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BREFS ET AUTRES
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18 janvier 2024

AUSSI ABSURDE MAIS AVEC DU VOCABULAIRE

AUSSI ABSURDE MAIS AVEC DU VOCABULAIRE

1.
« Miss Bridget manifestait assez souvent un certain mépris à l'égard de ses sœurs humaines, mêmes celles qui avaient adhéré à sa Société. »
(Pierre Boulle, « Le Professeur Mortimer »)

Ce genre de réflexion sur la misanthropie me rend un sourire que ma sotte anxiété tend à me dérober chaque jour. D'autant que la Miss Bridget du roman a voué son existence à la défense des animaux.

2.
« - pour un observateur d'un tempérament froid, il revêtait un certain aspect, mais pour une âme chaleureuse, il prenait une coloration toute différente. »
(Nabokov traduit de l'anglais par Georges Magnane, « Le Guetteur »)

 

Pour ma très sotte anxiété, que faire ? M'ébaudir aux comédies,
Un clown de génie étant plus intéressant qu'un ministre médiocre (et la médiocrité ne manque pas en politique, c'est même un de ses traits caractéristiques à la politique que d'être surtout une affaire de médiocres).
Observateur je fus, mais maintenant je berlue, c'est qu'on en a vus, nous autres, des improbables !

3.
« Nous nous trouvions dans des conditions singulières. »
(un personnage d'un roman d'Agatha Christie dixit)

 

Nous nous argumentons la serine-moi-des-promesses nous
Nous berluons du politique c'est que nous nous
Trouvions sans cesse dans la singularité des conditions
Dans des circonstances à comment qu'ça va tourner s't'affaire
Des ruptures fractures malaises sociétaux récrimines crises et autres
Conditions qu'à peine ça se règle d'un côté v'là qu's'en alertent d'autres aussi
Singulières qu'les gens sont pas contents et de plus en plus nombreux qu'ça grince et coince dans le démocratique.

4.
« Il était resté époustouflé par ses manigances de sorcière »
(John Updike, « Les Sorcières d'Eastwick »)

 

Il était resté marivaugouin, tout à fait coi ; il
Etait resté vidouille et braquebaloin, tout à fait coi ; il était
Resté carneyé, carencé, canouistropé, tout à fait coi ; il était resté
Epoustouflé tandis qu'a s'a désaccordèrent, les guitares ; époustouflé
Par la façon dont le réel se mettait à changer de visage, comme si les visages de tous nos jours, au réel, on aurait dit soudain des grotesques, des caricatures, des malaises dans la temporalité, époustouflé comme si
Ses visages au réel, ils étaient tels qu'en eux-mêmes, j'vas gerber du cauchemar, qu'le réel, c'est rien que
Manigances manikoutais que de quoi que j'me dis de quoi que j'me dis de quoi que j'me dis
De quoi ? fis-je, révolté de tant d'absurde à nausée, mais la
Sorcière bien maquillée en bouteille m'assomma avant que je puisse me démarrer la corpulence.

5.
Quand je pense qu'il suffirait que je n'existe pas pour que personne n'en sache pas plus que si j'étais vivant, cela me laisse aussi songeur que lorsque l'ordinateur, avec une belle constance, me bat aux échecs.

6.
« Et ces orphéons, ces pétards, là-bas, dans la ville ! »
(Jules Laforgue, « Salomé » in « Moralités légendaires »)

 

Et voyez, je suis entouré de mots, des livres partout ; tous
Ces bouquins, je me dis défois qu'ils vont me manger, m'ensevelir, m'engloutir, tous ces
Orphéons de syllabes, ces clameurs muettes (pourquoi donc que l'image mentale d'une mouette m'envahit ah tiens) ; vont finir par me stupéfier, me dénommer, m'éparpiller l'être, tous
Ces textes géniaux, insipides, crétins, insignifiants, philosophiques ou le croyant, vivaces, malsains, troubles, dégoûtants, abscons, hermétiques, prétentieux, didactiques, humanistes, policiers, poétiques, honnêtes, écrits sans tête, sans queue, sans tripes, sans conviction ou dans l'ardeur des lendemains qui, systématiquement, déçoivent.
Pétards d'une révolution d'opérette ; brûlots d'un tas de crétineries.
Là-bas que j'me dis, dans tous ces ailleurs exotiques si loin de ma supérette et de mon bar-tabac du coin, doit y en avoir d'autres rigolos qui contemplent les piles de signes accumulés, regardent la misère du monde, et se disent aussi en écoutant à la radio pérorer les professionnels de la profession d'aligner des signes : « Bin tiens,bin voyons ».
Dans tous ce fatras littéraire, quoi donc ai-je cherché, quoi donc trouvé ?
La Raison avec un grand « R » d'avoir l'air ? Certainement pas, et je m'en vais dans la
Ville, aussi absurde que tant d'autres, mais avec du vocabulaire.

7. Relancer la natalité, qu'il a dit Macron. Pour faire quoi ? On est déjà huit milliards et au bord de la guerre mondiale. Ça vous excite tant que ça, la perspective des massacres ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 janvier 2024.

 

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14 janvier 2024

EN M'INTERVIEWANT LA CITROUILLE

EN M'INTERVIEWANT LA CITROUILLE

«Est-il moyen, ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plume
Au risque de tomber pendant l'éternité ? »
(Mallarmé, « Les Fenêtres »)

 

Est-il sot, le poète, avec ses mots qui ne servent à rien ? Est-
-il, incongru, stilal ? Pas
Moyen, en effet, de conquérir l'espace avec des rimes, de vaincre le cancer avec des rimes, de sauver la démocratie avec des rimes. Tout juste s'il vous amuse quelques instants, quand il ne vous ennuie pas.
Ô Poète, grand inutile, fais-moi des frites, sers-moi une bière, espèce de grand
Moi-y-a-qu'ça-qui-m'intéresse, moi
Qui me turluche me turlupine me turpitude me turnicote l'écoutille à échos, moi qui
Connais si peu de choses que je ris de me voir si sot en ce miroir. Quant à
L'amertume, oui, j'aime beaucoup la bière.

 

« D'enfoncer le cristal » ? Cher maître, vous avez de ces expressions !
Le cristal, quoi qu'il vous a fait, le
Cristal que vous vouliez ainsi « l'enfoncer » et lui casser sa lucidité ?
Par la fenêtre, on ne jette pas ainsi
Le bébé, l'eau du bain et tous ses cheveux. Quel
Monstre à tête de clown en vous demeure ?
Insulté que vous vous sentez. Je bois donc à la vôtre.

 

Et alors, j'ai pensé que ce n'étaient pas les masques qui faisaient le carnaval, mais les bipèdes agités derrière et aussi que j'aime beaucoup le groupe « The B-52's », et leur musique inventive, joyeuse et ironique, que je vous cite les premiers vers
De « Song For a Future Generation » (c'est amusant) :
« Wanna be the ruler of the galaxy
Wanne be the king of the universe
Let's meet and have a baby now !

 

Wanna be the empress of fashion
Wanna be the president of Moscow
Let's meet and have a baby now ! ».

 

M'enfuir ! Quelle drôle d'idée que je me dis en m'interviewant la citrouille.
Avec mes deux jambes et ma grande incapacité, où que j'pourrais bien aller ?
Mes envies d'azur étant très très très limitées, j'ai
Deux amours : mon chez-moi et la supérette du coin. Les
Ailes, c'est pour les anges, et les anges ne vont pas au bar-tabac. Et d'ailleurs,
Sans fortune, je n'irais pas bien loin. Me reste la
Plume, celle dont je suis plumé.

 

Au sacredouille que je finirouille ! Ah c'est que je
Risque bien de glisser dans la nadouille et
De m'y froisser la comprenouille, de
Tomber dans l'inconsistouille. Ce sera
Pendant un instant de distractouille que telle qu'en elle-même,
L'éternité voyez, eh bien, en attendant, la pluie, ça mouille.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 janvier 2024.

 

 

3 janvier 2024

AUSSI CON QUE LES AUTRES MAIS EN PLUS DOUÉ

AUSSI CON QUE LES AUTRES MAIS EN PLUS DOUÉ
Suivi de douze ironies en lisant un roman de Mary London.

1.
« Le seul sujet qui préoccupe, vraiment, profondément quelqu'un, c'est lui. »
(Pierre Desproges, « La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute »)

Le truc avec les phrases, c'est qu'elles disent souvent ce qui a déjà été dit.
Seul le génie peut vous en fignoler des inédites et inouïes, des merveilleuses et des incroyables (genre équation, théorie qu'on pige que dalle, eurêka carabiné, logique implacable que les autres, bin, voyez, i z'y avaient pas pensé). Quant au
Sujet, c'est toujours le même : le bipède avec sa tête de caricature,
Qui va vient circule s'ennuie enquiquine les autres mange boit dort se reproduit, même qu'en plus, il se
Préoccupe de tout un tas d'âneries qu'il croit profondes et puis, voyez, le bipède entreprenant là,
Vraiment qu'il finit par en crever, de ses si humaines âneries.
Profondément hein qu'il est idiot, le génie humain.
Quelqu'un passe, avec ses quatre vérités débiles... Ah
C'est un politique.
Lui, c'est quelqu'un, dites, un être de pouvoir, un sac à diplômes, une conscience, aussi conne que les autres, mais en plus doué.

2.
Le brouillard s'étant levé, - l'action de ce roman se déroule en Angleterre –, quelque enquêteur, je suppose évoquera le « secret de l'enquête ».
Il se pourrait donc que le lecteur ne sache pas tout de ce qu'il y aurait à savoir et qui permettrait de confondre le coupable.

3.
Je me demande si, une fois découverts, il serait arrivé que certains meurtriers s'échappassent de leur prison de phrases et se carapatassent dans le réel.
Faudrait faire tourner la table et demander à l'esprit de Dame Agatha.
Je ne pense pas que l'auteur du « Meurtre de Roger Ackroyd » nous dirait alors : « Avez-vous lu les journaux ? ».

4.
S'il est question d'un « Château des Trente » d'Horace Wallace dans ce roman de Mary London intitulé « Le Mort de la Tamise », c'est sans nul doute par goût du pastiche, cause qu'on connaît « Le Château d'Otrante », d'Horace Walpole, mais « Le Château des Trente », késako ? Du reste, il n'y a pas plus de Mary London que d'honnêteté intellectuelle dans la tête d'un pro-Poutine, puisque l'anglaise Mary London était en fait le français Frédérick Tristan, lequel s'appelait en fait Jean-Paul Baron.

5.
Quant à « peindre des fleurs et inaugurer des kermesses », quelque lady anglaise pourrait s'y adonner. Ce qui est plus moral et décent que de collectionner les amants dans d'épouvantables affaires d'accident d'automobile ou de jardinage.
Remarquez que, comme il arrive à je ne sais plus qui dans le bouquin, des fois on tourne et retourne une scène dans sa tête.
Cinoche portatif.
Caboche et cogitif.
Sinon quoi ? Le hip-hop bigoudi ?
Ou alors le be-bop dégourdi...

6.
Que « diverses pistes s'ouvrent » à la conscience enquêtrice, c'est le propre du roman policier et si l'on y déguste du « darjeeling » accompagné de « muffins », c'est pour faire couleur locale, effet de réel, chic fantaisie. Il y a aussi la bière et les compétitions de fléchettes, mais c'est d'un commun.

7.
On sait aussi qu'une fille lui avait été « naguère présentée », mais je ne sais plus ni qui, ni à qui (Nicky Niacky, ça doit être une danseuse de hip-hop). Par contre, j'ai bien noté le bout de phrase du « prénom entendu dans le brouillard : Jane... »
Citation : « mais le portrait de Jane Austen avec son délicat visage ovale sous un bonnet à dentelles, et son regard pénétrant le fascinait depuis des années. »
(Mary London, « Le Mort de la Tamise », pocket n°11336)

8.
Aussi fatal, dans la narration à énigmes et détective, le « poison dans le verre », et « subrepticement », sinon ça vaut pas le coup de parler de « force sournoise et invisible ».
Quant au « rhinocéros », depuis Ionesco, nous savons ce qu'il faut en penser (surtout si on y songe, parce que pour ma part, je ne songe que très rarement, et pour ainsi dire jamais, au « Rhinocéros » de Ionesco).

9.
Un livre avec  habits de soirée » et un secret qui « doit demeurer entre nous. »
Un livre avec « trompe-l’œil ». Vous m'escarguerez que rares sont les livres qui ne relèvent pas du trompe-l’œil, et ce sera bien escargué.

10.
Révéler « ce que sont ces masques », voilà le but de l'enquêteur.
Un personnage s’exclame : « Sir Malcolm, tout ce que vous dites là n'est pas vrai ! » Pardi ! Sir Malcom Ivory n'étant qu'un personnage de fiction, en soi, ce qu'il raconte n'est ni vrai ni faux, ou plutôt est aussi vrai et aussi faux que la plupart des machines à songes qu'on lit.

11.
« une maîtrise incroyable ». C'est ce qui fait l'intérêt des énigmes policières. Mary London est-elle d'une maîtrise incroyable ? Bah, ça se tient. J'ai lu pire. Mais c'est du vite fait quand même, de la mécanique ; ça roule quoi.

12.
« Que ce qui doit être fait soit fait ! », dit un personnage du roman. Dans le même genre, j'aime bien : « Ce qui est fait n'est plus à faire. » J'aime aussi le coq au vin, mais je n'en mange que rarement.
« La vérité est bien plus étrange que vous ne pensez ! ». Je crois bien que c'est le personnage de Malcolm Ivory qui dit cela, et même, comme on sait, que « La Vérité est ailleurs ». Ma sœur aussi, d'autant que je n'en ai pas.

13.
« comme il l'eût fait d'un automate. » J'aime bien cette fin de phrase. C'est que le réel manipule et qu'il grouille de manipulateurs. On leur donne le nom de « politiques ». Sinon, ce sont juste des gens avec lesquels vous avez affaire dans le quotidien du « comme il l'eût fait d'un automate », qu'on est payé pour, dis.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2024.

 

20 novembre 2023

LA VERITE EST AILLEURS ET MOI AUSSI

LA VERITE EST AILLEURS ET MOI AUSSI

1.
Les bons comtes font les bons amis quand ils ne se disputent pas avec les marquis.

2.
Le Mont-Blanc (dont la hauteur est en 2023 de 4805, 59 mètres, soit 2,22 mètres de moins qu'en 2021) est en fait une pyramide déguisée en pic de montagne. Ce qui prouve que les Égyptiens de l'Antiquité étaient de fameux alpinistes. #LaVéritéEstDansLaMontagne

3.
Les personnes qui ne croient pas aux OVNI et qui sont enlevées par des extra-terrestres sont-elles en fait victimes d'auto-abduction ?

4.
Étrange. Personne n'a jusqu'ici fait le lien évident entre le monstre du Loch Ness, la pandémie du Covid, les lignes de Nazca, les OVNI et les apparitions de Luc Ferry dans nos étranges lucarnes (des milliers de témoins !).

5.
Lorsque Tertullien n'a pas écrit : « Credo quia absurdum est », il n'a certainement pas cru si bien dire.

6.
Nous savons de source aussi sûre que les sources de Régis de Castelnau que le monstre du Loch Ness est un sous-marin allemand de la première guerre mondiale (un U-Boot !). Son équipage est plus ou moins régulièrement renouvelé par une secte de nostalgiques de la cinquième colonne.

7.
Avez-vous remarqué qu'il y a tout de même pas mal d’ex-militaires (gendarmes, pilotes de chasse, membres de services plus ou moins secrets,...) qui racontent publiquement bien des trucs et ficelles sur les OVNI ?

8.
Lorsqu'en 1763, le gouverneur de la Californie du Nord, Arthur Dobbs, révèle au public l’existence de la plante qu'il appelle lui-même : « attrape-mouches sensible », rien ne m'empêchera de penser que cette « plante » était un extra-terrestre invasif.

9.
Entendu dans une vidéo que le Vatican détiendrait un morceau de PAN qui se serait crashé dans l'Italie d'après-guerre. Du coup, je me demande s'ils sont bien tous humains, les serviteurs du Seigneur, là, ou si... hein ?

10.
Certains sous-entendent que ce n'est qu'apparemment que la monnaie officielle de la Russie s'appelle « rouble ». Son véritable nom serait plutôt « pot-de-vin ».

11.
La Lune est creuse. D'ailleurs, elle a enfanté la Terre.

12.
Tout le monde sait que les paroles des chansons de Claude François étaient codées. D'où, peut-être, la disparition prématurée de l'interprète de « Alexandrie Alexandra ». On en parlé, hein déjà, des secrets de l’Égypte antique. #LaVéritéEstUneChansonFolle

13.
Dans les cours de mathématiques, 26² = 676 mais dans le monde réel, 26² = 676 était le véritable nom de l'homme qui se faisait appeler Arthur Hifairaire (oui, c'est rare) et qui vendit des années durant des aspirateurs. D'où venait-il réellement ?

14.
Arthur Conan Doyle a soigneusement travesti la réalité. Mais quand on lit attentivement son œuvre (surtout si on n'a que ça à faire), il devient évident que le véritable détective est le chien des Baskerville, tantôt déguisé en docteur Watson, tantôt en Mrs Hudson. #LaVéritéFumeLaPipe

15.
Si la Justice américaine n'empêche pas Donald Trump de se présenter aux élections de 2024 et si le blond bavard beuglant est élu, alors plus aucun doute ne sera permis : les extra-terrestres auront gagné.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 novembre 2023.

13 novembre 2023

LES TELEPATHES TROP BAVARDS DONNENT-ILS MAL A LA TÊTE ?

LES TELEPATHES TROP BAVARDS DONNENT-ILS MAL A LA TÊTE ?

1.
« et le rêve de ce qu'on pourrait voir si la fenêtre s'ouvrait,
et qui jamais n'est ce qu'on voit quand la fenêtre s'ouvre. »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Poèmes désassemblés »)

Le réel ne se ressemble pas. Il faut tenir compte de ce qui semble, de ce qui est réellement et de ce qui pourrait être. Casse-tête. Usant. Nous noyons tout dans les mots. Et rationnellement, nous faisons les mauvais choix.

2.
« comme si la maison n'était pas finie »... Je me demande si les maisons pas finies sont hantées par des moitiés de spectres, des effiloches fantomatiques...

3.
« Ses parents n'arrêtent pas de parler »... ce qui prouve qu'ils ne sont pas muets... à moins que cette phrase soit tirée d'une histoire de télépathes... Les télépathes trop bavards donnent-ils mal à la tête ?

4.
« - Parole, tu connais ces gens, Daria ? »... J'aime le dessin animé Daria... Ces gens, moi, je ne les connais pas. Je connais un œuf ou deux, un chat, et Zut. Jadis, j'ai connu un poisson rouge, mais le chat l'a mangé.

5.
« Mais cela ne l'empêche pas d'être charmante... ». Ceci dit, le fait qu'elle se promène avec un couteau de boucher dans son sac ne me rassure pas plus que ça.

6.
Le fait de ne pas conduire n'empêche pas que l'on puisse mourir dans un accident d'auto. Est-ce pareil pour les OVNI ? Ne pas y croire empêche-t-il réellement d'être abducté par des zôtres dont on cause dans les vidéos sur You Tube ?

7.
« la folie reconnue dans une sonate », cette poignée proustienne de haricots verts (en fait, ça s'appelle des syllabes, mais on peut en faire aussi des salades) me rappelle que des sonates, jamais je n'en écoute (sauf dans les univers parallèles où j'y suis contraint). Déjà qu'après le riff génial qui lance le « Satisfaction » des Rolling Stones, - je dis ça pour les habitants des intersidéraux -, je me dis que je devrais écouter plus de sonates.

8.
« Et maintenant, les Jours de Fête ! », c'est dans un épisode de Daria, ça (l'épisode 3 de la saison 3). Les Jours de Fête reviennent tous les ans. On dépense plein de sous mais on est quand même content. Enfin presque. Et pas tout le monde. Y en a ils restent malheureux. Parce que le malheur des gens est compris dans ce qu'on nous donne et qu'on appelle « réel », lequel, par ailleurs, coûte de plus en plus cher.

9.
C'est Pierre Desproges, je crois, qui a dit que « l'on peut rire absolument de tout, mais pas avec tout le monde ». Et donc pas n'importe qui. D'où l'air sérieux que j'ai toujours quand je me parle à moi-même.

10.
« Lorsque l'herbe poussera au-dessus de ma tombe... » : y a pas à dire, ouvrir un volume de Pessoa, ça vous requinque le bonhomme.

11.
Je ne sais pas pourquoi je pense soudain à un arbre gigantesque qui a poussé dans une maison. J'ai dû voir cette image dans mon enfance. Si Zébulon m'apparaît en lançant au cœur de la nuit « Tournicoti-tournicoton », demain, j'irai consulter ; le cours sur la crise de Cuba attendra.

12.
« Car l'unique signification occulte des choses,
c'est qu'elles n'aient aucune signification occulte. »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Le mystère des choses... »)

C'est bien ce que je pense et lorsque j'en discute avec mon pain perdu, je constate qu'il ne soulève aucune objection. Quant aux fantômes, qu'ils fassent la gueule ne me fera pas sortir de ma tombe pour autant.

13.
« Alors ce salon qui avait réuni Swann et Odette... », devinez que je tire ça de Proust. Parce que des Swann et des Odette, j'en connais pas. Quant au salon qui « réunit », quelle idée ! Si l'on confie sa destinée amoureuse à des canapés, des fauteuils et une table tournante (je ne conçois pas de salon de fiction sans séance de spiritisme, ça distrait des autres pages que je ne lis pas non plus), faut pas s'étonner si la soupe est trop salée.

14.
« En tout cas, ce que je sais, c'est que l'une de vous deux riait de l'une de vous deux », c'est la mère à Daria et Quinn Morgendorffer qui dit ça à Daria (S09E06). Moi aussi, ça m'arrive de rire, et parfois des deux, sauf quand elles ne sont là et que je ris tout seul, ce qui arrive tout le temps, car je n'en connais pas deux comme Zut.

15.
« Moi tête baissée au centre de ma conscience de moi »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Passage des heures »)

J'aime bien ce vers qui commence par « moi » et qui finit par « moi ». Est-ce un vers égotiste ? Consciencieux ? Philosophique, ou tartinable ?

16.
Le Beuglant Insoumis, s'il ne travaille pas pour l’extrême-droite, en tout cas, c'est bien imité.

17.
A peu près certain que les décérébrés qui ont participé au pogrom du 7 octobre 2023 (et tué, violé, torturé), s'ils ne sont pas encore tous morts, ils sont probablement identifiés (par les images laissées). Walking Dead. L'enfer attend ces pseudo-martyrs.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 novembre 2023.

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6 novembre 2023

ET NE PLUS FAIRE A LA FIN QU'UN POINT DANS LA NUIT

ET NE PLUS FAIRE A LA FIN QU'UN POINT DANS LA NUIT

1.
« Tous mes sens à moi-même en sont encor charmés :
Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez,
Et si je ne m'abuse à lire dans son âme,
Il vous commandera de répondre à sa flamme. »
(Corneille, « Le Cid » I,1 [Elvire à Chimène])

De qui de quoi est-ce donc qu'il est question ?

- des « étranges lumières de Phoenix », même que ça s'est passé en 1997 aux Etats-Unis mais c'est pas sûr du tout que ça soit des OVNI et encore moins de pharalumineuse saucisses volantes ?
- Que le daron à Chimène est d'accord pour une éventuelle marida de sa fille avec un certain Rodrigue ?
- Des dons de voyance, de mentalisme, de télépathie, de psychologie qu'elle a, Elvire, la gouvernante de Chimène ?

2.
« Un moment donne au sort des visages divers,
Et dans ce grand bonheur je crains un grand revers. »
(Corneille, « Le Cid » I,1 [Chimène à Elvire])

Chimène ici fait-elle preuve de :
- pessimisme ?
- de pessimisme quant à l'avenir de nos démocraties occidentales face à la montée en puissance d'un tas d'autoritarismes extra-européens ?
- D'une charmante lucidité ?
- D'une lucidité versifiée ?
- D'un grand amour pour la vérité en général et pour le poulet froid frites-mayo en particulier ?

3.
« Voulez-vous demeurer dedans la rêverie ? »
(Corneille, « Le Cid » I,2 [Léonor à l'Infante])

Qu'est-ce donc que ceci ?
- Une question sur l'intérêt que l'Infante (c'est une princesse) porte au rock progressif ?
- Une question sur la mélancolie ?
- Une question sur la fumette ?
- Une remarque sur la hauteur du Mont Blanc (4805 mètres) comparée à l'ego de Jean-Luc Mélenchon ?
- Ceci n'est pas une pipe. Et pas non plus une moustache.

4.
« Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes »
(Corneille, « Le Cid » I,3 [le Comte à Don Diègue])

Ce vers est-il monosyllabe ou monosyllabique ?
- Il est monosyllabique car il est composé de douze syllabes (on disait jadis « pieds » mais on ne le dit plus. Pourquoi ? Je ne sais pas).
- Il n'est pas monosyllabe car un vers monosyllabe est composé d'une seule syllabe. Par exemple, ce poème de Jules de Rességuier (« Sur la mort d'une jeune fille ») est composé de 14 monosyllabes :

« Fort
Belle,
Elle
Dort.

Sort
Frêle,
Quelle
Mort !

Rose
Close,
La

Brise
L'a
Prise. »

- En tout cas, le vers suivant est :
« Ils peuvent se tromper comme les autres hommes », et ça, c'est bien vrai.

5.
« Ton impudence,
Téméraire vieillard, aura sa récompense.
(Il lui donne un soufflet.) »
(Corneille, « Le Cid » I,3 [le Comte à Don Diègue])

Pourquoi donc que le Comte donne un soufflet à Don Diègue ?
- Parce qu'il est méchant et jaloux, bouh, comme un pou ?
- Parce que cet acte est l’élément déclencheur de la tragédie de Corneille intitulée « Le Cid » et qui fut représentée pour la première fois le 7 janvier 1637 ?
- Pour rallumer un feu qui pourrait s'endormir et ne plus faire, à la fin, qu'un point dans la nuit ?

6.
« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! »
(Corneille, « Le Cid » I,4 [ Don Diègue])

Pourquoi donc qu'il s’exclame ainsi, le « téméraire vieillard » ?
- parce qu'il est trop vieux pour courir le jupon ?
- Parce qu'il sent bien qu'il ne l'a plus si délié, son citron ?
- Parce qu'il déteste les chicons au gratin ?
- Parce qu'il a oublié le pain, et donc la moutarde lui monte au nez ?
- Parce qu'à l'âge qu'il a, il ne saurait plus se battre en duel et venger son honneur, lequel s'en bat les flancs ?

7.
Le Comte étant le père de Chimène, et Rodrigue étant le fils de Don Diègue, et Don Gomès ayant souffleté le « vieillard téméraire », que va-t-il se passer ?

- Don Diègue va-t-il proposer à Rodrigue d'aller casser une croûte dans une brasserie du coin, histoire de décompresser ?
- Y aurait pas là comme un air de vendetta, de corrida, de trucida ? En tout cas, pour la marida avec Chimène, bin c'est-y pas qu'c'est pas gagné ?
- Don Diègue va-t-il proposer à Rodrigue de venger l'honneur familial et d'aller un peu trépasser le père de Chimène, même qu'il lui dit, Don Diègue à Rodrigue : « Meurs ou tue. » ? Ah ça, la tragédie classique, ça rigole pas, surtout avec l'honneur, lequel s'en tamponne la coquille.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 novembre 2023.

26 octobre 2023

LE REEL EST CE QUI S'AFFRONTE

LE REEL EST CE QUI S'AFFRONTE

1.
« Ah tais-toi donc ! Nous avons une réalité à affronter. Viens ! »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor à Corto])

Que veut ici dire Klingsor ?
- qu'il est en quelques planches passé de l'enfant dans la maison de Hermann Hesse au chevalier maudit. Mais est-ce le même Klingsor ? Je sais pas trop. Je ne suis pas assez attentif vu que je lis et j'écris tout en écoutant l'épatante Imelda May chanter du rock n' roll, du vrai, celui qui peut se jouer sur scène sans bidouillages électroniques de partout, du qui swingue, du genre rockabilly, si vous voyez ce que je.
- Que le réel est quelque chose qui s'affronte, sinon on s'écroule, s'effondre, puisque nous sommes tous, nous autres, des fighting spirits ?
- Qu'à chaque jour suffit sa peine, mais que quand faut y aller, faut y aller ?
- Qu'on n'est pas au bout de nos peines, surtout avec la sale guerre de Poutine en Ukraine et le conflit Israël-Hamas, et les glaciers qui fondent même que j'ai entendu sur France Inter que certains scientifiques disaient que même si on atteignait les objectifs prévus par les différentes conférences sur le climat, on allait quand même droit vers des soucis majeurs et autres catastrophes ?
- Que le chevalier Klingsor va provoquer la modernité en duel ? Du reste, le réel est ce qui s'affronte puisque ce réel s'impose à nous malgré les accords que nous avons passés avec nos fantômes.

2.
« Vous me cassez les pieds avec vos théories. Je me trouve ici à cause d'un rêve. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [« l'ogre »-gorille à Corto et Klingsor])

Que veut dire ici le gorille (et c'est tout de même épatant ça, un gorille qui parle aussi bien que vous et moi touillons notre café) ?
- que la vie est un songe ?
- Qu'il ne veut pas se laisser prendre au filet des théories qui essentialisent souvent, quand elles ne disjonctent pas complètement comme bien des théories à la mode dans cet apogée du bavardage que sont les sciences humaines ?
Remarque : Le mot « apogée » ici peut aussi avoir le sens de « point de l'orbite d'un corps céleste le plus éloigné de la Terre ».
- Qu'il arrive que les rêves se réalisent, c'est-à-dire que, contaminés par le réel, ils deviennent à leur tour des sources de soucis à n'en plus finir ?
- Qu'on lui casse les pieds avec nos théories et que si ça continue, il va tout squéter et en faire une sculpture césarienne, du chevalier Klingsor en son armure là, un genre de ratatinage ferreux quoique esthétique (en tout cas, selon les critères des collectionneurs d'art moderne qui ne savent pas quoi faire de leurs sous) ?
- Qu'il faut pas toucher au grisbi et fiche la paix aux mômes avec votre SNU à la noix, bande de malades.

3.
« La rose alchimique est la clef de tout notre monde médiéval construit sur la légende initiatique... »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Le chevalier Klingsor à Corto])

C'est quoi ça donc ?
- Une manière de dire que la fleur appelée rose est pleine à craquer de connotations, de symbolisme et tout ça auquel on ne pense pas toujours (c'est qu'on n'a pas qu'ça qu'à faire) de même qu'au moyen-âge, la plupart des gens, je suppose, n'y pensaient jamais, au symbolisme de la rose (rapport à ce qu'ils zavaient pas qu'ça qu'à faire non plus, les gens) ?
- La rose alchimique serait-il le nom qu'au moyen-âge on donnait au LSD ? Ce qui expliquerait bien des incongruités, sans compter les aventures hallucinées des chevaliers de la Table Ronde et moult fascinations ?
- Fumisterie, billevesée, sottise, ésotérique n'importe nawak, galimatias brumeux, foutaise à barbiche, lalannerie bêlante ?
- Le début d'un livre écrit pour épater le zozo et lui faire acheter bien cher un bouquin censé lui révéler les secrets de l'Histoire du Monde cependant qu'il n'y trouvera que perlimpinpineries et anachronismes drolatiques ?
- Le début d'un sketch des Monthy Python ?

4.
Corto Maltese doit rentrer dans un château qui parle pour en ramener la rose alchimique et la remettre au « chevalier sorcier, messire Klingsor ». « Et comment feras-tu pour traverser sur le fil de l'épée ? » lui demande la voix du château.
Comment Corto Maltese va-t-il résoudre ce problème ?
- Il ne va pas le résoudre car il va se réveiller ; Corto, c'est juste un gros mytho, ou alors un grand rêveur, et il n'y a pas plus de château qui parle, de rose alchimique, de fil de l'épée à traverser que d'osse en la banane ?
- Il ne va pas le résoudre seul car c'est le moment que va choisir Raspoutine pour apparaître, même qu'il a placé une machine infernale dans le château et dans une autre histoire et que tout va donc exploser ?
- Il va le résoudre par un oh c'est bien simple mais je ne vous dirai pas comment ; zavez qu'à lire l'album. Et comme vous avez soif de culture, vous en profiterez pour écouter un album de Imelda May, du rock n' roll comme on n'en fait plus, sauf que si, puisque Imelda May en fait.
- Il va appeler Mandrake le Magicien, lequel en un shazam de bon aloi va métamorphoser l'épée et son fil en un pont très solide ?
- Il va, grâce à des arguties dont seul Hugo Pratt avait le secret, convaincre le fil de l'épée de le laisser passer ?

5.
Dans « Les Helvétiques », il y a un moment où Corto Maltese danse. Mais avec qui danse-t-il ?
- avec les Grateful Dead en concert dans quelque farce médiévale ?
- Avec quatre squelettes, lesquels interprètent sur leurs instruments, le branle (c'est une danse médiévale) intitulé « La Délurée du couvent » ?
- Avec personne. D'ailleurs, il croit qu'il danse, mais en fait il rêve.
- Avec sa cousine, même qu'après ils iront manger de la tarte aux abricots, parce que c'est dimanche et que c'est l'été ?
- Avec la Mort, laquelle l'a rattrapé et lui accorde une dernière danse avant que je referme l'album et que j'aille me coucher ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2023.

14 octobre 2023

BOUCLES ET VISIONS (DUMAS DARIA LAMA)

BOUCLES ET VISIONS (DUMAS DARIA LAMA)

1.
« Cependant, au milieu de tout cela, une petite lueur dorée dansait au fond de l'imagination d'Hoffmann, comme un feu follet dans la nuit. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

Cette « petite lueur dorée au fond de l'imagination d'Hoffmann », est-ce :
- un être miniature, comme on en voit dans les bandes dessinées, genre translucide figurine qui volette dans la nuit en disant des choses plus ou moins drôles ?
- La jeune fille à la cigarette qu'on la voit pas (c'est la nuit) mais que le cercle rouge de sa clope la perce, incandescent, la nuit ?
- Le signal d'arrêter de picoler et de rentrer à sa maison ?
- C'est pas d'l'amour mais ça viendra, ou quelque chose comme ça que j'ai entendu dans une chanson de Serge Lama, même que la chanson s'appelle « les Glycines » (j'ai vérifié) ?
- C'est pas Daria non plus parce qu'elle est dans un dessin animé américain que j'aime bien parce que Daria y dit des choses drôles et lucides.

2.
« La vue des objets l'assura de la réalité de ce qui lui était arrivé la veille. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

Cette constatation implique-t-elle :
- que le présent prouve le passé ?
- Que le présent est aussi illusoire que le passé ?
- Que, puisqu'il pense, il est au moins pensant, bien que, si ça se trouve, nous ne sommes jamais que des logiciels qui usons d'un « je » faussement réflexif ?
- Qu'il lui est arrivé quelque chose la veille, mais quoi ?
- Que le présent peut mentir sur le passé ?
- Que le passé n’existe pas puisqu'il est aboli et que le présent tourne en boucle, s'abolissant lui-même pour mieux revenir, ainsi que le font les fantômes, bouclés dans leurs synchronies.
- Que je vais regarder un autre épisode de Daria, série d'animation américaine (1997-2002), créée par Suzie Lewis Lynn et Glenn Eichler et qui chronique les aléas scolaires et familiaux de Daria Morgendorffer, adolescente ironique, lucide et désabusée, sans problème particulier et d'un milieu assez aisé pour ne pas trop avoir à s'en faire.

3.
« et à ce bruit, pareil à celui qu'eussent fait deux mains de squelette, une voiture tendue de noir, attelée de deux chevaux noirs, et conduite par un cocher tout vêtu de noir, accourut. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

De quoi est-il ici question ?
- du fiacre de Jack l'Eventreur dans un téléfilm policier britannique ?
- De la charrette fantôme et des ténèbres en route ?
- Du début de la vengeance du Bigoudi sanglant ?
- D'une publicité pour Halloween (mais sans l'épatante « Barbara bûche au boulot » ou alors Barbara, c'est Vampirella et ce n'est pas avec de l'eau qui pétille hein qu'elle va étancher sa soif) ?
- L'arrivée du plombier spectral qui va la réparer, votre tuyauterie fantomatique ?

4.
« Hoffmann se baissa, enleva le tison, et s'aperçut avec effroi que ce n'était pas la braise qui avait brûlé le pied de la jeune fille, mais le pied de la jeune fille qui avait éteint la braise. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

Cette phrase nous fait-elle basculer :
- dans le fantastique ?
- Dans le fantastique et la choucroute ?
- Dans le fantastique, la choucroute et l'opéra ?
- Dans le doute sur la réalité du vivant ?
- Dans un de ces univers parallèles dont les romans se font l'écho, dont ils préparent peut-être l’avènement, comme si la fiction allait finir par nous envahir, nous dominer, nous anéantir ?

5.
« Il s'arrêta. La charrette venait d'atteindre la place de la Révolution. Dans l'ombre épaissie par une pluie froide, Hoffmann ne distinguait plus que deux silhouettes : l'une blanche, c'était celle de la victime, l'autre rouge, c'était l'échafaud. »
(Alexandre Dumas, « La Femme au collier de velours »)

Cette phrase terrible évoque-t-elle :
- l’exécution de la duchesse Du Barry racontée par Dumas ?
- Ce qui attend les démocraties occidentales si nous continuons à jouer avec le feu en étant trop bienveillants avec les partis extrémistes et les fanatiques religieux ?
- Une scène de film d'épouvante que tout à coup, le petit être fuyant s'arrêta, se retourna et brandit une hache ?
- Un cauchemar fait par Daria après une série de cours sur la Révolution française donnés par l'hypertendu professeur Anthony DeMartino  ?
- Une synchronie dans laquelle Hoffmann pourrait se retrouver bouclé en compagnie de la duchesse du Barry, du bourreau et de la guillotine ?

Patrice Houzeau
Malo, le 14 octobre 2023.

24 septembre 2023

RIMBAUD BATELEUR BATTEUR BATELIER PIS BOURRÉ

RIMBAUD BATELEUR BATTEUR BATELIER PIS BOURRÉ

1.
Que raconte la première strophe du poème « Le bateau ivre », de Rimbaud ?
- Comment un capitaine complètement bourré a lancé son rafiot sur les flots ?
- Comment la bande d'Apaches dite des « Fleuves impassibles » a descendu le bateau, le capitaine et les matelots ?
- Comment le capitaine, un jour qu'il était rond et pas qu'un petit patapon, s'est embrouillé avec une bande de haleurs ?
- Comment faute de grives, on finit cibles ? (et merle-toi de ce qui te regarde) ?
- Comment le capitaine a accepté de transporter des « poteaux de couleurs » qui se sont révélés hantés jusqu'à l'âme ?
- Comment le capitaine a accepté le transport de « poteaux de couleurs » afin de les revendre dans les Caraïbes ?
- Comment qu'on fait des gaufres ?
- Comment qu'on fait quand
« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs »,
et que donc on ne sait plus où l'on va, parmi tous ces fleuves là ?

2.
« J'étais insoucieux de tous les équipages »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Et pourquoi donc tant d'insouciance ?
- Parce que le capitaine se fiche de tout ce qui n'est pas sa mission qui consiste, en dépit des « Peaux-rouges criards », à transporter des « blés flamands » ou des « cotons anglais » ?
- Parce que ses haleurs (qu'il est) zont fini tous leurs « tapages » là, qu'ils se prennent tous pour John Bonham (1948-1980), le batteur de Led Zeppelin, dont la performance sur le morceau « Moby Dick » des mêmes Led Zeps fut époustouflante, ébouriffante, pleine de boum-boums et de dzing-dzings du tonnerre ?
- Parce que de toute façon, les Fleuves ont intérêt à le laisser aller où il veut, sinon il leur casse la gueule ?
- Parce que « Peaches en Regalia » est un morceau de Frank Zappa ?

3.
« Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

A votre avis, quoi qui me plaît dans ce quatrain ?
- parce qu'il y a des « clapotements furieux » qu'ça fait môme qui joue pis qui éclabousse tout partout en les claquant dans les flaques, ses pieds ?
- parce qu'il y a « plus sourd que les cerveaux d'enfants », que ça, ça signifie qu'il est sot, très sot, trois fois sot, façon je vas faire une sotte réforme de l'apprenance nationale à la Blanquer, sotte, très sotte, trois fois sotte ?
- C'est qu'il suit le quatrain suivant :
« J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais,
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais. »
- Parce que « je courus », ah la la, c'était le bon temps d'il y a longtemps que je faisais le tour de la piste, au stade, à Lens, que c'était ouvert, que personne ne me demandait rien, que j'étais môme et qu'on ne s'imaginait pas qu'un jour, les élections nous donneraient le choix entre des macrons autoritaires, des encore plus autoritaires très troubles d'extrême-droite et des apprentis dictateurs de l’extrême-gauche ?
- Car j'apprécie les sonorités du vers « N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants », l'allitération des labiales « p » et « b », l'assonance « u », le rythme binaire que je vous causais batterie tout à l'heure hein ?
- Parce que j'écoute l'album « One Size Fits All », de Frank Zappa, et que c'est un très bon album de rock progressif si l'on considère que l'on peut classer les albums de Frank Zappa dans la catégorie « rock progressif » (y en a qui) que, de toute façon, c'est très bon.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 septembre 2023.

9 août 2023

DIE NIEMAND SPAART

DIE NIEMAND SPAART

Notes sur le film « Un soir, un train », de André Delvaux (1968).

« Un soir, un train », de André Delvaux (1968) commence par une chanson et un paysage enneigé qui défile parce que la caméra est dans le train qui roule le long des champs et des toits enneigés.
Il est question « d'entretenir la tombe, pour la Toussaint », dit une vieille dame à Mathias, interprété par Yves Montand.
Il y a un temps suspendu. Il vient après la question « - Vous n'avez pas encore d'enfants », posée par la vieille dame à Mathias (la réponse est « non »). Un temps suspendu. De vieilles personnes, des gens âgés. Qu'attendent-ils ?

Mathias enseigne à l'université. La linguistique. Son cours est interrompu. Grève des étudiants flamands. Allusion probable à « l'affaire de Louvain » (1967-1968) et aux manifestations des étudiants nationalistes flamands hostiles à la présence d'étudiants et d'enseignants francophones au sein d'une université située en territoire néerlandophone.
Dans le couloir, Mathias aide une étudiante à traduire du néerlandais au français un texte sur la mort.
« La mort qui n'épargne personne », nous la retrouvons ensuite, cette phrase sur une scène de théâtre. On y joue une pièce de la Renaissance « Elckerlijk ». La Mort s'adresse à Elckerlijk.
Mathias y rejoint Anne (interprétée par Anouk Aimée). Il est question du statut de la Mort : un personnage, la mort ? Un « écran entre le soi et le moi », comme le jargonne Mathias ? Ça, pour moi, c'est du pipeau ; du reste, Mathias y croit-il lui-même ?
Reste l'essentiel, la phrase dite par le comédien jouant la Mort qui me rappelle Nosferatu quand même un peu, ou la mort vue par Michel de Ghelderode, ou James Ensor : « Ik ben de dood die niemand spaart. »

Un pull mauve, un gilet noir, une chemise blanche, des huîtres, du vin blanc ; une musique de limonaire, de piano mécanique sur le point de se déglinguer, de fausser compagnie, un air à la défaire, la fête, un couple, une maison bourgeoise, des bougies, « A l'ange » (c'est le toast porté par Anne).
Mathias est un matérialiste, un homme du libre-arbitre, il mange ses huîtres et n'écoute pas Anne qui lui dit : « Tu n'y crois pas hein toi ».
On dit que « Un soir, un train » est un film sur l'incommunicabilité. J'en sais rien. Anne et Mathias ont-ils réellement des difficultés à communiquer ? Des mots, tout ça, des mots. Ceci dit, je suis mal placé pour répondre à cette question, car j'aime à grincer et à ironiser comme si c'était important, et j'entretiens d'assez bonnes relations avec la farine, les œufs, et le fromage râpé.
Après qu'ça cause qu'on est libre, et « intelligent, et lucide », mais bon là aussi ce sont des mots. La liberté, il y a des philosophies pour ça. Dans la vie courante, on est surtout libre de se faire avoir si on ne fait pas attention.

Dans le film, il ne fait pas beau, on voit ça quand ils sont dans le bus en ville. On dirait qu'il pleut. Après, le bus file dans la campagne qu'a l'air brumeuse. On entend des coups de feu. Des chasseurs. Forcé qu'on pense à des troubles qui pourraient éclater, un jour ou l'autre, entre nationalistes des deux camps.
Bon. Dispute. C'est que la française Anne a peur de se retrouver seule dans une province où elle n'est pas forcément bien vue, sans amis, sans enfants (la belle affaire!).
Cimetière. La mort encore.
Le vivant ne retrouve pas ses morts.

Le train. Des gens. Mathias est rejoint par Anne, c'est une surprise. Une tentative. Un retour. Un couple, ça s'arrange.
Il est question de Rotherhite, un quartier présenté par un ami de Mathias comme étant l'un « des plus sinistres de Londres ». Il est question aussi de Harry Dickson et donc de Jean Ray (autre grand fantastique belge).
Il y a ce que l'on devrait transmettre et que l'on ne transmet pas. L'humain est un passeur lunatique.
Il y a du silence. Le film est pourtant plein de bruits (celui du train, de sirènes diverses, de cris d'enfants, et cela dès le début, à tel point que l'on a du mal parfois à saisir certaines répliques).
Incommunicabilité ? Bah oui. Du coup, dodo et cauchemar. Sonneries, rouge, flammes (celles de l'enfer?).

Debout les morts. Le train roule. Anne a disparu. Un professeur de linguistique. Un historien des religions à la retraite. Un étudiant. Ils sont trois à être descendus du train arrêté ils ne savent où, pis qui repart, les laissant là dans le on ne sait où.
Ils se dirigent vers un village. On entend de l'orgue comme dans les films d'épouvante, tandis qu'ils traversent une grande étendue humide, vaseuse, désolée. Terre gaste (« espace inhabité qui ne vaut rien pour la culture » dit Internet).
On est à la moitié du film. La nuit tombe. Une lumière au loin.
« On croit toujours qu'on peut tout arranger », dit l'historien des religions.
Après, défois, on n'arrange que ce qui nous arrange, les autres n'ont qu'à s'arranger. Que voulez-vous, ça ne nous arrange pas toujours d'être dérangé. Il y a du jazz. Après, bien sûr, il n'y a personne à vot' enterrement. On s'en moque puisqu'on est dans la lettre de licenciement définitif.
Il y a des réflexions sur la mort, le destin, la prédestination, le pourquoi de l'arrêt du train, tout ça. On dirait, ce film, la transposition d'un cours de philo.

Sont dans la nuit, trouvent un village.
Une autre sonnerie. Une projection de cinéma. Des humains dans le ciel. Du vol libre. Cela fait écho à ce que citait Anne dans la première partie du film sur « les plaines du ciel, là où nous devons tous nous retrouver. »
On ne parle ni flamand, ni français dans ce village, mais une langue qui n'a pas du tout l'air d'être romane. Le linguiste ne la comprend pas, en tout cas.
Un hôtel. Du jazz. On ne peut pas téléphoner. Personne ne comprend personne. Les trois hommes sont attablés et servis. Le vin est bon. Le repas copieux.
Parfois, on la reconnaît. Moïra (la destinée).
L'historien des religions la reconnaît ; étrangement, le linguiste ne la reconnaît pas. Ce qu'il reconnaît, c'est la fascination, et cela soudain le panique, le met en colère, le révolte.
Dans les dix dernières minutes du film, l'étudiant fait le pari qu'il « va tout savoir », élucider l'énigme. Dissiper le surréalisme du machin. Après le jazz et la musique d'ambiance, la danse, la danse étrange. Intense. Barbare. Etrangère. Fascinante la jeune fille, une serveuse de l'hôtel, elle s'appelle Moïra, comme dans une nuit rhénane d'Apollinaire. Fascinante, la musique genre le « High Horses » du groupe The Residents : limonaire, percussions, un drôle de souffle. Tout le monde danse. Tout un tas de gens soudain. L'étudiant est fasciné par la jeune fille. C'est qu'il croit à la prédestination, en Moïra, au « tout est écrit, je ne cours donc aucun risque », a-t-il dit dans la nuit. Sifflement d'un train. Tout le monde file, précipitamment.

L'énigme est élucidée. Je ne vous en dis rien. Il faut voir ce film : « Un soir, un train », de André Delvaux.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2023.

4 août 2023

ET DES LORS QUI EST DÉDÉ ?

ET DES LORS QUI EST DÉDÉ ?

1.
Dans une vidéo mise en ligne en 2017 et disponible sur You Tube, Aurélien Barrau et Patrick Peter abordent la question : « L'univers est-il fini ou infini ? ». Ce que Patrick Peter reformule immédiatement en « L'univers a-t-il des limites ? ». Autrement dit, tout ne serait pas possible. Ce qui implique la question : comment définir la frontière entre le possible et l'impossible ?

2.
Aurélien Barrau évoque ensuite « la première lumière de l'univers ». Je me poutre la comprenette que serait-ce le moment où Dieu a ouvert l’œil ? Cela implique-t-il que le dieu de notre histoire aurait un âge : celui de notre univers (13,7 milliards d'années) ?

3.
Évocation du paradoxe d'Olbers (appelé aussi « paradoxe de la nuit noire ») décrit en 1823 par l'astronome allemand Heinrich Olbers. Si l'univers était statique, infini et infiniment ancien (soit un ordre immuable et divin), il serait brillant (cause qu'il est constellé et phénoménal) alors qu'il est noir, l'univers, noir et inconnu, une route qui s'allongerait indéfiniment entre des lampadaires de plus en plus distants les uns des autres.
L'infini s'oppose-t-il au « vers l'infini » ? l'automobile est-elle vouée à s'écraser contre le platane ?

4.
Le « fond diffus cosmologique ». Aurélien Barrau le qualifie de « lumière relique du Big Bang ».
Au moment de l'émission de son rayonnement, au FDC, l'univers était « petit, dense et chaud ». La dilatation l'a dilué et refroidi (je pense à une pâte qui se refroidirait au fur et à mesure qu'elle s'étale). Le FDC présente « d'infimes variations de température et d'intensité selon la direction observée » nous anisotrope Wikipédia.

5.
« On dit souvent que la cosmologie moderne, c'est le lien entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. »
(Patrick Peter).
J'entends parler de « théorie des cordes » et de « gravité quantique à boucles » : c'est quoi donc que ces points, ces distances, ces espaces infinitésimaux ? J'y pige rien.

6.
Aurélien Barrau évoque la « nature inconnue » de « l'essentiel de la masse de l'univers », dont l’expansion s’accélérerait (ce qui, même pour une poutre comme ma pomme, semble en effet singulier) : quel est le moteur de cette accélération ? Y aurait-il eu un contrecoup du Big Bang, une «réplique » comme pour les tremblements de terre ? Le Big Bang comme un tremblement du je ne sais quoi et du presque tout ?

7.
Ce que la théorie prédit est-il toujours compréhensible ? La vocation de l'humain serait-elle, en fin de compte, de ne pas comprendre ?

8.
Si la question de l'après Big Bang est légitime, celle de l'avant Big Bang a-t-elle un sens ? Autrement dit, il y a-t-il des lois avant l'apparition des lois ?

9.
L'espace-temps ne pourrait avoir que trois formes possibles. J'entends Aurélien Barrau dire que « dans deux de ces trois cas, l'espace est strictement infini. »
Bêtement, je me demande pourquoi le plat serait voué à l'infini et le courbe au fini, mais je fus fort mauvais élève.

10.
« On peut prouver que l'univers est fini, on ne peut pas prouver qu'il est infini. »
(Patrick Peter).
L'infini serait-il improbable ?
Peut-on « expérimenter » l'univers ? L'univers est-il falsifiable ? Dieu est-il sérieux ? Ou joue-t-il avec des dés dont les valeurs sont sans cesse changeantes et aléatoires ? (et dès lors, qui est Dédé?)

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2023.

16 juillet 2023

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

« Il [le colonel Belfridge] trouvait indigne d'un gentleman d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à propos d'un objet très personnel appartenant à cet autre gentleman. »
(Dorothy Sayers traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Lord Peter et le mort du 18 juin », Editions de Crémille, Genève, 1973, p.66)

Il trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du lapin il pensa il est bon ce lapin ah ça oui
Trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du vin il pensa il est bon ce vin ah ça oui
Indigne d'un gentleman de il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman de montrer son chagrin Il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un
Gentleman il n'était pas un gentleman il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un gentleman se devait de il n'était pas un gentleman se devait de ne se devait pas de de de
D'aller ouiner publiquement comme un professeur agrégé s'il vous plaît de philosophie suspendu (« Ouin-ouin j'ai dit tant d'conneries que maintenant on me prend pour un con, ouin-ouin ») Il contemplait le beau visage de la jeune fille il irait
Interroger le barbier Dans les romans policiers parfois, surtout dans ceux du début du vingtième siècle, on doit interroger le barbier ; on ne sait jamais.

Le barbier se dit au féminin barbière (ce qui est amusant). Le mot vient du latin « barba ». On dit dans les usuels que le barbier était jadis un notable cause qu'il était parfois aussi « chirurgien, dentiste, confesseur ». Je me souviens que les images de nos anciens manuels d'histoire de primaire montraient Olivier Le Daim qui, dit le roman national, n'était pas seulement le
Barbier de Louis XI, mais aussi son conseiller. J'ai lu aussi que « barbier » était aussi le nom de trois poissons : le « porte-écuelle », le « chirurgien », et le « barbier » proprement dit.

D'un gentleman, on attend donc qu'il ne fasse pas démonstration ostentatoire de son chagrin et, si on en a apprécié la lecture, de dire du bien du roman « Lord Peter et le mort du 18 juin », publié en 1932, de Dorothy Sayers, car c'est un très bon roman policier, très amusant, très ironique, très raisonneur, avec un couple d'enquêteurs formé par Lord Peter Winsey et la romancière Harriet Vane, qui ne sont pas sans faire penser à Tommy et Tuppence Beresford, d'Agatha Christie. Il y a aussi une plage avec un mort dessus, des danseurs mondains, un cheval, des barbiers et des barbus.

Autre chose : j'entends ce 16 juillet 2023, qu'une nouvelle fois, un cimetière a été profané, avec tags antisémites, croix gammées et toute la panoplie des saloperies des petits cons d’extrême-droite (ou de provos d’extrême-gauche, eh oui, ça existe) qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts, ni de leurs deux neurones, et qui ne semblent pas avoir d'autre but dans la vie que de nuire aux autres (des salauds quoi). Je me demande s'il ne faudra pas bientôt installer des caméras de surveillance dans chaque cimetière (ou quasi) avec veille 24 heures sur 24 d'un service de gendarmerie.

Gentleman allez savoir s'il l'était il reprit du lapin et des pommes de terre il pensa il est bon ce lapin ah ça oui et d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman
A propos d'un il reprit du vin et sourit en pensant il est bon ce vin ah ça oui indigner d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à
Propos d'un il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman oui bien sûr oui Quant à mon oncle il ne perd jamais d'autre
Objet que son parapluie C'est
Très curieux Même sa tête il ne la perd pas Il est vrai que la tête c'est vraiment très très très
Personnel. On ne change pas de tête comme on change de barbe quand on porte des fausses barbes.
Appartenant à la société des gens qui tiennent
A ce que leur tête reste sur leurs épaules, mon oncle fait donc très attention à
Cet habitacle du cerveau qui sert à se contrôler et à rester vivant (sauf quand on décide d'en finir avec sa vie)
Autre que lui pense généralement la même chose, mais n'a pas forcément de parapluie, et n'est pas toujours assez
Gentleman pour ne pas montrer son chagrin et ne pas reprendre du lapin, même s'il en a très envie (moi, je ne me gênerais pas, c'est bien pour ça que je n'ai pas de parapluie).

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

10 juillet 2023

MACRON EN ECOUTANT CONTROLLING CROWDS D'ARCHIVE

MACRON EN ECOUTANT CONTROLLING CROWDS D'ARCHIVE

Au point où on en est, même une gaufre voterait Macron. Tout le reste est illusion, et Macron le maître des horloges illusoires.

Au 10ème jour du mois de juillet, je décide d'écouter l'album « Controlling Crowds » du groupe Archive. Mon oncle met un
Point d'honneur à ne pas se plaindre de la pluie, puisque, perpétuellement, il les paume, ses parapluies.
Où qu'il les laisse ? C'est un mystère. Ceci dit,
On n'sait jamais avec les parapluies. Ce sont des créatures déroutantes qui peuvent vous jouer bien des tours de pâté de maisons.
En tout cas, je n'ai pas besoin de parapluie pour écouter l'album « Controlling Crowds », du groupe Archive. Je ne sais pas ce que ça raconte because qu'c'est tout sing-a-songué en angliche, mais j'y entends des bouts de phrases répétés, ça fait rythme.
Est-il pertinent d'écrire que le groupe Archive est un héritier de Pink Floyd ?
Même qu'en écoutant les nappes de son sur lesquelles se succèdent boucles rythmiques des percussions et des claviers, on peut y penser, au Floyd.
Une bonne musique ? J'en sais rien. Je n'ai pas la prétention d'avoir bon goût. Le mot « goût », voyez, je l'associe assez fatalement au mot
« Gaufre » parce que j'aime bien les gaufres et le groupe Archive (ceci dit, j'ai pas écouté tous leurs albums). Même une gaufre
Voterait Macron, que je me dis alors, parce qu'on en est là.
Macron, c'est notre président de la République. C'est pas tellement qu'il soye populaire, mais il n'a aucune opposition crédible. Du coup, il s'a fait réélire en
2022 quoique beaucoup pensent qu'il n'est pas très clair (on dit même que c'est un secret de polichinelle, ce qui fait que Polichinelle, il aurait de drôles de mœurs). Certains disent même qu'il se pourrait qu'il tente le coup d'un changement constitutionnel pour se représenter une troisième fois en 2027. C'est pas tellement qu'il soye populaire, comme je l'ai déjà dit, mais il n'a aucune opposition crédible. Aucune. Des agités ou des bricoleux. A se demander à quoi servent nos grandes écoles.
Tout ça, vous me direz que vous vous en foutez, je sais bien, c'est juste pour dire que moi itou je m'en fous.
Le disque d'Archive (« Controlling Crowds », publié en 2009) continue d'aligner ses boucles rythmiques et son spleen (ah ça, c'est pas le disque le plus pouet-pouet tralala de ce début de siècle, ah tiens, il y a une sorte de rap – heureusement que j'pige que couic, sinon je me dirais sans doute mais qu'essse-qui-dit, quesse-qui-dit, quesse-qui-dit, - la répétition, défois, c'est contagieux). Il n'en
Reste pas moins que le disque me plaît assez pour que je le réécoute. Et il
Est vrai que dans le genre rock progressif, c'est plus près des froides beautés de Pink Floyd que des baroquineries du Genesis du début des seventies (poil à sottise).
Illusion politique, le Macron. Il se fait élire en 2017 par une partie de la gauche
Et par le centre et une partie de la droite. Ni de gauche, ni hyper-libéral. Un pragmatique agaçant, je dirais qu'il est politiquement, le
Macron. Avec une fascination pour les succès et les méthodes de l'économie américaine, qui oriente assez bon nombre de ses choix. Du coup, on fait comme les Ricains, on s'endette.
Le truc, c'est que la France, c'est pas les Etats-Unis. Ah non.
« Maître des horloges », c'est l’expression qu'on emploie souvent pour désigner la volonté politique du Macron.
Des fois, ça marche pas et on dit que, depuis 2018, la France connaît comme une instabilité persistante. C'est vrai qu'ça conteste et manifeste beaucoup, ces dernières années en France. Mais comme je l'ai déjà dit, Macron n'a aucune opposition crédible. Donc « Maître des
Horloges » ou pas ? J'en sais rien, me semblent quand même assez
Illusoires, leurs horloges, au gouvernement qui réforme, déforme, contre-réforme, sur-réforme et passe à la télé pour montrer comment qu'elles sont leurs têtes de vainqueurs (poil à ta sœur).

PS : Bon, l'album « Controlling Crowds », du groupe Archive, est plutôt bon. Pas l'album du siècle mais du bon boulot. C'est du prog-rock bien ficelé. Pas forcément de la bonne musique. Mais on s'en fout. De la bonne musique, presque personne n'en écoute.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2023.

9 juin 2023

PENDANT CE TEMPS LA A BELGOROD

PENDANT CE TEMPS LA A BELGOROD

1.
Donc, si j'ai bien compris, en mars 2022, on se demandait si Kijv serait prise en trois jours par les troupes aéroportées russes et en juin 2023, on se demande si l'Ukraine ne va pas mettre la main sur Belgorod.

« Il y avait également à présent une certaine confusion dans l'esprit du dictateur. » (Van Vogt)

2.
Et si la destruction du barrage de Kakhovka n'était ni une volonté de Poutine, ni une volonté de Zelensky ? Et s'il y avait un troisième homme ?

3.
6 juin 2023. 1 euro = 87 roubles et les indices boursiers russes sont en baisse. En Russie, les nouvelles ne doivent pas être très bonnes. D'autant que la perspective d'une contre-offensive ukrainienne se rapproche et que l'Occident s'interroge sur l'état réel de l'armée russe...

4.
Si Poutine a réellement ordonné la destruction du barrage de Kakhovka, cela signifie-t-il que les pressions des ultra-nationalistes russes sont de plus en plus fortes (en demandant par exemple l'emploi du nucléaire tactique?). Il se pourrait que cette décision, si Poutine l'a réellement prise, soit une erreur stratégique majeure. Elle ne peut que renforcer l'OTAN et l'Occident dans leur volonté d'aider l'Ukraine à vaincre la Russie, renvoie tout espoir de négociations et de gel du conflit à un après-demain de plus en plus lointain, et tend à prouver que l'armée russe n'est pas en capacité de remporter une bataille décisive sans l'emploi de méthodes qui relèvent plus de la « guerre totale » façon débâcle du Troisième Reich que d'une campagne victorieuse d'armées en bon ordre de marche.

5.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la thèse d'un sabotage ukrainien du barrage de Kakhovka ne tient pas la route, c'est que les préliminaires de la contre-offensive ukrainienne donnent de bons résultats, que l'armée russe semble toujours sur la défensive et dans l'incapacité de progresser plus avant que les ruines de Bakhmut, que le crédit de Poutine baisse dans la même proportion que son isolement s'accroît, que les indicateurs économiques russes, du fait des sanctions, sont loin d'être si mirobolants que certains le disent, que la popularité du président Zelensky est grande en Occident et que l'aide occidentale et l'appui de l'OTAN lui sont absolument nécessaires. Pourquoi le président Zelensky irait-il dès lors brouiller son image et semer le doute dans l'esprit des occidentaux en ordonnant un acte aussi criminel que la destruction du barrage de Kakhovka ?

Par contre, la désorganisation et le désarroi, voire la panique des forces russes devant une armée ukrainienne qui se dit prête à contre-attaquer et qui contre-attaquera, l'intelligence visiblement surestimée de Poutine, la pression des ultra-nationalistes russes et autres eurasianistes hallucinés pourraient expliquer une telle erreur de stratégie.

6.
Ceux qui comparent le sabotage de Nord-Stream 2 et la destruction du barrage de Kakhovka disent n'importe quoi. En tout état de cause, que ce soient les Etats-Unis, l'OTAN, les Ukrainiens ou les Russes qui aient saboté Nord-Stream 2, ils ont bien fait. La destruction d'un barrage et les drames qui en résultent, c'est autre chose et cela relève plus du crime de guerre que de l'action militaire intelligente.

7.
On a tort de penser que Poutine, acculé, serait prêt à tout pour ne pas perdre la guerre si l'on entend par là l'emploi de l'arme nucléaire. Ce serait condamner la Russie à une possible destruction de son appareil militaro-industriel (la riposte de l'OTAN serait très forte), mais surtout cela ferait de la Russie un Etat paria, désavoué de tous (ou quasi). L'emploi de l'arme nucléaire signifierait concrètement la promulgation du droit du plus fort comme norme des relations internationales. Le monde est corrompu certes, mais il est aussi philosophe, et il sait que « le droit du plus fort » ne tient que jusqu'à ce que ce « plus fort » soit renversé par plus fort que lui. Et la Russie est loin d'être la plus forte.

8.
Le 9 juin 2023, 10 heures 26, 1 euro = 89 roubles. L'effritement de la monnaie russe face à l'euro se poursuit.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2023 

15 mai 2023

DERRIERE CERTAINES PORTES

DERRIERE CERTAINES PORTES

1.
Pierre Schoendoerffer, « Le Crabe-tambour », (Grasset, 1976).
Schoendoerffer parle de la vie militaire (ici, la marine), mais c'est surtout des heurs et des malheurs des hommes dont parle ce roman. Progrès de la maladie, affaires d'honneur, légendes et alcool (le « gwin ru » qui revient sans cesse dans les histoires de l'officier des pêches), le portrait d'un absent, le capitaine Willsdorff, rebelle dans l'âme, - un « Fou la Tête » lui aussi ? - ses chats, les souvenirs de l'Indochine et de l'Algérie, figures de disparus, de surgis du passé, de moribonds, la dernière rencontre entre celui que le narrateur appelle « le commandant » (c'est son grade) et un revenant, bien vivant encore (et certains disent que c'est un miracle). Le film est beau ; le roman tout autant.

Citation :
« Willsdorff l'a regardé fixement : « Pourquoi croyez-vous que j'aie fait fait ce que j'ai fait ? lui a-t-il dit, pour m'amuser ? » Je vous promets qu'il ne riait pas. Comme l'autre insistait, Willsdorff s'est levé. « Imbécile », a-t-il dit encore et il est sorti. Je ne l'ai plus jamais revu. »
(chapitre XXIII [le nouveau commandant au narrateur])

2.
René Char, « L'instituteur révoqué » in « Le Marteau sans maître » (Poésie/Gallimard). Évocation d'une conversation d'un groupe de trois « personnages » : le décor est « indifférent », les « échos » inconnus. Le narrateur évoque le « sang secret » et la « pierre catastrophique ». Le poème date de 1931 ; il aurait pu être daté de 1945. Prémonition ? « Je ne vous laisse rien à penser » est la dernière phrase du fragment.

Les gens échangent des phrases banales. Derrière ce rideau de syllabes, des enjeux qu'ignore la machine.

3.
Jean-Patrick Manchette, « La Position du tireur couché », Carré noir n°562. Roman noir à froid. C'est qu'on y refroidit beaucoup. Glaçant, fascinant, humain. Prose objective, behavioriste, pas de psychologisme, les faits, le réel, celui qui assassine. Tentative de portrait d'un tueur à gages en proie à un réel masqué.

Citation :
« Je n'ai jamais vu des êtres pareils, observa-t-elle. Mais tu es comme eux ? Ou bien non ? (Soudain sa voix et son regard étaient redevenus incertains.) »
(chapitre 12, [Anne à Terrier])

4.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quadruppani,« Mémé », in « Brume (La Faucheuse) », J'ai Lu n°2579. Horreur domestique, puisque l'on sait que derrière certaines portes... Pas pour rien que le recueil s'appelle « La Faucheuse ». Aussi de ce qui se passe dans les têtes qu'elle cause, la prose d'épouvante de Stephen King, aussi des livres cachés, des enfants qui naissent quand même, de sorcellerie, du môme George et de la vieille femme qui va mourir, qui meurt, et...

Citation :
« George demanda à sa mère pourquoi et elle répondit :
« Je crois que la possession de ces livres était devenue aussi importante pour elle que d'avoir des enfants. »

Le lecteur notera que ce n'est pas parce que l'on a un polichinelle dans le tiroir que l'on ne peut pas avoir un cadavre dans le placard.

5.
Stephen King, « Sables », in « Brume (La Faucheuse) », Nouvelle de science-fiction. Dévoration. C'est que les sables bouffent tout. Les sables du temps aussi – tout est « plein de sable », tout est « atteint de la fièvre des Beach Boys ». J’extrapole le Shapiro. Reviennent d'anciennes images et des noms d'il y a des lunes. A noter, cet art de la parenthèse en italiques qui rend compte de la pensée soudaine du personnage :

« A ce moment même, il vit un délicat ruisselet de sable glisser le long du flanc de l'une d'entre elles [des dunes]. Comme si elle avait entendu.
(entendu ce que je pensais). »

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2023.

8 mai 2023

QUOI QU'IL EN SOIT ET QUOI QU'IL EN COÛTE

QUOI QU'IL EN SOIT ET QUOI QU'IL EN COÛTE

1.
Selon Wikipédia, l’hermine que tient la Dame du célèbre tableau de Léonard de Vinci serait en fait un furet albinos.
Moi, je ne sais pas.

Le furet albinos est « blanc aux yeux rouges et au nez rose », et s’il n’est pas « blanc aux yeux rouges et au nez rose », ce n’est pas un furet albinos mais un furet putoisé. Ce n’est pas non plus un morceau d’emmenthal, ni un pirate des Caraïbes, ni un laitier qui a beaucoup pleuré.

On ne fait pas de frites avec un furet car nul furet ne fait de frites, sinon cela s’appelle une friteuse. Si c’est pour le café, c’est une cafetière : si c’est pour le fracas, c’est la foudre et si c’est pour la pêche, il faut une canne à.

Le nom « furet » vient du latin « fur » qui signifie « voleur ». Le furet ne fait pourtant pas de politique.

Le furet a été l’alibi d’une contrepèterie persiffleuse et raille-le-ratichon bien connue, mais que je cite quand même :

« Il court, il court, le furet,
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet,
Le furet du bois joli. ».

Dans la nouvelle « Sredni Vashtar » de l’écrivain anglais Saki (1870-1916), un furet joue dans l’imaginaire d’un petit garçon de dix ans le rôle d’une divinité féroce et impatiente.

Mon oncle n’a pas de furet, mais il oublie souvent son parapluie.

2.
Pour faire une omelette, il faut des œufs. Pour avoir des œufs, il faut des poules, et donc un poulailler. Il y a aussi la supérette du coin.

L’omelette dite « Renaissance », ou encore « La Macronienne » se fait avec des œufs qui coûtent de plus en plus cher. Certains, comme Bruno Le Maire, l’aiment « dilatée comme jamais ».

Pour faire une omelette, il faut savoir casser des œufs. C’est ce que démontre la politique du président Macron, qui réussit ce tour de force de casser de plus en plus d’œufs pour des omelettes de plus en plus petites.

L’omelette, quand elle est bien baveuse, est parfaitement politique. Ce n’est d’ailleurs pas pour Rien (c’est le nom de mon chien) que les technocrates sont appelés « têtes d’œufs ».

3.
Les grands intellectuels de gauche, dont on cause sur France Culture, il est de bon ton de les citer, et de faire savoir qu'on les connaît, ça peut aider en politique. Évidemment, on aura aussi le bon goût de ne pas s'en inspirer.

4.
Le piano est un instrument si nostalgique que défois j'ai l'impression qu'il va se mettre à déclamer d'la poésie dans une langue que je ne comprends pas, mais qu'ça sera bien émouvant tout d'même allez.

5.
D'une émission sur France Culture, je tire cette conclusion : on ne pourra réduire la dette publique française (2 950 milliards d'euros, 110 % du PIB) sans augmenter les impôts. On ne pourra pas, quoi qu'il en soit et quoi qu'il en coûte, réduire la dette en raison des problèmes liés aux changements climatiques en cours. Est-il à craindre que nous aillions, en dépit de ce que disent Macron et Le Maire, vers une augmentation des impôts et en même temps un alourdissement de la dette de l'Etat ?

Je n'en sais rien, mais je comprends mieux pourquoi tant de gens ont intérêt à minimiser les conséquences des changements climatiques (sans parler des autres soucis : surpopulation, agressivité de la Russie, circulation des virus, raréfaction des ressources, inflation...).

Si cette situation n'est pas propre à la France mais se mondialise, sont à craindre :

- troubles sociaux et radicalisation des politiques nationales
- tensions entre Occident et Eurasie, entre pays du Nord et pays du Sud
- résurgence du terrorisme international.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2023.

2 mai 2023

ON NE SE ROUCHE PAS AVEC LE SOLEIL

ON NE SE ROUCHE PAS AVEC LE SOLEIL

1.
Il n'est pas toujours si facile de faire de l'humour. Toutes les boîtes de sardines vous le diront. #EtDirontCestPasNeuf

2.
« De cette façon on ne risquait pas d'oublier quelque cuisse de poulet sous un des livres de comptes qui se trouvaient dans le tiroir du bas. »
(Leonora Carrington traduit par Henri Parisot, « Le Cornet acoustique »)

Soyons arbalète, un peu. Un bureau bien rangé demande aussi (liste non exhaustive) :

- un tiroir avec toutes les mains tendues que l'on a tranchées (comme il se doit),

- un tiroir à « sandwichs au jambon » et « poulet rôti froid », ainsi qu'il est indiqué dans « Le Cornet acoustique »,

- un tiroir à lettres anonymes classées par ordre alphabétique,

- un tiroir à têtes brûlées,

- un tiroir à députés incompétents.

Note : On ne range pas ses cadavres dans un tiroir. En théorie, il y a un placard pour cela.

3.
Le « i » est une lettre qui peut être amusante, comme dans « cheval rit » (s'te bonne blague).
Le « u », avec sa forme qui peut faire penser à un fer à, est plus remuant, comme dans « cheval rue ».
Avec la conjonction « et », vous pouvez faire « chevalet », qui est bien utile, si vous voulez le peindre, le cheval.
Par contre, si c'est le Pape que vous voulez peindre, c'est une autre affaire. Il vous faut cavaler au Vatican et bien des vicissitudes.

4.
« Une juste fureur s'empare de mon âme. 
Vous allez à l'autel, et moi, j'y cours, Madame. »
(Racine, « Iphigénie », V, 2 [Achille])

Une juste fureur, ça peut s'avérer tonitruant, ça, une
Juste fureur, qu'à cette juste
Fureur là, je préfère un steak-frites cependant :
« S'empare de mon âme », le steak-frites ? Fichtre !
De cela ne veux, mon oncle.
Mon âme ne se laissera pas manger par un steak ! Mon
Âme résistera aux vagues d'assaut des frites. Et, de
Vous, friture et fritaille, ma fourchette aura raison ;
Allez, tiens, voilà ; mon assiette est vide et j'ai bu tout le vin.
A mon âme, je substitue un mille-feuille et à
L'autel ma bouche dévorant crème et feuilleté.
Et pour finir, un café, et l'addition.
Moi, j'ai bien mangé et c'est repu que
J'y retourne, à la suite de mon temps ici-bas, mais point ne
Cours et, dans ce printemps revenu, je flâne... ah tiens, une
Madame jolie promène ses jambes.

5.
« Dilatée comme jamais », lit-on dans le dernier vol-au-vent de Le Maire (Bruno).
Comme il est ministre des finances, on comprend qu'il a le temps d'écrire des romans. Surtout que
Jamais la France n'a connu une telle prospérité...

6.
« Grand Soleil, qui sonnes l'éveil
A l'être, et de feux l'accompagnes,
Toi qui l'enfermes d'un sommeil
Trompeusement peint de campagnes, »
(Paul Valéry, « Ebauche d'un serpent »)

« Le Soleil est l'étoile du Système solaire ». Si elle avait été l'étoile du Système pâte à chou, on l'aurait appelé « Chouleil ».
Le Soleil est composé d'hydrogène (92% du volume) et d'hélium (8% du volume) nous parallèle Wikipédia.
On ne se mouche pas avec le Soleil.
On ne se rouche pas avec le Soleil parce que le verbe « se roucher » n’existe pas.
On peut se coucher et se lever avec lui. Le Soleil symbolise la vérité, parce qu'il permet de voir clair, mais ce n'est pas parce que vous voyez clairement ce que vous zieutez, que ce que vous zieutez existe.
En général, les Européens sont contents quand il y a du soleil ; ils disent rituellement – Quelle belle journée ! - mais faut aussi d'la flotte parce que sinon tout devient sec.
D'une manière générale, le réel, dit-on, a tendance à sécher. Certains disent qu'on finira saucisses grillées ou noyés par la mer dont le niveau monte (c'est d'ailleurs un miracle pédagogique) ; d'autres disent que non, et que tout va s'arranger par un coup de baguette climatique.
On ne peut pas tremper des morceaux de baguette climatique dans son bol de café le matin et le Soleil n'est pas une vache. Pour avoir du lait, il faut donc aller au magasin, où tout a tendance à coûter de plus en plus cher. On appelle cela l'inflation, et bien des économistes qui portent des cravates à la télévision expliquent tout à fait bien comment ça s'fait-y que votre fille est muette.

7.
Un dinosaure ne peut pas dire : Je, dinosaure. D'autant qu'il peut dîner ailleurs.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2023.

 

 

27 février 2023

CELA N'EMPÊCHE PAS D'AIMER LA CORNEMUSE

CELA N'EMPÊCHE PAS D'AIMER LA CORNEMUSE

1.
Merci mon Dieu, aujourd'hui non plus, Jésus ne m'est pas apparu.

2.
Parfois, foudre qui vous plante sur place, vous tétanise, vous cloue chez vous. Parfois, foudre lente qui s'insinue, vous décale, vous ralentit, vous dédale.

3.
Si les lapins avaient des fusils, ça ne s'appellerait pas la chasse, mais la guerre.

4.
Le 27 février 2023, il se dit que selon des sources américaines, la pandémie du Covid-19 serait la conséquence d'une fuite accidentelle du virus d'un laboratoire de Wuhan. C'est ça, les virus, vous ne pouvez pas les laisser seuls une minute, ils en profitent pour fuguer, et vont, courent, volent provoquer des accidents mortels qu'après ça, vous passez pour des je ne sais quoi dans le monde.

Ce qui me rappelle l'efficacité et la prévoyance de notre technocratie et administration qui s'est illustrée lors du scandale des masques (quel carnaval!).

5.
Il paraît que la dernière feuille de chou à la mode chez les pro-Poutine s'appelle « Omerta ». Le nom est en effet bien choisi pour désigner une bande d'écrivaillons qui relaient la propagande du mafieux du Kremlin.

6.
« Pour mieux s'imposer, la logique prend quelquefois les traits de l'absurde. »
(René Char, « Moulin premier », V)

Si l'on considère la logique comme une science qui définirait avec rigueur les règles formelles de la pensée, il est qu'en effet, si vous essayez de battre la fourchette avec l’œuf, vous n'arriverez pas y tremper vos frites.

C'est en voyant le Père Ubu préparer une omelette aux champignons que vous constaterez que certaines omelettes peuvent être mortelles. C'est là l'un des intérêts de l'absurde littéraire, il prévient des risques d'empoisonnement que le réel vous fait courir.

7.
Il faut toujours avoir un pied de rechange sur soi, des fois que, par inadvertance et malheur de nous, on en mettrait un dans une tombe.

8.
« Le loup a peur du violon », note Henri Michaux dans « Sous le phare obsédant de la peur ». Cela se comprend. Il se peut que le mot « violon » évoque ici la prison. Ceci dit, le violon retourné à l'état sauvage, le crin-crin farouche, oh le redoutable ! Avec ses coups d'archet aigres-rauques, ses rapides pis qui lancinent zinzinneries rythmées par des coups de guêtres spectrales, il vous ferait fuir le loup solitaire aussi sûrement qu'un macron des villes pourchassant la croissance sur son beau cheval Blabla fait fuir le fabuliste égaré.

9.
« Il s'éloigna le plus qu'il fut possible, pour n'être vu ni entendu de personne »
(Madame de La Fayette, « La Princesse de Clèves »)

Le mot « personne » vient du latin « persona », dérivé de « personare », qui signifie « résonner, retentir ». La « personna » était un masque de théâtre qui la faisait sonner, tiens, la voix de l'acteur. S'éloigner de manière à « n'être ni vu ni entendu de personne », c'est donc s'éloigner des masques, du théâtre, de la scène sur laquelle nous jouons nos personnages. Cela n'empêche pas d'aimer la cornemuse. C'est même un fort bon prétexte d'éloignement.

10.
« Dehors
La terre s'ouvre
L'homme est tué
L'air se referme »
(René Char, « Confronts »)

Il arrive que « l'air se referme ». Surtout quand il n'a plus rien à dire. Cela arrive juste après une mort violente. Il y a de la sidération dans l'air. Cela ne dure pas. Quelqu'un crie, surtout si, distrait, il a laissé son pied sous la trajectoire du marteau échappé, avec lequel il comptait accrocher ficelle et hareng saur.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 février 2023.

27 février 2023

JE NE JAMAIS RENCONTRÉ DE YAOURT PARLANT ANGLAIS

JE NE JAMAIS RENCONTRÉ DE YAOURT PARLANT ANGLAIS

1.
Je n'ai jamais rencontré de yaourt parlant anglais. Donc, un pot de yaourt dans le rôle d'Hamlet, je n'y crois pas.

2.
Les soucoupes volantes ne sont pas des pianos. Sinon, ce seraient des pianos volants. Remarquez, ce serait joli pour interpréter la Sonate n°14 en do dièse mineur, opus 27 n°2 de Ludwig van Beethoven, dite « Sonate au Clair de lune », mais il faudrait alors prévoir des sièges volants pour un public ailé.

3.
Je déteste avoir froid. Ce monde est glacial.

4. 
« La dent de ton Erard, râtelier osanore,
Et scie et broie à cru, sous son tic-tac nerveux,
La gamme de tes dents, autre clavier sonore... »
(Tristan Corbière, « A une demoiselle »)

« osanore » est un adjectif qui désigne une fausse dent dont je lis qu'elle fut fabriquée jadis en ivoire d'hippopotame. Aussi une âme ne peut-elle être osanore ; un jambon non plus ; quant au yaourt, déjà qu'il ne parle pas anglais, alors hein.

5.
« J'entends comme un bruit de crécelle...,
C'est la male heure qui m'appelle. »
(Tristan Corbière, « Heures »)

Le mot « malheur » est composé à l'aide de « heur », qui vient du latin « augurium » (le message envoyé par les dieux et que décrypte l'augure). Une note de bas de page indique que l’expression « A la male heure » signifie « à l'heure de la mort ». Quant à la crécelle, elle produit un son aigre que l'on peut facilement considérer comme désagréable. Il serait étonnant que ce fût l'harmonieuse harpe ou une mélodieuse flûte qui signalât l'arrivée de la Camarde.

6.
« Toi qui planes avec l'Albatros des tempêtes, »
(Tristan Corbière, « Litanie du sommeil »)

Une note de bas de page indique que « l'albatros passe pour annoncer la tempête ». On ne peut donc pas compter sur l'albatros pour vous donner les résultats du tiercé ou des élections. D'ailleurs, à mon avis, l'albatros se rit des chevaux comme il se rit des archers, et je ne parle même pas des poètes, ni des députés.

7.
« … J'avais une amante là-bas
Et son ombre pâle me hante
Parmi des senteurs de lilas... »
(Tristan Corbière, « Ça »)

Je lis sur Wikipedia que le lilas (« Syringa vulgaris ») a été choisi comme la fleur représentant le caractère « robuste et ferme » des hommes et des femmes de l'Etat américain du New Hampshire. Certes, le lilas est un symbole plus joli que la crécelle, le cornichon, la tête de veau ou le yaourt. Quant au coq, il a une crête rouge et ses connaissances en anglais sont très limitées.

8. 
Vladimir Poutine est un homme d'Etat russe né le 7 octobre 1952 à Léningrad et qui n'est pas encore mort. Ce que pas mal de gens regrettent. Il aura fait tuer beaucoup de ses contemporains et se sera considérablement enrichi.

9. 
« Deux fers qui faisaient des parades bouffes ; »
(Tristan Corbière, « Duel aux camélias »)

Je ne sais pas si le son « f » ici exprime le ferraillement des épées, le frottement des lames en leurs « parades », mais je trouve sur internet ce virelangue :

« Des zazous farfelus qui cherchèrent leurs chaussures chassèrent sans souci des serpents qui sifflaient ».

Et je dis, halte-là : chasser des serpents sifflants avec les pieds nus me semble en effet, sans souci ou pas, relever du bouffon, du farfelu, du zazou, du fantasque, du zigoto, de la cafetière fêlée, voire de la folie furieuse, à flanquer ses fifres par la fenêtre.

10.
« Par Belzébuth ! contre la borne
Je viens de me rompre la corne !
..........................................................
Comme les trucs sont démolis ! »
(Tristan Corbière, « Grand Opéra, IIème Acte »)

Le mot « corne » vient du latin populaire « corna » et du latin classique « cornua ». Le mot « corne » me rappelle l’expression « il fait un vent à décorner les bœufs ». Il ne me rappelle le hareng saur et le foie de morue que si je songe au hareng saur et au foie de morue. Il me rappelle aussi « le son du cor au fond des bois » (c'est de qui ça déjà ?), Roland à Roncevaux, et que le mot « horn » désigne en allemand comme en anglais aussi bien un instrument de musique qu'une corne d'animal. Quant aux « trucs », ils sont, comme l'écrit Corbière, « démolis », le lyrique étant rentré dans le décor.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 février 2023.

 

30 janvier 2023

LES HUMAINS ÇA OSE TOUT C'EST MËME A ÇA QU'ON LES RECONNAÎT

LES HUMAINS ÇA OSE TOUT C'EST MËME A ÇA QU'ON LES RECONNAÎT

« L'haleine embrasée du désert dissolvait aux fenêtres les arabesques du gel... »
(Ray Bradbury, « L'Eté de la fusée », cité par Louis Pauwels dans « Le Matin des magiciens ».)

Louis Pauwels dans « Le Matin des Magiciens » écrivant sur Ray Bradbury, « un homme plein de colère et de charité », dit-il. Comparaison avec Bernanos. Un « artiste religieux ». Un lieu commun, la religion de l'art. Il est vrai que certains artistes semblent touchés par la grâce. Rapport à la beauté, laquelle a un rapport avec la fragilité, la mort, la disparition.

De la « première fusée interplanétaire ». Si on y mettait la Zazie de Queneau dedans, elle accomplirait l'un de ses vœux de gamine insolente, devenir astronaute pour aller « faire chier les Martiens ». « L'été de la fusée » : un tue-l'hiver. Pauwels parle de poème à propos de la prose de Bradbury. C'est vrai qu'elle est belle.

Le « progrès des âmes » peut-il être lié au « progrès des choses » ? Selon Pauwels, Bradbury n'y croyait pas. On a cru à leur linéarité, au progrès incessant qui créerait les conditions d'un bonheur matériel et démocratique. Il semble qu'il y ait tragique gourance.

Ni « progrès des âmes » ni « progrès des choses » ne semblent linéaires. Les progrès technologiques sont aussi une source de problèmes, et un crétin bardé de diplômes reste un crétin. On le constate tous les jours en politique, et ça a même l'air d'empirer.
Et quand ce crétin se double d'un salaud, on assiste à un recul des idéaux démocratiques, à une remise en cause des libertés fondamentales, à une promotion du contrôle social, à l'avènement de la machine contre l'humain.

« Un archétype de la pensée humaine : la promesse d'un éternel printemps sur la terre », écrit Louis Pauwels. Les astres ont-ils besoin de l'intelligence humaine ? Et si nous allions imprudemment nous mêler de ce qui ontologiquement ne nous regarde pas ? Les humains, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît.

Considérations sur la lutte « éternelle » entre les « puissances du froid » et les « puissances du feu ». Selon Louis Pauwels, Hitler y croyait à cette lutte. J'en sais rien. Ce que je retiens de ce passage sur le lien que, selon Pauwels, le tueur en chef nazi se croyait entre sa moustache et le froid, c'est cette remarque à propos du front de l'Est : « Sous leur capote et dans leurs bottes d'uniforme, les hommes mouraient. La plus légère blessure les condamnait. » (Louis Pauwels, « Le Matin des magiciens », le Livre de Poche, 1967, p.407).

La fin de ce passage est assez lyrique et le propos salutaire. Pauwels rappelle qu'à Stalingrad, je cite : « ce n'est pas le communisme qui triomphe du fascisme, ou plutôt, ce n'est pas uniquement cela. » C'est « notre civilisation humaniste », un « seul monde qui croit au progrès, à la justice, à l'égalité et à la science » qui a « anéanti la grande armée destinée à ouvrir la voie au surhomme. » Le transhumanisme, ce projet d'un homme visant l'éternité que nous prédisent certains, me semble parfois agiter des ombres inquiétantes. L'eurasisme douguinien aussi.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 janvier 2023.

17 janvier 2023

DE L'UTILITE DES PETITES PORTES VERTES DANS LES ROMANS POPULAIRES

DE L'UTILITE DES PETITES PORTES VERTES DANS LES ROMANS POPULAIRES

1.
« Et s'introduisant à l'intérieur, il referma derrière lui la porte... Puis ce fut un bruit de verrous que l'on tire... de chaînes que l'on tend...
Qu'allait donc faire le bossu en ce lieu sinistre ?... »
(Arthur Bernède, « Belphégor », III, 2).

Arthur Bernède. « Belphégor ». III, 2. « Monsieur Lüchner ». Bellegarde a parfaitement joué son rôle. De l'utilité du regard dans l'empêchement des sottises. Qui nous regarde ? Dieu seul nous voit-il ? Et nos fantômes, nous voient-ils ? Nous voient-ils, ceux que nous ne voyons pas ?

Du côté de chez Papillon, il y a le bossu, sa voiturette et son complice (en salopette). Le baron est sorti. J'ai dû louper quelque chose car je croyais que les Papillon étaient absents pour un bout de temps. Et voilà que. Où l'on apprend que Mathias Lüchner était « d'origine indécise et de pays incertain ». Manière de dire qu'il est louche. Je ne crois pas avoir lu qu'il avait un accent.

A la page suivante, je trouve, à propos du passé de Lüchner, l'adjectif « louche ». Interrogations sur les liens entre le « conseiller artistique » du baron du cacao et le Fantôme du Louvre. Lüchner en secrétaire. Lüchner intercepte et le baron ne recevra pas de coup de téléphone.

Lüchner à Paris. Que va-t-il faire dans cette impasse ? Puis dans cette « bicoque » ? Je trouve le mot « flic » dans une acception que je ne connais pas : « Il [Lüchner] arrêta son moteur, boucla le « flic » adapté au volant,... » (Bernède, « Belphégor », III, 2). Où l'on apprend qu'après s'être introduit, Lüchner « referma derrière lui la porte », et c'est heureux, car on ne sait jamais, défois qu'un malfaisant passât.

2.
« Ménardier proféra un cri de colère... Dans l'atelier, il n'y avait plus que la morte, inerte, pâle et glacée sur son lit de roses qui tachaient de pourpre le velours du divan noir. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », III, 2)

Arthur Bernède. « Belphégor ». III, 2. « Pauvre Jacques ! ». Jacques est toujours travesti. Colette a préparé du canard. A cette époque, en 1927, le soir, chez les gens honnêtes et soucieux du monde, on ne regarde pas des animateurs débiter vulgarités et autres énormités, non, on lit le journal. Ce qui permet parfois de lire que l'on va être arrêté.

Belphégor aurait-il empoisonné Bellegarde ? Simone au plus mal. Jacques part-il la retrouver ? Il n'est plus travesti en tout cas ; « il avait sa tête et ses habits ordinaires ».

Parfois, on croit que l'on ne va jamais revenir et l'on revient quand même. Simone est morte. Le cœur. Jacques culpabilise. Oui, mais le Fantôme du Louvre... c'est qu'elle l'a vu (du moins je crois), Simone, le Fantôme, hein... Y a de quoi vous faire flancher du palpitant aussi.

« un grand divan noir » , « les fleurs que j'aimais », l'âme envolée, « et sans doute déjà lointaine », à ce moment-là Jacques Bellegarde eut envie de manger des gaufres, mais ça c'est parce que je ne sais pas quoi dire (les morts, même dans les romans populaires, ça m'intimide) et que j'aime bien les gaufres.

Jacques sauvé de justesse par Chantecoq. De l'utilité de la petite porte verte dont il fut question dans je ne sais plus quel chapitre. Mais enfin, elle était là, et ne s'étant pas envolée, voilà qu'elle sert bien, la petite porte verte. Et puis, hop en voiture. D'ailleurs, c'est Colette qui conduit, ce qui tombe bien, parce que si cela avait été le FFFFFFantôme du Louvre (qu'est-ce qui m'arrive moi), à coup sûr, Simone serait morte une deuxième fois.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 janvier 2023.

1 janvier 2023

REVELATIONS AUTOUR D'UN TROU

REVELATIONS AUTOUR D'UN TROU

Notes sur le chapitre 5 de la deuxième partie de « Belphégor » ("Belle fait gore" ? Comme dans un film de Jean Rollin alors ?), de Arthur Bernède.

« - C'est fou !... C'est insensé... C'est à croire que j'ai rêvé ! »
(Arthur Bernède, « Belphégor », deuxième partie, chapitre 5 [Ménardier])

1.
Bernède. « Belphégor ». II,5. « Où Ménardier lance un défi à Chantecoq ». Relève au Louvre. y en a, i vont au dodo ; y en a, i vont au turbin. Une odeur de « flacon de pharmacie ». C'est louche, dit Marie-qui-louche, qui d'ailleurs n'était pas là, puisqu'elle était en train de prendre une douche, ou de chasser la bête farouche, ou d'observer la géométrie du vol des mouches.

2.
Ménardier sort du cosmos où Belphégor l'avait envoyé. Un trou dans le socle. Le père Bizot n'a pas « perdu la tête ». C'est-à-dire qu'il l'a retrouvée (c'est sa femme, la mère Bizotte, comme on dit, même qu'on l'appelle aussi la mère Biscotte (mais ça c'est pas gentil), qui, pour lui faire une farce – faut dire qu'c'est une farceuse, la mère Bizotte - l'avait cachée dans un tiroir, parmi des mouchoirs, des bavoirs, des crachoirs, des racloirs, des abattoirs, et qu'c'est terroirs).

3.
Ménardier raconte sa rencontre avec le Fantôme. Tout le monde est effaré effrayé époustouflé fasciné figé. Rentre Chantecoq, simple, élégant, discret, posé, chapeau de feutre gris « légèrement rabattu sur les yeux » (ça fait genre acteur de cinéma), bermuda à fleurs, fausse barbe, faux nez, fausse moustache, faux cils, perruque et perroquet (mais ça c'est pour faire couleur locale).

4.
Les animaux étant interdits au Louvre (poux et morpions compris, mais parce que la puissance publique n'est pas qualifiée pour investiguer, ça fait des lustres que Mona Lisa a envie de se gratter et a donc cet air bête et vaguement « ne faites pas attention à moi, je ne fais que rester là »), on aurait normalement dû signifier à Chantecoq d'aller se faire cuire un œuf. Mais comme tous étaient fascinés par la narration ménardière, nul ne prêta attention à l'intrus spéculatif.

5.
Chantecoq contempla le trou dans le socle, trouva la ferrure, et laissa son oreille vagabonder du côté de Ménardier qui disait qu'il se demandait quoi donc avait bien pu hein ? Chantecoq, ayant récupéré son oreille (il a le bras long), expliqua :
« Un trésor caché » ! Oh ! « Dans un coffre Renaissance ! » ! Oh ! Une ferrure du seizième siècle ! Oh ! « Les armes des Valois ! Oh ! « Des gaz somnifères » (poil au derrière, crut bon d'ajouter le perroquet aimablement prêté pour les besoins du scénario par la mère Bizotte – quelle rigolote, celle-là).

6.
Tout le monde s'épata s'étonna se stupéfia. Ménardier se renfrogna, puis s'éclaira et une fois que, eh bien, tiens, annonça claironna que le Fantôme du Louvre n'allait pas tarder à compter les jours et les nuits dans une cellule de prison.

7.
Chantecoq va-t-il se faire coiffer la crête par l'inspecteur Ménardier ? Eloge de Ménardier. Estimation de la malice peu commune de Belphégor. Et pour tout dire, qu'ce soye un « innocent » qui s'artrouverait à poireauter au zonzon n'étonnerait pas le roi des détectives, qui en profita pour sortir son pipeau pour interpréter le célèbre air de la Réforme Blanquer, accompagné au crincrin pour les besoins de la comédie musicale par le perroquet de la mère Bizotte et au djembé par le conservateur du musée du Louvre.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2023.

3 septembre 2022

LE CAPITAINE DECAPITE ET LE SOUFFLE DE VIE

LE CAPITAINE DECAPITE ET LE SOUFFLE DE VIE

1.

Était-il moyen ou bon, ce restaurant fréquenté par d’assez honnêtes citoyens, où l’on dévorait des soupes de potiron, des poissons, des omelettes aux champignons, des chicons au gratin, de formidables fromtons, des tartelettes au citron, en buvant de dispendieux litrons ? Cathy, naguère crémière, ayant changé de profession, – elle a d’ailleurs une sœur qui s’appelle Cécile et qui, ayant épousé un professeur, joue du tromblon, et une autre sœur, Claire, qui se pose des questions – Cathy donc mettait un point d’honneur de se souvenir des goûts de ses clients, des ragoûts les plus gouleyants, et d’une foule de haïkus plus ou moins palpitants. Cela n’empêcha pas que l’on y retrouvât le capitaine décapité et douze moines qui eurent la tête tranchée. Y venaient des gens bien, des moyennement biens et des pas du tout, des kafkaïens, des païens, des chirurgiens, des chrétiens, des logisticiens, des logiciens qui aimaient les chiens, des métaphysiciens qui préféraient les veaux, aussi des théologiens et des mécaniciens dont un s’appelait Lucien. L’enquête ne permit pas de retrouver le coupable, ni de déterminer combien il y eut de morts. Quant à Lucien, Cathy l’épousa. Ils eurent une petite Léa qui joua du violon, et un petit Gaston qui mit toute son application à ne jouer de rien, de rien, de rien.

2.
« Chaque signe, isolément, semble mort. Qu’est-ce qui lui donne vie ? Il n’est vivant que dans l’usage. A-t-il alors un souffle de vie ? Ou bien l’usage est-il son souffle ? »
(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

Chaque signe, qu’il soit indigne, insigne, rectiligne, longiligne, qu’il suive ou non les consignes, isolément, semble mort, aussi mort qu’un rat mort, qu’un bal mort, qu’un chien mort dans un port dont il ne reste rien, aussi mort qu’un caillou, qu’un chou, genou, hibou, joujou, pou, tout ça mort, foutu, kaput, dérobés les bijoux, et Claire la philosophe qui aime bien la pensée claire, les idées claires, la claire logique, la lune claire sur la claire fontaine, se demande clairement ce qui lui donne vie, à la momie, à la vieillerie, à la poésie, à l’académie, à l’aciérie dévissée, à la partition de musique, au graffiti, à la notation mathématique, au chiffre, au signe aboli d’inanité sonore, que le néant dévore, renvoie dans le décor où il n’y a plus rien d’abord, plus rien d’abord, plus rien d’abord alors Claire la philosophe se secoue et ne perdant pas le nord, se dit que chaque signe, qu’il soit indigne, insigne, qu’il signale, qu’il signifie, qu’il s’ignore n’est vivant, palpitant, vibrant, intéressant, signalant, signifiant, fascinant que dans l’usage, encore que Claire – dont la sœur qui s’appelle Cathy met un point d’honneur à se souvenir des goûts et des ragoûts de ses clients – se demande si le signe, indigne ou insigne, a alors un souffle de vie qui lui permettrait de fasciner fabuliste et facteur humain, fâcheux et facétieux, foudre de guerre et foutriquet, farceur et fanfaron, philanthrope et facho, pis tous les farfadets, tous les farfadets là qui nous caracolent la caboche, ou si c’est l’usage, et là on voit bien que cette longue phrase est en fait une amplification, une paraphrase fantaisiste d’une phrase de Ludwig Wittgenstein tirée de ses « Investigations philosophiques », ou si c’est l’usage – tout ce qu’on dit, tout ce qu’on ne dit pas, tout ce qu’on croit qu’on dit, tout ce qu’on ne sait pas qu’on dit - qui est son souffle.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 septembre 2022.

31 juillet 2022

POUTINE MASSACRE ET LA CHINE CALCULE

POUTINE MASSACRE ET LA CHINE CALCULE

1.
1 euro = 61 roubles. L’indice boursier russe RTS a baissé de plus de 29% depuis le 1er janvier 2022 et de plus de 16 % depuis un mois. L’économie russe s’effondre. Poutine perd patience, fait n’importe quoi et provoque l’Occident. Il est perdu.

2.
La Chine, très dépendante des marchés occidentaux, n’a aucun intérêt à soutenir la Russie autrement que par des paroles. En revanche, l’effondrement de l’économie russe lui permettrait d’acquérir quelques fleurons poutiniens pour pas cher…

3.
Napoléon est allé jusqu’à Moscou. Poutine n’ira pas plus loin que le Donbass. Et encore, c’est pas encore gagné.

4.
« Soit ! le grandiose échappe à ma dent »
(Verlaine, « Résignation »)

« La dent du Chat est un des sommets du mont du Chat, situé dans le sud du massif du Jura », dit Wikipédia.
Dans « Pierrot le Fou », de Godard, Ferdinand lit les Pieds Nickelés.
J’ignore si les Pieds Nickelés tentèrent de vendre la dent du Chat à un chien passant avec son chapeau.

5.
« Eclate en quelque coin l’orgue de Barbarie :
Il brame un de ces airs, romances ou polkas
Qu’enfants nous tapotions sur nos harmonicas »
(Verlaine, « Nocturne parisien »)

Musical. Eclatant tapageur. Nostalgique. Allitératif (« Eclate en quelque coin »). Musical : les sons longs de « brame » et de « romances ».

6.
« Où rage le soleil comme en pays conquis »
(Verlaine)

Où Où fait le hibou tout perdu si tant est qu’un hibou puisse être tout perdu ululant dans ma boule
Rage l’orage tandis que nage un bestiau à nageoires ou un costaud à palmes tandis que Où Où fait le hibou tout perdu si tant est qu’un hibou puisse être tout perdu ululant dans la foule qu’est dans ma boule
Le soleil éclaire la claire prairie où Claire se promène dans sa robe claire cependant qu’au loin il y a les éclairs de l’orage qui rage tandis que nage un bestiau à nageoires dans une foule d’autres bestiaux à nageoires ou un costaud à palmes avec quelques autres costauds à palmes et que Où Où fait le hibou tout perdu si tant est qu’un hibou puisse être tout perdu ululant dans la foule des boulevards où se balade ma boule
Soleil Soleil chante Mireille tandis que Zut l’écoute en mangeant des groseilles
Comme la gomme estompe efface le petit homme – est-il bonhomme ou méchant homme, ce petit homme, mais on s’en fout en somme - se fond dans la foule
En août Zut, tout en mangeant des groseilles, écoute Mireille chanter Soleil Soleil oh le soleil qui éclaire la claire prairie où Claire se promène dans sa robe claire et dans ce
Pays des monts et merveilles qu’on rêve
Conquis par une poignée de syllabes.

7.
Alor le Vampire avec sa grande cape et ses grandes dent (il en avait quand même beaucoup) se rue sur le beau cou de sa belle victime passque c’est plus photogénique mais alor le hérot jaillisse avant que jaillisse le sang et tu le Vampire d’une bale d’argent en plein palpitant qu’il lui tire alor que le Vampire fait volte-face en crachant comme une bête et que la jeune fille prend ses jambes à tire-d’elle common dit.

8.
Alor le cow-boy (i s’appelle Tex) tente d’atraper le dragon Vladimir (i jacte russe et crache du gaz) avec son lasso mais Tex se dit que c’était pas come avec les vaches qu’en vrai je sais pas si on attrape des vaches avec un lasso j’ai juste lu ça en atendant de me faire couper les tifs par le coiffeur de mon quartier de jadis quand j’étos tiot et qu’il avait une table à patienter avec plein d’illustrés en  noir et blanc et des histoires d’Akim dedans mais c’est fort eureuz, mon neveu, le dragon Vladimir il était bête comme un chroniqueur de la télé russe alor il se prend ses quatre pattes dans sa bourse de Moscou et tombe dans un casse-tête chinois.

9.
Avec le réchauffement climatique, la surpopulation, la sale guerre de Poutine en Ukraine, les sombres perspectives de l’économie mondiale et le contrôle social qu’on voit s’pointer comme une seconde nature, l’optimisme me semble réellement hors de saison.

Patrice Houzeau
Malo, le 31 juillet 2022.  

22 juin 2022

PATRIOTE TOI DE LA JE LE SUIS PLUS QUE TOI

PATRIOTE TOI DE LA JE LE SUIS PLUS QUE TOI

1.

« Mon arrière grand-mère s'appelait Marie Pichon mais mon arrière-grand tante s'appelait Marie-Madeleine Laforêt et elle était née en novembre 1889 et donc elle était aussi vieille que la Tour Eiffel. Elle a été placée en maison de retraite mais, comment dire, elle a dit j'ai rien à foutre avec tous ces vieux et elle ne supportait pas sa camarade de chambre et elle a vidé son flacon d'eau de Cologne et a pissé dedans. Elle est morte la hache à la main en train de couper du bois à 104 ans. C'est le facteur qui l'a trouvée. »

2.

« Mon oncle Georges était très mod's dans les années soixante. Et la chienne de mon grand-père est venue se frotter sur sa jambe et donc mon oncle lui a mis un coup de pied et mon grand-père poursuivait mon oncle avec un coupe-papier. Et c'est mon oncle Georges qui a appris à ma grand-mère qu'elle était encore cocue. »

3.

« Il la frappait avec des serviettes mouillées pour pas laisser de traces ».

4.

« C'est comme la tante de mon beau-frère qui était garde-barrière et ses deux enfants ont été écrasés par le train. Elle a eu un fils neuf mois après. Elle a dit : « C'est l'enfant du deuil ».

5.

Mon arrière-grand mère voyant la maîtresse de son fils passer de son balcon au rez-de-chaussée a enjambé le balcon, saisit la maîtresse et l'a giflée en disant : « Qu'est-ce que tu lui fais, salope, pour qu'il batte sa femme ? » « Tu m'le paieras ça la vieille » répondit l'interloquée.

6.

La guerre, ce n'est jamais que le passage de la violence domestique à la violence internationale : les Jules ne battent plus leur femme, ils s'entr'égorgent au nom des grands principes. #NiDieuNiMaître

Vous vous souvenez de Michel Serres et d'Albert Jacquard, de leur foi inébranlable dans les progrès de l'humanité. Ah les surdiplômés  ! ah les sots ! Ah les c.... !

7.

« Mon père m'appelait Misstinguett et Sarah Bernard à cause de mon amour du théâtre. Il me disait T'iras frapper les trois coups avec ta jambe de bois. Ce qui est une légende. »

8.

La chanson cryptogay hein qu'on dit de Charles Trénet  : « Je tâte André à la porte du garage »...

9.

Elle dandine des épaules en écoutant « Ah tu verras » de Nougaro. Elle boit de la bière. Pendant ce temps-là, un type qui nous est moins qu'un american staff fait massacrer des Ukrainiens par des pantins qu'on appelle « officiers généraux ».

10.

Députés anti-OTAN et pro-Poutine émargeant à la CIA, journalistes « objectifs » critiquant Zelensky et qui touchent leur argent off shore... Démocrates à poupée russe... Poutine, sanglante comédie.

11.

Bac 2022. Entre le mot « ludique » qu'un candidat sur deux n'a pas compris et Sylvie Germain vilipendée par des lycéens incultes et outrecuidants, franchement, Philippe Meirieu, Vincent Peillon, Benoît Hamon, Blanquer, dormez-vous contents ?

Patrice Houzeau

Malo, le 22 juin 2022

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