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BREFS ET AUTRES

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26 octobre 2023

DU MALHEUR DU MONDE ET DE L'INCONGRUITÉ SNU

DU MALHEUR DU MONDE ET DE L'INCONGRUITÉ SNU

1.
Le Hamas, en lançant son attaque meurtrière du 7 octobre 2023 (entre 1200 et 1300 morts et 200 otages) savait que Israël riposterait violemment. Quant à Netanyahou, sa carrière est finie.

Pour ce qui est du Hamas, leurs commandants auront du mal à échapper à Tsahal et au Mossad, lesquels vont probablement les éliminer un à un. Israël est une démocratie et, après cette nouvelle guerre, cette guerre encore, cette guerre toujours, réglera les comptes à l'interne, dans les tribunaux.

Israël est un tout petit pays (22 000 km² et moins de 10 millions d'habitants). Toute attaque d'ampleur, telle que celle du 7 octobre 2023, est perçue comme une menace existentielle. D'où l'agressivité de ses ripostes.

C'est ce que l'on appelle la guerre et elle n'est jamais, jamais exempte de massacres de part et d'autre. Hélas, nous n'en sommes peut-être qu'au début. Si le Hezbollah, voire l'Iran, s'en mêle, alors le conflit s'internationalisera. Les conséquences seraient imprévisibles.

2.
Macron ne les aura pas eus tranquilles, ses deux mandats : affaire Benalla, gilets jaunes, covid-19, guerre en Ukraine, crise énergétique, inflation, conflit Hamas/Israël... Restent la troisième guerre mondiale, le retour de la peste noire ou la guerre civile.

3.
Devant ce qui est le véritable malheur du monde, je me dis que je ne devrais me mêler que de littérature, de rock n' roll, de cinéma. Tout à l'heure, j'ai revu « Le Diable par la queue », le film de de Broca, avec Yves Montand et Marthe Keller. Nécessaire légèreté. Et puis le réel s'interpose.

Si vous ne connaissez pas « Le Diable par la queue », de Philippe de Broca (sorti en 1969), je vous le conseille. Y figurent aussi Jean Rochefort, Claude Piéplu, Madeleine Renaud, Jean-Pierre Marielle, Maria Schell : une fantaisie entre marivaudage et comédie policière.

4.
Visiblement, Gabriel Attal, en digne successeur de Blanquer, réforme tout azimut. Et comme il veut aller vite, car il est ambitieux et très courtisan, il précipite les choses et va se prendre les pieds dans le tapis. C'est couru d'avance.

5.
Paraît que le ministère Attal voudrait que dès 2024, les élèves de seconde terminent l'année scolaire par un stage et que, s'ils ne trouvent pas de stage, les élèves, eh bien, ils seraient obligés de faire le SNU... et ???

Euh... Je ne sais pas si c'est vrai, mais si c'est vrai, alors, bon courage au ministère pour convaincre les élèves des lycées professionnels de faire le SNU s'ils ne le veulent pas.

En outre, je me demande si une telle mesure tiendrait la route devant un tribunal administratif. En effet, le fait de ne pas trouver de stage est en soi indépendant du fait de s'engager dans le SNU. Si un élève ne trouve pas de stage, peut-il être puni par l'institution et condamné à faire une période de service national universel qu'il ne veut pas faire, ou que ses parents désapprouvent ?

Si cette étrange manœuvre ministérielle, qui, n'en doutons pas, vise à imposer le SNU à un maximum d'élèves de seconde, est réellement sur le point d'être décidée et appliquée, à mon avis, un bon avocat la fera voler en éclats.

D'après un article du site « Les Echos » du 19 octobre 2023, ce SNU forcé si l'élève ne fait pas de stage en juin concernerait les élèves de seconde générale et technologique et donc pas ceux des lycées professionnels. De plus en plus étrange. Toutes les classes de seconde des LP seront-elles toutes en stage au mois de juin 2024 ? Pourquoi cette différenciation ? Bah, que les LP soient concernés ou pas, l'entreprise SNU me paraît compromise car contraire, j'en suis certain, à la volonté de la majorité des lycéens et de leurs familles. Le SNU, ce n'est pas l'armée, dit-on, et justement le lycée non plus. Prendrait-on les lycéens des classes de seconde générale et technologique pour des veaux que l'on mène à la propagande ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2023.

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26 octobre 2023

DIABLE C'EST LOURD ! AH ÇA OUI...

DIABLE C'EST LOURD ! AH ÇA OUI...

1.
« Le mystérieux, l'énigme, le sens caché au cœur des phrases font partie de notre jeu. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [la Rose à Corto])

Que signifie ce discours de la Rose ?
- Que la poésie est par essence énigmatique ?
- Que le « mystérieux, l'énigme, le sens caché » courent les répliques et les paroles les plus anodines aussi souvent que les passants traversent la rue ?
- Que l'énigme est la clé de ce monde de la même manière que si vous mettez du sucre dans votre café, alors il sera sucré ?
- Que, comme le dit Juliette Armanet, ce matin du 26 octobre 2023 sur France Inter, à propos du film « Les Choses de la vie », il y a « un film fantôme caché dans cette chanson » (la mélancolique « Chanson d'Hélène ») ?
- Qu'on ne fait pas d'énigmes sans se creuser la cervelle ?

2.
« Et ne sois pas trop surpris. En cheminant sur le sentier de l'éternel retour, tu nous rencontreras sans cesse, nous autres démons. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [un démon à Corto])

Que signifient ces mots ?
- Que Corto Maltese, aussi bien que nous autres humains, est damné, condamné à cheminer « sur le sentier de l'éternel retour » ?
- Que l'éternel retour est par essence diabolique ?
- Qu'il n'y a pas plus de fin de l'Histoire que de bonne volonté et de bienveillance dans la tête d'un cadre d'un parti extrémiste ? Et qu'en conséquence, les Français feraient bien de se méfier du piège que l'éternel retour s'apprête à leur tendre aux présidentielles 2027 ? Voulez-vous vraiment le retour du pétainisme ? Voulez-vous vraiment être dirigés par le spectre du trotskisme ? Voulez-vous vraiment que Marianne lèche les bottes de Poutine ?
- Que les démons parlent français aussi bien qu'en Angleterre les démons parlent anglais ; ce qui prouve que les démons s'acclimatent partout, au point qu'ils circulent anonymes et poignards en tête ?
- Que la démocratie aura été une belle parenthèse dans l'histoire humaine et que la paix durable est une utopie ?

3.
« Diable, c'est lourd ! »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [le Diable])

Quelle est la cause de cette exclamation du Diable ?
- Le poids de l'Humanité ?
- La lourdeur des raisonnements de bon nombre de députés ?
- La réforme Blanquer revue et corrigée par Gabriel Attal ?
- La dalle que le Diable soulève et qui va laisser surgir des profondeurs les figures de « Caïn, Judas, Balal En Shînaar [je sais pas qui c'est, je reprends juste le nom donné dans l'album], Merlin l'Enchanteur, Eve, Jeanne d'Arc, le pape Clément V, Gilles de Rais, Dick Turpin [c'est un bandit de grand chemin britannique du 18ème siècle], et... Raspoutine ! [Ah, je savais bien qu'il finirait par se manifester]. »
- L'horloge de l'Apocalypse ?

4.
« C'est pourquoi les libertés publiques ne sont pas de simples règles religieuses ou morales, mais des règles juridiques. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [lKlingsor])

Cette phrase, qu'implique-t-elle ?
- Que le droit positif est bien supérieur au droit naturel, lequel aurait vite fait, si on n'y prend garde, de prendre les masques de la religion ou de la morale pour réduire les humains en esclavage ?
- Qu'il n'y a pas, comme Klingsor le dit aussi, « de véritable liberté sans légalité » ?
- Que la Déclaration des droits de l'Homme ne se réfère jamais qu'à un droit « théorique et imaginaire » (il le dit aussi, ça, Klingsor, et nous voyons que Hugo Pratt s'intéressait aussi à la philosophie du droit, dite aussi philosophie politique) ?
- Qu'on ne peut reprocher à personne de n'avoir pas été foudroyé par quelque puissance surnaturelle ?
- Que le Diable va en être pour ses frais et Corto Maltese acquitté d'avoir refusé de se soumettre à la fatalité infernale de l'éternel retour ?

5.
Devinez un peu quoi qu'il arrive à la fin de l'album ?
- Corto Maltese glisse sur une peau de banane (le Diable a plus d'une peau de banane dans son sac) et se retrouve à l'hôpital ?
- Corto enregistre une galette électrique avec les Grateful Dead (y figure notamment le célèbre morceau « La Ballade de la Mer salée ») ?
- Corto décide de rester au pays des légendes helvétiques et, malgré les avertissements du chevalier Klingsor, tombe amoureux de la redoutable fée Kundry ?
- Corto se réveille dans son lit et Erica lui apporte son café du matin ?
- Corto part dans le soleil couchant, vers d'autres aventures, à cheval et chantonnant : « I'm a poor lonesome cow-boy » ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2023.

26 octobre 2023

LE REEL EST CE QUI S'AFFRONTE

LE REEL EST CE QUI S'AFFRONTE

1.
« Ah tais-toi donc ! Nous avons une réalité à affronter. Viens ! »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor à Corto])

Que veut ici dire Klingsor ?
- qu'il est en quelques planches passé de l'enfant dans la maison de Hermann Hesse au chevalier maudit. Mais est-ce le même Klingsor ? Je sais pas trop. Je ne suis pas assez attentif vu que je lis et j'écris tout en écoutant l'épatante Imelda May chanter du rock n' roll, du vrai, celui qui peut se jouer sur scène sans bidouillages électroniques de partout, du qui swingue, du genre rockabilly, si vous voyez ce que je.
- Que le réel est quelque chose qui s'affronte, sinon on s'écroule, s'effondre, puisque nous sommes tous, nous autres, des fighting spirits ?
- Qu'à chaque jour suffit sa peine, mais que quand faut y aller, faut y aller ?
- Qu'on n'est pas au bout de nos peines, surtout avec la sale guerre de Poutine en Ukraine et le conflit Israël-Hamas, et les glaciers qui fondent même que j'ai entendu sur France Inter que certains scientifiques disaient que même si on atteignait les objectifs prévus par les différentes conférences sur le climat, on allait quand même droit vers des soucis majeurs et autres catastrophes ?
- Que le chevalier Klingsor va provoquer la modernité en duel ? Du reste, le réel est ce qui s'affronte puisque ce réel s'impose à nous malgré les accords que nous avons passés avec nos fantômes.

2.
« Vous me cassez les pieds avec vos théories. Je me trouve ici à cause d'un rêve. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [« l'ogre »-gorille à Corto et Klingsor])

Que veut dire ici le gorille (et c'est tout de même épatant ça, un gorille qui parle aussi bien que vous et moi touillons notre café) ?
- que la vie est un songe ?
- Qu'il ne veut pas se laisser prendre au filet des théories qui essentialisent souvent, quand elles ne disjonctent pas complètement comme bien des théories à la mode dans cet apogée du bavardage que sont les sciences humaines ?
Remarque : Le mot « apogée » ici peut aussi avoir le sens de « point de l'orbite d'un corps céleste le plus éloigné de la Terre ».
- Qu'il arrive que les rêves se réalisent, c'est-à-dire que, contaminés par le réel, ils deviennent à leur tour des sources de soucis à n'en plus finir ?
- Qu'on lui casse les pieds avec nos théories et que si ça continue, il va tout squéter et en faire une sculpture césarienne, du chevalier Klingsor en son armure là, un genre de ratatinage ferreux quoique esthétique (en tout cas, selon les critères des collectionneurs d'art moderne qui ne savent pas quoi faire de leurs sous) ?
- Qu'il faut pas toucher au grisbi et fiche la paix aux mômes avec votre SNU à la noix, bande de malades.

3.
« La rose alchimique est la clef de tout notre monde médiéval construit sur la légende initiatique... »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Le chevalier Klingsor à Corto])

C'est quoi ça donc ?
- Une manière de dire que la fleur appelée rose est pleine à craquer de connotations, de symbolisme et tout ça auquel on ne pense pas toujours (c'est qu'on n'a pas qu'ça qu'à faire) de même qu'au moyen-âge, la plupart des gens, je suppose, n'y pensaient jamais, au symbolisme de la rose (rapport à ce qu'ils zavaient pas qu'ça qu'à faire non plus, les gens) ?
- La rose alchimique serait-il le nom qu'au moyen-âge on donnait au LSD ? Ce qui expliquerait bien des incongruités, sans compter les aventures hallucinées des chevaliers de la Table Ronde et moult fascinations ?
- Fumisterie, billevesée, sottise, ésotérique n'importe nawak, galimatias brumeux, foutaise à barbiche, lalannerie bêlante ?
- Le début d'un livre écrit pour épater le zozo et lui faire acheter bien cher un bouquin censé lui révéler les secrets de l'Histoire du Monde cependant qu'il n'y trouvera que perlimpinpineries et anachronismes drolatiques ?
- Le début d'un sketch des Monthy Python ?

4.
Corto Maltese doit rentrer dans un château qui parle pour en ramener la rose alchimique et la remettre au « chevalier sorcier, messire Klingsor ». « Et comment feras-tu pour traverser sur le fil de l'épée ? » lui demande la voix du château.
Comment Corto Maltese va-t-il résoudre ce problème ?
- Il ne va pas le résoudre car il va se réveiller ; Corto, c'est juste un gros mytho, ou alors un grand rêveur, et il n'y a pas plus de château qui parle, de rose alchimique, de fil de l'épée à traverser que d'osse en la banane ?
- Il ne va pas le résoudre seul car c'est le moment que va choisir Raspoutine pour apparaître, même qu'il a placé une machine infernale dans le château et dans une autre histoire et que tout va donc exploser ?
- Il va le résoudre par un oh c'est bien simple mais je ne vous dirai pas comment ; zavez qu'à lire l'album. Et comme vous avez soif de culture, vous en profiterez pour écouter un album de Imelda May, du rock n' roll comme on n'en fait plus, sauf que si, puisque Imelda May en fait.
- Il va appeler Mandrake le Magicien, lequel en un shazam de bon aloi va métamorphoser l'épée et son fil en un pont très solide ?
- Il va, grâce à des arguties dont seul Hugo Pratt avait le secret, convaincre le fil de l'épée de le laisser passer ?

5.
Dans « Les Helvétiques », il y a un moment où Corto Maltese danse. Mais avec qui danse-t-il ?
- avec les Grateful Dead en concert dans quelque farce médiévale ?
- Avec quatre squelettes, lesquels interprètent sur leurs instruments, le branle (c'est une danse médiévale) intitulé « La Délurée du couvent » ?
- Avec personne. D'ailleurs, il croit qu'il danse, mais en fait il rêve.
- Avec sa cousine, même qu'après ils iront manger de la tarte aux abricots, parce que c'est dimanche et que c'est l'été ?
- Avec la Mort, laquelle l'a rattrapé et lui accorde une dernière danse avant que je referme l'album et que j'aille me coucher ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2023.

25 octobre 2023

OU DIABLE CET ESCALIER MENE-T-IL ?

OU DIABLE CET ESCALIER MENE-T-IL ?

1.
« … Tous ne s'appellent pas Klingsor, et tous ne sont pas fils de l'imagination exaspérée d'écrivains comme Hesse et Wolfram von Eschenbach, ni de musiciens comme Wagner... »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor])

Que puis-je baladiner de cette phrase ?
- qu'à la place de « exaspérée », j'aurais peut-être mis « exacerbée » mais je ne connais ni l'italien ni la version originale de cette planche.
- Que je me souviens de mes premières lectures des aventures de Corto Maltese dans Pif Gadget (when I was môme) : je n'y avais rien compris (je me souviens d'une planche où des gens se tiraient dessus dans un dédale de maisons blanches avec de grandes ombres noires partout et des crac pour onomatopéiser les coups de fusil). Je n'y avais rien compris mais ça m'avait fasciné.
- Que relire « Les Helvétiques » en écoutant le premier album des Stray Cats (ah ce bon vieux rock n' roll !), ça me flanque un coup d'nostalgie dans la neuronale.
- Qu'avec le temps, je tends à préférer le bon vieux rock n' roll (guitare, basse, batterie et du swing) à bien des prétentions psychédélico-progressives qui vous ont parfois un goût de vieille montre molle (quelques heureuses exceptions cependant chez les Beatles et Pink Floyd).
- Que j'avais bien aimé « Le Loup des steppes », de Hermann Hesse qui était assez à la mode chez les lycéens des sections littéraires du début des années 80.
- Que je n'ai pas lu Wolfram von Eschenbach ; qu'il faudrait que je le fasse, s'il reste assez de sable en mon sablier.
- Que je n'aime pas beaucoup la musique de Wagner – trop lourd trop long - (je préfère les opérettes d'Offenbach, ce qui swingue et ironise).

2.

« - Vous rendez-vous compte que votre incrédulité me chasse dans le monde de l'imaginaire et que je ne pourrai plus en sortir ? »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Klingsor])

Que puis-je caraveller de cette phrase ?
- que les personnages de fiction sont des fantômes, des exclus de ce monde des vivants que nous partageons comme si nous étions de ce monde ?
- Que notre incrédulité nourrit ces mondes parallèles qui, de moins en moins étanches, vont finir par envahir le réel et nous plonger dans une folie collective où nous nous exaltons déjà ?
- Que les étranges histoires de H.P. Lovecraft et de Hugo Pratt sont des prémonitions de cette invasion du réel par les fictions des mondes parallèles ?
- Que les albums de bande dessinée sont des synchronies dans lesquels les personnages sont condamnés, de case en case, à répéter sous nos yeux les mêmes gestes, à prononcer les mêmes paroles. Ils se révèlent à chaque lecture.
- Que c'est le propre des revenants de hanter un même lieu et de répéter les mêmes gestes, pris qu'ils sont dans une boucle, une boucle, boucle temporelle ?
- Que nous nous croyons les acteurs d'une diachronie que, prétentieusement, nous appelons Histoire et qu'en fait nous ne sommes que les spectres de la synchronie de l'éternel retour.

3.
« Des châteaux du Saint-Graal, on en trouve quelques-uns en France, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et dans le Pays de Galles. »
(Hugo Pratt traduit par Céline Frigau, « Les Helvétiques » [Steiner])
Que puis-je kaamelotter de cette phrase ?
- que ça fait beaucoup de « châteaux du Saint-Graal » tout de même : - le Graal aurait-il le don d'ubiquité ?
- Que je m'étonne (mais c'est parce que je suis très ignorant) que Steiner de mentionne pas l'Irlande. Allant quêter sur Wikipédia (la technologie nous évite bien des départs), j'y trouve mention du « Saumon de la sagesse », lequel, d'abord saumon aussi ordinaire que vous et moi, ayant mangé « les neuf glands tombés de l'arbre du savoir dans le fleuve Boyne – ou parfois le Shannon », devint énorme car il était plein du savoir du monde.
- Que la matière de Bretagne, la légende arthurienne, le mythe du Saint-Graal ont nourri l'imaginaire occidental aussi bien que le « Cogito » de Descartes a fondé l'usage moderne de la raison et que Molière et Shakespeare nous ont donné le goût du théâtre.

4.
Corto Maltese , dans « Les Helvétiques », échappe à l'universelle Faucheuse, dont le manteau d'ombre couvre la majeure partie de la case 1 de la planche. Corto s'enfuit, effrayé cependant que la Mort, en ses mouvements de faucheuse, courbe herbes et plantes. Au bout de sa course, une tour. « Où diable cet escalier mène-t-il ? » qu'il dit, le personnage de Hugo Pratt ?
- à la cuisine où Corto pourra se faire cuire un œuf ?
- À la bibliothèque de Babel dont il est issu, comme tous les personnages de fiction, hein quand on y songe, qu'au fond, Corto Maltese, dans la bibliothèque qui n'en finit pas, il est chez lui, n'est-ce pas ?
- A trois lettres de l'alphabet hébreu ?
- Au fumoir, où Corto pourra s'en griller une en buvant un whisky. Il l'a bien mérité, allez !
- Dans son lit, cause que Corto Maltese, c'est un grand rêveur, et un gros mytho itou ; qu'en fait, il n'a jamais quitté sa chambre d'étudiant quelque part dans une ville universitaire d'Italie, même que tout le reste n'est que littérature et fables pour littéraires ?

5.
Ah tiens, une allitération dans la bouche de la fée Kundry (cf « Les Helvétiques », de Hugo Pratt). Citons cette présentation de Kundry la rousse par Kundry aux yeux verts : « Je suis pucelle et magicienne, et avec mes servantes nous façonnons des rêves fabuleux, fantastiques, fatals et funestes pour faire prisonniers ces chevaliers du Saint-Graal chastes et assommants. » J'aime bien. C'est amusant.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 octobre 2023.

 

24 octobre 2023

DE L'AMBIGUITE DU BIGOUDI

DE L'AMBIGUITE DU BIGOUDI

1.
« J'ai les yeux de l'épervier pour le jour, du hibou pour la nuit... et du bouc pour les rêves... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [l'aveugle])

Cette phrase est-elle :
- poétique ?
- Oculaire ?
- Anthologique ?
- Zoologique ?
- Aussi ambiguë qu'un bigoudi qui se prendrait pour un accordéon ?

2.
« Vous êtes injuste, baronne, et vous le savez ! Je lui aurais tout appris de ma science, s'il m'en avait laissé le temps !...»
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Germain, serviteur d'Ariane de Troïl])

De quelle science s'agit-il ?
- l'art de réussir la carbonnade flamande ?
- L'art de faire passer ses contemporains de vie à trépas grâce à quelque botte fatale ?
- L'art de savoir dessiner des corps en mouvement, (ici les mouvements que font les escrimeurs en leurs assauts) tels que Germain se fendant et obligeant ainsi Ariane à se pencher en arrière ?
- L'art de savoir frapper autre chose que des ombres ?
- L'art d'illustrer le « Ars longa, vita brevis » qui est notre commune mesure ?

3.
« Et si vous vous trompiez ? Si l'épervier renonçait à montrer son bec ?... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Louis XIII])

Cette interrogation signifie-t-elle que :
- Le complotisme est l'art de dissimuler un complot bien réel au milieu d'une multitude de complots imaginaires ?
- Que l'on ne peut jamais être sûr de rien, qu'on croit que ça va s'arranger, mais que ça ne s'arrange pas toujours, ou pas vraiment, et que de toute façon, quelque problème réglé cède la place à un autre ?
- Que lorsque les bigoudis se prennent pour des accordéons, ça fait mal à la tête ?

4.
« Mon père disait que la sorcellerie est un mot bien commode pour juger toute chose qu'on ne peut expliquer... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Louis XIII])

Cette réflexion implique-t-elle :
- que le roi ne sait pas ce qu'est la sorcellerie et qu'il serait bien avisé de lire le remarquable « Les Mots, la Mort, les Sorts », de Jeanne Favret-Saada ?
- Que la sorcellerie n’existe pas et qu'il y a bien des choses en ce monde qu'on ne peut expliquer et que l'on n’expliquera jamais (surtout si entre-temps la troisième guerre mondiale et le réchauffement climatique déciment l'espèce humaine) ?
- Que Mélenchon a, le 22 octobre 2023, par un tweet singulièrement violent et odieux sur la présence de Yaël Braun-Pivet en Israël, dissous la NUPES et détruit la gauche française. C'est peut-être là son but, et cela depuis longtemps.
- Que non, les pasionarias de la LFI ne sont pas des sorcières mais des représentantes du peuple français à l'Assemblée nationale et qu'elles perdront sans doute leur mandat aux prochaines législatives ?
- Que je voudrais bien revivre le jour où j'ai découvert « Les Fleurs du mal », de Baudelaire, il y a si longtemps, seigneur, si longtemps...

5.
« Je crois que vous avez déjà trop bu, baronne ! Vous allez finir par vous rendre malade ! »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Germain à Ariane])

Ce constat signifie-t-il
- que l'alcool est dangereux pour la santé ?
- Qu'Ariane de Troïl est alcoolique, ou désespérée, ou désemparée, ou ennuyée ?
- Que du coup qu'elle a trop bu, demain elle va avoir la gueule de bois et ne pourra aller affronter son destin (le redoutable chevalier Condor) ?
- Que, même si elle a trop bu, demain, Ariane de Troïl ira affronter son destin (le redoutable chevalier Condor) et que l'album va se finir dans une grande mélancolie ?
- Qu'il n'y a pas d'amour heureux ?

6.
« Dieu n'a rien à voir dans nos affaires, Germain. »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Ariane])

Cette phrase signifie-t-il que ;
- Dieu n'a rien à voir avec les aléas humains, qu'il est juste le nom que l'on donne au principe de la matière dans laquelle nous nous agitons ?
- Pourquoi voulez-vous que Dieu s'occupe des heurs et malheurs des humains ? N'a-t-il pas autre chose à ne pas penser ?
- Que la baronne Ariane de Troïl est une libertine, une libre-penseuse ? Une anarchiste ?
- Qu'elle est bien jolie, Ariane de Troïl, que si vous ne me croyez pas, zavez qu'à lire la série « Les Sept Vies de l'épervier » de Cothias et Juillard ?
- Qu'il vaut mieux se fier à sa tête qu'à Dieu ?

7.
« … mais le Diable est prisonnier de sa réputation !... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Le bateleur énigmatique])

Cette remarque qui clôt le tome VII de la série « Les Sept Vies de l'épervier », scénarisée par Patrick Cothias et dessinée par André Juillard signifie-t-elle que :
- Léonard dit Langue-Agile est le Diable ?
- Que le Diable tire les ficelles qui nous agitent ?
- Que le Diable lui-même ne peut faire que ce que l'on attend de lui et qu'en conséquence, le Diable, comme nous tous, n'agit qu'en fonction de l’œil ?
- Que la réputation du Diable n'est plus à faire même s'il prétend, comme le dit « Sympathy for the Devil », la chanson des Stones :
- « Please allow me to introduce myself
I'm a man of wealth and taste » ;
on n'est pas obligé de le croire.
- Quand on parle du loup, on en voit la queue ?
- Qu'elle est bien jolie, Marthe Keller, dans le rôle de la baronne Amélie de Coustines, dans le film « Le Diable par la queue », de Philippe de Broca (1969).

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2023.

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22 octobre 2023

LES TROIS SINGES ONT RAISON

LES TROIS SINGES ONT RAISON

1.
« Il avait suffi de placer une arme entre ses mains pour que la jeune femme se transformât en un adversaire agressif. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette phrase nous apprend que :
- il ne faut jamais faire confiance aux jeunes femmes surtout si on leur met une arme entre les mains ?
- Qu'elle a des yeux revolvers ?
- Qu'Adela de Otero est une remarquable escrimeuse ?
- Qu'un bigoudi armé est moins dangereux qu'une femme fatale dans un roman de Arturo-Pérez Reverte ?
- Les heures allument les yeux. Avec une courtoisie glacée, elle sort son poignard. Elle ne s’excuse pas, mais reste polie et s’exécute.

2.
« - Je ne suis pas d'accord. En réalité, il n’existe aucun sujet dont on puisse parler longuement.
- Si, l'escrime. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [de Ayala et Astarloa])

Cet échange signifie-t-il que :
- la plupart des sujets de conversation sont ennuyeux surtout si on ne s'y intéresse pas ?
- Qu'on a vite fait le tour de la plupart des questions qui ne sont intéressantes que d'un point de vue technique ?
- L'escrime est un art tout autant qu'un sport de combat ?
- L'escrime est ici la métaphore de la politique, laquelle finit parfois en pugilat ?
- Si on n'y connaît rien en escrime, il y a tout de même des tas d'autres sujets dont on peut longuement parler, surtout si on radote, si on remet une tournée, si on digresse, si on s'embrouille et qu'on finit en garde à vue pour s'être battu dans un bistrot avec quelqu'un qui ne partageait pas votre point de vue sur l'intérêt des chicons au gratin ou l'influence du lambertisme au sein de l'éducation nationale.

3.
« The devil speaks truth much oftener than he's demmed. / He has an ignorant audience... »
(Byron cité par Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [Adela de Otero])

Cette citation de Lord Byron faite par Adela de Otero signifie-t-elle que :
- l'enfer est pavé de bonnes intentions, dont j'apprends par le Wiktionnaire qu'il s'agit d'un proverbe du 18ème siècle tiré d'une phrase attribuée à saint Bernard de Clairvaux : « l'enfer est plein de bonnes volontés...» ?
- Que ce n'est pas parce que l'on porte des cornes que l'on ne dit ni plus ni moins la vérité que la plupart des autres légendaires ?
- C'est justement parce que le diable dit parfois la vérité qu'il est radicalement dangereux ?
- Que le mieux, c'est de n'écouter ni diable ni dieu, d'envoyer paître leurs zélateurs, et de s'en remettre à la bonne vieille raison humaine qui ne fait pas de miracles mais qui a réussi pas mal de prodiges ?
- Que lorsque Mick Jagger chante dans « Sympathy for the Devil » :

"I've been around for a long, long year
Stole many a man's soul and faith
I was 'round when Jesus Christ
Had his moment of doubt and pain",

il énonce cette vérité que si le diable existe, ça fait une éternité qu'il hante les humains et que donc rien d'étonnant à ce qu'il ait vu le Christ douter et Ponce Pilate se laver les mains ?

4.
« Bien qu'il fût encore incapable de considérer l'ensemble de l'affaire dans ses plus fines implications, les premiers indices commençaient à révéler le rôle que lui-même y avait joué. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Ce constat signifie-t-il :
- qu'il vaut mieux pas, si peu que ce soit, se mêler de ce qui ne nous regarde pas, au risque de déclencher des catastrophes ou d'être accusé de déclencher des catastrophes ?
- Qu'on se croit maître de soi mais qu'on est surtout manipulé par ces puissances étrangères que l'on appelle « les autres » ?
- Qu'à petite cause, grands effets ?
- Que le diable se cache dans les détails comme le terroriste dans la foule ?
- Que si j'aurais su, j'aurais pas venu et que les trois singes ont raison ?

5.
« Suis-je suspect ? demanda-t-il.
Campillo cligna ses yeux de poisson.
- Lequel d'entre nous ne l'est pas, par les temps qui courent ? commenta-t-il d'un ton frivole. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette remarque implique-t-elle que :
- tout innocent est un coupable qui s'ignore ?
- Que toute démocratie est fragile et qu'il se pourrait bien que nos démocraties libérales soient de plus en plus souvent confrontées à des menaces existentielles ?
- Que toute démocratie est fragile et qu'il se pourrait bien que nos démocraties libérales soient maintenant obligées de lutter pour leur survie dans un monde qui décaroche complètement ?
- Que l'ennemi de la démocratie et des libertés n'est pas seulement extérieur mais qu'il a aussi été nourri, éduqué, protégé par notre bienveillance, qu'il vit parmi nous et qu'il s'apprête à nous frapper en plein cœur ?
- Que c'est le genre de situation qui nous attend si aux présidentielles 2027, les Français se laissent aller à élire un président ou une présidente extrémiste de droite ou de gauche ?

Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2023.

21 octobre 2023

PARADE

PARADE

1.
« Parer, engager, rompre, améliorer sa position de jambe... Une deux, Salvadorin, une deux, c'est cela, compas, cette feinte, bien, évitez le fleuret, parez,... »
(Arturo-Pérez Reverte traduit par Florianne Vidal, « Le Maître d'escrime »)

Les termes employés dans cette phrase relèvent-ils :
- du lexique de la gymnastique ?
- Du lexique de la politique et de la malhonnêteté intellectuelle ?
- Du lexique de l'escrime ?
- De la langue mystérieuse des illuminati et autres reptiliens qui, selon têtes creuses, désaxés, complotistes trollesques et autres petits enfoirés payés pour, gouverneraient ce monde ?
- Du bigoudisme le plus échevelé ?

2.
« On utilise les fausses attaques composées pour tromper l'adversaire. Elles commencent par une attaque simple. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

Cette citation qui semble sortie d'un traité d'escrime peut-elle s'appliquer :
- partout et tout le temps, à la façon d'un présent de vérité absolue ?
- De l'art de la politique et de la circonvolution ?
- À l'art d'attaquer le cornichon en feignant de le prendre pour un jambon ?
- À l'effervescence de l'éléphant dans une chanson de Syd Barrett ?
- A l'enfumage dans les affaires enfumées où on ne sait plus qui a fait quoi, pourquoi, comment et voilà comment Sarkozy tente de se tirer des casseroles ?

3.
« En effet, bien qu'il connût son nom, tout ce qui entourait cette femme paraissait voilé de mystère. »
(Arturo-Pérez Reverte traduit par Florianne Vidal, « Le Maître d'escrime »)

Cette femme mystérieuse est-elle :
- fatalement la femme fatale d'un roman, qui, comme bon nombre de romans, évoque la fatalité des humains à se fourrer dans des situations qui peuvent leur être fatales ?
- La fille de Belphégor ?
- La fille de d'Artagnan (j'ai bien aimé le film) ?
- Une remarquable escrimeuse ?
- Madame Irma, voyante de son état, son chat et son viandox ?

4.
« Cette unique ambition, découvrir le mouvement insoupçonné, infaillible, tourmentait son âme depuis sa prime jeunesse, aux temps lointains de l'Ecole militaire, quand il s'apprêtait à rentrer dans l'armée. »
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime »)

De quelle ambition est-il vraiment question ici ?
- l'ambition de ne jamais mentir ni de jamais manquer à l'honneur ?
- L'ambition de trouver le truc infaillible qui fera que plus jamais vous ne raterez une mayonnaise ?
- L'ambition de rejoindre les rangs d'une société secrète qui un jour gouvernera le monde et ainsi d'accomplir son destin de dépendeur d'andouilles ?
- Vous connaissez le secret d'une bonne purée ?
- L'ambition de toujours frapper comme l'éclair ?

5.
« Les petits maîtres le déconseillent parce qu'ils disent que cela détruit la grâce, mais dans les duels où l'on joue sa vie on ne doit omettre aucun moyen qui serve la défense.
(Arturo-Pérez Reverte, « Le Maître d'escrime » [Montespan])

Cette leçon se continue-t-elle par :
- Qui c'est qui a laissé tomber sa moumoute dans la soupe à l'oignon ?
- « Si j'aurais su, j'aurais pas venu » ?
- « Est-ce ainsi que les hommes vivent » ?
- Qui va à la chasse perd sa ?
- « En tout cas, ne contreviens pas aux règles de l'honneur. »

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2023.

21 octobre 2023

DEGOÛTS

DEGOÛTS

1.
Tiens Blanquer ramène sa fraise sur les plateaux télé pour dire, suite à l'assassinat de Dominique Bernard par un décérébré de l'islamisme radical, son « amour » des enseignants. Comment cet incompétent à réforme foireuse, ce carriériste patenté, ce surdiplômé médiocre, cet intrigant, ce courtisan, ce looser ose-t-il encore prendre la parole ?

2.
La LFI est en train d'enterrer toute chance de la gauche de remporter les présidentielles de 2027. Quant à la NUPES, elle est en état de décomposition avancée. Mélenchon, idiot utile de la droite ? Marionnette de l'OTAN ? Mégalomane empêtré ?

3.
Apparemment, il aura été plus facile à Macron de priver des personnels de ressources pendant la crise du Covid que de virer du pays des islamistes radicalisés et autres égorgeurs.

4.
On oublie un peu vite que l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023 a tué 12 Français et que 17 de nos compatriotes sont portés disparus. Cela devrait suffire pour condamner sans aucune réserve le Hamas. Mais il semble que certains éprouvent plus d'amour pour les assassins du Hamas que pour leurs compatriotes.

5.
Le droit des associations s'arrête là où commence la raison d'Etat. Les islamistes radicalisés étrangers doivent être expulsés car le risque est bien trop grand d'entrisme, d'association visant à la déstabilisation de nos institutions, de complot et d'attentat.

Il appartient à l’exécutif de déterminer où commence et où finit la raison d'Etat. En reculant devant les associations et en ne procédant pas à l’expulsion des islamistes radicalisés potentiellement dangereux, l'Etat refuse de prendre ses responsabilités.

Il relève de la même raison d'Etat de dissoudre les associations qui, tout en pratiquant l'entrisme, relaient la propagande de partis radicalisés étrangers et prônent la destruction des valeurs occidentales.

Il relève de la même raison d'Etat de suspendre, de lancer des enquêtes administratives et, le cas échéant, de radier tout fonctionnaire ou apparenté qui relaierait la propagande des partis radicalisés et prônerait la destruction des valeurs occidentales.

Seul l’exécutif peut déterminer les limites de la raison d'Etat car il est le seul habilité à détenir les renseignements nécessaires à l'appréciation de la gravité d'une situation. Il serait bon cependant que le législatif, via une charte patriote, en approuve le principe et qu'il puisse régulièrement en discuter dans les différentes instances parlementaires.

6.
Il semble que de plus en plus de Français pensent que les événements récents (sale guerre de Poutine en Ukraine, attaque terroriste du Hamas sur le territoire d'Israël, menaces iraniennes,...) sont liés. Sommes-nous au bord d'une guerre mondiale ?
#StopPutinNOW #StopKhameneiNOW #StopHamasNOW

7.
Samuel Paty, Agnès Lassalle, Dominique Bernard. Trois enseignants assassinés en trois ans. Ne pas oublier non plus la mort suspecte du principal du collège Pierre-Simon de Laplace à Lisieux, Stéphane Vitel. Enseigner deviendrait-il un métier dangereux ?

8.
20 octobre 2023. Le bilan des victimes françaises assassinées en Israël par le Hamas le 7 octobre 2023 se monte à 30 personnes. On compte aussi 7 disparus. Dans ces conditions, qu'un député français qualifie le Hamas de « mouvement de résistance » et tente ainsi de le légitimer revient à cracher sur les tombes de nos compatriotes.

9.
Je pense qu'il faut saluer la dignité du ministre belge de la justice, Vincent Van Quickenborne qui démissionne suite à la défaillance d'un magistrat qui n'a pas cru bon de donner suite à la demande formulée par la Tunisie en 2022 d’extradition de l'assassin Lassoued.
Quant au magistrat, on aimerait qu'une enquête administrative soit menée et qu'éventuellement, il soit démis ou, à tout le moins, blâmé. Rappelons que Abdesalem Lassoued a, le lundi 16 octobre 2023, assassiné deux ressortissants suédois.
Les Etats du Maghreb ont payé un lourd tribut à l'islamisme radical. S'ils demandent eux-mêmes l’extradition de certains individus, c'est qu'ils ont des raisons sérieuses de penser que les individus concernés sont effectivement dangereux.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 octobre 2023.

 

20 octobre 2023

SPECULATIONS EXEMPLAIRES

SPECULATIONS EXEMPLAIRES

1.
« He's been following me since the station. »

Cet exemple de grammaire est-il :
- révélateur du lien entre le temps et l'espace ?
- Paranoïaque ?
- Inquiétant (le narrateur a-t-il affaire à un « stalker ») ?
- tiré d'un roman policier ? D'un roman d'espionnage ? D'un roman capillaire ?
- Inutile si on veut réussir sa mayonnaise ?

2.
« I was made to fill in lots of stupid forms. »

Cet exemple de grammaire signifie-t-il :
- qu'elle nous encombre fort, dites, la bureaucratie envahissante ?
- Que la bureaucratie est chronophage et contre-productive ?
- Que le locuteur est libertarien ?
- Que les institutions sont de plus en plus bureaucratiques, technocratiques et que commencent à s'empiler statistiques, camemberts, commissions, évaluations, audits, rapports de telle manière qu'il semble assez que l'on veuille noyer la fonction publique dans un océan de signes et d'injonctions prétentieuses et inefficaces ?
- Qu'à force de créer des diplômes sans réel contenu on finit par créer des fonctions sans réelle utilité ?

3.
« The skyscraper makes the church look small. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- la victoire du séculier sur le spirituel ?
- La persistance du spirituel dans les démocraties libérales ?
- Le triomphe de la saucisse ?
- Ces paroles de la chanson des Beatles « It's Been A Hard Day's Night » :
« It's been a hard day's night
And I've been working like a dog
It's been a hard day's night
I should be sleepink like a log »
- Le il faut de tout pour faire un monde sans lequel on ne pourrait faire d'omelette sans casser d’œufs ?

4.
« The guests they had been waiting for had missed their train. »

Cet exemple de grammaire implique-t-il :
- qu'ils vont rester avec pas mal de museau vinaigrette et de salade de pommes de terre sur les bras ?
- Le commentaire suivant et désabusé : « C'est cela, oui».
- Que si la saucisse est triomphante, elle n'est rien sans la choucroute ?
- Que l'on ne peut décidément compter sur personne ?
- Qu'il faut donc freiner sur le picon-vin blanc parce qu'à ce rythme-là, ça va encore tourner vinaigre...

5.
« There must have been a lot of fog. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- qu'avec le brouillard, le retour des spectres ?
- La disparition de la ville et que donc, on s'a un peu paumé ?
- Cette bizarrerie tout de même, hein, cette mode soudaine de s’exprimer dans des langues étrangères ?
- Ces paroles du morceau « Echoes », de Pink Floyd :
« But something stirs and something tries
And starts to climb toward the lights »
- Que chacun cherche son chat ?
- Que la sotte réforme Blanquer s'est abattue sur l'éducation nationale ?
- Que la soupe de pois cassés, ça fait longtemps que je n'en ai pas mangé.

6.
« The firms must struggle for survival in this competitive market. »

Cet exemple de grammaire signifie-t-il :
- que l'économie mondiale est une jungle ?
- Que ceux qui ont cru en la mondialisation se sont fichu les cinq doigts de la main invisible du marché dans l’œil ?
- Qu'on n'est pas sorti de l'auberge laquelle est en passe de faire faillite ?
- Que « dog eat dog », que « l'homme est un loup pour l'homme », qu'un « tiens vaut mieux que deux tu l'auras », et, comme le dit Jacques Brel dans «La Fanette », « qu'on ne nous apprend pas à se méfier de tout » ?
- Que les politiques ont du souci se faire et qu'après les présidentielles 2027, il n'est pas sûr que la France reste une démocratie très longtemps ?

7.
« This might trigger a worldwide recession. »

Cet exemple de grammaire évoque-t-il :
- la prochaine récession mondiale (sauf pour le secteur de l'armement) ?
- La défaite des technocrates qui croyaient naïvement que la libéralisation mondiale des échanges et l’interdépendance économique des nations allaient éviter le retour des guerres ?
- La prochaine récession mondiale et le déclenchement de la troisième guerre mondiale ?
- La nécessité du « Si vis pacem, para bellum » car les récessions ont des conséquences politiques imprévisibles ?
- Le fait que les démocraties libérales sont menacées, déstabilisées, attaquées, non seulement de l'étranger mais aussi de l'intérieur ?

Patrice Houzeau
Malo, le 20 octobre 2023.

19 octobre 2023

LA DELICATESSE DU SPIRITE

LA DELICATESSE DU SPIRITE

1.
« Pernichon l'entendit mal, mais obéit cependant. Il traversa en aveugle une pièce beaucoup plus sombre, une galerie, franchit le dernier seuil, et aperçut enfin l'hôte mystérieux,... »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Qui peut bien être cet « hôte mystérieux » ?
- le diable polyglotte ?
- Le Sphinx ? Belphégor ? Mandrake ? Le ténébreux rédacteur de la réforme Blanquer ?
- Le plombier ?
- Le dentiste ?
- Quelque coin-coin carnivore et assez géant pour vous déchirer, vous désosser, vous décortiquer et vous engloutir ?
- Le gardien de la Loi devant lequel vous allez attendre longtemps, longtemps, longtemps jusqu'à ce que la nuit tombe et que le gardien de la Loi vous signifie de revenir le lendemain ?

2.
« La place n'est pas vide, il n'y a pas de place du tout ; il n'y a rien. »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Ce constat est-il :
- implacablement lucide ?
- Bigoudesque ?
- Nihiliste ?
- Sceptique ?
- Bigoudesque et lacunaire ?
- Désespérant et géométrique ?
- Algorithmique et même pas aux pommes ?

3.
« Il posa délicatement sur le guéridon son petit poing fermé, sans doute dans l'illusion de marquer ainsi son indomptable résolution de vivre et mourir à l'avant-garde de son siècle. »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Le personnage ici présent est-il :
- implacable et lucide comme un qui rumine une vengeance devant l'injustice du sort, les aléas de la réforme Blanquer, l'inflation qu'on nous a dit que mais qu'en fin de compte hein on s'fait voler ?
- La délicatesse du spirite ?
Bigoudesque, nihiliste, sceptique et lacunaire mais ça ne fait rien, comme il a une petite faim, il va quand même se faire cuire un œuf ?

4.
« - j'en donnerais plutôt cent autres pour tirer de vous une parole qui ne soit pas abjection pure.
- Abjection, objection, projection, dit l'idiot. »
(Bernanos, « L'Imposture » [L'abbé Cénabre et quelque bougre])

Ce que dit l'idiot est-il ;
- idiot parce que c'est un idiot qui le dit que si c'était pas un idiot alors ça n'aurait pas de sens ?
- Une comptine, une constatation, une altercation, une objurgation, une conspiration, une constipation ?
- Les dernières paroles de l'idiot avant que l'abbé, avec son grand pouvoir surnaturel, lui foudroie la vie intérieure qu'est toute occupée, que ça, c'est parce que l'abbé (non, ce n'est pas l'abbé Bernanos) i croit que l'idiot, c'est un possédé du démoniaque, un pas beau des ténèbres qui traverse les romans avec son air de maquignon sur la route de Boulogne ?

5.
« Il y en avait une – bon Dieu de bon Dieu quel oiseau ! - un fondant rose, patron ! toute jeunette, et frisée, une gosse, quoi ! Elle venait m'essuyer avec son petit mouchoir de soie et puis, vlan ! vlan !... C'est elle qui tapait le plus fort, et juste. »
(Bernanos, « L'Imposture » [l'idiot])

Cette phrase évoque-t-elle :
- une séance de sado-masochisme ?
- Une scène d'agitation échevelée dans un dessin animé de Tex Avery ?
- Un fracassant morceau de hard rock ?
- Un désaccord politique dans un parti extrémiste ?
- Une partie de fondant ?

6.
« Qui n'a rien ne doit rien, je vous prie de remarquer la parfaite correction de mon calcul. »
(Bernanos, « L'Imposture » [Cénabre])

Cette réplique est-elle :
- comptable ?
- Lucide et exaspérante comme un entêtement ?
- Grimaçante qu'à ça, y a rien à répondre, rien à dire, y a plus qu'à rentrer chez soi et se faire cuire un œuf ?
- Politique au sens où elle exprime une rupture du contrat social ?
- Athéiste au sens où qui ne croit pas en dieu ne doit rien à dieu mais tout à lui-même ?

7.
« Le trottoir a l'air de s'enfoncer sous ses semelles, la rue commence à virer lentement de droite à gauche, puis se balance imperceptiblement sur place, comme un navire retenu par ses ancres... »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Cette image évoque-t-elle :
- le début de l'album « L'Etoile mystérieuse », de Hergé, lorsque sous l'effet d'une chaleur inhabituelle, le réel devient mou, tout mou, caramel mou ?
- La dérive d'un il est ivre, ce type ?
- L'état de perspicacité d'un étudiant de Sciences-Po ?
- Les aléas de la sotte réforme Blanquer ?
- Le début d'un malaise dans la civilisation ?
- La chute de l'empire romain ? La dérive des continents ? La trahison des élites ? Le retrait des épées ? La débâcle capillaire ?
- Une scène au ralenti du déclin, mal-être, déstabilisation et renversement du politique prenant soudain conscience qu'il pourrait être mis en examen pour corruption ?

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2023.

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