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BREFS ET AUTRES

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1 octobre 2023

QUOI QU'ÇA CLABAUDE ?

QUOI QU'ÇA CLABAUDE ?

1.
« Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises,
Echouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Ce quatrain pourrait-il légender :
- une aventure de Bruno Brazil, série d'aventures dessinées de Greg (Louis-Albert) et William Vance publiée, nous amazone Wikipédia, dans le magazine « Tintin » entre 1967 et 1977,
- un album de Bernard Lavilliers, chanteur musclé ?
- La planète Terre revenue, à cause du réchauffement climatique, aux temps antédiluviens, avec géants bestiaux, énormes dinosaures, carnassiers divers, improbables à long cou, féroces à hurlements des forêts labyrinthiques, lézards volants et tout ça sauf nous,
- le contenu d'une boîte de cassoulet ?
- Une installation d'art conceptuel ou chaipaquoi intitulée « Échouages hideux » ?

2.
« J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades,
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m'ont ailé par instants. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Après le chaos des « échouages hideux », Rimbaud évoque-t-il :
- quelque océan enchanteur et tout à fait mirliflore ?
- Une chorale de poissons (très rare!) ?
- Le prélude à l'après-midi d'un faune ?
- Ce que je vois dans tes yeux, tes yeux bleus dont je suis amoureux comme s'ils n’existaient pas ?
- Quelque suite orchestrale un peu naïve dans le genre de la musique composée par Georges Martin pour le film d'animation « Yellow Submarine » et qui figure, cette suite, sur l'album du même nom des Beatles (1969).

3.
« Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux... »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

A quoi donc qu'il se compare, le narrateur rimbaldien ?
- à un témoin (« martyr ») quelque peu blasé des « pôles et des zones », que ma pomme, je l'aime bien ce vers (« Parfois, martyr lassé des pôles et des zones ») qu'il m'arrive de me le faire tourner en boucle dans ma caboche, fasciné par le son, indifférent au sens,
- à la victime de quelque monstruosité florale à « ventouses jaunes » ? quelque poulpe des profondeurs remontant magnétiquement pour s'emparer du vivant ?
- À une femme en prière (sinon, bon, j'aime pas trop y penser, le Rimbaud, écrivant des choses défois qui font ricaner quand même).

4.
« Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds,
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Pourquoi Rimbaud emploie-t-il ici l'adjectif « clabaudeur » ?
- pour épater le lecteur ?
- Parce que les oiseaux, surtout les mouettes, ça gueule tout le temps, qu'on sait même pas défois pourquoi pourquoi qu'ça, pourquoi qu'ça, pourquoi qu'ça clabaude tant ?
- Parce qu'en clabaudant ainsi, les oiseaux, les féroces oiseaux, signalent à leurs congénères les « noyés » que croise le bateau ivre ? Après, chaipas s'ils leur pique-niquent les yeux, aux noyés, les clabaudeurs ?
- Parce que les « oiseaux clabaudeurs aux yeux bleus », ça lui rappelle des copines, à l'Arthur...
- pour le rythme et l'allitération (« ballotant / sur mes bords / les querelles » / tralali-tralalo / « clabaudeurs aux yeux blonds »)

5.
« Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ; »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

De quoi fait-il preuve, ici, le bateau ivre :
- d'inanité sonore aux abolis bibelots ?
- de monitorisme hanséatique (je sais pas ce que ça pourrait bien être mais ça m'amuse) ?
- de curiosité qui pousse le lecteur à se renseigner dans les notes qu'on lui dit donc que les « Monitors » étaient des navires de guerre américains, genre canonnières, voyez. Quant au mot « Hanse », il renvoie à l'ancienne association des villes marchandes « de l'Europe du Nord autour de la Mer du Nord et de la mer Baltique » (ça s'est terminé au 17ème siècle nous libéralise Wikipédia),
- d'humilité humide ?
- de bigoudisme acharné ?

Patrice Houzeau
Malo, le 1er octobre 2023.

 

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1 octobre 2023

EN ATTENDANT LES GLAUQUES TROUPEAUX

EN ATTENDANT LES GLAUQUES TROUPEAUX

1.
« J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

S'il a l’œil ironique, le bateau Arthur, c'est que :
- à l'adjectif « mystiques », au « violet » des hypnoses, au théâtre antique il fait succéder le prosaïsme de volets roulants dont la Toile nous volette qu'ils furent, les volets roulants, inventés soit en 1867, soit en 1880, soit en 1888 par Alphonse Pouplier, je sais pas.Q
- Si le soleil symbolise la lumière de la vérité, ce serait-y pas que la voilà, la vérité, tachée, entachée « d'horreurs mystiques » ?
- je ne vois pas bien le rapport entre les « longs figements violets » du soir sur la mer et les «acteurs de drames très-antiques », mais c'est joli tout de même, et rythmique à guitare électrique qui brode sur un fond de basse/batterie.

2.
« J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Doit-on en conclure que :
- comme l'écrivit le grand Racine :
« Enfin au Dieu nouveau qu'elle avait introduit,
Par les mains d'Athalie un temple fut construit. »
(Racine, « Athalie », v.945-46 [Mathan])
- Les « Phosphores chanteurs » furent un groupe vocal célèbre, entre autres raisons de s'épater, pour leur tenue de scène jaune et bleue. Ils étaient, dit-on, pleins de « sève » et furent même considérés en leur temps comme assez « inouïs ».
- Je me demande si l'été prochain (2024), on reverra la jolie brune de la pub pour Badoit et son épatant « Barbara buche au boulot ».
- En ce qui concerne l'inflation, je la vois pas baisser de sitôt, l'inflation, avec les bruits de bottes partout dans le monde là, je prévois plutôt la nécessité de mettre de l'argent de côté, ah oui.

3.
« J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Ne serait-ce pas à se demander si :
- si ce bavard « bateau ivre » ne serait pas un amateur de la musique de Pink Floyd, et plus spécialement, un fan de l'album « Atom Heart Mother », bien que la vache au pré qui figure sur la pochette de l'épatance pink-floydienne ne semble pas plus hystérique que ça ?
- Quant aux «  pieds lumineux des Maries », je pense aux gadgets à lumières que je la vois pas, la Marie, lancer avec ses pieds des rayons sur la mer,
- J'aime bien le son que ça fait ça, ce vers :
« Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs »
avec son « u » de vache qui « meugle, beugle ou mugit », nous souffle la Toile, et les sifflantes « f » et « s » que donc, quelle bande de bœufs, les océans.
- Comment ça, Arthur Bouvier ?

4.
« J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

A lire ces vers, le « bateau ivre » à Rimbaud serait-il :
- un découvreur d'« incroyables » Amériques ? un disciple de Christophe Colomb ?
- un explorateur de féroces Amazonies ?
- Un botaniste halluciné ?
- Un peintre ? Un arlequin ? Un pink floyd ? Un guitariste ?
- Un cryptozoologue ?
- Un pasteur maléfique à « troupeaux glauques » ?
- Un être à qui l'on pourrait dire ce que dit le Nabal de la pièce « Athalie », de Racine :
« Où vous égarez-vous ? / De vos sens étonnés quel désordre s'empare ? / Voilà votre chemin. » (Racine, « Athalie », III, 5)

5.
« J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces
Et les lointains vers les gouffres cataractant ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Les bonaces étant les calmes plats des mers, ce quatrain évoque-t-il, produit-il, mijote-t-il :
- un effet visuel qui rappelle les toiles tourmentées de William Turner ?
- Un chagrin d'amour ? Un bigoudi baladeur ?
- Une catastrophe imminente ? Un bigoudi carnassier ?
- Un crash boursier ? Un bigoudi dégoûté ?
- De quoi se faire des cheveux ?

Patrice Houzeau
Malo, le 1er octobre 2023.

25 septembre 2023

COMME S'ILS COUVAIENT TOUT UN ORCHESTRE

COMME S'ILS COUVAIENT TOUT UN ORCHESTRE

1.
« La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

En quoi ce quatrain pourrait-il passer pour ironique ?
- en ce que l'image du « bouchon sur les flots » évoque la bouteille et donc l'ivresse, celle du bateau si ça se trouve ?
- En ce que les « flots roulent » les noyés sans doute mais aussi ce bavard bateau, ce navire délirant, cette prosopopée de poète virtuose et de plancher des vaches ?
- En ce que « dix nuits », ça veut dire quoi ici, de quel genre de vaisseau qu'il cause, l'Arthur des talents ? Serait-ce de quelque vaisseau fantôme qui hanterait ses rêveries rimées ?
- En ce que les « falots » désigneraient ici les lumières niaises de la raison commune ?

2.
« Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Quoi qu'ils disent, les champs lexicaux du quatrain ?
- l'acidité des « pommes sures », les « taches de vins », les « vomissures », voilà pour l'ivresse, la saoulerie...
- le « sapin » ça vous a un côté approche du cimetière, non ?
- tout ça qu'ça hallucine hein qu'ça hallucine... se lâche, se démarre... plein les mirettes des images... « l'eau verte », le « bleu » des vins ; les vagues déferlent, envahissent le navire, coupant les ponts de la raison, « dispersant gouvernail et grappin »...

3.
« Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ; »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Qui c'est-y donc, ce « noyé pensif » ?
- Ophélie peut-être, car :
« Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc sur le long fleuve noir »,
qu'il a écrit, Rimbaud, que, forcément, la voilà dans la mer, l'Ophélie...
- Prigojine, Kadyrov, quelque dignitaire russe tombé en disgrâce débarrassé du plancher ?
- Une vision de cauchemar dans un rêve de poète cuvant ?

4.
« Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Dans ce quatrain, Rimbaud évoque-t-il :
- des êtres bleus, délirants et rythmiques, façon tribu archaïque, se livrant à des fermentations amoureuses que je sais pas ce que ça peut bien être, mais ça m'a pas l'air très ragoûtant ?
- La fête à la frites-saucisse avec des bières rousses et quelques amoureuses ?
- Un trop plein d'images que lui-même, l'auteur, i sait pas trop ce que ça raconte, mais c'est bien joli tout de même, rythmique, rutilant, avec du roux dedans pour faire exotique ?

5.
« Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants ; je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Quoi qu'il sait donc au juste, le « bateau ivre » ?
- Il sait illustrer le bulletin météo avec des images qui claquent ?
- Il sait la puissance du son [k] quand il allitère, qu'ça claque donc : « crevant en éclairs », « ressacs », « courants », « exaltée », « colombes », « quelquefois », « cru ».
- s'halluciner comme l'homme sait s'halluciner lorsqu'il a décidé de s'halluciner ?
- Écrire de belles choses, dont tout le monde se fiche, sauf les amateurs de poésie, mais ils ne sont pas si nombreux, surtout quand il y a des films à la télé.
- Rythmer ses vers comme s'ils couvaient, les vers, tout un orchestre, un Rolling Stones, une batterie ?

Patrice Houzeau
Malo, le 25 septembre 2023.

24 septembre 2023

KADYROV SERAIT MORT TRES VIVACE LA CRISE

KADYROV SERAIT MORT TRES VIVACE LA CRISE

1.
La rumeur selon laquelle Ramzan Kadyrov serait dans le coma est-elle :
- fondée et dans ce cas, serait une excellente nouvelle ?
- Infondée et ce serait bien dommage ?
- fondée et dans ce cas qui a empoisonné Kadyrov, et pourquoi ? (je note qu'il y a quelques temps déjà que Kadyrov avait lui-même évoqué son éventuel retrait, précisant même qu'il serait sage de partir avant qu'on l'y oblige (apparemment, c'est ce qui s'est passé)
- Fondée et un signe de plus de l'effritement de la coalition des voyous autour de Poutine ? (Prigojine descendu, Kadyrov dans le coma, ça sent quand même bien le sapin dans l'entourage du petit père des empoisonnements...)
- Fondée et c'est bien fait quand on se souvient de la façon dont Kadyrov se permettait du haut de sa voyoucratie de menacer les Ukrainiens, les enfants ukrainiens, le président Zelinsky, la Pologne et l'Europe ?
- Fondée et même chez les pro-Poutine, j'ai dans l'idée qu'il n'y a pas grand monde pour le regretter, le Kadyrov.

2.
Prigojine descendu, Kadyrov dans le coma, des lignes de défense qui cèdent les unes après les autres, des armes nouvelles aux performances aléatoires... La sale guerre de Poutine en Ukraine commence sérieusement à ressembler à la dernière année du troisième Reich.

3.
Il y a un an, Prigojine et Kadyrov fanfaronnaient qu'ils allaient remporter une victoire éclatante et abattre le président Zelensky. Un an plus tard, Prigojine et Kadyrov brûlent en enfer et le président Zelensky est à son poste, lucide, responsable et soutenu par l'OTAN et le monde libre.

4.
Réforme Blanquer du baccalauréat : échec.
Pacte à Pap Ndiaye : échec.
Réforme en cours des LP : de plus en plus floue.
Chaipas pourquoi mais j'ai l'impression que ce n'est pas dans le secteur de l'éducation que les deux mandats de Macron auront été les plus bénéfiques...

5.
Dès la première ligne du courrier de la honte que le Rectorat de Versailles a adressé aux parents du jeune homme qui s'est depuis suicidé, on trouve cette perle : « vous avez remise en causes » (sic). Indélicats, et sans orthographe, qu'ils sont, au Rectorat de Versailles.

6.
S'il était constitutionnellement possible, un référendum sur l'immigration
- hystériserait les débats ?
- Permettrait aux Français d’exprimer leur refus de cautionner une politique qui aboutirait à un recours de plus en plus fréquent à une main d’œuvre extra-européenne, laquelle aurait vocation à s'installer en France, cependant que la sotte massification de l'enseignement supérieur remplit à craquer les universités, vide les lycées professionnels et est à l'origine des fameuses tensions qui arrangent bien certains patrons qui préfèrent embaucher des migrants malléables et corvéables plutôt que des salariés sourcilleux de leurs droits.
- Permettrait de se poser la question suivante : le président Macron ne compterait-il pas, par hasard, sur le recours massif aux apprentis d'une part et d'autre part sur le recours à l'immigration pour pouvoir afficher une hausse assez relative d'emplois créés en France ?

7.
J'entends parler d'un concours d'écriture réservé aux enseignants que, dit-on, voudrait organiser le ministère de l'éducation nationale. Euh... et si vous vous penchiez plutôt sur l'organisation d'un passage du baccalauréat digne de ce nom, ce ne serait pas plus utile ?

8.
Savez-vous qu'il y en a qui tentent de faire rentrer ce genre de choses dans le secteur public de l'éducation nationale ? Ma pomme, c'est pas que les « exercices de relaxation abdominale, les méditations de pleine conscience », la sophrologie et autres planeries pédagogiques me « collent des angoisses », c'est que je ne suis pas payé pour ça : je suis payé pour donner des cours et j'ai donc autre chose à faire que de jouer au yogi.

9.
17 septembre 2023. Il semblerait que le mort n'est pas mort et que Kadyrov soit encore vivant. Dont acte. Il y avait tant de gens, dont beaucoup réputés sérieux qui l'avaient quasi affirmé que je pensais l'information exacte. Propagande.

10.
18 septembre 2023. Si Kadyrov était mort ou mourant, les services occidentaux auraient déjà publié la nouvelle. Or, en dehors des réseaux sociaux, rien. Par contre, la percée ukrainienne semble être une réalité : les forces russes sont en difficulté.

11.
19 septembre 2023. Persistance des rumeurs sur la santé très défaillante, voire le coma, voire le décès de Kadyrov. Je ne sais pas si Kadyrov est mort, mais en tout cas ni rouble, ni indices boursiers russes ne se portent bien : 1 euro = 104 roubles ; 1 dollar = 97 roubles.

12.
Le Pacte. De plus en plus étrange. Je me demande si certaines directions n'inventent pas des missions qu'elles inscrivent dans les heures « fourre-tout » des emplois du temps (AP and co) de manière à forcer la main des réfractaires. Signez puisque, de toute façon, vous ferez le travail.

Bref, notre liberté pédagogique en prend un coup, certains chefs d'établissement commençant à vouloir nous imposer contenus, objectifs, méthodologies, calendrier. Y a-t-il que moi que ça choque ?

13.
Septembre 2023. Prisca Thévenot revient à la charge avec sa généralisation, et donc obligation, du SNU. Ballon-sonde ? Ou Macron cherche-t-il à susciter de nouveaux troubles ? Et dès lors, dans quel but ?

14.
J'ai beau savoir que les autres candidats et chefs de partis sont pires (populistes, douteux, incultes, troubles, corrompus etc...), il y a rien à faire, Macron, je ne l'aime pas. C'est vous dire que je ne suis pas près de voter.

15.
Septembre 2023. Ramzan Kadyrov est-il :
- un mort qui croit qu'il est encore vivant ?
- Un vivant qui ne sait pas encore qu'il est mort ?
- Un mort-vivant ?
- Un condamné à mort ?
- Un miracle de la science ?
- Une bombe à retardement ?
- Un cobaye ?

16.
Rentrée 2023. L'agro-alimentaire utilise des trucs et ficelles pour préserver les marges, cheapflation et schrinkflation :
- Même poids, même prix mais un contenu moindre en qualité.
- Un poids moindre pour un même prix au kilo, voire supérieur.
C'est ainsi que prospère la malbouffe et que l'on passe de la bouteille d'un litre à la bouteille de 90 cl.
Ça, ce sont des faits. Des faits qui prouvent que les Français s'appauvrissent.
Ajoutez à cela le retour de l'autorisation de la vente à perte de l'essence (interdite depuis 1963, dit-on) et l'autorisation de la vente au cachet de certains médicaments qui se font rares et vous aurez une idée du souci français.
Pendant ce temps-là, on commence à avoir faim dans certaines familles tandis que Macron continue à jeter l'argent par les fenêtres. A ce rythme-là, elle pourrait être plus facile que prévu, la victoire de Marine Le Pen aux présidentielles 2027.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 septembre 2023.

24 septembre 2023

RIMBAUD BATELEUR BATTEUR BATELIER PIS BOURRÉ

RIMBAUD BATELEUR BATTEUR BATELIER PIS BOURRÉ

1.
Que raconte la première strophe du poème « Le bateau ivre », de Rimbaud ?
- Comment un capitaine complètement bourré a lancé son rafiot sur les flots ?
- Comment la bande d'Apaches dite des « Fleuves impassibles » a descendu le bateau, le capitaine et les matelots ?
- Comment le capitaine, un jour qu'il était rond et pas qu'un petit patapon, s'est embrouillé avec une bande de haleurs ?
- Comment faute de grives, on finit cibles ? (et merle-toi de ce qui te regarde) ?
- Comment le capitaine a accepté de transporter des « poteaux de couleurs » qui se sont révélés hantés jusqu'à l'âme ?
- Comment le capitaine a accepté le transport de « poteaux de couleurs » afin de les revendre dans les Caraïbes ?
- Comment qu'on fait des gaufres ?
- Comment qu'on fait quand
« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs »,
et que donc on ne sait plus où l'on va, parmi tous ces fleuves là ?

2.
« J'étais insoucieux de tous les équipages »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Et pourquoi donc tant d'insouciance ?
- Parce que le capitaine se fiche de tout ce qui n'est pas sa mission qui consiste, en dépit des « Peaux-rouges criards », à transporter des « blés flamands » ou des « cotons anglais » ?
- Parce que ses haleurs (qu'il est) zont fini tous leurs « tapages » là, qu'ils se prennent tous pour John Bonham (1948-1980), le batteur de Led Zeppelin, dont la performance sur le morceau « Moby Dick » des mêmes Led Zeps fut époustouflante, ébouriffante, pleine de boum-boums et de dzing-dzings du tonnerre ?
- Parce que de toute façon, les Fleuves ont intérêt à le laisser aller où il veut, sinon il leur casse la gueule ?
- Parce que « Peaches en Regalia » est un morceau de Frank Zappa ?

3.
« Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

A votre avis, quoi qui me plaît dans ce quatrain ?
- parce qu'il y a des « clapotements furieux » qu'ça fait môme qui joue pis qui éclabousse tout partout en les claquant dans les flaques, ses pieds ?
- parce qu'il y a « plus sourd que les cerveaux d'enfants », que ça, ça signifie qu'il est sot, très sot, trois fois sot, façon je vas faire une sotte réforme de l'apprenance nationale à la Blanquer, sotte, très sotte, trois fois sotte ?
- C'est qu'il suit le quatrain suivant :
« J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais,
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais. »
- Parce que « je courus », ah la la, c'était le bon temps d'il y a longtemps que je faisais le tour de la piste, au stade, à Lens, que c'était ouvert, que personne ne me demandait rien, que j'étais môme et qu'on ne s'imaginait pas qu'un jour, les élections nous donneraient le choix entre des macrons autoritaires, des encore plus autoritaires très troubles d'extrême-droite et des apprentis dictateurs de l’extrême-gauche ?
- Car j'apprécie les sonorités du vers « N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants », l'allitération des labiales « p » et « b », l'assonance « u », le rythme binaire que je vous causais batterie tout à l'heure hein ?
- Parce que j'écoute l'album « One Size Fits All », de Frank Zappa, et que c'est un très bon album de rock progressif si l'on considère que l'on peut classer les albums de Frank Zappa dans la catégorie « rock progressif » (y en a qui) que, de toute façon, c'est très bon.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 septembre 2023.

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23 septembre 2023

L'IMPROBABLE ET POURTANT

L'IMPROBABLE ET POURTANT

1.
« Le bûcher, par mes mains détruit et renversé,
Dans le sang des bourreaux nagera dispersé »
(Racine, « Iphigénie », v.1607-08 [Achille])

De quoi donc qu'il cause, le bouillant là ?
- du bûcher des vanités ?
- Du bûcher des critiques ?
- Du bûcher des bûches de Noël les plus catastrophiques ?
- De « Barbara buche au boulot » mais, heureusement, voilà que dans la pub se pointe une bouteille de Badoit et donc Barbara boit au goulot.
- Du Pacte à Pap Ndiaye-Attal aux pompes bien cirées ? (Non, non, je ne le signerai pas.)
- De la France de demain, que Macron pourrait bien laisser aux chiens et aux loups ?

2.
« Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? »
(Racine, « Iphigénie », v.284 [Ulysse])

Ce vers est-il :
- Surprenant comme un cœur qui parle ?
- Hyperbolique comme la politique ?
- D'une belle et honnête simplicité ?

3.
« Une secrète voix m'ordonna de partir »
(Racine, « Iphigénie », v.516 [Eriphile])

Ce vers est-il :
- Joli comme un cœur qui parle (cf aussi du grand Racine : « Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? »)
- Hyperbolique comme une saucisse qui se mettrait à déclamer du Shakespeare ?
- Ah tiens, j'entends dans un documentaire sur Rameau citer les paroles d'un marrant canon : « Un cu- Deux cu- Trois curés ont voulu baiser ma mie Margot »
- C'est un bon vers que ce vers de Racine :« Une secrète voix m'ordonna de partir » et qui dit bien que nos actions sont décidées par quelque secret qui hante nos neurones et les syllabes qui les agitent.

4.
« Mais vous, qui me parlez d'une voix menaçante,
Oubliez-vous ici qui vous interrogez ? »
(Racine, « Iphigénie », v.1346-47)

Qui s’exprime ainsi ?
- Ramzan Kadyrov, dictateur tchétchène, à qui l'on demande s'il est oui ou non tout à fait mort ?
- Vladimir Poutine, dictateur russe, à qui l'on demande s'il a, oui ou non, conscience de ruiner l'économie de la Russie par sa sale guerre en Ukraine ?
- Régis Le Sommier, bavard français, à qui l'on demande si réellement il est pro-Poutine, pro-Bachar el-Assad, en bref, s'il ne serait pas, par ses prises de position en faveur de l'impérialisme russe, un peu compromis dans quelque chose de pas très propre (à moins qu'il ne soit pas tout à fait celui qu'on pourrait croire, bref, ça pue) ?
- Agamemnon parce qu'il s'agit d'une pièce de Racine et pas d'une coupure de presse tirée d'un journal que je n'achète pas parce que ça fait belle lurette que je n'achète plus de journaux ?

5.
Pensez-vous que, lorsqu'un drame se produit dans un milieu aisé genre universitaire, enseignant connu, respecté, qui se serait fait assassiner par sa femme elle-même universitaire, enseignante, connue et respectée, conseillère municipale, autrice... cela pourrait relever de :
- l'improbable et pourtant,
- on ne sait jamais ce qui se passe chez les gens une fois qu'ils ont refermé la porte,
- l'hybris,
- la sélection naturelle,
- l'horreur économique,
- on ne connaît jamais vraiment la personne avec qui l'on vit,
- la rareté naturelle et la violence qui en découle,
- des plaies rouvertes, des feux mal éteints,
- la raison d’État,
- le secret,
- la nécessité de se méfier de tous et de toutes, tout le temps et partout (poil aux genoux).

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2023.

23 septembre 2023

MOINEAU DANS LA MAIN COLOMBE SUR LE TOIT

MOINEAU DANS LA MAIN COLOMBE SUR LE TOIT

1.
« Et quoi de plus contraignant que d'avoir à paraître ce qu'on n'est pas ou peu, devant des gens qui, eux aussi, s'appliquent à donner d’eux-mêmes une idée non conforme à la vérité ? »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau »)

De ce constat, le narrateur tire la conclusion que :
- comme le dit Rousseau, « l'homme est naturellement bon et c'est la société qui le déprave » ?
- le savoir-vivre serait une hypocrisie et « haïssable », de même que l'éducation est nationale, le Pacte un piège, mystérieux le meurtre à Dunkerque et « le polygone irrégulier » ?
- l'humanité se joue une fichue comédie avec plein de bruit et de fureur dedans qu'on se demande même si être ou ne pas être et qu'est-ce que qu'on mange à midi ?

2.
« Et puis me voilà perdu dans des méandres sans fin, prisonnier de haies d’épineux, teigneuses et infranchissables. »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau » [le narrateur])

Cette phrase de San-Antonio/Frédéric Dard, a-t-elle pour but de :
- nous interroger sur le destin de l'humain « perdu », « prisonnier », en proie au « teigneux » et à « l'infranchissable » ?
- faire part du désarroi du narrateur face à l'inflation galopante que Bruno Le Maire nous dit que ça va s'arranger et que ça, ça n'est pas si sûr.
- illustrer le proverbe allemand qui dit : « Besser ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach » ? ce qui équivaut, ai-je lu sur la Toile, au français : « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » ?
- nous rappeler l'incroyable talent du commissaire San-Antonio, qui sait résoudre les énigmes les plus épineuses tout en fréquentant méditations, métaphysiques, des cartes et bars-tabacs ?

3.
« - Franchissez le radar, s'il vous plaît, enjoint ma guidesse.
J'obtempère. L'appareil module un tuuuuuuuuut désagréable. »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau » [le narrateur])

Si l'appareil désagréablement tuuuuuuuuute, c'est que :
- la fiction pousse son bouchon un peu trop loin dans le réel, lequel s'alarme légitimement ?
- Le narrateur a sur lui quelque chose de métallique ?
- Comme dit le proverbe allemand, « Besser ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach » ?
- l'année 2023-2024 va-t-elle être en France pleine de troubles comme le furent 2018-2019 ainsi que 2022-2023 (entre-temps, il y eut beaucoup de covid) ?
- Le narrateur n'est pas un être humain ? Mais alors qu'est-il donc ? (Nous nous interrogeons).

4.
« Pourquoi me laisse-t-on mijoter dans cet univers blafard et silencieux ? »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau » [le narrateur])
Bin oui, tiens, pourquoi ?

- parce qu'il faut bien raconter quelque chose, même que la prochaine fois, le narrateur se demandera pourquoi qu'on le laisse poireauter dans ce monde braillard et bigarré, si ce n'est devant une baraque à frites ?
- Parce que dans le meurtre mystérieux à Dunkerque, il semble que le coupable ne soit pas le clown Picolo ?
- Parce que c'est comme ça défois que l'on cuisine le poulet de fiction ?

5.
« C'est un très bel avion de la Té-double-vé-A (en anglais : Ti doble you É) Boeing rutilant, pomponné, avec du bourbon ambré et des hôtesses platinées comme on n'en trouve plus que sur les lignes américaines. »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau »)

Je vous cite cette phrase d'un roman d'il y a longtemps maintenant parce que :
- la TWA n’existe plus cause qu'elle a fusionné avec « American Airlines » en 2001, donc nostalgie ?
- Le narrateur aime le « bourbon ambré » et les « hôtesses platinées » ?
- j'aime le style baroque, hétéroclite, amusant, coloré, rock n' roll même je trouve qu'il est, son style, à San-Antonio/Frédéric Dard,
- je n'ai jamais pris l'avion et ne le prendrai jamais ?
- Parce que je n'ai pas signé le Pacte et que je ne le signerai pas. Et pourquoi que je ne le signerai pas, le Pacte à Pap Ndiaye, pompes bien cirées à Attal ? Parce que je pressens qu'il pourrait être à terme imposé, le Pacte, et de moins en moins « avantageux », le Pacte.

6.
« Le bœuf branche la radio autant fort qu'il peut, à t'en faire craquer les étagères à mégots, le poste, et jusqu'à son tableau de bord. »
(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau »)

Cette phrase s'inscrit-elle dans le programme :
- Corned-beef et littérature ?
- Corned-beef, frites et littérature ?
- Corned-beef, frites, mayonnaise, bière blonde et littérature ?
- Castagne et littérature ?
- Pacte à Pap Ndiaye, pompes bien cirées à Attal, tronche à Macron et littérature ?
- Argot et littérature ?
- Hallucinations et littérature ?
- Rubettes et littérature ?
- Ecoutilles et littérature ?
- Meurtre mystérieux à Dunkerque et littérature ?

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2023.

20 septembre 2023

QUE LA PLUME SOIT PLUS FORTE QUE L'EPEE JE SAIS PAS TROP

QUE LA PLUME SOIT PLUS FORTE QUE L'EPEE JE SAIS PAS TROP

1.
« S'il a froid, il pense aussitôt qu'il pense avoir froid, puis il se voit penser qu'il pense qu'il a froid ; à peine s'est-il émerveillé de se voir penser toute cette série qu'aussitôt il se voit s'en émerveiller, »
(Henri Michaux, « L'Ether »)

Ce début d'une phrase de Henri Michaux  :
- relève-t-il de l'habileté, de la virtuosité et de l'art de savoir faire du café ?
- Annonce-t-il le début d'un jeu de cons ?
- Est-il l'application d'une stricte discipline de l'esprit ?
- Va-t-il s'ouvrir en deux et qu'en jaillisse un diablotin monté sur ressorts ?
- Prépare-t-il le spectacle de la conscience se voyant « s’émerveiller de voir qu'[elle] pense qu'[elle] se voit penser qu'[elle] a froid » ?

2.
« Ici, le poulpe devenu homme avec ses yeux trop profonds. »
(Henri Michaux, « Dessins commentés »)

L'auteur, par ce « poulpe devenu homme » évoque-t-il :
- un homme politique très connu pour ses opinions qui sentent le rance et le moisi des époques maréchales ?
- Un performeur de musique électronique-nique-nique à faire guincher zozos, zozottes, hallucinogènes zazous  ?
- Un philosophe de « l'école de la Seiche », dite aussi école « Sépia », dite aussi mais seulement quand on agite la bouche.

3.
« Depuis trois mois, je subis une défaite continue : ennemis sans visage ; de la racine, de la véritable racine d'ennemis. »
(Henri Michaux, « Persécution »)

Le narrateur est ici en proie à :
- la multiplication des poulpes « devenus hommes avec leurs yeux trop profonds » ?
- l'apparition du « Schizoid Man » du 21ème siècle ?
- Une crise de paranoïa ?
- La radicalité de la violence ?
- Un abus de café et, du coup, grands yeux ouverts dans la nuit à compter les poulpes qui passent au plafond ?

4.
« On s'enfuit alors, on est des milliers à s'enfuir. De tous côtés, à la nage ; on était donc si nombreux ! »
(Henri Michaux, « La nuit remue »)

Qui donc est ce « on » ?
- les si nombreux rats qui quittent les si nombreux navires ?
- Les si nombreux cadavres qui s'enfuient des si nombreux placards ?
- Les poulpes qui, s'étant rassemblés au plafond, soudain foncent, fondent, s'effondrent en une nuée d’yeux profonds ?
- Les politiques fuyant leurs responsabilités ?

5.
« J'écrase mon crâne et l'étale devant moi aussi loin que possible et quand c'est bien plat, je sors ma cavalerie. »
(Henri Michaux, « Au lit »)

Voilà ce qui arrive, quand on... :
- quand on est, tel le narrateur du poème en prose de Michaux, en proie à l'ennui ?
- quand on laisse les mots vous galoper dedans la tête qu'alors on écrit des choses de plus en plus bizarres, étranges, saugrenues ?
- Quand on ne fait pas attention à soi et qu'on se néglige ?
- Quand on est bien obligé de la sortir de temps en temps, sa cavalerie, puisqu'on en a, de la cavalerie,
- Quand on se fie un peu trop au proverbe allemand qui dit : « Die Feder ist mächtiger als das Schwert » (« La plume est plus forte que l'épée »).

Patrice Houzeau
Malo, le 20 septembre 2023.

16 septembre 2023

AH CE BAUDELAIRE TOUT DE MÊME QUEL HEIN ?

AH CE BAUDELAIRE TOUT DE MÊME QUEL HEIN ?

1.
« Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n'est pas celui d'un ange,
Sorcière aux yeux alléchants, »
(Baudelaire, « Chanson d'après-midi »)

Dans ce quatrain, de qui le narrateur baudelairien fait-il le portrait ?
- d'une lointaine cousine, dont il ne se souvient que vaguement ; vu que c'était au 19ème siècle, plus personne ne sait qui c'est ?
- De sa voisine ?
- De son voisin ?
- De Perlimpinpin ou de Perlimpinpine ?
- d'Elisabeth Borne, de Marine Le Pen, de Médusa, de Margaret Coeur-de-Lion, de sa bouchère, de Marlène Schiappa, de Florian Philippot ?
- De la honte (le mot « honte » a été employé ce 16 septembre 2023 par le ministre Gabriel Attal, c'est pour ça que je me permets) qui devrait s'emparer du rédacteur de la lettre du rectorat de Versailles menaçant de poursuites judiciaires des parents qui, en désespoir de cause, menaçaient de porter plainte afin que cesse le harcélement dont était victime leur fils qui, quelques semaines après cette lettre, s'est suicidé.

2.
« Je t'adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole. »
(Baudelaire, « Chanson d'après-midi »)

Le narrateur de ce quatrain vous paraît-il :
- exalté comme un adolescent ?
- Frivole, zazou, zozo, zigoto très sot ?
- Mystique comme l'âne mystique du conte de l'âne mystique que je sais pas ce qu'il conte, ce conte-là, mais que ça doit être beau, j'en suis certain,
- naïf s'il s'imagine que les prêtres croient aux billevesées qu'ils sont bien obligés de raconter pour les faire tenir tranquilles, les gens ?

3.
« Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l'énigme et du secret. »
(Baudelaire, « Chanson d'après-midi »)

Qui c'est-y donc qu'il évoque, Baudelaire ?
- une chanteuse africaine ?
- Un chanteur de reggae ?
- Un arbre à tresses ?
- Napoléon travesti ?
- Une sarkozette (comprenez une fan de Sarkozy qui porte des tresses) ?
- Le Sphinx de Gizeh ?
- La Sphinge de Gisors ?
- Alice en Jamaïque ?
- Le parapluie perdu de mon oncle ?
- Jean-Luc Mélenchon méditant sur le destin de la Révolution ?

4.
« Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d'un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude. »
(Baudelaire, « Chanson d'après-midi »)

Mais quelle est donc cette « nymphe ténébreuse » ?
- Une vouivre, Mélusine ou Morgane,
- Une louve, la féline ou un âne,
- La rivière, la saucisse ou la gaufre,
- La fille de l'énigme ; une lettre dans un coffre ?

5.
« Ah ! Les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts ! »
(Baudelaire, « Chanson d'après-midi »)

Ce quatrain est-il :
- licencieux, obscène, inconvenant, olé-olé, tendancieux ?
- Joli mais quand même, ce Baudelaire, il exagère !
- Amusant, qu'on le mettrait bien en musique, avec de la flûte, un air léger, enlevé, hop-là !
- Si l'on compare avec tout ce qu'on voit maintenant, qu'on entend maintenant, qu'on sait maintenant, aucun doute que moi ce que je préfère avec mon steak, ce sont des frites, avec une bière.
- Mes élèves, parfois j'ai l'impression qu'ils n'ont pas ouvert un livre depuis trente ans. 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 septembre 2023.

16 septembre 2023

NOTHING IS REAL QU'IL DISAIT LE JOHN

NOTHING IS REAL QU'IL DISAIT LE JOHN

1.
« And Alice was so much frightened that she ran off at once in the direction it pointed to, without trying to explain the mistake that it had made. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 4)

Pourquoi donc qu'elle a eu peur, Alice ?
- Parce que le Lapin (« White Rabbit ») l'a appelée Mary Ann et qu'Alice s'est cru dépossédée d'un nom de son identité ?
- Parce que le Lapin (« White Rabbit ») lui a parlé « in a angry tone » ? (« sur un ton d’exaspération », traduit Magali Merle).
- Parce que ce Lapin n'est pas vraiment un lapin, et qui sait comment peuvent réagir les lapins qui ne sont pas vraiment des lapins quand on les contrarie ?
- Parce qu'Alice s'est soudain souvenue qu'on l'avait envoyée acheter un éventail et une paire de gants (« a pair a gloves and a fan ») et que, distraite par des fantaisies, elle n'avait que trop perdu de temps.
- Parce qu'Alice vient d'entendre sur France Inter quelqu'un causer « d'Europe plus écologique et sociale », et qu'elle se dit que ça signifie bien des tracas et des turbulences à venir ça, et que, de toute façon, Alice, la politique, ça ne lui dit rien qui vaille, que ça lui flanquerait même la nausée, la politique...

2.
« There was no label this time with the words « DRINK ME, » but nevertheless she uncorked it and put it to her lips. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 4)

Alice fait-elle preuve ici :
- d'imprudence, d'inconséquence et de légèreté en débouchant une bouteille qui ne lui a pas été présentée ?
- De corrélation, de coin-coin, de cornichonnerie biscornue ?
- De polydipsie, laquelle est une soif excessive ?
- D'effervescence fascinée ?

3.
« She hastily put down the bottle, saying to herself, « That's quite enough – I hope I sha'n't grow any more – As it is, I ca'n't get out at the door – I do wish I hadn't drunk quite so much ! »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 4 [Alice])

Qu'arrive-t-il à Alice ?
- Elle ne peut plus passer par la porte tellement qu'elle titube tellement qu'elle a bu que c'en est une honte !
- Elle regrette d'avoir tant bu parce que, comme le dit Magali Merle dans une note de bas de page : « Alice agit d'abord, réfléchit et regrette ensuite. »
- Ce qu'Alice a bu la fait si vite grandir que, ainsi que l'écrit Lewis Carroll, « she found her head pressing against the ceiling, and had to stoop to save her neck from being broken. » (ce qui m'apprend que « to stoop » signifie « se pencher, se courber », ce qui me réjouit car j'aime apprendre quelque chose, même si je retiens peu, ayant la tête bien trop farcie de fantaisies diverses pour y ajouter tant que je pourrais en être plus savant que je ne le suis pas).

4.
« Now I can do no more, whatever happens. What will become of me ? »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 4 [Alice])

Que continue-t-il à lui arriver, à Alice ?
- Les problèmes devenant de plus en plus aigus et les menaces se précisant singulièrement (réchauffement climatique, retour de la guerre froide, pandémie du covid...), il arrive à Alice ce qui arrive actuellement à l'humanité, elle est dans le « Now I can do no more, whatever what happens. »
- Paralysée par ce que Magali Merle note dans une note de bas de page comme une « inadéquation du corps à l'environnement », Alice devient trop grande pour la maison dans laquelle elle s'est introduite,
- petite fille, Alice commence à paniquer dans un réel qu'elle ne comprend pas,
- adolescente, Alice commence à paniquer dans un réel qu'elle n'arrive pas à comprendre,
- jeune femme, Alice commence à paniquer dans un réel qu'elle n'arrive pas à maîtriser,
- très âgée, Alice en a marre de paniquer et se demande, non sans fatalisme, « what will become of me ? »

5.
« When I used to read fairy tales, I fancied that kind of thing never happened, and now here I am in the middle of one ! There ought to be a book written about me, that there ought ! And when I grow up, I'll write one - »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 4 [Alice])

Quoi kassadit dans sa tête, à Alice ?
- Ça dit qu'Alice cogite vraiment beaucoup pis qu'elle en a des pépins dans le citron, Alice,
- Ça dit qu'Alice se rend compte de sa nature de personnage de fiction, et rêve de devenir maîtresse de sa destinée en écrivant elle-même ses propres aventures,
- Ça dit qu'Alice se rend compte de la nature réelle des contes de fées, - des cauchemars en réalité !
- Ça dit que la réalité qui n’existe pas dépasse souvent la fiction qui n'est jamais qu'une vision de l'esprit.
- Je me demande s'il n'y a pas quelque rapport entre les aventures d'Alice, toutes ses cogitations, la fantaisie quoi et ces paroles du « Strawberry Fields Forever », de John Lennon : « Let me take you down / « cause I'm going to Strawberry Fields / Nothing is real ».

Patrice Houzeau
Malo, le 16 septembre 2023.

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