Le feu se fait les dents avant de bondir sur sa proie rugueuse. » Tigre, loup, - ô Blanquer -, brouette, harpe, coronavirus, gomme.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

3 mai 2021

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

1.
Levant les yeux, je vis passer le grand zigouigoui bavard et sa stratégie globale de formation. Je fus fasciné en songeant que cela fait déjà quelques années que le système éducatif français forme surtout à s’inscrire à l’université en attendant on ne sait quoi. #Vidalégentile

2.
« Je vis une brève lueur verte passer dans les yeux de Poirot.»
(Agatha Christie traduit par Françoise Bouillot, « Le Crime du golf » [Hastings])

Chez Poirot, l’intelligence est verte.

3.
« Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir »
(Rimbaud, « Ophélie »)

Un fantôme souvent qu’c’est en blanc qu’ça se représente. Pourquoi, je sais pas. Après, le fantôme, c’est du temps bloqué, en boucle. Alors, mille ans ou deux vers, hein ?

4.
Les petits lutins (zont des haches et des couteaux défois) dans ma tête, je sais pas quelle langue ils causent ; j’comprends que couic à ce qu’ils racontent. #quecouic

5.
Je me dis : « Le ciel est bleu. » Je me dis : « La nuit est noire. » Je regarde les spaghettis danser le long de la mer, laquelle ouvre une grande gueule que je ne vois pas parce que la nuit est noire et les yeux du ciel fermés.

6.
Parfois, j’ai une tête. Parfois, je n’en ai pas. Est-ce que vous rentrez à l’hôtel ? Une femme rousse parle de vengeance. Va-t-elle sortir de sa phrase et me trancher la tête ?

7.
Rimbaud était plus en beaucoup plus de choses que moi. Céline aimait les croissants et avait du rythme plein ses pages. Moi aussi j’aime les croissants. Ils sont morts tous les deux mais pas en même temps.

8.
Je n’aurais pas aimé être un cheval. Les chevaux ne parlent pas anglais. Ils en ont l’air seulement. Je ne parle pas anglais et ma langue m’abandonne.

9.
Le Sphinx, en voilà une gueule cassée. Il a aussi de grandes papattes de pierre. Mon chat a des moustaches. Hercule Poirot a des moustaches, même quand il est doublé par Roger Carel.

10.
J’aime bien les voyages car je n’en fais pas. D’ailleurs, je ne crois pas au monde extérieur. Ce n’est qu’une illusion, ce monde extérieur qu’on nous montre à la télé parce qu’il faut bien montrer quelque chose. #AlatéléyaBlanquer

11.
Alors Hercule Poirot, interprété par Peter Ustinov et doublé par Roger Carel, vit le cobra dans le miroir. Heureusement, moi, je n’ai pas de cobra dans mon miroir. Affolant tous ces endroits où ça peut se nicher.

12.
En fin de compte, j’aurais été mauvais en tout, et surtout en moi.

13.
Parfois, je n’aime pas les gens ; parfois, les gens, je les aime bien mais en fait pas du tout. D’ailleurs, il ne faut pas perdre plus de temps qu’il en faut avec les gens et leurs livres ; ils sont bien meilleurs que vous, ils vous feraient honte.

14.
Comme je ne crois pas en l’existence du monde extérieur, je ne crois pas en l’existence des gens qui sont dedans, ni aux autres dieux. Mais si elle est plate ? Je m’interroge… Cela veut-il dire que ces gens et leurs dieux sont plats comme crêpes et limandes ? #LeMondeExtérieur

15.
Alors il lui donna une échelle pour qu’il y grimpe et aille libérer sa dulcinée prisonnière du tout en haut du donjon, puis, lorsque le chevalier servant fut à mi-parcours, il commença à donner de grands coups de hache dans les barreaux.

16.
Le ministre de la justice a une grosse tête. On l’appelle aussi le garde des sceaux mais il a une grosse tête quand même. Le ministre de l’intérieur a une petite tête. Macron est une tête. Je n’aime pas les têtes. Je n’aime pas les gens intelligents. Sont bêtes.

17.
Quand je pense à la tête à Blanquer, je pense à la tête à Blanquer. C’est pas plus inspirant. Pas plus réconfortant. Pas plus intéressant que lorsqu’il parle. Quand Blanquer parle, je deviens sourd. Du reste, je n’écoute vraiment que Zut.

18.
Il y a deux mézigues : le bon zig, pédagogique, bienveillant, mal payé pour ce qu’il ne fait d’ailleurs qu’avec un intérêt très relatif (enseigner, c’est chiant) et celui qui me hante, qu’est pas vraiment sympathique, pas assassin non plus, notez, mais pas sympathique.

19.
Je ne crois pas en l’avenir de la démocratie : il y a trop de gens dedans.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

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