Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BREFS ET AUTRES
Publicité
17 décembre 2023

DES MONTRES D’AGATHE DE LINDA ET DE SACHA

DES MONTRES D’AGATHE DE LINDA ET DE SACHA

1.
Peut-être la lumière était-elle fatiguée ce jour-là. En tout cas, elle donnait à toute chose une apparence de montre molle telle que l’on aurait pu se croire entouré des montres molles flottant dans un désert urbain.

Des montres, voilà ce que je vous montre, des
Montres, ah oui, de vrais monstres que ces montres que je vous montre ;
Molles, ces montres, et vous collant à la peau, montres molles
Flottant avec vous, faces médusées, à leurs poignets, flottant
Dans la froideur où vente le vent,
Un vent de ces vents qui vous vouent à l’évanouissement des présences.
Désert, vous voilà désert, aux lèvres vides de langue, dans le décor
Urbain tordu trituré torturé qui sied aux évocations des apocalypses.

2.
« J’étais en bas quand j’ai entendu qu’on vidait une baignoire », dit un personnage d’un roman d’Agatha Christie. Je note que cette remarque aurait pu être faite par un tout autre personnage dans un tout autre roman, sauf sans doute dans « La Guerre du feu » de Rosny-Ainé.

3.
Elle – qu’elle s’appelle Michèle, Muriel, mais pas Marelle ah non, elle
Se regarda de son regard le plus regardant car défois elle est moins regardante, se
Regarda, se scruta, se détailla, s’épia (je ne sais pas si le sépia lui allait)
Dans une robe des plus crues et
La glace, car oui, Agathe se regarde, Agathe la belle gâtée, belle à vous faire tourner la bille, à vous susciter du citron, Agathe se regarde dans la
Glace, une qui passe parfois par là, entre pavane et défunte, passage et palace (elle ne se sentait d’ailleurs pas si fatiguée) et même pas épatée (de maison).

Elle se regarda dans la glace, et ne pouvant se voir, en conclut que, puisqu’elle ne croyait pas qu’elle ait pu devenir invisible, elle n’existait plus.

4.
C’est en transcendant son complexe d’Œdipe que le Christ se laissa crucifier et plongea l’humanité dans l’horreur des religions.

5.
« venu tout naturellement aux lèvres de Linda »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie)

Venu le vin – c’est la vie, le vent vente –
Tout pur, le vin – c’est la vie, le vent vente –
Naturellement, le vin ça saoule – c’est la vie, le vent vente –
Aux lèvres le vin, aux lèvres vertes, car en vrai, elle les avait vertes, les
Lèvres, et pourquoi donc qu’elle les avait vertes, les lèvres,
Linda ? Bah c’est juste pour le son « v » et pour dire Linda, Linda aux lèvres vertes, aux yeux verts, aux veines vertes, aux feuilles vertes, Linda verte comme une fée sur laquelle vente le vent.

6.
« pas de ces gens qui sont susceptibles de « voir rouge » comme on dit… »  
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie)

Pas de ça, Sacha, pas
De ces sachets, Sacha, car sachez mais sachez donc, Sacha, que de
Ces sachets-là, Sacha, les
Gens, qu’ils ne sachent pas quoi en faire est une évidence,
Qui devrait vous sauter aux yeux et sachez mais sachez donc, Sacha, qu’ils
Sont, les gens, à force, Sacha, d’être harassés de vos sachets,
Susceptibles de vous y fourrer vous-même, Sacha,
De vous ensacher, aussi sec qu’un saur qu’on appelle hareng, et vous
Voir tout sec et l’œil rond, ensaché dans un grand sachet, mon cher Sacha, voilà qui serait comme on dit que
Rouge est le sang et cru le temps, trois dames passant.
Comme on a du hareng, je fais sauter des pommes de terre.
On va manger, et Sacha n’est pas là, car il est
Dit que Sacha préfère chasser on ne sait quoi qu’il méticule dans de petits sachets, que d’être à l’heure à midi.

7.
Peut-être que Depardieu est innocent des faits dont on l'accable. Je crois je vais plus trop en causer du Depardieu là. Du reste, il ne m'intéresse que moyennement. Dans le genre blonde à gros lolos, je l'ai toujours trouvée médiocre.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 décembre 2023.

Publicité
25 octobre 2022

AVEC LA NECESSAIRE INJUSTICE DE NOTRE FRAGILITE

AVEC LA NECESSAIRE INJUSTICE DE NOTRE FRAGILITE

  1. « Jeanne se sert de la prophétie comme d'une arme politique. Elle sait par révélation que les Anglais seront vaincus à Orléans et forcés de quitter le royaume. Dans un avenir écrit, la perte des Anglais est assurée. »

    (Colette Beaune, « Jeanne d'Arc, le mythe revisité » in « Historia », n°689, mai 2004)

    Le politique use et abuse de la prospective, qu'il présente souvent comme une quasi prophétie. Et nos experts de régulièrement nous assurer d'un avenir qui, régulièrement, échappe à leurs prédictions.

  2. « Les athées doivent dire des choses parfaitement claires ; or, il n'est point parfaitement clair que l'âme soit matérielle. »

    (Pascal, « Pensées »)

    Outre qu'un athée puisse hermétiquer aussi bien qu'un scribe d'alchimie, l'âme n'est sans doute qu'une convention, qu'une généricité des valeurs qui permettent de juger d'un autre aussi autre que moi-même.

  3. « Quand tout se remue également, rien ne se remue en apparence, comme en un vaisseau. Quand tous vont vers le débordement, nul ne semble y aller. Celui qui s'arrête fait remarquer l'emportement des autres, comme un point fixe ».

    (Pascal « Pensées »)

    L’événement révèle ce débordement qu'annonce un augure plus ou moins inspiré. Parfois, ça panique.

  4. « Mais mon cher Père, la leçon de la guerre n'a pas porté ! Le monde ne se convertit pas ! etc... etc... » Petit Placide réfléchissait : Et les Bons Pères, est-ce qu'ils se convertissent ! Et Moi ? Ce Moi qui est le seul pays de mission sur lequel j'ai pouvoir, et dont j'aurai à rendre compte. »

    (Geneviève Gallois, « La Vie du petit Saint Placide », Desclée de Brouwer, 1954)

    J'apprends par « Les Cahiers de la BD » d'avril-juin 2019 et un article de Yves Frémion, l’existence d'une religieuse, Geneviève Gallois, qui, dessinatrice, publia en 1954 l'un des premiers romans graphiques français : « La Vie du petit Saint Placide. »

  5. « … dans les dés éternels du temps »...

    (Kordey et Django », « Les Cinq saisons Automne »)

    Jolie formule que ces « dés éternels du temps » qui donnent à songer tous ces possibles hasards, ce jeu dont l'humain est sans doute le seul parieur.

  6. « Si j'avais vu un miracle, disent-ils, je me convertirais. » Comment assurent-ils qu'ils feraient ce qu'ils ignorent ? »

    (Pascal, « Pensées »)

    Médias et conversations se font régulièrement l'écho de ce qui paraît relever du paranormal. Dernièrement, quelqu'un m'a affirmé avoir été le témoin qu'un leveur de feu avait opéré avec succès à distance (par téléphone). Etrange.

    Ceux qui y croient se convertissent à l'invisible ; ceux qui n'y croient pas persistent à douter. J'ai moi-même été le témoin de quelques bizarreries spectrales, tout en restant sceptique, et me dis que le réel est infiniment complexe et nos savants infiniment ignorants.

  7. « De là vient que, dans le concept de l'entendement pur, la matière précède la forme, et c'est la raison pour laquelle Leibniz admit d'abord des choses (des monades) et, à l'intérieur de celles-ci, une faculté de représentation »

    (Kant traduit par Alain Renaut, « Critique de la raison pure »)

    Cette faculté de représentation est d'autant plus riche que le langage qui la permet est riche. C'est la complexité des langues qui fonde la complexité du réel.

  8. J'entends dire qu'un énième chauffard conduisant sans permis, ni assurance, a grièvement blessé quelqu'un. La déresponsabilisation qui consiste à sanctionner insuffisamment ce genre de délit, ne servant pas d’exemple, fait courir des risques à la population.

  9. « On ne passe point dans le monde pour se connaître en vers, si l'on n'a mis l'enseigne de poète, de mathématicien, etc. Mais les gens universels ne veulent point d'enseigne, et ne mettent guère de différence entre le métier de poète et celui de brodeur. »

    (Pascal, « Pensées »)

    Les « gens universels » de Pascal ont raison. Ce n'est que par convention que l'on attribue aux artistes une importance telle que l'on feint de trouver intéressant ce qui est ennuyeux et que l'on loue des sottises pourvu qu'elles rapportassent piastres et pépètes.

  10. « Entre nous, et l'enfer ou le ciel, il n'y a que la vie entre deux, qui est la chose du monde la plus fragile. »

    (Pascal, « Pensées »)

    Et comme il n'y a pas plus d'enfer que de ciel, ni que de démocratie en Chine communiste, nous restons seul avec la nécessaire injustice de notre fragilité.

    Patrice Houzeau

    Malo, le 23 octobre 2022.

5 mai 2023

LANTERNES A ZOZOS

LANTERNES A ZOZOS

1.
La rétribution des stages dans les LP, insuffisante... 50 à 100 euros par semaine... pas grand chose, peanuts... mais déjà quelque chose... avant, c'était nada... Les guignols de dire que c'est aux entreprises de payer, pas à l'Etat... bah oui, et comme ça, sûr que les entreprises n'en prendront plus du tout, hein, des stagiaires...

Quant à l'allocation Mélenchon, - un salaire, en fait -, bin tiens, mais alors, les lycéens deviennent des salariés à part entière, et hop en avant pour la soviétisation des lycées (bin oui, puisqu'ils pourraient dès lors, les lycéens professionnalisés avant l'heure, - des apprentis de fait -, revendiquer des droits de représentativité égaux à ceux de toutes les parties prenantes du système éducatif).

Après, il y a les bonnes âmes qui s'offusquent que l'on rétribue des élèves... qu'c'est pas moral... que l'on ferait mieux d'augmenter les salaires des parents... Bin oui, l'un n'empêche pas l'autre... Faut se battre sur les deux fronts : de meilleurs salaires et une prime incitative pour les stagiaires des LP... Si, si, c'est possible.

Y a un zozo qui s'offusque de la création d'un « bureau des entreprises » alors que les professeurs n'ont pas de bureau personnel... Cornichon... le « bureau des entreprises » s'appelait auparavant « bureau des stages », et c'était bien pratique... quant au bureau perso, pour quoi faire, prétentieux ?

2.
« Le ciel protège Troie » assure Agamemnon... on sait que non... ce sont des hommes qui protègent Troie, et des hommes qui abattent Troie... Le Ciel n'y peut rien... Aux dieux leurs querelles ; aux humains leurs guerres... Prigojine a raison : sans munitions, impossible de prendre Bakhmut... Poutine aussi impuissant qu'un dieu dans une fable et aussi criminel qu'un humain qui raisonne comme une casserole...

3.
Il y a Mathieu Slama, sur Twitter, qui dit : « réduire le temps de travail, décroître, répartir les richesses »... il a raison qu'c'est beau mais c'est de l'utopie... pas comme ça que l'homo homini lupus fonctionne... lui faut du conflit, des richesses, du danger à l'homo homini lupus, sinon il s'ennuie et il écrit des essais dont tout le monde i s'en fout... c'est pas parce que le Père Noël distribue des cadeaux qu'il existe... Après, de bons apôtres guimauvant réduction du temps de travail, décroissance et répartition des richesses tout en s'en mettant plein les fouilles, ça existe aussi (je ne sais pas si c'est le cas de Slama et je m'en tape)... Quant à la dénonciation de «l' idéologie de l'entreprise » que Macron ferait rentrer dans les collèges, j'pige pas : il veut sans doute dire, « l'idéologie de la libre entreprise » (libéralisme, liberté d'entreprendre, propriété privée)...

Autre lanterne à zozos : le fameux « esprit critique » que l'on devrait faire rentrer dans les caboches... je vous l'dis, la plupart des élèves des LP, ils s'en tamponnent le coquillard de l'esprit critique... ce qu'ils veulent, c'est un moyen de s'en sortir, d'y rentrer dans la consommation de masse... oui, je sais, l'espèce humaine se condamne elle-même... et alors ? Au nom de quelle transcendance une espèce invasive, agressive, ogresse de ressources et en surnombre devrait-elle continuer à croître et à se multiplier sans risquer de disparaître ?

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

5 novembre 2023

ET DIRE QU'ON NE SAIT TOUJOURS PAS QUI C'EST LA GRANDE BRUNE AVEC UNE QUEUE DE CHEVAL

ET DIRE QU'ON NE SAIT TOUJOURS PAS QUI C'EST LA GRANDE BRUNE AVEC UNE QUEUE DE CHEVAL

1.
Dans l'épatant album « Les disparus d'Apostrophes », de l'épatant René Pétillon, que cherche à savoir, même qu'il s'empresse, l'un des invités du cocktail organisé par l'éditeur du dernier livre de Guy Toutcrème ?

- « En quoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau ? »
- « Qui c'est-y qu'a cassé le vase à monsieur Soissons ? »
- « Pourquoi pas Evans ? »
- « N'ai-je tant donc vécu que pour cette infamie ? »
- « Allons bon ! Où ai-je mis mon parapluie ? »
- « Qui c'est, le grand blond avec une chaussure noire ? »
- « Qui c'est, la grande brune avec une queue de cheval ? »
- « Qui c'est-y qui a laissé tomber sa moumoute dans la soupe à l'oignon ? »
- « Pensez-vous que je pense que vous pensez ce que je pense, intellectuellement parlant ? »

2.
Pour quelle raison, devant l'inquiétante demeure dans laquelle vient de pénétrer l'inquiétant Supermarketstein, Jack Palmer tient-il son pistolet à l'envers ?

- parce qu'il est distrait ?
- Parce que ce n'est pas un pistolet mais une boîte de sardines ?
- Parce qu'il faut bien que jeunesse se passe ?
- Par inversion maligne ?
- Parce que Jack Palmer est profondément suicidaire ?
- Pour déstabiliser l'adversaire ?
- Pour la raison que je ne vous le dirai pas, zavez qu'à lire l'album « Les Disparus d'Apostrophes », de Pétillon, au lieu d'écouter les incultes de la télé ?

3.
Pour quelle raison les six auteurs invités par Bernard Pivot pour évoquer Paul Claudel ont été enlevés par je ne vous dirai pas qui non plus (zavez qu'à lire l'album) ?

- parce que l'auteur de ce rapt déteste Paul Claudel ?
- Parce que l'auteur de ce rapt voue un culte étrange et occulte à Paul Claudel ?
- Pour constituer un « cabinet fantôme » ?
- Parce qu'il se sentait seul ?
- Parce qu'il se prend pour Fantômas ?
- Parce qu'il lui reste de la raclette à finir ?
- Pour la raison que je ne vous le dirai pas, zavez qu'à lire l'album « Les Disparus d'Apostrophes », de Pétillon, au lieu d'écouter les incultes de la télé ?

4.
Quel est le discret hommage que René Pétillon rend à Bernard Pivot au détour d'une réflexion que fait le double fictionnel de l'animateur à propos des exigences du docteur Supermarketstein ?

- Il rappelle que Bernard Pivot sait lire, écrire et compter, ce qui, en raison des progrès fulgurants du pédagogisme est, de nos jours, quelque chose d'assez remarquable ?
- Il rappelle que Bernard Pivot eut parmi ses interlocuteurs des écrivains aussi importants que Soljenitsyne, Norman Mailer et Borges ? (j'y ajoute, pour ma part, l'immense Simenon).
- Il rappelle mais personne ne répond ?

5.
Comment l'album « Les Disparus d'Apostrophes » finit-il ?

- par une bagarre générale et l'incarcération de Jack Palmer ?
- Par une bagarre générale et la canonisation de Jack Palmer ?
- Par une bagarre générale et un banquet qui, comme chacun sait, permet aux irréductibles Gaulois de se réconcilier autour d'une table ?
- Par le naufrage du Titanic (qui est le coupable ? Jack Palmer ? Le docteur Supermarketstein ? Bernard Pivot ? Jean-Edern Alien ? Zelensky ? Poutine ? Le parapluie de mon oncle ? Les maracas de ma tante ?)
- L'annonce du rétablissement de la monarchie en France ?

Patrice Houzeau
Malo, le 5 novembre 2023.

8 novembre 2023

LA SCENE EST A SEVILLE PUISQU'ELLE N'EST PAS A CONCARNEAU

LA SCENE EST A SEVILLE PUISQU'ELLE N'EST PAS A CONCARNEAU

1.
« Je l'ai de votre part longtemps entretenu ;
J'ai fait mon pouvoir, Sire, et n'ai rien obtenu. »
(Corneille, « Le Cid », II,6 [Don Arias à Don Fernand])

Que signifie ici l’expression « J'ai fait mon pouvoir » ?

- Qu'en « se réclamant d'Isis, Cléopâtre II gagne en popularité et en poids politique » - entendu cela dans un documentaire sur Arte de la série « Reines de l'Egypte antique » consacré à Cléopâtre II -, que je n'savions point qu'il y avait eu plusieurs Cléopâtre et que comme le dit une intervenante : « Isis était habituellement vue comme une divinité maternelle et protectrice » et qu'elle était « la plus grande divinité de l'Egypte antique ».
- Parce que la première ligne du roman « Le Chien jaune », de Simenon, est : « Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. », et non pas : « Je préfère les spaghettis sauce bolognaise aux pâtes à la carbonara. », et encore moins : « J'ai fait mon pouvoir, Sire, et n'ai rien obtenu.
- Que Don Arias a fait son possible pour calmer les ardeurs querelleuses du Comte, le but étant d'empêcher le duel entre Don Gomès et Don Rodrigue, et ainsi affirmer l'autorité royale sur les traditions héritées de la féodalité dont se réclamaient si souvent les nobles.

2.
« Chimène à vos genoux apporte sa douleur ;
Elle vient tout en pleurs vous demander justice. »
(Corneille, « Le Cid », II, 7 [Don Alonse à Don Fernand])

Pourquoi qu'elle est « tout en pleurs », Chimène ?

- Parce que comme l'écrivit l'historien Flavius Josèphe : « Dans le combat, le cheval de Ptolémée, [Ptolémée VI, l’époux de Cléopâtre II] effrayé par le barrissement d'un éléphant, se cabra et désarçonna le roi. » Ses ennemis en profitèrent et, grièvement blessé, Ptolémée mourut quelques jours plus tard, même que c'était en – 145.
- Parce qu'un personnage du roman « le Chien jaune », de Simenon, raconte à Maigret qu'il « y a peut-être cinq ans de cela », un tireur de cartes, lui a annoncé : « - Vous aurez une vilaine mort... une mort violente... Méfiez-vous des chiens jaunes... ».
- Parce que, quelques vers plus haut, Don Alonse annonce au roi :
« Sire, le comte est mort :
Don Diègue, par son fils, a vengé son offense. »
(Corneille, « Le Cid », II,7)

3.
« Sire, mon père est mort ; mes yeux ont vu son sang
Couler à gros bouillons de son généreux flanc ; »
(Corneille, « Le Cid, », II, 8 [Chimène à Don Fernand])

Là, je fais une pause parce que je pense à ce que j'entends sur France Inter, que les rats, selon des expériences récentes, seraient plus intelligents que l'on tagadait la fraise. D'ailleurs, certains font de la politique. Du coup, ça ne m'étonne pas. Bon, continuons :

« Ce sang qui tant de fois garantit vos murailles,
Ce sang qui tant de fois vous gagna des batailles,
Ce sang qui tout sorti fume encor de courroux
De se voir répandu pour d'autres que pour vous, »
(Corneille, « Le Cid, », II, 8 [Chimène à Don Fernand])

Je constate que Chimène n'est pas contente.
D'ailleurs, elle ne fait pas de jeux de mots.
Elle ne fume pas non plus la pipe. C'est le sang « qui tout sorti fume encor de courroux ». Ceci est une hyperbole.
Je pense qu'elle est très froide d'une très froide colère ou alors, terrassée par l'émotion, elle a « la voix qui me manque à ce récit funeste », dit-elle, même que « Mes pleurs et mes soupirs vous diront mieux le reste. », dit-elle aussi, parce que tout de même, il y a une anaphore.

4.
« Quoi ? viens-tu jusqu'ici braver l'ombre du Comte ?
Ne l'as-tu pas tué ? »
(Corneille, « Le Cid, », III, 1 [Elvire à Rodrigue])

Elvire, la « gouvernante de Chimène », comme nous le lampe à huile la didascalie initiale, n'est pas plus contente que Chimène.
D'ailleurs, elle ne chante pas de chansons paillardes.
Je ne pense pas non plus qu'elle fume la pipe.
Elle passe un savon à Don Rodrigue, - qu'elle tutoie, dis -, lequel a un peu trépassé le Comte, « Puisque qu'aujourd'hui mon père est l'offensé / Si l'offenseur est père de Chimène. », qu'il a dit.
Don Rodrigue est bien piteux.
Lui non plus ne chante pas de chansons paillardes.
Il ne fume pas la pipe.
Il n'a même pas de nez rouge et de pistolet à eau.
« Je cherche le trépas après l'avoir donné. », qu'il dit, le Cid malheureux comme une guitare qui n'a plus ni âme ni doigts.

5.
« Vous savez qu'elle marche avec tant de langueur,
Qu'assez souvent le crime échappe à sa longueur ; »
(Corneille, « Le Cid, », III, 2 [Don Sanche à Chimène])

Vous savez de quoi qu'il cause, le don Sanche, même qu'il est amoureux de Chimène, laquelle aime Rodrigue, lequel vient de lui trucider son père à Chimène ?
Il parle de l'institution de la Justice.
Comme quoi, les choses n'ont guère changé depuis le 17ème siècle, et qu'au 21ème siècle aussi, la Justice prenant son temps, les criminels courent les rues.
Et discourant sur la Justice, don Sanche n'évoque ni l'art de la choucroute, ni les OVNI, ni le destin de Cléopâtre II, laquelle rentra en guerre contre son mari, Ptolémée VIII, lequel fit assassiner son propre fils, à lui et Cléopâtre II, même que Cléopâtre II fut la mère de Cléopâtre III, ce dont Sanche se fiche, ainsi que des guerres en cours au 21ème siècle, et qui sont cause de nombreux massacres de civils.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 novembre 2023.

Publicité
18 octobre 2023

A RIRE JAUNE ET CRACHER PAR TERRE

A RIRE JAUNE ET CRACHER PAR TERRE

1.
« Oui, la vie est un combat : mais ce combat n'est pas de l'homme contre l'homme, il est de l'homme contre la nature, et chacun de nous doit y payer de sa personne. »
(Proudhon, « Qu'est-ce que la propriété ? », chap. III, (1840))

Que penser de cette affirmation ?
- que Proudhon ignorait qu'au début du 21ème siècle, les humains se rendraient compte que l'activité humaine était en passe de flanquer le climat par terre et qu'il s'ensuivrait des catastrophes ?
- Que si l'activité humaine est en passe de dérégler le climat et que des catastrophes arrivent, c'est que peut-être l'humain n'est pas encore allé assez loin dans ses progrès technologiques, technocratiques, supranationaux et autres ingénieries à faire frémir ?
- Qu'elle fait rire jaune et cracher par terre tant la suite des événements prouve que l'humain est ennemi de l'humain au point de se multiplier tant et plus qu'un état de guerre permanent semble désormais inévitable 
- Contredit-elle ou illustre-t-elle ces paroles de « Dog Eat Dog » du groupe AC/DC :
« Well, it's a dog eat dog
Eat cat too
The French eat frog
And I eat you ».
- Contredit-elle ou illustre-t-elle ces paroles du « Dog Eat Dog » de Ted Nugent :
« Sabotage on a downtown street
Police cars overturned
You can't do nothing to beat the heat
And if you don't, you'll get burned »
- Qu'il est trop tard, qu'une grande partie de l'humanité va crever, soit grillée, soit noyée, soit asphyxiée par une pandémie ou égorgée par la multiplication des conflits induits par la surpopulation et la rareté naturelle ?
- Qu'ça va pas, qu'ça va pas du tout, du tout, du tout et qu'ça va faire qu'empirer (poil au nez).

2.
« Le droit d'user et d'abuser n'appartient pas plus au peuple qu'à l'homme ; et viendra le temps où la guerre entreprise pour réprimer l'abus du sol chez une nation, sera une guerre sacrée. »
(Proudhon, « Qu'est-ce que la propriété ? », chap. III, (1840))

Que penser de cette affirmation ?
- qu'elle est singulièrement prophétique, tragique et inquiétante ?
- Qu'elle est déconnectée de la réalité des nécessités politiques, lesquelles sont induites par la rareté naturelle ?
- Que plus le problème de la rareté naturelle se fait aigu, plus le politique est actif et dominant, et plus les risques de conflits se multiplient ?
- Qu'elle illustre ces paroles de « A Day In The Life », des Beatles :
« I saw the photograph
He blew his mind out in a car
He didn't notice that the lights had changed
A crowd of people stood and stared »
- Qu'étant donné que ça pète de partout, la France va certainement continuer à sauver sa balance commerciale grâce à ses ventes d'armes ?

3.
« Il faut au travailleur un salaire qui le fasse vivre pendant qu'il travaille, car il ne produit qu'en consommant. »
(Proudhon, « Qu'est-ce que la propriété ? », chap. III, (1840))

Cette phrase implique-t-elle que :
- Une consommation en baisse induit une baisse de production, une hausse du chômage et une multiplication des risques de troubles sociaux et sociétaux ?
- Que si la production compte sur les seuls marchés extérieurs pour assurer sa pérennité, elle se fiche le doigt dans l’œil jusqu'à la masse car des salaires intérieurs trop bas, multipliant les risques de troubles sociaux et sociétaux pourraient amener au pouvoir dictature, populisme et contre-production ?
- Le bien fondé des paroles de la chanson « Déjeuner en paix », de Stephan Eicher et Philippe Djan :
« Je regarde sur la chaise le journal du matin
Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent
« Crois-tu qu'il va neiger ? » me demande-t-elle soudain
« Me feras-tu un bébé pour Noël ? »
- Que le droit positif est une lutte constante contre le prétendu droit du plus fort (ou du plus rusé), lequel s’exerce partout au prétexte que, comme chacun sait, la vie est violente ?
- Que si l'on veut éviter un parti extrémiste aux présidentielles de 2027, il faudra que le gouvernement rassure les gens sur leur avenir et leur sécurité, et quelque chose me dit que ce n'est pas gagné.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2023.

 

4 juillet 2021

MARRANT TRISTE MODERNE

MARRANT TRISTE MODERNE

 

« qu'elles [les Propagandes] vous jurent que tout va merveille quand c'est la fin des purulences, le bout des spasmes... »
(Céline, « Rigodon »)

 

  1. Où j'en suis ?... Ah, Blanquer, le tueur de bacs... Montgolfière Man ! Blanquer Ministre de tout ! Archiministre ! Hyperministre ! Ministre de la Macronie en général et du Macron en particulier ! Blanquer président... pape, papa Blanquer, pape des virus.

  2. « Ecole de la Confiance »... Mot d'ordre à Blanquer... Suis la ligne du parti... Inepte... C'est comme si je disais « l'Hôpital de la Santé »... sinon, c'est quoi ? La boucherie Sanzot ?

  3. La Gauche... Poisson qui s'étouffe, happe de moins en... sur le sable, la Gauche... Le Nouveau Monde apolitique, omniconnecté et darwinien en reprendra quand même... la morale niaise et les commissariats au plan... Voyez Bayrou.

  4. Ai lu beaucoup ces deux derniers jours. « Claire » de Chardonne, le préféré à Mitterrand... Beau, un peu convenu, un peu pas tant que ça... Triste quand même... Les mômes, ça vient et ça vous pousse dans le néant.

  5. Bah, plié c'est... Macron sera l'un des derniers à peu prés présentables... Puis on passera nécessairement de la démocratie formelle à la dictature réelle... à la chinoise. L'homme apolitique, souriant à la Blanquer, productif.

  6. Les gens s'accommodent très bien des dictatures, du moment que ça rapporte, qu'ils ont de quoi grailler, élever la progéniture... C'est quand ils commencent à avoir faim que les gens se révoltent... Sinon, bons citoyens, ils dénoncent, anonymement.

  7. J'écoute « Le Sacre du Printemps »... ça fait du bien d'écouter de la vraie musique... Y en a tant de fausses à la radio, et de la bien prétentieuse encore, de la messagère, de la chantante à humanité... la niaiserie humaniste rapporte...

  8. Le Monde de Demain sera écolo... Fatal... Sont déjà d'accord tous , gouvernants et financiers... Si on veut survivre, on va beaucoup interdire, laisser les virus courir un peu, histoire de déblayer... l'art subtil du « En même temps ».

  9. Face au variant delta qu'on dit très salopiot, y a qu'une façon : vaccination obligatoire et reconfinement. On peut pas. Sinon, on flingue notre économie qu'est déjà en réa européenne...

  10. Variant Delta des Indes... On peut qu'attendre que les gens veulent bien se faire vacciner et ne soient pas un peu trop les uns dans les autres (c'est mort)... Fatal, y aura des morts. J'prévoyais du funeste... il arrive, au galop.

  11. Abstention... Moi non plus, j'vote pas... par misanthropie d'abord, par dégoût des tronches ensuite... Dans la caboche, j'ai mon néon personnel qui allume BANDE DE CONS dès que j'vois des politiques. Ne vous présentez pas, Zemmour.

  12. Paraît que chais pas où en Suède, sont restés deux jours sans magaziner, les gens, cause pas moyen de payer en espèces dans leurs supérettes locales et que des hackers avaient piraté chaipas quel serveur des Amériques... Marrant. Triste. Moderne.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 juillet 2021.

15 avril 2021

CONSIDERATIONS DE L'HOMME MAMMOUTH

CONSIDERATIONS DE L’HOMME MAMMOUTH

1.
L’homme mammouth causa « Droit et Institution de la Nature » tout en zieutant les grands massacres qu’la téloche évoque (mais d’moins en moins car, n’est-ce pas, le marché aux fleurs de Macrony-les-Vieux, c’est important aussi hein). Les fabriques de létalité tournaient quand même.

2.
Y a bien eu quelques consternations, mais j’crois bien que d’la disparition de l’ENA, tout le monde s’en fout. Elle risque d’être remplacée par une Science Po bis. Ça f’ra doublon. A terme, pour cause d’entrisme gauchiste, on la supprimera aussi Sciences Po. Ça f’ra des économies.

3.
Soulevant « la loi suprême de la Nature », ah qu’c’était lourd, il vit que « chaque chose », (covid, blanquer, zozo, zazou, Zut et son zébre) « s’efforce de persévérer dans son état » comme la frite persévère dans la mayonnaise et la saucisse dans la choucroute.

4.
Concernant une plainte d’enseignants contre Sa Personne, Blanquer évoque un « coup de poignard dans le dos ». Et l’introduction du contrôle continu, et sa généralisation aussi prévisible qu’une raclée électorale de LREM, c’est quoi, à votre avis, Monsieur le Ministre ?

5.
Paraît que le professeur François Héran « estime que la caricature offensante des religions est possible dans la mesure où elle contribue à nourrir le débat dans une démocratie » (cf La Croix sur Twitter).

Faudrait quand même dire que ni Charlie Hebdo, ni Desproges et tant d’autres n’ont eu besoin de l’assentiment des Grands Penseurs du Collège de France pour critiquer les religions. Et puis qui évaluera cette contribution au débat démocratique, et donc qui censurera ?

6.
Paraît que Macron gouverne sans parti, mais avec plusieurs costumes.

7.
Bâclé, travail bâclé, se dit-il en se grattant le nez. Il regarda son regard démesuré. C’est que ses yeux s’agrandissaient, débordant les paupières et se répandant dans toute la pièce et la lumière verte de ses prunelles félines.

8.
Alors ses yeux immenses s’étant répandus dans toute la pièce, ils se fermèrent d’un coup sec (ksafitchok) et tout, meubles, jours et travaux, modes et travaux, mou de veau et tête de veau, critique et nez gratté, se perdit dans la spirale de son regard (ksafibzzzihittt).

9.
Haletante, elle se pressa sur le quai de départ. Protégée sans doute par son ange gardien, un indien des plaines célestes, elle échappa au couteau invisible qui tourne dans l’air et foudroie les passants, de ci pis aussi de là, pareils à des feuilles mortes.

10.
Reprenant difficilement sa respiration tant le couteau invisible de l’air, s’il n’avait tranché le fil de sa vie, lui avait tout du moins coupé le souffle, elle rajusta son chapeau minuscule because tous ses chapeaux rétrécissaient lorsqu’il pleuvot à ciseaux. Ce qui arrive.

11.
Elle avait donc sacrifié aux rites du thé, du bloody mary, et de la course sous le couteau, lequel file aussi vite que le temps ; c’est bien pour ça que n’le voyant pas arriver, fatal que finalement i vous frappe et défunte, que vous v’là dans le fini, où y a plus ni ni, ni mais.

12 .
Y en a qui disent que Macron pourrait être élu par défaut, Mélenchon par des fous et Marine par des fafs.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2021.

6 février 2024

DE TOUT UN PEU ET AUTRES CHOSES

DE TOUT UN PEU ET AUTRES CHOSES

1.
Janvier 2024. Zavez entendu causer de l'OVNI (on dit PAN maintenant) « Jellyfish »... Oh la méduse, dis... une vidéo de l'armée américaine ou de je ne sais quel service qu'aurait fuité... Jeremy Corbell l'affirme... Le Pentagone serait embarrassé... Bah, que de blablas pour ce qui n'est probablement qu'un groupe de ballons pour mômes poussé par le vent... Le pentagone le sait sans doute très bien... C'est du Roswell 1947 : quel coup de génie de la part des militaires d'avoir d'abord laissé croire qu'il s'agissait d'une soucoupe volante qui se serait écrasée sur la Terre, puis démentir le lendemain... Le doute était semé, et tous les gogos de se fasciner pour « le grand secret de l'aéronef extra-terrestre récupéré par l'Armée » et ne se sont plus guère intéressés à ce que pouvaient bien mettre au point les ingénieurs de la Zone 51. Les OVNI, c'est le plus bel écran de fumée jamais mis en place pour attirer l'attention sur un truc qu’existe pas afin que l'Armée puisse continuer à travailler tranquille. Ce n'est d'ailleurs en soi nullement condamnable. « Si vis pacem, para bellum », et comme les murs ont yeux et oreilles, vaut mieux leur donner à voir et à entendre, et les histoires d'êtres étranges venus d'ailleurs et de soucoupes volantes, c'est très distrayant.

2.
Et dans l'Education nationale, une réforme de plus. La précédente, la sotte réforme Blanquer, n'a pas donné de très bons résultats. Celle qui s'annonce ne va certainement pas faire mieux. Faut donc s'attendre à une nouvelle réforme après les présidentielles 2027. A croire que le ministère de l'Education nationale est devenu un atelier de Travaux Pratiques pour technocrates, histoire, je suppose, de s’exercer, ou de s'occuper.

3.
« J'écoute avec stupéfaction ma tante (une nature!)
Causer du dernier bal à la sous-préfecture. »
(Germain Nouveau)

J'écoute volontiers du rock. Cela me change des chameaux.
Avec l'irish coffee, le rock est l'un de mes plaisirs, mais j'ai bien plus écouté de disques de rock que j'ai bu d'irish coffee, et d'ailleurs, mes chameaux n'écoutent pas de rock et ne boivent pas d'irish coffee (ce n'est pas dans leur caractère). La - oh
Stupéfaction ! que j'eus quand môme encore, je découvris les Rolling Stones dans leurs premiers albums, ah la la, quelle affaire que ces Rolling Stones !
Ma lecture des articles sur le rock était alors vorace, surtout ceux sur les Rolling Stones. De ma
Tante, je ne dirai rien. Elle n'a rien à faire ici, ma tante, qui, d'ailleurs ne s'appelle pas Emma, ni Barbara, ni Paola, ni Fabiola, ni Natacha, je dis ça pour la rime en « a ».
Une chose remuante que c'est ça le rock. Je note que la
Nature n'a rien à voir avec le rock cause que le rock c'est culturel, aussi culturel qu'un chœur de chameaux dans un opéra fantôme. Rappelons d'ailleurs que le chameau blatère, que le ministre réforme et que toujours la pluie a mouillé, mouille et mouillera.
Causer de rock c'est aussi causer d'une manière de voir les choses, même que
Du temps de mon adolescence, j'écoutais vraiment beaucoup de rock. Le
Dernier disque sorti qui sonnait hard et fort, il me le fallait. Au
Bal, je n'allais point. Je préférais écouter mes disques, oui, oh,
A force, j'en oubliais de faire mes devoirs et
La dégringolade de mes résultats scolaires inquiéta mes parents, mais pas la
Sous-préfecture car ce n'est pas son rôle. Du reste, le sous-préfet ne me connaissait pas. La femme du sous-préfet non plus et je ne crois pas avoir jamais fréquenté de fille de sous-préfet.

4.
De la colère des agriculteurs. La France est septième puissance mondiale et première puissance agricole de l'UE, et l'on entend parler de suicides d'agriculteurs criblés de dettes... Y a quelque chose qui va pas, ou c'est moi ?

5.
Est-ce que Booba vaut Baudelaire ? Moi, j'ai ma petite idée, et vous ?

6.
Je pense que Leonard Cohen aurait dû avoir le prix Nobel de littérature. (Ceci dit, j'aime beaucoup Bob Dylan).
Je pense que ce n'est pas Modiano qui aurait dû avoir le prix Nobel de littérature, mais Simenon.
Je pense que « La Justification de l'abbé Lemire », de Lucien Suel est un des textes littéraires les plus importants du 20ème siècle.

7.
C'est un peu iconoclaste, mais même si j'admire beaucoup Frank Zappa, je ne peux m'empêcher de lui préférer le Charlebois des années 60 et 70. Peut-être est-ce parce que les références culturelles de Charlebois me sont plus proches que celles de Zappa. Ce qui tend à prouver qu'il y a un monde entre la latinité de la langue française et le monde anglo-saxon.
De même le baroque de l'allemande Nina Hagen, ou celui de Adriano Celentano, est plus proche de moi que celui du groupe The Residents (que j'aime bien aussi). Exception : la musique des Sparks (autre épatance), dont bon nombre d'Européens, à la première écoute, reconnaissent les origines.

8.
Que l'Université continue à promouvoir certains poètes contemporains ennuyeux comme la pluie et à faire fi des travaux et des œuvres de Ivar Ch'Vavar et de Lucien Suel, voilà qui me sidère. Oh ! universitaires, réveillez-vous ! Le renouveau poétique français a eu lieu il y a déjà quelques années, et dans les Hauts-de-France, hein, pas à Paris, s'te blague !

9.
La démocratie nous oblige-t-elle à être gouvernés par des gens qui nous indisposent ? Certes, mais cela ne nous empêche pas de serrer les poings.

10.
Je vieillis, me fatigue, et me lasse, et me casse.

Commentaire : Ah nom di djou !

11.
Il n'y a pas si longtemps, les références des gens, c'étaient le curé, l'instituteur et le médecin. Maintenant, ce sont le député, les influenceurs « people » et Cyril Hanouna. Il y a vraiment quelque chose qui ne va plus en France.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 février 2024.

8 janvier 2024

QUI TROP EMBRASSE RATE SON TRAIN

QUI TROP EMBRASSE RATE SON TRAIN

1.
S'il n'en reste qu'un, ce sera pas ma pomme. Je serai mort avant et j'aimerais avoir encore alors assez de jugeote pour balancer : « Et maintenant, bande de cons, démerdez-vous, si vous pouvez ».

2.
Qui trop embrasse rate son train.

3.
« Vous n'allez pas demander ce qu'elles pensent, à des personnes ici ou là... si elles sont pauvres elles s'en foutent bien !... »
(Céline, « Rigodon »)

L'a raison, ce fou... Les idées et grands principes républicains, c'est bon quand le frigo est plein... L'angoisse de la mistoufle, la scoumoune, voilà qui vous empêche... bigots à barbe et marchands d'illusions en profitent... croix diverses, paradis à houris pour suicidaires, trafics et influences, ordre moral, Sainte Russie eurasiatique... Bah, qu'il soit monarque, président, secrétaire général, duce ou Grand Mamamouchi, c'est toujours un roi qu'on guillotine.

4.
M'est avis qu'en Russie, qu'en Europe, qu’aux States, comme partout, même tralala... Y en a qui bossent, ou qui s'agitent, y en a qui picolent ou s'en mettent plein le pif, d'autres traficouillent, partouzent ou barbouzent, ou pigent que dalle et votent quand même... Les politiques quoi... M'est avis que c'est quand même pire en Russie que chez nos pommes... Mais c'est du ressenti... Vous me direz : y a qu'à mettre de l'Ordre... Ordre révolutionnaire à parti unique et constituante contrôlée, je suppose... ou alors, ordre moral garanti par les serviteurs du grand Machin qu’existe pas... La guerre alors, parce que voyez, que ce soit l'ordre révolutionnaire ou l'ordre divin, y a toujours dans les coulisses un Napoléon quelconque pour aiguiser ses couteaux...

5.
Quoi qu'il fasse, quoi qu'il conte, on a pas l'impression que Macron va pouvoir empêcher Marine Le Pen de gagner les présidentielles 2027. Ou alors faudrait la défaite de Poutine et la non-réélection de Trump... Et encore, pas sûr que ça suffise pour calmer les furieux et rassurer les inquiets... Une relance économique franche et massive pourrait faire l'affaire... On en est loin... Avec ça, la gauche a l'air dans les choux...
Reste que Marine Le Pen à l'Elysée, aurait-elle une majorité suffisante à l'Assemblée ? Pas sûr du tout... Pourrait se former un front républicain de la droite de raison à toutes les gauches pour lui saboter ses législatives.
Trois ans encore... C'est qu'il peut s'en passer des choses en trois ans... D'autant que l'Histoire s'accélère... violemment.

6.
La France, pays de merles moqueurs ; m'étonnerait qu'un parti extrémiste de droite ou de gauche pourrait longtemps s'installer dans un présidentialisme autoritaire. Les partis démocratiques ont déjà bien du mal à gouverner sans 49.3, alors, pensez, des apprentis dictateurs...

7.
L'autre jour, France Inter, Nancy Huston , Charles Pépin... me fait penser au parapluie de mon oncle... désaveu des « professeurs de désespoir » (Cioran, Kundera, Thomas Bernhard, Beckett, Houellebecq, zont pas dit Céline mais il va de soi). Ai pensé que, pour ma part, je préférais que quelqu'un prenne la peine, et avec talent, de me dire et avertir des choses telles qu'elles sont plutôt que d'écouter les bobards d'une « petite fée de l'espérance » - je ne parle pas de Nancy Huston qui me paraît très bien -, mais de celles et ceux qui, sourire aux lèvres et pleine conscience et autres positivités résonnantes à la bouche finiraient par m'entuber because que, convaincu et zozo, j’achèterai leur prose pour m'apercevoir que c'est que des conneries avec le mot « résilience » dedans.
J'ajoute qu'il faut le faire pour reprocher à Milan Kundera son « pessimisme » car d'abord, ce pessimisme se discute, et ensuite, faudrait pas oublier que l'homme, s'il n'avait pas pu rejoindre la France et l'Occident décadent, aurait très bien pu passer des années de prison ou d'hôpital psychiatrique dans un de ces paradis socialistes dont rêvent encore certains militants de la LFI. Et franchement, je ne pense pas que cela pousse à l'optimisme, surtout en ce moment.
Quant à Houellebecq, je ne sais pas trop quoi en penser. Je trouve son style passablement ennuyeux, voire très plat. Non, décidément, je préfère Cioran, Céline, Beckett et Kundera.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2024.

11 décembre 2023

SOUS LE FIN SARGIN DU SOIR

SOUS LE FIN SARGIN DU SOIR

« J'avais quitté mes cousines vers la tombée du soir pour rentrer rue de Crosne, où je pensais que maman m'attendait ; mais je trouvai la maison vide. »
(André Gide, « Si le grain ne meurt »)

J'avais très fort scrogneuné ces temps-ci, même que j'avais
Quitté les rives de l'arssemelage (le réel, ses massacres, ses hypocrisies, ses collaborations me dégoûtant fort).
Mes esprits spatouillaient dans l'arvivance. Ayant oublié mes
Cousines, je ne fus pas invité à leurs mariages, et pas non plus à leurs funérailles.
Vers 18 heures, je m'abreuvois à la repentance des piteux plus ou moins décrépits et des piteuses plus ou moins décriées.
La fortune de certains de ces obscurs comprenants m'épate toujours. La
Tombée de la lustre à poils lourds ne me sarginna point (c'est qu'on est en décembre aussi, c'est normal que ça sarginne bien un peu).
Du sargin fin qui filait dans l'air, je ne m'occupais donc point et le
Soir me vit rentrer (ce qui est toujours étonnant, ça, que le soir aye des euyes)
Pour écouter la très bonne musique de Grégory Porter sur France Inter.
Rentrer chez soi et entendre à la radio une heure de Grégory Porter, - oh le jazz fringant élégant dis -, voilà qui vous ravigote, que ce soye
Rue Machin-de-la-Mer-Folle comme avenue Eclaté-au-Sol ;
De cela, nous ne nous arvigourons point nous autres. Nous savons. Quant à la rue de
Crosne, je m'en rafafouille (mais c'est tout à fait subjectif).
Où dis-je que je me pensa. C'est que défois
Je me pense des biduleries étranges. Je
Pensais, - faut bien, sinon ça fait des trous -, que la politique est une comédie et que Darmanin avec un nez de clown ah oui mais non Darmanin est un type très bien (il est ministre) tandis que voyez Depardieu il est porcin et Poutine dictateur alors hein
(Que je me foute de Darmanin, de Depardieu, de Poutine, ne fait, je crois aucun doute pour personne). Quant à
Maman, elle ne
M'attendait pas, puisqu'elle est morte.
Mais ne voulant point violoner dans les asperges, je
Trouvai un exemplaire du rock n' ironique « New Boots and Panties », de Ian Dury, et derechponk l'écoutai.
La maison était vide. D'ailleurs il n'y a plus de
Maison. Il n'y a plus que le
Vide où je tournoille de ma bouille à poissons.

Note : je vais m'écouter « Chacun fait c'qui lui plaît », de Chagrin d'Amour. Ça m'rappelle la gouleyance du début des années 80, les gauluches, les demis de bière ordinaire, les demis de bière spé, les tiffs à l'américaine. C'est pas un chef d’œuvre, c'est de la nostalgie.

Note 2 sous le fin sargin du soir (ce qu'il y a quand il ne pleut ni ne neige, ni ne vente, que le temps est doux et qu'on est inquiet quand même) : dans le conflit Israëlo-Hamas, se pourrait-il que le fracas des armes ait fait taire pour longtemps, je le crains, la parole de Dieu ?

Patrice Houzeau
Malo, le 11 décembre 2023.

27 novembre 2023

DU CÔTE A CÔTE AU FACE A FACE

DU CÔTE A CÔTE AU FACE A FACE

1.
24 novembre 2023. Le rouble recommence à s'effriter face à l'euro et au dollar. Indices RTSI et MOEX en baisse tandis que certains s'interrogent sur le crédit que l'on peut accorder aux chiffres de Rosstat (service russe des statistiques).
La rumeur persistante de la mort de Poutine est idiote. Mais tout aussi idiote la rumeur d'une victoire prochaine des Russes en Ukraine et aussi sotte la rumeur d'une économie russe résistant aux sanctions.

2.
Si l'idée de Mélenchon est, par ses outrances, de laisser Marine Le Pen arriver au pouvoir en 2027 et de spéculer sur un éventuel chaos qui en résulterait, cette idée pourrait être fatale à l’extrême-gauche car, en cas de victoire de l’extrême-droite, soit :
- Marine Le Pen mène une politique très très très à droite et il s'ensuivrait des troubles bien plus férocement réprimés encore que pendant la crise des Gilets Jaunes. Ce qui pourrait tourner très mal pour la LFI ;
soit :
- Marine Le Pen, faute d'une majorité suffisante à l'Assemblée, est obligée de gouverner avec les Républicains, et dès lors, les troubles seraient moindres et la voix de l’extrême-gauche resterait minoritaire (sauf dans certaines universités et quartiers) ;
soit encore :
- Marine Le Pen, en bonne héritière, ne veut pas du pouvoir et se débrouillera pour perdre une fois de plus, à moins qu'elle décide de gouverner de façon réaliste et d'en appeler rapidement à une union des droites républicaines, aux dépens, bien sûr, des éléments les plus extrémistes de son parti.

3.
La natalité restant toujours aussi faible en Russie (1,5 enfant par femme), il est à craindre que Poutine et ses successeurs ne cessent pas de sitôt d’exercer leurs pressions sur l'Ouest, et tentent ainsi d'augmenter le nombre de leurs États satellites, au risque de déclencher des conflits meurtriers, et cela dans l'espoir insensé d'une restauration d'un empire dont ils ne pourraient pourtant pas espérer des taux de fécondité supérieurs à celui des Russes.
La Russie se dépeuple. Poutine s'en désespère et ne veut pas comprendre que les Russes, en ne faisant pas d'enfants, expriment un malaise dont il ne se rend, semble-t-il, même pas compte. En outre, la sale guerre de Poutine en Ukraine perdurant, il ne serait pas surprenant que beaucoup de jeunes Russes envisagent de s’exiler.

4.
Le mot « abricot », ce serait au 16ème siècle qu'il apparaît dans le français tel qu'on le parla. Il viendrait de l'espagnol « albaricoque », du portugais « albricoque », du catalan « albercoc ». Il vient aussi du marché quand on en achète, des abricots.
Ces mots viendraient eux-mêmes de l'arabe « al-barquq » (avec un « u » long ?) et l'arabe le tiendrait du grec « praekokion », qui le tiendrait du latin « praecoquus », qui signifiait « précoce ».
Sinon, j'ai eu une tante qui, le dimanche, faisait des tartes aux abricots.
Je pense que beaucoup de mères et de tantes ont fait, le dimanche, des tartes aux abricots.
Je ne sais pas s'il y en a autant qu'antan, de tantes et de mères qui, le dimanche, font des tartes aux abricots.
Zut fait parfois du boudin. Ce n'est pas la même chose et ce n'est pas forcément le dimanche.
Ma pomme, je fais ce que je peux, mais ça n'a pas le même effet que la tarte aux abricots.
Le mot « abricot », dans les romans licencieux, parfois désigne le sexe féminin.
Les expressions « dugland » et « tête de gland » ne sont guère élogieuses. Elles sont employées pour désigner l'incapacité qu'ont certains bipèdes mâles à comprendre et gérer une situation. Les têtes de gland sont légion. C'est une constatation.

5.
25 novembre 2023. Mort de Gérard Collomb. Rappel sur France Inter de cette phrase souvent relayée sur les replis identitaires et les dérives communautaristes  : « Aujourd'hui, on vit côte à côte ; je crains que demain, on vive face à face. » et, le 26, ce commentaire du chroniqueur : « Comme si ce qu'il avait vu au pouvoir, place Beauvau, l'avait effrayé ».

Patrice Houzeau
Malo, le 26 novembre 2023.

17 novembre 2023

NON CES CHANSONS NE PARLENT PAS DE SAUCISSES

NON CES CHANSONS NE PARLENT PAS DE SAUCISSES

1.
Les frères Mael sont américains et fondèrent en 1968 les « Sparks », nous étincelle Wikipédia, lequel « Sparks » est en 2023 toujours actif et depuis longtemps considéré comme un groupe majeur du pop/rock tendance ironie innovante. De la ritournelle électrique énervée dans ce « Amateur Hour » - il a le piano persifleur, Ron Mael - tiré de l'album « Kimono My House » (1974). La chanson parle des adolescents, des poils qui poussent, de la voix qui mue, de l'émotion virile à la vue des filles, je cite :

« Girls grow tops to go topless in
While we sit and count the hairs that blossom from our chins
Our voices change at a rapid pace
I could start a song at tenor and then end as bass »
(Ron et Russel Mael),

mais pas des saucisses, qu'elle charlotte la song, alors que hein n'est-il pas qu'il y en a, zont tout bien l'air grandes saucisses, grandes asperges, grands dépendeurs d'andouilles et autres grandes sauterelles.
Après, on vieillit, on n'a plus le temps d'écouter les Sparks ou de regarder la série animée « Daria », autre perle d'ironie, et on écoute les politiques nous recycler leurs sornettes à la télévision.

2.
Autres ironies innovantes, les chansons de Philippe Katerine et ici, le répétitif qui grince et sature « Après moi », tiré de l'album « Robots Après Tout » (2005). Le morceau est basé sur un dialogue soliste-chœur (Katerine en étrange professeur à répétitions (il me souvient alors d'un professeur d'anglais du collège Gérard Philippe, d'Hénin-Beaumont à la fin des années 70, adepte consciencieux du « repeat after me » continu, avec lequel j'ai fort peu appris et qui ne se prenait apparemment pas pour de la), s'adressant à une classe de mômes moqueurs donc, le narrateur du « Aprés moi » à Philippe Katerine nous rappelle que «Répétez après moi on est tous des imbéciles – on est tous des imbéciles » même que « Répète après nous t'as rien compris au film – T'as rien compris au film ». A écouter quand on se sent s'enfler du melon et autres péripéties égotistes.

3.
J'ai aussi mauvais goût. Ça doit être la raison – outre que j'aime les chanteuses jolies et dansantes – pour laquelle j'apprécie le « Can't Get You Out Of My Head », de Kylie Minogue, publié en 2001 et tiré de l'album « Fever ». C'est le genre de disco-électro-bidouillée pour teenagers que l'on ne peut guère écouter qu'en reluquant la vidéo, le visage lisse de Kylie Minogue (c'est un rôle, un métier que celui d'artiste du Show must go on), les jolis corps des danseuses et la souplesse des danseurs (c'est leur job) et honni soit qui mal y voye.
Tout est dit dans le titre, du « La la la / La la la-la la / La la la / La la la-la la » des premières mesures au « Set me free » à cheveux bouclés, pour en revenir au lancinant « I just can't get you out of my head / Boy, your loving is all I think about ». C'est pas du Claudel. On s'en fout. C'est de Cathy Dennis et de Rob Davis. Un truc amusant et très googuelien. A un moment, le texte, ça dit :

« Won't you stay ?
Won't you lay ?
Stay forever and ever
And ever and ever »

Ce que la machine traduit par :

« Ne resterez-vous pas ?
Ne voulez-vous pas pondre ? »

Ce qui donne à mon mauvais goût français une touche de surréalisme et un sens ironique à la ritournelle électro-pop.

4.
Dans le genre ironique, ai revu hier soir dans la lucarne à déconnes « Le Viager », l'épatant film de Pierre Tchernia (1972), avec Michel Serrault, Michel Galabru, Jean-Pierre Darras, Odette Laure et Rosy Varte. Les images évoquant la cinquième colonne de l'armée allemande avec son Otto à monocle déguisé en bonne sœur et la scène de l'avocat brouillon et embarrassé jouée par Jean Carmet reprenant sa plaidoirie par un « En ce temps-là, Cicéron disait à ses disciples » me gondolent toujours.

5.
Français, démocrate, libéral, j'espère donc que l'Ukraine finira par vaincre l'impérialisme poutino-russe. Je ne crois pas que cette espérance soit partagée par François Fillon, Nicolas Sarkozy et Gerhard Schröder. Ces gens, je n'aimerais pas leur serrer la main.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 novembre 2023.

12 novembre 2023

MÊME S'IL Y EN A QUI DISENT

MÊME S'IL Y EN A QUI DISENT

1.
« Ô mes pauvres petites aubépines, disais-je en pleurant, ce n'est pas vous qui voudriez me faire du chagrin, me forcer à partir. Vous, vous ne m'avez jamais fait de peine ! Aussi je vous aimerai toujours. »
(Marcel Proust, « Du côté de chez Swann » [le narrateur])

Les mômes, ça parle défois à n'importe quoi. Faut bien leur dire qu'il ne faut pas parler à des ceusses qu'ils connaissent pas. Le petit Marcel, voyez, lui parlait aux aubépines, mais y en a pas partout, des qui symbolisent l'innocence et la pureté virginale là.

2.
« Il aimait qu'Odette fût ainsi, de même que, s'il avait été épris d'une Bretonne, il aurait été heureux de la voir en coiffe et de lui entendre dire qu'elle croyait aux revenants. »
(Proust, « Du côté de chez Swann »)

Je ne sais pas si toutes celles qui portent une coiffe croient aux revenants. Voyez mon oncle, lui, c'est surtout quand il retrouve son parapluie qu'il y croit, aux revenants. Il dit : « Ah un revenant ! », et c'est son parapluie.

Après les revenants, ça existe encore, ça les revenants ? Dans le temps, oui, sans doute, il y en avait dans les maisons hantées, des revenants, mais maintenant, je ne sais pas s'il y en a encore beaucoup qui reviennent.

3.
« Le plus souvent maintenant quand je pensais à elle, je la voyais devant le porche d'une cathédrale, m’expliquant la signification des statues »
(Proust, « Du côté de chez Swann » [le narrateur])

Défois, il y a des gens i vous expliquent des choses. Le réel commente le réel. Bon, ça fait longtemps que l'on n'a plus à m’expliquer comment on mange les moules. Et comme je ne mange jamais de homard, je suis tranquille quant à la signification des statues.

4.
« la beauté du diable, du sang bleu, une vie de bâton de chaise, le quart d'heure de Rabelais, être le prince des élégances, donner carte blanche, être réduit à quia, »
(Proust, « Du côté de chez Swann »)

Connaissez-vous le sens de toutes ces locutions ? Moi, j'ai connu plusieurs chats. Plusieurs chiens. Je n'ai pas eu plusieurs vies. Mes chats et mes chiens non plus d'ailleurs.

L’expression « le quart d'heure de Rabelais », ça signifie un mauvais moment à passer, un mauvais quart d'heure quoi. Ce serait rapport au jour où Rabelais ne pouvant régler une note d'auberge, « écrivit « Poison pour le Roi et la Reine » sur des sachets de poudre ». Arrêté, il fut conduit de Lyon à Paris – c'est là qu'est l'astuce, « aux frais de l’État ». François 1er le fit ensuite libérer. Je lis cette anecdote dans une note de bas de page de l'édition du Livre de Poche de « Du Côté de chez Swann », annoté par Elyane Dezon-Jones.

5.
Je me demande quel est l'oiseau dont les Pink Floyd ont enregistré, bidouillé, mis en boucle la jactance à la fin de l'album « The Piper At The Gates Of Dawn ». Quel drôle de cyclique dindon dis donc.

6.
« Ce simple croquis bouleversait Swann parce qu'il lui faisait tout d'un coup apercevoir qu'Odette avait une vie qui n'était pas tout entière à lui ».
(Proust, « Du Côté de chez Swann »)

Les gens ont une autre vie que celle qu'on leur connaît, ou qu'on imagine. Parfois même plusieurs. Je ne crois cependant pas que les gens viennent d'autres planètes. Même s'il y en a qui disent.

7.
« J'en sais quelque chose, j'avais une amie qui a aimé une espèce de poète. Dans ses vers il ne parlait que de l'amour, du ciel, des étoiles. Ah ! ce qu'elle a été refaite ! Il lui a croqué plus de trois cent mille francs. »
(Proust, « Du Côté de chez Swann », [Odette])

Je l'ai toujours dit, il faut se méfier des vivants. Les vivants, ils ne restent tranquilles que morts. Et encore, paraît qu'il y en a qui reviennent. Quant aux poètes, avec leurs poches trouées et leur ventre vide, zont défois de ces appétits terribles.

8.
« Sauf en lui demandant la petite phrase de Vinteuil au lieu de la « Valse des Roses », Swann ne cherchait pas à lui faire jouer des choses qu'il aimât et, pas plus en musique qu'en littérature, à corriger son mauvais goût. »
(Proust, « Du Côté de chez Swann »)

Dans le genre chanson comique, amusante, drolatique, il y a « La Dame de Ris-Orangis », de Bernard Lelou et Ricet Barrier, qui « arrivait gare d'Austerlitz / Chaque matin à huit heures moins dix » et « vérifiait les signatures / au Ministère des Fournitures ». Ah oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 novembre 2023.

4 novembre 2023

L’EPATANT PETILLON ET LES DISPARUS D’APOSTROPHES

L’EPATANT PETILLON ET LES DISPARUS D’APOSTROPHES

1.
Au début de l’album « Les Disparus d’Apostrophes », de René Pétillon (Dargaud, 1982), que regarde le personnage de Jack Palmer ?-      La lune, même que Jack Palmer se dit qu’elle ressemble à une machine à coudre ?
-      Une émission d’« Apostrophes » consacrée à Paul Claudel ?
-      Un épisode en couleurs de la série des « Avengers », même qu’en français, elle n’est pas intitulée « Corned Beef et Parapluie de mon oncle » mais « Chapeau melon et Bottes de cuir » ?
-      Je note que si Emma Peel avait été unijambiste, le mot « bottes » n’aurait pas pris de « s ».
-      Un documentaire sur Chuck Berry parce que le rock n’roll y a que ça de vrai (avec les chicons au gratin, évidemment) ?
-      Les malheurs du monde dans une étrange lucarne ?
-      « Le Retour de la Saucisse assassine », nanar improbable autant qu’américain avec des adolescents niais, des adolescentes effrayées, de la choucroute, de la bière et des saucisses ?

2.
D’après le personnage de Paul Ménie dans l’album « Les Disparus d’Apostrophes », la traduction américaine du célèbre « Soulier de satin », de Paul Claudel, a pour titre :
-      « Roll over Beethoven » ?
-      « Personal Jesus » ?
-      « Gebt mir meinen Jesum wieder » ?
-      « Blue Suede Shoes » ?
-      « Rock n’ Roll Mops » ?

3.
Dans « Les Disparus d’Apostrophes », le personnage de Jean-Edern Alien est-il la caricature amusante de :
-      François Fillon ?
-      Nicolas Sarkozy ?
-      Régis Le Sommier ?
-      Michel Onfray ?
-      Le parapluie de mon oncle ?
-      Les maracas de ma tante ?
-      Jean-Edern Hallier ?

4.
D’après le personnage de Jack Palmer (c’est un détective privé à chapeau et imperméable ; il a un gros nez), si Balzac buvait « autant de café », c’est que :
-      Balzac était caféinomane ?
-      Balzac n’aimait pas le whisky ?
-      Les fraises lui donnaient de l’urticaire ?
-      Il écrivait des livres de cuisine ?
-      Balzac ne buvait pas tant de café que ça, mais ayant signé un contrat juteux avec une célèbre marque de café en grains de l’époque, il se donnait des airs ?

5.
Lorsque Madame de Frouth et Jack Palmer sonnent au domicile du double fictionnel de Bernard Pivot (le célèbre animateur de la célèbre émission « Apostrophes »), ce dernier était-il en train :
-      De lire ?
-      De dormir d’un œil et de lire de l’autre ?
-      D’invoquer les esprits des grands auteurs disparus afin qu’ils lui révèlent tous les secrets de leur génie, et si possible quelques anecdotes propres à nourrir leur légende et épater le téléspectateur ?
-      De contempler les malheurs du monde dans une étrange lucarne ?
-      Bernard Pivot n’était pas là car la voisine de Jack Palmer, Madame Franconi, l’avait enlevé pour en faire un personnage de victime dans un thriller ?

Patrice Houzeau
Malo, le 4 novembre 2023.

15 octobre 2023

ON SAIT PAS PLUS S'QU'ON VOIT QU'ON SAIT S'QU'ON DIT

ON SAIT PAS PLUS S'QU'ON VOIT QU'ON SAIT S'QU'ON DIT

1.
« Socrate. - Il faut donc que la science que nous cherchons, outre cet avantage, en possède un autre.
Glaucon. - Lequel ?
Socrate. - Celui de ne pas être inutile à des hommes de guerre. »
(Platon traduit par Bernard Piettre, « La République, VII)

Cet échange illustre-t-il :
- la nécessité du « Si vis pacem, para bellum » ?
- ce que chante Jeanne Added dans « A war is coming » :
« A war is coming, and we're stuck here
Here with our mini pains, with our litlle tears »
La chanson date de 2014 et depuis, ça ne s'est pas arrangé. L'Occident se complaît dans ses débats oisifs tandis que le monde commence à brûler de partout et que le bruit des bottes est de plus en plus proche de nos « mini-douleurs », de nos « petites larmes ».
- La sottise du SNU face aux menaces de groupes terroristes soutenus pas des Etats qui nous sont hostiles ?
- Que la science est une arme contre l'ignorance mais aussi contre la malfaisance ?
- Que l'humain est un animal violent et que toute sa philosophie, toute sa science, et sa prétendue spiritualité ne sont jamais que des ruses de la raison pour arriver à ses fins : l'état de violence permanent ?

2.
« … mais qu'elles [ces constellations qui ornent le ciel] sont bien inférieures aux constellations véritables que font mouvoir la vitesse réelle et la réelle lenteur, selon le vrai nombre et les vraies figures,... »
(Platon, « La République, VII [Socrate])

Ce jugement de Socrate est-il :
- un pressentiment du jaillissement de la physique quantique ?
- Que ce sont les nombres et les figures qui réalisent le réel cependant que l’œil n'y fait que s'y étonner, quand il ne s'y perd pas ?
- Qu'il y en a bien des énigmes, Seigneur, qu'il y en a, ainsi que le disent aussi les écritures et the « Enigmatic Foe » du « Ship's A Going Down » du groupe The Residents :
« There are clothes that haven't been worn,
Feet that haven't been shorn,
There's causes that haven't been given a principle.
Need I say more ? »

3.
« Mais si l'on n'est pas en état de donner ou de recevoir des arguments, crois-tu qu'on puisse jamais rien savoir de ce que nous affirmons qu'il faut savoir ? »
(Platon, « La République, VII [Socrate])

Cette question de Socrate implique-t-elle :
- la promotion du bavardage incessant des argumentateurs de toute sorte et des concours d'éloquence (poil à la panse) ?
- L'assurance d'une pureté argumentative telle que celui qui sait argumenter ne pourrait se tromper ? (La dialectique devenant alors un outil infaillible manié par un maître-penseur aussi précis qu'un géomètre ou qu'un plombier)
- Qu'il ne saurait y avoir de raison sans langage et qu'en conséquence, le langage est la condition de la raison comme l'arbre est la condition de l'ombre ?
- Qu'il ne peut y avoir de savoir sans la condition du savoir et qu'en conséquence, le savoir ne peut exister en-dehors de cette condition, qui est le langage humain ?
- Que le langage détermine le savoir et que sans cette détermination, il n'est ni temps, ni espace mais un chaos, une matière innommée ?
- Qu'il n'est pas certain que les êtres mobiles et perspicaces qui peuplent les autres mondes usent d'un langage tel qu'ils pourraient nous considérer comme des êtres à respecter et que nos catégories morales ne sont peut-être jamais que des spécificités de l’espèce humaine ?

4.
« Tu parles sans doute des objets qui sont vus de loin et des dessins en perspective ? »
(Platon, « La République, VII [Glaucon])

Cette question de Glaucon à Socrate implique-t-elle :
- que le réel est radicalement loin de nous, parfaitement étranger cependant que nous y nageons, poisson parmi les poissons, proie parmi les proies ?
- Qu'alors je songe aux paroles de « Down by the water », de PJ Harvey : 
« Little fish, big fish, swimming in the water
Come back here, man, gimme my daughter »
- Qu'on ne peut pas plus se fier à nos sens qu'en l'honnêteté intellectuelle des politiques ?
- Que nous multiplions les représentations du réel tant et tant que le réel ne nous apparaît plus que comme un spectacle d'où parfois jaillit un couteau qui cherche à nous égorger ?
- Que nous courons après une vérité qui s'éloigne de plus en plus vite sur une route de plus en plus encombrée de cadavres ?

5.
« Penses-tu que de tels hommes aient vus […] autre chose que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? »
(Platon, « La République », VII [Socrate])

Cela implique-t-il :
- que ce que nous voyons et commentons n'est pas plus réel que des ombres projetées qui s'agitent sur les murs ?
- Que nous-mêmes, nous ne sommes que des ombres projetées sur des murs que les autres voient, commentent et jugent ?
- Qu'elle est pleine de sang, la « Mystic River » ?
- Qu'on sait pas s'qu'on voit et qu'en conséquence on sait pas s'qu'on dit ?
- Tu tousses beaucoup, vraiment beaucoup, lui dit Zut. Il se dit que tant tousser le fatigue, le fatigue beaucoup. Il rentre. Il dort. Il écrit. Il dort. Se réveille et tousse. Faich.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 octobre 2023.

4 septembre 2023

LE CONTRETEMPS DU MONDE

LE CONTRETEMPS DU MONDE

1.
« Ce que d'autres imaginent ou supposent, ce qu'ils voient dans une quasi-perception, Dufour l'a constaté, mesuré, dénombré. »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)
A votre avis, je cite cette phrase :
- Au hasard et juste pour citer mais en fait je m'en fous ?
- Parce que cette phrase a changé ma vie ?
- Parce que Perlimpinpin et Perlimpinpinette se présentent aux élections. Perlimpinpin gagne. Qu'est-ce qui reste ?

2.
« […] c'est la Nef des fous, étrange bateau ivre qui file le long des calmes fleuves de la Rhénanie et des canaux flamands. »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)
A votre avis, ce bout de phrase, je le cite :
- Parce que je trouve ça joli, cet «étrange bateau ivre qui file le long des calmes fleuves de la Rhénanie et des canaux flamands », dont il cause, Foucault là ?
- Parce que le clair de lune à Maubeuge ?
- Parce qu'ayant tiré trop fort sur la chevillette, la bobinette m'a chu ?

3.
Pendant que j'écris mes sottises, j'entends sur France Inter un débat sur la rentrée politique, pensez-vous que :
- Je m'en fous et ce m'est même pas joli, et c'est tout sauf joli, et donc je m'en fous ?
- J'attends que France Inter passe une chanson en espérant que ce ne sera pas une niaiserie des play-listes qu'il font à France Inter qu'en fait souvent c'est juste de la promotion de cornichonneries chantantes ? 
- De toute façon, j'entends rien du débat sur la rentrée politique parce que le son est trop faible. J'ai l'impression qu'il y a Natacha Polony qui cause. J'en suis pas sûr. Je m'en fous quand même.

4.
Lorsque Kurt Cobain (1967-1994) finit son célèbre « Smells Like Teen Spirit » par ces mots :
« I feel stupid and contagious
Here we are now, entertain us

A mulatto, an albino
A mosquito, my libido
A denial »,

Kurt Cobain a-t-il écrit :
- Quelque chose de stupidement génial ?
- Quelque chose de génialement stupide ?
- Un message codé à destination de « l'histoire de la folie à l'âge classique » ?
- Une proposition de rendez-vous à « la pêche à la truite en Amérique » ?
- Quelque chose de parfaitement dada, surréaliste, méritoire?

5.
« - la déraison devenant, ainsi par excellence, le contretemps du monde - »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

Comment prenez-vous ce bout de phrase ?
- Comme une manifestation du talent poétique de Michel Foucault ?
- Une poignée de syllabes au milieu d'un océan de syllabes (plus de 550 pages, son pensum à Foucault, et écrit en petit) ?
- Des mots, tout ça, rien que des mots ?
- Un message codé à destination des adolescentes américaines qui utilisent du « teen spirit » (déodorant bon marché et fort en usage au début des années 90, ai-je entendu dire) ?
- Une proposition de rendez-vous au fantôme de Kurt Cobain ?
- Une définition de « La pêche à la truite en Amérique » ?

Patrice Houzeau
Malo, le 4 septembre 2023.

15 juillet 2023

EN REDESCENDANT DU TOIT

EN REDESCENDANT DU TOIT

Le travail des fois ça tracasse le
Travail ; ça tracasse et ça casse même des fois, le travail qu'il faut quand même bien qu'il se fasse. Comme dans le roman à Jean-Paul Dubois, « Vous plaisantez, monsieur Tanner », où le narrateur a hérité d'une vieille et grande maison en mauvais état qu'il faut bien y faire des travaux et ça lui fait bien du tracas, tous ces chantiers successifs, au narrateur, qu'il a des phrases genre : « Le travail
N'avançait pas, la radio continuait de me briser les oreilles sans toutefois couvrir les aboiements de la meute qui se jetait sur moi dès que je redescendais du toit. »
Pas simples donc, on le devine, ses rapports avec les différents artisans plus ou moins scrupuleux, compétents, baroques et décalés, auxquels il est bien obligé d'avoir recours.

La marrance dans le récit que ça donne, c'est épatant. Littérature mineure, mais amusante et sans aucune prétention (ce qui nous change de tous ces zozos à plumes qui prétendent délivrer des messages essentiels sur la société contemporaine, la condition humaine, les heurs et malheurs de mon cœur, les us et coutumes de mon, et qui ne font que baver). Ça rappelle aussi des histoires de chantiers qui ont mal tourné, qu'on a tous entendues, voire, hein, dis, vécues. S'il y a une
Radio dans la phrase, c'est que les ouvriers dont il est question (des couvreurs) écoutent la radio en travaillant. La
Radio défois c'est idiot et défois c'est pas idiot, la radio. Il y a des chansons à la radio, plus ou moins idiotes, et des dialogues à la radio, des dialogues défois sur le diable et le bon dieu, Sur Deleuze et Delerm, Dublin et Dakar, Degas et Dufy, Dada et le dernier dodo de l'île Maurice, Ingres et vinaigre, poivre, sel, sur les dîners et les désastres, des débats itou sur les goûts et dégoûts, les dés à coudre, l'huile de coude, les poutres et les moules, foules, goules, poulpes, gouffres, poudre de perlimpinpin et mou de veau, et encore sur les gars et les dégâts, les garces et les parce que, moi je dis, moi je pense, moi je... pendant ce temps-là, il
Continuait de perdre ses parapluies, mon oncle.

De la radio, donc, le narrateur, Monsieur Tanner, il en a marre. A ce sujet, Wikipédia
Me téléporte que les premières liaisons hertziennes ont été faites par Marconi en 1895, en Italie puis dans les Alpes suisses (à Salvan) et que la première communication radio en morse fut réalisée en 1897, en Grande-Bretagne. J'aime bien apprendre des choses, mêle si je ne les retiens pas, vu que je ne retiens pas grand chose. Donc, elle continuait à lui
Briser les esgourdes, au narrateur, la radio que
Les couvreurs intempestivaient derechef (j'aime bien derechef). Des fois, mes
Oreilles, je crois pas tout ce qu'elles entendent. Sinon, j'aurais pas fini.

Sans prétention, certes, le roman de Jean-Paul Dubois, mais tout de même, il rappelle d'abord que l'on ne se méfie jamais assez de tout, aussi que la diversité de type qui caractérise la suite des artisans qui se succèdent sur le chantier Tanner (escrocs incompétents, électricien mystique, professionnels très chers, obsédés divers, distrait maladroit et même l'artisan consciencieux scrupuleux) prouve que la société repose sur les interactions d'individus uniques en leur genre, même si
Toutefois (j'aime bien « derechef » et « toutefois »), ces personnages singuliers sont aussi les effets (plus ou moins secondaires) du déterminisme socio-éducatif du vous m'en direz tant. Donc, la radio n'arrivait pas à
Couvrir (c'est pas elle qui faisait le boulot, c'étaient les couvreurs)
Les aboiements, et ça quand il y a des
Aboiements, moi fatal je songe aux caravanes, caravanes
De nuages qui passent au-dessus des toits comme s'ils n'avaient pas autre chose à faire.

La Fête Nationale (c'est aujourd'hui), c'est bien pour la France qu'elle vend des armes et donc on invite et honore le premier ministre indien que Macron lui refile la légion d'honneur, c'est pour vendre des armes et puis, le premier ministre indien, Narendra Modi qu'il s'appelait en 2023, c'est aussi un membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, je dis ça pour les gens qui sauraient pas), et ça, c'est efficace pour irriter Poutine (stilal qui a voulu envahir l'Ukraine et qui aura ruiné son pays).

Meute, c'est le nom que l'on donne au groupe de loups. Le couple Alpha est celui
Qui dirige la meute. J'aime bien le morceau « Phantom of the Opera » qui
Se trouve sur le premier album de Iron Maiden. Comme il se
Jetait sur le paquet de chips, je compris qu'il avait faim, parce que si l'on se jette ainsi, œil et cheveux fous,
Sur un paquet de chips, ce n'est pas parce que le paquet de chips se serait mis à vous traiter de tous les noms de la sardine.

Moi j'aime écrire des sottises au nom du droit que l'on a d'écrire des sottises.
Dès que mon esprit de sérieux (Ouh ! Ouh!) a tourné le dos, alors je me dis
Que j'écrirais bien quelques sottises et voilà que
Je les appelle dans ma tête : Ouh, ouh, petites sottises, où êtes-vous ? Donc, « dès que je
Redescendais du toit » pas si tranquille qu'aucune colombe, n'est-ce pas, du toit donc,
Du toit des inondations inéluctables, du
Toit d'où, tel un hussard, on peut les voir venir de loin, donc, dès que je redescendais du toit, je me disais, bon, si c'est comme ça, je vais aller me faire cuire un œuf.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juillet 2023.

11 mai 2023

EN ATTENDANT LA REINDUSTRIALISATION QU'IL DIT MACRON

EN ATTENDANT LA REINDUSTRIALISATION QU'IL DIT MACRON

1.
Les enseignants d'il y a 40 ou 50 ans n'étaient pas moins sots que les enseignants actuels mais ils étaient plus respectés.

Il me semble aussi qu'ils avaient généralement plus de quant-à-soi (mais je n'en suis pas si sûr).

Ils avaient aussi, me semble-t-il, beaucoup plus de liberté pédagogique et les programmes avaient au moins l'apparence de la logique cependant que les réformes de ces dix dernières années (de Peillon à Blanquer) leur font faire à peu près n'importe quoi.

2.
En français comme il se doit (d'honneur), on ne dit pas « nique ta mère ! » mais : Auriez-vous l'obligeance de signifier à Madame votre mère qu'il serait opportun qu'elle rendît un peu plus souvent visite à son amant, ce qui aurait pour effet d'éviter l'inceste qui, à voir votre figure, ne peut, hélas, que paraître inéluctable ?

3.
Donc si Zemmour est un nain, Dupont-Aignan est un demi-nain, Philippot un tiers de nain et Asselineau une flaque, dites, j'ai pas bon dans les proportions de l'union des droites pétainistes subventionnées par le Roi des nains, sa petitesse Vladimir Poutine ?

4.
Je n'apprécie pas les propos de René Chiche (je les trouve pétainistes et je ne porte pas Pétain dans mon cœur) mais s'il est vrai que Chiche a été suspendu sans solde (donc sans la moitié de son traitement, ce qui serait attendu), alors c'est une infamie égale à la suspension sans traitement des soignants réfractaires au vaccin. On ne prive pas quelqu'un de ressources, c'est un principe.

Si René Chiche est suspendu mais continue à percevoir la moitié de son traitement , alors, je n'ai rien à reprocher au ministère. Comme je l'ai dit, je n'apprécie pas les propos pétainistes de René Chiche ; sa suspension en elle-même me laisse froid.

5.
Ce n'est pas un « passage anal » que l'on reproche au dernier bouquin de Bruno Le Maire, mais un passage banal. Vulgairement banal.

6.
Quel est le but de Raffarin ? Défendre Macron qu'il sait influençable et donc perméable aux chants des sirènes chinoises ? Je m'interroge. Quant aux élèves des Lycées professionnels, je vais le rassurer tout de suite : ils n'en ont rien à fiche de Macron. Beaucoup votent Le Pen, d'autres Mélenchon.

7.
Quand je contemple le zoo qu'est la vie politique française actuelle, vous comprendrez que je ne suis pas prêt de voter. Je note cependant que toutes ces féeries nous coûtent, comme dit l'autre, un pognon de dingue.

Et s'agit de l'élite du monde occidental (ah l'ENA, oh Sciences Po !). Zimaginez les politiques russes et ceux des pays à moindre exigence de représentativité démocratique. Et vous pensez sérieusement que ce monde pourra longtemps continuer ainsi, avec 8 milliards de bipèdes ?

8.
Le « Pacte » avec primes à Pap Ndiaye, ce sont les obligations de service sans primes de demain. Enseignants, méfiez-vous. Zont fait pareil avec l'introduction du contrôle continu dans les LP ; des primes pendant quelques années et puis nada... sauf des injonctions.

Possible que Pap Ndiaye échoue. Le sait sans doute déjà. Il fera comme Blanquer ; un petit tour en politique (histoire de mettre des sous de côté et de se faire des relations – ça peut être utile), puis il retournera à sa carrière (peut-être un bouquin que personne ne lira).

Dans un tweet sur le fil de Pap Ndiaye, parmi les nouvelles missions que les enseignants pourront (devront?) accepter, il est question de « face-à-face pédagogique ». Est-ce une périphrase pour « heure de cours » ? ou s'agit-il d'autre chose (« atelier de communication interactive », « méthodologie bienveillante », remplacement-garderie, chef d'oeuvre inachevé, recherches sur internet, co-intervention modulaire... ????)

9.
Comment qu'on va faire qu'avec notre dette publique là qu'il paraît que tous les ministères doivent faire des économies et qu'en même temps, faut réinvestir dans l'hôpital, dans l'éducation, dans la défense, la justice... Euh, n'y-a-t-il point dichotomie ? Bah, je suis bien tranquille, grâce à sa formidable pensée complexe, le président macron va tout bien nous espliquer, et ça va se finir comme d'habitude depuis 2018 : noms d’oiseaux, casserolades, lacrymos.

10.
11 mai 2023 : annonces volontaristes du président Macron sur la réindustrialisation : s'agit de faciliter les implantations, initier un nouveau crédit d'impôt, freiner l'adoption de certaines normes européennes,.. Objectif : augmenter rapidement le volume d'heures de travail et la production de richesses.

Ce que veut le président Macron, c'est endiguer le déclin économique de la France (très endettée) afin qu'elle puisse garder son rang de grande puissance.

Peut-il y arriver ? Sans doute, mais ne rêvons pas, cela se fera au prix de nombreux sacrifices sociaux (réforme des retraites, de l'assurance-chômage,...), sociétaux (abandon progressif de certaines missions du service public et transfert dans le privé, cf l'avenir problématique des LP publics), environnementaux et moraux (certaines implantations étant vouées à devenir de piteux scandales politico-financiers d'ici plusieurs années, c'est la loi du genre).

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2023. 

11 mai 2023

EN ATTENDANT LES STORM SHADOW

EN ATTENDANT LES STORM SHADOW

1.
9 mai 2023. J'entends à la radio que l'Assemblée nationale s'apprêterait à inscrire le groupe Wagner sur la liste des organisations terroristes. Ce serait une bonne mesure (la France doit choisir son camp et s'y tenir).

Réaction d'une voix des Renseignements : cela risquerait d'aggraver les tensions entre la France et certains pays africains. Tu parles, Charles ! Les dirigeants africains qui tournent le dos à la France et font appel à Wagner savent très bien ce qu'ils font. Ne pas montrer notre désapprobation serait, au contraire, un signe de faiblesse.

2.
Courant février 2023, Prigojine affirmait que Bakhmut ne serait pas prise par les forces russes et la soldatesque à gages de Wagner avant mars, voire mi-avril. Au 9 mai 2023, le Kremlin ne crie pas vraiment victoire et Bakhmut n'est toujours pas sous contrôle...

Hypothèse : Possible que le message de l'Etat-major russe à Prigojine soit : nous ne voulons pas vous aider pas et freinerons le plus possible toute aide que l'on exigera de nous. Si tel est le cas, cela peut susciter des interrogations sur l'état d'esprit actuel de l'armée russe.

3.
9 mai 2023. Paraît que Bercy a fait savoir qu'il allait intensifier ses contrôles fiscaux en direction des « ultra-riches ». Le problème, c'est qu'à l'effectivité de ces contrôles, on n'y croit pas vraiment. Ça sent l'effet d'annonce et la poudre de perlimpinpin à plein nez.

A moins que ces contrôles visent particulièrement entreprises et gens aisés et très aisés en lien et favorables à la Russie poutinienne... Ce qui ne m'étonnerait pas.

4.
La Russie fait 17 millions de km² et compte 144 millions d'habitants. Développer un pays aussi immense demande des investissements gigantesques. Il se dit que corruption et affairisme captent une bonne partie des capitaux nécessaires et seraient une des causes des étranges déboires de l'armée russe en Ukraine. Poutine ne peut donc qu'accepter de perdre sa guerre ou précipiter l'Europe dans un brasier qui mènera la Russie à sa perte.

5.
10 mai 2023. Plusieurs vidéos apparaissent sur twitter qui montreraient des suicides de soldats russes sur le front. Cela commencerait-il à sentir la fin pour « l'opération spéciale » de Poutine en Ukraine ? Étrangement, le rouble semble se stabiliser et les indices boursiers russes remontent...

Embellie ? Mesures techniques ? Anticipation par la finance russe d’événements cruciaux pour l'avenir de la Fédération de Russie ?

6.
11 mai 2023. La livraison par la Grande-Bretagne de missiles Storm Shadow (portée : 250 km, dit-on) est un indice de plus que l'Occident croit en la victoire de l'Ukraine.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2023.

 

23 avril 2023

ET ZOU EN AVANT VERS LE TROU

ET ZOU EN AVANT VERS LE TROU

1.
Sans doute que l'une des pires perspectives était celle de l'éclatement d'un conflit en Europe. L'agression de l'Ukraine par la Russie a prouvé la justesse de l'hypothèse. La Reine attaquée par les Fous.

2.
Les Français, dit-on, n'ont guère confiance dans les Ehpad. Le scandale Orpea et le livre de Victor Castanet « Les Fossoyeurs » (2022) ont, semble-t-il, révélé ce qui se disait déjà dans les familles. Lits, bibliothèques et miroirs sont en flammes.

3.
« Le Point » n°2635 (3 février 2023) rapporte ce propos d'Alice Le Gall : « Sur l'anneau d'Adams, celui qui est le plus à l’extérieur, ils [les astrophysiciens André Brahic et Cécile Ferrari] avaient à l'époque repéré plusieurs arcs très brillants qui semblent avoir disparu aujourd'hui. » Mystère neptunien : où sont les arcs ?

4.
8 milliards d'êtres mobiles et perspicaces à grouiller dessus la Terre, nous autres, pendant que la guerre économique accélérée par la poursuite et l'éclatement de conflits armés fait l'essentiel de nos informations (quand ce n'est pas le football ou les bafouillages du gouvernement). Personne ne me fera croire que lorsque nous serons 10 milliards (à l'horizon 2050), les affaires du monde iront mieux. Ce sera pire. Nos mâchoires égorgeront le monde.

5.
Avril 2023. D'après ce que je pige, les Américains en sont arrivés à la conclusion que le nombre croissant d'observations d'OVNI n'a rien à voir avec une technologie extra-terrestre mais, plus vraisemblablement, avec une puissance bien humaine. La Chine ? Ou les Etats-Unis eux-mêmes. Nous regardons bafouiller nos ministres sous les galops d'essai de seigneuries insoupçonnées.

6.
« L'ambition enfantine du poète est de devenir un vivant de l'espace. »
(René Char, « Moulin premier »)

Zazie en d'autres mondes, faisant tourner chèvres les Martiens.

7.
Le « Sud global » (expression employée, dit-on, par le président Macron) est soit indifférent, soit hostile, aurait constaté notre président, au soutien des démocraties occidentales à l'Ukraine agressée par la Russie poutinienne. Le Sud aussi aiguise ses couteaux, aussi sûrement que bat le cœur de bœuf.

8.
On dit qu'à la faveur de la faiblesse des partis traditionnels, des provocations de la LFI, des exigences des écologistes, de l'impopularité du président Macron, Marine le Pen n'a guère qu'à attendre 2027 pour être élue. Poussant la porte, il entra dans le péril et l'inconnu.

9.
Il y a une droite qui échappe à toutes les droites (qu'elles soient conservatrice libérale, chrétienne, libertarienne), c'est la droite « Ma gueule », affective, indifférente, laborieuse, populaire. C'est elle, le premier parti de France. Elle vote d'ailleurs parfois à gauche.

10.
« Et nous existerons en nous amusant, en rêvant amours monstres et univers fantastiques, en nous plaignant et en querellant les apparences du monde, saltimbanque, mendiant, artiste, bandit, - prêtre ! »
(Rimbaud, « L'éclair »)

La littérature parallèle des « amours monstres » et des « univers fantastiques » rhabille le réel. L'archiviste de la maison hantée a laissé fuiter les esprits. Les voilà qui machinent le monde.

11.
Ce qui importe ce n'est pas le nombre de menaces qui pèsent sur le monde (elles sont nécessairement nombreuses), mais leur hiérarchie. Les conflits sont inévitables puisque nous pourrions les éviter.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2023.

4 mars 2023

PENDANT QUE SE BALANCE LE GRAND HARENG-SAUR DE L'HISTOIRE

PENDANT QUE SE BALANCE LE GRAND HARENG-SAUR DE L'HISTOIRE

1.
La nuit ne rit pas. D'ailleurs, je ne vois pas la nuit avoir des envies de rigolade.
Je ris parfois. C'est qu'il y a des films comiques.
Je ne regarde jamais de films comiques en mangeant des crêpes. On ne sait jamais, des fois qu'elles se mettraient à se tordre et à s'esclaffer.

2.
Passe un rhinocéros. J'boirais bien une bière.
Ces deux propositions constituent un ensemble de douze syllabes. Je pourrais en faire un vers dans un poème qui parlerait de rhinocéros et de bière. Je n'en ai pas envie ; je contemple mon chien qui ronge son os.

3.
3 mars 2023. Une vidéo tournant sur twitter montrant Lavrov expliquant que la Russie essayait d'arrêter en Ukraine une guerre qui aurait été déclenchée contre elle et provoquant ainsi les rires du public de New Delhi, prouve indéniablement que Sergueï Lavrov est le plus grand clown de la scène diplomatique internationale. Avec sa tête à faire pleuvoir et le pince-sans-rire de sa distinction de cireur de bottes poutiniennes, cet homme sait faire rire, quand il ne fait pas pleurer.

4.
« - Raison de plus pour qu'on croie que tu fais le tapin, s'esclama Gabriel épouvanté. Surtout avec tes bloudjinnzes. Y a des amateurs.
- Y a des amateurs de tout, dit Fédor Balanovitch en homme qui connaît la vie. »
(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro »)

D'une manière générale, la vie est pleine d'amateurs. Certes, ils exercent, - pas tous – une profession, mais ils n'en restent pas moins dans la plupart des domaines des amateurs. Il y a des peintres, des musiciens, des politiques amateurs. Ils ont parfois un certain talent. Mais ce talent disparaît avec eux, et parfois, c'est dommage, mais c'est sans doute qu'ils avaient autre chose à faire. Restent quelques temps le tableau de l'oncle Arthur (une vue avec vaches d'un bout du coin de là-bas) et quelques vieilles coupures de presse. Par contre, je reprendrais bien de la tarte au riz.

5.
Le crétin professionnel ne se distingue du crétin amateur que par son pouvoir de nuisance. Et encore, certains crétins amateurs ont dépassé le stade du professionnel pour très vite accéder au stade de virtuose, de Grand Maître en crétinerie.

6.
Je ne sais pas si c'est vrai mais, selon un article du Point, du jeudi 2 février 2023 (p.24) : « Si un virus de grippe aviaire déclenche une épidémie dans un élevage de visons en Espagne, la propagation à l'homme est à craindre. » Qu'en pensez-t'ils-nous-vous-tu ?

Le mot « virus » signifie en latin « poison, toxine ». C'est donc un poison invisible. Il semble qu'il y ait débat sur la nature des virus : organismes vivants ou pas ? C'est que le réel grouille. Nous grouillons. Sous nos pieds, les rats grouillent. Les tueurs grouillent en Ukraine, en Afrique, dans l'enfer des faits divers. Le grouillement aura la peau de l'humain, aussi sûrement que Poutine a les valets les mieux payés du monde : ils ont pour nom : Lavrov, Choïgou, Guerassimov, Peskov, Medvedev, ecterov.

7.
« Ainsi dans la forêt où mon esprit s’exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor ! »
(Baudelaire, « Le cygne », v.49-50).

« Dans » est une préposition qui signale que quelque chose peut servir de contenant. « Mais qu'est-ce que tu as dans la tête ? », « Mais tu n'as rien dans le crâne, ma parole ! »  sont des phrases qui, employant la préposition « dans », nous renvoient à ce creux qui nous définit et où nous fourrons tout ce dont on dit parfois : « Je me demande où il va chercher tout ça. »

8.
Le complotisme fonctionne sur l'idée que s'il n'y a rien à voir là où on s'attendrait à voir quelque chose, c'est que ce quelque chose est caché, occulté, dissimulé. On s'attendait à voir une soucoupe volante (puisque quelqu'un de « bien informé » l'aurait déclaré), et ce n'est qu'un prototype de ballon espion, c'est donc que l'on nous cache que les aliens sont sans doute déjà parmi nous. J'ai toujours pensé que les bananes étaient hantées par des esprits pervers. Je n'en ai jamais trouvés, mais je remarque que l'on ne nous dit pas tout sur les bananes, ni sur les politiques perchés.

9.
« Le Point » du 2 février 2023, p.44 :
« Ce mont pelé qui domine la ville kurde syrienne de Kobané est abandonné au vent glacial et aux chiens errants. »
(Guillaume Perrier)

Le verbe « errer » vient du bas-latin « iterare » qui signifiait « voyager ». Il y a des chats, des chiens, des gens, des peuples, des esprits errants. Jadis, il y eut même des chevaliers errants. Les chapeaux errants sont plus rares, ou alors c'est qu'il y a quelqu'un dessous. Si vous croisez un manteau errant sans personne dedans, vous venez de croiser l'homme invisible.

10.
Si Cicéron, cependant que César césarisait et que se balance le grand hareng-saur de l'Histoire, n'avait point tant cicéronné, Cicéron n'aurait jamais été Cicéron, mais comme, cependant que César césarisait et que se balance le grand hareng-saur de l'Histoire, Cicéron cicéronnait, Cicéron est devenu Cicéron, mais pas Poincaré.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mars 2023.

6 février 2023

SED NON SATIATA VIRTUOSITE COQUINE

SED NON SATIATA VIRTUOSITÉ COQUINE

1.
Peut-on adorer une « bizarre déité » ? N'est-ce pas le bizarre qui adore le bizarre ? La « brune comme les nuits » rappelle le tabac brun qui brûle les jours, et le café qui blanchit les nuits. Jeanne Duval aussi.

Fantômes invisibles, les parfums. Aussi exotiques que des spectres hantant un rayon de supermarché. C'est quand ils vous reviennent du passé qu'ils sont autrement troublants. La chambre que l'on rouvre après l'absence. Baudelaire a raison, des mondes s'ouvrent dans les parfums.

Distrait, l'universitaire qui mit en note de bas de page que dans le vers « Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane », « obi » signifie, je cite : « Longue et large ceinture de soie japonaise » (cf « Les Fleurs du Mal », Folioplus classiques).

Citons plutôt Pétrus Borel qui, en 1833, dans « Champavert » a noté que « le mot obi désigne doublement la magie et le magicien », lequel est un sorcier africain. Ainsi, la femme désirée est-elle création magique autant que source d'envoûtement, « sorcière ».

« Œuvre » ; « Faust » ; « Sorcière » ; « enfant ». Cercle. Des « nuits » aux « minuits ». Correspondances. Des lointains aux parfums. Parallélisme : 4 hémistiches, 4 noms, 4 compléments du nom.

« Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits, »
(Baudelaire, « Sed non satiata », 1er quatrain)

2.
« constance », « opium », « nuits » : promesses d'ivresses. Rythme régulier du vers « L’élixir de ta bouche où l'amour se pavane », ternaire qui se poursuit dans l'hémistiche suivant : « Quand vers toi mes désirs », pour s'ouvrir sur le « a » de la forme « partent » et l'assonance « caravane ». Salive, cet élixir ? Peut-être. Des « yeux citerne(s) » (!) ; sont-ils grands ? Humides ? Pluvieux ? Larmoyants ? Ah, c'est pas la chanson de corps de garde, la cocasse à digue du cul.

Les « ennuis », qui font le spleen du narrateur baudelairien, délaissent ainsi les vins et l'opium pour boire à la bouche et aux yeux d'une, puisque l'amour s'y « pavane », appelons la « belle d'orgueil ». Fluides.

« Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L’élixir de ta bouche où l'amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis. »
(Baudelaire, « Sed non satiata », second quatrain).

3.
La nuit dans ses yeux, la belle à soupirail. Une cave donc, un souterrain, un lieu caché, propice au « démon sans pitié ». C'est que la beauté baudelairienne est impitoyable (« Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques » écrit Baudelaire dans « Hymne à la Beauté ») et relève plus de la « flamme » infernale que de la « pitié » chrétienne.

Cultivé, Baudelaire qui se rappelle des « Amours » d'Ovide :

« exigere a nobis angusta nocte Corinnam
me memini numeros sustinuisse novem »
(« Amores », Livre III, élégie VII)

« et, pressé par Corinne, j'ai pu, je m'en souviens, soutenir neuf fois l'assaut dans une courte nuit » (traduction, cf Philippe Remacle).

Faudrait-il être le Styx lui-même, le fleuve des enfers, pour satisfaire « neuf fois » la sorcière, la démone, la Jeanne Duval puisqu'on dit que c'est à elle que pensa le poète en composant cette virtuosité pour femme brune. Moi, j'en sais rien. Le titre expliqué : « Sed non satiata » (« mais non satisfaite »). Coquin.

« Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme ;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois, »
(Baudelaire, « Sed non satiata », 1er tercet)

4.
Mis en valeur du « Hélas ! ». C'est qu'il n'est pas, c'est qu'il ne peut. « Mégère libertine » sonne comme un oxymore. Le narrateur est-il effrayé par les exigences de la belle ? La Messaline est-elle trop salée ?
C'est que le narrateur n'a pas l'énergie pour soumettre la démone au rythme régulier de ses reins, « Pour briser / ton courage / et te mettre / aux abois ».
A moins d'être Proserpine (rime coquine avec « libertine »), la jeune fille enlevée à l'amour de la nymphe Cyané par Pluton, le dieu des Enfers, dont elle devint l'épouse.

L'assonance « i », la régularité ternaire des vers 13 et 14, le point d’exclamation final soulignent la tonalité humoristique du sonnet. Virtuosité. Auto-dérision. Superbe.

« Hélas ! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine ! »
(Baudelaire, « Sed non satiata », second tercet).

Patrice Houzeau
Malo, le 6 février 2023.

23 août 2022

D'LA TOUPIE D'SANS SON NEZ

D'LA TOUPIE SANS SON NEZ

 

1.

« Alors, il vit, face à lui, semblant monter du sol dans le maquis, un objet discoïdal extrêmement brillant, qui semblait tourner sur lui-même à une allure folle. »

(Jean-Claude Bourret, « Le Nouveau défi des OVNI »)

 

Défois, les choses semblent tourner.

Elles tournent, les choses, mais en fait elles semblent.

Défois, les choses semblent monter.

Elles montent, les choses, mais en fait elles semblent.

Ce qu'on voit, ce sont des choses qui semblent « monter du sol », « tourner sur elles-mêmes », faire des excès de vitesse comme si elles étaient dans le réel comme chez elles.

Vous savez quoi, le réel, c'est d'la toupie d'sans son nez.

2.

Si avez perdu vot' Suzon dans une crêpe Suzette, ce s'rait-y pas qu'vous prenez un peu trop les filles pour d'la liqueur d'orange ?

3.

Hélas, comme on le voit avec les massacres en Ukraine, moquerie, humour, dérision, DADA féroce, satire, surréalisme, contre-culture ne permettent pas de désarmer les dictatures. Leur acceptation est juste le signe que nous vivons dans une démocratie. C'est bien pour ça qu'il faut soutenir Charlie.

4.

« - Certains ufonautes vus à côté d'un OVNI posé au sol, peuvent s'élever en l'air comme par lévitation, voire disparaître sur place. »

(Exemple de témoignage rappelant les « récits oniriques » donné par Jean-Claude Bourret in « Le nouveau défi des OVNI »)

On dit qu'il y a des visiteurs des cosmiques confins, i « peuvent s'élever dans l'air », dis, comme s'ils faisaient du yoga à lévitation comme on voyait dans les bandes dessinées.

Ce sont peut-être des saints lévites, ces ufonautes, ou alors ils sont pleins d'propulsion intégrée ; ce seraient-y pas des machines défois ?

Après, il y en a même ils peuvent même « disparaître sur place ».

Mais ça, à mon avis, c'est quand on ferme les yeux.

Même qu'après, on dort.

5.

« Dès lors, pourquoi aller chercher midi à quatorze heures, et continuer de refuser aux OVNI le statut d'astronefs extra-terrestres, alors que par leur seule présence dans notre ciel, ils nous suggèrent un tel statut... »

(Pierre Guérin in « Le nouveau défi des OVNI », Jean-Claude Bourret)

Il y a des choses qui passent dans le ciel.

Ces choses nous suggèrent-elles qu'elles viennent d'ailleurs, d'ailleurs très lointains ?

Ces choses nous mentent-elles ?

Ces soucoupes volantes et autres fulgurances azimutées nous feraient-elles croire qu'elles sont des « aéronefs extra-terrestres » alors qu'elles ne sont que des hallucinations, ou des leurres ?

Mais cékidonc ki nous leurre nous leurreli-leurrelou tant, dis donc ?

Les extra-terrestres ? Les petits lutins qui font du vélo dans nos têtes ?

Ou bien des bipèdes perspicaces de notre réel bien à nous machinant des sophistications dont on n'a pas idée ?

Zut, ce matin, mettant les rhinocéros dehors, parce que allez la nuit, d'accord, mais le jour, ils peuvent sortir non, me fit remarquer que l'ufologie des années 70 était peut-être un complotisme soft.

Avec le fatalisme d'une biscotte s'effondrant dans le bol de café, je lui répondis qu'on nous cache tout, on nous dit rien que de toute façon, si on nous le disait, on le croirait pas.

Patrice Houzeau

Malo, le 23 août 2022.

8 juillet 2022

EST-CE PAR HASARD QU'IL N'Y A PAS DE HASARD ?

EST-CE PAR HASARD QU'IL N'Y A PAS DE HASARD ?

1.

Il n' y a pas de hasard... Bin si, justement, et c'est même par le plus grand des hasards que notre monde existe. Le hasard prouve le hasard, sinon à quoi bon le hasard ?

2.

Tu vois bien que c'est la même connerie : la transformation des cailloux en lentilles comme la multiplication instantanée des pains. C'est-y possible, bin non (à moins que l'on ait préparé auparavant une réserve de lentilles et idem pour la pâte à pain). Pis après, Shazam Mandrake !

3.

Trolls russes et pro-Poutine, vous vous rendez quand même bien compte que lorsque l'on tape cours du rouble sur internet, on obtient un rouble = 0,01 euro ou 0,01 dollar. Ce n'est que dans un univers parallèle que les BRICS pourront rivaliser avec la Triade.

Pourquoi ? Bah pas compliqué à piger : avez-vous envie d'être performant dans une société dictatoriale où, du jour au lendemain, l'Etat peut vous piquer vos sous et votre gagne-pain ? Cependant qu'en Occident, vous pouvez vous enrichir sans crainte pour vous-même et votre famille.

4.

Poutine avale les adhésions de la Suède et de la Finlande. Poutine laisse tomber Kaliningrad. Poutine ne contrôle le Donbass qu'au prix de milliers de soldats russes blessés, tués, disparus. Poutine n'osera pas utiliser l'arme atomique : il signerait son arrêt de mort.

5.

Il commence à se dire que le covid n'est peut-être pas aussi « naturel » comme virus qu'on l'a dit. Résultat ? Certes, une récession mondiale aggravée par la sale guerre de Poutine en Ukraine, mais la plus salement touchée est quand même la Chine...

6.

Je suppose que dans les sphères du pouvoir chinois certains doivent se demander quel est ce cul-blanc de Poutine qui se prétend eurasiate et qui rêve d'entraîner l'Asie dans une guerre qui ne la concerne pas.

7.

Springsteen sur France Culture : le rock s'institutionnalise. Ce que préfère Zut, ce sont ses ballades. Quand c'est trop bourrin ramdam, Zut, le rock, elle aime moins. Le monde dégringole rapido. On va vers les gouffres. Imparable. Trop de trouducs et trop de trop nombreux.

8.

Ça s'décade à toute vitesse. L'ignorance régnait, encouragée par le pédagogisme et la technocratie, voilà que la misère s'en mêle. Misère plus ignorance, les gens, on va tout droit vers la fin de notre démocratie.

9.

A droite comme à gauche, ils rêvent tous d'en croquer. Tout le monde le sait. Nous nourrissons des animaux que l'on appelle « politiques ». Zont même pas la reconnaissance du ventre, et plus ils sont gavés, plus ils nous méprisent. « Ni Dieu ni maître », proclame Zut.

10.

« une vertu rationalisante de l'atome » paraît qu'il a dit le général Poirier comme quoi les hommes d'Etat genre Poutine et Kim Jong-un tout dingos qu'ils paraissent, le fait d'avoir la possibilité de détruire l'humanité, les rendrait rationnels et prudents. On l'espère hein.

11.

8 juillet 2022 : selon Poutine le roublard, l'armée russe « n'a pas encore commencé les choses sérieuses en Ukraine »... ah oui, je me disais bien aussi... Tant de soldats russes tués, tant de tanks perdus... Mais là, Vlad annonce la couleur, va tout sketer, tout i vous dit.

12.

Regardez bien les yeux de Poutine. Ils ne sont pas vides, ils sont perdus. Je parie assez que ce pauvre type ne sait plus où il en est.

13.

Et tu t'apellerios « La Mort »... #StopPutinNOW

14.

Dans un bar de Dunkerque, des pochtrons mélenchonistes discutent aveec des pochtrons zemmouristes. Ils s'entendent comme cochons en foire.

15.

Je sais comme tout le monde que Boris Johnson est peu honnête intellectuellement, un hâbleur, oui mais c'est aussi l'un des plus fermes défenseurs des démocraties libérales et un soutien avéré de l'Ukraine libre et indépendante. Son départ de Downing Street m'inquiète.

16.

Zemmour ou les poubelles de l'Histoire.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 8 juillet 2022.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité