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BREFS ET AUTRES

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18 avril 2023

ZOMBIE COMME TOUT LE MONDE

ZOMBIE COMME TOUT LE MONDE

« Certains de ces crapauds sortirent, avec un geste dégoûtant, des flûtes incrustées d'ivoire et en tirèrent des sons répugnants. »
(H.P. Lovecraft, « Démons et merveilles »)

Bien qu'ayant un prénom anglais, elle s'appelait Zombie comme tout le monde.

 

Certains jours, j'écoute du rock progressif (le « Virginia Woolf »
De Sigmund Snopek III par exemple et de 1972)
Ces bizarreries électriques épatantes qu'on enregistrait alors ! Les
Crapauds de la phrase à Lovecraft font aussi de la musique ;
Sortirent donc les crapauds, - bien qu'ayant un prénom anglais, elle -
Avec un geste dégoûtant (c'est ça, les crapauds, ça fait rien sans
Un doigt d'honneur, un pied-de-nez lubrique, un
Geste quoi à pas amener votre nièce, un truc bien
Dégoûtant à faire des rockeries dans les garages
Des trucs en argot amerloque pour pas qu'on pige) bon zont des
Flûtes les crapauds à Lovecraft, même qu'elles sont
Incrustées, tandis que la fille hein, - que je sors de ma tour
D'ivoire parce que je déteste manger seul mon museau vinaigrette
Et bien qu'ayant un prénom anglais, elle – pis ils
En turlupinèrent des sonorités, les crapauds, en
Tirèrent des vertes et des pas mûres
Des flûtes incrustées pis des lancinants
Sons cependant qu'elle s'appelait Zombie comme tout le monde.
Répugnants qu'ils étaient leurs sons aux flûtiaux des crapauds, oh oui.

Note :
Les crapauds de Lovecraft jouent de la flûte et bavent (ce sont des crapauds).
Les députés jouent parfois du pipeau appelé « langue de bois » et parfois bavent abondamment sur leurs collègues (ça s'appelle la politique).
Je vous laisse conclure.

18 avril 2023. Paraît que le SNU tourne au scandale (harcèlement et compagnie). C'était couru. Il n'y a que des gens déconnectés de la réalité comme le président Macron pour ne pas voir le danger des promiscuités mixtes prolongées.

En 30 ans de service en Lycée Pro, j'ai tout de même connu la fille de 3ème techno qui faisait des passes alors qu'elle était censée être chez sa grand-mère ; la fugueuse entre les mains d'un souteneur qui, constatant qu'elle était mineure, préféra la remettre à la police (tous les proxos n'auraient pas eu ce scrupule) ; la fille qui confia à sa professeure principale qu'elle soupçonnait avoir été abusée par un de ses camarades lors d'un séjour je ne sais où et alors qu'elle était ivre (eh oui). Et le lycée, ce n'est que quelques heures dans la journée, alors le SNU, vous pensez... Français, méfiez-vous de Macron ; il est loin d'avoir la lucidité et la maturité nécessaire pour gouverner un pays.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 avril 2023.

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18 avril 2023

CROYEZ-VOUS QUE LE MEURTRIER SERA LA ?

CROYEZ-VOUS QUE LE MEURTRIER SERA LA ?

« Croyez-vous que le meurtrier sera là ? »
« C'est possible. »
(Vera Caspary, « Laura »)

Il me restait un peu de temps avant de
Je n'éclaircirais pas ce mystère
Mais fallait le faire ce travail
(un peu de temps avant de) que je pige
Que je l'élucide le mystère du meurtre (dans quel roman s'était perdu mon personnage?)

Dans quel roman s'était perdu mon personnage ?
Je n'y vais jamais aux
(un peu de temps avant
de) Laura. Que lui est-il arrivé ? Il n'allait
Jamais aux enterrements On le voyait rarement sortir des pages.

On le voyait rarement sortir des pages
Il n'allait jamais aux enterrements
Le mot « vampire » clignotait vague
Dans ma tête Laura était votre amie Je
Lui dis Il ne répondit pas Un souvenir aussi fragile que le passage d'une ombre.

Aussi fragile que le passage d'une ombre
Je suis incapable d'imaginer
Où je pourrais la croiser si
Diaphane déconcertante un rêve Une fille
Une fille dans une émission de la fin des sixties entrevue entre deux bières.

Entrevue entre deux bières l'émission avec la fille là
C'était il y a si Doit être morte maintenant
Ou très vieille (un peu de temps avant de) A
une heure aussi fantastique où a-t-elle bien pu passer
C'est pourquoi j'avais compris que je ne la retrouverais pas.

Que je ne la retrouverais pas
Ses cheveux mi-longs je n'les
Retrouverai pas sa marinière envolée
Ne la retrouverai pas le bleu
De son blue-jean le rouge des
Lèvres le grain clair jamais je n'le
Reverrai mini-jupe et bottes souples
Évaporé aux quatre vents tout
Ça éparpillé dans les années tout ça
N'y a pas de machine dans les
Romans à le remonter le temps jamais
Je n'saurai pourquoi qu'elle s'était
Habillée en toute hâte Laura.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 avril 2023.

17 avril 2023

17 AVRIL 2023 EN ATTENDANT LES CASSEROLES

17 AVRIL 2023 EN ATTENDANT LES CASSEROLES

1.
17 avril 2023. On parle de François Ruffin comme éventuel candidat LFI (ou de la NUPES (?), aux présidentielles 2027. Ruffin a du talent et le sens de l’analyse. Il serait en effet un candidat crédible. Je ne voterai a priori pas pour lui, je ne suis pas de gauche mais je l’écouterai avec intérêt.

2.
Entendu dire qu’Elisabeth Borne a annoncé une accélération des réformes. Euh ? La Macronie n’aurait-elle pas compris qu’elle est devenue minoritaire dans le pays ? Et que si c’est pour nous infliger le SNU, une xième et toujours plus sotte réforme de l’éducation nationale et une réforme des institutions qui affaiblirait le rôle du Sénat, ce n’est pas la peine.

3.
Macron a prouvé, avec l’autoritarisme dont il fait preuve dans la crise de la réforme des retraites, qu’il gouverne depuis l’Elysée. Dont acte. S’il tente maintenant de la jouer « proche des Français », beaucoup jugeront son attitude déplacée, démagogique, voire obscène.

4.
Les historiens écriront-ils que la présidence Macron aura été marquée par une grande naïveté en politique internationale, la montée des extrémismes et des violences, l’endettement, le paupérisme, la division ?

5.
Il me vient parfois le soupçon que le but réel de la technocratie à l’œuvre derrière Sarkozy, Hollande et Macron est d’arriver à une américanisation de la société française, en vue, peut-être, d’une entrée de la France dans une fédération européenne elle-même très américanisée, ce qui reviendrait à une disparition de la France en tant qu’Etat indépendant et à la fin de bien des acquis sociaux et de nos exceptions culturelles.

Autrement dit, y a-t-il une internationale de la technocratie qui travaillerait pour l’intérêt des multinationales et, accessoirement, pour s’en mettre plein les poches ? Et non, je ne suis pas de gauche.

6.
Je me souviens qu’en février Prigojine a déclaré que ce ne serait pas, et non sans pertes, avant la mi-mars, voire la mi-avril que Bakhmut serait prise par les Russes. Si Bakhmut est prise courant avril, Prigojine aura vu juste. Ce sera sans doute la dernière « victoire » de Poutine.

7.
Je ne regarderai pas Macron faire son numéro ce soir à 20 heures. Je vais boire de la soupe et manger des tartines. J’écouterai ensuite les commentaires à la radio car, voyez-vous, moi, de Macron, je m’en fous.

8.
Si ce 17 avril 2023, le président Macron, dans le cadre de la crise de la réforme des retraites et de son allocution de 20 heures, propose de « redonner du sens au travail », c’est que clairement, il se fiche de nous.

9.
Ce soir, 17 avril 2023, 20 heures, en francovision, grand solo de pipeau du maestro Emmanuel Macron. Au programme : « Fantaisie du Nouveau Monde », « Start Up Nation Boogie », « Résilience Cha-Cha-Cha », « Autosatisfaction Tango » et la reprise du tube des Charlots « Merci Patron ».

10.
La France, c’est aussi ce pays où, grâce au génie visionnaire de Jean-Michel Blanquer, son successeur au ministère de l’EN est obligé de rappeler aux lycéens que l’année de terminale ne se termine pas le 13 avril à 17 heures.

Et cela dans une vidéo très démagogiquement intitulée : « La Minute Pap : Sur le baccalauréat » (ça fait jeune, connecté, et c’est en fait très condescendant). Quelle rigolade ! Un vrai sketch.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 avril 2023.

17 avril 2023

HEIN QU’C’EST TÊTU DES FOIS UN POLITIQUE

HEIN QU’C’EST TÊTU DES FOIS UN POLITIQUE

« Non, vous avez beau faire, et beau me raisonner,
Rien de ce que je dis ne me peut détourner »
(Molière, « Le Misanthrope », V,1 [Alceste])

Je me demande comment je vais faire rentrer Olivier Dussopt là-dedans.

Non, on ne sort pas sous la pluie sans prendre sa tête.
Vous sortirez avec votre tête ou vous ne sortirez pas. Vous
Avez tout à gagner à avoir votre tête sur vous et c’est déjà bien
Beau que vous n’ayez pas une tête de veau. Tant qu’à
Faire la tête, faites-vous une tête de lard
Et entêtez-vous à redresser la tête, car on a
Beau dire, mieux avoir toute sa tête que
Me présenter une tête basse, voire une tête d’œuf à
Raisonner comme une poêle à frire.
Rien, rien, rien, n’avez-vous rien dans la tête ?
De la radio sortit alors un pleurnichement ; oh c’est Olivier Dussopt,
Ce ministre du travail qu’à l’entendre parler, ce
Que ça vous provoque, c’est surtout une vague envie de pleurer.
Je me soupire que c’est bien triste, et je me vous le
Dis, ô doux enfants,
Ne faites pas de politique : ça fait perdre la tête, la politique, et
Me vient en tête ce que bien souvent mon petit doigt m’a dit : il se
Peut que les gens finissent par s’en
Détourner vraiment, de la politique. Donc
Je me suis fait une omelette aux champignons, c’est ce que,
Me semble-t-il,
Demande l’écoute de la voix plaintive d’Olivier Dussopt.
Comment faire sinon ? Changer de fréquence ? Oui, mais
Je suis pris par l’émotion, moi, quand j’entends Olivier Dussopt,
Vais m’fasciner, je l’sens, pour la mélancolie dussoptienne, me
Faire avoir, alors, pour ne pas trop laisser le spleen
Rentrer dans ma pomme et bercé par le flûtiau tristounet dont joue
Olivier ouin-ouin
Dussopt, je me fais une omelette aux champignons. Et là, voyez,
Là-dedans ma poêle pis là-
Dedans ma caboche, ils dansent tous en rond, les champignons.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 avril 2023.

16 avril 2023

PAR TEMPS DE PLUIE ET DE RHINOCEROS

PAR TEMPS DE PLUIE ET DE RHINOCEROS

1.
« Mais nous sommes des marchands de phrases, et nous vivons de notre commerce. »
(Balzac, « Illusions perdues » [Vernou])

Mon intuition me dit que j’aurai du mal à composer ce contrevers.

Mais comme mon oncle avait oublié son parapluie,
Nous avons mangé de la choucroute. Nous
Sommes bien conscients de la fréquence des occurrences
Des mots « parapluie » et « choucroute » dans notre écriture.
Marchands de parapluies, vendeurs de choucroutes, nous sommes
De votre côté. Et nous fustigeons toutes les
Phrases qui seraient dirigées contre vous.
Et cependant, il serait bon que l’oncle oublieux
Nous rende ce service de ne plus si souvent oublier.
Vivons-nous de parapluies et de choucroute ? Certes non,
De la tarte au riz nous faisons grand cas et
Notre amour des abat-jours, nous ne le cachons pas.
Commerce n’est pas le nom de mon chien.
Mon chien s’appelle Pauv’pomme comme tout le monde. Et mon
Intuition c’est qu’un abat-jour
Me semble peu utile pour se protéger de la pluie quand il est
Dit que mon oncle a oublié son parapluie et
Que le rapport entre un abat-jour et la choucroute,
J’aurai à le définir
Bien du mal, d’autant que j’ai aussi bien
Du mal à prendre les politiques au sérieux, du
Mal même à les respecter. Je ne veux
A ces prétentieux parasites aucun mal, préférant
Composer mes sornettes plutôt que de comploter. Que donc
Ce tas d’andouilles me fiche la paix, et je resterai tranquille à
Mes contrevers joyeusement m’escrimer.

2.
« et s’y rendait quelques instants après, en se faisant toujours »
(Ligne tirée d’une édition de poche des « Illusions perdues », de Balzac)

Conclusion, en traversant la rue, attention au rhinocéros, surtout quand il pleut.

Et étant alors député dépité d’avoir paumé son parapluie, il
S’y résigna, à marcher sous la pluie, et il s’y
Rendait souvent sous la pluie et sans parapluie. A
Quelques rues de là demeurait l’un de ses amis. Les
Instants qui précédèrent l’attaque du rhinocéros (car
Après, il fut total ratatiné, le député – histoire pitoyable !)
En se grattant sa tête à réformes de député, il
Se farfouillait l’œuf pour se rappeler le nom et l’adresse. Ce
Faisant, il fut un poil distrait. C’est
Toujours par distraction qu’ils se font ratatiner, les députés.

Conclusion, notez bien ceci :
En période de pluie et
Traversant la rue (là où
La fréquence des passages augmente singulièrement) car la
Rue est parfois singulièrement passante,
Attention à l’accident ratatinant, attention
Au rhinocéros (et autres bizarreries spatio-temporelles), attention au
Rhinocéros, oui, vraiment, et
Surtout si vous êtes député et
Quand zavez paumé vot’ parapluie, alors là
Il faut vraiment faire attention, surtout quand il
Pleut, et que passent les rhinocéros, et autres cornes et fracas.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2023.

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16 avril 2023

LUNDI MACRON CAUSE LUNDI JE SERAI SOURD

LUNDI MACRON CAUSE LUNDI JE SERAI SOURD

1.
J’entends parler de crise sociale pendant que je prépare mon repas, crise sociale qui virerait à la crise politique. La crise sociale ne se mangeant pas en salade, je vais manger les crépinettes que Zut m’a achetées. Quant à la crise politique, il reste du chèvre, ça devrait aller.

2.
Le président Macron, c’est un peu « après moi, le déluge ». Prenant des mesures qui détournent les Français des partis démocratiques, et ne pouvant constitutionnellement pas se représenter en 2027, il laisse donc la voie libre à une possible victoire de l’extrême-droite.

J’entends dire que même si Marine Le Pen profite d’une bonne image dans une partie de l’opinion, le RN ne serait pas en mesure de remporter des législatives. Est-on sûr qu’une minorité au Parlement pourrait faire renoncer l’extrême-droite à l’exercice du pouvoir si celui-ci était à portée de main, ou de fusil ?

3.
Blanquer a rempli sa mission : il a rendu largement inefficace le service public de l’éducation nationale (il faut dire que le terrain avait été depuis longtemps préparé par les pédagogistes), le but étant de promouvoir le modèle privé, au risque d’aboutir à une école à deux vitesses.

4.
« Les droits naturels de l’humain » : quels droits naturels ? En quoi le fait d’être né donne-t-il en soi des droits ? J’en profite pour dire que Jean Rolin avait parfaitement le droit de réaliser ses films raviolis. C’est parce que l’individu s’inscrit dans une généalogie sociale (une culture) que des droits lui sont accordés, et non en vertu de sa seule appartenance à l’espèce humaine.

Mon chat a quatre pattes et n’en est pas moins mortel. A-t-il, pour autant, des droits naturels ? Non. Si je m’en occupe, de mon chat, c’est parce que j’aime les chats et que j’apprécie leur compagnie et le son du violoncelle (mais sa maïeutique reste très sommaire). Ceux qui croient en la religion des droits naturels sont de doux rêveurs tant qu’ils ne font qu’en parler, et des gens dangereux quand ils se mettent en tête d’aller faire la morale à des peuples qui ne leur ont rien demandé.

Ce qui ne m’empêche pas de penser que la république islamique des mollahs est un archaïsme auquel il doit être mis fin, puisqu’il est clair qu’une grande partie du peuple iranien aspire à la démocratie tandis que les mollahs n’apportent que misère, dictature et malheurs.

5.
Entendu dire que certains BTS seraient dans les années à venir majoritairement réservés aux bacs pros et les bacheliers des filières technologiques et générales seraient dès lors affectés à l’université ou dans les IUT. Autrement dit, certains BTS auraient d’ici quelques temps le niveau des Bac Pros d’il y a quelques années et les Bacs pros actuels auraient un niveau relativement proche de celui des BEP d’antan.

6.
Si ça se trouve, ce n’est pas tant pour des considérations démographiques que par manque de main d’œuvre que le président Macron a décidé de reculer l’âge de la retraite. Si ça se trouve, c’était la retraite à 64 ans ou un recours massif à l’immigration…

Pendant ce temps-là les universités sont pleines à craquer, et la réforme Blanquer tourne, comme c’était prévu, à la farce.

Ceci dit, m’étonnerait pas que l’on ait les deux : recours à la main d’œuvre étrangère pour palier les difficultés de recrutement (enseignement, hôpital, transports…) et recul de l’âge de la retraite pour que ce recours à l’immigration ne soit pas trop « évident ». Tout serait-il déjà prévu ?

7.
En France, le débat politique se situe essentiellement entre libéraux et conservateurs. La gauche étatiste reste minoritaire et les électeurs hésitent sans cesse entre un marché libre aux mœurs évolutives et un conservatisme aux relents pétainistes récurrents.

8.
16 avril 2023. Je note que si le rouble continue de s’effriter (1 euro = près de 90 roubles ; 1 dollar = plus de 80 roubles), la bourse de Moscou semble reprendre un peu de vigueur. Dernières cartouches ou stratégie concertée ? La Russie laisse-t-elle sa monnaie flotter ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2023.

15 avril 2023

TEMPS PLUVIEUX CHOUCROUTE ET OVNIFICATION D'AGATHA

TEMPS PLUVIEUX CHOUCROUTE ET OVNIFICATION D’AGATHA

1.
« Le commissaire commençait à s’impatienter quand, à sept heures moins une minute, il entendit enfin des pas »
(Simenon, « Les Scrupules de Maigret »)

Le temps était pluvieux et le
Commissaire aussi. Il
Commençait à pleuvoir
A pleuvoir sur la ville, de plus en plus souvent et on commençait à
S’impatienter Certains voulaient même en changer
Quand on en parlait sous les parapluies
A huit heures il n’était pas
Sept heures et à sept
Heures on attendit
Moins une minute A l’heure relative (les horloges rouillaient)
Une nouvelle parcourut la ville A la
Minute où le commissaire n’était plus qu’une flaque
Il fut décidé de la nomination d’une grande wassingue On
Entendit parler d’une brigade de seaux
Enfin on allait changer de temps C’en était fini
Des noyades au commissariat et des
Pas étanches que jamais jamais l’on ne retrouvait.

2.
« Son calme et sa réserve à exposer la raison de sa venue avaient quelque chose d’inquiétant. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « la Maison du péril » [le narrateur])

Son art de l’oubli était proverbial dans la famille. Il était par ailleurs
Calme et ne se laissait pas facilement désarçonner
Et lorsqu’il oubliait son parapluie
Sa dignité d’homme tranquille et sa
Réserve naturelle lui fit souvent
A ses contemporains préférer la compagnie des chats.
Exposer les causes de l’oubli récurrent de son parapluie alors que
La pluie ne cessait plus de tomber (tout un troupeau là-haut) serait sans
Raison car
De cela vous ne pourriez déduire pourquoi
Sa fourchette lui était
Venue à la main suivie de son couteau et tous deux
Avaient attaqué
Quelque choucroute et cette restauration avait quelque
Chose – si on songe que cela aurait pu être un steak-frites – quelque chose
D’inquiétant – frissonnons, et si c’étaient des endives au jambon ?

3.
Dans la « Maison du péril », révélée par Agatha Christie, quelqu’un demande à Nick quand elle aura son « Moth ». Et si ce mot était codé ? Et si ce mot renvoyait à quelque objet occulte, à quelque nom dont la prononciation serait interdite ? Serait-ce le nom réel de la terrible Saucisse Tueuse ? Un objet de quelque culte secret peut-être ; serait-ce le fascinant et souple canard qui joue les premières notes de « Hey You » de Pink Floyd, utilisé, comme on sait, dans les cérémonies à ce culte qui exige la nudité du principal participant, souvent seul et confronté à la puissance du dieu Savon, et cela dans la salle dite « de Bain » (quel esprit supérieur et secret se cache sous ce nom ?). Et si le mot « Moth renvoie à un « avion de tourisme », comme nous le dit une note de bas de page (cf « Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril » Club des Masques, 1976, p.84), s’agit-il réellement d’un avion tel que nous les connaissons ? Ou plutôt, et plus probablement, comme nous avons – oh bien des raisons d’y songer - d’une soucoupe volante (et si cette soucoupe volante est en forme de chaussette bleu-blanc-rouge, alors l’une de mes chaussettes républicaines sait certainement où est passée sa solidarité).

D’ailleurs, lors de sa « mystérieuse disparition » du 3 décembre 1926, je pense (et croyez-moi, je n’ai pas besoin d’un grand cerveau pour cela, et je ne suis pas le seul à le penser puisque je le pense aussi) que la romancière (ou devrais-je dire la « messagère » ?) Agatha Christie a été l’objet d’une abduction. Elle a été ovnifiée et, n’en doutons pas, ce sont les extra-terrestres qui, année après année, lui ont télépathé (la télépathie c’est épatant, c’est le leitmotiv de tous les télépathes) les enquêtes codées d’Hercule Poirot (ce prénom qui renvoie aux énigmes frisées de l’Antiquité n’est évidemment pas un hasard, sinon l’étrange détective belge se serait appelé Sherlock comme tout le monde).

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2023.  

13 avril 2023

SOCRATE EST CELEBRE POUR N’AVOIR PAS ETE UN CHAT

SOCRATE EST CELEBRE POUR N’AVOIR PAS ETE UN CHAT

« SOCRATE. Ne pourrait-on pas faire un espace double de celui-ci, et tout semblable, ayant comme lui toutes ses lignes égales ? »*(Platon, « Ménon » traduit par Victor Cousin)

1.
Socrate est célèbre pour n'avoir pas été un chat, et pour certaines choses qu'il aurait dites. D’ailleurs, la plupart des humains disent des choses. Les gens sont si bavards. Les chats aussi, remarquez, mais pas tout le temps.

2.
Ne doutez pas de ma mauvaise foi ; je la cultive depuis que j'ai compris. Sinon, ne vous inquiétez pas pour dimanche, on invitera des frites.

3.
Pourrait-on dire que Socrate était bavard ? Je n'irai pas jusque-là, bien que je n'aie pas souvent l'occasion de converser avec Socrate (il se dit qu'il a mauvaise réputation). Sinon, pourrait-on avoir le silence au moment des informations ? C’est au tour des autres clowns de parler.

4.
On ne sait jamais ce dont les humains sont capables et qu'ils aient tout de même le nez au milieu de la figure. Certains s'étonnent. S'étonnent de quoi ? (celui qui répond « tonnes de hareng » subira un mauvais sort). Comme si on ne savait pas que si leur nez changeait tout le temps de place, les gens auraient de sérieux problèmes respiratoires.

5.
Faire le clown n'a de sens que si on prend la clownerie et les harengs-saurs   au sérieux. Sinon, ce n'est pas la peine d'adopter un hareng-saur, et de rendre une bête malheureuse.

6.
Un clown est une manière d'être au monde. Le saumon aussi. Le saucisson aussi. Le tromblon aussi. A la différence du saumon, du saucisson et du tromblon, le clown a conscience d'être au monde. Saumon, saucisson et tromblon font comme tout le monde, ils contemplent la télévision.

7.
« Espace » est un mot plus pratique lorsqu'on évoque les étoiles que quand on parle des raviolis. De plus, on ne peut guère l'utiliser pour ouvrir une boîte : le mot « espace » est en effet un très mauvais ouvre-boîte.

8.
Double ration de rhum ! ordonna Barbessanpoil le Pirate avant de s'écraser contre le bus qu'il tentait de prendre à l'abordage.

9.
De tous les humains, Socrate n'en était pas moins mortel. Je n'ai jamais entendu dire qu'il avait un chat.

10.
Celui-ci de chat ne s'appelle pas Socrate. S'il joue du violoncelle, c'est qu'il aime faire son intéressant. D'ailleurs, sa maïeutique est très sommaire.

11.
Et bien entendu, quand viendra le moment de passer à tout autre chose, vous serez pris au dépourvu, et vous vous retrouverez à vous balancer le pendule, grotesquement accroché à une ficelle dans un poème de Charles Cros. Désespérant.

12.
« Tout condamné à mort aura la tête tranchée » n'est pas le titre le plus joyeux de l'histoire de la chanson française.

13.
Semblable est parfois notre destin à çui du pain. Défois en miettes qu'on finit,  défois vieux croûton. Quant au boulanger, ça fait longtemps qu’il n’est plus artisan. C’est tout d’l’industriel maint’nant.

14.
Ayant considéré mon destin, je repris du pâté.
Comme je reprenais du pâté, je pensais que les maisons, c’est bon, avec de petits bipèdes bien croquants dedans.

15.
Lui, je ne sais pas ce qu’il pense. Moi, je pense qu’il n’existe pas.

16.
Toutes les filles qui font de la philosophie ne s’appellent pas Socrate. Et même des Marie-Socrate, ou des Jeannette-Socrate, je n’en connais pas. Socrate lui-même ne s’appelait ni Marie, ni Jeannette. Ou alors, on nous bien l’a caché.

Je ne connais pas non plus de Jean-Edouard-Socrate. Quant au chat que Socrate n’avait pas, s’appelait-il Sullogismos ? Je l’ignore.

17.
Ses chansons à Socrate, je ne les pas entendues. Est-ce lui qui a écrit : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée » ? Par contre, « Cogito Ergo Sum », « L’existence précède l’essence » et «Comment vas-tu-yau de poêle », c’est pas de lui, ça, c’est pas de lui…

18.
« Lignes » est un mot que l’on a beaucoup aligné. Certains vont d’ailleurs les pêcher on ne sait où, leurs lignes, même que parfois, ils ne ramènent que des poissons très vilains, voire de féroces créatures.

19.
« Egales sont les âmes aux pommes » est une phrase que l’on n’emploie guère que sommé par un pommier de justice (assermenté du jus de pomme bien entendu) de prendre position sur la répartition des droits et des tartines de beurre dans cette vallée de vergers et de larmes.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 avril 2023.

13 avril 2023

SI MON ONCLE AVAIT EU SON PARAPLUIE

SI MON ONCLE AVAIT EU SON PARAPLUIE

1.
On ne met pas de frites dans un cornet acoustique sans risquer un malentendu.

2.
« Si Ellen écoutait à la porte, elle disparut rapidement, car je ne vis personne. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril » [le narrateur])

Si mon oncle avait eu son parapluie,
Ellen est un prénom anglais. En Angleterre, il y a beaucoup de pluie.
Ecoutait-elle à la porte, Ellen, tandis qu’il pleut dehors ?
A verse qu’il pleut dehors, très fort.
La fille, - je ne sais pas si elle écoutait à la
Porte (je n’ai pas trouvé son oreille)
Elle n’avait peut-être pas beaucoup d’oreille, la fille qui
Disparut mais si elle écoutait à la porte (c’était un jour de pluie) ce fut
Rapidement que mon oncle sans parapluie revint sur ses pas,
Car mon oncle avait, ce jour-là, oublié son parapluie.
Je sais que si la fille écoutait à la porte, il  
Ne fait aucun doute que mon oncle aurait trouvé son oreille ; je
Vis qu’il avait oublié son parapluie ; il n’y avait
Personne dessous.

3.
Etant dit que les canards sont des étants dans l'étang, son coin-coin est donc l’onomatopée que nous utilisons pour évoquer l’être cancaneur de l’étant de l’étang.

4.
On ne dit pas : « Elle est libre comme un oiseau », mais « elle ne sait pas quoi faire de son temps ».

5.
« - Que de « Oh ! » et de « Ah ! », me dit Poirot en se penchant vers moi. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril » [le narrateur])

Que de temps passe-t-on à attendre !
De temps passé à faire des
Oh ! lorsque l’on pige soudain que l’on attend pour pas grand chose.
Et il y a aussi le temps
De se dire
Ah bin tiens, voilà aut’ chose ! Vous
Me direz, ceci n’est pas ce que vous a
Dit Hercule (même quand il avance, Hercule est son prénom et
Poirot son nom), et vous dites vrai car
En tout état de cause, je n’ai jamais rencontré de parapluie
Se nommant Hercule Poirot qui aurait pu, en se
Penchant, me faire des confidences tandis que je me dirige
Vers mon arrêt de bus
Moi et mon parapluie aussi anonyme et dénué de conversation qu’un parapluie ordinaire.

6.
Bien que les deux mots fassent rime, je ne vois pas dans quel poème épique un du ciel descendu et terrible dragon pourrait très goulûment gober un cornichon, à moinsse qu’il fust chevalier.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 avril 2023.

12 avril 2023

DE L'ÂNE POETIQUE

DE L’ÂNE POETIQUE

1.
J'évoquai Leslie Nielsen tantôt. Revois ce matin l’extrait de « L'Exorciste en folie » appelé aussi « Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? » (1990) où le prêtre (interprété par Nielsen) se prépare de façon drolatique (punching-ball sur un poulet prêt à cuire, série virtuose de signes de croix...) à ce « curieux match de catch entre un curé de choc et le démon » interprété par Linda Blair elle-même, la « Regan » de « L’Exorciste » de William Friedkin (1973). Seigneur, mais que c'est drôle...

2.
« Les situations peuvent être décrites, non nommées. (Les noms sont comme des points, les propositions comme des flèches, elles ont un sens.)
(Wittgenstein traduit par Gilles-Gaston Granger, « Tractatus logico-philosophicus, 3.144).

Les noms relèvent de la synchronie (ce sont les pièces du jeu rangées dans leur boîte) ; les situations sont des diachronies (les parties disputées).

Les lexiques sont des recueils de synchronies. Les grammaires décrivent des diachronies.

Un roman met en œuvre une diachronie (ne serait-ce que celle du temps pris pour le lire). Quand bien même le roman serait parodique, la pièce « absurde », le poème farouchement hermétique et la chanson moqueuse, il n'en reste pas moins que comédie, satire, humour, parodie, non-sens prennent sens dès leur publication. Se poser la question « la diachronie a-t-elle un sens ? » revient donc à se demander : « L'histoire a-t-elle un sens ? ».

Intuitivement, nous répondons oui : le sens que prend ce roman dans l'histoire de la littérature, des idées, dans notre propre vie... On dit aussi communément : « Les mots ont un sens ». Ce à quoi s'attache la philosophie, c'est peut être à la démonstration de cette intuition : l'Histoire a un sens et nous allons d'un point x à un point z. Le plus curieux étant qu'il semble (mais là aussi, ce n'est que de l'intuition) que ce fameux « sens de l'Histoire » ne nous prépare pas à une « fin » heureuse, mais à une disparition prématurée de l'espèce humaine.

3.
« Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond »
(Baudelaire, « La Chevelure »)

Image (originale) de la toile bleue d'une tente pour signifier une chevelure, « pavillon de ténèbres tendues », écrit Baudelaire. Ce mot au sens de « tente » viendrait de l'ancien français « paveillun » et du latin « papillo » (« papillon »). Certaines tentes médiévales pouvaient être assez somptueuses, d'où l'analogie avec la beauté des ailes de papillon, nous asymptote Wikipédia. Évidemment, la rime qui me vient, c'est « saucisson ». « carillon » serait meilleur, mais je ne vois pas bien ce que la muse aux cheveux bleus ferait d'un carillon dans une tente.

Cheveux. Fasciné par les cheveux, Baudelaire ?
Bleus. Baudelaire eut une fois, dit-on, les cheveux verts.
Pavillon rime avec carillon, saucisson, canasson, cornichon et président Macron ; sinon, pouvez aller voir sur Wikipédia le rapport entre papillon et tente médiévale.
De politique j'écrirai moins ; elle nous détourne de l’important, qu’elle s'acharne à pourrir pour qu'on parle d'elle, pour que les parasites se rendent indispensables, défois qu’on enverrait promener leurs sourires faux et leurs réformes à n'en plus finir d'emmerder les Français.
Ténèbres. Il fait encore nuit. On voit les étoiles. On a dû nous piquer la tente pendant qu'on dormait (vieille blague, recyclée avec talent par Pascal Thomas dans une de ses adaptations d’Agatha Christie).
Tendues, les ténèbres (doivent boire trop de café).
Vous regardez les politiques à la télévision, et vous vous dites, quelle bande de… C’est pour ça que je ne les regarde pas. Je les écoute vaguement à la radio en mangeant des pâtes.
Me direz que la société s’compliquant tout l’temps, logique qu’on multiplie lois et réformes. J’entends ça depuis que ma mère l’entendait déjà que je n’étais même pas né ; ce qui s’arrange d’un côté se détériore de l’autre, et ça n’a pas l’air du tout d’aller aussi bien que les ministres le content.
« Rendez-vous aux Champs-Elysees / Leave Paris in the morning with the T.E.E / Trans-Europe Express / Trans-Europe Express /… » vous vous souvenez c’était Kraftwerk, les débuts de la musique électronique de consommation.
« L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! » qu’il écrivit l’autre hanté des hermétismes.
Du flan (c’est ça que j’ai mangé en dessert). Le
Ciel, je le vois pas. Volets baissés. Le ciel
« immense » écrit Baudelaire
Et qu’il soit immense ne prouve pas qu’il soit
« rond », lequel rime avec « il est l’heure : dormons. »

4.
N’ayant pas encore trouvé de trésor sous mon sabot
Faut qu’j’aille au boulot.
C’est pas qu’ça m’amuse d’aller au turbin,
Mais faut bien que j’gagne mon pain.
Y en a qui font de la politique
Certains s’y font pas mal de fric
Moi je garde mes deux bonnets : le guignol pédagogique
Pis çui de l’âne poétique.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2023.

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