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BREFS ET AUTRES

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19 août 2024

EN ATTENDANT LUCIE PEUT-ETRE LUCIE PEUT-ETRE PAS LUCIE

EN ATTENDANT LUCIE PEUT-ETRE LUCIE PEUT-ETRE PAS LUCIE
 

 

1.
18 août 2024. Après l’échec retentissant de la réforme Blanquer, les errements en matière pénale, encore un brillant succès de la Macronie. On annonce une baisse du nombre d’internes en médecine (moins 1500 ai-je lu). La France manquait déjà de médecins ; elle en aura encore moins. Il est vrai que depuis 2022, il n’y a pas eu moins de six successeurs à l’étrange Olivier Véran : (Brigitte Bourguignon, François Braun, Aurélien Rousseau, Agnés Firmin-Le Bodo et le duo Vautrin-Valletoux) : on voudrait diluer les responsabilités que l’on ne s’y prendrait pas autrement. 

 

 

2.
18 août 2024. A quelques jours des consultations sur le choix du premier ministre, la LFI annonce qu’elle avertit le président Macron d’une « procédure de destitution » (!!!). Il est clair que Mélenchon veut faire échouer ces négociations. Difficile d’imaginer que, suite à cette menace, l’Elysée va accepter le moindre représentant de la LFI dans un éventuel et très hypothétique gouvernement NFP. Mélenchon le sait très bien. Chercherait-il à radicaliser les positions, préparant peut-être une rentrée « agitée » (grèves, manifestations massives, etc…) ? Bien que je n’apprécie guère le président Macron, il est clair qu’on ne saurait le confondre avec un vulgaire Maduro.

 

 

3.
Se réjouir de la mort de deux militaires français lors d’un exercice : ce post ignoble de Gwenola Ricordeau publié le 15 août 2024 est significatif de la bêtise crasse dans laquelle est tombée une partie de la sociologie et de la communauté universitaire française. Je cite l'universitaire en question : « Ça sème la mort et le désespoir aux quatre coins du globe et puis après… bref… cheh ». Honte.

 

 

4.
18 août 2024. Les forces ukrainiennes continuent d'accumuler des succès dans la région de Koursk. Il se dit en Occident que pour l'instant, la réaction des forces russes semble limitée. Que se passe-t-il ?
- Le commandement russe regroupe-t-il des forces et est-il en train de planifier une contre-offensive ?
- Poutine croit-il que les Ukrainiens vont finir par s'enfoncer trop loin dans le territoire russe ?
- Quelque chose est-il grippé au Kremlin et il y aurait-il des purges et des remaniements en cours ?
Reste la menace nucléaire tactique. On sait que les Etats-Unis ont fait savoir que l'emploi par Poutine du nucléaire tactique sur le sol ukrainien entraînerait une riposte occidentale massive. Je ne m'imagine pas Poutine assez dingo pour tenter de s'affranchir de cette ligne rouge en employant le nucléaire tactique contre les forces ukrainiennes positionnées sur le territoire russe. Mais cela ne m'étonnerait pas que cette option mortifère soit étudiée au Kremlin. 

 

 

5.
18 août 2024. Olivier Faure rappelle par un post que la menace d'un « processus de destitution » n'engage que les dirigeants de la LFI. La question qui se pose dès lors est : Olivier Faure considère-t-il que cette initiative de Mélenchon, puisqu'elle n'a aucune chance d'aboutir, est ou n'est pas une manière de torpiller les consultations qui débutent le 23 août et les chances de voir se constituer un gouvernement issu du NFP ?

 

 

6.
18 août 2024. Mélenchon et Poutine ont au moins un point commun : tout se déroulant selon le plan prévu, ils s'enlisent dans la défaite.

 

 

7.
18 août 2024. On dit que, pour l'instant, le commandement russe n'a pas ordonné de mouvements de troupes du Donbass vers la région de Koursk, maintenant ainsi ses objectifs de progression vers Prokovsk. Certes, mais à un moment ou à un autre, il lui faudra tenter de repousser les forces ukrainiennes qui accumulent les succès dans la région de Koursk. Est-il possible que le commandement russe soit obligé de puiser dans ses réserves et prive ainsi de renforts et de relèves ses troupes qui progressent, - au prix, dit-on, de lourdes pertes – dans le Donbass ?

 

 

8.
19 août 2024. La rumeur court sur les réseaux sociaux que Trump aurait été un « agent du KGB » (recruté fin des années 80, dit-on). Je n'y crois pas trop. Je pense que cela se saurait depuis le temps. 
Un kompromat ? Plausible. Disons qu'il a le profil. Mais ce kompromat, s’il existe, est-il encore opérant ? Pas sûr. Trump a tellement fait pire depuis, que ce ne sont pas des galipettes avec quelques demoiselles du KGB qui vont choquer l'Amérique trumpiste... A moins qu'elles aient été mineures (et je n'en suis même pas sûr, Trump crierait au complot, et voilà tout).
Par contre, je constate que beaucoup des soutiens de Trump en Europe sont soit en faveur d'une baisse du soutien occidental à l'Ukraine, soit pro-Poutine. Hasard ? 

 

 

9.
19 août 2024. A quelques jours des négociations élyséennes sur le choix du premier ministre à la France, je me demande quelles sont les chances réelles de Lucie Castets. Après tout, que risque le président Macron à accepter la dame Castets comme chef d'un gouvernement composé de socialistes, de communistes, d'écologistes et, bien sûr, de mélenchonistes ?

Certes, le CAC40 accuserait le coup et ferait quelques temps grise mine ; certains investisseurs étrangers reculeraient et certains projets seraient remis à plus tard ; certains capitaux et quelques personnalités s'envoleraient pour l'étranger, mais ils auraient bien tort car, si dans un premier temps, l'augmentation du SMIC, la mise en place d'un nouvel ISF et surtout la retraite à 60 ans seraient approuvées par la population, très vite une application stricte du programme de la LFI/NFP poserait des problèmes.

Poussée par une partie de son électorat, on imagine assez la remise en cause des principes de la laïcité dans l'éducation nationale (autorisation du voile par exemple), mais surtout, la nécessité pour un gouvernement NFP de trouver de l'argent s'il veut, comme il l'affirme, nommer un nombre suffisant (comprenez considérable) de fonctionnaires pour assurer une meilleure efficacité des services publics (Éducation, Santé, Justice, etc...) l'obligera à augmenter les impôts, voire à rétablir certaines taxes (habitation, professionnelle,..) voire à procéder à des nationalisations (FDJ, sociétés concessionnaires d'autoroutes,...), voire, abracadabra, à transformer des salariés du privé en agents publics (en créant de grands organismes étatiques d'éducation et de santé par exemple, dans lequel on ferait rentrer, en leur forçant plus ou moins la main, écoles, collèges et lycées privés, cliniques, pharmacies, etc..., qui seraient de moins en moins libres de leurs choix et de plus en plus soumis à une gestion purement administrative).

Mais ça n'ira jamais jusque là ; aux premiers signes de telles dérives, une simple motion de censure renverrait le NFP sur les bancs de l'opposition. Nous ne sommes plus en 1981, et il y a beaucoup moins de Français qu'alors pour croire au Père Noël. 
 

 

10 .
19 août 2024. Le rouble accuse toujours le coup du coup de Koursk. 1 euro = 99 roubles. Les indices boursiers russes, c'est tout rouge, comme un cul fessé.

 

 

11.
19 août 2024. La procédure de destitution du président Macron par la LFI, c'est comme la menace de l'emploi du nucléaire par Poutine ; personne n'y croit et ça n'impressionne même pas.

 

 

12 .
19 août 2024. Fichez leur la paix aux institutions de la Vème république. Jusqu'ici, elles ont réussi à éviter qu'un parti extrémiste arrive au pouvoir. Le retour à la IVème république, ce serait, étant donné l'état périlleux  des relations internationales, tôt ou tard, ramener la France dans l'impasse de 1958, d'où le général de Gaulle a sorti le pays.

 

 

13 .
Les négociations sur le choix du premier ministre de la cohabitation avec le président Macron commencent d'ici quelques jours. Ce serait curieux que Lucie Castets soit en fin de compte proposée à condition qu'il n'y ait aucun ministre issu de la LFI dans son gouvernement. Ou, à tout le moins, à aucun ministère stratégique (intérieur, défense, finances, affaires étrangères,...)
Reste l'hypothèse que le NFP tente le coup du Front Populaire et compte sur les syndicats et les étudiants pour lancer dès la rentrée une série de grèves et de manifestations massives en vue d'imposer au président Macron une politique dont il ne veut pas.
Ce serait, bien sûr, jouer avec le feu ou risquer un échec cuisant, la France étant très loin d'être passée à gauche et encore moins à l’extrême-gauche. 

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 août 2024

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17 août 2024

L’HOMME CETTE ESPECE D’INDIVIDUS

L’HOMME CETTE ESPECE D’INDIVIDUS

 

« L’homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. »
(Victor Hugo, « Quatrevingt-treize)

 

L’homme, cette espèce d’individus,
Peut, car l’homme en peut des choses, savez, peut donc car
Comme on dit « quand on veut, on peut » et qui vole des œufs, vole des bœufs, et si ce n’est lui, c’est donc son frère, celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas, et
Le Ciel, en voilà de la puissance, du foudroyant, le
Ciel que si jamais il vous tombe sur la tête, c’est des trucs à
Avoir la tête écrasée, écrabouillée, que vous voilà mort tout à fait.

 

Une fois que j’ai dit ça, j’ai envie d’écrire que le groupe électro-pop français (cocoriswing) « L’Impératrice », eh bien, sa musique aux accents jazz-rock déguisé en néo-disco me plait bien. Après, pour en revenir à, Hugo évoque la

 

Sérénité noire qu’il y en a qu’ils ont, les assassins à sang froid, les manipulateurs, les cyniques, les marchands d’armes (ces derniers, notons-le, nous ne pouvons nous en passer, surtout la France, c’est quand même, l’industrie de l’armement, une sacrée part de ses revenus à la France) ; sérénité
Noire des individus qui ont révoqué leur âme.

 

Il dit aussi, Hugo, - il dit tant de choses, Victor Hugo – qu’il
Suffit que quelque chose (un évènement déclencheur),
Que quelque chose (un trauma originel ? un drame d’enfance ? un choc psychique ? un abus ?), que
Quelque chose ah tiens que j’y pense que nul doute dans mon esprit que parmi les pro-Poutine français, certains le sont uniquement pour des raisons pécuniaires : parce qu’ils ont des intérêts en Russie (appartements, parts dans des entreprises, portefeuille d’actions etc…). Doivent tirer la tronche. Quelque
Chose… C’est la loi des nombres qu’ça se produise, qu’ça arrive, qu’ça se
Fasse, - on appelle cela l’évènement, et savoir si l’évènement adviendra revient à demander quand.
En fin de compte,
Lui là, auquel on croit ou pas, lui, l’être suprême ou chaipaquoi, contre
La nuit des hommes, que peut-il faire, contre la
Nuit, hein ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 août 2024.

17 août 2024

DES CHOSES QUI SE PASSENT LA-HAUT

DES CHOSES QUI SE PASSENT LA-HAUT

 

« Le mendiant ajouta :
 - Et puis il y a des choses qui se passent encore plus haut, le soleil qui se lève, la lune qui augmente ou diminue, c’est de celles-là que je m’occupe. »
(Victor Hugo, « Quatrevingt-treize »)

 

Le personnage, parce que dans les fictions, il y a, pour actionner l’intrigue, amorcer la machine infernale, des personnages, le personnage, ici, c’est un
Mendiant, qui vient du latin classique « mendicare » (demander l’aumône), donc, le mendiant
Ajouta – dans le « Quatrevingt-treize » de Victor Hugo, le mendiant s’appelle Tellmarch, même qu’on l’appelle « le Caimand », ce qui, précise-t-il, le mendiant, signifie « mendiant ».
Et comme il dialoguait, le mendiant, moi, au vingt-et-unième siècle, je regarde sur Arte un concert de Elizabete Balcus, qui fait de l’électrop-pop dans un genre assez planant, subtil et décalé, avec une flûte aussi et 
Puis elle chante.
Il y en a des artistes, ah ça, il y en a, des talents, et il
Y a un morceau d’Elizabete Balcus qui a pour titre : « Asparagus or Brussels sprouts ? (« Asperges ou choux de Bruxelles ? ») dans lequel elle chante : « My body is my house, but I’m not always at home ». Il y
A de ces choses, dis, qu’on dit, et défois, c’est curieux, bizarre, étrange, coq à l’âne, et il y a 
Des choses pour faire le réel, multitude d’objets dont nous usons notre vie durant, des
Choses, des choses, des choses (cafetières, fourchettes, serviettes, peignes, éponges, savons, pantalons et chemises, casseroles, fer à repasser, fer à friser, fer à cheval, faire-part,…), des choses, des choses, des choses
Qui tissent le réel, remplissent le réel, marchandent le réel, et défois elles
Se dissimulent, les choses, elles se masquent, elles disparaissent qu’on sait pas où est passée la septième compagnie, la deuxième chaussette, la soupière, la saucière, la sorbetière, la théière. Du reste, les choses se
Passent très bien de nous, se moquent de nous, ne s’intéressent pas à nous
(Encore que l’on prétende que certaines choses, comme des miroirs ou des poupées, soient hantées, maudites, possédées).
Plus le temps passe, plus le hareng saur me fascine. Il est très
Haut sur le mur blanc, maintenant, le hareng saur, et la ficelle à laquelle il pend est de plus en plus longue et usée par endroits, qu’on dirait bien qu’elle va hein
Le soleil peut-on dire qu’il vibre, le
Soleil comme une grande cymbale 
Qui vibrerait doucement sous la frappe d’un percussionniste invisible ?
Se lève, le soleil, parce qu’il faut bien faire la lumière sur tous ces mystères, se
Lève et relève
La lune, qui la nuit, fume parfois des cigarillos, la
Lune qui passe dans les nerfs des lunatiques et des amateurs de tango, la lune
Qui n’en dit pas plus et
Augmente jusqu’à se faire pleine comme un œuf (je me souviens d’une histoire où la coquille de la lune pleine craquait et en jaillissait un flot d’araignées qui envahirent la Terre, car le cosmos est une toile d’araignée, c’est évident !
Ou alors, c’est que vous n’avez pas les bons yeux pour le voir et les mots pour le dire.) Elle
Diminue aussi, la lune, comme si elle avait des choses à cacher, la lune.
C’est tout de même étrange tout ce réel qu’on dit qu’il a du sens parce qu’on dit qu’il a du sens.
De tout cela, voyez, comme je l’ai souvent remarqué, Zut se fait frire un œuf.
Celles-là, les Zut, les Zazie dans le métro, les Ada dans la jungle, les joyeuses moqueuses,
Que voulez-vous que je vous dise, elles m’amusent. Ah
Je sais bien ce que vous avez en tête, que tout ceci est très vain, amusettes et queues de cerises, fantaisies, sottises, inepties ; certes, mais je
M’occupe à en user ainsi, et je me fais des tartines avec du beurre et de la confiture.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 août 2024.

 

16 août 2024

GOELANDS 1 ET 2

GOELANDS 1 ET 2

 

« Les goélands et les mouettes à capuchon rentraient ; la mer c'est dehors. »
(Victor Hugo, « Quatrevingt-treize »)

 

1.
Les goélands, ces grosses mouettes, les
Goélands rentraient la pipe au bec et la casquette sur la tête (en ce temps-là,  beaucoup de goélands portaient encore la casquette et certains étaient syndiqués)
Et ils étaient fatigués, les goélands et ils le disaient en goéland qu'ils étaient fatigués, qu'ça criait kaoow-kaoow-kaoow.
Les mouettes aussi rentraient, y avait les
Mouettes rieuses, songeuses, railleuses, les mouettes tridactyles, les mouettes chieuses, arracheuses, querelleuses, celles à fenêtre et celles
A capuchon, et elles gueulaient aussi pour faire comme tout le monde qu'elles en avaient ras le
Capuchon, des cadences infernales de la société capitaliste et autres soucis, bref, goélands et mouettes
Rentraient parce que le soleil se noyait dans son sang qui se fige comme l'a écrit l'autre albatros, et que 
La mer, la mer, toujours qu'c'est d'la flotte, la
Mer, la nuit, on la voit pas, la mer et
C'est qu'on pourrait tomber dedans ; alors
Dehors on reste pas, on rentre chez soi contempler les zozos de la télé, avant de s'endormir en rêvant d'la république des becs forts et autres envolées lyriques. 

 

2.
Les goélands c'est rare quand ça joue du jazz, les
Goélands ; mais quand même qu'on les entend défois
Et ils font un de ces tohu-bohus démarrés quand ils sortent saxophones, trompettes, cuivres du couchant, batterie à swinguer des anges, piano des flots et contrebasse des sables parce que la contrebasse des coin-coins c'est moins joli...
Et les mouettes itou qu'elles entonnent le blues,
Les mouettes – la guitariste, la violoniste, la cantatrice, l'accordéoniste, l'humoriste -, les 
Mouettes, surtout les rieuses, avec leurs jeux de mots perchés et leurs allusions à dessaler les morues, les mouettes
A la criarde facile, les mouettes à
Capuchon que c'est comme ça qu'on les reconnaît on dit tiens des mouettes à capuchon parce que des gaziers à capuchon, c'est pas pareil, c'est des complotistes qui complotent dans les cases des bandes dessinées même comme ça on les reconnaît pas. Et comme ils 
Rentraient, je vis que le capitaine était décapité et que les douze moines avaient la tête tranchée et je me demandais combien ça fait-y de morts-vivants ?
La mer applaudit parce que la 
Mer est mélomane ; toutes les Sirènes vous le confirmeront.
C'est beau le jazz quand même que je me dis en sifflant ma tête qu'était
Dehors et qui accourut en agitant les oreilles parce qu'elle était contente.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 août 2024.

16 août 2024

QUI ES TU FIT LA PIEUVRE

QUI ES TU FIT LA PIEUVRE

 

« Il ne parlait à personne, si ce n'est, par instants, bas et brièvement, au capitaine, qui l'écoutait avec déférence et semblait considérer ce passager comme plus commandant que lui-même. »
(Victor Hugo, « Quatrevingt-treize »)

 

Il ne parlait à personne, et ça, ça signifie qu'il était discret ; car
Ne parlant à personne, il ne risquait pas d'en dire trop. Ni sur les OVNIS, ni sur les coïncidences troublantes, ni sur le futur premier ministre à la France, et on ne saurait pas qui était l'assassin avant d'avoir vu le film (et ça, c'est bien). Il ne
Parlait à personne, et même si un calamar avait jailli des flots grondants (les flots, quand ils ne regardent pas des matchs de foot à la télé, défois ils sont grondants comme une marée de supporters mécontents) ;
A cette bête tentaculaire qui aurait pu l'interroger (« Qui es-tu ? » fit la pieuvre d'une voix de fonds marins), pas plus qu'à
Personne, il aurait décliné son identité, ah non ! Car
Si jamais, par peur ou par faiblesse, il se faisait connaître,
Ce secret révélé aurait eu des conséquences incalculables et nul doute que la Grande Cornemuse lui aurait soufflé dans les écoutilles à le pétrifier de sons. Ce
N'est que par le silence que ce projet dont je ne dirai pas plus que j'en sais (c'est-à-dire pas grand chose) était possible. Fallait donc la fermer.
Par hasard, il rencontra un témoin de ses circonvolutions passées d'il y a longtemps, lequel, surpris de le voir là, n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche et de prononcer le nom à ne pas dire, qu'un accident malencontreux le fit disparaître dans les flots, lesquels sont grondants, comme nous l'avons dit tantôt. Par 
Instants, notre personnage semblait pris d'une étrange mélancolie et survolait le bateau, en poussant des cris d'oie sauvage dans un poème d'Aragon. Le ciel était 
Bas, si bas, qu'on aurait pu y gratter des anges,
Et lourd, le ciel, lourd comme une menace d'orage.
Brièvement, il se récita le monologue d'Hamlet, (« To die, to sleep ; to sleep, perchance to dream – ay, there's is the rub ») puis
Au capitaine, il lâcha quelques phrases sibyllines où il était question de tango, de jeu de go, de cargo, de ragot, de ragoût, de gigot, de dégoût, de rococo. Le 
Capitaine lui tira la langue et il ne fut plus question de rien.
Qui saura jamais quel était cet étrange passager ? Qui
L'écoutait n'est plus là pour témoigner (les flots grondants, voyez). C'est
Avec déférence pour ces secrets engloutis, avec
Déférence pour ces témoins du passé, que j'entame mon sandwich au pâté
Et que je lève mon verre à la prose de Victor Hugo et à la conscience professionnelle des bouchers-charcutiers. Il me
Semblait jadis que Victor Hugo était le plus grand poète français et que le pâté de campagne devait être loué, honoré, et qu’il fallait en
Considérer et respecter la traditionnelle puissance.
Ce parti pris, je l'ai toujours : Hugo est le meilleur, the best, le plus grand, le plus haut, le plus Hugo, et le pâté de foie aux pruneaux un trésor de l'humanité, surtout si elle est française. Oui, je sais, tout est
Passager, et passager lui-même ce passager, et passagers aussi tous les passagers de tous les passages où il est question de passagers. Et
Comme on dit que tout passe, tout lasse, casse et s'efface, - et j'en profite pour me demander : Si le temps n’existe pas, comment se fait-il que nous nous en sentions prisonniers ? Car, voyez,
Plus le temps passe, plus le
Commandant vieillit, se rétrécit, se rapetisse, puis s'effrite et glisse dans les abysses.
Que reste-t-il ? Le silence... Le silence, tel qu'en
Lui-même, Babette s'en saisit, le cassa et se fit frire un œuf. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 août 2024.

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16 août 2024

QU'EST CE QUE CETTE CORNEMUSE ?

QU'EST CE QUE CETTE CORNEMUSE ?

 

« Elle ne vit pas Rosie immédiatement et fixa la courte flamme bleue du poêle, le café dont la surface commençait à frémir comme un breuvage de sorcière. »
(Selby, « Last exit to Brooklyn ») 

 

Elle – nous supposerons que ce n'est pas une cornemuse – elle
Ne vit pas – parce qu'une cornemuse n'ayant pas d’yeux, elle n'aurait pas pu  ne pas voir étant donné qu'elle ne
Vit pas – et pourtant elle a des yeux – et comme elle ne vit
Pas Rosie immédiatement, elle ne se dit pas que c'était Rosie, d'autant moins qu'une cornemuse ne parle pas ; une cornemuse, ça ouine, ça grince, ça couine longuement, ça effraie, ça effraie
Rosie (c'est pour ça qu'elle ne la vit pas, et encore moins
Immédiatement parce que Rosie était partie cueillir la Rose du Monde comme on dit dans la littérature qui ne veut rien dire).
Et vous me direz, qu'est-ce que ça fait ? Ça fait qu'elle
Fixa la girafe la flèche la foudre et la fronde et la fronde et la fronde (le mot fronde me fascine), et 
La flamme, la
Courte flamme bleue, qu'on dirait un feu follet, cette courte
Flamme bleue, ou une mèche enflammée qui court toute seule dans la nuit avant de 
Bleue la nuit bleue blancs les loups blancs et fromage de Brie.
Du coup il y eut un grand BOUM, un big BANG, un ploum ploum tralala mais en plus velu, et ça explosa. Le
Poêle il explosa sa tête elle explosa la cornemuse elle explosa et tout itou explosa. 
Le café, ah ça il était bouillu fichu foutu tout explosu, le 
Café, le café magnifique, magnifique et fort, le café, le café
Dont je vous cause parce que j'aime bien ça le café. D'ailleurs,
La tasse de café c'est pas non plus de la cornemuse (because que la cornemuse ne se moud pas). Quant à la
Surface du café, nous n'en dirons rien, par pudeur, sauf qu'elle
Commençait à frémir frétiller sautiller comme une cornemusette avant un concert de cornemusettes (vous savez elles ont des jupes courtes et des jolies jambes et elles habilent du bâton), commençait
A frémir - et pourtant on leur à bien spécifié, aux cornemusettes, de ne pas regarder Suspiria de Dario Argento, que je vous cite parce que c'est un de mes films préférés, un film à faire 
Frémir, car on sait qu'il y a des films à faire frémir,
Comme il y a des films à faire rire, et d'autres à faire pleurer, et d'autres tellement nanars que l'on se dit qu'est-ce que c'est que cette cornemuse ?
Un deux trois, je ne vais pas au bois parce que de bois ici y en a pas ; y a du
Breuvage par contre ; y a du café à courte flamme bleue et 
De la bière à mèche blonde. Quant à Rosie, non, je ne pense pas qu'elle soit une
Sorcière, parce que « Last exit to Brooklyn », c'est pas un roman de sorcellerie, c'est plutôt du genre punk trash, gonzo, du réel qui cogne dedans, du pas gentil quoi.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 août 2024. 

12 août 2024

LE COUP DE KOURSK FERAIT-IL VACILLER MOSCOU ?

LE COUP DE KOURSK FERAIT-IL VACILLER MOSCOU ?

 

1.
10 août 2024. Une offensive ukrainienne sur le territoire russe sans appui aérien (faute d'avions, et puis pénétrer dans l'espace aérien russe ne serait-il pas considéré comme une ligne rouge par l'Occident) ? Ce serait refaire la même erreur que lors de l'offensive de 2023. 
Compter sur un soulèvement de la population locale ? Peu probable. 
Opération suicide ? Étant donné que, face aux réserves russes, l'Ukraine est en infériorité numérique, ce serait effectivement suicidaire et préparerait une victoire de Poutine.
Une tentative d'ouvrir un front sur le territoire russe en consolidant quelques acquis ? On sait que Poutine ne craint pas le « quoi qu'il en coûte » ; un rouleau compresseur russe (bombardements massifs et vagues d'assaut successives) pourrait réduire à néant toute tentative de tête de pont.
Occuper la centrale nucléaire de Koursk/Kourtchatov ? Aléatoire et je ne suis pas certain que Poutine réagisse comme on pourrait s'y attendre (très dangereux et risqué donc pour tout le monde). 
Infiltrer des commandos ? Pas besoin d'une offensive pour cela (c'est même contre-productif), d'autant que les forces spéciales ukrainiennes sont réputées efficaces et tout à fait capables d'effectuer des opérations en territoire ennemi.
Franchement, s'il s'agit d'une offensive planifiée (et non un raid), j'ai du mal à comprendre l'objectif de cette attaque des forces ukrainiennes, si audacieuse et courageuse soit-elle.
A moins, bien sûr, que les forces ukrainiennes disposent d'informations qui lui permettent d'espérer sérieusement que le front russe puisse craquer. Mais ça, ce n'est jamais que conjecture.

 

2.
11 août 2024. Offensive ukrainienne dans la région de Koursk. Visiblement, les forces ukrainiennes ont des réserves. Considérant que le président Zelinsky n'en est pas à jeter ses « dernières forces dans la bataille », peut-on en conclure que l'Ukraine est loin, très loin, d'être vaincue ?

 

3.
12 août 2024. Bataille de Koursk. Guerassimov qui n'a pas vu les Ukrainiens franchir en masse la frontière (!) et qui aurait raconté de grosses salades au Kremlin, aurait été remplacé par Bortnikov, patron du FSB (!!) à qui Poutine aurait confié la mission de bouter les Ukrainiens hors de Russie (!!!).
Comment les troupes de l'armée régulière russe pourraient-elles réagir face à une pression accrue des services secrets, des barbouzes et autres commissaires politiques...  

 

4.
12 août 2024. Si les premiers jours de l'offensive ukrainienne ont été un succès pour les FAU (effet de surprise, faible résistance de troupes russes mal préparées,...), c'est maintenant que la bataille pourrait s'intensifier, avec la réaction russe et l'envoi de troupes aguerries et bien armées. Nous saurons assez vite quelle est la nature exacte de l’opération ukrainienne : raid important visant à déstabiliser le front russe ou offensive assez ample et disposant de réserves en hommes et en matériel suffisantes pour ouvrir un front sur le sol même de la Russie ? A suivre.

 

5.
En fin de compte, la flotte russe aura réussi à perdre une guerre contre un pays sans marine de guerre.
Poutine n'a pas tout à fait la maîtrise de l'air et les forces russes n'ont pris ni Kyiv, ni Odessa, ni Kharkiv, ont bien du mal à sécuriser le Donbass et maintenant les Ukrainiens ont ouvert un nouveau front sur le sol même de la Russie.
Tant d'hommes, de matériel et d'argent perdus pour arriver à ce résultat. Poutine va perdre sa sale guerre et l'Ukraine restera libre et indépendante.

 

6.
12 août 2024. 10 heures. Les difficultés des forces russes à faire face à l'offensive ukrainienne dans la région de Koursk ont des conséquences économiques immédiates : 1 euro = 97 roubles et 1 dollar = 90 roubles. Rouble en baisse et indices boursiers russes aussi. 
Moins d'une heure plus tard, 1 euro = 98 roubles ; le dollar a franchi la barre des 90 roubles et la baisse des indices boursiers russes s'accentue. Le coup de Koursk fait paniquer Moscou.

 

7.
Réseau social et réseau d’expression sont différents. La différence entre Twitter et X, c'est que Twitter était un réseau social (qui tentait donc, tant bien que mal, de limiter l’expression au politiquement correct) et que X est un réseau de libre expression. Moi, tant que je peux bloquer qui je veux, ça me va. Du reste, je n'entame quasi jamais de conversation avec personne. Dans 98 % des cas, ça ne sert à rien. 

 

8.
« Le jour où le pays sera vraiment entre nos mains ». Beaucoup ont relevé cette formule menaçante de Ersilia Soudais. J'y vois surtout la volonté affichée par bon nombre de députés LFI d'aller assez loin pour se faire détester et surtout, surtout, ne pas arriver au pouvoir.

 

9.
Apparemment, ce serait la confusion dans les forces russes de la région de Koursk. Nous, dans l'UE, quidam qu'on est, on sait pas. On cogite. On hypothèse. Guerassimov ? Pas Guerassimov ? Bortnikov ? Pas Bortnikov ? Kadyrov ? Pas Kadyrov ? Brouillard. Se pourrait que les Russes commencent à comprendre que l'Ukraine est vraiment plus coriace qu'ils le pensaient, et que, peut-être conseillés et armés par l'Occident, les Ukrainiens sont en passe de flanquer une gifle magistrale à Poutine.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 août 2024.

11 août 2024

DE L'OMELETTE ET DU MARTEAU

DE L'OMELETTE ET DU MARTEAU

 

1.
« Il n'était pas de taille à lutter contre la bête invisible, venue de nulle part, et qui posément prenait possession de son cerveau, de son être tout entier. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
Certaines bêtes sont invisibles. C'est pour ça qu'on ne les voit pas arriver. Elles peuvent vous foncer dessus et s'emparer de votre esprit. Ah ça, ce n'est pas avec de la confiture de fraises qu'on les éloigne. Même une photo de Poutine ne les fait pas fuir.

 

2.
« Ses yeux n'avaient pas de couleur précise ; c'était un peu comme de l'eau froide. » 
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
Les couleurs, si elles tombent du ciel, c'est inquiétant. Surtout si c'est en vagues successives : du bleu pétrole, du rouge tomate, du glauque marin, pour finir par le vert des fièvres et la corne des brumes.

 

3.
« Le silence. Dans le silence, le bruit des pas, le caillou qui roule sous la semelle. Les cent mille conversations d'insectes, dans les prés, dans les arbres, dans les airs. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
On ne sait pas de quoi sont tissées les conversations d'insectes. Peut-être qu'on croit savoir. Peut-être qu'ils complotent, les insectes, leur éternelle domination sur le réel, le règne des vivants et l'empire des morts. Peut-être qu'ils peaufinent et creusent creusent creusent.

 

4.
« - Rien. Dieu, le fantôme, est mort sans m'attendre. J'ai envie de cracher : ça aussi c'est la vie. C'est en ces envies-là qu'il faut croire. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage » [Luc])
Les fantômes ne meurent pas ; les dieux, si.
Les fantômes peuvent être libérés de la boucle de leur synchronie. C'est l'intervention des vivants qui, semble-t-il, met fin au charme cyclique et vénéneux. C'est alors que les spectres disparaissent et ne reviennent pas. Finies les hantises, les coups dans les murs et les cafetières volantes.
Les dieux, eux, finissent par être oubliés, par être remplacés par d'autres dieux.  Complètement oubliés, ils sont complètement morts.
Seuls quelques chercheurs et quelques archéologues vont les déranger dans leur sommeil éternel. Chercheurs et archéologues n'en ont pas peur. Mais ils doutent souvent.

 

5.
« Il se tut, regarda ses doigts, ou plus loin. Un grand moment, et on aurait presque pu le croire endormi brutalement. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
Je vous assure que l'on peut très bien réaliser une omelette sans se briser les doigts. Il suffit de ne pas utiliser de marteau.

 

6.
« Elle a posé l'énorme plat de pommes de terre en petits quartiers, nappée d’œufs brouillés, sur la table. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
Si vous vous brouillez avec une bande d’œufs, s'ils sont durs, alors vous n'arriverez pas à leur faire entendre raison. Faut en manger deux, avec de la mayonnaise, et mettre les autres dans une salade de pommes de terre, que vous mangerez ce soir. Foskifo.

 

7.
« Une lumière éclata aux carreaux de la ferme. »
(Pierre Pelot, « La Peau de l'orage »)
Il faut faire attention de ne pas éclater trop souvent. On peut finir tout dispersé, qu'on s'en met partout ; voire casser verres, carreaux et miroirs  Et on peut s'couper. Oui.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2024.

9 août 2024

DEFOIS ÇA FASCINE ÇA AIMANTE

DEFOIS ÇA FASCINE ÇA AIMANTE

 

1.
« Il distingua vaguement sa tête, mais ne put voir si elle souriait. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
Il faut avoir la tête sur les épaules. Et bien attachée car sinon, lorsque l'on enlève son chapeau, pour saluer, parce qu'on est poli, on peut effrayer les femmes, les enfants et les quidams.

 

2.
« - Vous, le piccolo, restez tranquille. C'est tout ce qu'on vous demande. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres » [Lambert])
Il faut éviter de prendre les piccolos pour des flûtes, même à champagne, et même si le piccolo se chambre aussi bien que tout ce qui peut se chambrer. De plus, on ne met pas un piccolo sur la tête (fût-elle bien attachée aux épaules). D'abord, parce qu'il peut déjà y avoir un chapeau (ou tout autre couvre-chef) ; ensuite, parce qu'il arrive que le piccolo ne tienne pas assez debout pour qu'on se permette de le mettre sur la tête. Il faut être raisonnable.

 

3.
« Sur la terrasse de chez Luce, le gendarme Lambert, trempé comme une soupe, entendit l'hélicoptère s'éloigner à grande vitesse. Il en aurait pleuré. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
Il est très indélicat de tremper des hélicoptères dans sa soupe. Les hélicoptères ne sont pas de vulgaires croûtons. De plus, si vous avez invité un gendarme à votre table (cela peut arriver), ce spectacle navrant peut le faire pleurer. Nostalgie ou vocation tardive, allez savoir. En tout cas, tremper des hélicoptères dans sa soupe n'est pas une chose à faire. Cracher dedans non plus d'ailleurs. 

 

4.
« Elle agita avec désinvolture son Upmann du matin. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
On peut agiter bien des choses : la main, et d'une manière générale toute partie agitable du corps. On peut aussi agiter des objets que la main porte, ici, un Upmann, qui' est un cigare. On peut aussi agiter des idées, il y a même le mot « brainstorming » pour décrire cette activité de cogitation intense et qui ne doit durer que relativement peu de temps sous peine de s'agiter un peu trop le bocal, ce qui vous fait vite passer pour un zozo, un outrecuidant, un cuistre, un bavard, un baveur, un bah çuilà il a une araignée au plafond.
Notons que les partis politiques grouillent de ces agités du bocal ; il y en a même qui ont fait des études dans des grandes écoles pour.

 

5.
« Intérieurement, le jeune homme s'injuria abominablement. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
S'injurier intérieurement est fort commode. Seuls vos organes vous entendent et, depuis le temps qu'ils vous connaissent, ils s'en fichent pas mal, vos organes. Tout ce que vous risquez, c'est d'être dénoncé par un narrateur de type omniscient, vous savez, ces auteurs de romans qui croient tout savoir. Mais vous vous en fichez : les gens ne lisent plus de toute façon. 

 

6. 
« Il fumait de nouveau, et l'on voyait sourdre entre ses doigts la lueur de la cigarette lorsqu'il tirait dessus. »
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
Si l'on a des doigts, il ne faut pas s'en séparer. Jamais. Un tigre pourrait s'en emparer (pour son quatre heures). Quand il fait froid, et que l'on a des doigts, on peut les protéger, en mettant des gants, ou des moufles. Il est inutile de les recompter chaque jour. En général, ils restent soudés. Mais parfois, l'instrument tranchant du hasard..., eh oui, quand on a des doigts, il faut faire attention.

 

7.
« Il secoua la tête comme s'il essayait de se débarrasser d'une toile d'araignée. » 
(Manchette & Bastid, « Laissez bronzer les cadavres »)
Si l'on a une araignée au plafond, cela ne sert à rien de secouer la tête dans tous les sens, comme on secoue des maracas. Ce n'est pas comme ça que vous vous en débarrasserez. Il faut être patient, et attendre que l'araignée descende du plafond pour se faire écraser par le petit bonhomme zozo qui passera par là. Restera après à vous débarrasser du petit bonhomme zozo. Vous pouvez toujours essayer de l'appâter avec un hareng saur au bout d'une ficelle que vous accrocherez au clou que vous planterez sur un mur blanc. Défois, ça fascine ; ça aimante. Mais moi, personnellement, je n'ai jamais essayé.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2024.

9 août 2024

DU COUP DE KOURSK

DU COUP DE KOURSK

 

1.
Août 2024. Paraît que le temps se couvre pour les islamistes en Allemagne, dont les autorités ferment, dit-on des centres pour collusion avec le Hezbollah, ai-je lu. L'Iran râle auprès de l'ONU pour « exiger leur réouverture », dit-on. Bah, quoi que pourra dire la très bavarde et inefficace et infiltrée de partout ONU, tout le monde s'en fiche. Ah oui.

 

2.
8 août 2024. L'offensive ukrainienne en direction de Koursk (sur le territoire russe donc) fait baisser le rouble et douter la Bourse de Moscou des performances futures de l'économie à Poutine. C'est qu'elle commence à coûter, sa sale guerre, à l'autre empoisonneur là.

 

3.
8 août 2024. Il y a un mois, je dépitais sec. L'avancée, lente et sanglante mais continue, des Russes en Ukraine et la victoire probable du très trouble Trump en novembre me laissaient songeur quant à l'avenir des démocraties occidentales.
Et puis, voilà que l'Ukraine, par une offensive éclair sur le territoire russe, montre qu'elle est loin d'être vaincue et qu'il se pourrait que Kamala Harris batte Trump, lequel pourrait bien finir en prison. Et ça, c'est encourageant. 

 

4.
9 août 2024. Il y a quelque chose de surprenant dans l'offensive des forces ukrainiennes dans la région de Koursk. Elle semble très rapide et puissante (visiblement pas une simple incursion). Ce qui demande une certaine préparation. Et les Russes n'auraient rien vu venir ?
Ce ne sont que des hypothèses, mais :
- Se pourrait-il que certains officiers supérieurs russes soient si incompétents qu'ils n'aient pas vu l'éléphant entrer dans la pièce ?
- Se pourrait-il que certains officiers supérieurs russes aient décidé de lâcher Poutine, sa sale guerre, ses mensonges et ses chimères de restauration d'on ne sait quelle Grande Russie ?
- Se pourrait-il que le soutien occidental soit plus efficace qu'on le croit et surtout beaucoup plus discret et intense qu'on le dit (notamment en matière de logistique et de renseignements) ?

 

5.
9 août 2024. Le raid en cours des forces ukrainiennes sur le territoire russe n'est pas destiné à perdurer. Les forces russes réagissent (ou réagiront) et les Ukrainiens reculeront. Mais on peut penser que ce raid aura été utile car :
- Le président Zelensky met ainsi l'Occident devant le fait accompli : oui, l'Ukraine se réserve le droit d'entrer sur le territoire russe pour prévenir des attaques sur le territoire ukrainien.
- Le président Zelensky prouve que l'armée russe a de sérieuses failles dans son dispositif et qu'elle n'a pas résolu tous ses problèmes d'organisation et de communication.
- Le président Zelensky montre ainsi à l'Occident qu'avec un apport accru en matériel et en munitions, il serait possible aux forces ukrainiennes de figer le front, voire d'effectuer des percées significatives.
- Enfin, les forces ukrainiennes prouvent à la population russe que Poutine est bien loin d'être en mesure de la protéger et qu'elle est, elle aussi, et d'abord en raison des sanctions économiques décidées par l'Occident, victime de la sale guerre de Poutine en Ukraine.

 

6.
La guerre hybride de Guerassimov aura eu trois succès : La première élection de Trump, le brexit et la déstabilisation du Sahel, mais aura échoué à affaiblir l'UE et l'OTAN. Au contraire, la sale guerre de Poutine en Ukraine a resserré les liens entre pays de l'UE et membres d'un pacte atlantique renforcé par l'adhésion de la Suède.
En France, les tentatives d'infiltration pro-Poutine de l’extrême-droite (RN et Reconquête) comme de l’extrême-gauche (LFI) par le SVR sont réelles et efficaces mais ont été nettement contrecarrées par les législatives anticipées voulues par le président Macron.
La non-réélection de Trump aux présidentielles américaines pourrait signifier que le bilan de la guerre hybride de Guerassimov et des menées du SVR en Occident serait beaucoup plus mitigé que prévu.

 

7.
9 août 2024 : midi (heure de Paris). Le rouble continue de baisser (1 euro = 96 roubles, soit 1 rouble = 0,01 euro). Le raid ukrainien dans la région de Koursk plombe les espoirs russes d'une victoire assurée en Ukraine.

 

8.
Vous verrez que si ça continue, Poutine finira par contempler des cartes d'état-major en serrant les poings et en grognant dans ses dents : « Des incapables, des incapables et des traîtres, voilà ceux qui m'entourent ! »

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2024.

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