SOUS LE FIN SARGIN DU SOIR
SOUS LE FIN SARGIN DU SOIR
« J'avais quitté mes cousines vers la tombée du soir pour rentrer rue de Crosne, où je pensais que maman m'attendait ; mais je trouvai la maison vide. »
(André Gide, « Si le grain ne meurt »)
J'avais très fort scrogneuné ces temps-ci, même que j'avais
Quitté les rives de l'arssemelage (le réel, ses massacres, ses hypocrisies, ses collaborations me dégoûtant fort).
Mes esprits spatouillaient dans l'arvivance. Ayant oublié mes
Cousines, je ne fus pas invité à leurs mariages, et pas non plus à leurs funérailles.
Vers 18 heures, je m'abreuvois à la repentance des piteux plus ou moins décrépits et des piteuses plus ou moins décriées.
La fortune de certains de ces obscurs comprenants m'épate toujours. La
Tombée de la lustre à poils lourds ne me sarginna point (c'est qu'on est en décembre aussi, c'est normal que ça sarginne bien un peu).
Du sargin fin qui filait dans l'air, je ne m'occupais donc point et le
Soir me vit rentrer (ce qui est toujours étonnant, ça, que le soir aye des euyes)
Pour écouter la très bonne musique de Grégory Porter sur France Inter.
Rentrer chez soi et entendre à la radio une heure de Grégory Porter, - oh le jazz fringant élégant dis -, voilà qui vous ravigote, que ce soye
Rue Machin-de-la-Mer-Folle comme avenue Eclaté-au-Sol ;
De cela, nous ne nous arvigourons point nous autres. Nous savons. Quant à la rue de
Crosne, je m'en rafafouille (mais c'est tout à fait subjectif).
Où dis-je que je me pensa. C'est que défois
Je me pense des biduleries étranges. Je
Pensais, - faut bien, sinon ça fait des trous -, que la politique est une comédie et que Darmanin avec un nez de clown ah oui mais non Darmanin est un type très bien (il est ministre) tandis que voyez Depardieu il est porcin et Poutine dictateur alors hein
(Que je me foute de Darmanin, de Depardieu, de Poutine, ne fait, je crois aucun doute pour personne). Quant à
Maman, elle ne
M'attendait pas, puisqu'elle est morte.
Mais ne voulant point violoner dans les asperges, je
Trouvai un exemplaire du rock n' ironique « New Boots and Panties », de Ian Dury, et derechponk l'écoutai.
La maison était vide. D'ailleurs il n'y a plus de
Maison. Il n'y a plus que le
Vide où je tournoille de ma bouille à poissons.
Note : je vais m'écouter « Chacun fait c'qui lui plaît », de Chagrin d'Amour. Ça m'rappelle la gouleyance du début des années 80, les gauluches, les demis de bière ordinaire, les demis de bière spé, les tiffs à l'américaine. C'est pas un chef d’œuvre, c'est de la nostalgie.
Note 2 sous le fin sargin du soir (ce qu'il y a quand il ne pleut ni ne neige, ni ne vente, que le temps est doux et qu'on est inquiet quand même) : dans le conflit Israëlo-Hamas, se pourrait-il que le fracas des armes ait fait taire pour longtemps, je le crains, la parole de Dieu ?
Patrice Houzeau
Malo, le 11 décembre 2023.