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BREFS ET AUTRES
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14 décembre 2022

LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE

LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE

Notes en lisant le chapitre 3 de « Trois souris », d'Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe.

1.

Pas étonnant qu'après un coup pareil, Molly ait besoin d'un verre de whisky. Un cadavre dans la bibliothèque, ça s'est déjà vu ça. « Quelqu'un sifflotait. » Giles n'est plus dans l'armée.

2.

Qui sera la prochaine souris morte ? Schéma habituel du roman à énigmes : tous cachent quelque chose à l'enquêteur. Je mange des pâtes en écoutant une vieille galette des Who. Il fait un froid sec ; pas de neige.

3.

Personne n'a entendu le piano. On constate un sabotage. Le major fait un compliment à Giles. Un « léger craquement ». Giles se fait plus précis dans ses soupçons.

4.

Molly demande un entretien en particulier. Doutes sur l'âge possible de l'assassin. L'enquêteur avoue qu'il n'est sûr de rien. L'assassin s'amuse-t-il tant que ça ?

5.

L'odeur de cuisine réchauffe le cœur. Qui c'est-y qu'a volé les skis ? Le cauchemar, c'est ce qui revient qu'on voudrait pas. Rapprochement de Christopher et de Molly.

6.

« Il... il vous met des choses dans la tête..., des choses qui ne peuvent pas être vraies ! »

(Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Trois Souris » chapitre 3, [Molly])

C'est ainsi que le réel travaille à se rendre compatible avec la façon dont nous nous le représentons.

7.

Molly comprend que son interlocuteur n'est pas celui qu'il a dit être. Aveu. La mort d'une mère. Les dégâts de la guerre. Un pilote tué. Agatha Christie avait, dans ses meilleures intrigues, ce talent de donner à penser que le fond de l'histoire, c'est que la vie est « horrible ».

8.

Un bonheur illusoire. On ne sait jamais vraiment où les gens sont, et même parfois quand ils sont près de vous. Accrochage. Giles ne porte décidément pas Christopher dans son cœur. Condamné par la justice, Bernard Laporte va-t-il prendre la porte ?

9.

La phrase« Je pourrais en avoir pitié » sous-entend que Molly pourrait comprendre chez un autre des sentiments qui pourraient être aussi les siens. On ne sait plus qui est allé à Londres.

10.

Molly et Giles constatent qu'ils sont des étrangers l'un pour l'autre. Des personnalités plus complexes et dissimulées qu'on pourrait croire. Le roman policier comme révélateur.

11.

Mr Paravicini tente de calmer le jeu, fait des suggestions culinaires et des considérations sur le goût des enfants pour le « macabre », propose son aide, sifflote l'air des « Trois Souris », bref, se fait remarquer.

12.

Annonce d'une « expérience ». Un indice dans un manque de tact ? La vérité se trouverait-elle dans la répétition ? Celle de l'air des « Trois Souris » au piano ? On dirait un jeu. Masques brouillés.

13.

Molly compte jusqu'à cinquante. Piano, sifflotement, radio. Peur et conjectures de Molly. Révélations pas tout à fait exactes qui en déclenchent des vraies, et d'autres encore et tout à coup, danger imminent.

14.

« Un sourire d'enfant », un revolver à la main. Quelqu'un sifflote l'indicatif du meurtre. Le major n'est pas major, le sergent n'est pas sergent, le commandant n'est plus commandant, mais on sait maintenant qui est le coupable (« le pauvre diable est complètement cinglé »).

15.

Le coupable n'est ni le perroquet, ni Pavarotti, lequel ne chantera pas l'air des « Trois Souris » (surtout qu'il n'a pas été composé par un Italien). Réconciliations et annonce de comestibles merveilleux. En attendant, il y a un tableau troué et la tarte brûle.

Patrice Houzeau

Malo, le 14 décembre 2022.

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28 novembre 2022

LA PROCHAINE FOIS VOUS PRENDREZ UN PARAPLUIE

LA PROCHAINE FOIS VOUS PRENDREZ UN PARAPLUIE

Notes marges brefs sur "Zazie dans le métro", de Raymond Queneau.

1.

Au chapitre 15 de « Zazie dans le métro », de Raymond Queneau :

Quelque chose réveille Marceline. Quel est cet inconnu en cette maison, ce péril en cette demeure, ce cheveu en cette soupe ? se demande le lecteur appâté ou pas, épaté peut-être mais pas si sûr.

Pedro demande un verre de grenadine et ne sait plus comment il s'appelait ce matin.(En arriverons-nous à nous méfier de la grenadine ?)

Le « type », comme l'appelle l'auteur (Raymond Queneau), ce « soi-disant Pédro-surplus » a l'étrangeté d'un personnage de roman noir. Malaise et parodie dans l'appartement de Marceline.

Pédro se déclare et déclare, sans doute en vertu du « moi qui vous cause, je suis tout de même un autre », qu'il n'est pas ce qu'on croit qu'il est. Si Wittgenstein (1889-1951) était là, il dirait certainement qu'il a autre chose à faire.

Pédro-surplus est sûr de son coup. Marceline évoque l'impératif ferroviaire de Zazie, laquelle doit être « bien fatiguée » de toutes ces pérégrinations, perturbations, péripéties et périples en des périmètres qu'on sait tout aussi périssables que tout le reste allez.

Faisant des recherches afin de composer mes quelques brefs (il est vrai que le lyrisme, c'est pas mon truc), j'apprends qu'il y a un mot de 32 lettres commençant par « per ». Je vous le donne parce qu'il pleut, c'est « perhydrocyclopentanophénanthrène », lequel est un synonyme de « stérane ». La prochaine fois, vous prendrez un parapluie.

Du verre, de « l'os de la côtelette » et de « l'arête de la sole » suivi de Révélations sur Trouscaillon suivi de Dispute sur la conjugaison du pronominal « se vêtir » à l'impératif.

Bertin Poirée alias Trouscaillon alias Pédro-surplus consulte le dictionnaire. Marceline disparue (Albert la cherche encore, malgré le temps perdu).

2.

Au chapitre 16 de « Zazie dans le métro », de Raymond Queneau :

Trouscaillon, revenu à son existentiel projet trouscaillonnesque, se prête à la paraphrase et à la rêverie « mélancolieuse ». Quelqu'un sanglote.

Trouscaillon se fait reprendre sur sa façon de conjuguer. Il est aussi question d'une question que quelqu'un a oubliée.

« Trouscaillon en fit un vache » et quelqu'un rappelle sa raison sociale.

Quelqu'un devient Fédor Balanovitch. Trouscaillon se lance dans l'autobiographique, « enfin la racontouse quoi... »

Trouscaillon se plaint de ses désarrois affectifs. Fédor Balanovitch égrène quelques éléments de critique esthétique.

Fin de soirée pour les « agneaux » à Fédor. Le perroquet roupille mais pas Zazie qui tient à dissiper tout doute quant à son rôle de personnage principal.

Zazie fait une remarque lucide sur la surpopulation, émet une préférence pour le définitif, rabroue la veuve Mouaque.

Conflit larvé entre Zazie et le couple Mouaque/Trouscaillon. Gridoux révèle une vérité que vérifie Gabriel.

Interrogatoire du fonctionnaire de police Trouscaillon par le travesti Gabriel, qui débouchera à la page suivante sur une manière d'aveu désolant. Brouhaha alors nocturne et général.

Intervention des forces de l'ordre à bicyclette. Appréciations sur la marjolaine.

Tension palpable attisée par Zazie la zizaneuse puis par l'outré (semble-t-il) Trouscaillon.

Disparition de tous les pandores dans un « panier à salade ». Bref éloge de la soupe à l'oignon.

Patrice Houzeau

Malo, le 28 novembre 2022.

22 octobre 2022

LORSQUE JE METTAIS DU BEURRE SUR MES TARTINES

LORSQUE JE METTAIS DU BEURRE SUR MES TARTINES

1.

Un saquemassant trop saquant masser la casselote à la Caspichame sait-il, qu'à force de saquemasser ainsi et d'outrecuidance, la Caspichame finit par plus saquer ça, qu'elle s'énervâttassez, savez ça, surtout si elle entrave que dalle à ce que allitératez ?

2.

Comme je fus été pis sans personne avec

Là où on met les morts quand ils ne sont plus là

Des tas de j'me souviens du jour sur le bec

Se mirent à neiger J'me mélancolisa.

3.

« - La Nuit, vient, noir pirate aux cieux d'or débarquant. »

(Rimbaud, « Les premières communions »)

La piraterie nocturne, des trucs à vous flanquer des cauchemars, du genre galion à squelettes fendant l'brouillard dans le fog à Carpenter.

4.

« A quelque fête de nuit dans une cité du Nord j'ai rencontré toutes les femmes des anciens peintres. »

(Rimbaud, « Vies »)

Devot êt' cor' beurré comme une tartine, l'Arthur.

5.

« Jeanne-Marie a des mains fortes,
Mains sombres que l'été tanna,
Mains pâles comme des mains mortes.

- Sont-ce des mains de Juana ? »

(Rimbaud, « Les mains de Jeanne-Marie »)

Mains de Jeanne-Marie ou pas, rapport à ce qu'elles sont « fortes », ces mains-là, dis, pis « plus fatales que des machines,/ Plus fortes que tout un cheval », il dit Rimbaud, que si elles vous en flanquent une, ces paluches, sûr, vous valdinguez.

6.

« Je suis réellement d'outre-tombe, et pas de commissions. »

(Rimbaud, « Vies »)

Bin oui, évidemment, quand on est d'outre-tombe, on n'a plus d'appétit (sauf si on est un mort-vivant, mais j'ai jamais entendu dire que Je est un autre soit un mort-vivant, ça se saurait depuis le temps) du coup, c'est pas la peine de faire les commissions.

7.

« Le matin où avec Elle, vous vous débattîtes parmi les éclats de neige, les lèvres vertes... »

(Rimbaud, « Métropolitain »)

Forcément, à se débattiter commsa « parmi les éclats de neige », on finit par avoir « les lèvres vertes », que c'est des trucs ça à attraper la morte de froid.

8.

« Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes »

(Rimbaud, « Les sœurs de charité »)

C'est pour ça, faut toujours sortir avec soi-même, comme ça on peut lui dire des conneries, ça passe le temps et comme ça vous feuquez bien les « atroces solitudes » que des solitudes, moi j'en cueille jamais, défois qu'elles vous donneraient l’intoxication alimentaire fatale alors que dans les supermarchés, on peut acheter des conserves.

9.

Petit poupoupopotitine, quand te dépoupoupopotitiniseras-tu car si tu ne te dépoupoupopotitinises pas toi-même, peut-être un lutin viendra qui, que tu le veuilles ou pas, te dépoupoupopotitinisera quand même ?

10.

« On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. »

(Rimbaud, « Roman »)

« On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans »,

C'est qu'on ne sait pas encore faire semblant.

11.

« Le travail humain ! C'est l’explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps. »

(Rimbaud, « L'éclair »)

Oui, mais les explosions qui éclairent les abîmes, souvent ça fait des morts, pis des ensevelis. La poésie, elle sait pas ce qu'elle dit ; elle a intérêt à être jolie, sinon, c'est pas la peine.

12.

J'aime bien les musiques à mystères qu'on entend défois dans le rock progressif. Là j'écoute la BO de « Profondo Rosso », le film à Dario Argento que c'est le groupe Goblin qui l'a faite. Des morceaux, c'est du jazz-rock, mais d'autres, ça sonne « mystérieux ».

13.

« Il craignait les blafards dimanches de décembre »

(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

Les « blafards dimanches de décembre » ne se fardent pas, se maquillent pas, les blafards dimanches de décembre. sinon, on ne verrait pas qu'ils sont blafards, les blafards dimanches de décembre, qui, fatalement, blafardent.

14.

Les rideaux ne font pas d'omelettes. Si les rideaux faisaient des omelettes, ce serait alors qu'ils ont des bras et des mains et qu'il faudrait se méfier : les rideaux pourraient s'emparer de vous et vous faire disparaître dans leur vertige vertical.

15.

« Je me souviens des heures d'argent et de soleil vers les fleuves »

(Rimbaud, « Vies »)

Je me souviens des heures, aussi du beurre

Pourquoi est-ce que je me souviens du beurre ?

C'est que lorsque j'étais vivant, c'est du beurre

Que je mettais sur mes tartines, du beurre

Du beurre du beurre du beurre du beurre.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2022.

6 octobre 2022

PUISQUE DU TEMPS ILS N'EN ONT PAS

PUISQUE DU TEMPS ILS N'EN ONT PAS

 

« C'est triste de vieillir. Je l'envie, de vieillir. J'envie cette hâte qu'ils ont à faire les choses. Je veux dire : les vivants. »

(Joann Sfar, « Aspirine » [la vampire Aspirine])

 

C'est triste, me dis-je, voyant le chat écrasé sur la route,

Triste comme la vie est violente et comme l'espérance

De tout peut s'arrêter d'un coup de feu, triste aussi de

Vieillir, de s'aussérer du guebraur, d'se racrapoter oh dis le crapaud, de s'invequiarrer baveux vers le définitif, avec même plus s'tiête défois.

 

Je me cogitais cela, sous le ciel et ses promesses de pluie, me disant, je

L'envie – lors, ce n'est pas moi qui parle, mais la vampire Aspirine, de Joann Sfar, au spectacle de l'enseignant en philosophie courant après son minois et ses longues jambes – quoi donc qu'elle envie, la vampire, la vamp, l'immortelle ?

De savoir qu'il n'aura pas le temps de tout, car

Vieillir, ça rappelle qu'à un moment, v'là qu'on n'existe plus.

 

J'envie, moi, les ceusses pleins d'sous qui peuvent prendre tout leur temps, cause que moi, mon temps, je suis obligé de le vendre, et ça m'amuse pas tant, que je préférerais jazzer des vers en écoutant King Gizzard & the Lizard Wizard,

Cette fois, je vais me le distroudjiérer tout cru, fit Zut toute rouge, alors qu'une fois de plus, le calamiteux piquant nougats et caramels nous calamitait le p'tit commerce, comme si qu'on l'voyait pas.

Hâte-toi lentement, « festina lente » disait l'Antique,

Qu'ils aient des envies, des désirs, les bipèdes, c'est normal, ils

Ont du scaramouche plein la besace, d'la colombine, du pierrot-la-fronde, prodigieux guignol, carambolant tagada, pis l'palpitant tout voltigeant pour les jolies voltigeuses,

A courir donc qu'ils se mettent, les impatients, qu'le soleil attend pas, que le souffle passe et que vient la nuit, que le souffle, c'est celui du fossoyeur, et la nuit, c'est celle de la tombe.

Faire ce qu'on peut, c'est bien tout ce qu'on peut,

Les jours, on en aura jamais assez de toute façon à cause que les

Choses nous échappent, nous isolent, nous solitudinent, nous effacent.

 

Je sais bien pourquoi qu'ils se hâtent tant aux choses, les bipèdes,

Veux-tu vivre ta vie ? Alors dépêche-toi ! Faut

Dire que si tu avais tout le temps, genre tu serais immortel,

Les choses, on dit qu'elles perdraient le goût de la vie et de la mort, les

Vivants n'ont pas de temps à perdre puisque du temps, ils n'en ont pas.

Patrice Houzeau

Malo, le 6 octobre 2022.

1 octobre 2022

DE L'ISPSEITE MAGNIFIQUE ET AUTRES AFFAIRES

DE L'IPSEITE MAGNIFIQUE ET AUTRES AFFAIRES

 

« Remis des vieilles fanfares d’héroïsme – qui nous attaquent encore le cœur et la tête – loin des anciens assassins - »

(Rimbaud, « Barbare »)

 

Remis je suis (ça c'est quand je scoubidouille scribe)

Des heures à s'farcir la sottise et

Vieilles modernités des apprenances à bienveillance. Je songe donc

Fanfares étranges, masques grotesques, électricités monstrueuses.

D'héroïsme m'en claque la cointe (et pourtant l'Ukraine en proie...).

Qui parle ici qui n'est pas moi et que ma bouche exprime ? Ah

Nous voilà bien avec tous ces « moi » là qui ne sont pas nous ! - Ils

Attaquent, dit-on, notre Europe, les Russes de Poutine...

Encore une fois qu'elle tourne, la roue des massacres,

Le sol va-t-il s'ouvrir sous nos squelettes ? Les serpents vont-ils siffler sur les têtes ? Le

Cœur des nations, où est-ce qu'il va à se fendre, s'effriter, s'émietter, se dissoudre aux quatre gueules ?

Et pour qui sont ces vents qui soufflent sur vos âmes ?

La jactance qu'on a qu'on croit nôtre et qui n'est que blabla coincoin...

Tête, oh ma coquecigrue, n'en as-tu pas assez de toutes ces déclarations ?

Loin, tenez-vous loin, vos ombres à couteau ne me hantent pas.

Des fanfrelaines, des fifrelottes, des fabuleuses m'appellent du fond des

Anciens romans, des planches, des rimes –. Quant aux

Assassins conducteurs de peuples, mes fantômes s'en battent les.

 

2.

« Un soir, j'ai assis sur la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère – Et je l'ai injuriée. »

(Rimbaud, « Une Saison en enfer »)

Un soir, les charrues grises ronronnaient dans le ciel, un

Soir, je scragnaquais morose, je maronnais quoi,

J'ai cassé mes pattes – dessus, elle hautainait superbe -

Assis qu'on était – les litrons faisaient une ronde -.

La Beauté, telle qu'en elle-même l’œil la mouche, la

Beauté jeta un œil sur moi – fichtre, je louche !

Sur mes yeux catafiolés qu'elle le pose, son azur mirance ;

Mes esprits étant partis s'coucher, j'étais vide comme le ciel ; mes

Genoux s'en moquèrent, qui craquèrent sarcastiques.

Et donc spéculant,

Je me mis à regarder tel que.

L'ai trouvé curieux, le réel et

Trouvée amère, oui

Amère, comme dit Rimbaud, amère, la Beauté.

Et, contemplant le paradoxe,

Je me sentis monter des crachats à la bouche.

L'ai mal pris moi, l'ipséité magnifique, l'ai

Injuriée, la Beauté, comme si elle vendait du poisson pas frais, du poison d'la mer quoi.

 

3.

Lu sur Internet : « Affaire Quatennens : le député a été », puis comme je ne vis pas le reste, je me suis dit que je m'en foutais de l'affaire Quattenens, et de Quattenens aussi d'ailleurs. Est-ce que j'ai déjà serré la pince à Quattenens ? Non. Est-ce que Quatennens m'a aidé quand j'étais dans la mouise ? Non. Est-ce que je compte sur Quattenens pour m'aider ? Non. Conclusion : Quattenens est pour moi un étranger, et, désolé, j'ai déjà assez affaire avec mes soucis pour me préoccuper d'un Quatennens, dont je me fous royalement.

Patrice Houzeau

Malo, le 1er octobre 2022.

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24 septembre 2022

MASQUE ET DEMASQUE

MASQUE ET DEMASQUE

1.

Si la Lune se déchaussait, c'est qu'elle pourrait mettre chaussures, chaussons et chaussettes. Si la Lune se déchaussait, c'est qu'elle aurait des pieds.

2.

« Même des fantômes des eaux, errants,

Entrent vaguer aux sphères de l'alcôve. »

(Rimbaud, « Jeune ménage »)

Les fantômes sont-ils faits de ce souffle froid qui parcourt couloirs et corridors et se fondent aux courants d'air du château ? Ou sont-ils faits de ces flammes qui, la nuit, firent de la vieille demeure un tas de secrets à jamais perdus ?

3.

« Puis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise :

un vieux, dragueur, dans sa barque immobile, peine. »

(Rimbaud, « Mémoire »)

Puis-je dire que palpite la nappe sans que l'on puisse penser que sous cette nappe se trouvât quelque cœur battant, arraché et caché sous cette nappe par on ne sait quel maléfice ?

4.

« Les calculs de côté, l'inévitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l'esprit. »

(Rimbaud, « Jeunesse, I, Dimanche »)

Je me demande si ce que le soucieux et assez insolent persifleur, pis aussi halluciné polychrome des voyelles, le môme Arthur là, ce qu'il appelle « l'inévitable descente du ciel », ne serait-ce pas la messe, des fois ?

5.

« Sur les versants des moissons de fleurs grandes comme nos armes et nos coupes, mugissent. Des cortèges de Mabs en robes rousses, opalines, montent des ravines. »

(Rimbaud, « Villes », II)

Je bilbobeule les « Mabs en robes rousses » du poème rimbaldien. Ah ça je vous assure que je les bilbobeule, les Mabs, que je les batifole, les bigle-beugle, à en balbutier les affabules, que je les boirenbeinture, et tout ça au son du bugle, le soir, au fond des bois.

6.

« Mais fondre où fond ce nuage sans guide,

- Oh ! favorisé de ce qui est frais !

Expirer en ces violettes humides

Dont les aurores chargent ces forêts ? »

(Rimbaud, « Conclusion »)

A force de fondre, se disait Zut en reprisant ses chaussettes et songeant cocasseries, coquecigrues, sottises, à force de fondre, on finit par ne plus faire qu'une flaque d'ombre, qu'une feinte d'être, qu'un reflet fugace à une fenêtre.

7.

J'entends le mot « angéologie » et je songe à la neige des anges, aussi à Anne, qui par jeu, me jeta de la neige, bien que je ne sois point Clément Marot et qu'il pleuve plus comme vache qui pisse qu'il neige anges et blanches jonquilles.

8.

« Ma faim, Anne, Anne,

Fuis sur ton âne ; »

(Rimbaud, « Fêtes de la faim »)

« Ma faim », fichtre, sommes les êtres de la faim, nous autres... bouffons le monde... ah oui certes, nous bouffonnons... en chansons, siouplaît, « Anne, Anne »... voilà des échos d'âne... tournicoti-tournicoton-bourricoton... et pis dans l'trou qu'nous finissons, là, tout au fond.

9.

« Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges. »

(Rimbaud, « Alchimie du verbe »)

Pullulant d'études... multiplicateurs de signes... suspicieux des individus, sociologisant la société solidaire, la sixième solitude... ne supportant ni le salut du silence, ni la nuit misanthrope, ils pondent sur l’inexprimable, vêlent des revues, thèsent nos vertiges.

10.

« l'enfant peut regarder votre doigt, plutôt que ce qu'on désigne »

(entendu sur France Culture)

S'affament du réel, les enfants... s'miragent des possibles... ne voient que le doigt... Puis le monde, c'est chimère, sphingerie... tout est dans l’œil, le doigt, la Lune, la croix et le coq, sourire et grimace, masque et démasque.

11.

Il but un doigt de vin, pis deux doigts, pis trois, pis toute une main, pis toutes ses sœurs, et finit à quatre pattes.

12.

« Je faisais une louche enseigne d'auberge. »

(Rimbaud, « Loin des oiseaux... »)

Si je dis que je prends les mouches à la louche, peut-on soupçonner quelque bol de mouches captives que je porterais à ma bouche tel ce « maniaque zoophage », le Renfield de Dracula ?

13.

« - Un orage vint chasser le ciel. Au soir

L'eau des bois se perdait sur les sables vierges,

Le vent de Dieu jetait des glaçons aux mares ; »

(Rimbaud, « Loin des oiseaux... »)

On ne peut tenter de dompter l'orage sans songer que l'orage ne se met pas en cage. Quant à l'aspironner, vous pouvez toujours aller ronronner et cajoler la jalouse, l'orage à cheveux roux vous chassera de son ciel aussi sûrement qu'au soir suspirionnent sphinges et serpentes.

14.

« Sont-ce des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes publics ? »

(Rimbaud, « Les ponts »)

Défois un air populaire s'empare, s'entête à vous sonner spectrale rengaine... ça vous ritournelle et fait des rappels... ou alors, « des bouts de concerts seigneuriaux » en majesté cuivrée... ou encore, des débuts d'hymnes, fanfares fantômes à flottants drapeaux.

15.

« Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère – Et je l'ai injuriée. »

(Rimbaud, « Une Saison en enfer »)

Il ne faut jamais jarelugonler la Beauté, laquelle alors (où blanchit la campagne) ne manquera pas de hausser ses belles épaules de divine indifférente. Si vous insistez, elle vous crachera à la jacte-sottise. Alors, vous la trouverez amère et vous l'injurierez cependant qu'elle vous rira au nez, que vous avez vilain, poil aux mains, tandis qu'elle l'a joli, poil au bigoudi.

Patrice Houzeau

Malo, le 24 septembre 2022.

22 septembre 2022

ET CE N'EST PAS SI SOT SI

ET CE N'EST PAS SI SOT SI

1.

« et le vieux bon homme Grandgousier, son pere, qui après souper se chauffe les couiles à un beau, clair et grand feu, et, attendent graisler des chastaines, escript au foyer avec un baston bruslé d'un bout dont on escharbotte le feu, faisant à sa femme et famille de beaulx contes du temps jadis. »

(Rabelais, « Gargantua », Chapitre XXVIII)

On notera que dans cette phrase de Rabelais, les mots « Alptraum » (« cauchemar » en allemand), et « saucisse », ainsi que l’expression anglaise « to squeeze someone dry » (« presser quelqu'un comme un citron ») n'apparaissent pas car ce n'est qu'ayant lu beaucoup de Rabelais dans votre journée et ayant mangé beaucoup de choucroute, que la large face du bonhomme Grandgousier peut vous cauchemarder votre nuit, tonitruant par exemple force anglo-saxonneries éructées par d'électriques casseurs de guitares et furieux défonceurs de batteries, attifés en saucisses et le chef couvert de chou fermenté. On notera aussi que ce sont des châtaignes que le père de Gargantua fait griller, et non des saucisses. Quant aux citrons, ils ne se pressent pas d'arriver.

2.

Il y a des gens qui ne sont pas gentils et policés, mais jaloux et suspicieux, à tort jaspinants, jacassants, persifleurs, mauvais joueurs, peu généreux et serre-ses-sous, sauvages et maussades, et des gens gentils et policés, point jaloux du tout et embrouilleurs de salades, qui ne jaspinent ni ne jacassent ni ne persiflent à tort, qui ne sont point mauvais joueurs, et n'étant point sauvages mais souriants, sont joyeux et généreux et ce n'est pas sot s'ils sont mangeant du saucisson, ni vain s'ils boivent du vin.

3.

« Plus juste cause de douleur naistre ne peut entre les humains que si, du lieu dont par droicture esperoient grace et benevolence, ilz recepvent ennuy et dommaige. »

(Gargantua, Chapitre XXXI, « La harangue faicte par Gallet à Picrochole »)

Je profite de cette citation de Rabelais pour rappeler que je ne crois ni au complot du covid ni à celui de je ne sais quelle organisation secrète atlantiste qui aurait pour projet de diriger le monde, cependant que je crois que la technocratie européenne a pour but de dématérialiser le plus possible les rapports humains et d'imposer l'ordinateur pour bien des gestes de notre quotidien, voulant par exemple supprimer la monnaie physique pour la remplacer par l'argent virtuel, et remplacer les guichets par l'informatique, ce qui fait que, pour bien des démarches, nous paierons deux fois : et pour l'électricité et les abonnements, et pour les frais éventuels des nombreux dossiers que la modernité du surnombre exige parce que sinon, elle n'y retrouverait point ses moutons. #TheGreatReset

4.

« Sont ce fatales destinées ou influences des astres qui voulent mettre fin à tes ayzes et repous ? »

(Gargantua, Chapitre XXXI, « La harangue faicte par Gallet à Picrochole »)

On notera que ni les rimes « et noix d'cajou », « et anciens dieux », « aux hiboux, aux joujoux », « pis t'voiler les yeux » n'apparaissent dans cette citation de Rabelais, auquel cas, cela aurait donné :

« Sont ce fatales destinées et noix d'cajou,

Ou influences des astres et anciens dieux

Qui voulent mettre fin aux hiboux, aux joujoux,

A tes ayzes et repous pis t'voiler les yeux. »

Ce qui serait aussi stupide que de vouloir envahir l'Ukraine quand on ne peut être assuré de la loyauté de ses officiers, ni de la réelle volonté des Russes d'aller se faire trouer la peau pour la plus grande gloire de Poutine et de l'oligarchie mafieuse réunis.

5.

« nous delaissant ce pendent pour houltaige les ducs de Tournemoule, de Basdefesses et de Menuail, ensemble le prince de Gratelles et le vicomte de Morpiaille. »

(Gargantua, Chapitre XXXI, « La harangue faicte par Gallet à Picrochole »)

Aristocratie burlesque. C'est par l'énumération des grotesques titres de noblesse des otages que Gargantua, dans l'attente du paiement des dommages de guerre, entend obtenir de Picrochole, que se termine la harangue de Gallet.

On remarquera que dans la liste des otages donnée par Gallet au chapitre Chapitre XXXI du « Gargantua » de Rabelais ne figurent ni ducs de Vilenie-Méluche et Darmanie-la-Sailly, ni baronne Marine de Poutine, ni vicomtesse de Vertesardine, et nul bouffon Eric, étant de peu d'intérêt.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 22 septembre 2022.

22 septembre 2022

L'ESPRIT TROUBLÉ DE NOËL

L'ESPRIT TROUBLÉ DE NOËL

(En lisant "Quai des Orfèvres", de Stanislas-André Steeman)

1.

Enigme. Noël Martin, après le crime qu'il croit avoir commis, constate que Belle demeure « pour lui la même vivante énigme que par le passé ». Certains êtres résistent à l’événement. Peut-être aussi que l'énigme « Belle » n'est jamais que dans la tête de Noël Martin. (cf « Quai des Orfèvres », de Steeman)

2.

A ce moment de ma lecture (le chapitre XVI de « Quai des Orfèvres », de Steeman), je constate l'étrangeté de l'onomastique du roman : Noël Martin (nativité ? Saint Martin, la figure du partage ?), Belle (comme le péché ?), le commissaire Maria, le prénom Judas de la victime, le peintre Klein (le « petit », le pauvre homme, dont la femme, Claire, (la clarté ? la lumière?) est morte « au terme d'une grossesse difficile » )...

3.

« Que n'eût-il donné pour remonter le cours du temps, redevenir le Noël d'alors, libre encore de ses actes ? »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des Orfèvres)

Le cours du temps. Noël éprouve ce sentiment commun à tous les êtres qui se sentent coincés, piégés par leur propre acte, cette nostalgie de la liberté perdue, du libre-arbitre gâché, en l'occurrence par un crime dont il s'attend à être accusé.

4.

Ombre. C'est alors que Noël Martin, confondu par le commissaire Maria, et pensant qu'il va être arrêté le lendemain matin, sort de chez lui, qu'un « homme se détacha de l'ombre […] et lui emboîta le pas ». Menace ou surveillance ?

Zut se détacha de l'ombre comme sortant de chez elle.

C'était l'ombre que projetait quelque muraille, n'ayant plus de films de Charlot, le petit homme qui trottine drolatique en costume élimé, ce qui eût pu amuser.

Zut emboîta sans doute mon pas, et je me demande parfois ce que Zut peut bien faire de toutes ces boîtes pleines de pas perdus.

5.

« Des éclats inégaux de gramophone lui parvenaient, étouffés, des profondeurs de l'appartement et il regretta de ne pas s'être annoncé par téléphone. » (Steeman)

Gramophone. Ce sont des « éclats inégaux de gramophone » qui parviennent aux oreilles de Noël Martin alors qu'il se trouve devant la porte de l'appartement de Renée, donnant à penser à Noël que celle à qui il rend visite n'est peut-être pas seule.

Les étouffeurs de gramophone sont dans l'air. Ils portent de longs étouffoirs invisibles.

Ils ont aussi de grands ciseaux à couper les oreilles. Mais ils ne les emploient guère qu'avec les peintres troublés.

Les étouffeurs de gramophone pénètrent jusque dans les « profondeurs » des appartements où ils traquent curieuses baroques, élans du romantisme, zèbres du jazz, et excentriques électriques.

Les girafes ne hululent pas. Sinon, on les appellerait « hiboux ».

6.

Incidents. C'est alors que Renée, sans même finir sa phrase (« Belle sait-elle que...?) demande à Noël Martin si Belle sait qu'il a tué un homme, son amant peut-être, que Noël se rappelle des récents « incidents de leur vie quotidienne, à Belle et à lui. »

On notera que nul éléphant ne vient interrompre la phrase de Renée, laquelle n'est pas en train de fumer la pipe.

D'ailleurs, ce n'est pas parce que vous fumez la pipe que les éléphants vous interrompent.

Ce sont les interrupteurs ad hoc qui suspendent vos phrases. Et comme on dit « un ange passe », ils n'ont nul besoin d'éléphants.

Du reste, la plupart du temps, on n'a pas besoin d'éléphants dans la vie quotidienne qu'on mène à Paris et dans les pages d'un roman de Stanislas-André Steeman.

7.

« De rues transversales jaillissaient à tout instant des ombres aux gestes désordonnés. Il put se jeter de côté pour en éviter une qui s'était soudain dressée devant lui, gigantesque. » (Steeman)

Ombres. Au chapitre XVIII, Noël est en proie aux ombres : l'ombre policière qui le suit, et les ombres dont il pense, dans sa panique, qu'envoyées par une puissance supérieure, elles veulent s'emparer de lui pour le jeter en enfer.

Les rues dont jaillissent les ombres qui veulent s'emparer de Noël sont « transversales » et non pas zébrées, carnavalesques ou philharmoniques.

Nul animal à rayures, nul masque grotesque, nulle compagnie de nobles violons.

Il n'y a que, paniqué par le sentiment de sa propre culpabilité, l'homme seul et ses ombres.

8.

« ces silences qu'elle refermait sur elle comme une porte » (Steeman)

Porte. C'est à une porte qui se referme que Stanislas-André Steeman dans « Quai des Orfèvres » compare les « silences » soudains de Belle en présence de son compagnon Noël Martin, silences qui donnent à penser que Belle serait persuadée de la culpabilité de Noël.

9.

A la fin de « Quai des Orfèvres », de Stanislas-André Steeman, Renée d'Humain, la bien nommée, l'humaine, le cœur, la trouble, vient se tenir au côté de Noël Martin.

Patrice Houzeau

Malo, le 22 septembre 2022.

15 septembre 2022

AH TIENS JE VAIS MANGER UN CORNICHON

AH TIENS JE VAIS MANGER UN CORNICHON

1.

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes,

Entre les pins palpite, entre les tombes ;

Midi le juste y compose de feux

La mer, la mer, toujours recommencée ! »

(Paul Valéry, « Le cimetière marin »)

 

A midi, les élèves aiment bien quand il y a des frites à la cantine.

Ce qui ne les pousse heureusement pas à ramener leurs fraises et leurs frites sur les toits, et pas plus entre les tombes, que les pins palpitent ou pas.

Du reste, il est strictement interdit de manger des frites entre les tombes.

Un film américain, dans le genre horrifique, raconte ce qui arriva à un groupe d'adolescents (deux filles, trois garçons) qui, adorateurs des démons Mayo, Ketchop et Potato, allèrent sacrifier à leur culte en dévorant quelques paquets de frites au bord d'une tombe. Ils eurent beaucoup d'ennuis.

Avec la police d'abord. Avec leurs parents ensuite.

Quant à la mer, c'est un disque rayé.

2.

« J'observe toujours, en cherchant une question de Géométrie, que les lignes, dont je me sers pour la trouver, soient parallèles, ou s'entrecoupent à angles droits, le plus qu'il est possible ; »

(Descartes, « Lettre à Elisabeth », novembre 1643)

 

La Géométrie ne fume pas la pipe, sauf dans le cubisme.

Le surréalisme a montré, grâce à Magritte, que « ceci n'est pas une pipe ».

Maintenant, une accumulation de pipes pourrait constituer une œuvre d'art conceptuelle, une installation, comme on dit chez les installateurs.

Ce qui aurait l'avantage de faire travailler les producteurs de pipes.

Popeye est un marin de dessin animé américain qui mange des épinards. Sa fiancée s'appelle Olive. Popeye fume la pipe.

Popeye, à ma connaissance, ne s'est pas intéressé à la Géométrie. Descartes ne connaissait pas Popeye. Descartes fumait-il la pipe ? Je n'en sais fumeusement rien.

3.

« La Pythie exhalant la flamme

De naseaux durcis par l'encens,

Haletante, ivre, hurle !... l'âme

Affreuse, et les flancs mugissants ! »

(Paul Valéry, « La Pythie »)

 

Peut-on faire une âme ? Peut-on forger une âme ?

Chaque humain passe-t-il son existence à se forger l'âme ?

Je ne pense pas que l'on puisse faire une âme comme on prépare un plat de spaghettis.

 

Peut-on défaire une âme ?

Intuitivement, je répondrai que oui et que les rues sont pleines d'âmes défaites qui passent, grelots agités dans des carcasses éphémères.

 

La philosophie peut-elle aider à se forger l'âme ?

La philosophie peut-elle aider à se forger l'âme sans jamais y parvenir tout à fait, comme il en est de bien des projets philosophiques dont l'accomplissement est dans le chemin lui-même et dont le but semble toujours étrangement reculer.

On n'est même pas sorti de l'auberge, que le château déjà s'estompe, s'efface, s'effrite.

 

Je ne pense pas que l'âme survive au corps. Que voulez-vous que l'invisible en fasse ? A moins que le dieu qui, dit-on, nous a bricolés, soit un collectionneur d'âmes.

Sommes-nous les alambics qu'un dieu créa pour y distiller une infinie variété d'âmes ?

4.

« Car il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs. »

(Descartes, « Lettre à Elisabeth », 15 septembre 1645)

Lorsque j'hésite entre prendre des frites dans une baraque à, ou me faire des œufs sur le plat, je ne dois tergiverser trop longtemps : les frites pourraient m'en vouloir et les œufs sur le plat s'envoler pour d'autres espaces.

Le mieux c'est d'acheter des patates, en faire des bâtonnets que je mettrai à frire, puis de me faire des œufs sur le plat que je mangerai après le deuxième passage des frites.

Je n'ai pas de friteuse. Donc, c'est décidé, je vais prendre un sandwich au thon, et toute la journée, je penserai que j'aurais dû prendre une omelette-frites, avec une bière.

Lorsque j'hésite entre trahir un ami ou aller manger une choucroute, en général, assez rapidement, je n'ai plus faim.

5.

Ah tiens, je vais manger un cornichon. Ça va me renvoyer à ma condition, sinon à ma solitude.

6.

« Quelle, et si fine, et si mortelle,

Que soit ta pointe, blonde abeille,

Je n'ai, sur ma tendre corbeille,

Jeté qu'un songe de dentelle. »

(Paul Valéry, « L'abeille »)

 

Je me demande ce que peut-être un « songe de dentelle ».

Les dentellières de l'invisible nous brodent-elles de ces songes de dentelle qui nous adoucissent les nuits et réjouissent l'adolescent ?

Je me demande quel est le rapport entre la « blonde abeille » et le songe de dentelle ?

Paul Valéry décrit-il quelque pièce de broderie fine qui parerait la poitrine, la « tendre corbeille » aux gourdes belles (comme il écrit, Valéry, quand il écrit : « Pique du sein la gourde belle »), à moins que la « gourde » soit la fille toute entière, mais je ne crois pas, quoique.

7.

« Pour l'admiration, encore qu'elle ait son origine dans le cerveau, et ainsi que le seul tempérament du sang ne la puisse causer, comme il peut souvent causer la joie ou la tristesse,... »

(Descartes, « Lettre à Elisabeth », mai 1646)

Le cerveau voit, entend, comprend beaucoup de choses que nous ne pouvons croire, ni admettre.

Le cerveau se promène sur nos deux jambes et garde pour lui ce qui ne devrait pas nous inquiéter, ou nous concerner.

La plupart du temps, le cerveau évanouit les fantômes. Il arrive pourtant qu'il les suscite. Et vlan, nous v'là plongés dans l'grand guignol à fantasmes menaçants, avec couteaux et grotesques gueules de macabres.

Puis il y a les choses dont on se fait un plat qu'on finit par se noyer dans un verre d'eau.

C'est exactement le genre de considérations que je cultive à chaque fois que je croise un éléphant, en particulier s'il est effervescent.

Patrice Houzeau

Malo, le 15 septembre 2022.

 

24 août 2022

HURLUBERLU QU'ÇA DEVIENT

HURLUBERLU QU'ÇA DEVIENT

1.

« Deux ou trois fois il avait reconstitué un jour entier ; il n'avait jamais hésité, mais chaque reconstitution lui avait demandé un jour entier. »

(Borges, « Funes ou la mémoire »)

Parfois, pour s'amuser, les dieux prennent les travaux et les jours, les déchirent en morceaux, les jettent dans l'espace-temps. Sur terre, les cadres spatio-temporels en sont tout bouleversés et chacun de se demander pourquoi tout va de travers, rien ne colle, on parle même de fantômes.

2.

« Un coin-coin s'était mis à voltiger dans la tête du détective, un coin-coin qu'il essaya de chasser de son esprit lequel Pan ! Pan ! qu'il répétait l'esprit. Hurluberlu qu'ça devient, dis donc, tous ces coin-coins qui lui cancanent caquettent le citron depuis le canard à l'orange de dimanche dernier.

3.

« Les doutes qui planent sur certains personnages nous permettent de les mieux cerner sans obtenir de réponses assurées quand à leur éventuelle culpabilité. »

(Pierre-Robert Leclerc, « Introduction à Monsieur Ouine de Bernanos »)

4.

Comme il cherchait la définition du mot chorège, lequel était un citoyen riche de l'antiquité grecque gestionnaire d'un chœur dramatique, ou lyrique, il se dit qu'il en allait ainsi de la choucroute et des cantatrices. Qu'est-ce autre chose que du chou avec des saucisses accompagné de leur diva chauve (pour éviter que, distraits sans doute, des cheveux tombassent dans le chou), que chacun, à sa table, dévore jusqu'à ce que son estomac et ses oreilles lui disent qu'ils en avaient assez ?

5.

Comme il entendait dire que Macron avait dit que nous vivions « la fin de l'abondance », il reprit du camembert.

6.

Zut contemplant la campagne qui s'allongeait vaguement devant ses fenêtres, constata que les cavaliers qu'elle contemplait parce qu'ils passaient, n'avaient pas de tête. C'est singulier, se dit-elle, puis qu'elle mangerait bien des frites. Zut ne s'émeut pas si facilement.

On remarquera qu'il est fort improbable que des cavaliers étêtés passassent dans la campagne, si vague soit-elle, parce qu'alors comment donc qu'ils les guident, leurs dadas ?

On pourra s'interroger sur le lien entre cavaliers et frites. On voit bien qu'il y a du mou dans le réseau lexical. On se serait attendu à ce que la dénommée Zut ait plutôt envie de saucisson de cheval, par exemple, ou d'un steak à cheval. Mais des frites, c'est d'un commun.

L'hypothèse la plus vraisemblable, c'est qu'un artiste peintre passait par là, portant l'un de ses tableaux représentant des cavaliers sans tête dans une vague campagne (ce peintre est un impressionniste). Mais cela n’explique pas l'énigme de l'envie de frites.

7.

« Il en va ainsi de la vie. Qu'est-ce autre chose qu'une pièce de théâtre, où chacun, sous le masque, fait son personnage jusqu'à ce que le chorège le renvoie de la scène ? »

(Erasme, « Eloge de la folie »)

8.

Les personnages, des doutes planaient sur eux, et leurs larges ailes projetaient des ombres qui s'allongeaient, montaient le long des murs et pointaient sur chacun des protagonistes de l'affaire de la moumoute empoisonnée un doigt accusateur.

9.

« Un air se mit à trotter dans la tête de Poirot, un air qu'il essaya de chasser de son esprit. Il devenait ridicule, à la fin, avec ces chansons enfantines qui l'obsédaient depuis un certain temps. »

(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons »)

10.

Quelquefois il machinait un rhinocéros ou un tamanoir (ça dépendait de son humeur). Il rhinocérossait avec agilité ; il tamanoirait avec astuce, mais chaque rhinocéros lui demandait tout un rhinocéros et chaque tamanoir lui demandait quelle heure il était.

Patrice Houzeau

Malo, le 24 août 2022.

 

23 août 2022

ROUGE FUMANT

ROUGE FUMANT

 

1.

« La mort seule, bornant ses travaux éclatants,

Pouvait à l'univers le cacher si longtemps. »

(Racine, « Phèdre », [Hippolyte])

Quelqu'un est loin.

Il n'est pas présent dans l'univers que Cléo Coco fréquente.

Au bout de dix ans, - dix ans, c'est quand même beaucoup, n'est-ce pas, Pénélope ? - Cléo Coco ne se demande plus pourquoi il met si longtemps pour acheter des cigarettes.

Il doit être mort. Dévoré par une Sirène croisée en chemin.

Ou renvoyé chez ses sœurs les Ombres par quelque cyclope de grand chemin.

Il doit être mort. Sinon l'écho de ses exploits lui serait déjà venu aux oreilles.

I peut pas s'empêcher de faire des conneries.

Il doit être mort et on ne le sait pas encore.

Personne ne sait où il est passé.

C'est bien la preuve qu'une Sirène l'a dévoré tout cru, le coq.

Ou qu'un cyclope de grand chemin l'a renvoyé chez ses ancêtres poissons.

S'il revient..., on verra bien, se dit Cléo Coco allongée, alanguie, et caressant les cheveux frisés de son beau-fils, Hippolyte, lequel est tout à fait charmant, bien qu'il aime un peu trop les serpents.

C'est bien simple, il y en a partout.

2.

« Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille ?

Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille ?

Quel coup de foudre, ô ciel ! et quel funeste avis !  »

(Racine, « Phèdre », [Phèdre])

Parfois, il arrive que des nouvelles vous frappent les oreilles.

Le coup est parfois si fort que vous ne les en croyez pas.

Pourtant, elles vous disent la vérité, la vérité qu'ça heurte, qu'ça choque, qu'ça gifle.

Et puis, parfois, ça vous réveille les feux mal étouffés que vous avez au cœur.

Dans le cas de Phèdre, je ne sais pas si c'est seulement au cœur qu'elle avait le feu mal étouffé.

Enfin, bref, vous avez le cœur qui flambe, et ça, c'est des coups, ma chère Cléo, à vous retrouver citée en exemple d’auto-combustion spontanée dans des histoires aussi pas normales que paranormales, même qu'elles passent à la télé.

Mais vous ne serez plus là pour le voir.

Vous serez cramée intégral.

Le coup de foudre théâtral, ça ne pardonne pas.

Tant pis. C'est tragique, mais c'est comme ça.

Si vous vouliez être tranquille, fallait jouer la Cantatrice chauve ou les Diablogues, ou La Souricière, au lieu d'aller tous les soirs expirer en alexandrins raciniens pour ressusciter le lendemain et vous lamenter d'un bout à l'autre de la scène que tout vous afflige et vous nuit, et conspire à vous nuire.

La mort, c'est pas une vie.

3.

« Elle approche ; elle voit l'herbe rouge et fumante ;

Elle voit (quel objet pour les yeux d'une amante !)

Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur. »

(Racine, « Phèdre » [Théramène])

 

Défois, l'herbe, elle est rouge et fumante et les gens dedans, zont plus ni forme ni couleur. Sont disséminés. Manquants.

Elle dit : Là où j'étais, je ne voyais pas les combattants. Il n'y avait que des machines, des machines et des missiles.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 23 août 2022.

15 août 2022

QUE J'VOUS CAUSE SIRENES

QUE J'VOUS CAUSE SIRENES

 

« Sirènes j'ai rampé vers vos

Grottes tiriez aux mers la langue

En dansant devant leurs chevaux

Puis battiez de vos ailes d'anges

Et j'écoutais ces chœurs rivaux »

(Apollinaire, « Lul de Faltenin »)

 

Dans cette première strophe, le narrateur s'adresse aux Sirènes.

Les Sirènes n’existent pas.

Soit le narrateur y croit, - ô crédulité ! -, soit il n'y croit pas, et donc feint de s'adresser aux Sirènes, lesquelles « tiriez la langue », ce qui tend à prouver qu'elles s'en battent bien les flancs, ces féroces vouivres chantantes, de l'invocation poétique à l'aut' bipède là.

Mais s'il n'y croit pas, aux Sirènes, à qui s'adresse-t-il alors ?

En tout cas, il ne s'adresse pas à Zut, vu que le poète avait déjà rendu son âme à l'armurerie depuis quelques guerres bien massacrantes, que Zut n'était même pas née (ce qui ne l'empêche pas de tirer la langue).

 

Dans cette première strophe, le narrateur dit qu'il « a rampé vers vos/ Grottes » qu'il dit aux Sirènes, le narrateur.

Le narrateur est donc un rampant.

Il veut sans doute dire par là qu'il en a bavé, et ramper en bavant, c'est parfaitement dégoûtant.

Ah tiens, le 15 août 2022, 20 heures 50, je lis que le forint hongrois est à 0,0025 euro (1 euro = 399 forints) ; je n'savions point si faible la monnaie du pays à Viktor Orban.

D'autant que le narrateur rampe vers leurs « Grottes » aux Sirènes, qui, même si elles y passent le balai, la brosse et la wassingue chaque matin, ne sont tout de même pas des endroits hein, kessedonckil'attire tant ?

 

Dans cette première strophe, on apprend que les Sirènes sont aussi des danseuses.

Les Sirènes chantent. C'est comme ça qu'elles attirent le marin un peu trop sensible à la musique, tandis que la brute épaisse, i s'en fout bien de l'enchanteresse mélopée, et il aiguise son couteau en se disant que ce soir va y avoir du poisson de légende à grailler (le lecteur attentif remarquera que ce n'est pas sans malice que j'emploie ici le verbe « grailler »).

Les Sirènes chantent. Elles dansent aussi. Et si j'ai bien compris, elle tirent la langue. Les Sirènes, c'est le groupe Kiss, ou tout autre assemblée échevelée à faire du bruit en chantant des incongruités gothiques.

 

Dans cette première strophe, les Sirènes tirent « aux mers la langue  / En dansant devant leurs chevaux ».

Je me demande de quelle écurie sortent ces chevaux.

Quel rapport y a-t-il entre le canasson et la femme-poisson ?

Ce serait-y pas quelques dragons d'antan paradant devant un ban d'arpenteuses, lesquelles, tout en valsant du tralala, leur tirent la langue pour les émoustiller, ces fiers guerriers ?

Bon après, dans cette première strophe, on apprend que ces Sirènes sont ailées comme des anges.

Que les Sirènes soient ailées, cela est conforme à la mythologie grecque.

Quant à leur apparence angélique, c'est peut-être là une allusion aux noms dont on les affabula : Leucosie (« La blanche créature »), Télès  (« La parfaite »), Parthénope (« Celle qui a un visage de jeune fille »), Poutinée (« Celle qui se prend des branlées »).

 

Dans cette première strophe, le narrateur dit qu'il écouta « ces chœurs rivaux ».

Ça a dû cacophoner sec. Ou alors c'est un opéra.

Si Ligie y joua, de quelles stridences n'a-t-elle point émietté les tympans ?

Je vous le dis, c'est entre nous, Ligie fut une Sirène ; dont le nom signifie « Celle au cri perçant ». Des punks j'vous dis.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 15 août 2022.

6 août 2022

D'UN OEIL HUMIDE ET THERMOGENE

D'UN OEIL HUMIDE ET THERMOGENE

« Et de nouveau elle le regarda d'un œil humide et thermogène. »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro »)

 

Et je lis que Mars est la quatrième planète du Système solaire par ordre de distance croissante en partant d'la boule de gaz qui nous fait vivre

 

De la planète Mars je ne sais rien cause que j'suis une quiche en astronomie – j'entends d'la cornemuse à la radio, musique celtique et compagnie façon ouin-ouin électrique et comme d'habitude je pense qu'ça fait plus de bruit que de nuances, mais à une époque où on confond rap et poésie, faut pas s'étonner que n'importe quel boucher des sons soit promu au rang de musicien – c'est passeque ça fait

 

Nouveau qu'on dit qu'c'est beau, ça enthousiasme les veaux -

 

Elle, la planète Mars est une planète tellurique, tout comme Mercure, Vénus et la Terre, après quoi qu'ça veut dire « tellurique », j'en sais rien et si ça veut dire qu'il y a dedans des composés oxygénés du tellure chuis pas plus avancé qu'un squelette coincé dans un placard que chais même pas si c'est vrai

 

Le temps que j'écrive mes conneries là, le temps passe et pendant ce temps-là qui passe, l'armée russe massacre des Ukrainiens pis d'autres veaux en France applaudissent le boucher Poutine et aboient (c'est donc point des veaux mais des bouledogues) qu'on est en dictature en France alors que j'crois vraiment pas que la Russie poutinienne soit le paradis de la libre expression Elle, la planète Mars, elle s'en fout de Poutine et d'nos catastrophes z'humaines, elle trône dans l'espace que j'me dis quelquefois que ce cosmos qui fascine et s'répand partout, c'est peut-être jamais qu'la diarrhée d'un dieu, le Big Pet spatio-temporel d'un grand Ancien des étendues lovecraftiennes Après j'ai le passé simple « regarda » que

 

Regarda, chaipas s'que j'vais en faire because j'l'écris au présent ce machin

 

D'un coup je mesure une des difficultés techniques du contrevers mais c'est pas grave passque voyez comme je retombe toujours sur les quatre pattes du greffier çui-là qui n'a pas qu'un

 

Œil vu qu'elle a besoin de ses deux yeux pour le contempler soudain d'un œil

 

Humide dit le texte comme un regard de môme quand i comprend s'qui lui arrive et que certains hommes sont bien dégueulasses et que toute les bibliothèques soudain ont l'air très cons, très inutiles, très bêtes face à l'incommensurable bêtise humaine

 

Et moi ce que j'en dis hein allez je bois un coup et souris tout d'même parce que Poutine c'est déjà un vieux (69 ans Ducon) et que quelque chose me dit qu'il ne crèvera pas tranquille

 

Thermogène, ah c'est la trouvaille à Queneau (un vrai auteur, lui) qui signifie que la contemplatrice allume quelque peu le contemplé et donc non j'crois pas que ça ait un sens de dire que la planète Mars soit thermogène ou que Poutine soit thermogène quoique j'ai l'impression qu'il y en a qui bandent réellement pour Poutine qu'ils se travestissent en gretchens SS dès qu'ils sont seuls en gueulant Reconquête des veaux j'vous dis.

 

Note : on me signale que pour la paix des ménages (de) grammairiens qu'il vaudrait mieux écrire « à nouveau » que « de nouveau ». Ces subtilités m'enchantent, mais comme la phrase de Queneau qui me sert de structure dit « de nouveau », j'en respecte la leçon. Et puis, je ne vais pas chercher querelle à Queneau défois que son fantôme viendrait me reprocher des queues de cerises ou me tirer le diable par la queue (je m'amuse).

 

Patrice Houzeau

Malo, le 6 août 2022.

 

 

 

20 juillet 2022

COEUR SAIGNANT BLUES

COEUR SAIGNANT BLUES

 

«(...) ayant tué sa mère et rapportant son cœur saignant, le fils tombe ; on entend alors le cœur lui dire : « T'es-tu fait mal, mon enfant ? »

(Michel Leiris, « L'Age d'homme », [le narrateur à propos de la « Chanson du Coeur » que chantait « Tante Lise »])

 

Ayant voulu dénazifier hein qu'on dit l'Ukraine, qu'est pas plus nazie qu'une motte de beurre dans un placard,

- Tué le soldat, troué sa peau, finie finie finie,

Sa vie - sa

Mère, au troufion, aimera-t-elle toujours autant le Poutine

Et chantera-t-elle encore le 1er mai la gloire d'on ne sait quelle Russie ?

 

Rapportant quelque crâne d'on ne sait quelle campagne,

Son air farouche en disait long, oh son air farouche en disait long ! Mon

Cœur, Zut, ma Zut, le veux-tu le veux-tu le veux-tu

Saignant hein ton steak ?

 

Le temps, c'est du sang, mon

Fils, c'est une tresse de rivières de cassis, mon fils, une

Tombe, deux tombes, cinquante mille tombes et un marchand de canons ;

On sait bien ce que c'est, allez, que la mort qui porte galons et on

Entend assez la chanson qui dit :

 

Rapportant quelque crâne d'on ne sait quelle campagne,

Son air farouche en disait long, oh son air farouche en disait long ! Mon

Cœur, Zut, ma Zut, le veux-tu le veux-tu le veux-tu

Saignant hein ton steak ?

 

Alors dis hein Zut que le monde tourne mal elle dit la chanson

Le monde i tourne mal et maboul ma boule elle a pas le

Cœur à rire elle dit Zut – tant de cadavres, tant de cadavres, tant de cadavres en Ukraine pis partout de plus en plus et

Lui règne sur l'empire de ses mensonges qu'il appelle Russie – Moi j'entends

Dire ce refrain d'une autre chanson :

 

Rapportant quelque crâne d'on ne sait quelle campagne,

Son air farouche en disait long, oh son air farouche en disait long ! Mon

Cœur, Zut, ma Zut, le veux-tu le veux-tu le veux-tu

Saignant hein ton steak ?

 

« T'es-tu rendu compte au moins, t'es-tu rendu compte, camarade, qu'il se

Fait crapaud plus gros que l'âne et l'éléphant, le Vladimir qui va

Mal finir, même qu'on dit qu'il a une trouille bleue d'la camarde...

Mon gars, tu vas mourir quand même, pis dans la honte et le déshonneur,

 

Enfant, regarde bien ce César que l'on appelle Vladimir Poutine, c'est un nain qui se croit un géant et que poursuivent déjà des spectres de sang.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 20 juillet 2022.

 

 

 

18 juillet 2022

ZUT ET MICHEL RÊVANT CORNES DE TAUREAU

ZUT ET MICHEL RÊVANT CORNES DE TAUREAU

1.

« Donc, je rêvais cornes de taureau. »
(Michel Leiris, « De la littérature considérée comme une tauromachie »)
Quant à l’enfant du poème de Rimbaud, « Elle avait rêvé rouge. Elle saigna du nez. » Pour Zut, elle dit Zut, puisqu’elle s’appelait Zut.

2.
Dans le film « Michael Collins » de Neil Jordan, après que les Irlandais ont abattu un à un les tueurs des services secrets anglais, à l’entrée des auto-mitrailleuses, la musique se fait monstrueuse, qu’on dirait le mugissement d’un prédateur préhistorique.

3.
« Il faut que le monde nous croie invincibles », dit le personnage de Michael Collins dans le film éponyme. Zelensky et les forces ukrainiennes ne sont pas invincibles mais l’esprit de résistance qui les anime l’est. Poutine a perdu.

4.
« ne fût-ce que l’ombre d’une corne de taureau dans une œuvre littéraire », écrit Leiris. « Ah la vache ! » que je m’écriai donc, mais ce n’était pas une vache, c’était juste l’habituelle déclaration stupide d’un quelconque politologue poutinien.

5.
« (puisque ma vie était ce qu’elle était et qu’il ne m’était pas loisible de changer d’une virgule mon passé, …) constate Michel Leiris. Zut fit alors remarquer que tout est écrit du moment que c’est écrit. Pis quand c’est fini, Nini, ça recommence…

6.
Le film « Michael Collins », de Neil Jordan (1996) présente Michael Collins comme un authentique héros de l’indépendance irlandaise. Le film se finit par l’embuscade où il fut tué. La guerre civile est une ogresse. Zut n’est pas une ogresse mais aime bien les paupiettes. #Cinoche

7.

15 juillet 2022. Selon les médias, l'affaire Coquerel « suscite des remous ». Le président Macron, ce 14 juillet, a prédit des jours difficiles dès cet été. Cause crise énergétique singulièrement aggravée par la sale guerre de Poutine en Ukraine. #CékiCoquerel #StopPutinNOW #oh

8.

15 juillet 2022. Poutine vient de débarquer Dmitri Rogozine jusqu'alors responsable de Roscosmos (l'agence spatiale russe). Sans doute, Vlad Conducator s'est-il rendu compte que Roscosmos coûtait très cher pour des résultats, euh, moyens...

Quand Poutine s'apercevra que certaines de ses soi-disant armes inouïes ne sont pas plus opérationnelles qu'un général russe tué en Ukraine, peut-être comprendra-t-il qu'il l'a perdue, sa sale guerre, et fichu en l'air l'économie de son pays ?
9.

Certains révolutionnent nos conceptions de la physique ; certains composent la neuvième symphonie ou écrivent des poésies qui courent le monde ; d'autres sauvent des vies ou secourent les corps et les âmes. Que fait un Poutine ? Il massacre le peuple ukrainien.

10.

Michel Leiris note : « on est littérateur comme on est botaniste, philosophe, astronome, physicien, médecin. » Zut pense qu'elle est Zut comme on est Zut, sans comparaison possible. Ou alors comme une paire d’yeux qui n’existent pas dans un texte que personne ne lit.

11.

Je lis dans « L'Age d'homme », de Leiris, qu'il fut sous la Troisième République une loge maçonnique joliment nommée : « La Rose du Parfait Silence ». Quant à moi, c'est les yeux fermés que je vois Zut vive et claire et aussi souriante que si elle n'avait rien dit.

12.

« - une crêpe de la Chandeleur, traversée de la même manière en son milieu - », écrit Leiris parlant de sa manière môme d'identifier son âme à cet aplatissement de l'huile transpercée par une aiguille animée « d'un vif mouvement de rotation ».

13.

« l'image de la M éduse, grandiose figure qui illumine de sa tête anonyme dominant un cou coupé », écrit Leiris. Parfois, le réel foudroie. Pas comme quand on aurait dû jouer, que l'on n'a pas joué, et que l'argent, bin on l'a pas gagné, mais quand même.

Le Jeu, c'est du Mythe. Jouer, c'est essayer de calculer le chemin de la foudre, et bien que l'on ne manipule jamais que chiffres et formules, on peut singulièrement s'y brûler les doigts.

14.

« Dans un musée de sculpture ou de peinture, il me semble toujours que certains recoins perdus doivent être le théâtre de lubricités cachées. » (Michel Leiris, « L'Age d'homme »).

Zut y verrait plutôt dans ces « recoins perdus » des musées un ballet d'ombres pourchassées, ou des belphégors discutant le bout d'l'ailleurs en grignotant du garlic bread et buvant quelque cuvée du Cadavre Exquis.

15.

« De toute sa vie il n'avait pu voir tomber la neige sans ressentir une espèce de vertige. » (Michel Leiris, « L'Age d'homme »).

Zut est comme la neige, elle est vertige. Elle contemple de ses yeux spiraleux la civilisation des démocraties s'effondrer doucement et advenir une nouvelle ère animée par une poignée de dictateurs et basée sur le crédit social et son ingénierie technocratique.

Patrice Houzeau

Malo, le 18 juillet 2022.

2 juillet 2022

MIRLITONNERIES DU VENDREDI PIS UN AUTRE DIT

MIRLITONNERIES DU VENDREDI PIS UN AUTRE DIT


1.

« - l'homme n'est que ce qu'il mange et c'est le phosphore qui pense en lui - »

(Pierre-Robert Leclercq citant Feuerbach, « Introduction à Monsieur Ouine de Bernanos »)

L'homme n'est pas un animal pas seulement un animal

N'est pas seulement un cornichon dans un bocal

Que l'on me le démontre hein le contraire

Ce qui est aussi facile que de mentir à son frère

Qu'il soit un brutal un bestial et vraiment un animal

Mange ce cornichon fis-je à Zut puisque tu as le bocal

Et moi j'ai déjà mes cornichons que je mange avec des frites

C'est bon ça ah oui avec du jambon les frites

Le temps passe qui n'est pas un train

Phosphore, ô phosphore, et pourquoi pas le phosphore, c'est tout aussi poétiquement stupide que le transport, les côtes de porc, la métaphore et l'amphore, phosphore, ô phosphore, le regardes-tu passer ce train

Qui fait le bonheur des vaches au pré je suppose

Pense le poéteuh mirlitonnant contemplant le passage des roses

En buvant du vin blanc

Lui il est peinard avec ses frites et son litre de blanc.

2.

« Il regardait ramer, du haut de sa grande âme, »

(Tristan Corbière « Décourageux »)

Il reluquait parce qu'il avait des yeux Il

Regardait la jeune fille aux longs cils

Ramer sur la rivière tranquille

Du haut de sa tête de la jeune fille les longs cils du

Haut de ses yeux les longs cils – euh... oh... hein... hu... -

De la jeune fille les longs cils qu'est-ce que c'est que ces rimes ?

Sa tête hochait c'est stupide ce style stupide ce que je dis (surtout qu'on est vendredi)

Grande poésie n'est point mon fait oh quelle

Âme sotte agite en moi pécadilles et bagatelles !

3.

« Ou quel aveugle a peint avec sa clarinette ! »

(Tristan Corbière, « Décourageux »)

Ou bien il ira par là ou bien par ici

Quel dilemme il se trouve qu'il est si

Aveugle quand il s'agit de trouver son chemin il se disait si je ronronnais je serais un chat si j'avais des mômes je serais un papa si je commandais un navire je serais un pacha mais je ne suis rien de tout ça

A pas trouvé sa voie s'est perdu en route a pas sauvé des gens a pas

Peint pas écrit pas virtuosé magnifique

Avec un si maigre talent que voulez-vous qu'il fît ? Alcoolique ? Politique  Débiteur de niaiseries philosophiques ?

Sa porte était celle d'une salle de classe il joua de la

Clarinette pédagogique trente ans durant il fit ce qu'il put, dont quelques solos de pipeau, puis la Mort lui donna sa dernière leçon et on l'enterra.

3.

« Au deuxième matin, le bordailleur rentrait

Sur ses jambes en pied-de-banc-de-cabaret,

Louvoyant bord-sur-bord...

Morne, vers la cuisine

Il piquait droit, chantant ses vêpres ou matines,

Et jetait en pleurant ses savates au feu... »

(Tristan Corbière, « Le bossu Bitor »)

« Au deuxième matin »... ah le mot « bordailleur » i l'écrit Corbière... note en bas de page... « bordailler » signifie louvoyer... le bordailleur, c'est l'ivrogne alors... le v'là « louvoyant »... Vloufff !... « jetait en pleurant ses savates au feu »....

Patrice Houzeau

Malo, le 2 juillet 2022.

13 juin 2022

DE QUELLE ROSE LA ROSE EST-ELLE LE NOM ?

DE QUELLE ROSE LA ROSE EST-ELLE LE NOM ?

1.

« Il se plaignait en ronchonnant que je n'étais pas venu depuis longtemps, qu'on l'abandonnait » (Proust, « Du côté de chez Swann »)

 

Défois son fantôme se plaint du trop peu de visites que lui fait Zut, qu'on l'abandonne... Zut lui apporte des madeleines afin qu'il les trempe dans du thé (pour voir ce que ça fait), mais il ronchonne de longues minutes avant de consentir à la cérémonie d'la souvenance.

2.

« Mais ma grand-mère, même si le temps trop chaud s'était gâté, si un orage ou seulement un grain était survenu, venait me supplier de sortir. » (Marcel Proust, « Du côté de chez Swann »)

 

Ma grand-mère fait du vélo. Si le temps est trop chaud pis qu'i s'gâte, qu'un orage vient secouer l'cocotier ou s'il se met à pleuvoir pisses de vaches ou œufs de pigeon, alors elle me supplie de rentrer. Comme je n'ai pas bougé de mon livre, je ne risque rien.

3.

Lorsque l'on perd de vue trop longtemps ses chaussettes, l'une au moins finit par disparaître.

4.

« La Nuit de l'araignée tonitruante » est un roman où il fait nuit d'un bout à l'autre du temps qui passe et pis il y a une araignée tonitruante, c'est parce qu'elle fait beaucoup de bruit (c'est une « épeire noiseuse »), elle joue d'la batterie, écoute du « Black Sabbath » tout ça.

Donc, dans « La Nuit de l'araignée tonitruante », le héros (un quelconque avec des chaussures) est chargé de réduire la Bête au silence. C'est pas si fastoche cause qu'elle est véloce, l'épeire noiseuse. Quoi qu'i va s'passer, chaipas.

5.

« Ainsi passaient la vie et les éléphants pour ma tante Léonie, toujours identique (c'était toujours la même tante), dans la douce uniformité des chaussettes et de ce qu'elle appelait avec un dédain affecté et une tendresse profonde son petit traintrain (et Mirlou) ».

Faut dire ce qui est : dans cette phrase de Marcel Proust, il y a quelques éléphants et chaussettes, plus deux parenthèses, tout ça rajouté par l'Olibrius Bref.

6.

Depuis que la NASA a déclaré s'intéresser de plus près aux OVNIS, la valeur du bitcoin et des autres cryptomonnaies, elle fait rien qu'à chuter... Coïncidence ? Certainement pas. Les Aliens d'la planète Ponzi qui essaient d'infiltrer les économies humaines, on vous voit...

7.

« Il la regardait ; c'était difficile, étant donnée son absence. » Cette phrase n'indique pas explicitement qui est absent : le contemplatif ou le COD, cependant que l'on comprend que lui est bien présent quelque part et qu'elle n'est pas en sa présence. Même que si ça se trouve, elle est morte, ou bien elle n’existe pas et n'est jamais qu'une hallucination.

8.

N'étant pas en ma présence, je disparus. Mes esprits me suivirent. On s'inquiéta à cause des emplois du temps. Puis on para au plus pressé et tout rentra dans l'ordre : je fus notablement oublié.

9.

On ne dit pas : « Certains candidats de la NUPES n'hésitent pas à évoquer une tripatouillure des chiffres» mais « Lorsqu'on laisse traîner sa moumoute, faut s'attendre à trouver des cheveux dans la soupe ».

10.

« Il la regardait ; un fragment de la fresque, et quelques miettes de puzzle, apparaissaient dans son visage et dans son corps, que dès lors il chercha toujours à retrouver, soit qu'il fût auprès d'Odette et de ses chaussettes, soit qu'il pensât seulement aux champignons. » (d'après Proust)

Dans cette phrase de Proust, l'Olibrius Bref a rajouté miettes de puzzle et paire de chaussettes et ces quelques champignons qui en changent quelque peu le sens. La cause en est-elle dans l'écho que le prénom Odette fait au mot « omelette » ?

11.

Je sais bien que lorsque je ne savais pas ce que je sais, je me disais déjà que sachant ce que je sais, j'ai raison de penser ce que je pense, surtout depuis que je sais ce que je sais.

12.

C'est en 1868 qu'Hector Flageolet traça ce vers : « Comme je descendais des fleuves impalpables ». Rimbaud le reprit, le modifia et on connaît la suite.

La même année, Hector Flageolet publia « Les Eléphantines », recueil de vers et de chansons destinés à amuser et instruire les jeunes éléphants. Le volume n'eut aucun succès.

13.

« - Vaut mieux pas être sourd que de pas entendre ça ! »

Je compris que la discussion était close.

14.

De quelle rose la rose est-elle le nom ? Si j'ajoute un « f » à rose, ça donne « frose », et plus vous rajouterez de « f », plus cette rose sera frénétique, « ffffffrenetica rosa » comme on dit dans la cuisine. Pourquoi dans la cuisine ? Parce que dans les couloirs, on se tait.

Et pourquoi se tait-on dans les couloirs et que, fût-elle ffffffrenetica, on n'y prononce jamais le nom de la rose ? Parce que les couloirs de la demeure sont hantés et que les spectres ont des oreilles (sauf ceux qui ont eu la tête tranchée, ça va de soi).

15.

Zut porte des chaussettes Flûte en porte aussi

Macron porte des chaussettes Blanquer en porte

Aussi Edouard Philippe porte des chaussettes &

Philippe Katerine en porte aussi sauf quand il

N'en porte pas Mélenchon porte des chaussettes

Olibrius Bref en porte aussi & pourvu qu'elles

Soient sèches l'archiduchesse en porte aussi &

Olibrius Bref porte-t-il des chaussettes & son

Fantôme à l'Olibrius Bref en porte-il hein des

Chaussettes Oui Olibrius Bref & son fantôme en

Portent itou pis que défois ce sont les mêmes.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 13 juin 2022.

1 mai 2022

POUTINE ANTECHRIST

POUTINE ANTECHRIST

1.

22 avril 2022. Macron est réélu. C'est une victoire de la démocratie. Mais cette réélection ne signifie pas approbation. Si le président Macron entend réformer comme il a tenté de le faire lors de son premier quinquennat, les même causes produisant les mêmes effets, des troubles sont à redouter.

Bien des problèmes à régler restent « sur la table » : sécurité, défense (maintenant que nous savons que notre armée est dans un état de sous-équipement inquiétant), justice, dette (600 milliards !), santé, éducation (Monsieur le Président, évitez-nous Blanquer !).

J'espère qu'il y aura des contre-pouvoirs (Assemblée nationale équilibrée à gauche comme à droite, Sénat dans l'opposition...) et que Macron comprendra enfin que la verticalité jupitérienne n'est pas une manière adéquate de gouverner les Français.

2.

J'espère que la défaite de Marine Le Pen va lui provoquer une crise d'urticaire, au Poutine, qui doit bien songer qu'ça lui coûte un bras, de soutenir tous ces extrémistes français là. Que croyait-il ? Que la sixième puissance mondiale allait lui tomber tout droit dans l'bec ?

3.

Je suis heureux que Macron l'ait emporté sur Marine Le Pen. Mais la reconduction de Blanquer au ministère de l'Education nationale serait, je pense, considérée comme un mauvais signal envoyé aux enseignants. Puisque vous venez, Monsieur le Président, de supprimer le « corps diplomatique », zavez qu'à envoyer Blanquer ambassader ailleurs, loin, bien loin, très loin...

4.

Les enseignes qui, malgré les révélations sur les massacres commis par l'armée russe, continuent à travailler en Russie marquent contre leur propre camp. En affaiblissant l'économie occidentale, elles perdront l'argent qu'elles s'imaginent gagner en Russie.

« Pour dîner avec le diable, il faut se munir d'une longue cuiller. » Les enseignes qui continuent de travailler en Russie devraient se souvenir de ce proverbe.

5.

Ne pas s'y tromper : la Bourse de Moscou lutte pour ne pas sombrer. Elle sort la tête de l'eau deux jours et replonge ensuite. Quant au rouble, certes il se maintient... dans une médiocrité dont il ne sortira sans doute pas tant que Poutine sera au pouvoir.

6.

Je ne sais pas qui en Occident réussit à faire croire que Poutine serait bientôt éliminé. Je n'en crois pas un mot. Poutine tient les rênes de son pays aussi fermement que Hitler tenait l'Allemagne et Staline la terreur. Ne croyons pas aux mirages et continuons le combat !

7.

Crois-tu vraiment, Vladimir Poutine, que les armes dont tu te vantes, nous ne les ayons pas en Occident ? Fais-tu vraiment confiance en tes services de renseignement qui te craignent et t'aiment tellement qu'ils t'ont raconté des craques sur l'Ukraine ? Réfléchis, Vladimir...

8.

Apparemment en Russie certains esprits commencent à songer qu'une défaite de l'armée russe en Ukraine est possible...

9.

Plus Poutine s'entête à conquérir l'Est de l'Ukraine, plus la pression de l'Occident se fait plus intense. Va-t-on passer d'une « opération spéciale » et son échec sanglant à Kiev à une mobilisation générale de la Russie ?

10.

J'espère que Vladimir Poutine est bien conscient que l'emploi d'une arme nucléaire, fût-elle « tactique », reléguerait illico son pays dans la liste des Etats terroristes les plus dangereux au monde. La Chine elle-même, je pense, le regarderait de façon moins « bienveillante ».

11.

Le très servile Lavrov exhorte l'OTAN à cesser d'armer l'Ukraine. Bin tiens... Exhorte, pantin, exhorte ; nous, on a autre chose à faire, vu que ce que tu dis et rien, c'est la même chose...

12.

En agitant la menace nucléaire, Poutine se coince lui-même. S'il utilise le nucléaire tactique en Ukraine, il n'y aura sans doute pas de réplique du même type, mais tout le monde le regardera comme l'incarnation du « droit du plus fort » et chacun souhaitera sa disparition.

Si Poutine ordonne des frappes nucléaires sur l'Occident et les pays membres de l'OTAN, alors, ce sera quelque chose dans le genre Apocalypse. Et Poutine sera considéré comme une incarnation du Diable lui-même, façon Antéchrist, vous voyez le tableau...

Patrice Houzeau

Malo, le 1er mai 2022

 

14 avril 2022

"SOMETHING HIT MOSKOW"

« SOMETHING HIT MOSKOW »

1.
« Actuel, à vrai dire je ne cherche pas à l’être, et, me laissant aller à moi-même, c’est plutôt futur que je serais. »
(André Gide, « Le Journal des faux-monnayeurs »)

2.
13 avril 2022. Marine Le Pen affirme que si elle était élue, elle quitterait le « commandement intégré de l’OTAN » et qu’une fois, la guerre russo-ukrainienne terminée, elle œuvrerait à rapprocher « stratégiquement » l’OTAN et la Russie. Y a pas comme du contradictoire, là ? Bah, autant donner les clés de l’Elysée à l’ambassadeur de Russie en France.

3.

14 avril 2022. Plusieurs sources évoquent sur internet un incendie qui aurait éclaté à bord du navire-amiral de la flotte russe en mer noire, le croiseur Moskva. D’autres sources affirment que le Moskva a été coulé par des tirs ukrainiens.

4.

Selon BFM et LCI, Poutine laisse tomber Medvedtchouk. Cette histoire d’« amitié » entre l’oligarque ukrainien pro-russe et le Poutine relèverait-elle du bizarroïde tordu ? Fantasia chez les ploucs ?

5.
Pour l’instant, la seule « victoire » de « l’opération spéciale » de mes deux (comprenez la sale guerre de Poutine en Ukraine) est d’avoir fait de Marioupol un champ de ruines. Pour le reste, côté russe : des pertes énormes en hommes et en matériel, une image dégradée (crimes de guerre), plusieurs officiers supérieurs abattus, d’autres en disgrâce, une économie qui se dégrade de semaine en semaine. Poutine est fichu.

6.
13 avril 2022. Joe Biden a annoncé une nouvelle aide de 800 millions de dollars en matériel à l’Ukraine (a priori, transports blindés, artillerie, hélicoptères…). Tous les indices boursiers russes en baisse à la clôture. Le Cac 40 en légère hausse.

7.
Paraît que le vaccin chinois, le sinovac (on dirait de la novlangue façon 1984 d’Orwell) est si efficace que les Chinois en sont réduits à abattre les animaux de compagnie (chats et chiens) des gens ayant contracté le covid. Non, la Chine n’est pas l’avenir du monde.

8.
14 avril 2022. 9 heures 50 (heure de Paris) : l’ensemble des indices boursiers russes (MOEX, MOEX 10, MOEX blue chip en baisse. Le rouble en baisse face à l’euro. (Ça doit être une nouvelle stratégie russe pour gagner la guerre…) CAC40 en hausse.

9.
Certains pro-Poutine et autres pro-Russes nourrissent le fantasme que le rouble, monnaie d’une Russie à l’économie défaillante et empêtrée dans une guerre qui lui coûte une fortune, pourrait efficacement remplacer le dollar. Heureux les simples d'esprit.

10.
« Something hit Moskow » : c’est ce que l’on aurait entendu dans une captation de la radio de bord du Moskva, le croiseur russe dont il semble très plausible qu’il ait été frappé dans la nuit du 13 au 14 avril 2022 par des tirs de missiles ukrainiens.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2022

11 avril 2022

NOTES SUR LES RESULTATS DU PREMIER TOUR DES PRESIDENTIELLES

NOTES SUR LES RESULTATS DU PREMIER TOUR DES PRESIDENTIELLES

1.

A lire certains tweets, on a l'impression que l'essentiel de l'armée russe en Ukraine est composé de braves soldats qui font leur possible pour aider les Ukrainiens. Foutaises, et ceux qui propagent ces sornettes sont bien des gueux, des collabos, des vendus.

2.

L'autre soir à Dunkerque, une église, concert en faveur des réfugiés ukrainiens. Un accordéoniste a interprété « La Grande Porte de Kiev ». Beau. On a entendu des chants populaires et l'hymne national d'Ukraine. Beau. Ma France est belle quand elle réagit ainsi.

3.

Elections présidentielles 2022 : Macron nettement en tête, suivi de Marine Le Pen. Caramba, Melenchon s'est encore planté. Je respire.

4.

Présidentielles 2022 : Malgré tous ses talents, la droite républicaine n'a pas réussi à convaincre et la défaite est cinglante. Je pense que les LR sont rentrés bien trop tard dans la campagne et que le manque d'un chef charismatique se fait sentir.

5.

Présidentielles 2022. Comme il fallait s'y attendre, l'étrange Zemmour a subi une défaite cuisante. Il va certainement appeler à voter Marine Le Pen. Je note que le clan des pro-Poutine n'est pas à la fête.

On peut noter que sans l'étrange candidature Zemmour, le score de Marine Le Pen aurait peut-être été meilleur.

6.

Je n'aurais pas parié un kopeck sur Macron il y a un an et pourtant, il sera sans doute réélu, par défaut sans doute, par crainte de voir l’extrême-droite arriver au pouvoir et par défiance des ennemis de l'Europe (Poutine notamment).

7.

Drôle de mandat que celui d'Emmanuel Macron ; en butte aux contestations des Gilets Jaunes qu'il a, par maladresse, lui-même suscitées, il a su faire face au Covid sans recourir à la vaccination obligatoire et soutient l'Ukraine et le Président Zelensky contre Poutine.

C'est sans doute cette stature d'homme qui fait face aux crises qui emportera en fin de compte, et malgré tout, le soutien relatif des Français. Comme beaucoup, je n'apprécie pas sa personnalité, et pourtant, je sais que nous n'avons pas d'autres choix.

8.

Si Macron est réélu, il y aura sans doute une victoire de LREM aux législatives. J'espère que la victoire macroniste ne sera pas trop écrasante et que le Sénat restera majoritairement LR. Il faut bien entendu des contre-pouvoirs en France.

Je ne crois pas du tout au programme de Mélenchon mais j'espère qu'il y aura aussi une gauche active et représentative (LFI, PCF, PS, écologistes...) au sein de l'Assemblée nationale. C'est une question de démocratie.

9.

Et bien entendu, Monsieur le futur président Macron, j'espère que vous ne pensez pas garder l'illustre Blanquer au gouvernement. Je veux bien du barrage aux aventures extrémistes, mais Blanquer, franchement, quelle catastrophe pour les enseignants.

Et bien entendu, Monsieur le futur président Macron, j'espère que vous songerez à réarmer sérieusement la France, car je ne pense pas que nous serons débarrassés de la menace Poutine (ou de ses successeurs) de sitôt.

10.

M'étonnerait pas qu’aux extrêmes (gauche et droite) on dise bientôt que l'OTAN a provoqué le dingo Poutine à l'invasion de l'Ukraine pour que les partis populistes français soient discrédités et que Macron soit réélu, ou des conneries dans ce goût-là.

11.

Les écologistes de Jadot n'ont pas convaincu non plus (estimation à moins de 5% des voix). Il est vrai que la France a une histoire productiviste et individualiste très forte. Difficile de changer toute une nation.

12.

Etant donnés les scores de Marine Le Pen (estimation à 24%) et de Mélenchon (estimation à 21%), il est heureux que le candidat démocrate soit en tête, et que quasi tous les candidats, sauf l'étrange Zemmour, appellent à voter Macron, sinon ce second tour serait un enfer.

13.

Radio Londres. Gargamel a perdu. La Schtroumpfette est en compétition avec le Technocratoschtroumpf pour devenir chef(fe) des Schtroumpfés. Le Schtroumpf grognon a gagné pas mal de voix quand même hein.

14.

Ah tiens, selon Cnews, à 22 heures 48, il semble que l'écart entre Marine Le Pen (estimation à 23,3%) et Mélenchon (estimation à 22%) se réduise fortement... Intéressant...ou alors faux suspense. Macron toujours en tête.

15.

Personnellement, j'ai de la sympathie pour Fabien Roussel, qui défend les intérêts des salariés, et aucune pour le révolutionnarisme de Mélenchon. Non, ce n'est pas Roussel qui aura empêché Mélenchon d'accéder au second tour. La France n'est pas d’Extrême-gauche. Point barre.

16.

Certes, l'Allemagne semble moins tentée par le populisme que la France et les partis populistes y sont moins représentés mais la classe politique allemande est si nulle que l'Allemagne est énergétiquement dépendante de la Russie de Poutine. Une honte.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 avril 2022

23 février 2022

FORMATION A LA LAÏCITE : UNE BONNE SURPRISE

FORMATION A LA LAÏCITE : UNE BONNE SURPRISE

1.
Académie de Lille : la première demi-journée de la formation à la laïcité prévue par le ministère de l'éducation nationale est pour l'instant (une heure de présentation) riche en réflexions et intéressante (Jean-Michel Blanquer remonte dans mon estime).

Trois heures plus tard, je n'ai pas changé d'avis et j'ai trouvé les différentes interventions intéressantes tant au point de vue des rappels historiques, de la présentation de la loi de 1905 que des précision juridiques. Excellent. .

2.
Rappel : il est que la France est sans doute l'une des sociétés les plus sécularisées au monde et donc où la religion a le moins d'influence. Personnellement, je m'en félicite.

3.
L'idée que « l'alliance du trône et de l'autel » nuit à la fois à l'Etat et à l'Eglise me semble discutable car reposant sur des conceptions figées, idéales, kantiennes, de l'Etat et de l'Eglise.

4.
Combattre la laïcité et laisser le champ libre à l’expression religieuse dans l'espace public reviendrait à abandonner l'état de droit et la pluralité religieuse au profit du droit du plus croyant, du plus dévot, du plus tartuffe.

La laïcité n'est donc pas basée sur la restriction et l'interdiction, mais sur la liberté de conscience, et donc la liberté des cultes, garantie par la neutralité de l'espace public.

5.
Il ne peut y avoir de loi religieuse car aucune religion n'est en soi un Etat légitimé par une Constitution approuvée par la majorité, mais un substitut à l'Etat légitimé par la croyance en une révélation.

6.
L'entrisme religieux dans l'espace public, et en particulier dans les établissements scolaires, opère parfois affectivement contre la raison, par lien avec la tradition familiale, par illusion d'un ailleurs perdu, d'une source que l'on voudrait ressource.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 février 2022.

 

 

17 février 2022

PIEGE A LOUP

PIEGE A LOUP

« Car l'un de nous avait inventé pour les mots
Le piège à loup de la vitesse »
(Aragon, « Les mots m'ont pris par la main »)

Comme elle prononça les mots « piège à loup », le décor s'accéléra.

D'un couloir vide, vif et sombre (que disent ces syllabes hachées que j'entends au loin gronder « One of these days »?), je passai à ce lieu de misère.

Je passai à ce lieu de misère. Des visages émaciés, des corps penchés dans des habits abîmés, le visage de Marx voletant ici, là, ailleurs ; un halluciné appelait au vent d'est ; des sacs plastique, quelques boîtes de conserve.

Quelques boîtes de conserve voisinaient avec ce que je comprenais être quelques vêtements. Zut était maintenant à mes côtés, elle revenait d'une pêche à la sardine à la tomate et me fit remarquer que nous savions maintenant où ils allaient.

Que nous savions maintenant où ils allaient, ceux que l'on a rejetés. Zut aux seaux pleins de sardines à la tomate, me dit que le poète a toujours raison (il s'agit d'Aragon) : « Il n'est pas de palmiers dans le Pas-de-Calais ».

Je lui souris, lui rappelant cette autre voix d'Aragon : « Nous avions rêvé tout un jour d'une vie au bord d'un rocher. » Et je me reprochai aussitôt cette mièvrerie, d'autant que yeux et barbes se courroucèrent.

« Nous avions rêvé tout un jour d'une vie au bord d'un rocher. » Ce rappel du vers d'Aragon mit Zut dans une colère que je ne compris pas tout de suite lorsque le nom « Monaco » me vint à l'esprit et que le regard de Marx devenait plus insistant.

Le regard de Marx devenant plus insistant, j'eus honte de n'être que moi tandis que des drapeaux rouges et noirs traversaient les places, mais une célèbre musique en lui dont il ne reste qu'étincelles me rappela à l'ordre des normes.

Il faut bien dire, sachant cela, que l'on ne peut plus rien dire me dit un diseur distrait, et pourtant, il savait bien des choses mais il avait oublié son dîner, sa direction et dix centimes pour faire l’appoint. Cela je le savais, je le connaissais de vue.

Soudain les affamés se ruèrent sur les seaux pleins de sardines à la tomate. Zut disparut dans un sondage électoral. Il y eut grande mêlée d'écailles, de dents, de hardes et les sardines engloutirent beaucoup de gens. Il y avait du rouge plein la toile.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 février 2022.

 

27 janvier 2022

QU'EST-CE QUE JE FAIS MOI MAINTENANT AVEC MON RHINOCEROS

QU'EST-CE QUE JE FAIS MOI MAINTENANT AVEC MON RHINOCEROS

1.
Cité de mémoire et entendu sur France Culture à propos des doléances de 2019 que suscita Macron :« Un général d'armée ne peut espérer combattre sans de simples soldats ». Oui mais voilà, y a les drones, et bientôt y aura les robots désintégrateurs.

2.
Crise covid. Il semble que le vent tourne en Europe. Plusieurs pays (le Danemark, l'Autriche) emboîtent le pas à l'Espagne et au Royaume-Uni et lèvent bon nombre de restrictions. La France ? Elle fait semblant de fonctionner normalement et s'en remet au pass vaccinal.

La France fait d'autant plus semblant de fonctionner normalement que pour des raisons électorales, le recours à l'endettement lui permet d'afficher de bons chiffres sur l'emploi. Illusion dangereuse. Mais Macron peut-il faire autrement ?

3.
« Quand isochrones choient des gouttes de pluie »
(Apollinaire)

Quand je lis ce vers d'Apollinaire « Quand
isochrones choient des gouttes de pluie » (isochrones, cela s'emploie pour des oscillations de même période et de même durée), je pense qu'elles
Choient sans se douter du sens du mot « mélancolie » ni
Des ombres qu'elles suscitent et qui se glissent défois dans les gens
Gouttes gouttes vous vous fichez de nous comme se fiche de nous toute chose et
De ce vers fameux « Objets inanimés, avez-vous donc une âme », la
Pluie se fiche. D'ailleurs je l'entends bien rire la pluie dans les confins.

4.
« Que je m'ennuie entre ces murs tout nus »
(Apollinaire)

Que ce vers d'Apollinaire « Que
je m'ennuie entre ces murs tout nus » me donne à penser que je
M'ennuie tout autant parfois est faux car
Entre les fantômes et les vivants il faut veiller aux liens
Ces gens (je parle des vivants) ne doutent de rien et leurs
Murs se peuplent d'ombres qu'ils ne veulent pas voir
Tout ce que l'on ne voit pas qui est immense, dit je crois Rouletabille dans un film de Podalydès Non les murs ne sont pas

Non les murs ne sont pas nus
Non les murs ne sont pas nus
Ils sont pleins d'ombres qui
Glissent et derrière elles y
A des effets des causes tout
Un enchaînement d'effets qui
N'sont pas toujours ceux que
L'on attendait et les causes
Étant parfois incertaines ça
Fiche plein d'étrange sur le
Mur nu nu nu nu nu nu ça met
Du hareng saur qui s'balance
Toujours toujours au bout de
Sa ficelle cause les murs ne
Sont pas nus non les murs ne
Sont pas nus ils ne sont pas

Nus ils sont pleins de visages et leurs yeux vous.

5.
« Il n'y a pas d’accommodement ici, qui puisse détruire ces vérités : que de rien, il ne résulte rien, et qu'un effet veut une cause. »
(Schopenhauer traduit par Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

« que de rien, il ne résulte rien »
De cela, nous sommes d'accord : le feu ne prend pas sans déclencheur
Rien ne s'enflamme sans cause, ni la bibliothèque d’Alexandrie, ni le cœur, mais moi je demande Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ?
Il y a que je suis d'accord « que de rien, il ne résulte rien » mais il
Ne reste pas moins vrai que je demande Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ? (Choeur : qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros?) De tout cela il
Résulte que vous pouvez toujours m'envoyer sur les roses moi et mon rhinocéros,

Aussi le riz aussi le riz
NoNo No No NoNoNoNo No No
Aussi le riz Aussi le riz
C'est rosssssssssse rosse
C'est là qu'est l'os j'me
Dis Qu'est-ce que je fais
Avec mon rhinocéros Aussi
Le riz Aussi le riz No No
De tout cela j'vois qu'ça
Pouvez toujours m'envoyer
Sur les roses ma pomme et
Mon Hot Tuna ma pomme mon
Rhinocéros rien ne pourra
M'empêchera rien non rien

Rien ne m'empêchera de toujours demander Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ?

Patrice Houzeau
Malo, le 27 janvier 2022.

 

 

 

 

18 janvier 2022

LIMONAIRE LA CERVELLE

LIMONAIRE LA CERVELLE

 

 

  1. « semaine » - avaient éveillé en mon esprit des
    apparitions de vivants Certains doutaient de la
    réalité du célèbre « Esprit-es-tu-là ? » et des
    coups par lesquels nous étions censés répondre.

  2. « Que lune et nuit à la terre se confondent. »
    (Georges-Emmanuel Clancier)

    J'aime bien ce vers de fin du jour.

  3. sombres de la nature humaine. En cela ma voie
    reste quand même celle du jambon-frites & des
    tomates des fraises et oh les cerises que les
    humains aillent s'entr'égorger loin de moi je
    ne peux ni ne veux les en empêcher car je vis
    dans un pays où il est encore possible d's'en
    régaler des tomates des fraises & des cerises

  4. Entendu récemment une historienne (était-ce
    une historienne ?) sur France Culture (bien
    sûr c'était peut-être sur France Inter) qui
    dit que « le passé était imprévisible » car
    on peut toujours trouver un document qui de
    ce que nous savons remet tout en question &
    me suis dit que le passé c'était avant tout
    de l'être (l'être passé) et que le document
    était donc la preuve de l'être car le passé
    par définition est ce qui n’existe plus Les
    documents qui soudain apparaissent & posent
    des questions, des revenants révélateurs on
    dirait bien et je pressens les temps futurs
    où le présent pourra les fabriquer tous ces
    documents qui reviennent miroirs truqués et
    on ne pourra plus distinguer le vrai de ces
    post-vérités que l'histoire nous enseignera

  5. phénomène, de la souffrance d'autrui, devenant pour
    le social une moraline qu'on cherche à nous imposer
    et la crise covid permet aux politiques d'user sans
    vergogne de l'argument de la solidarité alors qu'il
    est tout de même assez clair que c'est parce qu'ils
    n'avaient pas prévu chez les têtes pensantes que le
    virus venu d'ailleurs nous dégringolerait que cette
    crise fut si violente que nous fûmes très désarmés.

  6. D'Artagnan arriva chez la reine. Celle-ci arrêta sur
    son chemin une cafetière volante (la reine usa d'une
    attrape-cafetière car elle était prévoyante & savait
    qu'était venue la saison des cafetières volantes) et
    donc d'Artagnan lui dit quelque chose que je ne sais
    pas parce que je n'ai pas lu le roman mais qu'en vol
    fut stoppée la cafetière volante me semble essentiel
    car sinon l'aurait été taché de café Vingt ans après

  7. « visé et coriace est un bougre sans momie »
    (Lucien Suel, « Coupe-carotte »

  8. visé et coriace est un bougre sans momie
    pour lui pas de pyramide Quant au Sphinx
    l'aurait pas laissé le Gardien lui poser
    son énigme et se serait fait dévorer sur
    « Je n'aurais adoré que l'éclat de vos yeux »

  9. (Corneille, « Polyeucte » [Sévère])

    Je n'aurais adoré    que l'éclat de vos yeux
    qu'l'éclat de vos    que l'éclat d'vos d'vos
    yeux ainsi je les    vos yeux vos yeux veaux
    baladais godasses    entre l'herbe la flotte
    sales grolles des    échos qu'ma tête éclats
    échos que ma tête    que l'éclat de vos yeux
    en est farcie des    vers ma tête pleine des
    vers de Corneille    je passai sous la pluie

  10. « la justification sans césure et le cut-up mental »
    (Lucien Suel, « Coupe-carotte »)

    la justification sans césure    et le cut-up mental
    c'est que jazzer c'est quand    on l'songe le thème
    même bien si on veut qu'elle    la ramène celle qui
    swingue la fabrique à images    caboche hantée itou
    la p'tite musique qui traîne    lui fiche la mesure
    & nous l'égrène sa nostalgie    cervelle limonaire.

  11.  
    Moi aussi, moi aussi, comme Blanquer
    j'aimerais préparer des protocoles à
    Ibiza même si après j'dois à la télé
    raconter des sornettes & passer pour
    un je ne sais plus qui d'la Macronie

    Patrice Houzeau
    Malo, le 18 janvier 2022.


11 janvier 2022

AVNTURES DE CLIGES AU BORD DU DANUBE

AVENTURES DE CLIGES AU BORD DU DANUBE
(en parcourant « Cligès » de Chrétien de Troyes traduit par Charles Méla et Olivier Collet)

1.
Au moment où je reprends le « Cligès », j'apprends qu’Alexandre et Alis sont maintenant au Bord du Danube. Quoi qu'ils faisaient là, les Grecs, j'en sais rien, faudrait faire tourner les tables (rondes, de préférence) et demander au fantôme de Chrétien ou bien lire le roman.

2.
Après, il y a une escarmouche entre Cligès accompagné de trois à dada s'apprêtant à jouter (ça passe le temps) et une poignée de Saxons querelleurs. Cligès en frappe un en plein palpitant que v'là le Saxon kaputt zigouillé.

3.
Bon, dans la suite des bataillages là, Cligès se fait passer pour un Saxon et fonce sur son dada versifié vers les Saxons qu'il berlue qu'ils croient que leur Kamarat' rapporte la bouille à Cligès tranchée comme tomate au plant.

4.
« Les uns s'en réjouissent, les autres s'affligent, mais la vérité sera bientôt connue » écrit Chrétien de Troyes. J'en profite pour me demander si dans l'univers quantique, une porte pouvant être à la fois ouverte et fermée, est-ce que cette singularité ouvre une autre porte sans en fermer une autre, ou bien ouvre-t-elle une autre porte en en refermant une autre ?

5.
Y a bataille. Les Saxons enlèvent la fille de l'empereur, laquelle s'appelle Fénice parce qu'elle est unique comme l'oiseau. Cligès attaque un par un six des douze ravisseurs auxquels, en virtuose de la dézingue, il « ôte l'âme et la parole ».

6.
Puis Cligès récupère Fénice après avoir occis ou mutilé cinq des six autres infernaux, en laissant un pour qu'il aille dire au Duc son seigneur qui qu'a donc fracassé onze Saxons : « Mais l'autre, avant de le quitter, supplia Cligès de lui dire son nom, qu'il alla rapporter au duc ».

7.
Chrétien de Troyes ensuite brode sur le thème de l’amoureux transi, celui qui n'ose pas avouer son amour (en l'occurrence Cligès muet devant Fénice) et il écrit « qu'amour sans crainte ni sans peur est (…) livre sans lettres ».

Qu'est-ce qu'un « livre sans lettres », sinon un livre qui n’existe pas et qui ne raconte rien. « Amour sans crainte ni sans peur », amour sans histoires donc, n’existerait donc pas, ou alors ne serait qu'arrangement de circonstance.

Sans tout le malheur du monde, il n'y aurait probablement que fort peu de littérature, et nos classiques n'auraient jamais composé que des manuels de développement personnel ou alors les réformes et autres protocoles à Blanquer.

8;
Dire que petit, le grand Blanquer aurait tenté de privatiser les pâtés de sable de ses camarades en leur soutirant trois sous sous prétexte du pognon de dingue qu'il faudrait pour faire de ces bêtes pâtés de superbes châteaux, n'est pas gentil, na.

Ce tweet n'a rien à voir avec le « Cligès » de Chrétien de Troyes car Blanquer oncques ne fut chevalier de la Table Ronde, bien qu'il prétendit naguère qu'en ses territoires jamais le Dragon du Covid n'osât contaminer bachelier ni bachelière ni docte parolant.

9.
Lorsque le duc de Saxe défia Cligès, c'est en véritable chevalier blanc que celui-ci se présenta avec un « écu en os d'éléphant » « sans couleur ni peinture » ; cheval blanc, armure blanche, blanc blanc blanc le Cligès, immaculé destructeur.

10.
Le duel Cligès/Duc de Saxe ne fit point de mort, même si Cligès est considéré comme vainqueur, (le Duc fit la tronche) ensuite le Cligès, il décide de partir lui aussi en Grande-Bretagne rejoindre le Roi Arthur, laissant Fénice désemparée : « Elle ne trouve fond ni rive aux pensées dont elle est envahie... », écrit joliment Chrétien de Troyes.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 janvier 2022.

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