MIRLITONS A LA SOUCOUPE
MIRLITONS A LA SOUCOUPE
1.
Faut quand même pas avoir grand chose dans l'cérébral
Pour s'imaginer qu'les politiques ont d'la morale.
2.
« Et je te parle pas des patelins où qu'on s'étripe dans tous les coins, et que ça durera toujours vu que les hoummes ça pourra jamais se voir en peinture. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux » [Le Glaude])
3.
« La mariée reçut un coup de poing dans l’œil. »
Cette phrase je la lis dans « La Soupe aux choux »,
De René Fallet que c'est pas la soupe aux gnons
Pourtant ; mais c'est qu'le monde est violent savez-vous
Oui, violent, surtout quand il est question de sous.
4.
Aussi dans « La Soupe aux choux », ce début de phrase là :
« Une grand-mère très stricte, rampant tel un boa ».
Mais qu'ont-ils donc à ramper partout tous ces boas là ?
Ne peuvent-ils donc rester peinards chez eux à zieuter
Des séries télés en sirotant des jus d'ananas.
5.
Peut-on comparer le frisson de la friture et le cri de la soie ?
L'un est culinaire ; l'autre, dit-on, est érotique, qu'ça cause des émois,
Le premier chez l'affamé et le second chez l'fétichiste.
Moi, j'aime bien les frites, les fritures de poissons, aussi les courses cyclistes.
6.
On se souvient que Pierre Dac a dit un jour que « c'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots. » Notons que c'est parfois aussi la faute des grosses légumes.
7.
« Pour nous dire quelque chose, faudrait qu'y commencent »
Par ouvrir la bouche, car s'ils restent muets carpes,
On n'en saura pas plus que s'ils ne nous avaient rien
Dit que je ne sais pas moi qu'on dirait qu'ils sont hein
Dis, n'est-ce pas qu'ils sont vivants, tous ces êtres là ?
8.
René Fallet avait le sens de la formule, du rythme, du swing et la comparaison drolatique. Ainsi, au chapitre 13 de son excellent roman « La Soupe aux choux », je relève ceci :
« Des gosses couinèrent comme des hamburgers ébouillantés ».
Je note que les portes peuvent elles aussi couiner, surtout si elles ne sont pas contentes, ou alors pour avertir d'une revenance. Mais dans le contexte du chapitre, - une noce qui tourne au vinaigre – on ne voit pas bien pourquoi des portes se mettraient à couiner, et surtout pas comme des « hamburgers ébouillantés », parce que voyez, déjà moi, le hamburger, j'ai déjà du mal, mais si c'est une porte, me la prendre dans les dents, ah non.
9.
« A midi, ils mangèrent le boudin »
Que moi, voyez, je mange le boudin
Avec des frites ah oui et aussi
De la compote de pommes ah si !
10.
C'est « au son de l'accordéon et du douze degrés »
Que, nous conte le narrateur, Le Glaude et Le Bombé
Attendirent la soucoupe salvatrice en partance
Pour une autre vie hors de ce monde - ah la délivrance !
Dis, qu'en voilà une jolie métaphore du dernier voyage,
surtout quand on songe que c'est « hermétiquement » sur eux qu'elles se fermèrent, les portières.
11.
Défois y en a i voient des choses incroyables,
des monstres dans des lacs,
des spectres dans les couloirs,
des soucoupes dans le ciel,
des politiques de bonne foi.
Moi non, voyez, j'en vois jamais, d'l'incroyable,
ni genre Nessie du Loch Ness,
ni arrière-grand oncle avec sa tête sous l'bras,
ni aéronef étrange vertiginant dans la nuit,
ni politique de bonne foi ;
c'est pour ça que je ne vote pas.
Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2024.