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BREFS ET AUTRES

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22 octobre 2024

COCO DIALECTOUILLE

COCO DIALECTOUILLE

 

1.
« Il me paraît être de mauvaise foi, c'est-à-dire, dialectiquement, de bonne foi... »
(Ionesco, « L'Impromptu de l'Alma » [Bartholoméus II])

 

2.
Je me demande de quoi sont constituées les troupes envoyées en renfort par la Corée du Nord à Poutine. Régiments d'élite ? Forces spéciales ? Chair à canon ? Et quel sera le prix à payer par la Russie pour une telle aide ?

 

3.
Israël est grand comme deux départements français et, après avoir cassé les reins du Hamas, Tsahal met le Hezbollah en difficulté. La Russie est le plus grand pays du monde (17 millions de km²) et son armée peine à sortir du Donbass.

 

4.
21 octobre 2024. En fin de compte, les Moldaves choisissent l'UE. Une nouvelle défaite pour Poutine et ses gros sabots. Se pourrait qu'à Moscou, certains officiers des services des coups tordus aient des comptes à rendre. 

 

5.
« l'Europe s'en relèvera jamais de cette folle maladie « transe et zut ! » tout en l'air !... le pli est pris ! il faudra la bombe atomique qu'elle redevienne normale et vivable... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Évoquant les bombardements de la seconde guerre mondiale, le narrateur célinien de 1957 en viendrait-il à la conclusion que c'est l'équilibre de la terreur qui a permis à l'Europe de redevenir « normale et vivable » ou s'apocalypse-t-il du sérieux, le Ferdinand ?... Fin 2024, avec la sale guerre de Poutine en Ukraine, les périls asiatiques, la guerre perpétuelle entre Israël et ses ennemis, la guerre hybride, les agitations africaines, l'entrisme islamiste, la surpopulation et les crises qui en découlent, l'ahurissement des masses, les populismes gueulards et les virus décimants, on se demande si elle va tenir encore longtemps, l'Europe « normale et vivable »... 

 

6.
« surtout que les pristis de mômes, sauvages, nous ont presque tout arraché !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

A la fin, sûr que les mômes arracheront tout.. les guerres civiles qu'on nous prédit, tohu-bohus massacreurs, sauvageries morveuses... que déjà de vieilles peaux populistes les excitent bien, les générations nouvelles des zozos de sciences po et zigotos des universités...

 

7.
La médiocrité de la classe politique actuelle... c'est entendu... la formation de ces zigotos affairés, de ces populistes enragés, de ces infiltrés de tous côtés... officines sciences po, le fantôme de l'ENA, loucheries universitaires...  à surveiller.

 

8.
22 octobre 2024. Un député LFI s'est fait récemment interpeller en flagrant délit d'achat d'un produit stupéfiant. Le problème n'est pas qu'il est addict (qu'il se fasse soigner), le problème est qu'il est député. 
Rappel : outre l'illégalité de la transaction, il est de notoriété publique qu'une grande partie de l'argent qui rentre dans les poches des trafiquants alimente des entreprises mafieuses, voire terroristes. Un représentant de la Nation devrait savoir cela.

 

9.
Qu'est-ce que Mélenchon fait de la gauche française ? Un repoussoir, on dirait. Objectivement, du pain bénit pour l’extrême-droite. Je n'ose pas imaginer les objectifs : chaos ? Instabilité chronique, situation pré-révolutionnaire ? Troubles, affrontements, émeutes...

 

10.
« maintenant il s'agit de descendre sans que les mômes se mettent à hurler ! et aussi qu'ils passent pas sous le train !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Ah ça défois, les mômes, ils hurlent, et défois aussi les trains, ils passent sur des gens. C'est le réel que ça s'appelle. Même qu'aussi des bombes éclatent un peu partout. Aussi des guerres. Et que des populistes arrivent au pouvoir.

 

11.
Relu « D'un Château l'autre ». La claque encore. Avec le « Voyage » et « Mort à crédit », essentiel qu'il est, Céline. Menteur, allusif glauque, halluciné voyeur, conteur à carabistouilles, mais le style.

 

12.
« Coco dialectouille, postillonne, charge les moulins !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Politique. Théâtre. Ceux qui s'y croient deviennent cinglés, acharnés don quichottes, visionnaires dévissants... Ceux qui y croient sont tout aussi sots.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2024.

 

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21 octobre 2024

QUI C'EST-Y QU'A PIQUE-NIQUÉ LA GRENOUILLE ? 

QUI C'EST-Y QU'A PIQUE-NIQUÉ LA GRENOUILLE ? 

 

1.
« Mon chou... je ne te vois plus... où es-tu ? Qui sont-ils ? Qu'est-ce qu'ils veulent tous ces gens-là ? Qui est celui-là ? »
(Ionesco, « Les Chaises » [La Vieille appelant son Vieux])

 

2.
Que m'décrépitant, qu'en zieutant des concerts rock sur Arte, je ne vois plus que saucisses remuantes... d'l'électric sausage.

 

3.
La malice est sous la limace d'Alice
La maison poulaga ne prend pas de royco
Avez-vous retrouvé le crâne de la cantatrice ?
Non, mais on retrouvé sa tête et son chapeau.

 

4.
Le collègue n'a retrouvé ni ses poches ni son dentier
Le yaourt a oublié la sorbetière
La concierge a bouffé l'escalier
On ne mange pas des yeux de merlan frit à la petite cuillère.

 

5.
« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage »
(Baudelaire, « L'albatros »)

 

Souvent je me dis des choses incongrues grues qui passent as de pique
Pour me passer le temps je me dis des choses incongrues grues qui crient orties piquent
S'amuser vaut mieux que d'avoir un cor au pied pied de porc porc salut !
Les choses incongrues que je me dis ne sont pas faites pour être reliées yéyé ! v'la les hurluberlus 
Hommes, vous avez beau être, vous n'en êtes pas plus plus ça va plus ça rame
D'équipage n'en ai point de flûtiau non plus plus ça rame, moins ça va.

 

6.
Je n'ai rien à leur dire je les laisse tranquilles moi les fruits confits.
D'ailleurs je n'en reprendrai pas c'est trop souvent qu'on nous en sert de l'infernal.
N'essayez pas de lui échapper qu'il va vous tomber sur la tête et bien vous carbonarer le Grand Spaghetti.
C'est le poisson qui a glissé du journal qui me l'a dit parce qu'à force d'être emballé il en sait des choses le poisson qui a glissé du journal.

 

 

7.
Et à force d'écrire des âneries, voilà qu'il est 23 heures 9.
Je me demande si la lune fume la pipe.
Quand j'aurai cassé la mienne, je ne me demanderai plus si la lune fume la pipe.
Alors j'en profite tandis qu'au gouvernement tanguent les têtes d’œuf.

 

8.
Si Trump est élu président des Etats-Unis, j'ai écrit que ce serait une opportunité pour Poutine de gagner sa sale guerre en Ukraine. A y songer, pas si sûr. Trump est parfois imprévisible, voire lunatique. Suffit qu'il trouve qu'une victoire russe ne favorise pas assez les intérêts du MAGA, et il pourrait soudainement envoyer paître quelques conseillers républicains un peu trop poutinistes et trouver des qualités à Zelensky et à l'Ukraine. Quant au kompromat, comme je l'ai déjà dit, si ce kompromat existe (et ça reste à prouver), à moins que ce soit quelque chose de grave (relations intimes  avec des mineures, par exemple), si c'est juste une sex-tape de galipettes avec une Natacha du KGB majeure, vaccinée, quelconque, ça, Trump, à mon avis, il s'en fiche.

 

9.
20 octobre 2024  Paradoxe moldave. Sans doute que les services russes n'ont pas choisi le bon candidat pour s'opposer à Maia Sandu ou que les Moldaves tiennent résolument à leur neutralité.

 

10.
Rappel : 1 euro = 104 roubles. 1 dollar = 96 roubles. Ces 6 derniers mois, les indices boursiers russes ont nettement chuté. Le taux directeur de la banque centrale de Russie est actuellement de 19% (!). L'inflation est toujours à plus de 8%. Les sanctions portent leurs fruits.
Les sanctions occidentales affaiblissant nettement l'économie russe et Poutine étant obligé de demander de l'aide à la Chine, la Corée du Nord et l'Iran, si la Russie perd sa sale guerre en Ukraine, alors elle pourrait n'être plus aussi respectée par ses partenaires des BRICS.

 

11.
Je me demande si à force de tirer sur la corde de la vache à lait, les politiques français n'ont pas fait déborder le vase de la poule aux œufs d'or et pique-niqué la grenouille.

 

12.
« puzzle que ma tête... » qu'il dit le narrateur du « Château l'autre » à Céline. C'est d'ailleurs la grande réussite de ce livre, cette alternance des temps, celui de Siegmaringen, celui de Meudon... la mémoire zigzague ; imprécations toujours.

 

 

13.
« J'insiste... les points sur les i !... j'ai l'heureuse mémoire d'éléphant... on croit toujours me baiser, mon air abruti... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

D'éléphant certes, mais sélective.

 

14.
Y a de ces réels, sont d'un ahurissant... perspectives, impasses, odieux camemberts, graphiques loustics... j'entends des gens passionnés à la radio... astronomes, acteurs, physiciens, littérateurs, voyageurs, comédiens... zont l'épatance plein la bouche... comment qu'ils font ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2024.

20 octobre 2024

EN ATTENDANT LE GRAND QUOI DONC

EN ATTENDANT LE GRAND QUOI DONC

 

1.
« Le son d'un cornet
Mangeait au vinaigre
Le cœur d'un tonnerre »
(Fatrasies d'Arras)

 

2.
L'équation est simple :
Si Trump remporte les présidentielles de novembre, Poutine pourrait bien gagner sa sale guerre en Ukraine.
Si Trump perd les présidentielles, Poutine en sera pour ses frais et pourrait vite s'en mordre les doigts.

 

3.
« Comme ça toutes les gares du monde, du moment que les trains de troupes stagnent... la vie sur la terre a dû commencer dans une gare, une stagnation... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Défois qu'on stagne... qu'on mange des gaufres... on stagne encore... pourtant pas la malédiction du gaufrier... d'ailleurs, avec les crêpes, c'est pareil...

 

4.
« La terminologie du monde, peu ou prou, salonnière, proustière, me rendrait facilement assassin... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

L'emploi du terme « assassin » … ah c'est un terme !... chez Céline... le narrateur lui-même... féroce ironie, mâchoire.

 

5.
« la bibliothèque du Château en avait des malles ! monceaux ! monticules d'Albums, que vous pouviez passer des semaines à regarder tel petit ruisseau d'un siècle à l'autre... »
(Céline, « D'un Château l'autre »[le narrateur])

 

Le monde chiffré, lettré, codé... on y passe des heures, qu'on s'y fascine de tous les réels, qu'on y pêche de ces vérités... sachant, qu'on sort, farci... qu'on s'y croit autorisé à en tirer des leçons... c'est là souvent qu'elle chope l’œuf la gourance...

 

6.
Mais qui s'intéresse aux excès d'Inès ?
Pas les insectes ! Pas les insectes !
Mais qui s'intéresse aux excès d'Inès ?
Occupez-vous plutôt d'vos fesses !

 

7.
« … après il s'est passé des choses... beaucoup de choses... je vous raconterai. »
(Céline, « D'un Château l'autre »[le narrateur])

 

L'a certainement pas tout conté raconté, Céline... s'est arrangé avec la vérité... certainement... maquillé, mystifié... c'est pas l'essentiel... Céline menteur, c'est entendu, mais quel violon l'infernal !

 

8.
Machinerie, machinerie tout ça... le caillou pense pas... pas de conscience, laquelle suffit pas... l'humain ne cesse pas de penser... la sardine, la baleine, le dauphin, le rat d'égout, chaipas... et puis fardé consciences l'humain... conscience réflexive, conscience professionnelle, conscience morale, conscience politique, conscience citoyenne, apprenante, résiliente, raisonnable... machinerie... a évolué auto-programmation par le langage l'humain... s'est codé complexe... avec des affects, des passions, des morales, des cultures virtuoses, des raisons pour tout... et assez de mots pour bavarder à l'infini... les ordinateurs ? On verra quand on y sera, au maximum d'informations dans le minimum d'électronique... le « point de singularité » ?... le grand quoi donc ?

 

9.
« Now I've heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you ? »
(Leonard Cohen, « Hallelujah »)

 

C'est ce que je dis, qu'il faut faire attention à ne pas se coincer l'allelouia  dans une porte.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 octobre 2024. 

19 octobre 2024

HUMAIN EN SERIE CHAIR A CANON

HUMAIN EN SERIE CHAIR A CANON

 

1.
« … Grâce auquel, en quinze minutes, vous pouvez acquérir les principes fondamentaux de la philologie linguistique et comparée des langues néo-espagnoles. »
(Ionesco, « La Leçon » [Le Professeur])

 

2.
« L'Opinion a toujours raison, surtout si elle est bien conne... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Qu'on va vérifier ça avec les présidentielles américaines de novembre 2024, que si Trump l'emporte, y en aura pour tous à frousser : Américains, Européens, Ukrainiens... La tête qu'on va tirer, qu'la démocratie libérale va virer fiel et sale goût.

 

3.
« La tête est une espèce d'usine qui marche pas très bien comme on veut... pensez ! deux mille milliards de neurones absolument en plein mystère... » 
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

C'est qu'on nous a livré l'ordinateur sans le mode d'emploi, sans doute... Oh et puis après, c'est déjà assez grotesque obscène sanglant le monde, qu'on dirait pas qu'il a été travaillé par l'intelligence... et cette manie de la reproduction... humain en série, chair à canon.

 

4.
19 octobre 2024. Avec sa monnaie qui déconfiture (un seul euro, plus de cent roubles) et des indices boursiers si souvent dans le rouge, l'économie russe glougloute j'crois bien. Je sais pas ce qu'il y a dans la tête à Poutine. Pas grand chose apparemment. Peut-être un rat.

 

5.
« Elle est pas liante sa princesse !... elle ne nous aime pas... elle regarde l'autre côté... moi son nez qui me dit ! que je veux mieux voir... trois quatre verrues... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Quand on croise une princesse, parfois on peut compter ses verrues. Sinon, on peut toujours penser au roquefort.

 

6.
Défois qu'on se prend au sérieux... bien vite heureusement qu'on se rend compte qu'on se caricature... c'est pas nous, ce melon professionnel... on n'est pas exact dans le zélé... on connaît la comédie... heureusement oui, sinon qu'on pourrait se laisser entraîner au politique, au trissotin, à la responsabilité morale, à l’exemplarité... Valsez trompettes ! Un sale con reste un sale con, professionnel ou pas... le tout c'est d'esquiver, pas risquer, pas prétendre.

 

7.
Quand j'entends des philosophes, je sors mon camembert.

 

8.
Dans les années 70, certains se faisaient pousser les cheveux en s'achetant une guitare.

 

9.
Beaucoup de Français parlent très mal le franco-français. Et comme ils entravent que dalle au russe, au chinois, à l'espagnol, et à toutes les sortes d'anglo-saxon, ils finissent par soliloquer l'alcoolique latent du bar du coin.

 

10.
« Citoyen du Monde » ? Fichtre, pour quoi faire ?... Fichez lui la paix, au Monde, il se massacrera bien assez sans vous.

 

11.
« De baliverne en baliverne, je vous oublie !...»
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Baliverne souvent le littéraire... phrases bien troussées, périodes, aperçus psychologiques, profondeurs à formules... Zut s'en tamponne... c'est le rythme qui l'emporte... le jazz.

 

12.
« Hé ! là ! cocotte ! ma cavale échappe !... où je vous fais encore galoper ? je vous distrais... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [le narrateur])

 

Distrait, défois qu'on se perd...on s'y retrouve plus... le réel dédale... on se sent nulle part...on se demande qu'on se répond pas.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2024.

19 octobre 2024

DISPARATE INCONGRU POIL AUX PATTES ET POIL AU

DISPARATE INCONGRU POIL AUX PATTES ET POIL AU

 

1.
« Par contre, le chien qui voulut faire le coq n'a jamais été reconnu. »
(Ionesco, « La Cantatrice chauve » [Mme Smith])

 

2.
« Cristi gaucho mi-carême on t'y en fouterait de la façon de rire !... et du cinéma !... oui... c'était plutôt urgent qu'ils rebarrent, lui et sa poupée !... mais l'autre, Cézig des Cimetières, qu'est-ce qu'il venait foutre à l'Ambassade ?... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

Le Céline « D'un Château l'autre », maître, maestro, virtuose... rythme, visuel, tout... musique... le moqueur au cœur de l'orchestre qu'il s'en vient siffler... anti-choucroute... blagueur de pompes... envoyeur à balades... hausseur  d'osses.

 

3.
« je vis encore plus de haine que de nouilles !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

L’alexandrin outre... les nouilles, ça nourrit la haine défois... pas que... faut aussi à tout détester l'avoir le tempérament... Céline l'avait fort... pas tellement bienveillant, sauf avec les bêtes et les mômes, enfin je crois que c'est ce qu'on dit.

 

4.
« oh ! mais je débloque pas si tant plus que je me méprends de ce que j'ai été !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

Qui sait-y ce qu'on a été, voire qu'on a été ?... c'est jamais que du possible, du vraisemblable, du reconstitué, hypothétique, éventuel probable... a-t-on jamais été... qu'on se serait rêvé... douleur qui se distrait d'elle-même en s'inventant de l’être existentiel.

 

5.
J'y crois pas trop à l'alerte lancée par les renseignements allemands : la Russie de Poutine 2030 qui provoquerait en attaquant un pays membre de l'OTAN... 2024 que son armée ne contrôle le Donbass qu'au prix d'un grand nombre de cadavres et mutilés et perdus... que le rouble vaut que couic... A moins de la 3ème mondiale hécatombe... L’axe Moscou-Pékin-Téhéran-Pyongyang à l'assaut de nos pommes... Les Chinois à Brest, qu'il avait dit, Céline... l'incroyable déculottée... le truc qu'ils avaient pas prévu, les pédagogistes, les désarmeurs, les humanistes... qu'ils seraient si féroces aussi, les autres lointains...

 

6.
Entendu sur France Inter une émission sur les lambertistes... c'est rare ça les émissions sur les lambertistes... c'est qu'ils n'apprécient pas trop qu'on parle d’eux, les clandestins politiques, les entristes... évocations de Jospin, de Mélenchon... assez trouble tout ça... ridicule aussi, grotesque, si ce n'était pas dangereux.

 

7.
Mon cœur, mon cœur, ne t'emballe pas... fais comme s'il n’existait pas, le chien des ténèbres qui va te sauter à la gorge.

 

8.
19 octobre 2024. Macron, par la dissolution et la cohabitation qui en résulte, aura prouvé lui-même, hein, président, que le macronisme n'aura été qu'une parenthèse agitée, et coûteuse.

 

9.
Le 18 octobre 2024, sur France Culture, Denis Lavant a lu le formidable « Au mouton pourrissant dans les ruines d'Oppède », de Henri Simon Faure. C'est de la poésie et c'est excellent.

 

10.
Certains, à droite, comme l'illustre Copé Jean-François, voudrait le rétablissement de la taxe d'habitation. Sa suppression était pourtant l'une des rares bonnes mesures du président Macron. Je serais d'accord si cette taxe  servait réellement à la collectivité, pour assurer la gratuité des bus de ville, ou la rénovation des écoles. Mais si c'est pour des projets culturels bidons ou subventionner des associations douteuses, ou pire encore, alors halte au racket.

 

11.
« Que voilà de disparates histoires ! je me relis... que vous y compreniez ci !... ça !... pouic ! perdiez pas le fil !... »
(Céline, « D'un Château l'autre », [le narrateur])

 

« perdiez pas le fil »... bah, peu importe... c'est que de la littérature... ça se lit aussi bien que ça s'écoute... symphonie qu'on se passe le disque... on fait pas attention à tout... pas si grave... on a notre vie à nous... Céline ou Simenon... c'est du supplément de génie... de l'essentiel fil rouge, quand bien même qu'on est occupé à repriser tout à fait autre chose.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2024.

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18 octobre 2024

L'ESSENTIEL C'EST PAS QUE ÇA EXISTE 

L'ESSENTIEL C'EST PAS QUE ÇA EXISTE 

 

1.
« Les sons, mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu'ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. »
(Ionesco, « La Leçon » [Le Professeur])

 

2.
« - Parce que les aiguilles sont soit retenues, soit poussées par le vent. »
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort » [Wanda])

 

Il faut toujours savoir d'où vient le vent. A cause de l'ours, l'ours dont on a vendu la peau avant de l'avoir plumé, et qui va vous assommer de sa lourde patte.

 

3.
Ayant tendance à m'assourdir, et cela bien après ma naissance, j'en conclus que je vieillis.

 

4.
« Pour ce qui me concerne, je vous dirais que la vie, même ascétique, coûte encore extrêmement cher... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

En soi, la vie n'a pas de prix. Tous les idéalistes vous le diront. Dans le réel, c'est terriblement plus relatif. Tous les marchands de canons vous le diront.

 

5.
« des millions sont morts, qu'étaient pas plus coupables que vous !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

La différence entre la guerre et le fait divers, quantitative est-elle aussi. Les motifs itou, qu'en fin de compte, ça se résume à la rareté naturelle... après, qu'on l'entretiendrait exprès soigneusement... la rareté des choses... parce qu'on n'imagine pas l'humanité autrement qu'en lutte, conflit, bagarres, bombardements, chambard, et menaces apocalyptiques... je saurais pas vous dire... j'en ponds pas, du philosophique, du résilient, du sériel polémique à passer sur France Inter, ou Clown des News.

 

6.
« le mystère piquant, qu'on a jamais retrouvé le cadavre ! on l'a pourtant vu ! le mec s'effondrer ! deux couteaux dans le dos !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Céline le disait, qu'il y en plein les journaux, des histoires... faits divers et zigzags fatals... là, la disparition du cadavre de « la Maison Verte »... ailleurs, bizarreries diplomatiques et marchandages de tapis qu'il y a des armes dedans... ou d'autres cadavres... des encombrants... des inquiétants... des collatéraux...

 

7.
« je donnerais d'énormes leçons de Vertu, de jusqu'au-boutisme tonnerre de Dieu ! la mystique !... je me ferais tout le temps téléviser, on verrait mon icône partout !... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Pas changé... y en a toujours des imposteurs... le psychanalyste hypnotique, enjoliveur, abuseur de jeunes filles... l'Abbé des pauvres affolé du radada... d'autres encore... Tartuffes applaudis, honorés, reçus des requins, pondeur de bouquins, honoris causa et autres foutaises, puis les scandales éclatent... rejetés alors, les apôtres, agonis, crachés, pourris des œufs, en attente de jugement... qu'on sait même pas encore tout.

 

8.
18 octobre 2024. Yahya Sinwar tué, par quel cadavre ambulant le Hamas va-t-il le remplacer ?

 

9.
« ils sont plus prudents à vous tuer qu'un bourgeois à acheter ses « Suez »... »
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Y a des assassins... vous les croisez, vous savez pas... plus qu'on croit... dans le béton comme la verte... des tueurs froids... des sanguins aussi... des abstinents, des alcooliques, des camés, des mystiques, des hallucinés, des gagés.

 

10.
« Enfin, étrange pour étrange puisque j'étais descendu pour me rendre compte si c'était du rêve, pas du rêve... du saindoux, des gens, des nèfles, Christophe Colomb ? Cortez ?... » 
(Céline, « D'un Château l'autre » [Le narrateur])

 

Le réel se vérifie... défois qu'on va voir... qu'il y en a itou, de l'irréel... qu'on vérifie aussi qu'il y en a qui y croient, à la fiction étrange, au fait troublant, au complot reptilien.

 

11.
On s'emporte toujours avec soi dans la tombe. Et que la viande ait une âme, ça m'étonnerait.

 

12.
Bon dieu, diable, fantômes, Eldorado, OVNI, fin de l'Histoire, paix perpétuelle, mondialisation salvatrice, relance économique... l'essentiel, c'est pas que ça puisse exister, c'est que certains y croient, ou fassent semblant.

 

13.
Le politique n'arrive jamais à ses fins qu'en vendant du rêve, de la poudre de perlimpinpin, du faudrait que parce que en effet. C'est le prix de son efficacité. Laquelle est parfois relative, voire douteuse. S'il dit la vérité et parvient à, le politique obtient le privilège d'être respecté après sa mort.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

18 octobre 2024

SOUPÇONS ONOMASTIQUES

SOUPÇONS ONOMASTIQUES

 

1.
« Les cacaoyers des cacaoyères donnent pas des cacahuètes, donnent du cacao ! »
(Ionesco, « La Cantatrice chauve » [Mme Martin])

 

2.
« En apercevant le psychiatre, elle éloigna son interlocuteur d'un geste de la main. »
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort »)

 

Il ne faut rien exagérer ! Ce n'est pas parce que vous apercevez un psychiatre – y en a qui passent – qu'il faut s'agiter des mains. Et, quelle que soit la hauteur du mur, gardez la tête haute, haute, haute.

 

3.
« Margaret se leva en portant la main à ses yeux. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Comme elle portait la main à ses yeux, elle vit qu'elle n'avait plus de doigts, ce qu'elle ne vit pas d'ailleurs, n'ayant plus d’yeux. Les oreilles lui manquant, elle haussa les épaules en entendant la petite voix qui disait : Tout est affaire de perception, comme on dit à Bercy. 

 

4.
A l'approche des élections présidentielles américaines, je vérifie que j'ai bien tous mes clowns. Pour la parade. 

 

5.
« Et une mouche venait constamment se poser sur le manche, bien qu'il y eût du sang séché sur la lame. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Adeane])

 

Les mouches ont leurs raisons que les couteaux ignorent. Tous les cadavres vous le diront.

 

6.
« - Les trombones ne sont pas là, expliqua Basil. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

L'orchestre, épouvanté, décida du suicide de la symphonie. C'est depuis lors que cette œuvre méconnue est appelée « La Symphonie fantôme ». Même le nom du compositeur nous est inconnu. C'est vous dire.

 

7.
« Cette allusion et les suivantes sont extraites de la populaire « nursery-rhyme » : « Qui a tué le rouge-gorge ? »
(Note de bas de page in « En Scène pour la mort », de Helen McCloy, traduit par Jacqueline Souvré, Collection « Le Masque / Les reines du crime », n°1841, p.137)

 

Quelle allusion ? Je vous assure, mon cher cousin, que personne ici n'a tué de rouge-gorge. Un rouge-gorge... comme c'est bizarre... comme c'est étrange...

 

8.
J'ai faim. Je mangerais bien une émission culinaire, moi.

 

9.
Je devrais arrêter de fermer les yeux en regardant des films, moi. Un jour, je ne verrais pas le train arriver, et je finirai déstructuré façon Godard Jean-Luc.

 

10.
Ce roman policier était si compliqué que je n'ai jamais su qui avait été assassiné. Lorsque je crus comprendre que c'était le narrateur, je me dis qu'il fallait quand même, parfois, dans certains cas, que je condescende à lire toutes les pages.

 

11.
« Ce meurtre a été préparé par une intelligence pratique, non par un esprit tortueux. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Basil])

 

Si vous l'avez tortueux, l'esprit, faites attention à ne pas vous mélanger les gâteux.

 

12.
« - Quatre au moins ont ou ont eu des soupçons. Et l'un d’eux est mort. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [Un personnage, et même pas sur une échelle])

 

Lorsque je rencontrai Onhuhonhu, il était déjà très Onhuhonhu. Maintenant qu'il est mort, j'ai des soupçons onomastiques.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024. 

18 octobre 2024

SI VOUS AVIEZ EU DEUX NEZ

SI VOUS AVIEZ EU DEUX NEZ

 

1.
« LE PROFESSEUR
Prenons des exemples plus simples. Si vous aviez eu deux nez, et je vous en aurais arraché un... combien vous en resterait-il maintenant ? »
(Ionesco, « La Leçon »)

 

2.
« Une mouche et un canari furent à la base de la solution du mystère du Royalty Theatre » 
(Helen McCloy traduit par Jacqueline Souvré, « En Scène pour la mort »)

 

On ne fait pas chanter une mouche. Enfin, disons que c'est difficile.

 

3.
« - Non. La dernière fois que je vous ai vue, vous étiez passionnément intéressée par... voyons donc... était-ce la rumba ou la trompette bouchée ? »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage mais pas avec un bandeau sur l’œil, une jambe de bois et un perroquet sur l'épaule ; je m'en souviendrais sinon.])

 

Plus le temps passe, plus je m'intéresse moins aux autres. Moi-même, je m'indiffère assez. Mais quand il pleut, je me dis : flûte, il pleut.

 

4.
Quand on entend des choses, c'est que l'on a des oreilles. Mais on peut avoir des oreilles sans rien entendre. C'est assez politique parfois ça aussi. Comme la saucisse.

 

5.
« Soudain, elle parut s'incorporer au mur, et disparut. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

J'admire ce vers blanc : « Soudain, elle parut s'incorporer au mur ». Il ne s'agit pas d'une gaufre, bien sûr. Je n'ai jamais vu aucune gaufre s'incorporer à un mur et disparaître. La gaufre passe-muraille, ça n’existe pas.

 

6.
C'est à force de tourner et retourner la question qu'il décida d'ouvrir une crêperie.

 

7.
« L'insecte s'envola avec un bourdonnement ironique, puis revint de nouveau tournoyer autour de l'instrument. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Ah l'ironie des mouches ! Du reste, je ne sais qu'en dire, parce qu'il n'y a que très peu de rapport entre l'ironie des mouches et..  et quoi d'ailleurs ? Elles sont partout. Ou presque. Enfin, je crois. C'est ça qu'est.

 

8.
On ne laisse pas courir des flammes comme si c'était des chevaux sauvages. J'entends sur France Inter un fin connaisseur de l'Iliade dire que Achille, le bouillant Achille, était une brute. Je pense ça assez aussi, avec ou sans saucisse.

 

9.
« Adeane continuait à suivre la mouche des yeux et semblait n'écouter l'inspecteur que d'une oreille. » 
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Quand on n'écoute que d'une oreille, je me demande ce que fait l'autre. Elle doit voleter quelque part dans la pièce et si, par malheur, la fenêtre est ouverte, hop, l'oreille, elle sort, un rapace passe, et nous voilà borgne.

 

10.
« - Y a-t-il une actrice répondant à ce signalement dans la pièce ? »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage mais sans faux nez])

 

Comme il n'y avait aucune actrice répondant à ce signalement dans la pièce, il en conclut que la femme invisible avait changé de perruque.

 

11.
Bien sûr que les religions sont mortelles. D'ailleurs, elles bégayent, toussent, et finissent par cracher du sang, beaucoup de sang.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

18 octobre 2024

COMME UNE PÂTE A TARTINER

COMME UNE PÂTE A TARTINER

 

1.
Quand on l'a, le petit rire sec, il ne faut pas se mélanger les gâteaux.

 

2.
D'une manière générale, j'ai des cheveux. Si je n'ai pas répondu à votre question, allez vous faire brosser chez la cantatrice chauve et son caniche nain.  

 

3.
Les preuves de ma non-existence sont si nombreuses que j'en suis parfaitement pillé et par pillé.

 

4.
La place que j'ai devant les yeux – elle s'étale comme une pâte à tartiner – n’existe que par les circonstances. Soyons francs, si j'étais ailleurs, je doute d'avoir assez de talent pour la susciter, la penser, la faire résonner.

 

5.
Il ne faut pas prendre le premier ministre de la France pour un poisson stupide.

 

6.
On dit chocolatine parce qu'il y a du chocolat dedans ; de même que dans la saucisse, il n'y a ni sot, ni sotte, ni saumon.

 

7.
Je ne pense pas, je bzzzzzzzzzeute. C'est cérébral.

 

8.
En général, il vaut mieux ne pas mourir. Ce n'est guère recommandé pour la santé.

 

9.
On ne met pas toutes ses poches sous les yeux dans la même valise.

 

10.
Ayant une fois attrapé les pissenlits par la racine, il ne s'en remit jamais.

 

11.
Le temps passe, je m'efface, et m'épate même qu'aussi c'est pareil, je mange pâtes et patates.

 

12.
On ne demande pas à un képi s'il a une tête.

 

13.
Je ne m'apprécie que très moyennement. Je me supporte souvent. Parfois, ça s'aggrave. C'est, je crois, une affaire de tempérament, et de flair.

 

14.
Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir plumé est un proverbe stupide.

 

15.
Parfois, font des têtes à la grosse vache, et du museau façon nez d'boeuf ; C'est qu'il en faut pour toutes les cloches.

 

16.
Je me demande si Schrödinger avait un chat et s'il avait appelé Paradoxe. 

 

17.
« - Je ne connais personne de ce nom, dit Margaret. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort »)

 

Moi non plus, je ne connais pas de Margaret. Je n'ai même jamais essayé.

 

18.
« - Il est fort coûteux de rompre un contrat. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage])

 

On ne rompt pas un contrat avec un aspirateur. Enfin, je pense. Ou alors, il faut être méticuleux et bien aspirer tous les termes.

 

19.
On ne fait pas d'omelette sans casser de sbires est une proposition comme une autre. Après, qu'elle mange des gaufres ou pas, ça, je n'en sais rien. 

20.
« Rod se dirigea à son tour vers l'alcôve, transportant sa petite trousse noire. »
(Helen McCloy, « En Scène pour la mort » [un personnage])

 

Je crois n'avoir jamais lu cette phrase sans tomber sur la « petite trousse noire ». C'est étonnant que, depuis le temps, personne ne la lui a encore volée. 

 

21.
La question est : peut-on assassiner quelqu'un avec un roman policier ? Quelque chose me dit que oui, mais, étant moi-même assez paresseux, je ne développerai pas.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2024.

13 octobre 2024

JONQUE FEROCE

JONQUE FEROCE

 

1.
La planche 21 de l'album « Le Moine fou », de Vink compte 9 cases dont une  divisée en deux (la case 4) parce qu'il y a lutte dans le sombre. C'est qu'on se bat sur la jonque.

 

2.
Il pleut dans la planche et il pleut sur la jonque. Une silhouette joue de la flûte sous cette pluie battante.

 

3.
Le flûtiste mystérieux, on ne voit pas son visage, mais les autres visages, celui de He Pao (c’est la jeune fille), celui de Yu Kong (c’est le fou furieux), et les visages des Sœurs et des combattants, on les voit bien qu’ils sont très expressifs.

 

4.
Dans cette planche, il y a un fou qui poursuit une jeune fille, laquelle brandit un sabre (« Je vais lui trancher les jambes », qu'elle crie la jeune fille, qui s'appelle He Pao). Pour trancher les jambes d'un fou furieux, il vaut mieux un sabre qu'une chocolatine, d'autant qu'il n'est nullement question de chocolatine dans cet album de Vink dont le titre est « Le Moine fou ».

 

5.
Il y a lutte sur la jonque que c'est pas clair à cause aussi des couleurs que c'est fait exprès tout ce mauve sombre dans lequel frappe la pluie. He Pao n'arrive pas à trancher les jambes du fou furieux qui l'agresse, même que le fou la blesse.

 

6.
He Pao, c’est le nom de la jeune fille. On apprend à la planche 28 de l’album que He Pao, ça signifie « le joyau du fleuve », que je pense que ça doit être vrai parce que l’album a l’air sérieux mais si ça se trouve c’est pas ça que ça veut dire.

 

7.
« Tu ne délires pas. Effectivement quelqu'un joue de la flûte. Sans doute donne-t-il l'ordre de retraite aux brigands. »
(Vink, « Le Moine fou », pl. 21, case 7 [Sœur Esprit Limpide à He Pao])

 

He Pao, blessée, est allongée et elle a mal qu’elle croit qu’elle entend « de la flûte », mais elle n’hallucine pas des oreilles que, comme je l’ai déjà dit, il y a une silhouette sous cette pluie battante et cette silhouette joue de la flûte.

 

Sœur Esprit Limpide donne des pilules à He Pao parce qu’elle dit que ça va la soulager. C’est sûr que des pilules efficaces, c’est bien quand c’est efficace, sinon on voit pas pourquoi. Et ce n’est pas comme la chocolatine.

 

En général, il n'est pas conseillé de délirer. Le délire nuit à la bonne marche des chameaux, des flûtiaux, des chapeaux, ces derniers se mettant alors à travailler furieusement tout en s'agitant du bocal.

 

Si, effectivement, quelqu'un joue de la flûte, n'y voyez pas malice. C'est qu'il s'agit d'un flûtiste. Si vous éprouvez de la haine pour les flûtistes, que voulez-vous que je vous dise. En tout cas, évitez de tirer sur le pianiste, cela fait mauvais genre.

 

Ce n'est pas parce que l'on joue de la flûte que l'on donne forcément l'ordre de retraite aux brigands. A la saison des amours, il se pourrait que s'intensifie la soufflerie flûtiste. De même pour les cornistes, les corniauds et les coreligionnaires.

 

8.
Il y a deux sœurs dans la jonque en proie au féroce (que je dirai, pour qualifier cette planche, que c’est une planche féroce), il y a Sœur Esprit Limpide et il y a Grande Sœur et Grande Sœur elle dit qu’il « serait sage de lever l’ancre » cause que la flûte affole les fous, les « fous et drogués », qu’elle dit que la flûte affole et « les incite à un combat suicidaire ». 

 

9.
J’aime bien cette planche sur la jonque. Elle est très mouvementée et j’aime bien l’album « Le Moine fou », de Vink, qui est un auteur belge de bande dessinée. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est d’origine vietnamienne que l’on peut dire que les albums de la série « Le Moine fou » sont sérieux parce qu’ils se déroulent en Asie d’il y a longtemps, comme dans les films qu’on voit défois avec des guerriers, des sabres, des monastères et aussi que ça me rappelle les romans de van Gulik, le juge Ti, les mystères, les fantômes et les labyrinthes. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 octobre 2024.

 

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