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7 août 2023

LE MAGNIFIQUE OU LE YOYO DU SCRIBE

LE MAGNIFIQUE OU LE YOYO DU SCRIBE

Le film « Le Magnifique », de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo (chouette-chouette !) commence au Mexique et dans une cabine téléphonique, qu'il n'y a pas besoin d'aller au Mexique pour téléphoner, surtout que, d'après le film, on peut s'y faire dévorer par un requin des cabines et finir recyclé dans la grande distribution. Affreux, dis, comme une macronie.

J'aime bien aussi parce qu'on y entend des trompettes dans le genre des musiques folkloriques qu'on dit que c'est mexicain qu'alors que si ça se trouve, ça a été composé par un Albert Berbla de chez les 1er prix du Conservatoire Supérieur de Paris et autres auteurs de nombreux jingles pour la radio.

De toute façon, ne parlant ni espagnol, ni jouant de la trompette, moi ce que je vous en dis, c'est que j'ai mangé des pâtes. Bon, là-dessus, la musique est de Claude Bolling, et ça c'est bien, parce que j'aime bien les pâtes et Claude Bolling.

J'aime bien les films comiques, ça me change des films que je ne regarde pas.

Il est question « d'un pain de campagne sous le bras », mais il n'y a pas de pain de campagne sous le bras, et ça, voyez, c'est signifiant, qu'à mon avis, le scénariste, en pondant son chef d’œuvre de culture populaire, il aura eu soudain une petite faim (les émotions scénaristiques, ça creuse) et se sera fait un sandwich avec son pain de campagne là que ça ne m'étonnerait pas. D'ailleurs, pas plus le « pain de campagne sous le bras » que « la prune du Japon » du film « Mystery Train » ne sont coupables.

Il y a aussi la jolie Jacqueline Bisset, et ça c'est bien parce que j'aime bien les pâtes, Claude Bolling et Jean-Paul Belmondo.

Donc, « la petite mariée », comme dit Bob Saint-Clar (non, ce n'est pas un disc-jokey mais wikipédia nous sample que le DJ Bob Sinclar aurait choisi ce pseudo en hommage au personnage du film), l'avait du poil aux pattes, la « petite mariée », et portait la moustache que portent les moustachus quand ils portent la moustache, sinon, ce sont de faux moustachus, et c'est inquiétant.

Citation parce que quand même : « A qui Rodriguez téléphonait-il lorsque le requin est entré dans la cabine ? » se demande Bob Saint-Clar qu'à votre avis, hein, lorsque le requin est entré dans la cabine, Rodriguez téléphonait-il à :
- Donald Trump ?
- Collins, l'attaché militaire de l'ambassade ?
- A la boulangerie du coin, pour réserver un pain de campagne ?

Amis de l'ésotérisme, de l'occultisme, des pas dans le couloir et des coups dans le mur, je viens de m'apercevoir qu'à 19 minutes et 33 secondes du début du film « Le Magnifique », la femme de ménage, qui s'appelle Madame Berger (!), franchit une porte spatio-temporelle sur une plage du Mexique là-bas pour pénétrer dans un appartement en plein Paris où vit et œuvre un scribe du nom de François Merlin ! L'allusion est évidente : François est donc aussi françois que Merlin est enchanteur.

Ah tiens, il pleut dans le film. J'aime bien. Je me demande s'il arrive qu'au cinéma, la pluie jouât faux. Là, on voit bien les carreaux pleins de bouillon. Dans la nuit du 5 au 6 août 2023, ici, il a fait un vent à décorner un troupeau d'électeurs.

C'est pourtant vrai que les hélicoptères des films des seventies pleines de promesses (eh oui), ça vous vrombit façon gros moustique. Il y a un temple genre aztèco-sacrificateur, mais on voit que le ménage y est fait régulièrement. Pas de toiles d'araignée, pas de squelettes apparents et comme laissés à l'abandon, les rats sont en cage et le scribe au travail.

Dans la scène du temple (vous vous rappelez, « le rat aux dents imprégnées de cyanure », tout ça), la musique rappelle les ronflonflons trombonants des musiques au mètre que pondaient les studios d'Hollywood.

Autre citation parce que quand même : « Et Bob Saint-Clar, bondissant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov. » Ce qui devient quelques minutes plus tard : « Bob Saint-Clar, pagayant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov. » Puis, « un grand fauve en kimono ».

Le temps passe, la lampe descend.

Oh dis,, « Coucourrroucoucou, paloma ». Retour des sombreros chantants. Le film devient de plus en plus satirique, des ficelles et clichés de la paralittérature de mauvaise qualité (si, il en existe une bonne, et même une excellente), des snobs plus ou moins libertins, du baragouin sociologique auquel le scribe Merlin est confronté-toi-donc-tu-parles-trop.

Pourrait-on dire que « Le Magnifique » est un film sur le double imaginaire ? La projection de soi et des autres déterminée par les clichés de la culture de consommation courante : Merlin/Saint-Clar ; Christine/Tatiana ; Charron/Karpov ? J'en sais rien, cause que je n'en parle guère ni avec mon camembert, ni avec mon pain, mon beurre, mes pâtes, du double imaginaire là. Ah tiens, la femme de ménage est dans l'escalier.

Il est aussi que le film est un pied-de-nez au mythe de l'acteur identifié à un rôle : Vittorio Caprioli (dont la voix est doublée par Georges Aminel) joue l'éditeur cynique Charron et le bouffon chef des services secrets Karpov ; Jacqueline Bisset joue la hautaine Tatiana et l'étudiante Christine ; Jean-Paul Belmondo est aussi à l'aise dans le rôle de l'écrivain fauché et besogneux François Merlin que dans celui de la parodie de James Bond, Bob Saint-Clar.

Le scribe boit du café. Ça a un rapport avec Balzac. On entend la frappe de la machine à écrire. Un son du passé. C'est à ça qu'il sert, le cinéma, à préserver gestes et sons du passé alors que la réforme Blanquer, voyez, elle a servi à mettre encore un peu plus de bordel dans l'éducation nationale ; remarquez que le Pacte à Pap Ndiaye, lequel n'est même plus ministre, dans le genre sottise, s'annonce, lui aussi, très prometteur.

Le film s'achève dans le non-sens et le burlesque qui me rappelle la bagarre finale de « Zazie dans le métro », de Louis Malle. Une corneille passe. Je bâille et me suis amusé.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 août 2023.

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16 juillet 2023

DE L'ABSOLU DU MAL

DE L'ABSOLU DU MAL

1.
Je lis dans « Prolégomènes à la charité », de Jean-Luc Marion, que « le mal s'éprouve absolument ».
Il y a donc un absolu du mal.
Ce mal concerne chacun d'entre nous, chacun, c'est-à-dire chaque conscience particulière, chaque singularité que, communément, l'on appelle « individu ».
Le mal est un absolu qui menace le particulier. En cela, le mal entretient avec le vivant un lien particulier, singulier.
D'où des réactions différentes selon les individus au mal qui les atteint.
La politique a pour objet d'apporter des réponses collectives au mal qui concerne chacun. En cela, l'Etat tend à se constituer en « contre-mal » (l’expression est de Jean-Luc Marion) en absolu du légitime face à l'absolu du mal. D'où la multiplicité des différences d'appréciation entre perceptions individuelles et la nécessité d'une réponse administrative.
La crise du covid a vu éclater au grand jour cette dichotomie. Les crises sont les moments qui révèlent les gouffres creusés entre perceptions individuelles et réponse collective.
C'est le rôle des oppositions politiques d'attirer l'attention sur l'injustice qui est faite aux cas particuliers insuffisamment pris en compte par la réponse collective.
L'idéal étant évidemment une réponse « au cas par cas ». Mais l’État ne peut guère faire dans la dentelle. Ce n'est donc généralement pas en amont que cette dichotomie est réduite mais en aval, via les leçons de l’expérience et la jurisprudence.

Citation :
« Le mal s'éprouve absolument comme le seul fait indiscutable, en deçà de toute illusion, dispensé de preuve et d'argument. Le mal qui me fait mal ne trompe, lui, jamais. »
(Jean-Luc Marion, « Prolégomènes à la charité », Éditions de la Différence, 1986, p.13)

2.
Plus la voix des oppositions se fait entendre, plus grandit le sentiment que nous vivons une crise aiguë. C'est donc dans les démocraties, où les oppositions peuvent librement s’exprimer, que le sentiment de « l'urgence de la situation » semble le plus grand.
Ce qui ne veut pas dire que ce sentiment n’existe pas dans les régimes autoritaires. On peut penser que bien des Russes sont conscients de la gravité de la crise dans laquelle Poutine les a plongés en lançant sa sale guerre en Ukraine, mais, comme on sait, en Russie, les oppositions ne peuvent guère s’exprimer librement.

3.
Le but des complotismes, contrairement aux oppositions légitimes des partis et des syndicats, n'est pas de réagir à une réponse de l'Etat jugée inappropriée, mais de considérer l'Etat libéral comme étant lui-même un absolu du mal.
En cela, les complotismes ne sont pas des oppositions légitimes mais une manifestation d'un mal qui s'attaque à la légitimité démocratique.
Dès lors, on ne s'étonne plus que la majorité des tenants du complotisme soit liée à une extrême-droite qui se caractérise par le négationnisme (qu'il soit anti-vaccin, jusqu'à remettre en doute l’existence même du covid, climato-sceptique, et autres vues de l'esprit) mais aussi par un soutien appuyé au régime autoritaire de Poutine (jusqu'à nier, ou excuser, les crimes de guerre commis en Ukraine par les troupes d'occupation russes).

4.
Les Français pro-Poutine qui veulent la destitution de Macron me rappellent les Français qui disaient « plutôt Hitler que Blum ». Ce ne sont évidemment pas des patriotes, ni des résistants. Ce sont des collabos dans l'âme.

5.
Prigojine a-t-il été liquidé par Poutine ? Il me semble que s'il était mort, on le saurait, non. ? La rumeur court sur twitter, de même que celle d'une non-reddition de certains éléments de Wagner (vidéo à l'appui d'un certain Berserk). Désinformation ? Manipulation ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

12 juillet 2023

MOYENNEMENT CROYANT

MOYENNEMENT CROYANT

Croyant moyennement en dieu, je ne mange pas tous les jours du jambon.

« ALCMENE
Le ciel était serein, et cet enfant pleurait... Pour moi c'est le pire présage.

AMPHITRYON
Ne sois pas superstitieuse, Alcmène ! Tiens-t'en aux prodiges officiels. »
(Giraudoux, « Amphitryon 38 », I,3)

Croyant, non je ne le suis guère, même si souvent je me signe.
Moyennement croyant, alors. C'est que, comme le Don Juan de Molière, c'est
En 2 et 2 font 4, Sganarelle, et 4 et 4 font 8 plus qu'en un
Dieu invisible et qu'on laisse traîner partout, que je crois.
Je viens de lire « Amphitryon 38 », de Giraudoux. Je
Ne me plais, de plus en plus, qu’aux textes vifs et courts, et dans le genre vif et court, les pièces de Giraudoux sont assez probantes. Certes, on pourrait trouver le style un peu désuet, assez sentimental aussi, mais certaines répliques, des punchlines comme on dit maintenant, des mots d'auteur, font toujours mouche. Du théâtre de texte, du poétique, du théâtre pour comédiens. Ça tient la scène, oui. Je
Mange moins ces jours-ci, il fait chaud. Je n'aime
Pas trop ce qui se murmure sur l'avenir des lycées professionnels. Paraît que l'Etat serait tenté de contractualiser les statuts... Quel tas d'patates, dis, que la France, c'est pas les Etats-Unis, pas pour tout en tout cas, pas encore... Après, certains syndicats sont de très grands avaleurs de couleuvres, genre « contrôle continu », « parcours sup », et toutes ces conneries... J'entends
Tous les jours parler de la sale guerre de Poutine en Ukraine.
Les Ukrainiens finiront par gagner mais tous les
Jours, les Russes assassinent. Comme disait ma mère : Ils ne l'emporteront pas au paradis. Damnés, condamnés, qu'ils sont, les Russes. Maudits.
Du beurre, une baguette, une boîte de sardines ou alors du
Jambon, je ne sais pas encore. Je ne vois personne. Ou si peu. Tant mieux.

2.
Juillet 2023. Arte diffuse un concert du groupe ACDC ! Suis bien content de cette reconnaissance par la chaîne culturelle franco-allemande de l’importance de cette formidable entreprise à produire des riffs et du rock n’roll qui, depuis 1973, fait du bon boulot.

Le grand mérite d’ACDC est, à l’instar des orchestres de jazz et de blues, de n’avoir jamais dévié de leur genre : le rock n’roll. Au fil du temps, ils en sont devenus de purs virtuoses, des maîtres dans un genre, un style, une manière. Du grand art.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2023.

9 juillet 2023

PERSONNE DES YEUX DES FANTÔMES ET DES FRITES

PERSONNE DES YEUX DES FANTÔMES ET DES FRITES

PERSONNE

« Personne ne sait l’âge de l’usine oubliée, car elle s’étend à des distances que personne ne peut ou n’a envie d’explorer. »
(Richard Brautigan traduit par Michel Doury, « L’usine oubliée » in « Sucre de pastèque »).

Personne n’était venu me demander ce que j’en pensais ; cela
Ne me faisait ni chagrin ni chardon, - là, le narrateur
Sait parfaitement qu’il ne sait pas où il va, et avec
L’âge, ça n’a pas l’air de s’arranger,
(De retour du boulot, Zut était bien fatiguée), cependant qu’il regarde
L’usine d’un poème en prose de Richard Brautigan, l’usine
Oubliée où « vous risquez de vous égarer »
Car c’est écrit dans le texte que c’est écrit à l’entrée de l’usine.
Elle, pendant ce temps-là, elle est bien fatiguée et
S’étend sur le canapé. Le 8 juillet 2023, je regarde
A la télévision en replay remuer les longues jambes
Des danseuses des années 70 (les Claudettes à Claude François). Les
Distances qu’il y a entre ces longilignes ondulantes et nos pommes, ah oui.
Que j’en profite pour dire que le mot
Personne vient du latin « persona », lequel désignait le « masque de l’acteur », c’est dire que la comédie sociale que nous jouons y est étymologiquement inscrite et que d’ailleurs, il
Ne se fait pas de confondre l’être et sa fonction, qu’il se
Peut peut-être que l’être échappe à la fonction,
Ou encore que la politique, cette maîtrise des fonctions,
N'a accès qu’exceptionnellement à l’être ; cela ne donne guère
Envie de voter, n’est-ce pas, ou
D’explorer ce qu’il y a dans les têtes de ces gens qui ne sont personne.

DES YEUX DES FANTÔMES ET DES FRITES

Ses yeux, je ne m’en souviens pas. Ses
Yeux, je m’en fiche. Ils
Etaient, ses yeux, une paire d’yeux
Posés dans le réel comme des milliards d’yeux sont posés
Sur le réel. Ses yeux étaient posés sur
Elle, parce que ça s’écrit dans les romans, et puis c’est vrai que ça s’écrit en français, mais des phrases comme « j’ai posé mon regard ou mes yeux sur », je ne sais pas si dans le français qui court les rues et les bistrots, elles se disent tellement.

Ses yeux (écrivant cela, je pense à Baudelaire qui, évoquant les
Yeux de quelque fascinante, a écrit dans « Ciel brouillé » : « Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?) ». Ils
Etaient, ses yeux, dans son joli visage,
Posés comme une présence : à quoi reconnaît-on les yeux d’un fantôme ? je me le demande.
Sur la chaîne CSTAR, dans « Enquêtes paranormales », les paranormalistes, et autres auteurs de paranormalités, évoquent la fameuse « dame blanche », vous savez cette femme habillée tout en blanc que l’on prend en stop et qui vous avertit dans un cri d’un possible accident avant de s’évanouir et de disparaître aussi mystérieusement que le maintien à son poste d’une Secrétaire d’Etat convaincue d’incompétence et de désinvolture.
Elle, la dame blanche, je me demande à quoi ressemblent ses yeux.

Ses frites, Zut voulait qu’elles soient dorées croustillantes et ses
Yeux brillaient à l’évocation des frites dorées croustillantes.
Etaient-elles toujours dorées croustillantes, les frites ? Ils sont
Posés sur mon bureau, faudrait que je les lise.
Sur la table, il y a les frites, et Zut,
Elle dit : ah j’ai des frites. Nous les mangeons dans de l’œuf battu.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juillet 2023. 

6 mai 2023

NE GAREZ PAS VOTRE ELEPHANT DANS VOTRE ASSIETTE

NE GAREZ PAS VOTRE ELEPHANT DANS VOTRE ASSIETTE

1.
Je n'ai pas eu beaucoup de femmes dans ma vie, mais elles n'ont pas toutes comptées.

2.
6 mai 2023. J'entends sur France Inter évoquer une étrange affaire de corruption dans laquelle seraient impliqués des officiels indiens, Thalès, Dassault, d'autres bienveillants sans doute, et qui concerne des ventes d'armement... Ah la surprise, ma chère Denise !... comme si on ne savait pas que le commerce mondial de l'armement est ultra-corrompu... le contraire serait étonnant, et que la France ne puisse plus « fluidifier », selon le mot fameux d'un ancien facilitateur des négociations en coulisses avec certains syndicalistes de l’Éducation nationale, que la France ne puisse plus les fluidifier donc, ses tractations sur ses machines à dépeupler (merveilles de technologie qui finissent assez invariablement par tuer des mômes), voilà qui serait inquiétant... Pour ça je suis bien tranquille, c'est bien tout pourri comme il faut... pour ça, voyez, que je ne vote pas.

Et n’allez pas me raconter qu’un autre monde est possible, parce que j’ai cessé depuis longtemps de croire et au Père Noël et en la bienveillance des politiques.

3.
On ne met pas un éléphant dans son assiette si on n’est pas sûr de la finir.

4.
L’humain est un problème.
On dit que chaque problème a sa solution.
Peut-on dire que chaque humain a sa solution ?
Certes, l’immortalité pourrait poser problème.

5.
En français, « passer par la porte » et « passer par la fenêtre » ne donnent pas le même résultat.

En France, quand on déplaît, on peut éventuellement passer par la porte pour ne plus y revenir (parfois on passe par la porte d’un placard et l’on y reste).

Dans la Russie de Poutine, à un certain niveau, quand on déplaît, il arrive que l’on passe par la fenêtre.

6.
Le 6 mai 2026 il pleuvine sur la digue
Je regarde un « Enfants du Rock » Elle
Est de mon adolescence l’émission Il y
Avait Antoine de Caunes qui présentait
Des tas d’électriques épatants Là elle
Montre David Bowie qu’c’était un génie
Peut-être bien y en a qui disent qu’ma
Pomme elle en sait rien because je m’y
Connais plus en âneries qu’en génie là
L’émission elle date de 1983 je buvais
Déjà d’la bière à cette époque & là je
Bois d’la bière itou zieutant Bowie je
Bois d’la bière Bowie répond qu’il est
Plus sûr d’être David Bowie que par le
Passé oùsqu’il était Ziggy Stardust et
Chaipaqui encore car l’univers à Bowie
Je le maîtrise mal Buvant d’la 3 Monts
Je regarde le clip de Let’s Dance avec
Les yeux de la nostalgie J’sais pas si
C’est génial mais c’est vraiment bien.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 mai 2023.

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22 janvier 2023

L'ASSASSIN DERRIERE LE SYCOMORE

L’ASSASSIN DERRIERE LE SYCOMORE

Notes sur le chapitre IX de  « La Maison du Péril », « De A A J », d’Agatha Christie traduit par Louis Postif.

1.
Des choses que l’on n’oublie pas. Le réel ne se laisse pas oublier. Hercule Poirot dépressif. « de long en large ». Et si son excentricité à longues moustaches cachait en fait un profond mal-être.

2.
Poirot se reproche la tentative d’assassinat car Miss Nick aurait pu être aussi morte qu’un lapin en sauce, j’écris ça macabrement. « Peut-on sacrifier une vie humaine ? » demande Poirot, ce qui est une des grandes questions politico-éthiques, la réponse étant oui, si ce sacrifice permet d’éviter bien plus de morts. Et oui, la vie est violente.

Poutine est dans l’erreur dans la guerre qu’il mène en Ukraine car la mort de plus de cent mille de ses soldats et la mort de tant de soldats et de civils ukrainiens passent largement le bénéfice d’un désormais impossible nouvel Anschluss de l’Ukraine à la Russie. Ce n’est pas un sacrifice, c’est un holocauste qui fera du nom de Vladimir Poutine l’un des plus haïs du vingt-et-unième siècle.

3.
« Un cadavre suffit ! » ; trois cadavres, bonjour les fantômes ! Miss Nick en clinique. « Quant aux autres visiteurs… ». Je me demande si Poirot fait allusion aux aliens qui pourraient débarquer des étoiles et de leurs aéronefs hypervéloces pour faire un coucou à quelque fiction.

On serait bien étonné que les fictions que nous composons dans notre réel se réalisent dans quelque univers parallèle et que dans une infinité d’autres ailleurs, Hercule Poirot élucide réellement l’énigme.

4.
Le péril est dans l’entourage. Il cherche à vous isoler. A vous maintenir dans le cercle dangereux. « Il faisait noir et chacun se déplaçait plus ou moins. », dit la traduction de Louis Postif. L’échiquier, la nuit, les pièces.

Que font les théâtres la nuit ? Se peuplent-ils de fantômes ? Le roi à l’oreille empoisonnée revient-il dans les ténèbres appeler son fils à la vengeance ?

5.
Deux jeunes filles à la maison
L’assassin derrière le sycomore
Deux jeunes filles à la maison
Trois balles dans le cadavre

Deux jeunes filles à la maison
Le film, elle ne le verra plus
Deux jeunes filles à la maison
L’une est partie L’autre hante encore

Deux jeunes filles à la maison
L’une est loin du sycomore
Deux jeunes filles à la maison
Le détective dort encore.

6.
L’œil traversera-t-il les apparences ? C’est la logique des illusions qu’il faut mettre au jour. Les assassins ont aussi la berlue. La Maison du Péril cache-t-elle un trésor ? L’énigme appelle les extravagances. Un « joyau volé dans un temple », « des prêtres vengeurs », un poison subtil venu d’Extrême-Orient… La vérité est-elle dans le tableau ?

7.
De l’importance dans les affaires du crédit et des liquidités. « Cela devient un vrai mélodrame », dit Hastings. Poirot fait une remarque sur le tempérament anti-mélodramatique des Britanniques, ce qui est une manière pour Agatha Christie de rassurer : son roman, - lecteurs, n’ayez pas d’inquiétude -, ne sombrera pas dans le pathos.

8.
Considérations sur le personnage de Iago. Je me demande combien de passages dans les romans de Dame Agatha évoquent les pièces de Shakespeare. Combien de passages sont des relations de rêves ? Existe-t-il un dictionnaire Agatha Christie qui recense ces passages ? Existe-t-il une anthologie Agatha Christie qui les reprend ?

9.
Poirot, en bon analyste, établit une liste de noms et de remarques qu’il espère révélatrice. L’une aurait pu tuer par « dépit », en fonction « d’un incident demeuré ignoré ». L’autre était peut-être là où il n’aurait pas dû être.

Celui qui n’était pas là où il aurait dû être était, ou n’était peut-être pas, là où il n’aurait pas dû être, et quand bien même il aurait été là où il n’aurait pas dû être, cela n’implique pas qu’il ait fait ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Le dernier nom de la liste ne porte pas de nom. C’est le « x » de l’équation. S’il existe, il explique en partie. S’il n’existe pas, c’est qu’il est ailleurs, dans le passé et les motifs cachés des autres noms.

10.
Rituel : Poirot établit une liste d’une « clarté admirable », dit Hastings, de noms et de notes. Un nom surtout s’en détache. Poirot en discute la culpabilité, puis il froisse liste et notes et les jette à terre. Enfin, il évoque « psychologie » et « petites cellules grises » et se prépare à veiller.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2023.

28 décembre 2022

UN DOIGT NOIR DANS UN OEIL NOIR

UN DOIGT NOIR DANS UN OEIL NOIR

Notes et ceci-cela sur les chapitres 2 et 3 de la deuxième partie de « Belphégor », de Arthur Bernède.

1.
« - Et j'ai constaté qu'il portait des gants noirs, grâce auxquels il pouvait, sans risquer de se trahir, manipuler les objets les plus divers. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 2ème partie, chapitre 2 [Chantecoq])

Bernède. « Belphégor ». « Première enquête ». Gautrais s'entend tout de suite bien avec les chiens de garde (bin tiens). Chantecoq est chez Mlle Desroches et note « dans son esprit », avec la plume de son cerveau donc.

Le Fantôme du Louvre porte des « gants noirs », parce que s'ils étaient blancs, ça paraîtrait curieux, hein, un fantôme tout en noir avec des gants blancs. En tout cas, pour les empreintes, c'est cuit. Vous me direz, les empreintes digitales d'un spectre, c'est-i possible ?

« - C'est infiniment curieux ! » qu'il dit Chantecoq (Arthur Bernède emploie la forme « définit » et c'est curieux aussi, le verbe « définir » comme introducteur du discours). Maurice et Chantecoq visitent le jardin. Belphégor n'était pas dans le bosquet. Mais alors comment a-t-il fait avec le mur ?

« une petite porte en vert sombre » puis « une architecture d'une bizarrerie ultra-moderne ». Ce qui me fait penser à la série télé allemande de Lars Kraume, « Bauhaus – Un temps nouveau » que l'on a pu voir sur Arte et qui raconte l'histoire de l'école d'art fondée par Walter Gropius en 1919 à Weimar. J'en ai vu un épisode, ça m'a plu. C'est vif, intelligent et swing. L'atelier de Simone, - c'est une artiste -, un « étrange studio ».

Belphégor a-t-il des « ailes » ? Comme l'Icare des disques de Led Zeppelin. Le Belphégor passe dans le ciel. La « troublante et morbide beauté » de Simone : ça devient gothique. Va-t-elle nous chanter du Robert Smith ? Belphégor, le bandit qui bondit.

Simone : rupture et la passion toujours et encore pour Jacques. Sinon quoi, elle le tuerait et se tuerait ensuite. Y a des histoires comme ça. Exténuée, Simone, et Elsa, soucieuse. Chantecoq s'en va, sûr de sa victoire. Il ne doute de rien, c'est un roi.

Moi, après ça, j'ai eu des ennuis de serrurerie et j'ai pensé que ce serait bien pratique de pouvoir comme Belphégor apparaître là où bon me semble, comme si je pouvais passer les murailles.

2.
« Je remarquai seulement qu'il était bossu et qu'il tenait à la main un revolver qui indiquait clairement qu'il était prêt à m’expédier dans l'autre monde si je manifestais le moindre signe d’existence. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 2ème partie, chapitre 3 [Bellegarde])

Bernède. « Belphégor ». « Les bonbons empoisonnés ». Belphégor en faussaire. Le Fantôme du Louvre serait-il un faux fantôme ? La statue de Belphégor serait-elle une fausse statue ? Belphégor ne serait-il pas Belphégor ? Certains tableaux du Louvre seraient-ils de faux tableaux ?

Retour de Jacques Bellegarde. Colette s'en doutait et soupire. Le piège de l'ami soudainement gravement malade. Le piège de la fausse panne, la nuit, sur une route déserte. Le retour du bossu mystérieux. Plouf ! mais Jacques n'a pas coulé.

Le Fantôme a des hommes de main. « les lettres B et G du mot Belphégor ». Bellegarde constate, une fois de plus, l'ignominie belphégorienne. Le 1er de l'an, vais-je boire du crémant et manger du boudin blanc ?

Chantecoq, dans son cerveau, il a de l'intelligence qui « rayonne ». C'est pour ça, parce que sinon, si Chantecoq avait été crétin, Belphégor stupide, Colette idiote et Bellegarde ahuri, le roman aurait été tout autre, genre Belphégor n'est pas mort, et il bave encore.

Jacques Bellegarde doit disparaître ; ça l'embête assez, notez bien. Chantecoq a réponse à tout. Pendant que Jacques réfléchit, Colette reçoit des chocolats. Le piège de la boîte de bonbons envoyée sous un nom d'emprunt. Il ose tout, Bernède.

Chantecoq, en héritier de Sherlock Holmes, fait de la chimie. Belphégor s'est mis son doigt noir dans son œil noir. Bellegarde disparaît. Belphégor va-t-il tomber dans le piège ? Le commissaire Juve va-t-il enfin mettre fin aux sinistres exploits de Fantômas ? Le presbytère va-t-il conserver tout son charme et le jardin tout son éclat ? A qui sont ces saucissons secs, et pour qui sont ces serpents qui sifflent, cependant qu'en attendant que sèchent ses chaussettes, l'archiduchesse chante et rit de ses sottises, ? Et qu'en pense Arsène Lupin ?

Patrice Houzeau
Malo, le 28 décembre 2022.

26 décembre 2022

A QUOI SERT LA VIRTUOSITE BAUDELAIRIENNE ?

A QUOI SERT LA VIRTUOSITE BAUDELAIRIENNE ?

Notes sur le sonnet « La cloche fêlée », de Baudelaire.

1.
Baudelaire, « La cloche fêlée », 1er quatrain. L'hiver, faut avoir des consolations. L'amertume mêlée à la douceur, qu'il revendique le narrateur baudelairien. « Revendique » est-il bien le mot ? Comment l'auteur de « Parfum exotique » et de « A une dame créole » supportait-il l'hiver et ses « froides ténèbres » ? Le « feu » déclenche l'allitération « f » et la palpitation ternaire. Des « carillons » qui « chantent dans la brume » : étrange paysage sonore, masqué, au rythme régulier (2/4/2/4) d'une partition. La mémoire puise dans ses lointains. Où « s'élèvent-ils » « lentement » qu'on dirait des esprits suscités par les flammes (sont-ce les ombres sur les murs ?), ces « souvenirs lointains » ? Sinon dans sa propre hantise, où donc ? « Cloche fêlée » ? Sans doute : y a comme un « bruit » dans ce qui « chante » : la rime « hiver / s'élever ».

« Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume. »
(Baudelaire, « La cloche fêlée », 1er quatrain).

2.
Baudelaire, « La cloche fêlée », second quatrain. Les occlusives [k] et [g] rythment le vers 5 du sonnet. La séquence « gosier vigoureux » est efficace, résonnant comme les deux coups de cloche d'un rituel. Assonance « o » qui accompagne la métaphore cloche/être humain : « cloche », « gosier vigoureux », « bien portante », « soldat ». Eloge de la vieille fidélité de la cloche, assimilée à une sentinelle. Parallèle « vieillesse de la cloche / vieux soldat ». Assonance « i » dont la résolution se trouve dans le mot « cri » et qui apparaît tantôt assourdie (« Bienheureuse », « gosier », « vieillesse », « religieux », « vieux », « veille »), tantôt sonore, éclatante (« vigoureux », « Qui », « fidèlement », « cri religieux », « Ainsi »). Le son « i » : quel drôle de son pour une cloche ! Plus humain que métal, ce « cri ».

« Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente ! »
(Baudelaire, « La cloche fêlée », second quatrain)

3.
Baudelaire. « La cloche fêlée », les deux tercets. Rupture : irruption du « Moi » après l'éloge dans les quatrains du « bruit des carillons qui chantent dans la brume ». Opposition de l'occlusive [m] (« Moi, mon âme ») et de la constrictive [f] (« est fêlée »). Echo de cette « fêlure » dans le dernier mot du premier tercet : « affaiblie ». Moi, mon âme défois elle rame. Retour du son « i » à la rime. Plaintif le « i » quand il n'évoque pas le rire. Le verbe « peupler » suggère une humanité que la forme « veut » prétend affirmer.

Hyperbole du second tercet : l'âme devient un « blessé qu'on oublie / Au bord d'un lac de sang ». Reprise macabre de l'image du « vieux soldat ». Il « râle », le camarade laissé pour mort et qui ne s'appelle pourtant pas Guttu. Le sonnet a commencé par un tableau mélancolique et finit sur une vision d'horreur. Et ça, c'est parce que le narrateur baudelairien s’exagère. Le « chant » est devenu une « voix affaiblie » puis un « râle ». Virtuosité baudelairienne : le 13ème vers du sonnet est monosyllabique. Le poème se termine sur une accentuation ternaire et les sons « eur » et « or » ( « bord », « meurt », « morts », « efforts ») corrompant la netteté du chant de la « cloche au gosier vigoureux ». A quoi sert la virtuosité baudelairienne ? A mettre une distance entre le « moi, mon âme est fêlée » et le « blessé qu'on oublie ».

« Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie 

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts. »
(Baudelaire, « La cloche fêlée « )

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2022.

11 novembre 2022

ALORS L'HEURE VINT OU IL N'EUT PLUS DE TEMPS

ALORS L'HEURE VINT OU IL N'EUT PLUS DE TEMPS

1.

« Der Dichter kann sich auch eine Welt erschaffen haben, die, minder phantastisch als die Märchenwelt, sich von der realen doch durch die Aufnahme von höheren geistigen Wesen, Dämonen oder Geistern Verstorbener scheidet. »

(Freud, « Das Unheimliche »)

« L'écrivain peut s'être aussi créé un monde qui, moins fantastique que celui du conte, ne se distingue pas moins du monde réel par l'introduction d'êtres spirituels supérieurs, de démons et de spectres de défunts. »

(Freud traduit par Fernand Cambon)

De telle sorte que Freud, que je cite ici dans le texte parce que, distingue ici le fantastique pur du conte (le merveilleux, l'outil social, la parabole) d'un fantastique subjectif, hanté, psychopathologique (le récit d'épouvante, la sophistication gothique, le « Horla », la possession).

Question : les mythes gothiques de Dracula et de Frankenstein sont-ils plus puissants que les figures archétypales du conte ?

2.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles, »

(Rimbaud, « Voyelles »)

Je ne suis sans doute pas le seul à penser que c'est avec un grand talent, et même une sorte de génie, que Rimbaud s'est moqué du monde. Ce garçon était un punk.

3.

« Les théologiens affirment que si l'attention du Seigneur s'écartait une seule seconde de ma main droite qui écrit, celle-ci retomberait dans le néant, comme foudroyée par un feu sans lumière. »

(Borges, « Deutsches Requiem » [le narrateur])

Cette « attention du Seigneur », sans laquelle le monde retourne au néant, je l'appellerai « Sens ».

4.

« pour ce que c'est le même que si on disait que sa puissance est tout ensemble finie et infinie : finie, puisqu'il y a quelque chose qui n'en dépend point ; et infinie, puisqu'il a pu créer cette chose indépendante. »

(Descartes, «Lettre à Elisabeth », 3 novembre 1645)

Cette dernière partie d'une phrase de Descartes sur le libre-arbitre me plonge dans quelque chose qui s'apparente à la réflexion. Que la puissance de Dieu soit à la fois finie et infinie implique que si Dieu n'est que par sa puissance (le nom de l'être de Dieu étant ainsi « toute puissance »), Dieu lui-même serait à la fois fini et infini : voilà un point de vue d'une grande fécondité.

5.

« Moi qui compatis tant aux gens qu'on fait souffrir

Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ? »

(Molière, « L'Ecole des femmes », [Agnès], II, 5)

De sorte que c'est le spectacle de la souffrance plus que son évocation qui pousse à la compassion. Jusqu'à quel point ? Je me le demande.

6.

Nach meinen Beobachtungen = D'après mes observations

Ouvrant une édition bilingue de « Das Unheimliche », je lis ce début de phrase, et j'éprouve aussitôt l'envie de la noter, peut-être parce qu'il me rappelle l'importance dans la langue de l'observateur, du subjectif.

7.

« J'imaginai ce réseau de tigres, ce brûlant labyrinthe de tigres, répandant l'horreur dans les prés et les troupeaux, pour conserver un dessin. »

(Borges, « L'Ecriture du Dieu » [le narrateur])

Pendant ce temps-là, je vis qu'il était bientôt cinq heures. Comme la marquise n'était pas sortie, je me dis que cette phrase de Borges était lourde de sens quant au « tout fait signe », « signes des temps » et lectures ésotériques. Entendons-nous, j'allumai.

8.

« The first question of course was, how to get dry again : they had a consultation about this, and after a few minutes it seemed quite natural to Alice to find herself talking familiarly with them, as if she had known them all her life. »

(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter III)

« Question primordiale, naturellement : comment se sécher : on se consulta là-dessus, et au bout de quelques minutes, il parut tout naturel à Alice de se trouver en conversation familière avec ces créatures comme si elle les connaissait depuis toujours. »

(Lewis Carroll traduit par Magali Merle)

J'aime bien cette phrase de Lewis Carroll, que je cite en anglais parce que. J'aime bien cette phrase parce qu'elle rappelle, à sa manière toute fantaisiste, que la nécessité rapproche parfois des êtres qui n'ont en commun que leur mortelle condition.

9.

« Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ; »

(Rimbaud, « Voyelles »)

Rimbaud précurseur de l'association surréaliste des images. Je ne vous dirai pas à quoi ces « vapeurs et ces tentes » me font penser, parce que c'est vulgaire. M'étonnerait pas qu'il y ait du jeu de mots là-dedans.

10.
Il n'a pas regardé l'heure exacte quand il n'a pas rencontré Souvenance et Ramon Lamarne parce que n'ayant plus de bras, sa montre s'était arrêtée.

Note : Souvenance et Ramon Lamarne sont les personnages d'un roman qui existe : « Souvenance pleurait », de Yves Dermèze, Grand Prix du roman d'aventures 1950, et je ne vous dirai pas pourquoi.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 novembre 2022.

9 octobre 2022

CECI N'EST PAS UNE PIPE NOM D'UN ÜDU WÜDÜ

CECI N'EST PAS UNE PIPE NOM D'UN ÜDU WÜDÜ

1.

Quand Magritte écrit « Ceci n'est pas une pipe », c'est que ce tableau n'est pas une pipe, nom d'une flûte !

Et « Ceci n'est pas une pipe » n'est pas non plus un titre puisque le tableau s'appelle en fait « La Trahison des images ». Voici ce que je dois retenir, dis-je au cornichon que je venais de poser sur mon assiette et qui n'acquiesça même pas.

2.

Christian Vander est le batteur du groupe Magma, groupe de jazz rock, de jazz fusion, ou de rock progressif (ça dépend des auteurs). Christian Vander est considéré comme un virtuose. Mézigue, couic que j'voltige, et si je virtuose, c'est ma patience à n'être que.

3.

Mars est une planète tellurique, comme le sont Mercure, Vénus et la Terre. C'est-à-dire qu'elle est essentiellement composée de roches et de métal. Zut n'étant ni rocheuse, ni Métallique (Disrühptiv Kommandouill), je ne l'appelle jamais Mars, et même pas Vénus.

4.

« Ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire des grimaces » dit le proverbe. Je me demande si l'on singe les vieux singes, est-ce que l'on a des chances de se faire mieux ascoltare par Lazare ou de faire plus effervescent que l'éléphant effervescent.

5.

« Quelqu'un redit, Pire … O moqueur ! / Echo lointaine est prompte à rendre son oracle ! » sont tirés du poème « Fragments du « Narcisse », de Paul Valéry. Souvent que j'me dis encore des échos, des échos d'partout toudis des échos, et pis quo, et pis quo encore, hein ?

6.

« Ûdu Wüdü » est le sixième album du groupe français Magma. Il date de 1976 et l'on dit que le morceau « De Futura » est une des pièces maîtresses du groupe. Quant à mézigue, je ne zustatte point ni ne zukunfte de sastelle et clé car j'me voûte quand j'ai mal au dos.

7.

Paraît que dans sa saloperie de guerre en Ukraine, Poutine patine et s'apprête à prendre la pâtée. Ah la grande étripe-bonhomme (et sa femme, et ses enfants) que ça aura été, dis, l'opération spéciale valdingue du Vlad. Va pas s'historier parmi les grands hommes, la patrie reconnaissante, le Vladimir, plutôt les égouts, son genre.

8.

Les textes du groupe Magma sont écrits dans une langue qui n’existe pas : le kobaïen. Tout est dans le côté mystérieux, ésotérico-liturgique, et puis la performance vocale. Zut, quand elle râle un peu fort, j'ai beau tenter d'la kobaïer, ça fait pas l'même effet.

9.

« car, en ce qui concerne la volonté, la liberté qu'on lui attribue paraît être en opposition avec la nécessité de la nature »

(Kant traduit par Victor Delbos, « Fondements de la métaphysique des mœurs »)

Ça s'est sûr que lorsqu'on la veut très industrieuse et fertile fort, la fridomité là, et voyez comme c'est pas naturel, défois on finit par la catapulter dans l'kapout, la verte et toute ses dents.

10.

L'umami (prononcez comme je sais pas) est une des saveurs fondamentales de la cuisine japonaise. Je sais pas trop à quoi ça correspond, apparemment ça aurait un rapport avec le goût du bouillon, ou de la viande, que ça viendrait du glutamate.

Défois que j'grongnonne sombre, que j'glissouille dans l'maussade, j'me dis ah tiens, je me ferais bien un petit restau chinois, histoire de m'glutamater qu'c'est bon, pis je regarde mes sous, i sont pas beaucoup, alors je bétonne la laisse et vas m'coucher avec mon chien noir.

Patrice Houzeau

Malo, le 9 octobre 2022.

25 septembre 2022

CONSIDERATIONS SUR LA FUITE ET AUTRES BRICOLES

CONSIDERATIONS SUR LA FUITE ET AUTRES BRICOLES

1.

La fuite de bon nombre de Russes après l'annonce poutinienne d'une mobilisation partielle prouve qu'une large partie de l'opinion russe sait parfaitement que la guerre en Ukraine est une boucherie dont Poutine est seul responsable.

Il est possible que bon nombre de Russes qui tentent aujourd'hui de fuir la Russie et la mobilisation poutinienne, applaudissaient il y a peu leur dictateur et souhaitaient fort patriotiquement la fin d'une Ukraine indépendante et la mort de Zelensky.

Possible que bon nombre de Russes étaient d'accord pour que le voisin aille se faire trouer la peau en Ukraine ;maintenant qu'ils sont eux-mêmes concernés, voilà qu'ils trouvent beaucoup moins de talent à leur dictateur et rêvent de la paix qu'on trouve en Occident.

Faut-il accueillir en Occident les Russes qui fuient la dictature poutinienne et sa « mobilisation partielle » ? Afin d'éviter les serpents du FSB et les indésirables, sans doute faudra-t-il agir au cas par cas.

Le coup de poker cynique qui consisterait à fermer les frontières de l'Occident aux objecteurs de conscience russes dans l'espoir de provoquer un choc en Russie et la chute de Poutine, serait une erreur, la dictature poutinienne étant efficace dans la répression.

Les Russes qui fuient la dictature poutinienne et la « mobilisation partielle » ne sont sans doute qu'une partie de l'iceberg. Il y a aussi ceux qui ne peuvent pas partir et qui, peut-être, commencent à penser que Poutine, faudrait s'en débarrasser.

2.

25 Septembre 2022. Entendu cette annonce d'une émission sur France Culture : « L'embarras de la gauche après la révélation d'un certain nombre de violences sexistes : tâtonnements ou tartufferie ? »

3.

« Quand le peuple d'Athènes, par exemple, nommait ou cassait ses chefs, décernait des honneurs à l'un, imposait des peines à l'autre, et par des multitudes de décrets particuliers exerçait indistinctement tous les actes du gouvernement, le peuple alors n'avait plus de volonté générale proprement dite ; il n'agissait plus comme souverain mais comme magistrat. »

(Rousseau, « Du Contrat social »)

Cette phrase de Rousseau illustre ce que serait la sixième République rêvée par la « France Insoumise » de Mélenchon : un peuple magistrat et dont la volonté générale serait en fait confisquée par un pouvoir habile et manipulateur qui pèserait sur le législateur.

4.

De la démocratie formelle. Certains y verront la Macronie, en particulier dans le pénible épisode du confinement de mars 2020, d'autres y verront la façon autoritaire de Poutine dirigeant la Russie. Encore que la France soit une démocratie (avec un peuple « magistrat » en effet) cependant que l'on peut émettre des doutes sur la façon dont se déroulent les campagnes électorales poutiniennes.

5.

« Ce n'est point par les lois que l'Etat subsiste, c'est par le pouvoir législatif. »

(Rousseau, « Du Contrat social »)

D'où l'importance du débat démocratique qui, discutant les lois, les fait évoluer cependant qu'un Etat autoritaire ne modifie les lois qu'en fonction des intérêts de son autorité, faisant ainsi du droit de légiférer un droit du plus fort garanti par sa police politique.

6.

« On a de tous temps beaucoup disputé sur la meilleure forme de gouvernement, sans considérer que chacune d'elles est la meilleure en certains cas, et la pire en d'autres. »

(Rousseau, « Du Contrat social »)

On a bien raison de se révolter disait l'autre. On

A en tout cas toujours des raisons pour.

De cela on en manquerait, qu'on les inventerait.

Tous les prétextes sont bons pour manifester son humanité querelleuse. Les

Temps sont difficiles, toujours.

Beaucoup en font profession et agitent tort bocaux et cornichons. Le règlement est

Disputé ! Pourquoi ? Parce que c'est le règlement.

Sur tout l'âne donne son avis et brait s'il n'est pas satisfait.

La gouvernance, c'est défois la foire aux ânes, les diplômés de l'ENA (l'Ecole Nationale des Ânes), la

Meilleure école dans le genre ascenseur des opportunistes. On

Forme les cadres

De la Nation. Ça coûte bonbon et on a quoi défois ?

Gouvernement... gouvernement.. plein d'gens qu'on se demande quoi.

Sans déconner, c'est quoi ces histoires défois qu'on s'dit. A

Considérer le tout, Zut elle se sentirait assez abstentionniste, tendance misanthrope.

Que chacun reste chez soi, sans emmerder son voisin.

Chacune des gouvernances récentes, à quelques poils près, ressemblait à la précédente,

D'elles on finit par dire, ah oui, Machin était un peu moins que Truc, lequel était plus - hein tout de même - que Bidule. Quant à Scoubidou, il

Est assez, ah ça oui, on peut le dire !

La Marianne, elle en avale des couleuvres, dis ! La

Meilleure, la vipère à revers, celle qui fait réélire malgré que l'on soit si peu aimé.

En tout cas, c'est pas pire qu'avec les visionnaires du Monde heureux des Camarades, des Frères et Sœurs et autres communautarismes.

Certains le voudraient, dis, l'avènement de la démocratie réelle, ils disent, tous égaux et taxons les riches ! Bin tiens, et puis quoi ? Tous

Cas sociaux ? tous à la même mangeoire, au même abreuvoir, au même bavoir, au même mouroir ?

Et puis Zut (comme dit Zut) !

La prochaine fois non plus, je ne voterai pas. Le

Pire est de toute façon assuré : on est trop nombreux, 8 milliards !

En guerre, qu'il y en aura des pays, because la rareté naturelle ! Zut ! A

D'autres féeries je réserve mes autres fois.

Patrice Houzeau

Malo, le 25 septembre 2022.

17 septembre 2022

TAGADA TAGADA TSOIN TSOIN DONT MOURIR EST LE REFRAIN

TAGADA TSOIN TSOIN DONT MOURIR EST LE REFRAIN

1.

Me souviens d'avoir tenté de regarder « Mort à Venise » et d'avoir eu l'envie d'ouvrir le poste de télé, d'en sortir les petits mannequins là et d'les secouer en leur soufflant dans les bronches : « Non, mais c'est pas bientôt fini, toutes ces tergiversations neurasthéniques, hein ? »

2.

« Chiche que celle-là s'appelle Camille ! »  disait parfois Belle aux heures de récréation. « Et celle-ci Colette. Chiche que cette petite brune sera régente et cette grande rousse chanteuse réaliste ! »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres »)

Défois qu'on les regarde pousser, les agitées petiotes, les bellottes et les moins gracieuses, qu'on se dit laquelle sera assez sotte pour s'faire embobiner par un veule poilu, laquelle fera carrière et la chantera juste, son ariette.

3.

« Vivre est une chanson dont mourir est le refrain. »

(Victor Hugo à propos de l’œuvre de Rabelais in « William Shakespeare »)

C'est qu'on en fait des choses et des sottises dans sa vie (à condition de ne pas passer trop vite), féroces amours et amitiés rosses, pertes et profits, égarements plus ou moins passagers, menteries, zizanies, coucheries, beuveries, tabagies, ah la chanson de la dolce vita, dis, qu'on se chante en zigzagant entre les cactus.

(Épiques, les cactus, ça va de soi).

Pis entre tous ces heurs et malheurs, la Mort se rappelle régulièrement à nos pommes : décès de proches, d'amis, et tous les massacres auxquels les médias nous ont abonnés comme autant de preuves que, décidément, Dieu s'en fout.

4.

« Quiconque a lu Rabelais a devant les yeux à jamais cette confrontation sévère, le masque de la Théocratie regardé fixement par le masque de la Comédie. »

(Victor Hugo à propos de l’œuvre de Rabelais in « William Shakespeare »)

Rabelais... vis comica... blasphème salutaire... pas tombé encore, « le masque de la Comédie », pas mordu la poussière tombée des habits des prosélytes des dieux à colères ... Quant au masque de la Théocratie, on le croirait collé aux faces barbues ou pas barbues des tartuffes.

Je pense assez que l'on ne peut être lecteur admiratif de Rabelais (j'en suis) sans être pour Charlie : combattre par le Verbe (lequel fut au Commencement) théocratie et bigoterie, c'est rappeler que chaque humain est avant tout son propre libre-arbitre.

5.

« L'irascible Picrochole est le type du mauvais roi : ambitieux, brutal, belliqueux, crédule, il obéit sans réfléchir aux suggestions des mauvais conseillers et se croit déjà maître du monde. »

Ce portrait du Picrochole de Rabelais par Pierre Michel me semble correspondre tout à fait à celui du petit seigneur et méchant homme Vladimir Poutine le Massacreur, qui, tout autant que le fut Picrochole, finira par être vaincu.

6.

Ce que nous cherchons dans la littérature, la musique, la peinture : l'inscription du visage dans la durée.

7.

« La pelouse entourant l'habitation fuyait comme un tapis enchanté vers d'invisibles bornes. »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres »)

Une pelouse, ça pelouse pis pousse pis s'tond pis sèche jaunit pis s'mouille et repousse. Des bestioles y passent la nuit. Défois ce sont des voleurs, ou des assassins. La Lune y pose ses chiffres.

8.

« Un maillet traînait sur le sol, au pied d'un gong chinois. »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres »)

Ça, quand on laisse traîner les maillets au pied des gong chinois, y a des risques que la main de l'invisible s'en saisisse et vous estourbisse.

9.

« Et, pour vous donner à entendre de moy qui parle, »

(Rabelais, « Gargantua », chapitre premier)

Quel est ce moi qui parle dans les mots ? Quelque fantasme sans doute.

Quelque fantôme dont nous tissons notre réalité.

Le reste n'est que chiffres et statistiques.

10.

« L'anguille y est et en cest estau musse,

Là trouverez (si de pres regardons)

Une grande tare au fond de son aumusse. »

(Rabelais, « Gargantua », chapitre II)

Qui vit jamais anguille, aiguille, guenille, gigue et gidouille, guigne, guitare porteuse de tiare et de chaperon fourré se dissimuler dans quelque étal ? Autant chercher le pape dans le pas d'une mule.

11.

« provision de saulcisses, non de Bouloigne (car il [Grandgousier] craignoit ly boucon de Lombard) ».

(Rabelais, « Gargantua », chapitre III)

« boucon » viendrait de l'italien « boccone » (morceau, bouchée) et « ly boucon de Lombard » désignerait un « morceau empoisonné », ce qui rappelle la chanson traditionnelle « Dame lombarde » et son serpent vert attrapé pour empoisonner le vin.

12.

« Mais la grande diablerie à quatre personnaiges estoit bien en ce que possible n'estoit longuement les reserver, car elles feussent pourries. »

(Rabelais, « Gargantua », chapitre IV)

Comme ils faisaient le diable à quatre, ils fondèrent un groupe de rock.

Étant de même chair que chacune des saucisses perspicaces porteuses de tripes et d'une âme plus ou moins vague et fluctuante, ils vieillirent tant qu'avant que d'aller pourrir où tout s'détricote, se séparèrent.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 septembre 2022.

16 septembre 2022

DANS LA NOSTALGIE DE ZUT

DANS LA NOSTALGIE DE ZUT

1.

Le personnage de Monsieur Ouine, dans le roman de Bernanos, dit de lui-même : « Comme ces gelées vivantes, au fond de la mer, je flotte et j'absorbe. » Zut aime bien la rouelle de porc en gelée. Ma mère faisait parfois de la rouelle de porc en gelée. Je sais que je n'en mangerai plus jamais.

2.

Le 15 septembre 2022, les célèbres dictateurs Xi Jinping et Poutine se sont rencontrés. J'ai mangé des pommes de terre rissolées. Je n'ai point poutiné d'la poutine (m'a l'air bien gras, s'truc-là) ni machiné du ping, ni crapoté du pong. Me suis laissé « remplir par l'heure qui passe ».

3.

« Oui, vous apprendrez de moi à vous laisser remplir par l'heure qui passe. », dit le Monsieur Ouine de Bernanos à Steeny. Bah, de moi que voulez-vous apprendre ? Je ne sais rien de rien qui vaille et valse de vienne, qui va qui vient, pis qui s'en va comme un chien, pis sous la pluie tiens.

4.

En septembre 2022, le totalitarisme de droite semblait progresser dans certains pays d'Europe : en Hongrie, en Suède, en Italie aussi, disait-on. Alors, je me dis dans ma comprenette sceptico-libérale : « L'enfant grandit ; ô douleur ! C'était un être de plus à faire vivre de mon cerveau », dit le narrateur de « L'homme à la cervelle d'or », d'Alphonse Daudet.

5.

Le 15 septembre 2022, j'entendis dire à la radio que le président Macron est décidé à mettre en place rapidement sa réforme des retraites. Je marronne en pensant à Macron, j'ronchonne, j'grondaille, j'grognarde, je compte mes ombres.

6.

Le 15 septembre 2022, j'entendis dire à la radio que le président Macron est décidé à mettre en place rapidement sa réforme des retraites.

«Le temps bifurque perpétuellement vers d'innombrables futurs. Dans l'un d’eux je suis votre ennemi », dit le personnage d'Albert dans la nouvelle « Le jardin aux sentiers qui bifurquent », de Borges.

Paraît que le président Macron, il a dit comme ça aux préfets que c'est parce qu'en France, on rentre plus tard qu'ailleurs sur le marché du travail qu'il faut réformer les retraites. Bin oui, mais le gouvernement n'est pas obligé de surpeupler les universités non plus hein.

7.

Le temps ne se résume pas. On ne peut bondir par-dessus le temps comme on saute les obstacles. Le temps ne peut se dissoudre dans le café (aussi, inutile d'y rajouter du sucre). Poutine compte sur le temps et la crise énergétique.

Quoi qu'il veut, le Poutine ? Gagner du temps, l'hiver et la crise énergétique qui f'ra des dégâts dans les opinions, pour pouvoir la continuer, sa sale guerre en Ukraine. Je ne sais pas si Poutine l'aura, ce temps. Se pourrait-il que le temps lui explose à la figure ?

8.

Un chauffeur de bus, il y a deux jours : « J'ai quelqu'un de ma famille chez ENGIE. C'est la panique. Ils sont déjà en déficit et prévoient une augmentation très forte d'impayés. ils reçoivent déjà des appels de gens qui disent qu'ils ne peuvent plus la régler, la multiplication. »

9

La tête de Zut... assez ronde encore... nous faisions les courses... supermarché, on claque nos sous... elle achetait moult biscuits... je n'avais pas l'air content, ma gueule de con. Je ne sais pas si le ministre de l'éducation nationale sait à quel point nous le méprisons.

10.

« Pour connaître les intimes espoirs et les intimes terreurs de chacun, ils disposaient d'astrologues et d'espions. »

(Borges, « La loterie à Babylone » [le narrateur])

« les intimes espoirs »... Tout ça qui fait... qui s'trame dans la calebasse... là où on s'fait ses messes basses... « les intimes terreurs »... tout ça qu'on songe... terrible défois et qui arrive hein... le on ne sait jamais des tuiles...

Pis qu'on allitère dins s'tiête quelque astrologue tropical typique des cartoons et comics, quoique je ne puisse citer ici aucun cartoon ou comics mettant en scène un astrologue tropical, ou quelque espion sinueux perspicace, qui perçoivent quoi dans notre boîte à quoi qu'on dit quoi qu'on fait quoi qui va nous arriver.

11.

« Avec cela, il était d'une clairvoyance étonnante, désespérante. »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres »)

Quand on est clairvoyant, c'est qu'on l'voit tel qu'il nous enquiquine, le réel, tel qu'il nous désespère. Défois, vaudrait mieux pas, et mener sa barque pépère sans les voir les dents de loup dans la gueule des autres. Être bienveillant, quoi.

12.

J'aurai passé une partie de ma vie dans la nostalgie de Zut. Vous me direz : « Zut n’existe que pour vous. » Je sais bien, mais je l'aime bien quand même.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 septembre 2022.

 

 

21 août 2022

LA GUERRE DE POUTINE AURA TUE BEAUCOUP DE GENS

LA GUERRE DE POUTINE AURA TUE BEAUCOUP DE GENS

1.

Le front pourrait bien se figer en Ukraine, et l'automne n'incitant pas aux offensives, va lui succéder le temps des attentats, des assassinats politiques, des opérations commando, des sabotages, des barbouzes, des coups fourrés, des règlements de comptes.

2.

L'assassinat de Daria Douguine pourrait bien servir de prétexte à ceux qui veulent en finir avec l'Ukraine et les Ukrainiens en intensifiant le conflit (emplois d'armes chimiques ? Tapis de bombes ?). Doit-on s'attendre à un sale coup de la part de Poutine et de son armée ?

Comme on ne sait pas qui a préparé cet attentat, ni ses motivations réelles, il faudrait éviter de tirer des conclusions trop hâtives. Le réel n'est pas toujours ce qu'on croit. De plus, Daria Douguine était aussi une propagandiste d’extrême-droite. La guerre, voyez, ça tue.

Si ça se trouve, il ne s'agit pas d'un attentat, mais d'un accident de la route. Chacun étant tenté de voir dans la mort de Daria Douguine ce qui l'arrange, aucune hypothèse n'est objectivement à écarter.

3.

Je me demande parfois s'il y a un rapport entre les OVNIS qui soudain, après être restés statiques, filent à une si grande vitesse qu'ils semblent littéralement disparaître du champ de vision, et les recherches sur les objets supersoniques, hypersoniques, et tutti quantique...

4.

En France, comme dans la plupart des démocraties occidentales, je le crains, nous sommes passés en quelques années du statut d'adversaire idéologique à celui d'ennemi idéologique. Au concept de « lutte des classes » a succédé celui de « choc des civilisations ».

5.

Lu une interview de Daria Douguine où elle évoque « la guerre en Ukraine » et la définit comme un exemple de « choc des civilisations mondialiste et eurasienne ». La suite en découle : d'un côté, la Triade, la civilisation mondialiste à la solde des Etats-Unis et de l'OTAN ; de l'autre, les pays (BRICS et affiliés) qui combattent l'impérialisme américain, ce qui passe par l'alliance d'un certain nombre de dictatures (Syrie, Vénézuela, Chine, etc...).

Daria Douguine n'était pas une militaire. C'était une intellectuelle. Son assassinat paraît donc injuste. Outre le fait que nous n'en connaissons pas les réels commanditaires, il est qu'en lançant la Russie dans sa guerre en Ukraine, Poutine a réveillé des monstres insoupçonnés.

Lisant les réponses parfois subtiles et presque prudentes de Daria Douguine, je ne suis pourtant pas sans me dire : eh oui, mais de tout cela (eurasisme and co), les femmes et les enfants ukrainiens que l'armée russe assassine n'en ont rien à faire. Et le soldat russe, qu'en connaît-il de ces visions géopolitiques ? Ce que son chef lui en dit ? Et le chef qu'en connaît-il ? Dédouaner des crimes de guerre par un prétendu avenir de l'humanité dont Poutine serait l'initiateur, quelle blague, quelle hypocrisie, quel cynisme !

Je me suis donc dit, en fin de compte, que l'assassinat de Daria Douguine prouvait l'efficacité des sanctions européennes, le territoire de la Russie semblant de moins en moins stable et sécurisé, et que la sale guerre de Poutine en Ukraine aura tué vraiment beaucoup de gens.

6.

Le 20 août 2022, dans un très niais tweet, Sandrine Rousseau propose une réforme de la fiscalité qui empêcherait les Français d'acheter des jets et des yachts. Bin tiens, et on fait quoi des constructeurs français et de leurs salariés ? Ils travailleront juste pour les riches étrangers, ou bien ?

Ce que vise Sandrine Ruisseau, ce sont les très hauts revenus qu'elle compte bien faire redescendre. Donc, fini le luxe à la française, la haute couture, joaillerie, bijouterie, gastronomie qui coûte bonbon, manoirs et châteaux... Et bonjour le chômage des salariés de tous ces secteurs !

Franchement, dans l'art de dire n'importe quoi, je crois que Ségolène Royal a trouvé en Sandrine Rousseau quelqu'un à qui parler, voire son maître, vous ne trouvez pas ?

Avec une pointe de complotisme, vu son potentiel, je pense que Sandrine Rousseau pourrait rivaliser sans honte avec Francis Lalanne himself.

Mais j'y pense (tout à coup) Sandrine Rousseau a raison : il faut redistribuer. Que chaque Français ait son yacht et son jet privé, comme ça il pourra les revendre au marché noir à un oligarque russe frappé par les sanctions. Et je ne parle même pas, par pudeur, du jet-ski du fort de Brégançon...

Patrice Houzeau

Malo, le 21 août 2022.

30 juillet 2022

IL N'Y A PAS D'HIPPOPO D'HIPPOPO D'HIPPOPOTAME EN MER DU NORD

IL N’Y A PAS D’HIPPOPO D’HIPPOPO D’HIPPOPOTAME EN MER DU NORD

 

1.
Ai lu quelque part qu’il paraît qu’il y aurait de plus en plus d’observations d’OVNIS… Mouais, à mon avis, il y a certainement moins de vaisseaux extraterrestres que de missiles russes frappant l’Ukraine.

2.
Il y a beaucoup de lieux hantés en Angleterre… Rien qu’à Buckingham, je vous raconte pas…

3.
« Flegmatique l’orchestre continue de jouer
Les cuivres ont déjà les pieds dans l’eau »
(Serge Gainsbourg)


Dans « Un Cadavre dans la bibliothèque », Haydock ne tient pas à compromettre sa réputation. « Apparemment, il est revenu d’entre les morts… », dit un personnage du film « Sherlock Holmes » (Guy Ritchie, 2009).

4.
« La mort n’a pas eu lieu avant dix heures et après minuit », dit Haydock dans ce roman policier dont le titre français est « Un Cadavre dans la bibliothèque » et dont la couverture de l’édition de poche présente un pied nu aux ongles teints d’un corps éteint avec mouche.

5.
« La chair sanglote sur la croix. »
(Verlaine, « Sagesse », III, VIII)

Dans « Tic tac toe », Serge Gainsbourg utilise les rimes « tactique, l’claque, tic, claques, mac, Jack ». « On dirait qu’il voulait combiner un genre de sortilège avec une formule scientifique », il dit Sherlock Holmes dans le film de Guy Ritchie.

6.
« Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes »
(Verlaine, « L’heure du berger »)

Le chat-huant est aussi appelé chouette hulotte. La musique se note par des notes. Le blues électrique trouve son origine dans le blues de Chicago. J’aime bien jouer au jeu de go. Zut me prend souvent en défaut.

7.
La tortue d’Hermann est une espèce protégée par la Convention de Washington.
Le triangle isocèle a au moins deux côtés de même mesure.
On ne peut confondre le triangle isocèle et la tortue d’Hermann.
D’ailleurs, le triangle isocèle n’est pas une espèce protégée.

8.
Les chéloniens sont une classe de reptiles protégés par une carapace.
Dans « Nicotine », Gainsbourg note : « Il est parti chercher des cigarettes »
Les tortues ne vont jamais chercher de cigarettes.
Les tortues ne fument pas. Gainsbourg fumait.
Les tortues ne chantent pas non plus.

9.
« Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques »
(Verlaine, « Clair de lune »)

Le féminin pluriel « bergamasques » désigne une danse originaire de Bergame.
Ce mammifère semi-aquatique d’Afrique subsaharienne s’appelle « hippopotame ».
Dans « Clair de lune », Verlaine fait sonner « masques et bergamasques ».
Je ne sais pas si l’on trouve une seule occurrence de l’hippopotame dans l’œuvre de Verlaine.
En 2017, les Sparks publièrent l’album « Hippopotamus ».

10.
« … qui écluse entre deux écluses » dit le Watson du film « Sherlock Holmes », de Guy Ritchie, à propos d’un marinier dont Holmes dit qu’il est « pratiquement un poisson ».

11.
« Allons, mon pauvre cœur, allons, mon vieux complice »
(Verlaine, « Nevermore »)

« There’s a hippopotamus, there’s a hippopotamus, there’s a hippopotamus in my pool » hein dans un album des Sparks.
Je suis à Malo ce 30 juillet. La digue est pleine. Une fille crie, une fille crie, une fille crie. Je ne crois pourtant pas qu’elle ait vu un hippopotamus.
Il n’y a pas d’hippopotame en Mer du Nord.

12.
« Allons, mon pauvre cœur, allons, mon vieux complice »
(Verlaine, « Nevermore »)

La chanson « Hippopotamus des Sparks commence ainsi :
« There’s a hippopotamus, there’s a hippopotamus, there’s a hippopotamus in my pool ». Un hippopodrome n’est pas un lieu où seraient organisées des courses d’hippopotames.

12.
J’aurais voulu peindre, j’aurais voulu peindre, j’aurais voulu peindre,
mais je ne sais rien faire de mes dix doigts ;
J’aurais voulu écrire des romans, j’aurais voulu écrire des romans, j’aurais voulu écrire des romans,
mais je ne sais rien faire de mes dix têtes.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juillet 2022.

29 juillet 2022

ET MON CORPS DANS LE MONDE

ET MON CORPS DANS LE MONDE

1.
BFM ce matin, Emmanuel Lechypre nous annonce la probable récession de la France pour la fin de l’année… Mais bon, Macron a supprimé la redevance, n’est-il pas ?

2.
« Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie »
(Verlaine, « L’heure du berger »)

Le brouillard danse, la grenouille crie, la prairie fume… petites pilules à faire danser les veaux dans les bêtes raves parties ?

3.
« - Je dis que votre esprit voyageait ailleurs. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Mort dans les nuages » [Poirot])

L’esprit voyage ; le corps vieillit.

4.
« Poirot hocha la tête d’un air qui semblait vouloir dire : « Je m’y attendais. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Le Crime de L’Orient-Express »)

Alors que si ça se trouve, il pensait à la choucroute, le Poirot.

5.
« 70 ans font 845 mois, 3 675 semaines, 25 728 jours, 617 480 heures, 37 048 802 minutes, 2 222 928 190 secondes »
Ces rigoureuses précisions nous sont données par Jean-Yves Vincent dans une note de bas de page de ses « Contes des sages mathématiciens et astucieux » (Seuil, 2021). Vertigineux, désespérant.

6.
« Et l’astre et les flambeaux font des zigzags fantasques
Dans le fleuve plus noir que le velours des masques »
(Verlaine, « Nocturne parisien »)

Oh regarde, des zigzags dans l’eau ! C’est beau ! On dirait qu’c’est peint pis qu’ça va jacter, jaillir ou chaipas…

7.
« Tous les disparus dans mes pensées, et mon corps dans le monde. »
(Lucien Suel, « Blanche étincelle »)

Les animaux se souviennent-ils de leurs morts ? Je ne sais pas. Les humains, si. Les humains sont des animaux hantés.

8.
« Le chat noir me rejoint. L’écoulement de la pluie, le ronronnement du chat, la musique de Billie Holiday. »
(Lucien Suel, « Blanche étincelle »).

Parfois, il n’en faut pas plus pour éprouver encore un peu de bonheur dans ce monde qui vire à la farce sanglante.

9.
Je ne sais pas si l’Ukraine est un rêve, mais la Russie poutinienne m’a tout l’air d’un fichu cauchemar.

10.
« Ouvre ton âme et ton oreille au son
                 De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
                 Cruelle et câline. »
(Verlaine, « Sérénade »)

C’est pas du Gainsbourg, c’est du Verlaine, mais ça swingue comme dans ses premiers vinyles, au terrible.

11.
« J’espère que vous ne serez pas lassés de Saussure » et « Louis, halte ! tu serres… » sont deux blagues entendues jadis dans un cours de philosophie. Je m’en souviens aussi bien que du « Cogito, ergo sum » et de « L’existence précède l’essence ».

12.
On s’fatigue. On s’use. Le monde itou. Ça vire stratégie du pire, s’t’histoire de l’humanité, là.

13.
« C’est écorché, c’est faux, c’est horrible, c’est dur, »
(Verlaine, « Nocturne parisien »)

Le réel.

14.
« Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
          Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
          Vient de la ville. »
(Verlaine, « Sagesse » III, VI)

Ouais, bin t’en approches pas trop, tu serais déçu.

15.
« Plutôt que l’avaleuse de sabres, je regrette que ce ne soit pas elle qui ait été mariée avec mon oncle l’acrobate. »
(Michel Leiris, « L’Age d’homme »)

On ne se refait pas, pas plus qu’on refait le passé. On peut juste le rêver, en éprouver des regrets.

16.
Lucien Suel sur twitter note que l’ostéoporose est la maladie des squelettes, « n’est-ce pas ? » comme la mélancolie celle des esprits, ajoute Zut.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 juillet 2022.
 

14 mai 2022

COMME L'UKRAINE SE REFUSAIT A LUI POUTINE DECIDA DE LA VIOLER

COMME L'UKRAINE SE REFUSAIT A LUI, POUTINE DECIDA DE LA VIOLER

1.

Et si la gauche gagnait les législatives 2022 ? Je crois assez au professionnalisme de Mélenchon ; je le pense pragmatique. Le problème, c'est son électorat parfois très radical et fasciné par les solutions expéditives. Et puis, Fabien Roussel et Mélenchon dans un même gouvernement ? J'ai des doutes.

2.

comment peut-on penser qu'une démocratie libérale comme l'Ukraine et, plus généralement, les démocraties libérales de la Triade, peuvent être sérieusement considérées comme des menaces « nazies » pour la Russie. Stupide. Poutine croit-il vraiment en ces idioties ?

3.

Paraît que l'illustre Blanquer va se présenter aux législatives 2022 à Montargis. Electeurs, attention, parce qu'il a fichu un sacré foutoir à l'Education nationale, le réformateur visionnaire là, et certains enseignants absents de n'être toujours pas remplacés depuis janvier !

4.

Dimanche 8 mai 2022. Il semble que cette fois-ci, c'est fait, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont décidé de se passer progressivement du pétrole russe. Tensions à prévoir entre Poutine et l'occident.

5.

Je lui ai trouvé l'air morose, au Poutine du 9 mai 2022, pas flamboyant du tout du tout du tout, comme s'il se tracassait le Poutine, que ça se passait, sa sale guerre en Ukraine, pas vraiment comme il le voudrait, et peut-être pas non plus en Russie …

6.

9 mai 2022. L'ambassadeur de Russie en Pologne arrosé d'un liquide rouge sang. Il n'a pas l'air content, le (petit) Monsieur. Qu'il songe que ce n'est rien à côté du sang des civils, des femmes, des enfants d'Ukraine assassinés par l'armée russe...

7.

Moi qui rêvais d'une coalition russo-américaine pour en finir avec ces fous de Talibans en Afghanistan, et plus généralement pour en finir avec le djihad armé, voilà que la sale guerre de Poutine en Ukraine met tout par terre. Quel dommage, quelle catastrophe !

8.

On dit que Poutine se prépare à une guerre longue, une guerre d'usure, une guerre d'étouffement de l'Ukraine. Peut-être, mais ça m'étonnerait que l'économie russe tienne le coup si longtemps.

9.

Poutine perdra sa sale guerre en Ukraine, et peut-être même le pouvoir, pour une seule raison : il a brisé un tabou, celui d'une guerre déclenchée en Europe par une puissance nucléaire. Inacceptable pour l'Occident qui prétend faire de l'Europe une terre de paix perpétuelle.

10.

La Russie n'étant plus depuis la fin du rideau de fer une société fermée, il est envisageable qu'une partie de l'élite russe, qui a voyagé en Occident et qui continue de s'informer auprès des médias occidentaux, ait fait savoir à Poutine que sa guerre en Ukraine était une erreur.

11.

Que des soldats russes aient abandonné leur tank sans l'avoir neutralisé, saboté ou piégé, et uniquement par manque de carburant, est peut-être un indice de désorganisation et du peu de motivation à poursuivre la très sale guerre de Poutine en Ukraine.

12.

10 mai 2022. Selon le président Macron, le président chinois, Xi Jiping partage ses vues sur la souveraineté de l'Ukraine. Si Macron ne ment, si Xi Jiping ne ment, cela signifie que l'isolement de Poutine se confirme...

13.

Mai 2022. Anticipant une éventuelle adhésion de la Finlande à l'OTAN, la Russie cesse de lui fournir de l'électricité, affirmant ainsi la volonté de Poutine de mener sa guerre anti-occident sur deux fronts : le front militaire en Ukraine et le front économique international.

14.

Comme l'Ukraine se refusait à lui, Poutine décida de la violer.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 14 mai 2022.

13 avril 2022

SI NOUS NE LAISSONS A L'UKRAINE QUE LES YEUX POUR PLEURER BIENTÔT NOUS N'AURONS PLUS DE VISAGE

SI NOUS NE LAISSONS A L’UKRAINE QUE DES YEUX POUR PLEURER BIENTÔT NOUS N’AURONS PLUS DE VISAGE.

1.

Négocie-t-on avec un menteur et un criminel de guerre ? Non. On le soumet à un ultimatum. Quand on aboie plus fort qu’un autre humain, soit il ferme sa gueule, soit il vous rentre dans le lard. Dans les deux cas, il faut être prêt à l’assommer. #Poutine

2.
Il ne faut jamais sous-estimer le gus qui vous affronte, surtout s’il n’est ni sot, ni fou, mais qu’il a des missiles. L’Occident est lui aussi redoutable. Le toxique Russe n’est pas l’homme du « en même temps » mais du coup de poing sur la table, ferme, fort, définitif. #Poutine

3.
Il y en a on dirait des pro-Poutine mais ce ne sont pas des pro-Poutine ; il y en a on dirait des anti-Poutine mais ce n’en sont pas. Le bureau des légendes fonctionne à plein. Roger Cloutier existe-t-il ?

4.
Pour établir définitivement son opinion, il choisit de l’assommer ; cela lui donnerait du temps pour réfléchir. Alésia est-elle en Ukraine ? Quand ils l’appellent, ils vérifient ce qu’ils savaient déjà. Le Pentagone a-t-il ressorti ses chèvres ?

5.
Le crapaud était si laid que la Dame ne voulut point en faire un prince. Le crapaud fit la gueule du bœuf qu’il rêvait d’être. Le toxique Russe rêve-t-il qu’il neige de l’or sur sa de plus en plus pauvre Russie ? Le monde est un cauchemar surpeuplé. #MarinelePen #Zemmour

6.
La parole de Jean Lassalle est parfois rafraîchissante. Le Golem est de sortie. Il y aura des os pour le dîner. Le Centurion n’a pas encore ressorti le glaive. A la Bourse de Moscou, le champagne est éventé.

7.
Il y a marteau et faucille sur ce site pro-Poutine américain. La Chine a d’autre chats. Le Dragon Covid ferme les portes de Shangaï. Gros Foufou fait joujou avec ses missiles. La Chine a d’autres chats. Le toxique Russe a trop de puces. #CoréeDuNord

8.
Le Nerveux soutient Macron ; l’ex-trotskyste aussi. Que ce soit la Dame ou le Bavard qui gagne, il y aura des troubles en France. « La réflexion inutile tomba dans un froid glacial et quelque peu hostile. » (Exbrayat, « Notre Imogène »). Mangera-t-on du riz l’année prochaine ? #Sarkozy #Jospin #Chine #Blé

9.
La Société Générale a quitté le pays à qui l’on ment. Le toxique Russe est de moins en moins blanc. Le général croit-il encore les chamans ? Alexander Dvornikov est surnommé le « boucher de Syrie ». Marioupol serait détruite à 90%. #Choïgou

10.
Nul ne connaît le nom et l’adresse du fantôme. Spectre errant, il est sans hantise fixe. La nomination de Dvornikov prouve que Poutine n’a pas peur de l’OTAN. La Biélorussie est 80èmeau classement des PIB. De l’ombre, on tire sans sommation.

11.
Le toxique Russe ne rangera ses couteaux que couverts de sang. Dans les médias du pays à qui l’on ment, il semble qu’on écrive n’importe quoi. Ils rêvent d’empire, ils n’auront que des miettes couvertes du sang de leur propres fils. #Russie

12.
Parfois la sentinelle tire, sans sommation et pour tuer. La Triade vaincra et devra s’emplir le souffle de feu. Pourquoi Poutine a-t-il toujours l’air entouré de parfaits crétins ? Marioupol est un tombeau marqué du signe Z.

13.
Si on ne laisse à l’Ukraine que les yeux pour pleurer, bientôt nous n’aurons plus de visage. Les usines, on n’y siffle plus, il y a trop de cadavres. Une pluie de têtes tombera sur vos épaules.

14.
Poutine est déjà dans l’irréversible. Macron aurait parlé de « paranoïa ». Si cela s’avère exact, alors ce n’est pas le changement climatique qui aura la peau des humains, mais la folie d’un homme.

15.
Si Loukachenko, le servile à Poutine, décide d’envoyer l’armée biélorusse dans l’ouest de l’Ukraine, l’OTAN considérera-t-elle qu’il y a internationalisation du conflit, et considérera-t-elle que cette internationalisation est une ligne rouge ?

16.

Le président Biden a utilisé le terme de « génocide » pour évoquer la sale guerre de Poutine en Ukraine. Le terme est fort et augure peut-être d’un nouveau durcissement des sanctions et de la position de l’OTAN.  

17.
Ni la France, ni le Royaume-Uni ne sont en guerre contre la Russie, mais il est clair que nous rentrons dans une résurgence virulente de la guerre froide. Je ne sais pas si l’Etat en a déjà tiré toutes les conséquences.

18.
La politique de Blanquer à l’éducation nationale peut se résumer ainsi : favoriser le développement de l’apprentissage en affaiblissant les formations initiales via une réforme volontairement contraignante pour les enseignants comme pour les élèves.

Si je suis d’accord avec l’objectif : favoriser l’apprentissage et dégonfler les effectifs de l’enseignement supérieur, je pense que la solution adoptée est inélégante et en partie contre-productive. Un rééquilibrage des deux systèmes me semble nécessaire.

19.

Il semble que la Chine connaisse un épisode de covid nécessitant un confinement singulièrement strict à Shangaï (la densité de population, 3706 hab/km², obligerait-t-elle au « zéro covid » ?) Il n’a pas marché, le Sinovac ?

20.
Si j’ai bien compris, la nomination d’Alexander Dvornikov (« le boucher de Syrie ») inaugure un changement de stratégie de l’armée russe en Ukraine : un commandement unifié (?) et surtout un recours massif au bombardement (« tapis de bombes »).

Face à cette stratégie dévastatrice, qui prouve que Poutine ne semble aucunement craindre les réactions de l’OTAN, que pourra faire l’Occident ? Peut-être que les réactions de l’OTAN et de l’UE auraient dues être plus fortes dès le début de l’invasion russe.

21.
Quoi qu’on pense des défenseurs de Marioupol, objectivement, leur résistance acharnée et désespérée fixe et freine la machine de guerre russe et chaque jour de gagné est un répit, peut-être salutaire, pour l’armée ukrainienne.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 avril 2022.

21 février 2022

REJOUISSANT COMME UNE LANGUE BIEN ROULEE

REJOUISSANT COMME UNE LANGUE BIEN ROULEE

1.
Comme il vivait sous une fausse identité, parfois, il ne se reconnaissait pas et enquêtait sur son propre compte. Non sans en éprouver quelque malaise, il se félicitait parfois de s'être percé à jour.

2.
Quand t'entres en contact avec une choucroute, c'est pas à la Francfort de causer en premier, pas à ta pomme non plus, car il est rare qu'une choucroute soit en attente de confidences.

3.
Quand on envisage d'investiguer dans les étages d'une villa dans le schwarz, faut prendre le pas de loup lent pour traverser les pièces pleines de meubles qui pourraient vous croche-patter avant d'envisager la grimpette des degrés de marbre (comme on voit, il se pourrait qu'on romance-policière dans le luxe des affaires à scandales et « une » des gazettes).

4.
Où ai-je entendu récemment le nom « belphégor », au pluriel, employé pour désigner des tueurs de l'ombre, voire des barbouzes...

5.
Je viens d'entendre Julien Denormandie dire sur France Culture que la première souveraineté était la souveraineté alimentaire. Vous avez raison, Monsieur le Ministre, et c'est bien pour ça que bon nombre de Français ne veulent pas d'une Europe fédérale.

6.
Défois, j'arrive à grignoter un « bout de silence » (j'emprunte cette expression à l'immense, océanique, métropolitain, perspicace, lucide San-Antonio), et dans ce monde de bruits de bottes et de fureur politique, un « bout de silence » est toujours bon à prendre.
Citation : « Et maintenant, Lecteur Prostatique, un bout de silence, plize. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

7.
« avoir la soupape qui fait « tuuut » : réfléchir très vite, dans l'action, sinon dans l'urgence, et agir en conséquence.
Citation : « Quand le moment de théâtrer est venu, j'ai la soupape qui fait tuuut ». (San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

8.
Quelque chose me dit que, parfois, quand on essaie de mettre la Guerre en bouteille, elle éclate.

9.
« avoir du caramel sous la coiffe » : ne pas disposer d'un matériel neuronal suffisant pour comprendre le réel tel qu'il se présente ; paraître aussi sot qu'un haut fonctionnaire constatant qu'un vilain virus se pointe et qu'on a négligé le stock stratégique de masques.
Citation : « Non mais, il coupe dans les vannes de ce requin, le Sana. Il croit à l'histoire de la fille égorgée près de lui dans son sommeil ! Il a du caramel sous la coiffe, ou quoi ? »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

10.
Je tapote joyeusement sur mon ordinateur, c'est-à-dire que je prends des notes sur l'épatant volume des aventures de San-Antonio intitulé « Dis bonjour à la dame », et que l'on doit au grand Frédéric Dard. Réjouissant, et même jouissant.

11.
Entendu sur France Culture qu'Eric Clapton aurait dit que J.J. Cale (l'auteur de « After Midnight » et de « Cocaine ») était la personne qu'il avait le plus admirée. Difficile en effet de résister à cette musique nonchalante, ironique, intelligente. 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 février 2022.

 

 

 

 

9 février 2022

QUAND JE VOIS VERAN JE PENSE A LA MORT DE MA MERE

JE VOIS VERAN JE PENSE A LA MORT DE MA MERE

1.
Holmes dit : « Vous me devinez, n'est-ce pas, Watson, malgré le fait que je ne sois pas tout à fait là... 
- Et comment se fait-il que j'entende votre voix aussi clairement que si vous étiez dans cette pièce ?
- Une suite extraordinaire d'événements en est la cause, il faudrait que vous puissiez les coordonner de manière à distinguer le fil auquel je pourrais peut-être me raccrocher, et enfin sortir de cet état d'invisibilité dans lequel l'inconséquence d'une phrase m'a plongé. M'avez-vous bien lu, Watson ?
- Je vous rappelle, Holmes, que j'ai l'honneur d'être le chroniqueur de vos exploits depuis...
- Dans ce cas, il vous faudra surveiller un peu plus les copies de vos écrivains fantômes... »

2.
Jean-Michel Blanquer admet qu'un retour de l'enseignement des mathématiques dans le secondaire est souhaitable. Dont acte. Encore un effort, Monsieur le Ministre, et vous abandonnerez l'essentiel de votre contestable réforme pour ce qu'on appelle le bon sens.

3.
« - Mais c'est clair comme le jour !, s'écria le colonel, constatant que j'en avais retrouvé dans le beurrier du 221b Baker Street (je fréquentais alors quelques pages de Conan Doyle), à moins que ce ne fût dans des endroits encore moins recommandés. Vous vous demandez de quoi je parle. Moi aussi, et c'est bien là toute l'énigme.

J'aurais dû mettre des guillemets à « à moins que ce ne fût dans des endroits encore moins recommandés » car, de mémoire, je crois que je le ,cite, Conan Doyle. Le truc du beurrier, c'est de lui aussi, ça, je sais.

4.
L'inépuisable d'un dialogue de Platon (« unausschöpbar » lit-on dans les éditions françaises de Martin Heidegger), tandis que nos vies, tarte aux pommes. Je me demande ce que j'ai fait tous ces jours. Bien obligé. On s'épuise à des riens. C'est ça, somme de riens, qui nous fait.

5.
Heidegger se demandant « qu'est-ce que cela, qui nous appelle à penser ? ». La sonnerie du début de cours. Qu'on accourt défois. Un pissou avant la reprise, ou que j'la tiens la jambe, avec je ne sais quel discours de ferme la un peu, défois ça vaut mieux.

6.
Un soir, j'ai assis la Logique sur mes genoux. Je l'ai trouvée consternante, alors je lai chamboulée.

7.
Ma mère, avant de mourir, ses dernières paroles furent Ouyouyouille. C'est là que j'ai appelé pour qu'elle retourne à l'hôpital. Trop tard. Elle est partie du ventre ma mère. Comme sa mère, je crois. J'espère que je finirai pas gaga bavant. L'ampoule de la chambre claqua.

8;
Je vois Véran, je pense à la mort de ma mère. Rien à faire, j'aime pas les toubibs. Ma mère non plus les aimait pas trop. La France archaïque, celle qui fait peur à Macron. Celle qui défois on croirait qu'elle va voter trop à droite, la frondeuse. Mais non. Enfin, pas toujours.

9.
La possibilité du dire dans la compatibilité entre le sujet et le prédicat, c'est ça que je trouve dans un paragraphe de Heidegger. Ebahie ma cafetière. Je. Moi. Ça. Da da da Da-Sein. Est-ce là tout ? Devait se fendre la pipe défois devant les figures enfarinées d'ses apprenants, le philosophe.

10.
« Les Armoires vide », de Annie Ernaux. Ebahissement. Claque. Céline sans les trois petits points. « entretient des liens étroits avec la sociologie », dit Wikipédia. Mon œillet. Entretient des liens de style avec les tripes, oui.

11.
La France archaïque, défois qu'elle vote trop à droite ou trop à gauche. Fait peur à la raison libérale. Bah, y a d'l'ordre dans tout ça. Calculé pour. A la fin, c'est toujours la finance qui s'en met plein les fouilles.

12.
« marionnettes de la Logique ». Au hasard de l’œil dans un volume de Heidegger. Y a toujours une explication. Des mômes crèvent de faim ou se font massacrer, ça s’explique. C'est pour nos beaux yeux. L'Occident magnifique, innovant, parasite de l'Afrique. « Nos amis Africains », qu'il dit Macron. Faux-jeton.

Le jour où Macron et Le Drian abandonneront leur « nos amis Africains » et diront « nos alliés ou nos partenaires Africains », on aura fait un pas vers moins de condescendance et de paternalisme.

13.
Encerclé des Indiens. C'est du Milo Manara.et Hugo Pratt. Y a du « maudit révérend » qu'le personnage lui a sauvé « sa chienne de vie », il dit. Il demande que les soldats le « sortent d'ici », le révérend. Planche précédente, soldats, cadavres, oiseaux noirs, un chien.

14.
« - Qu'est-ce qu'on est donc ? » demande le personnage. « - Des démons !... voilà ce qu'on est, et moi j'ai connu les buissons avec tout le monde », répond la fille. C'est dans la bédé « Un Eté indien » à Milo Manara et Hugo Pratt.

15.
Petit théâtre d'âmes dessinées... « Le cinéma du pauvre » qu'on disait naguère... Quel luxe pourtant, celui d'aller à la scène qu'on veut relire, sauter les pages, et pas s’hypnotiser aux images mouvantes.

atrice Houzeau
Malo, le 9 février 2022.

28 janvier 2022

SOTTISES DU VENDREDI SOIR

SOTTISES DU VENDREDI SOIR

1.
Entendu sur France Culture François Taddeï louer les modèles d'éducation danois et sud-coréen comme des exemples à suivre en France. Qu'est-ce que cet essentialisme qui veut que les élèves français soient les mêmes que les élèves danois et coréens ?

Je ne sais pas si François Taddeï a beaucoup d’expérience en tant qu'enseignant de collège ou de lycée professionnel. J'ai l'impression que non. En tout cas, il dit beaucoup de bêtises. France Culture, c'est aussi défois France-gogo.

2.
Les gens défois ils ouinent fragile (y en a quand même beaucoup qui le sont vraiment, fragilisés) et le politique noie la violence fondamentale des rapports sociaux dans une fausse bienveillance à la Castex. Quand il y a crise, les masques tombent ; il y a des coups.

3.
Il y a un poème d'Apollinaire où le narrateur songe que « les cadavres de [ses] jours pourrissent dans les églises italiennes ». Je songe que ça fait longtemps que je n'ai pas mangé de pâtes carbonara. Je me demande s'il me reste du chianti.

4.
J'ai regardé « Why Women Kill » (épisode « Le Piège se referme »), vous savez la série drolatique avec un serial killer compatissant (c'est un vétérinaire). Je pense que certains scénaristes américains sont des virtuoses.

5;
Je songe, et ça ne me rend même pas mélancolique, que la lumière a une vitesse constante dans le vide d'environ 300 000 km/s. C'est très concret et en même temps aussi abstrait que l’existence de Dieu. Mais c'est sans doute parce que je ne suis ni physicien, ni croyant.

6.
Hasard objectif ? Prémonition ? : dans le clip de 2017 de l'épatante chanson « J'ai retrouvé mon mojo » de l'épatante chanteuse Anaïs, on la voit porter un masque chirurgical juste avant un plan où une jeune femme (Helena Noguerra) déclare : » D'toute façon, moi j'aime pas la corona »...

7;
A la page 102 de mon édition de « Madame Chrysanthème » du trop oublié Pierre Loti, je trouve cette injonction : « Anata, nominasé (Toi aussi, fume ! ») dit Chrysanthème. ». Je songe avec mélancolie à un docteur que j'ai connu. Il est mort.

8.
Il y a un épisode de la mini-série « Scènes de ménage » où l'excellent Philippe (vous savez, le pharmacien plein aux as interprété par Grégoire Bonnet) se fend d'un pet sacrificiel. Ça m'a fait rire comme si j'étais un de mes élèves.

9;
Comme je me sentais aussi seul qu'un os, j'appelai mon chien ; et je disparus.

10.
Non, Elvis Presley n'est pas mort. Par contre, son fantôme a pris un sacré coup de vieux. (variante : mais il ne bande plus très fort, mais là quand même, j'ai honte.)

11;
En France, beaucoup de gens croient sans croire. C'est la raison pour laquelle beaucoup voteront Macron (et qu'il sera donc réélu) tout en pensant qu'il a une tête à claques. #EnMêmeTemps

Patrice Houzeau
Malo, le 28 janvier 2022.


 :

 

9 août 2021

VRAIMENT MONSIEUR BLANQUER UN BAC PRO SPORT ?

VRAIMENT MONSIEUR BLANQUER UN BAC PRO SPORT ?

Lu sur twitter le 9 août 2021 : « Jean-Michel Blanquer a annoncé la création d'un Bac Pro Sport. ». Est-ce un effet d'annonce ? Une fake news.

En attendant :

Blanquer va créer un Bac Pro Sport (?). On peut s'en étonner, sauf si l'on considère que lui et Macron ont récemment multiplié les signaux (SNU, leçons de civisme sur les réseaux,...) d'une société à venir où la jeunesse serait très accompagnée, encadrée, contrôlée, voire endoctrinée.

Quels seraient les débouchés d'un Bac Pro Sport ? Y aura-t-il création massive d'emplois publics dans l'encadrement sportif et obligation de chaque petit Français à pratiquer un sport ? Et là encore, quel est le but (en dehors d'un alourdissement de la dette publique?)

Il y a aussi l'hypothèse d'un Bac Pro Sport « miroir aux alouettes » qui aurait pour but d'inciter certains élèves à choisir le LP plutôt que le LGT (je pense que dans ce cas, les fameux Conseillers d'Orientation Psy (?) et principaux de collège seraient briefés ad hoc).

En émettant l'idée d'un Bac Pro Sport, Blanquer ne déçoit pas.et confirme sa réputation de visionnaire et d'annonceur de nouvelles dont on ne sait si elles relèvent du fantasme ou si elles s'appuient sur une réalité tangible, sinon intelligible.

Si ce Bac Pro Sport annoncé par Blanquer est réellement sélectif (peu d'élèves mais réellement sélectionnés à l'entrée) et s'il donne accès à un post bac réellement professionnalisant, alors pourquoi pas ? Cela participerait à la revalorisation des LP. Mais je n'y crois guère.

Autre hypothèse : vue la pression migratoire annoncée comme forte à la sortie de la crise covid, Blanquer envisagerait-il une filière Bac Pro Sport où l'on inscrirait d'autorité certains MNA (« Mineurs Non Accompagnés ») afin qu'ils y améliorent sans trop s'ennuyer leur maîtrise du français ?

Bref, pour l'instant, Blanquer a annoncé la sauce; on attend le lapin.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2021.



 

4 août 2021

L'BESTIAU DU GRAND SECRET

L'BESTIAU DU GRAND SECRET

 

  1. Zont pas l'air d'avoir compris, savez... s'prennent au sérieux avec leur relance là, leur résilience... zont pas compris que l'espèce abattait ses dernières cartes... « Et je me dis que tout morts que nous soyons, nous restons exposés à devoir mourir. » (Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Porprenaz])

  2. Dans le clip « Constantinople » aux étranges Résidents (globuleux en smoking et chapeau haut...), ritournelle pour enfants déments ou esthètes turbulents, y a un Ubuoïde i chute du ciel, y a une tête sans corps qui chante... bonhomme chute, tête chante... épi de maïs...
    « All the leaves are off of the oak and
    All of the sheep have followed the spoken
    Word, I'm coming Constantinople
    Here I come »
    (The Residents, « Constantinople »)

  3. Paraît qu'il y a quand même des problèmes ici... Macron nous dit que ça va aller mieux (grâce à cézigue et lui-même)... et ailleurs, eh bien c'est pas mieux, et souvent pire, incomparablement pire... mais ça va finir par aller mieux hein... on y croit.

  4. Ah tiens, j'écoute un Live de Frampton chantant « While My Guitar Gently Weeps », y a Clapton itou... S't'assez lyrique quand même, s't'affaire que si c'était des mots ça soûlerait vite, mais comme c'est d'l'électrique virtuosité, c'est fichtrement bien qu'on s'dit.
    « I look at you all see the love there that's sleeping
    While my guitar gently weeps
    I look at the floor and I see it needs sweeping
    Still my guitar gently weeps »
    (George Harrison, « While My Guitar Gently Weeps »)
    Défois, on s'aperçoit qu'il faut faire du ménage.

  5. « Si vous ne signez pas, vous serez déchiré par un animal féroce que nous élevons en grand secret. » i dit l'Aspiquet de Ghelderode... y a toujours du féroce dans les coulisses... défois, y a des troubles, ça râle et gronde... le covid gronde pas, il tue... Le féroce patiente.
    Y a toujours du féroce, très travaillé dans des fermes qu'on connaît pas... tu crois qu'tu vas pouvoir fronder, monter... hop, on lâche le féroce, i te casse l'échelle, et toi la margoulette... qu'il se mette bientôt à flairer, l'bestiau du grand secret, ça m'étonnerait pas.

  6. « C'est que je flaire une amère vérité... » dit Goulave « Elle [Sophie] a été avalée elle-même par un arbre creux » que j'entends sur France Culture dans une émission sur La Comtesse de Ségur... « J'étouffe, je vais mourir si vous ne me sortez pas de là... » (Sophie)... une amère vérité... La Terre est un arbre creux...

  7. Macron va sans doute gagner la partie contre Delta... l'immunité collective atteinte par la vaccination... faudrait pas un aut' variant contrariant... les gens s'agiteraient vraiment... Sinon, probable qu'il sera réélu... après, ce sera la société jupitérienne, et le bordel.

  8. Plus on est, plus y a de rumeurs, des rumeurs de complots et donc des contre-rumeurs qui contre-complotent... c'est la foire à la saucisse qui conspire... Covid, vaccins, Pass Sanitaire... le complot, c'est toujours l'autre... objectivement, triste... subjectivement, ça rigole féroce...

  9. Grokuik-la-Voltige il n'a à s'inquiéter de personne... Avantage de sa misanthropie grokuikienne... les catastrophes qui arrivent à des gens qu'il connaît plus ou moins, ne l'empêchent pas de s'remplir la boîte à barbaque et patates ... « Pourvu qu'ils ne me demandent rien » i s'dit Grokuik-la-Voltige.

  10. Au Covid, j'y crois... j'connais des gens qui l'ont chopé, dont un qui s'est retrouvé en réanimation... la vaccination, j'y crois... je vois pas comment ils feraient, toubibs et mandarins, pour la cacher si longtemps, s'il y avait vaccinale hécatombe... Je crois aussi que Macron le politique en profite pour reprendre la main... c'est qu'il aime le contrôle, Jupiter... la modernité très ordonnée, la technocratie...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2021.

20 juillet 2021

EN ATTENDANT LAMBDA

EN ATTENDANT LAMBDA

 

 

 

« C'est affreux ! Nous allons tous mourir ! »
(Le personnage de Bohort dans Kaamelott)
.

 

1.La stratégie Macron marche... admettons... d'ici deux mois quasi zéro mort... le pass sanitaire est-il encore utile se demandera-t-on... et là, badaboum, un innocent quidam arrive de Suivenutedir avec un variant inédit dans le genre discret rapide létal puissant. Késkonfait ?

 

2. La stratégie anti-covid de Macron marche... admettons... en 2022, les Français soulagés le réélisent... faudrait pas qu'il se sente trop pousser des ailes... qu'il essaie de nous refourguer la réforme des retraites comme une mesure de salubrité publique...

3.Vaccinés, tous sauvés, on veut croire... on espère... sinon... fosse à os, trappe à macchabs... le reconfinement des saints... le quoi qu'il en coûte les yeux... l'économie d'la brouette... « Et la fin du jour se passa dans les incertitudes, les regrets... » (Flaubert, « Bouvard et Pécuchet »)...

 

4. 4ème vague... En un an et demi ! Fichtre !... assez rouleau compresseur... façon vague de chars après vague de chars... heureusement qu'il est cent pour cent pur pangolin, le covid... rien qu'du naturel... on finirait par se poser des questions.

 

5. Personne ne peut dire comment ça va évoluer... On nous promet que la vaccination de quasi tous nous rendra aux « jours heureux » ... ça sonne vrai... Pass sanitaire ?... raide remède... Raison d'Etat oblige... j'admets... Gare au retour du boomerang, si jamais hein si jamais...

 

6.La vaccination obligatoire et en même temps pas obligatoire, c'est la dernière cartouche... Ou on abat le monstre, ou on n'échappera pas à un sacré coup d'grisou boursier... Restera qu'à changer de Jupiter... Macron et Castex iront jouer les Bouvard et Pécuchet ailleurs...

 

7.La crise du covid ressuscite l'opposition Nature/Culture... et suscite des interrogations sur la mondialisation, la surpopulation, les flux migratoires... La Culture l'emportera on veut croire, et retiendra peut-être la leçon... ne jamais baisser la garde : la vie est violente.

 

8. Et la rentrée ?... Blanquer est à la plage... Parcours Sup ?... y a du bizarre paraît : soupçons de quotas, de discrimination positive... au détriment de bons élèves... y en aurait sur le carreau... Vidal les fera inscrire quelque part : faudrait pas qu'les statistiques affolent.

 

9. La crise covid... laissera peut-être autant de traces que Mai 68... Ils en ont dit des conneries, horreurs et obscénités, les soixante-huitards... ont pourtant réveillé le pays, fait souffler du nouveau... le commerce a récupéré le truc, en a fait ses choux gras...

 

10. Paradoxe et postures : une partie de l’extrême-gauche (la « France Insoumise ») s'oppose au Pass Sanitaire au nom de la liberté individuelle, cependant que la Macronie s'appuie sur la raison d'Etat, puisque c'est bien elle, la Raison d'Etat qui est en marche, n'est-ce pas ?

 

11. Coup politique, l’extension du pass sanitaire, enfumage plus que nécessité de santé publique ?... peut-être... je ne sais pas... à la fin, soyons lucides, c'est le nombre de morts qui départagera...

 

12. Si ça se trouve, l’extension du pass sanitaire, ça va tourner façon réforme Blanquer... ça marchera pas vraiment... ça sera pas non plus un échec... y aura des résistances, des inapplicabilités, des bizarreries... on fera semblant et à la fin, on remerciera tout le monde (ou on fera la grimace).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juillet 2021.

 

12 mai 2021

BITCOINNERIES (de veau)

BITCOINNERIES (de veau)

« Si vous voulez une couverture contre l’inflation, achetez de la terre, cultivez-y – je ne sais pas – des olives. Vous aurez de l’huile d’olive, si le prix s’effondre. »
(Propos prêté à Nassim Nicholas Taleb)

1.
A partir du moment où les Etats ont laissé se développer cette monnaie illégale qu’est le bitcoin, je crois que le doute n’est plus permis : politiques et mafieux internationaux s’entendent pour nous contrôler. Je préfère ne pas voter. #Nidieunimaître

2.
Ce que je comprends dans cette histoire de minage de bitcoins, c’est qu’au lieu que la monnaie soit au service des gens (lesquels travaillent et produisent des biens et des services en échange d’un salaire), les gens sont au service d’une « monnaie » genre comme dans une secte.

3.
Comme il est de plus en plus difficile de créer de la fausse monnaie, les faux-monnayeurs en créèrent une, qu’ils appelèrent bitcoin.
Tiens, pour faire plus Start Up Nation comme dit l’autre adoré des militaires, je vous le mets en anglais :
As it became increasingly difficult to create counterfeit money, counterfeiters created one, which they called bitcoin.

4.
Ce qui fait la force d’une monnaie, c’est la confiance, laquelle repose sur les capacités d’innovation et de production d’un Etat dont la légitimité repose sur sa stabilité et sa sécurité. Le bitcoin, combien de divisions ?

5.
Depuis que certains pignons sur rue spéculatifs commencent à s’intéresser au bitcoin au point de tenter de le faire passer pour une « monnaie » acceptable, on peut se demander si comme avant 2008, on n’est pas en train d’assister à une entreprise d’intoxication des marchés.
Avant 2008, certains considéraient Bernard #Madoff comme un génie et puis il est mort en prison… #bitcoin

6.
« Les gens ne sont pas si naïfs, ils ne vont pas tout de même pas spéculer sur une monnaie qui n’a aucune autre valeur que celle qu’on veut bien lui donner », durent se dire les créateurs du bitcoin. Eh bien, apparemment, si.

7.
Si l’offre accepte des paiements en bitcoins, et qu’un plongeon les dévalue de leur valeur radicalement relative, auront-ils le recours de poursuivre la demande pour paiement en monnaie de singe, ou sera-t-elle considérée comme mauvaise gestionnaire, voire complice ?

8.
On nous dit que la part d’économie informelle est maintenant réduite dans ce jeu de dupes qu’est la nébuleuse bitcoin. Fichtre ! certains, on dirait qu’ils ont oublié le sens de l’expression « homme de paille », faudrait qu’ils revoient les aventures d’Eliot Ness et des Incorruptibles.

9.
J’entends parler ici et là des « fondamentaux solides » du bitcoin. Quels fondamentaux ? Les règles du jeu de Monopoly ? de Stratego ? du Jeu de go ? de coco, qu’est-ce que t’es gogo !? de la roulette russe derrière le casino ?

10.
Les blockchains au bitcoin, à mon avis, ne résisteraient pas longtemps à une analyse sérieuse si l’administration centrale américaine décidait d’y mettre sérieusement le nez, pour y voir qui fait quoi dans tout ce dark là.

11.
On ne spécule jamais que sur le réel. On croit spéculer sur Dieu, et c’est le destin des humains que l’on calcule. On croit spéculer sur un rêve, le bitcoin, et ce sont les emplois de centaines de milliers de gens que l’on menace, sans même le savoir, par naïveté et manque d’expérience.

12.
Nassim Nicholas Taleb, dit-on, a liquidé ses bitcoins en rappelant qu’il était plus sûr (et à mon sens, plus éthique) d’investir dans la production et donnant l’exemple des oliveraies, il a rappelé ainsi l’origine antique de la spéculation, laquelle ne se fonde pas sur la forme des nuages, mais sur les productions humaines.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mai 2021.

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