Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
11 août 2023

DE PAR LA SAUTERELLE VERTE ET AUTRES

DE PAR LA SAUTERELLE VERTE ET AUTRES

« Par elles prospéraient l'erreur et le prodige, et la sauterelle verte du sophisme »
(Saint-John Perse, « Vents », 3)

Par la sainte saucisse, je n''y pige que couic à Saint-John Perse (faut dire, je ne le lis pas très souvent, préférant les bons vieux romans policiers à énigmes et comment ça un clown poignardé dans la bibliothèque, en êtes-vous sûr, James ?) bon, le pronom
Elles renvoie à de « très grandes forces en croissance sur toutes les pistes de ce monde », de très « grandes forces » liées, si je comprends, « à l'insulte et à la discorde ». Bah oui, ce n'est pas nouveau, on le sait ça, depuis Aristote (évidemment, la rime « tante Charlotte », suivie de « grosses tototes » me viennent illico mais ça c'est parce que je n'ai pas l'esprit ouvert à la haute poésie des hermétismes et autres grandes cuillères) ; donc, on sait depuis Aristote que « l'homme est un animal politique », et donc, plus il est nombreux, plus il s'agite politiquement, que ça fait donc « de grandes forces en croissance », de l'insulte, de la discorde, des sales coups, des massacres, des camps de concentration, d’extermination, des saloperies quoi. Donc par ces « grandes forces en croissance »
Prospéraient, outre les idéologues, et aujourd'hui, les complotistes, conspirationnistes, intégristes et autres crétins et salopards (dont un paquet est quand même issu de nos grandes écoles, c'est vous dire combien je les méprise, ma pomme, les écoles de l'élite, l'ENA, Sciences Po et compagnie), prospéraient donc
L'erreur (qu'est-ce que je vous disais)
Et shazam, aussi shazam que ah tiens, les Américains font ces derniers temps (nous sommes en l'an 2023 : Macron dépense beaucoup d'argent que la France n'a pas et Poutine est en passe de ruiner la Russie), beaucoup de bruit autour des OVNI, qu'ils font, ces temps-ci, les Américains (jusqu'à laisser d'anciens militaires prêter serment devant le Congrès pour dire et sous-entendre que le gouvernement de la plus grande démocratie du monde, ça fait longtemps qu'il en a, dis, des morceaux de soucoupes volantes fracassées ici ou là, et qu'il en sait, dis, des choses, le gouvernement américain sur la vérité est ailleurs, la moustache à Scully et
Le fox-trot à Mulder, ce qui ne veut rien dire, mais c'est fait exprès), et en général, quand les Américains agitent les petits bonshommes verts et gris, c'est qu'il se passe aussi autre chose, mais pour en revenir à Saint-John Perse, prospéraient donc l'erreur et le
Prodige, bon ça signifie-t-y les fausses promesses, genre le communisme sauverait le monde ? Les fausses informations, genre le covid serait une invention des mondialistes  ? Les faux miracles, genre la prospérité serait au coin de la rue ? Et après ?
Et après, il y a une jolie image dans
La prose poétique à Alexis Leger (aka Saint-John Perse), l'évocation de « la
Sauterelle verte du sophisme ». Je suppose que le poète veut signifier ici que le sophisme peut mordre aussi (le sophisme a des dents), comme peut mordre la grande sauterelle
Verte, dite aussi Tettigonia viridissima, nous arboricole wikipédia, sinon
Du diable à choucroute, si j'y pige quelque chose, que pour finir, il y a le mot
Sophisme, et ça, c'est tant pis pour vous.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2023.

Publicité
11 août 2023

LE ROUBLE DEGRINGOLE LES EXPERTS TERGIVERSENT

LE ROUBLE DEGRINGOLE LES EXPERTS TERGIVERSENT

1.
9 août 2023 ; 13 h. en France, on court vers 1 euro = 107 roubles, eh oui. La valeur de sa monnaie, au Poutine, dégringole, dévisse, chute.

Sa sale guerre en Ukraine va le ruiner, lui, la mafia russe et les Russes. Il faut être drôlement naïf pour s'imaginer que la Russie puisse vaincre l'OTAN, l'UE et les Etats-Unis.

2.
Paraît que Bruno Le Maire, devant faire des économies, s'apprêterait à puiser dans les réserves de certains organismes publics. Question, en passant, est-ce que cette razzia sur le grisbi concernerait aussi les fonds du GIP-FCIP et donc l'éducation nationale ?

3.
Août 2023. Tout le monde, il est content : les baleines parmi les entreprises de France ont augmenté leur bénéfices (enfin, pas toutes, ArcelorMittal et Altice - Patrick Drahi est-il un nouveau Bernard Tapie? -, c'est pas trop la joie en ce moment, hein). Or, le paupérisme galope et la consommation baisse. Ce qui signifie clairement que les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Ça s'appelle la macronie.

4.
Investisseurs, marchands, banquiers qui investissez encore en Russie, réveillez-vous. Poutine a signé l'arrêt de mort de la Russie le 24 février 2022 en tentant d'envahir l'Ukraine. Poutine ne peut pas gagner et l'économie russe va à vau-l’eau.
Investisseurs, marchands, banquiers qui investissez encore en Russie, reprenez vos billes avant qu'elles finissent fondues dans l'acier de canons aussitôt détruits par les armes de l'Occident.

5.
Vous vous demandez encore comment enseignants et syndicats ont pu laisser se dégrader nos métiers à ce point ? Nous connaissons pourtant la réponse depuis longtemps : cela s'appelle la « fluidification sociale », même que certains appellent cela « corruption ».

6.
Août 2023. L'affaire « Civitas » qui a éclaté après les propos stupides et scandaleux de Pierre Hillard (« il faudrait en revenir à la situation d'avant 1789 », dit l'antisémite) fait désormais de cet idéologue complotiste un adversaire de Zemmour, et donc un proche du Lepénisme dans sa tendance antijudaïsme, mais surtout, devrait plaire aux royalistes. Bref, l’extrême-droite se déchire. Méchamment.
Je laisse de côté la thèse de l'infiltration qui aurait pour but de faire dissoudre Civitas de l'intérieur en incitant certains de ses cadres à tenir publiquement des propos inadmissibles. Je ne l'écarte pas tout à fait ; Macron craint des jours agités et veut visiblement faire le ménage.

7.
Je ne suis bienveillant que quand ça m'arrange, mais n'ayant aucune poids social, je ne fais de mal à personne. Ceci dit, je n'ai que mépris pour la plupart des politiques, et des crachats en réserve pour certains.

8.
Dans le réel, le monde tel qu'il est, la stratégie doit être synchronique et non diachronique. Il faut vaincre Poutine parce que Poutine menace clairement les démocraties libérales ainsi que la paix mondiale. Les généalogies des événements sont affaires d'historiens. A trop s'y pencher, l'Occident finit par y perdre le fil et se tétaniser. Il en est de même pour l'Afrique. A trop remuer le passé et chercher qui est coupable de quoi pourquoi comment, on finit par rester dans la bibliothèque, à se quereller entre experts pendant que le djihadisme et la Russafrique progressent. Le jour où ils mettront le feu à la bibliothèque, il sera trop tard pour agir.

Ce n'est pas avec une bibliothèque que l'on arrête une division blindée, et donc « Si vis pacem, para bellum ». Méfions-nous des généraux qui ont le culte de l'Histoire.

Ce n'est pas au nom de la Sainte Russie qu'il fallait combattre l'empire soviétique, mais parce que le communisme d'Etat est un système anti-démocratique, autoritaire, menaçant et économiquement inefficace (la Chine étant le seul pays communiste ayant adopté l'économie de marché, elle est donc à la fois anti-démocratique, autoritaire, riche et menaçante).

9.
Vendredi 11 août 2023. 10 heures 15 en France. 1 euro = 107, 50 roubles. Ceux qui pensent que le rouble pourrait être un bon investissement se trompent : les perspectives de l'économie russe ne sont pas bonnes, notamment en ce qui concerne les secteurs de l'énergie et de la banque.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2023.

11 août 2023

TOUSSAINT

TOUSSAINT

« Des enfants morts parlent parfois avec leur mère
Et des mortes parfois voudraient bien revenir »
(Apollinaire, « Rhénane d'automne »)

Des onomatopées que l'on trouve dans cette « Rhénane d'automne » - il y a le kikiriki des coqs (mais « Nul coq n'a chanté aujourd'hui », dit le poème), il y a le hi han des « bons ânes » qui « se mettent à brouter les fleurs / Des couronnes mortuaires ». On n'entend pas les cris des
Enfants des morts « qui vont jouer / Dans le cimetière ». C'est sans doute qu'ils ne crient pas. Les
Morts ça ne les dérange pas, ce curieux début de Toussaint. D'ailleurs, ils
Parlent parfois avec leur mère, les « enfants morts » ; c'est que
Parfois les morts se rappellent aux vivants. C'est
Avec mélancolie, ah oui, que le poète évoque les morts (« Vous mendiants morts saouls de bière / Vous les aveugles comme le destin / Et vous petits enfants morts en prière »). A
Leur mère, ils parlent parfois, dis, les enfants morts. Que dit la
Mère ? Que dit l'enfant ? Comprenons-nous toujours où ils veulent en venir ?

Et voilà pourquoi j'aime la poésie, c'est un mystère qui ne s'épuise pas.
Des énigmes, comme dans les romans policiers, des énigmes et des
Mortes qui « voudraient bien revenir ».
Parfois, les feuilles mortes sont des « mains coupées », et parfois les mains coupées sont des « feuilles mortes ». Parfois sous les feuilles mortes, on trouve des mains coupées. « Ce sont les mains des chères mortes / Ce sont tes mains coupées », dit le poème.
Voudraient-elles, ces jeunes filles, de nouveau rire et chanter, manger de la viande, boire, fumer, danser ?
Bien sûr, je n'en doute pas qu'elles le voudraient, si elles pouvaient
Revenir, nos mortes, nos mères, nos jeunes filles.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 août 2023.

9 août 2023

DIE NIEMAND SPAART

DIE NIEMAND SPAART

Notes sur le film « Un soir, un train », de André Delvaux (1968).

« Un soir, un train », de André Delvaux (1968) commence par une chanson et un paysage enneigé qui défile parce que la caméra est dans le train qui roule le long des champs et des toits enneigés.
Il est question « d'entretenir la tombe, pour la Toussaint », dit une vieille dame à Mathias, interprété par Yves Montand.
Il y a un temps suspendu. Il vient après la question « - Vous n'avez pas encore d'enfants », posée par la vieille dame à Mathias (la réponse est « non »). Un temps suspendu. De vieilles personnes, des gens âgés. Qu'attendent-ils ?

Mathias enseigne à l'université. La linguistique. Son cours est interrompu. Grève des étudiants flamands. Allusion probable à « l'affaire de Louvain » (1967-1968) et aux manifestations des étudiants nationalistes flamands hostiles à la présence d'étudiants et d'enseignants francophones au sein d'une université située en territoire néerlandophone.
Dans le couloir, Mathias aide une étudiante à traduire du néerlandais au français un texte sur la mort.
« La mort qui n'épargne personne », nous la retrouvons ensuite, cette phrase sur une scène de théâtre. On y joue une pièce de la Renaissance « Elckerlijk ». La Mort s'adresse à Elckerlijk.
Mathias y rejoint Anne (interprétée par Anouk Aimée). Il est question du statut de la Mort : un personnage, la mort ? Un « écran entre le soi et le moi », comme le jargonne Mathias ? Ça, pour moi, c'est du pipeau ; du reste, Mathias y croit-il lui-même ?
Reste l'essentiel, la phrase dite par le comédien jouant la Mort qui me rappelle Nosferatu quand même un peu, ou la mort vue par Michel de Ghelderode, ou James Ensor : « Ik ben de dood die niemand spaart. »

Un pull mauve, un gilet noir, une chemise blanche, des huîtres, du vin blanc ; une musique de limonaire, de piano mécanique sur le point de se déglinguer, de fausser compagnie, un air à la défaire, la fête, un couple, une maison bourgeoise, des bougies, « A l'ange » (c'est le toast porté par Anne).
Mathias est un matérialiste, un homme du libre-arbitre, il mange ses huîtres et n'écoute pas Anne qui lui dit : « Tu n'y crois pas hein toi ».
On dit que « Un soir, un train » est un film sur l'incommunicabilité. J'en sais rien. Anne et Mathias ont-ils réellement des difficultés à communiquer ? Des mots, tout ça, des mots. Ceci dit, je suis mal placé pour répondre à cette question, car j'aime à grincer et à ironiser comme si c'était important, et j'entretiens d'assez bonnes relations avec la farine, les œufs, et le fromage râpé.
Après qu'ça cause qu'on est libre, et « intelligent, et lucide », mais bon là aussi ce sont des mots. La liberté, il y a des philosophies pour ça. Dans la vie courante, on est surtout libre de se faire avoir si on ne fait pas attention.

Dans le film, il ne fait pas beau, on voit ça quand ils sont dans le bus en ville. On dirait qu'il pleut. Après, le bus file dans la campagne qu'a l'air brumeuse. On entend des coups de feu. Des chasseurs. Forcé qu'on pense à des troubles qui pourraient éclater, un jour ou l'autre, entre nationalistes des deux camps.
Bon. Dispute. C'est que la française Anne a peur de se retrouver seule dans une province où elle n'est pas forcément bien vue, sans amis, sans enfants (la belle affaire!).
Cimetière. La mort encore.
Le vivant ne retrouve pas ses morts.

Le train. Des gens. Mathias est rejoint par Anne, c'est une surprise. Une tentative. Un retour. Un couple, ça s'arrange.
Il est question de Rotherhite, un quartier présenté par un ami de Mathias comme étant l'un « des plus sinistres de Londres ». Il est question aussi de Harry Dickson et donc de Jean Ray (autre grand fantastique belge).
Il y a ce que l'on devrait transmettre et que l'on ne transmet pas. L'humain est un passeur lunatique.
Il y a du silence. Le film est pourtant plein de bruits (celui du train, de sirènes diverses, de cris d'enfants, et cela dès le début, à tel point que l'on a du mal parfois à saisir certaines répliques).
Incommunicabilité ? Bah oui. Du coup, dodo et cauchemar. Sonneries, rouge, flammes (celles de l'enfer?).

Debout les morts. Le train roule. Anne a disparu. Un professeur de linguistique. Un historien des religions à la retraite. Un étudiant. Ils sont trois à être descendus du train arrêté ils ne savent où, pis qui repart, les laissant là dans le on ne sait où.
Ils se dirigent vers un village. On entend de l'orgue comme dans les films d'épouvante, tandis qu'ils traversent une grande étendue humide, vaseuse, désolée. Terre gaste (« espace inhabité qui ne vaut rien pour la culture » dit Internet).
On est à la moitié du film. La nuit tombe. Une lumière au loin.
« On croit toujours qu'on peut tout arranger », dit l'historien des religions.
Après, défois, on n'arrange que ce qui nous arrange, les autres n'ont qu'à s'arranger. Que voulez-vous, ça ne nous arrange pas toujours d'être dérangé. Il y a du jazz. Après, bien sûr, il n'y a personne à vot' enterrement. On s'en moque puisqu'on est dans la lettre de licenciement définitif.
Il y a des réflexions sur la mort, le destin, la prédestination, le pourquoi de l'arrêt du train, tout ça. On dirait, ce film, la transposition d'un cours de philo.

Sont dans la nuit, trouvent un village.
Une autre sonnerie. Une projection de cinéma. Des humains dans le ciel. Du vol libre. Cela fait écho à ce que citait Anne dans la première partie du film sur « les plaines du ciel, là où nous devons tous nous retrouver. »
On ne parle ni flamand, ni français dans ce village, mais une langue qui n'a pas du tout l'air d'être romane. Le linguiste ne la comprend pas, en tout cas.
Un hôtel. Du jazz. On ne peut pas téléphoner. Personne ne comprend personne. Les trois hommes sont attablés et servis. Le vin est bon. Le repas copieux.
Parfois, on la reconnaît. Moïra (la destinée).
L'historien des religions la reconnaît ; étrangement, le linguiste ne la reconnaît pas. Ce qu'il reconnaît, c'est la fascination, et cela soudain le panique, le met en colère, le révolte.
Dans les dix dernières minutes du film, l'étudiant fait le pari qu'il « va tout savoir », élucider l'énigme. Dissiper le surréalisme du machin. Après le jazz et la musique d'ambiance, la danse, la danse étrange. Intense. Barbare. Etrangère. Fascinante la jeune fille, une serveuse de l'hôtel, elle s'appelle Moïra, comme dans une nuit rhénane d'Apollinaire. Fascinante, la musique genre le « High Horses » du groupe The Residents : limonaire, percussions, un drôle de souffle. Tout le monde danse. Tout un tas de gens soudain. L'étudiant est fasciné par la jeune fille. C'est qu'il croit à la prédestination, en Moïra, au « tout est écrit, je ne cours donc aucun risque », a-t-il dit dans la nuit. Sifflement d'un train. Tout le monde file, précipitamment.

L'énigme est élucidée. Je ne vous en dis rien. Il faut voir ce film : « Un soir, un train », de André Delvaux.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2023.

8 août 2023

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

« Il était difficile de croire que trois semaines auparavant, à un kilomètre et demi du village, un homme avait été décapité par sa fille unique. »
(Elizabeth George traduit par Dominique Wattwiller, « Enquête dans le brouillard », chapitre 5)

Il s'agit donc d'une décapitation dans ce roman que je lis : « Enquête dans le brouillard », de Elizabeth George, et qu'il
Etait calme le village où, au chapitre 5, arrivent les enquêteurs Barbara Havers et Lynley (citation : « Le village cerné par les bois semblait baigner dans la tranquillité et la paix la plus absolue »).
Difficile d'imaginer une décapitation dans la tranquillité de ce village anglais, si tranquille qu'on dirait les villages anglais si tranquilles de la série Barnaby ou Miss Marple,
De s'imaginer donc une jeune fille lever une hache pour parricider façon drame élisabéthain, difficile à
Croire mais même les lieux les plus apparemment calmes ont leurs fantômes, leurs histoires qui finissent dans le sang et l'horreur. Ce n'est pas parce que des canards glissent sur l'étang, qu'il ne peut pas y avoir un cadavre dans la bibliothèque.
Que cela soit difficile à croire qu'il y a
Trois semaines, la tête d'un homme « avait roulé dans un tas de foin », trois
Semaines, ce n'est rien, et pourtant, trois semaines de ce monde, et encore
Auparavant, et encore auparavant, et encore auparavant,
A en remplir les journaux, les réseaux, les têtes et les bouches -
Un massacre incessant qu'il est le monde, je vous le dis, Madame Coeurdeboeuf, des morts au
Kilomètre, du sang à la Une, que d'la misère et du malheur
Et une salade thon-pommes de terre-haricots verts avec un
Demi de bière de table, puis de la charlotte aux fraises faite maison, tout ça avalé, tandis que les zombies de Poutine tentent d'assassiner l'Ukraine pour le grand profit de la mafia russe, et pendant que Zut
Du diable si je me souviens de ce que Zut me racontait que moi je pensais au
Village de « Enquête dans le brouillard » et à tout
Un tas de romans que j'ai lus, qui m'ont plu et que je ne pourrai pas relire cause qu'un
Homme a une durée de vie limitée, sans compter que ma boîte à songer peut très bien me lâcher à n'importe quel moment, que je pourrais finir baveux gâteux parmi mes livres jaunissants. Quant à Linley, il explique qu'il
Avait « appris à apprécier » la musique – il s'agit de musique classique et pas de tagada-boum-boum hein - « quand [son] père était malade, tout à la fin. Il y en avait toujours à la maison lorsque je réussissais à lui rendre visite », qu'il explique à Barbara dans la voiture. Ah tiens il pleut. Cet
Eté, il pleut pas mal sur les Hauts-de-France.
Décapité. Ça me rappelle la devinette du capitaine décapité et des douze moines qui eurent la tête coupée. Combien ça fait-y de têtes tranchées ?
Par pure fantaisie que j'écris ça. Sinon,
Sa défaite à Poutine que je souhaite qu'il faudrait que l'OTAN décrète l'Ukraine No Fly Zone. Poutine testera et n'ira pas plus loin, dissuasion nucléaire oblige. C'est maintenant ou jamais que je me dis. Mais l'Occident semble soudain si frileux qu'à mon sens pourtant une défaite de l'Ukraine serait suivie de bien d'autres pour nos pommes. La périlleuse Chine n'aurait dès lors plus aucune retenue et le Xi Jinping et le Poutine d'en faire des mauvais coups et autres saloperies. Donc, on se demande si la
Fille du roman « Enquête dans le brouillard » - apparemment sa fille
Unique – a oui ou non décapité son père.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

Publicité
8 août 2023

UN BRUIT DE GALOPADE

UN BRUIT DE GALOPADE

« Un bruit de galopade » je lis ça au chapitre 4 de « Enquête dans le brouillard », de « Elizabeth George », même que la faiseuse de ce
Bruit de « galopade » s'appelle Danny, et c'est donc dans un bruit
De galopade qu'elle surgit dans le chapitre.
Galopade, c'est un mot que l'on n'entend plus guère qui
Retentit sans doute encore dans les couloirs des écoles et les cours de récréation, que ça me fait penser au mot « galopin », qu'on n'entend plus non plus.
Et donc Danny galope, rapportant des « pantoufles ».
Une drôle d'histoire de fantôme qu'elle va raconter dans la suite du chapitre, la
Jeune Danny, « c'est toujours la nuit que le nouveau-né crie dans l'abbaye », qu'elle dit, la
Fille, même qu'elle l'a entendu, « il y a trois ans », et qu'elle n'est « pas près de l'oublier ! ».
D'environ dix-neuf ans, la Danny (je me demande si ce n'est pas
Dix-neuf parapluies, qu'il aurait perdus, mon oncle, depuis le temps que je vous en cause) ; le roman d'Elizabeth George a été publié en 1988 aux Etats-Unis sous le titre « A Great Deliverance » et en 1990 en France, que les
Ans passent, et elle a toujours dix-neuf ans, la jeune fille
« Aux cheveux tout ébouriffés », que des
Cheveux tout ébouriffés, ça va bien avec les jeunes filles des romans policiers à énigme, et « Enquête dans le brouillard », c'est du
Tout bon dans le genre. Sont
Ébouriffés aussi du capillaire, sur les photos, les musiciens de rock des années 70, genre Led Zeppelin, voyez. Donc, Danny
S'encadra « sur le seuil » parce que si elle s'était encadrée
Sur « un coup de dés jamais n'abolira le hasard », comme dit
Le poème de Mallarmé, on aurait été au
Seuil de quelque chose que je renoncerais alors à expliquer.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

8 août 2023

ET DIEU DANS TOUS CES CRIMES ?

ET DIEU DANS TOUS CES CRIMES ?

Le chapitre 3 de « Enquête dans le brouillard », de Elizabeth George, commence par un corps sans tête. C'est même la première phrase du chapitre : « Le corps n'avait pas de tête. ». Donc voilà.

Dans l'histoire, il y a un prêtre, le père Hart. Dieu est censé ne pas être trop loin donc, mais on ne peut jurer de rien. Les romans policiers, c'est quand même basés sur le non respect des commandements, en particulier le « Tu ne tueras point. » C'est pour ça que, prêtre ou pas, l'idée de Dieu a aussi à voir avec les romans policiers.

En Dieu, je n'y crois pas trop ; par contre, l'idée de Dieu n'est pas une question de croyance : elle est partout, subconsciente : tout à coup, elle éclate, et en général, ce n'est pas bon signe.

Quand on y réfléchit entre deux sandwichs au pâté, on est bien obligé de se dire que l'Histoire des humains nous autres, elle est quand même pleine de meurtres et d'assassinats. C'est la loi du nombre, voyez : je ne sais pas si les taux de tuerie augmentent, mais vu qu'on est de plus en plus nombreux, statistiquement, il y a de plus en plus d'assassins, de victimes, d'horreurs, sans compter les grands massacreurs étatiques dans le genre George W. Bush ou Poutine.

Dans l'histoire composée par Elizabeth George, il y a quelqu'un qui, dès le chapitre 3, se dit responsable de la décapitation : « C'est moi qui ai fait ça et je ne regrette rien », dit-elle. Donc, la coupable serait tout de suite désignée, mais ce serait quand même étonnant qu'ça soit si simple. Ça promet du trouble.

Le chien « s'entendait bien avec le canard ». Il était donc bien nourri. Barbara boit du tonic et Lynley du whisky. Plus tard, Barbara achète des pêches, ce qui me fait penser à cette publicité où l'on voit une jolie fille (ah oui!) d'autant plus suer sur ses dossiers (il n'y a pas d'ordinateur, on dirait une pub des années 80, ça joue sur la nostalgie, s'te pub) que c'est l'été ; sur l'écran, nos yeux fascinés lisent alors « Barbara bûche au boulot », et elle sue et souffle, la Barbara brune en chemise blanche ; après, on lui tend une bouteille de je ne sais plus quoi ; la publicité, ça marche pas toujours, je me souviens toujours de la fille (elle est jolie, ah oui!) et pas de la marque de la boisson pétillante, même que ça la met en joie, la « Barbara bûche au boulot » là, comme, à l'idée d'un coq au vin, s'éclaire ma pomme.

Entre-temps, le nom de la marque d'eau gazeuse m'est revenu. Ce que c'est quand même que de nous.

A la page 48 de l'édition Pocket n°4056 de « Enquête dans le brouillard », Elizabeth George a des considérations sociologiques sur les quartiers aisés et les quartiers pauvres : d'un côté, « trottoirs impeccables » et « jardins tirés au cordeau » ; de l'autre, « jardins livrés à eux-mêmes » et « trottoirs jonchés de saletés ». Eh oui.

Page 51, cette expression terrible : le « baiser vampirique de la leucémie ».

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

7 août 2023

LE MAGNIFIQUE OU LE YOYO DU SCRIBE

LE MAGNIFIQUE OU LE YOYO DU SCRIBE

Le film « Le Magnifique », de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo (chouette-chouette !) commence au Mexique et dans une cabine téléphonique, qu'il n'y a pas besoin d'aller au Mexique pour téléphoner, surtout que, d'après le film, on peut s'y faire dévorer par un requin des cabines et finir recyclé dans la grande distribution. Affreux, dis, comme une macronie.

J'aime bien aussi parce qu'on y entend des trompettes dans le genre des musiques folkloriques qu'on dit que c'est mexicain qu'alors que si ça se trouve, ça a été composé par un Albert Berbla de chez les 1er prix du Conservatoire Supérieur de Paris et autres auteurs de nombreux jingles pour la radio.

De toute façon, ne parlant ni espagnol, ni jouant de la trompette, moi ce que je vous en dis, c'est que j'ai mangé des pâtes. Bon, là-dessus, la musique est de Claude Bolling, et ça c'est bien, parce que j'aime bien les pâtes et Claude Bolling.

J'aime bien les films comiques, ça me change des films que je ne regarde pas.

Il est question « d'un pain de campagne sous le bras », mais il n'y a pas de pain de campagne sous le bras, et ça, voyez, c'est signifiant, qu'à mon avis, le scénariste, en pondant son chef d’œuvre de culture populaire, il aura eu soudain une petite faim (les émotions scénaristiques, ça creuse) et se sera fait un sandwich avec son pain de campagne là que ça ne m'étonnerait pas. D'ailleurs, pas plus le « pain de campagne sous le bras » que « la prune du Japon » du film « Mystery Train » ne sont coupables.

Il y a aussi la jolie Jacqueline Bisset, et ça c'est bien parce que j'aime bien les pâtes, Claude Bolling et Jean-Paul Belmondo.

Donc, « la petite mariée », comme dit Bob Saint-Clar (non, ce n'est pas un disc-jokey mais wikipédia nous sample que le DJ Bob Sinclar aurait choisi ce pseudo en hommage au personnage du film), l'avait du poil aux pattes, la « petite mariée », et portait la moustache que portent les moustachus quand ils portent la moustache, sinon, ce sont de faux moustachus, et c'est inquiétant.

Citation parce que quand même : « A qui Rodriguez téléphonait-il lorsque le requin est entré dans la cabine ? » se demande Bob Saint-Clar qu'à votre avis, hein, lorsque le requin est entré dans la cabine, Rodriguez téléphonait-il à :
- Donald Trump ?
- Collins, l'attaché militaire de l'ambassade ?
- A la boulangerie du coin, pour réserver un pain de campagne ?

Amis de l'ésotérisme, de l'occultisme, des pas dans le couloir et des coups dans le mur, je viens de m'apercevoir qu'à 19 minutes et 33 secondes du début du film « Le Magnifique », la femme de ménage, qui s'appelle Madame Berger (!), franchit une porte spatio-temporelle sur une plage du Mexique là-bas pour pénétrer dans un appartement en plein Paris où vit et œuvre un scribe du nom de François Merlin ! L'allusion est évidente : François est donc aussi françois que Merlin est enchanteur.

Ah tiens, il pleut dans le film. J'aime bien. Je me demande s'il arrive qu'au cinéma, la pluie jouât faux. Là, on voit bien les carreaux pleins de bouillon. Dans la nuit du 5 au 6 août 2023, ici, il a fait un vent à décorner un troupeau d'électeurs.

C'est pourtant vrai que les hélicoptères des films des seventies pleines de promesses (eh oui), ça vous vrombit façon gros moustique. Il y a un temple genre aztèco-sacrificateur, mais on voit que le ménage y est fait régulièrement. Pas de toiles d'araignée, pas de squelettes apparents et comme laissés à l'abandon, les rats sont en cage et le scribe au travail.

Dans la scène du temple (vous vous rappelez, « le rat aux dents imprégnées de cyanure », tout ça), la musique rappelle les ronflonflons trombonants des musiques au mètre que pondaient les studios d'Hollywood.

Autre citation parce que quand même : « Et Bob Saint-Clar, bondissant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov. » Ce qui devient quelques minutes plus tard : « Bob Saint-Clar, pagayant comme un fauve, échappe aux griffes de Karpov. » Puis, « un grand fauve en kimono ».

Le temps passe, la lampe descend.

Oh dis,, « Coucourrroucoucou, paloma ». Retour des sombreros chantants. Le film devient de plus en plus satirique, des ficelles et clichés de la paralittérature de mauvaise qualité (si, il en existe une bonne, et même une excellente), des snobs plus ou moins libertins, du baragouin sociologique auquel le scribe Merlin est confronté-toi-donc-tu-parles-trop.

Pourrait-on dire que « Le Magnifique » est un film sur le double imaginaire ? La projection de soi et des autres déterminée par les clichés de la culture de consommation courante : Merlin/Saint-Clar ; Christine/Tatiana ; Charron/Karpov ? J'en sais rien, cause que je n'en parle guère ni avec mon camembert, ni avec mon pain, mon beurre, mes pâtes, du double imaginaire là. Ah tiens, la femme de ménage est dans l'escalier.

Il est aussi que le film est un pied-de-nez au mythe de l'acteur identifié à un rôle : Vittorio Caprioli (dont la voix est doublée par Georges Aminel) joue l'éditeur cynique Charron et le bouffon chef des services secrets Karpov ; Jacqueline Bisset joue la hautaine Tatiana et l'étudiante Christine ; Jean-Paul Belmondo est aussi à l'aise dans le rôle de l'écrivain fauché et besogneux François Merlin que dans celui de la parodie de James Bond, Bob Saint-Clar.

Le scribe boit du café. Ça a un rapport avec Balzac. On entend la frappe de la machine à écrire. Un son du passé. C'est à ça qu'il sert, le cinéma, à préserver gestes et sons du passé alors que la réforme Blanquer, voyez, elle a servi à mettre encore un peu plus de bordel dans l'éducation nationale ; remarquez que le Pacte à Pap Ndiaye, lequel n'est même plus ministre, dans le genre sottise, s'annonce, lui aussi, très prometteur.

Le film s'achève dans le non-sens et le burlesque qui me rappelle la bagarre finale de « Zazie dans le métro », de Louis Malle. Une corneille passe. Je bâille et me suis amusé.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 août 2023.

6 août 2023

UN DEUX TROIS BROUILLARD

UN DEUX TROIS BROUILLARD

1.
En feuilletant le premier chapitre de « Enquête dans le brouillard », de Elizabeth George, traduit par Dominique Wattwiller (pocket n°4056), on trouve l’expression « une Salomé arthritique ». Du coup, ça let's dance point du tout.
Pas de pendu car ce n'est pas le nœud qui est coulant mais le nez de l'ecclésiastique.
Je ne savais point ce qu'est un « col romain », c'est le nom que l'on donne au col blanc des habits ecclésiastiques catholiques.

Il y a « une affaire de meurtre » ; normal puisque « Enquête dans le brouillard », c'est un roman policier : s'il s'était agi d'un roman de tarte aux fraises, il y aurait eu une affaire de tarte aux fraises. Vous me direz, l'instrument du crime pourrait être une tarte aux fraises empoisonnée. Et d'abord, avec tout ce brouillard, est-on sûr que c'est bien une tarte aux fraises ?

« Une brune exotique au teint mat ». Ce qui me fait penser que dans le film « Mystery Train », de Jim Jarmusch (Etats-Unis, 1989), il y a une jeune japonaise, Mitsuko, et son boyfriend, Jun, qui viennent à Memphis (Tennessee) pour visiter Graceland et le Sun Studio (ça a un rapport avec Elvis Presley et le rock n' roll). Il y a aussi une « prune du Japon ». Le personnage interprété par Screamin' Jay Hawkins va la manger, mais ce n'est pas elle la meurtrière. A la fin du chapitre I de « Enquête dans le brouillard », on sait que quelqu'un a trouvé un corps.

2.
Dans le chapitre II, une certaine Barbara semble avoir un fichu caractère.
Un reflet injurié. J'aime bien l'idée du reflet injurié, genre : il était suivi par un reflet injurié aussi sûrement que le dos d'un assassiné est suivi par un couteau (à condition bien sûr qu'il n'ait pas été assassiné par une tarte aux fraises empoisonnée, quoiqu'on peut supposer un crime où quelqu'un est d'abord assassiné par une tarte aux fraises avant d'être poignardé par un couteau trompeur, ou étourdi).

De « grandes enjambées vers l'ascenseur ». Je ne sais plus à qui appartiennent ces jambes. Je ne pense pas que ces jambes puissent se déplacer toutes seules, cependant que le haut du corps est resté en arrière à se rafraîchir le visage ou à jouer avec les ciseaux de l'avant-garde cinématographique comme dans le film « Les Petites Marguerites », de Vera Chytilova (Tchécoslovaquie, 1966). « Les Petites Marguerites », je vous conseille, ce film, parce que c'est vraiment épatant, novateur, surréaliste, frondeur, insolent, punk, iconoclaste, si !

La quatrième de couverture précise que le sergent Barbara Havers n'a guère envie de faire équipe avec l'inspecteur Lynley, cause que Barbara est pauvre et laide alors que Lynley est riche, charmant et aristocrate comme dans les films avec des aristocrates ou des documentaires sur la famille royale anglaise. Citation : « C'était l'homme le plus séduisant qu'elle eût jamais vu. Elle le détestait ».

Pensez-vous que Barbara Havers va finir par assassiner Lynley en :
- empoisonnant une part de tarte aux fraises ?
- en lui plantant un couteau dans le dos 
- en l'épousant ?

Un « minuscule teckel » passe. Ce n'est pas lui le coupable. Je vais me faire des pâtes.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 août 2023.

4 août 2023

ET DES LORS QUI EST DÉDÉ ?

ET DES LORS QUI EST DÉDÉ ?

1.
Dans une vidéo mise en ligne en 2017 et disponible sur You Tube, Aurélien Barrau et Patrick Peter abordent la question : « L'univers est-il fini ou infini ? ». Ce que Patrick Peter reformule immédiatement en « L'univers a-t-il des limites ? ». Autrement dit, tout ne serait pas possible. Ce qui implique la question : comment définir la frontière entre le possible et l'impossible ?

2.
Aurélien Barrau évoque ensuite « la première lumière de l'univers ». Je me poutre la comprenette que serait-ce le moment où Dieu a ouvert l’œil ? Cela implique-t-il que le dieu de notre histoire aurait un âge : celui de notre univers (13,7 milliards d'années) ?

3.
Évocation du paradoxe d'Olbers (appelé aussi « paradoxe de la nuit noire ») décrit en 1823 par l'astronome allemand Heinrich Olbers. Si l'univers était statique, infini et infiniment ancien (soit un ordre immuable et divin), il serait brillant (cause qu'il est constellé et phénoménal) alors qu'il est noir, l'univers, noir et inconnu, une route qui s'allongerait indéfiniment entre des lampadaires de plus en plus distants les uns des autres.
L'infini s'oppose-t-il au « vers l'infini » ? l'automobile est-elle vouée à s'écraser contre le platane ?

4.
Le « fond diffus cosmologique ». Aurélien Barrau le qualifie de « lumière relique du Big Bang ».
Au moment de l'émission de son rayonnement, au FDC, l'univers était « petit, dense et chaud ». La dilatation l'a dilué et refroidi (je pense à une pâte qui se refroidirait au fur et à mesure qu'elle s'étale). Le FDC présente « d'infimes variations de température et d'intensité selon la direction observée » nous anisotrope Wikipédia.

5.
« On dit souvent que la cosmologie moderne, c'est le lien entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. »
(Patrick Peter).
J'entends parler de « théorie des cordes » et de « gravité quantique à boucles » : c'est quoi donc que ces points, ces distances, ces espaces infinitésimaux ? J'y pige rien.

6.
Aurélien Barrau évoque la « nature inconnue » de « l'essentiel de la masse de l'univers », dont l’expansion s’accélérerait (ce qui, même pour une poutre comme ma pomme, semble en effet singulier) : quel est le moteur de cette accélération ? Y aurait-il eu un contrecoup du Big Bang, une «réplique » comme pour les tremblements de terre ? Le Big Bang comme un tremblement du je ne sais quoi et du presque tout ?

7.
Ce que la théorie prédit est-il toujours compréhensible ? La vocation de l'humain serait-elle, en fin de compte, de ne pas comprendre ?

8.
Si la question de l'après Big Bang est légitime, celle de l'avant Big Bang a-t-elle un sens ? Autrement dit, il y a-t-il des lois avant l'apparition des lois ?

9.
L'espace-temps ne pourrait avoir que trois formes possibles. J'entends Aurélien Barrau dire que « dans deux de ces trois cas, l'espace est strictement infini. »
Bêtement, je me demande pourquoi le plat serait voué à l'infini et le courbe au fini, mais je fus fort mauvais élève.

10.
« On peut prouver que l'univers est fini, on ne peut pas prouver qu'il est infini. »
(Patrick Peter).
L'infini serait-il improbable ?
Peut-on « expérimenter » l'univers ? L'univers est-il falsifiable ? Dieu est-il sérieux ? Ou joue-t-il avec des dés dont les valeurs sont sans cesse changeantes et aléatoires ? (et dès lors, qui est Dédé?)

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2023.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité