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BREFS ET AUTRES
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30 mai 2022

ARSENE ET AUTRES ILLUSTRES

ARSENE ET AUTRES ILLUSTRES

1.

« Arsène Lupin acheta un croissant dans une boulangerie qui venait d'ouvrir et d'où s’exhalait un voluptueux parfum de pâte au beurre. »

(Frédéric Lenormand, « Le retour d'Arsène Lupin »)

J'aime bien ce genre de phrases que j'appellerais volontiers « phrases miam-miam » ou « phrases gourmandes ». A foison bien grasses et riches, goulafres, dans Maupassant, dans les fantastiques de Jean Ray...

Dans la suite du texte de Frédéric Lenormand, Arsène Lupin « regagna son agence, où une personne inanimée gisait dans la salle d'attente. » Sur le même ton dis donc qu'il avale un croissant, le Lupin, et qu'il encaisse une inanimée. La vie ordinaire des aventures quoi.

L'effet d'étrangeté aurait été cocasse si l'on avait eu : « Arsène Lupin acheta un croissant dans une boucherie qui venait d'ouvrir et d'où s’exhalait un voluptueux parfum de pâte au beurre. » Mais l'éditeur, je pense, aurait tiqué.

2.

La couverture du volume « Le Retour d'Arsène Lupin » en édition de poche est signée Raphaëlle Faguer : le titre est en blanc, le nom de l'auteur (Frédéric Lenormand) en jaune, de même que le célèbre logo des « Editions du Masque » : un masque (de type « loup ») dont l’œil droit est traversé d'une plume.

Une ombre en couvre le bas qui s'étire vers la droite évoquant une cape. L'échancrure du col est en blanc, et le papillon noir. Blanche aussi la pochette et blanc le cercle du monocle. Le chapeau est haut de forme et pointu le nez d'Arsène. Je pense au renard.

Le fond répète le motif d'une plume de paon stylisée, possible éventail. L'ombre d'Arsène Lupin glisse, croisant la robe noire, qui se confond ainsi avec la cape du gentleman cambrioleur, d'une danseuse à longue chevelure noire traversée de chaînettes de perles blanches. Comme j'ai lu le roman, il est possible que cette demoiselle aux yeux clos et lèvres rouges soit une représentation de Mata-Hari.

3.

Publiée en 1971, l'édition dans la collection « Spirale », dont le logo était une spirale jaune sur fond rouge, du « Colomba » de Prosper Mérimée se caractérise par une couverture illustrée par Gilles Valdès : une jeune femme, une jeune fille, en lavis noir, debout, bras croisés. Un foulard noir lui couvre le visage dont la bouche est close et le regard fier de celle qui se demanderait ce que lui veut, et de quoi se mêle, ce Prosper Mérimée qui se pique d'écriture.

4.

Dans « L'Immanquable » n°136 (mai 2022), la deuxième partie de la prépublication de l'album « Les Yeux perdus » par Agrimbau & Tumburus. Ambiance gothico-horrifique à souhait. Poupées sans yeux, sans yeux cadavres pis conservés et mis en scène, beaucoup d'bocaux pleins d’yeux.

5.

Dans les films d'horreur il arrive qu'on croise des morts-vivants sans yeux cependant que sur d'autres scènes, une paire d’yeux sans visage s'ouvre dans la nuit.

6.

Je tourne quelques pages et voilà qu'au bas d'une planche du « Jesse James » de Dobs, Regnault & Ameur, une main tend la carte de la Pinkerton's National Detective Agency qui représente un œil ouvert et en-dessous, leur devise, aux privés : « We never sleep. »

Patrice Houzeau

Malo, le 30 mai 2022.

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14 mai 2022

MYSTERE ET CHAUSSETTE TROUEE

MYSTERE ET CHAUSSETTE TROUEE

1.

« Les tapisseries, jusqu'à mi-hauteur, des taillis de dentelle, teinte d'émeraude, où se jettent les tourterelles de la veillée. »

(Rimbaud)

Les tapisseries hantent (quelle comédie, ces polychromes tissés-t-y ou tissés-t-y pas ?)

Jusqu'à ma boîte à coucous quand je dors et qu'ils poussent, ces coucous, leurs drôles de Coucou ! Coucou ! Coucou ! dans mes songes et jusqu'à

Mi-hauteur, des taillis de dentelle (serait-ce quelque scène de l'Histoire des bipèdes dont certains eurent la tête tranchée ?)

Teinte teinte teinte (ceci évidemment pour signifier quelque cloche sonnante au loin)

D'émeraude et que faisiez-vous donc là, Aude, qui oncques ne fûtes tissée en tapisserie, ma belle Aude, à quoi donc cette rêverie, ma belle Aude, rima ?

Où se jettent et cueilles des rats, dis quelle étrange sonnerie, où se jettent

Les tourterelles d'la ritournelle

De la veillée sais pas ce que yé dis mais yé le dis quand même.

 

2.

« - J'ai toujours des clients pour les belles pièces. La beauté est la chose la plus précieuse en ce monde, monsieur Barnett. »

(Frédéric Lenormand, « Le Retour d'Arsène Lupin » [Visantino Visantini])

 

J'ai toujours (de lenteur les jours qu'alors y faire ? Je pense à l'épatante chanson de Lisa Leblanc « Entre toi pi moi pi la corde de bois », qu'elle y dit : « Le ciel est paresseux aujourd'hui / Pi moi aussi ») mais j'ai toujours

Des clients pour les belles pièces (- Yes ! fit un Anglais passant par là, mais comme nul de son avis ne se soucia, il disparut comme il t'as compris ?)

La beauté (à la menthe, bin quoi j'ai pas le droit d'aimer le thé à la menthe et pourquoi j'aurais pas le droit d'aimer le thé à la menthe ?)

Est la chose la plus précieuse en ce monde, qui est, ce monde, bien cruelle chose, hein,

Monsieur Barnett, et nous savons tous qui est monsieur Barnett, n'est-ce pas ?

3.

« Ce n'était pas les icebergs que devaient redouter les transatlantiques, mais les jeunes mousses qu'on a jetés par-dessus bord et qui ont appris à nager. »

(Frédéric Lenormand, « Le Retour d'Arsène Lupin »)

Ce n'était à la menthe le thé avec du sucre et en pensant au « Golden Brown » des Stranglers (j'aime bien ce morceau)

Pas les icebergs (le Bergues, c'est un fromage dont l'origine se tient debout comme une vache flamande à robe rouge dans le 16ème siècle des Hollandais)

Que devaient-lin (le vélin, c'est du parchemin de la fin du médiéval mais cela n'empêcha pas Adèle Blanc-Sec d'être poignardée par l'atroce momie de l'album « Momies en folie » de Tardi)

Redouter (à la menthe, j'en reprendrais bien un)

Les transatlantiques (y en a sont à catastrophes façon Titanic)

Mais les jeunes mousses (plus tard dans la journée, il s'alla prendre une mousse dans un bar à cas saoulés; zont pas d'pot, boivent des chopes)

Qu'on a jetés (à la menthe, je n'en bois jamais, c'est surtout Zut qui en boit, moi je suis plutôt café)

Par-dessus bord ni car car j'aime bien les jeux de mots idiots

Et qui ont appris (des choses qui monte, ça s'appelle l'inflation, et ça pourrait faire tanguer les cocotiers)

A nager fini ce texte.

4.

J'écoute l'album « Meet The Residents » (1974), des Residents. J'y entends des fanfares étranges et mélancoliques fort propres à illustrer les non-moins étranges et mélancoliques tribulations de « Coin-coin et les Z'inhumains », de Bruno Dumont.

5.

« Tous demeurèrent abasourdis, regardant alternativement les ruines et le grand arbre sinistre dont l'aspect était si bizarrement humain, et dont les racines s'enfonçaient si curieusement dans le tombeau sculpté de Kalos. »

(H.P. Lovecraft traduit par Paule Pérez, « L'arbre »)

Tous demeurèrent abasourdis donc c'est quoi encore st'histoire ?

Regardant (de loup On ne le voit pas ; lui nous voit.)

Alternativement les ruines et le grand (temps que j'me mette au boulot dis-je en écoutant Lisa Leblanc chanter dans « Entre moi pi toi pi la corde de bois » que « Le ciel pèse une tonne aujourd'hui / Pi moi aussi »)

Arbre sinistre dont l'aspect était si bizarrement-à-l'eau (fait chaud ; j'ai soif)

Humain, et dont les racines s'enfonçaient (c'est donc pas clair)

Dans le tombeau sculpté-coutes pas s'que j'te dis pi après tu vas cor' chouiner (de la dernière pluie)

De Kalos (et s'il a l'os, c'est donc que... Mystère et chaussette trouée ! après hein ce sont des secrets d'initiés que l'on ne peut pas dire à tout le monde et que je ne me dis même pas à moi-même, c'est vous dire !)

Patrice Houzeau

Malo, le 14 mai 2022.

16 avril 2022

INFLATION POUTINIENNE DE CRIMES DE MENSONGES DE MENACES

INFLATION POUTINIENNE DE CRIMES DE MENSONGES DE MENACES

1.

Cela n'arrivera pas mais ce serait tellement ironique si, pendant que Poutine fantasme sur sa victoire en Ukraine, certains oligarques russes magouillent pour acheter de l'or, se débarrassent de leurs roubles, mangent la grenouille et fichent le camp à l'étranger.

2.

Evidemment, la baisse des importations de gaz et de pétrole russes en Occident sonneraient le glas de l'économie poutinienne. Je parie pour une baisse progressive de ces importations, et une lente asphyxie de l'économie de la Russie.

3.

Mars 2022. L'inflation en Russie a bondi de 16,7 % sur un an et touche certains produits alimentaires : pâtes : + 25%, beurre + 22 %, sucre + 70 %, fruits et légumes + 35 %. Matériaux de construction + 32%, électronique domestique + 40% . Source : Rosstat cité par les médias occidentaux.

Le 11 avril 2022, l'indice russe RTS baisse de 4,06 points (9h 45) et le CAC 40 est en hausse (+ 0,6). Le rouble ne vaut toujours pas grand chose.

4.

L'inflation et le poids des sanctions commencent à peser lourdement sur l'économie russe, d'autant que l'UE prévoit déjà un nouveau train de sanctions. La position des entreprises occidentales qui ont choisi de rester en Russie va devenir économiquement difficile à tenir.

5.

15 avril 2022. Plusieurs sources font état de « notes diplomatiques » envoyées par la Russie à plusieurs Etats, dont les Etats-Unis, et qui mentionneraient des « conséquences imprévisibles » si ces Etats continuaient à fournir des armes à l'Ukraine.

  1. Poutine nous menacerait-il d'utiliser l'arme nucléaire, ou encore de frapper un Etat membre de l'OTAN ?

  2. Si nous cédions à ce chantage et abandonnions l'Ukraine, Poutine plus jamais ne nous prendrait au sérieux et se croirait tout permis.

  3. Est-il vrai que la désormais célèbre réplique : « Navire russe, va te faire foutre ! » est devenu l'un des slogans de la résistance ukrainienne à l'envahisseur russe ?

  4. En tout cas, cette réplique a donné lieu à un timbre ukrainien (émis le 12 avril 2022) qui, à lui seul, marque la supériorité de la communication ukrainienne face au mensonge généralisé de la propagande poutinienne.

    6.

    Ça alors ! il y aurait des agents étrangers en Russie, pas possible ! Il y aurait même des agents russes au cœur de l'UE, incroyable ! Et même des Français qui travaillent pour ces agents russes ! Mais dans quel monde vit-on ?

    7.

    Je ne sais pas si les « étudiants » qui ces jours-ci ont occupé la Sorbonne en manifestant contre le second tour Macron/LePen se rendent bien compte qu'il y a en Ukraine des jeunes de leur âge qui rêvent de pouvoir reprendre leurs études dans un pays en paix.

    8.

    Me semble périlleux d'investir en Chine en ce moment (zont vraiment pas l'air de sortir du covid, les amis des bêtes), et comme il est tout aussi hasardeux d'investir dans le « paradis » des vertus poutiniennes, autant investir dans nos vieilles démocraties libérales...

    9.

    Je suis peut-être naïf, mais je ne suis pas sûr du tout que les Américains n'aient pas un potentiel militaire plus important qu'ils le disent, notamment en ce qui concerne les hyper-véloces et autres sophistications meurtrières...

    10.

    Une grande hypocrisie est sans doute de faire comme s'il n'y avait pas de conseiller de l'OTAN en Ukraine avant que Poutine commence sa sale guerre et qu'il n'y avait pas de conseiller russe dans le Donbass entre 2014 et le début de la dite sale guerre.

    Autrement dit, le retour de la guerre froide ne date pas du premier jour de la sale guerre de Poutine en Ukraine mais a sans doute été initié bien avant, lorsque le régime poutinien a commencé à clairement tourner le dos à la démocratie.

    11.

    Pour des questions de logistique (relèves, maintenance, ravitaillement, réorganisation nécessitée par l'évolution stratégique...), à moins d'un effondrement de l'armée ukrainienne, que Poutine puisse obtenir une victoire totale dans le Donbass d'ici le 9 mai prochain serait étonnant.

    12.

    Si les enquêtes internationales établissent la véracité des témoignages et constatent les faits d’exactions, d’exécutions sommaires, de viols et d'assassinats imputés à l'armée russe en Ukraine, alors l'image du régime poutinien me semble irrémédiablement dégradée.

    En conséquence, la position des entreprises occidentales qui continueraient à collaborer avec la Russie passerait de difficile à intenable et leur image en pâtirait longtemps. Syndrome Lafarge.

    13.

    Ce ne sont pas les paroles et les décisions de Joe Biden qui sont dangereuses, mais les bombardements russes et les crimes de guerre de l'armée russe en Ukraine qui font courir des risques de guerre au monde entier. Pro-Poutine, n'inversez pas les culpabilités.

    14.

    Non, mais l’extrême-gauche ne va pas assez loin, ce n'est pas une triangulaire Macron/LePen/Mélenchon qu'il faudrait au second tour, c'est refaire les élections jusqu'à ce que Mélenchon gagne (et même comme ça, je sais pas si ça marcherait...).

    Et pour reprendre, certes en les détournant, les mots de Ludivine Bantigny sur Twitter :« Une démarche intéressante qui ébranle la logique binaire, binaire, absurde et antidémocratique invisibilisant une grande partie de l'électorat » serait de remporter des sièges aux législatives.

    15.

    Certains disent que l'écrasement total du régiment Azov permettrait à Poutine de justifier sa sale guerre en Ukraine. Oui, mais quand ils auront tué ou capturé le dernier des Azov, que va faire Poutine, décréter que tous les Ukrainiens sont des « nazis » ?

    16.

    On pressent l'esprit démocratique qui anime certains partisans de Marine Le Pen à la violence verbale et au mépris dont ils usent pour critiquer les artistes qui ont signé l'appel du monde de la culture à voter pour Emmanuel Macron au second tour.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 avril 2022.

16 janvier 2022

SUR LES UNIVERSITES MACRON A RAISON MAIS

SUR LES UNIVERSITES MACRON A RAISON MAIS

 

On dit sur les réseaux sociaux et certains
politiques s'en sont fait l'écho aussi les
chroniqueurs à la radio que not' président
aurait dans l'idée d'en finir avec la bête
massification de l'enseignement supérieur.
Les universités sont pleines et les échecs
en première année restent nombreux dit-on.
De plus la crise covid montre à quel point
nous avons besoin de métiers utiles et pas
un jour se passe sans les échos des soucis
que certains employeurs ont à recruter. Il
serait salutaire de dégonfler la baudruche
de la pseudo-démocratisation du post-bac &
de ces nuées d'étudiants par défaut. Aussi
salutaire de revaloriser les formations en
Lycée professionnel en les associant à des
formations en alternance par exemple. Mais
augmenter les droits d'inscription afin de
décourager les bacheliers en les obligeant
à souscrire des emprunts à s'endetter donc
à la manière dont ils se sont endettés les
Américains nourrissant au fil du temps une
bulle spéculative de « prêts étudiants » à
faire peur une erreur une grande une grave
erreur ce serait Monsieur le Président une
erreur à la Blanquer qui est que l'on veut
atteindre un objectif légitime en usant de
sournoiserie alors qu'un baccalauréat plus
sélectif un abandon de la réforme Blanquer
& la reprofessionnalisation des formations
dispensées dans les lycées pros suffirait.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 janvier 2022

13 novembre 2021

LE MYSTERE EST JAUNE COMME UN POINT D'INTERROGATION

LE MYSTERE EST JAUNE COMME UN POINT D’INTERROGATION
(En lisant « Adèle et la Bête », de Tardi)

1.
Quand dans une planche de bande dessinée, en quelque Museum d’Histoire naturelle, l’œuf formidable et préhistorique commence à faire toc toc toc, on a tout à craindre.

2.
Une maison dans la nuit de Dijon, cette voix que l’on entend de la rue : « Non ! Edith, tu n’iras pas à Paris ! » « Moult me tarde pourtant » devait se dire la dite Edith qui dit-elle (oh l’inédite), voulait « essayer de photographier le monstre »…

Cette vignette isolée, « Non ! Edith, tu n’iras pas à Paris ! », allez savoir pourquoi, je la trouve fascinante (Loire-Atlantique).

3.
Lorsqu’Antoine Zborowsky demande à la jeune fille du train ce qu’elle fait dans la vie et que la donzelle à chapeau à plumes répond « je chasse le ptérodactyle », on peut penser qu’elle a de l’esprit et pas froid aux yeux.

4.
Je me demande ce que ça fait de vivre parmi des ossements, à s’occuper d’une collection de reliques préhistoriques. Ça vous relativise-t-y le passé, le présent, la perception d’la déconfiture ?

5.
Ah ça, quand on monte sur les toits, à l’instar d’Emile Jouflot, pour photographier quelque monstre ailé à long bec et griffes, faut pas s’étonner d’y trouver du cadavre, du sanglant, de l’épouvantable…

6.
La planche épatante (Jeanne, elle faisait des tartes le dimanche) c’est celle du rêve à Zborowsky poursuivant « Mademoiselle Edith » lointaine et fascinante dans un cercle solaire pis faisant plouf ! Zborowsky dans la mare à cauchemar (à bout d’ficelle).

7.
Et dans la nuit bleu de Prusse, au-dessus des tortueux sous la lune, pourpre et ombré, l’œil rond, le bec long, apparut l’bestiau des préhistoires.

8.
- Bang ! - Croac ! – Bête foudroyée, chasseur chassé, cœur arrêté, ça pouvait pas durer, et maint’nant quoi qui va s’passer ?

9.
L’aube de la guillotine, d’un rose surréel tirant sur le sang.

10.
Bon alors, stilal qui a tué çui-là qui, grâce à quelque machine volante, échappa à la bascule à Charlot, le v’la révolvérisé à son tour (Indre-et-Loire) pis qui s’écroule dans le grand fracas d’une vitrine qui s’brise derrière laquelle à tout jamais quelque saurien des antédiluviens avance debout, griffes en avant, gueule ouverte.

11.
Le Mystère est jaune comme un point d’interrogation.

Le Mystère (troisième planète par ordre d’éloignement du soleil)
Est jaune (comme la Marque Jaune, on en reparlera)
Comme un point (épicétou fis-je en refermant le Livre Merveilleux des Aventures de Blanquer Pinocchio)
D’interrogation sur lequel se referme l’album « Adèle et la Bête », premier volume des « Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » de Jacques Tardi (Casterman, 1976).

Patrice Houzeau
Malo, le 13 novembre 2021.

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7 novembre 2021

NOTE SUR L'ARTICLE 4 TER DU PROJET DE LOI PORTANT DIVERSES DISPOSITIONS DE VIGILANCE SANITAIRE

NOTE SUR L’ARTICLE 4 TER DU PROJET DE LOI PORTANT DIVERSES DISPOSITIONS DE VIGILANCE SANITAIRE (octobre-novembre 2021)

« Par dérogation à l’article L. 1110-4 du code de la santé publique, aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de covid-19, pour la durée strictement nécessaire à cet objectif et jusqu’à la fin de l’année scolaire 2021-2022 au plus tard, les directeurs des établissements d’enseignement scolaire des premier et second degrés et les personnes qu’ils habilitent spécialement à cet effet peuvent avoir accès aux informations relatives au statut virologique des élèves, à l’existence de contacts avec des personnes contaminées et à leur statut vaccinal.

Ils ne peuvent procéder au traitement de ces données qu’aux seules fins de faciliter l’organisation de campagnes de dépistage et de vaccination et d’organiser des conditions d’enseignement permettant de prévenir les risques de propagation du virus. »

(« article 4 ter du projet de loi portant diverses dispositions de vigilance sanitaire »).

On notera les précautions prises pour amener à ce qui n’est pas autre chose qu’un précédent assez étonnant dans les mesures qui protègent la vie privée des collégiens, des lycéens et de leurs familles : rien de moins que la levée du secret médical.

On notera que ces précautions nécessaires ne sont pas suffisantes puisque l’on a parfaitement compris qu’il se pourrait que l’exécutif tente à l’avenir de pérenniser ces « diverses dispositions de vigilance sanitaire », ouvrant ainsi la voie à une société de surveillance médicale généralisée.

On s’interrogera sur l’absence de précision sur le destinataire de la demande d’informations « relatives au statut virologique des élèves, à l’existence de contacts avec des personnes contaminées et à leur statut vaccinal. » S’il s’agit de l’Assurance Maladie, ou des services sociaux, voire de toute autre source de renseignements, il serait légitime de le préciser.

On s’interrogera sur le très flou « et les personnes qu’ils habilitent spécialement à cet effet » : de qui parle-t-on ? Nul n’est censé ignorer la loi, encore faut-il qu’elle ne fût pas sibylline.

« statut virologique », « existence de contacts avec des personnes contaminées », « statut vaccinal » : bigre, cela en fait des choses !

- « statut virologique » : c’est l’état de santé du sang. On ne voit pas en quoi cela regarde le chef d’établissement, et la notion de « statut sérologique » est ici abusive : permettrait-il aux chefs d’établissement d’être mis au courant de problèmes médicaux qui, hors-covid, ne regarderaient que le personnel médical ? La loi est ici trop peu explicite, et donc censurable.

« existence de contacts avec des personnes contaminées » : de quoi  parle-t-on ? Cercle familial ? cercle d’amis ? On imagine assez que le covid n’apparaissant pas par génération spontanée, l’élève contaminé l’a bien été quelque part. Si cette contamination a été faite en dehors de l’établissement scolaire ou non, voilà tout ce qu’à mon sens devrait savoir un chef d’établissement. Le reste relève du secret médical. On m’objectera que certains parents pouvant intervenir dans le cadre scolaire, ou venant simplement accompagner ou chercher leur enfant, il est dès lors nécessaire que le chef d’établissement soit mis au courant d’une éventuelle contamination intra-familiale, sauf que là ce n’est plus le secret médical de l’infirmière ou du médecin scolaire qui est remis en cause mais celui du médecin de famille, voire du médecin spécialiste. Et là, ça commence à faire beaucoup.

« leur statut vaccinal » : la vaccination n’étant pas obligatoire, on ne voit pas en quoi le statut vaccinal d’un élève non soumis à une obligation vaccinale intéresse le chef d’établissement. A bien y réfléchir, je me demande même en quoi cela regarde le médecin scolaire puisque justement, la non-obligation de vaccination protège le libre-arbitre de chacun.

La justification de cette errance législative (franchement, cet article 4 ter ne tient pas la route) se trouve dans le second paragraphe de l’article puisque cette levée partielle du secret médical vise à, je cite : « faciliter l’organisation de campagnes de dépistage et de vaccination ». Est-ce donc aux chefs d’établissement d’organiser des « campagnes de dépistage et de vaccination » ? Faut-il réellement que les établissements scolaires deviennent des dispensaires ? Et puis, ces fameuses « campagnes » évoquées par l’article n’annonceraient-elles pas de possibles vagues de dépistages rendus obligatoires et de vaccinations rendues tout aussi obligatoires par la multiplication des cas et le fait du Prince, voire du ministre.

Quant aux « conditions d’enseignement permettant de prévenir les risques de propagation du virus », on peut se demander, non sans inquiétude, si elles ne donneraient pas l’autorisation à Blanquer de couvrir ce qu’il a appelé lui-même de ses vœux lors de l’un de ses nombreux entretiens audiovisuels dont il a le secret, la trop fameuse éviction des élèves non-vaccinés, fussent-ils connectés au très soumis à la tentation des hackers russes Espace Numérique de Travail (selon Blanquer lui-même).

Patrice Houzeau
Malo, le 7 novembre 2021.

23 octobre 2021

HUMEURS DEPAREILLEES

HUMEURS DEPAREILLEES

1.
Euh en fait, Gaetan Matis, il n'a aucun talent, c'est un nul, c'est tout.

2.
Il y a le livre de Davet et Lhomme (journalistes du « Monde », pas d'une feuille de chou gauchiste), mais, pour ma part, l'affaire Benalla, la réforme Blanquer, la crise des Gilets Jaunes, les morts et les mensonges, par mangue de personnel et de matériel, du début du covid avaient déjà discrédité Macron.

3.
Les Français n'aiment pas le désordre. Or, Macron, c'est le désordre : crises et troubles récurrents (gilets jaunes, pass sanitaire...), réformes contestées (Blanquer, réforme des retraites...), dépenses publiques non maîtrisées, insécurité... : Macron ne sera réélu que par défaut.

4.
Plan mirifique de Macron pour 2030... lequel pourrait se casser le nez sur la crise énergétique qui ne fait que commencer...

5.
Il y eut un rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy, il y eut un rejet de la politique de François Hollande, il se pourrait qu'il y ait un rejet et de la personnalité et de la politique d'Emmanuel Macron.

6.
On parle beaucoup d'Eric Zemmour. Deviendra-t-il une marionnette comme les autres ? Sur L’étiquette du « Qualité filtre pur arabica » de mon bocal de café lyophilisé on voit des grains de café. Y a-t-il déjà eu des OVNIS en forme de grain de café ?

7.
« Il est évident que la part d'immigration en France est de plus en plus importante », j'entends dire cela sur France Inter. Cette immigration aura-t-elle une influence sur nos modes de vie et de pensée ? Il faudrait tout de même être naïf pour ne pas le voir.

8.
Le monde est assez simple : les pays riches profitent des ressources naturelles des pays pauvres, les influencent politiquement et leur prêtent de l'argent pour qu'ils nous achètent des armes qui évitent que les pauvres des pays pauvres se révoltent trop souvent.
Cela fait un bail que cela fonctionne ainsi et, on a beau user d'un tas de mots anesthésiques (résilience, bienveillance, nouvel humanisme, et ceteron ainsi dit Macron), je vois pas bien comment ça pourrait changer...
Le problème étant qu'à la guerre froide a succédé la guerre économique, laquelle devient de plus en plus armée et pourrait déboucher sur un troisième conflit mondial dans lequel nous sommes peut-être déjà engagés.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 octobre 2021.

 

3 octobre 2021

MÔME, M'ETAIT MAGIE...

MÔME, M'ETAIT MAGIE...

1.
« - (…) Il me semble qu'elles sont « vraies ! ». Pourquoi étaient-elles comme ça ? Pouvez-vous me le dire ?
- Comme ça. Comment ?
- Comme elles étaient ! Il y a quelque chose qui avait dû les rendre comme ça ! Mais quoi ? »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée » [Megan et le narrateur])

2.
« Combien de phrases peut-on créer avec les vingt-six lettres de l'alphabet ? Combien de significations pouvait-on tirer de ces centaines d'herbes, de mottes, et autres détails ? »
(Gombrowicz, « Cosmos » [le narrateur])

L'infini de tout ce qui est (fatalement infini, quantiquement infini je présume) est infiniment signifiant. Pour nos caboches. Parce qu'en dehors de nos perspicaces et autres commentaires, qui s'en soucie du sens que ça a ?

3.
Alors Coin-coin dit au curé: «  M'sieur, vous êtes tout blanc, allez vous asseoir. »
(A voir dans l'épatante série de Bruno Dumont, « Coin-coin et les Z'inhumains » dont la fanfare mélancolique du générique me goûte).

4.
« Si la métaphysique ne marche pas devant, il n'y a pas de philosophie morale possible. » (Kant cité par Schopenhauer).

Je me demande bien en quoi consiste cet au-delà de la physique que l'on peuple de dieux aussi étranges que jaloux. L'humain ne suffit-il pas ? Le reste n'a de sens que dans des ailleurs inaccessibles.

5.
Pourquoi le rire est-il si nécessaire ? Parce qu'il dit franchement à qui veut me contrôler et m'assujettir qu'il ne vaut pas mieux que moi et que sa volonté de puissance le rend aussi grotesque que bouffon du roi.

6.
Entendu sur France Info : « Boris Johnson portait une cravate couverte de poissons. »

7.
L'atmosphère du début de « La Clé de verre » de Dashiell Hammett : le personnage ambigu de Ned Beaumont, le cadavre du fils d'une personnalité politique, le jeu, l'argent, les femmes. J'y retrouve la maîtrise de l’extraordinaire « Faucon maltais ».

8.
« … personne n'a jamais été dévoré par la Joconde »
(Umberto Eco, « Le Pendule de Foucault »)

Une Joconde anthropophage ? Une version gore de Belphégor ?

9.
« Le Plan était vrai ? Quelle absurdité, c'est nous qui l'avions inventé. »
(Umberto Eco, « Le Pendule de Foucault » [le narrateur])

10.
Je lis régulièrement des tweets dénonçant des pratiques assez étranges qui pourraient faire leur entrée dans l'Education nationale et me semblant relever des mille et une fantaisies du Professeur Nimbus : sophrologie, méditation, méthodes diverses et pas gratuites de relaxation...

Il m'arrive de songer, lisant ces tweets, aux personnalités réelles de Blanquer et Macron. Que veulent-ils faire exactement de l'Ecole et donc des jeunes Français ? Je m'interroge et je m’inquiète... Dérive sectaire ?

11.
Môme, la bande dessinée, cet infini de cases, - les colorées des hebdomadaires, les noires et blanches des pockets dévorés chez le coiffeur - m'était magie, celle que je cherche à nouveau dans les baroques aventures du Spirit de Will Eisner.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 octobre 2021.


 

 

 

 

 

21 septembre 2021

LES GENS VOUS SAVEZ QUOI

LES GENS VOUS SAVEZ QUOI

1.
Dans « La Clé de verre » de Dashiell Hammett, Ned Beaumont à la page 135 (quelle édition ? devine...) regarde la pluie surgir dans la nuit et « étoiler la vitre ». Puis, à l'effarement « d'une grande femme grasse au visage pâle et luisant », sort.

2.
Feuilletant mon vieux Rimbaud (lui si jeune, Seigneur...), je retrouve ces mots de « La chanson de la plus haute tour » (j'y suis) si répété et si souvent, au fil de mes aléas (allez, va, et puis ah !...) :
« Par délicatesse
J'ai perdu ma vie. »

3.
Le 21 septembre 2021, Macron boude paraît. A cause des sous-marins que les Australiens commandèrent puis qu'ils prennent ailleurs... Le Drian parle de façons de faire d'une « époque révolue ». Comique de la part d'un pays qui, comme les autres d'ailleurs, n'hésite pas à vendre des armes à des dictateurs de tout genre. #Glouglou

4.
Céline, morale si élastique (de même que son style, remarquez, la phrase qu'il étire, qu'il étire, de trois petits points en trois petits points), Céline moraliste défois, ici dans « Rigodon » : « bougres foutus égoïstes on a tendance d'être, que le temps n'arrive qu'à soi, les pétrins avec, rien aux autres ! Qu’aux autres il n'arrive rien, qu'ils ont qu'à nous plaindre,... »

5.
Je regarde les choses. Les choses m'échappent. Certaines, je les vois de loin en loin. Certaines, plus du tout. Une de mes anciennes élèves s'est rasé la tête. Je ne l'ai pas reconnue. Me suis demandé pourquoi.

6.
Les gens, vous savez quoi, les gens, c'est des autres.

7.
Dans « Epreuves, exorcismes », de Henri Michaux, ces mots qui vont si bien à la pandémie (cette espèce de guerre de l'invisible à l'humain) : « Jeune ni vieux ne pouvait retenir sa vie. » (…) « Le monde était tout spasme. »

« Epreuves, exorcismes », de Henri Michaux, est un recueil qui regroupe des textes composés entre 1940 et 1944. La Guerre y joue son rôle de grande pourrissante : « Le Blessé entre les lignes, le blessé, le vent porte son cri, lugubre, obstiné ». Anacoluthe.

8.
J'aime bien les strips (ces trois cases de bédé avec chute) : dans le journal « Spirou », l'un de mes préférés est « Nelson », de Bertschy : une espèce de dragononcule sans flamme et à queue fléchée pis qui agite un peu défois la vie de la jeune femme qu'il accompagne.

9.
« Je suis celui qui pourrait être », me susurra, citant Georges-Emmanuel Clancier, pis à l'oreille (parce qu'à l'orteil, ça marche pas) l'un de mes fantômes familiers. Je lui dis qu'on verrait ça plus tard , vu que mes stupéfactions et moi regardions « L’Exorciste ».

10.
Défois je suis méchant comme si ma mère était trop bonne.

11.
On m'appelle, je viens. Je disparais. On me rappelle, je reviens. Puis, une fois clos l'ensemble des rituels, je disparais. Je suis un revenant dans l'Education Nationale. C'est, somme toute, assez fantasque et plaisant.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 septembre 2021

QUOI DONC A FAIT POUSSER NOS MAINS ?

QUOI DONC A FAIT POUSSER NOS MAINS ?

1.
« Car celui qui est plus fort que lui-même serait le même de quelque manière que celui qui est plus faible que lui-même, et celui qui serait plus faible serait aussi le même que celui qui est plus fort. 
(Platon traduit par Georges Leroux, « La République »)

Quand je dis « c'est plus fort que moi », à quoi est-ce que je me réfère ? A moi ? A quelle force en-dehors de moi et qui pourtant est moi ? Le réel est-il une suite de « c'est plus fort que moi » ? Quel sens alors à « plus fort que soi » ?

Qu'est-ce donc qui amuse, ou fascine, jeu de miroirs, mélodie, échos, reflets, fantôme d'une mélodie (pourquoi ai-je d'abord écrit maladie?) dans une suite platonicienne ?

2.
« Agnelet feuillets d'or ciel innocence
Pies et poules blanches de l'enfance. »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

Quel est le rapport entre « agnelet », « feuillets d'or » ; entre « ciel » et « innocence » ? Pourquoi y pressentir du religieux ? Du missel ? Les anges sont-ils innocents ? que signifie l'innocence des anges ? La perfection n'est-elle que de l'autre monde ?

Le ciel est-il innocent ? Voyageons-nous dans l'espace à la recherche de la neutralité de la pureté ? Pourquoi l'idée que l'infini serait infiniment peuplé semble-t-elle à la fois logique et d'une sottise infinie ? Et si l'espace n'était jamais que mur et illusion télescopique ?

Les « pies » et les « poules » disparaissent-elles une fois que l'enfance s'évanouit ? Dans notre monde de cités violentes et de chiens d'attaque, quel sens peut-on donner à un vers comme « pies et poules blanches de l'enfance » ?

3.
« S'il n'est de fumée sans feu
S'il n'est de panier sans anse »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

« S'il n'est de fumée sans feu », quoi donc a flanqué le feu ? « S'il n'est de panier sans anse », quoi donc a fait pousser nos mains ? Un dimanche peut-il se résumer à une poignée « d'enluminures bleues » ? La poésie est-elle une fieffée jolie menteuse ?

4.
« Le médiéval nous balance
Un dimanche d'enluminures bleues. »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

Qu'est-ce que le médiéval ? Le médiéval est-il à nos portes ? Vais-je tomber sur un dragon en ouvrant ma porte ? Et même si je ne tombe sur aucun dragon en ouvrant ma porte, cela signifie-t-il qu'il n'y a jamais aucun dragon devant aucune porte ?

A quoi sert le cinéma ? Donne-t-il à voir ce que l'on ne peut voir ? Qui est la licorne du film « Black Moon », de Louis Malle ? Pourquoi tant d'artistes ? Pourquoi cette multiplication des œuvres ? L'humain est-il avant tout ouvrier, artisan, artiste ?

5.
« Ou bien nous demeurons encore trop vivants pour être morts, ou bien nous sommes trop morts pour être encore en vie. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Videbolle])

Pourquoi suis-je si sûr que Ghelderode a existé et a réellement composé les féeries que nous lisons ? Dans 300 ans, quelqu'un remettra-t-il en cause l’existence de Ghelderode comme nous doutons d'Homère et de Shakespeare ?

Peut-on être « trop vivant pour être mort » ? Pas assez cadavre qui marche ? Peut-on être « trop mort pour être encore en vie » ? Zombies ? Sommes-nous les illusions du vivant ? Marionnettes ? Apparences ? Agitations nerveuses ?

6.
« - Je m'appelle Alice, n'en déplaise à Votre Majesté », répondit Alice très poliment ; mais elle ajouta, à part soi : « C'est vrai, ces gens-là ne sont, après tout, qu'un jeu de cartes. Je n'ai pas besoin d'avoir peur d’eux. »
(Lewis Carroll traduit par Magali Merle)

Pourquoi Alice s'appelle-t-elle Alice et pas « poisson rouge », « Albertine disparue », « Hercule Poirot » ? Avons-nous besoin de l'assentiment des autres pour... ? Si les Autres ne sont jamais qu'un « jeu de cartes », quelle valeur peut-on leur donner ?

Vivons-nous comme si les Autres n'étaient qu'un « jeu de cartes » ? Vivons-nous comme si les Autres n'étaient pas seulement qu'un jeu de cartes ? Nous méfions-nous des « jeux de cartes » ? Sont-ils fatalement truqués ? Pourquoi et à quoi jouons-nous ?

Le merveilleux est-il notre consolation de n'être jamais que dans le réel malheureux  ? Le réel est-il une suite de manques, de lacunes, de trous, de petits cercles à la fois ouverts et fermés dans lesquels nous... ? Qu'y faisons-nous d'ailleurs ?

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2021.

 

24 août 2021

REPRENANT MES ESPRITS MOQUEURS

REPRENANT MES ESPRITS MOQUEURS

1.
Paraît qu'on nous annonce un Covid22 bien salopiot... J'croyais avoir entendu des experts de l’expertise nous dire que le virus serait de moins en moins n'est-ce pas votre avis professeur Truczoutre ? vous avez la parole, vous êtes sur BFM et Macron est un génie.

2.
« Mrs Leadburn calma son époux en remarquant d’une voix coupante »
(Exbrayat, « Notre Imogène »)

Défois les remarques, sont faites d’une voix coupante qu’on est obligé d’aller se racater des oreilles chez le marchand d’oreilles, même qu’il est sourd comme un pot et qu’il faut lui souffler dans les écoutilles, sinon capte que couic. Chut… BlanquerEcoute.

3.
« Plus morte que vive, Janet, collée contre le mur du vestibule menant au living-room de ses parents, essayait de deviner de quelle façon les choses se déroulaient de l’autre côté de la porte. »
(Exbrayat, « Notre Imogène »)

Défois pendant qu’on tente désespérément de comprendre s’qui s’trame d’l’autre côté de la porte où les grands sachants décident de nos peaux, Zut soudain en a marre, elle prend sa tête de kestatoi, sort son drapeau noir, ouvre la porte d’un coup d’tatane et ça fait des revenants.

4.
Je peux pas m’empêcher de déconner avec les mots. Le Grand Sérieux, il va finir par s’énerver grave et me balancer les œuvres complètes de Le Clézio sur ma tête à sottises que j’vas pas m’en relever du dérisoire.

5.
« Si j’avais su, j’aurais pas revenu » dit le spectre à Toto voyant que son apparition soudaine, bien loin d’effrayer comme une heure de BFM TV, faisait aussi rire qu’un argumentaire de Blanquer.

6.
L’autre jour, lors de la séance de spiritisme chez la cousine à Zut, j’crois pas qu’c’était l’esprit de Victor Hugo, car c’est pas le genre qu’on lui demande si la bouche d’ombre a quelque chose à nous révéler, que soudain y a dans la pièce comme une odeur de cassoulet fermenté.

7.
Comment ça, vous n’avez pas répété parce que votre piano est hanté par le spectre de la grenouille virtuose… Vous me prenez pour un Pink Floyd, ou quoi ?

8.
Défois, j’me prends au sérieux, je friserais même l’humanisme, si, si… mais suffit que j’écoute le saint père Macron nous faire la morale, et je reprends tous mes esprits moqueurs et leurs doigts d’honneur.

9.
Hier soir, bloqué du dos, je disais à Zut ; terminé les bêtises : demain, j’arrête café, tabac, binouze… Jus de fruit et sainte résilience Que font donc cette bouteille de Jenlain (la bière des lycéens des années 80) et ce paquet de Camel sur la table ?

10.
Si j’avais eu une fille, je l’aurais appelée Insolence, mais comme j’ai qu’un miroir, j’ai que ma gueule, comme tout le monde.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 août 2021.

23 juillet 2021

LA CRISE EN MARCHE MACRON S'ENFONCE

LA CRISE EN MARCHE MACRON S'ENFONCE

 

1.
Qui a renseigné les journalistes du consortium « Forbidden Stories » et dans quel but ? (quand bien même le Maroc n'aurait pas eu accès aux conversations personnelles du chef de l'Etat, d'autres ne s'en sont certainement pas privés).
Hypothèse :
Troubles induits par l’extension du Pass Sanitaire + affaire Pegasus + ? = trappe à clowns.

2.
Je pense qu'au vu de ce que l'on peut entendre et lire un peu partout, certains technocrates vont bientôt en tirer la conclusion que les Français ont trop le goût du débat et de la polémique. Ils raisonnent trop. M'étonnerait pas que Blanquer nous ponde une nouvelle réforme.

3.
M'étonne qu'on n'ait pas encore envisagé un pass fumeur : vous pourrez continuer à fumer (puisque c'est légal) mais comme c'est pas bon pour la santé, vous ne pourrez acheter vos clopes que si vous vous engagez à suivre un programme de sevrage attesté par un QR code.

4.
Le gouvernement ne veut pas « inciter » les Français à se vacciner, mais les « contraindre », via le pass sanitaire. Ce n'est pas la même chose. Et si l'Etat ne rend pas cette vaccination obligatoire pour l'ensemble des Français, c'est qu'alors il engagerait juridiquement sa responsabilité.

5.
LE GRAND COMPLOT :

1) Mars-mai 2020 : 1er confinement, afin de tester la docilité et la patience du peuple français. Quoi qu'il en coûte, alourdissement de la dette publique.
2) octobre-décembre 2020 / avril-mai 2021 : ajustements techniques, couvre-feu, fluidification sociale par le quoi qu'il en coûte et l'argent magique, alourdissement de la dette publique.
3) En cours : Pass sanitaire, mesures coercitives, gestion des troubles. Gestion de l'affaire Pegasus, indignations républicaines, appels au civisme.
4) A venir : 2021-2022 : couvre-feu, confinement partiel, pass sanitaire, indignations républicaines, appels au civisme, création d'une monnaie numérique.
5) Macron repousse les élections présidentielles, nomme Benalla garde des sceaux, McFly et Carlito à la culture. Blanquer se porte volontaire pour une mission apprenante d’exploration spatiale. Olivier Véran nommé Grand Toubib En Marche à vie. Loi martiale.

6.
21 juillet 2021 :Très belle intervention de Mathilde Panot (LFI) dans la discussion générale à l'Assemblée Nationale sur la gestion de la crise sanitaire : Emmanuel Macron en Ponce Pilate, qui se lave les mains en divisant le peuple entre pro et anti pass, excellent !

7.
En matière de sécurité publique, la politique du chiffre n'a jamais empêché les gens de mourir sous les coups des voyous : ne pas confondre fièvre et baromètre.

8.
Quoi qu'ils disent, les gens ? les gens ils disent : « Ça fait quarante ans qu'ils cherchent un vaccin contre le sida, et en un an ils ont trouvé celui du covid ! Arrête ! » ah certes, zont pas raison. Macron ne les écoute pas, les méprise. Il a tort.

9. Quoi qu'ils disent les gens ? les gens ils disent : « Quoi, cinquante euros pour un test !... c'est quand même la dictature... » Eh non, ce n'est pas la dictature, et ils le savent bien, les gens, mais c'est le mot qu'ils emploient. Macron ne les écoute pas. Il a tort.

10. Quoi qu'ils disent les gens ? Les gens, ils disent : « C'est ça qu'ils veulent de toute façon, diviser les gens, casser les gilets jaunes, tout contrôler... » Je sais que nous parlons trop vite, je sais... Macron ne nous écoute pas, nous méprise. Il a tort.

11. Faudrait expliquer aux trolls de LREM que les emojis donnent l'impression qu'ils ne savent pas argumenter. Les soutiens de LFI (et je ne suis pas de gauche), souvent, ils argumentent. On peut discuter.Ça peut être intéressant.

12. Marrant comme ma pomme, à droite quand même réfractaire à l'Etat tout puissant (ça peut donner le pire si on laisse faire), préférant le petit commerce à l'anonymat des grandes surfaces, je suis plus souvent d'accord avec LFI ou avec certains LR (chapeau, Phillippe Gosselin !) qu'avec LREM.

13. Surréaliste débat parlementaire sur la crise covid... Amendements rejetés coin-coin après coin-coin,.. casse-pipe... panique du gouvernement... y aura des morts... s'y sont pris trop tard... pas qu'un peu qui en rendront Macron responsable... se représentera pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 juillet 2021

14 juillet 2021

PAS D'ANTICORONA PAS D'CHOCOLAT

PAS D’ANTICORONA PAS D’CHOCOLAT

1.
La gaufre vaccinée n’en est-elle pas moins gaufre avant que la bouche l’engloutisse ? Oui, bon, on ne me changera pas : je suis individualiste, fataliste et contestant…

2.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’avec le en même temps vaccination obligatoire et pas vaccination obligatoire, la France à Macron, d’ici quelques semaines, ça risque bien d’être un peu compliqué quand même…

3.
Ah ça, on lui flanque des gifles, on vote pas pour ses ministres, on se moque de lui, on est insolent avec son pote Jean-Michel, alors forcément, après, étonnez-vous qu’il fasse des crises d’autorité, not’ président…

4.
Ça risque quand même d’être dur d’expliquer à Francis Gilay-Jaune qu’il ne peut pas boire une bière au bar du coin parce qu’il n’est pas vacciné alors qu’on va servir du champagne à Helmuth, pas plus vacciné, mais ressortissant étranger touriste plein d’sous alors hein…

5.
Je ne sais pas pourquoi quand je regarde Gabriel Attal à la télé, je pense immanquablement au « Manuel des Castors Juniors ». Ma mauvaise foi, sans doute.

6.
Le sentiment qui pourrait rapidement prévaloir, c’est que si le président Macron prend de telles mesures (très coercitives tout de même), c’est que le pire de l’épidémie est devant nous. Qu’en pense Blanquer ?

7.
« On a compris en écoutant Gabriel Attal qu’il y a un travail de cadrage à organiser » disent-ils sur BFMTV… Comprenez : Macron a décidé tout seul et les ministères paniquent…

8.
Quoi qu’on pense de lui, notre président prend ses responsabilités. Mais c’est sa dernière chance : si dans les mois à venir, la situation sanitaire ne s’améliore pas réellement, je ne sais même pas s’il pourra aller au bout de son mandat. Sacré coup de poker.

9.
L’année prochaine, pour le concours d’anecdotes à MacFlûte et Stupido, afin de complaire à notre excellent président, toutes les histoires à mourir de rire devront commencer par « J’ai connu un gars (ou une meuf), bon, l’était pas vacciné(e) non plus hein »… 

10.
« L’agneau vacciné n’en est pas moins agneau avant que l’équarisseur accomplisse son métier d’homme et de cuir. » (René Char, « Stupeur et seringue »)

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juillet 2021

12 juillet 2021

EN ATTENDANT LE GRAND HOMME

EN ATTENDANT LE GRAND HOMME

Macron au pied du mur : ou il rend la vaccination obligatoire maintenant, mécontente une partie des Français mais sauve peut-être notre économie (je dis bien peut-être), ou il ne la rend obligatoire que pour les soignants, calme les esprits et enterre à terme notre économie.
Il y a encore la solution de saucissonner l’obligation vaccinale : d’abord les soignants, puis dans un mois, les salariés en contact avec le public (enseignants, commerçants, etc…) et si ce n’est pas suffisant, tout le monde ou quasi.

Bien entendu, le fait que la vaccination obligatoire débarrassera peut-être la France du covid ne peut s’envisager que si toute l’Union Européenne se débarrasse à son tour du covid via la vaccination obligatoire. Et là, j’ai un doute.
Bref, il se pourrait que cette histoire de vaccination obligatoire achève en fin de compte une Union Européenne de plus en plus problématique (hypertrophiée ?)

Reste encore l’hypothèse suivante : la vaccination obligatoire nous débarrasse du variant Delta mais n’empêche pas la survenue d’un variant plus virulent et dangereux (Delta+, Lambda, Epsilon ou autre) : on s’interrogera alors sur la nature exacte du covid.
Autrement dit, vaccination obligatoire ou pas, l’espèce humaine est-elle en partie condamnée ?

Tout le monde aura remarqué que bien que le nombre de cas de variant delta augmente, le nombre de décès augmente lui faiblement (ça semble très net au Royaume-Uni) : l’immunité collective serait-elle en marche ou n’est-ce qu’une illusion de plus ?

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2021

10 juillet 2021

AH QUE J'AIME TES BIGOUDIS

AH QUE J’AIME TES BIGOUDIS

« J'ai beau m'améliorer, une troupe de théâtre de marionnettes n'a pas besoin des arts du combat. »
(Akihiro Yamada, « Beast of East » [un personnage])

1.
Je m’aperçois que
Je m’aperçois que
Je m’aperçois que
(sur l’air de « Ah que j’aime tes bigoudis »)
Soit que soit que soit que soit que soit que
Il y a des visages qui me regardent
DES VISAGES QUI ME REGARDENT !
Au s’cours ! Les gens, c’est des z’humains.

2.
NOTRE PERE APPRENANT

Notre Père qui êtes Blanquer,
Que votre nom soit labellisé,
Que votre Ministère règne,
Que votre réforme soit faite sur la terre comme dans les têtes ;
Donnez-nous aujourd’hui notre feuille de route de ce jour ;
Pardonnez-nous nos mauvaises notations
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont inspectés,
Et ne nous soumettez pas à la contestation,
Mais délivrez-nous du Bac,

Amen(e-toi), y a l’curé qui (censuré) !

3.
Chuis tout sidéré d’la tête, constellée la caboche
Alors la nuit j’me scie la tête
J’me scie la tête
J’me scie la tête
Afin que vos nuits soient constellées
Sidérées
Mon crâne c’est la Lune
Pis le matin, bin, on m’recoud.

4.
(Sur l’air de « Schhhhhroutch fit le cafard »)
On est rentré à la maison
Rentré à la maison
On a chassé les intrus
Chassé les intrus
Du coup on l’a r’mis dans son flacon
R’mis dans son flacon
Quoi donc ? Le corona
Le corona, le coronavirus.

5.
(Sur l’air de « Oh Purée j’suis tout patate »)
Saucisse, cisse, cisse, oooooooh
Saucisse, cisse, cisse, oooooooh
Ô Saucisson ! Ô Bienveillant ! Ô Résilient !
J’aime ton regard si doux
Qu’on dirait qu’tu es En Marche
Si sain, si doux, dou doudou dou doudou
Mais je ne sais pas, non je ne sais pas
Comment j’vas faire avec ma tête sur ce plat.

6.
(Sur l’air de « Planète Annette Annette » des Cosmic Scoubidoes », paroles : Francis Zemmour, musique : Eric Lalanne)
Je n’absorberai plus de chien
Je n’absorberai plus de chien
Je n’absorberai plus de chien
C’est pas bien
J’grignoterai plus de blattes
J’grignoterai plus de blattes
J’grignoterai plus de blattes
C’est pas bath
Je ferai comme tout le monde
I fait sur ma planète Annette Annette
Je mangerai des mains d’z’humains
Je boufferai des bras d’z’humains
Je panerai des pieds d’z’humains
Je sucerai des âmes d’z’humains

7.
« Modifiez la mémoire, aplatissez les ondes alpha… »
(Lucien Suel, « Coupe Carotte »)

Défois je modifie la mémoire
Défois je modifie la mémoire
Mais faut pas qu’mon ordi à s’t’heure le sache
Faut pas faut pas faut pas
Passqu’alors Ah Pasqu’alors Oh
Il me déconnecte.

8.
Quand je serai vieux oh très vieux, je dirai à l’infirmière pis au docteur que je l’avais bien reconnue, la tête subliminale à Blanquer là, la tête chauve et subliminale à Blanquer là, entre deux plans de « L’Exorciste »…

9.
(Sur l’air de « Cacatoès Blues » des « Gratouilleux d’Boogie-Brouilly »)
C’est le Variant Delta tata
C’est le Variant Delta papa
Qui fait qu’à qui fait qu’à qui fait qu’à
Qu’à qu’à
Nous casser les plats
Nous casser les pieds
Nous casser les pieds dans l’plateau d’fromageuh
Ah que chuis rageux.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2021.

30 avril 2021

EN ATTENDANT LE RETOUR FATAL DU BIGOUDI

EN ATTENDANT LE RETOUR FATAL DU BIGOUDI

1.
Défois on n’est jamais malade mais quand on tombe malade alors on est pas habitué et donc ça nous met en colère de tomber bêtement que quand on tombe c’est bête que ça peut faire mal que le plus dur dans la vie c’est qu’on peut pas ressusciter mais on peut regarder la télé. #BFM

2.
Défois on écarte les rideaux qu’ils peuvent pas se sentir discriminés parce qu’on les écarte vu que ce sont que des rideaux mais défois ils se vengent quand même et ils viennent la nuit hanter votre tête. #Ouhouh

3.
Les rideaux que vous vous vîtes marchant dans un long couloir qui n’en finit plus que vous n’arrivez pas et que les rideaux sont tout agités le long des fenêtres ouvertes oùsque souffle un vent à faire surgir des fantômes et même des spectres Matondis.

4.
Défois je soulève ma peau ça fait que j’suis tout gonflé pâteux baudruché boursoufle. Comme on dit j’me fais des crêpes, ou des gaufres. #mardigras

5.
Défois mon chameau donne un coup de gong dans la forêt mais comme je n’ai pas de chameau, ni de chevaux, et que je lis pas les journaux, je me demande d’où vient ce coup de gong. #Camembert

6.
Défois je me sens si mal que je voudrais bien une croix. #bigoudi

7.
Défois j’entends mon chat me parler alors je lui dis de se taire comme mon chat est gentil (on dirait blanquer, çui qui fait ministre) il se tait et oublie qu’il est polyglotte alors il miaule comme font tous les chiens qui aboient. #blanquégentil

8.
Défois j’ai raison mais j’ai tort. Ça doit venir de mon éducation. #sociologie

9.
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage, ils font des trucs que chais plus quoi mais c’est pas bien. #tagada

10 .
Ça siffle ça siffle me disait mon auscultant (il est mort) ah tiens on parle de moi dans l’industrie du tabac que je m’imagine des gens avec des chapeaux parce que ce sont des américains qu’en vrai je sais pas à quoi ça ressemble un américain. #flutabec

Je n’irai jamais en Amérique. Ça m’est interdit par ma religion bancaire et par mon mode de vie, projet existentiel, rapport aux autres (ceux qui font du bruit) toussa. Par contre, j’aime bien les magazines. #bigoudi

11.
« Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques » (Baudelaire, « Un hémisphère dans une chevelure »)

Défois, quand j’ai des yeux, je contemple l’océan, et contempler, c’est dur pour moi, aussi je ne le fais que lorsque j’ai des yeux.

« Dans l’océan de ta chevelure » i dit Baudelaire qu’on comprend qu’il est mort noyé car il ne faut pas croire ce que les vérités racontent.

« Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois » : bin oui, il ne pouvait faire qu’entrevouère, Baudelaire, rapport à squ’il avait des mèches plein les mirettes à s’plonger comme ça dans des milieux capillaires humides.

Baudelaire, dans les cheveux, il voyait « un port fourmillant de chants mélancoliques » que j’ignorais que dans les ports, il y eût tant de fourmis qui jouaient de la guitare en ritournellant du plaintif. Faut dire que j’voyage pas beaucoup.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 avril 2021.

 

12 mars 2021

QUESTIONS SUR CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR

QUESTIONS SUR CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR DE RIMBAUD

1.
La jeunesse, comme le chante Rimbaud est-elle si « oisive » qu'elle en est « à tout asservie » ? Les points sur les i défois tournent-ils point en rond ? Peut-on « perdre sa vie par délicatesse » ? Cela a-t-il un sens de dire que la mort est indélicate ?

 

2;
Dans les théâtres laissés aux fantômes pour cause de covid, quand on dit « trois personnages, une table, deux chaises » se demande-t-on parfois si la table et les deux chaises ne sont pas les vrais personnages ? Cela a-t-il un sens de dire que la Nature est indélicate ?

 

3.
Lorsque le narrateur à Rimbaud s'exclame :
« Ah ! que le temps vienne
Où les cœurs s'éprennent ! »
évoque-t-il le printemps ? Le retour des beaux jours ou quelque âge nouveau et utopique ?

 

4.
Qu'est ce qu'on dit quand on dit « je me suis dit » ? La question que je viens de poser a-t-elle un sens ? Quand le narrateur à Rimbaud dit « laisse, et qu'on ne te voie » parle-t-il du réel que hante le spectre et sur lequel il n'a aucune prise ?

 

5.
Rimbaud, avant d'aller changer de vie dans les lointains et qu'il se grillait tout seul à Paris, se voyait-il comme un spectre ? Cette proposition du narrateur à Rimbaud, « sans la promesse de plus hautes joies » exprime-t-elle un renoncement ?

 

6.
Lorsque Rimbaud renonça à la poésie, renonça-t-il à n'être plus qu'un spectre vivant errant entre Paris et Charleville ? En renonçant à la poésie, Rimbaud sauva-t-il sa peau ? La postérité n'est-elle pas une manière de hanter le monde ?

 

7.
« Que rien ne t'arrête / Auguste retraite » : ça sonne comme des mirlitons de théâtre. La poésie de Rimbaud elle a l'air défois d'avoir été composée par un hypermnésique. Dans ses « Vers nouveaux », Rimbaud se moque-t-il de lui-même ?

 

8.
Lorsque le narrateur à Rimbaud dit « j'ai tant fait patience / Qu'à jamais j'oublie », veut-il signifier que « patience » et « mémoire » ne sont pas suffisantes pour la sauver, sa pomme ? Ne cherchons-nous pas tous un consolateur, voire amnistiant  à jamais j'oublie » ?

 

9.
La mort n'est-elle pas ce « à jamais j'oublie » que nous souhaiterions tous inconsciemment ? Les personnages historiques, comme l'a dit Robert Merle, ne sont-ils pas presque tous « de grands salauds qui décorent l'Histoire » ? Le vrai nom du Spectre n'est-il pas « Passé » ?

 

10.
Travailler est-ce parfois une manière de hanter le réel, d'abandonner son authenticité pour l'aller spectral machiner, le truc où qu'on s'débat ? La vocation de la politique est-elle de jouer aux ébahis un spectacle qu'on appelle « Histoire » ?

 

11.
« Craintes et souffrances / Aux cieux sont parties » : ces vers de Rimbaud évoquent-ils la mort ? La « soif malsaine qui obscurcit les veines » est-elle une caractéristique de la hantise ? Le fantôme est-il un être qui ne peut jamais étancher sa soif de réel ?

 

12.
« la soif malsaine qui obscurcit les veines » est-elle un « sang noir », un « sang d'encre », « un sang d'ancre » ? De ce jeu de mots pour lacanien exalté, Rimbaud tire-t-il sa soif des départs, des ailleurs, des ancrages impossibles ?

 

13.
« la prairie livrée à l'oubli » qu'évoque le narrateur rimbaldien est-elle son passé, la part de l'Europe qu'il renonce à hanter et qui lui apparaît comme un « waste land » grandissant, s'accroissant, florissant  ? Evoque-t-il la Révolution industrielle ?

 

14.
Cette « prairie » que le spectral Rimbaud « livre à l'oubli » est-elle celle des églises, des gloires, des honneurs, des carrières (d'où l'emploi du mot « encens »), des mauvaises influences (d'où le mot « ivraies ») et de la foule (ce « bourdon farouche de cent sales mouches ») ? 

 

15.
De qui qu'il cause, le voyou voltigeur, quand il évoque les « Mille veuvages / De la si pauvre âme » ? Se moque-t-il de Verlaine ou de lui-même ? Se moque-t-il de la bigoterie du « Pauvre Lélian » en quête de rédemption ?

 

16.
Le titre « Chanson de la plus haute tour » exprime-t-il une manière pour Rimbaud d'exprimer son désir de prendre de la hauteur, de mettre de la distance entre son passé et lui, entre Verlaine et lui ?

 

17.
Par sa « Chanson de la plus haute tour », Rimbaud cherche-t-il à se dédouaner, à dire qu'il s'est laissé avoir par Verlaine d'où cette « oisive jeunesse à tout asservie » et ce « par délicatesse j'ai perdu ma vie » ? Culotté quand même, le Rimbaud.

 

18.
Dans « Chanson de la plus haute tour », Rimbaud ne ferait-il pas une comparaison entre deux possibles : celui de la France et de Paris (le choix de Verlaine) et celui de l'ailleurs, du départ (choix que fera « l'homme aux semelles de vent ») ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mars 2021.

4 mars 2021

DES DIEUX IVRES

DES DIEUX IVRES

1.
Zut, la nuit, dans un labyrinthe. Je songe assez que Zut rêve.

 

2.
Et les fenêtres se mirent à gonfler comme pâte à crêpes. La lune sembla un œuf sur le plat.

 

3.
Et la nuit se fit piano. Et les doigts de la nuit jouèrent nocturnes et valses pour squelettes.

 

4.
Un rang debout, un rang sur un genou, il firent feu et les lancèrent, leurs têtes, comme autant de coups dans la mêlée.

 

5.
A force de dialoguer avec l'invisible, fatal qu'on finit par en entendre, des voix.

 

6.
Les pièces du jeu d'échecs étaient aussi vivantes que les morts sont morts. La nuit, elles se mirent à manger beaucoup, beaucoup de soupe. Elles grandirent, complotèrent, firent un coup d'Etat. Depuis, nous, gens de tous les peuples, sommes engagés dans les tournois qu'elles initient. C'est un secret bien gardé que nous vivons sous le signe des échecs.

 

7.
Ce sont souvent des nains qui jouent dans la cour des Grands, et comme ils sont parfaitement irrationnels, ils poussent jusqu'à l'absurde tous les possibles de la Raison.

 

8.
Accordez leur liberté aux humains et ils font n'importe quoi. Restreignez drastiquement leurs libertés et ils se battent, avec parfois l'énergie du désespoir, pour leurs droits.

 

9.
Se pourrait-il que les humains nos pommes soyons en fait des dieux ivres, si ivres que nous ne savons plus ce que nous faisons ?

 

10.
Les Rois ayant déçu, les dieux uniques prirent leur place dans le cœur des humains. C'est ainsi que périrent les démocraties.

 

11.
Zut lui demanda qui il était et le Temps répondit qu'il était le Temps. Zut lui dit : Je vous croyais perdu. Et le Temps répondit : Je reviens, je reviens toujours.

 

12.
Les autres vous encombrent. C'est à ça qu'on les reconnaît. S'ils ne vous encombrent pas, ce ne sont pas les autres, mais des fantômes.

 

13.
Les fantômes seuls fascinent. Si un vivant arrive à vous fasciner, c'est qu'il doit être drôlement hanté.

 

14.
C'est en regardant la matière telle qu'elle m'apparaît, découpée, classée en noms et en choses, que je réalise soudain que le réel fait parfaitement illusion.

 

15.
Qu'on le veuille ou non, Mars est sans doute le plus actif et le plus efficace des dieux de ce monde.

 

16.
Il y a, dit-on, dans quelque île perdue, possession de quelque pirate, une harpe faite de boyaux, d'écailles, de corps toute en sirène, qui ne chante plus jamais que des élégies.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mars 2021.

 

 

 

 

 

 

 

3 octobre 2020

AFFAIRES ETRANGERES

AFFAIRES ETRANGERES

 

  1. J'entends annoncer l'émission de Christine Ockrent, « Affaires étrangères » et songe qu'il n'est jamais d'affaires qu'étrangères, tant le plus lointain comme le plus proche me semblent si souvent inconnus.

  2. Nous croyons connaître alors que nous ne faisons que reconnaître quelque pâle reflet de nous-même, pour lequel parfois nous nous enthousiasmons bêtement.

  3. Je suppose qu'en ces temps de n'importe quoi exacerbé, il n'est d'économiste qu'atterré. Je suppose itou qu'ils s'atterrent de même, nos grands spéculateurs.

  4. En ce moment, je ne mettrai pas un kopeck sur un cheval politique, quel qu'il soit. M'ont tout l'air d'aller à un abattoir dont ils n'ont même pas idée. Sans parler de ces dadas des extrêmes confins qui courent la place, et non la gagne.

  5. Depuis qu'un documentaire d'Arte me confirma tout le biscornu de la physique quantique, je ne regarde plus les chats de la même façon. J'ai l'impression qu'ils clignotent.

  6. Le réel serait-il l'infini clignotement des paupières d'un dieu ivre de fatigue ?

  7. Le réel serait-il l'infini d'un en même temps de oui, de non, de peut-être, de 1, de 0 et de 01 ?

  8. La politique sans scandale ? Un crime sans cadavre.

  9. Hypothèse complotiste que je partage pas, mais c'est curieux : on fait courir un virus décimant, puis on t'invente un vaccin qu'on fait courir itou. C'est-y ainsi qu'on dépeuplerait le surnombre ? Un auteur de SF n'aurait pas trouvé mieux.

  10. C'est parce le whisky « n'a jamais été carmin, que je sache » rappelle « San-Antonio chez les mac » que quelques « taches en forme d'étoile » aperçues dans un « entrepôt souterrain » font « tiquer » le chéri de ces dames et prince de la jactance.

  11. J'entends ce samedi 3 octobre 2020 une annonce (celle d'une émission) présentant les marchands d'armes comme étant les « vrais pères fondateurs de l'Amérique ». Cette lucidité devrait me désespérer, elle m'enchante, et quelque caporal ricane dans l'ironie qui me sert de caboche.

  12. En dehors de l'humain, dans le réel sans nous, il n'y a pas de grand, de petit, de rond ou de carré, d'infini ou de fini, ni temps, ni forme, il n'y a que l'indéterminé, l'être sans l'étant, le néant à matière.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 octobre 2020.

14 avril 2020

QUANT A MOI J'Y CHERCHE MES VIPERES

                                            QUANT A MOI J'Y CHERCHE MES VIPERES

1. Quand on donne des dents au présent, on se met à courir de plus en plus vite, en avant pis dans un futur toujours plus fuyant.

2. Lorsqu'on se laisse aller au rêve druidique, bing qu'on a la barbe qui s'allonge. C'est assez embêtant, on est bien obligé alors de recourir à des barbiers d'urgence, ou à d'affairés réformateurs.

3. Lorsqu'on se sent proche de la mer, il nous vient parfois aux lèvres un goût salé qu'on plongerait dedans. Mais c'est surtout pour dire, car dans les longues rues jaune poussière il est plus facile de trouver une bière qu'une sirène, à moins d'appeler sirènes ces grandes bringues aux cheveux bleus et aux lèvres mauves, qui d'un coup d'oeil vous évaluent le potentiel monétaire.

4. Les marches tourbillonnaient tant et tellement qu'arrivé tout en haut, il avait les guiboles aussi entrelacées que les raisons d'une gourance de ministère.

5. Je n'aime pas la littérature. Pour ça, faut savoir écrire. Ce n'est pas tout le monde qui peut émouvoir l'auditeur avec de longues phrases gorgées de paysages comme on en voit dans les manuels de géographie et de gens tellement vrais qu'on dirait qu'on les a inventés.

6. Un politique est quelqu'un qui n'a pas vu venir la catastrophe mais qui vous explique avec une belle assurance, un grand sens du devoir et peu de scrupules comment il va vous en sortir.

7. Au bout de trois semaines de confinement, j'ai le mauvais esprit de me demander si les chaînes de production de l'armement se sont arrêtées. C'est vrai que le covid 19 nous ayant pourri le tourisme, si en plus on ne peut plus vendre d'armes...

8. Défois quand je suis bourré, je dis n'importe quoi. Et une fois dégrisé, je continue.

9. Céline avait un sens panique itou rythmique de la langue. Cioran l'avait critique, précis, élégant. Quant à moi, j'y cherche mes vipères.

10. Evidemment, il ne manque pas de bonnes âmes pour nous expliquer sur les ondes à quel point la catastrophe covid est une occasion pour nous (because résilience, refondation sociale, changement de paradigme tout l'toutim) et à quel point, pour peu qu'on écoutât ces grands penseurs, le futur nous est aussi ouvert que les yeux d'une diseuse de bonne aventure à la vue du pigeon de bonne volonté.

11. En fin de compte, ce ne sont pas les politiques qui se sont trompés ; les seuls coupables, - ignorants que vous êtes ! ce sont leurs électeurs.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 14 avril 2020.

12 avril 2020

ET LE LAIT EN FEU

                                 ET LE LAIT EN FEU

1. Ayant constaté qu'il avait les lèvres sèches, il les mit à tremper dans un verre d'eau fraîche où instantanément elles se gonflèrent et rougirent pudiquement.

2. Lorsqu'il se mit à aboyer, il comprit qu'il avait laissé derrière sa queue une partie significative de son humanité. « C'est dommage » se cabocha-t-il « avec ce flair que j'ai maintenant, quel détective j'aurais fait ! »

3. L'art s'étant contaminé, la mort eut tout le champ libre pour ses macabres expériences.

4. Avec son air vide et préoccupé, il avait une tête à avoir fréquenté longuement son dedans.

5. Ah ça quand on se met à semer des graines d'irréelles, faut pas s'étonner ensuite de récolter des cauchemars.

6. Comme il se hollowa out, il s'affala de tout son dedans pis il alla ouiner qu'on l'comprenait pas.

7. Quand on s'ennuie comme un rat mort, ce n'est pas toujours une bonne idée d'aller au marché aux puces, on risque de s'y faire gratouiller de tous côtés par de minuscules acharnées.

Note : j'avais d'abord écrit miniscules, ce qui est mignon et donne à songer : ah tous ces miniscules qui se bousculent en mini-jupes...

8. En fin de compte, le clown abat toujours son politique aussi sûrement que le fait le chasseur qui, dans l'aube etc... (j'ai pas envie d'écrire la suite, ça me soûle).

9. Plus le confinement se prolonge, plus à ma colère initiale succède un haussement d'épaules immense et de plus en plus tout à fait indifférent aux turpitudes de l'âme politique.

10. Loué soit l'anthropophage qui bouffa un politique (ou quelque philosophe) puis joua un air enjoué virtuose de tibia des morts à un folkloriste de passage.

11. S'étant longuement contemplé le firmament intérieur, il sortit de sa méditation l'air encore plus hébété que d'habitude et le lait en feu.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

10 avril 2020

IL ARRIVE QUE LE DIABLE

IL ARRIVE QUE LE DIABLE
1. "Il arrive que le diable abandonne ses amis." (Hermann, « Les Tours de Bois-Maury », #1 Babette [un bateleur])
2. « In addition to wearing the necklet I had plugged my ears lossely with garlic and as I did not intend to stay more than a few minutes in the room, I hoped to be safe. »
(William Hope Hodgson, « The Whistling Room », [le narrateur])

3. Chacune des crises qui mettent à l'épreuve notre monde contemporain – la dernière en date étant une pandémie d'un virus jailli d'On'séhou (banlieue de Kekparlaba) - nous rappelle que nous mettons beaucoup d'ingéniosité à tisser notre propre malheur.

4. Le mot résilience sonne comme une promesse, celle de pouvoir le changer, not' destin pis donc notre être au monde. A y penser, c'te mot de résilience, ce qu'il annonce aussi, c'est les efforts nombreux, et bien citoyens encore, les saintes suées d'une victoire de la Nation (qui, comme on le sait depuis l'illustre Blanquer, ne peut être qu'apprenante) et pis du Politique bien responsable (mais pas coupable dis tu le crois ça, ma pomme?), le résultat d'une infinité de passages sur un pont qui, à chacun de nos pas, menacerait de s'effondrer.

Note : N'ayant pas d'étrange lucarne à débiter des conneries, je l'voyais pas si chauve, le Blanquer. Ça doit être à cause des fumées du volcan d'sa cervelle, à ce grand penseur réformatif.

5.« On dialoguait, là-haut, au-dessus de ma tête... »

(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre jaune » [Sainclair])

6. J'ai pensé ce matin (c'est-à-dire il y a longtemps : « Il fait beau et je suis mort ». Ce qui est, j'en suis tout à fait conscient, parfaitement idiot.

7. La pandémie en cours : des centaines de milliers de morts de par le pauvre monde qui nous rappellent que l'humain est une lutte constante contre une nature qui lui est aussi féroce qu'un fauve qu'on doit pourtant bien dompter afin qu'il puisse continuer dis, le cirque...

8. L'humanité est autant un spectacle qu'une expérience. Une tragédie et un fiasco.

9. Je ne pense pas que le monde d'après la pandémie sera le même qu'avant la crise. Nous nous rappelons soudainement que chacun d'entre nous peut être une menace pour l'autre. La solidarité nous console ; elle ne nous guérit pas.

10. Ironie de l'histoire : le libéralisme a vaincu le communisme, et un virus venu d'un des derniers dinosaures ultra-étatistes est en passe de fiche en l'air la plupart des dogmes ultra-libéraux.

Patrice Houzeau
Dans les confins, le 10 avril 2020.

11 novembre 2021

EN LISANT SANDRA DE SANTIAGO ARCAS

EN LISANT SANDRA DE SANTIAGO ARCAS

« Mon nom dépend de toi. »
(Une silhouette dans un album de Santiago Arcas)

« A la poste d'hier tu télégraphieras que nous sommes bien morts avec les hirondelles.
Facteur triste facteur un cercueil sous ton bras va-t-en porter ma lettre au fleurs à tire d'elle. »
(Robert Desnos, « Les gorges froides »)

1.
Je me demande si le « techno-vaudou » existe : l'envoûtement assisté par ordinateur.

2.
Il pleut, et pourtant la lune. - Les morts, quand ils ressuscitent, la même personne à différents âges, ça leur fait une sacrée surprise.

3.
Que du fond des Enfers un démon propose « la destruction immédiate de la planète Terre » suppose d'autres mondes à damner car quel serait l'intérêt des Enfers de rester le seul autre monde possible ?

4.
L'album « Sandra » de Santiago Arcas semble être placé sous le signe de l'alligator : le mentor du techno-sorcier s'appelle Alligator Jefferson ; il y a un crocodile messager et l'étrange Don Caïman.

5.
C'est une histoire de lutte aussi. Sandra, lorsqu'elle était vivante, était championne de « lutte folle », une lutte contre les démons et contre les malveillants. Une lutte contre la mort, cet arrêt des temps.

6.
S'il y a un droit des Enfers (ce démon là cite ses droits à Sandra, qu'il espère bien récupérer), je suppose que ce droit tient plus du droit positif que du droit naturel. Les Enfers sont-ils une société ouverte ?

7.
Sur fond orange ombré encore, la silhouette d'une tourmente perchée de grands oiseaux noirs aux longs becs.

8.
Un crocodile peut-il être le messager des esprits des Anciens ?

9.
Alors le danseur mondain fut cette silhouette blanche et lumineuse que nous appelons esprit et, tenant toujours la main de sa partenaire, jeta le doute sur la sincérité des esprits des Anciens.

10.
« Elle est allée se réunir avec ses ossements au vieux cimetière... » dit Sandra évoquant la 3ème Sandra.

Elle est allée et dedans un cavalier perdu
Se réunir avec dans les arbres des oiseaux aux longs becs
Ses ossements Le monde est un cimetière dont les allées sont hantées par des vivants et le grand n'importe quoi qui les anime
Au vieux cimetière j'irai à la poste et je télégraphierai que nous sommes bien morts
Dit Sandra (non ce n'est pas ce qu'elle dit) dans l'album « Sandra » de Santiago Arcas qui fut publié en France par Glénat en 2008 dans la collection « Vent des Savanes »
Evoquant (on est mort, on se tait) la troisième Sandra revenue elle aussi du feu qui n'en finit pas.

11.
Que fait Sandra lorsqu'elle rencontre son double dans la crypte ? Elle se salue.

12.
J'aime beaucoup la planche où, dans le cimetière, Sandra lutte contre les démons tombés des arbres. Ils n'utilisent pas de pouvoirs magiques. Sandra la lutteuse de talent, Sandra la jeune fille, les frappe comme s'ils étaient des hommes d'ici-bas.

13.
Dans « l'eau des morts », au moment où il va mourir, la nuit, cette silhouette verte, puis ce tourbillon, puis ce caïman salvateur. « Mon nom dépend de toi. »

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2021.

 

 

 

 

18 février 2023

A LA CHASSE AU NAZGÛL

A LA CHASSE AU NAZGÛL

 

« Queens beat aces every time, yeah !
Dead man's hand ! Dead man's hand !
And Charlie is the joker in the deck »
(« Prelude to Madness », « Peter Faxon » cité dans « Armageddon Rag », de George R. R. Martin)

 

« La reine bat l'as à chaque pli, oui !
La main passe au mort ! La main passe au mort !
Et dans la partie, le joker c'est Charlie. »
(traduction : Jean Bonnefoy)

 

1.
Suite de ma lecture de « Armageddon Rag », de George R. R. Martin. Comme je l'avais prévu, c'est un peu longuet. Mais il y a tout de même de bons moments. Du polar du début on passe à l'analyse psychologico-sociologique désenchantée : les séquelles de la fin des années 60 (la fin du « flower power », Manson, les manifestations violemment réprimées, les groupes ultra-radicaux prêchant la violence, les gourous, et toutes ces sortes de dingueries). L'écrivain enquêteur retrouve les membres dispersés du Nazgûl (groupe de rock aussi fictif que légendaire, dont le chanteur a été assassiné lors d'un concert, ce qui rappelle la tragédie d'Altamont, 1969) ; il retrouve aussi quelques ami(e)s. Il y a aussi pas mal de cauchemars, des genres d'apparitions spectrales, l'évocation d'une montgolfière (joli chapitre), et celle d'un écrivain de romans à succès, surnommé « Le Boucher », riche, brutal, conservateur tendance fasciste. A la lecture de ce chapitre, j'ai pensé que George R. R. Martin n'était pas William Faulkner. Ceci dit, je vais continuer quand même : paraît que le Nazgûl va se reformer...

 

Citation : 
« Les conspirateurs du Watergate écrivaient des livres et ramassaient des fortunes dans le circuit des conférences mais Bobby Kennedy était toujours mort et bien mort et il le resterait. »
(George R. R. Martin traduit par Jean Bonnefoy, « Armageddon Rag », chapitre 15)

 

2.
Donc, je continue pour en tirer la conclusion que, qui va à la chasse au Nazgûl perd sa Sharon, son agent, son boulot et se retrouve à zoner.
Le « Armageddon Rag » de George R. R. Martin pose aussi cette question : peut-on ressusciter le rock n' roll tel qu'il fut à la fin des années 60 et au début des 70 ? Peut-on ressusciter le Roi Lézard ? En tout cas, la description du concert du Nazgûl reformé qui constitue le chapitre 20 force assez dans l'imagerie gothique, folklore et lyrisme hard-rock (écrivant cela, je songe au certes talentueux Led Zeppelin).

 

Citation :
« Maggio parut s'éveiller d'un long rêve et soudain sa guitare se mit à crépiter d'énergie. Le larsen vint s'insinuer, sifflant, dans la sono, vaste serpent qui venait dérouler ses anneaux sur la salle, créature vivante qui criait son funeste mécontentement. »
(George R. R. Martin traduit par Jean Bonnefoy, « Armageddon Rag » (chapitre vingt).

 

Intéressant aussi ces citations de chansons de l'époque qui ouvrent chacun des chapitres. Aussi ces bouts de chansons fictives (sont-elle devenues réelles depuis ? Quelqu'un les a-t-il électrisées ? Ce serait amusant, et un bel hommage à George R. R. Martin et à l'esprit d'un certain rock n' roll). Tiens, en voilà un bref exemple :

 

« Wolfman looked into his mirror
And Lon Chaney looked back out »
(« Prelude to Madness », « Peter Faxon » / George R. R. Martin)

 

« Le loup-garou s'est r'gardé dans la glace
Et c'est Lon Chaney qui lui faisait face. »
(« Prélude à la folie », traduction : Jean Bonnefoy).

 

Et dans cette évocation du rock endiablé, il se trouve que le surnaturel veille. Il a une main ensanglantée et son chien ne le reconnaît pas.

 

3.
J'ai eu raison de poursuivre dans ma quête. Du polar sociologique, on passe, de cauchemar en cauchemar, au thriller surnaturel. Le « Armageddon Rag » de George R. R. Martin est un livre qui évoque des gens qu'on a connus et que l'on va chercher, à moins qu'ils reviennent dans nos rêves.

 

Nous croyons hanter les mêmes temps.

 

Rapidement, on se demande si l'écrivain enquêteur Sandy Blair ne s'est pas fourré dans les griffes du Diable, lequel, comme Baudelaire l'a écrit : « tient les fils qui nous remuent ». « Music to wake the Dead », de la « musique à réveiller les morts », hein... Ou alors, « dédoublement de la personnalité » ? « Mais toi et moi savons fort bien que ce n'est pas le cas », dit Sandy Blair à Peter Faxon au chapitre vingt-trois.

 

Un disque, ça tourne. Une chanson, ça tourne. Un groupe part en tournée. Cercles. Chansons revenantes. Ritournelles. Le Diable pourrait bien le vicier, ce cercle. A moins qu'il ne soit pas si vicieux que ça, et même vertueux à sa manière, ou en tout cas, honnêtement humain.

 

Et si la clé de l'énigme était dans le refrain d'une des chansons du groupe ?

 

Citation :
« Cela va les détruire tous, le Nazgûl, Larry Richmond, Francie... Ils vont l'utiliser pour une espèce de sacrifice humain, Slum, les portes de l'enfer sont sur le point de s'ouvrir et les morts s'apprêtent à revenir. »
(George R. R. Martin traduit par Jean Bonnefoy, « Armageddon Rag », chapitre vingt-six [Sandy Blair]).

 

Trop long et trop dense pour qu'un film en soit tiré, il me semble que « Armageddon Rag » serait idéal pour une série. Pour éviter la rupture de rythme entre les événements du début (l'assassinat de l'impresario, l'incendie du bar), ceux-ci pourraient être entremêlés aux entretiens que le personnage de Sandy Blair a avec les anciens membres et proches du groupe Nazgûl. Cauchemars et visions tenant une place importante tout au long du roman (serait-ce un roman psychédélique?), ils feraient ainsi le lien entre une première série d'épisodes plutôt « polar » et une seconde série « thriller surnaturel ».

 

Enfin, le pop/rock y jouant un rôle essentiel, la B.O pourrait être intéressante, sinon fameuse.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 février 2023.

 

26 septembre 2021

QUELQU'UN DANS TON NEZ

QUELQU'UN DANS TON NEZ

1.
« - Mais il n'y a pas de mandat d'arrêt contre moi ; vous me l'avez dit.
- J'ai dit ça pour vous avoir, Bernie ; j'avais mes raisons. On vous recherche.
- Pourquoi ? »
(Dashiell Hammett, « La clé de verre » [des personnages])

Pourquoi on vous recherche ? Vous vous moquez de moi et du reste du monde, je suppose. Vos tiroirs regorgent de mains tranchées : vous n'êtes guère reconnaissant... Et rangez-moi cette hache, c'est assez déplaisant, vous savez...

2.
« J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Donc, mon cher, vous vîtes le « soleil bas, taché d'horreurs mystiques »... Mazette, j'imagine assez des grouillements de taches noires, ou de taches de sang, celles des rituels, des sacrifices humains dans des temples tels que l'on en voit sur les gravures.

Ces « longs figements violets », qu'est-ce ? Des filets de sang tombant des autels sacrificiels ? Des coulures d'la peinture. « Pareils à des acteurs de drames très antiques », écrivez-vous... J'imagine mal nos comédiens grimés en « longs figements », violets ou pas.

« Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! » Amusant, cette horizontalité de ce que nous connaissons comme vertical. La mer ferme ses volets ! On n'y voit donc plus les poissons se boulotter mutuellement entre des flores marines dont je ne sais rien.

3.
« Par conséquent, s'il apparaît qu'il s'agit de deux choses, c'est que chacune paraît à la fois différente et une ? »
(Platon, « La République », VII)

Rien n'est plus semblable à un visage qu'un visage, à une partie d'échecs qu'une partie d'échecs... Cependant, tel visage est celui d'un assassin, et tel autre celui d'un juste, et telle partie d'échecs sera insignifiante et telle autre géniale. Les règles masquent d'autres règles.

4.
« Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer »
(Baudelaire, « L'albatros »)

Moi : « Et donc que signifie ici le verbe « hanter » ?
Un élève : «  C'est dans le sens de quelqu'un dont on est...»
Moi : «  Quelqu'un dont on est », ça ne veut rien dire.
Une élève : « Quelqu’un dans ton nez !??! »
Moi : Oui, c'est ainsi qu'on hante la narine.

5.
J'ai tellement de gens dans le nez qu'à chaque fois que j'éternue, c'est toute une comédie humaine qui me dégringole du pif.

6.
Je me demande s'il m'est arrivé de manger des poireaux à la vinaigrette en regardant un épisode d'Hercule Poirot, qu'en tout cas, je ne poireaute jamais devant un Poirot, si l'épisode est bon, je le suis et m'en délecte, sinon, je dors ou écoute une étrangeté des « Residents ».

Ce qui est bien avec la tête que s'est fait David Suchet pour le rôle d'Hercule Poirot, c'est qu'elle est bien ovoïde. Une tête d’œuf pleine de petites cellules grises. Un cercle, d'une certaine manière, le cercle de la raison dans lequel Rouletabille introduit et exclut.

7.
« - Vous haïriez les gens aussi, ajouta-t-elle, si vous étiez comme moi, si vous aviez l'impression d'être en trop. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée » [Megan])

Quand on a l'impression d'être en trop, ça sert-il d'aller à Saint-Tropez ? Faut dire qu'faut avoir du pèze, pareil si on veut aller sous les Tropiques siroter des cocktails en salivant devant les dessalées ondulant sur la plage d'un papier aussi glacé qu'un conseil scientifique.

8.
Défois je coupe des carottes avec un couteau car si je n'usais point d'un couteau pour couper mes carottes, je ne pourrais plus tard les mettre à cuire avec le bœuf, lequel pour l'heure se promène encore je ne sais où tandis que je contemple ma tartine.

9.
Je ne joue pas au genou. Le genou n'est pas un jeu. Le jaguar non plus, ni le jars. Les enfants eux, jouent au jardin. Ils essaient d'attraper des anges pour leur arracher les ailes. Mon chat Lucifer feint de les contempler. En fait, il fixe je ne sais quoi, s'hypnotise, s'endort.

10.
Comme l'homme vert m'avait donné une clé de verre, je supposai que c'était pour ouvrir une porte de verre, un coffre de verre peut-être, mais mes rêves se brisèrent lorsque l'éléphant se trompa de magasin et fracassa la ville de verre vers laquelle je me dirigeais.

11.
Défois je ne vais pas à Foix voir si la marchande de foie de Foix a encore la foi car je me fous, et pas qu'une fois, et de la foi de la marchande de foie de Foix et du fou de Corfou qui prétend envoûter la marchande de foie de Foix en usant, au lieu de cœur de bœuf, de mou de veau.

12.
Et si l'objectif de la candidature Zemmour aux présidentielles 2022 était d'empêcher Marine Le Pen d'accéder au second tour et de favoriser ainsi le candidat des Républicains, lequel pourrait bien battre Macron/Bayrou/Blanquer ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 septembre 2021.

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