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9 novembre 2022

C'EST QUE L'AVENTURE ELLE N'ATTEND PAS

C'EST QUE L'AVENTURE ELLE N'ATTEND PAS

1.

J'aime bien l'air décidé qu'elle a Yoko

Tsuno aux planches 6 & 7 de la bédé que

Je lis et qui porte le titre en lettres

Façon gothique de « L'Orgue du Diable »

Même qu'elle est signée Roger Leloup et

Elle est si décidée qu'hop-là parce que

La jeune Ingrid (elle est blonde & joue

De l'orgue y a même un disque) a manqué

Se noyer dans le Rhin because qu'un gus

En imper chapeau lunettes noires l'a un

Peu poussée & qu'allant vite en chameau

(L'existe pas s't'expression mais voyez

Elle m'amuse) Yoko elle se met ses yeux

Les plus perçants vifs noirs même qu'un

Doigt elle pointe itou pour en balancer

Une de vérité bien claquante comme quoi

Evidemment si on a tenté d'l'assassiner

La belle Ingrid (elle est blonde & joue

De l'orgue y a même un disque) c'est au

Cas où l'Ingrid (elle est blonde & joue

De l'orgue y a même un disque) pigerait

Que son daron à Ingrid pas à Yoko a été

Assassiné Donc tout le monde débarque à

Saint-Goar sauf Astérix Obélix & autres

Irréductibles Gaulois qui d'toute façon

N'étaient pas à bord Quant à Saint Goar

En allemand Sankt Goar c'est réellement

Au bord du Rhin et c'est réellement pas

Loin du rocher de la Lorelei Vic lui ne

Débarque pas car la décisive Yoko lui a

Demandé de continuer jusqu'à Boppard et

Boppard existe aussi puisque je vous le

Dis zavez qu'à aller voir sur Wikipédia

A peine arrivées dans la ville que Yoko

& Ingrid s'mettent à courir et que Yoko

Dit qu'il n'y a pas une minute à perdre

C'est que l'aventure elle n'attend pas.

2.

XIII à la planche 14 de « Treize contre

Un » il sème un poursuivant ce qui fait

Qu'on peut dire que XIII il est malin &

C'est au dernier étage d'une tour qu'on

Dirait bien qu'y a plus personne dedans

Toute pourrite qu'elle est la tour même

Qu'ainsi XIII peut y rencontrer le gars

Sans qu'on le dérange & le voir le gars

Qu'il veut rencontrer et y discuter non

Des OVNIS ou de l’œuvre de Niezsche non

De la guitare de l'histoire du jazz non

Des règles du jeu de go ou de dames non

De la pistache des vaches des poils non

Des moustaches ni nanas ni ananas & non

Plus de Napoléon qu'ils causèrent là au

Dernier étage de la désaffectée Puis la

Planche 16 voit débouler la Major Jones

Dans un ranch dans le Wyoming pis qu'ça

A à voir avec Kim que Kim une fille que

XIII veut retrouver qu'elle est Kim que

Je ne vous dirai pas pourquoi vu que je

Sais pas Planche 17 on voit XIII il est

A une fenêtre de la toute pourrite tour

Que la case est pleine de briques et ça

C'est tout XIII ça entouré d'briques et

Les briques ça fait des murs et XIII il

Est au milieu de tout un tas de murs et

Tous ces murs forment un labyrinthe que

XIII il y cherche qui il est exactement

XIII défois qu'il serait tout autre que

XIII mais je crois pas qu'il soit Corto

Maltese XIII vu qu'c'est pas Hugo Pratt

Qui a fait tous les XIII vu qu'les XIII

Ce sont William Vance & Jean Van Hamme.

Patrice Houzeau

Malo, le 9 novembre 2022.

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28 octobre 2021

CE N'EST PAS EN PLANTANT DES SAUCISSES QUE L'ON RECOLTE DE LA CHOUCROUTE

CE N’EST PAS EN PLANTANT DES SAUCISSES QUE L’ON RECOLTE DE LA CHOUCROUTE

1.
Ai lu qu’en 2020, l’industrie automobile française avait produit à peine 1 million de véhicules, soit trois fois moins qu’au début des années 2000. Qu’en est-il de la production d’automobilistes, de celle de théières, de dés à coudre ? Je suis tarabusté.

2.
Depuis l’enfance, une question terriblement me hante : comment peut-on être sûr que la barbe du Capitaine Haddock n’est pas un postiche, une imposture poilue ? Tintin nous doit la vérité.

3.
Comme je manque d’empathie, me suis rendu dans une jardinerie pour m’en procurer quelques graines. Apparemment, il y aurait des difficultés d’approvisionnement.

4.
Octobre 2021 : les médias insistent sur le fait que la politique de fermeté menée par Gérald Darmanin est telle que, mécontents d’interpellations de plus en plus nombreuses, les voyous des cités, pour protéger leurs trafics, s’attaquent aux forces de l’ordre.

5.
Je pense que le président Macron a eu raison, ce matin, en l’absence de l’instrument idoine, de s’emparer d’une cuillère à café pour touiller son cacao. L’adaptation est la reine des karaokés.

La rumeur qui prétend que le jeune Emmanuel Macron avait rayé de sa collection d’Astérix le mot « potion » pour le remplacer par « pognon » et ceci pour se persuader – ô enfant – que tout petit il était tombé dans une marmite d’argent magique, est pure médisance.

6.
C’est le lundi 2 décembre 1805 que Napoléon 1er remporta la victoire d’Austerlitz. Il n’y eut sur le champ de bataille aucun éléphant, aucun half-track, aucun saxophone, lequel fut breveté par Adolphe Sax le 21 mars 1846.

7.
Il est assez étonnant que les prodigieuses réformes de l’éducation nationale, inspirées par les plus brillants de nos chercheurs en pédagogie aient abouti à un effondrement des performances des jeunes Français tant en mathématiques qu’en orthographe.

Se pourrait-il que les meilleurs de nos hommes d’Etat (puisqu’ils furent Français et socialistes, ils furent forcément prestigieux, c’est aussi évident que le haut sens moral de DSK) aient dépensé un pognon de dingue dans des billevesées pédagogistes ?

8.
Le mot « corbeau » est vernaculaire (du lain « vernaculus », « indigène »). Cela signifie que le terme « corbeau s’emploie pour désigner tout un tas d’oiseaux qui s’agitent quand froide est la prairie. Blanquer n’est pas un corbeau ; c’est un ministre.

9.
Bien des soucis actuels viennent de ce que nous ne distinguons plus assez l’homme de sa fonction. Cela vient de la Constitution de la Vème République et de sa concentration des pouvoirs incarnée par la figure présidentielle.

10.
Je ne sais pas si Dieu est mort sur la croix et si l’humanité lui a succédé. Par contre, je sais que lorsque ma chemise perd un bouton, il faut que j’attende la prochaine pluie boutonnière pour avoir une chance de (je crois au Complot du Dé A Coudre).

11.
Ce n’est pas la première fois que j’entends évoquer un lien existant entre Patrick Buisson et Mélenchon. Qu’en est-il réellement ? Est-ce une manipulation ? D’où le coup vient-il ? Inquiétant.

Dans le même genre, me souviens d’un «je ne sais qui (ce sont toujours des « je ne sais qui », des anonymes, des qui sortent d’on ne sait quelle légende) évoquant dans un documentaire un lien existant entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie. Tout aussi bizarre.

12.
C’est par le travail que l’individu accède à l’autonomie financière et à l’exercice de sa liberté. Aussi la première mission de l’école républicaine est de préparer chacun à exercer une profession en fonction de ses capacités et de ses possibilités. Le reste n’est que moraline et littérature chrétienne.

Que cette mission passe aussi par l’apprentissage n’est pas choquant en soi. Ce qui est choquant c’est la manière dont cet apprentissage est parfois géré. L’apprentissage doit être pensé en lien étroit avec l’Education Nationale et non laissé au seul secteur privé.

13.
Pas l’impression que Macron ait prévu la crise énergétique qui commence. Il n’avait pas plus prévu la covid, les gilets jaunes, l’affaire Benalla. Prévoit pas grand-chose en fin de compte, Macron. Par contre, qu’est-ce qu’il dépense. Un pognon de dingue.

14.
Le film « Le Mans 66 » est un film américain de James Mangold, sorti en 2019 et dont les rôles principaux sont interprétés par Matt Damon et Christian Bale. A deux reprises, on y entend la phrase : « Je plane comme un pingouin ».

15.
Ce soir ils rediffusent le film de Wolfgang Petersen sur Achille, Ulysse, Agamemnon et tous leurs petits copains massacreurs. Un, deux, Troie… Cheval !

Patrice Houzeau
Malo, le 28 octobre 2021.

15 février 2024

TEST SUR SA ÇA ÇÀ

TEST SUR SA ÇA ÇÀ

Complétez par « sa », « ça » ou « çà » :

1.
… fait deux mois qu'il n'a pas plu sur cette région ; comment les scientifiques expliquent-ils … ? Et s'ils ne l’expliquent pas hein, …, comment … se fait que … fait deux mois qu'il n'a pas plu sur cette région ? … s’explique, …, non, ou … ne s’explique pas ?

2.
Johnny est satisfait, … formation professionnelle lui a permis de trouver rapidement un emploi, mais … ne lui a pourtant pas permis de retrouver … deuxième chaussette.

3.
Sur les hauts plateaux tibétains, apparaissent … et là, des troupeaux de yacks. Enfin, …, c'est ce qu'on dit, parce que personnellement, je ne suis jamais allé au Tibet et …, c'est plus courant qu'on le pense.

4.
Si … ne t'ennuie pas, je préfère que notre rendez-vous soit reporté car je dois aller aider ma tante Yvette à réparer … mobylette, ... estafette, ... chevillette (laquelle cherre de moins en moins bien).

5.
En mangeant des spaghettis, Romain a taché … cravate et … chemise neuve mais pas … veste en cuir parce que Romain ne porte jamais … veste en cuir quand il mange des spaghettis. Et même quand il mange des œufs à la coque, il ne la porte jamais, … veste en cuir. Par contre, Florence portait … robe jaune, mais … robe jaune, elle ne l'a pas tachée, Florence, parce que je n'ai jamais vu Florence manger de spaghettis, et … robe jaune, elle est bien jolie aussi.

6.
Réparer soi-même … voiture, … peut revenir moins cher, mais c'est aussi moins sûr ! Tandis que réparer … mobylette, à la tante Yvette, c'est bien pour … que je préfère qu'il soit reporté, notre rendez-vous. Quant à la cantatrice chauve, je ne sais pas si c'est … moumoute qui est tombée dans la soupe à l'oignon.

7.
Lucile a économisé trois cents euros, mais … ne suffit pas pour acquérir un ordinateur, et …, le verbe acquérir, ce n'est pas un verbe que les élèves emploient beaucoup.

8.
Tristouillot a vécu des moments pénibles, mais de … il ne parle jamais. Je me dis parfois quand je regarde … figure, à Tristouillot, que … ne me m'étonne pas tant que … qu'il ait vécu des moments pénibles...

9.
… alors ! Qui a volé les chaussettes de l'archiduchesse qui séchaient là et cependant qu'elle est absente, l'archiduchesse car elle est partie réparer … mobylette, à la tante Yvette ?

10.
Si … se trouve, il va finir par en trouver une, de formation en alternance en boulangerie, mais quand même, de …, je ne suis pas si sûr. Quant à … moumoute, à la cantatrice chauve, personne ne sait où elle a pu passer, si on considère que … a un sens qu'une moumoute puisse passer quelque part.

11.
Février 2024. Nicolas Sarkozy va se pourvoir en cassation, à cause de … condamnation à six mois ferme dans « l'affaire Bygmalion ». C'est qu'il y tient, Sarkozy, à … réputation d'intégrité. Et nous, y croyons-nous ? Ah … , en voilà une question.

Patrice Houzeau
malo, le 15 février 2024.

12 décembre 2023

JE NE SAIS DE ÇA QUE DES SI

JE NE SAIS DE ÇA QUE DES SI

« L'électromagnétisme et les défaillances d'instruments reviennent constamment dès qu'il est question du mystère du Triangle » [des Bermudes].
(Charles Berlitz, « Le Triangle des Bermudes », J'ai Lu, coll. « L'Aventure Mystérieuse »)

L'électromagnétisme me garafolle (et même si je n'ai pas manqué mon train)
Et tandis que j'entends rockennerollanimaler Lou Reed sur You Tube
Les conjectures sur l'électromagnétisme me passent par-dessus le moulin. Ah ça oui, j'ai des
Défaillances en mystères et en science itou ; c'est pas très grandant et
D'instruments je ne connais, et si peu, que ceux qui servent à sonner pis qui
Reviennent me strangéïfier la comprenette à écoutilles.
Constamment que je me dis Espèce d'espace sossot, organique bricolage,
Dès que tu auras fini de hanter les cointances baligeonneuses et autres ballcouines des carbajons, peut-être alors
Qu'il sera temps pour toi de t'aggrimater aux grands mystères de ce monde.
Est-il temps ? Oui, il est temps me dis-je en déferronnant la garle. C'est une
Question existentielle : quand la garle est ferronnée, il faut la déferonner avant qu'elle vous déferonne sinon vous vous retrouvez à contempler à la téloche des zozos incontinents de la parlance et autres contractuels de la déblatère et venimie, alors que vous pouvez écouter le garallabant « Rock n' Roll Animal Live» de Lou Reed sur You Tube, ce qui est tout de même plus.
Du mystère je ne sais que gointre. Du
Mystère du Triangle, je me m'arrondis ni me carre point.
Du Mystère du Triangle, je ne me figure que bateaux disparus, avions effacés, conjectures paranormales et autres quamquams ; bref, je ne sais de ça que des si.
Triangle est un mot qui désigne une « figure plane formée par trois points (appelés sommets) et par les trois segments qui les relient (appelés côtés) », nous élucide Wikipédia et qu'il soit
Des acacias, des garvenouilles, des sobreptices ou des
Bermudes n'y change rien. C'est un présent de vérité nostalgique (je dis ça rapport à tous les mensonges qu'on nous balance avec l'assentiment des raisons d'Etat et les tampons des services ad hoc).

Note du 12 décembre 2023 : je lis sur Twitter que Nicolas Sarkozy juge que l'Ukraine devrait « essayer de devenir un pont entre la Russie et l'Europe ». Quelqu'un aura-t-il l'obligeance de signaler à cet inculte que sa phrase ne veut rien dire ? Un Etat n'est pas un pont. Jamais entendu parler « d'Etat-pont ». Et être un « Etat-tampon » n'est guère une situation enviable. En fait, il veut dire « neutre ». Mais une Ukraine « neutre », c'est justement ce que veut Poutine, afin de mieux la contrôler et l'asservir.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 décembre 2023.

18 octobre 2023

CETTE OBSCURE CLARTÉ ET AUTRES ECLATS SINGULIERS

CETTE OBSCURE CLARTÉ ET AUTRES ECLATS SINGULIERS

1.
« L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices,
Aux esprits des amants apprend trop d'artifices. »
(Corneille, « Le Cid », v.1609-10 [L'infante])

Ces deux vers de Corneille vous donnent-ils envie de :
- vous recoucher ?
- « commander des pizzas aux entrailles assaisonnées de sang humain » je cite ici une réplique de Daria Morgendorffer de la série Daria (Episode « Dye ! Die ! My Darling ! ») que l'on doit à Suzie Lewis Lynn et Glenn Eichler ?
- De manger un hot dog, d'aller boire une bière, de vous faire des œufs sur le plat ?
- De relire un ou deux albums de Lucky Luke ? De revoir un film des Marx Brothers ?
- De passer l'aspirateur ?

2.
« De qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges ? »
(Corneille, « Le Cid », v.1113 [Chimène])

- du Pape ?
- Des propagandistes pro-Poutine qui mentent comme s'ils n'étaient pas français ?
- De Jean-Claude Bourret, de Jean-Pierre Petit et autres conteurs de fables ufologiques à détourner l'attention ?
- De Sainte Apprenance ?
- Des voix des petits lutins et autres trolls complotistes qui grouillent sur internet ?

3.
« Percé jusques au fond du cœur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, »
(Corneille, « Le Cid », I, 6 [Don Rodrigue])

Qu'arrive-t-il à Don Rodrigue ?
- il a perdu son Eurydice ?
- Il a perdu un max au casino ?
- Il s'a fait marronner par la fatalité ?
- Il a glissé sur une peau de banane et s'est cassé quelque chose ?
- Va falloir que pour de vieilles questions d'honneur, il tue un peu quelqu'un que ça l'arrange pas du tout because ce quelqu'un est le daron à sa chérie ?
- Il ne digère plus la morue ?
- Il se prend pour Napoléon au soir de la bataille de Waterloo ?

4.
« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »
(Corneille, « Le Cid », v. 1273 [Don Rodrigue])

Ce vers est-il remarquable par :
- l’oxymore « obscure clarté » ?
- l’oxymore « obscure clarté » et les sourcils de Groucho Marx ?
- l’oxymore « obscure clarté » et le « Qu'est-ce qu'elles ont à m'dire, les étoiles ? » de la chanson « Chacun fait c'qui lui plaît » du groupe Chagrin d'amour ?
- Sa persistance à rester dans nos mémoires malgré le flot de stupidités que les médias déversent dans nos esgourdes ?
- Son éclat singulier ?

5.
« Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse :
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse ; »
(Corneille, « Le Cid », v. 1001-2 [Don Diègue])

Ces vers expriment-ils :
- une réalité commune à bien des gens qui, sans problème particulier (pour l'instant), n'arrivent jamais à être tout à fait heureux ?
- La nécessité mélancolique ?
- Une digestion difficile ?
- L'envie de rester chez soi à lire des bandes dessinées en écoutant du Duke Ellington plutôt que d'aller fréquenter ses chronophages contemporains ?
- L'impossibilité d'être heureux dans un monde voué au malheur ?
- La sottise de ne pas se contenter de ce qu'on a dans un monde voué à la rareté naturelle ?
- L'envie d'un steak-frites lorsqu'on a plus que des pâtes dans le placard et plus beaucoup d'sous ?
- La complexité d'un problème de maths et le zéro qui pourrait en découler ?
- Le haussement d'épaules de la jolie fille ?

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2023.

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16 octobre 2023

LE PARTI DES ESPRITS

LE PARTI DES ESPRITS

1.
« La cause prochaine de la folie devra donc être une altération visible de cet organe qui est le plus proche de l'âme, c'est-à-dire du système nerveux, et autant que possible du cerveau lui-même. »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

Cette question pose-t-elle le problème de :
- l'âme ?
- L'âme, du couteau et du citron ?
- L'âme, du couteau, du citron et des pépins ?
- Le lieu de l'âme que je sais pas où qu'il est donc, que l'âme que je sais pas ce que c'est, ni si ça existe, ça l'âme ?
Par contre, le cerveau, je sais bien qu'il existe et qu'il sert à me poser des questions sur l'âme.

2.
« Prendre le parti des esprits, c'est lutter contre la vaine agitation à laquelle ils sont soumis malgré eux ; c'est leur permettre aussi d'échapper à tous les bouillonnements chimiques qui les échauffent et les troublent ; »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

Qu'est-ce donc que « prendre le parti des esprits » ?
- Le spiritisme ?
- L'art de calmer le jeu afin d'éviter qu'la friteuse s'enflamme ?
- L'art d'éviter de prendre un bouillon et de ne pas rester dans la rue quand il pleut des crapauds, des bigoudis exacerbés, des rayons d'la mort et autres tueries ?
- L'art de savoir cacher ses masques, tous ses masques ?
- Adhérer à un club de joueurs d'échecs ?
- L'art de savoir discuter avec ses fantômes et d'habiter une maison hantée sans paniquer ?
- L'art du café ?

3.
« Dans la mesure où il est de l'essence de l'image de se faire prendre pour la réalité, il appartient réciproquement à la réalité de pouvoir mimer l'image, de se donner comme ayant la même substance, et la même signification qu'elle. »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

Cette phrase évoque-t-elle :
- Le réel et son double ? (titre d'un livre de Clément Rosset)
- La société du spectacle ? (titre d'un livre de Guy Debord)
- Le stade du miroir ? (concept de Jacques Lacan)
- Rock And Roll Mops ? (titre d'une chanson de Boris Vian interprétée par Henri Salvador)
- le roman « illusions perdues », de Balzac ?

4.
« c'est la montée de la folie, sa sourde invasion qui indique que le monde est proche de sa dernière catastrophe ; c'est la démence des hommes qui l'appelle et la rend nécessaire. »
(Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

Serait-il que :
- nous soyons au bord de la troisième guerre mondiale ?
- c'est avec raison que nous pensons que nous sommes fous, cinglés, fadas, dingos, insensés ?
- Qu'il peut s'avérer gothiquement inquiétant, avec un peu d'imagination, le lien entre ces deux exemples de grammaire : je cite :
« Il liked the way you cooked the meat. »
« That was the day she discovered the truth. »
- qu'en lisant cette phrase, je vous assure que la tête échevelée d'un zigoto à entonnoir se met à faire du yo-yo dans ma caboche.
- Que nous sommes en fait les personnages d'une nouvelle qui n'en finit pas de H.P. Lovecraft ?

5.
« ou encore l'oreille d'âne que notre roi Midas exhiba devant le dieu Pan. »
(Érasme cité par Michel Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique »)

S'agit-il ici ?
- d'une allusion à Jean-Michel Blanquer ?
- D'une référence aux oreilles dont Apollon affubla Midas afin de le punir de son manque de goût en matière de musique ?
- De la première tentative de greffe d'une paire d'oreilles d'âne sur une tête humaine ?
- D'une image rigolote pour amuser ceux qui, comme moi, aiment les images rigolotes, les rillettes, les chaussons aux pommes et la série animée Daria ?
- La preuve de l’existence du dieu Pan par l'apparition d'oreilles d'âne sur la tête à Midas ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 octobre 2023.

13 octobre 2023

FASCINATION DES GONGS INOUÏS

FASCINATION DES GONGS INOUÏS

1.
« Je le rince, je l'étire (je commence à m'énerver, il faut en finir), je le masse, je le serre, je le résume et l'introduis dans mon verre, et jette ostensiblement le contenu par terre, et dis au garçon : « Mettez-moi donc un verre plus propre. »
(Henri Michaux, « Mes occupations »)

Le narrateur de cette fantaisie est-il :
- un rince-cochon ?
- Un étireur de temps, de phrases, un maniaque des verreries ?
- Un révolutionnaire ? Un putschiste ? Un complotiste ?
- Un pilier de bistrot ? Un forcené ? Un pris de delirium ?
- Un menteur vu qu'en fait il passe son temps à composer des recueils en regardant passer des chameaux invisibles à son plafond lézardé ?
- Un auditeur des gongs inouïs ?
- Un jeteur de sorts en buvant son verre ?

2.
« Je suis gong et ouate et chant neigeux,
Je le dis et j'en suis sûr. »
(Henri Michaux, « Je suis gong »)

De quoi le narrateur est-il « sûr » ?
- de sonner juste ?
- De sonner juste et fort ?
- De sonner juste et fort et profond ?
- De sonner qu'on dirait un peu de mélodie qu'on s'en souvient vaguement qu'on contemple, bouche bée, la neige tomber dans la nuit de la fenêtre ?
- Le narrateur est aussi décalé que le temps qu'on comprenne que le monde vire au cauchemar on s'en réveillera pas ?
- Que si on laisse faire les islamistes, la France deviendra un enfer ?
- « Que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit » ?

3.
« S'il a froid, il pense aussitôt qu'il pense avoir froid, puis il se voit penser qu'il pense qu'il a froid ; »
(Henri Michaux, « L' éther »)

Le narrateur est-il ici :
- cartésien ?
- Fonctionnel et réflexif comme le langage des humains ?
- Adepte de la théorie du réel comme pure perception de l'esprit ?
- Perdu dans le labyrinthe de ses pensées, que tout à coup, le réel se pointe et lui plante un grand coup de pied au cul, histoire de lui apprendre à vivre avec ses contemporains ?
- Frigide, d'un abord glacial, draculesque, vampirant, hululant, aussi improbable qu'un raisonnement juste dans la tête d'un député (surtout s'il a fait Sciences Po) ?

4.
« (C'est pourquoi j'aime tellement les  Encyclopédies illustrées . Je feuillette, je feuillette et j'éprouve souvent des satisfactions, car il y a là la photographie de plusieurs êtres que je n'ai pas encore été. [...])
(Henri Michaux, « Encore des changements »)

Le narrateur croit-il en :
- la réincarnation ? Migration des âmes ? Métempsychose et toutes ces sortes de choses ?
- La toute puissance des « Encyclopédies illustrées » (en tout cas tant que les panzers ne sont pas encore arrivés dans sa rue) ?
- La toute puissance des photographies, des images, des magazines, des bigoudis, des saxophones, des trombones, des prises de parole, des lunettes, des fruits au sirop, des gongs, des chameaux et des gongs ?
- Que Mélenchon sera un jour président de la République (ce qui est aussi vraisemblable qu'une apparition de la Sainte Choucroute au beau milieu de la table les jours où on n'a plus que des pâtes à manger) ?
- La fin heureuse de l'Histoire et toutes ces carabistouilles que les bonnes âmes racontent aux mômes dans les écoles ?

5.
« Et, la nuit, il fallait entendre les coups de pattes des chameaux quand ils essayaient de franchir les écluses, gong ! gong ! sur le métal et les madriers ! »
(Henri Michaux, « Intervention»)

Le narrateur est-il ;
- victime d'hallucinations chamelières et fasciné par le son du gong ?
- Près du fleuve aux longues taches brunes ?
- Agacé des sons, guetteur d'invasions à bosses, gardien des écluses ?
- Fan du groupe Caravan lequel fut un groupe de rock progressif de l'école dite « de Canterbury » ?
- Certain de l'imminence d'une invasion d’extra-terrestres à deux bosses qu'il les entend déjà qui tentent « de franchir les écluses, gong ! Gong ! » ?

Patrice Houzeau
Malo, le 13 octobre 2023.

 

8 octobre 2023

POISONS

POISONS

1.
« A chaque décès dans l'entourage du Roi, les médecins ont été invités à ouvrir les corps afin de s'assurer que le poison n'était point à l'origine de la mort. »
(Max Gallo, « La Chambre ardente », [le narrateur, Primi Visconti])

Cette phrase nous dit-elle que :
- « la Chambre ardente », de Max Gallo, est un texte qui a pour sujet la célèbre « Affaire des poisons », affaire d’État qui secoua le royaume de France entre 1672 (mort de l'aventurier Godin de Sainte-Croix) et son épilogue de 1709 où « un arrêt du Conseil du roi ordonne de faire brûler les « vingt-neuf gros paquets de divers registres », procès-verbaux et rapports de police » relatifs à l'affaire) ?
- « We don't know how to handle the problem of immigration », dit l’exemple de grammaire des éditions Spratbrow, que nous non plus, on s'en sort pas ?

2.
« La cour de France entretient en effet une nuée d'espions, laquais, gentilshommes, argousins, prêtres chargés de rapporter tout ce qui se dit et se trame à Paris. »
(Max Gallo, « La Chambre ardente », [le narrateur, Primi Visconti])

Cette phrase nous aventure-t-elle que :
- le mot « argousin » désignait jadis un officier de « surveillance », et donc de renseignement ?
- Qu'il n'y a pas d’État sans service de renseignement ?
- « Immigration has become the hottest political issue », dit l’exemple de grammaire des éditions Spratbrow, qu'en France, c'est pareil, que ça risque aussi d'être l'un des enjeux des élections présidentielles 2027 ?
- qu'on ne fait pas d'omelettes sans se poser la question des frites, du jambon, du fromage râpé mais défois quand même qu'on se la pose pas, la question ?
- Le samedi 7 octobre 2023 au matin, le Hamas a lancé une attaque-surprise contre l'Etat d’Israël. Ce qui est surprenant, c'est qu'apparemment, le Mossad n'a rien vu venir ?

3.
« - Je suis celui qui voit l'envers des choses, me confiait-il parfois alors que j'évoquais la cour de Versailles où il se rendait peu, ne se mêlant jamais à la tourbe des courtisans, mais voyant le Roi en tête à tête. »
(Max Gallo, « La Chambre ardente », [le narrateur, Primi Visconti rapportant un propos de La Reynie])

Cette phrase nous locomotionne-t-elle que :
- s'il y a l'endroit des êtres, il y a aussi leur envers ?
- la réalité a au moins deux faces, et parfois deux cornes et des pieds fourchus, ou alors de gros sabots ?
- Il y en a qui disent que si le 7 octobre 2023 le Hamas a lancé une attaque-surprise contre l'Etat d’Israël, ce serait afin de saboter un rapprochement que l'on dit possible entre Israël et l'Arabie saoudite ?
- « Their set of values is different from ours », dit l’exemple de grammaire des éditions Spratbrow, que, de toute façon, à mon avis, plus on est que ça finit par faire trop et qu'on a des problèmes ?
- Que l'essentiel n'est pas visible et qu'il faut faire attention à ne pas se laisser couillonner par les apparences ?

4.
« Je me souviens qu'à Paris, au mois de septembre 1676, des femmes s'étaient rassemblées dans les rues, criant qu'on enlevait les enfants pour les égorger. » 
(Max Gallo, « La Chambre ardente », [le narrateur, Primi Visconti])

Cette phrase nous abomine-t-elle que :
- défois on croit que c'est du complotisme et puis il y a du réel dedans, genre qu'on disait que le Covid-19 était peut-être bien une saloperie bricolée dans un labo chinois qu'on nous croyait pas mais qu'on se le demande quand même ?
- Ceci dit, les OVNI ne viennent pas d'autres planètes (s'te blague) mais qu'ils soient des prototypes d'aéronefs étonnants bien de chez eux (les Américains), cela ne m'étonnerait pas ?
- Elle est complétée par, tiré du même ouvrage, même auteur, même narrateur : « J'avais cru qu'il s'agissait d'une de ces rumeurs qui soulèvent le peuple mais qui n'ont aucun fondement, sinon la peur. »
- « They feel excluded from this society », dit l’exemple de grammaire des éditions Spratbrow, que ça, évidemment, si nul n'est prophète en son pays, souvent que ça marche pas non plus à l'étranger ?
- Que je me demande si l'attaque-surprise du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre l'Etat d’Israël n'est pas un indice de plus que la WW3 a réellement et déjà éclaté ?

5.
« Ces allusions indiquent que La Reynie commençait à penser que les alchimistes, les devineresses, les prêtres sacrilèges, les « empoisonneurs » formaient une sorte de confrérie avec ses rituels,... »
(Max Gallo, « La Chambre ardente », [le narrateur, Primi Visconti])

Cette phrase nous secrète-t-elle :
- qu'il existerait des sociétés secrètes dont l'influence serait maléfique ?
- Qu'il y aurait un camp du Bien et un camp du Mal et, entre les deux, des milliards de bipèdes qui grenouillent, pataugent, crapahutent, bossent et bavardent, et se reproduisent ?
- « The Habeas Corpus Act provides a guarantee against emprisonment without trial », dit l’exemple de grammaire des éditions Spratbrow, que ça c'est car nous vivons en démocratie, mais que la démocratie n'est pas le modèle politique le plus répandu au monde ?
- Que pour être heureux, vaut mieux pas se mêler des affaires des autres, qu'elles soient secrètes ou pas ?
- Que les politiques ayant un peu trop tendance à se mêler de ce qui ne les regarde pas, ils s'étonnent après de n'être pas aimés.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 octobre 2023

23 septembre 2023

L'IMPROBABLE ET POURTANT

L'IMPROBABLE ET POURTANT

1.
« Le bûcher, par mes mains détruit et renversé,
Dans le sang des bourreaux nagera dispersé »
(Racine, « Iphigénie », v.1607-08 [Achille])

De quoi donc qu'il cause, le bouillant là ?
- du bûcher des vanités ?
- Du bûcher des critiques ?
- Du bûcher des bûches de Noël les plus catastrophiques ?
- De « Barbara buche au boulot » mais, heureusement, voilà que dans la pub se pointe une bouteille de Badoit et donc Barbara boit au goulot.
- Du Pacte à Pap Ndiaye-Attal aux pompes bien cirées ? (Non, non, je ne le signerai pas.)
- De la France de demain, que Macron pourrait bien laisser aux chiens et aux loups ?

2.
« Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? »
(Racine, « Iphigénie », v.284 [Ulysse])

Ce vers est-il :
- Surprenant comme un cœur qui parle ?
- Hyperbolique comme la politique ?
- D'une belle et honnête simplicité ?

3.
« Une secrète voix m'ordonna de partir »
(Racine, « Iphigénie », v.516 [Eriphile])

Ce vers est-il :
- Joli comme un cœur qui parle (cf aussi du grand Racine : « Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? »)
- Hyperbolique comme une saucisse qui se mettrait à déclamer du Shakespeare ?
- Ah tiens, j'entends dans un documentaire sur Rameau citer les paroles d'un marrant canon : « Un cu- Deux cu- Trois curés ont voulu baiser ma mie Margot »
- C'est un bon vers que ce vers de Racine :« Une secrète voix m'ordonna de partir » et qui dit bien que nos actions sont décidées par quelque secret qui hante nos neurones et les syllabes qui les agitent.

4.
« Mais vous, qui me parlez d'une voix menaçante,
Oubliez-vous ici qui vous interrogez ? »
(Racine, « Iphigénie », v.1346-47)

Qui s’exprime ainsi ?
- Ramzan Kadyrov, dictateur tchétchène, à qui l'on demande s'il est oui ou non tout à fait mort ?
- Vladimir Poutine, dictateur russe, à qui l'on demande s'il a, oui ou non, conscience de ruiner l'économie de la Russie par sa sale guerre en Ukraine ?
- Régis Le Sommier, bavard français, à qui l'on demande si réellement il est pro-Poutine, pro-Bachar el-Assad, en bref, s'il ne serait pas, par ses prises de position en faveur de l'impérialisme russe, un peu compromis dans quelque chose de pas très propre (à moins qu'il ne soit pas tout à fait celui qu'on pourrait croire, bref, ça pue) ?
- Agamemnon parce qu'il s'agit d'une pièce de Racine et pas d'une coupure de presse tirée d'un journal que je n'achète pas parce que ça fait belle lurette que je n'achète plus de journaux ?

5.
Pensez-vous que, lorsqu'un drame se produit dans un milieu aisé genre universitaire, enseignant connu, respecté, qui se serait fait assassiner par sa femme elle-même universitaire, enseignante, connue et respectée, conseillère municipale, autrice... cela pourrait relever de :
- l'improbable et pourtant,
- on ne sait jamais ce qui se passe chez les gens une fois qu'ils ont refermé la porte,
- l'hybris,
- la sélection naturelle,
- l'horreur économique,
- on ne connaît jamais vraiment la personne avec qui l'on vit,
- la rareté naturelle et la violence qui en découle,
- des plaies rouvertes, des feux mal éteints,
- la raison d’État,
- le secret,
- la nécessité de se méfier de tous et de toutes, tout le temps et partout (poil aux genoux).

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2023.

15 septembre 2023

QUAND LE CIEL QUAND LA TERRE ET LA PLUIE HEIN LA PLUIE

QUAND LE CIEL QUAND LA TERRE ET LA PLUIE HEIN LA PLUIE

1.
« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; »
(Baudelaire, « Spleen »)

Bon alors, quoi qui s'passe « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » ?
- Le narrateur regrette d'avoir un peu trop picoli-picolo la veille ?
- Le narrateur regarde le monde et les zôtres qui le peuplent en se disant qu'il aurait mieux fait de rester couché ?
- Le narrateur y va ; je sais pas où mais il y va ?
- Le narrateur se dit : et le pire, c'est qu'ils se reproduisent, tous ces...
- Le narrateur fait une prière à Sainte Moraline afin qu'à l'image de Jean-Michel l'Apprenant et d'Emmanuel l’Ambidextre, elle lui donne le courage de positiver, résilier, bienveiller et de crier que tel est notre projet ?
- Le narrateur se dit qu'il pressent qu'il va encore se faire appeler Arthur ?
- Le lecteur referme le volume de vers et décide que pour ce midi, il va se faire un steak-frites ?

2.
« Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ; »
(Baudelaire, « Spleen »)

Et donc, quoi encore avec l'Espérance là ?
- L'auteur compare l'Espérance à une « chauve-souris », ce qui vaut toujours mieux que de la comparer à une hache, une tête de mort ou une fiole de poison, mais n'en reste pas moins assez peu festif ?
- L'auteur fait savoir à son proprio que son logement commence à virer insalubre, même que les plafonds, i sont tout pourris...
- Le lecteur remarque qu'il y a comme du déséquilibre à la césure du second vers de ce quatrain, genre qu'elle est toute perturbée la chauve-souris de l'Espérance là, à force de se cogner « la tête à des plafonds pourris »
- Le lecteur monte un peu le son parce que là, Lou Reed chante avec seulement une guitare pour l'accompagner, que donc je l'entends moins que ça va pas gêner les voisins, parce que c'est pas du tout trop fort le son quand même,
- Après la remarque ci-dessus, le lecteur se dit qu'à quasi 60 balais, il en est encore à composer des sottises la nuit en écoutant de la musique pop ah la la.

3.
« Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imitant les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux ; »
(Baudelaire, « Spleen »)

Et donc toujours dans la joie et la bonne humeur, quoi qu'ça dit, Charles ?
- Ça dit qu'il pleut
- Ça dit qu'il pleut et qu'ça salit les carreaux
- Ça dit qu'ça pleut et qu'il y a des araignées
- Ça dit qu'ces araignées sont « infâmes », voyez l'genre, des poilues gothiques quoi, des filantes à venin, même qu'elles sont tout un « peuple », qu'on s'en rend pas compte parce qu'elles ne le crient pas sur les toits mais quand même
- Ça dit qu'ces araignées, c'est des trapues, des trapues trappeuses, des crapuleuses qui vous y tendent leurs « filets au fond de nos cerveaux », qu'après on a les idées bien noires et à huit pattes pour mieux aller se cacher sous les meubles.

4.
« Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement. »
(Baudelaire, « Spleen »)

Et pourquoi donc que, tout à coup, des « cloches sautent avec furie » ?
- parce que c'est logique, les cloches après les trois coups de l'anaphore « Quand » (« Quand le ciel »/ « Quand la terre »/ « Quand la pluie »)
- parce que ces cloches sont fêlées furieuses, de vraies cinglées
- parce que ces cloches sont hantées « d'esprits errants et sans patrie » qui, lorsque le ciel, la terre et la pluie tout ça, ils se mettent, ces esprits, à seriner « opiniâtrement », : Où qu', où qu', où qu'je suis ?
- Parce que si Baudelaire avait écrit :
« Des vaches tout à coup sautent avec furie »,
cela aurait donné un drôle de tour à son poème.

5.
« - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »
(Baudelaire, « Spleen »)

Quoi donc penser d'un pareil tableau ?
- que le « drapeau noir » planté sur son crâne a fini par le faire dérailler complètement, le Baudelaire ?
- Que tu vois où ça mène, hein d'aller faire le zazou dans les bars et de fumer les « étranges fleurs des étagères » ?
- Qu'il était sévèrement atteint quand même, le poète aux albatros ?
- Qu'on s'en fiche, qu'on n'aime que le rock et la bière ?
- Que c'est pas tout ça, mais qu'il est l'heure d'aller se coucher ?

Patrice Houzeau
Malo, le 15 septembre 2023.

15 septembre 2023

LES MOUSTACHES DE L'ARCHIDUCHESSE

LES MOUSTACHES DE L'ARCHIDUCHESSE

1.
« You are not attending ! » said the Mouse to Alice, severely. What are you thinking of ? »
« I beg your pardon, » said Alice very humbly : « you had got to the fifth bend, I think ? »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 3)

A quoi peut bien penser Alice ?
- A des malices, sans doute qu'elle pense, Alice.
- Au fromage ? Aux pâtes ? Aux pâtes au fromage ?
- Aux ondulations que fait la queue de la Souris et aux rimes qui y onduleraient quelque rêverie ?
- A la sotte réforme Blanquer ?
- A l'histoire du loup dans la bergerie, et donc à celle du « missionnaire dans la blanchisserie », comme le chantait Charlélie Couture dans l'album « Poèmes rock » (1981) ?
- Au grand vide de tout ? Au grand tout tout vide ?
- Au sens de la vie, surtout s'il y a du gratin ?
- Aux moustaches de l'archiduchesse parce que, distraite, elle confond les mots « chaussettes » et « moustaches » et donc elle se demande, Alice, si les moustaches de l'archiduchesse sont sèches, archi-sèches et même qu'elle se répond, Alice, que certes, les moustaches de l'archiduchesse sont sèches, archi-sèches, et que tout ça vaut bien un hareng-saur sans doute.

2.
« Hold your tongue, Ma ! » said the young Crab, a little snappishly. « You're enough to try the patience of an oyster ! »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 3)

Pourquoi qu'elle est pas trop contente, « la jeune Crabesse », c'est-y que :
- Elle est jalouse d'Alice, si jolie, si lisse, si anglaise ?
- Elle trouve saugrenue l'envie d'écouter les disques de Genesis quand on lit les aventures d'Alice, qu'elle, la jeune Crabesse, elle aurait plutôt envie d'écouter l'album « Lateratus » du groupe Tool, mais qu'après tout, chacun trouve sa mayonnaise là où il fait des frites.
- Pas plus agacée que ça, la jeune Crabesse, elle cause juste pour que Lewis Carroll puisse utiliser l'adverbe « snappishly » et que la traductrice Magali Merle puisse traduire « a little snappishly » par « sur un ton un peu pinçant ».

3.
« Dinah's our cat. And she's such a capital one for catching mice, you ca'n't think ! And oh, I wish you could see her after the birds ! Why, she'll eat a little bird as soon as look at it ! »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 3 [Alice])

S'adressant ainsi au Canard, au Dodo, au Lori et à l'Aiglon, Alice fait-elle preuve :
- d'une infinie cruauté d'enfant ?
- D'une infinie cruauté d'être humain ?
- D'une sottise aussi sotte que la sotte réforme Blanquer ?
- D'une sottise si sotte que moi, voyez, j'ai longtemps cru que Bernard Arnault était un coureur cycliste...
- D'une maladresse de chaipas s'qui s'est passé, mais c'est tout cassé ?
- De pieds dans le plat ?
- De remets donc une pièce dans la musique, qu'on danse un peu ?
- De distraction ? (déjà qu'elle confond « moustaches » et « chaussettes », alors hein)
- D'apocalypse est pour demain ? (y a qu'à voir les tronches de nos politiques)
- D'humour noir ? D'une tendance à la provocation ? qu'Alice, un siècle plus tard, je vous le dis, elle aurait fini par chanter des insanités dans un groupe punk ?
- De « Strawberry Fields Forever » ?

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2023.

27 août 2023

D'AILLEURS IL L'A DIT LUI-MÊME

D'AILLEURS IL L'A DIT LUI-MÊME

1.
« Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l'assentiment des grands héliotropes. »
(Arthur Rimbaud, « Oraison du soir »)
Dans ce tercet, Rimbaud recycle l’expression « depuis le cèdre jusqu'à l'hysope », cette expression signifie-t-elle :
- que Rimbaud était fortiche en SVT (« Sciences de la Vie et de la Terre ») ?
- de l'être le plus grand jusqu'au plus petit (l'hysope semble bien petite quand on contemple le cèdre) ?
- que Rimbaud se prenait pour un autre ?

2.
« - La Nuit vient, noir pirate aux cieux d'or débarquant. »
(Rimbaud, « Les premières communions »)
Dans ce vers, la nuit est-elle comparée à :
- la figure populaire du Captain James Hook ( le Capitaine Crochet) ?
- à un animateur énervé d'une radio libre des années 80 ?
- à la noirceur du cœur quand on en a gros sur la patate ?
- à un cheval noir galopant dans les constellations ?
- à Léa Jacques-Tahaist, la célèbre aventurière des mers et des cartes ?

3.
« Aucun des sophismes de la folie, - la folie qu'on enferme, - n'a été oublié par moi : je pourrais les redire tous, je tiens le système. »
(Rimbaud, « Une saison en enfer »)
Dans cette phrase, Rimbaud veut-il signifier que :
- Il avait étudié la logique et analysé tous les types de raisonnement, y compris les plus absurdes ?
- Le voyou voyant des voyelles et des voyettes avait parfaitement compris le fonctionnement de la comédie sociale (le « système »), qu'il a donc fini par les hausser, ses épaules, même qu'avec il est parti au désert ?
- Qu'il était hypermnésique et que donc, tous les raisonnements, y compris les plus chadoques, il les retenait dans sa tête de Rimbaud ?
- Qu'il avait un truc, c'est pas possible autrement ?
- Que le monde est dingo et surpeuplé de dingos que ça va donc se finir mal, d'autant qu'il ne manque pas de dingos pour dire qu'il n'y a pas assez de dingos, qu'il en faut toujours plus, des dingos, que c'est la volonté du Grand Dingo, qu'il disent, ces fous ?

4.
« Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l’extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. »
(Rimbaud, « Ville »)
Dans cette phrase, le narrateur :
- exprime l'idée que la ville que l'on croit moderne se caractérise par une tabula rasa qui élude la tradition architecturale ?
- prédit les cités-dortoirs du vingtième siècle ?
- estime que ça ou autre chose, vu qu'on est jamais qu'éphémère, peu importe ?

5.
« Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d'harmonica qui pourrait ... »
(Rimbaud, « Les chercheuses de poux »)
Les trois syllabes manquantes du second alexandrin sont ;
- S'la jouer ?
- Calancher ?
- S'affoler ?
- S'déclencher ?
- S'épuiser ?
- Poil aux fesses ?
- Bombiner ?
- S'agiter
- Cabocher ?
- Bambocher ?
- S'amocher ?
- S'décrocher ?
- Autre chose ?

6.
Pensez-vous que Rimbaud était :
- croyant comme un quelconque Claudel ?
- athée comme une tasse ?
- hypermnésique ?
- alchimiste ?
- buveur de bière et fumeur de pipe ?
- extra-terrestre en mission ?
- un autre ? (d'ailleurs, il l'a dit lui-même : « Je est un autre », qu'il a écrit).

Patrice Houzeau
Malo, le 27 août 2023.

24 août 2023

PARCE QUE LA MER VEILLE

PARCE QUE LA MER VEILLE

1.
« After a time she heard a little pattering of feet in the distance, and she hastily dried her eyes to see what was coming. It was the White Rabbit... »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 2)
Pour signifier le retour du Lapin Blanc, la traductrice Magali Merle va user :
- « d'une paire de gants de chevreau blancs » (« a pair of white kid-gloves » ») ?
- « d'un grand éventail » (« a large fan »)
- de l'allitération « un tapotis de petits pas précipités » ?

2.
« Let me think : was I the same when I got up this morning ? I almost think I can remember feeling a little different. But if I'm not the same, the next question is « Who in the world am I ? » Ah, that's the great puzzle ! »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 2 [Alice])
Alice s'interroge. S'interroge-t-elle sur :
- ce qu'elle va manger ce soir ?
- le sens du « Hamlet », de Shakespeare ?
- sa position existentielle dans le monde ?
- la thèse selon laquelle la Terre est un puzzle résolu par un dieu platiste ?

3.
« As she said these words her foot slipped, and in another moment, splash ! she was up to her chin in salt-water. Her first idea was that she had somehow fallen into the sea, « and in that case I can go back by railway, » she said to herself. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 2)
Qu'est-il arrivé à Alice ?
- Elle est tombée dans la mer parce que la mer veille ?
- Elle a chuté dans la « mare des larmes » et se dit, suivant une logique qui lui est propre, qu'elle pourra bientôt rentrer chez elle dans le réel par le chemin de fer ?
- Elle s'est métamorphosée en Sirène ?

4.
« I wish I hadn't cried so much ! » said Alice, as she swam about, trying to find her way out. « I shall be punished for it now, I suppose, by being drowned in my own tears ! That will be a queer thing, to be sure ! However, everything is queer to-day. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 2)
Alice craint d'être punie. Pourquoi et comment ?
- Alice craint d'être punie de n'être pas assez étrange dans ce monde bizarre ?
- Alice craint d'être collée pour avoir séché le cours de piscine ?
- Alice craint d'avoir d'avoir trop pleuré quand elle était trop grande et d'être la cause de cette mare de larmes dans laquelle, maintenant trop petite, elle risque bien de se noyer ?
- Alice pense qu'à force de pleurer comme un veau, on finit par se noyer dans un verre d'eau ?

5.
« Perhaps it doesn't understand English, » thought Alice ; « I dare say it's a French mouse, come over with William the Conqueror. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 2)
En quoi l'hypothèse d'Alice sur l'absence de réponse de la souris est-elle farfelue ?
- parce que tout le monde sait que les souris ont toutes une origine française et qu'elles ont envahi l'Angleterre en accompagnant les guerriers de Guillaume le Conquérant ?
- parce qu'Alice n'a aucune notion de la chronologie des événements historiques ?
- parce que Guillaume le Conquérant n'a jamais débarqué en Angleterre, n'a jamais remporté la bataille d'Hastings en 1066, n'est jamais devenu roi d'Angleterre, tout ça c'est une invention des Français pour couvrir leurs agissements de mangeurs de grenouilles ?
- parce qu'Alice croit qu'elle parle à une souris, mais en fait elle hallucine, vu que « Les Aventures d'Alice » est le roman d'une psychotique, et que la souris est certainement tout autre chose qu'une souris ?
- parce qu'Alice a trop mangé de fondue au Chester ?

Patrice Houzeau
Malo, le 24 août 2023.

21 août 2023

TOUR DRAGON CHEVALIER

TOUR DRAGON CHEVALIER

1.
Soit une tour. Pensez-vous que :
- la tour doive prendre garde ?
- qu'il y a une jeune fille dedans, un dragon pas loin et que, clopin-clopant, par les villes et par les champs, à l'aube, ou bien à quelque tombée du soir, voilà que se pointe un chevalier sur son cheval blanc, à moins qu'il fût noir ?
- la tour plus d'un dans son sac ?

2.
Soit une jeune fille dans la Tour, pensez-vous qu'elle :
- tricote des chaussettes en racontant des histoires de cafougnettes à son chat luthier ?
- chante des ritournelles accompagnée de son chat luthier à la guitare ?
- observe avec une longue-vue les lointains horizontaux pour voir quand qu'il arrive le chevalier sur son cheval là ?

3.
Soit un dragon non loin de la Tour, pensez-vous que :
- le dragon aboie et la caravane vanne avec force moqueries, lazzis, quolibets et bourrins calembours ?
- le dragon prépare un barbecue en beuglant tout le répertoire de Black Sabbath ?
- le dragon dragonne car nul ne vit jamais dragon qui point ne dragonne puisque dragon qui ne dragonne ne pourrait être appelé dragon que par abus de langage ?

4.
Soit le Chevalier qui arrive là-bas, sur le chemin de la Tour et dessus la terre au Dragon (lequel s'appelle Maurice), pensez-vous que ;
- le Chevalier vient à l'invitation du dragon Maurice partager un barbecue en devisant gaiement comme de bons compagnons ?
- le Chevalier va finir grillé saucisse ?
- le Chevalier va occire le dragon, délivrer la jeune fille de la Tour et reprendre un bar-tabac à Dunkerque ?

5.
La conclusion de cette histoire de Tour à jeune fille dedans, de Dragon Maurice et de Chevalier est-elle ?
- qu'il y en a hein ils croivent mais en fait non ?
- Mais c'est qu'est s'que j'dis, mais c'est qu'est s'que j'fais ?
- Cheval dire à ma mère ?

6.
Pensez-vous qu'après la défaite de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine, les agents d'influence pro-russes français les plus influents vont :
- être mis sur la touche, éventuellement en retraite anticipée, et, le cas échéant, être empêchés de toute fonction publique ?
- continuer comme si de rien n'était et rester à leurs postes et dans leurs positions tout en continuant à œuvrer plus ou moins bénévolement pour les intérêts d'une puissance étrangère dont la capitale s'appelle Moscou ?
- retourner leur veste et publier livres et articles à la gloire de l'OTAN, des Etats-Unis et des démocraties libérales ?
- apprendre le chinois ?

Patrice Houzeau
Malo, le 21 août 2023.

16 août 2023

LE ROI DES ZÔTRES INTERPELLE

LE ROI DES ZÔTRES INTERPELLE

1.
« L'album de bande dessinée « Le Roi des Zôtres », textes et dessins de Greg et publié aux éditions Dargaud en 1977, est une aventure de :
- Achille Talon ?
- Achille Zavatta ?
- Achille Parmentier ?

2.
A la première planche de son aventure, « Le Roi des Zôtres », de Greg, Achille Talon s'épate à la vue :
- d'un plat de pâtes au gratin (il s'épate au gratin) ?
- d'un photographe des rues ?
- d'un camembert électrique ?

3.
Le personnage qui accompagne Achille dans la plupart de ses épatances dessinées (sinon la totalité, mais n'ayant pas tout lu, oh et puis hein) s'appelle :
- Herbert Léonard ?
- Minute Papillon ?
- Hilarion Lefuneste ?

4.
A la planche 3 du taquin récit illustré intitulé « Le Roi des Zôtres », de Greg, Achille Talon, gros nez suivi de son héros, en arrive assez vite à la conclusion que :
- on chercherait à lui nuire, rapport à ce qu'il vient d'être visé par quelque onomatopée du genre TAC TAC TAC TAC TAC TAC TAC ?
- que la pluie ça mouille, rapport à ce qu'il se rend compte qu'il a oublié son parapluie ?
- qu'on ne doit pas jeter les spaghetti par le pericoloso ?

5.
A la planche 3 du vivifiant album « Le Roi des Zôtres », de Greg, après avoir échappé à un attentat à rafales et rififi, Achille Talon s'apprête à rentrer au « havre familial » (il se rend chez ses parents). Par qui est-il accueilli ?-- Par le fantôme d'Elvis Presley ?
- Par Philippe Meirieu et son big band (« The Pedagogos »)
- Il n'est pas accueilli du tout, il est enlevé en chemin par des extra-terrestres.
- Autre réponse possible.

6.
Citation : « Nous déposer hommages énormes und diplomatiquement volumineux aux pieds de Majesté la vôtre ! Messieurs : Fife le roi ! ». Qui, à la planche 6 du badaboumant album « Le Roi des Zôtres », de Greg, s’exprime ainsi ?
- Un membre d'une délégation du Zôtrland, pays imaginaire dont Achille Talon serait le souverain plus ou moins légitime (les explications du comment ça se fait-y sont dans les phylactères) ?
- Un groupe folklorique venu d'Onne-Sézou (République du Cépaparla), ancienne colonie tyrolienne (d'où syntaxe et prononciation) ?
- Personne, c'est encore que des menteries mondialistes comme on en entend à la télé et dans les journaux ?

7.
Le salut officiel en vigueur au Zôtrland, petite monarchie énervée où se situe l'action de l'album « Le Roi des Zôtres », de Greg, consiste-t-il à :
- mimer le paratonnerre ?
- tendre le bras droit verticalement, l’index levé sur un poing fermé ?
- tendre le bras droit verticalement, le majeur levé sur un poing fermé ?

8.
Que manque-t-il à l'uniforme du soldat Prumpf pour qu'il soit promu par Achille 1er, « colonel et membre unique de [sa] garde à [lui] » ?
- un hareng-saur ?
- les palmes académiques ?
- la médaille Blanquer de la réforme la plus sotte ?
- Autre réponse possible.

9.
Le chef de la « secrète police » du Zôtrland s'appelle :
- von Salami ?
- von Bückling ?
- von Salkafar ?

10.
Pourquoi faut-il que, malgré lui, Achille Talon, héros de la pittoresque narration en séquences dessinées intitulée « Le Roi des Zôtres », de Greg, accepte tout de même la charge de Roi des Zôtres ?
- pour faire plaisir à ses parents et à la légende des siècles ?
- pour éviter que le royaume du Zôtrland sombre dans la guerre civile ?
- pour enfin se faire une situation, personnage de bande dessinée n'étant jamais qu'une occupation fictionnelle de l'être ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 août 2023

13 août 2023

QUEL DRÔLE DE CORPS

QUEL DRÔLE DE CORPS

« Quel drôle de corps, ce petit détective belge ! Un génie ou un détraqué ? Découvrira-t-il la solution du mystère ? »
(Agatha Christie, « Le Crime de l'Orient-Express » [le docteur Constantine])

Quel est un exclamatif qu'on dit « Quel dictateur alors, ce Poutine ! »
Drôle signifie ici « étrange, bizarre » qu'on dit « Quelle drôle d’idée » ou
De façon d’être qu’on s’dit défois, et puis on hausse les épaules, « drôle de
Corps » que je la sens en désuétude cette expression
Ce est un démonstratif comme dans « Ce saucisson serait-il aussi sec que le hareng-saur sec sec sec du poème de Charles Cros ? »

Petit – vous souvenez-vous du livre « Small is beautiful » ? Le mot
Détective me rappelle Sam Spade, l'étrange privé du « Faucon maltais ».
Belge, dit le docteur Constantine, cause que Hercule Poirot est
Un détective belge que le docteur Constantine se demande si c'est un
Génie - Hercule Poirot a-t-il du génie ? Une fiction peut-elle être géniale ?
Ou plutôt que de manger une boîte de sardines je vas aller chez Zut manger un gratin de pâtes puisqu'elle me l'a proposé.

Un temps pour tout qu'il y a qu'on dit que le temps il est tout
Détraqué déglingué décalé La linéarité du temps est-elle une vue de l'esprit ?
Découvrira-t-il, le drôle de détective belge
La solution de l'énigme bin oui même que la
Solution du crime de l'Orient-Express depuis le temps on la connaît
Du gratin de pâtes j'aime bien comme aussi les romans policiers avec un
Mystère dedans, un beau mystère bien alambiqué.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 août 2023.

8 août 2023

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

« Il était difficile de croire que trois semaines auparavant, à un kilomètre et demi du village, un homme avait été décapité par sa fille unique. »
(Elizabeth George traduit par Dominique Wattwiller, « Enquête dans le brouillard », chapitre 5)

Il s'agit donc d'une décapitation dans ce roman que je lis : « Enquête dans le brouillard », de Elizabeth George, et qu'il
Etait calme le village où, au chapitre 5, arrivent les enquêteurs Barbara Havers et Lynley (citation : « Le village cerné par les bois semblait baigner dans la tranquillité et la paix la plus absolue »).
Difficile d'imaginer une décapitation dans la tranquillité de ce village anglais, si tranquille qu'on dirait les villages anglais si tranquilles de la série Barnaby ou Miss Marple,
De s'imaginer donc une jeune fille lever une hache pour parricider façon drame élisabéthain, difficile à
Croire mais même les lieux les plus apparemment calmes ont leurs fantômes, leurs histoires qui finissent dans le sang et l'horreur. Ce n'est pas parce que des canards glissent sur l'étang, qu'il ne peut pas y avoir un cadavre dans la bibliothèque.
Que cela soit difficile à croire qu'il y a
Trois semaines, la tête d'un homme « avait roulé dans un tas de foin », trois
Semaines, ce n'est rien, et pourtant, trois semaines de ce monde, et encore
Auparavant, et encore auparavant, et encore auparavant,
A en remplir les journaux, les réseaux, les têtes et les bouches -
Un massacre incessant qu'il est le monde, je vous le dis, Madame Coeurdeboeuf, des morts au
Kilomètre, du sang à la Une, que d'la misère et du malheur
Et une salade thon-pommes de terre-haricots verts avec un
Demi de bière de table, puis de la charlotte aux fraises faite maison, tout ça avalé, tandis que les zombies de Poutine tentent d'assassiner l'Ukraine pour le grand profit de la mafia russe, et pendant que Zut
Du diable si je me souviens de ce que Zut me racontait que moi je pensais au
Village de « Enquête dans le brouillard » et à tout
Un tas de romans que j'ai lus, qui m'ont plu et que je ne pourrai pas relire cause qu'un
Homme a une durée de vie limitée, sans compter que ma boîte à songer peut très bien me lâcher à n'importe quel moment, que je pourrais finir baveux gâteux parmi mes livres jaunissants. Quant à Linley, il explique qu'il
Avait « appris à apprécier » la musique – il s'agit de musique classique et pas de tagada-boum-boum hein - « quand [son] père était malade, tout à la fin. Il y en avait toujours à la maison lorsque je réussissais à lui rendre visite », qu'il explique à Barbara dans la voiture. Ah tiens il pleut. Cet
Eté, il pleut pas mal sur les Hauts-de-France.
Décapité. Ça me rappelle la devinette du capitaine décapité et des douze moines qui eurent la tête coupée. Combien ça fait-y de têtes tranchées ?
Par pure fantaisie que j'écris ça. Sinon,
Sa défaite à Poutine que je souhaite qu'il faudrait que l'OTAN décrète l'Ukraine No Fly Zone. Poutine testera et n'ira pas plus loin, dissuasion nucléaire oblige. C'est maintenant ou jamais que je me dis. Mais l'Occident semble soudain si frileux qu'à mon sens pourtant une défaite de l'Ukraine serait suivie de bien d'autres pour nos pommes. La périlleuse Chine n'aurait dès lors plus aucune retenue et le Xi Jinping et le Poutine d'en faire des mauvais coups et autres saloperies. Donc, on se demande si la
Fille du roman « Enquête dans le brouillard » - apparemment sa fille
Unique – a oui ou non décapité son père.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

31 juillet 2023

VERBA DOCENT EXEMPLA TRAHUNT

VERBA DOCENT EXEMPLA TRAHUNT

La fantaisie de l'Antiquité gallo-romaine des aventures d’Astérix (le Gaulois) : une mythologie française, dit-on, et d'en sociologiser les différents aspects, d'en déstructurer le barnum, d'en rationaliser la blague (ça fait des émissions sur France Inter et France Culture, des heures de cours à l'Université, des bouquins qu'on lit si on a le temps...).

« Le Papyrus de César », nous dîne-à-l'huile Wikipédia, est le 36ème album de la série créée par Goscinny et Uderzo. Scénarisé par Jean-Yves Ferri, dessiné par Didier Conrad, colorisé par Thierry Mébarki, cet album, paru en 2015, prend pour thème, ou pour cible si l'on veut, le monde de l'information (d'où évidemment un éditeur romain qui s'appelle Bonus Promoplus, ou encore un Gaulois du nom de Rézowifix et abonné à « l'Echo de Condate », nom gallo-romain de l'actuelle ville de Rennes, je dis ça parce que).

Tout y passe : la promotion des « Commentaires sur la Guerre des Gaules », la censure et la désinformation, le rôle des scribes, le succès des horoscopes publiés par « l'Echo de Condate », les colporteurs, le pouvoir de la presse (si j'ose et j'ose, l'invention de la presse à imprimer datant de 1450), la recherche du scoop, les pigeons voyageurs et messagers, la mémorisation (les Gaulois favorisant, dit-on, la tradition orale), les signaux sonores et les codes frappés, sans oublier le bouche-à-oreille. Amusant, anachronique, aligoté (je dis ça juste parce que l'adjectif commence par « a », quoique souvent qu'il finit à ligoter, à la fin des albums, le barde Assurancetourix).

Comme beaucoup d’œuvres basées sur l'humour, la logique y semble parfois paradoxale, comme le montre cet adage énoncé par le druide Panoramix, à la planche 14A : « Les écrits s'envolent, les paroles restent ! » (bin oui, parce que les écrits sont portés par les pigeons cependant que les druides assurent la transmission orale).

Les personnages ont de gros nez, sauf Jules César qui l'a aquilin. Le trait est vif et fidèle au travail d'Albert Uderzo. La tradition Goscinny est elle aussi respectée et les dialogues regorgent de jeux de mots et d'allusions à l'air du temps (en 2015, on parlait beaucoup des nouvelles technologies de l'information, et on s'ébaubissait bah-bah-bah qu'on s'ébaubissait). Tiens, j'entends parler de Darmanin à la radio et de la censure qu'il fait d'un bouquin pour la jeunesse paru dans une collection destinée aux lecteurs de plus de quinze ans mais qu'il trouve trop explicite, notre grand moraliste, alors que, hein, je n'avais pas besoin d'avoir 18 ans lorsque dans les années 80, j'achetais « L'Echo des Savanes », les livres de Henry Miller et les fantaisies de San-Antonio. Darmanin, quel tartuffe, çui-là.
Bon, ça se finit par une grande bagarre puis un banquet. Et c'est bien rigolo.
A part ça, on est le 31 juillet 2023 : il flotte en France, été pourri. La sale guerre de Poutine en Ukraine se poursuit.

Et pour terminer :
1.
A la planche 23 de l'album « Le Papyrus de César », ce qu'Obélix prend pour des « chèvres sauvages » sont en fait :
- des ânes de Corse ?
- des licornes ?
- des âmes errantes et sans patrie ? 

2.
Lorsque le barde Assurancetourix invite le colporteur Doublepolémix dans sa cabane perchée, il lui présente trois instruments de musique, qui sont :
- le tintamarros, le gaffophone, la flûte à six schtroumpfs ?
- la casserolade, le coin-coin à coulisse, le cornebeuglant ?
- le zinzinium, le beuglophon, l'orypilinx ?

Patrice Houzeau
Malo, le 31 juillet 2023

28 juillet 2023

SIGURD PUIS WESTERN CIRCUS

SIGURD PUIS WESTERN CIRCUS

1.
Hermann. « Les Tours de Bois-Maury », tome VI, « Sigurd » (1990, Glénat). Bande dessinée dont l'action se déroule au moyen-âge et ici, dans une Normandie où persistent des restes des croyances scandinaves. Le personnage principal de la série, Aymar de Bois-Maury et son écuyer Olivier font halte dans un château. Dès les premières planches, atmosphère fantastique... barge risquant de se fracasser sur les rochers et qui disparaît (« La mer est vide », constate Olivier), cheval blanc, joyau au front, et qui ne laisse nulle trace de son passage sur le sable, chauve-souris hantant la tempête...
De très belles planches dans cet album : la planche 12, muette et dans des tons gris qui rappellent les gravures des illustrations du dix -neuvième siècle. Muette ? pas tout à fait, il y a le Rhooooo de la corne de Yan et le Tooooooo de la barge fantôme qui lui répond... Les planches 30 et 31, muettes aussi et, entre brumes et passages de nuées de chauve-souris, l'étonnement de Bois-Maury devant l'apparition des ruines d'une tour fortifiée.... Les planches 40 et 41, scène d'action ; Bois-Maury et Sigurd sont en proie à des maléfices divers (créature griffue, flammes tombées d'un récipient renversé par le cheval blanc, le « cheval d'Hervör ») ; les couleurs éclatent et semblent se tordre vives : rouge, vert, gris, ombres et mauve clair.

Citation :
« - Eloignez votre main. Je sens la froidure d'hiver me passer de travers le bras...
- Que savez-vous de la froidure ?... d'un hiver long de plus de cent années... »
(Hermann, « Sigurd », planche 34, [Bois-Maury et Sigurd])

2.
Morris et Goscinny, les aventures de Luky Luke, « Western Circus » (Dargaud, 1970). « …le même âge qu'aurait l'amiral de nos jours », je suppose l'âge qu'il avait à Trafalgar, il est borgne et « comme lui, il n'est pas mangeable », dit le capitaine Erasmus Mulligan en présentant son lion à Luky Luke et devinez donc comment qu'il s'appelle. Un éléphant. Un directeur de cirque alcoolique, joueur invétéré, avec une tête à la W.C Fields, celui qui disait, nous écuyère-à-café Wikipédia, : « Je n'ai pas de préjugés. Je déteste pareillement tout le monde. ». Un monstre « avec une grande queue devant et une petite derrière » disent les Indiens (et indien vaut mieux que pas d'petits pains au chocolat). Vanessa, la trapéziste et Mrs Mulligan aussi, Daphné, l'écuyère et lanceuse de couteaux, fille du capitaine Mulligan, Zippy le clown et Zip Kilroy, mari de Daphné. Un éléphant. Un chapiteau tout rapiécé. Une attaque d'Indiens tout orange puis tout verts. Un lion apathique. « Pop corn, cacahuètes ». Un éléphant. Un âne bleu étoilé avec un clown dessus. Des Indiens. Un éléphant. L'arrivée de la cavalerie (« Tariiiii Taraaaa Tariiii... »). Un saloon à Fort-Coyote. Un homme très riche et entreprenant ; on l'appelle « dent-de-diamant ». Un éléphant. Il n'y a pas le groupe de rock que j'aime assez, « Wet Leg », formé par les musiciennes Rhian Teasdale et Hester Chambers et qui chantent « On the chaise longue, on the chaise longue, on the chaise longue, all day long, on the chaise longue ». Une bagarre au saloon. Un éléphant. Une écuyère qui joue du trombone. Un éléphant rancunier. Un tueur à gages tout en noir. Un lion végétarien. Un éléphant dans un couloir. Une dépression. Jolly Jumper en équilibriste. Un spectacle de cirque. Une attaque d'Indiens. Des cases rouges quand le chapiteau brûle. Un retard de cavalerie. Un coup de fatigue. Un éléphant consterné (dans le fond de la case). Un rodéo. Lulu Carabine et ses girls (cabaret). Monsieur Jules Framboise « de Paris, France, en Europe ». Hot dogs et cola. Rodéo qui vire au cirque. Un éléphant. Un triomphe. Un imprésario. Une tournée « dans toute l'Europe ». Une affiche. Un bon album. Une citation :

« - Non, il est trop nerveux, je risque de ne pas le rater... »
(Morris et Goscinny, « Western Circus », pl.22A, [Daphné, la lanceuse de couteaux]).

Une note de philosophie politique. Dans l'abum « Western Circus », de Morris et Goscinny, lors d'une représentation du cirque, Old Timer, sur son fauteuil roulant, se moque à voix haute du juge Sockett, présent lui aussi. Soudain, par enthousiasme, Old Timer tire un coup de tromblon en l'air, ce qui pousse le juge Sockett à le convoquer pour le lendemain au tribunal « pour port d'arme prohibée ». Comme on sait, suite à une attaque d'Indiens, le chapiteau prend feu, et « tous les spectateurs quittent » précipitamment « le chapiteau en flammes ». Le juge Sockett aide alors Old Timer en poussant son fauteuil roulant : « Merci, Juge... », dit piteusement Old Timer. Réponse du juge Sockett : « Ne me remercie pas ! Je t'aurais laissé griller avec plaisir, mais je tiens à te voir demain devant mon tribunal ! » (cf pl.35B). L’exercice du droit rend nécessaire la protection du justiciable.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2023.

20 juillet 2023

LA CANE RIT ET RICANE

LA CANE RIT ET RICANE

1.
« La porte de l’hôtel sourit terriblement »
(Apollinaire, « La porte »)

2.
Là, porte-moi ça : deux lots tels sous, riz, terre (quoi qu’on va faire avec ça ? et puis ça fait trois lots et pas deux) : ih ! (ih-ih-ih-ih-ih-ih, je ris ; c’est nerveux) bleu (avoir un rire bleu, c’est rare) ment. Ment-on quand on rit ? Vraiment une question idiote.

Il y a aussi la version : La porte de l’hôtel, souris terrible, ment. Mais là, c’est une autre paire de dents (ce qui s’passe quand le chat n’est pas là).

3.
« Memento mori ».
Mais mène-toi toi-même, Toto : mords, ris !

4.
« Lorsque la nuit revint couverte d’yeux ouverts »
(Apollinaire, « Vendémiaire »)

L’or, s’que ça coûte, alors, l’or (y en a des gens qu’on croirait pas qu’ils en ont, de l’or). La nue y rêve hein (faut donc l’imaginer à voilpé, dis, et rêvant d’or genre baudelairienne, voyez, ou bien genre à la « Madame rêve » à Bashung). Cou vert (ça devient fantomatique), verte d’yeux (serait-ce une martienne ? Houx vert (ô espoir aux feuilles toujours vertes !).

5.
« Dans le fond de la salle il s’envolait un Christ
Quelqu’un avait un furet
Un autre un hérisson
L’on jouait aux cartes
Et toi tu m’avais oublié »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

Dent ; le fonde la (je me demande ce qui fonde la dent ; ce qui fond sous la dent, je sais, c’est la carbonade bien tendre, mais ce qui fonde la dent, hein ? c’est la rapacité, croyez, que l’humain est plein d’dents parce qu’il serait essentiellement vorace, féroce, bouffe-tout-cru, ogre, stomachal, tube digestif, l’humain). Sale ! comme disent les jeunes gens.

Île sans vols laids : y a pas d’zoziaux, dans s’t’île, là ? ou alors que des beaux, des albatros, des coin-coins somptueux croyez-vous, croyez-vous pas, hein, Christ ? Pourquoi que j’lui demande, comme s’il pouvait me répondre depuis qu’il a quitté l’existence pour se fondre dans l’être, hein ?

Quelqu’un ! Avé, hein (on est poli quand même ; faut êt’ poli d’autant qu’il fut, et donc n’est plus, le Ray ; ah Ray, Ray que je n’ai pas connu.)

Un No, train, haie, riz, son. Donc, l’angliche refusa. Un train passait. Il y avait une haie, du riz et du son (un entrepôt peut-être ?)

L’on joue, alors l’on joue eh oh on joue, ou quoi ? car avec les carteuh, faut être au jeu-euh, sinon c’est pas la peineuh, de jouer aux carteuh, autant rester au bareuh à boire des bièreuh.

Eh toiture (ici, le narrateur s’adresse à ses tuiles), ma vais-où (on se le demande), Blier ? (Merci, Bernard, même si je ne sais absolument pas ce que vous venez faire là).

6.
Comment ça, les aventures de Titine et Biloute ?

7.
« Je suis la rivière et la rivière est moi. »
(Adage dont j’entends dire sur Fra nce Inter qu’il serait maori qu’en fait j’en sais rien)

Je suis (qui donc suis-je ? personne, passque c’est pas mon genre de suivre les gens dans la rue) là, rive (en tout cas, le narrateur est au bord de l’eau ; ça change du bistrot) hier : attention à cette phrase : Je suis la rive, hier. Ouh là, ça devient mallarméen, hanté des zazurs, des zoziaux spectraux, des machins qui sont là même quand ils n’y sont pas, d’autant que : eh, hein, la rive, la rive, la rive, hier, est moi. Bon, c’est idiot, mais ça m’gondole. Ça n’enlève rien à la vérité que l’on pressent dans l’adage maori. J’ai pas envie de commenter. Ça sonne juste et vrai, s’t’adage, que je pense que vaudrait mieux préserver nos fleuves et rivières plutôt que de construire des autoroutes et polluer parce que je ne me fais guère d’illusions : l’humain est un prédateur, c’est même ça qui le tuera.

PS : On me pose la question : Mais enfin, qui est le chat ? Je répondrai selon l’ancienne sagesse zen (ou à peu près) que le chat est le grain (à quelques poils et moustaches près). C’est pour ça que le chat rit pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juillet 2023.

18 juillet 2023

ELLE GOÛTA L'ANGUILLE

ELLE GOÛTA L’ANGUILLE

Ah tiens, une phrase étrange relevée dans un roman de Muriel Barbery : citation. « Elle goûta l’anguille. La chair s’en détachait par lamelles au-dessus d’une peau grise et grasse. »
(Muriel Barbery, « Une Rose seule », Actes Sud, 2020, p.134)

Elle goûta l’anguille. Elle est bien libre de goûter ce qu’elle veut. Elle

Goûta l’anguille. Bien libre de goûter ce qu’elle veut, comme mon oncle est bien libre d’oublier ses parapluies où il veut, comme je suis bien libre d’écrire les sottises que je veux, comme la LFI est bien libre d’être dans l’opposition comme elle l’entend, d’autant que je m’en fous, de la LFI. Elle goûta

L’anguille. Ici, c’est une anguilla japonica, forcé car le roman « Une Rose seule », de Muriel Barbery, se passe au Japon. Je ne sais pas si je vais arriver jusqu’au bout, dis, de ce roman, parce que si les détails de l’univers japonais vus par une française sont plaisants (d’autant que je n’irai jamais vérifier qu’en plus de ça je m’en fiche), plaisants aussi les intermèdes genre paraboles illustrant

La sagesse asiatique (en gros, les traits d’esprit d’intellectuels anciens et quelque peu excentriques), les considérations de la « Rose seule » sur je ne sais quoi d’ailleurs, je m’en tamponne copieusement le nénuphar avec deux pattes de héron (petit patapon). La

Chair de l’anguille dite anguilla japonica, je sais pas si elle est bonne, qu’en tout cas Wikipédia nous saké-charlemagne (je ne sais pas si le grand Jean-Luc Fonck l’a osée, celle-là) nous saké-charlemagne alors, que les anguilles du Japon s’y consomment « grillées, badigeonnées d’une sauce composée d’un mélange de sauce de soja, de saké, de mirin et de sucre. » Le mirin, ainsi qu’en outre le mayonnaise Wikipédia, c’est un « saké très doux sucré utilisé comme assaisonnement ». La chair donc

S’en détachait, à l’anguille, qu’en français, le verbe « se détacher » est l’antonyme du verbe « s’attacher », que l’on « s’attache à » (poil aux bras), mais que « l’on se détache de » (poil aux pneus). Et comme la chair se

Détachait de l’anguille, ma pomme a quelque peine à s’attacher à la poursuite de la lecture de ce roman, qu’heureusement, j’ai un San-Antonio de secours. Bon alors,

Par lamelles, qu’elle s’en détachait, la chair. Je me demande ce que raconte la chanson « Seven Nation Army », de Jack White. Par

Lamelles, s’en détachait, la chair. Hein, quoi qu’ça conte, « Seven Nation Army » bon j’y jette un coup d’œil, bon j’y comprends rien, bon après je m’en fous, it’s only rock n’roll, mais comme c’est du bon, électrique, rythmique, riffant, ébouriffant, alors ça va, qu’on peut en revenir aux par lamelles, la chair, et

Au-dessus Jamais envie d’en manger de l’anguille, moi, ce que j’aime, moi, c’est la sole, j’aime bien les moules aussi, le thon en boîte, les boîtes de sardines à la tomate, les boîtes de maquereau au vin blanc, les poissons carrés surgelés panés industriels que même ça, ça devient hors de prix, pis qu’on les frits à la poêle, même qu’on mange des patates à l’eau avec ; je ne vais que très très très rarement au restaurant, j’aime pas ça ; je ne vais que très très très rarement manger chez des gens, j’aime pas ça ; par contre, j’aime bien le groupe The Pretenders et aussi l’album « Il faut tourner l’apache », de Sttellla (1998). Au-dessus

D’une peau donc, que la chair s’en détachait, à l’anguille, et ça, c’est quand même bizarre parce qu’en général, la chair se trouve en-dessous de la

Peau, mais bon, il y a peut-être quelque chose qui m’échappe qu’en tout cas, elle est

Grise, comme la rue,

Et comme le temps en automne, et

Grasse, grasse, grasse, la barquette de frites.

PS. J’ai l’impression qu’il faut comprendre dans cette phrase que l’anguille est présentée en tranches posées sur la peau « grise et grasse », mais je n’en suis pas absolument sûr.

Patrice Houzeau                                                          
Malo, le 18 juillet 2023. 

17 juillet 2023

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

Ernest Borneman. « Tremolo » traduit de l'américain par Henri Robillot. Gallimard, « Série Blême », 1951. Polar qui tend au suspense psychologique, mais sans tension extrême ; pas de palpitations intempestives à craindre, et pas non plus cette impression que l'on a parfois de se faire avoir par la trop grande habileté de l'auteur lorsque que l'on se plonge dans les thrillers de Mary Higgins Clark.

Mike Sommerville, l'homme, c'est le personnage sympathique par excellence, bon vivant (solide fourchette et, à l'occasion, ne refusant pas un verre) sans que cela nuise vraiment à sa détermination à faire les choses correctement : diriger correctement son entreprise, on est en Amérique, Mike est un entrepreneur ; jouer correctement du jazz, c'est un passionné de jazz dixieland, New Orleans, de Louis Armstrong, de Leon Roppolo (ou Rappolo, 1902-1943), clarinettiste de jazz connu pour avoir joué au sein des New Orleans Rhythm Kings ; passionné, Mike, de rythmes vifs avec trompettes, clarinettes, de pétillant, de l'entraînant, du fringant flamboyant, de swing. Le roman donne envie d'écouter du jazz, du bon vieux jazz. Mike semble aussi déterminé à mener une vie de couple heureuse (il est amoureux et assez sentimental) et à élever correctement son fils.

Ernerst Borneman (Berlin 1915- Scharten (Autriche) 1995) fut auteur de romans policiers, musicien de jazz, critique de jazz, psychanalyste, usw... C'est pour ça que.

Marge, la femme, semble trouble et troublée, amoureuse. Il y a du subconscient car il y a des fantômes. Psychopathologie de la vie conjugale. Et si...

Incidents du sucre, des livraisons envolées, du pick-up qui se met en marche tout seul dans la nuit et joue des disques, incidents des disques cassés, de la clarinette volée, de la montre volée, la bizarrerie d'un couac dans la logique de l'intrigue, je ne vous dis pas quoi ; vous verrez en lisant ; du reste, on s'en débaloufre vite (du verbe « s'en débaloufrer », s'en fiche complétement ou quasi), cause que c'est pas l'essentiel.

Mary-Anne, la mère de Mike, veuve, lit le « New Yorker ». Rationnelle, rassurante Mary-Anne. Evoque le subconscient. Psychopathologie de la vie de mère, d'épouse, de belle-mère, de grand-mère, et si...

Spirale.

Pete, le fils. Sera un adulte probablement aussi sympathique que son père, aide au dénouement. Je lève le doute : le môme n'est pas coupable.

« Tremolo » relève du roman de complot. « Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire », dit la Phèdre de Racine. Machine infernale tic-toc-tic-tac-tic-toc-tic-tac...

Spirale et lutte pour le contrôle de cette spirale.

Martha et Joe Washburn, la femme de ménage et l'homme à tout faire, honnêtes et de bonne volonté. Et si...

Jeannie, la chanteuse de jazz, jeune et tentation possible, représente la liberté d'une vie consacrée au jazz, aux boîtes enfumées, aux jam-sessions qui font le pont entre la nuit et le petit jour, aux amitiés entre musiciens, entre hommes autour d'une table, d'une bouteille, d'une passion partagée (la musique), tentation peut-être, la jeune et vive Jeannie, nostalgie d'une vie plus ou moins de bohème pour un Mike plus ou moins rangé des trompettes, ayant quitté les aléas d'une vie de musicien pour une vie bourgeoise de citoyen respecté.

Vous l'aurez compris, le dénouement n'est pas le plus important dans ce roman, qui n'est pas un chef d’œuvre, mais un livre attachant, surtout si l'on aime le jazz et les fantômes.

Citation :
« Puis, sans préambule, la voix de Jeannie s'éleva, grave, un peu rauque, une voix qui ne semblait destinée qu'à vous. Et pourtant, elle chantait aussi gaiement et aussi naturellement qu'un enfant qui se fredonne une chanson pour lui-même. »
(Ernest Borneman. « Tremolo », chapitre III).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juillet 2023.

10 juillet 2023

LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN

LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN LOIN

« Donc, ces usines vont loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin. Vous voyez le genre. C'est très grand, bien plus grand que nous. »
(Richard Brautigan traduit par Michel Doury, « L'usine oubliée » in « Sucre de pastèque », coll. 10/18 n°1624).

Donc, je viens de lire « Sucre de pastèque », de Richard Brautigan et
Ces poèmes en prose m'ont plu. Il y a tous ces parapluies que mon oncle a perdus. C'est agaçant. Je suis sûr qu'ils se promènent dans la ville avec d'autres gens que mon oncle dessous. Surtout quand il pleut. Il y a aussi ces
Usines, dont on dit qu'elles
Vont revenir (c'est Macron qui dit ça). C'est qu'on revient de
Loin, de l'époque où ça s'désindustrialisait si vite, la France, qu'elles partaient
Loin, les usines, même qu'on pariait sur la tertiarisation de son économie, à la France ; de
Loin, vous dis-je. Le mot
« Loin », vient du latin « longe » qui signifiait
« Loin, au loin ». Aller
Loin, ça veut dire « parcourir une grande distance », mais aller
Loin, ça veut dire aussi « accéder à une situation importante ». « D'aussi
Loin que je me souvienne », ça veut dire qu'on se rappelle du passé lointain ;
Loin est donc connoté aussi bien spatialement que temporellement.
Vous voyez, c'est comme les parapluies perdus de mon oncle. Il les a perdus dans le passé et dans l'espace du quelque part. Ah ils sont loin, maintenant.
Voyez-vous ce que je veux dire, sinon, tant pis.
Le « Sucre de pastèque », de Brautigan, je vous le conseille. C'est le
Genre de livre que j'aime bien. Comme la poésie, les omelettes aux champignons et les seins de Marie-Claire.
C'est pas prétentieux, pas
Très long (ah ces auteurs qui n'en finissent plus, comme si ça nous intéressait...). Est-ce un
Grand livre ? Je sais pas
Bien. Le monde pourrait tourner sans et c'est peut-être ça le
Plus intéressant. Un
Grand livre ! Je vous demande un peu. Il n'y a
Que ça, partout, des grands livres, des chefs-d’œuvre, des incontournables, qui
Nous éclairent, dit-on, sur l'humain, l'être, l'essentiel, et qu'on y est quand même dans le trop tard, l'inhumain, le néant, le dérisoire.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2023.

10 juillet 2023

A PROPOS DE SUCRE DE PASTEQUE ET DES POULETS RÔTIS

A PROPOS DE SUCRE DE PASTEQUE ET DES POULETS RÔTIS

La surpopulation est le mal du siècle. Après la phobie scolaire, bien sûr.

La poésie, c'est ce que je préfère, avec la crème glacée à la pistache et les fesses de Carole. La
Surpopulation, par contre, voyez, j'en suis pas fan. Les gens se reproduisent et ils appellent cela l'humanité. C'est effrayant comme un poulet rôti. Il y a ce livre que je viens de lire et qui
Est très bon, « Sucre de pastèque », de Richard Brautigan. C'est très curieux. C'est un court roman surréaliste composé en fragments. Moi je dis que ce sont plutôt des cycles de poèmes en prose qu'un roman, même qu'il y en a trois (« Sucre de pastèque », « Inboil », « Margaret »), mais les spécialistes de la spécialité, à ces mots, peut-être qu'ils se rengorgeraient comme des poulets rôtis juste avant de débiter un discours électoral et de me traiter d'enseignant de base.
Le « Sucre de pastèque » là, ça rappelle certains romans de Boris Vian. Ça parle de Pauline, de Margaret, d'une usine oubliée, des tigres sur le pont, de Charley, de Fred, d'une bande de mauvais gars menée par un certain Inboil, (le
Mal), et de la sagesse des truites (le bien), aussi de l'utilité
Du sucre de pastèque. C'est un roman du
Siècle passé, il a été composé en 1964, publié en 1968 aux Etats-Unis, et en 1974 en France (dans une traduction de Michel Doury) et
Après, il y eut tant d'autres livres publiés partout, tant de poulets rôtis et de discours électoraux, tant de dangereux qui assassinèrent tant de gens que je me dis que ce serait cool de lire « Sucre de pastèque » avec un fond sonore de vieux jazz, de country-rock, de blues genre ça s'balade nonchalant sous le soleil.
La poésie, c'est ce que je préfère, avec la tarte aux abricots et la nuque de Fabienne. La
Phobie scolaire, j'en pense trop rien, qu'il me semble que le
Scolaire, quand j'étais collégien, il fallait que je me concentre drôlement pour empêcher mes jambes de fuir lorsque j'allais en cours et qu'il y avait des choses à faire.
Bien entendu, à l'époque, il n'y avait pas autant de cas de phobie scolaire et
Sûr que la phobie scolaire, c'était plutôt paresse, flemme, et fainéantise qu'on l'appelait, hein, la trouille des gens.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juillet 2023.

1 juillet 2023

RAPPORT A LA MAYONNAISE

RAPPORT A LA MAYONNAISE

Les frites, on ne pourra pas les faire venir.

Pourquoi, vous voulez faire venir des frites ?

Bin oui, faire venir des frites, c'est ça que je veux.

C'est ça que vous voulez, faire venir des frites ? Bin ça alors.

Ça vous étonne ? J'ai la mayonnaise déjà, donc faire venir des frites, c'est logique, non hein ? Ça vous étonne ?

C'est le mot « frites » qui m'étonne. Il y a tant d'autres êtres qui pourraient venir. Tant. Tant. Tant d'autres êtres...

Bin oui, tant d'autres êtres. Alors pourquoi pas des frites ? Rapport à la mayonnaise... (Un temps, un gros Quignol passe car le gros Quignol c'est une sorte de monstre marin mais avec des ailes, ce qui fait qu'il est pas marin. On entend un flap-flap-flap apprenant). Rapport à la mayonnaise. Faire venir des frites, c'est ça que je veux. Et puis, j'ai faim.

Vous savez que, vos frites là, elles ne viendront pas toutes seules ?

C'est bien qu'est-ce que j'dis. Les frites, on ne pourra pas les faire venir.

Il faudrait que quelqu'un les apporte.

Que quelqu'un les apporte (Le personnage réfléchit en fermant et en rouvrant plusieurs fois les yeux car il est doté d'un cerveau. En conséquence, l'accessoiriste devra prévoir, pour chaque représentation de la pièce non jouée, un cerveau en parfait état de marche). Que quelqu'un les apporte... Vous pensez à un livreur de frites. Un livreur de frites, c'est bien à ça que vous pensez ?

Ou alors que quelqu'un aille les chercher. Que quelqu'un aille les chercher, les frites, pour les apporter, enfin, les rapporter...

Ah je vous vois venir...

Pourtant, je suis déjà là.

C'est bien qu'est-ce que j'dis. Que vous n'êtes pas encore parti...

Et vous croyez que je reviendrai ?

Je ne sais pas si vous reviendrez. On part chercher des frites, et là dans la rue, on rencontre une fille venue d'une autre planète... et on est enlevé, là, dans la rue, on est abducté.

Oui, c'est ça justement, comme vous dites. Et du coup, les frites ?

Bin, c'est les visiteurs des autres planètes qui les mangeront, vos frites. A condition d'avoir été abducté en revenant de la friterie, parce que si c'est en y allant, à la friterie, là, dans la rue, bin ils n'en mangeront pas des frites, les visiteurs.

Surtout que la mayonnaise, c'est vous qui l'avez.

(A ce moment, un hot dog gigantesque passe dans l'air tout compris et ouvrant une gueule démesurée et baveuse (c'est d'la moutarde) avale nos deux personnages. Rideau (de la méduse parce que c'est médusant hein?)

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2023.

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