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BREFS ET AUTRES

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7 avril 2023

ON FINIT PAR S'Y PERDRE

ON FINIT PAR S’Y PERDRE

1.
On finit par s'y perdre. C'est quand la prochaine grève contre la réforme des retraites et la tête à Macron, because, moi je manifeste pas (ah non alors), par contre, je reste chez moi à les entendre débiter sur France Info âneries et mensonges, les macronistes.

2.
J'aime bien Michka Assayas, mais ce que j'entends ce 3 avril 2023 dans « Very Good Trips » est tout sauf du rock. C'est quoi cette daube à synthétiseurs ?

Bon, y en a marre, je m'en vais sur You Tube m'écouter une bonne vieille galette des Stones.

3.
On a cru en Rimbaud, on a cru aux Stones, en Ferrat & Ferré, aux Beatles, en Mitterrand, en l'abolition de la peine de mort, aux 35 heures, au gaullisme version Chirac, à l'amitié entre les peuples, et maintenant on l'a dans l'cul et Macron pour nous le faire comprendre...

4.
A quasi 60 balais, je m'étonne que ni la brûlure de l'alcool, ni le tabac, ni le covid (je ne suis même pas vacciné) m'aient atteint. Bah, je suppose qu'un cancer fulgurant viendra un de ces jours et m'emportera en quelques semaines. Qui me regrettera ? Personne.

5.
Ah ça que j'ma froiduré ! Glacial, lame au cœur, savez non ? Bin j'm'en suis sorti, mais je sais ce que c'est que la « mort dans l'âme », le froid, ce seigneur réel. C'est d'la mort et du désir... d'la mort avec conscience... c'est l'humain tel qu'il est, obscène.

6.
Dis c’est quoi encore ? La Schiappa aurait bricolé-bricoli-bricola-bricolo avec l'argent à la France, comme un vulgaire Blanquer... Ah la la... Méritez-vous qu'on vote encore pour vous ? Méritez-vous encore qu'on vote ? Dans mon esprit, la réponse est non : ni dieu ni maître, ni Macron, ni Mélenchon.

7.
Et qu'ça saxophone et fait son planant à la guitare qu'on croirait du David Gilmour, non ? : c'est « Can't you hear me knocking » et ceux qui douteraient que les Stones soient un grand et vrai groupe de rock n'roll ouvrent leurs esgourdes et l'écoutent ce morceau.

8.
Aussi seul qu’un os. Un chien passant m’emporterait.

9.
Savez-vous pourquoi je suis de droite ? Parce que je n’aime pas les pauvres. Et savez-vous pourquoi je n’aime pas la pauvreté ? Car né dans les soucis financiers et ayant connu cela trop souvent, je sais de quoi nous sommes capables. Là-dessus, Macron a raison de se méfier.

Remarquez que je n’aime pas les riches non plus (surtout les fils et filles de) et moins encore que les pauvres bougres qui errent dans nos rues. Du coup, vous comprendrez que je n’ai pas beaucoup d’amis. Mais j’ai ma morale : ni dieu ni maître, et j’ai du mal à être contraint de.

10.
Sur You Tube, défois j’écoute de la disco. La disco, c’est pas de la musique, c’est juste du marketing, du boum-boum-boum en série avec de jolies filles qui dansent. Mais ça me rappelle le temps du juke-box dans les troquets, de la bière à 2 francs 70 (3 francs 40 la « spé », les brasseurs n’ayant pas encore trouvé le moyen d’assommer le travailleur avec des bières fortes). C’était à Lens, du temps de mon adolescence, ah la nostalgie, quel cornichon, quelle couillonnerie !

11.
Comment en est-on arrivé à une société où l’on a oublié l’élégance de Stéphane Grappelli et où des brutes comme Booba et consorts gagnent un pognon de dingue cependant que les professeurs démissionnent et que l’on manque de médecins et de personnel soignant ? Technocrate, je te méprise.

12.
7 avril 2023. Il se dit que Elisabeth Borne a compris que la société française est en plein désarroi face à des réformes brutales et parfois incompréhensibles (la réforme des retraites, la réforme Blanquer) cependant que Macron continue de planer dans les sphères d’une de plus en plus hypothétique transformation de la France en Start-Up Nation.

13.
Quelque chose me dit qu’investir dans la Russie à Poutine, c’est être assuré de perdre son argent, son temps et sa réputation. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine. Jirnov le dit depuis longtemps : Poutine est un rien du tout, un minus habens.

L’euro à plus de 88 roubles. On ne peut pas dire que la pseudo-monnaie à Poutine se porte bien…

14.
Charlebois… ma première idole d’adolescent… même Brel et Ferré dans ma caboche pouvaient pas rivaliser… j’m’y retrouvais d’ma pomme d’alors : mélancolie (« Doux sauvage », ma chanson préférée de tous mes temps), surréalisme (« California »), électricité (« The Frog Song », « Wasichu »), ironie et humour (« Le Révolté », « Conception », « Fu Man Chu »), expérimentation (« Engagement », « Deux femmes en or » qui plut fort à Frank Zappa dit-on, et l’extraordinaire « Trop Belle pour mourir »)

« La ville a tout avalé mon lac et ma plage
Grignoté mes souvenirs
Doux sauvage
Et pendant que je brigande
J’entends mes rivières chanter qu’elles m’attendent
Tout au fond de ma bière »
(Robert Charlebois, « Doux Sauvage » et c’est magnifique).

15.
Je ne voterai jamais pour un parti qui accueille en son sein le pro-Poutine Thierry Mariani. Et si, par mauvaise aventure, ce parti arrivait au pouvoir et que Thierry Mariani rentrât au gouvernement, je rentrerais en résistance, sauf si d’ici là on apprend (il faut s’attendre à tout) que Mariani travaille en fait pour la CIA.

16.
On en est  là : la France, patrie de la Révolution s’attend à ce qu’après Macron, l’extrême-droite arrive au pouvoir. Moi, de droite, la tentation extrémiste, je la connais, mais désolé, je ne veux pas du retour de l’ordre moral, des grenouilles de bénitier et des pharisiens.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 avril 2023

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6 avril 2023

DE LA NAISSANCE DU SCAT

DE LA NAISSANCE DU SCAT

« A ce moment précis, l'instant où Louis laissa tomber ce bout de papier et donna libre cours à son génie d'improvisation, marqua le début d'une mode musicale qui allait faire fureur et devenir partie intégrante de la culture américaine, au même titre que Mickey Mouse ou le Coca-cola. »
(Milton « Mezz » Mezzrow et Bernard Wolfe traduit par Marcel Duhamel et Madeleine Gautier « La Rage de vivre »)

L'instant dans la légende du jazz
Où Armstrong (je me demande qui encore écoute
Louis Armstrong et sa trompette et sa voix rocailleuse)
Laissa tomber ce bout de papier
Tomber les paroles écrites dessus – askip celles de « Heebies-Jeebies » pour
Ce moment de joyeuse grâce que l'on appelle « scat » ce
Bout de style où l'on oublie le sens
De la chanson et le sacro-saint
Papier des littératures
Et où on se lance dans le « Dee-dut-dee-dut-doo, dee-doo-dee-doo-dee-doo-dut », même qu'il
Donna alors Louis Armstrong
Libre cours (chaque fois que j'écris « libre cours » je pense aux chevaux), libre
Cours tagada-tagada-patacloc-clic-clac-taga-tagadoc
A son génie (y en a des comme ça, des humains de génie ; d'autres, ça fait
Son « nan mais le jazz, c'est d'la musique de vieux » ou « nan, mais c'est juste du style pour le style » ou ça fait d'la politique) Heureusement, le
Génie s'en moque des jaloux et des têtes creuses et poursuit son cours
D'improvisation et de langue tirée à l'esprit de sérieux « Salt Peanuts, Salt Peanuts » dans ma caboche qu'elle cadence Zut.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

6 avril 2023

ENVIE DE JAZZ DÉFOIS

ENVIE DE JAZZ DÉFOIS

« Hé ! qui vous dit, monsieur, que l'on ait cette envie,
Et que de vous enfin si fort on se soucie ? »
(Molière, « Les Femmes savantes », I,2 [Armande à Clitandre])

Hé ! Hé oui, hé, et même Oh ! Bravo ! quand j'entends Art Blakey à la batterie,
Qui c'est-y qui écoute encore Art Blakey and The Jazz Messengers, que vous
Vous hypnotisez au n'importe quoi de plus en plus démago et populacier de la téloche ? Ça c'est
Dit, fis-je à mon âne Hanouna, remarquez que moi,
Monsieur, j'en suis un autre, d'âne, bien sûr, pas d'homme invisible. Sinon, je ne m’ennuierais pas à donner des cours et j'écrirais des romans policiers tranchants et biscornus qui me rempliraient les poches.
Que je ne sois pas l'homme invisible, je trouve ça dommage ; que
L'on ait cette envie, je trouve ça fantasmant (passe-muraille, tu peux en faire, dis donc, en voler des sous quand tu es « invisible »), et qu'il y
Ait des auteurs assez habiles pour vous fasciner avec des histoires policières tranchantes et biscornues, et des batteurs virtuoses à la Art Blakey, je trouve ça réconfortant. Remarquez, il y a aussi les histoires drôles genre, c'est deux canards du côté de Marseille : ils marchent les canards sous le soleil brûlant, ils marchent.
Cette musique, le jazz, c'est quand même l'une des preuves de l’excellence américaine, le jazz, le jazz et le tango qui fait chialer (mais le tango c'est argentin).
Envie de jazz défois quand j'en ai marre d'entendre les exploits dans sa sale guerre en Ukraine de Poutine (dictateur russe dans le genre entreprenant et agressif, une plaie), envie de jazz
Et d'énigmes policières improbables
Que l'on trouvait jadis chez Conan Doyle et Agatha Christie
De ces détectives excentriques qui élucidaient des mystères comme on dispute des parties d'échecs
Vous voyez, de moins en moins à voir avec ce monde connecté et d'une barbarie qui se prétend rationnelle
Enfin, du passé, du fantôme dont les longs échos de loin se prolongent Mais
Si, tout de même, il y a encore des cerveaux pour écouter Art Blakey et se fasciner pour l'éclat particulier des énigmes, et pour les canards qui marchent en plein cagnard, mais tout à coup, un étang ! Si
Fort soit le crétinisme ambiant (hanounisme, pédagogime, macronisme, poutinisme,...), il y a toujours des amateurs de virtuosité, de maîtrise, d'art.
On dira donc que mélancoliser je devrais pas, qu'on
Se me le dise (ah oui, ça, faut oser), que faut pas que je m'en
Soucie du réel moderne et politique, il n'en vaut pas la peine, le gueux, cependant que voyez, mes canards du côté de Marseille, sous leur grand soleil, ils sont tous les deux dans l'étang rencontré maintenant. « Coin-coin » fait l'un, « Oh peuchère, j'allais le dire ! » fait l'autre.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

6 avril 2023

EN ECOUTANT BLACK SWAMP VILLAGE PAR THE SPEAKEASIES' SWING BAND!

EN ECOUTANT BLACK SWAMP VILLAGE PAR THE SPEAKEASIES' SWING BAND!

« mon cœur marge, limite, abrégé, index,
eh là, eh là, eh là, mon cœur bazar. »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guibert, « Passage des heures » in « Poésies d'Avalro de Campos »)

Mon cœur, y compte pour du beurre, mon
Cœur, autant dire vous m'avez compris...
Marge, mon cœur, bin oui comme tout le monde, et
Limite (surtout quand je m'écoute me poser trop de questions) et
Abrégé, mon cœur, c'est que je fus été à l'école, ma pomme (j'y suis encore, faut bien payer son loyer, les sottises à Macron (homme politique dans le genre entreprenant et réformateur, une plaie) et son bif... euh ses pâtes au fromage râpé.
Index (l’index est aussi un doigt qui aurait un rapport avec ce qu'on appelle l'indice de Manning « donné par le calcul de rapport entre la longueur de l’index et celle de l'annulaire de la main droite posée à plat » nous boeuf-mirontonne Wikipédia Cela ne vous donne ni l'âge du capitaine ni le numéro de téléphone de Miss Gros-Lolos 2022 mais c'est quelque chose quand même.
Eh là, c'est du bon jazz, ça
Là, ça s'appelle « Black Swamp Village » par The Speakeasies' Swing Band!
Eh là, ça swingue, ça
Là, et puis ça vocalise trompettine tambourine
Eh là, dans le genre gothique amusant qu'ça violine et ironise, ça
Là que j'vous en cite un bout (d'os) : « I went to the cemetery / Where lies my dead wife / And believe me the graves were opened / And skulls and bones raised/ They said hey ho (HEY HO) / They said hey hey ho (HEY HEY HO) »
Mon cœur, revenons à nos moutons, c'est un fantôme, mon
Cœur, autant dire jamais qu'un être, qu'une chose dans le
Bazar de toutes les choses qui persistent à croire qu'elles existent.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

6 avril 2023

VOIR AILLEURS QU'ON N'Y EST PAS

VOIR AILLEURS QU'ON N'Y EST PAS

« Rencontrons-nous ce poète qu'on traîne si souvent et si prestement dans la proximité de la pensée pour l'étouffer tout aussitôt sous une couche de pensée irréfléchie ? »
(Heidegger traduit par Wolfgang Brockmeier, « Pourquoi des poètes ? » in « Chemins qui ne mènent nulle part », Gallimard, collection « Tel », p.329, 1994)

Rencontrons-nous le Jazz que ça me donne envie de rimer
Nous c'est ma pomme et pas souvent que je mets à rimer
Ce Mingus cet Ellington ah dis donc contrebasses pianos fontaines et batteries
Poète sous le grand soleil du Jazz n'est-ce pas que tu danses et tu ris
Qu'on danse et rie, voilà ce qu'il nous faut
Traîne la mort avec ses petits généraux et pis sa faux
Si tout l'temps qu'ça pleut des cadavres sur la terre
Souvent qu'ça tombe et quoi donc qu'on peut faire
Et quoi qu'on dise et s'émeuve
Si c'est pas là c'est ailleurs que rougit le fleuve
Prestement alors que j'ouvre mon petit cirque à clowns oh que
Dans c'te boîte à fantaisies j'y trouve des fantômes ils font les idiots que
La musique en est toute hantée comme dans le Foggy Day à Mingus Qu'à
Proximité de la pensée on traîne le poète qu'il dit Heidegger jusqu'à
De la pensée quoi donc en penser que je me dis aussi qu'c'est dur de danser sur du Mingus tandis que sur Ellington sûr qu'on peut les mouvoir en rythme nos osses et nos sourcils
La pensée c'est bien ça fait des philosophes dont on parle et que nul ne lit (ça fait aussi des politiques, mais eux ne pensent pas et tous en rient)
Pensée prends donc ta trompette et va les faire danser
Pour les siècles des siècles squelettes et trépassés
L'étouffer dans l’œuf à coups de biniou le scandale de la guerre
Tout ça me direz-vous, c'est que rêverie, mots en l'air
Aussitôt prononcés à peine dits qu'on ne les entend plus
Sous un grand tonnerre de tous les tambours qu'on ne les entend plus
Une couche qu'il en tient le wonderful dis ah quelle
Couche que voyez-là je me dis que je mangerais bien des tagliatelles
De ce monde à la fin qu'on est las et de la
Pensée de ce monde à la fin aussi qu'on est las
Irréfléchie qu'on s'dit qu'elle est la pensée de ce monde qu'on s'boirait bien un rhum coca, et qu'elle aille, la pensée de ce monde, voir ailleurs qu'on n'y est pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

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6 avril 2023

DE LA PEINTURE ET DU BOUDIN BLANC

DE LA PEINTURE ET DU BOUDIN BLANC

1
« Un tableau ! Il veut me mettre dans un tableau ! »
(Eugène Labiche, « Le Voyage de monsieur Perrichon » [Perrichon])

Un tableau défois c'est beau et défois très laid un
Tableau C'est que ça dépend du talent de l'artiste
Il lui faut du virtuose et du style, au pinceau, et qui
Veut faire œuvre je vous dis pas comment il doit charbonner ; moi, s'il
Me venait la baroque idée de me
Mettre à peindre, c'est même pas la peine, déjà que je chante faux ; et puis j'y mettrais quoi
Dans mes tableaux ? Le réel ? Je peux pas le voir en peinture ; l'abstrait, je ne saurais pas par quel bout le prendre. A la limite, je veux bien accrocher
Un hareng saur à une ficelle pendue à un clou incrusté à la toile, et il serait, ce
Tableau un hommage à Charles Cros et une preuve de plus de mon goût de l'éphémère et de la plaisanterie.

2.
« Arriver avant... c'est de la fanfaronnade... après, c'est de l'hésitation ; d'ailleurs, j'attends Majorin... je lui ai écrit un mot pressant.
(Eugène Labiche, « Le Voyage de monsieur Perrichon » [Perrichon avant son duel]).

Arriver, c'est là l'essentiel, car si l'on n'arrive pas, personne ne peut dire que vous êtes arrivé. Parfois même, on vous attend. « Arriver
Avant, c'est de la fanfaronnade », dit le monsieur Perrichon de Labiche. J'aime bien le mot « fanfaronnade », Il rappelle le mot « fanfaron » que c'est défois nous autres tout crachés. Ça m'évoque aussi la marmelade, mais
C'est comme les chameaux avec des gens dessus, les chapeaux avec des gens dessous et les châteaux à revenants, ça n'a rien à voir.
De la hantise, je ne parlerai donc pas, ni des chapeaux (les hommes n'en portent plus et regardant « Mon Oncle » de Jacques Tati, je m'épatai qu'alors tant de messieurs en portaient, des chapeaux, quand aux chameaux, ah les chameaux... ah, les chameaux...
La fanfaronnade, disions-nous. C'est vrai qu'à quoi sert de se présenter à un duel avant l'heure, la mort de toute façon est déjà là où elle doit être à vous attendre. Alors, foin de la
Fanfaronnade et passons à
Après. «... après, c'est de l'hésitation... », qu'il sentence le monsieur Perrichon de Labiche. Moi, personnellement, je n'arriverais pas du tout, ni avant, ni après, et, pour ce qui est du duel, j'ai longtemps préféré affronter une bouteille qu'un adversaire à moustaches et sabre au clair. Je dis « moustaches » à cause du guidon de vélo. D'ailleurs,
C'est très déconseillé par la Faculté
De se battre en duel. Contrairement au vélo. Alors, ne cédons pas à
L'hésitation : au duel préférons le Tour de France.
D'ailleurs, moi ce que j'aime c'est le boudin blanc. Je l'ai déjà dit, mais tant que je serai supposé être vivant, je glorifierai toujours le boudin blanc.
J'attends toujours avec une certaine impatience les fêtes de fin d'année où je pourrai m'en régaler. J'aime aussi le museau vinaigrette et les pieds nickelés. Par contre, je n'attends pas
Majorin parce que je ne sais pas qui c'est. A vrai dire,
Je m'en fiche de Majorin, surtout quand je pense au boudin blanc. Je
Lui voue un culte, au boudin blanc, et le trouve bien plus intéressant que celui qui l'été se promène sur la digue en maillot de bain aléatoire. Des poèmes sur le boudin blanc, en
Ai-je déjà lu ? Je ne m'en souviens pas. Et c'est bien dommage. Ah s'il avait
Ecrit un sonnet au boudin blanc, que Mallarmé (1842-1898) m'eût semblé plus digeste.
Un mot encore pour rappeler qu'il y a un temps pour tout, et on ne peut manger de boudin blanc avant qu'il soit récolté sur les miraculeux boudiniers d'hiver où il pousse, peinard et se racontant des histoires de Toto. Quant au
« Mot pressant » évoqué par monsieur Perrichon, je ne vois pas à quoi il fait allusion. Je ne reçois jamais de mot
« Pressant », jamais. Je ne suis pas assez en affaires avec mes contemporains pour cela.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

3 avril 2023

LE VERRE EST VIDE PLAIGNONS-NOUS !

LE VERRE EST VIDE PLAIGNONS-NOUS !

1.
« un océan d'erreurs » qu'il dit le Faust à Goethe... on bredouille, barbote, grenouille, psychote... Ça va jamais tout droit... serait trop facile... faut du tintouin, du stress, qu'on « use de ce qu'on ne sait point », à tâtons, à faut voir... et « ce qu'on sait », souvent, on ne sait quoi en faire. L'avait bien vu, Goethe.

2.
L'humain est le moins rationnel des animaux, lesquels n'ont pas plus de raison que ça.

3.
« le corps n'a point d'ailes », qu'il dit le Faust à Goethe, l'est trop lourd le corps « pour accompagner le vol rapide de l'esprit. » Qu'on s'la traînasse défois la carcasse... Pourtant pas fainéant, l'humain... admirez l'ouvrage ! … Des siècles que ça lui aura pris pour le préparer, son grand massacre définitif.

4.
« les gouffres enflammés »... c'est la mer qu'il évoque, le Faust à Goethe... la mer, la porteuse d'horizons, qu'on les zieute défois mélancolique et les mains dans les poches, qu'on s'dit qu'on ira jamais dans ces lointains là-bas... et puis on y ferait quoi... si c'est pour y voir des aussi paumés...

5.
« Cependant le Dieu commence enfin à s'éclipser », qu'il dit le Faust à Goethe... A mon humble avis, depuis qu'on l'a inventé, il n'arrête pas de s'éclipser, le Dieu... surtout quand il entend les conneries que débitent ceux qui parlent en son nom.

6.
« mais on est si méchant dans notre endroit », qu'elle dit, Marthe dans le Faust de Goethe et Nerval... c'est qu'y en a des qui surveillent... qui blablatent et délatent... blattes et cafards... Au 21ème siècle, la téloche montre l’exemple... faut abattre çui-là, celle-là, casse-pipe dans la nation... tribunal audiovisuel... se font du pognon en balançant... têtes de cons péremptoires...

7.
La plupart des gens ne sont ni de gauche, ni de droite, ils sont de leur gueule, et ce n'est pas si facile.

8.
« Je vois avec effroi venir cela de loin », qu'il dit le Méphistophélès en alexandrin et traduit par Nerval... On le voit tous venir de loin, le « cela » des apocalypses modernes... de moins en moins loin... de plus en plus que ça va nous péter à la tronche.

9.
« Ma mère est là, assise sur la pierre », dit Marguerite... Coup de froid dans la phrase... « Le froid me saisit à la nuque ! »... ajoute Marguerite. Nous vivons avec nos morts et avons l'air de vivants... Le réel, défois, c'est comme un évier, il se vide.

10.
« Cette fantasmagorie est cependant ton ouvrage », dit Méphistophélès à Faust dans le « Second Faust »... C'est qu'ça ouvrage sec, dans la fantasmagorie... faut les persuader, les gens, qu'elle vont revenir les Trente Glorieuses, la sainte Croissance, le divin Plein Emploi, la miraculeuse Réindustrialisation... Faut qu'ils y croient, à la salutaire Résilience, à l'immaculée Start-up Nation... Sinon, i vont s'décourager, les gens... pire peut-être, hein.

11.
Tout compte fait, on doit au Covid et à la sale guerre de Poutine en Ukraine de nous avoir ouverts les yeux sur l'incurie de nos dirigeants.

12.
Quand mon verre est plein, je me moque de Dieu. Quand il est vide, je n'y crois plus.

13.
3 avril 2023. Entendu sur France Inter un humoriste (un chroniqueur on dit maintenant) dire : « Imaginons que je détourne 25 euros, - je suis nul en magouilles, sinon, vous pensez bien, je serais au gouvernement. » Ah c'est pas moi qui le dit hein.

Vous me direz, mais non, c'est juste un bon mot... un « bon mot », un « trait »... certes, dans les années 70, c'était juste un trait d'esprit... en pleine crise des institutions, ce bon mot, beaucoup y croient, et la Macronie de passer pour un club de magouilleurs potentiels.

Ce qu'elle est aussi, je n'en doute pas un instant.

14.
Ah certes, comme dit le « bourgeois » du Faust de Goethe, « rien de mieux, les dimanches et fêtes, que de parler de guerres et de combats, pendant que, bien loin, dans la Turquie, les peuples s'assomment entre eux. » Et pourtant, si on n'en parle pas de la sale guerre de Poutine en Ukraine, on finirait par la relativiser. Parler des guerres, c'est évoquer l'essentiel de la condition humaine : la lutte, la lutte pour la vie enjolivée par la sottise des humanismes et universalismes divers.

15.
La démocratie et la liberté de la presse permettent de dénoncer les scandales politiques. Du coup, écœurés, les gens ne votent plus. Et voilà la démocratie menacée par les rapacités extrémistes.

16.
Certes, nous devons à Voltaire, à Rousseau, à Montesquieu notre liberté d’expression. Ce qui nous différencie, c'est que ces géants croyaient en l'humanité. Nous, depuis les grands massacres hitlériens, staliniens, africains, nous n'y croyons plus.

17.
Chus bête moi, pis pas bien riche... La langue qu'on m'cause, j'la pige de moins en moins... j'me dédale dedans, j'm'y heurte-caboche... J'me troudukilise... j'me vieille-le-clown... pas plus méchant qu'autre zig, j'me paume quand même dans vos gueuleries et bois d'langue.

18.
Chais pas qui dans Playboy. Schiappa qu'elle s'appelle... L'est pas au gouvernement elle ? M'en fous, fait s'qu'elle veut. Playboy, j'l'achète pas. Pour quoi faire ? Faire vivre l'écrivaille ? Y en a d'trop. Quicétykicritique ? Borne, paraît, pisse-vinaigre.

19.
Qu'on s'radicalise dis, L'Europa-droite toute. 3 avril 2023, Sanna Marin, premier ministre de Finlande, battue aux législatives par la droite d'là-bas (m'en fous d'ailleurs de ces nordiques, moi j'aime que le tango qui fait chialer)... France Inter soupire ; ma pomme rit jaune...

Après, la Finlande devient le 4 avril 2023 membre de l'OTAN. Poutine et Lavrov doivent débander sec dis. Si tant est que ces saucissons bandassent encore.

20.
Tirs de mortiers d'artifice (cékoidonc?) dans un lycée de Mantes-la-Jolie (terre de contrastes)... C'est l'effet Meirieu. Ah non, quand même, Houzeau, vous exagérez ! J’exagère que couic, zavez vu l'bordel que c'est devenu l'éducnat pédagogo-bienveillante-résiliente-apprenante à la France ! Et encore, Meirieu, c'est que dalle, un bafouilleur en histoire, un scribouilleur à rentes, mais ça sinistre-le-clown sec du côté de ceux qui l'ont pris au sérieux, le merveilleux d'France Inter quand France Inter déconne au lieu de nous passer du Pink Floyd.

21.
« Je suis comme vous, mon cher voisin ; qu'on se fende la tête ailleurs, et que tout aille au diable ; pourvu que chez moi rien ne soit dérangé. »
(Goethe traduit par Nerval, « Faust », [troisième bourgeois]).

Le réel, il s'ordonne, il se range, il se ménage... c'est pour être heureux en famille, c'est pas pour se laisser troubler par des gens qui ont le mauvais goût de se faire massacrer par leurs voisins, lesquels ont leur siège à l'ONU et parlent un russe tout à fait compréhensible pour un fantôme de la Waffen-SS.

22.
J'entends parler ici et là d'Olivier Faure. Kicéty ? - Personne. Ah oui, il me semblait bien.

23.
Donc i paraît que la tactique de Tik-tok, c'est le micmac.

24.
Tiens, i paraît qu'il y a du rififi au « Canard enchaîné ». Une histoire d'emploi fictif que le coin-coin voudrait étouffer dans l’œuf on dit. Je sais rien de l'affaire. Donc, on la boucle. De toute façon, le Canard, je peux pas me le payer. Et quand bien même je le pourrais, je m'en tape, du Canard. C'est pas eux qui mettent du beurre sur mon pain.

25.
Le PS, il est mort. Le LR, agonisant. Macron règne. Mélenchon gueule. Marine Le Pen attend son heure. En français, on appelle cela « être dans la merde ».

26.
Un peu du Philippe Sollers de « Légende » (bon livre), j'annote : « En 1945 » (euh oui), les Éditions Gallimard (prestige donc) publient, dans leur collection « Tradition » (ah), un livre d'une grande importance (vous m'en direz tant... important pour qui?) de l'ésotériste René Guénon (ésotériste, quoi qu'c'est ?), « Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps ». Son propos est très clair (ce n'est donc pas un ésotériste hermétique, tant mieux, parce que je comprends rien à René Char, mais c'est beau quand même, René Char) : un cycle va finir, et le monde moderne tout entier (quel monde moderne ? L'Occident ou le monde dans sa pitoyable universalité) va se dissoudre comme une illusion. » (Je sais ce que c'est, j'en mets tous les matins dans mon café). Suit une citation de Guénon, dans le genre ampoulé que je préfère regarder un film des Monty Python.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 avril 2023.

1 avril 2023

HEUREUSEMENT POUTINE N’EST PAS FOU

HEUREUSEMENT POUTINE N’EST PAS FOU

1.
Parfois, c'est comme de la nuit, qu'ça s'abat sur nous, qu'on s'dit qu'on a pas les nerfs assez solides pour le supporter, le tintouin du réel, qu'on s'dit qu'on est rien qu'un pauvre con épicétou, poil aux genoux, et pis qu'on tient quand même même qu'on passe pour un con tant pis.

2.
Joli hommage à mon travail, même si c'est du vite dit en passant. Toi, Patrice, tu clavecines. C’est Olivia qui m’a dit ça. Merci à vous, Olivia, pour cette allusion, quand bien même serait-elle involontaire, à l’improvisation, à Mozart, au style.

3.
Chacun a à cœur de tenir. Macron veut tenir en tant que maître de l’exécutif. Laurent Berger veut tenir en tant que défenseur des salariés. Nous, on veut tenir face aux difficultés de la fin du mois et aux attentes toujours plus pressantes du boulot. Le social tient parce qu'on tient.

Et Macron et Laurent Berger en feraient une gueule si tout à coup on laissait tomber, si on envoyait promener boulot, crédits et pseudo-citoyenneté pour s'arranger entre nous, même que ça s'appelle l'autogestion, mais là je rêve et  déconne.

4.
Ma vieille tendance anar fait que j'ai du mal à condamner les black blocs. Mais on me dit que ce sont juste des gusses qui pensent que la violence est la solution, des nihilistes qui ignorent tout de la tradition anarchiste non-violente, de la chair à provos. J'en sais rien.

5.
Le drapeau noir n'a rien à faire avec le drapeau russe. Se dire anar et défendre Poutine, ça n'a pas de sens. Poutine, en France, c'est l’extrême-droite, c'est Le Pen et Zemmour, c'est une partie de la LFI : ni dieu, ni maître, et donc ni Zemmour, ni Le Pen, ni Mélenchon.

6.

Dans les réseaux de résistance entre 40 et 45, pas mal de jeunes gens ont dû laisser tomber leurs études. Pendant ce temps, des tas de leurs camarades se sont accommodés de l'occupation allemande et les ont continué, eux, leurs études. A la libération, beaucoup de ces résistants n'avaient que la gloire et leurs yeux. Les autres sont devenus médecins, avocats, notaires.

Certains de ces résistants sans diplômes sont rentrés en politique ou dans l'armée. Pas tous. D'autres ont galéré longtemps...

7.
Ce qui me fait marrer, c'est de voir des Italiens ou des Espagnols défendre l'eurasisme. Guignols qui ne voient pas que pour les partisans de Douguine et consorts, ils sont juste des latins, une sous-race aux yeux des eurasiates qui se pensent les maîtres de l'Europe. Remarquez que pour quelqu'un comme moi, pas plus à droite que ça, mais qui sait son pays, un Zemmour comme leader de l’extrême-droite française, voilà qui est franchement risible.

8.
Une des raisons qui peut expliquer que Michel Onfray soit passé de la gauche à une droite de plus en plus trouble tient sans doute à son statut. Ayant refusé une carrière universitaire, Onfray est un philosophe de droit privé. Sans rente mensuelle, le voilà obligé de vendre ses livres. Sans même s'en rendre compte, en se complaisant à la ratiocination et au sophisme, il court donc au plus offrant. Et il se goure. D'envergure. 

9.
Rien, rien, ni les difficultés financières que l'on éprouve, ni l'anti-américanisme, ne peut justifier le fait qu'un enfant ukrainien meure dans un bombardement russe. Je le dis comme je le pense, le commandant qui ordonne ce bombardement et donc cet assassinat d'un enfant ukrainien n'est qu'un fils de pute, et encore, j'ai connu des putes plus dignes que ça.

10.
Heureusement, Poutine n'est pas fou. Il sait que la puissance de l'Occident est immense. Les Etats-Unis ne font que soutenir l'Ukraine. Si les Etats-Unis rentraient effectivement en guerre contre la Russie, l'armée russe serait battue en quelques heures. C'est là la principale raison pour laquelle l'armée russe est condamnée à piétiner dans le Donbass. Elle ne peut pas gagner. Nous ne le voulons pas.

11.
Bakhmut tient. Le prix en pertes humaines est très lourd. Mais tant que Bakhmut tient, l'impuissance russe et la stupidité de Wagner montrent que Poutine ne peut pas gagner sa sale guerre en Ukraine. Poutine a perdu. Il le sait. Le monde entier le sait.

12.
31 mars 2023. Le rouble n'est pas prêt de remplacer l'euro : 1 euro = 84,54 roubles. 1 dollar = 78 roubles et les indices boursiers russes piétinent. Ce sont des faits. La Russie s'appauvrit de semaine en semaine.

13.
Macron n'est vraiment pas Churchill. La Russie de Poutine est un état mafieux et assassin. Macron ne devrait même plus envisager de voir en Poutine un chef d'état légitime. Visiblement, notre président ne l'a toujours pas compris.

14.
La différence entre l'armée de Poutine et la Wehrmacht de la WW2 est que parmi les généraux d'Adolf Hitler, certains avaient du talent.

Les généraux d'Adolf Hitler venaient presque tous des écoles de guerre prussiennes ; visiblement, les généraux de Poutine viennent du rayon boucherie.

Quant aux théories de Guerassimov sur la guerre hybride, on me dit qu'elles sont admirables... admirablement inefficaces, oui.

Manstein bien sûr. Mais on peut citer aussi Guderian, Rommel et même Friedrich Paulus. Aucun général russe en activité ne semble pouvoir rivaliser. Et je ne pense pas que la Russie puisse se glorifier de l'équivalent d'un Ernst Jünger. Limonov peut-être et ça se discute...

Ambiguïtés certes, mais Jünger avait compris que le nazisme était une impasse, de même que Limonov sait que Poutine est une impasse. Et même en tenant compte de la subjectivité de l'auteur, « Orages d'acier » reste un formidable document.

On me parle aussi de Prilepine. A voir. Je ne l’ai pas lu. Je réserve mon jugement. Mais sa biographie me donne à penser que le Prilepine n’est pas du niveau de Jünger et de Limonov ; i m’a l’air, le Prilepine, d’une foutue salope poutinienne

15.
Un truc qui me tient à cœur : désolant de voir des gens issus de la gauche et de l'esprit critique tomber dans le piège des médecines dites alternatives et des psychologies de bazar sans voir que derrière ces biduleries se tient une extrême-droite des plus rapaces.

16.
Je n'apprécie pas les Suisses qui crachent dans la soupe en rappelant ce que tout le monde sait : la richesse de la Suisse dépend du secret bancaire et donc de l'argent sale qui remplit ses coffres. Oui, et alors ? Je préfère que cet argent, d'ailleurs inévitable, profite à l'Occident plutôt qu'à je ne sais qui en Eurasie. Point barre.

17.
Le monde d’un certain nombre de bonshommes de ma génération fut souvent partagé en trois : le travail (très respecté), ce qu’il y a sous les jupes des filles (fascinations et déconvenues), les petits plats et la bouteille. Eh oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er avril 2023.

29 mars 2023

L'HISTOIRE AVEC UNE GRANDE VACHE ET AUTRES APPROXIMATIONS

L'HISTOIRE AVEC UNE GRANDE VACHE ET AUTRES APPROXIMATIONS

1.
Et c'est là, au milieu des étagères couvertes de livres, qu'apercevant la campagne autour de moi, je constatai que murs, portes, fenêtres et toit avaient disparu, ne laissant que mes livres et leur fantôme.

2.
Carnaval de Dunkerque. La bière coule. La mort vient. La bière coule parce que la mort vient. La mort, aussi inéluctable qu'un verre qui vient de se vider. « Ça sent la bière, de Londres à Berlin », chantait Brel. Chantait.

3.
Une faute de frappe m'a fait copier ainsi cette citation attribuée à Albert Einstein :
« Le progrès technique est comme une vache qu'on aurait mise entre les mains d'un psychopathe. »
J'en frémis encore.

4.
Comme il avait eu l'intention d'enlever sa panoplie, il chercha un coin discret pour se changer lorsqu'il tomba dans une foule d'inconvénients qui le regardaient avec des yeux à ne pas regarder en face.

5.
Je crois que la chaleur lui est montée à la cafetière. Il bout ; il fume ; il va se verser jusqu'au ras-le-bol, déborder, se déverser et répandre partout la tache noire de ses humeurs.

6.
Sisyphe apprit ce qu'était l'optimisme le jour où un technocrate décida de lui verser un salaire et rebaptisa sa malédiction du nom prometteur de « travail ».

7.
« Le réel, c'est quand on se cogne » attribue-t-on à Lacan. L'étant n'est pas en soi la preuve du réel. C'est la douleur qui rend évident le fait qu'il y a quelque chose et non rien.

8.
L'humain est le seul animal à se croire humain. Prétention, évidemment.

9.
Le réel manque à l'humain. En manque donc, l'humain se met en quête de réel. Pour débusquer et s'approprier le réel, l'humain utilise la raison. C'est, dit-on, cette raison qui fait de l'humain un animal singulier. C'est aussi par la raison que l'humain comprend qu'il est en manque d'humanité.

10.
Si mon jeu d'échecs était un orchestre, je me demande si les fous joueraient de la guitare, les tours du tambour, les chevaux du clairon, la Reine du piano, le Roi du discours et les pions de la flûte.

12.
Si mes amours perdues étaient des chansons, je me demande combien en ai-je oubliées.

13.
Ah tiens, j'écoute l'album « American Pie » de Don McLean. Ça date de 1971, ce bijou, et ça n'a pas pris une ride.

« So, bye-bye, Miss American Pie
Drove my chevy to the levee, but the levee was dry
And them good ol' boys were drinking whiskey and rye
Singin', « This'll be the day that I die
This'll be the day that I die ».
(Don McLean, « American Pie »)

Bon, ma pomme ne conduira jamais de Chevrolet, mais pour le whisky, j'aurai encore quelques occasions, si le vent ne m'avale ni le diable ne m'emporte avant que se pointe le jour du grand bye-bye.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 mars 2023.

28 mars 2023

LE WESTERN QUOI

LE WESTERN QUOI

1.
28 mars 2023. Grève. La France conteste. Le président Macron « droit dans ses bottes ». Peut pas dissoudre. Risquerait de tomber du cheval législatif. « Le gouvernement espère... » « Le gouvernement joue le pourrissement... », c'est vrai qu'avec la grève des éboueurs, forcément...

2.
Grève. Environ 200 rassemblements... « dispositif inédit » dit Darmanin des forces de l'ordre déployées... because les « éléments radicalisés »... ah ça va s'friter, alors... quel bordel ! Macron fait pas mieux que Hollande... à courir dératés après le fantôme de la croissance...

3.
Les restaurants « Courtepaille » ne se porteraient pas très bien... Redressement judiciaire à venir... Cause possible : crise sanitaire, dit-on. Zont pas eu assez de quoi qu'il en coûte ? Ceci dit, inflation et crise énergétique n'aident pas. Plus de 2000 salariés quand même...
Il ne se passe pas quinze jours sans que l'on apprenne le redressement judiciaire, la fermeture, la défaillance de telle ou telle enseigne, alors, moi, la baisse du chômage qu'ils disent, j'y crois moyen...

4.
Grève. Le gouvernement attentif à ce que vont faire lycéens et étudiants... Le spectre de Mai 68, de la chienlit... La massification de l'enseignement supérieur, ça finira par leur péter à la gueule.. la multiplication des emplois fantômes, ça n'a qu'un temps.

5.
Tiens paraît, dit France Info, que Macron ouine en privé qu'on lui a imposé Borne que lui il aurait voulu Vautrin... « Et voilà où on en est » qu'il aurait dit... Eh oh, c'est quand même lui, le président, pas Elisabeth Borne. Les Français pas dupes d'ailleurs.

6.
Faut être honnête. Les démocraties libérales, c'est ce qu'il y aura eu de meilleur dans l'histoire des bipèdes pensants mais ça ne durera pas. Vu que les démocraties libérales, c'est tout de même une partie du monde qui prospère aux dépens d'une autre, je la vois plutôt sanglante, moi, la fin de l'Histoire.

7.
28.03.2023. 10 h. 50. Un euro = 82,82 roubles. Les indices boursiers russes en baisse. Le CAC 40 en hausse. BNP Paribas et Société Générale en hausse. Le crash boursier annoncé semble s'éloigner mais Deutsche Bank en baisse (- 0,98%).

8.
Les acteurs mentent et les marchés se corrigent.

9.
J'ai l'impression que le président Macron a oublié comment on fait pour freiner. L'imprudent, va finir par tomber d'vélo.

10.
Il faut être clair. L'opposition à la réforme des retraites, et donc à Macron, est aussi une opposition à l'incitation qui serait ainsi faite aux Français, sachant qu'ils ne pourront pas réellement et décemment travailler jusqu'à 64 ans, de recourir à la capitalisation.

On voit bien où le président Macron veut en venir : un toujours plus grand désengagement de l’État du secteur public. Cela a-t-il réussi à nos voisins ? On a pu croire que oui (et je l'ai cru moi aussi longtemps), et regardez le résultat : les Anglais dans la mouise et des Allemands nettement moins crédibles depuis que Poutine les a mis à nu.

11.
Je disais : Les acteurs mentent et les marchés se corrigent. 28 mars 2023, perquisitions à La Société Générale, BNP Paribas, Exane, Natixis, HSBC. Y aurait des soupçons de fraude fiscale d'ampleur dit-on. Nos banquiers ont du talent. Comment va réagir Bercy ?

Ce qui fait que, contrairement à ce matin, les cours de la BNP, de La Société Générale et du CAC 40 replongent. Le rouble continue de s'effriter et la Bourse de Moscou piétine. C'est comme dans un album des Pieds Nickelés, on ne s'ennuie jamais. Bricolofinances et Cumcum.

12.
On est certainement loin de se rendre compte de ce que rapportent exactement les ventes d'armes. Le véritable or de ce monde, ce n'est pas le pétrole, mais la capacité à menacer son prochain.

13.
Il se pourrait qu'à la contestation de la réforme des retraites s'ajoute la contestation de la réforme Blanquer, que Pap Ndiaye maintient, avec quelques correctifs cependant et comme il peut. De toute façon, la massification de l'enseignement supérieur est une bombe à retardement. Et il ne faudrait plus grand chose pour que la mèche soit allumée.

14.
Si ça se trouve, il y a quelques années, chez Rothschild, ils se sont dit : « Qu'est-ce qu'on va en faire, du Macron là ? » « Il est beau parleur, on n'a qu'à le pousser à faire de la politique, on ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher... ». Et zou, ils nous l'ont refilé.

15.
Élément de langage : comme on s'est aperçu que l'interdépendance économique (la mondialisation) ne suffirait pas à nous prémunir des risques de guerres qu'il n'aurait pas lui-même déclenchées, l'Occident vient d'inventer le concept « d'interdépendance armée ». C'est toujours du commerce, mais avec un flingue dans la pogne, défois que... En tout cas, c'est plus franc. Le western quoi.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 mars 2023.

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