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BREFS ET AUTRES

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12 juillet 2024

FAUT QU’J’ECRIVE SINON J’ME FOUS DES BAFFES

FAUT QU’J’ECRIVE SINON J’ME FOUS DES BAFFES

 

1.
Si l’idole des jeunes, c’est qu’il a faim, bin tiens.

 

2.
Ronron fit le canard, mais je crois bien qu’il se payait ma fiole.

 

3.
Les gens qui me trouvent sympathique ne savent pas ce qu’ils perdent.

 

4.
Les gens défois, c’est rien qu’des tiots nains qui croient qu’ils ont bouffé les géants.

 

5.
Le gruyère ne compte pas ses trous.

 

6.
Moi aussi j’ai un « petit guide imprimé en gros caractères » dans ma tête.

 

7.
« Parfois, le chemin est dur », dit un personnage de la pièce « Le Père Noël est une ordure. » Parfois, le chemin est dur. Le pain aussi, hein défois. Heureusement il y a les poules.

 

8.
La mer ne fume pas. Je ne sais pas si c’est cela qui la maintient en vie. Elle a d’autres addictions.

 

9.
Décocher des flèches sur des mouches, c’est s’exposer à faire beaucoup de victimes.

 

10.
Prière de ne pas laisser de sardines trainer entre les pages.

 

11.
La jeune femme accompagnée de l’inspecteur, si on voit sa tête rouler sur le sol, c’est qu’elle n’était pas bien attachée.

 

12.
Je lis que le nom « Himalaya » signifie « demeure des neiges ». Je note que l’Himalaya ne mange pas de pizza industrielle. Moi non plus. Défois, les deux font des victimes.

 

13.
Le pire clown ne fait pas rire. C’est dû, sans doute, à son régime alimentaire, ou à son manque de talent, ou parce que c’est un politique.

 

14.
Au collège, j’appris que le latin était une langue morte. J’ai aussi très vite compris que je n’irai jamais à Rome.

 

15.
Saucisson sec, chaussettes sales sont-ce là là là faut s’assumé jémmpalesgensjaimmpaslégensjaimmpalégens bon le jambon par contre, j’aime bien, avec des pâtes et du faux gruyère qu’on achète au magasin oùya des vendeuses certènes sont mignonnes, y en a même des souriantes défois. 

 

16.
Les gens ici sont pas plus ssons qu’ayeurs i sont aussi ssons et i vont s’fère lalaouter par la gauche à mélenchon comme par la droite à bardella ah si Sisi i sont très ssons, je vous assure (certains cependant travaillent) mais ils ont des convictions soye passque leur arrière-grand-mère a eu chaud aux tifs  à la libération soye passqu’i zont bien suivi les cours de citoyennhonnêtecule à l’école

 

17.
La démocrassie, voyez-vous, ma chère Zut, la démocrassie françoise libérâle à Pompidou et Giscard voyé c’est fini Nini Macron l’a enterrée underground constitutionnel avec tout un tas de sardines. Pourquoi des sardines ? Et pourquoi pas des sardines.
Thon qu’on y est.

 

18.
Jvas rien renié mon drapeau est noir commi faut qu’il soye la tête de gueule de pirate on la voye pas encore mais elle est là ni dieu ni maître et la morale comme ça dépend qu’j’en ai envie ou pas.

 

19.
J’aime bien les Beatles sauf quand ça niaise (« All you need is love » et toutes ces sonneries). En plus, les Beatles, zont pas invanté la pinçalinge. En plus, la Queen des buveurs de thé elle jouait même pas de guitare électric hein alors ?

 

20.
La France elle est tellmant endettée, dis, que siças’trouve bientôt c’est l’Afrique qui va nous préter des sous. #JupiterEndettator

 

21.
On ne se méfie jamais assez des œufs. Ni des couteaux. Alors une tête d’œuf armée d’un couteau, pensez un peu. Cépourssa qu’i faut s’méfier des énarques, y en a cé des apaches en vrai.

 

22.
Je sui bien contant d’aitre sson comme les pieds d’la lune et peu sympathique, ça compansse avec tous les littérateurs que j’avions connus qui s’prennent pour des gens bien (ceci dit, y en a quand même, ils ont un travail).

 

23.
Javions adorai Céline (Louis-Ferdinand et toutes ces sortes de jambes) mais en vrai je le lis pas autant que le devriai passque j’ai pas le temps que j’le prand pas et je m’en veu que j’me dis lis Céline espèce de veau.

 

24.
J’devrai point fumer au temps que j’vas finir par me déclarer un incendie, ou alors attraper un diabaite à cancer que cé cor moi qui s’rai emmerdé tiens que ce s’ra d’ma faute, vous verrez qu’on dira.

 

25.
Quand je faisais mon service mirliterre, j’étais aussi sson que dans l’civil, oui mais com cétait l’armée, ça me donné quand même une sorte de statut com i disent les sots ciologues.

 

26.
Pour être franc, je ne brule pas de sympatie pour ce qui n’est pas com ma pomme (sauf les jolies filles, car je suis un mec et pas bien jojo), mais sinon j’fréquante guère les gens qui sont pas commack mézigue (sauf dan les bars, mais ça comte pas) et com souvant j’ai l’air de rien, s’que je fréquente le plus, c’est le rien. 

 

27.
Bon alors, la France de juillet 2024, elle panade qu’elle raive de coalition que j’dis que de toute fasson, si la gauche est devient première ministre (pas Mélenchon, personne i n’en veut), mais un, une autre de gauche, à la 1ère motion de censure, adieu Berthe.
Chaipatro si le président Macron (l’homme qu’a cru ma qu’a s’a planta) i sera pas envisagé de démissionner que j’en sais rien savez cause que j’suis sson comme une série télé.

 

28.
Croyes-tu, toi qui saches, expert de la télé que le RN prand ses ordres de Moscou (comme jadis le Parti Communisse à la France) ? Moi, ça m’étonneraye pas mais faut dire que j’suis sson comme une chanson de Barbelivien alor fau pas s’étonner.

 

29.
J’aime beaucoup Mélenchon et j’aime beaucoup le steak-frites mais faut pas déconner non plus, j’voudrais pas que mon steak-frites devienne premier ministre.

 

30.
Macron, cé l’homme qui fa rien que des sonneries, mais qui a l’air intelligent quand même. Faut dire qu’il a été lontant à l’école ; cépourça.

 

31.
Fère des frases, cétou ce qui reste au littéraire qu’est trop sson pour que quelqu’un le suporte assé pour vivre avec. Et si en plus, son orthographe est soluble dans la picole, alors hein.

 

32.
Y a des fois, faut savoir se taire ; c’est pas qu’on a raison. On a tort, mais faut se taire quand même.

 

33.
Comment ça, une réincarnation en boîte de thon ? Non, mais grand Satrape, vous rigolez ou quoi ?
Ceci dit, j’ai pas l’impression que le grand Satrape ait quelque chose à voir avec la métempsychose, cé vous dire que j’suis thon. 

 

34.
Je ne vas jamés en vacances because : 
- j’ai pas d’sous
- j’me sens mal à l’aise à l’étranger (et l’étranger pour ma pomme, i commence à Saint-Quentin)
- j’aime pas les touristes.

 

35.
Faut qu’j’écrive, sinon j’me fous des baffes.

 

36.
Le 10 juillet 2024, ai entendu Duhamel (ké pas plus trotskiste que ma blague à tabac), savez hein le commentateur émérite à la politique des politiques à la France, iladi, Alain Duhamel, que dans sa stratégie, Mélenchon estoit un peu plus intelligent et surtout excellent orateur, Mélenchon que les autres politiques à la France. Ah oui, cé rassurant comme une inflation vénézuélienne.

 

37.
Depuis que Picasso est mort, j’aime toujours autant le coq au vin.

 

38.
Les gens, savez, i savent bien que le RN est infiltré par des agents pro-Poutine.
Les gens, savez, i savent bien que la gauche est peuplée d’hypocrites et que Mélenchon est assez avide de pouvoir.
Les gens, savez, i savent très bien que les énarques à la Macronie font défois bien des sonneries et qu’ils sont assez déconnectés, les pauvres…
Et les gens, i votent quand même, voyez. Et pourquoi ? Parce qu’ils tiennent à l’illusion de vivre en démocratie.
Et puis, surtout, du moment qu’on ne les empêche pas de travailler, de gagner de l’argent et d’élever leurs mômes comme ils veulent, les gens, savez, s’accommodent assez des parasites politiques.

 

39.
Cé marrant, j’aime bien le rock n’ roll (non en fait, j’adore le rock n’roll, j’idolâtre le rock n’ roll) mais quand c’est du Johnny Halliday, y a rien à faire, ça sonne pas pareil, et pour être franc, ça sonne faux.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2024. 

 

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6 juillet 2024

QUELLE DECEPTION FIS-JE EN ME VOYANT DANS LA GLACE

QUELLE DECEPTION FIS-JE EN ME VOYANT DANS LA GLACE

 

1.
Je n'aime pas la politique. C'est difficile à ravoir : les taches persistent, ça laisse des traces et c'est dégoûtant.

 

2.
Comme il était sauvage et désagréable avec les visiteurs, je me résolus à relire les aventures de Spirou et Fantasio (tous les albums). Mes visiteurs se lassèrent et ne revinrent pas. L'horloge ronronnait.

 

3.
Il éclata d'un gros rire dont il ne put retenir l’explosion. Les pompiers durent intervenir. Cette farce était une attrape.

 

4.
Les chansons sentimentales, c'est pas pratique. Elles font des miettes, en mettent partout. Ça gratte et c'est agaçant. 

 

5.
Je suis bien content de ne pas vivre avec une chanteuse. Mes oreilles aussi. Les chanteuses, c'est quand même spécial. Ceci dit, les chanteuses mangent aussi de la choucroute. Sauf celles qui n'aiment pas ça, évidemment.

 

6.
Je n'aime pas Podalydès. Et pas non plus son frère. Ils ont du talent. C'est leur droit. Ceci dit, je m'en fous. Le basket-ball, c'est pas mon truc.

 

7.
Il est interdit de jeter des crocodiles aux petits oiseaux. Ça les fait pleurer.

 

8.
Les nuages étaient charnus à en devenir indécents. Un orage d'une intensité érotique rarement atteinte éclata. 

 

9.
Regarde donc ses dents ! On dirait qu'elles vont mordre ! Si j'étais toi, je retirerais ma main tout de suite ! On ne sait jamais avec les élections !

 

10.
L'assiette se vengeait sur le couteau et la fourchette de ce qu'ils éprouvassent l'un pour l'autre plus d'affection que pour elle. Elle s'éclipsa, avec la cuisse de poulet et les pommes de terre, ah oui.

 

11.
Je ne pense pas que faire un entraînement de boxe en tapant sur des pots de yaourt soit une bonne idée.

 

12.
Si France Inter savait ce qu'elles commencent à nous gonfler, leurs leçons de morale là. Ceci dit, sur les radios privées, c'est conneries, publicité et conneries, sans compter demi-vérités et menteries sponsorisées.

 

13.
On ne part pas comme le vent, on part avec ses chaussures. D'ailleurs, le vent, lui, il revient.

 

14.
Comme il s'était glissé hors du vestibule, il s'aperçut qu'il était suivi par le lampadaire, lequel s'était une fois de plus débranché. Le noir régnait comme une saucisse dans une choucroute. 

 

15.
Comme il avait laissé ses cheveux dans une ténébreuse affaire, on l'appelait le taiseux. Il n'en parlait jamais. Même en se mettant à table.

 

16.
Où s'est-elle noyée ? Dans un verre d'eau, évidemment. Du reste, la rivière était à sec.

 

17.
Parfois, c'est une navigation en ligne brisée qui permet d'arriver au bout de la page. Mais il ne faut pas manquer le bateau, sinon, le livre reste fermé. 

 

18.
Le réel rouille ; il devient toxique. On dirait un réalisateur français accusé d'agression sexuelle. 

 

19.
Regardez bien le réel. Regardez comme ses griffes poussent. On dirait qu'il va remporter les élections.

 

20.
C'était à lui de prendre la parole. Mais elle se déroba. Elle ne voulait pas tant  en dire. Elle voulait agir en toute discrétion. 

 

21.
Le réel est structuré comme une langue étrangère.

 

22.
Il y a des batailles invisibles et des soupes à l'oignon. Faut pas laisser tomber sa moumoute dedans. Ça éclabousse.

 

23.
Quand on pose une question, il faut bien l'attacher. Sinon, elle se carapate et pour la réponse, vous pouvez toujours courir.

 

24.
Je n'aime pas les Beatles. Surtout depuis que je sais qu'ils n'ont pas inventé la pince à linge.

 

25.
Je désapprouve le fait que 26 au carré fasse 676. Ça fait beaucoup trop d’œufs pour une seule omelette.

 

26.
Je n'aime pas la radio. Quand je l'allume, elle ne peut pas s'empêcher de faire du bruit. Il y a même des paroles ! Vous vous rendez compte...

 

27.
Je n'aime pas les écrivains. Cette manie qu'ils ont de raconter des histoires. Et si en plus, ils écoutent les Beatles, - que je n'apprécie pas du tout, surtout depuis que je sais qu'ils n'ont pas inventé la pince à linge – alors, c'est même pas la peine. Je n’achèterai pas leurs livres non plus.

 

28.
Je n'aime pas le soleil. J'ai toujours l'impression qu'il va me dévorer. Surtout avec sa grande crinière là et sa gueule qu'elle est pleine de dents quand il l'ouvre..

 

29.
Je n'aime pas Etienne Daho. Et en plus, il a du talent !

 

30.
Je ne l'aime pas. Elle me manque.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juillet 2024.

6 juillet 2024

MAIS C'EST QUE JE M'INSISTE DIS !

MAIS C'EST QUE JE M'INSISTE DIS !

 

1.

Je me prie assez souvent de ne plus remettre les pieds chez moi. J'ai déjà assez affaire avec moi-même. Mais c'est que je m’insiste, le bougre.

 

2.

Il parlait avec simplicité et une boîte de thon.

 

3.

Le réel rend malade. Et c'est aussi le réel qui vous donne les moyens de s'en sortir. Il n'y a de transcendance que dans le camembert.

 

4.

A moins qu'elle puisse m'aider, je ne vois pas comment je vais arriver à me sortir cet éléphant de la cafetière.

 

5.

On croit que l'on est hanté par des esprits évanescents. Non, les spectres sont des éléphants, des rhinocéros, des politiques, du lourd quoi.

 

6.

J'ai le talent du rien. Et quand je me flatte, je me dis qu'à ce niveau là, ce n'est plus du talent, mais du génie.

 

7.

Cherche fortune. Même grosse, voire même très grosse.

 

8.

La nostalgie est un fusil à répétition.

 

9.

Il n'y a pas de langue universelle, sauf celle de l'absurde. Les gens sont stupides dans toutes les langues.

 

10.

Je n'aime pas Claude François mais il le mérite bien.

 

11.

Il faut que j'arrête de m'apitoyer c'est pitoyable. Sinon, des nouvelles du python ?

 

12.

Je dois tellement de choses à tellement de gens que si je m'acquittais de toutes mes dettes, il ne me resterait que mes yeux pour les fermer.

 

13.

Un jeune imbécile plutôt qu'un saucisson, si vous voulez mon avis ; d'ailleurs, je ne l'ai jamais invité pour l'apéritif.

 

14.

Ah tiens, je vais m'écouter Baxter Dury dans « Slumlord ». C'est épatant, ça. Et les trous dans le gruyère, on en parle ou pas ?

 

15.

Le rapport est dans le trou et le gruyère est dans le sandwich.

 

16.

Il doit y avoir un complot du réel pour nous rendre aussi stupide que lui.

 

17.

L'avantage de ne pas comprendre ce qu'ils racontent dans les chansons en anglais, c'est que je ne comprends pas non plus celles en allemand. Que je n'écoute guère d'ailleurs. Même en mangeant un bavarois.

 

18.

Je ne me vaux pas la peine. Autant ne pas essayer.

 

19.

M’exagérant, je suis toujours en vie.

 

20.

Dans mes jeunes années, mon éducation, ah tiens, un coq au vin ! me dit la fourchette en s'adressant au couteau.

 

21.

Ah tiens, allumons la radio, écoutons des sottises. Il y a des gens payés pour.

 

22.

J'ai tendance à me laisser pousser les cheveux. Par paresse capillaire sans doute, et puis défois qu'ils auraient quelque chose à me dire.

 

23.

Comme il tirait sa moustache, l'escalier se déroba (de nylon) ; la femme à barbe dégringola.

 

24.

Comme les deux chaînes pendaient, il vérifia que son chien avait encore sa laisse. Cependant, il ne revit ni l'une ni l'autre.

 

25.

Il posa une feuille de papier sur la table, laquelle opéra un repli tactique et s'enfuit. On donna la cavalerie et la poivrière.

 

26.

Il est très difficile de faire chanter un guéridon. Et pourtant, y en a, ils en ont, des spectres à se reprocher.

 

27.

Il faut toujours compter sur ses doigts. Et régulièrement. Défois qu'il y en aurait un qui vous resterait dans le nez, ou même l'oreille, si ça se trouve.

 

28.

A la suite de cette colère, la soupière ne s'en remit jamais. Elle finit par se briser. Sans même une lettre d'adieu.

 

29.

Est-ce que ma guitare a des cheveux ? Non, n'est-ce pas, alors zou ! Au coiffeur, bande de zazous.

 

30.

Des fois, il y a des jeunes filles, des garçons les regardent avec complaisance dans le pays. Surtout dans le pays d'ailleurs et surtout si elles ont de jolies jambes. Car si ce n'est pas dans le pays, où c'est-y qu'ça pourrait bien être hein ?

 

31.

Alors que je rendais visite à une amie à Paris, je me rendis compte que je n'allais jamais à Paris et que mon amie était purement imaginaire. Je me vengeai sur le camembert.

 

32.

C'est trop facile de s'attaquer à un camembert. Surtout s'il est coulant.

 

33.

Pour ne pas entendre mes cris, je me les rentrai. La radio reprit le cours normal de ses considérations.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 6 juillet 2024.

4 juillet 2024

ON NE SE MOQUE PAS DU CLOWN QUI A UN PISTOLET SUR LA TEMPE

ON NE SE MOQUE PAS DU CLOWN QUI A UN PISTOLET SUR LA TEMPE

 

1.
Vertige des lettres. Elle se pencha vivement sur la feuille de papier et tomba dedans.

 

2.
C'était aussi mon avis, mais je n'avais pas tenu compte de celui de la moumoute dans la soupe à l'oignon.

 

3.
Le 9 juillet 2024. Le capitaine Caramba prendra le pouvoir en France et formera un ministère carambolesque.

 

4.
Comme elle avait voulu y retourner une fois encore, je l'ai laissée faire. Je ne l'ai plus revue. On ne se méfie jamais assez du pouvoir des mangas.

 

5.
Si un virtuose trouve une grenouille dans son piano, que voulez-vous qu'il dise ? Il dira : « Ah tiens, une grenouille ! Visiblement, ce piano a été mal préparé. »

 

6.
Depuis que j'ai lu « Le Château », de Kafka, mes labyrinthes sont peuplés d'hommes fort courtois et portant costume noir et chapeau. Ils n'en sont pas moins inquiétants (j'évite de sortir mes fraises).

 

7.
Les gens qui sonnent à la porte ne savent pas ce qu'ils risquent. Parfois, il y a quelqu'un derrière.

 

8.
Ah mais ces temps-ci, c'est qu'on en entend des horreurs, heureusement qu'on est sourd.

 

9.
Le 9 juillet 2024, paraît que le capitaine Caramba va prendre le pouvoir au pays du steak-frites, des fromages, des pinards, des grands crus et des grands cons. Et comment ça, les frères Dalton au ministère de la Justice ?

 

10.
Le grand Poisson Volant plane au-dessus de la Mer des Compromissions. Je répète : Le Grand Poisson Volant plane au-dessus, et comme d'habitude, il gueule, histoire d'effrayer les pêcheurs.

 

11.
Ne me parlez pas des politiques. J'en ai plein mon frigo, même qu'ils font de drôles de tronches.

 

12.
Je sais bien qu'un jour je mourrirai. Heureusement, je ne suis pas pressa. D'ailleurs, il faut que je révise ma grammaire.

 

13.
Je n'écrirai pas de roman essentiel ; je ne composerai pas de cycle magnifique. J'aurai juste semé des petits clous. Et même pas de girofle.

 

14.
On ne se moque pas du clown qui a un pistolet sur la tempe. Quand bien même il aurait une banane dans l'oreille.

 

15.
Les cuisines électorales sont pleines de couteaux soigneusement aiguisés. Le plat du jour ? Du veau, messieurs-dames, ah oui, il est bien français.

 

16.
Je respecte la démocratie autant qu'elle mes respecte. On appelle cela la légitimité. Et non, elle ne va pas de soi.

 

17.
Mais si on les administre justement et selon la raison, n'est-ce pas que les couteaux puissent être fort utiles ?

 

18.
Il approuva complètement ce plan. D'ailleurs, il le dévora aussitôt, avec contentement et supplément sauce au poivre.

 

19.
Cela fait longtemps que je ne suis pas allé au restaurant. Je ne suis pas certain qu'il me reconnaisse.

 

20.
J'écoute en composant mes âneries de ce jour : l'album « Aux armes et coetera », de Serge Gainsbourg. Le mauvais goût de talent, ça ne prend pas une ride. Et d'ailleurs, le mauvais goût est ici très relatif compensé, sublimé même, qu'il est par la virtuosité du verbe.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 juillet 2024.

 

3 juillet 2024

FASCINATION ET COUILLONNADES

FASCINATION ET COUILLONNADES

 

1.
Je ne suis jamais allé en Afrique. En tout cas, pas dans cette vie. Et pas dans les autres non plus, je pense. Remarquez que je ne suis jamais allé en Suisse non plus.

 

2.
Chais pas trop quoi qu'il me racontait à propos d'un « cœur volé »... romance... violonnade, chatterie... ah ça, je lui voyais bien la chatterie, à la chérie... mines, minettes, minauderies, grand orchestre avec cloches... comme si tout ça avait un sens, les images poétiques, les mots d'amour... le « cœur volé », je vous demande un peu... fascination et couillonnades...

 

3.
Les critiques, qu'ça qu'à faire, les gens jugent de tout sans savoir qu'on sait pas qu'on sait jamais qu'ils disent y a pas d'fumée sans feu et les quelqu'un m'a raconté que on m'a dit que on m'a dit que on m'a dit que

 

4.
A force de ne pas me sentir bien, je vais finir par ne pas guérir d'une maladie que je n'ai pas.

 

5.
J'aime bien les Beatles ils avaient des cheveux et du talent. Ah ça, ils n'étaient pas chauves, les Beatles.

 

6.
On ne met pas un politique dans la confiture. Ça gâte le goût d'la tartine.

 

7.
A force de se se prendre au sérieux, on finit dindon. Comme quoi, coin-coin quand il côtelette que c'est une farce, il n'a pas tort (poil à la laitue).
Pourquoi côtelette ? Parce que c'est franco de porc.

 

8.
On ne dit pas montre-moi tes poils, je te montrai mes cheveux, on dit  montre-moi tes oiseaux, je te montrerai le ciel.

 

9.
J'aime bien Nina Hagen. Elle a de la voix et des morceaux qui font crak dzzziiim boum. Oui, je sais comme critique musical, je vaux pas une part de quiche.

 

10.
La tortue sagace court après la laitue. Je répète : la tortue sagace court et le lapin ne la rattrape pas. Comment ça s'fait ?

 

11.
Les verres se vident aussi vite que le porte-monnaie, et je sens bien qu'il y a un rapport entre les deux.

 

12.
J'aime bien William Sheller. Il joue du piano. Par contre, je ne sais pas s'il réussit les pâtes à la carbonara. Il n'en parle même pas dans ses chansons (il y en a, elles sont fort oh bien jolies). Et ça, c'est un mystère dont mon alchimie, bin, elle s'en fiche aussi.

 

13.
Montre-moi ta jolie frimousse, je te montrerai mes yeux. Tu ne les crèveras pas, dis.

 

14.
Il ne suffit pas d'une baguette magique pour effacer Bardella. Il faut du Macronox ah ça c'est efficace, le Macronox, surtout pour dissoudre.

 

15.
La France est-elle soluble dans le Macron ? Macron est-il soluble dans la dissolution ? Le RN, en tout cas, c'est de plus en plus dur à dissoudre. Plus fort que le roquefort ! On dirait que ça laisse des traces. Faudrait du Canard extra-fort.

 

16.
Y a des gens, on les massacre.
Y en a des autres, ils s'enrichissent.
Et je sens bien qu'il y a un rapport entre les deux.

 

17.
On jour qu'on mourrira, avec ou sans grammaire française.

 

18.
Derrière le miroir, il y a derrière le miroir. La jolie fille, elle est devant.

 

19.
Y en a des romans dans la vie des gens. Y en a, vous croyez que ce sont des gueux, et ce sont des princes. Y en a, vous croyez que ce sont juste des gueux, et ils sont pires. En dessous du niveau de leurs chiottes. Y en a, vous voyez bien que ce sont des princes. Et puis, défois, ils font rien que grouiquer. 

 

20.
J'ai trop d'cheveux ; va falloir que j'm'achète du punk.

 

21.
Voilà donc mon petit problème. C'est que je vous aime.
Mes yeux, à ce que je dis là, leurs bras en tombèrent. Ils ne purent se rattraper, se récupérer, se remembrer. 
L'amour est aveugle et la poutre aussi.

 

22.
« L'électorat macroniste raisonnable » porte-il des bretelles ? Met-il des bigoudis ? Joue-t-il au PMU ? A-t-il les pieds plats ? En tout cas, normalement, il sait lire et écrire (il a été à l'école).

 

23.
Non, décidément  non, Vladimir Poutine n'est pas le plus grand général de l'armée du Reich ! Nee nee nee (ah tiens, c'est marrant, si vous tapez « Nee nee nee » sur You Tube, vous tombez sur une kitscherie asiatique et animée rigolote et polychrome qui ne mange pas de pain si elle mange du riz).

 

24.
Je suis en colère contre moi-même. Je ne me vaux pas grand chose. Je vais m'acheter une cloche.

 

25.
Les gens ne m'apprécient pas autant que je me déteste. Je devrais arrêter le Cioran, ça ne me vaut rien. Et pourtant, quel talent ! (Cioran, pas ma pomme, poil à la gomme).

 

26.
Si je devais me réincarner, je choisirais Jerry Lewis (gagner sa vie en faisant rire élégamment et intelligemment ses contemporains me paraît être un but beaucoup plus noble que celui de les enquiquiner en faisant de la politique).
Si la réincarnation en Jerry Lewis n'est pas disponible, alors en Gérard Jugnot, mais c'est pas pareil.

 

27.
J'aime beaucoup Jeanne d'Arc. Je ne l'ai pas connue. Je ne le regrette pas. Ses fréquentations, m'a-t-on dit, étaient fort douteuses.
#BoutonsEtChemiseLesPoutineHorsDeFrance

 

28.
Les politiques, c'est bien, j'aime bien, surtout en papier peint, dans les chiottes. Par contre, faut baisser le son, hein, si on veut pouvoir se torcher tranquille.

 

29.
Je signe souvent mes âneries « Patrice Houzeau » et je me rends compte que c'est mon vrai nom. Merdalors.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2024.

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2 juillet 2024

POURQUOI BARDELLA VA SE PLANTER

POURQUOI BARDELLA VA SE PLANTER

 

1.
30 juin 2024. France. Législatives 2024. A vingt heures, LCI annonce que la majorité absolue serait presque atteinte par le « RN et ses alliés ». On annonce plus de 34 % des voix en faveur de l’extrême-droite. Le NFP suivrait avec 29 %. Ce qui signifie que la future Assemblée nationale de la France à nous autres deviendrait vite une foire d’empoigne, une boîte à coucous et autres noms d’oiseaux, un foutage de gueule généralisé sur le dos des Français.
Si la tendance est confirmée au second tour (le 7 juillet), la Macronie aura cessé d’exister, le LR pourrait être remplacé par le RN et donc les gaullistes par les anti-gaullistes. Quant au « Nouveau Front Populaire », il n’a pas fini de se déchirer.

 

2.
30 juin 2024. On se souvient que le président Macron en 2017 avait voulu faire de la politique française un « en même temps » et en finir avec l’opposition gauche-droite. Les législatives 2024 réaffirment de façon brutale le retour des partis et, ironie, une droite inspirée par une idéologie extrémiste se prépare à affronter une gauche qui va des écologistes et sociaux-démocrates à la LFI inspirée par d’autres idées extrémistes.  

 

3.
30 juin 2024. Au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon prend ses responsabilités et déclare qu’en cas de triangulaire défavorable au NFP, le candidat de gauche se désistera afin de faire barrage au candidat RN. Je cite : « Pas une voix, pas un siège en plus pour le RN. »

 

4.
30 juin 2024. Après la défaite de la Macronie aux législatives 2024, Gabriel Attal annonce la suspension de la mise en œuvre de la réforme de l'assurance-chômage qui devait rentrer en vigueur dès la parution au Journal officiel ce lundi 1er juillet 2024.

 

5.
Au soir du premier tour des législatives 2024, peut-on dire :
-  Que l’extrême-droite n'a pas encore la majorité absolue à l'Assemblée mais que, quand même, Poutine doit plutôt être satisfait ?
- Que le président Macron n'a pas dit son dernier mot ?
- Que le président Macron est vraiment le roi du « en même temps » : en même temps, il fait tout pour remporter deux élections présidentielles et en même temps, il se débrouille pour tout gâcher en procédant à une dissolution hasardeuse ?
- Que l’extrême-droite, d'ici une semaine, va prendre le pouvoir en France et qu'elle ne saura pas trop quoi en faire, étant donnée l'indigence politique de son programme et de bon nombre de ses députés ?
- Qu'en cas de majorité relative, le RN sera très rapidement gêné aux entournures pour faire passer des lois qu'un front républicain de la LFI aux LR hostiles au clan Le Pen refusera avec obstination ?
- Que la France va vite devenir ingouvernable ?

 

6.
30 juin 2024. Jean-Luc Mélenchon ne prendra pas le pouvoir. Il ne peut pas et il ne l'a peut-être pas voulu.
Le RN aura-t-il la majorité absolue au soir du 7 juillet ? Pas certain. Et surtout, d'ici quelques semaines, combien de députés du RN seront-ils réellement en mesure de siéger à l'Assemblée nationale ?

 

7.
Au lendemain du premier tour des législatives 2024, peut-on dire que :
- Le président Macron, s'il n'a pas tout à fait gagné son pari (la constitution d'un front républicain autour d'un bloc central), ne l'a pas tout à fait perdu non plus (le score du RN étant en-dessous des prévisions : 29,5 %)
- Que même en comptant les « alliés » du RN (4 %), il n'est pas certain que Bardella puisse compter sur une majorité absolue au lendemain du second tour ?
- Que les scores des « alliés » du RN sont insuffisants pour affirmer que les LR lepeno-compatibles pourraient venir au secours d'une majorité gouvernementale dont Bardella aurait absolument besoin pour mener sa politique ?
- Que l'élection de certains députés RN pourrait être invalidée et que d'autres se montreront dans l'incapacité de remplir leurs fonctions (soucis judiciaires, inéligibilité constatée, incompétence manifeste, casseroles diverses, liens trop proches avec la Russie, etc...) ?
- Que si le président Macron arrive à rendre inopérante la victoire annoncée du RN, paralysant ainsi un parlement qui lui serait hostile, il passera alors pour un habile tacticien façon Machiavel-Bonaparte ?
- Que de toute façon, puisqu'il n'est pas certain que Mélenchon et Marine Le Pen veuillent réellement du pouvoir, les législatives 2024 décidées par le président Macron n'ont alors qu'un but : recentrer à droite le parlement ?

 

8.
Législatives 2024. La véritable catastrophe n'est pas dans une victoire probable du RN le 7 juillet 2024 et la cohabitation qui suivrait, mais dans une éventuelle démission du président Macron. Nul ne sait alors dans quelle aventure serait jetée la France.

 

9.
1er juillet 2024. Entendu dans un bistro (ah la la, sans les bistros, on en saurait beaucoup moins sur la bêtise française) deux électeurs du RN, vaguement déçus de la performance de leur chouchou (pouah, comment peut-on faire confiance à un politique, cela me dépasse!) : « Evidemment, il y aura un second tour, encore un moyen de fausser les élections, ça ! ».

Oui mais non, le scrutin uninominal à deux tours est au contraire très démocratique : il s'agit de demander à la population si elle confirme son choix du premier tour. Si elle ne le confirme pas et que l'opposition se mobilise, le candidat retourne à ses affaires ; dans le cas contraire, l'impétrant est en quelque sorte légitimé par une approbation de la majorité des électeurs qui auront ainsi réaffirmé leur choix. 

 

10.
Je n'apprécie guère que l'on fasse remarquer avec insistance que bon nombre d'électeurs du RN n'ont pas le baccalauréat. Ce mépris de classe m'insupporte et je préfère un salarié peu diplômé, honnête et qui travaille pour nourrir sa famille, quand bien même il voterait RN, à un étudiant professionnel qui ne sait rien de la vie, n'a jamais bossé, donne des leçons de morale à tout le monde et vote NFP.

 

11.
Je peux me tromper, mais j'ai la conviction que ni l’extrême-gauche, ni l’extrême-droite n'arriveront réellement au pouvoir en France. Quand bien même Bardella deviendrait premier ministre, et à condition qu'il veuille réellement faire appliquer un programme d’extrême-droite (ce dont je doute), sa marge de manœuvres serait très réduite. Il ferait du Macron en un peu plus conservateur (puisque les Français veulent plus d'ordre et de sécurité) et un peu plus libéral (il faut préserver l'essentiel : les investissements).
Conclusion : Grâce à Mélenchon et au clan Le Pen, trotskistes et pétainistes seront une nouvelle fois cocus.

 

12.
Il faut arrêter de se voiler la face : l'Ukraine est en passe de perdre la guerre. Soit nous réagissons fermement maintenant et prenons réellement des mesures d’exception en  nous attaquant à l'ensemble des intérêts russes (quels qu'ils soient), soit nous devrons négocier demain avec un Poutine arrogant et conforté dans ses positions.
Rappel : On ne mène pas une guerre ni avec avec des gants blancs, ni avec des textes de loi.

 

13.
2024. Nous avons encore le choix : ou travailler dur dans une société où les libertés publiques sont garanties par la Constitution, ou travailler dur dans une société où les libertés publiques dépendent du bon vouloir de l'autocrate au pouvoir. Autrement dit, nous avons encore le choix entre la démocratie libérale et l'autoritarisme poutinien.

 

14.
Paraît qu'une partie de la famille de Bardella est d'origine maghrébine. Quant à Zemmour, ses origines sont bien connues. Ça doit être ça, le « Grand Remplacement », quand des Français d'origine étrangère en arrivent à diriger des partis d’extrême-droite.
Au passage, chapeau à Marine Le Pen et à Bardella qui sont arrivés à faire du FN fondé par des antisémites notoires un RN qui se fait maintenant le champion de la cause israélienne.

 

15.
C'est révéler un secret de polichinelle que d'écrire que ni Marine Le Pen, ni Bardella ne sont réellement des personnes d’extrême-droite. C'est aussi révéler un secret de polichinelle que d'écrire qu'un bon nombre de cadres du RN sont des gens dangereux, sous influence russe, pétainistes, antisémites, voire révisionnistes, et autres tendances contraires aux valeurs de la République.

 

16.
Nous saurons bientôt si le président Macron, en provoquant des législatives anticipées, a réalisé un coup de maître ou s'il n'est qu'un sombre crétin. Si la France reste une démocratie libérale, un puissant soutien de l'Ukraine et le bras armé de l'UE, alors mon admiration pour le président Macron sera immense. Dans le cas contraire, j'aurai du mal à masquer mon mépris et mon dégoût pour tous les politiques, quels qu'ils soient.

 

17.
Sujet qui fâche. Sait-on si le RN a dans son programme le rétablissement de la peine de mort ? parce que personnellement, je continue à penser qu'une « mauvaise bête », on l'abat et puis c'est tout, et que de voir des saloperies à deux pattes nourries et logées à perpétuité sur le dos du contribuable français, ça a tendance à me mettre en rogne.
Même chose pour la construction de nouvelles prisons, cause qu'à un moment, maires et régions doivent prendre leurs responsabilités et accepter qu'on fiche en taule trafiquants de drogue et autres malveillants.
Or, il y a surpopulation carcérale. Et donc...
Je précise, car je suis franc, qu'un gouvernement dit d’extrême-droite qui ne remettrait pas en cause l'abolition de la peine de mort (obtenue grâce  à une plaidoirie hypocrite et larmoyante de Badinter – oui, Patrick Henry méritait d'être « coupé en deux »), ne déciderait pas la construction de nouvelles prisons et le retour du service national (en lieu et place de l'ânerie SNU), passerait à mes yeux pour un gouvernement de tafioles.  

 

18.
La troisième guerre mondiale est inéluctable. Pourquoi ? Parce que les BRICS et la Triade n'ont pas réussi à s'entendre sur la gestion et le partage des matières premières (en clair, le partage de l'Afrique et du Moyen-Orient)
Les problèmes induits par surpopulation et le réchauffement climatique exacerbent les négociations.
Conclusion : il est plus que temps que l'UE se dote d'une défense réellement puissante et dissuasive et que le service militaire soit rétabli partout. 

 

19.
Je suis d'une minorité très désapprouvée en ce moment :
Je suis pour le retour de la peine de mort (désolé, mais assassiner un enfant ne mérite qu'une chose : la mort, et je me fous des excuses psychiatriques : une mauvaise bête, on s'en débarrasse. Point barre.)
Je suis pour le retour du service national (les périls sont trop grands et la France doit pouvoir compter sur l'ensemble de la Nation)
Je ne fréquente guère les gens d'origine étrangère (je suis comme beaucoup de Français, que mes collègues soient d'origine italienne, polonaise, flamande ou africaine, je m'en tape, tant qu'ils restent à leur place, des « collègues » et c'est tout).
Je reste persuadé que la théorie des genres est une construction culturelle basée sur l'analyse de faits culturels (non, l’homosexualité n'est pas « naturelle »)
Je pense que la musique occidentale classique et la philosophie occidentale sont d'une finesse et complexité telles que peu de musiques et « pensées » extra-européennes  peuvent prétendre rivaliser avec Nietzsche et Bach.
Que l'OAS n'était pas composée que de voyous et de salauds, que Schoendoerffer fut un grand cinéaste, et que Bob Dénard a rendu bien des services.
On voit que que je suis de droite, et cependant, je ne voterai jamais pour le RN, dont bien des cadres semblent bien au-dessous des valeurs dont je me réclame et dont la proximité avec la mafia poutinienne m'est rédhibitoire.

 

19.
Un gouvernement Bardella qui voudrait réellement faire appliquer un programme d’extrême-droite, même avec une majorité absolue à l'Assemblée, ne tiendrait pas longtemps face aux corps intermédiaires, au Sénat, au Conseil constitutionnel et à la résistance passive de bien des Français. Sa seule solution serait de demander l'aide du patronat (embauches, propagande dans des médias « vendus » etc..), mais cela n'aurait qu'un effet limité dans le temps. A défaut, il pourrait être tenté par une réforme de la Constitution et se heurterait à un mur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 juillet 2024

30 juin 2024

EN ATTENDANT LA CHIENLIT POST-ELECTORALE

EN ATTENDANT LA CHIENLIT POST-ELECTORALE

 

1.
Pensez-vous que la WW3 est désormais inéluctable car :
- Les signaux rouges s'allument un à un (conflit russo-ukrainien, alliance Russie-Corée du Nord, conflit Israël-Hamas, déstabilisation de l'Afrique pouvant entraîner une crise majeure des matières premières, déstabilisation de l'Ouest de l'Europe...) ?
- Il y a surpopulation mondiale (8 milliards d'humains, 10 milliards à l'horizon 2050) ?
- La mondialisation a en partie échoué ?
- Il y a surproduction d'armements ?
- Poutine ne veut pas seulement recréer une Russie à la taille de l'URSS mais inclure toute l'Europe (ou quasi) dans sa sphère d'influence, et, s'alliant avec la Chine et la Corée du Nord, créer une Eurasie surpuissante et prête à disputer les matières premières africaines aux Etats-Unis ?

 

2.
Dans le cas où, dès ce mois de juillet 2024, l’extrême-gauche ou l’extrême -droite (sa cousine) arrivait au pouvoir en France, quel rôle jouerait notre pays dans une WW3 désormais inéluctable ?
- Elle quitterait l'OTAN et se rangerait du côté de la Russie de Poutine ?
- Elle abandonnerait l'Ukraine et reprendrait des relations de collaboration avec Poutine tout en essayant de rester neutre ?
- Elle rétablirait le secret bancaire, fermerait ses frontières aux réfugiés, mais les ouvrirait toutes grandes aux fortunes en quête de tranquillité, vendrait de l'armement à toutes les parties, se déclarerait neutre et s'enrichirait ainsi sur la misère du monde ?
- Elle pourrait quitter l'OTAN mais ne pourrait pas entrer en guerre aux côtés de la Russie de Poutine sans risquer au minimum une guerre civile, sinon une intervention extérieure ?

 

3.
On se souvient qu'il y a quelques années, dans une de ces formules méprisantes dont il est coutumier, le président Macron avait déclaré l'OTAN en « état de mort cérébrale ». Qu'en pense-t-on maintenant à l'OTAN ?
- Que les fonctions vitales et intellectuelles de l'OTAN sont certainement en meilleur état que la France de Macron ?
- Qu'il faut attendre les résultats définitifs des législatives précipitées, le choix du premier ministre, les premières mesures concernant le conflit russo-ukrainien et, en attendant, car on ne sait jamais, compléter les listes et préparer les dossiers à transmettre ?
- Ils haussent les épaules, à l'OTAN, car ils savent déjà comment la farce va se terminer ?

 

4.
Je pense le RN assez habile pour continuer à accueillir le nombre d'étrangers nécessaire pour répondre aux besoins de la production (industrie, BTP,...) et des services (santé, enseignement, restauration, etc...). C'est économique et ça permet de s'attirer les votes des patrons. Par contre, les conditions de travail et de salaire risquent bientôt de s'aggraver pour tous (Français et étrangers). 
Le RN n'a pas pour but de servir le peuple français mais la grandeur de la France (c'est-à-dire sa puissance, la richesse et l'influence des grandes entreprises, l'ordre public, etc...). Évidemment, car, au cas où vous ne le sauriez pas encore, c'est cela, être d’extrême-droite : la France d'abord, les Français ensuite, et s'ils ne sont pas contents, c'est qu'ils n'aiment pas la France et doivent être considérés comme des citoyens douteux, à surveiller de près...
Remarquez qu'à l’extrême-gauche, il suffit de remplacer le nom « France » par le mot « Révolution » et vous avez la même logique : la Révolution d'abord, les Français ensuite, et s'ils ne sont pas contents, c'est que ce sont des contre-révolutionnaires, des réactionnaires, des citoyens douteux, à surveiller de près... 

 

5.
24 juin 2024. Mélenchon multiplie les signaux pour éviter, au cas où, d'être premier ministre (exemple, en à peine quelques phrases sur France 2, il a trouvé le moyen de souligner par deux fois sa volonté de neutralité bienveillante à l'égard de la Russie de Poutine) : oui, un haut-fonctionnaire français peut-être « franco-russe », qu'il a dit, Mélenchon, après avoir déploré qu'il y ait des soldats français à l'Est (eh oui, en Roumanie, dans le cadre du déploiement de l'OTAN suite à l'agression de l'Ukraine par Poutine).
Là où il m'a fait rire, Mélenchon, c'est lorsqu'il a dit que précédant les nominations de hauts-fonctionnaires binationaux, il y a une enquête. On le croit sur parole. C'est un ex-trotskiste qui vous le dit. Franchement, vous croyez réellement que les « enquêtes » arrêtent l'entrisme, les kompromats, les corruptions, les dissimulations ? Moi pas. 

 

6.
La France se prépare, mais à quoi ?
- A rentrer dans la WW3 ?
- A une cohabitation plus ou moins houleuse du président Macron (seul et incompris) avec un Bardella quelconque dont la mission sera d'assurer la victoire de Marine Le Pen aux présidentielles 2027 ?
- Au retour de l'ordre moral, des délateurs anonymes, de l'uniforme, du respect de la hiérarchie et des petits chefs, des curés moralisateurs, des sacrifices de chacun pour une France plus forte ?
- A entendre de plus en plus souvent la phrase : « Monsieur X, Madame Y, vous n'êtes pas d'accord ; c'est votre droit, mais je vous rappelle que si l'on ne veut pas se soumettre, il faut se démettre... » ?
- A la privatisation du plus de services publics possible ?
- A la censure et à l'intimidation ?
- Aux troubles violents récurrents qui pourraient opposer dans les rues groupes d’extrême-gauche et milices d’extrême-droite ? Aux mesures d’exception que pourrait prendre le gouvernement si ces troubles devenaient des émeutes, si des armes à feu étaient utilisées, s'il y avait des morts ?
- A abandonner toute illusion sur l'avenir des démocraties libérales ?
- A résister ?

 

7.
Au vu des événements récents qui bouleversent les échiquiers politiques mondiaux (réélection possible de Trump aux USA, arrivée possible au pouvoir en France d'une droite ultra-libérale économiquement et conservatrice sur le plan sociétal, l’extrême-droite quoi), peut-on dire que la mondialisation :
- A échoué (l'interdépendance économique des États ne suffit pas à endiguer les risques de guerre) ?
- A été un formidable accélérateur des tensions identitaires ?
- A profité largement aux mafias de toutes sortes qui ont, notamment, pris le pouvoir en Russie et qui lorgnent maintenant sur les richesses de l'UE ?
- A été une arnaque, ou une inconséquence des technocrates et autres zozos des Grandes Écoles ?
- La preuve que j'ai raison de ne pas respecter grand chose et encore moins grand monde ? 
- La mise en application d'une phase d'un plan soigneusement préparé par les tenants d'un NOM (Nouvel Ordre Mondial) afin qu'une WW3 éclate car après, faut tout reconstruire, et ça c'est bon pour les affaires, ça ?

 

8.
Je n'ai jamais cru à la fable d'un RN anti-libéral. Il sera très vite ultra-libéral au contraire, réservant le rôle de l'Etat au maintien de l'ordre public garanti par un retour de l'ordre moral (conservateur donc). Un indice : la privatisation annoncée du service public de l'audiovisuel. Le reste suivra. Certes, l'anti-libéralisme existe à l’extrême-droite puisqu'il va de pair avec l'anti-parlementarisme (ce que l'on appelle la démocratie libérale), mais il est presque toujours écarté au profit d'un nécessaire partenariat avec le grand patronat qui fournit aisément à l’extrême-droite ce dont elle a besoin (finances, soutiens, embauches,...). En échange, il y a fort à parier que, peu à peu, le RN réduira considérablement les droits des salariés ainsi que l'influence des syndicats qui ne lui seront pas favorables. 

 

9.
Pour faire de la politique, faut-il :
- Être un peu con ?
- N'avoir rien d'autre à faire ou ne savoir rien faire d'autre ?
- Être cynique, menteur, arriviste, prétentieux et arrogant, bref avoir une très sale mentalité ?
- Être corrompu ?
- Aimer jouer des sales tours aux gens ?
- Être un voyou surdiplômé voyou quand même ?
- Être masochiste ? 
- Aimer agiter la chienlit et semer les dissolutions ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2024.

30 juin 2024

LUCIDITE DE MARTIN EDEN

LUCIDITE DE MARTIN EDEN

 

1.
« Puis il s'endormit et fit des rêves pareils à ceux des mangeurs de hashisch. »
(Jack London traduit par Claude Cendrée, « Martin Eden »)
Que signifie cette phrase ?
- Que si le prochain gouvernement est si à l’extrême-droite et soucieux de l'ordre public, de la sécurité des Français et des intérêts de la France qu'on dit qu'il sera RN, alors il pourrait prendre des mesures d’exception (c'est-à-dire des mesures particulièrement dissuasives et répressives) pour lutter contre les trafiquants de produits stupéfiants ? (mais c'est pas dit du tout qu'il le fera)
- Que ça rappelle les « Cauchemars de l'amateur de fondue au chester », de Winsor McKay ?
- Que moi, j'aimais bien la confiture de rhubarbe, les Beatles, les films de Jerry Lewis et que je n'aimais pas apprendre mes leçons (ah la la) ?

2.
« Elle s'est élevée comme elle a pu, et une jeune fille qui n'a qu'elle pour se défendre ne peut avoir un regard doux, gentil, comme... comme le vôtre, par exemple. »
(Jack London, « Martin Eden », chapitre XII  [Martin à Ruth, évoquant Lizzie Connolly])
Cette remarque de Martin est-elle :
- Lucide ?
- Lucide et politique ?
- Oculaire ?
- Un exemple de la fracture sociale qui existe dans les sociétés libérales, comme probablement dans toute société développée ?
- Est une très lointaine évocation de cet exemple grammatical allemand : « Man gibt einen Löffenvoll Essig in den Salat » : « On met une cuillerée de vinaigre dans la salade. » ?

 

3.
« Pourquoi vous bourrez-vous la tête d'anglais ancien et de culture générale ? Parce que vous n'avez pas besoin de gagner votre vie. »
(Jack London, « Martin Eden », chapitre XIII  [Olney à Ruth])
Cette remarque est-elle :
- Lucide ?
- Lucide et politique ?
- Un argument tendant à prouver que la massification de l'enseignement supérieur est à la fois une naïveté et, dans certains cas, une maltraitance ?
- Un argument tendant à prouver qu'en raison des difficultés économiques inéluctablement croissantes pour le plus grand nombre (cependant que l'oligarchie sera considérablement renforcée par les victoires du RN en France et de Trump aux États-Unis), il est à penser que la massification à tout prix de l'enseignement supérieur sera abandonnée au profit de la formation professionnelle et de l'apprentissage ? 

 

4.
« Voilà le premier combat livré, et perdu, dit Martin à son miroir, dix jours après. Mais il y en aura un second et un troisième, et ainsi de suite, à moins que... » 
(Jack London, « Martin Eden », chapitre XV)
Que peut-on déduire de cette phrase ?
- Que vivre, c'est mener une lutte incessante ?
- Que Martin Eden aime se battre et parler à son miroir ?
- Que si jamais, alors que Martin était en conférence avec son miroir, l’exemple grammatical allemand « Der Hund sprang unter dem Tisch hervor » s'était manifesté, sans doute Martin, qui n'avait pas de chien, aurait été surpris (et le lecteur aussi) ?
- Que la politique est la gestion au profit de l'intérêt général des luttes que mènent entre eux les intérêts particuliers ?

 

5.
« Le patron du bateau était le maître de son temps : mais le patron de l'hôtel était le maître de ses pensées également : il ne pouvait plus en avoir que pour ce travail qui éreintait le corps, qui exaspérait les nerfs. »
(Jack London, « Martin Eden », chapitre XVII)
Que peut-on déduire de cette phrase ?
- Qu’aux Etats-Unis, au début du vingtième siècle, les conditions de travail étaient particulièrement difficiles ?
- Que Martin Eden est tellement fatigué par son travail de blanchisseur qu'il ne peut plus réfléchir et penser à la littérature et non plus à Ruth ?
- Qu'une société, quelle qu'elle soit, s'enrichit toujours par l’exploitation d'une partie de sa population ?
- Qu'avec le déclin des démocraties qui s'annonce un peu partout, en France comme ailleurs, bien des acquis sociaux risquent d'être bientôt remis en cause ?
- Que Martin Eden n'est pas un fainéant ?
- Que le travail est parfois plus une aliénation qu'une émancipation ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2024.

30 juin 2024

LE SENS DE LA MORUE

LE SENS DE LA MORUE

 

1.
« A sa grande joie, il découvrit que son oreille s'éduquait et qu'il acquérait le sens de la grammaire. »
(Jack London, « Martin Eden »)

 

A sa grande plume, il découvrit que son oreille s'abstenait et qu'il acquérait le sens de la morue.
Prenant sa grande plume (c'est donc un auteur à plume), il découvrit que son oreille s'abstenait (sans doute est-il sourd ; s'agit-il de Beethoven?) et qu'il sifflotait l'air de la morue (en tout cas, ce n'est pas Schubert, parce que « La Morue » de Schubert, ça, on ne connaît pas).
Note : Si son oreille sifflote l'air de la morue et qu'il est sourd, s'entend-il ou s'entend-il pas ?

 

2.
« Avec une imagination pleine de fantaisie, quelquefois même de fantastique, son amour fondamental de la vérité le poussait à décrire les choses qu'il avait vues. »
(Jack London, « Martin Eden »)

 

Avec une confiture pleine de tentacules (la confiture de calamars, c'est quand même rare), quelquefois même de perpendiculaires (la géométrie est-elle dans la confiture ?), son scepticisme radical, jusqu'à la caricature (la caricature du scepticisme radical va-t-elle jusqu'à douter de sa propre existence?), son scepticisme radical donc le poussait à dénoncer les spectres qu'il avait croisés.
Note 1 : Il me semble très difficile de dénoncer des spectres avec de la confiture. Je ne sais même pas si on peut attirer des spectres avec de la confiture, surtout de la confiture de calamars.
Note 2 : Douter de sa propre existence relève sans doute du trouble. Par contre, douter de la nature de sa propre existence me paraît être une question sensée.
Note 3 : Quant à croiser des spectres, c'est certainement plus courant qu'on le pense.

 

3.
« Souvent, endormis au soleil, les chiens gémissent, aboient, mais ils sont incapables de dire ce qui les fait gémir ou aboyer. »
(Jack London, « Martin Eden »)

 

Souvent, déplumées au soleil, les comédiennes peignent, aboient, mais restent expertes dans l'art de dire ce qui fait peindre, teindre, feindre, geindre.

Souvent, parce qu'elles avaient joué dans quelque fantaisie à plumes, tête nue au soleil, les comédiennes peignent (je ne vois pas pourquoi des comédiennes ne peindraient pas, quand bien même elles ne peignent pas).
Ceci dit, quand j'écris « souvent », disons que ça arrive...
Les comédiennes donc peignent et aboient (sans doute répètent-elles un rôle de chien, car toutes n'ont pas l'occasion de jouer Iphigénie, Ophélie et autres beautés de la tragédie), mais même aboyantes, elles restent expertes (ce sont des professionnelles) dans l'art de dire ce qui fait peindre, plaindre, feindre, geindre, convaincre, vaincre.

 

4.
On ne peut pas dire que la beauté est un don mayonnaise, parce qu'on dit thon mayonnaise et pas « don mayonnaise ». Alors.

 

5.
Telle était la question qui me revenait sans cesse à la morue. Car j'ai la morue réflexive.

 

6.
Il vaut sans doute mieux être habité par des paradoxes que par des équarrisseurs ; c'est moins salissant.

 

7.
« Les yeux de Martin glissèrent de ses yeux bleus à ses lèvres et la vue de leur pourpre saignante l'affola. »
(Jack London, « Martin Eden »)

 

Les bras de Martin glissèrent de ses horloges polychromes à ses minutes fiévreuses et la vue de leur deep purple l'affola.
Si les bras de Martin glissèrent, c'est que Martin a les bras glissants, que voulez-vous que je vous dise. Il y en a bien qui ont les pieds plats et d'autres la comprenette encombrée. 
Et si les bras de Martin glissèrent de ses horloges polychromes, c'est que sans doute Martin aurait voulu s'emparer du temps, du temps plein de choses bigarrées, de jeunes filles en fleurs et de coqs au vin, mais les mains glissent sur le temps, lequel finit par les mordre, par ne plus les lâcher, par les emporter avec lui dans l'autre côté du temps.
Ceci dit, Martin n'a pas tout perdu. Il lui reste les minutes fiévreuses et Deep Purple, s'il aime le hard rock.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2024.

30 juin 2024

MACRON PREND-IL LA FRANCE POUR UNE TRAGEDIE CLASSIQUE ?

MACRON PREND-IL LA FRANCE POUR UNE TRAGEDIE CLASSIQUE ?

 

1.
30 juin 2024. Je lis que selon Jean-Yves Dormagen, professeur de science politique, « Les électorats sont très consolidés ». Cela signifie-t-il que :
- Les Français sont sûrs de leur choix ?
- Que les carottes sont cuites et que Bardella sera certainement le futur chef du gouvernement à la France ?
- Que le président Macron, en procédant à la dissolution de l'Assemblée, a jeté la France dans on ne sait quoi de certainement pas joyeux ?
- Que le président Macron aime tellement le théâtre qu'il prend la France pour une tragédie ?
- Que comme le dit la sagesse des exemples de grammaire : « Wo ist die nächste Tankstelle ? » et aussi « ist hier eine Werkstatt ? »

 

2.
La victoire annoncée du RN aux législatives précipitées de 2024 et le possible, sinon probable, retour de Trump à la Maison Blanche dès novembre 2024 traduisent-ils :
- Le déclin des démocraties libérales et la trahison des élites ?
- Une victoire éclatante de la « guerre hybride » de Guerassimov et le triomphe de Poutine ?
- Faute de soutiens suffisants, la défaite possible de l'Ukraine ?
- Le basculement du monde dans une ère de troubles et de conflits menant inéluctablement à la troisième guerre mondiale ?
- La victoire absolue des ultra-riches, des oligarques et des mafias sur les pauvres et les gens ordinaires ?

 

3.
L'autre jour, une collègue m'a parlé du général de Gaulle comme étant quelqu'un de « très humain », très « proche des gens », je me suis retenu de lui éclater de rire au nez. Pourquoi, hein, dites ? :
- Parce que je ne suis qu'un gougnafier ?
- Parce que réduire l'homme de la France Libre et le fondateur de la Vème République à un tonton bienveillant est à la fois mensonger, stupide et naïf ?
- Parce que je ne doute nullement de l'humanité du général de Gaulle, mais qu'à mon avis, la raison d'Etat et les intérêts de la France l'emportaient chez lui sur toute autre considération ?
- Parce que le général de Gaulle était certainement infiniment plus complexe et contrasté que l'image d'Epinal que nous tente de nous vendre le roman national ?
- Parce que je ne suis qu'un veau ? 

 

4.
Si l'on considère qu'un Etat, c'est d'abord de la richesse et de la production de richesses garantie par une défense armée contre les malveillants, que peut-on en déduire ? 
- Que tout le reste est littérature, bien-pensance et hypocrisie ?
- Qu'à cet égard, le président Macron, si exaspérant soit-il, a préservé l'essentiel : la création de richesses.
- Qu'à cet égard, Bardella fera de même, parce que l'intérêt de l’extrême -droite, c'est la constitution d'un ordre social stable basé sur une hiérarchie solide, elle-même garantie par l'enrichissement des familles dominantes et donc la création de richesses ?
- Que la gauche, le NFP (« Nouveau Front Populaire »), n'offre pas de garanties suffisantes quant à ses capacités de promotion de la production et la création de richesses ?

 

5.
France. La victoire du RN aux législatives 2024, annoncée par bien des commentateurs,  pourrait-elle être due à ?
- Au nombre très important de faits divers sanglants relayés, depuis plusieurs années, par les médias ?
- A la peur du « Grand Remplacement » ?
- A une volonté de changement, parce que les peuples sont changeants, surtout quand ils ne sont pas contents ?
- A l'ingratitude ?
- A la « guerre hybride » de Guerassimov ?
- Au processus normal des espèces en surnombre, et donc à la sélection naturelle ?
- Au fait que la France est un pays de droite, qui vote parfois à gauche mais de plus en plus rarement ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2024.

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