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BREFS ET AUTRES

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22 juillet 2023

IL ETAIT UNE FOIS UNE RACAILLE UN CHAMEAU OEUF ET MIROIR

IL ETAIT UNE FOIS UNE RACAILLE UN CHAMEAU ŒUF ET MIROIR

1.
C’est l’histoire d’une racaille qui pour gagner des sous décida de s’auto-entreprendre dans le trafic de stupéfiants et autres vicieusetés à démolir les autres.

Comme il était méchant comme un féroce, il gravit les marches de la saloperie en quelques bonds et coups de couteau et itou du pan-pan.
Alors, il gagna beaucoup d’sous et, vu qu’ça commençait à sentir le roussi pour ses roustons, il s’en fichu le cul à Dubaï.
Comme il ne fut pas tué dans un règlement de cons et que son avion ne fit pas badaboum-patatras-ça-en-fait-des-cadavres, il arriva à Dubaï où il s’installa, mais là, faute de chapeau, il chopi-chopa une maladie étrange venue des moru.e.s (attention, écriture inclusive).
Alors, il moura-mourit-mourut, bref il crevit. Personne ne le regretta, même pas ses tringles à rideaux.

2.
Il étot une fos un chameau qui avait de si beaux yeux et un si beau sourire (on aurait dit une actrice dans les pubs) qu’on l’appeloit le chameau charmeur.
Si charmeur qu’il était, ce chameau, qu’on en fit une phrase à dire pour s’amuser quand on n’est pas obligé de travailler tout l’temps pour payer les dettes à la France.
La phrase, je vous la dis, parce que it’s my pleasure : Un chasseur sachant chasser sans son chien céty-cétypa du même champignon des champs qu’un chamelier sachant charmer sans son chameau charmeur ?
Au bout de 40 à 50 ans, le camelus dromedarius mourut de sa mort de camelus dromedarius. Resta la phrase, que, le soir, quand, comme dit le poète, « les masques sont silencieux et la musique si lointaine », se répètent mes vieux os seulets.

Note : la version du chameau charmeur de serpents, à mon avis, c’est du pipeau.

3.
Apparemment, certains bataillons de l’armée russe en Ukraine sont commandés par une bouteille de vodka.

4.
L’un n’avait rien vu, l’autre n’avait rien entendu et le troisième était muet. Un expert fut consulté, dont les conclusions furent que dans certaines circonstances, les taux de cécité, de surdité et de mutisme soudains chez les personnes témoins d’un meurtre augmentaient étonnamment. On passa commande à un laboratoire américain d’une thérapie médicamenteuse ad hoc et, faute d’éléments suffisants, le coupable ne fut jamais arrêté.

5.
Comme il y avait un symbole en forme de triangle et des traits (point A à l’intérieur du triangle et point B à l’extérieur), c’était étrange. Comme Joe aimait beaucoup dessiner, il truffa ses dessins de triangles et de traits au milieu des yeux et des filles et des yeux et des filles qu’il dessinait habituellement parce qu’il aimait bien les yeux, et truffa tant qu’un jour, il s’attira un OVNI dans la fenêtre avec des choses dedans, qu’on sait pas s’que c’est, pis qui flottait là, tête d’œuf en l’air, juste derrière la fenêtre.
Mais Joe le sut rapidement car, ayant beaucoup truffé de triangles et de traits, la faim lui creusit-creusot (Saône-et-Loire) l’estomac (groui-grouillik). Comme l’OVNI avait tout l’air d’un œuf, il ouvrit la fenêtre et l’attrapa au filet. Il le cassa, et ça fit ffffrrrriiii quand l’albumine et le jaune glissèrent dans la poêle et le beurre. Ça avait tout l’air d’un œuf sur le plat et c’en était un que donc, maintenant Joe savit-savot quoi donc qu’il y avait sous la coquille de l’OVNI.
Et là-dessus il se mit un disque de Gentle Giant en se demandant la poulette, elle est où, la poulette.

6.
Le miroir tomba amoureux de sa princesse, celle qui se mirait et s’admirait dedans. Mais comme le miroir était muet comme une flûte sans trous ni bec, il ne pouvait lui déclarer sa flamme. Et la princesse de mirer et de s’admirer, des années durant, dans le miroir transi.

Comme elle était aussi sotte que belle, la princesse fit fuir tous ses prétendants (des gars futés), et vieillissant, s’aigrit et se mit à s’boissonner d’abondance, ce qui la conduisit au delirium tremens, lequel fut cause, que croyant voir un depardieu s’agiter dans notre pauvre bonhomme de miroir, elle le fracassa d’un lancer d’flacon à glouglou.

Le miroir en eut le cœur brisé.

Trois dames passant en ramassèrent les morceaux sanglants.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juillet 2023.

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21 juillet 2023

MANOEUVRES ET REMANIEMENT

MANŒUVRES ET REMANIEMENT

1.
19 juillet 2023. 17 heures. Le rouble continue sa chute : 1 euro = 102,49 roubles (1 rouble = moins d’un centime d’euro). Baisse des indices boursiers russes. L’économie russe finira-t-elle dans une brouette ?

2.
Il se dit que dès le jeudi 20 juillet 2023, la Russie considérera tout navire en route vers les ports ukrainiens (on pense à Odessa) comme un potentiel navire militaire. Quelque chose mijote en coulisses. Poutine prendra-t-il le risque de couler un bateau d’un pays membre de l’OTAN ? (on pense à la Turquie) Est-ce un test ? Et jusqu’où l’Etat-major russe veut-il le pousser ?

3.
En mettant fin à l’accord de juillet 2022 avec l’Ukraine, la Turquie et l’ONU sur le transport des céréales, Poutine tenterait-il de relancer le cycle inflationniste mondial ? Possibles tensions à venir sur les prix du blé, et donc sur les prix de la farine et du pain, pénurie possible d’huile de tournesol (Ukraine et Russie = 60% de la production mondiale) et, par extension, pénurie des autres huiles. Redémarrage possible de l’inflation en France, en raison de l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz, et des taxes prévues par le gouvernement à la rentrée de septembre (alcools, tabac sans doute, et autres probablement…).
Note : si l’accord céréalier n’est pas prolongé, et qu’il y a hausse des prix du blé et des huiles, sachant que la Côte d’Ivoire a décidé de suspendre ses exportations de cacao (dont les prix s’envolent), en plus des surcoûts énergétiques, pour la boulangerie et la pâtisserie (entre autres), des soucis sont à craindre.

Le mécanisme est connu : taxes et pénuries entraînent des hausses de prix qui sont répercutées par les intermédiaires sur le coût des transports et peuvent impacter les coûts de production. Il se peut aussi que la baisse de consommation induite par les hausses de prix entraîne des baisses de production et donc une hausse des taux de chômage. Le président Macron a du souci à se faire.

Question : si Poutine maintient ses menaces sur le transport céréalier et les ports ukrainiens, se pourrait-il que l’UE prenne des mesures très fermes (une sorte de « Patriot Act » à l’échelle européenne) visant les avoirs et intérêts russes en Europe ? 
Ou, au contraire, UE et Etats-Unis négocieront-ils en coulisses avec les Russes pour alléger le poids de certaines sanctions, voire permettre à l’agriculture russe de renouer avec le système de payement SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) en échange d’un prolongement de l’accord céréalier de juillet 2022 ?

En tout cas, si le président Zelensky et les forces armées ukrainiennes arrivent à débarrasser le monde de la menace Poutine, nul doute que nous lui devrons une fière chandelle.

4.
20 juillet 2023. Je l’avais écrit, il y a déjà longtemps, que Pap Ndiaye ne resterait pas longtemps au ministère de l’éducation nationale. Il ne faisait visiblement pas le poids. Gabriel Attal le remplace ; ah, c’est autre chose. Macroniste de combat, il se peut qu’il rentre au ministère de l’éducation nationale pour mettre en œuvre des mesures techniques qui ne plairont peut-être pas aux enseignants, lesquels, je pense, ne se font plus guère d’illusions.

Que Gabriel Attal ait fait ses études dans le privé, peu m’importe. C’est pure mesquinerie que de le lui reprocher. Qu’il soit attaché à l’école privée, personnellement, je n’y vois rien à redire, à condition qu’il n’oublie pas que le service public est à la fois l’âme et le fer de lance de l’éducation nationale.

Je n’oublie pas non plus que Gabriel Attal a parlé il y a quelques jours d’efforts que les Français, étant donnée l’ampleur de la dette, seront obligés de faire. Je constate ensuite, c’est sur LCI, que Guillaume Roquette, du Figaro Magazine, n’y connaît absolument rien au métier d’enseignant (ça ne l’empêche pas de dire des sottises). Ensuite, le Mariani parle. Je ne l’écoute pas ; je n’écoute pas les valets de Poutine.

5.
En avril, nous avions cru comprendre que le président Macron avait donné rendez-vous aux Français le 14 juillet pour faire le bilan des 100 jours suivants l’après et âpre lutte politique dite de la « réforme des retraites ». Le 14 juillet, il ne nous a pas parlé. Interrogé par des journalistes, il a promis, dit-on, une prise de parole pour les jours suivants. Le 20 juillet 2023, les Français attendent. Le président Macron nous mépriserait-il ?

21 juillet 2023 : Macron s’exprime en direct du palais de l’Elysée à partir de 11 heures 26, juste avant le premier conseil des ministres post-remaniement, et dit en gros que ça va, ça va bien et que y a du boulot, mais que demain ça ira encore mieux (poil aux yeux).

6.
Si Gabriel Attal a été promu ministre de l’éducation nationale pour tenter de faire avaler aux enseignants la couleuvre du SNU, à mon avis, il va rapidement tomber sur un os.

Selon l’inspection générale, la généralisation du SNU coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros (source : LCP) Pour l’instant, il ne coûterait que « 150 millions ». Entre 2 et 3 milliards d’euros ! Pour rappel : la dette de la France se monte à 3000 milliards d’euros (eh oui). Faudrait penser à faire des économies. La suppression du SNU serait un bon signal.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juillet 2023.

20 juillet 2023

LA CANE RIT ET RICANE

LA CANE RIT ET RICANE

1.
« La porte de l’hôtel sourit terriblement »
(Apollinaire, « La porte »)

2.
Là, porte-moi ça : deux lots tels sous, riz, terre (quoi qu’on va faire avec ça ? et puis ça fait trois lots et pas deux) : ih ! (ih-ih-ih-ih-ih-ih, je ris ; c’est nerveux) bleu (avoir un rire bleu, c’est rare) ment. Ment-on quand on rit ? Vraiment une question idiote.

Il y a aussi la version : La porte de l’hôtel, souris terrible, ment. Mais là, c’est une autre paire de dents (ce qui s’passe quand le chat n’est pas là).

3.
« Memento mori ».
Mais mène-toi toi-même, Toto : mords, ris !

4.
« Lorsque la nuit revint couverte d’yeux ouverts »
(Apollinaire, « Vendémiaire »)

L’or, s’que ça coûte, alors, l’or (y en a des gens qu’on croirait pas qu’ils en ont, de l’or). La nue y rêve hein (faut donc l’imaginer à voilpé, dis, et rêvant d’or genre baudelairienne, voyez, ou bien genre à la « Madame rêve » à Bashung). Cou vert (ça devient fantomatique), verte d’yeux (serait-ce une martienne ? Houx vert (ô espoir aux feuilles toujours vertes !).

5.
« Dans le fond de la salle il s’envolait un Christ
Quelqu’un avait un furet
Un autre un hérisson
L’on jouait aux cartes
Et toi tu m’avais oublié »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

Dent ; le fonde la (je me demande ce qui fonde la dent ; ce qui fond sous la dent, je sais, c’est la carbonade bien tendre, mais ce qui fonde la dent, hein ? c’est la rapacité, croyez, que l’humain est plein d’dents parce qu’il serait essentiellement vorace, féroce, bouffe-tout-cru, ogre, stomachal, tube digestif, l’humain). Sale ! comme disent les jeunes gens.

Île sans vols laids : y a pas d’zoziaux, dans s’t’île, là ? ou alors que des beaux, des albatros, des coin-coins somptueux croyez-vous, croyez-vous pas, hein, Christ ? Pourquoi que j’lui demande, comme s’il pouvait me répondre depuis qu’il a quitté l’existence pour se fondre dans l’être, hein ?

Quelqu’un ! Avé, hein (on est poli quand même ; faut êt’ poli d’autant qu’il fut, et donc n’est plus, le Ray ; ah Ray, Ray que je n’ai pas connu.)

Un No, train, haie, riz, son. Donc, l’angliche refusa. Un train passait. Il y avait une haie, du riz et du son (un entrepôt peut-être ?)

L’on joue, alors l’on joue eh oh on joue, ou quoi ? car avec les carteuh, faut être au jeu-euh, sinon c’est pas la peineuh, de jouer aux carteuh, autant rester au bareuh à boire des bièreuh.

Eh toiture (ici, le narrateur s’adresse à ses tuiles), ma vais-où (on se le demande), Blier ? (Merci, Bernard, même si je ne sais absolument pas ce que vous venez faire là).

6.
Comment ça, les aventures de Titine et Biloute ?

7.
« Je suis la rivière et la rivière est moi. »
(Adage dont j’entends dire sur Fra nce Inter qu’il serait maori qu’en fait j’en sais rien)

Je suis (qui donc suis-je ? personne, passque c’est pas mon genre de suivre les gens dans la rue) là, rive (en tout cas, le narrateur est au bord de l’eau ; ça change du bistrot) hier : attention à cette phrase : Je suis la rive, hier. Ouh là, ça devient mallarméen, hanté des zazurs, des zoziaux spectraux, des machins qui sont là même quand ils n’y sont pas, d’autant que : eh, hein, la rive, la rive, la rive, hier, est moi. Bon, c’est idiot, mais ça m’gondole. Ça n’enlève rien à la vérité que l’on pressent dans l’adage maori. J’ai pas envie de commenter. Ça sonne juste et vrai, s’t’adage, que je pense que vaudrait mieux préserver nos fleuves et rivières plutôt que de construire des autoroutes et polluer parce que je ne me fais guère d’illusions : l’humain est un prédateur, c’est même ça qui le tuera.

PS : On me pose la question : Mais enfin, qui est le chat ? Je répondrai selon l’ancienne sagesse zen (ou à peu près) que le chat est le grain (à quelques poils et moustaches près). C’est pour ça que le chat rit pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juillet 2023.

19 juillet 2023

DES HUMAINS ENTRE AUTRES REGRETS

DES HUMAINS ENTRE AUTRES REGRETS

1.
Les humains : Êtres inévitables mais pas trop longtemps. En général, ont tendance à se croire intéressants et irremplaçables, tendance particulièrement nette chez les humains politiques.

Animaux extrêmement productifs, les humains ne cessent de machiner, d’inventer, d’innover, et sous prétexte de faciliter la vie de certains, finissent par enquiquiner tout le monde.

Pour justifier leur existence, les humains ont inventé « l’amour », « le droit naturel » et même « Dieu » parce qu’ils ne sont pas à ça près.

Les humains ont du mal à admettre que leur espèce pourrait logiquement disparaître (pour des causes probablement liées à la surpopulation) et se font donc des films du genre « transhumanisme », « peuplement de l’espace » et autres science-fictionneries.

Ne se rendant pas compte qu’ils sont infréquentables et nuisibles à eux-mêmes comme aux autres, les humains se demandent sottement pourquoi les habitants des autres planètes ne prennent pas contact avec eux (d’autant que certains affirment que nos lointains voisins ne se privent pas de nous observer grâce à des machins que l’on appelle OVNI parce que les appellations codées de l’armée américaine sont évidemment ultra-ultra-ultra protégées).

L’hypothèse selon laquelle Donald Trump serait un alien infiltré (ce qui pourrait expliquer son comportement original) ne tient pas la route. Donald Trump est bêtement humain. Tous les autres idiots peuvent le confirmer.

2.
16 juillet 2023. Disparition de Jane Birkin. Je pense que la figure de Jane Birkin attirait d'emblée la sympathie. Difficile, en effet, de ne pas sourire quand elle souriait. La personne de la vie réelle était certainement différente (les gens sont évidemment plus complexes que l'image qu'ils donnent et que l'on donne d’eux), mais (à tort ou à raison, et j'aime à croire que ce fut à raison) les Français ont reconnu en Jane Birkin les qualités qu'ils apprécient : talent, naturel, simplicité, capacité d'empathie, générosité, gentillesse...

3.
19 juillet 2023. Après la frappe sur le pont de Kertch du lundi 17, les forces ukrainiennes ont fait sauter un dépôt de munitions sur le terrain militaire de Starokrymsky, dans le raïon (« district ») de Kirovsky (Crimée). La contre-offensive frappe en profondeur.

4.
19.07.2023. On s’attend au départ de Pap Ndiaye du gouvernement et on se demande qui va accepter d’aller continuer à réformer, contre-réformer, sur-réformer et désorganiser le service public de l’éducation nationale.

5.
« Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine »
(Apollinaire, « Marie »)

« Les masques sont silencieux », dit le poète, que moi je ne sais pas ce que ça signifie que peut-être les masques n’ont rien à dire, ne peuvent rien dire, ou alors ce sont des masques genre « fétiches d’Océanie et de Guinée » qu’évoque le narrateur du poème « Zone », qu’en tout cas, le mot

Masques est ici le pluriel de masque qui vient de l’italien « maschera » et donc, n’ayant rien à dire, les masques ne racontent pas de carabistouilles comme en disait Jean-Michel Blanquer lorsqu’il était ministre de l’éducation nationale de la république française entre 2017 et 2022. Les masques

Sont silencieux. Peut-être complotent-ils ? Peut-être sont-ils

Silencieux parce qu’ils gardent des secrets ?

Et mon oncle, oubliant son parapluie, rentra à

La maison et mit de la

Musique (le disque de Jean Leloup et La Sale Affaire oùsqu’il y a l’épatant « 1990 », même que c’est un très bon disque de rock qui swingue et remue les rotules, même celles-là de rotules dans la tête passqu’on n’a pas trop le style move your body). Où qu’il

Est, mon parapluie ? Mon parapluie, où qu’il est ? ne se demandait

Si intensément pas mon oncle que, dans une zone plus ou moins

Lointaine, quelqu’un fit remarquer que l’autre andouille l’avait encore une fois oublié. Quoi donc ? son chapeau mou, pardi.  

6.
Les ministres vont sous le soleil. Certains fondent, d’autres non. Mais tous suent et font suer.

7.
The Beatles : groupe de chevelus britanniques du type musicien qui popularisèrent l’innovation et l’expérimentation dans l’art si superficiel de la pop song. Deux, hélas, sont morts mais tous restent vivants.

The Rolling Stones : groupe de chevelus britanniques du type musicien qui popularisèrent l’idée qu’un groupe de pop/rock était une entreprise commerciale capable de faire des bénéfices (beaucoup d’sous). Ont par ailleurs enregistré quelques chef-d’œuvre (entre autres, les albums « Beggars Banquet » en 1968, « Sticky Fingers » en 1971).

Pink Floyd : groupe de chevelus britanniques du type musicien qui popularisèrent l’idée qu’un groupe de pop/rock pouvait aussi jouer de la musique. Discographie parfaite jusqu’à « The Wall » y compris. N’ont plus autant innové ensuite, mais restent le modèle même du rock progressif, qu’on appelait jadis aussi dans le temps : « rock planant ».

9.
« hélas, tique ! » : jeu de mots foireux que l’on ne fait guère qu’en présence d’une tique, que cela ne décourage absolument pas.

10.
Les œufs durs mangés avec de la mayo, c’est bon.
Ça n’a rien à voir avec le « Angel’s Egg » de Gong.
Gong était un groupe de rock progressif très bon.
Et très bon le « Camembert électrique » de Gong.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 juillet 2023.

18 juillet 2023

ELLE GOÛTA L'ANGUILLE

ELLE GOÛTA L’ANGUILLE

Ah tiens, une phrase étrange relevée dans un roman de Muriel Barbery : citation. « Elle goûta l’anguille. La chair s’en détachait par lamelles au-dessus d’une peau grise et grasse. »
(Muriel Barbery, « Une Rose seule », Actes Sud, 2020, p.134)

Elle goûta l’anguille. Elle est bien libre de goûter ce qu’elle veut. Elle

Goûta l’anguille. Bien libre de goûter ce qu’elle veut, comme mon oncle est bien libre d’oublier ses parapluies où il veut, comme je suis bien libre d’écrire les sottises que je veux, comme la LFI est bien libre d’être dans l’opposition comme elle l’entend, d’autant que je m’en fous, de la LFI. Elle goûta

L’anguille. Ici, c’est une anguilla japonica, forcé car le roman « Une Rose seule », de Muriel Barbery, se passe au Japon. Je ne sais pas si je vais arriver jusqu’au bout, dis, de ce roman, parce que si les détails de l’univers japonais vus par une française sont plaisants (d’autant que je n’irai jamais vérifier qu’en plus de ça je m’en fiche), plaisants aussi les intermèdes genre paraboles illustrant

La sagesse asiatique (en gros, les traits d’esprit d’intellectuels anciens et quelque peu excentriques), les considérations de la « Rose seule » sur je ne sais quoi d’ailleurs, je m’en tamponne copieusement le nénuphar avec deux pattes de héron (petit patapon). La

Chair de l’anguille dite anguilla japonica, je sais pas si elle est bonne, qu’en tout cas Wikipédia nous saké-charlemagne (je ne sais pas si le grand Jean-Luc Fonck l’a osée, celle-là) nous saké-charlemagne alors, que les anguilles du Japon s’y consomment « grillées, badigeonnées d’une sauce composée d’un mélange de sauce de soja, de saké, de mirin et de sucre. » Le mirin, ainsi qu’en outre le mayonnaise Wikipédia, c’est un « saké très doux sucré utilisé comme assaisonnement ». La chair donc

S’en détachait, à l’anguille, qu’en français, le verbe « se détacher » est l’antonyme du verbe « s’attacher », que l’on « s’attache à » (poil aux bras), mais que « l’on se détache de » (poil aux pneus). Et comme la chair se

Détachait de l’anguille, ma pomme a quelque peine à s’attacher à la poursuite de la lecture de ce roman, qu’heureusement, j’ai un San-Antonio de secours. Bon alors,

Par lamelles, qu’elle s’en détachait, la chair. Je me demande ce que raconte la chanson « Seven Nation Army », de Jack White. Par

Lamelles, s’en détachait, la chair. Hein, quoi qu’ça conte, « Seven Nation Army » bon j’y jette un coup d’œil, bon j’y comprends rien, bon après je m’en fous, it’s only rock n’roll, mais comme c’est du bon, électrique, rythmique, riffant, ébouriffant, alors ça va, qu’on peut en revenir aux par lamelles, la chair, et

Au-dessus Jamais envie d’en manger de l’anguille, moi, ce que j’aime, moi, c’est la sole, j’aime bien les moules aussi, le thon en boîte, les boîtes de sardines à la tomate, les boîtes de maquereau au vin blanc, les poissons carrés surgelés panés industriels que même ça, ça devient hors de prix, pis qu’on les frits à la poêle, même qu’on mange des patates à l’eau avec ; je ne vais que très très très rarement au restaurant, j’aime pas ça ; je ne vais que très très très rarement manger chez des gens, j’aime pas ça ; par contre, j’aime bien le groupe The Pretenders et aussi l’album « Il faut tourner l’apache », de Sttellla (1998). Au-dessus

D’une peau donc, que la chair s’en détachait, à l’anguille, et ça, c’est quand même bizarre parce qu’en général, la chair se trouve en-dessous de la

Peau, mais bon, il y a peut-être quelque chose qui m’échappe qu’en tout cas, elle est

Grise, comme la rue,

Et comme le temps en automne, et

Grasse, grasse, grasse, la barquette de frites.

PS. J’ai l’impression qu’il faut comprendre dans cette phrase que l’anguille est présentée en tranches posées sur la peau « grise et grasse », mais je n’en suis pas absolument sûr.

Patrice Houzeau                                                          
Malo, le 18 juillet 2023. 

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17 juillet 2023

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

Ernest Borneman. « Tremolo » traduit de l'américain par Henri Robillot. Gallimard, « Série Blême », 1951. Polar qui tend au suspense psychologique, mais sans tension extrême ; pas de palpitations intempestives à craindre, et pas non plus cette impression que l'on a parfois de se faire avoir par la trop grande habileté de l'auteur lorsque que l'on se plonge dans les thrillers de Mary Higgins Clark.

Mike Sommerville, l'homme, c'est le personnage sympathique par excellence, bon vivant (solide fourchette et, à l'occasion, ne refusant pas un verre) sans que cela nuise vraiment à sa détermination à faire les choses correctement : diriger correctement son entreprise, on est en Amérique, Mike est un entrepreneur ; jouer correctement du jazz, c'est un passionné de jazz dixieland, New Orleans, de Louis Armstrong, de Leon Roppolo (ou Rappolo, 1902-1943), clarinettiste de jazz connu pour avoir joué au sein des New Orleans Rhythm Kings ; passionné, Mike, de rythmes vifs avec trompettes, clarinettes, de pétillant, de l'entraînant, du fringant flamboyant, de swing. Le roman donne envie d'écouter du jazz, du bon vieux jazz. Mike semble aussi déterminé à mener une vie de couple heureuse (il est amoureux et assez sentimental) et à élever correctement son fils.

Ernerst Borneman (Berlin 1915- Scharten (Autriche) 1995) fut auteur de romans policiers, musicien de jazz, critique de jazz, psychanalyste, usw... C'est pour ça que.

Marge, la femme, semble trouble et troublée, amoureuse. Il y a du subconscient car il y a des fantômes. Psychopathologie de la vie conjugale. Et si...

Incidents du sucre, des livraisons envolées, du pick-up qui se met en marche tout seul dans la nuit et joue des disques, incidents des disques cassés, de la clarinette volée, de la montre volée, la bizarrerie d'un couac dans la logique de l'intrigue, je ne vous dis pas quoi ; vous verrez en lisant ; du reste, on s'en débaloufre vite (du verbe « s'en débaloufrer », s'en fiche complétement ou quasi), cause que c'est pas l'essentiel.

Mary-Anne, la mère de Mike, veuve, lit le « New Yorker ». Rationnelle, rassurante Mary-Anne. Evoque le subconscient. Psychopathologie de la vie de mère, d'épouse, de belle-mère, de grand-mère, et si...

Spirale.

Pete, le fils. Sera un adulte probablement aussi sympathique que son père, aide au dénouement. Je lève le doute : le môme n'est pas coupable.

« Tremolo » relève du roman de complot. « Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire », dit la Phèdre de Racine. Machine infernale tic-toc-tic-tac-tic-toc-tic-tac...

Spirale et lutte pour le contrôle de cette spirale.

Martha et Joe Washburn, la femme de ménage et l'homme à tout faire, honnêtes et de bonne volonté. Et si...

Jeannie, la chanteuse de jazz, jeune et tentation possible, représente la liberté d'une vie consacrée au jazz, aux boîtes enfumées, aux jam-sessions qui font le pont entre la nuit et le petit jour, aux amitiés entre musiciens, entre hommes autour d'une table, d'une bouteille, d'une passion partagée (la musique), tentation peut-être, la jeune et vive Jeannie, nostalgie d'une vie plus ou moins de bohème pour un Mike plus ou moins rangé des trompettes, ayant quitté les aléas d'une vie de musicien pour une vie bourgeoise de citoyen respecté.

Vous l'aurez compris, le dénouement n'est pas le plus important dans ce roman, qui n'est pas un chef d’œuvre, mais un livre attachant, surtout si l'on aime le jazz et les fantômes.

Citation :
« Puis, sans préambule, la voix de Jeannie s'éleva, grave, un peu rauque, une voix qui ne semblait destinée qu'à vous. Et pourtant, elle chantait aussi gaiement et aussi naturellement qu'un enfant qui se fredonne une chanson pour lui-même. »
(Ernest Borneman. « Tremolo », chapitre III).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juillet 2023.

16 juillet 2023

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

« Il [le colonel Belfridge] trouvait indigne d'un gentleman d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à propos d'un objet très personnel appartenant à cet autre gentleman. »
(Dorothy Sayers traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Lord Peter et le mort du 18 juin », Editions de Crémille, Genève, 1973, p.66)

Il trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du lapin il pensa il est bon ce lapin ah ça oui
Trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du vin il pensa il est bon ce vin ah ça oui
Indigne d'un gentleman de il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman de montrer son chagrin Il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un
Gentleman il n'était pas un gentleman il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un gentleman se devait de il n'était pas un gentleman se devait de ne se devait pas de de de
D'aller ouiner publiquement comme un professeur agrégé s'il vous plaît de philosophie suspendu (« Ouin-ouin j'ai dit tant d'conneries que maintenant on me prend pour un con, ouin-ouin ») Il contemplait le beau visage de la jeune fille il irait
Interroger le barbier Dans les romans policiers parfois, surtout dans ceux du début du vingtième siècle, on doit interroger le barbier ; on ne sait jamais.

Le barbier se dit au féminin barbière (ce qui est amusant). Le mot vient du latin « barba ». On dit dans les usuels que le barbier était jadis un notable cause qu'il était parfois aussi « chirurgien, dentiste, confesseur ». Je me souviens que les images de nos anciens manuels d'histoire de primaire montraient Olivier Le Daim qui, dit le roman national, n'était pas seulement le
Barbier de Louis XI, mais aussi son conseiller. J'ai lu aussi que « barbier » était aussi le nom de trois poissons : le « porte-écuelle », le « chirurgien », et le « barbier » proprement dit.

D'un gentleman, on attend donc qu'il ne fasse pas démonstration ostentatoire de son chagrin et, si on en a apprécié la lecture, de dire du bien du roman « Lord Peter et le mort du 18 juin », publié en 1932, de Dorothy Sayers, car c'est un très bon roman policier, très amusant, très ironique, très raisonneur, avec un couple d'enquêteurs formé par Lord Peter Winsey et la romancière Harriet Vane, qui ne sont pas sans faire penser à Tommy et Tuppence Beresford, d'Agatha Christie. Il y a aussi une plage avec un mort dessus, des danseurs mondains, un cheval, des barbiers et des barbus.

Autre chose : j'entends ce 16 juillet 2023, qu'une nouvelle fois, un cimetière a été profané, avec tags antisémites, croix gammées et toute la panoplie des saloperies des petits cons d’extrême-droite (ou de provos d’extrême-gauche, eh oui, ça existe) qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts, ni de leurs deux neurones, et qui ne semblent pas avoir d'autre but dans la vie que de nuire aux autres (des salauds quoi). Je me demande s'il ne faudra pas bientôt installer des caméras de surveillance dans chaque cimetière (ou quasi) avec veille 24 heures sur 24 d'un service de gendarmerie.

Gentleman allez savoir s'il l'était il reprit du lapin et des pommes de terre il pensa il est bon ce lapin ah ça oui et d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman
A propos d'un il reprit du vin et sourit en pensant il est bon ce vin ah ça oui indigner d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à
Propos d'un il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman oui bien sûr oui Quant à mon oncle il ne perd jamais d'autre
Objet que son parapluie C'est
Très curieux Même sa tête il ne la perd pas Il est vrai que la tête c'est vraiment très très très
Personnel. On ne change pas de tête comme on change de barbe quand on porte des fausses barbes.
Appartenant à la société des gens qui tiennent
A ce que leur tête reste sur leurs épaules, mon oncle fait donc très attention à
Cet habitacle du cerveau qui sert à se contrôler et à rester vivant (sauf quand on décide d'en finir avec sa vie)
Autre que lui pense généralement la même chose, mais n'a pas forcément de parapluie, et n'est pas toujours assez
Gentleman pour ne pas montrer son chagrin et ne pas reprendre du lapin, même s'il en a très envie (moi, je ne me gênerais pas, c'est bien pour ça que je n'ai pas de parapluie).

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

16 juillet 2023

DE L'ABSOLU DU MAL

DE L'ABSOLU DU MAL

1.
Je lis dans « Prolégomènes à la charité », de Jean-Luc Marion, que « le mal s'éprouve absolument ».
Il y a donc un absolu du mal.
Ce mal concerne chacun d'entre nous, chacun, c'est-à-dire chaque conscience particulière, chaque singularité que, communément, l'on appelle « individu ».
Le mal est un absolu qui menace le particulier. En cela, le mal entretient avec le vivant un lien particulier, singulier.
D'où des réactions différentes selon les individus au mal qui les atteint.
La politique a pour objet d'apporter des réponses collectives au mal qui concerne chacun. En cela, l'Etat tend à se constituer en « contre-mal » (l’expression est de Jean-Luc Marion) en absolu du légitime face à l'absolu du mal. D'où la multiplicité des différences d'appréciation entre perceptions individuelles et la nécessité d'une réponse administrative.
La crise du covid a vu éclater au grand jour cette dichotomie. Les crises sont les moments qui révèlent les gouffres creusés entre perceptions individuelles et réponse collective.
C'est le rôle des oppositions politiques d'attirer l'attention sur l'injustice qui est faite aux cas particuliers insuffisamment pris en compte par la réponse collective.
L'idéal étant évidemment une réponse « au cas par cas ». Mais l’État ne peut guère faire dans la dentelle. Ce n'est donc généralement pas en amont que cette dichotomie est réduite mais en aval, via les leçons de l’expérience et la jurisprudence.

Citation :
« Le mal s'éprouve absolument comme le seul fait indiscutable, en deçà de toute illusion, dispensé de preuve et d'argument. Le mal qui me fait mal ne trompe, lui, jamais. »
(Jean-Luc Marion, « Prolégomènes à la charité », Éditions de la Différence, 1986, p.13)

2.
Plus la voix des oppositions se fait entendre, plus grandit le sentiment que nous vivons une crise aiguë. C'est donc dans les démocraties, où les oppositions peuvent librement s’exprimer, que le sentiment de « l'urgence de la situation » semble le plus grand.
Ce qui ne veut pas dire que ce sentiment n’existe pas dans les régimes autoritaires. On peut penser que bien des Russes sont conscients de la gravité de la crise dans laquelle Poutine les a plongés en lançant sa sale guerre en Ukraine, mais, comme on sait, en Russie, les oppositions ne peuvent guère s’exprimer librement.

3.
Le but des complotismes, contrairement aux oppositions légitimes des partis et des syndicats, n'est pas de réagir à une réponse de l'Etat jugée inappropriée, mais de considérer l'Etat libéral comme étant lui-même un absolu du mal.
En cela, les complotismes ne sont pas des oppositions légitimes mais une manifestation d'un mal qui s'attaque à la légitimité démocratique.
Dès lors, on ne s'étonne plus que la majorité des tenants du complotisme soit liée à une extrême-droite qui se caractérise par le négationnisme (qu'il soit anti-vaccin, jusqu'à remettre en doute l’existence même du covid, climato-sceptique, et autres vues de l'esprit) mais aussi par un soutien appuyé au régime autoritaire de Poutine (jusqu'à nier, ou excuser, les crimes de guerre commis en Ukraine par les troupes d'occupation russes).

4.
Les Français pro-Poutine qui veulent la destitution de Macron me rappellent les Français qui disaient « plutôt Hitler que Blum ». Ce ne sont évidemment pas des patriotes, ni des résistants. Ce sont des collabos dans l'âme.

5.
Prigojine a-t-il été liquidé par Poutine ? Il me semble que s'il était mort, on le saurait, non. ? La rumeur court sur twitter, de même que celle d'une non-reddition de certains éléments de Wagner (vidéo à l'appui d'un certain Berserk). Désinformation ? Manipulation ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

15 juillet 2023

CERTITUDE ET REFUS

CERTITUDE ET REFUS

1.
La seule n'est point si sotte parce qu'elle est
Seule. Assurément, la seule n'est point si sotte et j'ai la
Certitude que si le saule pleureur, sous lequel la seule s'est assise, se mettait à lui siffler les sottises
Que les garçons sifflent aux seize ans des donzelles, la seule, point si sotte, s'en irait s’asseoir ailleurs.
J'ai un jardin car point n'ai-je de jardin et même s'il y neige, point n'ai-je besoin de le déneiger – si tant est que j'ai besoin de le déneiger - car mon jardin se déneigera bien tout seul et dans un absolu imaginaire.
C'est suant d'être sot, me susurre ma sottise, cependant que Zut m'assure de son plus profond ressentiment.
D'être à la fenêtre, longtemps, longtemps, longtemps  peut-être que c'est passqu'on sait pas quoi faire (à ch'val) cependant qu'être longtemps, longtemps, longtemps à ch'val à ne savoir pas quoi faire à la fenêtre, assurément, c'est être original, voire excentrique, déferré d'la gamelle et tout à fait tombé d'vélo, bien que cela dépende aussi, évidemment, du côté de la fenêtre qu'on est.
Dans le doute qu'on pédale – ah ce n'est point douteux que c'est dans
Le doute qu'on pédale, même que c'est dû au monde qu'est dingo, dingo, dingue pis qu'on se dit : mais n'en a-t-il point toujours été ainsi, qu'on s'en
Doute bien qu'il en a toujours été ainsi du monde, qu'il est dingo, dingo, dingue, et donc quoi qu'on s'dit, on s'dit comme la dernière phrase de l'entretien donné par Pierre Desproges à Yves Riou et Philippe Pouchain dans le livre dont elle constitue le titre : « La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute ».

2.
« L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté. »
(René Char, « Feuillets d'Hypnos »)

L'acquiescement éclaire cause qu'on sait à quoi s'en tenir et donc ça
Eclaire qu'on dit ah oui c'est clair ah oui je suis d'accord ah oui oui oui
Le visage en semble plus clair moins sphinx le
Visage qu'on croit qu'on lit en vous à livre ouvert on dit ça lire en quelqu'un comme en un livre ouvert ou à livre ouvert c'est comme le magasin vert même fermé il est tout vert tandis que
Le refus lui donne au visage qu'il reste éclairé quand même qu'en même temps et surtout dans votre esprit c'est très clair que c'est non niet nein no-no-no no-no-no ça c'est le
Refus que ça s'appelle têtu comme les notes qu'épingle sur le piano Thelonious Monk dans « Monk's Dream » épatance jazz de 1962 têtu comme le refus de Zelensky de céder devant la barbarie Poutine ah oui le refus que ça s'appelle et c'est ça qui
Lui donne sa noblesse à Antigone lui
Donne sa noblesse et sa beauté à Antigone que si ça se trouve Antigone elle était moche comme un pneu d'vélo dégonflé ou un clafoutis déconfit qu'on
La représente généralement plutôt belle Antigone d'une
Beauté franche et grave de jeune fille qui sait ce qu'elle veut alors que si ça se trouve elle passait son temps à se curer le nez avec son doigt en regardant s’exercer la garde à son oncle (Créon qu'il s'appelait) et se disant sans déconner, qu'est-ce que j'me fais.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2023.

15 juillet 2023

A POSSE AD ESSE NON VALET CONSEQUENTIA

A POSSE AD ESSE NON VALET CONSEQUENTIA

1.
Le couple Alpha est le couple qui dirige la meute de loups. Le groupe Iron Maiden est un groupe de heavy metal britannique qui s'est formé en 1975. Le groupe Iron Maiden n'est pas une meute. Le groupe Iron Maiden est une entreprise commerciale, comme Phildar, mais Phildar ne fait pas de heavy metal.

Que le groupe Iron Maiden soit une entreprise commerciale – j'aime bien le morceau « Phantom of the Opera » - ne l'empêche pas d'avoir du talent (j'aime bien aussi « La Clé de verre », mais ce n'est pas Iron Maiden qui l'a enregistré parce que c'est Dashiell Hammett qui l'a écrit).

J'achète des chaussettes. Il n'y a pas de chaussettes spécifiques pour les muets. Donc, comme j'achète des chaussettes, on ne peut pas savoir si je suis muet ou pas. Entendez-moi bien, je ne suis pas muet. Que j'achète des chaussettes n'a aucune influence sur ce que je pense de Iron Maiden et ce que je ne sais pas de l'intrication quantique.

2.
Au lycée, je n'attendais pas avec impatience les cours de physique. Je n'attendais avec impatience aucun cours. Je n'attendais pas avec impatience le nouveau disque des Beatles (le groupe n’existait plus). Je ne sais pas ce que j'attendais avec impatience mais ça me donnait soif.

3.
C'est dans la nuit du 23 au 24 février 2022 que les forces russes se sont lancées dans un tentative d'invasion de l'Ukraine. La tentative d'invasion de l'Ukraine par les forces russes a été un échec. Cet échec s'est accompagné de nombreux crimes de guerre : il n'y a que les cailloux et les collabos pro-Poutine pour le nier. Je n'aime pas Poutine. Je préfère les chips. Je pense que pour moi Poutine a moins de valeur qu'un paquet de chips.

J'aime bien les chips. Je préfère mon chat. Ceci dit, je ne mangerai pas mon chat.

Le président Macron a-t-il plus de valeur pour moi qu'un paquet de chips ? Oui, quand même.

Le président Macron est très utile et dure plus longtemps qu'un paquet de chips.

Tout dépend de l'usage qu'on en fait. Un président Macron est plus rare qu'un paquet de chips. C'est plus difficile, plus long et plus coûteux à produire. Il y faut une grande École. La France produit chaque année 15 000 tonnes de chips. On ne produit pas 15 000 tonnes de président Macron par an. D'ailleurs, on ne saurait pas quoi en faire.

Ce que dit Mélenchon a-t-il plus de valeur pour moi qu'un morceau de fromage ? La question ne se pose pas, j'aime trop la raclette.

5.
N'ayant pas inventé le paludisme, je n'ai aucune raison d'en chercher le remède. C'est, je pense, la manière dont, habituellement, nous pensons notre être au monde.

6.
« A posse ad esse non valet consequentia ». Wikipédia me pull-marine que « de la possibilité d'une chose on ne doit pas conclure à son existence ». La chanson « Yesterday » enregistrée par les Beatles et composée par Paul McCartney ne propose aucun commentaire de la maxime latine « a posse ad esse non valet consequentia ». Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à la manifestation d'un poltergeist qui dans les murs murmurerait la chanson « Yesterday ».

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2023

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