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BREFS ET AUTRES

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9 janvier 2025

LE CAPRICE DU SPHINX

LE CAPRICE DU SPHINX

 

« Au lever du rideau, une jeune fille en robe blanche est assise sur les décombres. La tête d’un chacal dont le corps reste invisible derrière elle, repose sur ses genoux.
Trompettes lointaines. 

 

LE SPHINX – Ecoute.
LE CHACAL – J’écoute.
LE SHINX – C’est la dernière sonnerie, nous sommes libres.

 

Anubis se lève, on voit que la tête de chacal lui appartient. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

1)    Dans le groupe nominal « une jeune fille en robe blanche », l’adjectif qualificatif « blanche » est-il :

-    Epithète du mot « robe » ?
-    Epictète du mot « robe » ?
-    Ça ne vous regarde pas ?


 

2)    Le passage en italiques nous renseigne sur le type de texte présenté. S’agit-il :
-    D’un texte explicatif sur la fonction diégétique de l’enchanteur Merlin dans la série Kaamelott, d’Alexandre Astier ?
-    D’un texte théâtral parce que ce sont des didascalies ?
-    D’un texte poétique parce que ce qu’écrivait Jean Cocteau était poétique, non ?


 

3)    Le Sphinx est-il :

-    « Une jeune fille en robe blanche » ?
-    Dans la mythologie grecque antique, une créature au corps de lion, au visage féminin et aux ailes d’oiseau ?
-    Une manière de parler et de faire suer son monde avec tout un tas d’énigmes, de devinettes, de calembour-ta-pipe et fiche nous la paix ?


 

4)    Anubis est-il :

-    Quelqu’un qui s’est déguisé pour le carnaval ? 
-    Un dieu de l’Egypte antique souvent représenté comme un homme à tête de chacal ?
-    Un passant qui passe, qui fait rien qu’à passer, l’éternel passant qui passe dans les tableaux, sur les photos, dans les rues et les mémoires, et même qu’on s’en fout ?


 

« LE SPHINX – Anubis ?
ANUBIS – Sphinx ?
LE SPHINX – J’en ai assez de tuer. J’en ai assez de donner la mort.
ANUBIS – Obéissons. Le mystère a ses mystères. Les dieux possèdent leurs dieux. Nous avons les nôtres. Ils ont les leurs. C’est ce qui s’appelle l’infini. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

5)    L'Anubis de Cocteau (c'est une divinité de l’Égypte antique, je précise pour les élèves de sciences po, mais attention, Anubis tout seul, hein, Cocteau, c'était un poète français du vingtième siècle) et donc, comment qualifier sa conception de l'infini, à Anubis, dites ?

- C'est une conception polythéiste ?
- C'est une conception qui donne le vertige, un peu comme la politique, genre la dissolution vertigineuse à Macron voyez ?
- C'est du n'importe quoi, mais c'est bien écrit ?


 

6)    Quel est le temps et le mode dominant dans cet échange de répliques ?
-    Le subjonctif présent que moi, ce que je préfère, c’est la tarte aux pommes ?
-    Le relatif présent, puisque tout est relatif, dit-on que ça m’a toujours paru vague comme expression ?
-    L’indicatif présent ?
    

 

7)    Dans la phrase « J’en ai assez de donner la mort », quelle est la nature du mot « assez » ?
-    « assez » est un adverbe de satiété ?
-    « assez » est un adverbe de quantité ?
-    « assez » est un adverbe de donation ?


 

8)    Comment appelle-t-on une religion qui admet plusieurs dieux ?
-    Une religion polychrome ?
-    Une religion polycopiée ?
-    Une religion polythéiste ?
-    Une curiosité métaphysique ?

 

9)    Comme appelle-t-on une religion qui n’admet qu’un seul dieu ?
-    La Vème République française ?
-    Un monothéisme ?
-    Une manière exclusive d’entretenir une amitié imaginaire ? 

 

10)    Dans la mythologie grecque, quel était le rôle du Sphinx :
-    Le Sphinx renseignait les voyageurs ?
-    Le Sphinx rançonnait les voyageurs ?
-    Le Sphinx gardait la route de Thèbes. Elle (pour les Grecs de l’Antiquité, le Sphinx était un être féminin), elle posait une énigme aux voyageurs et tuait ceux qui ne pouvaient pas répondre pis qui balbutiaient, pis qu’ils avaient l’œil qui divague  ?


 

11)    « LE SPHINX – J’en ai assez de tuer. J’en ai assez de donner la mort. »
(Jean Cocteau, « La Machine infernale », Acte II)

 

A votre avis, ce que dit ici Le Sphinx est-il :
-    Incompatible avec sa nature de monstre antique ?
-    Intéressant parce qu’il fait preuve d’indépendance et montre qu’il n’est pas seulement le tueur que l’on croit qu’on dit qu’il est dans l’œil de l’autre tout ça ?
-    Dérisoire car le Sphinx, ici, il fait juste un caprice, que ça va certainement lui passer ?

 

12) Quel est le féminin du mot « sphinx » ?
-    Sphinxesse ?
-    Sphingesse ?
-    Sphinge ?
-    Elisabeth Borne ?

 

13)     En français courant, que veut-on dire quand on dit de quelqu’un que « c’est un sphinx » ?
-    Que c’est quelqu’un de dangereux ?
-    Que c’est quelqu’un qui aime à faire suer tout le monde avec des devinettes et des énigmes, des blagues à rien et des contrepèteries à Riri et Peter ?
-    Que c’est quelqu’un qui ne se livre pas facilement sur ses intentions réelles (je me souviens qu’on disait ça du président Mitterrand, alors que du Sarkozy, voyez, on disait qu’il parlait trop, qu’il bavassait, même que des fois, il paraît qu’il mentait, dit-on) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 janvier 2025.

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5 janvier 2025

OH PAS L'UN MAIS L'AUTRE

OH PAS L'UN MAIS L'AUTRE

 

1.
« Imaginez-vous cet être nourri de carottes glacées sentant le purin et l'engrais et de pommes reinettes, aigres et dures, oubliées sur l'herbe d'un verger désert ; [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Le mot « verger » désigne-t-il :

- l'action de frapper avec une baguette longue et flexible ?
- un terrain planté d'arbres fruitiers ?
- une occasion d'écrire des bêtises et des dégoûtations ? 

 

b)
Dans le groupe nominal « verger désert », le mot « désert » a-t-il pour nature et pour fonction :
- Adjectif qualificatif attribut du nom « verger » ?
- Adjectif qualificatif épithète du nom « verger » ?
- Qualificatif de désertification ?
- Adjectif qualificatif épithète détachée du substantif « verger » ?

 

2.
« J'entrai dans la première maison, qui est une auberge à l'enseigne des Deux-Pluviers, où le patron charitable me réconforta de café chaud, de pain et d'un hareng-saur [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Le mot « hareng-saur » désigne-t-il 

- le sujet d'un poème drolatique de Charles Cros ?
- la métaphore du temps pendouillant ?
- un hareng séché, salé, fumé ?
- l'injonction faite au voleur de rendre ce qu'il a volé puis de sortir du magasin ?

 

b)
Dans le groupe nominal « des fritures aussi copieuses que dorées. », l’expression « aussi que » a-t-elle pour fonction :
- d’établir une distinction ?
- d’établir une liste de courses à faire ?
- d’établir une comparaison, une égalité ?

 

3.
« Une sorte de brousse hâve a envahi les allées, et les pelouses sont comme une jungle. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

Que signifie ici le mot «hâve » :

- Que le jardin et le presbytère sont loin d'avoir conservé l’éclat et le charme qu’ils avaient du temps de Gaston Leroux ?
- Qu'elle est bien pâle et décharnée, sèche hein, cette brousse ?
- Bin oui, tiens, qu'on va s'en fumer un, de cigare ? 

 

4.
« La municipalité, qui est pauvre et qui envoie maintenant ses morts dormir dans l'immense cimetière de l'Ouest, avait caressé l'espoir de convertir la nécropole en terrains industriels. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

Quelles sont la nature et la fonction de la proposition «qui est pauvre et qui envoie maintenant ses morts dormir dans l'immense cimetière de l'Ouest » : 
- proposition conjonctive circonstancielle de lieu ? 
- proposition conjonctivite qui donc fait mal aux yeux ?
- proposition subordonnée relative (PSR) complément du nom « municipalité » ?

 

5.
« Peu de temps avant sa mort, la richissime duchesse Opoltchenska – noblesse russe ou bulgare – proposa à la ville d'acheter le cimetière désaffecté pour une somme fantastique, [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que signifie ici le mot « désaffecté »

- qu'il n'y a plus aucun mort qui y vit dans ce cimetière ?
- que la municipalité, qui est pauvre, l'a laissé à l'abandon, ce cimetière ?
- que personne ne l'aime, ce cimetière ?

 

b) Dans le groupe « la ville était pauvre », le mot « pauvre » a pour nature et pour fonction : 
- adjectif qualificatif de circonstance ?
- adjectif qualificatif épithète du mot « ville » ?
- adjectif qualificatif attribut du sujet « ville » ?
- adjectif d'une manière ou d'une autre ?

 

6.
« Ensuite, ne jamais approcher du mausolée de la duchesse. »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que désigne  le mot  « mausolée »

- Un monument avec des osses ?
- Un monument funéraire somptueux de grandes dimensions ?
- Une énigme de plus dans le grand catalogue des énigmes ?

 

b) Dans le groupe « mausolée de la duchesse», quelle est la fonction de « de la duchesse » 
- complément du nom « duchesse » ?
- complément du nom « mausolée » ?
- complément de noblesse ?
- complément de dissolution et d'incompétence politique ?
- complément de montée de la négativité dans la Vème république ?

 

7.
« [...] le cimetière fourmillait de lapins sauvages, de gros ramiers au duvet opalin [...] »
(Jean Ray, « Le gardien du cimetière » [le narrateur])

 

a) Que désigne le mot « opalin  »
- une manière d'annoncer la couleur ?
- une couleur bleuâtre et laiteuse ? 
- une manière d'annoncer mais l'autre ?

 

b) Quelles sont la nature et la fonction du mot « négligemment » 
- adverbe de négligence ?
- adverbe de complaisance ?
- adverbe de manière ?
- l’adverbe horaire d'aller se faire engueuler ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 janvier 2025

4 janvier 2025

NON MAIS DANS L'INVISIBLE VOUS NE VOYEZ VRAIMENT RIEN

NON MAIS DANS L'INVISIBLE VOUS NE VOYEZ VRAIMENT RIEN

 

1.
L'acteur lui-même est une fiction. Quand cette fiction se prend pour la réalité, alors elle est capable du pire.
Que signifie cette phrase ?

 

- Que j'aime à pontifier ? J'aime aussi le poisson pané, mais ce n'est pas la même chose. Par contre, les discours de Mélenchon (ce fut un politique) ne me plaisent guère.
- Que la fiction est partout et que le réel n’existe jamais pour nous que parce que nous en faisons une fiction, une fiction terriblement sanguinaire, façon guerre civile, voyez ? 
- Que bien que je n'aille jamais au théâtre, j'aime bien lire des pièces ? J'aime aussi les pâtes au jambon, mais ce n'est pas la même chose. D'ailleurs, je me fiche de la politique.

 

2.
« J'ai essayé plus d'une fois, comme tous mes amis, de m'enfermer dans un système pour y prêcher à mon aise. Mais un système est une espèce de damnation... »
(Baudelaire cité par Jean Cocteau, en exergue de « La Machine Infernale »)
Pourquoi donc qu'un système (comprendre « système de pensée ») serait « une espèce de damnation » ?

 

- Parce qu'un système de pensée implique des schémas préconçus, des dogmes, qui, par définition, ne peuvent expliquer qu'une partie de la complexité du réel (cause que le réel est complexe, eh oui) ?
- Parce qu'une grille de lecture n'est jamais qu'une grille de lecture : on ne peut pas y mettre son plat de pâtes au gratin (avec du jambon), je veux dire pas son vrai plat de pâtes au gratin (et donc le jambon non plus) ?
- Parce que c'est embêtant, ennuyant, contraignant, contristant, nauséant, embarrassant, oignonnant, affligeant, étriquant, et qu'on finit par dire des sottises, comme on en dit dans les sectes et autres cercles où les gens, ils tournent plus très rond dans leur tête ?

 

3.
« Je mourrai ma dernière mort »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [Le Soldat citant Le Fantôme])
Que signifie cette citation spectrale ?

 

- Que les morts meurent aussi (par oubli, je suppose) ?
- Que Le Soldat se croit sur une scène de théâtre et raconte n'importe quoi ?
- Que Le Fantôme explique ainsi que, n'ayant pas respecté les règles de l'Au-delà, il lui sera désormais interdit d'apparaître ?

 

4.
« - Encore un escalier ! Je déteste les escaliers ! Pourquoi tous ces escaliers ? On n'y voit rien ! Où sommes-nous ? »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [La voix de Jocaste])
Que se passe-t-il ?

 

- La reine Jocaste doit emprunter des escaliers et râle parce que la reine Jocaste est une râleuse ?
- La reine Jocaste, en s'apprêtant à monter ces escaliers, déclenchera fatalement la machine infernale qui donne son titre à la pièce de Cocteau ?
- La reine Jocaste ne sait pas où elle est, et, comme cela lui déplaît, elle s'en prend à tout ce à quoi elle peut s'en prendre ?

 

5.
« - Mais pourquoi n'apparaît-il pas cette nuit ? Croyez-vous qu'il puisse encore apparaître ? »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [Jocaste])
De qui parle donc Jocaste ?

 

- Du fantôme qui l'appelle (« Jocaste ! Jocaste ! Jocaste ! », crie-t-il) mais Jocaste ne le voit pas ? 
- Du fantôme du roi Laïus, car la reine Jocaste sait que c'est son défunt mari qui, la nuit, hante les remparts et raconte ses misères aux sentinelles qui n'y comprennent que peu et se grattent la tête ?
- Du fantôme d'Elvis Presley (dont la reine Jocaste est une grande fan) ? 

 

6.
« C'est vous qui êtes vague avec votre troisième œil. »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier, [La voix de Jocaste])
A qui qu'elle cause donc ainsi, la reine Jocaste ?

 

- Au louche conseiller, que tout le monde appelle « Troisième Œil » et qui se permet de faire des remarques à la reine ?
- Au critique de théâtre qui fait la moue devant « La Machine infernale » de Jean Cocteau ?
- Au devin Tirésias, qu'elle appelle familièrement Zizi, et qui n'est pas plus capable qu'elle de voir Le Fantôme, lequel est pourtant là, impuissant à se faire entendre ?

 

7.
« Il suffit qu'ils arrivent pour que le fantôme disparaisse. »
(Cocteau, « La Machine Infernale », Acte premier [Le Soldat])
Que peut-on déduire de cette remarque du Soldat ?

 

- Que les fantômes sont timides et ont peur des vivants comme nous avons peur des revenants ?
- Que le surnaturel ne revient pas au galop ?
- Que si on ne les voit pas, les fantômes, c'est qu'ils n'apparaissent qu'à ceux qui les voient déjà ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 janvier 2025  

3 janvier 2025

DE L'HUMAIN ET DU BLUES

DE L'HUMAIN ET DU BLUES

 

1.
« Faute de pouvoir dire, de façon exacte et définitive, ce qu'elle en pensait (ce qui était le cas pour la plupart des événements), elle préférait l'ignorer. »
(Carson McCullers traduit par Jacques Tournier, « La Ballade du café triste »)
Face à cette neige inattendue qui est « tombée sur le comté », que penser de la réaction de Miss Amelia ?

 

- Cette réaction est celle de la plupart des gens qui, du moment que cela ne les empêche pas de mener leur vie habituelle, préfèrent ignorer ce qu'ils ne comprennent pas ?
- Miss Amelia n'en pense pas moins sur les véritables maîtres de ce monde, mais elle préfère se taire qu'on ne sait jamais défois que ?
- Vu qu'elle ne voit pas comment toute cette neige pourrait lui rapporter de l'argent, elle préfère l'ignorer, qu'elle a déjà bien des soucis, allez, avec le cousin Lymon et le Marvin Macy là ?

 

2.
« Elle avait un grand courage, s'exerçait au punching-ball avec une conscience parfaite, et, dans ce cas précis, le droit était de son côté. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que se prépare-t-il ?

 

- Miss Amelia prépare un match de boxe ?
- Miss Amelia, comme dans un western, va provoquer son pire ennemi en duel, mais ce ne sera pas au pistolet ?
- Miss Amelia passe sa colère comme elle peut et ce punching-ball lui sert d’exutoire ?

 

3.
« Le combat eut lieu le 2 février, jour de la Marmotte. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
C'est quoi, ce « jour de la Marmotte » ?

 

- Une tradition en Amérique du Nord, selon laquelle si, le 2 février, la marmotte sort de son terrier, et « voyant son ombre » car le temps est clair et lumineux, retourne hiberner, c'est que le reste de l'hiver ne sera guère clément ?
- Une jolie comédie romantique teintée de fantastique, sortie en 1993 et intitulée « Un Jour sans fin » (« Groundhog Day »), avec Bill Murray et Andie MacDowell ?
- Un film d'épouvante qui raconte qu'un certain 2 février, jour de la Chandeleur, suite à une expérience scientifique qui a mal tourné, les marmottes de toute l'Amérique, soudain dotées de pouvoirs psychiques étonnants, sont sorties de leurs terriers pour envahir le pays ?

 

4.
« Un ange volait au-dessus de la ville et la lueur du crépuscule donnait aux gens d'étranges visages. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que penser de cette drôle de phrase ?

 

- Qu'elle souligne la part fantastique de la narration ?
- Qu'on dirait une scène de film d'épouvante ?
- Que cet « ange » qui « volait au-dessus de la ville », ce serait pas plutôt un OVNI, par hasard, qu'on nous cache tout, qu'on nous dit rien, qu'il chantait Jacques Dutronc ?
- Que moi, du coup, ça me fait penser à ces paroles de la chanson « Creep »,  du groupe Radiohead, je cite :
« You're just like an angel
Your skin makes me cry
You float like a feather
In a beautiful world »

 

5.
Ce texte terrible et virtuose, « La Ballade du café triste », de Carson McCullers, raconte-t-il :

 

- La confrontation du bien ordinaire avec le mal absolu ?
- Comment une personne en bien des points admirable , Miss Amelia, fut en  fin de compte défaite par la méchanceté ?
- La tristesse de certaines petites villes américaines « en marge de tout » ?

 

6.
«  La Ballade du café triste », de Carson McCullers, se termine par une belle page, un épilogue, dont le titre est « Les douze mortels ».
Ces « douze mortels », ce sont des bagnards, sept Noirs et cinq Blancs du comté, « simplement douze condamnés à mort enchaînés l'un à l'autre » (ce sont là les derniers mots du texte) et qui, toute la journée, sous le regard d'un gardien dont « les yeux ne sont que deux étroites lignes rouges », manient la pioche.
Ces bagnards chantent le blues, et cette musique, nous dit l'auteur, est si merveilleuse qu'elle « semble ne plus venir des douze hommes, mais de la terre elle-même ou de l'immensité du ciel. »
L'humanité : des mortels enchaînés l'un à l'autre, et cependant capables de chanter à l'unisson et de produire de la beauté.

Source :  Carson McCullers, «  La Ballade du café triste » traduit par Jacques Tournier, Le Livre de Poche, coll. biblio, n°3055, 2002.
 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2025.

3 janvier 2025

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

 

1.
« De temps en temps, lorsqu'elle n'avait rien de précis à faire, elle sortait la boîte de velours, s'approchait de la fenêtre, prenait les cailloux dans sa paume et les regardait avec un mélange de fascination, de respect hésitant et d'effroi. »
(Carson McCullers traduit par Jacques Tournier, « La Ballade du café triste »)
Que sont ces cailloux que Miss Amelia regarde ?

 

- « C'étaient deux calculs qu'un médecin de Cheehaw lui avaient extraits des reins quelques années plus tôt » ?
- Deux éclats d'une météorite tombée quelques années plus tôt et qui avait causé bien des dégâts dans la petite ville triste ?
- Les reliques d'une bête mystérieuse qui avait épouvanté la région quelques années plus tôt ?

 

2.
« Accoudé à la rambarde de la véranda, le bossu fixait la route déserte, comme s'il attendait que quelqu'un arrive. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)

 

- Cette phrase annonce-t-elle un événement surprenant, un coup de théâtre, un coup de corne, un coup de blues, un coup de rouge ?
- Cette phrase annonce-t-elle la tempête, la tempête qui dévaste tout, la tempête, la tempête, la tempête qu'après faut tout réparer ?
- Serait-il que, d'après ce que j'entends sur France Inter ce vendredi 3 janvier 2025, le comédien Philippe Caubère, qui, comme Gérard Depardieu, n'est jamais qu'un saltimbanque, un amuseur de talent, certes, mais enfin rien d'essentiel (Caubère est, par exemple, moins nécessaire que mon boulanger) et bien, qu'il finisse par réellement avoir des ennuis avec la justice, cela serait-il possible ?

 

3.
« Les jeunes gens chassaient le renard dans les forêts de pins, les édredons d'hiver prenaient l'air suspendus à des cordes et, en prévision des jours froids, on enterrait les patates douces dans la paille. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Ce passage, que décrit-il ?

 

- Un mode de vie à jamais disparu ?
- Une scène ordinaire dans l'imagination d'un écrivain américain ?
- Le début d'un film de Francis Ford Coppola, dont j'aime beaucoup le « Peggy Sue s'est mariée » ?

 

4.
« Comme on pouvait s'y attendre, Marvin Macy apporta aussitôt le malheur avec lui.  Le temps changea dès le lendemain et devint étouffant. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Le retour de Marvin Macy signifie-t-il :

 

- L'irruption du fantastique au cœur d'un récit réaliste (Stephen King est-il un lecteur de Carson McCullers) ?
- Un mortel contretemps ?
- Que, pour suivre une chroniqueuse de France Inter, en ces temps de résolutions pour l’année nouvelle, je cite : « Le monde brûle, faisons des blagues. » 

 

5.
Étant donné le caractère imprévisible que l'on prête à Donald Trump, s'il réussit à imposer des négociations entre la Russie et l'Ukraine, dans le cas où Poutine se montrerait hostile à toute proposition qui n'irait pas dans son sens et, de fait, bloquerait toute possibilité d'arrêt des hostilités, faut-il s'attendre à ce que :

 

- Trump hausse les épaules et laisse l'Ukraine et la Russie poursuivre leur guerre meurtrère ? 
- Trump, lié d'une manière ou d'une autre à Poutine, se retourne contre l’Ukraine, voire la menace, au cas où le président Zelensky ne se soumettrait pas aux volontés des Russes ?
- Trump, ne voulant pas se montrer faible et impuissant face à Poutine, décide de surarmer l’Ukraine et d'agir de telle sorte que Poutine sera bien obligé de reculer ?

 

6.
Pourquoi que j'continue à composer mes sottises ?

 

- Parce que cela fait longtemps que j'ai renoncé au dessin ?
- Parce que cela m'empêche de penser à l'essentiel (les autres et la façon qu'ils ont, et pour les motifs les plus divers, de me prendre la tête) ?
- Parce que cela me permet de continuer à lire (j'aime bien), à écrire (j'aime bien), tout en écoutant des chansons pop en anglais que j'pige point (j'aime bien aussi) ?

 

7.
« Car, pendant quelques heures, ils peuvent enfin oublier ce sentiment amer et profond de ne pas valoir grand chose en ce monde. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que ce qui motive les gens, c'est l'espoir qu’aux yeux de quelqu'un leur existence puisse avoir de la valeur ?
- Que ce que nous appelons réel n'a en soi aucun sens et que seul l'humain, par ses actes, lui donne un sens qui ne vaut jamais que pour l'humain ?
- Que, comme l'a écrit Pascal, « un roi sans divertissement est un homme plein de misères » ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2025.

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3 janvier 2025

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

 

1.
« En vérité, elle rêvait d'avoir un fils, qu'elle aurait baptisé Caruso pour qu'il devienne un grand ténor. Puisque l'enfant est une fille, elle change une lettre et l'appelle Carson (qui est un prénom de garçon). »
(Jacques Tournier, avant-propos de « La Ballade du café triste », de Carson McCullers)
Pourquoi cette citation me fait-elle sourire ?

 

- Parce qu'en même temps que je la lis, cette évocation de la mère de Carson McCullers, qui, selon Jacques Tournier, s'appelait Marguerite et « avait la passion de la musique », je pense aux cornichons, lesquels baignent dans le vinaigre comme certains députés dans la bêtise ?
- Parce que Caruso poil au dos et Carson poil aux arpions ?
- Parce que, en vérité, la vérité qui sait-i s'que c'est hein, la vérité ? Et voilà qui rappelle le film « Zazie dans le Métro », de Louis Malle et le roman de Raymond Queneau itou. 

 

2.
« Le reste du temps, la ville est triste, solitaire, un endroit loin de tout, en marge du monde.
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste » traduit par Jacques Tournier)
Pourquoi cette ville est-elle triste ?

 

- Par nécessité de la fiction et par souci de réalisme ?
- Parce que, d'une manière générale, il n'y a pas de quoi rire (poêle à frire) ?
- Parce que les habitants de cette ville « en marge du monde » ne connaissent pas François Bayrou et ses joyeux lutins ?

 

3.
La Vème République à la France, en ce début d'année 2025, on dit qu'elle est en crise, parce que :

 

- C'est à cause de la dissolution-tion-tion à Macron-cron-cron ?
- Le fonctionnement de ses institutions aurait besoin d'être revu et corrigé par un toilettage constitutionnel ?
- Des clous ! La Vème République à la France, elle en a vu bien d'autres, et elle  survivra à Marine Le Pen, étant donnée que, dit-on, Marine Le Pen  pourrait bien en être la prochaine présidente ?

 

4.
« Dans la vie de Miss Amelia, bien rares étaient les jours où elle invitait quelqu'un à dîner – sauf si elle avait l'arrière-pensée de lui jouer un mauvais tour en lui soutirant de l'argent »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que penser de Miss Amelia ?

 

- Que c'est une roublarde ?
- Que c'est un personnage ?
- Qu'elle ne me fait pas penser aux cornichons, et pas non plus à la cornemuse, et pas non plus à la première phrase du texte de Franz Kafka intitulé « Vor dem Gesetz », je cite : « Vor dem Gesetz steht ein Türhuter. » ?

 

5.
« Et voici que le temps doit aller plus vite, car les quatre années qui suivent se ressemblent trop. De grands changements surviennent, bien sûr, mais lentement, par petites étapes, qui n'ont pas d’importance en elles-mêmes. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que se passe-t-il ?

 

- La vie continue, se ressemblant à elle-même, et préparant pourtant, peu à peu, jour après jour, les inévitables bouleversements ?
- La conséquence de la caravane, que ce n'est plus le même chien qui aboie ?
- Miss Amelia a fait de son épicerie un café ?

 

6.
« Il a peur de garder les yeux ouverts dans le noir. Il a une peur terrible de la mort. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que bon nombre de nos façons d'être s’expliquent par notre peur de la mort ?
- Qu'on dit que certains animaux voient la nuit (on dit alors qu'ils sont nyctalopes) ?
- Que la littérature est une ruse pour, d'une certaine manière, déjouer la mort ?

 

7.
« Et pourtant, c'est étrange à dire, jamais elle ne parlait de lui qu'avec une rancune amère et terrible ; »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
De quoi est-il ici question ?

 

- D'une pièce de théâtre abandonnée, le soir de la première, par son personnage principal ?
- D'un saucisson si sec qu'il lui cassa, à Miss Amelia, deux dents de devant ?
- Du mari de Miss Amelia, Marvin Macy, qu'elle ne garda que dix jours pour le jeter dehors ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2025

2 janvier 2025

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

 

1.
« Si vous ne voulez pas que cela arrive, endurcissez-vous ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette injonction d’un personnage de combattante vêtue de noir aux cheveux clairs nous rappelle :

 

- Que nous allons tous mourir et qu’il faut s’endurcir à l’idée de la mort, surtout que la surpopulation et la rareté naturelle, ça augmente les risques de mort violente, y compris en Occident ?
- Que dans ce manga fantastique (Red Garden), les personnages principaux étant des jeunes filles ordinaires, elles ont tout intérêt à s’endurcir, si elles ne veulent pas finir dévorées par les ténèbres ?
- Que le monde n’est pas bienveillant et que la bienveillance préconisée par certains acteurs de l’Education Nationale est un leurre qui tend à masquer des intérêts politiques, économiques et sociaux qui relèvent moins de la bienveillance que de l’organisation en cours d’une société du comportement approprié, validé par l’État, autant qu'une société du contrôle de tous par tous ?

 

2.
« C’est parce que tu nous as emmenées là-bas… qu’on a été tuées ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette exclamation d’un des personnages du manga à la vue d’un manoir du genre gothico-sinistre nous apprend que :

 

- Les jeunes filles Kate, Rose, Rachel et Claire sont en fait des fantômes dans un monde assez réel pour être lisible ?
- Le vrai sujet de toute fiction est la façon dont l’idée de la mort conditionne nos existences ?
- Que les humains sont essentiellement des êtres qui vivent et agissent en fonction de fictions politiques, religieuses, morales, bref idéologiques ?

 

3.
Quand le vent remue les lignes de sable qui ondulent sur la plage, c’est joli mais ça ne donne pas envie de sortir. J’ai envie de boire du coca. C’est que je regarde beaucoup de film américains aussi.

 

4.
Que nous a appris la sotte réforme Blanquer ?

 

- Que la sottise est parfois efficace, mais qu’elle reste sottise ?
- Qu’en l’occurrence, l’efficacité de la sotte réforme Blanquer reste encore à prouver ?
- Qu’en fin de compte, la sotte réforme Blanquer aura été aussi contre-productive que les réformes inspirées par le pédagogisme, les outrecuidances de Philippe Meirieu et toutes ces sortes de sottises qui ont amené l’enseignement français aux limites du n’importe quoi ?
Que la sotte réforme Blanquer aura été l’une des causes de l’échec du macronisme ?

 

5.
« Les morts se relèvent… c’est la fin du monde. »
Cette phrase, d’où est-elle tirée ?

 

- Du manga « Red Garden », de Kirihito Ayamura, bande dessinée pleine de mystère et très bien faite ?
- D’un film de zombies (je n’aime pas les films de zombies car ils sont souvent trop violents et que je n’en vois pas l’intérêt que j'aime pas ça) ?
- D’une chanson du groupe Blue Öyster Cult ?

 

6.
« Quand ont-ils bien pu commencer à devenir fous ? »
Cette interrogation d'un personnage du manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura s'applique-t-elle ?

 

- Aux humains en général, qui, effectivement, semblent devenus si fous qu'ils mettent le monde en danger, non seulement par des guerres, mais aussi en se soumettant à la toute puissance d'Intelligences Artificielles, de dieux qui n’existent pas et de dirigeants populistes ?
- Aux « monstres » qui sont « en nous » ?
- Aux « monstres » avec lesquels, selon le personnage du manga, « depuis longtemps, les Delors, vivent en symbiose » ?

 

7.
Le mot « animus », employé dans le manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura, désigne-t-il :

- L'esprit, et ainsi « l'animus » désignerait l'esprit et « l'anima » l'âme, qu'il paraît, d'après ce que j'ai lu sur internet, que cette distinction serait un héritage de la philosophie médiévale, elle-même inspirée par la philosophie antique ?
- Une adolescente particulièrement agressive ?
- Un esprit guerrier qui anime certaines âmes ?
- Je ne sais pas trop car, moi, les mangas, quand ça a l'air un peu trop philosophique, je ne cherche pas trop à comprendre parce que ce n'est pas ça qui m'intéresse, qu'en fait, moi, cette histoire d'animus et d'anima, hein... 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2024  

1 janvier 2025

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

 

1.
« C’est pourquoi j’éprouve au fond de moi-même un certain sentiment de culpabilité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [l’archidiacre Brabazon] - quel drôle de nom).
Que penser de l’emploi ici du mot « culpabilité » ?

 

-    Le mot culpabilité apparaît-il ici parce que le genre roman policier a aussi pour sujet la notion de culpabilité ?
-    Le mot « culpabilité » est ici employé pour éviter toute confusion avec le mot « cornemuse ». En effet, un clergyman scrupuleux peut éventuellement éprouver « un certain sentiment de culpabilité », mais il est infiniment improbable qu’il éprouve au fond de lui-même un certain sentiment de cornemuse.
-    Déjà qu’il a un drôle de nom, cet archidiacre, - Brabazon, comme c’est curieux - si ça se trouve, c’est lui qu’est coupable, mais qu’il aurait comme du remords dans la cornemuse hein dites ?

 

2.
« - Je crois que son contenu peut être d’une extrême importance. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Miss Marple])
Que penser ici de l’emploi du mot « contenu » ?

 

-    Qu’il rappelle que le monde est plein de contenants et que dans certains de ces contenants, il y a des choses d’une « extrême importance », et qu’en connaître la nature permet parfois à l’enquêteur d’élucider bien des mystères ?
-    Que la littérature consiste à composer des objets (les livres) qui contiennent des signes, et que parfois l’interprétation de ces ensembles, de ces collections de signes, peut se révéler d’une « extrême importance » ?
-    Que pendant que je compose mes sottises, je suis plus ou moins un film sur Arte, dont le titre est « La grande attaque du train d’or », un film de Michael Crichton sorti en 1978, avec Sean Connery et Donald Sutherland. C’est plutôt plaisant.

 

3.
« Et il faut bien que son corps se trouve quelque part. »
Cette remarque de Miss Marple dans « Némésis » est-elle ?

 

-    Peu conforme à la vérité. Certains cadavres ne réapparaissent jamais car ces corps n’existent tout simplement plus ?
-    Révélatrice de ce qu’un roman policier classique tient un compte exact de ses cadavres ? 
-    Intéressante. Le monde est peuplé de corps qui passent. Certains sont encore vivants, d’autres plus tout à fait.

 

4.
En quoi le film « Le Patriote : Le chemin de la liberté », réalisé par Roland Emmerich, sorti en 2000, est-il un film intéressant ?

 

-    Parce que c’est un bon film sur la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis, bien rythmé, efficace, même qu’il y a Mel Gibson dedans ?
-    Parce que c’est un film qui pose la question de l’hybris guerrier déclenché par la volonté de vengeance ?
-    Parce qu’il y a des batailles dedans, avec des fusils qui font pan-pan, des canons qui tonnent, du sang, des chevaux tout ça ?

 

5.
Les lois servent-elles à :

 

-    Réglementer la vie sociale en vertu d’un projet commun ?
-    Conditionner la vie de chacun de telle manière que l’on vient à douter de l’idée de liberté, sinon de la démocratie elle-même ?
-    Justifier le salaire des députés et la prétendue légitimité des Grandes Ecoles ?

 

6. 
« Plusieurs années se sont écoulées, et cependant on dirait qu’une ombre rôde toujours parmi nous. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Mrs Glynne])
Cette réflexion nous rappelle que :

 

-    On vit autant avec les vivants qu’avec ses fantômes ?
-    Que nous menons tous une double vie, celle, tangible et sociale avec les vivants et celle avec les spectres ? (Il arrive que le seconde prenne le pas sur l’autre et cela peut finir tragiquement).
-    Que, comme le chantait Jacques Brel, 
« On n’oublie rien de rien 
On n’oublie rien du tout
On n’oublie rien de rien
On s’habitue c’est tout » ?

 

7. 
Du roman « Némésis », d’Agatha Christie, publié en 1971, peut-on dire que :

 

-    L’assassinat du personnage de Verity Hunt est un crime passionnel ?
-    Que, comme le dit le personnage de Elizabeth Temple, « L’Amour » est « le mot le plus effrayant qui soit au monde. » ?
-    Que « Némésis » est sans doute l’un des meilleurs romans d’Agatha Christie, et l’un des plus allusifs concernant les passions qui animent les corps et les esprits ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2025.

30 décembre 2024

LA CHAIR DE L'ENIGME

LA CHAIR DE L'ENIGME

 

1.
« Il lui semblait qu'il y avait dans cette maison quelque chose d'étrange. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette phrase est-elle :

 

- typique du style roman policier à énigmes dont l'action est souvent située dans de grandes maisons plus ou moins isolées, plus ou moins bien entretenues, et où le mystère plane comme un étudiant en sociologie qui croit savoir alors qu'il sait que dalle ?
- typique du style roman policier à énigmes où l'enquêteur, Hercule Poirot,  Miss Marple ou Sherlock Holmes, doit résoudre de bizarres extravagances ?
- C'est moi, ou France Inter devient de plus en plus nunuche ?

 

2.
« L'histoire était donc une éternelle répétition. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette réflexion de Miss Marple à propos de meurtres à répétition dont les victimes sont des jeunes filles donne-t-elle à penser que :

 

- Certains humains sont des porcs et la justice trop clémente (surtout depuis que Badinter joua du violon et fit supprimer l'usage de la machine à se débarrasser des salopards) ?
- L'Histoire est, comme on le lit dans Shakespeare, un « récit plein de bruit et de fureur raconté par un idiot », qui, si ça se trouve, ne vote même pas pour l’extrême-gauche et ses rentiers (le dernier en date s'appelle Mélenchon et il en vit bien, dit-on, le monsieur, de l'arrogance révolutionnaire) ?
- L'Histoire, c'est du théâtre avec de vrais morts dedans ?

 

3.
« - Henry, ne dis donc pas des choses aussi affreuses ! »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Butler à son mari])
Que signifie au juste cette injonction ?

 

- Que lorsque l'on a pour prénom Henry, on ne doit pas dire de « choses aussi affreuses » ?
- Que les gens dont le prénom est Henry disent parfois des « choses aussi affreuses » ?
- Que, pour paraphraser le Irwin Molyneux du film « Drôle de drame » (Marcel Carné, 1937), à force de dire des choses affreuses, les choses affreuses finissent par arriver ?
- Que Henry aurait des choses aussi affreuses à se reprocher ?

 

4.
« - Un ennemi secret. Le terme paraît bien mélodramatique. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Que penser de cette remarque de Miss Marple ?

 

- Que dans les romans à énigmes, l'identité du coupable et le mobile de ses actions sont d'abord si difficiles à percevoir (sinon, il n'y aurait pas d'énigme) que l'on peut penser à quelque « ennemi secret » qui agit dans l'ombre et l'invisibilité ?
- Que « l'ennemi secret » existe bel et bien. Il est tapi dans l'autre, et attend la faille pour vous prendre à la gorge ?
- Que je ne me souviens pas d'avoir lu un roman de genre, ou du genre qu'on en cause sur France Culture, qui aurait eu pour titre « L'Ennemi secret ». Ceci dit, il y a « L'Adversaire », d'Emmanuel Carrère, sur l'affaire Romand, et c'est un très bon livre.

 

5.
« - C'est un nom... un nom que nous connaissions et qui... nous rappelle des souvenirs, répondit doucement Miss Glynne. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Les romans policiers ont aussi pour objet l'identité, parce que :

 

- Meurtres et drames laissent des traces dans bien des consciences concernées ?
- Les romans policiers remuent le passé, rappellent les noms des morts. En l’occurrence, celui d'une série de jeunes filles assassinées ?
- Qu'il y a une chair de l'énigme ?

 

6.
La solitude, qu'est-ce que c'est ?

 

- Un pacte passé avec ses fantômes ?
- Une habitude contemporaine ?
- La certitude de crever en maudissant le monde ?
- Une fatalité ?
- Un manque de savoir-vivre ?
- Le titre d'une chanson emphatique de Léo Ferré ?

 

7.
« Il me répugne de dire ces choses, mais c'est la vérité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Blackett à propos du comportement de la jeune Nora Broad])
Les romans policiers ont aussi pour objet le social, parce que :

 

- Il n'y a pas de meurtre en dehors du social qui le conditionne, voire le favorise ?
- Parce que les gens ont plus de choses à cacher qu'on le croit généralement ?
- Parce que tout le monde a son idée sur la question de savoir qui a laissé sa cuillère traîner un peu trop dans le pot de confiture ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

30 décembre 2024

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

 

1.
Pourquoi l'introduction du roman « Némésis », d'Agatha Christie, commence par ces mots que Miss Marple se répète à mi-voix, je cite :
« - Notre code est Némésis. » ?

 

- Parce que Miss Marple est âgée et commence à dérailler de la comprenette ?
- Parce que cette phrase signifie, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, que, « maintenant, il va falloir manger du saignant » ? 
- Parce que Némésis est la déesse grecque de la colère et de la vengeance, laquelle est un plat qui se mange froid, comme chacun sait depuis que quelqu'un l'a dit quelque part ?

 

2.
Que fait-on quand, comme ma pomme, on devient vieux ?

 

- On ronchonne que c'était mieux avant ?
- On soupire après ses amours perdues ?
- On se laisse aller à la nostalgie des films de Truffaut et de Hitchcock, des romans de Simenon et d'Agatha Christie, des chansons de Brel et de Nougaro et on hausse les épaules quand on écoute blablater les politiques qui ont cours ?
- On attend la tarte aux pommes ?

 

3.
« - N'allez surtout pas encore vous mêler de quelque crime, tante Jane. »
Cette demande que dans « Némésis », d'Agatha Christie, Joan, la femme à Raymond, fait à Jane Marple (Raymond, c'est à neveu, à Jane), est-elle:

 

- Une phrase en l'air puisque, Jane Marple étant le personnage principal d'un certain nombre de romans policiers composés par Agatha Christie, si elle ne se mêle pas « de quelque crime », y a pas de roman ?
- Une autre phrase codée qui, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, signifie que « le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat. » ? 
- Que Joan s'inquiète pour sa tante ?

 

4.
« - Jaune soufre, dit-elle à haute voix. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Qu'est-ce que ceci que cette phrase ?

 

- Une autre phrase codée qui signifie que ce lundi 30 décembre 2024, j'écoute France Inter (il est dix heures huit) et que ça me gave, leur didactisme mielleux là ?
- Une indication sur les préférences de Miss Marple quant à l'aménagement de son jardin ?
- Une faute de frappe car « Jaune  souffre », et terriblement, cause qu'on est dans un roman policier à énigmes et psychologie (tourments de l'âme,  macédoine de légumes, bottes de caoutchouc et chapeau mou) ?

 

5.
Je me demande quel est mon album de musique préféré ?

 

- « Atom Heart Mother », de Pink Floyd, parce que c'est un album qui me fascina à l'époque où j'écoutais de la musique qui fait du bruit plutôt que de faire mes devoirs (ah la la) ?
- « Il Faut Tourner l'Apache », de Sttellla qui date de 1998 et que je tiens pour aussi essentiel que la mousse à raser et le chausson aux pommes ?
- La Neuvième Symphonie, de Beethoven, laquelle est réellement extraordinaire d'un bout à l'autre que, s'il y a bien une musique qui a l'air de venir d'ailleurs, c'est bien ce chef d’œuvre là ?

 

6.
« Je me contente de poser un pied devant l'autre, tout en réfléchissant à certaines choses.
Quelles choses ? s'enquit Cherry avec intérêt.
J'aimerais bien le savoir moi-même. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Que veut dire cette étrange réponse de Miss Marple ?

 

- Qu'elle ne sait pas à quoi elle pense, mais qu'elle y pressent quelque mystère ?
- Que Miss Marple ne veut pas révéler le fond de sa pensée, parce que voilà ?
- Qu'il y a « certaines choses » qui vous traversent l'esprit, genre Dada Ronron, ou Macron cron cron, ou zigouigoui stellaire, qu'on ne sait pas ce que ça veut dire non plus ?

 

7.
« Ses sourcils étaient faux, et cela expliquait tout. »
Cette réflexion qui, au sortir d'un rêve, vient à Miss Marple, nous rappelle que l'on trouve souvent, sous la plume d'Agatha Christie, des allusions à l'univers onirique.Sinon qu'en penser ?

 

- Rien du tout, parce que je vais faire une pause ?
- Rien du tout, parce que ces faux sourcils signifient sans doute autre chose, de bien plus profond que de faux sourcils, genre le dernier roman dont on cause sur France Culture, que je n'ai pas lu, parce que je ne lis guère, et encore moins de derniers romans dont on cause sur France Culture, que même si je les trouve dans une boîte à livres, je me dis  « Tiens, le dernier roman dont on cause sur France Culture ; je ne vais pas le lire. » ?
- Que je n'ai pas de faux sourcils (les miens étant assez épais pour qu'on s'en souvienne) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

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