LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE
LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE
Notes en lisant le chapitre 3 de « Trois souris », d'Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe.
1.
Pas étonnant qu'après un coup pareil, Molly ait besoin d'un verre de whisky. Un cadavre dans la bibliothèque, ça s'est déjà vu ça. « Quelqu'un sifflotait. » Giles n'est plus dans l'armée.
2.
Qui sera la prochaine souris morte ? Schéma habituel du roman à énigmes : tous cachent quelque chose à l'enquêteur. Je mange des pâtes en écoutant une vieille galette des Who. Il fait un froid sec ; pas de neige.
3.
Personne n'a entendu le piano. On constate un sabotage. Le major fait un compliment à Giles. Un « léger craquement ». Giles se fait plus précis dans ses soupçons.
4.
Molly demande un entretien en particulier. Doutes sur l'âge possible de l'assassin. L'enquêteur avoue qu'il n'est sûr de rien. L'assassin s'amuse-t-il tant que ça ?
5.
L'odeur de cuisine réchauffe le cœur. Qui c'est-y qu'a volé les skis ? Le cauchemar, c'est ce qui revient qu'on voudrait pas. Rapprochement de Christopher et de Molly.
6.
« Il... il vous met des choses dans la tête..., des choses qui ne peuvent pas être vraies ! »
(Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Trois Souris » chapitre 3, [Molly])
C'est ainsi que le réel travaille à se rendre compatible avec la façon dont nous nous le représentons.
7.
Molly comprend que son interlocuteur n'est pas celui qu'il a dit être. Aveu. La mort d'une mère. Les dégâts de la guerre. Un pilote tué. Agatha Christie avait, dans ses meilleures intrigues, ce talent de donner à penser que le fond de l'histoire, c'est que la vie est « horrible ».
8.
Un bonheur illusoire. On ne sait jamais vraiment où les gens sont, et même parfois quand ils sont près de vous. Accrochage. Giles ne porte décidément pas Christopher dans son cœur. Condamné par la justice, Bernard Laporte va-t-il prendre la porte ?
9.
La phrase« Je pourrais en avoir pitié » sous-entend que Molly pourrait comprendre chez un autre des sentiments qui pourraient être aussi les siens. On ne sait plus qui est allé à Londres.
10.
Molly et Giles constatent qu'ils sont des étrangers l'un pour l'autre. Des personnalités plus complexes et dissimulées qu'on pourrait croire. Le roman policier comme révélateur.
11.
Mr Paravicini tente de calmer le jeu, fait des suggestions culinaires et des considérations sur le goût des enfants pour le « macabre », propose son aide, sifflote l'air des « Trois Souris », bref, se fait remarquer.
12.
Annonce d'une « expérience ». Un indice dans un manque de tact ? La vérité se trouverait-elle dans la répétition ? Celle de l'air des « Trois Souris » au piano ? On dirait un jeu. Masques brouillés.
13.
Molly compte jusqu'à cinquante. Piano, sifflotement, radio. Peur et conjectures de Molly. Révélations pas tout à fait exactes qui en déclenchent des vraies, et d'autres encore et tout à coup, danger imminent.
14.
« Un sourire d'enfant », un revolver à la main. Quelqu'un sifflote l'indicatif du meurtre. Le major n'est pas major, le sergent n'est pas sergent, le commandant n'est plus commandant, mais on sait maintenant qui est le coupable (« le pauvre diable est complètement cinglé »).
15.
Le coupable n'est ni le perroquet, ni Pavarotti, lequel ne chantera pas l'air des « Trois Souris » (surtout qu'il n'a pas été composé par un Italien). Réconciliations et annonce de comestibles merveilleux. En attendant, il y a un tableau troué et la tarte brûle.
Patrice Houzeau
Malo, le 14 décembre 2022.