PAR ACQUIS DE CONCOMBRE
PAR ACQUIS DE CONCOMBRE
1.
« Puisque la chose est « mathématiquement » possible, pourquoi ne la serait-elle pas « humainement » !... Mais si la chose est « humainement » possible, l'affaire est formidable ! »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre Jaune » [Rouletabille])
Des rapports entre les possibles et probables des équations et des conditions humaines. Ça finit défois par de grands boums.
2.
« Les concierges sont donc en liberté, maintenant ? » demandai-je. »
Gaston Leroux, « Le Mystère de la chambre jaune » [Sainclair]
Cette phrase, prise dans un sens absolu, est délicieusement absurde.
3.
« - Ça n'est pas possible !, m'écriai-je, et quel événement peut être plus mystérieux que le mystère de la « Chambre jaune » ? »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre jaune » [Sainclair])
Moi, ce qui me turlupine parfois, c'est le mystère de la deuxième chaussette disparue.
Le mot « mystère » n'a en lui-même rien de mystérieux. On en connaît toutes les lettres et l'on sait d'où il vient. Du latin, comme beaucoup, et du grec ancien, comme autant, d'autres, certains. Comme rime à « mystère », ce qui me vient c'est « mousquetaire », puis « pomme de terre », - réminiscence rimbaldienne :
« Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre !
- Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère »
(Rimbaud, « Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs »).
Au bivouac, le mousquetaire fit cuire quelques pommes de terre. Il était silencieux et, de tout le jour, n'avait pas quitté sa tête de mystère...
Le mot « bivouac », d'après ce que charlemagne Wikipédia (le verbe « dire » me semble si monotone ; d'ailleurs, on en dit toujours trop) est aussi utilisé en anglais depuis les guerres napoléoniennes. Il viendrait de l'allemand médiéval (serait-il arrivé à cheval?) « biwacht » (en allemand moderne, on trouve le participe passé « bewacht » (de « bewachen ») : gardé, surveillé, protégé...
Le mot « bivouac » me semble aller comme un gant à « Cyrano de Bergerac ». En trouve-t-on la rime chez Edmond Rostand ? Je ne pense pas, mais faudrait vérifier, par acquis de concombre (j'ai oublié le mot approprié parce que je suis un cornichon, du coup j'emploie le mot « concombre », il me semble que ce n'est guère éloigné).
4.
Entendu sur France Culture cette phrase : « Les guerres napoléoniennes ont absorbé beaucoup de chevaux. » Ai pensé illico que les guerres à Napoléon furent de monstrueuses éponges pleines de sang. Ai pensé aussi à Fabrice à Waterloo et à cette phrase :
« Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue. »
(Stendhal, « La Chartreuse de Parme »)
5.
« J'ai vu sa tête... ai-je bien vu sa tête ?... »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la Chambre Jaune » [Rouletabille])
Ce que l'on voit et ce que l'on croit voir. On dit que, le 5 mai 1821, les derniers mots de l'Empereur furent : « tête... armée ». Puis tel qu'en lui-même sa légende le changea.
Patrice Houzeau
Malo, le 11 avril 2023.