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BREFS ET AUTRES

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16 mars 2023

L'HOMME D'ETAT LE 49.3 ET LE SOUTIEN A L'UKRAINE

L'HOMME D'ETAT LE 49.3 ET LE SOUTIEN A L'UKRAINE

1.
L'homme d’État a pris une décision essentielle.

Cela peut s'écrire aussi : cet homme, en vertu de la raison d'Etat, a pris une décision essentielle.

Ce qui signifie que les observateurs, les historiens, les collectionneurs de figurines de vaches, de veaux, de cochons et de grenouilles discutent de savoir si la décision que l'homme, en vertu de la raison d’État, a prise, est essentielle ou pas.

Ce qui signifie que la décision pourrait ne pas être aussi essentielle qu'elle en a l'air.

Si l'homme d’État a décidé de soutenir l'Ukraine contre Poutine et sa sale guerre, mais ne procure pas à l'Ukraine les moyens de vaincre l'armée russe, alors la décision n'est en rien essentielle, et n'est que de politique intérieure.

Si l'homme d’État, au contraire, décide d'aider l'Ukraine contre Poutine et sa sale guerre en lui procurant assez d'armes pour vaincre l'armée russe, alors la décision est réellement essentielle car l'homme d’État engage ainsi son pays dans une lutte qui concerne l'avenir des démocraties occidentales.

Si l'homme d’État fait semblant et promet beaucoup à l'Ukraine et ne procure que fort peu, alors l'homme d’État est un menteur, un hypocrite, un complice en douce de Poutine et de sa sale guerre.

Vous me direz : où est la volonté du peuple dans tout ça ?

Ce qui pose le problème des positions réelles de l'intérêt général et de la volonté populaire.

Ce qui pose le problème de la continuité démocratique, du rôle du parlement et du référendum.

Mais si le président de la République n'est plus le chef des armées, qui le serait ? Je vois mal le sort des armes de la France disputé à la Chambre et soumis à des utilitarismes plus ou moins honteux.

Vous me direz : mais comment s'assurer que l'homme d’État et sa décision essentielle est bien exempt de tout utilitarisme ?

Réponse : C'est une affaire d'intime conviction. C'est bien pour cela qu'il existe une éthique qui ne peut jamais se confondre tout à fait avec une raison d’État tout autant politique que morale.

Vous me direz : mais en quoi la sale guerre de Poutine en Ukraine concerne-t-elle l'avenir des démocraties occidentales ?

Réponse : Parce que, de même que nous ne pouvons pas laisser le champ tout à fait libre aux corruptions africaines, au risque d'assister à d'autres tentatives génocidaires, nous ne pouvons pas laisser Poutine et ses sbires s'imaginer qu'ils pourraient avoir quelque jour l'avenir de l'Europe entre leurs mains.

2. 
Donc, 49.3 pour la réforme des retraites. Concrètement, cela signifie que la technocratie décide à la place des Français et à la place des représentants de la nation. Et que ceux qui trouvent logique que des gens continuent tant et plus à aligner les années et se ruiner la santé à l'usine ou dans les si mal pourvus hôpitaux publics, sans parler des lycées difficiles (euphémisme) ne me parlent pas de « déni des réalités ». Ce sont eux qui sont dans le déni. La retraite par répartition est aussi une affaire de solidarité. La Macronie se félicite qu'il y ait de plus en plus de riches en France. Il y a aussi de plus en plus de pauvres. Avant que ça explose façon extrême-droite au pouvoir, il faudrait penser un peu plus à la répartition, justement, et moins à servir la soupe aux requins à venir de la retraite par capitalisation.

Accessoirement, ce passage en force de la réforme des retraites est une illustration supplémentaire de la tendance autoritaire du président Macron. Mais ça, depuis le désastreux confinement de mars 2020, nous le savions déjà.

3.
16 mars 2023. Il semble que les menaces de krach boursier du 15 mars 2023 s'éloignent après que la banque centrale suisse a décidé d'accorder un prêt de 50 milliards de francs suisses (mazette!) pour éviter une éventuelle défaillance du Crédit Suisse : Cac 40 et Dow Jones ont fini en hausse (+ 2,03% et 1,17%), le cours de BNP Paribas remonte la pente tandis qu'à la Bourse de Moscou, les indices continuent de chuter et l'euro vaut maintenant plus de 82 roubles (indices de la détérioration de l'économie russe). Quel rapport me direz-vous ? Eh bien, je vois dans le sauvetage du Crédit Suisse et la remontée des cours une preuve de la solidité du libéralisme occidental, et dans l'effritement de l'économie russe la preuve qu'aucune mafia ne peut réellement diriger un pays.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mars 2023.

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15 mars 2023

LE 15 MARS 2023 EST-IL LE PREMIER JOUR D'UN CRASH ?

LE 15 MARS 2023 EST-IL LE PREMIER JOUR D'UN CRASH ?

La Start Up Nation, si chère à Macron, a du plomb dans le PC : la faillite de la Silicon Valley Bank, les licenciements qui se suivent dans l'informatique et les GAFAM : tout ça, c'est pas bon pour le nouveau monde des têtes d’œuf connectées.

1.
Le 15 mars 2023, en France, nouvelle journée de manifestation contre la réforme des retraites. Les échos de la guerre russo-ukrainienne évoquent un drone américain tombé en mer Noire. L'inflation est plus forte que prévue. On parle aussi d'un possible crash boursier.

2.
15.03.2023. BNP Paribas et la Société Générale en difficulté ? Cela a-t-il un rapport avec la faillite de la Silicon Valley Bank ? Si oui, il me semble pourtant avoir entendu Bruno Le Maire affirmer que les bouillons américains n'influeraient en rien sur les banques françaises.

3.
S'il s'avère qu'une fois encore le secteur bancaire a investi dans de l'étrangeté à risques, et que l'Occident voit s'envoler ses espoirs de reprise, déjà qu'on y croyait moyen, la gouvernance Macron pourrait bientôt avoir encore les oreilles qui lui sifflent fort.

4.
15.03.2003. Incendie ? On évoque un possible crash boursier. Si nous rentrons dans un nouveau cycle de crise, alors la réforme des retraites pourrait bien plonger à terme des millions de gens dans la mouise. Ce n'est pas le moment d'en remettre sur le dos des salariés. Les économies post-covid sont encore trop fragiles et cela ouvrirait un boulevard aux extrémismes.

5.
15.03.2023. 13 heures 35 (heure de Paris) Indices boursiers russes en nette baisse (IRTS à – 2 %). 1 euro = 80 roubles. Il n'y a donc pas que la Bourse de Paris qui souffre : Crédit Suisse, BNP et Société Générale en difficulté.

6.
Si je pige bien, nous payons la dette du confinement de mars 2020 par l'inflation et aussi par le recul de l'âge de la retraite. M'est avis que la confiance dans les institutions va encore en prendre un coup.

7.
Résumons-nous. Depuis 2020 : pandémie du covid, crise énergétique, guerre russo-ukrainienne, reprise de l'inflation, éventuel crash boursier. Ajoutons réchauffement climatique, surpopulation et sotte réforme Blanquer, et euh, l'avenir, je le vois pas bien yop la boum, l'avenir.

8.
J'espère qu'un nouveau crash boursier sera évité. Possible que la guerre russo-ukrainienne ait aussi, parmi ses causes multiples, la crise boursière de 2008. Une nouvelle crise se surajoutant à celle en cours pourrait accroître singulièrement les tensions internationales.

9.
Chacun défendant son bifteck, nous n'avons pas voulu négocier la décroissance, et la décroissance nous sera peut-être imposée par les événements.

10.
Nous avions bien compris que le temps du veau gras était fini, mais nous n'avions pas compris que celui des vaches maigres allait advenir.

11.
15.03.2023. 15 Heures 35. le cours BNP Paribas remonte (- 8, 62% au lieu des - 10 de la fin de matinée). Celui de la Société Générale aussi ( - 10, 34 %). Les pertes d'aujourd'hui seront-elles limitées ? Cela ne signifie pas la fin de l'alerte.

12.
15.03.2023. 15 Heures 45 (heure de Paris) : comme c'était à prévoir, le Dow Jones ouvre à la baisse : (- 1,84%). A surveiller.

13.
Au soir du 15 mars, bourse de Paris, le CAC 40 a baissé de – 3,58%. Les cours de la BNP et de la Société Générale ont chuté de – 10,11% et – 12,18%, le Crédit Suisse de – 24,24% (!). Les indices boursiers russes étaient en nette baisse. Le Dow Jones amortira-t-il le choc ?

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2023.

15 mars 2023

TEL QU'IL POURRAIT ÊTRE S'IL AVAIT UN NOM

TEL QU'IL POURRAIT ÊTRE S'IL AVAIT UN NOM

« Oublieuse de l'être et de sa propre vérité, la pensée occidentale pense, dès son début, constamment l'étant en tant que tel. »
(Heidegger traduit par Wolfgang Brokmeier, « Chemins qui ne mènent nulle part »)

1.
A mon avis, la vérité de l'Occident est dans l'escalier. Quant au cornet de frites, je ne me demande pas si les frites avalées sont l'être du cornet ou si le vide – assez gras quand même hein – du cornet est l'être des frites avalées. J'avale les frites, en pensant à Fernande.

2.
La concierge dans l'escalier pense-t-elle toujours à ce qu'elle aurait dû répondre ?

3.
Tout est possible à l'homme impossible. Cela ne prouve pas que tout lui soit permis. Et pourtant, l'homme impossible fait comme si.

 

Oublieuse puisque tout s'oublie et que tout cela s'abandonne. Oublieuse
De sa vérité comme de son mensonge - oublier sa vérité, n'est-ce pas la laisser se dissoudre dans le mensonge ? Oublieuse de
L'être – ce qui ne peut être sans la perception de l'étant et qui cependant transcende la matérialité du cornet
Et des frites qui sont dedans, la fille que j'ai aimée et qui n'est plus là où je l'ai aimée, quand bien même la fille se tient devant moi, elle n'est plus mon amour, elle n'est plus ni objet, ni sujet
De mon amour,
Sa liberté lui est comme l'être est à l'étant, et elle est la liberté partagée et sa seule liberté, que je connais sans la comprendre tout à fait, cette liberté
Propre à la fille que j'ai aimée et qui se partage, cette liberté, comme une Vérité, un emploi du temps, un repas, une haine, qu'à mon avis,
La vérité de l'Occident est dans l'escalier, dans le « on aurait dû », la vérité de la
Pensée occidentale, cette vérité qui se tient dans les siècles de sa philosophie et qui se tient aussi dans ce que l'on pressent après le Cogito, « l'homme né libre et partout dans les fers », la séparation des pouvoirs, le « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », le Dieu mort, « l’existence précède l'essence », les libéralismes, les universalismes, les repentances à larmes de crocodile, ah oui, la pensée
Occidentale, cette politique que certains prennent pour une métaphysique alors que ce qui s'y
Pense est avant tout l'alchimie du verbe, la puissance du langage à transformer le réel – les politiques ne sont-ils pas des mains à plume qui font marcher les mains à charrue ? Oublieuse donc, la pensée occidentale,
« Dès son début », écrit Heidegger - dès les Grecs donc ? Dès l'animal politique d'Aristote ?
Son goût des palais et des révolutions ne serait-il que le
Début toujours recommencé,
Constamment recommencé d'un déclin programmé de sa civilisation, à la pensée occidentale ? D'une promotion catastrophique de
L'étant en tant qu'étant, et non
En tant que preuve de l'être – l'étant prouve-t-il quoi que ce soit ? - en
Tant qu'étant, en lieu et place de ce
Que nous appelons « être », et dont nous cherchons le nom
Tel qu'il pourrait être s'il avait un nom.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2023.

15 mars 2023

PIS BIN TOUT UN TAS D'ETANTS

PIS BIN TOUT UN TAS D'ETANTS

 « quelque chose en tout était perdu »
(Henri Michaux)

Tout un tas d'étants tout un
tas d'étants tout un tas pis
d'étants quoi tout un tas un
tas d'étants hein un tas pis
tas d'étants quoi un tas pis
tas d'étants là épicétou tas
d'étants épicétou qui font &
firent & feront & déferont &
y en a plein partout de tous
ces tas d'étants là tous ces
tas d'étants plein qu'y en a
partout plein partout y en a
plein de tous ces étants pis
qu'on se demande où que donc
qu'il est l'être où que donc
l'être qu'il est hein l'être
où où l'être qu'il est parmi
ces tas d'étants ce vrac des
étants vrac flux & reflux où
où qu'il est l'être où où où
où qu'il est l'être dans ces
tas d'étants ces tas ces tas
ces tas d'étants ce vrac ces
tas ce vrac flux froid froid
reflux froid froid froid ces
tas ce vrac d'étants vrac ce
épicétou épicétou & pis hein
& pis & pis quoi & pis & pis
pis un tas d'étants éteints.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2023.

15 mars 2023

QUELQUE CHOSE EN TOUT ETAIT PERDU

QUELQUE CHOSE EN TOUT ETAIT PERDU

« Ce qu'il y avait, je ne m'en souviens pas au juste, car je n'ai pas de mémoire, mais visiblement, ce n'était pas satisfaisant, quelque chose en tout était perdu, qu'il espérait retrouver et qui s'était fané. »
(Henri Michaux, « La jetée »).

1.
Poème sur l'adieu à la vie : « La jetée », de Henri Michaux. Le narrateur assiste à la disparition d'un humain aussi lui-même que lui pourrait être un autre. Cet humain est vieux et tente de retrouver ce que, jadis, il a tant aimé.

2.
Ce que cet humain retrouve, le narrateur ne peut le préciser car, dit-il, « je n'ai pas de mémoire ». L'une des façons dont la vie nous abandonne, nous relègue, est la perte progressive de noms qui nous furent pourtant si familiers.

3.
En témoin, le narrateur assiste à la remontée de curieux fantômes : « capitaines d'autres âges en grand uniforme », l'Histoire traversée, celle des leçons du collège, parfois celle des conflits, et aussi le retour de « femmes habillées richement mais comme elles ne s'habillent plus. »

Succès, aventures, champagne : en vrai, des squelettes en robes de soirée, des décaties, des obsolètes, des desséchées. Tout ça c'est du jadis, de l'enterré dans des zones désertées.

4.
Ce qui importe, c'est que l'humain retrouve ses souvenirs incarnés. Ce ne sont pas des images dans la fumée d'la cafetière à fantasmes, mais de vrais corps. L'humain, s'il les retrouve, il ne les reconnaît pas tels qu'il les a connus. Il a beau les regarder « attentivement avec grand espoir », « son regard » s'éteint et il « pousse ça » derrière lui.

« il poussait ça derrière lui ». Le grand nombre d'étants qui peuplèrent sa vie (l'estacade en est remplie) est ainsi réduit au pronom démonstratif vaguement dépréciatif « ça ».

5.
L'image des poulies grâce auxquelles l'humain, sur la jetée, repêche dans la mer ce qui constitua sa vie illustre la formule connue de « ce qui remonte à la surface » (souvenirs, gens oubliés, perdus de vue et soudain retrouvés, routines anciennes, vieilles affaires, lieux, parfums, expressions, œuvres, tout un tas d'étants...).

6.
C'est le narrateur lui-même qui « profitant du brouillard », lequel l'isole provisoirement du monde et en suspend le temps, construit cette « jetée jusqu'à la mer ». Cette jetée, c'est une scène, et ce pêcheur de sa propre vie est le personnage d'une pièce que le narrateur s'imagine. Il y fait d'ailleurs du « brouillard » sur cette mer, et l'on sait dès le début du texte que le narrateur est censé, sur ordre du médecin, ne pas quitter sa chambre.

7.
La fin du texte, après la disparition du pêcheur, présente d'ailleurs un narrateur « grelottant de fièvre », qui se demande « comment il a pu regagner son lit ». Ne l'aurait-il pas quitté et cette jetée ne serait-elle qu'une vision fiévreuse ? En tout cas, cette fièvre, cette condition de malade est une autre manière d'abandon. L'un disparaît et perd la vie ; l'autre perd la santé et regagne son lit.

8.
C'est en cherchant dans la foule des étants l'être de ce qu'il a aimé, de ce qui l'a enthousiasmé, de ce qui l'a fait vivre, que le pêcheur constate que retrouver l'étant ne lui fait pas retrouver l'être, et que sentant sans doute une impossibilité d'être, à être, à continuer d'être, à persister dans l'être, il est emporté par tout ça, cette somme de « débris », devenu « débris » lui-même, entraîné par tout ce qu'il « rejette à la mer », par tout ce qu'il abandonne et plouf ! le grand plongeon.

9.
« des caisses cloutées de toutes sortes de choses précieuses » : une collection d'étants qui apparaît aux yeux du pêcheur comme aux yeux du narrateur, comme si le narrateur lisait dans les pensées du pêcheur, à moins que le pêcheur ne soit qu'une vision, un double fantasmé du narrateur, collection qui se fond en un « tout fané », en un « tout » qui s'est fané, puisqu'il en est sans doute de la nature des étants de se faner, et qui se fait « ruban », fil du temps repassé, et qui vous « glace », et qui vous « entraîne » au fond du brouillard d'où l'on ne sort plus jamais, et où les vivants finissent par vous oublier.

10.
Je me souviens que jadis un chroniqueur sur (était-ce France Musique ou France Culture ?), citant dans la même sentence Henri Michaux et Fleetwood Mac, considéra que leurs œuvres, relevant du « ringard » (sic) ne prouvaient jamais que le mauvais goût de ceux qui, comme moi, apprécient à la fois la profondeur de Michaux et le talent de l'album « Rumours ». Ce matin-là, ce chroniqueur a paru pour ce qu'il est sans doute, un ignare probablement surdiplômé : ils sont légion.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2023.

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14 mars 2023

TROIS PETITES FANTAISIES AU SCARABEE

TROIS PETITES FANTAISIES AU SCARABEE

1.
« What ho ! what ho ! This fellow is dancing mad ! He hath been bitten by the Tarantula. (All in the Wrong.) »
(Edgar Poe, « The Gold Bug »)

« Oh ! Oh ! qu'est-ce que cela ? Ce garçon a une folie dans les jambes ! Il a été mordu par la tarentule. (Tout de travers.) »
(Poe traduit par Baudelaire, « Le scarabée d'or »)

Baudelaire a traduit « This fellow is dancing mad » par « ce garçon a une folie dans les jambes ». En général, c'est en tête que l'on a une folie. Mais la folie est partout chez elle, je suppose. Après tout, n'est-elle pas la condition de la raison ? Et là, je me dis que j'écris un sophisme, mais ça ne fait rien parce qu'au fond, personne ne peut prendre ceci au sérieux. C'est d'ailleurs ce que me dit quotidiennement mon dromadaire, lequel a une bosse tandis que la cerise a un noyau et la fraise non.

Quant à savoir si le « bug » est un « scarabée », j'avoue que comme je l'ai entendu dire par une punaise qui discutait avec un scarabée : « All bugs are insects, but not all insects are bugs. » La tarentule, quant à elle, est bien une araignée, laquelle a donné son nom à la tarentelle, danse rituelle qui n'a rien d'amusant.

2.
« Well ! » I said, after contemplating it for some minutes, « this is a strange scarabaeus, I must confess : new to me: never saw anything like it before – unless it was a skull, or a death's head – which it more nearly resembles than anything else that has come under my observation. »
(Edgar Poe, « The Gold Bug »)

« - Oui ! - dis-je, après l'avoir contemplé quelques minutes, - c'est là un étrange scarabée, je le confesse ; il est nouveau pour moi ; je n'ai jamais rien vu d'approchant, à moins que ce ne soit un crâne ou une tête de mort, à quoi il ressemble plus qu'aucune autre chose qu'il m'ait jamais été donné d’examiner. »
(Poe traduit par Baudelaire, « Le scarabée d'or » [le narrateur])

Je lis sur Internet cet exemple : « If you don't confess, your conscience will torture you. » La conscience, comprenez la conscience morale défois qu'elle nous torture, chagrine. On la paye de mots, quand on a des mots, et ça c'est si l'avaleur de mots ne nous les a pas chopés. Sinon, on mange trop de biscottes. Les craquements des biscottes beurrées avec de la confiture couvrent un temps les leçons de la conscience.

3.
« I presume you will call the bug scarabeus caput hominis, or something of that kind – there are many titles in the Natural Histories. »
(Edgar Poe, « The Gold Bug »)

« Je présume que vous nommerez votre insecte scarabeus caput hominis, ou quelque chose d'approchant : - il y a dans les livres d'histoire naturelle beaucoup d'appellations de ce genre. »
(Poe traduit par Baudelaire, [le narrateur])

Le narrateur présume que Legrand, (c'est un personnage du « Scarabée d'or », d'Edgar Poe) va nommer ce scarabée non pas « Alea jacta est » ni « Cogito, ergo sum », ni « Sum quod eris », mais « Scarabeus caput hominis » (ne ressemble-t-il pas à un « crâne » ou à une « tête de mort »? - et s'il avait ressemblé à une saucisse ? Comment cétyke?) et si Poe avait écrit « I presume you will call the bug No Future », cela aurait donné lieu à bien des commentaires.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 mars 2023.

13 mars 2023

ÇA SENT L'PIRATE S'T'AFFAIRE

ÇA SENT L'PIRATE S'T'AFFAIRE

« There was a boat lying on a sea-coast, and not far from the boat was a parchment – not a paper – with a skull depicted on it. »
(Edgar Poe, « The Gold Bug » [Willliam Legrand])

There was a boat, ce qui veut dire qu'il y avait un bateau
Was qu'il écrit Poe que le bateau depuis le temps je sais pas.
A boat, un bateau, un truc qui glisse sur les gouffres amers, comme il écrit Baudelaire dans un poème sur les albatros, vastes oiseaux des mers. Pour ce qu'il est devenu, le
Boat là, j'en sais rien. Peu importe. Ce qui compte ici, c'est le signe. Marrant, si l'espèce humaine disparaissait, resteraient les signes, que les insectes, le vent et la poussière finiraient par ronger jusqu'au néant.
Lying qu'il écrit Poe, qui vient de « to lie » (rester, se trouver) que Baudelaire a traduit par « échoué » parce qu'un bateau, même quand il ne fume pas, ça arrive qu'il s'artrouve échoué voyez.
On a sea-coast, c'est-à-dire « à la côte » parce que s'il s'était échoué à la crème, ça aurait fait un jeu de mots mais c'eût été pas l'sujet.
A sea-coast qu'internet a l'air de trouver curieux avec un trait d'union, que je trouve seacoast mais pas
Sea-coast, with a hyphen (hyphen, c'est trait d'union), je trouve aussi « west coast », ce qui me fait penser au jazz west coast et donc à Stan Getz, dont l'album « Getz/Gilberto », enregistré en 1964, est une merveille, surtout si on aime la bossa nova,
And, la conjonction « and » veut dire que ce n'est pas fini, eh non.
Not far, donc c'est pas loin, pas loin de quoi, pas de la véranda avec la fille dedans de la chanson à Julien Clerc, eh non non plus, car c'est not
Far from the boat, pas loin du bateau, qu'après far il y a
From, qui est une préposition comme dans la phrase « he was interested in planes from his early childhood », « il s'est intéressé aux avions dès son plus jeune âge », et depuis il vend des parapluies, comme quoi hein, bon, retournons à
The boat, retournons-y sinon, on n'a pas fini, donc, not far from the
Boat was (décidément, on ne quitte pas le passé)
Was a parchment, là c'est facile, ça ressemble beaucoup au français « parchemin », parce que
A parchment ça vient du français et lui-même du latin « Pergamena » qui désignait une peau traitée comme à Pergame ; moi, je dis que dès qu'il y a du
Parchment not far from a boat même qu'il est tout lying on a sea-coast, forcé qu'on pense à du trésor à pirates. D'ailleurs, William Legrand, c'est dans la nouvelle de Poe l'inventeur du parchemin, enfonce le clou :
Not a paper qu'il dit Not
A paper Pas un papier hein zavez pigé : A parchment – not a
Paper – c'est un parchemin, et même qu'il est
With (j'aime bien le son que ça fait dans ma caboche lunaire, with, comme dans la chanson « Comic Strip » de Gainsbourg, « Viens petite fille dans mon comic strip, Viens faire des bulles, viens faire des wip, Des clip, crap, des bang, des vlop Et des zip, shebam, pow, blop, wizz », pour le refrain, qu'il a écrit ça, Gainsbourg. With donc, pis with
A skull, je vous l'avais bien dit que ça sentait le pirate, s't'affaire, que
Skull ça veut dire « crâne » et comme le dit l’exemple « What would be a cabinet of curiosities without a human skull... » qu'avec ça, il est le skull tout
Depicted, ce qui signifie que le crâne est représenté
On it, c'est-à-dire sur le parchemin. Quant au pronom
It, il vous dit bien des choses, because que le texte, il est fini.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mars 2023.

13 mars 2023

QUAND LA QUICHE FATALE CROISE LE FANTÔME DU MANDARIN

QUAND LA QUICHE FATALE CROISE LE FANTÔME DU MANDARIN

1.
« Elle n'avait rien fait cuire ni même cuisiné du tout le jour du meurtre. »
(M.C. Beaton traduit par Esther Ménévis, « La Quiche fatale » [un personnage])

Elle n'avait rien fait cuire, ni steak, ni frites, ni ragoût, non, elle
N'avait rien fait cuire, ni saucisses, ni fricassée, ni arithmétique cornue,
Rien fait cuire, ni œufs, ni têtes d’œuf, ni bœuf, ni cœur et comme elle n'avait rien
Fait cuire du tout, elle ne pouvait donc avoir volé le parapluie de mon oncle, ni avoir fait
Cuire le soleil comme un œuf sur le plat dans un tableau avec pipe noire (je dis pipe noire mais ça pourrait être tout autre chose), rien fait cuire donc,
Ni même cuisiné ; je la soupçonnai alors de s'être procuré une grammaire latine et
Même que, comme par hasard, il était question de latin dans cette fable grecque que le fantôme du mandarin venait de composer. Oh ! C'est-y pas
Cuisiné dis, ce truc, mitonné
Du tonnerre des vers qui racontent n'importe quoi ? D'ailleurs,
Tout ça, c'est même pas des vers, c'est d'la pure amusette. C'est que
Le truc que j'ai dans la tête, il m'en balance des absurdes et des sottises, tout le
Jour que je vais, d'une tâche à l'autre, avec mon petit guignol ironique qui s'agite dans le bocal.
Du coup, pour éviter qu'ça déborde côté fantasia à me faire rire l'âne, faut qu'j'l'écrive ; après c'est pas d'la science, que, voyez, le mot
Meurtre, que voulez-vous que j'en fasse ? Je ne vais tout de même pas assassiner la personne qui a volé le parapluie de mon oncle, ni tous ceux qui collectionnent les grammaires latines, et pas non plus ceux qui peignent des soleils qui ressemblent à des œufs sur le plat dans des ciels bleu clairon au-dessus de paysages de campagne perdue où un petit bonhomme à chapeau fume la pipe. Hein ?

2.
Et comme par hasard, il était question de latin dans cette fable grecque que le fantôme du mandarin venait de composer.
Et, ayant constaté que n'ayant rien fait cuire ni même cuisiné le jour du meurtre, et
Comme je me disais : « donc elle ne peut pas avoir volé le parapluie de mon oncle », tandis que j'allais
Par les rues pluvieuses d'une ville où je n'étais pas, le
Hasard me fit croiser la quiche fatale.
Il arriva donc quelque mystère car je ne croise la quiche fatale que pour réveiller des mystères et d'ailleurs, il
Était question d'une grammaire latine et je la soupçonnai de se l'être procurée et d'avoir, de ce fait, déserté la cuisine. Oui, il était question de latin et de cuisine (c'était peut-être du latin de cuisine ? fit-il avec sa moustache dans son visage ovoïde) ; aussi
Question de fable grecque et
De langue, de
Latin, de grec et de mandarin...
Dans un éclair de lucidité, je me dis que
Cette fantaisie tournait au n'importe quoi, que la
Fable se faisait fatras et que je ferais mieux de décrire quelque jeune fille
Grecque du genre iphigénique, voyez, avec des cheveux noirs et bouclés, des yeux noirs, un visage hâlé entre le triangle du masque adulte et l'encore poupin de la petite jeune fille.
Que dire maintenant ? Bon, mettons-y
Le fantôme du mandarin. C'est toujours utile, un
Fantôme. Avec un couloir plongé dans la pénombre d'une nuit de pleine lune et des soupirs comme des appels, ça vous fait
Du gothique à bon compte. Ici, voyez, c'est le fantôme du
Mandarin. Je ne sais pas qui il est exactement, mais comme je l'ai fait mandarin, mon fantôme, je puis bien supposer qu'il
Venait de composer quelque poème qui évoque
De vieilles légendes de Chine, tandis que la cuisinière qui n'avait rien fait cuire ni même cuisiné du tout le jour du meurtre, eh bien, de le
Composer son repas, je crois bien qu'elle s'en moque. Ah oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mars 2023.

13 mars 2023

COMME ME LE FAIT REMARQUER MON RHINOCEROS

COMME ME LE FAIT REMARQUER MON RHINOCEROS

1.
« Il n'était pas voûté, mais cassé, son échine
Faisant avec sa jambe un parfait angle droit ».
(Baudelaire, « Les sept vieillards »)

On ne pouvait donc s'en servir comme cheval de labour ni comme figure locale. Comme épouvantail à la rigueur. Ou alors pour un mélodrame cinématographique propre à récolter des palmes à Cannes.

2.
« Seulement, cet autrement doit être de telle sorte qu'il rencontre le Même que médite le texte expliqué. »
(Heidegger traduit par Wolfgang Brokmeier, « Chemins qui ne mènent nulle part »)

Pas facile de faire se rencontrer le « Même » et « l'autrement ». Le même renvoie, par définition, à ce que dit l'auteur, et l'autrement se perd dans les méditations que le commentaire induit. Croirait-on les voir coïncider (Eurêka!) qu'il se pourrait que l'auteur surgisse du tombeau de ses exégèses pour nous contester, nous jeter des os de poulet, nous flanquer une tarte à la crème en pleine face, bref, nous engueuler.

3.
« Mon berceau s'adossait à la bibliothèque », dit le narrateur baudelairien. Parents inconscients ! Si les livres lui étaient dégringolés dessus, le petit Charles aurait été assommé et peut-être même étouffé par toute une philosophie.

4.
« Parce que Nietzsche éprouve l'être de l'étant comme volonté de puissance, sa pensée doit aller à la rencontre des valeurs. »
(Heidegger traduit par Wolfgang Brokmeier, « Chemins qui ne mènent nulle part »)

Généralement, dès que l'on cause « volonté », et a fortiori « volonté de puissance », la question des valeurs se pose. Le vouloir impliquant une action, et la volonté un acte, si minime soit l'action, elle suppose une adhésion à une valeur.

En ce sens, tout est politique, comme dit l'autre, ce qui signifie en réalité que rien n'est politique, la politique n'étant qu'une usurpation des valeurs. Aussi une confiscation, une mystification, au mieux un utilitarisme.

Le droit de vote est perçu d'abord comme une exigence morale, un devoir du citoyen mais il est aussi un utilitarisme. Quelqu'un me dit un jour qu'il votait souvent pour l'alternance : « L'opposition, pour arriver au pouvoir, fait quelques promesses. Si elle gagne, elle en tient quand même quelques-unes, c'est toujours ça de gagné. »

5.
« Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ? »
(Baudelaire, « L'héautontimorouménos »)

Un « faux accord dans la divine symphonie » ? Outre que je dois être sourd, parce que la musique divine, je ne l'entends guère, il est vrai qu'il y a un manque flagrant d'accordeurs d'âmes. Le Service Après Naissance laisse à désirer.

Quant à la « vorace Ironie » qui « secoue » et qui « mord », voilà une araignée bien redoutable. Mon cher Baudelaire, à force de hanter des lieux à même pas en parler, vous avez fini par attraper des étants honteux, l'Ironie n'étant sans doute pas le pire.

6.
« Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin ! »
(Baudelaire, « le voyage »)

Ah non, pas forcément, moi, voyez, le rhinocéros qui boit mon whisky et fume mes cigares, il a beau venir de loin, je ne le trouve pas spécialement beau, ah non.

7.
« Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,
Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,
Malade et morfondu, l'esprit fiévreux et trouble,
Blessé par le mystère et l'absurdité ! »
(Baudelaire, « Les sept vieillards »)

Ça, c'est ce qui arrive quand on se mêle de politique. L'abus d'administration produit le même effet.

8.
« C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre »
(Baudelaire, « La mort des pauvres »)

La Mort, en voilà un drôle d'étant. Un étant qui s'absente, se fait néant pour laisser toute la place à l'être, lequel est masqué par l'oubli, et nous prenons l'oubli pour l'être des morts, alors que les morts, et surtout parce que leur anonymat est effrayant, se rappellent sans cesse à nous par le fait qu'ils furent ce que nous sommes.

Note : c'est surtout pour l'orgueil de nos consciences réflexives que l'anonymat des morts est effrayant. Les animaux n'ont pas ce genre de spleen.

9.
« Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ».
(Baudelaire, « Pluviôse, irrité... »)

Moi, voyez, ça je ne connais pas. Mon rhinocéros n'est ni maigre ni galeux, et, vidant consciencieusement mon frigo, squattant mon lit ainsi que ma salle de bain, il ne peut mal de se retrouver aussi pitoyable que le chat du poème à Baudelaire. Par contre, je suis agité, moi défois, et je ne dors pas assez. D'ailleurs, mon rhinocéros me le fait souvent remarquer.
Quant à mon balai-brosse, il ne fait aucun commentaire, et ne m'encombre en rien.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mars 2023.

12 mars 2023

PIS EN RIEN DU TOUT QU'ÇA FINIT

PIS EN RIEN DU TOUT QU'ÇA FINIT

1.
« Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
                   Moisir parmi les ossements. »
(Baudelaire, « Une charogne »)

Quand vous irez, sous l'herbe, zavez compris que vous serez plus fier du tout quand
Vous mangerez les pissenlits par la racine et que ferez des patiences avec les cartes des morts quand vous
Irez, sous l'herbe puisque c'est là qu'on finit,
Sous l'herbe, au terminus des ambitions, sous
L'herbe qu'au soir sous la nuit brune (réminiscence de du Bellay) sous l'herbe
Et les floraisons (à cet égard je note que le mot « floraison » est une réfection de « fleuraison », vous me direz que vous vous en fichez, et moi aussi, et comme ça nous sommes plusieurs),
Les floraisons ; je note qu'il y a des plantes à une seule floraison, les thérophytes, aussi les monocarpiques, mais il y en a aussi des plantes, à plusieurs
Floraisons, mais ce qui importe ici, c'est qu'elles soient
Grasses, because y en a du monde là, sous l'herbe, à
Moisir, et ce n'est pas intéressant. Cadavéré là, bonhomme sans âme
Parmi ses ossements, on ne peut plus rien faire. Ni rien dire. Le monde continue à déconner sans vous et
Les petites bêtes du royaume achèvent de vous transformer en
Ossements, en poudre, en rien du tout.

2.
« Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés »
(Baudelaire, « Le soleil »)

Quand le soleil cruel, c'est vrai que
Le soleil, parfois, le
Soleil, cruel qu'il est comme une vieille tante dans un roman de province, que je n'ai pas lu non plus, préférant les aventures d'Achille Talon.
Cruel mais universel, le cou coupé, il ne
Frappe pas que les mômes, mais tous les bipèdes, pis
A traits redoublés dis, sinon c'est pas la peine, - hop, le voilà, ses
Traits, cézigue plombant, qu'il les décoche, ses
Redoublés, qu'il vous flanche, vous pousse au pastis, à la bière, au dodo j'bouge plus, quand il ne dessèche pas les anciens dans leurs mouroirs.

3.
« Derrière les rochers une chienne inquiète
              Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
              Le morceau qu'elle avait lâché. »
(Baudelaire, « Une charogne »)

Le mot « squelette » vient du latin « sceletus », lui-même emprunté au grec ancien « skeletos » qui désignait « corps desséché » et « momie ». Il arrive qu'un squelette hante le placard. Ça c'est parce que vous avez machiné des choses hein que vous n'osez pas avouer hein. Ou alors, c'est quelqu'un qui s'a perdu, il y a longtemps. Pour ce qui est des momies, elle tournent dans des films.

Le verbe « épier » a pour synonyme « guetter ». Il n'a rien à voir avec la confiture de fraises sauf si on tient pour vraie la légende du pot de confiture d'où jaillirait un esprit qui vous accorderait le droit de revivre quelques jours heureux de votre enfance (les randonnées à bicyclette avec Paulette, les vacances à l'île d'Oléron, les tartes du dimanche,...). Pour ma part, je n'y crois pas. La confiture, je la mange pendant que dans un poème de Baudelaire, une « chienne inquiète » a « l’œil fâché » du Poutine voyant l'Ukraine lui échapper.

4.
Et tout cela s'abandonne.
Ne restent que nos pommes.
Faut-il que ça vous étonne ?
Après tout, nous ne sommes que des hommes.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mars 2023.

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