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BREFS ET AUTRES

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13 avril 2025

LA SUSCITE AU GLAIVE NU

LA SUSCITE AU GLAIVE NU

 

1.
« Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Avez-vous compris le sens du premier vers de cette strophe (« Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change ») et sinon, aimez-vous les frites dans un œuf battu ?
- Pensez-vous qu'au deuxième vers (« Le Poète suscite avec un glaive nu »), ce soit le « glaive » qui soit « nu » ? le « Poète » qui soit nu » ? le Roi qui soit « nu » ? le « suscite » qui soit « nu », et pensez-vous, dès lors, que le suscite porte le pantalon, le short, ou la robe du soir et s'appelle en fait la suscite ?
- Est-ce que les Siècles s'épouvantent si facilement, qu'à mon avis, ils en vont vu bien d'autres, et, à vue de pays, il semble qu'on n'a pas encore tout vu dans le genre à épouvanter.

 

2.
« Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Lisant cette strophe, vous dites-vous, comme moi, « Mais qu'est-ce qu'il raconte? » ou, dès le premier mot, y voyez-vous un rapport subtil avec les frites dans un œuf battu ?
- Pensez-vous réellement que les hydres n'ont pas autre chose à faire que d'écouter des anges agiter des mots comme si on les comprenait ? Et qui c'est-y qui va produire de l'électricité alors ?
- Le sortilège est-il une boisson ? Je me le demande. et si oui, est-ce un alcool fort ? Un cocktail ? Un truc avec du pastis, genre « feuille morte », qu'ça fait poétique ?

 

3.
« Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne, »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Si le « sol » des hommes et des vaches, et si la « nue » des destins et des jours sont « hostiles », que reste-il au Poète, sinon les pâtes, du jambon et du grief à gratiner ? 
- Si la tombe d'Edgar Poe est aussi « éblouissante » que Mallarmé l'écrit, est-ce que cela a un rapport avec quelque mystère façon OVNI, Prieuré de Sion (poil aux sourcillons), étrange destin de l'abbé Saunière (je revois en ce moment, chacun des épisodes de « L'Or du diable », la série télé de Jean-Louis Fournier avec Jean-François Balmer, Michel Aumont et Laura Favali (ça date de 1989 et c'est plein de second degré)  et qui c'est-y qu'a cassé le vase de Soissons ?
- Est-ce si vrai qu'en duel, Mallarmé, il n'avait aucune chance ?

 

4.
« Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur ! »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Serait-il que ce « calme bloc » (la tombe d'Edgar Poe) soit en fait un objet céleste, un bolide tombé des étoiles, une cosmique bizarrerie, un Phénomène Aérospatial Non identifié, un OVNI désastral ?
- Serait-il que la tombe d'Edgar Poe ait ce pouvoir d'arrêter les « noirs vols du Blasphème épars dans le futur » et, dans ce cas, quels sont les griefs que la tombe d'Edgar Poe nourrit voracement contre ce méconnu mais méritant groupe de hard rock à cheveux longs ? 
- Avez-vous vu le nouveau chapeau de Pinpin, paraît qu'il est en veau marin ?
Avez-vous vu le nouveau chapeau de Poutine, paraît qu'il est en peau d’Ukrainien ?
Avez-vous vu le nouveau chapeau de Trump, paraît qu'il est en peau d'lapin ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2025

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12 avril 2025

EN BATTANT SES OEUFS 

EN BATTANT SES OEUFS 

 

1.
« Un couchant des cosmogonies !
Ah ! que la vie est quotidienne... 
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie... »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Pensez-vous qu'un couchant c'est bien beau mais qu'on n'y prête guère attention ? Même que le couchant peut bien aller se coucher ; on le regarde à peine. On bat des œufs en regardant les informations.
- Pensez-vous qu'un couchant c'est très beau, même que ça rappelle les Cosmogonies ou vous fûtes l'été dernier avec le cousin Gaston et le téléphon qui son ?
- Pensez-vous que Trump se récite du Laforgue, ou il n'a pas le temps vu qu'il est occupé à apprendre le russe, défois qu'il serait curieusement obligé de s’exiler ?

 

2.
« On voudrait s'avouer des choses
Dont on s'étonnerait en route
Qui feraient, une fois pour toutes,
Qu'on s'entendrait à travers poses. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Pensez-vous qu'il faut être dans un climat spécial, une ambiance très personnelle, une atmosphère périphérique pour « s'avouer des choses » ?
- Quand on s'étonne « en route », et surtout s'il fait nuit et qu'on est sorti sur le coup de 10 heures du matin, doit-on rebrousser chemin ? Invoquer le spectre de Wittgenstein ? Se méfier de ses yeux comme de ses ouïes, défois qu'il y aurait des murs dedans ?
- Pour s'entendre « à travers poses », faut-il des oreilles spéciales ?

 

3.
« On voudrait saigner le silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Les fêtes de Pâques, qui célèbrent la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sont-elles propices à « saigner le silence », ou bien on attendra ?
- Peut-on « secouer l’exil des causeries » comme on secoue le cocotier, et que mettez-vous dans votre salade de fruits ?
- Quand « ces dames sont aigries », vaut-il mieux rentrer dans les ordres, rentrer au bistrot, s'engager dans la Légion, attendre que ça se passe en allant bricoler au jardin ?

 

4.
« Elles boudent là, l'air capable.
Et sous le ciel, plus d'un s’explique
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Le verbe « bouder », s'il signifie « faire du boudin », en quoi cela change-t-il le cours des choses, le cours de l'or, le cours de la rivière (il faut bien que la rivière prenne son cours quelque part), le cours des actions manipulé par le président Trump, lequel finira probablement en prison, ou en exil, ou dans son lit à baver comme un vulgaire dictateur russe atteint de sénilité ?
- Un « gâchis suresthétique » est-il plus enviable qu'un gâchis esthétique de première catégorie et y voyez-vous un rapport avec les pelles à tarte ?
- Êtes-vous d'accord pour affirmer que la phrase « Ces êtres-là sont adorables » est soit d'une grande naïveté, soit d'une ironie à ne pas mettre son sucre dehors, soit d'un sexisme archaïque à la Depardieu même pas bourré comme un gérard de troisième zone ?

 

5.
« Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague
Perdue (où ? dans ce terrain vague ?),
Un souvenir D'AMOUR, dit-elle !

 

Ces êtres-là sont adorables ! »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Si « justement, une nous appelle », est-on obligé de répondre que l'on arrive et de rappliquer, ou bien continue-t-on à battre ses œufs en chantant des chansons parce que chanter des tringles à rideaux, cela ferait curieux ?
- Les bagues perdues se retrouvent-elles jamais et les terrains vagues sont-ils toujours aussi vagues qu'ils en ont l'air ?
- Un « souvenir D'AMOUR », c'est quoi ? Une pâtisserie ? Une maladie sexuellement transmissible ? Un lieu commun ? Un tour de cochon ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 avril 2025.

9 avril 2025

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY (SUITE)

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY (SUITE)

 

1.
Trump ne sera pas prix Nobel de la Paix : pour l'instant, Poutine, faute de pouvoir remporter une bataillé décisive, continue à massacrer les civils ukrainiens. 
Trump ne sera pas prix Nobel de l’Économie: le 7 avril 2025 pourrait être le 1er jour d'un krach mondial initié par son célèbre génie des affaires, lequel, - ô paradoxe -, pourrait achever de ruiner la Russie.
Par contre, je me demande combien d'années de prison Trump finira par prendre, une fois que ses alliés d'hier l'auront lâché.

 

2.
Je continue à utiliser le hashtag krasnov quand je poste sur l'illustre Trump. Je ne crois pas une seconde que Trump ait été recruté par le KGB mais il est quand même pour moi un krasnov, un outil des Russes, un plus ou moins compromis, un débiteur de Poutine.  

 

3.
Marine Le Pen ne sera pas présidente de la république en 2027. Peut-être en est-elle soulagée ?
Bardella le sera-t-il à sa place ? Pas sûr non plus. En admettant que certains cadres du RN ne sabotent pas sa candidature, tiendra-t-il le choc ? Et le veut-il vraiment ?
Mélenchon aura tout fait pour ne pas être élu. D'ailleurs, va-t-il se représenter ?
Aux présidentielles 2027, aurons-nous le choix entre on ne sait qui et un candidat soit du centre-droit, soit des LR ?

 

4.
7 avril 2025. Trump panique devant les conséquences de ses géniales décisions.
Poutine n'arrive toujours pas à percer en Ukraine.
« Mais c'est quoi ce bordel ? », qu'il doit se dire, Xi Jinping.

 

5.
7 avril 2025 : Si Wall Street ne se redresse pas très vite, on peut s'attendre à ce que Trump  fasse un virage à 180° et annonce une pause dans la mise en place des tarifs douaniers. Disons que ça ne m'étonnerait pas. Il passera pour un zozo, mais il en a l'habitude.

 

6.
7 avril 2025 : Les marchés réagissant mal, selon plusieurs sources, Trump réfléchirait à une pause de 90 jours dans la mise en place de ses tarifs douaniers. Le Donald se serait-il fait engueuler en russe ?
Dernière minute, la « pause de 90 jours » serait, selon la Maison-Blanche elle-même, de la « fake news ». Bon, bin, la débandade des marchés va sans doute reprendre, et hop le toboggan, le krach boum uh et la faillite d'un paquet de petites et moyennes entreprises.

 

7.
Elon Musk, ces jours-ci, lorsqu'il consulte X, m'étonnerait pas qu'il se dise qu'il n'avait pas pensé que ça tournerait comme ça, le retour de Trump à la Maison-Blanche.

 

8.
7 avril 2025. Que cherche Trump ? A déclencher un conflit avec la Chine ?  Serait-il cinglé à ce point là ? 

 

9.
La principale victime des menées de Trump sera l'Afrique : le ralentissement de l'économie mondiale fera baisser les cours des matières premières et les USA ne compenseront pas les pertes subies par les Etats. Au contraire, ils en profiteront pour se fournir à bon compte.
La crise de surproduction menace. Et donc la hausse du chômage, en Europe comme aux Etats-Unis. La baisse annoncée du prix des carburants n'est qu'un leurre. D'autant que les Etats interventionnistes limiteront cette baisse du prix des carburants pour, via des taxes, tenter de pallier la hausse du nombre de demandeurs d'emplois.
Pour ce qui est de la Russie, dont l'économie est en souffrance à cause de la stupide guerre de Poutine en Ukraine, les menées de Trump auront des conséquences désastreuses sur ses exportations de pétrole et de gaz.
Trump est tout sauf un libéral. Il n'est même pas un ultra-libéral. Il n'est qu'un conservateur dont les connaissances en économie ne semblent pas avoir dépassé les pratiques du XIXème siècle. 
Bref, le monde entier, pays de la Triade comme pays des BRICS, regarde Trump et se dit : « Mais qu'est-ce qu'il fout, ce con ? »

 

10.
Qui arrêtera Trump dans sa sénilité hyperactive ? La Constitution américaine ? Les juges ? Le peuple ? Le Parti Républicain ? La finance ? Les GAFAM ? La CIA ? Le FBI ? Poutine ? La Chine ? Les réalités économiques ? En attendant, Krasnov fait des dégâts. Partout.

 

11.
7 avril 2025. 21 heures (heure de Paris) : En attendant les résultats des négociations de Trump avec le monde entier, Wall Street et les cryptomonnaies résistent et tentent même de remonter un peu. Ça risque de ne pas durer. Tout dépend de Trump et c'est inquiétant.

 

12.
7 avril 2025. Quand Elon Musk en aura marre de perdre de l'argent et de passer pour un idiot, je suppose qu'il enverra Trump, le MAGA et le très trouble Vance balader. A penser qu'il ne sera pas le seul.

 

13.
7 avril 2025. Tout de même étrange que Marine Le Pen et le RN aient fraudé à une telle hauteur sans penser que, tôt ou tard, ils finiraient devant les tribunaux... Sont-ils si naïfs ? Personnellement, je persiste à penser que Marine Le Pen a toujours tout fait pour ne surtout pas être en mesure de remporter les élections présidentielles. Son père faisait de même. FN comme RN sont des entreprises commerciales ; rien d'autre.
Et probablement LFI aussi.

 

14.
Que l'on apprécie ou pas le président Macron (et je l'ai souvent critiqué), il est que dans ce monde incertain livré aux appétits morbides des Trump, Poutine et autres Pères Ubu, il apparaît comme une des voix de la raison et de la démocratie, eh oui.

 

15.
7 janvier 2025. Bientôt, si Trump continue dans ses élucubrations économiques, le seul allié des USA sera Israël. Et encore, à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin sur les tarifs douaniers.

 

16.
Trump et Poutine : deux mammouths haineux. Une fois que ces deux persistances des temps anciens auront été neutralisées, on peut penser que le 21ème siècle pourra réellement commencer.

 

17.
L’extrême-droite et l’extrême-gauche comme business-plans, à mon avis, c'est rentable, comme le montrent les exemples du clan Le Pen et de Mélenchon. Après tout, que fut-il, le PS, pour beaucoup d'élus locaux, de députés et même de ministres, sinon un plan de carrière ?

 

18.
J'ai l'impression qu'il y a plus de sincérité dans l'industrie du rock et de la pop que dans le monde politique. C'est vous dire si je ne me fais guère d'illusions.

 

19.
Que Poutine ait perdu sa sale guerre en Ukraine est une évidence. Ses troupes ne progressent plus et le Donbass est devenu un hachoir à viande autant pour les soldats russes que pour les soldats ukrainiens. Poutine se venge en massacrant des civils et, ce faisant, continue à ruiner l'économie de la Russie. Il a sans doute cru un instant compter sur l'appui de son débiteur Trump, lequel est maintenant sénile et fait strictement n'importe quoi, ce qui n'arrange pas les affaires de la mafia russe.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 avril 2025.

8 avril 2025

INCONGRU HIER ET PÂTES AU JAMBON

INCONGRU HIER ET PÂTES AU JAMBON

 

1.
« Et puis tante Matilda, dont l’œil était toujours aussi affairé que la langue, l'aperçut. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Avez-vous une tante Matilda ? Et si vous n'en avez pas, aimeriez-vous en avoir une ?
- Pensez-vous que Tante Matilda n'a qu'un œil, et c'est pour cela qu'on devrait l'appeler Cyclope ? (Note : La phrase « Le cyclope fuma six clopes puis, prestement, s'esquiva sur son tricycle » est certes grammaticalement correcte, a même du sens, mais semble ici assez incongrue).
- Que pensez-vous que Tante Matilda fait avec sa langue et aimez-vous les pâtes au jambon ?

 

2.
« Comme à l'ordinaire, rien d'important n'y avait été décidé, car trop de factions s'y disputaient le pouvoir. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Serait-il que la démocratie soit envenimée par l'appétit de pouvoir des partis ?
- Pensez-vous que l'on peut se disputer le pouvoir tout seul, en soi-même et en grand secret ?
- Peut-on se disputer le pouvoir avec un gratin dauphinois ? Et, à défaut, avec des pâtes au jambon ?

 

3.
« Elle releva la tête, affichant un regard ni soumis, ni humble, aussi aigu que celui du faucon. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Pensez-vous que l'on puisse relever la tête sans en avoir l'air ?
- Etes-vous du genre, lorsque vous lisez cette citation, à vous rajouter dans la tête « y aille » après le mot « faucon » ou préférez-vous la mortadelle ?
- Quelqu'un qui a un regard « aussi aigu que celui du faucon » peut-il se contenter de pâtes au jambon ?

 

4.
« J'ignorais qu'il se comportait ainsi, dit-elle. Toutefois, il semblait prendre plaisir à semer le trouble dans son entourage. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque » [Mère Frevisse])

 

- Connaissez-vous des gens qui se comportent ainsi ? Et que pensez-vous qu'on doive en faire si jamais ils se mettent à aboyer en buvant des perroquets ?
- Lorsque quelqu'un semble « prendre plaisir à semer le trouble dans son entourage », pensez-vous qu'il puisse finir cadavre dans un roman policier, ou cela dépend-il de votre humeur ?
- Prenez-vous du sucre avec votre Agatha Christie ?

 

5.
« Frevisse se souvint de la conversation qu'elle avait surprise et de ce qu'elle avait vu la veille, quand ces trois-là étaient réunis. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Lorsque l'on surprend une conversation, pensez-vous qu'il vaut mieux mettre ses oreilles en mode avion, masquer ses oreilles, mettre ses oreilles dans sa poche, afin, bien sûr, qu'elle puisse tenir compagnie à votre langue ?
- Lorsque deux ou trois sont réunis, pensez-vous qu'il y en a un de trop, deux de trop, trois de trop, ou vous dites-vous que c'est parti pour une partie de cartes ?
- Pensez-vous que Trump est tout seul dans sa tête ou fait-il semblant d'être plusieurs ?

 

6.
« Soudain désireuse de ne plus s'en remettre à de vaines spéculations, elle quitta subrepticement Matilda et Alice et traversa la foule dans sa direction. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Si vous avez déjà une tante Matilda, aimeriez-vous aussi avoir une cousine Alice, ou Zut la zèbre vous suffit-elle ?
- Pensez-vous que puisque le groupe prépositionnel « à de vaines spéculations » » accompagne le verbe « s'en remettre », c'est qu'il a subi un choc récent ?
- L'adverbe de temps « soudain » peut-il s'accommoder d'une assiette de pâtes au jambon ?

 

7.
« La pièce, étroite, était tout en longueur et, malgré les années qui s'étaient écoulées depuis qu'elle l'avait vue pour la dernière fois, son mobilier lui était resté familier. »
(Margaret Frazer, trad : Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

- Pensez-vous que si l'on met un adjectif entre deux virgules, c'est pour l'empêcher de s'échapper ?
- Le fait que, « malgré les années qui s'étaient écoulée », le mobilier de cette « pièce, étroite, » lui était resté « familier » l'autorise-t-il à tutoyer son buffet, sa commode, et la table basse ?
- Avez-vous, vous aussi, été le familier d'une « pièce étroite », et quelles furent les causes de votre rupture, ou vivez-vous toujours avec cette pièce étroite, et si oui, l’appelez-vous Matilda ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 avril 2025.

7 avril 2025

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY

 

1.
Investisseurs dans les cryptomonnaies, quand le triumvirat Trump-Vance-Musk aura plongé le monde dans une récession mondiale et stoppé bien des chaînes de production, vous allez manger quoi ? Vos bitcoins ? Des billets de monopoly ? Des tickets de casino ?

 

2.
On annonce un meeting du RN à Paris ce dimanche 6 avril 2025 dans le but de soutenir Marine Le Pen frappée d'inéligibilité pour 5 ans et donc empêchée de se présenter aux présidentielles 2027. Histoire, je suppose, de compter ses fidèles plus que de menacer l'Etat de droit.

 

3.
Il y a à peine quelques semaines, suite au retour de Trump à la Maison-Blanche et à la promesse d'une victoire du RN aux présidentielles françaises de 2027, Poutine et sa clique reprenait du poil de l'ours, voyait déjà l'OTAN se disloquer, l'UE voler en éclats et l'Ukraine annexée. Fatalitoff ! Le triumvirat Trump-Vance-Musk ne tient pas la route et Marine Le Pen est déclarée inéligible par la Justice française. Adieu, veau, vache, cochon, couvée et Poutine l'a dans l'os. 

 

4.
Il n'y a rien à attendre de bon de Donald Trump : cynique et corrompu, il n'est probablement plus en état physique et intellectuel de diriger la première puissance mondiale.

 

5.
7 avril 2025. Nous y voilà. Trump a provoqué un krach mondial. La récession est en vue et avec elle, toujours plus d'intensification des tensions internationales. Tout le monde va y perdre. A commencer par les Etats-Unis.

 

6.
7 avril 2025. Trump se prend pour la main invisible des marchés. Attention au retour de baffe. Il pourrait tomber de son trône, le roi krasnov.

 

7.
7 avril 2025. En perturbant ainsi les marchés, le but de Trump est sans doute d'obliger les Etats du monde entier à négocier, à remettre en cause les accords existants pour une plus grande diffusion des produits américains partout où il le peut. Est-ce en affaiblissant les économies étrangères qu'il y arrivera, rien n'est moins sûr. Il risque au contraire d'attiser les tensions à un point tel que, contrairement à ce qu'il a promis, les Etats-Unis, pour préserver la paix mondiale, seraient obligés d'intervenir. A moins que Trump se prépare à contempler l'incendie de Rome.

 

8.
7 avril 2025. Que cela soit en euros ou en dollars, le cours du bitcoin chute. Rien d'étonnant. La politique étrangère du triumvirat Trump-Vance-Musk décrédibilise les USA et la politique économique de Trump vide les porte-monnaies. 
Les naïfs qui persistent à croire que le cours des cryptomonnaies est indépendant des décisions politiques et économiques des grandes puissances risquent fort d'en être vraiment et rapidement pour leurs frais.

 

9.
7 avril 2025. Le Bitcoin et les cryptomonnaies ne correspondent à aucun service réel. En cas de récession mondiale, et il semble que Trump nous y mène tout droit, le secteur privé, celui qui soutient la production, aura vite besoin d'argent frais. Certains investisseurs vont donc être obligés de réaliser leurs avoirs en cryptos, ce qui pourrait faire chuter les cours (et, au passage, faire éclater quelques scandales et tomber quelques têtes).
Les cryptomonnaies ne peuvent, à elles seules, soutenir l'économie. Toute tentative dans ce sens aboutira, tôt ou tard, à un effondrement de type « crise des subprimes ».

 

10.
7 avril 2025. Un qui doit beaucoup apprécier la blague de Trump, c'est son pote Poutine. Les indices boursiers russes sont nettement en baisse, le rouble continue de s'effriter et les cours du pétrole s'effondrent. 

 

11.
7 avril 2025 : L'état du monde n'était déjà pas terrible (conflit israélo-palestinien, sale guerre de Poutine en Ukraine, montée des populismes en Europe, réchauffement climatique...). A partir de ce jour, il pourrait être pire. Krach et Black Monday.   

 

12.
7 avril 2025. Si le krach mondial se confirme, et si le Dow Jones continue à chuter, peut-on imaginer une procédure lancée contre Trump pour incapacité physique et intellectuelle à gouverner les USA ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 avril 2025.

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7 avril 2025

COMBIEN DONC ENTRE LES CLASH ET LE CRASH ?

COMBIEN DONC ENTRE LES CLASH ET LE CRASH ?

 

1.
Nous laisserons-nous bercer aujourd'hui par l'élégance d'une compilation de Roxy Music et le doux « dancing... dancing » des chœurs d' « Avalon » ?
Regretterons-nous notre jeunesse, et comme elle fut douce, et comme elle fut bonne ?

 

2.
Grincerons-nous aujourd'hui avec Céline, avec Cioran, avec Manchette, avec Bukowski ?
Rirons-nous avec Rabelais, avec San-Antonio, avec Gotlib ? Ecouterons-nous virtuoser Sinatra en buvant du whisky ?
Penserons-nous à l'influence de la mafia sur le destin des artistes italo-américains ?
Mangerons-nous du poulet froid car nous avons faim ?

 

3.
Nous indignerons-nous aujourd'hui du sort de l'Ukraine ?
Nous dirons-nous que nous ne sommes pas très étonnés de inéligibilité de Marine Le Pen ?
Pas plus que de la stratégie perdante, forcément perdante, de Mélenchon ?
Nous dirons-nous aujourd'hui encore que les politiques nous prennent pour des cons ?

 

4.
Boirons-nous aujourd'hui une ou deux bières en écoutant les Clash ?
Nous dirons-nous qu'il faut éviter qu'on se fâche,
Les gens faisant ce qu'ils peuvent,
Et que, comme dans un poème de Laforgue, « la pluie continue à mouiller le fleuve »,
Et qu'il faut souvent laisser pisser le mérinos,
Quand bien même qu'on tombe si souvent sur des osses.

 

5.
Songerons-nous aujourd'hui à « l'or du diable » et à l'étrange vie de l'abbé Béranger Saunière ?
Nous demanderons-nous quels sont ces secrets dans la soupière ?
Ecouterons-nous du Pink Floyd en pensant aux OVNI
Et quelle sauce ferons-nous pour agrémenter nos spaghettis ?

 

6.
Penserons-nous une fois de plus aujourd'hui « plus con, tu meurs » ?
Nous rappellerons-nous que nous fûmes de droite ?
En écoutant soliloquer Mélenchon, nous exclamerons-nous : « Et ta sœur... » ?
Mangerons-nous du cassoulet en boîte ?

 

7.
Déclamerons-nous aujourd'hui : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »
Nous dirons-nous que la France est gouvernée par ses grandes écoles ?
Penserons-nous au roquefort ? Aux alcools forts ? Aux châteaux-forts  ? Aux poux dans la tête
Et que nous avons étudié « Phèdre » à l'école ?

 

8.
Entendant sur France Inter dire qu'il n'est moralement pas acceptable de mentir
Et qu'un politique, pour être élu, ne peut que mentir,
Nous demanderons-nous aujourd'hui si les élections sont un piège à cons ?
Et dès lors, d'où qu'ils vont, nos sous, nos sous, nos ronds ?

 

9.
Penserons-nous aujourd'hui que, puisque nous sommes de plus en plus nombreux,
L'avenir risque bien d'être assez affreux,
Rapport à la rareté naturelle et à l'apparente douceur des choses ?
Nous demanderons-nous si l'humain n'est pas l'effet dont il est lui-même la cause ? 

 

10.
Penserons-nous aujourd'hui à Trump, à Poutine, au Père Ubu,
A tout ce que nous avons cru, tout ce que nous avons lu et avons-bu ?
Qu'un barbu, s'il est trois, n'est pas un barbu ?
Penserons-nous à la mort de Charb, de Wolinski, de Cabu ?

 

11.
Nous demanderons-nous ce soir combien de bières exactement nous avons-bu en écoutant les Clash ?
Constaterons-nous que la Bourse est en plein crash ?
Ecouterons-nous aujourd'hui les si inventifs Beatles, les si rythmiques Stones, ou alors les Who ?
Penserons-nous à Watson, si doux et câlin et qui était un chat roux ? 
Nous demanderons-nous ce soir combien donc entre les Clash et le crash,
Combien de bières, combien de chutes, combien nous avons perdu de cash ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 avril 2025.

6 avril 2025

SURTOUT QUAND JE MANGE UN STEAK-FRITES

SURTOUT QUAND JE MANGE UN STEAK-FRITES

 

1.
« L'idée d'infini a dû naître un jour de relâchement où une vague langueur s'est infiltrée en géométrie,... »
(Cioran, « Précis de décomposition »)
Môme des écoles, je fus très poutre en géométrie.
Je fus très poutre en tout un tas de matières.
L'infini avait pour moi la bouille toute ronde du zéro.
Ah ça, j'en ai collectionné de l'infini.

 

2.
« Dans la bataille des arguments, il est toujours vainqueur, comme il est toujours vaincu dans l'action : il a « raison », il rejette tout – et tout le rejette. »
(Cioran, « Précis de décomposition », « Effigie du raté »)
Les arguments sont batailleurs.
On appelle cela la polémique.
La polémique se nourrit de viande rouge. 
La polémique est féroce, carnassière, acharnée.
Aussi, plus il y a de bipèdes réunis en un même endroit, plus les risques de   polémique sont élevés.
Surtout quand s'y mêlent l'idéologique, le politique et les sous.
Défois même, ça finit mal.
Très mal. 
Très très mal (souvent à cause des sous). 
C'est que les arguments, à force de batailler, ils finissent fatidiques, absolus, couteaux.
Et la vérité qui se met à tout dominer n'est pas plus vérité que la vérité qui, auparavant, etc...

 

3.
«  A force de cumuler des mystères nuls, et de monopoliser le non-sens, la vie inspire plus d'effroi que la mort : c'est elle qui est le grand Inconnu. »
(Cioran, « Précis de décomposition », « Variations sur la mort »)
La mort, c'est jamais que du rien.
La vie, la cohabitation et l'interdépendance avec tant de bipèdes potentiellement hypocrites, stupides, sociopathes, psychopathes, hautement dangereux et sadiques, sont bien plus redoutables.
Autant lucidement, adroitement, intelligemment n'avoir affaire à eux qu'autant qu'on le doit.
Et retourner aux aimables romans d'Agatha Christie.   

 

4.
« A l’exception des sceptiques anciens et des moralistes français, il serait difficile de citer un seul esprit dont les théories, secrètement ou explicitement, ne tendent point à modeler l'homme. »
(Cioran, « Précis de décomposition », « L'animal indirect »)
Cioran fait visiblement grand cas des moralistes français. 
Moi aussi, surtout quand je mange un steak-frites.

 

5.
« Oui, en vérité, il me semble que les démons jouent à la balle avec mon âme... »
(Thérèse d'Avila cité par Cioran in « La Sainteté et les grimaces de l'absolu »)
C'est que, à l'instar des esprits frappeurs qui peuvent vous dire combien vous avez d'enfants, combien il y a de gendarmes dans le village, combien il y a de cartouches dans votre chargeur, les démons n'ont aucune limite quand ils jouent au football, au basket, au volley-ball, au hand-ball, au flipper. Aussi peuvent-ils prendre votre âme pour terrain de jeu aussi bien qu'ils prennent un mur pour un téléphone, un miroir pour une machine à voyager dans le temps, et un bec de gaz pour un duc de Guise.  

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2025.

6 avril 2025

HANDS OFF ! JE DIRAIS MÊME PLUS BAS LES PATTES !

HANDS OFF ! JE DIRAIS MÊME PLUS BAS LES PATTES !

 

1.
6 avril 2025. Poutine s'est réjoui trop vite de l'élection de Trump. A peine deux mois après sa prise de fonction, l'incompétence et la stupidité du krasnov sont si flagrantes que les Américains expriment massivement leur ras-le-bol du triumvirat Trump-Vance-Musk.

 

2.
Si la stupidité et l'incompétence de Trump provoquaient un crash à Wall Street, personne, - pas même Poutine -, ne pardonnerait au krasnov la récession mondiale qui suivrait. Trump est tellement idiot que je me demande s'il mesure les risques encourus.

 

3.
6 avril 2025. Rumeur ? Simple hypothèse de travail ? Se pourrait-il que ce que veut le triumvirat Trump-Vance-Musk, c'est justement que les Américains contestent et que des troubles éclatent, afin de pouvoir justifier de lois d’exception, voire de changements constitutionnels qui permettraient de faire des USA une Russie bis et assurer la reconduite automatique du krasnov à la Maison-Blanche ? Cela serait-il possible aux USA ? J'ai quand même des doutes.

 

4.
6 avril 2025. Poutine doit tirer la gueule : le pouvoir de Trump vacille et Marine Le Pen ne sera pas présidente de la république en 2027.

 

5.
Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine et il le sait. A jamais maintenant, les Ukrainiens détesteront les Russes. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Oui.

 

6.
Se pourrait-il que Elon Musk passe bientôt du statut de l'homme le plus riche du monde au statut de l'homme le plus stupide du monde ?

 

7.
Les pro-Poutine disent : si Poutine est intervenu en Ukraine, c'est qu'il ne pouvait faire autrement. Ah oui, vraiment ? Le si subtil et puissant Poutine ne pouvait donc plus actionner aucun levier diplomatique, aucun levier commercial ? 
Le si subtil et puissant Poutine ne pouvait-il plus arguer de l'attrait de la Russie (quel attrait de la Russie?) pour contrecarrer les soi-disant menaces de l'OTAN ? 
Le si subtil et puissant Poutine était donc si impuissant à attirer des investissements européens et américains en Russie ? 
Le si si subtil et puissant Poutine en était-il arrivé au point que, pour sauver son pays, il n'avait pas d'autre moyen que de démembrer des enfants ukrainiens ?
En conséquence, Pro-Poutine, allez vous faire foutre. 

 

8.
Poutine, Trump, Depardieu, c'est quoi tout ça ? Du ventre, de la mâle bidoche, de la prostate hypertrophiée, d'la vieille peau sentant la vieille soupe, du vent.

 

9.
Sartre : philosophe essentiel dont certaines œuvres sont quand même difficiles à piger, ingurgiter, digérer, régurgiter et dont l’expression de certaines opinions politiques fut d'une grande sottise.

 

10.
Stephen King : auteur prolifique de romans horrifiques. Je ne lis pas de Stephen King en mangeant du poulet froid avec de la mayonnaise. Je pourrais, mais ça laisserait quand même des traces de gras.

 

11.
Gainsbourg : auteur compositeur d’exception dont les démêlés avec l'alcool, furent loin de le rendre sympathique mais, l'illusion lyrique aidant, contribuèrent à en faire un personnage romanesque, un Gainsbourg de fiction, un Gainsbourg acceptable.

 

12.
Depardieu : comédien exceptionnel dont la vulgarité, l'indélicatesse, voire la crapulerie, provoquèrent tant de scandales qu'il finit devant les tribunaux à défendre une cause que l'opinion publique juge déjà largement compromise.

 

13.
Un sympathisant de LFI sur inéligibilité de Marine Le Pen me dit, je cite : « On n'interdit pas à quelqu'un qui représente des millions de voix de se présenter aux présidentielles. Nous, nous combattons l’extrême-droite dans les urnes et dans la rue, pas devant les tribunaux. » Autrement dit, « nous voulons la victoire de Marine Le Pen pour créer les conditions d'une situation pré-révolutionnaire. » Aussi ridicule qu'irresponsable.

 

14.« Liberté, Egalité, Choucroute » est un film de Jean Yanne. Pas un chef d’œuvre, certes, c'est juste une farce. Mais difficile de ne pas voir dans la figure du Marat interprété en 1984 par Jean Yanne la figure du Mélenchon actuel.

 

15.
J'écoute une compilation des plus purs rocks de Elvis Presley (« Jailhouse Rock », « Heartbreak Hotel »,...) et me dis que Elvis Presley était sans doute fort loin de se douter de l'importance qu'allaient prendre ces ritournelles électriques. Peu importe, il suffit d'écouter quelques mesures pour comprendre qu'à jamais Elvis IS THE KING.
Ceci dit, pour moi, l'album ultime du rock n' roll, celui qui en rappelle les bases et en fixe les limites, c'est « New Boots and Panties », de Ian Dury and The Blockheads. Point barre.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2025

 

5 avril 2025

EN PLUS QU'IL PLEUT

EN PLUS QU'IL PLEUT

 

1.
« Le ciel pleut sans but, sans que rien l'émeuve,
Il pleut, il pleut, bergère ! sur le fleuve... »
(Laforgue, « Dimanches »)
Que le ciel pleuve « sans but » n'est pas étonnant.
D'ailleurs, tout ce que fait le ciel est « sans but ».
Le ciel ne sait pas ce qu'il fait.
De là à penser qu'il y a quelque d'absurde dans tout ce ciel là, il n'y a qu'un pas qu'un bonhomme, un cheval, un coin-coin n'hésitera pas à faire.

 

2.
« Le fleuve a son repos dominical ;
Pas un chaland, en amont, en aval. »
(Laforgue, « Dimanches »)
Tout est calme et comme il pleut ! 
Je me dis que je me fais vieux.
Il faut bien se dire quelque chose.
C'est d'un calme... il pleut sur les roses.

 

3.
« Les Vêpres carillonnent sur la ville,
Les berges sont désertes, sans idylles. »
(Laforgue, « Dimanches »)
Quand les berges sont « désertes », c'est sûr que pour faire une belote, c'est incertain.
(J'aime beaucoup l'adjectif « incertain » ; il sied à beaucoup de choses et autres êtres qui se promènent dans le réel).
Si vous vous retrouvez sur des berges désertes, c'est que vous êtes plusieurs.
Ou alors c'est une seule berge, et pourquoi alors employer le pluriel ?
Donc alors, si vous vous retrouvez seul sur une berge déserte, vous pouvez toujours vous réciter du Laforgue. C'est toujours mieux que de se foutre à l'eau.
Surtout qu'il pleut.

 

4.
« Passe un pensionnat (ô pauvres chairs!)
Plusieurs ont déjà leurs manchons d'hiver. »
(Laforgue, « Dimanches »)
J'aime beaucoup ces vers de Laforgue.
Ils sont d'une grande mélancolie. 
Vous me direz que je pourrais dire aussi qu'ils sont d'une grande caramelitude si tant est que l'on entend par caramelitude la tristesse que l'on éprouve quand on pense au temps des caramels si jamais l'on éprouve de la mélancolie quand on pense au temps des caramels. Ce qui est très incertain.
N'empêche : j'aime beaucoup cette notation de Laforgue.
Si lucidement mélancolique.
Ou si mélancoliquement lucide, si on aime les complications.

 

5.
« Une qui n'a ni manchon, ni fourrures
Fait, tout en gris, une pauvre figure. »
(Laforgue, « Dimanches »)
Il s'agit ici d'une petite jeune fille d'un pensionnat du XIXème siècle.
On imagine la rigolance.
Ah ça, c'est pas drôle.
Pas du tout aussi nostalgisant que les jeunes filles en fleurs de Proust (Marcel, 1871-1922).
Pas cabriolant du tout, pas french-cancan, pas tagada tsoin-tsoin.
En plus qu'il pleut.
Que la berge est déserte.
Que le narrateur est tellement lucide qu'il se dit que s'il savait du Laforgue par cœur, il se réciterait du Laforgue. Ou du Corbière. Ou du Hugo. Faute de mieux.

 

6.
« Et la voilà qui s'échappe des rangs,
Et court ! ô mon Dieu, qu'est-ce qui lui prend ? »
(Laforgue, « Dimanches »)
Défois, quand les berges sont « désertes », que « le ciel pleut sans but », en s'en tamponnant le coquillard avec l'élégance d'un croque-mort qui saurait par cœur des poèmes de Laforgue, de Corbière et même de Hugo, il suffit que 
« Passe un pensionnat (ô pauvres chairs!) »,
pour que le sort donne des coups à la porte en racontant des mensonges comme il en raconte encore le Mélenchon (outrecuidant politique de la fin du 20ème siècle et du début du siècle suivant, mais plus pour si longtemps).

 

7.
« Et elle va se jeter dans le fleuve.
Pas un batelier, pas un chien Terr'Neuve. »
(Laforgue, « Dimanches »)
C'est fou comme les fleuves attirent les jeunes filles mélancoliques !
Surtout les petites jeunes filles des pensionnats qui passent dans les poèmes de Jules Laforgue.
En plus qu'il pleut.

 

8.
« Le crépuscule vient ; le petit port
Allume ses feux (Ah !, connu l'décor!). »
(Laforgue, « Dimanches »)
Pour un peu, on se croirait dans un roman de Simenon.
Le genre d'atmosphère que l'on dirait hantée par le fantôme du commissaire Maigret (celui qui fume la pipe et fréquente les bistrots, comme Sherlock Holmes, mais sans Watson ni comptoir en zinc).
Manquerait plus qu'un limonaire se mette à seriner d'la nostalgie à chagrins...
En plus qu'il pleut.

 

9.
« La pluie continue à mouiller le fleuve,
Le ciel pleut sans but, sans que rien l'émeuve. »
(Laforgue, « Dimanches »)
On notera que le poème « Dimanches » de Laforgue (Jules, 1860-1887, ah ça il n'a pas vécu vieux) se termine comme il a commencé.
J'en rappelle les deux premiers vers :
« Le ciel pleut sans but, sans que rien l'émeuve,
Il pleut, il pleut, bergère ! sur le fleuve... »
Ça fait cycle, cercle, éternel retour et toujours idem, l'éternel présent des tristesses, des dimanches et du retour des Vêpres.
Et avec ça, il pleut.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 avril 2025.

4 avril 2025

DU LOINTAIN QU'ON CAUSE

DU LOINTAIN QU'ON CAUSE

 

1.
« Conséquence lointaine de l’expédition d’Alexandre : c'est en grec que seront conservés ou rédigés les textes du Nouveau Testament ainsi que la plupart des écrits des Pères de l’Église. »
(Préface de Kostas Papaïoannu à « Daphnis et Chloé », de Longus)
Je n'ai pas appris à déchiffrer le grec ancien.
J'en aurais été bien incapable.
De toutes les matières que j'ai vaguement étudiées, je n'en ai pas retenu assez pour paraître savant.
Certains livres me sont des prodiges écrits par des géants.
Aussi je les observe avec prudence et grammaire car il est toujours bon d'avoir une grammaire à portée de langue.
Parfois, autre prodige, le spectre d'une guitare m'apparaît.
La guitare m'étant aussi étrangère que l'honnêteté à Donald Trump, je me contente de regarder un sketch de François Rollin tandis que la bibliothèque prend la poussière et que s'évanouit la guitare.

 

2
« Voilà ce qu'elle éprouvait, voilà ce qu'elle disait, tout en cherchant le nom de l'amour. »
(Longus, trad. Pierre Grimal, « Daphnis et Chloé »)
Quand on cherche le nom de l'amour, il faut faire attention à ne pas abuser du verbe « gaufrer ».
Défois qu'on finirait par dire : « Oh comme je te gaufre ! Je suis plein de gaufrerie pour toi ! Je me sens si gaufrier quand je pense à toi ! »
On évitera de même crêper, crépiter, caparaçonner, cornichonner, et pâté de foie. 
Quant au nom de l'amour, vous pouvez toujours le siffler, vous verrez bien s'il reviendra, la langue pendante et la truffe humide.

 

3.
« Daphnis et Chloé furent ravis, comme s'ils avaient entendu une belle histoire, et non la vérité, et ils demandèrent ce qu'était l'Amour, un enfant, un oiseau, et quel était son pouvoir. »
(Longus, trad. Pierre Grimal, « Daphnis et Chloé »)
Les belles histoires souvent ravissent.
Surtout quand il y a de l'amour dedans.
Ce qui rappelle une chanson des Rita Mitsouko : « Les Histoires d'A » qui dit que « les histoires d'amour finissent mal en général ».
Ce qui fait que les belles histoires d'amour, généralement ravissent l'esprit, et une fois que l'esprit est ravi, quelquefois, il disparaît, l'esprit.
Les belles histoires sont de dangereuses ravisseuses.
Aussi, il faut se munir de vipères et ne pas hésiter à les rendre, les belles histoires, un peu plus vipérines.
Quand ces sottises sont énoncées par des admirateurs de Poutine et qu'elles visent à vous faire croire que la Russie est l'avenir de l'Occident, il faut évidemment s'en débarrasser, rapidement.

 

4.
« A force de le guetter, un jour, elle le trouva seul et lui donna une syrinx, du miel en rayon et une besace en peau de daim. » 
(Longus, trad. Pierre Grimal, « Daphnis et Chloé »)
N'ayant ni « syrinx », ni « miel en rayon », ni « besace en peau de daim »,  il se dit que personne n'a cru bon de fréquenter le rayon mythologies du supermarché périphérique pour, à l'occasion de son anniversaire, lui offrir syrinx, miel en rayon, besace en peau de daim.
D'ailleurs, le rayon mythologies des supermarchés périphériques n'est plus guère fréquenté que par de rares latinistes distingués et d'encore plus rares hellénistes fascinés.
Ceci dit, on peut toujours se procurer une flûte de Pan, du miel en rayon, et de la besace en tout genre. Il y a des magasins.
Il se peut aussi que les mythologies gréco-latines et leurs exégètes finissent par passer pour des mythes occidentaux et soient remplacés par d'autres trompettes. 

 

5.
« (…) elle demanda à Daphnis si, derrière le promontoire, il y avait une autre mer, et un autre bateau, et d'autres marins chantant les mêmes chansons, et si tous s'étaient tus à fois. »
(Longus, trad. Pierre Grimal, « Daphnis et Chloé »)
L'infini est-il la répétition des mêmes circonstances ?
Les marins chantent-ils tous les mêmes chansons ?
Le spectre du saxophone n'est-il qu'un spectre de saxophone parmi une multitude de spectres de saxophones ?
Toutes les frites du cornet de frites supportent-elles la mayonnaise ?
Peut-on faire confiance à un rectangle de poisson pané ?
Les zigotos psychotent-ils tout le temps ou ont-ils parfois des éclairs de lucidité aussi brefs qu'intenses ?
Tant de questions, de poissons dans la mer, de mots dans les chansons, de bipèdes arpentant. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 avril 2025.

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