DE LA METHODE TRUMP
1.
En politique internationale, Trump est peut-être plus malin qu’on croit. Scénario possible :
Juin 2025. Opération « Midnight Hammer » : réduction des capacités iraniennes d’enrichissement d’uranium.
Négociations.
Février-avril 2026 : Opération « Epic Fury » conjointe avec l’opération israélienne « Roaring Lion ». Bombardements massifs, élimination d’un certain nombre de dirigeants et cadres du régime des mollahs, élimination d’Ali Khamenei, réduction des capacités militaires iraniennes.
Cessez-le-feu. Blocus du détroit d’Ormuz. Négociations.
Les Pasdarans croyant en une victoire certes coûteuse mais très symbolique, voire flatteuse, sur une hyperpuissance américaine qui semble empêtrée, prennent le pas sur les autorités religieuses et laissent leurs diplomates aguerris négocier avec des diplomates américains amateurs.
17 juin 2026. Mémorandum et accord-test qui semblent très favorables à la République islamique d’Iran. Trump très critiqué et moqué par la communauté internationale observe la situation. La république islamique d’Iran, grisée par ses succès apparents, instaure un péage dans le détroit d’Ormuz et multiplie les provocations.
8 juillet 2026. POTUS Trump, lassé de la morgue des Pasdarans, ordonne une reprise des frappes. Celles-ci se prolongent et s’intensifient chaque jour. Les diplomates iraniens passent pour des clowns et des traîtres dans leur propre pays et chacun comprend que Trump ne lâchera pas l’affaire et pourrait réduire à néant le corps des Pasdarans.
2.
Visiblement, Poutine n’est plus le lion superbe et généreux dont la Russie s’était naguère éprise. On dirait une petite vieille, barricadée dans sa maison et qui attend le retour du Petit Chaperon Rouge porteur de la galette Ukraine et du petit pot de beurre en terre rare.
3.
Je me demande si Poutine ne s’est pas, lui aussi, laissé prendre par la méthode Trump. POTUS Donald l’a flatté commac, le Vlad, et laissé entendre qu’il était tout prêt à favoriser un règlement du conflit russo-ukrainien très favorable à la Russie (n’a-t-il pas montré publiquement à quel point il méprisait Zelensky ?). L’autre Tsar d’opérette s’est sans doute moqué de Trump, s’est laissé flatter, a considéré qu’il pouvait donc aller plus loin, plus loin, trop loin, a donc refusé toute négociation et patatras, voilà qu’en juillet 2026, Trump plaisante avec le président Zelensky sur les dangers de la circulation moscovite et envoie le regretté Lindsey Graham négocier à Kjiv la livraison de systèmes anti-aériens et un lot de sanctions contre la Russie.
Et Lavrov, pendant tout ce temps, quoi qu’il faisait, le Lavrov ? je suppose qu’il composait des poèmes…
4.
Avec Trump, c’est vraiment compliqué. Est-ce un fou ? On pourrait le penser quand on voit la manière dont il traite son propre pays. Est-ce un génie ? Ne vient-il pas de décrédibiliser la prétendue hyper-influence de la diplomatie russe et n’est-il pas en passe de réduire à néant les efforts de la république islamique d’Iran pour se fabriquer sa petite bombe à tuer Israël ? Certes, Trump est vraiment moins honnête (ah oui) que Barack Obama, mais cent fois plus efficace.
5.
Curieusement, en Afghanistan, les Talibans, apparemment plus frustes et primaires que les subtils émissaires irano-perses et les sophistiqués et d’ailleurs très occidentalisés diplomates russes, semblent avoir parfaitement compris la méthode Trump. Les Etats-Unis leur fichent la paix tant qu’ils se contentent de rester dans leur pays, à négocier leurs terres rares et trafiquer leur opium sans plus chercher à se mêler d’affaires internationales sinon, je suppose qu’ils ont compris qu’ils seraient tout à fait anéantis.
6.
14 juillet 2026. Magnifique défilé du 14 juillet sur les Champs et magnifique pied-de-nez du président Macron à tous les patriotes de papier qui n’ont toujours pas compris la place de la France dans l’Europe des démocraties.
7.
14 juillet 2026. L’émotion du président Zelensky au passage du détachement de l’armée ukrainienne sur les Champs lors du défilé du 14 juillet 2026 était visible. Cela tend à me confirmer cette intuition qu’il y a bien deux sortes d’hommes d’Etat. Il y a les chics types, malgré leurs imperfections et il y a des salopards, quelles que soient les circonstances. C’est ce qui distingue Churchill de Hitler et le président Zelensky du mafieux Poutine.
8.
Avec les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes et la pénurie de carburant, je me demande comment font les Russes pour se rendre au travail, conduire les enfants à l’école, faire les courses, se rendre à l’hôpital… Ça doit être un drôle de bordel en Russie.
Rappelons qu’en réponse aux frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes (qui détruisent surtout du matériel), la vieille sorcière Poutine envoie des missiles balistiques sur des immeubles d’habitation, des trains, des théâtres, des musées, des écoles, des hôpitaux…
9.
La Russie en 2026, c’est 17 millions de km² et 144 millions d’habitants et combien d’alcooliques et de gueules cassées ?
10.
La grande erreur de Vladimir Poutine a été de tenter, quoi qu’il en coûte, d’envahir l’Ukraine. Jusqu’au 24 février 2022, Poutine passait en Occident pour un « despote éclairé » (en France, on est assez porté sur la philosophie politique) ; très vite après le début de sa sale guerre en Ukraine, Poutine est passé du statut de « despote éclairé » au statut d’envahisseur massacreur et, bien sûr, ça fait une différence.
De plus, il suffit de regarder une carte pour comprendre que l’OTAN ne pouvait accepter une telle expansion de la sphère russe aux frontières de l’UE et des démocraties libérales. Biélorussie + Ukraine, et puis quoi encore ?
11.
Quelques trolls pro-Poutine encore… mais bah, bloquez-les, c’est juste quelques sans-emploi par ailleurs souvent inemployables, des abonnés des psychiatries, des sur-diplômés parasites, des payés pour, des cocus plus ou moins magnifiques, des alcooliques intempestifs…
12.
Je contemple Messer Chups sur Youtube. Ils sont russes. Je ne sais pas ce qu’ils pensent de Poutine et je m’en tape. I’t’s only rock n’roll et leur bassiste est magnifique.
13.
15 juillet 2026. 1 euro = 88,8 roubles. Nouvelle forte baisse des indices boursiers russes. Les nouvelles ne doivent pas être bonnes à Moscou. Combien de temps Poutine peut-il encore tenir ?
14.
16 juillet 2026. Que se passe-t-il en Ukraine ? Les observateurs affirment que le limogeage de Fedorov est une très mauvaise chose. On dit aussi que Elizarov, soutenant Fedorov, démissionne.
En tout cas, à Moscou, ces nouvelles n’empêchent pas le rouble de continuer à s’effriter face à l’euro et ce 16 juillet, les indices boursiers russes sont toujours en baisse.
15.
16 juillet 2026. Il se dit, mais je n’en sais rien, que ce qui, en Ukraine, oppose Fedorov à Syrsky (né en 1965) ce sont des approches stratégiques différentes, Sysrsky étant perçu comme un produit des écoles de guerre soviétiques, attachées au modèle du « rouleau compresseur », coûteux en hommes et en matériel, alors que Fedorov (né en 1991) favoriserait une approche plus technologique, privilégiant les attaques par drones, et favorable à des investissements dans la cyberdéfense et la robotique. Est-ce vrai ? Est-ce faux ?
Quels sont leurs mérites respectifs ? Sans doute que c’est à grâce à l’expérience d’officiers comme Syrsky que l’Ukraine réussit, plus de quatre ans après le début de la sale guerre de Poutine, à contenir les forces russes dans le Donbass cependant que ces six derniers mois, le développement des drones et les bombardements en profondeur frappant la logistique et les raffineries russes, dégradent significativement l’économie de guerre poutinienne. Ajoutez à cela des rumeurs de corruption, inimitiés et rivalités personnelles, popularité, dit-on, de l’un et impopularité, dit-on, de l’autre et voilà qu’on évoque une crise politique.
16.
Sans l’humain, pas de précis, pas d’imprécis en soi. Il n’y a que l’étant. Croire que parce que mathématiques et physique présentent des modélisations d’une infinie précision permet de prouver l’existence de Dieu est une illusion lyrique qui confond être et étant aussi bien que signe et référent, et je conjecture que d’ici quelques années, si elles pouvaient rire, certaines IA se gondoleront d’abondance en lisant les articles de nos physiciens parmi les plus pointus.
17.
L’étoile n’est jamais étoile que parce que je la nomme étoile.
18.
POTUS Trump n’a pas tout à fait tort. Demander aux électeurs américains de prouver qu’ils sont bien citoyens américains lorsqu’ils s’inscrivent sur les listes électorales et demander une preuve d’identité au moment du vote n’est pas, pour un Français en tout cas, si choquant.
Le souci n’est pas là. Pour l’instant, le « Safeguard American Voter Eligibility Act » (« SAVE America Act ») est bloqué au Sénat. S’il n’est pas adopté, peut-on imaginer que lors des Midterms de novembre, que l’on dit d’ores et déjà perdues pour Trump, le POTUS argue d’une défiance somme toute légitime envers la bonne tenue des élections pour y imposer contrôles accrus, arbitraires et plus ou moins coercitifs et, a posteriori, engager des recours qui invalideraient les résultats qui ne lui seraient pas favorables.
Pour ce qui est du vote par correspondance, compte tenu de la puissance toujours accrue des IA, je ne suis pas loin de penser que là non plus, POTUS Trump n’a pas tout à fait tort de se méfier.
Patrice Houzeau
le 17 juillet 2026.