ON FINIT PAR S’Y PERDRE
1.
On finit par s'y perdre. C'est quand la prochaine grève contre la réforme des retraites et la tête à Macron, because, moi je manifeste pas (ah non alors), par contre, je reste chez moi à les entendre débiter sur France Info âneries et mensonges, les macronistes.
2.
J'aime bien Michka Assayas, mais ce que j'entends ce 3 avril 2023 dans « Very Good Trips » est tout sauf du rock. C'est quoi cette daube à synthétiseurs ?
Bon, y en a marre, je m'en vais sur You Tube m'écouter une bonne vieille galette des Stones.
3.
On a cru en Rimbaud, on a cru aux Stones, en Ferrat & Ferré, aux Beatles, en Mitterrand, en l'abolition de la peine de mort, aux 35 heures, au gaullisme version Chirac, à l'amitié entre les peuples, et maintenant on l'a dans l'cul et Macron pour nous le faire comprendre...
4.
A quasi 60 balais, je m'étonne que ni la brûlure de l'alcool, ni le tabac, ni le covid (je ne suis même pas vacciné) m'aient atteint. Bah, je suppose qu'un cancer fulgurant viendra un de ces jours et m'emportera en quelques semaines. Qui me regrettera ? Personne.
5.
Ah ça que j'ma froiduré ! Glacial, lame au cœur, savez non ? Bin j'm'en suis sorti, mais je sais ce que c'est que la « mort dans l'âme », le froid, ce seigneur réel. C'est d'la mort et du désir... d'la mort avec conscience... c'est l'humain tel qu'il est, obscène.
6.
Dis c’est quoi encore ? La Schiappa aurait bricolé-bricoli-bricola-bricolo avec l'argent à la France, comme un vulgaire Blanquer... Ah la la... Méritez-vous qu'on vote encore pour vous ? Méritez-vous encore qu'on vote ? Dans mon esprit, la réponse est non : ni dieu ni maître, ni Macron, ni Mélenchon.
7.
Et qu'ça saxophone et fait son planant à la guitare qu'on croirait du David Gilmour, non ? : c'est « Can't you hear me knocking » et ceux qui douteraient que les Stones soient un grand et vrai groupe de rock n'roll ouvrent leurs esgourdes et l'écoutent ce morceau.
8.
Aussi seul qu’un os. Un chien passant m’emporterait.
9.
Savez-vous pourquoi je suis de droite ? Parce que je n’aime pas les pauvres. Et savez-vous pourquoi je n’aime pas la pauvreté ? Car né dans les soucis financiers et ayant connu cela trop souvent, je sais de quoi nous sommes capables. Là-dessus, Macron a raison de se méfier.
Remarquez que je n’aime pas les riches non plus (surtout les fils et filles de) et moins encore que les pauvres bougres qui errent dans nos rues. Du coup, vous comprendrez que je n’ai pas beaucoup d’amis. Mais j’ai ma morale : ni dieu ni maître, et j’ai du mal à être contraint de.
10.
Sur You Tube, défois j’écoute de la disco. La disco, c’est pas de la musique, c’est juste du marketing, du boum-boum-boum en série avec de jolies filles qui dansent. Mais ça me rappelle le temps du juke-box dans les troquets, de la bière à 2 francs 70 (3 francs 40 la « spé », les brasseurs n’ayant pas encore trouvé le moyen d’assommer le travailleur avec des bières fortes). C’était à Lens, du temps de mon adolescence, ah la nostalgie, quel cornichon, quelle couillonnerie !
11.
Comment en est-on arrivé à une société où l’on a oublié l’élégance de Stéphane Grappelli et où des brutes comme Booba et consorts gagnent un pognon de dingue cependant que les professeurs démissionnent et que l’on manque de médecins et de personnel soignant ? Technocrate, je te méprise.
12.
7 avril 2023. Il se dit que Elisabeth Borne a compris que la société française est en plein désarroi face à des réformes brutales et parfois incompréhensibles (la réforme des retraites, la réforme Blanquer) cependant que Macron continue de planer dans les sphères d’une de plus en plus hypothétique transformation de la France en Start-Up Nation.
13.
Quelque chose me dit qu’investir dans la Russie à Poutine, c’est être assuré de perdre son argent, son temps et sa réputation. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine. Jirnov le dit depuis longtemps : Poutine est un rien du tout, un minus habens.
L’euro à plus de 88 roubles. On ne peut pas dire que la pseudo-monnaie à Poutine se porte bien…
14.
Charlebois… ma première idole d’adolescent… même Brel et Ferré dans ma caboche pouvaient pas rivaliser… j’m’y retrouvais d’ma pomme d’alors : mélancolie (« Doux sauvage », ma chanson préférée de tous mes temps), surréalisme (« California »), électricité (« The Frog Song », « Wasichu »), ironie et humour (« Le Révolté », « Conception », « Fu Man Chu »), expérimentation (« Engagement », « Deux femmes en or » qui plut fort à Frank Zappa dit-on, et l’extraordinaire « Trop Belle pour mourir »)
« La ville a tout avalé mon lac et ma plage
Grignoté mes souvenirs
Doux sauvage
Et pendant que je brigande
J’entends mes rivières chanter qu’elles m’attendent
Tout au fond de ma bière »
(Robert Charlebois, « Doux Sauvage » et c’est magnifique).
15.
Je ne voterai jamais pour un parti qui accueille en son sein le pro-Poutine Thierry Mariani. Et si, par mauvaise aventure, ce parti arrivait au pouvoir et que Thierry Mariani rentrât au gouvernement, je rentrerais en résistance, sauf si d’ici là on apprend (il faut s’attendre à tout) que Mariani travaille en fait pour la CIA.
16.
On en est là : la France, patrie de la Révolution s’attend à ce qu’après Macron, l’extrême-droite arrive au pouvoir. Moi, de droite, la tentation extrémiste, je la connais, mais désolé, je ne veux pas du retour de l’ordre moral, des grenouilles de bénitier et des pharisiens.
Patrice Houzeau
Malo, le 7 avril 2023