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BREFS ET AUTRES

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20 novembre 2025

DES TRUCS DANS DES LANGUES

DES TRUCS DANS DES LANGUES

 

« LE DIABLE. Ne vous effrayez pas, j'ai lu vos œuvres. »
(Christian Dietrich Grabbe, « Les Silènes »)

 

Le Diable il dit le
Diable il dit des trucs dans des langues que je ne comprends pas.
Ne pensez pas que je parle du diable car je pourrais tout autant parler de sardines de saucissons secs des chaussettes de l'archiduchesse et des chasseurs avec ou sans chien.
Vous vous dites mais pourquoi mon dieu parler du diable alors que justement Valérian et Laureline (je dis Valérian et Laureline parce que ça me vient à l'esprit car je pourrais tout autant parler de Tif et Tondu de Tintin et Milou de Pif et Gadget de la perruque et de sa cantatrice, laquelle savez-vous est toujours aussi chauve). Qu'est-ce ? Vous pâlissez Vous tremblotez Vous vacillez et vous gélatinifiez Vous vous
Effrayez vous commencez à comprendre que le diable est tout aussi absurde que tout le reste mais qu'il est très puissant puisqu'il n’existe 
Pas, et quand je dis pas c'est pas pour vous empapaouter c'est parce que 
J'ai lu beaucoup de livres dont certains parlaient d'enquêtes en ce monde, d'autres d'enquêtes en d'autres mondes (genres parallèles voyez avec des étrangetés partout) même que j'ai
Lu des livres je ne me souviens plus de ce qu'ils racontent et alors « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur
Vos têtes ? » demanda Oreste qui est un fou de théâtre et probable voyageur spatio-temporel (comme Valérian et Laureline, qui sont des personnages créés par le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières) et qui depuis l'Antiquité est passé sur bien des scènes et dans bien des langues allez.

 

Nous sommes le 19 novembre 2025 et le bitcoin continue de dégringoler dans des abîmes de perplexité spéculative.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 novembre 2025. 

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18 novembre 2025

A PLEIN NEZ

A PLEIN NEZ

 

« Tous sentaient le terrestre à plein nez, le terrien, le terrier, le terre à terre. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit » [le narrateur]) 

 

Tous ceux-là ce sont des autres on en connaît forcément
Sentaient-ils la soupe la sardine le savon
Le sapin déjà du temps qu'ils étaient vivants sentaient-ils le
Terrestre qu'il dit le narrateur non sans mépris le terrestre ça rappelle le globe les salles de classe les leçons 
A copier à apprendre qu'on en avait 
Plein les cahiers des leçons plein la tête et le
Nez et les heures parce qu'il faut bien que 
Le temps passe sinon qu'on resterait coincé dans le passé coincé dans quelque boucle synchronique coincé le
Terrien que si ça se trouve c'est pas que le passé s'abolit mais que nous ne sommes peut-être jamais qu'une version de nous-même qui continue à passer le temps tandis que l'infini de nos autres versions nos pommes restent coincées fantômes dans des boucles temporelles d'où elles ne peuvent plus s'échapper condamnées qu'elles sont à jamais la même boîte de sardines dans la même supérette pas loin de chez moi c'est-à-dire pas loin de chez tous ces autres qui furent moi.

 

Le truc alors c'est que l'univers serait infiniment composé d'univers parallèles et si on peut conjecturer là-dessus à en devenir drôle d'oiseau dingo pour ce qui concerne la matière on se demande s'il y aurait une infinité d'infinités de choses et d'où qu'elles sortent hein du
Terrier primordial qui fut le moule nécessaire et parallèle de tous les terriers qui trouent l'univers ? Du chapeau de mon oncle qui a perdu son parapluie ? De l’expansion de la tarte aux pommes dont la somme des parts est plus grande que la tarte elle-même ?

 

Le truc aussi c'est que cette phrase que je cite là, de Jacques Sternberg, j'en suis pas tellement fan ; l'est quand même assez aigre, aigrie, un peu rance rochon mais bon c'est vrai que parfois les gens les autres là on dirait pas qu'ils ont vraiment un cerveau qu'on dirait plus qu'ils obéissent à des stimulis comme le chien à Pavlov l'électeur le
Terre à terre il dit le narrateur c'est
A cause de l'allitération que je la cite la phrase à Sternberg la voici: « Tous sentaient le terrestre à plein nez, le terrien, le terrestre, le terre à
Terre » ah la la le tintouin tout ça rythmique la musique ça sauve bien des sottises.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 novembre 2025.

18 novembre 2025

LES GENS ILS ABUSENT DU REEL C'EST POUR ÇA

LES GENS ILS ABUSENT DU REEL C'EST POUR ÇA

 

« Je reconnais, dit Angelo, que vous avez toutes les raisons du monde de vous méfier de moi. »
(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit »)

 

Je contemple parce que j'ai mes yeux, ne se sont pas encore fait la malle et je
Reconnais le réel à ce que je m'y débats débrouille et dépatouille Il y a ce qu'on
Dit ce qu'on ne dit pas et la nécessité de gagner sa croûte.

 

Angelo est un personnage de roman pas comme vous ni comme moi bien Que nous aussi, fictions auxquelles on croit pour passer le temps, finirons aussi par n'être plus. Et puisqu'on en cause,
Vous y croyez vous à toutes ces histoires de réel fit le fantôme aux autres fantômes.

 

Avez-vous toutes les raisons de ce monde pour vous méfier Sans doute que l'on a toujours 
Toutes les raisons de ce monde pour se méfier de soi.
Les gens ils abusent du réel ils appellent ça vivre et bien sûr qu'ils ont toutes les
Raisons de ce monde pour aller acheter des boîtes de sardines et se mettre en ménage et faire des enfants et c'est ainsi que
Du réel, que savons-nous  réellement ? - C'est que l'on ne parle à son miroir que s'il réfléchit On dit que le
Monde est complexe car ce n'est pas si simple.
De ce monde on dit qu'il est malade car on ne peut pas dire qu'il tourne très rond mais
Vous vous faites une raison parmi toutes les raisons du monde et vous vous dites qu'il faut se
Méfier de tout - défois on dit ça - car rien n'est jamais vraiment comme il a l'air d'être Certains prennent même des haltères et go !

 

De cela que conclure ? Je ne sais pas car
Moi je ne sais pas grand chose sauf que l'on ne fait pas d'omelette sans en casser des œufs c'est pour ça qu'il y a des boîtes de sardines dans la supérette pas loin de chez moi où je salue bien poliment la vendeuse. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 novembre 2025.

15 novembre 2025

L'UNIVERS QU'ON VOUS DIT C'EST-Y PAS BEAU ?

L'UNIVERS QU'ON VOUS DIT C'EST-Y PAS BEAU ?

 

« Mais dans cette hypothèse, on ne saurait pourtant dire qu'il s'agit du commencement absolu de l'Univers. »
(Pauwels/Bergier, « Le Matin des magiciens »)

 

Mais c'est tout de même étrange cette histoire d'univers qu'on dirait qu'il s'est auto-engendré auto-généré big bang badaboum shazam patatras répandu 
Dans tout un tas d'infinis 
Cette affaire j'y pige que couic C'est tout
Hypothèse et paradoxes et bizarreries quantiques chats fantômes.
On ne sait pas nous péquins pensifs et on voit se développer les Intelligences Artificielles On
Ne sait pas nous pitoyables péquenauds et voilà qu'on nous annonce « l'ordinateur quantique » (c'est-y dieu qu'on réinvente?). Quel professeur
Saurait m’expliquer tout ça qu'est bien tarabiscoté allez

 

Pourtant tandis qu'ça fume et cogite dans les sphères pensantes faut tout de même
Dire que ça a pas l'air de s'arranger en bas chez les crétins ordinaires : guerres massacres assassinats meurtres Trump actuel POTUS qu'est tellement sot comme un navet qu'il n'a pas l'air de comprendre pourquoi il est si impopulaire Poutine actuel chef de gang qui ruine la Russie et envoie sans sourciller la jeunesse de son pays à la boucherie complots et intrigues partout les grandes gueules aux portes du pouvoir C'est 
Qu'il s'agit de ne pas prendre un panzer pour une ballerine hein
S'agit de pas s'illusionner ça ne va pas très bien
Du coup on resterait bien chez soi à boire de la bière en écoutant des rolling stones mais faut travailler c'est la grande loi du bipède Au
Commencement je ne sais pas quelle mouche a piqué qui quoi qu'est-ce et tout cet
Absolu là qu'on croit que c'est le réel alors parce que je n'avais plus
De pâtes je suis allé à la supérette et j'ai acheté des œufs une boîte de sardines et du café et comme dit j'ai bonjour à la caissière la caissière m'a dit bonjour c'est dans
L'Univers tout ça les œufs les sardines en boîte les vendeuses les vendeurs Trump Poutine et toutes les autres tronches d'ahuris des puissances avec leurs armes très dépeuplantes L'Univers qu'on vous dit c'est-y pas beau ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 novembre 2025. 

 

13 novembre 2025

SOPHIE LES OVNI LES BD ET LES VACHES

SOPHIE LES OVNI LES BD ET LES VACHES

 

« Sophie entra chez moi, en 1975, avec beaucoup d'assurance comme si elle y était déjà venue souvent. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit »)

 

Sophie cette Sophie là je ne la connais pas d'ailleurs je ne connais pas beaucoup de Sophie mais elle
Entra chez moi dit le narrateur d'un roman que je ne lis pas.

 

Chez moi il y a trop de romans de toute façon chez
Moi il y a trop de romans, que je crois que la nuit ils s'échangent des informations sur le réel.

 

En 1975, je lisais le magazine Spirou où il y avait plein d'aventures et d'humour en couleurs et il y a toujours plein de Spirou chez moi.
1975, c'est l'année de la chute de Saigon et de la défaite des Etats-Unis au Vietnam , c'est aussi l'année de la mort de Franco ; c'est aussi l'année de la sortie du film « Black Moon », de Louis Malle. 

 

Avec le steak-frites je prends des frites sinon ce n'est plus un steak-frites et alors autant aller se faire cuire un œuf. Je ne sais pas s'il y a vraiment
Beaucoup de récits d'enlèvements (des abductions on dit) de vaches par des soucoupes volantes que je me dis pourquoi des vaches et pas des bœufs ou des vélos ou des bérets ou des taureaux ou des beignets. Avec beaucoup
D'assurance donc elle entra chez moi dit le narrateur et moi c'est
Comme si ça m'obnubilait sérieux cette affaire d'abductions là comme
Si les Visiteurs venus dans leurs véloces vaisseaux s’intéressaient plus aux vaches qu’aux canards ou qu’aux dindons ou qu’aux allumés zozos des zones que moi je comprends pas.   

 

Elle le narrateur dit qu'elle s'appelle Sophie mais si ça se trouve
Y a pas d'Sophie du tout que c'est encore un déguisement de l'infâme Olrik çui là il
Était l'adversaire des aventures de Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs.

 

Déjà que je ne sais pas si je le lirai ce roman qu'elle est
Venue l'énigme des vaches ôtées de leur plancher par les puissants rayons des Visiteurs dans leurs drôles de machines même que
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025. 

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11 novembre 2025

TIENS DES SARDINES

TIENS DES SARDINES

 

« J'ai vu une boîte aux lettres sur un cimetière. - »
(Xavier Forneret in André Breton, « Anthologie de l'humour noir »)

 

J'ai dormi car j'avais les yeux fermés donc j'en ai profité. J'ai
Vu qu'au réveil il était l'heure et je me suis dit Tiens il est l'heure.
Une fois que c'est l'heure il faut bien songer que le temps passe alors j'ai ouvert une
Boîte de sardines parce que j'aime à méditer sur les sardines et me réciter les vers immortels de Georges Fourest dont le titre est « Sardines à l'huile » et qui se terminent par le si touchant et si évocateur « Sans voix, sans mains, sans genoux / Sardine, priez pour nous !... »
Aux sardines je songe souvent (surtout quand j'en mange et que je me dis Tiens des sardines) je songe aussi aux 
Lettres de mon moulin ou aux Lettres de Madame de Sévigné laquelle s'appelait Marie de Rabutin-Chantal comme la sardine s'appelle sardine et le hareng-saur hareng-saur et les poules du couvent couvent les poules du couvent couvent.
Sur cette boîte aux lettres je n'ai rien à dire (je ne connais même pas son prénom). L'auteur, un certain Forneret Xavier (1809-1884, il est donc mort) nous indique que c'est sur - non pas « dans » ou « à l'entrée de » mais sur
Un cimetière qu'il l'a vue, cette boîte aux lettres. Après enquête du GEIPAN s'il est avéré que ce 
Cimetière existe, il apparaît ossi qu'on ne dispose d'aucun autre témoignage signalant quelque OVNI PAN UFO ou même une simple boîte aux lettres survolant le calme des morts et la patience des chrysanthèmes (ce qui ne veut pas dire grand chose mais la vie étant si absurde n'est ce pas). 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

11 novembre 2025

MORTIMER ARRACHÉ 

MORTIMER ARRACHÉ 

 

« Subitement, et comme obéissant à un signal de son subconscient, Mortimer est arraché à son sommeil. »
(Edgar P. Jacobs, « Le Mystère de la grande pyramide », tome 2)

 

Subitement je constatai que j'étais encore là
Et cela m'étonna, alors j'ai changé de disque
Comme si changer de disque pouvait me faire sortir d'ici, comme si comme si  je n'étais déjà pas là plus là ou quelque chose comme ça.

 

Obéissant à un instinct secret et ancestral, je me fis cuire un œuf.

 

A neuf heures faut que je téléphone à quelqu'un c'est bien embêtant.
Un spectre ne m'apparut pas ; c'est que le réel fait bien son travail de garde-spectres. Au
Signal convenu, il ne se passa rien allez donc faire confiance à des gens qui n’existent pas. 

 

De toute façon c'est pas toi qui dis c'est pas toi qui fais c'est
Son subconscient qui réveille le professeur Mortimer car il a un
Subconscient Mortimer quand bien même il ne serait qu'un personnage d'une bande dessinée signée Edgar P. Jacobs.

 

Mortimer donc il est dans son lit parce qu'il dort et c'est qu'il 
Est arraché et ça c'est pas bien d'arracher les Mortimer car après quand il est
Arraché le personnage c'est pas agréable à lire l'album.

 

A neuf heures faut que je téléphone à quelqu'un et il est déjà presque neuf heures je sens que je ne vais pas téléphoner à neuf heures.

 

Son truc à Mortimer c'est de ne pas exister jamais. C'est pour ça son
Sommeil c'est juste une façon d'être personnage de bande dessinée parmi les autres personnages de bande dessinée ; après que « le long corps sinueux d'un naja » (c'est un serpent) apparaisse dans sa chambre à Mortimer c'est rien là, parce que ce naja là à lui son dada, c'est itou de ne pas exister, jamais et ça c'est bien pour l'éditeur parce que comme ça le lecteur, il ne risque rien.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

11 novembre 2025

ON A COMME L'IMPRESSION

ON A COMME L'IMPRESSION

 

« On a comme l'impression d'entendre un grand désordre, mais parfaitement ordonné : Thelonious, ou l'Art de la Chute ».
(Laurent de Wilde, « Monk »)

 

On ne sait pas toujours ce qu'on fait à cause de l'inconscient qui machine On
A l'impression de réaliser quelque chose qu'le farceur de not'tête dedans programme autre chose qui va nous retomber dessus fatal qu'on s'y attend pas

 

Comme on ne sait jamais à quoi s'attendre y compris qu'on puisse tomber raide foudroyé alors qu'on est train de débiter les âneries de tous les jours parce que souvent qu'on débite des âneries on a
L'impression que tout ça (notre passage affairé parmi les vivants) est bien précaire fragile fatal

 

D'entendre du jazz c'est bien intéressant tout de même pour peu que l'on s'intéresse au jazz là dans son texte Laurent de Wilde dit que quand on l'écoute Thelonious Monk, « on a comme l'impression d'entendre un grand désordre »
 

Un jour je ne fus jamais pianiste de jazz Pourtant quel
Grand contentement cela aurait été pour moi d'être un pianiste de jazz comprenez un vrai capable d'innover tout en restant élégant charmeur vivace
Bah
 

Désordre qu'elle fut la vie que je n'ai vécue que parce que je me le dis (je ne sais pas si cette phrase a un sens)
Mais les jours se suivent et je me fais des omelettes
Parfaitement des omelettes aussi des crêpes et aussi des films 

 

Ordonné je ne le suis guère je fais comme je pneu fis-je en changeant ma roue (cette phrase est  tellement idiote qu'elle va finir par meugler en regardant passer un ministère)
 

Thelonious Monk faut être franc je ne l'écoute pas souvent
Ou alors c'est parce que ça passe à la radio (mais sur France Inter ça fait longtemps qu'ils ont remplacé les géants du jazz par euh autre chose)

 

L'Art c'est du bizness aussi faut se le dire
De Thelonious Monk les gens j'crois bien qu'ils préfèrent les chips les électro-zozos et les bavards si sots trois fois sots de la téloche

 

La musique, j'aime bien aussi les endives au gratin le coq au vin les aquarelles de Marie Laurencin (ah si, c'est joli !) quelques chansons de Joe Dassin La
Chute est un bon texte d'Albert Camus mais je ne sais plus si on y joue du piano. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 novembre 2025.

9 novembre 2025

L'HUMAIN FAUT QU'IL S'INTERESSE 

L'HUMAIN FAUT QU'IL S'INTERESSE 

 

1.
Actualité : généralement brûlante. Il faut bien que journalistes et politiques survivent à leurs propres sottises. 

 

2.
Les aventures de Blake et Mortimer, d'Edgar P. Jacobs, ne sont pas dénuées d'humour. Outre cet esprit de sérieux à faire rire les meugleuses au pré qui anime les dialogues des protagonistes et leur contenu science-fictionesque, on peut citer « l'invraisemblable tacot, datant de l'époque héroïque de l'automobilisme », véhicule rappelant les virées burlesques du cinéma muet et dont le professeur Mortimer se gausse à la page 24 du tome 1 du « Mystère de la grande pyramide » avant de rencontrer son curieux propriétaire, smoking ou pied-de-poule (c'est que je n'y connais rien) barbe rousse, haut-de-forme, l'égyptologue amateur Herr Doktor Grossgrabenstein.   

 

3.
Canard à l'orange
Ne fait pas coin-coin ; cuit cuit
Qu'il est cuit cuit cuit.

 

4.
Petit matin, scran.
Je crois que le rideau bouge
Nul spectre pourtant.

 

5.
Dégoût ? Humour ? Elle dit
Au spectre apparu
- Hou hou hou ! Il est minuit ! -
Pourriez-vous voiler
Cette tête au cou coupé ?

 

6.
L’œil, l’œil est partout.
A la page vingt-neuf l’œil 
Inaperçu l’œil 
A travers un judas l’œil
Quoi qu'il fait, l’œil ? L’œil
Observe.

 

7.
On dit Jordan Bardella inculte et peu compétent. Sa possible candidature aux présidentielles 2027 serait-elle un signe supplémentaire d'une hypothétique volonté de Marine Le Pen de ne surtout pas permettre au RN d'accéder au pouvoir ?
Hoplali, Hoplala, voterez-vous Bardella ou Mélenchon ? Que préférez-vous, la peste ou le choléra, le freluquet ou le vieux tromblon grognon ronchon ?

 

8.
A la page 39 de l'album « Le Mystère de la grande pyramide », d'Edgar P. Jacobs, cette incise dans les propos du professeur Mortimer : « ... je vais me poster dans le hall et si Olrik – que je suis d'ailleurs le seul à pouvoir identifier – tente de sortir... » donne à songer que, si ça se trouve, Olrik n’existe pas et que le professeur Mortimer est victime d'hallucinations récurrentes et thématiques.

 

9.
L'introduction d'un bouquin écrit par un radioastronome russe... cité page 169 de l'édition de poche folio avec le dessin de Gourmelin qui représente l'Ouroboros en forme de 8 avec des masques dans les creux dudit 8 ... j'en sais pas plus, obligé de chercher... Voulez pas qu'à mon âge, avec la Camarde qui grattouille vaguement à la porte, je me farcisse le pensum non ? « L'homme éternel » (1970) par les curieux Pauwels et Bergier, la suite du « Matins des magiciens » (1960) qu'a donné à songer à bien des têtes dis, la première bible des complotistes avant que les complotistes et puis des lâchent toute leur furie d'araignées partout sur la Toile.... S'agit de l'introduction d'un opus écrit par Iossif Chklovski (1916-1985) puis collaboré avec Carl Sagan... « Intelligent Life in the Universe »... des années soixante et y en a qui doutent de rien. 
C'est sur les « êtres raisonnables » qui fourmilleraient partout dans le cosmos le plus lointain, que ça viendrait, cette idée de leur existence aux gaziers sidéraux, des « cultes primitifs »... C'est qu'on s'y est intéressé, aux cultes primitifs, car l'humain, voyez, quand bien même il danse sur un volcan en agitant ses petits drapeaux, même qu'il se pourrait qu'il finisse assez prochainement grillé des climats et très évaporé des fissions, l'humain faut qu'il s'intéresse, hein, au voisin qui bat sa femme, à Totor qui turlupine Nono, à la philosophie allemande, au riz cantonais, aux courses de vélo, aux scandales du dopage, au diable et au bon dieu, aux équations des plus tarabiscotées, au paradoxe de Fermi et à la barbe des barbus, à l'avenir de l’Éducation nationale, aux nains ministériels, aux cultes sur les commodes et à ceusses des primitifs, cause qu'ils « vitalisent », les cultes primitifs, « choses et phénomènes »... Animisme... Croyances et rituels... Lé début de la bêtise, avec sacrifices humains et autres bizutages sanglants, mais que l'Université anoblit, structure et voyez-t-y comme l'humain est complexe là sur ses deux jambes avec son zigoto qui pendouille...
Après ça cause du vague des notions bouddhiques et « transmigration des âmes », comme quoi, les âmes, une fois qu'ils sont tout couiqués, les gens, les âmes, elles iraient au Soleil, à la Lune, et aux « étoiles fixes » (ça a-t-y un sens ça les étoiles fixes dans tout cet infini agité d'partout ?) que je me l'imagine le Charon avec sa tête d'antique à enquiquiner le candidat, transportant les âmes dans un aéronef intergalactique et traversant allure le fleuve noir des espaces effrayants, avant, bien sûr, la « béatitude du nirvâna », lequel était un groupe de rock sans circonflexe qui comme tous les groupes de rock fit beaucoup de bruit.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 novembre 2025.

2 novembre 2025

LE COUREUR RESTE PASSIF

LE COUREUR RESTE PASSIF

 

1.
 Prague où, ces années-là, tout le monde a peur, tout le temps, de tout le monde et de tout, partout. »
(Jean Echenoz, « Courir », ch.11)
Cette phrase évoque la Tchécoslovaquie de la guerre froide, plus précisément, l'ère Gottwald, entre 1948 et 1953. Je songe que ce qui, croyait-on, appartenait au passé, donne des signes de résurgence, et pas seulement en Chine et en Russie mais au cœur même des Etats-Unis, où il semble que, Trump, semaine après semaine, prépare l'opinion publique à une mise entre parenthèses de l'idéal démocratique américain.

 

2.
22 octobre 2025. 20 heures 30. Évocation dans le feuilleton de France Culture (« L'homme inquiet » de Henning Mankel) des jouets en bois que l'on trouvait à Berlin-Est avant la chute du Mur.

 

3.
« La Fille de Vercingétorix », une aventure d’Astérix et Obélix, signée Ferri pour le scénario et Conrad pour le dessin, est vraiment très drôle. Le jeune Goth romanisé, appelé Ludwikamadéus, surdoué hyperactif qui tape sur son tambour des BOM BOM BOM en lettres gothiques qui finissent par taper sur les nerfs de son père adoptif, le commandant d'un navire romain à la recherche d'Adrénaline, la fameuse fille de Vercingétorix, ça m'a bien amusé.

 

4.
Octobre 2025. Vu « L'homme qui rétrécit », de Jan Kounen, avec Jean Dujardin dans le rôle principal (il y est excellent). Cette nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson met l'accent sur la métaphore de l'oubli et pose la question du sens de l’existence. Superbe, intelligent, sensible.

 

5.
Dans le dossier pédagogique de l'édition de poche « Folio + Lycée » que Antony Soron consacre au  « Courir », de Jean Echenoz, cette phrase : « Il [Emile, c'est-à-dire Emil Zatopek] court plus vite que son ombre, il crucifie les records un à un ; au même moment, le bloc de l'Est, d'où il est issu, s'enferre dans les lenteurs accablantes de sa bureaucratie. »
C'est que les habitants du réel n'obéissent pas tous aux mêmes vitesses. Et nous avons tout à craindre de ce monde hypertechnologisé, hyperconnecté et hypercontrôlé dans lequel la technocratie veut absolument que nous entrions ; il nous obligera, nous oblige déjà à toujours plus de vitesse, à être de plus en plus performant. Nous entamons une course et cette course, ce sont les machines qui vont la gagner, pas les humains.

 

6.
Octobre 2025. Lu le dernier Astérix, « Astérix en Lusitanie », de Fabcaro au scénario et jeux de mots, et Didier Conrad pour le trait virtuose. A partir de la planche 18 et la participation du « petit anxieux et du gros nonchalant » à un « cogitum » de consultants en communication, c'est marrant. L'album évoque aussi la mélancolie (souvenir de Pessoa?), le fado, la morue et le vin. 
Citation : « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion... » 
(Fabcaro et Conrad, « Astérix en Lusitanie », pl.5 [Boulquiès citant Voltaire et son « Poème sur le désastre de Lisbonne »]) 

 

7.
« Le coureur reste passif (le sujet des verbes d'action est « on » ; ce pronom indéfini sous-entend que la force à l’œuvre (le régime) dépasse l'humain, agit de manière diffuse, puissante mais insaisissable. »
(Antony Soron, Dossier pédagogique de « Courir »,  de Jean Echenoz, Folio + Lycée, p.121).
On pensait que cet omniprésent « on »  des régimes du Bloc de l'Est était réservé aux dictatures du passé. Il semble de plus en plus évident que ce « on » est, via la technocratie, en passe de revenir en force jusqu'au cœur des démocraties libérales.

 

8.
Ah la pleine page 18 du tome 1 de l'album « Le Mystère de la grande pyramide », d'Edgar P. Jacobs (« opéra de papier », élégance de la ligne claire, le journal de Tintin, lettres de noblesse de la pop culture, de la bande dessinée, de l'enfance préservée des sottises politiques, années de collège et de la pluie, préau, illustrés pour la jeunesse avant que l'on tombe dans le Rolling Stones et autres tonitruants circus, Agatha Christie, Belphégor, Riri-Fifi-Loulou, choucroute et pipe de Maigret, cabas, bar-tabac, carambar et caramba n'est pas en haut). Sombre et bleu, « musée égyptien », statues des dieux antiques, et le cartouche explicatif : « Mais tandis que le professeur se penche sur l'infortuné Mohamed Zaim, une ombre menaçante sort sans bruit du renfoncement obscur de la « fausse porte ».

 

9.
Jusqu'à l'âge de 14 ans, ma grande préoccupation fut la lecture. J'avalais volume après volume (tout y passait, de Jules Verne à Henri Vernes). Ma bonne mère, ma petite maman, insistant pour que j'achète un disque et finançant cet achat, j'achetai un album des Beatles et je fus damné, fasciné, stupéfait, idiotisé. La suite fut : rock n' roll, bières, clopes, filles.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 novembre 2025.    

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