Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BREFS ET AUTRES
Publicité
8 janvier 2022

ZUTISMES ET AUTRES MOROSITES SPECULATIVES

ZUTISMES ET AUTRES MOROSITES SPECULATIVES

1.
Inquiète de voir s'instaurer ce que le Macron (espèce présidente) appelle « une société de vigilance », Zut décida d'ouvrir l’œil sur la possibilité d’exploitation de nos fantômes personnels et de nos seigneuries que révèlent toutes ces données partagées.

2.
Beaucoup durent, comme Zut, fournir une preuve de leur spectrale existence pour que le contenu de l'échange parût réel et valide, preuve qu'ils ne fourniraient pas si la politique ne s'était pas mise à mentir et à vérifier que chacun avait bien avalé sa couleuvre.

3.
« Par conséquent, je fais un effort constant pour réfléchir à ce que je ne vois pas. »
(Fabrice Gerschel », « Philosophie Magazine », n°139, juin 2020, p.51)

4.
Zut parcourant un numéro de « Philosophie Magazine » en s’exerçant à la fronde en vue des présidentielles 2022, se demanda comment on pouvait entendre « sa voix et sa pensée océaniques », alors elle prit la Pensée sur ses genoux, la trouva sotte et la renvoya chez les Grecs.

5.
Je ne sais plus où j'ai lu qu'un penseur (qui fut-ce?) se réveilla un jour avec l'impression que dans son sommeil quelqu'un lui avait posé une question sur le quoi comment où donc tout ça et qu'il n'avait pas pu répondre qu'à mon avis c'est pas comme ça qu'on résoudra l'équation de la vitesse de la propagation de la moumoute dans la soupe à l'oignon.

6.
L'angoisse prit Zut à l'idée que le plus petit être vivant était capable de paralyser le spectacle et sa société aussi ordonnée qu'une troupe de cirque, renvoyant ombres et lumières à un carnaval sans masques, sans flonflons, sans personne, sans rien.

7.
« Ce qu'il y a de bizarre avec les grandes crises, c'est que même lorsque vous voulez penser à autre chose, vous y êtes ramené malgré vous. »
(Michel Eltchaninoff)

8.
Zut profita de la nuit pour songer ses doubles et cogita que le confinement faisait prendre conscience qu'on donne plus de son temps à des zôtres pour qui nous importons peu qu'à ceux qui comptent vraiment : en l’occurrence, tous ses possibles.

9.
On ne peut pas hanter toutes les phrases. J'ai beau m'agiter le spéculatif, vois pas comment faire rentrer un éléphant sur le pont sur lequel « ces rois de l'azur, maladroits et honteux, laissent piteusement leurs grandes ailes blanches, comme des avirons traîner à côté d’eux. »

10.
Paraît que le protocole Blanquer version janvier 2022, il serait pas évident à saisir. Du coup, tout le monde fait à s'mode. A force de pondre des réformes et des protocoles inapplicables, Blanquer va finir aussi légendaire que le Merlin du Kaamelott à Astier.

11;
On reconnaît le bon politique à la quantité de couleuvres qu'il est capable de faire ingurgiter à l'électeur sans que celui-ci en paraisse d'abord incommodé. Nous verrons aux présidentielles 2022 si Castex a bien servi la soupe à Macron.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2022.

 

 

 

 

Publicité
24 février 2021

PETITE SALVE D'HUMEURS DU 24 FEVRIER 2021

PETITE SALVE D'HUMEURS DU 24 FEVRIER 2021

1.
Selon le philosophe Tristan Garcia passant à la télé because ça fait vendre des livres, « La République est une pathologie mentale ». Seigneur, les âneries qu'on est obligé d'asséner pour justifier son statut ! On dirait une analyse soixante-huitarde du temps où les étudiants disaient déjà des bêtises.

 

2.
Quand même un peu dans l'idée que vu qu'on est un peu trop nombreux sur la scène du monde, on utilise guerres et ventes d'armes, virus, cancel culture et tous les hashtags si vertueux et défois assez délateurs pour les éliminer les autres, nos pas si semblables, nos pas si frères.

 

3.
Quand même pour voter Macron en 2022 faut vraiment pas avoir beaucoup de fierté. Cet homme sent la manipulation à plein nez et plus il nous manipule, plus il nous méprise. Moi je m'abstiendrai.
Ceci dit, les autres candidats ne valent pas mieux. Depuis que la politique est devenue guerre des communications, on croit voter pour des hommes (ou des femmes) et l'on vote pour des marques.

4.
Il faut reconnaître que l'annonce de la gratuité des serviettes hygiéniques dans les universités est une bonne mesure. C'est lorsque les politiques se rendent utiles qu'ils sont respectables. Dommage que l'amour de la technocratie les rende parfois si sots.

5.
La chasse est utile pour éviter la surpopulation de certaines espèces. Aussi elle devrait être du ressort de l'Etat et donc de fonctionnaires accrédités. La chasse privée est un archaïsme. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je méprise Macron.

6.
Je suis sûr que dans la tête d’œuf d'un de nos technocrates a déjà plus ou moins germé l'idée que l'on pourrait « domestiquer » le covid, en faire un saisonnier assez périlleux pour pouvoir contrôler campus, territoires, gilets jaunes pis tout ça qui trouble.

7.
Entendu l'économiste Philippe Aghion ce matin sur France Inter souhaiter pour la France une sorte de flexibilité façon pays du Nord. Combien de fois faudra-t-il le dire qu'en économie comme en éducation, il est vain de souhaiter à un pays latin et interventionniste comme le nôtre ce qui paraît bon (en tout cas d'ici) pour les « frugaux » du Nord.

8.
Ceux qui demandent aux politiques de les faire rêver doivent être des sortes de drogués. Un politique n'est pas là pour faire rêver mais pour être efficace.

9.
Il me semble (mais ce n'est qu'une impression) que dans les pays du Nord les politiques sont vus comme des techniciens, certes à haute valeur ajoutée, mais avant tout des techniciens, cependant que la France rêve toujours de retrouver un génie politique qui aurait l'envergure d'un de Gaulle.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 février 2021.

 

30 mai 2021

COMME UN FANTÖME AUTOUR

COMME UN FANTÔME AUTOUR

1.
Je lis dans Schopenhauer que selon Platon « les âmes, avant qu’elles soient tombées dans des corps, et entrées dans diverses vies, ont la liberté de choisir telle ou telle existence ».

Selon Platon (je sai pas qi sé sé antique), les âmes elle tombent dans les corps, que je me demande si elles tombent en parachute ou si cé du vol plané qu’eles s’incorporent en douceur ou alor ele tombent come la pluie avec du bruit de pluie sur les tois la nuit.

2.
Je me dis qu’aux présidentielles 2022 je vais voter pour Mélenchon passque les zôtres m’ont l’air vraiment zôtres que mélenchon vous me direz qu’il est ossi zôtre que les zôtres zôtres que je vote pas pour que ducou je vais pa voter du tou. #ElectionsPiègeà

3.
Quan je vois Zemmour et Onfray a la télé, je panse qe cé bien d’avoir réussi à doner du travail a des extra-terrestres qu’on a meme réussi a les metre dans les teles qon a qua appuyer sur le zappeur (pompier) pour les antandre extra-délirer cé l’école inclusive i dit Blanquer.

4.
Je sé pas ce que cé que « les instincts moraux de l’humain » ka mon avis cé fable é fadaise qu’instinctivement l’humain il est tout ossi destructeur que dans sa vie sociale civilisée ; l’humain, souvent, il n’a de morale que si c’est son intérêt et il est drôlement rusé pour ça.

5.
Faut quand même dire que lorsque j’écris « quand je vois Zemmour et Onfray à la télé » en fait je les vois pas que je change pour regarder d’autres conneries (y en a plein dans la télé qu’ça lui fait des grosses têtes) et y en a même des intéressantes.

6.
Certains d’ceusses qui composent, défois i trouvent le symphonique propice qu’on y jette du jazz, là, façon Gershwin, comme on y hante un fantôme de l’orchestre, qu’ça vous-z-y swingue le rythme et fait valser l’trapèze band.

7.
« Pour l’heure, Gershwin compose son concerto, un manuel dans une main, son puzzle mental dans l’autre. »
(Alain Lacombe, « Georges Gershwin, une chronique de Broadway »)

Moi qui suis manche autant que poutre en tout quasi, je me vois mal un « manuel dans une main », mon « puzzle mental dans l’autre » qu’avec la troisième je me gratterais la tête qui m’échappe pour composer du ne serait-ce que.

8.
Du chapeau sortit un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin, puis un lapin,
puis un lapin, qu’le chasseur i savait plus où donner d’la tête. I devint fou.

9.
« Certains compositeurs ont tourné autour du jazz comme un chat autour d’une assiette de soupe chaude » (Walter Damrosch cité par Alain Lacombe in « Georges Gershwin, une chronique de Broadway »)

Parfois, on tourne autour des choses comme un fantôme autour du problème qu’il n’a pas réussi à résoudre du temps qu’il était vivant pis qu’il est tout revenant, qu’ça s’appelle le tour du « chat autour de l’assiette de soupe chaude ».

10.
Les choses défois, elles ont un air de famille avec la mort. Sont glacées les choses. comme autant de gueules invisibles de poissons asphyxiants.

11.
« La frénésie du présent contribue à dissoudre la mémoire. »
(Alain Lacombe)

Le présent il est tout frénétique, surtout si zêtes obligé de voir des gens toute la journée qu’à tout moment ça peut virer free style n’importe nawak qu’les gens i laissent courir leur cerveau tout seul parmi les choses.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 mai 2021.

11 avril 2023

PAR ACQUIS DE CONCOMBRE

PAR ACQUIS DE CONCOMBRE

1.
« Puisque la chose est « mathématiquement » possible, pourquoi ne la serait-elle pas « humainement » !... Mais si la chose est « humainement » possible, l'affaire est formidable ! »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre Jaune » [Rouletabille])

Des rapports entre les possibles et probables des équations et des conditions humaines. Ça finit défois par de grands boums.

2.
« Les concierges sont donc en liberté, maintenant ? » demandai-je. »
Gaston Leroux, « Le Mystère de la chambre jaune » [Sainclair]

Cette phrase, prise dans un sens absolu, est délicieusement absurde.

3.
« - Ça n'est pas possible !, m'écriai-je, et quel événement peut être plus mystérieux que le mystère de la « Chambre jaune » ? »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre jaune » [Sainclair])

Moi, ce qui me turlupine parfois, c'est le mystère de la deuxième chaussette disparue.

Le mot « mystère » n'a en lui-même rien de mystérieux. On en connaît toutes les lettres et l'on sait d'où il vient. Du latin, comme beaucoup, et du grec ancien, comme autant, d'autres, certains. Comme rime à « mystère », ce qui me vient c'est « mousquetaire », puis « pomme de terre », - réminiscence rimbaldienne :

« Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre !
- Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère »
(Rimbaud, « Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs »).

Au bivouac, le mousquetaire fit cuire quelques pommes de terre. Il était silencieux et, de tout le jour, n'avait pas quitté sa tête de mystère...

Le mot « bivouac », d'après ce que charlemagne Wikipédia (le verbe « dire » me semble si monotone ; d'ailleurs, on en dit toujours trop) est aussi utilisé en anglais depuis les guerres napoléoniennes. Il viendrait de l'allemand médiéval (serait-il arrivé à cheval?) « biwacht » (en allemand moderne, on trouve le participe passé « bewacht » (de « bewachen ») : gardé, surveillé, protégé...

Le mot « bivouac » me semble aller comme un gant à « Cyrano de Bergerac ». En trouve-t-on la rime chez Edmond Rostand ? Je ne pense pas, mais faudrait vérifier, par acquis de concombre (j'ai oublié le mot approprié parce que je suis un cornichon, du coup j'emploie le mot « concombre », il me semble que ce n'est guère éloigné).

4.
Entendu sur France Culture cette phrase : « Les guerres napoléoniennes ont absorbé beaucoup de chevaux. » Ai pensé illico que les guerres à Napoléon furent de monstrueuses éponges pleines de sang. Ai pensé aussi à Fabrice à Waterloo et à cette phrase :

« Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue. »
(Stendhal, « La Chartreuse de Parme »)

5.
« J'ai vu sa tête... ai-je bien vu sa tête ?... »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre Jaune » [Rouletabille])

Ce que l'on voit et ce que l'on croit voir. On dit que, le 5 mai 1821, les derniers mots de l'Empereur furent : « tête... armée ». Puis tel qu'en lui-même sa légende le changea.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 avril 2023.

4 février 2024

ON NE SAIT QUELLE CROYANCE ON NE SAIT QUEL DOGME

ON NE SAIT QUELLE CROYANCE ON NE SAIT QUEL DOGME
1.
Montaigne, au « Livre second » des « Essais » : « Ainsi, quand il se présente à nous quelque doctrine nouvelle, nous avons grande occasion de nous en défier, et de considérer qu'avant qu'elle fut produite, sa contraire était en vogue; et, comme elle a été renversée par celle-ci, il pourra naître à l'avenir une tierce invention qui choquera de même la seconde. »
C'est ainsi que de coin-coin en coin-coin, nous sommes allés dans la Lune.
L'humain ne s'est pas contenté de cela, il a aussi inventé la surproduction, le surpeuplement et tous les beaux systèmes métaphysico-politiques qui, avec toute la légitimité que procurent tampons ad hoc et absurdes théocrates, permettent aux uns de massacrer les autres.
2.
« car vous verrez aussi comme quoi Madame entre dans une loge au spectacle, avec quelle emphase, avec quel air imposant, quoique d'un air distrait et sans y penser ; car c'est la belle éducation qui donne cet orgueil-là. »
(Marivaux, « L'île des esclaves », scène III [Cléanthis])
On appelle cela la distinction, voire « la classe », le « chic », le « style » ou je ne sais quoi encore. Ça peut fasciner (surtout si la dame est belle) ; ça peut agacer aussi. Quant à mon chameau, il s'en moque.
3.
Alfredo Gomez-Muller dans un article de la revue « Etvdes » de novembre 1988, évoquant le « crépuscule des idoles » : « Ni le christianisme ni le marxisme – tous deux essentiellement « modernes » - ne sauraient « relever » (« aufheben ») le génocide perpétré à Auschwitz en le plaçant dans un processus général dirigé vers l'émancipation universelle (...) ».
C'est que le nazisme ne fut pas seulement une affaire de voyous et d'idiots arrivés au pouvoir grâce au soutien d'une partie du grand patronat allemand et qui, lancés dans une fuite en avant suicidaire, auraient conduit l'Allemagne à la ruine. Le nazisme fut aussi un projet politique totalitaire, avec son idéologie, ses penseurs, ses fanatiques et ses adeptes (qui furent en France appelés « collabos »).
De même, on aurait tort de ne voir dans le poutinisme qu'une fuite en avant, aussi suicidaire que celle des nazis, et initiée par une oligarchie inquiète pour son avenir et gangrenée par la mafia, la corruption et les kompromats. Le poutinisme est lui aussi un projet politique : celui d'une domination de l'Europe par une puissance eurasiatique opposée dans ses principes aux démocraties libérales occidentales (celles-là mêmes qui ont combattu et vaincu le nazisme). Et comme pour le nazisme, le poutinisme se caractérise par une idéologie, des penseurs, des fanatiques et des adeptes (tout aussi, on peut le craindre, « collabos » dans l'âme, que ceux qui, durant l'Occupation, pourchassèrent juifs et résistants et tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, semblaient ne pas correspondre aux critères de la « révolution nationale »).
Nous avons donc tout à redouter d'absolus métaphysico-politiques qui tenteraient de substituer aux principes de la démocratie libérale et de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme on ne sait quelle croyance, on ne sait quel dogme.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 février 2024.

Publicité
26 janvier 2024

EN ALLANT S'ACHETER DES OREILLES

EN ALLANT S'ACHETER DES OREILLES

1.
« Un feu brûlait dans l'âtre ; une lampe brillait sur le manteau de la cheminée, car même à l'intérieur des maisons le brouillard commençait à s'insinuer en nappes épaisses »
(R. L. Stevenson traduit par Charles Ballarin, « l'Etrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hide »)

2.
Parfois, entre les silences éloquents et les brouhahas insensés, on ne sait plus quoi faire de sa langue.

3.
« désagréable sentiment de malaise en traversant l'amphi- », comme si quelque squelette genre qu'il s'appelle Martin allait lui tomber sur le paletot ou que le spectre d'un de ces vieux professeurs honnis des Chiche-Capon allait lui, alors le commissaire demanda qu'on lui fît monter un sandwich et une bière.

4.
« sons le brouillards commençait à s'insinuer en nappes », que je me disais que si un navire à voiles des vieux films avec des squelettes-spectres de soldats à armures avec épées et escopettes, mousquets ou je ne sais quoi encore qui trucide, surgissait soudain de ces nappes épaisses et dans quelque port du Nord, c'est que le roman commencerait à ressembler à un film d'épouvante qu'en 1979, John Carpenter tourna un truc plus ou moins dans ce genre, même que ça s'appelait « Fog ».

5.
« La missive était rédigée d'une étrange écriture, » de telle sorte qu'on ne pouvait la déchiffrer que très difficilement et qu'elle fut donc l'objet de moult controverses quant à sa signification. Certains pensaient qu'il s'agissait d'une sorte de testament ; d'autres y lisaient d'étonnantes prophéties quand d'autres encore n'y voyaient qu'une liste de courses. On fit appel à des spécialistes en langues disparues, et chacun de ces experts fut forcé de donner sa langue au chat, lequel les emporta toutes.

6.
« Il se couvrit un instant le visage de ses mains. » C'est au moment où il voulut boire son thé que sa main ne suivit pas son bras et resta accrochée à son visage. Voulant user de son autre hein de bras, il obtint le même résultat et les deux bras restaient en l'air tendus et dérisoires tandis que ses deux mains s'entêtaient à lui couvrir le visage comme si elles s'y étaient collées.

7.
« dormait encore sur la cité ensevelie, où les réverbères » faisaient des taches jaune mouillé dans le brouillard qui dormait encore sur la cité ensevelie, où les réverbères avaient une furieuse envie de café et de croissants, ou alors d’œufs au bacon et de thé, ou alors de saucisses et de bière, ou alors, qu'ils se disaient les réverbères, si au moins passait un accordéoniste, pour nous jouer de l'accordéon, quelque java lunaire, ou alors une valse étoilée, de quoi danser quoi, cependant que droites et dignes, dans un silence glacé, passèrent les filles de la Nuit. Ce qu'elles fichaient là, nul ne le sait. D'ailleurs, tout le monde s'en fiche.

8
« et fin connaisseur de graphologie, considérerait sans » guère hésiter qu'appréciant beaucoup la musique des Rolling Stones, il s'écouterait bien « Beggars Banquet ». Il prit donc sa graphologie et s'en alla s'acheter des oreilles.

9.
« écritures sont identiques à bien des égards. Seule » l'incompréhension de tout dans laquelle je baigne comme une sardine dans l'huile m'empêche de vous dire de quoi il est question, l'une ayant visiblement été rédigée par la femme d'un boucher charcutier (les traces de gras et le parfum de violette qui imprègnent le papier en attestent) cependant que l'autre a non moins visiblement été composée par un menuisier italien (il y a de la sciure incrustée dans la trame et des taches de café, et puis quelle écriture agitée et si nerveuse !). De koiksakauz ? mystère et coin-coin, cette langue m'étant aussi inconnue que la sincérité est inconnue du politique.

10.
« A cette idée, il sentit son sang se figer dans ses » vous savez quoi, bien sûr, parce que ça ne pourrait pas être autre chose, sauf si le personnage est fait d'une toute autre substance que la nôtre, genre arrivé en soucoupe volante pis creux à l'intérieur, que si on lui tape dans le dos, il fait klong et vous désintègre illico d'un coup de laser parce que c'est pas des manières non mais.

11.
Janvier 2024. Après son ridicule appel au « réarmement démographique », son tour de passe-passe sur la loi dite « Immigration », la mise en place du gouvernement Attal et ses bizarreries (Amélie Oudéa-Castéra ? Rachida Dati?), après la colère des agriculteurs, je pressens que le président Macron va bientôt revenir nous faire le matamore genre : c'est moi qui dis qui y est.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 janvier 2024.

25 janvier 2024

COMME UN CYCLOPE DANS SON OEIL

COMME UN CYCLOPE DANS SON OEIL

1.
« jamais on ne l'avait pris en photo, et ceux qui étaient en mesure de le décrire étaient loin d'être d'accord »
(R. L. Stevenson traduit par Charles Ballarin, « L'Etrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hide »)

2.
« solitude, et apaisant leurs esprits au riche silence » et ça, quand le silence est riche, faut en profiter, parce que souvent, le silence, il ne nous dit rien qui vaille mais parfois, il est riche, le silence, riche des paroles qu'on n'a pas dites, et défois même pas pensées.

3.
« lèvres devinrent livides. Une ombre assombrit son » parapluie, et ça, c'est embêtant, parce que, avec son ombre qui assombrit là, mon oncle, il va encore nous faire le coup du parapluie oublié qu'après, ça va nous faire qu'on va prendre la drache car, dans toute fiction qui respecte les lois de la gravité et de l'Académie, si un personnage oublie un parapluie quelque part, c'est que la pluie va tomber et l'Auguste se mouiller.

4.
« n'est pas avec des mots que les choses s'arrangeront. » C'est ce que nous constatons tous les jours, qu'on a beau en publier, des mille et un bouquins bienveillants et philosophico-empathiques, les humains, c'est un fait, préfèrent l'artillerie à la poésie.

5.
« Je sais que vous l'avez vu, il me l'a dit, et j'ai peur » qu'il commette des imprudences. Ah, mais c'est que l'homme invisible n'est pas seulement invisible, il est aussi distrait.

6.
« sans doute romanesque, elle était venue s'asseoir sur » quelque quête d'un chevalier errant (et sans portable, dis). Elle fut aussitôt emportée dans un tourbillon tourbillonnant parce que sinon c'est pas la peine ; comme elle faisait la tarte aux pommes comme pas une, nous la regrettâmes ; ce fut un dragon qui nous la ramena dans un grand chuintement et en s’excusant pour le dérangement.

7.
« une impatience à peine contenue. Tout à coup il fut » bien content d'écouter une compilation du groupe The Who que parmi toutes ces épatances, il y a le morceau « The Seeker » avec cette phrase hein qu'elle est bien  :
« I've got values, but I don't know how or why » (« J'ai des valeurs, mais je ne sais pas comment ni pourquoi »).

8.
« elle. Aussitôt, elle prévint la police. Le meurtrier était » là où on ne l'attendait pas. Mais on le retrouva, on l'emprisonna, on le jugea et on espéra lui couper l'envie de vivre et de tuer d'autres gens en ne lui coupant pas la tête.

9.
« premier brouillard de la saison s'appesantissait sur » tout ce sur quoi il pouvait s'appesantir : rues, toits, ombres, chats errants, chiens passants, vices et versos, parapluies oubliés, tartes aux pommes, visages et bonnets de nuit, crêpes et gaufres, quiches et poutres, niches et loutres, clochers et cochers, squelettes harassés, omelettes et fricassées, dandys et dindons, huîtres et moules qu'il appesantissait le premier brouillard de la saison, comme s'il était chez lui et ne parlant même pas la langue.

10.
« de tout-à-un penny où l'on vendait aussi des salades » et je me dis que cette ligne, que je tire d'une traduction d'un roman de Stevenson, a un petit goût de politique et de promesse électorale.

11.
« Une sorte de joie hideuse illumina le visage de la » souris et, sans conjugaison ni remords, elle bouffit l'éléphant. Puis, tranquillou la louloute, elle retourna dans sa fiction comme un cyclope dans son œil.

12.
« ses soupçons, le policier se déclara enchanté. Une » sacrée affaire car, dès lors, il multiplia jets de sorts et tours de magie, passant les murailles, les ans et les muscades comme s'il était Merlin revenu, alors qu'en fait, il s'appelait Albert, comme tous ceux qui s'appellent Albert quand ils ne s'appellent pas Maurice.
A propos d'éternel retour là, avec son « réarmement civique », pis « démographique », et même pédagogique me suis-je laissé dire, notre bon président Macron, nous jouerait-il pas une petite java façon Superdupont, de Lob et Gotlib, dis ?

Patrice Houzeau
Malo, le 25 janvier 2024.

9 septembre 2023

TELS QU'ON LES CHANTE DANS LA RUE EN PENTE

TELS QU'ON LES CHANTE DANS LA RUE EN PENTE

1.
« Notre amour est réglé par les calmes étoiles
Or nous savons qu'en nous beaucoup d'hommes respirent
Qui vinrent de très loin et sont un sous nos fronts »
(Apollinaire, « Sanglots »)

Serait-il qu'Apollinaire affirme ici :
- qu'en nous palpitent les confins étoilés ?
- Que tout est écrit d'avance par la main invisible de la transcendance ?
- Que nous sommes les héritiers des Anciens Astronautes ?
- Que cette musique étrange venue d'ailleurs serait du Pink Floyd, mais elle ne vient pas d'ailleurs vu qu'on l'achète dans les magasins ?

2.
« C'est la chanson des rêveurs
Qui s'étaient arraché le cœur
Et le portaient dans la main droite »
(Apollinaire, « Sanglots »)

Si les rêveurs portaient leur cœur arraché « dans la main droite », que devenait leur main gauche ?
- Elle zouavait chez ma sœur (mais pas toutes en même temps) ?
- Elle se gratouillait la narine en se disant que la poésie ça sert pas à grand chose ?
- Elle volait, là-haut, avec toutes les autres mains, même qu'on aurait dit des oies sauvages, avec un cri dedans mon être, et tout ci ?
- Elle se tenait par la barbichette, le premier qui rira sera privé de fraises tagadas ?
- Qu'à force de rêver, le réel finit par vous échapper qu'on en a le cœur tout arraché ?

3.
« Des marins qui chantaient comme des conquérants
Des gouffres de Thulé des tendres cieux d'Ophir » ?
(Apollinaire, « Sanglots »)

Thulé et Ophir, sont-ce ?
- Respectivement une île mythique et septentrionale et un port cité dans la Bible et connu pour sa richesse, même que, nous abonde Wikipédia, que le roi Salomon, « est censé avoir reçu tous les trois ans une cargaison d'or, d'argent, de bois (probablement de santal), de pierres précieuses, d'ivoire, de singes, et de paons d'Ophir » ?
- Des noms de tenanciers de bistrots dans lesquels les marins tels qu'on les chante vont boire en chantant « Amsterdam » à condition d'en connaître les paroles ?
- Des raisons de se dire que cette histoire de normes vestimentaires à l'école (une sorte de « dress code », à défaut d'uniforme) n'empêcherait nullement certaines marques de vendre aux collégiens et lycéens chemises, pulls et pantalons plus cher que d'autres marques moins courues.

4.
« Je n'ai confié aucun secret sinon une chanson énigmatique
Aux tourbières humides »
(Apollinaire, « Fagnes de Wallonie »)

Ce que le narrateur affirme ici, c'est que :
- il a laissé s'enfoncer dans une tourbière humide une chanson porteuse d'un secret ?
- Il avait pris ce pli d'aller au bord d'une tourbière humide chanter une chanson, toujours la même et énigmatique ? (et donc quoi est-ce exactement que cette « tourbière humide »?)
- Il y en a i z'ont rien d'autre à faire que d'aller seriner aux « tourbières humides » (lesquelles s'en tamponnent la durée) des stupidités si sottes qu'on dirait des énigmes ?

5.
« O bon petit poète un peu bête et trop blond »
(Apollinaire, « Montparnasse »)

Cet alexandrin est-il remarquable par :
- sa structure sonore (« bon » « poète » « bête » « blond ») ?
- la répétition de la dentale « t » et des labiales « p » et « b » ?
- ce qu'on vous le dit (et on vous en dit tant hein) ?
- Les fils de Mandrin et certaines autres chansons du groupe Ange que je continue à bien aimer genre : « Le Nain de Stanislas » que je vous en cite un couplet :
« Haut de quelques pouces
Il nous contamine
L'entends-tu qui glousse
Sous les crinolines
Le nez aux dentelles ».
- ce que ça rime avec saucisson ?
- Paraît qu'au soir du 8 septembre 2023, au Stade de France, pour l'ouverture de la Coupe du monde de rugby, le président Macron s'est fait fort siffler par une partie du public ?

Patrice Houzeau
Malo, le 9 septembre 2023.

25 août 2023

UNE PUCE SOUS LES TUILES

UNE PUCE SOUS LES TUILES

1.
Dans l'album « Un Cobaye pour l'éternité », de Hermann, le « docteur » signale à on ne sait qui un « couple » avec un « comportement prononcé du type 04 ». S'agit-il :
- d'une manière de dire que ses « patients » sont quatre fois plus fous que les gens ordinairement fous sont appelés normaux ?
- d'une situation qui exige une « action sans délai » ?
- d'un couple d'Aliens, ce qui signifie qu'ils sont déjà là, circulant parmi nous comme des malades ordinaires ?

2.
Dans l'album « Un Cobaye pour l'éternité », de Hermann, Jérémiah héberge une certaine Cheryl. De qui s'agit-il ?
- d'une pirate avec une jambe de bois, un perroquet vert, et qui boit du rhum en chantant des chansons de pirate parce que si elle était camionneuse, elle chanterait des chansons de camionneuse ?
- de la femme alien du couple au « comportement prononcé de type 04 », même qu'elle ressemble tellement à une terrienne qu'on finit par ne plus s'en apercevoir qu'elle a trois yeux ?
- du cousin Helmuth ?
- Autre réponse possible ?

3.
Dans l'album « Un Cobaye pour l'éternité », de Hermann, le personnage de Kurdy Malloy dit : « C'est drôle, j'ai une puce qui me tourne sous les tuiles... Je voudrais comprendre... ». Cela signifie-t-il que :
- Kurdy Malloy est infesté de puces. C'est bien pour ça qu'il doit suivre un traitement ?
- Kurdy Malloy a l'interrogatif qui commence à lui gratouiller la comprenette ?
- Kurdy Malloy emploie ici une phrase codée qui signifie qu'il se fiche bien des soucis judiciaires de Nicolas Sarkozy, lequel se permet en outre de donner des conseils géopolitiques pro-Poutine au président Macron ?

4.
Comment Jérémiah a-t-il compris que Kurdy Malloy était en danger ?
- Jérémiah a compris que Kurdy Malloy était en danger parce que Jérémiah possède un sixième sens. C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'appelle «  l'homme au sixième sens plus vite que son ombre » ?
- Jérémiah a vu que la chevillette avait été tirée et que la bobinette n'avait pas chu comme elle aurait dû ?
- Jérémiah n'a rien compris du tout because il comprend pas tout (c'est qu'un personnage de bande dessinée, après tout) ?
- Autre réponse possible ?

5.
L'album « Un Cobaye pour l'éternité », de Hermann, est une variante sur le thème :
- du vampirisme moderne lié aux malveillances que permet parfois la science ?
- du « Si j'avais su, j'aurais pas venu » ?
- du « Tout va très bien, madame la marquise » (paroles et musique de Paul Misraki ») ?

6.
Pensez-vous que la bande dessinée est :
- un art, le neuvième dit-on, mais j'ai pas qu'ça qu'à faire ?
- un divertissement pour les jeunes et les illettrés mais ils préfèrent les jeux vidéos et leur portable ?
- un complot ?
- l'art de n'avoir rien d'autre à faire ?
- l'art d'être inutile ?
- une nostalgie ?

Patrice Houzeau
Malo, le 25 août 2023.

6 décembre 2022

IL Y A DES LETTRES QU'ON NE PRONONCE PAS ICI

IL Y A DES LETTRES QU'ON NE PRONONCE PAS ICI.

 

Notes sur « Le Piano sauvage », une aventure de Philémon par Fred (scénario et dessin), publiée dans Pilote des numéros 456 à 469, puis en album en 1973, réédité en 1985 augmenté de deux histoires courtes : « Deux ombres au tableau » et « La bonne soupe ».

1.
Qui commence par un rappel. Philémon tombe dans un puits puis sur la lettre A. Attention avec vos lampes, elles peuvent être naufrageuses.

2.
De l'utilité des bouchons pour les bateaux en bouteille lorsqu'une tempête les envoie valser sous les eaux. Philémon tombe dans un plafond liquide.

3.
Philémon n'écoute pas le réel paternel puisque Philémon rêve (c'est que Philémon aime tant à plonger dans ses songes qu'il finit océanique). Arrivée de l'oncle Félicien et de sa pipe, laquelle fait des « pfoufs ».

4.
Félicien gloupe un godet mais, surpris, le pschrrrttt... aussi vite. Il y a des lettres que l'on ne prononce pas, « pas ici... ».

5.
Excédé des fantaisies, le paternel cartésien prend la porte, des imprécations plein le phylactère (du coup, comment voulez-vous qu'il se rende compte du bizarre qu'elles sont les choses défois ?). Félicien rallume sa pipe et sa « logique ».

6.
Se promenant dans les cases et entre les jambes de Philémon, dont je constate qu'il a les pieds nus, et de Félicien, qui porte des bottes, le chat blanc fait soudain part au lecteur de son vertige. Il y a plusieurs chemins pour là-bas.

7.
C'est par « le petit bout de la lorgnette » que Philémon éprouvera les effets de l'analogie (ce qui est en haut est-il semblable à ce qui est en bas ? Un globe éducatif peut-il servir de moyen de transport ?).

8.
Peinard, le Félicien continue à fumer sa pipe (« pfouf, pfouf ») tandis que Philémon s'artrouve dans les ailleurs océaniques.

9.
Pour celui qui « traverse l'atlantique à pied en solitaire » (et ses pas sur les flots verts et bleus faisaient « floutch »), le verbe « noyer » n'a pas de sens.

10.

Quand on campe dans l'Atlantique, il ne faut pas s'attendre à manger chaud.

Philémon n'a pas confiance et manque de se noyer. Une ancre le sauve et le voilà dans les airs et à bord d'une nacelle à tête de cocasse bestiole.

11.
Pour la deuxième fois en trois planches, Philémon se fait pousser dehors (vous verrez qu'il va finir par s'attirer des bricoles).

12.

Cette histoire étant pleine de rebondissements, lorsque dans un pays, vous vous mettez à rebondir sur les pelouses (par ailleurs d'un bleu d'herbe rare), il faut s'attendre à quelque interdiction du dit « rebondir ». Et le policier zailé joua de la trompette (ou de kekchoz dans le genre à souffler dedans pour faire du son).

13.

Il est temps que Justice se fasse : même l'incongru a ses règles. Sinon, c'est n'importe quoi et on a toujours raison de se rebeller contre le n'importe quoi. On notera que le « Palais de Justice » est perché.

14.

Philémon est au ban des accusés. Tous les êtres présents portent de larges ailes de papillon, sauf Philémon, bien entendu.

15.

C'est que Philémon n'étant pas natif du lieu (le « N »), ses ascendants n'ont pas connu l'évolution naturelle (induite par la nécessité de s'élever) dont le dessinateur Fred fait l’exposé à la page 28 de l'album dont je vous cause et qui a pour titre « Le Piano sauvage ».

16.

Le théâtre de la Justice a parfois recours à un souffleur. De la gravité des actes de Philémon (je vous l'avais bien dit qu'il finirait par s'attirer des bricoles...)

17.

J'ai dû déjà l'écrire que la large tête de la dame blonde en robe bleue et jaune et aux longs gants roses qui commente la condamnation de Philémon (« Terrible sentence » dit-elle) me fait penser aux illustrations de l'Alice de Lewis Carroll, aussi aux chansons du groupe Genesis du temps de Peter Gabriel.

18.

Il fallait y penser pour utiliser les zébrures du zèbre comme barreaux courbes d'une cage. En attendant le concert, restez dans vos zèbres.

19.

La garde volante se charge de Philémon : il faut bien que la sentence s’exécute, sinon à quoi bon condamner des innocents.

20.

L’exécution étant publique, des places sont à vendre. Et hop du toboggan à l'habit queue de pie, voilà un condamné bien élégant.

En attendant le lâcher de piano. Je reconnais Toulouse-Lautrec dans le public.

21.

Le piano est lâché. Philémon esquive avec agilité mais « Bong ! » tout de même. Blong ! Certes mais BlinglCklink aussi ! Les choses ne tenant parfois qu'à un accord, Philémon est donc libre et prend l'ascenseur (il n'a pas le choix).

22.

Labyrinthe au palace. Philémon réveille une vieille connaissance.

Philémon prend l'initiative mais gare au tapis enroulant.

23.

Défois derrière les portes... Quand passe le tapis... Autant en emporte le violon voletant là-bas, avec son cortège de feuilles mortes qu'on dirait les mains coupées d'un poème d'Apollinaire... En attendant les croissants... La concierge ne sait plus dans quel escalier elle a disparu... La sortie est dans l'armoire...

24.

Le monsieur qui ressemble à un dessin représentant Robinson Crusoé dans je ne sais plus quel volume du passé, se plaint de la qualité du réel, lequel pleure abondamment.

25.

Interlude.

L'âne-qui-rit Anatole se moque de Philémon, lequel lui annonce une autre histoire.

26.

« - M'ouais !... Pas moyen de discuter avec un âne... Il a toujours raison... »

(Fred, « Le Piano sauvage » [Philémon]).

Ah ça, ça mérite la citation, l'anthologie, le statut de mot d'auteur, quasi politique, d'ailleurs, cette observation, vaguement anarchiste.

27.

C'est lorsque votre ombre fait une fugue que vous ne tardez pas à rencontrer un « tailleur d'ombres ». Comme quoi l'absurde est aussi bien fait que le reste, par ailleurs aussi absurde, mais on s'y habitue et on appelle cela le réel.

28.

L'ombre demande ajustements et reprises. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas impunément que l'on promène son ombre dans le monde et il y a donc un prix à payer.

29.

Anatole juge sévèrement les bipèdes qui l'entourent et c'est vers une autre histoire, toujours une autre histoire, que lui et Philémon s'acheminent.

30.

Tremblement de terre et apparition de faisceau lumineux. Quel robot géant va-t-il surgir du sol ? L'homme qui toujours grandit.

31.

Philémon propose le recours au « petit bout de la lorgnette » (c'est vrai qu'il a fait ses preuves). L'âne Anatole prend soudain conscience de la relativité des ânes dans cet univers en perpétuelle expansion.

32.

Intervention du Réel paternel. De « vieux copains de régiment ». Ce qu'admet le Réel et ce qu'il n'admet pas est-il si logique ?

33.

L'album se termine par un rapide aperçu de ce qui pourrait se passer dans les albums suivants : Phare-Hibou, cocasses bestioles, pélicans de transport, château suspendu, ciseaux géants et toutes ces sortes de choses.

Patrice Houzeau

Malo, le 6 décembre 2022.

25 septembre 2022

PARLER CLOWN COMME FANTOCHE EN CABOCHE

PARLER CLOWN COMME FANTOCHE EN CABOCHE

1.

« - Nous, dist Picrochole, n'aurons que trop mangeailles. Sommes nous icy pour manger ou pour batailler 

- Pour batailler, vrayement, dist Tourcquedillon ; mais de la pance vient la dance, et où faim regne, force exule. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXII)

Cependant que comme le dit Toucquedillon, « de la pance vient la dance » et que « où faim regne, force exule », ce qui veut dire que « où la faim règne, la force est bannie » (du latin « exulare »), je ne puis dire que j'avions trop mangeailles et de peu me conforte.

2.

« Les fouaces destroussées, comparurent davant Picrochole les ducs de Menuail, comte Spadassin et capitaine Merdaille »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII)

Qui destrousse fouaces se fait graisse et tombe en disgrace, et comme Picrochole, devra guerre mener pour éviter d'estre disgracié et recourra à ducs de peu et capitaine Merdaille, autant que Poutine envoya de Russie de soldats honteux pour s'aller se faire trouer en Ukraine.

3.

« (…) Le pauvre Monsieur du Pape meurt desjà de peur.

- Par ma foy (dist Picrochole), je ne lui baiseray jà sa pantofle. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII)

Cependant que l'usage fut de baiser la pantoufle du Pape quand on le visitoit, il ne faut pas mirager que le monde est à vos pieds et que suffit dire : « Peuples, vous êtes miens » pour que peuples vous soient, qu'ainsi Poutine se berlua qu'Ukraine allait le couvrir de lauriers.

4.

« - Non (dirent ilz) encores, attendez un peu. Ne soyez jamais tant soubdain à vos entreprinses. Sçavez vous que disoit Octavian Auguste ? Festina lente. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII)

Lisant que Suétone écrivoit que Octavian Auguste avoit en devise « Hâte-toi lentement », j'eûmes faim d'une fougasse à tomates et lardons, ce qui me représenta que le temps s'était mis à se hâter trop lentement pour mon appétit.

5.

« - Par la vertu (dirent ilz) non pas d'un petit poisson, un preux, un conquerent, un pretendent et aspirant à l'empire univers ne peut tousjours avoir ses aizes. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII)

Qu'un « preux, un conquerent, un pretendent et aspirant à l'empire univers ne peut tousjours avoir ses aizes », voilà ce que sait bien Poutine qui, pour ce, s'apprête à faire hécatombe de ses Russes en Ukraine et menace d'apocalypser le monde par voie nucléaire.

6.

« J'ay grand peur que toute ceste entreprinse sera semblable à la farce du pot au laict, duquel un cordouannier se faisoit riche par resverie ; puis, le pot cassé, n'eut de quoy disner. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII [Echephron])

Ainsi de Poutine, rêvant de restaurer l'Empire russe tel que Soviétiques l'avoient fait (pour le malheur des peuples), fut réduit à honte et massacre, et chien acculé, gronda fort qu'il avoit assez de testes nucléaires pour en finir avec le monde qui ne vouloit point de lui.

7.

« Dont dist Echephron :

« Et, si par cas jamais n'en retournez, car le voyage est long et pereilleux, n'est ce mieulx que dès maintenant nous repousons, sans nous mettre en ces hazars ? »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIII)

Je laisse aux hanteurs de tempêtes et passionnés des chimères lointaines les ailes pour le voyage, car au risque qu'en périple périlleux je laisse ma plume et ma peau, je préfère rester en repos, avec les livres et les mots qui y sont et qui me distraient du monde tordu.

8.

« Gymnaste et son compaignon tant chevaucherent qu'ilz rencontrerent les ennemys tous espars et mal en ordre, pillans et desrobans tout ce qu'ilz povoient »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIV)

A tant chevaucher, on rencontre les ennemis, et qui rencontre ennemi doit craindre pour sa vie, aussi se doit-il d'avoir sur lui de quoi tenir à distance et occire, voilà ce que Zut se disait en allant au marché acheter fruits, légumes, fromage frais et saucisses.

Ce que Rabelais écrit des ennemis de Gargantua trouve un écho dans la description des armées poutiniennes au début de la sale guerre de Poutine en Ukraine, alors que, partis pour vaincre en trois jours et manquant de tout, ils se firent, dit-on, pillards et meurtriers.

9.

« Pour tant, Monsieur le diable, descendez que je aye le roussin, et, si bien il ne me porte, vous, Maistre diable, me porterez, car j'ayme fort qu'un diable tel m'emporte. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXXIV [Tripet à Gymnaste])

Pour amour de ma propre peau, Seignour, j'ai grant peour,

Tant s'ébrèche le temps qu'y passe le vent comme tant on dit quand on dit

Monsieur Moi-même, ne soyez point si dégoulinant comme crème

Le diable sait que vous savez qu'il n’existe pas plus que vouivre mais que

Diable c'est tout de même avec une enchanteresse que

Descendez de là dit le fou à la Lune

Que je vous voie sur toutes les faces

Je parle clown dans ma tête autant qu'y sonne l'épatant Köhntarkösz, qui est un album du groupe Magma de 1974, que je

Aye toujours le goût des musiques électriques et que

Le vent qui passe dans le vivant assez m'époustoufle D'un

Roussin trottant sur une vignette je me fais un galop de Bucéphale

Et j'ai tant de fantoches dans la caboche qu'ils s'emmêlent leurs ficelles

Si je veux ici faire court, ici je cours ! Allons, cours !

Bien dit, Bibi,

Il but une bière

Ne prit qu'un demi car

Me manque le temps d'en prendre un autre (d'ailleurs, il ne pleut plus) La

Porte est ouverte et la pluie a cessé

Vous sortez (moi aussi car je suis mon ombre)

Maistre passé,vous l'avez oublié, le

Diable est dans l'oubli Que

Me dites-vous là ? Ce Monsieur est mort !

Porterez-vous encore ce long manteau noir cet hiver ?

Car il est bien usé maintenant, ce long manteau noir

J'ayme ce long manteau noir et le porte tout de même

Fort bien mais c'est toujours trop long Suffit

Qu'un couteau vienne et que

Diable passant s'en empare et

Tel qu'en ma pomme enfin, l'éternité

M'emporte oh pas bien loin, au cimetière d'à-côté.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 25 septembre 2022.

29 juillet 2022

QUAND GAZOUILLE LE VIOLONCELLE

QUAND GAZOUILLE LE VIOLONCELLE

 

1.

« SILENCE ! - Il ne faut pas parler de ses amis : autrement on trahit par des paroles le sentiment de l'amitié. »

(Nietzsche, « Opinions et sentences mêlées »)

Défois, le langage trappe.

 

2.

« LE JUGE. - Celui qui a vu l'idéal de quelqu'un est pour celui-ci un juge impitoyable, en quelque sorte sa mauvaise conscience. »

(Nietzsche, « Opinions et sentences mêlées »)

C'est que l'on ne pardonne guère à celui qui, en fin de compte, n'est pas à la hauteur de son idéal. Les gens défois sont des rictus.

 

3.

« nous allions au Select où parfois je m'endors

quand solennellement gazouille un violoncelle. »

(Raymond Queneau, « Chêne et chien »)

Ma pomme, il m'est arrivé de m'endormir au concert solennel et pas seulement au gazouillis du violoncelle mais en pleine furie chantante avec orchestre. C'est un don que j'ai.

Et je vous dis pas le récital poétique avec poète à tête de circonstances aggravantes et l'appareil à sentences sur l'humanité, c'est souvent alors que j'ai envie de manger des saucisses et boire de la bière.

 

4.

« In this desolate Condition, I advanced forward, and soon got upon firm Ground, where I sat down on a Bank to rest myself, and consider what I had best to do. »

(Swift, « A Voyage to the country of the Houyhnhnms »)

J'aime bien citer de l'anglais, ça ne fait pas avancer mon schmilblouck mais ça me dépayse.

 

5.

« De mon père un ami Lambijou s'appelait.

De cet ami le fils Lambijou se nommait.

Mon ami Lambijou détruisait tous mes jouets. »

(Raymond Queneau, « Chêne et chien »)

Zut s'en fout du Lambijou, c'est l'assonance qui l'intéresse. Faut bien passer son temps à quelque chose.

 

6.

J'entends un chanteur à la radio, ah c'est Vincent Delerm. Ça m'intéresse ? Pas vraiment. Ça me déplaît ? Pas vraiment non plus. Je m'en fous ? Oui.

 

7.

Pour Sartre, « le détail révèle un projet existentiel » rappelle Charles Pépin dans une émission avec Vincent Delerm. Moi, j'aime bien les tomates.

 

8.

Il fait chaud. On dirait que le soleil va sucer des osses.

 

9.

On ne se méfie jamais assez de soi-même.

 

10.

« La vue du milieu où s'est passée notre enfance nous touche : le jardin public, l'église avec les tombes, l'étang et le bois – sont choses que nous revoyons toujours avec émotion. »

(Nietzsche)

Nostalgie de ce qui ne semble pas avoir changé.

 

11.

« Pour Malone, le sens du mystère sous-jacent de l’existence était toujours présent. »

(Lovecraft traduit par Paule Pérez, « Horreur à Red Hook »)

Le mystère, un genre de squelette du réel, un squelette qui se passerait bien de la chair pour aller effrayer les amateurs de récits d'épouvante.

 

12.

« L'horreur qu'il avait perçue ne pouvait constituer une histoire, car, de même que le livre cité par le critique allemand de Poe, « es lässt sich nicht lesen », elle non plus ne se laisserait pas lire. »

(Lovecraft traduit par Paule Pérez, « Horreur à Red Hook »)

L'horreur est illisible.

 

13.

« Créé pour diversifier les filières de formation, ce diplôme national [le bac professionnel] donne à ceux qui l'obtiennent la possibilité d’exercer une activité professionnelle qualifiée ou même d'envisager d’accéder à l'enseignement supérieur. »

(« Un pionnier de la mécanique », Le Monde, 2 juillet 1987)

Beau mais en grande partie illusoire, sinon trompeur quant aux chances de réussir dans l'enseignement supérieur. Nous le savons maintenant.

 

14.

A l'issue de la WW2, en France, « la démocratie libérale est rétablie et le droit de vote est accordé aux femmes. Le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) jette les bases de l'Etat providence et d'une véritable démocratie sociale. »

(Manuel d'histoire-géographie, Terminale Bac Pro, « lelivrescolaire.fr », 2021).

« démocratie libérale », « Etat providence », « démocratie sociale » : l'horreur pour bien des extrémistes des deux bords.

 

15.

« Eagle Street Rooftop est une ferme urbaine de 550 m² à Brooklyn. Elle produit des légumes biologiques qui sont ensuite vendus aux marchés et aux restaurants locaux. »

(Manuel d'histoire-géographie, Terminale Bac Pro, « lelivrescolaire.fr », 2021).

Le futur ? Peut-être. On verra. Y a quand même bien des périls qui l'agacent, notre maison humaine...

 

Patrice Houzeau

Malo, le 29 juillet 2022.

16 juin 2022

MENACES SUR L'ARCHIDUCHESSE

MENACES SUR L'ARCHIDUCHESSE

1.

« Menaçant de mille nouvelles menaces possibles, le Temps, lentement, coulait, semblable à une interminable enfance. »

(Henri Michaux, « La marche dans le tunnel » chant sixième)

Menaçant : menaçant comme le temps, menaçant comme le ciel, menaçant comme Poutine, menaçant comme le ciel d'orage. Poutine signera-t-il la fin des Temps ?

De : comme dans « Je n'ai de comptes à rendre à personne » dit l’inexistant au réel qui prétendait le censurer.

Mille : « mille » me fait penser au mille-feuilles et pis à « Dans le mille, Emile », aussi à « Emilie Jolie », jolie fable pour les mômes d'il y a des lunes. A côté de chez moi, i font pas des « mille-feuilles » mais des « tom pouce » : c'est pas pareil.

Nouvelles : j'associe souvent l'adjectif « nouvelles » à « pommes de terre nouvelles », avec lesquelles on ne fait pas de frites, disait ma mère. Zut tout à l'heure s'a engouffré des chips au vinaigre. J'ai mangé des saucisses avec mes lentilles en regardant « Scènes de ménage ».

Menaces : le réel est l'ensemble des menaces que le bipède pensant s'efforce de contrôler du mieux qu'il peut. En 2022, Zut pensa que le sac à menaces du réel menaçait de déborder et s'interrogea sur la Chine, le covid, Poutine, la guerre et le poids des osses.

Possibles : « Le réel est l'ensemble des possibles » est une phrase qui rend possiblement compte du réel et qui n'induit cependant pas que « l'irréel est l'ensemble des impossibles ». Le possible n'est pas toujours sûr, et l'impossible n'est parfois qu'une très faible probabilité.

Le : comme dans « Le temps que je comprenne et j'étais déjà » ou « Le temps qu'il a fait, fait, fera » ou « Le temps est ce qui se fait » ou « Le temps est autant de autant que faire se peut ».

Temps : Le réel étant l'ensemble des menaces, le Temps en est la chronologie, laquelle dépend de la façon dont les bipèdes organisent la mise en œuvre des menaces qui les concernent. La technocratie a pour but de rationaliser autant que faire se peut l'ensemble des menaces.

Lentement : le réel est ce qui a pour but de se débarrasser de vous pour laisser la place à d'autres dont il se débarrasse itou. Il fait ça plus ou moins lentement, mais il y a toujours un dernier coup.

Coulait : cet imparfait me rappelle le jeu de « la bataille navale ». J'aime bien jouer au jeu de go, aux échecs. Ai appris par me élèves que la tradition de la soirée « partie de cartes » n'était pas tout à fait morte dans les campings.

Semblable : immédiatement, je pense à « mon semblable, mon frère » (où ai-je entendu cette niaiserie ?) et donc à l’exclamatif « sans blague ! » (à tabac, bas d'plafond, fond de l'air, l'air de rien...

A : « A la pêche aux moules moules moules

Je n'veux plus y aller, maman

Les gens de la ville ville ville

M'ont pris mon panier, maman. »

Zut aime bien les comptines et Olibrius Bref eût aimé en composer de plaisantes et malicieuses afin que puisse s'en amuser Zut.

Une : On dit « Une alouette ne fait pas le printemps » mais on ne dit pas « Une pirouette ne fait pas l'éléphant ». Par contre, une girouette peut faire grincer bien des dents, surtout en politique.

Interminable : La sale guerre de Poutine en Ukraine, elle apparaît déjà interminable, interminable comme la crise qui en découle, interminable comme le nez des menteurs, interminable comme l'agonie de Poutine, ou de l'humanité.

Enfance. Je me souviens d'un petit chat que nous avions appelé « Mickey » et qui dormait au creux de mes bras d'enfant. Je me souviens du trou dans la main d'un employé de bureau, séquelle me dit ma mère d'un pari stupide avec une boîte d’allumettes.

2.

L'archiduchesse sachant chasser sans son chien se soucie fort de ses chaussettes puisque si les chaussettes de l'archiduchesse ne sont pas assez sèches, archi-sèches, elle va choper la crève, l'archiduchesse, à la chasse...

Patrice Houzeau

Malo, le 16 juin 2022.

27 mai 2022

CONVERSATION AVEC UN QUEBECOIS SCEPTIQUE

CONVERSATION AVEC UN QUEBECOIS SCEPTIQUE

1.

Moi je suis très basique : dans la crise ukrainienne, je ne vois qu'une chose, un type qui ne m'est rien, et même moins que rien, du nom de Vladimir Poutine, a lancé son armée contre un pays, l'Ukraine, qui aspire à la liberté et à la démocratie. Dès lors, Poutine est mon ennemi .

2.

Je ne discute pas avec des niaiseux qui ont la chance de vivre dans des pays riches et démocratiques comme le Canada et qui, pourtant, bandent pour des dictateurs. Allez vivre en Russie, vous verrez si c'est mieux, et fichez-nous la paix.

3.

Attristant de voir des Africains faire allégeance à Poutine et à Wagner, comme si l'Afrique ne pouvait s'administrer elle-même et avait toujours besoin d'un tuteur, qu'il soit occidental ou dictatorial du type sino-russe.

4.

Quand je dis « Poutine est mon ennemi », comprenez bien que cela signifie qu'entre mon chien et Poutine, je choisis mon chien et qu'en conséquence, tous ceux qui le soutiennent peuvent bien crever la gueule ouverte ... On appelle cela la guerre.

5.

C'est quoi cet essentialisme niaiseux ? Il n'y a pas de Russie éternelle, pas de Canada éternel, pas de France éternelle. Il n'y a que des gens qui essayent de vivre et survivre. Le reste, c'est de la niaiserie. De plus, la Russie n'est pas un homme.

6.

Je peux comprendre qu'un citoyen canadien ou américain n'apprécie pas que ses impôts servent à faire la guerre au lointain Poutine. Moi, je suis français, Poutine, pour moi, est un voisin dangereux. Et puis le Canada, les Etats-Unis, la France, c'est la Triade, non ?

7.

Bref, certains citoyens canadiens et américains veulent bien faire partie de la Triade et bénéficier de ses avantages (démocratie et traités commerciaux) mais ne veulent pas la défendre contre Poutine. Le Canada n'est-il pas notre allié ?

8.

Regardez une carte de l'Europe et vous verrez que le pays le plus vaste du monde, la Russie (11 millions de km²), en annexant l'Ukraine et étant l'allié de la Biélorussie, menace directement Pologne, Etats baltes, Moldavie, Roumanie, bref, l'ensemble de l'Europe centrale.

9.

Je peux vous dire qu'avant que Poutine ne déclenche sa sale guerre, personne en Europe n'évoquait une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou à l'UE. Avec le covid, l'inflation (déjà) et la Chine, on avait d'autre chats à fouetter...

10.

Si nous quittons le terrain politique, j'ai ceci à vous dire que Charlebois, Vigneault et Félix Leclerc sont des références pour nous et que j'enseigne à mes élèves que les accents québécois sont ceux de nos aïeux qui ont suivi Jacques Cartier.

Patrice Houzeau

Malo, le 27 mai 2022.

10 juillet 2021

COMMENT ÇA S'FAIT

COMMENT ÇA S'FAIT ?

.
« Notre amour est réglé par les calmes étoiles ».
(Apollinaire)

  1. Les « calmes étoiles » boivent-elles du rhum ? Pourquoi les étoiles seraient-elles calmes ? Et pas plutôt nerveuses comme les impatientes qui attendent leur amoureux ? Les étoiles peuvent-elles servir de règle ? Les étoiles ont-elles un rapport avec le covid ?

  2. « Or nous savons qu'en nous beaucoup d'hommes respirent »
    (Apollinaire)

    Sommes-nous un ou sommes-nous légion ? Nous croyons-nous un alors que nous agissons en meute ? Blanquer est-il tout seul dans sa tête ? Qui respire en nous ? Qui en nous pousse son dernier souffle ? Qui finit toujours par nous hanter ?

  3. Je pense que je ne pense pas... J'ai de plus en plus de mal à entendre du heavy metal... Petit homme fatigue... Y a d'l'homme noir... du rodant... au bout du couloir... Lapsus : au bout du vouloir... Les livres se ferment..

  4. Des yeux... je me dis que le monde est vaste et que je suis au milieu de ce vaste... Les moines... fromage et bière (c'est pour la télé)... recueillement... perfection de la routine... une manière de passer l'absurde...

  5. « Et si vous le voyez triple, le colonel, c'est peut-être à cause de l'anisette » (dans une série télé cette phrase)... ou alors est-ce plutôt : « Et si vous voyez triple, colonel, c'est peut-être à cause de l'anisette... » Chuis pas très attentif...

  6. Le corps... vieillit... Je pense que je ne pense pas... Vieillissant, je pense toujours trop... ah avoir la tête vide, juste un poisson rouge dans son bocal au lieu de toutes ces murènes, ces enfouies des profondeurs, ces gueules à proies, vous entraînent...

  7. Cliques et claques... La clique fait la claque... Le chef de la clique (le Président, il est très chic, un peu toc) se prit une claque... Quel choc !... La pluie aussi prend ses cliques et ses claques car finit par décamper, laissant des flaques...

  8. Supporter... On fait rien qu'à d'soi-même défois... Comment ça s'fait, docteur ?... C'est la vie... un serpent dans un panier d'nerfs... Exister, c'est s'exagérer...

  9. Vie lourde... Que d'histoires ! Que d'affaires !... En affaire avec ma pomme, je me gruge moi-même... On ne se refait pas, on se défait... pipe... Blanquer nous pipe... nous mégote ... nous, on a qu'nos crachats (pouah)... y en a qui palpent ; ça se sait : fluidification sociale.

  10. Macron ou pas Macron ?... Présidentielles 2022... Et c'est reparti pour la course à l'échalote... Vaccination obligatoire ou pas obligatoire ?... Pour tous ou seulement pour le secteur public ?... Macron Le Vaccinateur ? Blanquer King of the Piquouze ?

  11. En un an et demi, on est tout de même passé de : « le port du masque est-il vraiment nécessaire » ? à « faites-vous vacciner ou alors c'est la fin des haricots, de notre économie et de la France éternelle, laïque et obligatoire ». Comment ça s'fait ? 

  12. Faut vraiment être sot-sot d'idéal pour voir du « sublime » dans l'amour... illusion lyrique et biochimie... plus il y a de grains de sable, plus les machines déraillent... Le monde hyperconnecté à Macron fonctionnera jamais : c'est tout fantôme.

  13. Nous vivons d'images... plein la caboche... ça fait cinoche... ça rend sinoque... l'Etat et ses marchands de soupe le savent... nous bourrent, nous gavent-les-oies d'images... nous les pipons, les hallucinons... c'est le noble boulot de CharlieHebdo...

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2021

24 janvier 2022

NOUS N'AVONS JAMAIS AUSSI BIEN PORTE NOS MASQUES

NOUS N'AVONS JAMAIS AUSSI BIEN PORTE NOS MASQUES

1.
On remarque tous la même chose : autour de nous, des gens tombent malades du covid (je dis bien malades, même s'ils ne sont pas hospitalisés) et pourtant, ils ont leur schéma vaccinal complet. Bizarre quand même.

2.
Je lis çà et là qu'une fois réélu, Macron travaillera à la fin des 35 heures et à rendre les universités payantes. Si cela s'avère exact, je pense qu'une fois encore, cela n'aboutira qu'à diviser le pays. Il ne pourra y arriver sans troubles.

3.
L'un des arguments avancés en faveur du fédéralisme est que l'UE a, en fin de compte, su faire face à la crise covid (notamment au niveau de la BCE). Certes, mais il y a un monde entre coopération et fédération, entre alliances et gouvernance supra-nationale.

4.
Une fois réélu, Macron tentera-t-il d'user encore et abondamment du nudge afin de faire passer ses réformes ? Cette manière sournoise de gouverner, si elle s'avère efficace dans les entreprises, semble pourtant moins probante à l'échelle de la nation.

5.
Macron (l'a-t-il voulu?) se représentera avec l'étiquette de fédéraliste. Réélire Macron, cela signifiera adhérer à une politique qui vise à installer dans l'UE une gouvernance supra-nationale et de plus en plus éloignée de nos intérêts nationaux.

Je crains qu'une politique européenne de salaire minimum, de pacte sur les migrations, d'éducation etc, etc..., empêcherait bien vite les corps intermédiaires nationaux de contester des textes qui seraient votés ailleurs qu'en France.

6.
L'UE peut très bien se constituer en puissance économique (par le libre-échange), en puissance militaire (en s'appuyant sur l'OTAN) et en puissance diplomatique sans pour autant opter pour le fédéralisme et des législations supra-nationales.

Je pense que l'Europe des traités et des alliances reste infiniment plus démocratique et politiquement plus forte qu'une Europe des législations et des compromissions déconnectées des situations nationales.

7.
Dans les débats sur le pass vaccinal, ai entendu un des nombreux médecins invités des plateaux dire qu'il était choquant de voir une minorité d'anti-pass manifester contre la majorité et de citer en exemple à réprouver les zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

Bin oui, Monsieur le Docteur, mais s'il n'y avait pas eu de zadistes, il y aurait eu une dispensable artificialisation des terres de plus... Quand une décision est illégitime, c'est l'éthique qui compte, pas l'assentiment des héliotropes.

8.
« Toute action, dont la fin dernière, est le bien et le mal de l'agent, s'appelle égoïste. »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le fondement de la morale »).

La politique est donc l'art de gérer les égoïsmes, bien qu'entre les intérêts particuliers et le sommet de l'Etat, une multitude de lois, d'associations, de syndicats, d'obédiences religieuses, de nécessités sociales émoussent cet égoïsme et obligent souvent au double discours.
D'où il découle que la politique est en fait l'art de gérer les doubles discours. Et comme le politique pratique lui-même le double discours, la société apparaît vite comme une succession de vertiges qui mènent inéluctablement à des états critiques.

9.
« Je ne veux pas d'une guerre de religion, je ne veux pas d'une guerre civile, je suis mère de famille, j'ai des enfants, je veux qu'ils vivent dans la sérénité, dans la paix. » Je ne suis pas un électeur de Marine Le Pen, mais on ne peut qu'approuver ces propos responsables.

10.
« Ask me no questions, and I'tell you no lies »
(cité par Schopenhauer dans (Le Fondement de la morale »)

Or, la société de communication forcenée à laquelle la société du spectacle nous force à adhérer est aussi la société des questions, des indiscrétions, et donc des mensonges.
Nous n'avons jamais aussi bien porté nos masques.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 janvier 2022.

21 octobre 2023

PARADE

PARADE

1.
« Parer, engager, rompre, améliorer sa position de jambe... Une deux, Salvadorin, une deux, c'est cela, compas, cette feinte, bien, évitez le fleuret, parez,... »
(Arturo-Pérez Reverte traduit par Florianne Vidal, « Le Maître d'escrime »)

Les termes employés dans cette phrase relèvent-ils :
- du lexique de la gymnastique ?
- Du lexique de la politique et de la malhonnêteté intellectuelle ?
- Du lexique de l'escrime ?
- De la langue mystérieuse des illuminati et autres reptiliens qui, selon têtes creuses, désaxés, complotistes trollesques et autres petits enfoirés payés pour, gouverneraient ce monde ?
- Du bigoudisme le plus échevelé ?

2.
« On utilise les fausses attaques composées pour tromper l'adversaire. Elles commencent par une attaque simple. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette citation qui semble sortie d'un traité d'escrime peut-elle s'appliquer :
- partout et tout le temps, à la façon d'un présent de vérité absolue ?
- De l'art de la politique et de la circonvolution ?
- À l'art d'attaquer le cornichon en feignant de le prendre pour un jambon ?
- À l'effervescence de l'éléphant dans une chanson de Syd Barrett ?
- A l'enfumage dans les affaires enfumées où on ne sait plus qui a fait quoi, pourquoi, comment et voilà comment Sarkozy tente de se tirer des casseroles ?

3.
« En effet, bien qu'il connût son nom, tout ce qui entourait cette femme paraissait voilé de mystère. »
(Arturo-Pérez Reverte traduit par Florianne Vidal, « Le Maître d'escrime »)

Cette femme mystérieuse est-elle :
- fatalement la femme fatale d'un roman, qui, comme bon nombre de romans, évoque la fatalité des humains à se fourrer dans des situations qui peuvent leur être fatales ?
- La fille de Belphégor ?
- La fille de d'Artagnan (j'ai bien aimé le film) ?
- Une remarquable escrimeuse ?
- Madame Irma, voyante de son état, son chat et son viandox ?

4.
« Cette unique ambition, découvrir le mouvement insoupçonné, infaillible, tourmentait son âme depuis sa prime jeunesse, aux temps lointains de l'Ecole militaire, quand il s'apprêtait à rentrer dans l'armée. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

De quelle ambition est-il vraiment question ici ?
- l'ambition de ne jamais mentir ni de jamais manquer à l'honneur ?
- L'ambition de trouver le truc infaillible qui fera que plus jamais vous ne raterez une mayonnaise ?
- L'ambition de rejoindre les rangs d'une société secrète qui un jour gouvernera le monde et ainsi d'accomplir son destin de dépendeur d'andouilles ?
- Vous connaissez le secret d'une bonne purée ?
- L'ambition de toujours frapper comme l'éclair ?

5.
« Les petits maîtres le déconseillent parce qu'ils disent que cela détruit la grâce, mais dans les duels où l'on joue sa vie on ne doit omettre aucun moyen qui serve la défense.
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [Montespan])

Cette leçon se continue-t-elle par :
- Qui c'est qui a laissé tomber sa moumoute dans la soupe à l'oignon ?
- « Si j'aurais su, j'aurais pas venu » ?
- « Est-ce ainsi que les hommes vivent » ?
- Qui va à la chasse perd sa ?
- « En tout cas, ne contreviens pas aux règles de l'honneur. »

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2023.

21 novembre 2023

FEUILLETANT LE CHIEN JAUNE UN MATIN DE NOVEMBRE AVEC PLUIE

FEUILLETANT LE CHIEN JAUNE UN MATIN DE NOVEMBRE AVEC PLUIE

1.
Dans « Le Chien jaune », de Simenon, Maigret va « se camper », c'est qu'il se pose là, devant les choses et les êtres.
Maigret retient « par la manche ». Éviter que le réel s'échappe. Ce que Maigret retient, c'est le sens. Eviter sa dissolution, sa perte dans la lessiveuse.
Maigret « remarque ». C'est un œil. Un œil dans un corps massif.

2.
Dans « Le Chien jaune », de Simenon, il y a une « fille de salle ». Elle s'appelle Emma. Elle « s'avance », pour prendre les commandes. Elle est dans sa fonction et inscrit le texte dans une réalité objective, visible par tous.
Emma a « vingt-quatre ans ». Au chapitre II du roman, l'auteur en dresse un portrait rapide. On trouve ainsi cette notation typique du vaguement glauque et du banalement humain qui imprègne la fameuse atmosphère Simenon, je cite :
« Elle était anémique. Sa poitrine plate n'était pas faite pour éveiller la sensualité. Néanmoins, elle attirait, par ce qu'il y avait de trouble en elle, de découragé, de maladif. »

3.
Je me demande si le génie de Simenon ne réside pas dans ce tour de force de présenter, de manière parfois assez behavioriste, une réalité objectivement glauque et, phrase après phrase, notation après notation, dans un style quasi journalistique, d'en faire jaillir une subjectivité transcendante.

4.
Dans « Le Chien jaune », de Simenon, il y a un chien, « qui semble n'avoir pas de maître et que l'on rencontre à chaque nouveau malheur. » C'est ce que Maigret lit dans un journal local.
Le chien jaune « fait peur ». Au chapitre IV, des adolescents le blessent en lui lançant des pierres. Les romans de Simenon mettent en scène le mal dans sa quotidienneté. Les gens ne sont pas des monstres, mais peuvent être violents et irrationnels, jusqu'au meurtre. C'est cela qui est monstrueux. Et c'est ce que montre Simenon.

5.
« une tempête » ;« le vent » ; « Dans les rues, quelques parapluies, des cirés fuyant au ras des maisons ». Intempéries. L'action du roman se situe à Concarneau. Un temps pluvieux est donc de mise. Un temps de chien, et même de « chien jaune ».
Simenon est un auteur qui a l’œil, l’œil cinématographique. Au chapitre III, cette suite de traits : « Un vent violent balaie la rue. Éclairage glauque. Volets qui claquent. Tourbillons de poussière. Larges gouttes d'eau. »
Notons que le vent balaie imparfait et passé simple, temps privilégiés du narratif simenonien. Le vent est un présent, une actualisation du temps (cf l'incipit  : « C'est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s'entrechoquer les barques dans le port. »)
Le soleil pourtant n'est pas absent. Il accompagne parfois l'humeur de Maigret et la « magie du soleil », le « clair drapeau français », le « mur ruisselant de lumière » d'une gendarmerie évoquent soudain « une allégresse de 14 juillet. » Il est que le dénouement est proche.

6.
21 novembre 2023. Plus la sale guerre de Poutine en Ukraine s'enlise, plus je pense que l'Occident a été lâche. Si, dès le début, l'espace aérien ukrainien avait été décrété « no-fly zone », je pense que Poutine aurait rapidement reculé. Qu'auraient décidé Churchill et Kennedy (je pense à la crise de Cuba) ? Avons-nous eu peur d'une apocalypse nucléaire ? Avons-nous pensé que Poutine était assez fou pour ? Avons-nous craint que la Chine nous tombe sur la tête ?
N.B : Je me rends compte que j'ai un peu abusé du verbe « penser ». Ce qui me laisse songeur.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 novembre 2023.

10 juin 2023

UNE PRIME AU MERITE AVEC OBLIGATION DE RESULTATS LE PACTE A PAP NDIAYE

UNE PRIME AU MERITE AVEC OBLIGATION DE RESULTATS LE PACTE A PAP NDIAYE

1.
Je lis, et c'est surprenant, que certains personnels de direction tiendraient aux enseignants un discours du type : « Signez le Pacte, on ne vérifiera pas les heures faites. » Ceux qui tiendraient ce discours seraient soit des inconscients, soit des menteurs (assez cyniques, je dois dire). Utiliser de l'argent public pour rétribuer quelqu'un pour un travail fictif est un délit. Ils le savent très bien. Ils savent aussi qu'ils seront tenus de rendre des comptes et que le Pacte de Pap Ndiaye les engage toujours plus dans une obligation de résultats. N'accordez aucun crédit à ce genre de discours et ne vous faites pas avoir : ne signez pas.

2.
La bataille de la réforme des retraites semble avoir été remportée par le gouvernement. Celle du Pacte enseignant, par contre, est loin d'être gagnée pour Pap Ndiaye.

3.
Le Pacte à Pap Ndiaye est présenté comme une réforme d'inspiration « libérale ». J'y vois, pour ma part, une usine à gaz lourde, contraignante, coûteuse ; je pressens donc des ensablements d'argent public et, d'ici quelques années, des rapports gratinés de la Cour des Comptes.

4.
Plus une institution est en difficulté, plus elle multiplie ordres et contre-ordres,  au point de se perdre dans ses propres injonctions. Avec le Pacte à Pap Ndiaye, on en est à la réforme résiliente et audacieuse, soit l'avant-dernière étape avant le final patatras.

5.
Je me demande s'il y a par établissement autant de pactes proposés que d'enseignants. S'il y en a moins, certains seraient donc éligibles, d'autres non. Le Pacte passerait dès lors pour une sorte de faveur, de promotion, de reconnaissance des mérites. Habile. Malin. Périlleux. 

En matière de nudge, cette manière de faire rentrer la prime au mérite dans la rémunération serait dès lors un petit chef d’œuvre de machiavélisme et de bricolage. Si l'enseignant contractant se met en arrêt-maladie, vos missions/projets/animations/garderies, vous pourrez vous les accrocher, personne ne les fera bénévolement.

Plus malin encore serait de faire croire que tous les enseignants peuvent signer le Pacte, mais comptant sur le refus de la majorité, ne tabler et ne surtout pas dépasser un quota. Il s'agira alors aux chefs d'établissement de convaincre par la flatterie et l'art de la promesse des enseignants pré-choisis pour leur malléabilité, leur engagement, leur disponibilité, leur soif de reconnaissance.

Si tel est le plan ourdi par Pap Ndiaye et ses conseillers, alors oui, le Pacte sera finalement mis en place et l'on verra advenir une classe de « super-profs » mieux payés mais surchargés de travail.

Resterait à regrouper ces formidables agents de la fonction publique dans des pôles d’excellence (établissements de centre-ville), côtés et modernes, fermer quelques établissements devenus inutiles car vidés par l'apprentissage, et bricoler avec ce qui reste.

6.
Certains enseignants savent déjà, sans en parler, qu'ils signeront le Pacte, c'est que cela leur permettra, dans certains cas, d'être rémunérés pour des missions qu'ils accomplissent chaque année et pour lesquelles ils estiment n'être pas rétribués à la hauteur de leur engagement.  

7.
Je lis un truc du genre, les enseignants qui auront signé le Pacte « ne pourront refuser d'assurer un remplacement qu'en cas d'impossibilité dûment justifiée. » Ça, c'est de l'injonction administrative. En réalité, si nous refusons poliment parce que cela ne nous arrange vraiment pas, que voulez-vous que l'administration fasse ? Nous virer ? Bin euh, c'est qu'il y a déjà plus assez de profs hein... Nous retirer du Pacte ? Oh la belle affaire !... Nous blâmer ? Haussement d'épaules... Après, si vous êtes émotif, ne signez pas, sinon c'est sûr, ils vont vous bouffer tout cru le prof.

On me dit, bin oui, mais on peut nous retirer 1/30ème pour service non fait. Et encore, ça se discute, puisqu'il y aura toujours d'autres remplacements possibles et donc la possibilité de récupérer l'heure ou les heures non faites.

8.
J'ai l'impression que comme bien des réformes de l'éducation nationale, le Pacte va être accueilli, interprété et appliqué différemment selon les établissements, et vous verrez que, comme d'habitude, même les inspecteurs des différentes disciplines auront des désaccords sur les textes. Ça sent l'usine à gaz à plein nez. Surtout que je ne pense pas qu'en ces temps de « fini, le quoi qu'il en coûte », l'éducation nationale pourra se payer très longtemps le luxe de dizaines de milliers d'heures à 68 euros. 

9.
Qu'est-ce que le Pacte ? Une prime au mérite avec obligation de résultats. C'est pour cela que, à mon avis, les enseignants considérés comme peu performants, ou simplement pas assez « investis », ne se le verront même pas proposer.

Et si vous pensez qu'à 68 euros l'heure, il n'y aura pas, tôt ou tard, de contrôle pointu du ministère, c'est que vous êtes naïf. A ce tarif-là, les établissements et les enseignants concernés seront tenus de prouver qu'ils fournissent un travail conséquent et de qualité. Sinon, évidemment, avec le temps, l'argent va inévitablement s'ensabler dans les bizarreries.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juin 2023.

18 septembre 2022

UN CONTREVERS SUIVI DE 5 NOTES SUR LE QUAI DES ORFEVRES DE STEEMAN

UN CONTREVERS SUIVI DE 5 NOTES SUR LE QUAI DES ORFEVRES DE STEEMAN

1.

« Les visiteurs apparaissaient soudain derrière la porte vitrée, comme pourvus d'échasses ou comme tombés du ciel, et il n'y avait plus qu'à les faire entrer en grimaçant un sourire, quelque importune que fût parfois leur venue. »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres »)

Les Visiteurs du soir, c'est un film ça non ? Aussi une série avec des extra-terrestres, des « Visiteurs », qui enquiquinent cosmiquement un certain David Vincent, ça non ? Les Visiteurs, c'est pas le film avec Jean Reno et Christian Clavier dans les rôles de Geoffroy de Montmirail et de Jacquouille la fripouille, venus du féodal par les couloirs du temps et semant la pagaille dans notre modernité bidulaire ? Ils

Apparaissaient donc les Visiteurs, moi je ne les ai jamais vus.

Soudain ils sont là m'a-t-on dit, ombres

Derrière la porte, dans un temps suspendu et un noir de panne ;

La porte alors s'ouvre, sans que personne l'ait touchée, la

Porte s'ouvre lentement, mais vous, vous êtes tétanisé, les yeux fixés vers l'inconnu qui s'avance... Si c'est une porte

Vitrée, vous les voyez, les silhouettes étranges, sinon

Comme vous ne pouvez pas voir à travers la porte, alors vous ne les voyez pas, les Zôtres

Pourvus d'une tête à jouer dans une publicité pour adolescents que le kitsch alien épate (ah tiens, j'ai mangé des pâtes aux champignons ce soir), si vert latex et si longilignement hauts qu'vous les diriez

D'échasses montés, grandes tiges,

Ou tout droit

Tombés dans leur soucoupe volante à faire des témoignages époustouflants dans les lucarnes (avec pilote d'avion émérite, gendarme à qui on ne la fait pas, Madame Sainfoin, la bouchère de Vigorgne-en-Pâtis, et l'inéluctable ufologue à tête carrée), tombés donc

Du grand là-haut du

Ciel où les étoiles se frisent les moustaches parce qu'elles sont coquettes.

2.

Robot. « une manière de robot au mécanisme secret » : c'est ainsi que le peintre Klein dépeint le collectionneur Judas Weyl dans « Quai des Orfèvres », de Stanislas-André Steeman, au moment où Klein désire racheter une de ses toiles et que Weyl attend quelques instants avant de décliner l'offre.

3.

Le temps et l'effort. Il n'est pas indifférent que, dans « Quai des Orfèvres », de Stanislas-André Steeman, ce soit le commissaire chargé d'élucider la mort violente de Judas Weyl, qui soit celui qui « connaisse la valeur du temps et de l'effort » et que cela soit exprimé par des « pas mesurés », « les pas lourds, puissants », ébranlant l'escalier, pesant sur le réel, les pas « d'un homme que rien ne presse ». Le commissaire Maria est le représentant de l'Ordre. Il a le temps et la justice pour lui.

4.

Monstrueux. Le fait que, dans « Quai des Orfèvres », de Stanislas-André Steeman, le peintre Noël Martin, pour complaire à Belle, accepte une invitation à une soirée, alors que son confrère, le peintre Klein, se trouve « en cellule, en cellule par sa faute » à lui, Noël Martin, persuadé d'avoir tué Judas Weyl et laissant donc accuser un innocent à sa place.

5.

« Princesses mortes ». C'est à des « princesses mortes » que le peintre Noël Martin, assez mélancoliquement, compare les robes du soir que, alors qu'ils étaient fiancés, Belle lui montrait, lui en promettant l’exclusivité.

6.

Vertu et fidélité. « Tugend ist wenn keiner kommt ; Treue, wenn kein zweiter kommt. » proverbe viennois (selon Stanislas-André Steeman qui, à propos des relations entre Noël et Belle, le cite dans « Quai des Orfèvres ».

Traduction donnée par Steeman : « La vertu, c'est quand nul ne vient ; la fidélité, c'est quand il n'en vient pas un second. »

Patrice Houzeau

Malo, le 18 septembre 2022.

14 août 2022

CE N'EST PAS AVEC DES MOUCHES QU'ON ATTRAPE DU VINAIGRE

CE N'EST PAS AVEC DES MOUCHES QU'ON ATTRAPE DU VINAIGRE

 

1.

Ce n'est pas avec les yeux de l'âme que l'on découpe un poulet.

2.

Il se dit que parmi les dossiers que Trump a gardés par devers lui et dans un coffre-fort alors qu'il n'aurait pas dû, le vilain, il y en aurait un intitulé « President of France ». Tiens, notre président réélu quand même aurait-il des bricoles du genre vaudrait mieux qu'ça se sache pas ?

3.

La surprise était si grande qu'ils demeurèrent un moment muets, et lorsqu'ils rompirent le silence, ils ne purent dire un mot.

4.

La planète Mars se situe à une distance comprise entre 1,381 et 1,666 unités astronomiques (UA) du soleil, c'est-à-dire entre 206,6 et 249,2 millions de kilomètres. Mon poulet-frites se situe à près de 150 millions de kilomètres du soleil. Je note qu'il n'y a pas de friteries sur Mars.

5.

Comme le dit si bien Christophe André à chaque fois qu'il ne manque pas d'être invité par France Inter, je cite de mémoire : « Être libre, c'est être maître de soi (et de son compte en banque), ainsi, n'est-ce pas, que des mouvements de son âme (tout en surveillant, ça va de soi, ceux de son compte en banque) ».

6.

Ce n'est pas avec des mouches qu'on attrape du vinaigre et pas besoin d'être fine mouche pour cela, il suffit d'ouvrir le placard. S'il y a un squelette dedans, avec ses toiles d'araignée, bin vous refermez, et, c'est pas compliqué, vous ouvrez la porte d'à-côté.

7.

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin vous en avez marre et, pour changer, allez chercher une amphore avec du vin dedans.

8.

Question : Les doutes relayés par Le Figaro sur l'honnêteté de Hassan Iquioussen (lequel louerait des logements insalubres) et sur l'entrisme local (Denain) dont Iquioussen et ses proches feraient preuve pour promouvoir un islam politique, sont-ils fondés ?

9.

13 août 2022. Dans un tweet commentant l'attaque terroriste dont Salman Rushdie a été la victime, François Hollande parle d'agression. « Agression » ? Le mot est un peu faible. Il s'agit d'une tentative de meurtre et son auteur est un islamiste. Toujours aussi courageux, le Hollande.

10.

Défois je me demande, quand on se réincarne, on garde la même âme, ou bien le grand Tout supra-cosmique nous en procure une nouvelle, passque si je me réincarne en tamanoir, je sais pas si mon âme de bipède elle est compatible avec l'âme du tamanoir hein.

11.

« Puis vint vers moi un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux... » (Apocalypse, 21-9)

On constate dans ces lignes la présence du chiffre « sept » comme dans « Les sept boules de cristal », donc moi, comme j'aime bien Tintin Milou je joue défois, après avoir sifflé 7 pastagas, le 7 gagnant dada, pis alors je perds et j'en reprends un 9ème, pis rien ne va plus.

12.

Moi, je comprends tout à fait les trolls pro-Poutine dans leur lutte twittesque contre la décadence des mœurs occidentales. : il y a les femmes ; il y a les hommes ; il y a Poutine. Ne mélangeons pas tout.

13.

Je me demande s'il y a des âmes fermées, façon tiots nains boudeurs, et des âmes ouvertes, et dans ce cas, s'il y a du vent qui continue à mugir de façon lugubre, elle fait quoi l'âme, elle se referme ou alors lutte-t-elle, de toute sa force d'âme, contre le vent, au risque d'être balayée ?

14.

Si jamais on perd son âme, à qui doit-on s'adresser pour la récupérer ? Existe-t-il un bureau des âmes trouvées ? Et si on ne la retrouve pas, peut-on obtenir un double, ou bien doit-on en changer ?

15.

Ai lu deux trois bricoles comme quoi la pratique de la méditation façon « pleine conscience » et touci-touça pourrait aider les étudiants à être moins anxieux, et les soignants aussi, dis. Mwoui... Peut-être que de meilleures conditions de travail et d'études seraient plus efficaces, non ?

Patrice Houzeau

Malo, le 14 août 2022.

 

 

4 août 2021

A FORCE DE TIRER SUR LE TIBIA DEFOIS ON FAIT PAS D'VIEUX OS

A FORCE DE TIRER SUR LE TIBIA DEFOIS ON FAIT PAS D'VIEUX OS

1.
« Je tourne boule solitaire »... qu'il « joue, chante, tournant et vaguant » le Porprenaz à Ghelderode... l'étrange, c'est très unique... Rien d'autre que l'Etrange, la Singularité par rapport à que dalle... Y eut rien, même pas rien, car le mot « rien » fut pas, puis il y eut un grain de sable... et ce qui n'était pas commença à... le reste est question d'appréciation personnelle...

2.
« Je vous félicite pour le style »... Porprenaz...il en dit celui-là... « le style, c'est l'homme... » Qui a dit ça ?... s'en fiche ma pomme... le style, c'est du commerce... celui d'entre les bipèdes... des sans-allure, les macchabées... pas du tout haute couture, les tout décousus, les disloqués.

3.
« L'Eternel... i jette des petites pierres »... selon Porprenaz... pourquoi des petites pierres ?... Des tuiles oui, qu'il nous fiche sur la comprenette... tant qu'il y a quelque chose de mobile et de perspicace plutôt que rien, vous pouvez être sûr que ça va déconner sérieux...

4.
« Seigneur Arbre »... A qui s'adresse cette fiction ?... je veux bien... donc Seigneuries, les forêts, profondes seigneuries... c'est joli... On peut y planquer des cadavres... puis ça fait toujours du blablabla pour des billets écologistes écrits par des intermittents du talent.

5.
« Qui tire le tibia recevra le squelette. » C'est « la Voix » qui maxime cela dans « La Balade du Grand Macabre »... on ouvre les placards... des politiques ou des autres nos pommes... on tire quelque chose du tas... ensevelis sous les frères ossements, le citoyen...

6.
« Merci, dieu Patatras »... Porprenaz... Encore ! Ah l'insolent... c'est vrai qu'il nous en cause du tracas patatrac, le grand qui n'en finit pas... ça n'arrête jamais... guerres, catastrophes... l'humain est un fameux bricoleur... toujours à la rafistoler, son espèce...

7.
« votre Transluciblafardité » : je trouve ça dans Ghelderode... dans « Le Matin des magiciens » à Pauwels et Bergier, non qu'on trouve des allusions aux « grands invisibles »... nous pantins, on voit pas les fils qui nous remuent... Les Marionnettistes, on y croit pas... Pourtant.

8.
« Toi... Tous... Tout. »... qu'il dit Nekrozotar à Ghelderode... Ah ça... Bin oui... C'est-y « chiffré dans les étoiles ? » qu'on jette l’œil de plus en plus loin... confins et passés... Stupeur... Au bout de l’œil, un doigt d'honneur !... C'est Dieu !... Ah l'Autre, dis, hein, quand même...

9.
« qui loge dans un tombeau et qui n'est pas un mort... »... Ghelderode... « Liban : E. Macron promet 100 millions d'euros »... dit Internet le 4 août 2021... Nos pays sont généreux... faudrait pas qu'le Liban s'disloquât complètement... Un puits sans fond, la misère du monde.
Un puits sans fond, la misère du monde... p't'être bien...des égorgeurs en sortent, ça arrive...

10.
Zétaient bons, les Kraftwerk, quand ils les ritournellaient dans le minimalisme leurs sonneries électroniques... « Spiegelsaal » sur « Trans Europe Express »... avec son petit zigouigoui des vertiges... marrant...
La musique électronique, faut pas trop y fourrer d'biduleries dedans... sinon, ça tourne vite fêle-cafetière, foire à la stridence énervante... clinquant kitsch, bourre-crâne et ratatam...

11.
J'aime bien le clip « Auberge »... une électrique assez entraînante à Chris Réa... En noir, blanc, ciel gris... l'a l'air de faire froid... y a un(e) môme façon gavroche ou Zazie... y a une danseuse de cancan... et The Naked Truth est un costaud qu'on n'oserait pas contrarier...
« This is the naked truth, this is the light,
There's only one place left to go »
(Chris Réa, « Auberge », 1991)

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2021.

10 octobre 2022

AVANT QUE LA MÂCHOIRE SE REFERME

AVANT QUE LA MÂCHOIRE SE REFERME

1.

J'écoute l'album « 4 Visions », publié en 1981 par le groupe Eskaton. C'est du rock progressif, tendance Zeuhl, me dit Zut. Ça me plaît assez, pour l'instant. C'est vif, nerveux et jazzy-rock. J'aime bien les voix féminines. L'ensemble voisine avec Magma et brio.

2.

Octobre 2022. Lu sur internet : « Haute-Savoie : six coups de couteau après une dispute dans la file d'attente d'une station-service ».

Le bipède en a flanqué six de coups

Y a d'la lune pis ça fait ouh-ouh

De couteau dans le corps d'un aut' vivant

Le vent si fort pousse les gens le vent

Après une querelle à la station

Les choses ne vous jouent pas du violon

Pour de l'essence qu'ça s'est enflammé

L'un n'est pas mort l'autre est emprisonné.

3.

« Il fut bientôt évident (dès mon adolescence) que j'étais né pour vivre parmi les monstres. »

(Henri Michaux, « Dans la compagnie des monstres »)

Il n'y a pas de raison pour que je ne prenne pas de mayonnaise avec mes frites, fis-je, tandis que la mayonnaise étirait ses épouvantes de marque jaune.

Fut-il bien avisé celui qui tentant de mettre Paris en bouteille, fut éborgné par un éclat de verre puis énucléé par le pic de la tour Eiffel ?

Bientôt de grands vaisseaux viendront, mais comme ils seront totalement invisibles, nul ne s'en souciera, et l'on haussera les épaules aux propos brumeux des complotistes de l'apocalypse tandis que les grands vaisseaux nous traverseront.

Evident que si je n'avais plus de dents, je ne pourrais point croquer la lune, dit Zut, qui, par ailleurs, n'est point assez poire pour prendre la lune pour une pomme (du reste, chacun sait que la lune est une crêpe).

Dès que je la vis, je ne la reconnus point, et je passai mon chemin cependant que la jeune fille continuait de son côté à vivre une vie dont je ne saurai jamais rien, sans compter que je m'en fous.

Mon chien n'est pas assez stupide pour miauler si j'écris « mon chien stupide se mit à miauler ». Le pouvoir du langage a quand même ses limites.

Adolescence, oh mon adolescence. Ah ça, tu en as bu des bières et rêvé des filles ! Et il est beau le résultat ! Cirrhose et cocuage. Black dog.

Que me dites-vous là ? Poutine aurait envahi l'Ukraine pour protéger les populations russophones du Donbass. Ah bin, si c'est ça, ils s'est complètement planté, le chevalier blanc.

J'étais alors un caillou, et je n'avais même pas d'idées de caillou car un caillou n'a pas d'idées. Il faut donc se rendre à l'évidence, ce n'est pas moi qui écrit, mais quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'est pas un caillou.

Né un beau jour qu'il faisait nuit (je pique ça à quelqu'un mais je ne sais plus qui), il mena une longue vie qui s'acheva rapidement par un baroud d'honneur dans une guerre oubliée.

Pour jouer au saxophone hanté, il vous faut un saxophone et le fantôme d'un musicien de jazz. Si le saxophone est facile à trouver, le fantôme risque bien de vous faire signer un contrat léonin griffu. Ah ça, c'est autre chose, hein, le spectral bebop !

Vivre !, se dit-elle avant que la mâchoire se referme.

Parmi les roses du jardin, je cueillerai pour toi la plus belle, et bien sûr, elle me mordra le nez et me griffera les joues et s'en ira, agitant la queue et très grondante.

Les choses dont je ne me souviens pas me reviennent parfois en mémoire. Mais comme elles portent toutes les masques des autres choses, je ne les reconnais pas.

Monstres, tous des monstres, braillait-il à la lueur sanglante des néons et agitant sa carcasse tordue, son unique globe oculaire et la tête de son voisin au bout d'une pique.

4.

Mon album préféré du groupe The Residents est peut-être « High Horses » : cette musique de limonaire hanté me rappelle la rue qui n’existait pas où j'ai tant vécu.

Patrice Houzeau

Malo, le 10 octobre 2022.

23 décembre 2022

COEUR ET MYSTERE

COEUR ET MYSTERE

Notes et amusettes sur les chapitres 7 à 10 du « Belphégor », d'Arthur Bernède.

1.
« - Je crois, soulignait Colette, que nous avons affaire à un rude adversaire. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 7)

Bernède, « Belphégor ». « Le roi des détectives ». Apologie de Chantecoq. Papa est un artiste du mystère et sa fille, sa secrétaire. Des amitiés nouées pendant la guerre. Le « problème le plus ardu et le plus troublant ».

Des livres, beaucoup de livres : le détective est cultivé. Colette et son père en pleine réflexion sur l'énigme du Fantôme du Louvre. Le Fantôme a-t-il voulu dérober Belphégor ? (quelle bizarrerie !). Comme il y a des esprits frappeurs, y aurait-il des esprits voleurs, voire des esprits farceurs ? Un esprit peut-il perdre l'esprit ? Ce que l'on appelle « revenant », ne serait-ce pas autre chose qu'un esprit perdu entre deux mondes ?

Colette distraite et rougissante. Je ne me souvenais pas que Jacques Bellegarde avait rendez-vous avec Chantecoq. Colette troublée et volontairement maladroite. L'important, c'est le travail.

2.
« Et, tout en secouant la tête, elle ajouta :
« - En attendant, j'ai grand-peur que tout cela ne finisse très mal pour tout le monde ! »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 8 [Marie-Jeanne])

Bernède, « Belphégor ».« Le bossu mystérieux ». Le bossu a de grandes mains et de grands pieds. Un espion ?

Elsa intervient auprès de Jacques. Simone est en danger, et Jacques bien ennuyé. Opposition Simone/Colette : l’exaltée et la lumineuse.

Comme ce chapitre est consacré aux soucis affectifs du journaliste aventureux, et comme il n'y est pas question de « La septième preuve », qui est le titre du chapitre 3 de la première partie du roman « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, je ne trouve pas grand chose à dire. Il n'y est donc pas question du « soir tombant » sur l'étang du Patriarche, ni d'une histoire dont le poète Biezdomny (paraît que ce nom en russe signifie « sans foyer ») se demande si elle lui fut réellement racontée. Il n'y est donc pas question non plus d'interrogations sur la vérité des Evangiles et sur la fiabilité des témoignages. Il n'y est donc pas question ni d'un œil vert, ni d'un œil mort, ni d'un professeur ayant perdu l'esprit, ni de réflexions sur l’existence du diable, ni de la « septième preuve », ni de ce qu'on ne trouve pas et qui existe cependant. Il n'y est donc pas question de « l'oncle de Kiev » et du fait qu'il y a des gens dont on se demande comment ils peuvent savoir sur vous tant de. Il n'y est donc pas question de la mort de Berlioz. Gautrais est révoqué. Bellegarde lui promet une place. Le bossu filoche.

3.
« - Je sens bien que vous avez raison. Mais comment vous écouterais-je, quand je ne m'entends plus moi-même ? »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 9 [Simone Desroches])

Bernède, « Belphégor ». « L'agonie d'un cœur ». Le divan noir et le « bellâtre ». Le retour d'Elsa réjouit Simone. « Il va venir ! ». Arrivée de Jacques (il est venu) : séquence émotion.

Lucidité de Simone. Colette en ange gardien : « Prenez garde ! », prenez garde, Jacques Bellegarde ! Scrupules de Jacques. Résolution de Simone. Départ de Jacques. Simone tombe dans les pommes.

4.
« - Je crois que Belphégor sera content de moi !... »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 10 [le bossu mystérieux]).

Bernède, « Belphégor ». « Où Chantecoq entre en campagne ». Chantecoq se plonge dans « L'Histoire du Louvre ». Mais par où a-t-il pu passer ?

Bellegarde et Chantecoq unis contre le Fantôme. Apparition joyeuse de Colette, dont la description me rappelle le personnage d'Hélène, interprété par Mylène Demongeot dans la série des Fantômas (« Colette portait une toilette de ville d'une élégante simplicité, complétée d'un charmant chapeau cloche qui lui seyait à ravir »).

Chantecoq passe partout, et on ne le reconnaît pas. La « triple alliance ». En voiture pour le Louvre ! Le bossu filoche toujours.

Examen des ténèbres. En quête d'une « issue secrète ». Un pilier ? Les dalles ? Par où a-t-il pu passer, mais surtout, qu'est-il venu y faire ? Fin de la visite au Louvre (« On ferme ! »).

Chou blanc. Tout le monde est quand même bien content parce que nos héros sont optimistes, cependant que le bossu filochard dans sa « voiturette » a un « regard de batracien » et un « hideux sourire » (les héros sont beaux et le vilain, vilain).

Patrice Houzeau
Malo, le 23 décembre 2022.

25 janvier 2024

QUAND LES DOUZE COUPS ET AUTRES CHUINTEMENTS

QUAND LES DOUZE COUPS ET AUTRES CHUINTEMENTS

1.
« c'était pour la voir s'introduire furtivement dans les maisons endormies, pour s'enfuir ensuite, de plus en plus vite, jusqu'à atteindre une allure vertigineuse, par les dédales infinis de la cité »
(R. L. Stevenson traduit par Charles Ballarin, « L'Etrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hide »)

2.
« l'horloge de l'église voisine égrène les douze coups », aussi fatidiques que les douze cercles qui mènent à je ne sais quoi de féroce, sauf que les cercles ne résonnent pas dans la nuit, genre ah tiens il est minuit alors qu'il n'est absolument pas minuit, surtout depuis que le jour s'est levé et que j'écoute sur France Inter les dernières, et parfois sanglantes, conneries que mes contemporains machinent pour avoir l'air d’exister.

3.
« brumes mouvantes et impalpables qui avaient si long- », je parie que la syllabe suivante est « temps », et c'est normal, parce que rappelez-vous que « l'horloge de l'église voisine égrène les douze coups », ce qui signifie qu'il est temps de se dire que tout se tient par la barbichette et le premier qui rira sera privé de gaufrettes.

4.
« est devenu trop excentrique pour mon goût. C'est à » Zut que je dis cela, laquelle Zut me rappela que j'avais moi aussi un on a tous quelque chose en nous de n'importe quoi, ce à quoi je répondis : « N'importe. Il est devenu trop excentrique pour mon goût. » C'est à Zut que je dis cela, laquelle Zut ne me répondit pas, car les douze coups ayant sonné à l'horloge de l'église voisine, elle s'était rappelée qu'elle faisait de la figuration dans une version télé de « L'Etrange Cas du docteur Jekill et de M. Hide » et que justement lanlan lanlan, et qu'elle avait donc disparu.

5.
« une silhouette dotée d'un pouvoir démoniaque et, au » moment où je copie cette ligne d'une traduction d'un roman de Robert-Louis Stevenson, je me dis que depuis que l'horloge de l'église voisine égrène les 120 coups de l'horloge de l'église voisine, ça n'arrête pas de se manifester dans le genre paranormal et pas banal, que si ça continue je vais manger une crêpe au jambon, car crêpe au jambon est exorcisme fort excellent à faire sortir les démons des maisons où ils font rien qu'à vous casser les bonbons, à vous halluciner le citron, à vous voler vos saucissons et à danser des rigodons en buvant des litrons.

6.
« mystère s'éclaircirait, peut-être même se dissiperait-il », hein, si on le lui demande poliment, au mystère... Moi m'est avis que s'il vous répond, le mystère, ça va être d'autres énigmes encore, et des très farfelues, du genre, où est le mort avec un couteau dans le dos qu'était là qu'est plus là que tout le monde a vu et que maintenant personne n'a vu et écrivant cela, je me dis que c'est une réminiscence d'un texte à Céline, l'infernal styliste, que le « mystère s'éclaircirait, peut-être même se dissiperait-il », mais sans doute faudrait-il parler la langue des mystères... st'une autre affaire, ça, hein.

7.
« une belle nuit sans pluie ; l'air était glacé ; les rues » fumaient la pipe en passant par elles-mêmes ; la lune ne faisait pas ouh-ouh mais le pensait très fort. Bref, un temps à ne pas aller se moucher dehors mais plutôt à se coucher dedans son lit en pensant à la vache qui rit.
Question : pourquoi la « vache qui rit » ?
Réponse : parce que c'est moins triste que le « veau qui pleure » ou que le « bœuf qui disjoncte ».

8.
« prestement la clé dans la serrure. Et puis soudain, » la porte disparut. La clé tomba. Il n' y avait plus rien derrière l'absence de cette porte qu'un grand vide dans laquelle la fiction, ridiculement et selon les lois de la gravité et de l'Académie, chuta dans un grand chuintement d'on ne sait quoi.

9.
« Et maintenant, dit l'autre, dites moi comment ». Je le lui répondis pas, ayant d'autres on n'envisage pas d'omelettes sans frites avec, sinon, on la mange sans frites.

10.
« avec la crainte et l'effronterie qui caractérisent les » politiques pris la main dans le sac à bourdes, gourances et malices, je suppose.

11.
« anciennes, à présent déchues, pour la plupart, de » ce qui faisait leur charme. Alors, elles ramèrent, ramèrent, ramèrent tant et si bien qu'elles arrivèrent, par exemple je ne sais où mais le fait est là, elles y étaient. Ce qu'elles y firent ? Oh, bien des vous m'en direz tant, cependant qu'un grand chuintement d'on ne sait où commençait à souffler sur toutes les faces de ce monde et apparentés.

12.
« une menace jusque dans les reflets de la lumière », qu'alors il vous faut courir, courir très vite ; on ne sait jamais, la vérité pourrait vous rattraper.

13.
« alors en pleine lumière, comme un diable hors de sa », ici, c'est le mot « boîte » qui suivra car il est rare de voir un diable sortir hors de sa choucroute, ou hors de sa machine à coudre. Ceci dit, les diables se cachent dans tous les détails, de même que si vous voulez du pain, c'est dans une boulangerie que vous devez aller, et non dans une diablerie.

14.
« choses ne peuvent continuer ainsi. J'ai froid dans le », et c'est vrai que ça fait froid dans le, quand on regarde le monde tel qu'il est et qu'il court vers qu'on ne sait pas où on va mais on y va, ah oui, froid dans le, là, c'est bien le mot.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 janvier 2024.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité