CIEL BLANC MER GRISE J’ECOUTE DU BLUES
CIEL BLANC MER GRISE J’ECOUTE DU BLUES
« La voix d’un type qui parle de jazz à la radio dit :
« Le jour où Charlie Mingus est mort, cinquante-six baleines se sont suicidées en se précipitant sur le rivage. Juste en face de sa propriété. »
(Jean Vautrin, « Canicule »)
La voix – ou alors tout est muet qu’c’est le silence et c’est pas plus mal – oui, mais la
Voix tout de même, dans sa tête (y en a défois ils ont une voix au-dedans de leur tête et c’est dangereux) cette voix
D’un coup elle pourrait sortir un couteau et le
Type là avec sa voix dans sa tête il pourrait qu’on sait pas mais
Qui sait d’où vient tout ce sang puisqu’on en
Parle que je ne sais pas si ACDC est le meilleur groupe de rock du monde mais qu’en tout cas, c’est un sacré bon groupe de rock du monde du rock qui fait jaillir des sons électriques et insolents genre it’s only rock n’ roll but I like it comme i disent les Stones.
De jazz aussi qu’on pourrait en parler du jazz car j’aime bien ça le
Jazz que ce sont de vrais musiciens les gens du jazz pas des bidouilleurs de sons des studios mais des gens qui jouent en live et peuvent pas tricher qu’c’est pas, le jazz, de la musique
A vous essoriller à
La qu’on en entend sur France musique du jazz hein à la
Radio qu’on en entend du jazz en fin de journée entre 18 et 20 heures mais de moins en moins ailleurs voire plus du tout qu’ça
Dit quand même que des gens qui en écoutent du jazz y en a moins que des gens qui se gavent de tonitruances électrozozos à faire rire les ânes.
Le blues aussi j’aime bien le blues la guitare rêche à Muddy Waters et l’agile piano à Otis Spann ça vous fait un
Jour tout neuf à l’heure du coq et du revenant d’écouter une galette de blues plutôt que d’écouter les conneries à Macron Mélenchon Zemmour et tous les autres cons Les jours
Où j’écoute du blues généralement ça me fait du bien au moral que j’ai tendance à laisser traîner dans mes chaussettes et puis il y a
Charlie Mingus le magnifique qu’en écoutant le « Ah Um » de
Mingus je me dis toujours que c’est un sommet de la musique du vingtième siècle jazz ou pas je bois du rhum il
Est pas fameux parce que j’ai pas les moyens de m’en payer du goûteux genre rhum vieux et puis comme je fais comme je veux je bois mon mauvais rhum et je vous hein oui comme vous dites que je serai
Mort parce qu’il faut bien que je serai mort pour que d’autres boivent du mauvais rhum en écoutant s’agiter l’agile piano de Otis Spann.
Cinquante hommes sur un tonneau de rhum ah non c’est pas ça la chanson et
Six cadavres dans sept placards (c’est qu’il y a un truc) et des
Baleines dans l’océan que les Japonais pourchassent parce qu’il y a trop de gens sur cette planète et que les gens font tout n’importe quoi tout ce qu’ils peuvent pour gagner leur vie qu’on sait qu’ça finira mal forcément mal que ça a déjà une drôle de tête à macchabée le monde avec ses massacres de haute intensité là Les baleines, la voix elle dit les baleines
Se sont suicidées je lis ça c’est la première page de l’excellent roman « Canicule » de Jean Vautrin on dirait un poème en prose cette page intitulée « Noémie Blue » je ne sais pas si Jean Vautrin l’a réellement entendue cette phrase ou s’il l’a composée pour l’ambiance délétère roman noir de son bouquin, je cite : « Le jour où Charlie Mingus est mort, cinquante-six baleines se
Sont suicidées en se précipitant sur le rivage. Juste en face de sa propriété. » Ce sont des choses que l’on entend parfois, ces échouages de baleines que je sais pas si c’est la pollution les fréquences radios la sociologie ou la dépression baleinière qui fait ça qu’on les retrouve
Suicidées les baleines.
En juin 2025 le dimanche 1er juin 2025 que nous sommes et la sale guerre de Poutine en Ukraine continue qu’on ne sait toujours pas ce que Trump pense qu’il y en a qui disent qu’il laisserait l’Europe
Se démerder toute seule avec la guerre hybride des Russes que ça ne les étonnerait pas cause leur priorité aux Etats-Unis, c’est la menace chinoise, l’expansion de la Chine à 1 milliard 5 d’âmes via l’annexion de Taïwan sans compter une toujours possible reprise du fatal rififi entre Corée du Nord et Corée du Sud qu’on dirait quand même qu’ça va en se
Précipitant la marche à la troisième.
Sur toutes ces perspectives que voulez-vous qu’on dise, que
Le bipède doué de raison acharné qu’il est à chercher sa misère et son malheur Sur le
Rivage pas grand monde encore (il est pourtant presque midi) c’est pas non plus le grand soleil pas la chaleur C’est
Juste un grand ciel blanc au-dessus d’une mer grise
En anglais j’ai jamais été très bon (comme
En presque tout d’ailleurs)
En anglais j’ai jamais été très bon Nous sommes
En juin ciel blanc mer grise j’écoute du blues j’pige rien des paroles mais j’m’
En fiche
En face de la fenêtre terrasses presque vides peu de gens sur la plage
En mer l’étale grise et vide sous d’la ouate En
Face derrière l’étale grise et vide sous d’la ouate il y a l’Angleterre
De l’Angleterre je n’ai rien à dire et quand on n’a rien à dire
Sa qu’on la ferme et qu’on reste dans sa
Propriété (celle qu’on rêve) à lire du Vautrin du Michaux à écouter du blues.
Patrice Houzeau
Malo, le 1er juin 2025