Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
22 mai 2025

CET AUTRE ETRANGER QUE NOUS-MEME 

CET AUTRE ETRANGER QUE NOUS-MEME 

 

1.
« Mais tel était le goût de Watson pour la rigueur narrative du récit d'énigmes qu'il jugea préférable, dès nos premières aventures, de m'attribuer l'entier mérite de nos investigations communes. »
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Watson est bien bon – J’aime beaucoup « la rigueur narrative du récit d'énigmes ». Cette rigueur rend les énigmes fascinantes, comme l'ont montré les excellences de Conan Doyle, de Gaston Leroux et d’Agatha Christie – Je manque de rigueur narrative (pas assez de talent) – L’investigation est dans la loupe – J'ai beau les regarder avec insistance, je ne les trouve pas tellement énigmatiques, mes pâtes au jambon ; elles finissent par me battre froid.

 

2.
22 mai 2025. J’apprends sur France inter que le tracteur (alors à vapeur) a été inventé dans les années 1880 en Russie par Fiodor Abramovich Blynov puis un Américain, John Froelich, mit au point un tracteur à essence. Le tracteur s'est « imposé après la première guerre mondiale » pour remplacer les chevaux morts et recycler les chars d'assaut de la 1ère boucherie mondiale, - ah fais-je en contemplant mes pâtes au jambon.

 

3.
« Cependant, la reprise de mes activités de détective – et de ma consommation de tabac – me montra que l’affection dont je me croyais affranchi n'était qu'endormie.»
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Le détective reprend ses activités mais n'a pas changé d’œil. 
En France, ces dernières années, le prix du tabac a tellement augmenté qu'il semble que l’État veut absolument décourager les gens de fumer. Je suppose que lorsque le nombre de fumeurs, et de points de vente, aura significativement baissé, le gouvernement prendra alors des mesures pour interdire quasi totalement l’usage du tabac dans l'espace public. Je me demande si ces restrictions concerneront aussi l'usage de la vapoteuse (dite « cigarette électronique »). Je me demande aussi si ce n'est pas peine perdue ; les gens auront toujours besoin d'un dérivatif, d'une compensation addictive, ritualisée, et déjà bien des jeunes gens, s'ils ont arrêté de fumer du tabac prennent d'autres produits bien plus dangereux (pilules et cachets divers et synthétiques, boissons énergisantes, alcools, et toutes sortes de stupéfiants, dont le trafic est devenu un véritable problème de sécurité publique).

 

4.
« Je connais bien les êtres, mais les crimes me sont incompréhensibles.»
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [Watson])

 

Peut-on affirmer « bien connaître les êtres » et ne rien comprendre à la psychologie des meurtriers ? Il y a-t-il une psychologie des meurtriers ? - « N'est-il personne qui ne soit capable de tuer ? » se demande un personnage d'un roman d’Agatha Christie – Les romans de Simenon montrent souvent des gens ordinaires qui, dans des circonstances particulières, commettent un meurtre, ou même préméditent un assassinat – Les auteurs de romans policiers « connaissent-ils bien les êtres » ou sont-ils avant tout des experts de l'écriture narrative ? - D'où vient le succès des thrillers, sinon de la virtuosité de leurs auteurs ?

 

5.
« Il me regarda, et je vis dans ses yeux que nous pensions tous deux à la même chose. »
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Le narrateur est Sherlock Holmes, c'est-à-dire l'idée que l’auteur se fait de Sherlock Holmes – Sherlock Holmes n’existe que dans le regard du lecteur – Les êtres sont des représentations – Lorsque soudain nous saute à la gorge l'évidence de l’existence en-soi de l'être, incarné dans l'autre, cet autre étranger que nous-même, nous éprouvons ce désarroi que l'on éprouve devant l'insoluble – Le désarroi devant l'apparaître peut provoquer le malaise, l'étrangéïsation, la déréalisation, l’intensification de la menace – Lorsque la crise d'angoisse, la pénible crise d’angoisse, nous met soudain en face de cette évidence de l'insolubilité de l'être, nous éprouvons soudain le poids de cette multiplicité énigmatique, cet infini en foule, dans le même temps que nous éprouvons notre propre caractère dérisoire et incessamment mortel.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 mai 2025

Publicité
18 mai 2025

DES PARTIS ENTREPRISES

DES PARTIS ENTREPRISES

 

« C’est la liberté individuelle dans des conditions d’asservissement collectif. »
(Manchette, « L’Affaire N’Gustro » [« Debourmann])

 

C’est une phrase qui exprime du politique dans un roman noir (le trouble roman de Jean-Patrick Manchette, « L’Affaire N’Gustro »). C’est aussi à ça que ça sert, les romans noirs, à causer politique. C’est à propos de
La liberté individuelle qu’on sait bien ce que c’est, nous, en démocratie, que la
Liberté individuelle qui nous permet pas mal de choses, tandis que voyez dans les « paradis socialistes », la Liberté, c’était un fantôme, alors oui, la Liberté
Individuelle, dans nos démocraties libérales, nos sociétés dites ouvertes et avancées, elle est en droit mais dans les faits, elle reste en grande partie formelle. Evidemment, nous ne pouvons faire que ce qui nous est possible de faire ; il y a des contraintes, financières surtout, et même dans nos démocraties libérales, on a l’impression que nous allons vers un « monde libre » de plus en plus contraignant (le dimanche, j’aime bien, de temps en temps, des croissants). Remarquez que
Dans l’avenir, ce qui semble le plus à craindre, c’est pas tellement les vieilles lunes de gauche (collectivisation et soviétisation qu’agitent encore quelques universitaires plus ou moins stupides et aigris), pas tellement cette gauche livresque qui est à craindre mais plutôt l’avènement 
Des partis-entreprises (la LFI à Mélenchon, le RN du clan Le Pen,…) qui jusqu’ici n’avaient pas vocation à gouverner (n’étant jamais que des pompes à fric) mais l’exemple de Trump pourrait leur donner des ailes parce que Trump, son atout, c’est qu’il a fait du parti républicain son parti, son investissement majeur, dont il attend des bénéfices personnels, même qu’on se demande s’il n’aurait pas envie d’en faire un monopole, une dynastie entrepreneuriale, quitte à changer la Constitution américaine, ou en corrompre l’esprit, qu’il semble bien que le Trump, il aurait pour but d’établir les
Conditions nécessaires et suffisantes pour que la démocratie américaine telle que nous la connaissons explose et laisse la place à autre chose de bien moins démocratique, un genre capitaliste (et non plus libéral)
D’asservissement à une oligarchie, une mainmise sur le
Collectif façon Chine communiste ou Russie poutino-mafieuse.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

18 mai 2025

HORACE BLATT RENVERSA SON VERRE

HORACE BLATT RENVERSA SON VERRE

 

« Horace Blatt renversa son verre, jura et, tout en épongeant son pantalon, demanda :
-    Qu’est-ce que c’est que cette Grotte aux Lutins ? »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Les Vacances d’Hercule Poirot »)

 

Horace – j’ai envie d’écrire, Horace, nique ta, mais ce n’est guère poli.
Blatt qu’il s’appelle, Horace, même qu’une blatte en français, on dit aussi cafard, cancrelat, coquerelle au Canada et ravet aux Antilles (d’après ce que savamment Wikipédia) tandis que « das Blatt » en allemand, c’est la feuille d’arbre, aussi la page, le journal, mais comme le dit l’expression, « das steht auf einem anderen Blatt » alors Horace

 

Renversa ; avec le verbe renverser on peut imaginer bien des choses, du gouvernement à la donzelle d’une chanson paillarde en passant par la pyramide sociale (comme on dit chez les pédagogues gauchisants), mais ce n’est sans doute pas le genre de Horace Blatt qui se contente de renverser
Son verre, et quand on renverse son verre, c’est peut-être qu’on est quelque peu fébrile, hein, quand on renverse son
Verre, c’est peut-être qu’on est quelque peu fébrile hein. Surtout qu’il
Jura après et quand je songe que le Jura est un « département français nommé d’après le massif du Jura » (c’est de la montagne et j’aime bien wikipédia), je constate que cela n’a rien à voir avec le fait que « Horace Blatt renversa son verre, jura »

 

Et pendant ce temps-là, « Les Oignons » de Sydney Bechet, c’est joyeux comme jazz que j’écoute « Les Oignons » de Sydney Bechet parce que j’aime bien le jazz joyeux.

 

Tout ça, c’est bien joli, me direz-vous, mais on ne voit pas où vous voulez en venir Bah-bah-bah
En fait, je ne le sais pas où je vais en venir, mais cela n’a aucune importance, fit-il en
Epongeant (il y a toujours tout un tas de trucs à éponger, je suis si maladroit)

 

Son verre, il le renversa, Horace, donc Horace, koikilfait, Horace ? Horace, il éponge son 
Pantalon en jurant, - j’ai envie d’écrire « Nique ta », mais ce n’est guère poli car il
Demanda, - le verbe demander, je le compléterai facilement avec le mot amandes, ce qui ferait qu’il demanda avidement des amandes à Amandine, laquelle les lui fournit complaisamment mais ce n’est pas des amandes qu’il demanda à Amandine, qui d’ailleurs n’était pas là alors, faute d’amandes, il demanda
Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce
Que c’est que cette fable ? Qu’est-ce que 
C’est que cette fiction ? Qu’est-ce que c’est
Que cette chanson ? Qu’est-ce que c’est que
Cette répétition du qu’est-ce que c’est que cette 
Grotte de l’italien « grotta », du français « croute », du latin « crupta », du grec « kruptein » qui signifiait « cacher, couvrir », nous révèle Wikipédia et alors au marché
Aux puces j’aime bien aller pour acheter des albums de BD, des CD de jazz, de blues, de rock mais je n’y achète jamais de
Lutins, au marché aux puces, parce qu’on n’en trouve pas, au marché aux puces, des lutins que des lutins, on en trouve dans les livres mais ils ne sont pas vraiment réels.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

18 mai 2025

SAMEDI 17 OVNI PUIS EUROVISION 2025

SAMEDI 17 OVNI PUIS EUROVISION 2025

 

1.
Un certain Sylvain Maisonneuve, « ancien conseiller ministériel à Bercy » (de 2020 à 2025, nous dit-on, aux finances donc) vient de publier chez Albin Michel un livre intitulé : "OVNIS, l’enquête déclassifiée". Disclosure comme qui dirait qu’on nous prépare lentement mais sûrement à des révélations, ou c’est-y que l’enfumage mondial continue, qu’on nous invente des visiteurs extra-terrestres et autres étrangetés parallèles pendant que les Américains continuent à fignoler leurs armes les plus secrètes.

 

2.
Vu le film « Visiteurs extra-terrestres » de Robert Liebermann (film américain de 1993) qui raconte une histoire d’abduction d’après des faits « réels » nous dit-on : l’affaire Travis Walton. On en lira les détails sur Wikipédia. On peut douter de la véracité du truc mais j’en sais rien. Disons que c’est curieux. Par ailleurs, le film est plutôt bon en ce qu’il montre comment une communauté peut être perturbée par un évènement étrange qui touche plusieurs de ses membres (en l’occurrence une équipe de bûcherons suspectés d’avoir commis un meurtre).

 

3.
Abduction est un mot qui dans le lexique des ufologues désigne l’enlèvement d’un humain par des extra-terrestres. Je me suis laissé dire que des vaches aussi avaient été elles aussi, les pauvres, enlevées, ôtées du plancher, envolées dans les airs qu’on dirait que les extra-terrestres défois ils s’engouffrent un steak-frites aussi dis.

 

4.
Samedi 17 mai 2025, 21 heures : Eurovision. C’est en Suisse cette année. Je vais jeter un coup d’œil. On verra bien. Kitsch, chansons plus ou moins bien fagotées, jolies filles, lasers et couleurs, bling-bling. C’est à ça qu’il faut s’attendre. Du talent aussi. Du spectacle. Je ne me souvenais déjà plus du morceau interprété par le gagnant de l’an dernier. 

 

5.
La chanson représentant le Luxembourg est en français, un clin d’œil à France Gall – Elle s’appelle, cette ritournelle, « La Poupée monte le son » - La chanson représentant l’Estonie est pas mal, comique avec de l’italien dedans –

 

6.
 La chanteuse israélienne a une jolie voix ; une partie du texte est en français – Se pourrait-il que l’influence culturelle de la France redevienne une évidence sur la scène où les nations se jouent des tours ? –

 

7.
Le groupe représentant la Lituanie a fait du rock dans le genre alternatif qu’on trouve un peu partout, mais c’est tout de même du rock (disons que c’est très ressemblant).

 

8.
Pour l’instant, c’est le retour des jeunes femmes callipyges, me semble-t-il qu’on verra peut-être pas la femme à barbe chanter ce soir – La chanteuse qui représente l’Espagne a fait une bonne prestation à la Madonna – Le groupe ukrainien est très bon aussi, avec ces chœurs si particuliers qu’on entend à l’Est de l’Europe.

 

9.
J’aime bien la pop culture.
Je préfère la pop culture à la gueule à Poutine.
Je préfère la pop culture et l’eurovision aux tronches à Mélenchon et à Zemmour.

 

10.
Les chansons de l’eurovision sont de plus en plus complexes et témoignent de l’influence persistante d’un groupe comme Queen sur la pop music internationale – la chanson représentant le Royaume-Uni en est un exemple. La pop music est-elle en passe de virer au pop-opéra ? Faudrait pas aller trop loin dans le choucrouteux et mieux vaut bonne chanson que soupe à braire.

 

11.
La Lettonie a présenté un bel ensemble féminin (six voix) ; c’est vraiment pas mal. On dirait une mélodie traditionnelle, une danse, adaptée pour l’eurovision – cela m’a rappelé certaines pièces de Kate Bush – Ah tiens, pour les Pays-Bas, la chanson est aussi en partie en français (« C’est la vie » qu’elle s’appelle, interprétée par un artiste d’origine congolaise, nous dit-on).

 

12.
Erika Vikman chante « Ich komme » (comme on dit en Allemagne) en finnois ; ça fait beaucoup de bruit - La Finlande, un jour ou l’autre, devra peut-être affronter les troupes d’une Russie expansionniste – On ne sait pas. Tout dépendra de l’état dans lequel Poutine laissera la Russie.

 

13.
La chanson représentant l’Italie est typiquement pop, bien faite avec un texte bien écrit, adolescent – La Pologne est représentée par une chanteuse expérimentée – elle fait le show – c’est spectaculaire et tonitruant – Les Allemands chantent en allemand – Il y a un lalalalala là-dedans qu’est bien entêtant – « Baller » que ça s’appelle – L’Eurovision, ça rappelle au péquenot que je suis que l’Europe est variée, diverse, des corps et des langues.

 

14.
Ah tiens, une grande bouche avec une boule à facettes – l’Eurovision c’est beaucoup de boulot et donc des emplois, de l’argent – la pop culture en fait travailler du monde – tant de gens pour produire tant de kitsch et d’inutile et d’éphémère qu’on dirait de l’art mais non.

 

15.
La chanteuse grecque, ce qu’elle chante, on dirait un hymne, une prière, une exhortation – spectaculaire et lyrique – efficace. La Lituanie avait présenté un groupe de rock assez probable ; ce qui n’est pas le cas de l’Arménie, non, ce n’est pas du rock, c’est de la musique de discothèque, et ça fait du bruit, bien trop.

 

16.
Une chanson à la française comme on en fait maintenant, c’est la Suissesse Zoë Më qui chante ; bon texte, mélodie jolie, avec une rupture de ton sur la fin, ah oui, c’est bien – Retour de la grande bouche avec une boule à facettes dedans et de la musique de discothèque pour représenter Malte, cabaret burlesque. Culotté. Y en a qui aiment. Décor marrant.

 

17.
De la pop bien jolie pour représenter le Portugal (« Deslocado ») – le compositeur de cette ballade a beaucoup écouté les groupes anglais des années 60-70 – c’est gentil mais ça s’oublie vite. La chanteuse danoise fait danser parce que c’est de la musique pour faire s’agiter Toto et Nini vont en boîte. La chanson des gens qui représentent la Suède a l’air bien comique à usage interne (du suédois pour les Suédois) – ah tiens, le « Waterloo » du groupe Abba en 1974, charmant tintsouin.  

 

18.
Je n’avais pas encore entendu la chanson de Louane (« Maman ») : structure classique, beau texte, vocalises au refrain – Les percussions pour beaucoup de chansons s’éloignent de la plus ou moins virtuosité des batteurs pour en revenir à un marquage appuyé de la cadence.

 

19.
La dernière prestation est albanaise et c’est vraiment pas mal, travaillé, orchestré qu’on dirait là aussi une mélodie traditionnelle revisitée. D’où vient-il cet l’univers qu’on dirait celtique tel qu’on nous en raconte des histoires et quelque rythme martial ?

 

20.
And the winner is : l’Autriche. Bon. Voilà.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

17 mai 2025

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

 

1.
En bas de la page 164, le narrateur dit qu’il boit de « petits verres de rhum » - je me suis souvenu en regardant la télé que j’avais quelque part un volume des aventures de Nicky Larson, du plutôt bon manga sur mauvais papier – qu’est-ce que nous pouvons avaler comme fictions – les humains se fascinent facilement pour les plus diverses diachronies.

 

2.
Si le narrateur de ce roman noir avec des Africains dedans de Jean-Patrick Manchette (« L’Affaire N’Gustro ») boit des petits verres de rhum, c’est pour se soutenir cause qu’il se sent tout flagada cause que la veille il s’est pris une « cuite » - nous avalons des fictions – nous produisons de la fiction – et nous la plaquons sur la réalité comme si le réel était ce que nous croyons qu’il est.

 

3.
Je pense aux grosses têtes du carnaval – grosses boules avec du rose et des grands yeux sans cervelle avec des gens autour – les romans c’est souvent du carnaval aussi avec des figures qu’on agite et des sentiments qu’on essaie de faire passer pour aussi vrais que sont vrais les monstres des profondeurs marines.

 

4.
Le narrateur de « L’affaire N’Gustro », de Manchette (1942-1995), est un salaud – y a-t-il une rédemption à la fin du roman ou les autres personnages du roman sont-ils, et même plus pour certains, aussi salauds que lui ? je ne sais pas car je ne vais pas lire le bouquin jusqu’au bout – il n’y a que les professeurs pour vous obliger à lire des bouquins jusqu’au bout.

 

5.
« L’affaire N’Gustro », de Jean-Patrick Manchette est un roman noir, il y est donc question de mort, de sexe et d’argent – c’est ce qui rend le genre du polar si fascinant c’est qu’il traite de ce qui anime les corps et les esprits – en cela, le polar est un genre réaliste – quand on passe à la page 165, le narrateur évoque par énumération « l’absinthe sur de la glace », les « Gipsy Queens », les Bugattis, l’Art, les œufs battus et le cognac.

 

6.
C’est comme du Shakespeare mais avec des flingues – Shakespeare, Agatha Christie (là, c’est pas du polar, c’est du roman à énigmes), le cite souvent – paraît que Manchette était d’extrême-gauche, moi, je sais pas, il y a un côté célinien dans l’œil de Manchette, une fascination pour la saloperie, pour les turpitudes et jambes en l’air, pour les conneries et les morts violentes des zones de partout – radical, qu’on dit qu’il était, Manchette, moi j’vous dis j’en sais rien et je m’en fous – il est mort en 1995, l’auteur de « La position du tireur couché » (très bon bouquin) – 

 

7.
Tout ça, c’est peut-être rien d’autre que du story-telling qu’on nous a fait croire que l’Abbé Pierre était un quasi saint qu’on se rend compte maintenant que c’était rien qu’un répugnant, un curé ripou comme on en dans les films de Mocky, qu’on nous a fait croire que François Mitterrand était de gauche et que l’abolition de la peine de mort était un progrès de l’humanité qu’à mon avis, on continue de nous en faire croire des âneries – Bah il n’y a que les gens bien élevés qui peuvent croire à toutes ces conneries – perso, j’ai jamais pu les sentir, les donneurs de leçons de charité, les avocats de gauche et les pleurnicheurs sur les cous coupés des assassins d’enfants. 

 

8.
A la télé, des témoignages d’Africains en Afrique qui disent qu’ils sont dans une situation terrible ; on parle de massacres, de viols, de camps de réfugiés, de corruptions ; on l’a déjà entendu je ne sais combien de fois ça – ritournelle tragique de l’Afrique martyre – ça risque pas de changer – le discours sur l’Afrique continent de l’avenir, je n’y crois pas une minute – malédiction de la ressource naturelle – vouée l’Afrique à être pillée spoliée volée violée torturée et sous influence perpétuelle – j’irai jamais en Afrique (remarquez je ne vais déjà quasiment jamais en Belgique qui est à côté de chez moi).

 

9.
Page 165, paragraphe suivant : le narrateur « regagne la grande maison » (c’est le nom qu’il donne à une villa je crois où il y a des militaires étrangers, des Africains, qui envisagent des choses à venir) – Il y a une « pelouse », des « parasols et du café », une Mercedes, une grosse tête. – ça baigne dans le soleil avant d’être inondé de sang.

 

10.
A la télé (LCI) ça cause des fake news dont les services de Poutine nous inondent (en l’occurrence, le mouchoir de Macron que les Russes et leurs zélés collabos français - coucou, Dupont-Aignan, coucou, Florian Philippot) tentent de faire passer pour un pochon de cocaïne).

 

11.
Puisqu’on parle politique, j’ai vu il y a deux jours François Bayrou se défendre devant la commission d’enquête parlementaire sur son rôle supposé dans la sordide affaire Bétharram – je l’ai trouvé vieux, faible et hésitant, le Bayrou – je crois que l’heure de la retraite va très bientôt sonner pour sa pomme – moi, je le crois, Bayrou quand il affirme qu’il n’a été au courant de rien (ou si peu) - ce qui prouve que ses capacités intellectuelles ne sont pas du tout ce qu’il croit qu’elles sont : en clair, Bayrou n’est pas un menteur, c’est un sot.

 

12.
Sur la digue, nous sommes le samedi 17 mai 2025, il y a du vent : une jeune fille passe sur des patins à roulettes ; elle porte un pull noir et une queue de cheval – les terrasses sont vides ; il y a du vent.

 

13.
La télé (LCI) dit que les services américains affirment que Poutine va bientôt lancer une nouvelle offensive en Ukraine, une offensive « sans limites » dit la journaliste– je ne sais pas si c’est vrai mais si les Russes tentent de percer, espérons que Donald Trump va réagir et rappeler à ce dingo de Poutine qu’on ne fait pas la paix en lançant des offensives massives et en massacrant des civils.

 

14.
Manchette écrit défois dans le style san-antoniesque genre, je cite : « entre le garage et le lieu où tout le monde bronze et ripaille, un Noir maigre et jeune, pas plus de vingt ans, franchit d’un bond la haie extérieure à base de prunus et fonce nach N’Gustro en gueulant comme un âne. » - Il y a de l’action parce qu’ensuite, l’assaillant sort un « couteau de cuisine » et que le narrateur intervient en « braillant je ne sais quoi ni pourquoi » - 

 

15.
La France, elle n’est pas près de revoter massivement à gauche ; l’avenir est à droite, voire très à droite ; les conneries des délinquants de toutes sortes et les flux migratoires mal contrôlés favorisent le basculement – Dans l’éducation nationale, j’ai l’impression que l’extrême-gauche tente de se réorganiser, pousse ses pions, bricole des réseaux, mais je peux me tromper (disons que je pressens du trouble et de l’entrisme, du lambertisme).

 

16.
A la fin de la page 165, on comprend que l’attentat a échoué – assaillant  maîtrisé – la narration prend un style baroque affirmé, je cite : « mais à gueuler comme il a fait, paraît-il des choses mal polies dans le dialecte de là-bas, tous les gustaves y ont sauté au nez. » A la page suivante, on lit aussi : « le prisonnier hurle, pleure, bave, et tente de donner des coups de pied dans les honneurs de l’Amiral. » (Jean-Patrick Manchette, « L’Affaire N’Gustro »). 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

 

Publicité
17 mai 2025

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

 

1.
« et il quitta le débat sans plus insister » - défois on insiste et c’est pas la peine – le réel insiste – un documentaire sur la bataille d’Okinawa – les kamikazes qui s’abattent sur les navires américains – les soldats japonais fanatisés – la « colline sanglante » - l’Histoire est souvent celle du malheur des humains ; demain matin, j’irai assez tôt chercher du pain -  le réel insiste jusqu’à ce que. C’est comme cela qu’il persiste.

 

2.
« - Je vous plains, inspecteur, bonsoir. » - trois dames évoquant un « trio de corneilles » - c’est dans un roman d’Exbrayat que je lis ça – des personnages de dames écossaises – je pense qu’elles sont écossaises- l’important c’est qu’elles soient trois, et toutes en noir, comme le sont les trois dames des antiques, des théâtres, des chansons.

 

3.
J’entends du Schönberg (1874 – 1951) – je pense à ce personnage d’homme à tout faire du film « Smoking », de Alain Resnais, qui, alors qu’il semble correspondre, ce personnage, à l’image d’un type vulgaire et fruste se met à discourir sur son amour de la musique classique, de Sibelius (1865-1957) et de Carl Nielsen (1865-1931), évoquant la symphonie « L’inextinguible » - le personnage, je ne sais plus son nom, est interprété par Pierre Arditi.

 

4.
« - Pourrais-je saluer votre maîtresse ? - Impossible. - Elle est absente ? » (des personnages de « Notre Imogène » de Exbrayat causent ainsi) – tout à l’heure, je mangerai du pain frais beurré ; je boirai du café. – « le sergent fonça, tel le taureau sur le matador » - un sergent, je ne sais pas si ça peut se mettre dans un jardin –en tout cas, c’est possible -  un taureau non ça ne se met pas dans un – c’est trop dangereux.

 

5.
Page 80 : « L’absence du sergent fut remarquée et commentée en termes sévères. » - le sergent n’est donc pas dans le jardin – il n’est pas allé à l’enterrement de la sardine – Zut non plus n’est pas allée à l’enterrement de la sardine – elle est allée à d’autres enterrements – les gens écrivent composent peignent et meurent – ceux qu’elle connaît, Zut va à leur enterrement – moi, je ne les connaissais pas assez pour (je dois dire que ça m’arrange) – dans le temps, on disait : « je dois à la vérité de dire » ; cette expression, je ne l’entends plus – c’est que, ces temps-ci, la vérité tend souvent à s’absenter.

 

6.
Donc la maîtresse est absente et le sergent n’est pas allé à l’enterrement de « Hugh Reston » (c’est un personnage du roman d’Exbrayat) – la chanteuse a une robe rouge – elle chante du Schönberg – j’écoute ça cette nuit – si on peut appeler ça écouter – je ne suis pas assez savant pour écouter de la musique.

 

7.
« la veuve qui s’efforçait en vain de prendre une allure chancelante » - ne serait-elle pas sincère dans son chagrin ? – la chanteuse en robe rouge a un beau visage – une comédienne s’approche et lui murmure des trucs que j’entends mal parce que j’ai fortement baissé le son pour ne pas gêner les voisins –

 

8.
Il y a cette fille cette jeune femme que je croisais naguère dans l’escalier et qui me demandait invariablement « Comment allez-vous ? » - Je crois que Zut m’a dit qu’elle avait déménagé – elle était mignonne jolie mince et même qu’une fois elle était en short moulant bleu parce que c’était l’été (du moins je crois mais ça je l’ai peut-être fantasmé).

 

9.
Il y a un paragraphe dans le texte d’Exbrayat qui évoque l’éloge funèbre du défunt prononcé par le révérend – je me souviens du jour où une collègue me donna un faisan – comme quoi « il est inutile, pour l’homme, de toujours parler de l’avenir, au lieu de se préoccuper surtout de son âme » - c’est bien des paroles de révérend ça - il y a du rouge et du bleu dans cette mise en scène – tout à l’heure j’écouterai du jazz.

 

10.
Je me demande si l’âme a un avenir – je me demande si cela a du sens de parler de l’avenir d’une âme – et du passé d’une âme, cela fait-i sens ? – cela me semble plus acceptable mais pourquoi je ne sais pas.

 

12.
Les trois dames, le « trio de corneilles » se tient « à la porte du cimetière » - je ne sais pas si Exbrayat fait dans l’allusion mythologique ou pas – après tout, trois dames toutes en noir peuvent bien se tenir « à la porte du cimetière » un jour d’enterrement ; qu’est-ce que ça prouve ? – En tout cas, dans le roman, elles causent et disent du mal de la veuve, elles allusionnent et vipérinent, qu’elles la soupçonnent, la veuve, d’être à l’origine de la mort de Hugh Reston que l’on vient d’enterrer à la page 80 du roman « Notre Imogène » d’Exbrayat. 

 

13.
J’entends du piano ; c’est du Schönberg. Pas drôle du tout et on dirait que ça va se découdre mais non c’est remarquablement solide et tragique comme une poupée abandonnée dans un grenier, que l’on retrouve et qui vous met mal à l’aise, comme si elle voulait vous faire peur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

13 mai 2025

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

 

1.
« Elle s'appelait Conception
Elle avait besoin d’affectionne
Elle avait un chum en prisonne
Parce qu'il jouait trop bien du gun
Conception »
(Robert Charlebois)
la chanson « Conception », de Robert Charlebois : gouleyante, marrante, rigolote, pimentée.

 

2.
« Un instant, il demeura bouche bée. Puis il se frotta les yeux et me regarda attentivement. Apparemment, j'appartenais bien au genre humain. Il n'y comprenait rien. »
(Jerome K. Jerome traduit par Philippe Rouard, « Trois hommes dans un bateau »)
L’expression « bouche bée » me rappelle ce bout de phrase lu il y a longtemps dans un San-Antonio (me semble-t-il et national insolent, ça c'est sûr) : « ta babouche, baby » décliné en « ta babouche, bay, bée ». Oui, c'est bête, d’ailleurs défois qu’on est bouche bée et qu’on se sent tout bête itou. Tout bête, bouche bée, il ne trouva rien à balbutier, aucune syllabe ne bondit de sa bouche pour se ruer sur le réel ; il n’était même pas bègue.

 

3.
« On a compté par ailleurs depuis 1555 au moins 170 éditions des « Prophéties » elles-mêmes. »
(Yves Lignon, « Nostradamus » in « Les énigmes de l'Etrange », 2005)
Mystère et patte d'éléphant. Aussi le talent d'un hermétisme poétique bien pensé.

 

4.
« C'est, sur la Tamise, la seule méthode afin qu’une bouilloire consente à bouillir. »
(Jerome K. Jerome)
La Tamise est un fleuve britannique, et c'est donc pour cela que je n'ai ni tonton, ni tata, ni toutou, ni toux persistante qui attendent le thé sur la Tamise et qu'en conséquence, aucune bouilloire de ma connaissance, en passe de se mettre à bouillir, ne passe sur la Tamise.
J'ai la bouilloire aussi absente qu'un génie dans la bouteille, qu'un bon dieu sans confession, qu’un canard sans coin-coin.

 

5.
« Ne pleure pas, ma belle » ; je dis ça parce qu'il y a toujours une fille plutôt sympa et jolie, et un peu naïve aussi qui pleure quelque part et je vais me faire des pâtes au jambon.
Tout ça étant ridiculement petit-bourgeois, condescendant et de quoi j'me mêle.

 

6.
« Il faut se faire aussi gros que les bœufs, dans ce monde de grenouilles. »
(Jean-Patrick Manchette, « L'affaire N'Gustro » [le narrateur]) 
Défois, y en a qui se font aussi gros que des bœufs, qu'on en est tout béat, bouche bée, qu'on se dit « eh bin, dis donc ». Les bœufs, ça fait penser à la bavette, qu'on mange avec des frites, à la buvette, qu'on y boit de la bière en pensant aux frites qu'on mangerait bien avec un bout de bœuf, et que le monde soit plein de grenouilles, c'est ce qu'on se dit aussi, qu'ça grouille et coasse, grouille et coasse, grouille et coasse, qu'la caravane passe et qu'le bœuf éclate.

 

7.
« Mais mystérieuses et inhabituelles ne signifie pas pour autant surnaturelles. »
(Richard D. Nolane, « Le Triangle des Bermudes » in « Les Enigmes de l'Etrange »)
Sinon, la vie presque toute entière serait surnaturelle (déjà qu'elle est souvent bien cheloue, louche et curieuse).
Quant au « Triangle des bermudas », je suppose que ça doit être un film interdit aux mineurs.

 

8.
Entendu dans une vidéo sur YouTube (la chaîne « Et Pan ! », épisode 4, « OVNI,  l'histoire secrète (1896-1969) » dire que les sous-marins soviétiques du siècle dernier, patrouillant je ne sais où sous les eaux de la guerre froide, furent parfois confrontés à un « phénomène sonore » non-identifié qu’ils pensèrent d'origine américaine, ou alors un bestiau des gouffres, genre « calamar géant » ou alors c’étaient, dit-on, des OVNI sous-marins, et, comme les Russes comparaient ces sons à des « coassements de grenouilles » (« Quackers »), doit-on en conclure que les OVNI coassent ou que les extra-terrestres des profondeurs marines sont des batraciens ?
J'adore la désinformation « OVNI ». Quel film ! Quel scénario ! Quel talent dans l'enfumage ! En voilà du complotisme qui tient la route !

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mai 2025

11 mai 2025

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

 

1.
26 avril 2025. Paraît que, selon le site « Les Echos », le ministre de l'aménagement du territoire, François Rebsamen, envisagerait une « contribution modeste » pour le « financement des services publics de la commune ». Cela s'appelle un impôt local (pour remplacer la taxe d'habitation?) et on connaît la chanson : on commence par une « contribution modeste » pour continuer par des hausses régulières de cette contribution « modeste » (tu parles) et zou, on finit par tondre consciencieusement le contribuable afin de subventionner des bêtises, voire euh non rien.

 

2.
26 avril 2025. On dit que Trump se demande si Poutine ne serait pas en train de le « balader » et on en conclut un peu vite que Trump pourrait changer de politique envers la Russie :
3 hypothèses :
- soit Trump joue la comédie et fait semblant de s'offusquer du comportement de Poutine mais, en fait, le krasnov aurait choisi son camp depuis longtemps et continuera à servir la soupe à la mafia poutinienne autant qu'il le pourra ;
- soit Trump est toujours aussi changeant d'humeur, instable et inconséquent, et comme il change d'avis aujourd'hui, il changera d'avis demain ;
- soit Trump a soudain ouvert les yeux et se rend compte que, s'il veut rester crédible, il a tout intérêt à faire siens les objectifs de l'Occident des démocraties et donc décourager Poutine de continuer à bombarder les populations civiles ukrainiennes.

 

3.
Le point commun entre l’extrême-gauche (LFI et autres agités) et l’extrême-droite (RN, Reconquête et consorts périlleux), c'est leur détestation des sociaux-démocrates. C'est pour cela qu'un démocrate sincère, de gauche comme de droite, ne peut se sentir proche ni de Mélenchon, ni de Bardella.

 

4.
2 mai 2025. Quel que soit le sort des armes, que l'Occident ne renonce pas à soutenir le président Zelensky et l’Ukraine libre et indépendante ; c'est une question d'honneur et de sécurité face à la guerre hybride que Poutine a  décidé de mener contre nos démocraties. 

 

5.
Les Français qui combattent pour le compte de la Russie dans la sale guerre de Poutine en Ukraine sont des traîtres à la patrie point barre.

 

6.
Il serait naïf de croire que les soutiens de l’Ukraine ne se trouvent que chez les « progressistes » et autres « mondialistes » ; il ne manque pas de gens de droite, plutôt conservateurs, que la perspective d'une Russie totalitaire et surpuissante en Europe insupporte.

 

7.
Difficile de dire si Trump est un crétin qui plonge les USA dans la récession ou si c'est un génie qui, confiant dans la résilience de l'économie américaine, accepte les risques momentanés d'une crise pour restaurer la paix en Europe, ouvrir le marché ukrainien aux produits made in USA et surtout casser l'alliance entre la Russie et la Chine.

 

8.
Mai 2025. Entendu dire que le président Macron envisagerait de revoir les rythmes scolaires en raccourcissant les vacances d'été : les professionnels du tourisme apprécieront ; en outre, ouvrir plus longtemps les établissements a un coût. En conséquence, à moins de rallonger les vacances d'hiver, il est à penser qu'un étirement de l'année scolaire (jusqu'au 13 juillet ? ou alors avec une rentrée dès le 16 août?) serait économiquement contre-productif, et en période d'austérité budgétaire, ce n'est sans doute pas le moment ; il est vrai aussi que le président Macron n'aura guère brillé par sa prévoyance en matière de finances.

 

9.
Mai 2025 : en trente ans de carrière, je n'ai jamais vu une fin d'année scolaire aussi abracadabradantesque et irrespectueuse que celle-ci,  la technocratie n'a décidément que peu de limites dans l'art du n'importe quoi.

 

10.
La politique en France ? Une combinaison entre commerce et pseudo-élite des pseudos grandes écoles.
Résultat : les partis-entreprises (qui n’accéderont jamais au pouvoir et n'y tiennent d'ailleurs pas, LFI et RN) travaillent pour la plus grande gloire de la médiocrité technocratique des partis de gouvernement (de l'insipide PS au carriériste LR).

 

11.
« La démocratie, tyrannie de l'incompétence » est sans doute l'un des meilleurs sujets d’examen qui ait jamais été donné.
Certes, je suis démocrate (c'est-à-dire que je conteste les systèmes anti-démocratiques tout en restant sceptique sur l'efficacité réelle de la démocratie), mais en ces temps de trumpisme et de poutinisme, la question, je crois, mérité d'être posée.

 

12.
Et dire que ceux qui sont qui sont censés apprendre à vos mômes ce qu'est l'esprit critique sont les mêmes qui acceptent sans guère broncher que, peu à peu, les normes du CPS (compétences psycho-sociales) contaminent nos enseignements.
Foutez la paix aux normes morales des Français, elles ne sont ni meilleures ni pires qu'ailleurs (et même plutôt meilleures, je pense) mais, en tout cas, elles ne regardent pas les enseignants et encore moins le gouvernement.

 

13.
La Belgique a acquis une identité si forte qu'il serait vraiment dommage ue les Flandres soient avalées par les Pays-Bas et que la Wallonie devienne une sotte administration française de plus.

 

14.
11 mai 2025. Paraît que Poutine demande à négocier avec le président Zelensky. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine et il le sait. Il ne contrôle, au prix d'un nombre considérable de morts et de blessés, qu'une partie du Donbass ; Trump l'a roulé dans la farine et les USA ont la main sur l'exploitation des minerais et des terres rares ukrainiens tant convoités ; le président Zelensky a maintenant une dimension internationale d'homme d’État ; l'OTAN est toujours aussi puissante ; l'économie russe est en lambeaux et la parole de la Russie ne vaut plus un kopeck (Lavrov, vous pouvez aller composer vos niaiseries dans votre datcha de luxe, vous ne servez plus à rien) ; en outre, les pays des BRICS s'entre-déchirent et la France ne basculera pas à l’extrême-droite en 2027.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

11 mai 2025

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

 

1.
« Nadja, arrivée la première, en avance, n'est plus la même. »
(André Breton, « Nadja »)

 

Nadja ne vous écrira pas aujourd'hui. Pas question.
Arrivée de la banshee incessamment.
La truite ne se prend pas pour un saumon (comme prévu, le frelaté des insoumissions et le cadet de la navale font tout pour perdre). De laisser tomber la souris.
Première année, le krasnov orange va se planter (la chanson est vouée à rester la même).
En deux temps trois mouvements le Russe va perdre sa dame (gambit refusé) cette (le chat est trop gros)
Avance (JD, on lui dit merde) n'est qu'une illusion, demandez aux flammes rousses (une perruque rousse désigne immédiatement). Il
N'est plus temps de se demander si le téléphone va manger du homard.
Plus personne (l'ironie est partout ; ses yeux brillent).
La violonade est pour bientôt (Nadja attend son encre).
Même chose ici qu'ailleurs : les billets flambent ; trop de monde sur le pont.

 

2.
« 9 octobre – Nadja a téléphoné en mon absence. A la personne venue à l'appareil, qui lui demandait de ma part comment l'atteindre, elle a répondu :  « On ne m'atteint pas. »
(André Breton, « Nadja »)

 

9 n'est que le jour de l’annonce de l'arrivée de la banshee.
Octobre verra des jours meilleurs.
Nadja n'a pas le téléphone (les homards sont dans la verte). Nadja
A le téléphone (les homards répondent). 

 

En 2 temps 3 mouvements, le Russe perdra ses tours (elles se détestent).
Mon Dieu, pourquoi suis-je si faible et le Diable si puissant ? Mon manque de foi, cette
Absence de l'être, va-t-il me priver de boudin blanc cet hiver ?

 

A Moscou, à l'heure perdue, on croit plus au sang qu’aux larmes.
La puissance du marteau se heurte à la morale du clou.

 

Personne (je l'ai déjà dit : l'ironie se régale et décompose la chair sous les masques). Elle est
Venue la chanson, avec la fièvre.
A jamais (ce peu qu'il me reste à vivre), je préfère le « New Boots and Panties » de Ian Dury et des Blockheads aux complaisances des ondes.
L'appareil est en fonction et comme on dit dans tous les bars : « Pas de fumée sans feu ».

 

Qui arrêtera cet homme ? N'y a-t-il personne ? Le président Zelensky est-il seul ?
Lui qui fut clown, le voilà homme d'Etat, et Poutine matamore ridicule et sanglant. Zut
Demandait l'âge du capitaine mais chacun sait que le capitaine n'a plus d'âge (il l'a joué aux dés).

 

De cette guerre mondiale qui s'annonce, que voulez-vous qu'on dise sinon que Cassandre a toujours raison.
Ma foi est aussi absente que l’honnêteté à l’Assemblée nationale. Qui
Part à la chasse perd sa place (Poutine devrait méditer cette sagesse des écoles françaises).

 

Comment allez-vous ? fait la flamme à la sainte. La mort, farce atroce.
L'atteindre ? Vous voulez dire « la joindre » ? Je suppose que vous voulez la joindre mais
Elle n'est plus joignable depuis que Zut s'est mise au pistolet automatique. Elle
A observé la Jeune Ukraine et s'est souvenue que l'on n’arrête pas le flux (Poutine ne connaît pas toutes les nages). Rien ne me sera
Répondu : les morts qui marchent n'ont plus de mots et bavent leurs leçons.
On se souvient que le 8 mai commémore la victoire des démocraties.

 

Ne vous fiez pas à la fontaine à promesses ; elle fait juste son travail. On ne
M’atteint pas mais vous ne perdez rien pour attendre. Ce ne sera
Pas la dernière parole de l'homme qui se tient debout face au mur de flammes que les bouches gâtées lui annoncent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

10 mai 2025

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

 

1.
« Allongeant le bras derrière elle,... »
(John Updike)
Allongeant le bras derrière elle, elle constata que le poulpe était toujours là.

 

2.
« Il jeta le fond de son verre. »
(John Updike)
Il jeta le fond de son verre lequel, illico presto, et sans demander son reste.

 

3.
« non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, »
(John Updike)
Non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, mais il dit aussi des choses merveilleuses dont Zut ne se souvient pas parce que Zut, pas là, à cause des crêpes ou des saucisses, je ne sais plus.

 

4.
« ce vieux luthérien au visage carré »
(John Updike)
Ne connaissant aucun « vieux luthérien », je ne sais pas s'il a le visage carré ou pas, et m'en fiche, n'ayant aucune envie de fréquenter ni vieux luthérien, ni, en dehors de l’inévitable, la plupart des gens que je trouve de plus en plus trop nombreux, bavards et inconséquents.

 

5.
« Pareil au timbre lent d'un immense gong, le jaune envahissait les bois, (...) »
(John Updike)
Je ne prends pas de gong au petit déjeuner ; ça pèse un peu trop sur l'estomac.

 

6.
« Une vision quelque peu effrayante, cette corrosion, cette douleur, cette fuite du temps soudain révélées dans leur nudité. »
(John Updike)
Depuis l’affaire du zèbre zigzaguant, Zut évite les visions. Elle ne s'en remet pas pour autant à la cornemuse.

 

7.
« L'hiver s’écoulait. Il neigeait et dans la chambre noire des tourmentes qui soufflaient à longueur de nuit, (...) »
(John Updike)

Zut envisage d'aménager une chambre noire, d'où elle pourra contempler les tourmentes qui s'agitent sur la ville.

 

8.
Dans mon jardin, pas de mélenchon ; ça peut donner la serpentine agressive. Je ne cultive pas non plus la poutine, pour la même raison.

 

9.
« Ses yeux se réduisaient à deux éclats de diamant, son visage se figeait, de plus en plus pâle, tandis que grandissait son auditoire invisible, ce qui la poussait à forcer la voix. »
(John Updike)
Je n'ai que rarement vu le visage de Zut se figer ; c'est qu'il est très difficile à attraper.

 

10.
« Maintenant, la foule imaginaire se pressait derrière elle – des troupes qu’elle menait au combat.»
(John Updike traduit par Maurice Rambaud, « Les Sorcières d'Eastwick »)

 

Maintenant je vais écrire ce petit texte sans importance
La journée se termine (il est 19 heures) il n'y a pas
Foule dans ma tête mon
Imaginaire n'est pas très débridé aujourd’hui il
Se tient tranquille Ça ne se
Pressait pas trop dans ma caboche ces derniers temps
Derrière les rideaux nul assassin
Elle est partie à sa répétition
Des chansons, je n'en connais guère, je me souviens que le mot
Troupes désignait les cigarettes que l'on trouvait dans les rations des soldats jadis (des Gauloises je crois)
Qu’elle soit vénéneuse cette fourchette ne m’étonnerait pas Cet homme
Menait une drôle de vie ; pas étonnant que le cœur ait flanché Vivre
Au jour le jour n'est pas facile d’ailleurs rien n'est si facile Un
Combat la vie ? Je ne sais pas. Pour beaucoup, oui, je suppose que oui. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2025.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité