BEAUCOUP DE MACRON UN PEU DE POUTINE
1.
Avec une France fragilisée par les crises et une opinion hostile, bien des observateurs l’avaient pourtant prévenu que ce n’était pas le moment d’une nouvelle réforme des retraites. Macron n’a rien voulu entendre. Serait-il irresponsable ?
2.
Etant donné le foutoir que depuis l’affaire Benalla, les Gilets Jaunes, le confinement de mars 2020, la sotte réforme Blanquer et celle des retraites,… cet homme a mis en France, seul un rire des plus bouffons peut saluer comme il se doit le rêve de destin européen de Macron.
3.
Visiblement, le président Macron prouve une fois de plus qu’il est incapable de gouverner sereinement. Dans mon esprit, qui ne sait pas gouverner sereinement ne sait pas gouverner. Point barre.
4.
Macron n’est pas de Gaulle. Il n’en a pas la légitimité : il n’a sauvé la France de rien, et, au contraire, le désastreux confinement de mars 2020 a endetté la France pour des lustres. Quant à son ambigu « en même temps » Zelensky et Poutine de 2022, il n’a sans doute d’abord pas contribué à faire reculer les Russes.
La France est un pays contestataire. Ce n’est pas nouveau. Tout politique qui y arrive au pouvoir doit en tenir compte. Cela, Macron le sait et pourtant, dès 2018, il semble qu’il ce qu’il veut surtout, c’est « emmerder » les Français par toujours plus de réformes. Il avait depuis sa réélection un boulevard devant lui en axant sa politique sur la défense de l’Ukraine, la lutte contre l’inflation, la défense des services publics et la relance de notre diplomatie en faveur de l’armement (véritable richesse de la France, d’autant que nous y avions, pendant des décennies, acquis savoir-faire et intelligence). Qu’a-t-il fait ? Des travaux dirigés fort propres à avoir une bonne note dans une grande école mais qui, dans la réalité, ne sont qu’un tissu de sottises.
5.
Quant à la réforme Blanquer, autre sot macronisme, elle a maintenant largement montré son inefficacité dans le secteur public, possible que, dès l’an prochain, le privé lui-même (le secteur de l’apprentissage en faveur duquel cette réforme a été bricolée) en dénonce quelques effets secondaires.
En outre, les universités sont toujours pleines de gens qui auront bien du mal à atteindre leurs 43 années de travail.
6.
Cela fait combien de jours, de semaines, de mois que les apprentis collabos pro-Poutine nous annoncent la prise de Bakhmut par les Wagner, la chute du régime de Kiev, le dollar remplacé par le rouble ?
7.
Les bonnes âmes macronistes m’amusent lorsqu’elles affirment qu’après l’adoption de la réforme des retraites, il faudra repenser le rapport des Français au travail, afin que le dit travail « fasse à nouveau sens ». Euh… charbonner, c’est toujours charbonner, et bosser à l’usine n’a de sens que par la nécessité d’un salaire.
8.
Les électeurs n’ont pas fait barrage à Le Pen et Mélenchon pour que le gouvernement en vienne au 49.3. Ce n’est tout de même pas difficile à comprendre.
9.
J’incline à penser que dans les livres d’histoire, on lira que les deux mandats d’Emmanuel Macron auront été marqués par une gestion technocratique et maladroite.
10.
18.03.2023. Je lis que le président de la fédération bancaire française a fait savoir qu’il n’y avait « aucun risque » de contagion de la crise en France. Le 15 mars, au vu des soucis du Crédit Suisse, les actionnaires de la BNP et de la Société générale auraient donc paniqué pour rien ?
11.
Le vol d’enfants ukrainiens par les Russes me rappelle le roman « Le Roi des Aulnes », de Michel Tournier, qui évoque l’appétit mortifère du IIIème Reich pour les jeunes esprits et la chair fraîche (Napolas, Hitlerjugend , etc…).
Estomac d’un ogre à l’appétit démesuré, la Russie finira par éclater.
12.
Résumons-nous. Macron est mauvais ; les autres sont pires. Conclusion : Elections piège à.
13.
Irresponsable. Par sa sottise, le président Macron jette une nouvelle fois le trouble dans les rues. L’entêtement à tendance autoritaire de Macron ouvre un boulevard à l’extrême-droite, et puis, quelle aubaine pour la propagande des Poutine, Lavrov and Co.
14.
Chant des Sirènes. Bardella proposerait de ne pas présenter de candidat RN face à un candidat LR en cas de vote de la motion de censure par les Républicains et de nouvelles législatives. Ça doit cogiter sec chez certains LR sur la réalité des chances de revenir au pouvoir et d’en finir avec la Macronie. Ceci dit, comme on sait, les Sirènes finissent par dévorer les marins fascinés et imprudents.
15.
Il est à parier que beaucoup de Français inquiets des troubles en voudront à Macron de ne pas savoir gouverner. C’est ainsi que François Hollande a sabordé le PS ; c’est ainsi que disparaîtra la Macronie.
Je sais bien que l’on ne gouverne pas la France comme on dirige un lycée, mais je note tout de même que les élèves mécontents du chahut en veulent au professeur de ne pas savoir tenir sa classe.
Je note aussi que le PS hollandiste et Macronie auront eu en commun non d’être des partis portés par des idées mais des instruments au service d’une politique de destruction des services publics.
16.
Ne soyons pas naïfs : la sale guerre de Poutine en Ukraine nous donne en fait le choix entre une dictature entretenue par une mafia mortifère et expansionniste (la Russie poutinienne) et des démocraties de plus en plus technocratiques et minées par d’autres corruptions.
17.
Augmenter le nombre de cotisants en en finissant avec la politique de massification de l’enseignement supérieur et en rajeunissant la moyenne d’accès à un premier emploi permettrait-il d’éviter un recul de l’âge de la retraite ? Je ne sais pas, mais toujours plus reculer l’âge de l’entrée dans le monde du travail par un allongement parfois très artificiel des études et la mise en place de gadgets « apprenants » (le SNU en est un exemple) ne favorise certainement pas l’augmentation du nombre de cotisants.
18.
Amusant : sur BFM TV, Pascal Perrineau excuse le déni de la légitimé démocratique de l’Assemblée nationale par le recours au constitutionnel et « démocratique » (assure-t-il) 49-3. Constitutionnel, le 49.3, oui ; en est-il pour autant démocratique ? A mon avis, ça se discute.
La question est : tout ce qui est dans la Constitution est-il par définition « démocratique » ? Lorsque je dis : le Président est le Chef des armées, je dis aussi que le président Macron n’a, dans mon esprit, pas de compte à rendre sur l’aide que la France apporte à l’Ukraine. Cela me semble légitime, mais je ne prétends pas que cela soit démocratique.
La politique et l’acte de gouvernement relèvent-t-il d’une « science politique » et donc de la technocratie, ou de la remise en question permanente, et donc du débat démocratique, que suppose une approche philosophique ? La mauvaise gestion par Emmanuel Macron de bien des dossiers plaide pour la seconde option.
19.
Croire qu’une xème réforme des retraites permettrait de « sauver » l’économie française me semble aussi sot que d’affirmer : en soignant votre rhume, je vous guérirai du cancer.
20.
Si par extraordinaire, une motion de censure faisait, le 20 mars 2023, tomber le gouvernement, provoquant ainsi une dissolution et des législatives, Emmanuel Macron passerait, à coup sûr, pour le président le plus maladroit, sinon le plus sot, de la Vème République.
Patrice Houzeau
Malo, le 19 mars 2023.