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31 janvier 2022

DES FRUITS DES AMES DES GILETS JAUNES

DES FRUITS DES ÂMES DES GILETS JAUNES

1.
« Il y avait des fruits tout ronds comme des âmes »
(Apollinaire, « Le larron »)

J'aime bien cette comparaison des fruits
et des âmes il y en a qui existent & les
autres je ne sais pas car ce que « âme »
on appelle c'est la valeur morale non et
à l'âme survivant au pourrissement & qui
au je n'sais où des métaphysiques je n'y
crois pas l'âme pas facile à définir j'y
vois moi une ligne d'horizon qui remue &
vois moi de l'inaccessible à passions et
cette part d'inconnu qu'il y a dans tout
humain passant Si je vole des fruits car
il est question d'un voleur & le poème à
Apollinaire s'appelle « Le larron » & si
je vole des fruits volerai-je des âmes ?

2.
Les Gilets jaunes je m'en souviens quand
ça commença en décembre 2018 ma mère qui
qui allait bientôt mourir avec elle pour
lui tenir compagnie je ne savais pas que
ma mère allait bientôt mourir pis choqué
j'étais par la violence que la télé nous
montrait alors ma mère me dit que la vie
était dure pour bien des gens Sortait de
l'hôpital alors et elle avait parlé avec
une infirmière qui lui avait dit combien
c'était pénible le métier et ma mère qui
avait toujours été à droite trouvait que
Macron ne l'avait pas volée cette émeute
oui on peut parler d'émeute On dit qu'il
a eu peur Macron moi j'étais choqué j'me
souviens de ce policier il a failli être
lynché en direct et put fuir parce qu'un
manifestant s'est interposé & l'a laissé
courir Moi j'ai écouté ma mère & je sais
bien que la vie est dure pour pas mal de
gens & donc la phrase de Michael Foessel
que j'ai lue dans l'Obs me plaît assez :

« Les Gilets jaunes aussi, en installant des barbecues sur les ronds-points, exprimaient ce désir de reconquérir une forme de sociabilité heureuse. »
(Michael Foessel interviewé par Marie Lemonnier, « L'Obs » du 27 janvier 2022)

Patrice Houzeau
Malo, le 31 janvier 2022.

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22 janvier 2022

QU'ON EN OUINE S'EN EMEUT LA VACHE

QU'ON EN OUINE S'EN EMEUT LA VACHE

1.
« Le chapeau à la main il entra du pied droit
Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi
Ce commerçant venait de couper quelques têtes
De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête »
(Apollinaire, « L'Emigrant de landor Road »)

Ouvrant au hasard mon « Alcools »
je lis souvent ce quatrain qui me
joue sa petite musique de refrain
drôlatique on dirait qu'une scène
tirée d'un tableau surréaliste ou
d'une féerie filmée autrefois une
ancienne synchronie me rejoue une
fois encore de son fantôme qui se
moque bien de nos masques actuels
du présent effrayant & des livres
sans poésie que l'on nous assène.

2.
« Et le bruit éternel d'un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

Et le bruit éternel d'un fleuve large et sombre
qu'il me semble entendre en bruit de fond & qui
roule son flot d'âmes passées et que défile sur
ses rives le décor hanté par de vivants bavards

Mais ce n'est pas ça non ce n'est pas ça pas ça
ce bruit éternel d'un fleuve large et sombre ce
bruit blanc ce bruit sombre c'est du son d'tête
du son d'caboche d'la syllabe pour poétiser une
séquence rythmique qui s'insinue en nous & nous
le flanque ce bruit éternel d'un fleuve large &
pontifiant large et pourtant blonde large & Zut
me dit Zut avec tes frites tu veux d'la mayo ou
bien du vinaigre dessus y a d'la bière au frigo

3.
On frappa à la porte et une autre femme de
je suppose qu'il s'agit d'une femme de car
si ce n'était pas une femme de elle serait
soit sans noblesse soit sans complément de
nom ce serait une « autre femme » un genre
de femme anonyme une passante de roman une
passante de fiction ou une femme qui vient
après une autre femme une autre encore qui
vient une autre femme une autre encore qui
vient une autre femme une autre encore qui
(je crois que j'me suis coincé le fantôme)
vient comme dans une hallucination ou bien
c'est dans une pièce et le prisonnier dans
la pièce le prisonnier des femmes viennent
des policières viennent l'interroger cause
qu'on est dans un roman de science-fiction
avec une société où les femmes ont pris la
place des hommes ou comme dans le film qui
montre (il s'agit de l'étonnant Black Moon
de Louis Malle) une société en proie à une
guerre des sexes ultra-violente armée avec
des morts et des peurs ou alors c'est dans
un hôpital où il attend attend attend dans
un va-et-vient d'une foule de plus en plus
dense on annonça que le train en direction
de Jeumont est annulé annulé annulé annulé

4.
« Hanswurst les répétait aussitôt, à sa manière à lui, et en exagérant »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

Hanswurst les répétait aussitôt, à sa manière à lui,
et en exagérant
Jean-Saucisse ainsi traduit-on Hanswurst qui désigne
l'bouffon à fil
écrit Schopenhauer qui moquait dans le vieux théâtre
de marionnettes
allemand les figures héroïques ou impériales me suis
dit qu'le grand
Céline çui du Vovage et de Casse-Pipe futbouffon ce
genre génial et
tragi-comique et singeant et l'horrible féerie plein
la cafetière et
Hanswurst les répétait aussitôt, à sa manière à lui,
et en exagérant
cette exagération qu'c'est déjà le réel hyperbolique
et débordant le
réel d'histoires qu'on en ouine s'en émeut la vache.

5.
« Je le sais ; mais enfin j'en prends peu de souci. »
(Corneille [Polyeucte])

Je le sais ; mais enfin j'en prends peu de souci.
Très épatant ce vers qui me colle comme un gant y
a défois des gants i vous-y collent à l'âme qu'du
coup défois vous ne prenez pas de gants pour dire
ce que vous avez à pis qu'vous n'en prenez pas du
réel le souci qu'il faudrait mais qu'vous vous en
faites du tintouin têtu pour des sottises ça vous
fait songer défois quand vous y songez & vous n'y
songez pas souvent vous avez d'autres soucis pour
le faire passer votre temps pis de souci en souci
que ça vieillit la carcasse ça marine ça vinaigre
vous allez très humainement au grand pas d'souci.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2022.

21 janvier 2022

SOUS LE GOBAN

SOUS LE GOBAN

 

 

  1. lampe ; son visage vivement éclairé paraissait à
    tous et tous s'épouvantèrent à la vue de l'homme
    qui l'homme que l'homme quoi (il était pas beau)

  2. apparaissait tel qu'il était réellement, celui qui
    hier encore passait dans la vie sans s'en douter &
    faisant comme si alors que hein maintenant hein le
    voilà étrange avec cette tête qu'on ne voit plus &
    ce corps que l'on traverse dans à peine un frisson

  3. « Enfin, épargnez-moi ces tristes entretiens »
    (Corneille, « Polyeucte », [Pauline])

    Enfin, épargnez-moi ces tristes entretiens
    dit Zut au fantôme du bourreau qui s'était
    mis à lui raconter son existence pleine de
    tourments de tortures d'inquisitions C'est
    que j'ai tant besoin de me confier lui dit
    le spectre des frayeurs Et pourquoi est-ce
    moi qui dois les entendre ces horreurs lui
    dit Zut très blanche et pourtant pâle Mais
    êtes-vous bien sûre que vous n'avez rien à
    vous reprocher répondit alors le bourreau.

  4. « a pack of cards, after all. I needn't be afraid of them ! »
    (Lewis Carroll, [Alice])

    a pack of cards, after all. I needn't be afraid of
    them !
    Se disait Alice considérant le réel comme un genre
    de jeu
    de cartes avec toutes ces figures tournant passant
    allant
    partant revenant disparaissant le grand jeu quoi !
    Valses
    d'ombres qu'on songe parfois quand la nuit quelque
    fièvre
    vous effleure de son aile d'oiseau de nuit Après à
    la fin
    les châteaux s'effondrent dans un grand froissement
    d'âmes

  1. Polyeucte dit qu'il sait ce qu'est un songe
    je parle du Polyeucte de Corneille aussi il
    dit que Pauline sans raison dans la douleur
    plongée Pauline qu'elle est Néarque fait un
    vers monosyllabique Et Dieu qui tient votre
    âme et vos jours dans sa main Ah oui hihihi
    C'est la scène où Polyeucte dit Et le désir
    s'accroît quand l'effet se recule Marrance.

  2. Dans l'idée qu'à force d'avoir raconté
    pendant des mois tout et son contraire
    sur l'épidémie les contaminations & le
    vaccin à la veille des présidentielles
    il s'imagine qu'il peut raconter à peu
    près n'importe quoi aux Français notre
    Gouvernement La Pérore là espérant que
    les électeurs vont gober pass vaccinal
    endettement insécurité étrangetés d'la
    gestion Blanquer inflation & ce qui en
    découlera la baisse de la consommation
    entraînant baisse de production suivie
    d'une politique d'austérité agrémentée
    des réformes pénibles qu'not'emmerdeur
    c'est lui-même qui l'a dit ne manquera
    pas de mettre en œuvre une fois réélu.

  3. des charrettes, toutes mes pensées, jusqu'à ce
    que j'écrive mes mains suspendues au-dessus du
    clavier et que les mots viennent par groupes &
    séquences lexicales rythmes sons & que le sens
    de ce que je suis en train d'écrire s'impose à
    moi cependant qu'elles poursuivent leur chemin
    les charrettes, toutes mes pensées, jusqu'à ce

  4. Contemplant les étoiles pierres
    jeu de go me dis-je & car c'est
    la nuit on ne peut voir que les
    pierres blanches que jouent des
    dieux ignorés dans une éternité
    qui n'est pas la nôtre ainsi je
    songeais sous le goban du ciel.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 21 janvier 2022.

13 janvier 2022

CLIGES FAIT SON INTERESSANT MONOCHROME

CLIGES FAIT SON INTERESSANT MONOCHROME

(En parcourant la traduction par Charles Méla et Olivier Collet du Cligès de Chrétien de Troyes)

 

Cligès parti servir Arthur Fénice pleure
& soupire mais contente quand même parce
Que Cligès l'a quittée sur ces cinq mots
« Je suis tout à vous » qu'si elle avait
Un chat elle lui donnerait sa langue car
Fénice ne sait ce qu'il en est mais elle
N'a pas de chat (en tout cas Chrétien de
Troyes n'en fait pas mention) alors elle
Garde sa langue pour elle toute seule et
Se la tourne & retourne en sa jolie tête
Tourment d'amour dans un roman courtois.

Après avoir fait le chevalier blanc dans
Son duel avec le duc de Saxe le Cligès i
Continue de faire son intéressant allant
Tournoyer à Oxford tout en noir que l'on
Dit parmi les gens Qui sait qui c'est oh
Pas moi - Ni moi mais il n'a point neigé
Sur lui ! Après avoir merveillé à Oxford
Cligès disparaît dans la ville oùssqu'il
Se cache afin que tous se demandent & ce
Jusqu'au roi Arthur qui c'est-y donc que
Ce type-là ? Qui ? Hein ? Qui ? Pis d'où
qu'et où qu'il est alors Chacun chercha.

Le lendemain écrivit Chrétien de Troyes
C'est Lancelot du Lac (une légende avec
La Dame du Lac Viviane La Fée qu'elle a
Pour nom même qu'elle éduqua Lancelot à
La mort du père à Lancelot & c'est donc
Normal qu'il s'appelle Du Lac Lancelot)
Donc Lancelot v'là qu'il s'y colle à la
Joute contre Cligès lequel incognito et
Cette fois-ci après avoir paru blanc de
Blanc pis noir de noir voici qu'en vert
Tout en vert plus vert qu'herbe écrivit
Chrétien incognito ai-je dit car nul ne
Le connaît c'est l'Inconnu du jour mais
Tous s'en émerveillent et Cligès le met
Un peu minable le Lancelot puis le jour
Suivant qu'on appelle aussi lendemain &
Ça c'est pour pas l'confondre avec four
A pain Eléphant ou Nation apprenante et
Donc le jour suivant Cligès toujours en
Bel Inconnu s'radine très vermeil rouge
Vif comme pucelle à dents manquantes et
Qui rougeoie dès qu'à sa vue il apparut
Son boutonneux adoré & affronte Gauvain
Le chevalier venu d'ailleurs Cligès est
Ainsi appelé car le roman l'appelle par
Cette périphrase combat en blanc & plus
Blanc que fleur de lys écrivit Chrétien
Que donc Cligès il a fait le tour d'ses
Couleurs Blanc Noir Vert Rouge Blanc ah
Le festival dis après symbolique que ce
Serait ça j'peux pas dire mais je crois
Plutôt qu'il voulut l'épater la galerie
Le Cligès bref après i s'fait connaître
Au roi Arthur y a un banquet i bouffent
Tous comme des mais ça c'est pas dit le
Roman dit juste qu'ils ont bien mangé &
Ça c'est bien parce que sinon ça valait
Pas le coup d'aller à la cour d'Arthur.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 janvier 2022.

21 novembre 2021

COMMENT ÇA UNE THEIERE VOLANTE DANS UN MONDE ANCIEN ?

COMMENT ÇA UNE THEIERE VOLANTE DANS UN MONDE ANCIEN ?

1.
« Devant moi, une herbe innombrable. Je relevai la tête – des gloussements louloutiques parvenaient à mes oreilles »
(Gombrowicz, « Cosmos »)

« Devant moi, une herbe innombrable » dans laquelle je m’emmêlai les nougats et bientôt j’eus des insectes plein les cheveux ; j’aurais pas dû me projeter dans tout s’t’existentiel exubérant là.

2.
Je m’esgourde du Blue Öyster Cult. Je me réveille dans un monde ancien. Déjà à nos portes les nouveaux seigneurs et leurs créatures. Plus besoin de guerre, la technologie asservira bien mieux. Contents, les gens : les machines penseront pour eux.

3.
« je rencontre Fuchs, sa tête de rouquin très blond » (in Gombrowicz, « Cosmos ») : cette phrase confirme que Fuchs a une tête, elle ne nous dit cependant rien de la hauteur de ses cornes, ni de la couleur de ses trois yeux.

Vous me direz que rien ne dit dans le roman que Fuchs a trois yeux. Certes, mais d’abord, rien ne nous dit le contraire et de plus, il ne faut jamais oublier le troisième œil, hein, le troisième œil…

4.
« J’étais suspendu à cet unique instant » (in Gombrowicz, « Cosmos ») : mieux vaut être suspendu à quelque instant, d’autant plus précieux qu’il est unique, bien qu’en fait moi personnellement, ça ne me change pas la couleur du cheval blanc d’Henry IV.

5.
« les lèvres derrière les lèvres, bouche et bouche » : je note ces mots pris au hasard de l’œil dans une page de Gombrowicz cause je ne sais pas trop à quoi ils font référence et ça m’amuse… m’inquiète un peu aussi : suis-je en train de lire un roman ?

6.
J’apprends ce dimanche 21 novembre 2021 que 600 maires tribunent qu’ils vont voter Macron aux présidentielles 2022. C’est bien. Bon, en fait, je m’en fous. Mais c’est bien aussi car je suis sûr qu’eux aussi mangent des haricots. Peut-être même des saucisses.

7.
« L’une de ces vitres ne me regardait-elle pas d’un regard humain ? » se demande le narrateur du « Cosmos » à Gombrowicz. C’est ça le problème des vitres que défois elles vous regardent d’un regard qui, s’il n’est pas vitreux, n’en est pas moins louche.

8.
« Lui aussi avait découvert au moins un visage du sphinx. » Cette phrase de Gombrowicz (visita-t-il l’Egypte ?) nous renseigne sur la pluralité des visages du sphinx. Défois, on peut en découvrir au moins un. Ça pourrait laisser songeur.

Le sphinx, plus on en découvre de visages, plus on comprend qu’il en a, ça ne s’arrêtera qu’avec la fin de tous les visages. Après, le sphinx, il fera comme tout le monde, il se fera tout petit, minuscule, invisible, néant.

9.
« Le jour suivant se montra distrait, sec et brillant », remarquable notation de Gombrowicz (celui qui n’a pas écrit « Guerre et paix ») qui rappelle que le jour est parfois si distrait que défois il oublie de se lever, et c’est pour ça que nous, les humains sommes si bruyants.

10.
« Que signifiait tout cela ? Quel était le sens de cela ? Qu’est-ce que cela cachait ? » : Ah c’est qu’il s’en pose des questions, le narrateur à Gombrowicz (qui n’a pas écrit « Guerre et paix » parce qu’il a composé « Cosmos »). En tout cas, ce « qu’est-ce que cela cachait ? » ne permet toujours pas d’élucider le mystère de la deuxième chaussette ni d’en savoir plus sur la disparition de Peng Shuai.

11.
« Et cette théière par-dessus le marché… » : je reste abasourdi par cette révélation que nous devons au « Cosmos » de Gombrowicz (l’homme qui ne composa pas la Neuvième Symphonie de Beethoven bien que j’ignore si Gombrowicz eut des soucis d’audition) : donc, Gombrowicz affirme que défois des théières volantes survolaient les marchés de Pologne. On me dira que c’est de la fiction, que rien n’est prouvé, qu’il ne faut pas exagérer la puissance de Blanquer. Certes, j’entends bien… il n’empêche, des théières volantes, ça secoue.

12.
« Vacarme, tremblement, grondement, un camion » : dans le « Cosmos » de Gombrowicz (celui dont je ne sais pas s’il eut des soucis d’audition) un camion passe avec le même fracas que lorsque mes éléphants passent dans la rue, quoiqu’un camion ne barrit pas mais klaxonne.

13.
« Tant de détails, tant de détails à considérer… » constate le narrateur à Gombrowicz (et versa) et il a raison : nous sommes inondés abreuvés saoulés noyés de détails que des poissons finissent par nous sortir des oreilles.

14.
« Une auto passe et s’enfuit » qu’il perspicace le narrateur gombrowiczien (vaut mieux que deux tu l’auras) et donc, c’est louche, fit la détective Mona Lisa se demandant ce que cette auto avait bien pu commettre pour s’enfuir ainsi comme cela.

Ma lecture, certes peu exhaustive et insuffisante, ne me permet pas de dire qu’elle était cette auto, si c’était l’auto de Toto ou l’auto de Titine et si la célèbre cantatrice chauve était bien à l’intérieur.

15.
« le paysage s’ouvre devant nous » : il est bien aimable. J’en profite pour dire que j’aime beaucoup le « Cosmos » de Gombrowicz, que ce roman me fait rire qu’en fait je crois plutôt que c’est le spectre ricaneur d’en moi dedans qui s’(cauche)marre, mais c’est pareil.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 novembre 2021.

 

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5 novembre 2021

AH LEA JACTA LESTE ET AUTRES L'EUSSES TU CRU

AH LEA JACTA LESTE ET AUTRES L’EUSSES-TU CRU

1.
Douter que le réel existât autrement qu’en tant qu’impératif hypothétique ne signifie pas que, doutant de la réalité des transcendances, celles-ci existassent puisqu’il est que le réel est la condition de leur existence et non le contraire.

L’humain est la condition de la morale et non l’impératif catégorique la condition d’on ne sait quelle humanité rêvée et qui n’adviendra jamais que dans les songes des universalistes les plus niais et des mondialistes les plus acharnés.

Cet universalisme moralisateur, ce progressisme du politiquement correct n’est pas autre chose que le paravent d’un hyper-libéralisme décomplexé qui use de la morale (« nouvel humanisme » a même osé Le Drian) pour mieux vendre armes et mauvaise soupe.

2.
Quelque peu éméchée, Léa se laissa aller à quelques plaisanteries fort propres (si l’on peut dire) à réjouir un corps de garde. Le lendemain, le papa à Léa, mis au courant des fantaisies de sa fille, fronçant les sourcils, constata : « Ah ! Léa jacta leste… ».

3.
LES ANNEAUX TI L’EUSSES-TU CRU ?

Les anneaux de Saturne sont composés de particules de glace et de poussières. Galilée les observa pour la première fois en 1610. Par manque de temps, il ne put faire part de cette découverte au Conseil Scientifique de l’Education à Blanquer.

Les anneaux ti, l’eusses-tu cru ? que les
Anneaux ti, l’eusses-tu cru point ? que
De et deux font ce qu’ils ont à faire
Saturne plus ou moins rond les anneaux
Sont je n’y songe guère aux anneaux de Saturne
Composés sur l’étagère où il y a déjà plein de trucs et machins
De et deux font ni plus ni moins que
Particules – ôte-toi de là que je m’y mette
De glace à la crème j’aime bien ça mais la
Glace c’est défois qu’on glisse dessus pis qu’on s’y blesse
Et blessé que voulez-vous qu’on fasse
De pique et pique et colegram
Poussières tout n’est que poussières et on s’en fout bien qu’ce soit des poussières d’étoiles à nous les osses là sous la terre

Galilée qui fut dit-on partisan de « l’écriture mathématique du livre de l’Univers »
Les observa nos chats turnicoti-turnicoton dans la nuit leurs yeux à nos yeux brillent
Observa tant va tant va qu’à la fin se
Pour lèche le chat lu mots la
La la, la la la la on connaît la chanson
Première ce n’est donc pas d’aujourd’hui
Fois de moi-même je n’y comprends plus rien
En cette langue je me perds comme en langue étrange
1610 et dix de coin-coin.    

4.
« une perte de masse même petite à l’échelle humaine peut dégager une quantité considérable d’énergie »
(Wikipédia, article « E=MC² »)

UNE PERTE OUI UN PERTUIS

Une perte oui, un pertuis est un détroit une
Perte oui et anciennement le mot pertuis désignait une ouverture, un trou
De souris donc fais pas ta tête de Malpertuis le roman fantastique de Jean Ray conta d’un lieu qu’il fut un étrange passage
Masse de pique c’est mauvais signe
Même petite t’as des secrets en-as-tu beaucoup ?
Petite tas d’os se ment-elle la jolie ?
A l’échelle je monte à
L’échelle je grimpe à l’échelle
Humaine qu’est-ce donc que ce songe ?
Peut peuh tu as encore trop bien dîné ce soir et tu cauchemardes
Dégager dégagez ombres de mes nuits
« Une nuit que j’étais à me morfondre dans quelque pub anglais » chanta Gainsbourg
Quantité forcé puisque je rêve que j’suis en rosbifferie
Considérable c’est vrai que le Royaume-Uni ce n’est pas rien
D’énergie vais Où ça ? me coucher j’suis fatigué.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 novembre 2021.

1 novembre 2021

L'OMELETTE AU BOEUF

L'OMELETTE AU BOEUF

1.
Depuis que j'ai accordé le droit à mes assiettes de prendre un visage, elles ne cessent de critiquer ma cuisine et même défois, quand je fais la vaisselle, carognes, elles me chopent les doigts.

2.
Ah tiens, une autre gotherie électrique inventive : le « Diablo Swing Orchestra » dans « The Butcher's Ballroom ». c'est assez ovniesque, on dirait un genre de musique à la Sparks revisitée par des fans du film « L'invasion des Profanateurs de Sépultures ».

Pour être un peu plus précis, l'album « The Butcher's Ballroom »  sonne hard rock genre metal avec du jazz dedans et quelques passages lyriques du côté des voix. Fantasque.

3.
Faut faire gaffe avec le tourisme spatial qu'si ça s'trouve, un jour, on enverra Papy-Mamy Plain O' Zas s'épater des ailleurs pis quand ils reviendront d'la Lune, ce seront plus Papy-Mamy Plain O' Zas mais des Zôtres périlleux qu'auront pris leur apparence.

4.
Comme le pensent les Tenants de la Théorie des Anciens Astronautes, je pense moi aussi que les Politiques sont surgis d'un Ailleurs si lointain qu'il y a peu de chances qu'ils y retournent un jour.

5.
La porte s'ouvre. Personne. Qui donc cognait ?
Me dit mon squelette alors que je roupillais.

6.
Si à la deuxième planche de l'album « Adèle et la Bête », de Tardi, ce n'était pas un ptérodactyle qui était sorti de l’œuf conservé au Muséum d'Histoire naturelle du Jardin des Plantes mais un gros coin-coin jaune, la tonalité de l'histoire en eût été changée.

7.
Et l'ocre ptérodactyle jeta l'encre de son ombre sur les volets de la Pharmacie Pasteur. (cf Tardi, « Adèle et la Bête », planche 5)

8.
Je suis bien content d'avoir passé une grande partie de mon temps à composer des brefs plus ou moins fantaisistes et parfaitement inutiles. C'est ainsi que je manifeste mon refus de participer à cette marche à l'asile d'aliénés que l'on nomme « progrès ».

9.
Quand les gens m'appellent, je crois toujours qu'ils sont morts. D'où mon émoi.

10.
Tandis que Zborowsky, dans sa longue blouse blanche et sur une échelle bricolait je ne sais quoi à une énormité préhistorique tout en os, une voix impérieuse lui ordonna de descendre. (cf Tardi, « Adèle et la Bête », planche 13).

11.
« Qui vole un œuf, vole un bœuf » et ça c'est pas bien d'empêcher les bœufs de se faire des omelettes. Et là, je rigole comme un moi-même à la pensée que si un bœuf est capable de se faire cuire un œuf, il est tout aussi capable de manger de la vache-qui-rit.

 

12.
C'est nous les squelettes qui battons tambour
C'est nous les squelettes qui battons battons battons
Battons tambour et la nuit et le jour
Jusqu'à ce que, jusqu'à ce que
Par le canon d'la bataille, tout désossés
Démantibulés, désassemblés, disloqués
Nous s'rons.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er novembre 2021.

5 septembre 2021

SISSI ET LE GRAND MECHANT LOUP

SISSI ET LE GRAND MECHANT LOUP

1.

« Sur fond sombre noyant un riche vestibule
Où le buste d’Horace et celui de Tibulle, »
(Verlaine, « César Borgia »)

Le long des fonds sombres où c’est qu’c’est tout noyé d’ombre
- Dans l’vestibule un buste de Catulle et les bulbes
D’autres illustres anciens - passe grave si sombre
Lunaire et suspicieux cestui-là qui élucubre.

2.
Le Prince d’En-Marche prépare ses crayons et ses petits soldats pour la campagne des présidentielles 2022. Pour l’heure, il aimerait que son peuple soit absolument, totalement, irrécusablement vacciné, afin de pouvoir s’en vanter, dès janvier, devant la haute fonction publique européenne.

3.
En Afghanistan, les Fous étouffent les Sages. Dans l’imprenable vallée du Panshir, Massoud et Saleh résistent aux assauts des Talibans. Nous espérons que l’OTAN leur vient en aide, que la France leur vient en aide. Il ne faudrait pas que trop s’endorme Sleepin’ Joe .

4.
Les Talibans qui ont pris par la force le pouvoir en Afghanistan, sont une organisation terroriste, mafieuse et irrationnelle. Notre monde globalisé, hyperconnecté, libéral et laïc ne supportera guère longtemps les élucubrations sanglantes d’une bande de barbus fanatisés.

5.
« O pâlis et va-t’en, lente et joignant les mains,
Si ces hiers allaient manger nos beaux demains ?
Si la vieille folie était encore en route ? »
(Verlaine)

 

O O O O O O Firent-ils tous les 6 à la queue leu leu pis en écho
Pâlis Lili pâle Lili te v’la toute pâle Lili
Et Et Et Et Et Et (c’est un faux suspense)
Va-t’en tenter ta, tenter ta, tenter ta, va donc planter ta tente ailleurs
Lente et blanche comme un drap blanc comme un cou blanc
Et Et Et Et Et Et (le suspense continue, infernal comme le covid)
Joignant les deux bouts du sac poubelle ousque t’as mis
Les bras les jambes et la tête du gars qu’t’as planté et les
Mains quoi qu’t’en as fait hein quoi qu’t’en as fait hein quoi qu’t’en t’as fait hein tu sais plus s’que t’en as fait hein les mains hein les mains hein les mains tu sais plus s’que t’en as fait des mains ah c’est ballot ah c’est malin.

Si, Sissi, si t’étais encore vivante tu serais point si silencieuse Sissi
Ces silences Sissi ceci dit, ces silences sont bien reposants Ces
Hiers braillards débraillés brouillons bruyants m’ont bien cassé les
Allaient-ils revenir ? Allaient-ils revenir ??  Allaient-ils revenir ???
Manger tout mon futur comme un pingouin à la confiture (n’importe quoi, Houzeau) Non ! Non !! Non !!! car car car et même carrément
Nos nonosses les avionsses bien enterrés avec tous les aut’s morts
Beaux qu’ils étaient dans leurs costumes des dimanches (c’est-i une histoire de sérial killer spécialisé dans les noces, banquets, baptêmes de sang ?) et les
Demains sont les lendemains des jours où nous ne fûmes qu’apparemment.

Si, Sissi… Si la nuit se mettait à neiger des têtes coupées Si, Sissi, si
La vieille celle qui a grandes oreilles pointues et dents pointues itou la
Vieille celle qui a jambes poilues et tête poilue aussi la vieille
Folie (ce n’est pas vraiment un nom de loup, mais on s’en fout)
Etait-elle mignonne la petite en chaperon rouge
Encore encore racontez moi l’histoire du petit chaperon rouge et de ce qu’il fit avec la hache avec la hache avec la hache hache hache hache et le sac poubelle ousqu’elle-ou qu’il mettit-metta méli-mélo tête poilue jambes poilues oreilles pointues et les dents s’en fit un collier s’s’s’s’s’s’ (passe un serpent)
En fit un collier pour aller au bal là-bas au bout de la
Route au bal, au bal des enfants sanguinaires.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 septembre 2021.

24 août 2021

L'HUMAIN QUELLE GRANDE GUEULE QUAND MÊME

L'HUMAIN QUELLE GRANDE GUEULE QUAND MÊME

 

  1. Autant d'âmes perdues chaque jour, autant de feuilles chues... l'humanité est un automne.

  2. « et nous ne disons ce que nous ne connaissons pas. »
    (Pierre Jean Jouve)

    L'humain, quelle grande gueule, quand même...

  3. Je plains les peuples qui n'ont que leur dieu comme espoir. Tant qu'ils n'auront pas je ne touche pas au dieu autre il pourrait me mordre et ne se seront pas débarrassé de je ne touche pas au bourreau autre ma tête est déjà ailleurs ils sont voués au malheur et au désespoir.

  4. Vous verrez qu'à force d'être contrôlés tout le temps, les gens vont finir pas montrer leurs fesses aux caméras de surveillance.

  5. Le monde qui vient est tellement humain, si humain que je me réjouis de n'avoir plus si longtemps à le supporter.

  6. Je pense qu'avec les Beatles, les Stones, les Who et Pink Floyd, The Sparks sont un des plus grands groupes de pop rock de ce monde, en tout cas de celui qui a des oreilles.

  7. J'espère que la France va se montrer ferme avec le régime à barbe des Talibans. Je n'aimerais pas que, par abus de « en même temps », il soit obligé de porter la burqa et de se laisser appeler Jeanne-Yvette quand il ira négocier avec les islamistes afghans, le Le Drian.

  8. Les Talibans sont des guerriers. Il n'y a que deux moyens de négocier avec eux : les armes ou la corruption. Sinon, l'occident va passer pour un club de jeannettes. #3WorldWar

  9. Je ne sais pas où en sont Saleh et Massoud, mais si l'OTAN les laisse tomber et que les Talibans les capturent , je repenserai fatalement à la quatrième strophe du chant « Les Partisans blancs » :

    « Votre gloire est immortelle,
    Volontaires et officiers blancs,
    Et votre agonie cruelle
    La honte de l'Occident. »

  10. Je devrai bientôt y renoncer... Le culte du café, du tabac, de la bière... Sommes pas rationnels, nous autres... de vieilles chansons nous possèdent... dans d'autres lieux nos cris que nous n'entendons pas.

  11. « … âme, tu n'es que panse
    vide toujours ventouse avide de sang frais tripe
    anxieuse de nourriture »
    (Jean-paul de Dadelsen)

    Mon âme flotte... je la reconnais bien, on dirait qu'elle va pondre des beignets... il faut fermer la fenêtre... sinon, mon âme va se sauver, et une mouette s'en saisira...

  12. « Ne méprisez jamais les dons que font les morts »
    (Claude Roy)

    Les morts passent entre les plantes... défois il y a des glissements de terrain... y en a qui remontent à la surface.... des os émergent dans l'air.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 août 2021


23 août 2021

AU SON DU COIN-COIN S'EFFEUILLENT LES CANASSONS

AU SON DU COIN-COIN S'EFFEUILLENT LES CANASSONS

 

  1. « Jambes de guêpes assassines portant l'entaille »
    (Pierre Jean Jouve)

    Les guêpes ça pique, l'entaille ça taille, le coin-coin zigouilleur ça zigouille... Chut... #BlanquerCogite.

  2. Je n'aime pas « vos artistes préférés ». D'ailleurs je n'aime ni les préférés, les artistes, ni les vos... les vos, c'est rien que des veaux... j'aime bien les veaux... Chut... MacronRegardeUnTruc.

  3. « S'ils laissent un matin un arbre un écureuil / un oiseau qu'on entend »

    (Claude Roy)

    Faut pas laisser les matins... ça fait des miettes... les oiseaux si on les entend, c'est qu'on a des oreilles... faut pas laisser les matins, de faux écureuils genre faux syndicats à BlanquerCogite les grignotent.

  4. « Les hommes étant nés tous également, ainsi qu'il a été prouvé, dans une liberté parfaite, et avec le droit de »
    (Locke)

    Les hommes sont tous nés, pour le reste heu... moi, je m'avance pas... par contre vaut mieux pas quitter son bifteck des yeux... quelqu'un pourrait vous le...

  5. Demain, j'arrête de fumer, de boire du café, de boire de la bière... comme ça j'mourrirai n'est pas espagnol non plus en bonne santé.

  6. « Au centre était mon vide sosie prisonnier.»
    (Georges-Emmanuel Clancier)
    Ce vers me fait penser au gruyère... à cause des trous... au golf itou... au jeu de go itou... ah tiens un itou-itou... ça fait coucou, et même coin-coin... itou...

  7. « es ist später, als ich dachte. »
    (ezemple lezical , j'ai paumé mon, du coup je le remplace par z)

    « Il est plus tard que je pensais »... je me dis ça aussi, défois, quand j'ai une montre et un cerveau.

  8. Alors arriva un renard... ah tiens Blanquer, fis-je en me grattant le reproductif.

  9. Comme on le voit, nos frères humains continuent à se massacrer pour la plus grande gloire des drapeaux et des marchands d'armes... et vous pouvez changer un Macron contre un Bertrand un Pierre Paul Jacques Jean-Luc Yannick Marine Simon Laurent ça changera rien du tout.

  10. « Ou bien dirais-je que dans le vent
    D'automne, un cheval s'effeuillait »
    (Georges-Emmanuel Clancier, « Autres équivalences »)

    Quand les chevaux s'effeuillent, faut ramasser après... c'est mélancolique... ça m'donne envie de jouer du coin-cloin lamentif...

Patrice Houzeau
Malo, le 23 août 2021

21 août 2021

RAFALE D'YEUX

RAFALE D’YEUX

1.
Zut ne sort jamais sans son coin-coin zigouilleur, des fois qu’elle rencontrerait quelque mâle faisan.

2.
Il m’a tout l’air d’un individu très dispersé. Vu le temps qu’il lui a fallu pour rassembler ses yeux, ses narines et ses oreilles, je crains des absences partielles.

3.
Je lâchai une rafale d’yeux : les miroirs s’enfuirent dans un grand déluge de reflets.

4.
Il faut quand même être un peu pour vouloir devenir président. D’ailleurs, l’Histoire est faite de pas mal de gens un peu.

5.
Ce bruit l’agita quelque peu. Il faudrait procéder un réglage de ses nouvelles oreilles. Ce n’était pas normal que le fantôme du capitaine chuintât si fort lorsqu’il traitait les politiques de la télé de « moules à gaufres »

6.
Je suis si jaloux des auteurs de talent que je me demande comment ils ont fait pour me piquer toutes ces phrases que je n’ai pas eu le temps d’écrire.

7.
Comme il était nul en horticulture, il lui offrit un bouquet de fleurs voraces. Leur amour se finit sur une amputation.

8.
J’ai appris que les Talibans avaient assassiné un humoriste pour la seule raison que cet homme avait pris l’habitude de se moquer d’eux sur Tik Tok. J’ai comme un crachat qui me tourne dans la bouche.

9.
Tout indiquait que c’était lui, le pommier criminel, d’où était tombée la pomme, qui l’accusa lorsqu’on la retrouva dans la chambre de l’observateur de mains perdues, roulant comme une tête coupée sur le parquet ciré.

10.
Tout indiquait que c’était lui, le pommier criminel, d’où était tombée la pomme, qui l’accusa lorsqu’on la retrouva dans la chambre de l’observateur de mains perdues, roulant comme une tête coupée sur le parquet ciré.

11.
Faut-il répéter toujours la même chose ? Faut-il répéter toujours « Tu m’as tué » et pointer le doigt vers l’ombre qui s’enfuit épouvantée de couloir en couloir, où le revenant pointe un doigt accusateur en prononçant cette phrase : « Tu m’as tué » ? Faut-il répéter toujours ?

12.
J’aurais voulu placer un éléphant dans cette phrase, mais il y a déjà un escalier, alors…

13.
L’idée lui vint que, si on découvrait le cadavre, il aurait du mal à expliquer pourquoi il y avait un vivant de trop dans cette pièce.

14.
Depuis que Macron a inventé le concept de « liberté fraternelle », je ne me sens plus si libre, et encore moins frère de mes contemporains.

15.
Dans la France que Macron ne sait visiblement pas gouverner, on en est tout de même à mettre des policiers parfois en nombre (comme s'ils n'avaient rien d'autre à faire) devant les entrées de certaines grandes surfaces pour empêcher les gens de faire leurs courses. Macron délire.
On me dit que c'est aussi pour faire face aux manifestations anti-pass... Possible... Mais tout de même, le pays est clairement divisé. Le vaccin évite les formes graves. Il est donc nécessaire. C'est la manière dont le gouvernement procède (précipitamment – par manque d'anticipation – et de façon coercitive) qui irrite et divise.
Et bien entendu, la contestation anti-pass/anti-vaccin a aussi réveillé des monstres, notamment chez les antisémites qui ne loupent jamais une occasion d'afficher des horreurs.

16.
Lorsqu’il fut élu, il pensa sans doute que c’était là le doigt du destin (il ne se prenait pas pour la moitié d’un, d’ailleurs il l’était tout entier) : il ne se doutait absolument pas que cinq ans plus tard, il l’aurait dans l’…

17.
Les fenêtres l’ouvrent trop. Faudrait qu’elles la ferment. On va les condamner.

18.
Depuis que les Américains ont ouvert la boîte de Pandore des réseaux sociaux, les politiques ont encore plus l’air de ce qu’ils sont. On dirait des têtes de coin-coins de fête foraine qui défilent au son des peing-peing.

19.
Les milliers d’Afghans qui tentent chaque jour de fuir Kaboul ne savent-ils pas que, selon certains islamistes français et Idriss Sihamedi, ils quittent un paradis à barbe et fouet pour l’enfer des libertés occidentales ?

20.
« Quand il a une contrariété, il va regarder les cochons et les autres bêtes. Cela le console… »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque » [Dolly])

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 août 2021.  

20 août 2021

CHUTE DE PUZZLE

CHUTE DE PUZZLE

 

  1. Et dire que maintenant, il faut attendre la prochaine chute de puzzle si l’on veut avoir l’espoir de trouver quelque indice.
  2. Je suis sûr qu’un beau jour, sur mon écran d’ordinateur, il apparaîtra, mon fantôme, et me dira des absurdités, comme d’habitude.
  3. Je me demande si Dieu est abonné à la presse internationale.
  4. Au goûter, petit vampire a sa tartine de sang frais.
  5. « Tibia blues » et « Salsa clavicule », pièces endiablées à réveiller les morts.
  6. Offrir un bouquet d’yeux, même avec leurs paupières et leurs cils éclos, à une jeune fille n’est décidément pas une bonne idée.
  7. Ah tiens, j'écoute « Il ne rentre pas ce soir » d'Eddy Mitchell (1978). Ironique, et pourtant, ça sonne juste dans le mélancolique... c'est l'évocation du sentiment de déclassement qui fait ça... aussi le sentiment d'une France qui s'en va... ça s'est pas si bien arrangé depuis.
  8. Parfois l’intuition du poisson vous fait reconnaître le bocal adéquat.
  9. Depuis que j’ai fait confiance à mon médecin, je ne me sens plus si vivant. Surtout quand les gens me traversent.
  10. Les verres sont trop poilus, les plats trop barbus – la choucroute a de la moustache et il pleut des poils de cul. Prions saint Glabre.
  11. Des vitres passèrent dans le ciel que des gamins fracassèrent avec leurs frondes. Il y eut des blessés. Graves.
  12. Zut a l’habitude de ramener des squelettes à la maison. Elle les trouve dans des placards sur lesquels elle enquête. Elle va finir par nous attirer des revenants, sinon des ennuis.
  13. Les ogres géants qu’on imagine tant qu’il est encore temps dévorent-ils des tartes aux têtes coupées.
  14.  Aussi sur You Tube, une très bonne reprise du « Time » de Pink Floyd et l'occasion de voir à l’œuvre l'excellente batteuse Sina (feat. Sticky Hickey)... classique, indémodable, formidable.
  15. Alors les gaufres foncèrent en escadrilles et dévorèrent les touristes. On signala aussi des attaques de moules mordantes et de frites traîtresses.
  16. Les rues sont pleines de fantômes. Je fais semblant que je ne les vois pas et passe mon chemin, sinon ils me tiennent la jambe pendant des plombes avec leurs mémoires d’outre-tombe.
  17. French touch… french touch… clown touch, oui…
  18. C’est marrant comme je me fous royalement des malheurs des politiques.
  19. J’ai tellement accueilli de fantômes chez moi, qu’il est hors de question que j’héberge qui que ce soit. Surtout s’il ne parle pas la langue des fantômes.
  20. Avec le monde merveilleux qu'on nous fignole, j'ai l'impression que les occasions de rigolade vont se faire de plus en plus rares. Je prédis que les intégrales de Desproges et de Kaamelott vont devenir cultes (avant d'être interdites par la bonne pensée de partout).

Patrice Houzeau
Malo, le 20 août 2021. 

25 août 2022

MON CHIEN NE PARLE PAS ANGLAIS

MON CHIEN NE PARLE PAS ANGLAIS

 

1.

Je ne sais pas si les clowns sont si tristes

Qu'on dit

On dit tant de choses sur les artistes

Qu'on dit même que c'est la secte des violoncellistes

Et si on ne le dit

Eh bien tant pis

Que c'est la secte des contrebassistes

Qui en secret mène ce monde à moins que ce fût

Celle des trompettistes celle des harmonicistes ou des flû-

-tistes des percussionnistes c'est-y possible moi je dis

Car je suis monothéiste que c'est un pianiste.

2.

Ce n'est pas parce que derrière chez nous y a-t-un étang

Que j'vais vous chanter quelque chose

D'ailleurs je ne sais pas chanter et c'est une bonne chose

Car si je savais chanter je n'vous chanterai rien du tout

J'ai jamais aimé le crin-crin j'ai jamais aimé le biniou

Ce n'est pas parce que derrière chez nous y a-t-un étang

Que j'vais vous chanter quelque chose

D'ailleurs les étangs ça sert surtout à s'noyer d'dans.

3.

Mon chien ne parle pas anglais.

Du reste, je n'ai pas de chien.

Je ne peux donc pas le consulter sur le sens exact de certains passages des pièces de Shakespeare.

J'ai bien un chat. Mais il n'est pas très porté sur le théâtre.

Quant à la tortue de Zut, elle est carnivore.

4.

« - Ils meurent de toute façon. A l'instant où nous parlons, il y en a peut-être même d'autres, dont nous ignorons tout. »

(Patricia Cornwell traduit par Hélène Narbonne, « Mordoc » [Janet])

Ceux qui ne sont pas morts sont encore vivants.

C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Parce que sinon, les morts, on ne les reconnaît pas toujours.

Ça dépend du comment. Une voiture qui explose ça vous change une physionomie.

Ceux qui ne sont pas morts sont encore vivants.

C'est provisoire. Ça dépend du comment.

5.

Parfois, ils font des coups. Il y a des explosions. Des voitures brûlent.

Parfois, on peut remonter leur trace. Mais il ne faut pas qu'ils soient invisibles, sinon on ne peut pas les épingler.

L'invisibilité des assassins est un phénomène que l'on ne prend pas assez en compte.

Les spectres sont de plus en plus audacieux et agressifs.

A vous dégoûter d'envoyer des centaines de chars et leurs équipages se faire décapiter dans les campagnes.

6.

Ce n'est pas demain la veille que j'aurai honte de manger du lapin aux pruneaux. Je sais bien, le lapin, c'est gentil, c'est mignon. Voyez comme je suis ; j'écris le mot « mignon » et je pense illico « filet mignon ». Je ne suis pas assez riche pour me passer de mes envies.

7.

Je sais pas ce que j'ai entendu, qu'on voudrait interdire les jets privés ?

Mais les jets, ça ne se fume pas.

Je vois mal les sauvageons des quartiers organiser des trafics de jets.

Il faut être sérieux. Si on ne peut pas l'interdire, autant l'autoriser.

8.

« Je raccrochai dans tous mes états, et annonçai à Whisley :

- Je dois partir. Nous avons une épidémie de quelque chose dont personne n'a jamais entendu parler ».

(Patricia Cornwell traduit par Hélène Narbonne, « Mordoc » [la narratrice])

Comme la narratrice raccrochait dans tous ses états, elle était donc toute dispersée et commença par se rassembler sous les yeux du lecteur qui, s'assoupissant, commençait à rêver d'un corps tout en pièces de puzzle flottant et se dispersant. Il entendit dire qu'il y avait « une épidémie dont personne n'avait jamais entendu parler », mais il ne savait plus où il l'avait lu ou si c'était le ministre de la Santé qui venait d'en parler.

9.

« Vous répliquerez que la réalité n'est pas forcée le moins du monde d'être intéressante. »

(Borges, « La mort et la boussole », [Lönnrot])

Le réel n'est pas forcé d'être intéressant.

D'ailleurs il ne tient pas à l'être le moins du monde.

Le réel agite ses ombres et ses fantômes, et nous avons l'impression que ce n'est pas mort.

Certains y voient un miracle, le « miracle de la vie », qu'ils appellent cela, et ils sourient.

Pourtant, la réalité n'est pas forcée de faire des miracles non plus.

Le réel ne fait pas de miracles. C'est parfois l'humain qui se surpasse. Ou le hasard qui fait bien les choses.

Ça fait une moyenne avec la bêtise. Ça ne l'empêche pas.

10.

Poutine, il a voulu la jouer Mandrake le Magicien : « Abracadabra ! Hop ! L'Ukraine disparaîtra. »

Ça n'a pas marché. Maintenant, il nous dit qu'il a une sacrée bombe dans son haut chapeau.

Si ça se trouve, c'est lui qui disparaîtra. Zou, dans sa trappe, le Père Ubu !

Patrice Houzeau

Malo, le 25 août 2022.

 

7 janvier 2023

DU PUITS QUE L'HUMAIN CREUSE EN L'HUMAIN

DU PUITS QUE L'HUMAIN CREUSE EN L'HUMAIN

Notes sur le poème « L'Irrémédiable », de Baudelaire.

1.
De quoi parle-t-on ? D'une « Idée, une Forme, un Être ». l'imprécision évoque l'ontologie, la métaphysique, un autre monde, celui de « l'azur ». On n'est pas plus renseigné. Quelque chose plane, plane, et tombe. La Chute de l'Ange ? La chute du rebelle qui « tombe » ni dans la vallée des vivants, ni dans la demeure des morts, mais dans l'oubli du Styx, abandonné des puissances divines (« nul oeil du Ciel » n'y « pénètre »).

L'Ange en « imprudent voyageur ». Peut-on être imprudent quand on est un Ange ? Il faut pour cela que l'Ange soit « tenté », soit fasciné. Le narrateur baudelairien évoque « l'amour du difforme ». Le « difforme » ici compris comme le contraire de la perfection angélique. Se fascinant, l'Ange se corrompt et déchoit.

Évocation de l’expérience du cauchemar, dont on a du mal à se sortir. On s'y débat alors, comme un « nageur » dans les remous. Métaphore du cauchemar en océan, en lieu de noyade (le fleuve Styx). Effet visuel et sonore : le « gigantesque remous pirouettant dans les ténèbres », avec sa prise dans le cauchemar, sa victime qu'ça pirouette et vertige. Le bruit de ce « remous » évoqué par les sonorités à la rime « -eur », « -orme », « -èbres », « ou », rappelle les chansons des « fous » autant que le son du ressac.

« Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l'azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre ;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu'a tenté l'amour du difforme,
Au fond d'un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres !
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres ; »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », 3 premiers quatrains)

2.
Parti d'une Idée, d'une Forme, d'un Être, voilà l'humain, passant par l'Ange, « malheureux ensorcelé ». Ténèbres. « Tâtonnements futiles ». Image ; « un lieu plein de reptiles ». Serpent, symbole du Mal. Enfermement. Pour retrouver la lumière, nécessité de trouver une issue, la « clé ».

Par qui ou quoi l'humain « malheureux » est-il « ensorcelé » ? Le voilà « damné ». Le mot signale le maléfique. Dans les ténèbres toujours, « descendant sans lampe », « au bord d'un gouffre ». « D'éternels escaliers sans rampe » symbolisent cette descente aux Enfers.

Dans cette approche du gouffre, la vision est le sens le plus sollicité. Les ténèbres ne sont pas vides, mais peuplées de « monstres visqueux ». Du serpent, image de la présence du Mal dans le réel, on passe aux « monstres » indicibles, aux créatures surnaturelles. Lovecraft en peuplera le monde insinuant qui sans cesse déborde sur notre monde. Fascination : les « yeux de phosphore ». La fascination estompe l'en-dehors du fascinant. Le réel fascinant se substitue à tout autre réel.

Le choix de l'octosyllabe souligne la rapidité de la chute. Chaque quatrain est une marche de ces « escaliers sans rampe » qui signalent la chute. Au point se substitue le point-virgule : ni phrase, ni chute ne s'arrêtent. L'image est sollicitée : suite de miniatures qui rappellent l'art des graveurs. Tableaux où l'ombre est omniprésente, ne laissant apparaître que des fragments : nageur dans le remous, mains qui tâtonnent, yeux de phosphore.

« Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé ;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d'un gouffre dont l'odeur
Trahit l'humide profondeur,
D'éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu’eux ;
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », quatrains 4,5,6)

3.
Le navire de l'humanité ? Quelle galère alors ! Le voilà « pris dans le pôle ». Le « i » du navire se retrouve dans le « piège ». Aux ténèbres succède le « cristal », tout aussi emprisonnant. La cause en est complexe. Tous les chemins ne mènent pas à Rome. Ou alors c'est que le Diable est dans la Ville. L'humain est-il voué à se demander pourquoi il chute ?

Images évocatrices, à valeur « d'emblèmes ». L'irrémédiable, c'est l'aporie, la chute. Une plaisanterie diabolique. Une plaisanterie parfaite. Rime signifiante (« irrémédiable/ Diable »). La perfection du Mal (« le Diable fait toujours bien tout ce qu'il fait ! »). Perfection du Mal face à la perfection divine. Parce qu'il est le Mal, ses actions sont toutes aussi fondées en perfection que les actions de Dieu. Le Mal est fatalement maléfique comme le Bien est humainement bénéfique. En s'y opposant, Dom Juan prouve la puissance du Ciel. La forme « fait » commence et clôt le vers 32, la 8ème strophe et la première partie.

« Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle ;

- Emblèmes nets, tableau parfait
D'une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu'il fait ! »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », quatrains 7 et 8)

4.
Verticalité de la chute ; horizontalité du « tête-à-tête ». Le cœur-miroir : introspection. Sombre humanité ; limpidité de l'évidence. L'introspection est un « puits ». Reprise de l'opposition entre le « clair » et l'obscur (« clair et noir »). L'image du puits permet celle de l'eau noire et de l'étoile qui s'y reflète. « l'étoile livide ». Signal spectral opposé au flamboiement du soleil. Un « phare ironique » (il n'éclaire pas l'océan, n'indique pas le port, mais le puits que l'humain creuse en l'humain). Cette introspection n'est pas un examen de conscience parfaitement catholique. C'est un « flambeau » froid, non celui de la grâce divine, mais des « grâces sataniques ». Cette lucidité soulage l'humain (il lève un doute) et est aussi une « gloire » : celle de la victoire du Mal, qui permet au narrateur baudelairien de justifier le trouble de sa conscience. Cette « idée », cette « forme », cet « être », cet « Ange » déchu, cet « ensorcelé », ce « damné », ce « navire prisonnier », c'est l'humain dès qu'il comprend qui il est. Sa puissance est dans la conscience qu'il a du Mal qui l'anime.

« Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un cœur devenu son miroir !
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
La conscience dans le Mal ! »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », II).

Patrice Houzeau
Malo, le 7 janvier 2023.

25 août 2022

BOUTS D'CECI CELA

BOUTS D'CECI CELA

 

1.

Il émet un grognement

Dans la rue un masque blanc

Il émet un grognement

Ah non ce n'est ni un ours ni un chien

Et c'est pas Robert parce que c'est Fabien

Dans la rue un masque blanc

Un chien blanc en blanc la fille

En blanc la fille avec son galant

Dans la rue passe le vent

Ah ça il est pas content.

2.

Ne cherche pas d’ex-

-cuses bidons vaudrait mieux que tu t’ex-

-pliques un peu mieux cherche bien dans ton lex-

-ique pleure pas prends un kleenex.

3.

Il s'a cassé une dent

Etait-ce du ciment

Etait-elle trop coriace la viande qu'il s'a cassé une dent

Au bout du fil se balance un hareng

Il y a une chanson qui dit « Blancs les loups

Blancs les loups

Blancs »

Le garçon il mange du fromage blanc.

4.

Il regarde la lune

N'y voyant personne

Il se dit qu'ils n'ont probablement

Probablement pas le téléphone

Il n'a plus une thune

Car c'est la fin du mois

Il songe au loup qu'il y a dans les bois.

5.

Il écoute les Los Lobos

Son chien ronge un os

Ou il écoute les Bea-

-Tles ou bien du Debussy

Son chien pique un roupillon

Dans la marmite il y a du bouillon.

6.

Je ne sais pas si c'est avec des serpents verts

Qu'on fait du poison

Je sais ce qu'il y a dans mon verre

Et le nom du poisson

Je ne sais pas s'il viennent du cosmos

Les ovnis

A la voix active le chat mange la souris

A la voix passive l'as des as fut stoppé par un os.

7.

Suzy aimait bien le rock n' roll

Suzy est bien vieille maintenant

Suzy n'a plus de dents

Suzy se souvient comme c'était drôle

Et pas toujours non pas tellement

C'était pas comme maintenant

Elle dit Suzy qui n'a plus de dents.

8.

C'est pas avec des cavaliers sans tête

Qu'on fait une cavalerie

Il y en a qui font l'ange, y en a qui font la bête

Belphégor est dans la galerie

La jeune fille chante qu'elle a vu le loup

Le renard le lièvre danser puis elle va le sou-

-Per préparer C'est pas tout ça qu'elle dit.

9.

La lune ne passe pas la langue

Si la lune en avait une

Elle nous ferait bien des harangues

La lune ne passe pas la langue

Si la lune en avait une

Nous le saurions

Et elle nous en chanterait, la lune, des chansons

Des ballades sélénites

Des excentricités inédites.

10.

Sur la mer il y a des bateaux

Et c'est normal parce que ça va sur l'eau

Les bateaux et s'ils avaient des jambes

Les bateaux ils pourraient faire des courses à pied

Ça me fait une belle jambe

Me dit Zut et puis tu me casses les pieds

Me dit Zut avec tes bêtises

Mets donc tes souliers et va donc cueillir des cerises.

11.

C'est la fin de l'abondance

Il a dit Macron à la télévision

Et donc qu'on danse

Danse dansera devant le buffet

Et plus assez d'sous dans l'porte-monnaie.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 25 août 2022.

23 janvier 2022

FANTAISIE D'ANGE ET DE NEIGE

FANTAISIE D'ANGE ET DE NEIGE

« Les anges les anges dans le ciel
L'un est vêtu en officier
L'un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent »
(Apollinaire, « La blanche neige »)

Comme le poème d'Apollinaire a
pour titre La blanche neige je
songe que ces anges là dans le
ciel ces anges ce seraient les
ailes des anges qui poudroient
en flocons & je ne sais pas si
L'un est vêtu en officier puis
L'un est vêtu en cuisinier bah
Zut pourquoi pas en zouave que
l'ange serait vêtu ou en zazou
en zygomatique en zèbre en zoo
en Zorro en Zazie dans l'métro
en par Zazar et Balthazar hein
trop long tout ça trop long je
vas passer à aut' chose & tant
pis tant va la vache en pâture

Les anges les anges je n'y crois pas aux
Anges et l'on sait bien qu'il y en a qui
Les jolis visages dis on dirait bien des
Anges zont un visage d'ange qu'on dit et
en fait derrière les visages d'anges y a
surtout le terrible & l'humain fascinant

L'un de ces anges du poème d'Apollinaire
Est vêtu en officier i dit l'Apollinaire
Vêtu en officier c'est alors Apollinaire
En uniforme couleur de neige Apollinaire
Officier poète blessé têtu blanchisseur.

L'un de ces anges du poème d'Apollinaire
Est vêtu en cuisinier veste blanche donc
Vêtu ainsi porte-t-il des taches de sang
En ma mémoire il tombe le sang d'une oie
Cuisinier te souviens-tu de Perceval qui
contempla les gouttes de sang qu'une oie
dans un roman ancien laissa sur la neige

Et les autres toujours nous parlons des anges
Les autres jouent de la trompette du saxo les
Autres jouent de la batterie et du piano puis
Chantent un jazz endiablé y a même des saints
dedans qu'ça fait dans l'ciel une sacrée jam.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 janvier 2022.

8 janvier 2022

ECHOS DE LA BAOBABIE AMUSANTE

ECHOS DE LA BAOBABIE AMUSANTE

1.
Ai écouté « Phaedra » et « Cyclone » de Tangerine Dream, et encore « Oxygène » de Jean-Michel Jarre : du choucrout'rock planant old school (avant qu'ça devienne inaudible de trop d'bidouillerie électro), des échos d'l'Echoes du Pink Floyd dans le Phaedra.

Là j'écoute l'album « Ram » de Paul MacCartney : Excellente pop music (les chœurs sont marrants) et quand même un peu plus vivifiante que la choucroutine étalante.

2.
Zut ne voudrait surtout pas faire votre malheur car elle est bienveillante comme la lampe qui s'éteint toute seule pour ne pas révéler le fantôme.

3.
On ne peut pas téléphoner dans la cabine car il n'y a plus de cabines téléphoniques nulle part. Le temps les a effacées, mangées, englouties. Et nous regardons, de la cabine, glisser de fantomatiques monstres marins.

4.
« Fuir le bonheur avant qu'il se » hein... bah autant fuir un fantôme qui s'acharne à vous rappeler que.

5.
Le nombre de livres croît qu'on aura jamais assez d’yeux pour les parcourir et les passer en revue ces alignements de signes. Y a quand même inflation, dis, hein, de signes.

6.
Abattit ses cartes, fit la grimace, la Mort dansant le tango avec le Pendu, pas bon signe.

7.
Il n’y a pas toujours de chien disponible dans la réserve à chiens et les chiens ne grondent pas toujours ni avec la même intensité, ni dans la même direction, mais il existe des carrefours où la levée des chiens est possible pour 80 % des téméraires qui s’aventurent par ici.

8.
De même, l’apparition à Sainte-Prestance (c’est là qu’on danse avec) des fantômes d’une partie des éoliennes du futur (elles brassent l’air dans le silence des morts de la baie de Saint-Djeukelhaie-Jolie) ne sera pas sans conséquence sur la compagnie des loups (environ 250, sans compter les reloups, les loups-pings, et les Hyétus interrogatifs). On dit qu’il y en aurait pour deux ans, mais ça c’est sans compter avec les dragons et les virus (et sans parler des confinants).

9.
Me demandant à quel âge le narrateur disait avoir commencé à travailler comme aide-enguirlandeur, je pigeai qu’il avait quelques temps bossé à plein temps, puis que, jusque dans ses premières années de fac, son activité enguirlandante fut marquée par des responsabilités accrues. Il enguirlandait en professionnel de l'enguirlandage, avec une précision de train qui arrive à l’heure, sans pour autant se croire sorti de la gare à Jupiter, celle où l’on croise des gens qui, et d’autres qui, même qu’on appelle ça les déplacements pendulaires. #PoilSurLaCafetière

10.
Ontologiquement, être chasseur de fantômes dans une petite ville où cela fait longtemps que les motos se passent de pilotes, les pilotes de têtes, et les têtes de casques, me gratifie d’un sentiment que je n’avais jamais eu auparavant.

11.
Selon le rapport 2018 de Grondery International, la Baobabie est la région du monde où la poussée des échos est la plus forte (ça empêche de dormir), et ça à peu près partout, que soit les brousses brutales, les savanes autoritaires ou les métropoles despotiques.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2022

 

 

26 décembre 2021

N'AYANT AUCUN TALENT IL DONNA SON AVIS

N'AYANT AUCUN TALENT IL DONNA SON AVIS
(En parcourant « La Mort n'est pas une fin » traduit par Michel le Houbie, d'Agatha Christie)

1.
« Je présume que l’idée de ce roman est venue à Agatha Christie en lisant des inscriptions égyptiennes. »
(Maurice Constantin-Meyer, « Préface à « La Mort n’est pas une fin » d’Agatha Christie)

Les inscriptions égyptiennes dont Agatha Christie se seraient, auraient pu, dont il est possible qu’elles puissent être à l’origine d’un roman disaient-elles quelque chose du Covid, de Véran (Olivier), de Nicolas Hulot ou de la réélection de Macron ?

2.
« Les exhortations de son père lui faisaient évoquer son image avec les yeux de l’esprit. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Mort n’est pas une fin »)

Ce sont les « yeux de l’esprit » qu’en fait on hypnotise, non ? je me demande si les « yeux de l’esprit » se trouvent sous les sabots d’un cheval… Sous les (gros) sabots de Blanquer peut-être ?

3.
Je cite de mémoire cette phrase prononcée par le personnage de Lestrade dans un épisode de « Sherlock » (avec l’excellent Benedict Cumberbatch) : « Je ne suis peut-être qu’un indécrottable idiot de Scotland Yard, mais il me semble que ce fauteuil est indubitablement vide. »
Je ne suis sûr, ni de « indécrottable », ni de « indubitablement », d’ailleurs je ne suis sûr de rien sinon que nous vivons une époque périlleuse. La civilisation survivra-t-elle à la bêtise ? Franchement, j’ai des doutes.

4.
J’aurais bien aimé être un des « Beatles ». N’ayant aucun talent, ils m’auraient viré au bout de trois heures, mais bon, ça m’aurait fait plaisir quand même. Après, j’aurais fait comme tout le monde, j’aurais fait semblant d’être quelqu’un.

5.
Twitter est-il le passe-temps favori des parasites qui ne sachant rien faire de leurs dix doigts et dotés d’une intelligence à peine moyenne se croient autorisés à donner leur avis sur tout. Corollaire : Suis-je un parasite ne sachant rien faire de mes dix doigts et doté d’une intelligence à peine moyenne ?

6.
« Quel contraste avec ces langues en perpétuel mouvement qui s’appliquaient à donner de l’importance à des choses qui n’en avaient aucune ! »
(Agatha Christie)

Tout un ministère.

7.
« - Alors, peut-être faudrait-il que quelque chose changeât ! »
(Agatha Christie, [un personnage])

Ah ça oui, mais j’ai quand même l’impression que nous nous débattons sur la berge. Virus et surpopulation auront raison de nous. C’est aussi certain qu’une raison d’Etat.

8.
« J’imagine que ce qu’il va se passer ici sera assez curieux à observer… »
(Agatha Christie, [Esa])

Assez curieux peut-être mais aussi mortellement stupide qu’une campagne électorale, sans doute.

9.
« Un sourire cruel qui avait quelque chose de félin… »
(Agatha Christie)

Les sourires cruels sont-ils aussi rapides que la propagation d’Omicron ? La politique est-elle vouée à n’être bientôt plus que l’art de gérer un champ de ruines ? La violence est-elle l’inéluctable horizon de l’épidémie de bêtise et de sur-affectivité que nous traversons ?

10.
Les choses sont-elles aussi catastrophiques que ? Pourquoi y a-t-il tant de gens et pourquoi faire ? Macron est-il un extraterrestre ? Blanquer est-il Blanquer ? A-t-il un cerveau où l’administration lui en a-t-elle fourni (modèle standard, performances moyennes) ?

11.
Est-il vrai que la vitesse de la lumière n’est pas la même dans tous les milieux ? Serait-elle alors plus lente dans certains ministères, ainsi que chez certains politiques ? François Fillon est-il, quoi qu’il fasse, une sorte de traître à la patrie ?

Patrice Houzeau
Malo, le 25 décembre 2021

21 août 2021

DES FOIS LES ETOILES TU SAIS CE QU'ELLES TE DISENT LES ETOILES

DES FOIS LES ETOILES TU SAIS CE QU’ELLES TE DISENT LES ETOILES

1.
Des fois les étoiles, elles se disent : « Pfff… qu’est-ce qu’on s’enquiquine le firmament ici !... et si on changeait de crémerie… » et zou, les voilà qui filent vers d’autres galaxies. Ça, les observateurs ne le voient pas toujours.

2.
Parfois la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf arrive au pouvoir, juste avant d’éclater, à la grande consternation des troupeaux.

3.
« Savez-vous, chère amie, dit Mrs Bantry, que je suis soulagée depuis qu’ils ont enlevé le corps de la bibliothèque. C’est affreux d’avoir un cadavre chez soi. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Un Cadavre dans la bibliothèque »)

4.
Comme les trottoirs mouvaient grave, il y eut des chaussures perdues à tout jamais, des enfoncements personnels, des disparitions inexpliquées.

5.
Ne prenez pas cet escalier. Non seulement il est raide, mais il est traître. Vous risquez bien de vous retrouver avec un couteau dans le dos.

6.
Les humains inventent des guignols qu’ils appellent tous « Dieu » et à qui ils font dire toutes sortes de sottises.

7.
BFM ça veut dire quoi ? Bande de Faiseurs de Mouron ? Bande de Fouteurs de Mouise ? Bande de Frelatés d’la Méninge ? Ça dépend du point de vue… d’notre humeur aussi…

8.
Macron est un mauvais cavalier. La femme à barbe elle-même n'a aucune chance de rentrer dans un gouvernement taliban. L’Extrême-droite n'arrive pas à faire taire ses fantômes. Certains sont couverts de sang. Les extrémismes sont des gestions spectrales.

9.
Je n'envie pas Le Drian : avaler des couleuvres pour vendre des armes n'est pas vraiment une fonction agréable. Je n'envie pas le Drian : sa formule sur un « gouvernement inclusif » dans l'Afghanistan des Talibans est une erreur de communication qui l’a fait passer pour un faible.

10.
Tiens, ai lu dans un tweet sot dans le genre intersectionnel, et autres sottises, le mot « auteurice », sur le modèle « acteurice » je suppose, ou « force moteurice ». L’illettrisme universitaire est une plaie.

« En fait de bel esprit vous parlez en novice.
Un homme est un auteur, une femme est autrice :
Appelez donc Madame Autrice, et non Auteur,
Et parlons d'autre chose. »
(Gaspard Abeille, « Crispin bel esprit », scène 10, 1681)

11.
Ah tiens, je lis sur internet qu'il se pourrait qu'un satellite chinois soit rentré il y a peu en collision avec un bout de fusée russe flottant fantôme épave dans l'espace...
Bien sûr, les hackers russes, responsables de bien des malheurs – ah la la - dans l'éducation nationale à Blanquer, ne peuvent pas tout contrôler...

12.
« Ils voyaient d’un mauvais œil grand-père » : Ah ça, quand on a le mauvais œil grand-père, on n’est pas si bienveillant avec les voyous qui courent partout en poussant des cris d’Indiens des films d’Indiens et en se massacrant à l’AK 47 pour des histoires de territoires.  

13
« Le visage rayonnant, Miss Marple »… Miss Marple, la célèbre thé et napperon et arsenic et vieilles dentellières hanteuses de merceries disparues Tombouctou Club parce que j’aime comme ça sonne Tombouctou Club et leurs bom-bom-boms c’est fort en boms.

14.
« Comme il se grattait la jambe de bois, il s’aperçut qu’il n’avait plus de main. »
(Alfred Lebonjour, « Les Aventures de Moby la Tique »)

15.
J’entends dire sur LCI que Alain Fischer, papy piquouze, voudrait coupler la troisième dose de vaccin anti-covid des plus de 65 ans avec le vaccin anti-grippal… Oh l’Alain les Gros Sabots qui voudrait bien rendre obligatoire et vaccin anti-covid et vaccin anti-grippe… On va finir par se poser des questions…

16.
Il se pourrait que François Bayrou soit une sorte d’éminence grise, via des intermédiaires peut-être, sans même que Macron s’en rende vraiment compte, et joue un rôle beaucoup plus trouble qu’on pourrait le croire quant à l’avenir de nos libertés publiques.

17.
La télé est reptilienne. Le yaourt intergalactique n’est pas pour demain. Y en a zauront jamais la grippe. A la place de Macron, je pense qu’on devrait élire un logiciel fédéraliste pragmatico-autoritaire libéral (au moins, on n’aurait pas envie de lui flanquer des gifles).

18.
Alors la mer se mit à gerber, à gerber, à gerber et les villes côtières du monde entier devinrent des décharges à ciel ouvert.

19.
La politique de Darmanin porterait-elle ses fruits ?... Se pourrait-il qu’il y ait eu balance un peu partout et que du coup (de fusil), la racaille règle ses comptes…

20.
Darmanin est peut-être le ministre le plus efficace de ce gouvernement clownesque. Paraît que Blanquer l’aurait voulu, le portefeuille de l’Intérieur… J’ose à peine imaginer ce que ça aurait donné.

21.
Macron est sans doute plus détesté (voire haï) que Hollande et Sarkozy car il est plus technocrate que politique. Les Français n’aiment pas les technocrates.

22.
And now, ladies and gentlemen, Mister Trissotino The First !
- 1er épidémiologiste de France : Didier Raoult, à côté, i vaut pas un pet du lapin à Blanquer.
- 1er économiste de France : notre dette publique, un cas d’école !
- 1er communicant de France : tous les samedis, 200 000 personnes lui prouvent leur amour…

Patrice Houzeau
Malo, le 21 août 2021.

 

4 août 2022

ET PIS DU BEC ET PIS DU BEC ET PIS

ET PIS DU BEC ET PIS DU BEC ET PIS

 

« J'ai laissé la potence
Après tous les pendus,
Andouilles de naissance,
Maigres fruits défendus ;
Les plumes aux canards
Et la queue aux renards... »
(Tristan Corbière, « Laisser-courre »)

En français on peut laisser courir
laisser aller laisser tomber aussi
laisser pisser le mouton l'mérinos
ai-je ouï aussi laisser la potence
qui m'rappelle le titre La Potence
ou la pitié que laisser la potence
Après tous les pendus comila écrit
Corbière j'ignore ce que cela veut
dire après le mot andouilles ça me
rappelle dépendeur d'andouille qui
désigne un grand nigaud benêt zozo
zozo des zîles des zazurs zèbres &
il y a aussi les fruits défendus &
là ça veut dire le fruit qu'i faut
pas y toucher ça fait référence au
fruit d'l'arbre de la connaissance
qu'on lit dans la Bible même qu'on
dit que c'est une pomme même qu'on
dit aussi que ça pourrait être une
poire une figue & même une grenade
(principalement en Arménie) j'l'ai
lu sur Wikipédia que j'sais pas ne
m'demandez pas pourquoi même qu'le
mot « pomum » en latin ça signifie
pas pomme mais fruit et Pomone est
la divinité des fruits Pomone donc
pas la Reine des pommes Pomone Les
plumes idem on peut y laisser dans
la langue française et dans la vie
bien malin qui n'y laisse quelques
plumes qu'ce soit aux canards à la
belette et même défois la queue et
que ce soit aux renards ou au loup
stilal qu'on dit quand on parle du
loup on en voit la queue pis quand
i sont plusieurs on dit à la queue
leu leu les loups que leu signifie
loup en fait que les loups iraient
défois en file indienne qu'tout ça
ça m'fait défiler des loups dedans
ma caboche loups en papier d'ombre 
ça fait songer à des chansons avec
de l'alouette dedans et pis du bec
et pis du bec et pis du bec & pis.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2022.

18 décembre 2023

SAN-ANTONIO LA PUCELLE ET LE MÔME PRODIGE

SAN-ANTONIO LA PUCELLE ET LE MÔME PRODIGE

1.
Dans « Champagne pour tout le monde », il y a un passage où San-Antonio (puisque nous y sommes) cogite et conte, rapport à sa fonction littéraire qui consiste à conter, cogiter et agir dans un maquis d'invraisemblances épatantes que recèlent des phrases composées dans une langue qui swingue le français aussi bien que jazz, blues, pop, rock et autres excentriques électricités sont capables de swinguer l'angliche des Amériques. Il cogite et donc considère, car San-Antonio est un homme qui prend le réel en considération, bien qu'il n'en pense, loin de là, pas que du bien. Et quoi donc qu'il considère, ce héros des temps modernes ? Il considère que la voix de Sinatra, qu'il entend sur un bon vieux vinyl des Trente Glorieuses charmer les pucelles de l'invisible, s'accorde bien avec une morte que ce témoin de la geste de Béru-Le-Gras, vient, je le suppose car ça va de, de découvrir car ses histoires, au San-Antonio, sont pleines des cadavres que le réel ne peut décemment pas accepter dans ses placards, et aussi avec le « décor », qu'elle s'accorde, la romance sinatresque, en l’occurrence, un « canapé plantureux sur lequel traîne encore une revue de mode. » Ce décor avec son mort, savez quoi, il sent le chic, ou le toc.
(cf San-Antonio, « Champagne pour tout le monde ! », Fleuve noir 106, p.65)

2.
« Dans le « Perceval », de Chrétien de Troyes, un passage rappelle que les romans de chevalerie ne sont pas que des suites de batailles et d’exploits plus ou moins surnaturels : cette rencontre que le chevalier fait d'une pucelle montant un « palefroi tout maigre et fatigué », « malingre », laissé « sans soins », « tremblant de froid, tout morfondu », « n'avait que cuir sur le dos », - c'est-à-dire la peau sur les os -, et puisque la mort est plus affaire de mâchoire que de mystique, guetté par la « curée » qu'attendent les « mâtins ».
Ce mauvais sort du cheval, la jeune fille, visiblement, le partage : « la plus misérable du monde », « belle » bien sûr, puisqu'il est que la beauté ne protège pas non plus de la misère, « belle » et misérable donc. Le point de vue se porte d'abord sur ses vêtements, une « pauvre vêture », « mal recousu[e] à grosses coutures, et partout rattaché[e] de nœuds laissant pourtant passer les seins. » Le mot « seins » permet ici de passer de la vêture à la « chair » de la jeune fille, « blessée », « crevassée », puisque vouée à tous les temps. Ce passage se finit sur le « visage », l'humain « ravagé par les tristes traces des larmes », ce qui provoque cette exclamation sur le « cœur » qui « pouvait souffrir quand le corps montrait tel malheur ! ».
(cf Chrétien de Troyes, « Perceval ou le Roman du Graal », traduction de Jean-Pierre Foucher et André Ortais, folio classique 537, p.102).

3.
Dans « La Nuit des enfants rois », de Bernard Lenteric, il est question d'enfants surdoués. A la page 66 de l'édition du Livre de poche n°5666, l'auteur rend compte des pensées d'un de ces prodiges. Il commence par raconter qu'à l'âge de « six ans », il se faisait refouler des bibliothèques où il comptait trouver une nourriture intellectuelle qui le changerait de la Bible domestique. On ne le laisse pourtant pas repartir tout seul dans la rue, le môme phénomène. On prévient la mère qui ramène son affolement « habituel ».
Le môme, il ne peut pas rentrer dans les bibliothèques, mais est obligé d'aller s'ennuyer à l'école où il constate que ses petits contemporains sont très lents de la comprenette puisqu'ils mettent un temps qui n'en finit plus à « apprendre à lire et à écrire », c'est-à-dire maîtriser un « code de communication », un « outil » donc, « d'ailleurs assez limité », qu'il juge, le petit cerveau.
La langue écrite n'est-il qu'un « code de communication » ? En voilà une question que je me pose et dont je ne sais pas la réponse parce que là, je vais me préparer à manger en écoutant « Very Good Trip », la souvent excellente émission pop/rock de Michka Assayas, le soir, à 21 heures sur France Inter.
Bref, le môme se rend vite compte que là où il est, il est tout seul dans son genre qui retient, pige, calcule tout et le reste. D'où cette question :
« Que suis-je donc ?
« Un monstre ? »
Va savouair, Albert.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 décembre 2023.

6 juin 2023

ET LE NARRATEUR CROYEZ QU'IL A UN PARAPLUIE LE NARRATEUR

ET LE NARRATEUR CROYEZ QU'IL A UN PARAPLUIE LE NARRATEUR

1.
Graham Greene, traduit par Marcelle Sibon, « Le Troisième homme » suivi de « Première désillusion » (le Livre de poche n°46). Ce n'est peut-être plus à la mode, et pourtant il tient bien la route, ce roman des débuts de la guerre froide, dans une ville de Vienne partagée en quatre zones, avec ses faux semblants et vrais cadavres, ses espions à perruque, ses faux vrais écrivains, ses narrateurs flottants, ses trafics en tout genre (ici, celui d'une pénicilline frelatée qui, si elle ne les tue pas, rend fous les enfants atteints de méningite). Charme vénéneux des romans d'espionnage, bien que l'auteur ait nettement choisi son camp (celui de l'Ouest) et surtout y ait introduit une dose d'idéalisme affectif que la réalité dément souvent. Ce qui permet de faire le lien avec la nouvelle « Première désillusion », qui, dans un tout autre registre, a cependant comme point commun de nous présenter un personnage (l'enfant Philippe) qui, à l'instar du Rollo Martins dans « Le Troisième homme », se trouve confronté à l'apparente bonhomie du mal.

Citation :
« Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda-t-il.
- On ne le sait pas encore. Ils ne sont pas tous arrivés à se décider là-dedans. Peut-être que c'est un suicide, mais peut-être aussi que c'est un crime. » (« Le Troisième homme », chapitre IX)

2.
J'aime bien les B 52's (le groupe de rock). Leur musique paraît sans doute minimaliste, voire un peu simple diront-ils, mais la guitare un peu rétro, les zigouigouis électroniques sans prétention, le va-et-vient entre les voix de Kate Pierson et de Cindy Wilson (tantôt choristes et parfois même choristes onomatopéiques, tantôt vocalisant au premier plan) et le sprechgesang de Fred Schneider me plaisent bien. Bah oui.

A écouter, si vous aimez le psychédélisme à choucroute, les signaux radio en morse, l'orgue Farsifa, Henri Mancini (le morceau est basé sur la rythmique de « Peter Gunn »), le loufoque « Planet Claire » (1979) et son ambassadrice en « satellite Plymouth » qui ne vient pas de Mars (st'e blague), mais bien de la planète Claire.

Citation :

« Some say she's from Mars
Or one of the seven stars
That shine after 3:30 in the morning

Well, she isn't !

She came from Planet Claire »

3.
La première strophe de « Larme », de Rimbaud, dans sa version de mai 1872, met en scène un buveur coupé du monde bavard et moutonnier « des oiseaux, des troupeaux, des villageoises » par un « brouillard d'après-midi tiède et vert » et le cercle des « tendres bois de noisetiers ».

« Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Je buvais, accroupi dans quelque bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Par un brouillard d'après-midi tiède et vert. »

La deuxième strophe exploite la comparaison entre la soif du narrateur (celle du poète?) et la maigre consolation de la boisson (« quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer »). Notons l'assonance « Oise », « colocase », qui puisant dans la toponymie et le mot rare - ceci dit, j'en sais fichtre rien si le mot « colocase » était considéré comme rare à l'époque, que je le suppose, que c'est vraisemblable, mais que j'en sais fichtre rien qu'en tout cas, ça accentue la dissonance qui frappe chaque fin de vers du poème, comme s'il était impossible désormais de rimer droit.

Je me demande aussi c'est quoi donc cette « gourde de colocase », ça m'a tout l'air du qui sonne étrange pour sonner étrange, et foin des commentaires chevelus. J'aime bien comme ça sonne, « dans cette jeune Oise », vous me direz, j'aime aussi le jambon, The Grateful Dead et pas tellement le président Macron, et encore moins Pap Ndiaye, que ça ne change rien, - et nom d'un crabe, zavez raison.

A part ça, le temps se couvre. Et le narrateur, il a un parapluie, le narrateur, croyez ?

« Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert,
Que tirais-je à la gourde de colocase ?
Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer. »

L'avant-dernier quatrain transforme le paysage en hallucination orageuse. On suppose que le narrateur doit être trempé jusqu’à l'os de son chien, mais étrangement, il n'en fait pas mention (l'avait peut-être un parapluie après tout).

« Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge.
Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.
Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,
Des colonnades sous la nuit bleue, des gares. »

Arrivé à la dernière boîte de sardines, je me dis qu'il fallait que j'en rachète. Quant au « Larme », de Rimbaud – titre ironique et faussement romantique -, c'est une inondation. Et le narrateur, soit il se dit, flûtézut, cette magie nouvelle des « sables vierges » (j'y crois pas, ma pomme, c'est un orage violent, et c'est tout), je n'ai pas su en profiter (« je n'ai pas eu souci de boire ») ; soit, il n'a « pas eu souci de boire », cause que tout ça, c'est du livresque, du poème, de la poignée de syllabes, du pensum pour amphithéâtres, et que les mots, ça ne se boit pas ; par contre, on peut en faire d'intéressantes compositions.

« L'eau des bois se perdait sur des sables vierges,
Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares...
Or ! Tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages,
Dire que je n'ai pas eu souci de boire ! »

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2023.

15 mars 2023

QUELQUE CHOSE EN TOUT ETAIT PERDU

QUELQUE CHOSE EN TOUT ETAIT PERDU

« Ce qu'il y avait, je ne m'en souviens pas au juste, car je n'ai pas de mémoire, mais visiblement, ce n'était pas satisfaisant, quelque chose en tout était perdu, qu'il espérait retrouver et qui s'était fané. »
(Henri Michaux, « La jetée »).

1.
Poème sur l'adieu à la vie : « La jetée », de Henri Michaux. Le narrateur assiste à la disparition d'un humain aussi lui-même que lui pourrait être un autre. Cet humain est vieux et tente de retrouver ce que, jadis, il a tant aimé.

2.
Ce que cet humain retrouve, le narrateur ne peut le préciser car, dit-il, « je n'ai pas de mémoire ». L'une des façons dont la vie nous abandonne, nous relègue, est la perte progressive de noms qui nous furent pourtant si familiers.

3.
En témoin, le narrateur assiste à la remontée de curieux fantômes : « capitaines d'autres âges en grand uniforme », l'Histoire traversée, celle des leçons du collège, parfois celle des conflits, et aussi le retour de « femmes habillées richement mais comme elles ne s'habillent plus. »

Succès, aventures, champagne : en vrai, des squelettes en robes de soirée, des décaties, des obsolètes, des desséchées. Tout ça c'est du jadis, de l'enterré dans des zones désertées.

4.
Ce qui importe, c'est que l'humain retrouve ses souvenirs incarnés. Ce ne sont pas des images dans la fumée d'la cafetière à fantasmes, mais de vrais corps. L'humain, s'il les retrouve, il ne les reconnaît pas tels qu'il les a connus. Il a beau les regarder « attentivement avec grand espoir », « son regard » s'éteint et il « pousse ça » derrière lui.

« il poussait ça derrière lui ». Le grand nombre d'étants qui peuplèrent sa vie (l'estacade en est remplie) est ainsi réduit au pronom démonstratif vaguement dépréciatif « ça ».

5.
L'image des poulies grâce auxquelles l'humain, sur la jetée, repêche dans la mer ce qui constitua sa vie illustre la formule connue de « ce qui remonte à la surface » (souvenirs, gens oubliés, perdus de vue et soudain retrouvés, routines anciennes, vieilles affaires, lieux, parfums, expressions, œuvres, tout un tas d'étants...).

6.
C'est le narrateur lui-même qui « profitant du brouillard », lequel l'isole provisoirement du monde et en suspend le temps, construit cette « jetée jusqu'à la mer ». Cette jetée, c'est une scène, et ce pêcheur de sa propre vie est le personnage d'une pièce que le narrateur s'imagine. Il y fait d'ailleurs du « brouillard » sur cette mer, et l'on sait dès le début du texte que le narrateur est censé, sur ordre du médecin, ne pas quitter sa chambre.

7.
La fin du texte, après la disparition du pêcheur, présente d'ailleurs un narrateur « grelottant de fièvre », qui se demande « comment il a pu regagner son lit ». Ne l'aurait-il pas quitté et cette jetée ne serait-elle qu'une vision fiévreuse ? En tout cas, cette fièvre, cette condition de malade est une autre manière d'abandon. L'un disparaît et perd la vie ; l'autre perd la santé et regagne son lit.

8.
C'est en cherchant dans la foule des étants l'être de ce qu'il a aimé, de ce qui l'a enthousiasmé, de ce qui l'a fait vivre, que le pêcheur constate que retrouver l'étant ne lui fait pas retrouver l'être, et que sentant sans doute une impossibilité d'être, à être, à continuer d'être, à persister dans l'être, il est emporté par tout ça, cette somme de « débris », devenu « débris » lui-même, entraîné par tout ce qu'il « rejette à la mer », par tout ce qu'il abandonne et plouf ! le grand plongeon.

9.
« des caisses cloutées de toutes sortes de choses précieuses » : une collection d'étants qui apparaît aux yeux du pêcheur comme aux yeux du narrateur, comme si le narrateur lisait dans les pensées du pêcheur, à moins que le pêcheur ne soit qu'une vision, un double fantasmé du narrateur, collection qui se fond en un « tout fané », en un « tout » qui s'est fané, puisqu'il en est sans doute de la nature des étants de se faner, et qui se fait « ruban », fil du temps repassé, et qui vous « glace », et qui vous « entraîne » au fond du brouillard d'où l'on ne sort plus jamais, et où les vivants finissent par vous oublier.

10.
Je me souviens que jadis un chroniqueur sur (était-ce France Musique ou France Culture ?), citant dans la même sentence Henri Michaux et Fleetwood Mac, considéra que leurs œuvres, relevant du « ringard » (sic) ne prouvaient jamais que le mauvais goût de ceux qui, comme moi, apprécient à la fois la profondeur de Michaux et le talent de l'album « Rumours ». Ce matin-là, ce chroniqueur a paru pour ce qu'il est sans doute, un ignare probablement surdiplômé : ils sont légion.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2023.

14 août 2022

LE HOMARD ET LA CATHEDRALE

LE HOMARD ET LA CATHEDRALE

 

1.

Je pense que je suis incapable d'aimer quelqu'un aussi profondément qu'on puisse le supposer quand on parle d'amour. C'est pour ça que, parfois, il m'arrive de rendre service.

2.

Une de plus en plus hypothétique victoire des forces poutiniennes dans la sale guerre que Poutine mène en Ukraine est-elle compatible avec l'alcoolisme dont on dit qu'il est bien plus répandu dans certaines populations russes qu'on le croyait ?

L'alcool sera-t-il le tombeau de l'armée russe ? Poutine sera-t-il le tombeau de la Russie ?

3.

L'interdiction de visa touristique aux Russes qui viennent parader dans l'UE pendant que leur Vladimir bien-aimé massacre l'Ukraine, permettrait-elle d'accueillir ceux qui veulent fuir la Russie poutinienne en leur accordant le statut d’exilé politique, de dissident ?

4.

Je suppose que, de la même façon qu'il y eut des officiers de la Wehrmacht qui, ne supportant plus les boucheries hitlériennes à répétition, tentèrent de dézinguer l'aut' fou, je suppose que certains officiers russes vont finir par avoir des envies de l'étrangler, le Poutine.

5.

« Le homard, compliqué comme une cathédrale,

Sur un lit de persil, monstre rouge, apparaît. »

(Charles Monselet, « Poésies complètes »)

 

Poétiquement, un homard peut être « compliqué comme une cathédrale ».

Une cathédrale peut-elle être aussi compliquée qu'un homard ?

Nerval a écrit que les homards « savent les secrets de la mer ».

Les cathédrales savent-elles les secrets de Dieu ?

Bien entendu, si Nerval avait voulu promener une cathédrale en laisse dans les jardins du Palais-Royal, il eût été fort embarrassé.

Remarquez que Salvador Dali aurait été tout à fait capable de promener un homard en laisse sur le parvis de la gare de Perpignan en décrétant que ce homard était une cathédrale.

6.

Ma mère est morte et ma mère fut une jeune fille.

J'eus de la peine à la mort de ma mère.

Ma mère, quand elle était une jeune fille, avait, sans nul doute, des rêves de jeune fille.

Je songe parfois, non sans pitié, aux illusions perdues de ma mère.

7.

Je ne sais pas tout ce que je devrais savoir.

Je ne sais pas si je sais bien ce que je sais.

Je sais que les autres ne savent pas tous ce que je sais.

Je sais que les autres ne savent pas toujours, ni mieux que moi, ni moins que moi, ce que je sais.

Bien entendu, quand je serai cadavéré, le premier imbécile venu, - grâce aux progrès fulgurants du pédagogisme, ils prospèrent, ces ahuris – en saura plus que moi. S't'agaçant.

8.

Plus je lis les tweets de Ségolène Royal, plus je lui trouve un cousinage avec les positions de Mélenchon.

Elle aura tout essayé, Ségolène, du « care » à l'écologie politique, en passant par le pseudo-pacifisme du désarmement.

Je m'attends à l'entendre un de ces jours débiter sur France Inter des platitudes spongieuses avec l'assentiment de Christophe André et de Matthieu Ricard.

9.

Quand je songe que si j'étais plus concentré et moins fainéant, je pourrais composer un roman...

Quand je songe que ce roman, à condition de trouver un éditeur, ne serait lu par si peu de personnes que personne suffit...

Quand je songe que je ne suis ni Céline, ni Proust, ni Simenon, ni même Musso...

Je vais me faire cuire un œuf sur le plat en écoutant du Gentle Giant.

10.

A mon avis, l'autre jour en Crimée, le camarade Ivan, de la glorieuse armée russe à Poutine, il aura même pas eu le temps de l'allumer, la fatale cigarette, qu'avec son haleine pleine de vodka, actionner son briquet aura suffi au badaboum.

11.

Non, mais sérieusement, comment expliquer les difficultés de la glorieuse armée russe à Poutine autrement que par l'intervention conjointe des Illuminati, des chèvres du Pentagone, des extra-terrestres de la zone 51, des Rose-croix-lucifériens-francs-maçons-mondialistes, sinon, on comprend pas.

12.

Play-list :

« Twist again in Crimea (Boum boum badaboum) » par les Poutinoffs Cretinisky.

« Où j'ai mis ma piscine ? (Je veux reconquérir ma piscine) » par Jo the Z et ses Gondoliers du Désert.

« Crash Tango à Moscou » par Charles Glaviot et ses Craques.

13.

Je ne sais rien de Napoléon.

Ce que je lis sur Napoléon est tout ce que je peux savoir de Napoléon.

Mais Napoléon en soi n'est pas ce qu'on dit de Napoléon.

Le Napoléon des livres est une fiction vraisemblable. C'est même un mythe.

Ce que je sais de la choucroute, c'est que je la mange.

Le cuisinier sait préparer une choucroute.

Le cuisinier sait-il tout, absolument tout de la choucroute ? Je ne sais pas.

En ce qu'une choucroute n'est pas une abstraction, je suppose qu'il est plus facile d'en épuiser la connaissance que d'épuiser l'être napoléonien.

On ne peut jamais qu'approcher infiniment la vérité de l'être napoléonien tandis que la choucroute finit dans notre estomac.

En tout cas, je me fiche de ce que le cuisinier sait de Napoléon.

Du reste, l'être napoléonien n'est pas comestible.

14.

Les Beatles avaient du talent.

Les Beatles ont gagné beaucoup d'argent.

Le talent des Beatles méritait-il tout l'argent qu'ils ont gagné ?

C'est une des conséquences du libéralisme que des musiciens qui ont beaucoup de succès gagnent beaucoup d'argent.

Si les Beatles n'avaient pas eu de succès, ou un succès moyen, et donc s'ils n'avaient pas eu les moyens financiers de leur indépendance, sans doute n'auraient-ils pas pu mener les expériences musicales qui ont fait leur célébrité et leur pérennité.

15.

Le réel m'encombre et j'aime écrire.

Si je n'aimais pas tant écrire, je pourrais me désencombrer le réel, - et ça fait du monde -, mais pour l'instant, mon goût de l'écriture l'emporte sur l'encombrement.

Je me demande parfois si l'encombrement n'est pas pour moi une condition de l'écriture.

Jusqu'au moment où, comme cela m'arrive parfois, et avec fracas, j'enverrai balader et mes encombrants et l'écriture.

Patrice Houzeau

Malo, le 14 août 2022.

4 février 2024

CAR CHACUN SAIT QUE LES ÂNES NE PARLENT PAS ANGLAIS

CAR CHACUN SAIT QUE LES ÂNES NE PARLENT PAS ANGLAIS

1.
« Le printemps laisse errer les fiancés parjures »
(Apollinaire, « Les fiançailles »)
Il est bien bon...

2.
« Quand le relatif est le génitif « whose », on place en tête de proposition l'ensemble du groupe nominal qui contient « whose ».
(« Grammaire anglaise », Larreya, Rivière, Asselineau, Grévy ; éd. Nathan)

« Quand j'étais chez mon père, fillette à marier », dit une chanson traditionnelle que j'aime bien parce que j'aime bien les chansons traditionnelles.
Le relatif, c'est que y a plus grand monde pour les écouter, ces petits bijoux que des groupes comme Malicorne ou Tri Yann avaient pourtant su remettre au goût du jour. Le goût du jour, il est au rap tendance racaille. Du reste, le
Relatif lui-même s'en moque assez des chansons traditionnelles françaises, surtout que celui-là, je le tire d'une grammaire de l'anglais, intitulée d'ailleurs « Grammaire anglaise », ce qui étonne car elle ne boit ni thé ni whisky.Il
Est loin des crincrins et des coins-coins de derrière chez nous y-a-t-un étang,
Le relatif. il ne s'en vante pas d'ailleurs, il joue son rôle dans une des innombrables phrases qui constituent les livres que pendant ce temps-là, j'écoute des vieilles chansons avec des instruments qu'on en joue plus que dans les conservatoires (et encore). Le
Génitif aussi s'en moque des airs traditionnels à faire danser du passé qu’existe pas dans sa caboche.
« Whose », qu'il dit, le génitif, c'est vous dire...
On sait bien que tout passe-lasse-casse et s'ramasse fracasse la face au niveau des godasses, donc, une fois que j'aurais écouté deux trois fois Malicorne et Tri Yann, je retournerai aux Stones et autres ouin-ouins électriques. La
Place de la Mairie s'en moque itou des chansons traditionnelles ; quant à la Place de l'Eglise, ça fait longtemps qu'on n'y voit plus passer ni bonne, ni curé.
En tout cas, ça n'empêche pas le roi Renaud de revenir de guerre « tenant ses tripes dans ses mains » et les garçons et les filles d'aller boire et danser tant de nuits à en perdre la
Tête jusqu'à ce que le diable lui-même vienne les chercher.
De fait, la chanson traditionnelle ne sert que si on l'écoute. Sinon, elle reste chez elle, la chanson traditionnelle, à faire des crêpes en écoutant les sonores zozos de la télé. La chanson traditionnelle ne vous fera pas de
Proposition de mariage et dans
L'ensemble, on peut dire que la chanson traditionnelle ne fait guère parler d'elle que lorsqu'on y songe.
Du reste, ce n'est pas parce que l'on songe à la chanson traditionnelle qu'on songe à ses orteils, aux groseilles, à Mireille, et toutes ces sortes de pas pareilles. Moi, voyez, quand je songe à quelque
Groupe joueur de ritournelles d'antan, j'ai le
Nominal qui me gratouille
(Qui me gratouille ou qui me chatouille?) ; et ce que j'entends par « nominal », je ne me pose pas la question dedans ma tête qui en
Contient déjà assez des ânes qui font
« Whose », ce qui est vraiment une ânerie car chacun sait que les ânes ne parlent pas anglais.

3.
« La terre garde encor la trace
De son dernier printemps flétri, »
(Charles Van Lerberghe, « Renaissance »)
Faut qu'a se refasse le mi-
Nois à se repoudrer la face.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 février 2024.

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