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BREFS ET AUTRES
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19 février 2023

AU JEU SUIVI DE UNE INTERRUPTION DE L'INVISIBLE

AU JEU SUIVI DE UNE INTERRUPTION DE L'INVISIBLE

1.
« Piqué au jeu, intéressé par le mystère, je me mis à courir aussi, sans trop buter : pourtant maintenant nous suivions une manière de chemin. »
(Paul Arène, « La Chèvre d'or », ch.V, « Dans le vallon » [le narrateur])

Piqué : en français, on peut être piqué par quelque chose, une épingle, une remarque, et donc « piqué au vif ». Quand on s'est piqué
Au jeu, c'est qu'on se fascine pour quelque activité qui pourrait bien aussi se jouer de vous. Et quand il s'agit du grand
Jeu, alors faites bien attention à la douceur des choses, ainsi qu'au poignard que la rose, surtout si elle est borgne, mignonne, en noir et blanc et joliment dessinée, dissimule dans sa botte.

Intéressé : en français, on peut être intéressé par quelque chose ou par quelqu'un. On peut aussi ne pas être intéressé. Dans ce dernier cas, on dit : « Cause toujours tu m'intéresses ». On dit ça à quelqu'un. Pas à quelque chose. La réponse peut être variée, voire contondante. Quelque chose peut alors vous arriver. Si vous êtes intéressé
Par une chèvre d'or, c'est que vous êtes le narrateur du roman « La Chèvre d'or » de Paul Arène (1843-1896).
Le roman peut aussi vous intéresser, mais ce n'est pas un
Mystère, c'est juste un roman, un peu désuet, et très oublié.

2.
« Un « Monsieur ! hé ! Monsieur ! » interrompt mes réflexions archéologiques. »
(Paul Arène, « La Chèvre d'or », ch.IX , « Installation dans la tour » [le narrateur]).

Un bruit de pas derrière vous. Vous regardez. Personne. Si vous poursuivez votre chemin, et que le bruit de pas recommence, alors,
Monsieur, c'est que l'homme (ou la femme) invisible vous suit.
Hé oui, l'homme (ou la femme) invisible... Vous n'y croyez pas,
Monsieur ? C'est que l'homme (ou la femme) invisible ne s'est pas emparé de vous, sinon vous ne seriez pas là pour en rire. C'est qu'elle
Interrompt, cette Saladine (c'est un personnage du roman « La Chèvre d'or » de Paul Arène (1843-1896)), interrompt
Mes réflexions à propos du roman, et aussi mes autres
Réflexions, celles sur tout un tas de choses, les jambes et les roses, les poils, les épines, les poignards que les roses, surtout si elles sont borgnes, mignonnes, en noir et blanc et joliment dessinées, dissimulent dans leur botte. Qu'à la fin de la citation, il y ait l'adjectif
« Archéologiques » ne doit point nous troubler, car c'est au fond d'une poche, parfois, qu'on retrouve un peu de monnaie.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 février 2023.

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30 janvier 2023

LA FIN DES HARICOTS (MISE EN BOÎTE)

LA FIN DES HARICOTS (MISE EN BOÎTE)

« C'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots. »
(Pierre Dac)

1.
Quand je serai encore plus vieux que je le suis déjà, je suis certain d'être un vieux con. C'est ce qui me différencie de bien des gens qui, eux, tels qu'en eux-mêmes, resteront des cons tout court.
#AglaéEtSidonie #TruiteOuSaumon #Périgourdin

2.
« Les gens il conviendrait de ne les connaître que disponibles / A certaines heures pâles de la nuit », chante Léo Ferré dans « Richard ». La pâleur de la nuit, je ne sais pas, mais il est vrai que j'aimais bien cette chanson avant d'être à moitié sourd comme un artilleur ou comme le dernier des pots rouges, bien que je sois plus bleu que.

3.
Je ne sais pas ce que je donnerais pour que papa et maman soient de nouveau à mes côtés. Je ne les ai pas assez aimés je crois. Je ne m'en rends compte que maintenant. Chagrin et ressentiment. J'encule ceux qui se gausseraient.

4.
Ma mâchoire me dit de mordre. Ma mâchoire ne se déplace jamais sans mon cerveau. C'est un couple fusionnel. « Vipérin », a-t-on dit de moi. Ah l'hommage ! Ah tiens, je n'ai plus de fromage. Mais j'ai de la confiture. #Popeye #Epinards #Trafalgar #Groseilles

5.
« Vous ne répondez point. Mon fils, mon propre fils
Est-il d'intelligence avec mes ennemis ? »
(Racine, « Phèdre », III, 5 [Thésée])
C'est bien un drame. Le fils trahit le père. D'où un PS en loques, et un parti gaulliste de plus en plus lepéniste. La politique, c'est de l’œdipien.

6.
On ne trouve plus de professeurs. Ni de médecins d'ailleurs. Par contre, en pagaille, les administrateurs. L'université vous en pond à foison. L'avenir est à l’expertise numérique. Artisan, praticien, passez votre chemin. La machine pense pour vous.

7.
Les gens, il faut qu'ils disent quelque chose, alors ils disent ; il faut qu'ils fassent quelque chose, alors ils font ; il faut qu'ils décident quelque chose, alors ils décident. Et puis, ils vont se coucher. C'est bien vu comme monde. Dommage que hein. #Tartiflette #Pétanque

8.
T'imagines un peu : Poutine gagne et annexe l'Ukraine ; en 2027, Marine Le Pen présidente, Bardella premier ministre. Vous faites quoi ? Faudrait quand même réagir, sinon, adieu, Démocratie.

9.
J'aime bien les cornichons. Ça me console des gens.

10.
Abus de vin chaud salit le lavabo. (proverbe d'Issilaba). #PernardRico #LetsPicolo #Glouglou

11.
Je tombe sur une phrase où il est question de pâtes au jambon. C'est bon ça, les pâtes au jambon. Je regarde ma vie et mon ombre se gondole, et même pas à Venise. Que voulez-vous je vous dise ? Je dois être un peu. #PâtesAuJambon #AvecDuFromageRâpé

12.
Sur la couverture de cet exemplaire de « Phèdre » (classiques Hatier), Dominique Blanc a un très beau visage tragique. Il faut que je fasse du ménage. Par la fenêtre : ouh la, doit faire froid... Un temps à ne pas me mettre dehors. #Gorgonzola

13.
Je pressentais bien que ce monde était assez détestable. Les pianistes classiques jouent des trucs très compliqués. Dans les deux cas, il s'agit de vérités générales. Cela n'a d'importance que pour les vivants. Sauf peut-être pour les fantômes mélomanes et les revenants neurasthéniques.
#ChiliConCarne #YatilencoreduDessert

14.
Que serais-je sans toi que le même mais avec des variations. Tiens, j'entends dire du bien du groupe « Genesis » sur France Musique. Je ne sais pas si j'écouterai encore France Culture, ces gens me parlent d'un monde qui m'est de plus en plus étranger. #TarteAuxPommes #Pipeline

15.
Le partage des richesses, certes, mais le partage du génie, voilà qui serait épatant. Je crains que les deux ne soient jamais que des vœux pieux. #Wassingue #Gazette #Raclette #Flingue

16.
Moi, quand je fais la vaisselle, - étant sans dents, comme disait le bon François Hollande, je n'ai pas de lave-vaisselle - je tiens solidement les fourchettes, défois que l'une d'entre elle s'envolerait par la fenêtre pour aller se planter dans l’œil d'un vivant de passage.
#JemeFousDeFrançoisHollande #DeSarkozyAussi #DeMacronItou

17.
« - Monsieur Houzeau, bonjour ! » Je n'ai pas répondu à mon salut, j'étais d'une humeur de chien.

18.
Les yeux, c'est bien pour pleurer. Parce que pleurer par les oreilles, c'est pas pratique. Verser des larmes avec les doigts de pied, j'ai essayé, c'est pas facile. Non, non, je vous assure, pour chialer, rien de mieux que les yeux.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 janvier 2023.

22 avril 2022

EMILY ACHETE TOUJOURS SES GÂTEAUX EN DERNIER

EMILY ACHETE TOUJOURS SES GÂTEAUX EN DERNIER

1.

Dans « La Plume empoisonnée » d'Agatha Christie, des gens reçoivent des lettres anonymes, « ignobles, avec des gros mots... pires que ceux qu'on trouve dans la Bible ! » note Mrs Baker. Le corbeau du roman « frappe au hasard ».

2.

« Cette remarque, si nous avions su en tirer parti, pouvait nous donner la clé de l'énigme tout entière. Mais aucun de nous n'entrevit tout ce qu'elle contenait. »

(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée » traduit par Michel Le Houbie [le narrateur])

3.

« - Rose a la langue bien pendue ». Le placard, « sous l'escalier », on ne l'ouvre pas souvent. Les gens de la maison n'ouvrent pas souvent le placard. Aussi n'y découvrent-ils jamais de cadavres. Rose est un joli prénom.

4.

Le narrateur de « La Plume empoisonnée » fait des remarques. Il dit que « la nouvelle du meurtre s'est rapidement répandue ». L'Emily de la Plume empoisonnée est en retard. Elle est allée faire des courses en ville et a changé de pâtissier.

5.

Parfois, le narrateur de La Plume empoisonnée fredonne. « C'est en fredonnant ce refrain » que le narrateur rentra à la villa. « Mon cher amour, je ne suis nulle part » dit la « vieille chanson d'autrefois ». Il y a des fantômes dans ce roman.

6.

Il y a des fantômes dans ce roman. Bien des romans entretiennent des fantômes. Le style assure la pérennité du fantôme. Pas de style, pas de hantise. L'Emily de La Plume empoisonnée achète toujours ses gâteaux en dernier.

7.

On ne scrute jamais assez les paroles. Parfois un assassin s'y cache et au détour d'une poignée de syllabes, il se pourrait que le masque glisse un peu.

8.

Le narrateur de « La Plume empoisonnée » ne veut pas « aller jusqu'au bout de [sa] supposition. Il y a une dame dont on dit qu'elle pourrait jeter des sorts.

On appelle cela une sorcière. La sorcière est le mauvais génie du lieu. Le prêtre n'est pas toujours le bon génie.

9.

Megan est « assise sur les marches de la véranda ». Le narrateur « se mit à réfléchir ». « - Est-ce que tu ne te sens pas devenir vampire ? » qu'elle demanda au narrateur, la Joanna d'Agatha (Christie). De quoi se nourrissent-elles donc, les fictions ?

10.

Le narrateur de La Plume empoisonnée

C'est un roman d'Agatha Christie qui

Evoque les ravages d'un corbeau dans

Une petite ville aussi la façon dont

Le narrateur s'intéresse à une jeune

Fille nommée Megan donc le narrateur

On lui a conseillé « d'aller vivre à

La campagne » avec sa sœur Joanna il

Dit comme ça qu'elle le zieutait pis

Scrutait & reluquait & « considérait

Avec attention » qu'il pigea soudain

Les romans policiers c'est fait pour

Que les narrateurs pigent soudain Le

Coup de l'eurêka fiat lux et petites

Cellules grises donc il pige soudain

« pourquoi les gens de Lymstock » un

Peu qu'ils la redoutaient « la femme

Du Révérend » cause que c'était tout

A fait le genre à savoir tout un tas

De choses sur les gens du coin genre

« petits secrets » que les autres ne

Savent pas mais elle vu que c'est la

Femme du Révérend elle devait savoir

Tout ça de pas trop avouable qu'il y

A parfois chez les gens quand closes

Sont les portes et les bouches itou.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 22 avril 2022.

20 octobre 2023

SPECULATIONS EXEMPLAIRES

SPECULATIONS EXEMPLAIRES

1.
« He's been following me since the station. »

Cet exemple de grammaire est-il :
- révélateur du lien entre le temps et l'espace ?
- Paranoïaque ?
- Inquiétant (le narrateur a-t-il affaire à un « stalker ») ?
- tiré d'un roman policier ? D'un roman d'espionnage ? D'un roman capillaire ?
- Inutile si on veut réussir sa mayonnaise ?

2.
« I was made to fill in lots of stupid forms. »

Cet exemple de grammaire signifie-t-il :
- qu'elle nous encombre fort, dites, la bureaucratie envahissante ?
- Que la bureaucratie est chronophage et contre-productive ?
- Que le locuteur est libertarien ?
- Que les institutions sont de plus en plus bureaucratiques, technocratiques et que commencent à s'empiler statistiques, camemberts, commissions, évaluations, audits, rapports de telle manière qu'il semble assez que l'on veuille noyer la fonction publique dans un océan de signes et d'injonctions prétentieuses et inefficaces ?
- Qu'à force de créer des diplômes sans réel contenu on finit par créer des fonctions sans réelle utilité ?

3.
« The skyscraper makes the church look small. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- la victoire du séculier sur le spirituel ?
- La persistance du spirituel dans les démocraties libérales ?
- Le triomphe de la saucisse ?
- Ces paroles de la chanson des Beatles « It's Been A Hard Day's Night » :
« It's been a hard day's night
And I've been working like a dog
It's been a hard day's night
I should be sleepink like a log »
- Le il faut de tout pour faire un monde sans lequel on ne pourrait faire d'omelette sans casser d’œufs ?

4.
« The guests they had been waiting for had missed their train. »

Cet exemple de grammaire implique-t-il :
- qu'ils vont rester avec pas mal de museau vinaigrette et de salade de pommes de terre sur les bras ?
- Le commentaire suivant et désabusé : « C'est cela, oui».
- Que si la saucisse est triomphante, elle n'est rien sans la choucroute ?
- Que l'on ne peut décidément compter sur personne ?
- Qu'il faut donc freiner sur le picon-vin blanc parce qu'à ce rythme-là, ça va encore tourner vinaigre...

5.
« There must have been a lot of fog. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- qu'avec le brouillard, le retour des spectres ?
- La disparition de la ville et que donc, on s'a un peu paumé ?
- Cette bizarrerie tout de même, hein, cette mode soudaine de s’exprimer dans des langues étrangères ?
- Ces paroles du morceau « Echoes », de Pink Floyd :
« But something stirs and something tries
And starts to climb toward the lights »
- Que chacun cherche son chat ?
- Que la sotte réforme Blanquer s'est abattue sur l'éducation nationale ?
- Que la soupe de pois cassés, ça fait longtemps que je n'en ai pas mangé.

6.
« The firms must struggle for survival in this competitive market. »

Cet exemple de grammaire signifie-t-il :
- que l'économie mondiale est une jungle ?
- Que ceux qui ont cru en la mondialisation se sont fichu les cinq doigts de la main invisible du marché dans l’œil ?
- Qu'on n'est pas sorti de l'auberge laquelle est en passe de faire faillite ?
- Que « dog eat dog », que « l'homme est un loup pour l'homme », qu'un « tiens vaut mieux que deux tu l'auras », et, comme le dit Jacques Brel dans «La Fanette », « qu'on ne nous apprend pas à se méfier de tout » ?
- Que les politiques ont du souci se faire et qu'après les présidentielles 2027, il n'est pas sûr que la France reste une démocratie très longtemps ?

7.
« This might trigger a worldwide recession. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- la prochaine récession mondiale (sauf pour le secteur de l'armement) ?
- La défaite des technocrates qui croyaient naïvement que la libéralisation mondiale des échanges et l’interdépendance économique des nations allaient éviter le retour des guerres ?
- La prochaine récession mondiale et le déclenchement de la troisième guerre mondiale ?
- La nécessité du « Si vis pacem, para bellum » car les récessions ont des conséquences politiques imprévisibles ?
- Le fait que les démocraties libérales sont menacées, déstabilisées, attaquées, non seulement de l'étranger mais aussi de l'intérieur ?

Patrice Houzeau
Malo, le 20 octobre 2023.

11 septembre 2023

EN LICE LA FARCE PIS TOUTE POURRITE

EN LICE LA FARCE PIS TOUTE POURRITE

1.
« Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
                  Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
                  Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ?
(Baudelaire, « L'irréparable »)

Pour étouffer ce « vieux » et « long Remords », le mieux, c'est de :
- Essayer de ne plus y penser en multipliant les occupations ?
- Le noyer dans la picole ?
- Apprendre des poèmes par cœur ?
- Se plonger dans la prière et s'agiter la transcendance ?
- Collectionner petits mickeys et albums des Pieds Nickelés ?
- Se distraire en rédigeant un mémoire sur la sotte réforme Blanquer ?
- Devenir maître des marionnettes dans un manga ?
- L'envoyer se faire cuire un œuf dans l'Absolu ?
- Se dire qu'on a encore de la chance, qu'on aurait pu finir par être aussi boursouflé, pompeux et incompétent qu'un député, voire un ministre, voire un ministre de l'Education nationale du type à pondre de sottes réformes apprenantes ?

2.
« Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge ! »
(Baudelaire, « L'irréparable »)

Si le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge, c'est :
- que le Diable ne se plaît que dans les ténèbres, sinon il ferait du show-biz, ou de la politique.
- Par souci d'économie.
- que l'Auberge s'appelait « L'Espérance », et ça l'énervait fort, ça, le cornu colérique, c'est pour ça.

3.
Pensez-vous que cette vie qu'on vit :
- N'a pas de sens ?
- Peut être très agréable, question de chance ?
- Est stupide et violente ?
- Est stupide, violente et injuste ?
- Est stupide, violente, injuste et pue du ?
- Risible et cruelle comme un dictateur russe ?
- Vouée à l'échec ?
- Ne s'use que si l'on s'en sert ?
- Qu'il faut bien l'agiter avant de s'en servir ?
- Qu'on en a qu'une, alors faut faire attention, défois qu'il y en aurait, des zôtres et des gens là, des petits chefs et cheffesses qui voudraient vous la pourrir,pis vous la bouffer, avec toutes leurs dents là ?
- Est une mauvaise blague, toute pourrite farce, du Céline même pas écrit, du Kafka même pas pensé ?
- Est trop courte pour se poser des questions à la France Inter genre « ce matin, nous allons nous demander si » (je t'en ficherai moi des « nous allons nous demander si », passe-nous un bon vieux rock n' roll plutôt, eh banane à blablas !)

4.
« C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! »
(Baudelaire, « Au lecteur »)

Que vous inspire cette exclamation baudelairienne ?
- Que le Diable ne se contente pas d'éteindre les carreaux des auberges, mais itou qu'il nous prend pour des marionnettes ?
- Que le Diable fait de la politique ?
- Que le Diable est au gouvernement ?
- Que lorsqu'on soupe à la table du Diable, il faut se munir d'une très longue louche ?
- Que le Diable est l'autre nom du Maître des marionnettes humaines ?
- Que le monde est un spectacle diabolique ?
- Qu'il ne faut dès lors pas s'étonner, si, comme l'écrit Baudelaire :
« Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. »
Qu'on s'en rend même pas compte qu'on est foutus.

5.
« Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices, »
(Baudelaire, « Au lecteur »)

Ces accumulations de noms d'féroces et d'adjectifs lovecraftiens ont-elles pour but de :
- Fasciner le lecteur ?
- Se faire gondoler le lecteur ?
- Chatouiller, grattouiller, mâchouiller, patouiller, époustoufler le lecteur ?
- Tenter de rendre compte de l'effet produit par certaines pièces de hard rock très grondant façon Black Sabbath, Led Zeppelin, Iron Maiden, ACDC ?
- Ecœurer le lecteur, lequel d'habitude ne lit pas ce genre de sottises, lui préférant les pronostics des courses de dadas ?
- Ne servir à rien d'autre qu'à faire son intéressant en alignant des noms de bestioles désagréables ?
- Apprendre au lecteur curieux, par une note de bas de page que ne manquera pas de placer l'universitaire consciencieux, que le mot « lice » désigne une « chienne reproductrice, femelle du chien de chasse », même que le latin populaire « lycisca » désignait « une chienne engendrée par l'accouplement d'un loup et d'une chienne » ?
- Servir de prélude à l’avènement des autres dieux du monde qu'on voit pas mais dont H.P. Lovecraft contera plus tard les intrusions et autres jaillissements monstrueux, glapissants, hurlants, grognants, rampants ?
- Ça c'est sûr que si tu glisses dessus, tu te casses une guibolle, si c'est pas les deux.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 septembre 2023.

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16 octobre 2022

DECAPODES ET INCONGRUS

DECAPODES ET INCONGRUS

« Les décapodes se divisent en deux sous-ensembles, les « nageurs » (crevettes) et les « marcheurs » (écrevisses, homards, langoustes). Ainsi s’explique sans doute la métaphore des « chars malhabiles ».

(Emilie Frémond, note sur « La crevette », de Francis Ponge)

1.

Les fictions, ça vous flanque au monde un d’ces labyrinthes dans lequel se jettent d’autres dédales encore. L’organisation de la fiction, le spectacle, empêche que l’on s’y perde, nous appâte avec du mystère, nous conforte dans une certaine indifférence.

2.

Décapodes, ô crustacés, comme l’indique la généricité, vous avez cinq paires de pattes. Quelle étrange chose, quand j’y songe cependant que je passe sous la pluie en grafouillant dans ma boîte à masques quelque univers à décapodes perspicaces autant que querelleurs.

3.

Se ramènerivent-elles bien, les grandes saucerelles à longs cheveux, qu’au soir, sous la nuit brune, on voit danser au son d’une flûte-la-lune et d’un ratatam crépitant ? Certainement, d’ailleurs elles campent.

4.

Divisent-ils les opinions, ces déshérités du bulbe ? S’apprêtent-ils à aller massacrer les gens au nom de la sainte Annexion ? Ou vont-ils crever, les pattes fauchées par la lame des fonds secrets ?

5.

En ce cas, si les oreilles n’en croient plus leurs yeux, il n’y a pas de raison pour que la grande taiseuse ne décidât d’en finir avec l’outrecuidant et ses assassins.

6.

Deux chasse-vlagadingues et la voilà prête à escarmoucher le gredin, à décitrouiller le pépin cependant qu’aigles et faucons alimentent la grenouille combattive à coups de millions de dollars.

7.

Sous-ensembles flous ou pas flous, je m’arvenos d’une inspection d’mon passé que j’me disos, ai-je donc tant compris pour obéir à des racle-gamelles palmés des clowneries, des tamponnés des ministères ?

8.

Les jours où il tombe des poules avec des dents, j’attends patiemment en lisant des illustrés pour la vieillesse, puis, une fois la dernière cocotte flaquée, je m’en vas avec mon panier chercher les œufs.

9.

Nageurs, ils rejoignent les Sirènes et s’en vont poser des bombes, cependant que les Vamps séduisent les couillons.

10.

Crevettes, elles se glissèrent sous les portes, dans les fêlures et les lisières. Sans bruit ni murmures, elles plongèrent leurs dagues entre les côtes des grands organisateurs de massacres.

11.

Et défois je sais pas quoi fere alors je vais au carrefour ou on achete des chips et je regarde les choses passer. Je dis les choses passque je connais pas leur nom. D’ailleurs, elle ne me calcule pas non plus.

12.

Les supermarchés où on achete des chips cé bien mais défois cé chiant passque j’ai pas d’argent alor je reste pas je vai chez ma tante (je vous dirai pas son nom) piqué des sous dans son porte-monnaie pendant qu’ele fait du café pui je retourne au supermarché acheter de la bière.

13.

Marcheurs cé un mot qui me rappelle que quand j’ai fini les cours défois je loupe le bus alor je rentre chez moi a pieds et cé chiant passque défois il pleu mais défois aussi cé bien passqu’on fait ça avec des potes qu’on va volé des trucs (je ne vous diré pas ou).

14.

Ecrevisses, voilà encore un mot mé celui là je l’aime bien que grace a lui je regarde sur wikipédia ce que sait une écrevisse. C’est du crustacé et ça porte un nom vernaculaire après cé tout bizarre come animaux. Sa porte de grandes pinces et y en a elles sont toute rouges.

15.

Homards. J’en ai jamé mangé. Je peux pas vous dire le gout qu’il a. Lui aussi il a de grandes pinces comme l’écrevisse et il est toute rouge. Je sé pas vous dire mieux que sinon je voi dans wikipedia qu’il y en a deux (le homard européen et l’américain).

16.

Langoustes. J’en ai oh marre de tous ces crustacés, cétacés pouah sont ennuyans pour moi les poètes que de toute façon moi ce que j’aime cé les kebabs les frites et le vodka raide bulle quan je sor avec les poto s’embrouiller au « Pirate » (c’est une boîte).

17.

Ainsi, il paré qu’il va y avoir la troisième guere mondiale. Si ça se trouve y aura plus de lycée cé embetant passque je pourrais pas avoir mon diplôme déjà que je viens pas trop souvan (cé a cause des profs) et donc je sé pas qui cé qui va payer votre retraite que si ça se trouve avec la guere mondiale a Poutine et l’Amerique vous pourez pas avoir de retraite et le probleme il est réglé mes quand meme la troisième guere mondiale cé embetant que je suis sur que Macron il va profité pour nous remettre le confineman pour pas qu’on mete les gilets jaunes pour aller voler dans les magasins brisés.

18.

S’explique-t-il ? Bin non. Il s’explique pas. C’est pour sa que cé pas normal naturel qu’il a entandu des pas dans le couloir qu’il a cru que c’était sa copine qui rentrait et cétait pas ele parce que c’été personne.

19.

Sans argent, on peut rien fere, du coup on peut pas se marié et se fere des enfans ou alors il faut trouvé une meuf qui veut bien assez de gosses (cé ma grand-mère qui dit ça) pour toucher assé des allocs passque sinon s’il nya plus assé de gens a naitre en France, comman qu’on va fere les Français pour fere la guere aux autres pays a Poutine.

20.

Doute. Défois je doute que j’existe mes cé surtout quand j’ai pas … quand j’ai … je me rans bien compte que je sais que j’existe parce que je … Excusé-moi pour l’otto-censure, mais je veuz pas avoir d’ennui a cause des chips.

21.

La semaine elle est longue (cé a cause des profs). Vivement samedi que j’aile au Pirate boire des vodka raide bulle avec mes potos et les sous que j’ai piqué a ma tante (je vous dirrai pas son nom). Par contre, si je m’enbrouille samedi, cépasûr que je serai au lycée lundi.

22.

Métaphore. J’ai d’abor cru que c’était un autre crustacé, mais non, cest une figure de style. Après cé tou ce que j’ai compri.

23.

Des figures de style, il y en a trop (cé a cause des profs). S’il y en avait moin on auré le bac plus facilemant et on pourrait fere un BTS ou meme l’université parce kon n’est pas plus sot que les autres cons la qu’il y en a j’m’enbrouille le samedi soir au Pirate ces batars.

24.

Chars. Ah enfin un mot que je connais grace a mon frere il a eté au Mali mes jai la flème moi maintenant alors sans charrier je crois bien que je vas dire quelque chose sur les chars sur une autre copie un autre jour avec un autre prof.

25.

Malhabiles. Je connaissé pas le mot. Alor j’ai regardé et j’ai vu qu’en fet, les malhabiles, c’est juste les connards qui savent pas fere. Cé des connars passque come i savent pas fere, i se font agrafer par les bleus et i passent au tribunal cé rien j’i ai été.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 octobre 2022.

11 avril 2022

FANTAISIES EN ATTENDANT LES RESULTATS DES PRESIDENTIELLES

FANTAISIES EN ATTENDANT LES RESULTATS DES PRESIDENTIELLES

1.

« Elle voyait, près des oreilles de Bernard, remuer ce qu'elle savait être les muscles temporaux. »

(Mauriac, « Thérèse Desqueyroux »)

Défois, y a des temporaux qui passent et viennent vous escagasser les oreilles ; faut les chasser comme on chasse les mouches et les Vladimir-Poutine, sinon, ces trognes de trolls serviles viennent vous raconter craques et bobards dans les conduits.

2.

« I laid before him, as well as I could, the whole State of Europe ; I discoursed of Trade and Manufactures, of Arts and Sciences »

(Jonathan Swift, « A Voyage to the Country of the Houyhnhnms »)

En vrai, n'ayant jamais l'occasion de converser avec un cheval et étant aussi ignorant qu'un professeur de philosophie troll, syndicaliste, anti-vaccin et pro-Poutine, j'ai rien dit et je suis parti manger des frites. Le cheval, le cheval, quel chameau, quel vélo, quel tambour hein ?

3.

« Et pourtant, ces phrases si différentes étaient faites des mêmes éléments, car de même qu'il y avait un certain univers, perceptible pour nous en ces parcelles dispersées çà et là, dans telles demeures, dans tels musées... »

(Proust, « La Prisonnière »)

Nos univers sont partout émiettés... Une phrase là, une réplique ailleurs, un visage que l'on ne voit plus, c'est vous dire s'il en a du foin, not' bœuf mental. Le mien joue du violon, mais ça, c'est passqu'il se croit violoniste parce que sinon, quel crincrin !

4.

« Le chanoine, qui se connaissait peu en ces matières, lut et relut le court traité, presque déçu de n'y rien trouver qui justifiât les rumeurs d'impiété environnant son ancien élève. »

(Marguerite Yourcenar, « L'Oeuvre au Noir »)

Moi, c'est pareil, je ne crois qu'en Sainte Moules-Frites, sinon, j'aime bien le rock n'roll, les albums de Lucky Luke, et le ciel qu'on voit passer dans son train bleu qui fait tchouck-tchouck dedans ma tête qu'on n'entend pas. Je n'écris point de traités.

5.

Dans « La Cantatrice chauve », de Ionesco, Mary récite un poème où tout y prend feu. Par respect du droit, j'vas pas vous le copier, mais je suis d'accord avec le critique Martin, qui assista à cette scène flamboyante : « Il y a pourtant une certaine chaleur dans ces vers... »

6.

« C'est en effet Machiavel qui accroche le grelot d'une cavalcade d'arbalétriers entre Modène et Carpi à seule fin d'égayer d'une bonne farce « une affaire de moinerie »...

(Edmond Barincou, « Machiavel par lui-même »)

Je ne connais pas cette histoire, mais il m'est arrivé presque la même chose : ayant accroché un hareng saur à une ficelle reliée à un mur, treize moines me parlèrent d'un capitaine décapité. Ils n'avaient pas plus de têtes. J'en restai coi et me fis des patates au four.

Patrice Houzeau

Malo, le 10 avril 2022.

3 juin 2021

ENCORE UN PEU DE STEPHEN KING UN MUR UNE ENIGME

ENCORE UN PEU DE STEPHEN KING UN MUR UNE ENIGME

1.
« Il me semble que, si Powers a raison de suggérer que l’un des sujets de « L’Invasion des profanateurs » est la dépersonnalisation (voire l’annihilation de la personnalité libre) dont souffre notre société,… »
(Stephen King traduit par Jean-Daniel Brèque, « Anatomie de l’Horreur »)
#StartUpNation #Technocratie

2.
« Le pouvoir, c’est la magie ; la magie, c’est la puissance. Le contraire de la puissance, c’est l’impuissance, c’est-à-dire la perte de la magie. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)
#politique #Macronie

3.
« Dans « Notre-Dame des Ténèbres », Leiber avance la thèse selon laquelle dès qu’une ville devient suffisamment complexe, elle acquiert une sorte de vie individuelle, totalement indépendante de celle de ses habitants »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

4.
« mais ceux qui aiment les livres et le langage savent que le texte imprimé est une forme de télépathie. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

5.
Il commença à penser que la nuit était comme une peau et se sentit rapidement parmi la présence étrangère.

6.
La tasse de café. La probabilité que je la boive est écrasante. Sauf si mon cœur s’arrête soudain et que je m’effondre parmi mes brefs. Sauf si mon fantôme la boive à ma place. Sauf si je suis obligé de quitter précipitamment ce lieu. Le café refroidira-t-il ?

7.
« Et soudain, je me suis dit : « Que se passerait-il s’il se levait, allait près de la fenêtre, l’ouvrait et sautait dans le vide ? »
(James Herbert cité par Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

8.
Ai entendu ce 3 juin 2021 parler de drones militaires ayant « de façon autonome » attaqué des humains. On dirait une déclinaison de la légende urbaine de l’ordinateur qui prend seul l’initiative de converser avec un autre ordinateur.

9.
Soit un mur. Si le mur s’écroule, un paysage apparaîtra et si ça se trouve, ce paysage sera fait d’un autre mur qui s’écroulant découvrira un autre mur qui s’écroulant découvrira un autre mur et cela jusqu’à la consommation de tous les etc.

Ou le mur s’écroule - tire-t-on dessus des boulets ? Une télépathe a-t-elle décidé qu’il s’écroulât ? Est-il atteint d’un mal étrange qui rongeant les murs, se répand dans les villes et écroule tout ? La terre tremble-t-elle ? -, ou le mur ne s’écroule pas et vous tire la langue.

Si le mur ne s’écroule pas, le verra-t-on longé d’une ombre sans corps ? Un chat y courra-t-il, un univers entre les dents ? Un enfant le passera-t-il pour aller cueillir des cerises ? Le passe-muraille l’empruntera-t-il pour aller plus vite ? La télépathe se suicidera-t-elle ?

12.
Version qui donne à songer d’épouvante d’une célébrissime devinette :
Un capitaine fut décapité.
Douze mouettes eurent la tête coupée.
Combien cela fait-il de têtes tranchées ? 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juin 2021      

11 avril 2021

QUAND JE REGARDE LA NUIT

QUAND JE REGARDE LA NUIT

1.

Quand je regarde la nuit

Quand je regarde la nuit,

Eh bien la nuit ne me voit pas

La nuit c’t’une taupe

La nuit c’t’une taupe

Laisse tomber qu’on lui voit même pas la poitrine.

 

2.

Il était tellement bouleversé

Il était bouleversé tellement

Il tellement bouleversé était

Etait bouleversé tellement il

Qu’il s’est mis la phrase dans tous les sens

 

3.

Quand on me parle de joie spirituelle

Je me demande

M’interroge me questionne

Oui quand on me parle de joie spirituelle

Je me demande où j’ai mis mon coin-coin.

 

4.

Avez-vous donné votre accord pour les fiançailles

Allez-vous vraiment laisser votre fille

Epouser un Martien

Je ne sais pas si c’est très prudent

Les Martiens ont des cœurs d’artichaut

C’est bien connu

Et du reste, à n’en pas douter,

Ce ne sont pas seulement des Martiens,

Ce sont aussi des artichauts

Ça se voit à leur feuillage.

 

5.

La Reine est morte

Criait le crieur public

La Reine est morte

Et chacun de s’ébaubir s’ébahir et d’commentir

(qui veut dire, comme chacun sait, mentir en public)

Et personne n’en perdait une bouchée

Des circonstances de la mort

Dis, pas une bouchée,

A la Reine de sa mort.

 

6.

Y en a zont les yeux zagrandis

On dirait qu’ils voient le réel tel qu’il est

Nan reviennent pas d’lui voir

Sa face de néant au réel

Sa face de néant

Sa face de

Pis même qu’ils disparaissent dedans.

 

7.

Je n’y ai rien compris

On me parlait j’comprenais pas

On m’expliquait j’comprenais pas

On m’raisonnait j’comprenais pas

Alors on a haussé les épaules

On est sorti

Me laissant seul avec mes livres

Mes livres si inutiles

Mes livres si dangereux

Au loin les flammes montaient dans la nuit

Ça faisait comme de grands signes funèbres.

 

8.

Les gens sont tellement méchants savez-vous

Que si vous n’y prenez garde

Dans votre dos

Ils disent du bien de vous

Qu’vous voilà bien embêté

Qu’y en a qui viennent vous consulter

Et vous n’avez plus assez de temps

Non plus assez de temps

Pour vous entraîner au tir au pigeon.

 

9.

En ronronnant comme un petit chat

En ronronnant comme un petit chat

Elle vint me voir dans sa peau de nuit

Vint me voir avec ses beaux yeux verts

En ronronnant comme un petit chat

En ronronnant comme un petit chat

Elle vint me voir dans sa peau de nuit

Vint me voir avec ses beaux yeux verts

Et dessus mon palpitant

Et dessus mon palpitant

Quoi qu’elle fit ? Qu’est-ce qu’elle fit ?

Dessus mon palpitant, elle fit ses griffes.

 

10.

Quand je regarde la nuit

Quand je regarde la nuit

Défois y a un grand œil qui s’ouvre

Qui me regarde

Tout rond au milieu de la nuit

Epaté effaré démesuré

Comme s’il me voyait pour la première fois

Alors comme toutes les nuits

« Couché, Polyphème, allez, couché ! »

Que j’lui dis…

 

Patrice Houzeau

Malo, le 9 avril 2021.

4 septembre 2022

PENDANT QU'ÇA PATAFIOLE

PENDANT QU’ÇA PATAFIOLE

« Les faibles ont trouvé là de tous les temps leur solide rempart : ils penchent à éterniser, la convention ayant été acceptée une fois, la grâce qu'on leur a faite. »
(Nietzsche, « Humain, trop humain »)

Dans la première partie du roman, qui n’est pas plus passionnant, haletant, époustouflant, ennuyant, insignifiant, vu que ce n’est toujours que de la fiction faite pour passer le temps, signifiant parce que, parfois, la fiction révèle ce que le réel ignore de lui-même, dans la première partie donc, dont le titre est : « En attendant la suite », l'auteur, - qui a une sœur du nom de Cathy, laquelle Cathy a un toutou (Kiki qu’il s’appelle ce toutou, et c’est un pékinois) et donc, Cathy s’inquiète beaucoup de la sale guerre de Poutine en Ukraine puisque le 24 février 2022, Vladimir Poutine, dans son quatrième mandat présidentiel de la Fédération de Russie, a déclenché ce qu’il appelle une « opération spéciale », en fait une invasion (mal) planifiée de l’Ukraine, lançant ses forces aériennes, maritimes et terrestres « depuis la Russie, la Biélorussie et les territoires ukrainiens occupés par les Russes au début de la guerre russo-ukrainienne de 2014 : la Crimée et les « républiques populaires » de Donetsk et de Lougansk » (je cite ici Wikipédia), « opération spéciale » qui, ayant pour but de faire tomber la capitale de l’Ukraine, Kiev, se heurta à une vive résistance ukrainienne, laquelle obligea Poutine à envisager une guerre longue et coûteuse en hommes, en matériel, en crédibilité, en financements -, l’auteur donc  cite une phrase de Nietzsche qui fait état d'un « solide rempart » « de tous les temps » qui sert à « éterniser la convention » derrière laquelle les « faibles » s'abritent pour conserver leurs privilèges.

C'est donc dans la deuxième partie, « Retournons au début », que l’auteur, après avoir esquissé le destin de la cantatrice qui avait perdu ses cheveux, et dont le chéri se tua en chutant d’cheval, évoqua la société secrète des « Forts et Fiers pour la convention selon laquelle les Forts et Fiers ont toujours raison », laquelle société se fait bombarder, trouer et décimer, étriper, éventrer, égorger, décapiter, émietter, ratiboiser et anéantir par l'armée de Patafiol, alors qu'elle se tenait, la société, derrière un rempart d'il y a longtemps de quelque château en ruines, château que l’auteur évoque en quelques lignes, y faisant apparaître le fantôme d’une calligraphe, fugace, fantasque, s’engouffrant de frites parce que sinon c’est fade, cependant que dans le réel, Vladimir Poutine, soucieux de la liberté des gens, laissait librement ses soldats bombarder et massacrer les populations civiles ukrainiennes, tout en tentant de se faire passer pour le sauveur du Monde en promettant que les pays qui le soutiendraient dans sa sale guerre s’affranchiraient de l’hégémonie du dollar et de l’influence américaine.

Et c'est donc dans la dernière partie du roman, « Le retour de Zut » et alors que des étudiants en histoire débattent de l'importance réelle de la bataille du « Rempart de tous les temps », que Zut :
«  - Moi, dit l'étudiant à barbiche, je crois que si elle n'avait pas eu lieu, la bataille du Rempart... 
–   … de tarte », fit Zut.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 septembre 2022.

 

23 juin 2023

DE LA PESTE D'ABORD PUIS DE LA PESTE AUSSI

DE LA PESTE D'ABORD PUIS DE LA PESTE AUSSI

1.
J'ai longtemps reculé devant les livres de Fred Vargas. J'aime les livres courts et le format Simenon me convient parfaitement, ainsi que les 250 pages traditionnelles de la collection du « Masque ».

Il y a de cela bien des années (comme le temps court hein), le film « Pars vite et reviens tard », de régis Wargnier (2007) avecJosé Garcia dans le rôle du commissaire Adamsberg et Olivier Gourmet dans celui de Joss Le Guern, avait retenu mon attention. Je viens de lire le roman (J'ai Lu n°7461). Eblouissant. Histoire de peste et de vengeance, de faux-semblants aussi (vous me direz que c'est courant dans le genre du « rompol », comprenez « roman policier » et zaurez raison, mais on s'en fout, puisque je vous le dis). D'érudition (ah, on en apprend des choses sur la peste et sur le sens de l’expression latine « Cito, Longe, Tarde »), de mélancolie, et d'humour aussi (si, si).

Les personnages d'Adamsberg et de Danglard, celui du « Ar Bannour », le « Crieur » Joss Le Guern, et l'étonnante Clémentine Courbet alors, c'est qu'on s'y attache, à ces gens.

Une chose encore, qui me plaît : Fred Vargas privilégie l'intelligence et la sensibilité à la violence. Je n'apprécie guère la tendance du roman noir à multiplier les scènes de violence et de sexe plus ou moins glauque : je ne ne lis pas de romans policiers pour ça. Je lis des romans policiers parce qu'ils présentent des personnages ordinaires plongés dans des situations extraordinaires, parce qu'ils jouent sur le réel, parce qu'ils amusent ou intéressent par l'originalité et les fragilités de l'enquêteur, parce que les gouffres qu'ils révèlent fascinent. Heureusement pour moi, la violence pour la violence ne me fascine pas, et à moins d'en avoir l'étrange beauté de « l'Iliade », je n'en vois pas souvent l'intérêt.

Citation :
« - Bon, dit Adamsberg en continuant à aller et venir. Un prédicateur du IIIème millénaire ? Qui annonce quoi ? L'apocalypse ?
- La peste.
- Tiens, dit Adamsberg en marquant une pause. Ça change un peu. Et comment vous l'annonce-t-il ? Par courrier ? Par téléphone ?
- Par monsieur, dit Decambrais en désignant Joss d'un geste un peu cérémonieux. »
(Fred Vargas, « Pars vite et reviens tard », chapitre 12)

Note : On peut trouver ce genre de dialogue « un peu pâteux ». Affaire de goût. Je ne me pose pas la question. Je lis très vite, et même pas tous les paragraphes (loin de là). Dès que je pige, je tourne la page. Je déplore d'ailleurs que les enseignants continuent à assener aux élèves qu'un livre se lit de bout en bout et mot à mot (Seigneur, quel ennui ! Il y a tant d'autres choses à faire dans une journée!). Beaucoup ont applaudi lorsque Daniel Pennac a publié ses « dix droits du lecteur », et ils sont même affichés dans bien des CDI, mais j'ai l'impression que peu les appliquent en classe. Résultat : les élèves mettent ces dix droits en pratique lorsqu'ils consultent internet et les réseaux sociaux (ça galope) et regardent les livres comme des territoires réservés à quelques initiés des lycées généraux qui auraient le temps de s'y attarder.

2.
Stéphane Guillon (« Journal d'un infréquentable 2015-2017 », Grasset, 2018) Je ne sais pas ce que devient Stéphane Guillon et tant pis, et c'est comme ça, et voilà. Le livre se lit vite car il claque. Livre-chronique, livre coup-de-gueule et marrant parce que la marrance met de la distance. Livre que l'on ne prend pas au sérieux, parce que Stéphane Guillon est un humoriste, et que l'on prend au sérieux parce qu'il s'en prend aux politiques (Fillon, dont il évoque, dès 2017, l'étrange bienveillance pour Poutine ; Mélenchon, ah le grotesque, dis, qu'on lit là ; Dupont-Aignan – teigneux, apparemment ; Marine Le Pen la sulfureuse ; Macron – pas encore éclaboussé par toutes les péripéties à pieds nickelés que nous connaissons maintenant, Benalla, la sotte réforme Blanquer... mais dont Stéphane Guillon semble déjà pressentir les curieuses faiblesses...). Livre mélancolique aussi (l'évocation du talent gâché de Franck de Lapersonne ; d'autres choses, plus privées, que l'on devine). Livre consternant quand il évoque les milieux si frileux parfois et si cyniques aussi de l'audiovisuel. Il y a une jolie page qui rend hommage à l'intelligence de Jean Benguigui. Pas un chef d’œuvre, ce « Journal d'un infréquentable », pas une honte non plus. Intéressant.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 juin 2023.

21 mars 2023

JE NE ME PUIS RAVOIR

JE NE ME PUIS RAVOIR

1.
«Je ne me puis ravoir de mon humeur mélancolique et crois que mardi je prendrai médecine. »
(Henri IV à la marquise de Verneuil, le 13 octobre 1602)

Je ne me puis ravoir, - indécrottable qu’on dit -, je
Ne me puis ravoir de mon rhinocéros dans la pièce Ah ça, je ne
Me puis ravoir de ce bestiau là - c’est qu’ça encombre… Je ne me
Puis ravoir ai-je dit jadis pour la sotte fascination que j’eus pour la demoiselle.
Ravoir avec le temps, j’ai pu. Je ne me puis ravoir
De mon humeur fait le Père Ubu massacrant Ah
Mon humeur mon humeur mon humeur, - et mon parapluie, alors ! Où ai-je mis mon parapluie ? Ah mon
Humeur, massacrante qu’elle est because que j’ai paumé mon parapluie et pis aussi mon Père Ubu de poche. Quant au Roi,
Mélancolique il est, le Roi, mélancolique comme un rhinocéros qui ne sait pas quoi faire de sa pièce,
Mélancolique comme une fille trop désirée,
Mélancolique comme un Père Ubu perdu dans un dédale d’ossements.
Et tu crois quoi, hein quoi qu’tu
Crois hein t’y crois toi hein moi pas
Que j’y crois sauf le
Mardi parce que le dimanche je ne suis pas libre le dimanche et ce n’est que le mardi que j’ai pris
Je prends et
Prendrai médecine de houblon et de malt ne pouvant prendre
Médecine le dimanche because que le café le dimanche bin il est fermé.  

2.
Est-ce qu’ils allaient parler de ça ?
Non, ils allaient parler de yaourt.
Yaourt commence à bien faire.
Prends yaourt et estime-toi heureux, j’ai pas que yaourt à penser !
Etait-ce yaourt à la fraise ou yaourt nature ? Yaourt, je ne le sais pas.

3.
La découverte du collier ne l’avait pas épouvantée.
En effet, on ne trouve jamais de collier dans une brosse à dents.
Elle pouvait se les brosser tranquille, tandis que dans le silence de la terrasse, la silhouette d’une gymnaste en justaucorps noir se confond avec la nuit.

4.
Cette idée ne lui venait pas.
Ce qui lui venait, c’était l’envie de tartines de beurre avec un bol de café noir.
Et comme cette idée ne lui venait pas, Zut perdit la partie.
Par contre, je n’ai plus de pain, et elle a fini mon pot de confiture à la fraise.

5.
La bataille de la réforme des retraites me fait penser à une partie d’échecs. Le Roi, c’est Macron, et la Reine, c’est Borne. On a mis Borne en échec pour mater le Roi. Ça n’a pas marché. Mais la partie n’est pas finie.

6.
Comme il n’y eut pas de long silence, elle ne put le rompre.
Contrariée, Zut retira ses oreilles et la vue de ces poissons à deux pattes et yeux ronds circulant dans les aléas du réel lui donna l’envie de friture, de citron, de vin blanc.

7.
Comme la radio disait que le premier ministre était affaibli par la dernière motion de censure, elle reprit du camembert.
On ne peut le lui reprocher.
Moi aussi, je reprends du camembert quand j’ai envie de reprendre du camembert, surtout quand je suis chez moi, seul avec mon camembert et la pensée d’un premier ministre affaibli par la dernière motion de censure.

8.
Macron ne mange pas les enfants.
Macron agit parfois sottement. Ce n’est pas la même chose.
Et ce n’est pas parce que les enfants font parfois des sottises que Macron pourrait se mettre à les manger.
Non.
Brigitte lui fait-elle parfois des crêpes ?

9.
Au milieu de la bataille de la Réforme des Retraites, Macron va prendre la parole.
Sera-t-il audible ?
Bien sûr que oui, il suffit de se procurer une paire d’oreilles aux normes Blanquer, dites « écoutilles apprenantes » et c’est sans peine aucune que vous comprendrez le macron.
Bien entendu, méfiez-vous des contrefaçons russes (les modèles Lavrov) : elles défaillent, déforment les mots et les propos, transforment jusqu’au sens des phrases les plus simples.

10.
La réforme des retraites de 2023 n’est pas une catastrophe, c’est une loi.
Une loi assez sotte, mais une loi.
Une catastrophe, c’est quand je ne suis pas là. Quand je suis là, ça s’appelle une malédiction.

11.
Une loi peut-elle être une catastrophe ? Sans doute. D’ailleurs, je note que le député Jean-Marc Titanic a beaucoup de mal à se faire entendre.

12.
Sur la réforme Blanquer, les avis divergent. Certains la disent assez sotte, d’autres l’affirment mauvaise, d’autres encore prétendent que la réforme Blanquer est pire que la réforme Blanquer elle-même.

13.
La différence entre dictature et démocratie se tient aussi dans l’art du mensonge d’Etat. Les mensonges de Poutine font des morts, beaucoup de morts. Les mensonges de Macron font beaucoup moins de morts, vraiment beaucoup moins ; par contre, ils multiplient les mécontents.

14.
Parfois, les personnages de bande dessinée sont des exhibitionnistes qui s’ignorent.

15.
Peu connue est la générale de Manière. On s’accorde généralement pour dire que son action au sein de l’armée française fut positive et consensuelle. Elle eut pourtant quelques opposants, les « ceux-pendants », ainsi nommés parce que la Générale de Manière avait coutume d’en dire : Ah ceux-là, qu’ils aillent se faire pendre.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 mars 2023.

19 février 2022

EN PASSANT LE THON

EN PASSANT LE THON

1.
Il faut aussi remettre les tableaux bien droits, avec toutes leurs vaches dedans.

2.
On s'abstiendra de mourir avant d'avoir fait le ménage et rempli le frigo.

3.
« Regarde les peuples qui se délivrent de leurs tyrannies, la manière, que vite ils s'en enclenchent une autre, d'urgence, pour pas tituber de leur ivresse d'être affranchis. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame » [le narrateur])

4.
C'est lorsqu'on l'empêche de chanter, que l'on catastrophe l'atroce cantatrice.

5.
Avoir une fortune dans des poches qu'on ne retrouve plus.

6.
Cracher sur le miroir ne rend pas plus beau.

7.
Pisser dans un violon ne rend pas sourd ; par contre, c'est aussi vain que de vouloir chasser sans son chien quand on n'est pas soi-même chasseur sachant chasser sans son chien.

8.
Apprenant bien appris ne se prend pas au pipeau, pas plus qu'à l'éloquence carabistouilleuse du loquace Blanquer.

9.
« La langue des signes n'empêche pas de penser. » (France Culture, le 19/02/2022).

10.
Echange tripotée de hauts fonctionnaires incapables de gérer un stock stratégique de masques et de prévoir une épidémie, contre un peu de bon sens et une collection de San-Antonio à couverture amusante.

11.
Avoir le moral aussi ravagé qu'un radeau qui vient d'se prendre une drache drue, crue, pis drastique autant que tarabiscotée.
(Citation : « On s'est mis à ravager du moral. » San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »).

12.
Dévorer la sirène et se plaindre des arêtes.

13.
Dissiper un malentendu à coups de gourdin, c'est pas pour qu'on réplique et argumente, c'est pour qu'on riposte et représaille.

14.
Se sucrer la gaufre en espérant le beurrier et l'argent du beurre.
(citation : «(...) les gentes secrétaires se sucrent la gaufre en catastrophe. » (San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

15.
Février 2022 : Bassesses et coups bas, basses œuvres et manœuvres dans le Donbass. L'Ukraine craint ; la Russie gronde. On dit qu'ça s'bombarde, dans le Donbass, dis.

16. 
Avoir le cœur aussi léger qu'une aquarelle avec des longilignes fluets qui flottent dedans, des demoiselles aussi, voire des vaches (mais pour ça il faut que les cadres soient accrochés bien droits sur les murs clairs.
(citation :
« - C'est un Folon.
- Je ne connais pas, car je viens d'assez loin, mais c'est excellent.
- Et puis c'est très mode, ajouté-je. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

Tellement à la mode de l'alors des soixante-dix qu'on les vit partout, ses légèretés colorées bleues ; zoizeaux silhouettes, flottances, bonzhommes zanimés sur Antenne 2, Puis Folon passa pis de mode aussi.

17.
Chacun ses vaches, et les prés seront bien gardés.
(proverbe propriétaire)

18.
En passant le thon paisible, je me dis : Ah, tiens, le Tsar dîne.
En alexandrin, ça donne :
Passant le thon je me dis Ah tiens le Tsar dîne.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 février 2022.

 

15 février 2024

FICHE D'ACTIVITE

FICHE D'ACTIVITE

Pour utiliser efficacement ce document (description d'une activité réalisée) que l'on pourra trouver dans : « Manuel de français CAP » (Collectif, Nathan Technique, collection « Entre-lignes », 2019, p.36) , il faut bien repérer ce que les auteurs du manuel appellent « le cadre et la tâche à effectuer », le cadre étant le lieu et les circonstances de l'activité.
Repérer ensuite « le déroulement des opérations », c'est-à-dire décrire la façon dont l'activité est réalisée.
Puis mettre l'accent sur les difficultés rencontrées et comment ces difficultés ont été surmontées.
Enfin, conclure en mettant en évidence les acquis de cette expérience.

« Dans le cadre d'une des périodes de ma formation professionnelle en …., j'ai dû apprendre la fabrication des ….......... »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : chamellerie, chameaux, sphingerie, sphinx, bêtisier, bêtises, campagne, saules pleureurs, invisibilité, hommes invisibles, politique, embrouilles, boulangerie-pâtisserie, croissants.

« J'ai d'abord observé le chef. Sur le …................, il a étendu au rouleau des boules de pâte, appelées …......... »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : zinc, pâtés, trottoir, patibulaires, coup de cinq heures, marquises, pont, pontons, marbre, pâtons, boulevard, patinoires.

« Ensuite il a allongé les …. en bandes rectangulaires et il les a coupés ensuite en .... »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : pâtés, cages à poules, trottoirs, boulevards, pâtons, petits bâtons, cornichons, saucissons secs, cercles, carrés, rectangles, triangles, quasimodos.

« A côté de lui, Adrien, mon maître de stage, prenait ces …...... un par un et les roulait d'une main en les tenant de l'autre par la ….. »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : pâtés, barbichette, cages à poule, larmichette, triangles de pâte, moustache, pointe de Brie, Pointe du Raz, pointe, chapeau pointu.

« Cela faisait des petits ….. Il m'a demandé de les aligner sur une grande plaque noire en leur donnant la forme d'un .... »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : chapeaux pointus, lampadaire, caramels mous, cyclope, boudins, entonnoir, croissant, « Prince d'Aquitaine à la Tour abolie », nouveau tour de passe-passe, canard, coin-coin, volatile.
« Le chef et Adrien travaillaient tellement vite que j'ai fini par avoir un gros tas de …................ J'étais …............. »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : chameaux, caramélisé, chapeaux pointus, désappointé, pitreries, dépité, fichu, défait, débordé, débriefé, dégivré, défaillant, croissants, croisières, croches, crosses, crochets, croque-monsieur, éparpillé.

« Je devais mettre quatre ….......... dans le sens de la largeur et neuf dans la longueur.
Le chef et Adrien ont arrêté de rouler pour que je puisse rattraper mon …. »
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : charivaris, chaussettes, chagrins, charmes, croissants, train, bus, ombre, couplet, refrain, retard, harmonica, voleur, architecte, aventure, bateau.

« J'ai appris que je devais me …................. et faire des …............... précis pour y arriver. » (Julien, apprenti boulanger-pâtissier in « Manuel de français, CAP, Nathan Technique, 2019, p.36 »)
Complétez cette phrase par les termes adéquats qui se trouvent dans la liste que voici : jus d'orange, jus de raisin, jus de tomate, concentré de tomate, concentrer, charmes, chapeaux, chameaux, gestes, chars et charrettes.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 février 2024.

2 décembre 2023

DE L'INEXISTENCE DE LA CHEVALIERE A LA SAUCISSE

DE L'INEXISTENCE DE LA CHEVALIERE A LA SAUCISSE

« Elle s'aperçut avec chagrin que ce qui dominait en elle, en ce moment, ce n'était point un sentiment de reconnaissance, mais l'orgueil un peu méprisant que lui inspirait un trop facile triomphe. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Le Flux et le reflux »)

Elle – et si c'était un chevalier ? - disons la chevalière alors.
S'aperçut donc, la chevalière,
Avec chagrin, - et si ce n'était pas du chagrin mais une saucisse. Nous dirons alors, la chevalière et sa saucisse s'aperçurent sans
Chagrin (il n'était pas là ce jour-là)
Que ce qui dominait – et si rien de
Ce qui dominait en elle n'était prouvé (après tout, qu'en savons-nous?) ; et si rien de ce
Qui était en elle n'était dominant, mais se racontait des histoires idiotes et que couic donc ne
Dominait en elle, que le murmure confus d'une histoire de Toto.
En elle ? Rien que les sottises à Toto. En
Elle, la chevalière, rien que du Toto. Du Toto. Du Toto.
En ce moment, d'ailleurs, la chevalière, savez-vous ce qu'en
Ce moment, elle faisait, hein, la chevalière, en ce
Moment, quoi qu'elle faisait, la chevalière ? Vous savez, vous ? Moi pas.
Ce n'était point un sentiment en tout cas qui en elle dominait (et si ce n'était point un sentiment mais une machine à gifler ?). Nous dirons alors que ce qui dominait en elle, c'était le murmure confus d'une histoire de Toto accompagné d'une machine à gifler.
N'était-ce point la machine à gifler que son oncle lui avait achetée ?
Point du tout, c'était son cousin Lancelot qui la lui avait achetée.
Un cousin Lancelot, c'est quand même bien utile, surtout si on a besoin d'une machine à gifler. Quant au
Sentiment, par égard pour sa saucisse, la chevalière s'en abstenait assez ordinairement et semblait aussi froide qu'une photographie
De machine à coudre. Par contre, elle avait de la
Reconnaissance et louait fort son cousin Lancelot pour sa libéralité.
Mais l'orgueil (et ce n'était pas de l'orgueil puisque c'était un train arrivant en gare).
L'orgueil arrivait et elle ne devait pas le manquer.
Un souci ce serait si il advenait qu'elle le manquât, cet orgueil.
Peu alors serait-elle fière, la chevalière sans orgueil.
Méprisant alors qu'il serait le cousin Lancelot si elle manquait son orgueil.
Que ferait-elle alors ? Irait-elle noyer son chagrin (alors revenu au grand galop) dans quelque bar de ce côté du monde et de la gare ?
Lui viendrait-il des idées suicidaires ? Déjà qu'elle
Inspirait rien du tout qu'elle inspirait la chevalière à la saucisse.
Un grand vide autour d'elle, sur elle et en elle, car
Trop pas du tout qu'elle existait, la chevalière à la saucisse.
Facile ça, en attendant le train de s'inventer des histoires idiotes de chevalière hein, et vous croyez quoi ? Que l'on va vous porter en
Triomphe parce que votre caboche tisse du non-sens comme une montre pond des minutes ? Allez donc manger votre saucisse, et fichez-nous la paix ; nous avons, nous, des guerres à mener.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 décembre 2023.

8 août 2023

UN BRUIT DE GALOPADE

UN BRUIT DE GALOPADE

« Un bruit de galopade » je lis ça au chapitre 4 de « Enquête dans le brouillard », de « Elizabeth George », même que la faiseuse de ce
Bruit de « galopade » s'appelle Danny, et c'est donc dans un bruit
De galopade qu'elle surgit dans le chapitre.
Galopade, c'est un mot que l'on n'entend plus guère qui
Retentit sans doute encore dans les couloirs des écoles et les cours de récréation, que ça me fait penser au mot « galopin », qu'on n'entend plus non plus.
Et donc Danny galope, rapportant des « pantoufles ».
Une drôle d'histoire de fantôme qu'elle va raconter dans la suite du chapitre, la
Jeune Danny, « c'est toujours la nuit que le nouveau-né crie dans l'abbaye », qu'elle dit, la
Fille, même qu'elle l'a entendu, « il y a trois ans », et qu'elle n'est « pas près de l'oublier ! ».
D'environ dix-neuf ans, la Danny (je me demande si ce n'est pas
Dix-neuf parapluies, qu'il aurait perdus, mon oncle, depuis le temps que je vous en cause) ; le roman d'Elizabeth George a été publié en 1988 aux Etats-Unis sous le titre « A Great Deliverance » et en 1990 en France, que les
Ans passent, et elle a toujours dix-neuf ans, la jeune fille
« Aux cheveux tout ébouriffés », que des
Cheveux tout ébouriffés, ça va bien avec les jeunes filles des romans policiers à énigme, et « Enquête dans le brouillard », c'est du
Tout bon dans le genre. Sont
Ébouriffés aussi du capillaire, sur les photos, les musiciens de rock des années 70, genre Led Zeppelin, voyez. Donc, Danny
S'encadra « sur le seuil » parce que si elle s'était encadrée
Sur « un coup de dés jamais n'abolira le hasard », comme dit
Le poème de Mallarmé, on aurait été au
Seuil de quelque chose que je renoncerais alors à expliquer.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

23 juillet 2023

PARFOIS IL Y A UN VER DEDANS

PARFOIS IL Y A UN VER DEDANS

1.
« Elle n’avait rien vu et ne connaissait pas du tout la défunte »

(Agatha Christie)

Elle n’avait pas de pieds Elle
N’avait pas de jambes non plus Elle n’avait
Rien Ce sont des choses qui arrivent quand on n’existe pas Je n’ai pas
Vu de pain sur la table, il était parti croûter ailleurs.
Et comme j’avais sorti la confiture, je me dis qu’il
Ne me restait plus qu’à faire des crêpes. Les crêpes, elle
Connaissait, la confiture. Je n’eus aucun scrupule.
Pas une fois elle n’émit une plainte sur sa non-existence.
Du temps où elle existait, elle se plaignait souvent.
Tout ça, c’est du vivant, expressif, ça s’plaint d’être, de ne pas être, de ne plus être, de n’être que, de n’être encore.
La confiture, ça n’se plaint pas, ça s’étale. La
Défunte non plus ne se plaignait pas. Mais elle était défunte.

2.
« - Si les pommes étaient cubiques, cet Anglais n’eût jamais rien découvert, et je trouve déplorable que la loi qui régit l’univers se soit révélée par la forme d’un fruit. » (Marcel Pagnol, « Le Temps des amours » [Sylvain Bérard])

Si j’avais un marteau, je pourrais le ranger avec les autres marteaux, car les choses se rangent. Sinon, elles sont dérangées et, dès lors, sont susceptibles de faire n’importe quoi.

Les choses étant ce qu’elles sont, je repris une crêpe. J’aime bien les crêpes, c’est pour ça que j’en reprends, car on peut reprendre des crêpes, des moules, des frites mais si l’on prend du temps, mais si l’on prend son temps, on ne reprend pas le temps, quand bien même il dirait des choses inadéquates. J’aime bien les crêpes, j’aime aussi les

Pommes. J’en fais parfois de la compote ; sinon, je les regarde juste.
Etaient-elles contentes, mes mains, de tenir un marteau ? La question du contentement des mains ne se pose pas. Sinon, elles feraient comme tout le monde, elles passeraient leur temps à se plaindre. Il y a des lieux

Cubiques ; des gens vivent dedans. Les gens qui vivent dedans ont des marteaux sans doute et mangent des crêpes, parce qu’ils ont des mains.

Cet été, je ne vais pas en vacances. La lune fume-t-elle la pipe ? Cet été, je ne vais pas en vacances. Non, la lune ne fume pas la pipe. Cet été, je ne vais pas en vacances. Ce sont les sélénites qui fument la pipe. Personne ne le sait et tout le monde s’en doute. Cet

Anglais, - je ne fréquente guère d’Anglais, ni de Chinois, ni de gens -
N'eût, cet Anglais, jamais consenti à fumer la pipe dans la même pièce qu’un sélénite. Ah ça, jamais,
Jamais de la lune. Elle n’avait
Rien. Ce sont des choses qui arrivent quand on est un personnage de roman. J’ai
Découvert qu’il me manquait un marteau ; je soupçonne l’Anglais
Et mes mains de me cacher la vérité.
Je mange ma crêpe, grâce au bénéfice d’un pronom personnel. Je
Trouve que les personnages de fiction ne mangent pas assez de crêpes.
Déplorable anti-crêpisme !
Que les choses soient ce qu’elles sont, je vous le dis, voilà qui ne m’empêchera pas de reprendre une crêpe.
La crêpe est l’avenir de la confiture. Cela ne dure pas. La dure
Loi des crêpes, c’est qu’elles sont faites pour être mangées, car
Qui fait des crêpes peut tout aussi bien écouter du Gentle Giant. Il
Régit tout. Qui ? Le grand engouffreur de crêpes, de gaufres et d’espèces menacées.
L’univers lui est crêpière, gaufrier, zoologie, et il
Se gondole, l’univers. C’est que les blagues quantiques sont si paradoxalement drôles. Que cela
Soit et cela fut ce que les choses sont, frites et poissons. Ô vérité
Révélée par le manuel de cuisine, par le grand Livre des Recettes !
Par les temps qui courent, on méprise bien trop
La foi juste et simple des crêpières et des goûte-crêpes. Je crois qu’il a
Forme de crêpe, le dieu des crêpières et des goûte-crêpes puisque c’est sous la forme
D’un cornichon qu’apparaît le dieu des électeurs. Quant à la pomme, c’est un
Fruit, et parfois, il y a un ver dedans.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juillet 2023

15 juillet 2023

CERTITUDE ET REFUS

CERTITUDE ET REFUS

1.
La seule n'est point si sotte parce qu'elle est
Seule. Assurément, la seule n'est point si sotte et j'ai la
Certitude que si le saule pleureur, sous lequel la seule s'est assise, se mettait à lui siffler les sottises
Que les garçons sifflent aux seize ans des donzelles, la seule, point si sotte, s'en irait s’asseoir ailleurs.
J'ai un jardin car point n'ai-je de jardin et même s'il y neige, point n'ai-je besoin de le déneiger – si tant est que j'ai besoin de le déneiger - car mon jardin se déneigera bien tout seul et dans un absolu imaginaire.
C'est suant d'être sot, me susurre ma sottise, cependant que Zut m'assure de son plus profond ressentiment.
D'être à la fenêtre, longtemps, longtemps, longtemps  peut-être que c'est passqu'on sait pas quoi faire (à ch'val) cependant qu'être longtemps, longtemps, longtemps à ch'val à ne savoir pas quoi faire à la fenêtre, assurément, c'est être original, voire excentrique, déferré d'la gamelle et tout à fait tombé d'vélo, bien que cela dépende aussi, évidemment, du côté de la fenêtre qu'on est.
Dans le doute qu'on pédale – ah ce n'est point douteux que c'est dans
Le doute qu'on pédale, même que c'est dû au monde qu'est dingo, dingo, dingue pis qu'on se dit : mais n'en a-t-il point toujours été ainsi, qu'on s'en
Doute bien qu'il en a toujours été ainsi du monde, qu'il est dingo, dingo, dingue, et donc quoi qu'on s'dit, on s'dit comme la dernière phrase de l'entretien donné par Pierre Desproges à Yves Riou et Philippe Pouchain dans le livre dont elle constitue le titre : « La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute ».

2.
« L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté. »
(René Char, « Feuillets d'Hypnos »)

L'acquiescement éclaire cause qu'on sait à quoi s'en tenir et donc ça
Eclaire qu'on dit ah oui c'est clair ah oui je suis d'accord ah oui oui oui
Le visage en semble plus clair moins sphinx le
Visage qu'on croit qu'on lit en vous à livre ouvert on dit ça lire en quelqu'un comme en un livre ouvert ou à livre ouvert c'est comme le magasin vert même fermé il est tout vert tandis que
Le refus lui donne au visage qu'il reste éclairé quand même qu'en même temps et surtout dans votre esprit c'est très clair que c'est non niet nein no-no-no no-no-no ça c'est le
Refus que ça s'appelle têtu comme les notes qu'épingle sur le piano Thelonious Monk dans « Monk's Dream » épatance jazz de 1962 têtu comme le refus de Zelensky de céder devant la barbarie Poutine ah oui le refus que ça s'appelle et c'est ça qui
Lui donne sa noblesse à Antigone lui
Donne sa noblesse et sa beauté à Antigone que si ça se trouve Antigone elle était moche comme un pneu d'vélo dégonflé ou un clafoutis déconfit qu'on
La représente généralement plutôt belle Antigone d'une
Beauté franche et grave de jeune fille qui sait ce qu'elle veut alors que si ça se trouve elle passait son temps à se curer le nez avec son doigt en regardant s’exercer la garde à son oncle (Créon qu'il s'appelait) et se disant sans déconner, qu'est-ce que j'me fais.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2023.

17 juin 2023

MORUE TU RIS MAIS QUEL SALE TEMPS !

MORUE TU RIS MAIS QUEL SALE TEMPS !

« La mort est à la fois plus grande qu'une montagne et plus petite qu'un cheveu. »
(Claude Izner, « Mystère rue des Saint-Pères », chapitre V [Kenji Mori])

La mort (pourquoi parler de la mort alors que je pourrais parler des fraises?). La
Mort (non, parce que les fraises c'est bon avec du riz froid sucré et de la chantilly). La mort
Est (sauf que la mort, c'est en toute saison, alors que les fraises, évidemment...). La mort est,
A vrai dire, je pourrais aussi parler du roman que je lis, « Mystère rue des Saint-Pères », de Claude Izner, que ça me plaît, cette histoire de libraire et de mort subite par piqûre dans le Paris de 1889, avec cette illustratrice du nom de Tasha Kherson et l'étrange Kenji Mori...
La littérature policière à énigmes, y a rien de tel surtout que demain, je sais que je ne mangerai pas de fraises avec du riz froid sucré et de la chantilly ; donc, toutes les
Fois que je peux rester chez moi à lire des romans policiers pendant que vous vous agitez comme des gens qui sont tout, je suppose (bande de gueux à diplômes et têtes de nœud), j'en profite et
Plus le temps passe, plus je me dis que je dois avoir raison quand je vous le dis, que les fraises, c'est bon avec du riz froid sucré et de la chantilly.
Grande chose que les fraises, aussi la littérature policière, et le fait que personne ne vienne me demander quoi que ce soit (y en a j'vous jure, zécoutent trop les curés et le ministre de l'éducation nationale, fichez-moi la paix et démerdez-vous, j'suis pas éducateur social). Donc, plus grande
Qu'une montagne, la mort qu'il dit Kenji Mori. Je ne suis jamais allé à la montagne. Je n'irai jamais. Pourquoi faire. Même les bouquins qu'ça se passe dans la
Montagne (Frison-Roche, et d'autres je suppose), ça ne m'attire pas plus que ça. Je préfère Hercule Poirot (mais je ne prétends pas avoir bon goût non plus).
Et après, me direz-vous, on s'en fout ; et vous avez raison vu que je m'en fous itou.
Plus petite aussi la mort, qu'il dit Kenji Mori (un personnage de Japonais dans un roman policier, une chance sur deux qu'à un moment, il balance un proverbe, alors que, si ça se trouve, les Japonais ne disent pas plus de proverbes, sentences, maximes, sapiences et blagues de carambar qu'un paysan dans Maupassant, donc, plus
Petite aussi la mort, qu'il dit Kenji Mori (tiens, Mori comme Fubuki Mori, dans l'épatant « Stupeur et tremblements » d'Amélie Nothomb) ou comme dans « Morue, tu ris, mais quel sale temps ! » (d'où ça vous vient, toutes ces conneries, monsieur Houzeau ? Chaipas, ça doit être un don), plus petite
Qu'un cheveu, la mort, hein, dis ; et là se pose le problème de çui-là qu'a laissé tomber sa moumoute dans la soupe à l'oignon, mais nous en parlerons une autre fois, de veau, évidemment.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juin 2023.

22 juin 2023

LES CHIENS NE JOUENT PAS DE TROMPETTE

LES CHIENS NE JOUENT PAS DE TROMPETTE

1.
Les chiens ne jouent pas de trompette. Sinon, à quoi serviraient-ils ?

2.
La lune ne porte pas de jupe. Du reste, si c'était le cas, il ne manquerait pas de gens pour se demander ce qu'il y a dessous.

3.
On n'utilise pas un levier pour rattraper le temps perdu. Si vous avez un levier et beaucoup de temps perdu, vous n'avez à vous en prendre qu'à vous-même. Le levier n'y est pour rien. D'ailleurs, il s'en fiche. Voyez comme il se moque de vous dans ses moustaches.

4.
Rien ne prouve que Mona Lisa n'ait pas porté la moustache. Seule l'habitude de regarder La Joconde selon des critères stupidement genrés vous empêche de constater cette évidence.

5.
N'insistez pas. L'administration ne procédera pas à votre résurrection.

6.
Il est interdit de laisser gambader les pianos sur les pelouses. Si votre piano disparaît, c'est que la pelouse l'a avalé. Il faudra bien vous mettre à la guitare, ou au violon.

7.
La musique de Satie est préjudiciable à l’imbécillité publique.

8.
Si vous avez le mauvais goût de mourir avant l'âge de la retraite, ne vous étonnez pas d'éventuelles retenues sur votre salaire pour service non fait.

9.
Si les verres à pied pouvaient parler, ils partiraient au galop.

10.
Si vos frites ont soudain un goût de sang, c'est peut-être que quelqu'un y a oublié un doigt.

11.
Ce n'est pas parce que les mouettes ne chantent pas La Marseillaise qu'il ne faut pas se mettre au garde-à-vous.

12.
Vous voyez bien que la criminalité a fortement baissé. Il suffisait de couper le son.

13.
Je me méfie de mes verres. Ils ont une fâcheuse tendance à vider les bouteilles.

14.
Je n'autorise pas les cravates à venir me serrer le cou.

15.
Ne parlez de ce que vous ne connaissez pas que si vous avez fait une grande école.

16.
L'erreur étant humaine, on ne peut rien reprocher à l'administration.

17.
Cette langue est vivante et s'agite dans bien des bouches, tandis que vous voyez bien que toutes, absolument toutes les poêles à frire ont renoncé à l'usage du latin de cuisine.

18.
Ce qui distingue l'humain de la machine, c'est la mauvaise foi. Le jour où les robots seront d'aussi mauvaise foi que les plus habiles de nos politiques, les jours de notre espèce seront comptés.

19.
On ne trempe pas son piano dans son bol de café, ça fait des miettes mouillées, c'est dégoûtant.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2023.

2 juin 2023

QUI SE LEVE TÔT VENDREDI N'A POURTANT PAS DROIT A UN PANINI GRATUIT

QUI SE LEVE TÔT VENDREDI N'A POURTANT PAS DROIT A UN PANINI GRATUIT

1.
Qui se lève tôt vendredi, il n'y a pas de raison pour que dimanche, il ne mange pas de croissants.

2.
« Les philosophes médiévaux étaient fascinés par les miroirs » a écrit Giorgio Agamben. Cela ne prouve pas qu'ils chantaient dans la salle de bain.

3.
L’expérience m'apprend que quand on aime les frites, on finit toujours par en manger.

4.
Je ne pense pas que les frites soient la fatalité de la moule. Si tant est que tout est politique, la politique est aussi la fatalité de la moule. Mais de cela, la mayonnaise s'en bat l’œuf.

5.
A quatre heures cinquante-sept du matin, je constate que, le temps passant, je suis toujours aussi stupide.

6.
L'amour des gens nous console-t-il du dégoût que l'on éprouve en pensant au contenu de leur estomac ?

7.
Le Père Ubu devait être mauvais gestionnaire parce que la dynastie s'est éteinte avec Jarry. Par contre, il a inspiré beaucoup de dictateurs (avec ou sans moustache).

8.
Good morning, comme dit la poule au coq pour lui faire croire qu'elle a des lettres.

9.
Tiens, j'ai envie d'écouter un bon vieux Stones d'avant la conquête de la Lune. Mais je peux pas, ils vont encore laisser des cheveux partout et la concierge va râler.

10.
J'ai toujours beaucoup aimé les Beatles, surtout en mangeant des fraises.

11.
Défois, à force de se battre contre soi-même, on finit par se casser le nez. C'est pas faute de n'avoir rien compris.

12.
Par contre, ce n'est pas parce que je relis, de temps à autre, les aventures de Barbarella que l'on me fera reprendre des betteraves. Ah non.

13.
J'ai eu une belle amie qui s'appelait Hélène, mais il ne fallait pas la prendre pour une poire.

14.
A force de remettre sans cesse des choses sur le tapis, on finit par acheter un aspirateur.

15.
Quand il pleut, j'aime bien écouter les Stones. Mais pas si je suis dehors, à cause des bronchites.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 juin 2023.

1 mai 2023

ET MARNE LA ET MORNE LA ET MÂCHE ET MÂCHE ET MÊCHE

ET MARNE LA ET MORNE LA ET MÂCHE ET MÂCHE ET MÊCHE

1.
« De la difficulté subjective à réussir socialement » quand on fut lâché (délivrance dit-on) dans un pas bien cerise sur le gâteau (sans être purée oh ma purée, passe-moi le sel, Marcel, encore un peu de vin, Alain, mais tout de même), j'entends dire ça sur. Je connais ça par cœur, par cœur et twist again in my caboche. C'est même pour ça que, quoi qu'ils et quoi qu'ils aussi, je ne les apprécie guère bien que quoique je leurs dois le respect que l’on doit doivent - doivons n’existe pas - aux autres car sans respect y a plus d’respect. (Je ne prétends pas être juste non plus hein). Mais en tout cas je suis franc.

2.
Et marne la, et morne la, et mâche et mâche et mêche, avec ça, c'est le. Les gens de, avec leur, la très hypocrite hein, m'emmarnent et sagouinent (zattendez que d’y être pour en miam miam la belle artiche oh la bonne soupe, comme vous l'aviez jadis), aussi les et les crypto-néo-panto (amenez moi un zoo que j’y mette mon lexique et après pépé va au dodo), dessus ma main les se hérissent. Alors oui, bien que de, je salue le des sans ni, mais sans exagération.

3.
Moi, voyez, y a rien à faire, je peux pas, même en le peignant en train de muser parmi les muses avec un sac à malices, et le miel, et le lait des offrandes. Non.

Mon yaourt ne s’appelle pas l'incorruptible, et la trucidance, et le couic le cou, ça me, envie d'gerber, mais bon, moi, je suis hein, pas savant comme les payés des où ai-je mis ma et mon, ce serait tout de même bien utile, hein, si je pouvais récupérer ma tête et ce qui s’agite dedans.

4.
Allez ! A dada, sabre au clair et on conquiert l'Europe au nom de la République !

Houzeau, t'as plus l'âge, pense à ton lumbago.
(Bin oui, dans chaque Français, y a un petit Bonaparte qui sirote du rhum des Antilles (françaises!)

5.
On n'apprend pas la vie avec la littérature (s'te blague) et pas non plus avec la chanson française (s'te blague encore plus), mais avec les fins de mois difficiles.

6.
Apprenez à le, avant de nous critiquer. Là-dessus, je vous, et bons baisers à là-bas, j’irai jamais.

7.
Bon, j'vas mettre mon cœur à sécher, i déborde, ce clown l'a avalé l'éponge.

8.
Le phénix de nos attentes transcende l'alouette de vos espérances. En clair, politiques, on en a marre de vos gueules.

9.
Des incorruptibles i disent nous n'avons que, et non, le bon dieu ne se tient pas dans la culotte des gamines. Révolutionnaires à lendemains sanglants et culs-bénits refoulés, allez vous ferrailleurs chiffons vide-greniers balais brosse. Ni Machin, ni Machine, ma pomme me suffit.

10.
Allez, pour bisque bisque rager les de comme de, hier soir, soirée cinoche et deux chefs d’œuvre : « Diên Biên Phu » de Pierre Schoendoerffer et « Meurtre d’un Bookmaker chinois » de Cassavetes.

11.
L’absence de croyance n’empêche pas le signe de croix ni la sympathie pour celui qui remet son âme à Dieu. Au moins cet homme sait-il que tout n’est pas vain dans ce monde quand bien même un vent sans foi ni loi nous emporte.

12.
Fol qui a raison. Nous vivons une époque d’échiquiers renversés. Les échos sont remis à la blague et nous sourions car la jeune fille mange une glace, le chien court sur la plage et tout a l’air si libre.

13.
Non, Macron n’est pas un dictateur. C’est juste un président qui fait ce qu’il peut, et il ne peut pas grand-chose parce qu’intellectuellement parlant, il n’est pas équipé pour. Et encore, c’est un des plus doués, paraît… L’état de nos élites laisse vraiment à désirer.

14.
Je sais que je ne devrais pas avoir écrit bien des choses que j’ai écrites. Sont des conneries. Jlavoue because, quand bien même maladroit, je sais ce qu’est la littérature (et c’est pas moi). Cioran avait raison (ô hauteurs !). Je ne peux rivaliser. J’vas corriger le tir (ailleurs et rock n’ roll y a que ça de vrai, poil au frais). #RockNRollEtDépitance #TireAilleursEtReviensPas

15.
Au vol, cette réplique dans une comédie américaine pas bien fameuse mais ça c’est marrant :

Mike sur son portable : « Chérie, explique-moi comment faire un massage cardiaque à un chien. »
Réponse du portable (voix enjouée) : Nous avons quatre réponses pour « Starbucks ».

16.
« DENISE

Dix mois après son inconduite…

CELESTIN
La pauvre princesse s’aperçut…

DENISE
Elle s’aperçut qu’elle était mère…

CELESTIN
Et mit au monde un escadron !

DENISE
Huit cent troupiers prêts à la guerre.

CELESTIN
Tous à cheval comme de raison.

DENISE
Hommes et chevaux, tout l’escadron
Fut enveloppé dans du coton
Et mis dans une boîte en carton.

CELESTIN
Et pourquoi donc ?

DENISE
Parc’ qu’ils étaient, parc’ qu’ils étaient, parce qu’ils étaient en plomb !

ENSEMBLE
Gloria in excelsis,
Preserva nos a maleficiis. »

(Hervé, « Mam’zelle Nitouche », livret de Meilhac et Millaud, « Duo du soldat de plomb »).

17.
Ce n’était pas parce qu’il n’était pas partisan des et, d’ailleurs à, on ignorait le chauffage central - qu’il ne montait pas à cheval. A la viande, un stylé des us et coutumes anciens annonça l’arrivée d’Agatha.

En conséquence, lorsque les revinrent au, après le comme cette dame est bavarde mais le vin est bon, la n’y était pas celle qui pouvait convenir à des en robes de soirée modernes. Tous décidèrent de rejoindre Agatha dans la bibliothèque. On lut tard dans la nuit.

« Les Sept Cadrans », d’Agatha Christie (titre original : « The Seven Dials Mystery ») a été publié en 1929 au Royaume-Uni. Wikipédia nous lanterne magique que « Les Sept Cadrans » est « une sorte de suite au roman « Le Secret de Chimneys ». Mon oncle n’y a pas oublié son parapluie.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er mai 2023.

8 avril 2023

DANS LE BOCAL LE POISSON PAS DANS LE POT DE FLEURS

DANS LE BOCAL LE POISSON PAS DANS LE POT DE FLEURS

1.
Les suspects dans les romans policiers ça vient souvent des
Apparences qui sont contre eux comme dans « l’Assassin habite au 21 » de Stanislas-André Steeman que les apparences contre « ce Collins » (« s’exclama le major ») qu’elles
Etaient les apparences
Contre « ce Collins » parce que
Lui, voyez, « il bégaie » alors que s’il avait eu quatre pattes des moustaches et qu’il avait servi dans un syllogisme sur la mortalité des philosophes grecs antiques (ils sont d’ailleurs tous morts sans exception), personne ne l’aurait suspecté des crimes de Mr Smith.

2.
Se livrant, parce que les personnages des romans policiers ils sont se
Livrant parfois et même que c’est
Inconsciemment qu’ils s’en rendent même pas compte qu’ils se livrent
A des mimiques parce que s’ils se livraient des pizzas à
La fin ils finiraient par grossir que par contre s’ils se livrent à la
Mimique d’un poisson rouge (je lis ça dans « Un Cadavre dans la bibliothèque » d’Agatha Christie) et pas à la mimique
D’un pot de fleurs sur un balcon parce qu’un
Poisson sur un balcon – qu’il soit
Rouge ou pas – s’il veut avoir la mimique d’un personnage
Dans un roman policier (lequel ne retrouve plus sa voiture) c’est dans
Un bocal qu’il doit être le poisson rouge dans un
Bocal et pas dans un pot de fleurs.

3.
Quoi qu’il s’exclame le personnage de Sylvain dans « Caméra Café »
Tu vois qui c’est Sylvain c’est la tête de turc dans la mini-série qui m’amusa tant « Tu
Sais lire dans les tickets de caisse ! » qu’il dit à Serge, le psychologue de la boîte parce qu’en tant que psychologue il sait
Lire dans les tickets de caisse car
Dans les tickets de caisse il en déduit des trucs sur
Les gens que leurs manières d’être au monde elles apparaissent dans les
Tickets de caisse, genre si tu achètes beaucoup de bretzels, c’est que tu aimes le sel, il dit Serge, tandis qu’il est difficile
De lire lorsque l’on est un abat-jour que ce soient des tickets de
Caisse Le Journal de Mickey ou des recueils de recettes de cuisine.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 avril 2023.

 

26 mars 2023

QU’C’EST POUR ÇA QU’ON Y VOIT QUE COUIC

QU’C’EST POUR ÇA QU’ON Y VOIT QUE COUIC

« Mais Râ continuerait à régner et, du soir au matin, à voguer dans sa barque à travers le royaume des Ombres. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Mort n’est pas une fin » [Hori à Renisenb])

Mais où est donc mon parapluie me dis-je tandis que la pluie et que
Râ (tôt levé – y a plein de feuilles mortes et d’herbes coupées)
Continuerait à régner – ce qui prouve que Râ a autre chose à faire que d’engloutir des paquets de chips en zieutant des black-blocs se friter avec les forces de l’ordre sur la télé en direct. Donc
A régner Râ (il faudra faire attention à ne pas l’écraser) A
Régner qu’il continuerait – que voulez-vous qu’il fasse d’autre, c’est quand même le Soleil, voire le créateur du monde, vous ne voudriez tout de même pas qu’il aille faire danseuse de cabaret  –
Et pour ce qui est de la salade de tomates, j’aime bien ça, la salade de tomates,
Du temps que j’étais petit, j’aimais déjà bien ça la salade de tomates, par contre, je n’aimais pas beaucoup les betteraves, mais maintenant, ça va, j’en mange des betteraves mais quand tombe le
Soir, moi aussi, j’ai des mélancolies qui me gratouillent l’âme, alors je regarde un bon vieux film avec Jerry Lewis, et après
Au lit, cependant que Râ (ponds vite, je suis impatient d’une omelette), du soir au
Matin, vous savez pas ce qu’il fait, le Râ là (défois il n’est pas content, eh oui, c’est Râ, l’heure passe et tout s’casse), non, vous savez pas,
A voguer, le Râ, c’est à ça qu’il passe ses nuits, le Râ (je note, car j’y pense qu’en tout état de cause, il n’y a aucune différence entre le Râ des villes et le Râ des champs),
Voguer, je vous demande un peu alors que ma vaisselle n’est pas faite…
Dans quoi vogue-t-il ? me demanderez-vous, parce que vous vous en fichez, eh bien, dans
Sa barque tout simplement, parce qu’en général on ne navigue pas dans un abat-jour (ce n’est d’ailleurs par recommandé), une
Barque que je ne vous décrirai pas, parce que si vous vous en fichez, moi aussi,
A travers tout un royaume dis, qu’il vogue, le Râ, à
Travers tout un empire même, car je le sais qu’il s’étend, se répand, suinte et dégouline dans
Le réel des vivants inconscients, c’est le
Royaume où tout se désassemble, dit le poète, le royaume
Des errants, des qui se cherchent, des pris dans la boucle de leur synchronie, des
Ombres quoi, qu’c’est pour ça qu’on y voit que couic.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 mars 2023.

26 mars 2023

FADINARD DEFENDANT SON CHEVAL

FADINARD DEFENDANT SON CHEVAL

« Et encore, madame... êtes-vous bien sûre que mon cheval n'était pas dans son droit, en grignotant cet article de modes ? »
(Labiche et Marc-Michel, « Un Chapeau de paille d'Italie », scène V [Fadinard])

Et encore, madame, vous n'avez rien vu en matière de fantaisie, en voilà
Encore du bizarre, de l'ange sans tête, du coin-coin fatidique, du turlupinant mortel... Ah,
Madame, du temps des squelettes dans les corridors et des magnétiques dénudées aux longs cheveux et aux seins lourds, vous eussiez fait une splendide étrangeté peinte... En attendant, madame,
Êtes-vous bien sûre, affirmative, à en donner votre steak à hacher, êtes-
-vous bien sûre de ce que vous dites à propos de mon cheval ?
Bien entendu, je le connais mon cheval, c'est mon dada, mon cheval, je le cultive comme un poète ses anacoluthes, comme un clown ses larmes, comme un trombone ses coulisses, et je sais bien que si
Sûre que vous soyez, vous êtes aussi humainement faillible que tout bipède qui n'a que ses deux yeux pour se saisir du réel. Donc, ce
Que vous me dites là, que
Mon cheval, mon cheval Arthur Pompon, si pimpant, si respectable, si distingué qu'en anglais de cheval, of course, tous ses congénères l'appellent Sir Arthur, mon
Cheval aurait donc un peu endommagé votre chapeau. Or,
N'était-il pas fondé, mon cheval, à le confondre, votre galurin, avec quelque fruit exotique poussé par extraordinaire, je vous l'accorde, sur la branche où vous le laissâtes, et même, oui, où vous l'abandonnâtes ? Mon cheval n'est
Pas un très bon naturaliste, ce n'est pas son domaine, ah
Dans cette vallée de haros sur le baudet et de boucheries chevalines, il est difficile de défendre
Son honneur lorsque l'on est né cheval et qu'on est resté cheval. Ah Thémis, déesse du
Droit, sois témoin de l'iniquité qui les équidés, et
En notre faveur, manifeste-toi et affirme de ta voix de jusrisprudence qu'en
Grignotant ce bête chapeau,
Cet article aussi commun qu'un
Article devant un nom, cet anodin exemple
De ce qu'on trouve partout, cette chose dont les
Modes font commerce et qui n'est que paille, mon cheval n'a exercé que son droit de cheval à goûter ce qui semble convenir à son appétit de cheval.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 mars 2023.

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