COMME UN OS DANS LA SARDINE
1.
« Dans la rue déserte où nous parvînmes sans avoir été remarqués, je l'arrêtai et je lui demandai, anxieux :
« Eh bien, mon ami... Avez-vous retrouvé le parfum de la Dame en noir ?... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Il faut faire attention à ne pas emprunter trop souvent la même rue déserte ; elle pourrait s'attacher et vous flanquer un terrible bourdon sentimental.
2.
« Ah ! c’était toujours un spectacle de le voir regarder les choses autour de lui. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Les choses défois on voudrait les regarder dans les yeux, histoire d'évaluer la force de son regard, avant qu'elles se mettent à gigoter dans tous les sens.
3.
« Eh bien, fit-il, il n'est pas mort ! »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Darzac])
Et si le mort n'est pas mort, peut-on supposer que le mort rue, et me disant cela, je pensai à la boîte de thon, à la mayonnaise, aux pommes de terre sautées, aussi à Coin-coin Kessako qu'vous savez pas qui c'est.
4.
« Avec Larsan, on n'est jamais sûr d'une chose pareille. Où est le cadavre ? » »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
Défois on sait plus on les met, ses cadavres que faut faire attention, défois qu'ils s'évadent de la mort des placards pour aller faire les fantômes et on ne sait quoi dans les campagnes hallucinées et les bandes de musique rare.
5.
« Ah ! les vitres noires ! les vitres noires derrière lesquelles se cachait Larsan !... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Dans la vie, parfois, on croise des vitres noires ; il ne faut pas les regarder, elles vous voient, il ne faut pas les regarder surtout que pourrait y avoir des larsans derrière où on ne sait qui de périlleux de lancinant de tranchant ah les vitres noires faut les éviter !
6.
« Il ne se montre si bien là où il paraît être que pour qu'on ne le voie pas là où il est. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
De qui Rouletabille parle-t-il donc ainsi ?
Défois, le Diable et le bon Dieu, on sait pas trop où ils sont mais Larsan si, on sait pour Larsan, derrière les vitres noires.
7.
« Qu'est-ce que ceci, sinon l'ombre d'un canot qui se détache de l'ombre du fort et glisse maintenant sur le flot argenté ? »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Ce n'est pas parce que le flot est argenté qu'un canot y glisse dessus et qu'une devineuse fume sa clope sous la lune pleine de choses et autres parce qu'on ne sait pas ce qu'il y a dans la lune.
8.
« L’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Et pourquoi donc que « l’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau » ? Parce que :
- D'une manière générale, il vaut mieux ne pas croire tout ce qu'on nous dit et même tout ce qu'on ne nous dit pas parce qu'on nous en cache ?
- Ce n'est pas aux rideaux que l'on apprend à faire la soupe ?
- A force de chercher du lard aux cochons, on finit par tomber sur un os dans la sardine ?
9.
« - Toujours les yeux ! Prenez garde à vos yeux, Sainclair... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
Rouletabille a raison : il faut prendre garde à ses yeux car défois, ils voient, les yeux, des choses qui n’existent pas parce que, soit le cerveau hallucine, soit on est tout berlué de l’extérieur même qu'on dit qu'on n'en croit pas ses oreilles.
10.
« - Oh ! Oh ! fit-il, du sang de Larsan !... Qui est-ce qui connaît le sang de Larsan ?... Qui en a jamais vu la couleur ? Pour connaître la couleur du sang de Larsan, il faudrait m'ouvrir les veines, Sainclair ! C'est le seul moyen !... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
Les romans policiers ça raconte des histoires sanglantes c'est pour ça il faut faire attention à ne pas s'en mettre trop plein la tête qu'après on pourrait en avoir les mains sales que là, voyez, j'écoute le Led Zeppelin d'il y a des lunes électriques vrombir une version concert de « Dazed and confused » et c'est très épatant aussi.
11.
« - Non, ce n'est pas la même chose, conclut Rouletabille, puisque c'est le contraire. Dans la Chambre Jaune, il y avait un corps de moins ; dans la chambre de la Tour Carrée, il y a un corps de trop ! »
(Gaston Leroux)
Le problème des corps de moins et celui des corps de trop ne cessent d’inquiéter en haut lieu. On craint en effet une contagion au niveau mondial qui ne pourrait que fausser les statistiques. Inquiétudes sur les ponts.
12.
« La Tour Carrée, habitation de la Dame en noir, était l'objet de son constant souci. »
(Gaston Leroux)
Cette phrase signifie-t-elle que :
- Qui a constant souci mange pourtant du riz ?
- Que le joueur joue avec les pièces noires ?
- Que qui mange du riz peut tout aussi bien manger du poisson, que l'on soit, ou non, vendredi ?
Patrice Houzeau
Malo, le 26 avril 2025