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17 mai 2025

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

 

1.
En bas de la page 164, le narrateur dit qu’il boit de « petits verres de rhum » - je me suis souvenu en regardant la télé que j’avais quelque part un volume des aventures de Nicky Larson, du plutôt bon manga sur mauvais papier – qu’est-ce que nous pouvons avaler comme fictions – les humains se fascinent facilement pour les plus diverses diachronies.

 

2.
Si le narrateur de ce roman noir avec des Africains dedans de Jean-Patrick Manchette (« L’Affaire N’Gustro ») boit des petits verres de rhum, c’est pour se soutenir cause qu’il se sent tout flagada cause que la veille il s’est pris une « cuite » - nous avalons des fictions – nous produisons de la fiction – et nous la plaquons sur la réalité comme si le réel était ce que nous croyons qu’il est.

 

3.
Je pense aux grosses têtes du carnaval – grosses boules avec du rose et des grands yeux sans cervelle avec des gens autour – les romans c’est souvent du carnaval aussi avec des figures qu’on agite et des sentiments qu’on essaie de faire passer pour aussi vrais que sont vrais les monstres des profondeurs marines.

 

4.
Le narrateur de « L’affaire N’Gustro », de Manchette (1942-1995), est un salaud – y a-t-il une rédemption à la fin du roman ou les autres personnages du roman sont-ils, et même plus pour certains, aussi salauds que lui ? je ne sais pas car je ne vais pas lire le bouquin jusqu’au bout – il n’y a que les professeurs pour vous obliger à lire des bouquins jusqu’au bout.

 

5.
« L’affaire N’Gustro », de Jean-Patrick Manchette est un roman noir, il y est donc question de mort, de sexe et d’argent – c’est ce qui rend le genre du polar si fascinant c’est qu’il traite de ce qui anime les corps et les esprits – en cela, le polar est un genre réaliste – quand on passe à la page 165, le narrateur évoque par énumération « l’absinthe sur de la glace », les « Gipsy Queens », les Bugattis, l’Art, les œufs battus et le cognac.

 

6.
C’est comme du Shakespeare mais avec des flingues – Shakespeare, Agatha Christie (là, c’est pas du polar, c’est du roman à énigmes), le cite souvent – paraît que Manchette était d’extrême-gauche, moi, je sais pas, il y a un côté célinien dans l’œil de Manchette, une fascination pour la saloperie, pour les turpitudes et jambes en l’air, pour les conneries et les morts violentes des zones de partout – radical, qu’on dit qu’il était, Manchette, moi j’vous dis j’en sais rien et je m’en fous – il est mort en 1995, l’auteur de « La position du tireur couché » (très bon bouquin) – 

 

7.
Tout ça, c’est peut-être rien d’autre que du story-telling qu’on nous a fait croire que l’Abbé Pierre était un quasi saint qu’on se rend compte maintenant que c’était rien qu’un répugnant, un curé ripou comme on en dans les films de Mocky, qu’on nous a fait croire que François Mitterrand était de gauche et que l’abolition de la peine de mort était un progrès de l’humanité qu’à mon avis, on continue de nous en faire croire des âneries – Bah il n’y a que les gens bien élevés qui peuvent croire à toutes ces conneries – perso, j’ai jamais pu les sentir, les donneurs de leçons de charité, les avocats de gauche et les pleurnicheurs sur les cous coupés des assassins d’enfants. 

 

8.
A la télé, des témoignages d’Africains en Afrique qui disent qu’ils sont dans une situation terrible ; on parle de massacres, de viols, de camps de réfugiés, de corruptions ; on l’a déjà entendu je ne sais combien de fois ça – ritournelle tragique de l’Afrique martyre – ça risque pas de changer – le discours sur l’Afrique continent de l’avenir, je n’y crois pas une minute – malédiction de la ressource naturelle – vouée l’Afrique à être pillée spoliée volée violée torturée et sous influence perpétuelle – j’irai jamais en Afrique (remarquez je ne vais déjà quasiment jamais en Belgique qui est à côté de chez moi).

 

9.
Page 165, paragraphe suivant : le narrateur « regagne la grande maison » (c’est le nom qu’il donne à une villa je crois où il y a des militaires étrangers, des Africains, qui envisagent des choses à venir) – Il y a une « pelouse », des « parasols et du café », une Mercedes, une grosse tête. – ça baigne dans le soleil avant d’être inondé de sang.

 

10.
A la télé (LCI) ça cause des fake news dont les services de Poutine nous inondent (en l’occurrence, le mouchoir de Macron que les Russes et leurs zélés collabos français - coucou, Dupont-Aignan, coucou, Florian Philippot) tentent de faire passer pour un pochon de cocaïne).

 

11.
Puisqu’on parle politique, j’ai vu il y a deux jours François Bayrou se défendre devant la commission d’enquête parlementaire sur son rôle supposé dans la sordide affaire Bétharram – je l’ai trouvé vieux, faible et hésitant, le Bayrou – je crois que l’heure de la retraite va très bientôt sonner pour sa pomme – moi, je le crois, Bayrou quand il affirme qu’il n’a été au courant de rien (ou si peu) - ce qui prouve que ses capacités intellectuelles ne sont pas du tout ce qu’il croit qu’elles sont : en clair, Bayrou n’est pas un menteur, c’est un sot.

 

12.
Sur la digue, nous sommes le samedi 17 mai 2025, il y a du vent : une jeune fille passe sur des patins à roulettes ; elle porte un pull noir et une queue de cheval – les terrasses sont vides ; il y a du vent.

 

13.
La télé (LCI) dit que les services américains affirment que Poutine va bientôt lancer une nouvelle offensive en Ukraine, une offensive « sans limites » dit la journaliste– je ne sais pas si c’est vrai mais si les Russes tentent de percer, espérons que Donald Trump va réagir et rappeler à ce dingo de Poutine qu’on ne fait pas la paix en lançant des offensives massives et en massacrant des civils.

 

14.
Manchette écrit défois dans le style san-antoniesque genre, je cite : « entre le garage et le lieu où tout le monde bronze et ripaille, un Noir maigre et jeune, pas plus de vingt ans, franchit d’un bond la haie extérieure à base de prunus et fonce nach N’Gustro en gueulant comme un âne. » - Il y a de l’action parce qu’ensuite, l’assaillant sort un « couteau de cuisine » et que le narrateur intervient en « braillant je ne sais quoi ni pourquoi » - 

 

15.
La France, elle n’est pas près de revoter massivement à gauche ; l’avenir est à droite, voire très à droite ; les conneries des délinquants de toutes sortes et les flux migratoires mal contrôlés favorisent le basculement – Dans l’éducation nationale, j’ai l’impression que l’extrême-gauche tente de se réorganiser, pousse ses pions, bricole des réseaux, mais je peux me tromper (disons que je pressens du trouble et de l’entrisme, du lambertisme).

 

16.
A la fin de la page 165, on comprend que l’attentat a échoué – assaillant  maîtrisé – la narration prend un style baroque affirmé, je cite : « mais à gueuler comme il a fait, paraît-il des choses mal polies dans le dialecte de là-bas, tous les gustaves y ont sauté au nez. » A la page suivante, on lit aussi : « le prisonnier hurle, pleure, bave, et tente de donner des coups de pied dans les honneurs de l’Amiral. » (Jean-Patrick Manchette, « L’Affaire N’Gustro »). 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

 

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17 mai 2025

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

 

1.
« et il quitta le débat sans plus insister » - défois on insiste et c’est pas la peine – le réel insiste – un documentaire sur la bataille d’Okinawa – les kamikazes qui s’abattent sur les navires américains – les soldats japonais fanatisés – la « colline sanglante » - l’Histoire est souvent celle du malheur des humains ; demain matin, j’irai assez tôt chercher du pain -  le réel insiste jusqu’à ce que. C’est comme cela qu’il persiste.

 

2.
« - Je vous plains, inspecteur, bonsoir. » - trois dames évoquant un « trio de corneilles » - c’est dans un roman d’Exbrayat que je lis ça – des personnages de dames écossaises – je pense qu’elles sont écossaises- l’important c’est qu’elles soient trois, et toutes en noir, comme le sont les trois dames des antiques, des théâtres, des chansons.

 

3.
J’entends du Schönberg (1874 – 1951) – je pense à ce personnage d’homme à tout faire du film « Smoking », de Alain Resnais, qui, alors qu’il semble correspondre, ce personnage, à l’image d’un type vulgaire et fruste se met à discourir sur son amour de la musique classique, de Sibelius (1865-1957) et de Carl Nielsen (1865-1931), évoquant la symphonie « L’inextinguible » - le personnage, je ne sais plus son nom, est interprété par Pierre Arditi.

 

4.
« - Pourrais-je saluer votre maîtresse ? - Impossible. - Elle est absente ? » (des personnages de « Notre Imogène » de Exbrayat causent ainsi) – tout à l’heure, je mangerai du pain frais beurré ; je boirai du café. – « le sergent fonça, tel le taureau sur le matador » - un sergent, je ne sais pas si ça peut se mettre dans un jardin –en tout cas, c’est possible -  un taureau non ça ne se met pas dans un – c’est trop dangereux.

 

5.
Page 80 : « L’absence du sergent fut remarquée et commentée en termes sévères. » - le sergent n’est donc pas dans le jardin – il n’est pas allé à l’enterrement de la sardine – Zut non plus n’est pas allée à l’enterrement de la sardine – elle est allée à d’autres enterrements – les gens écrivent composent peignent et meurent – ceux qu’elle connaît, Zut va à leur enterrement – moi, je ne les connaissais pas assez pour (je dois dire que ça m’arrange) – dans le temps, on disait : « je dois à la vérité de dire » ; cette expression, je ne l’entends plus – c’est que, ces temps-ci, la vérité tend souvent à s’absenter.

 

6.
Donc la maîtresse est absente et le sergent n’est pas allé à l’enterrement de « Hugh Reston » (c’est un personnage du roman d’Exbrayat) – la chanteuse a une robe rouge – elle chante du Schönberg – j’écoute ça cette nuit – si on peut appeler ça écouter – je ne suis pas assez savant pour écouter de la musique.

 

7.
« la veuve qui s’efforçait en vain de prendre une allure chancelante » - ne serait-elle pas sincère dans son chagrin ? – la chanteuse en robe rouge a un beau visage – une comédienne s’approche et lui murmure des trucs que j’entends mal parce que j’ai fortement baissé le son pour ne pas gêner les voisins –

 

8.
Il y a cette fille cette jeune femme que je croisais naguère dans l’escalier et qui me demandait invariablement « Comment allez-vous ? » - Je crois que Zut m’a dit qu’elle avait déménagé – elle était mignonne jolie mince et même qu’une fois elle était en short moulant bleu parce que c’était l’été (du moins je crois mais ça je l’ai peut-être fantasmé).

 

9.
Il y a un paragraphe dans le texte d’Exbrayat qui évoque l’éloge funèbre du défunt prononcé par le révérend – je me souviens du jour où une collègue me donna un faisan – comme quoi « il est inutile, pour l’homme, de toujours parler de l’avenir, au lieu de se préoccuper surtout de son âme » - c’est bien des paroles de révérend ça - il y a du rouge et du bleu dans cette mise en scène – tout à l’heure j’écouterai du jazz.

 

10.
Je me demande si l’âme a un avenir – je me demande si cela a du sens de parler de l’avenir d’une âme – et du passé d’une âme, cela fait-i sens ? – cela me semble plus acceptable mais pourquoi je ne sais pas.

 

12.
Les trois dames, le « trio de corneilles » se tient « à la porte du cimetière » - je ne sais pas si Exbrayat fait dans l’allusion mythologique ou pas – après tout, trois dames toutes en noir peuvent bien se tenir « à la porte du cimetière » un jour d’enterrement ; qu’est-ce que ça prouve ? – En tout cas, dans le roman, elles causent et disent du mal de la veuve, elles allusionnent et vipérinent, qu’elles la soupçonnent, la veuve, d’être à l’origine de la mort de Hugh Reston que l’on vient d’enterrer à la page 80 du roman « Notre Imogène » d’Exbrayat. 

 

13.
J’entends du piano ; c’est du Schönberg. Pas drôle du tout et on dirait que ça va se découdre mais non c’est remarquablement solide et tragique comme une poupée abandonnée dans un grenier, que l’on retrouve et qui vous met mal à l’aise, comme si elle voulait vous faire peur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

13 mai 2025

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

 

1.
« Elle s'appelait Conception
Elle avait besoin d’affectionne
Elle avait un chum en prisonne
Parce qu'il jouait trop bien du gun
Conception »
(Robert Charlebois)
la chanson « Conception », de Robert Charlebois : gouleyante, marrante, rigolote, pimentée.

 

2.
« Un instant, il demeura bouche bée. Puis il se frotta les yeux et me regarda attentivement. Apparemment, j'appartenais bien au genre humain. Il n'y comprenait rien. »
(Jerome K. Jerome traduit par Philippe Rouard, « Trois hommes dans un bateau »)
L’expression « bouche bée » me rappelle ce bout de phrase lu il y a longtemps dans un San-Antonio (me semble-t-il et national insolent, ça c'est sûr) : « ta babouche, baby » décliné en « ta babouche, bay, bée ». Oui, c'est bête, d’ailleurs défois qu’on est bouche bée et qu’on se sent tout bête itou. Tout bête, bouche bée, il ne trouva rien à balbutier, aucune syllabe ne bondit de sa bouche pour se ruer sur le réel ; il n’était même pas bègue.

 

3.
« On a compté par ailleurs depuis 1555 au moins 170 éditions des « Prophéties » elles-mêmes. »
(Yves Lignon, « Nostradamus » in « Les énigmes de l'Etrange », 2005)
Mystère et patte d'éléphant. Aussi le talent d'un hermétisme poétique bien pensé.

 

4.
« C'est, sur la Tamise, la seule méthode afin qu’une bouilloire consente à bouillir. »
(Jerome K. Jerome)
La Tamise est un fleuve britannique, et c'est donc pour cela que je n'ai ni tonton, ni tata, ni toutou, ni toux persistante qui attendent le thé sur la Tamise et qu'en conséquence, aucune bouilloire de ma connaissance, en passe de se mettre à bouillir, ne passe sur la Tamise.
J'ai la bouilloire aussi absente qu'un génie dans la bouteille, qu'un bon dieu sans confession, qu’un canard sans coin-coin.

 

5.
« Ne pleure pas, ma belle » ; je dis ça parce qu'il y a toujours une fille plutôt sympa et jolie, et un peu naïve aussi qui pleure quelque part et je vais me faire des pâtes au jambon.
Tout ça étant ridiculement petit-bourgeois, condescendant et de quoi j'me mêle.

 

6.
« Il faut se faire aussi gros que les bœufs, dans ce monde de grenouilles. »
(Jean-Patrick Manchette, « L'affaire N'Gustro » [le narrateur]) 
Défois, y en a qui se font aussi gros que des bœufs, qu'on en est tout béat, bouche bée, qu'on se dit « eh bin, dis donc ». Les bœufs, ça fait penser à la bavette, qu'on mange avec des frites, à la buvette, qu'on y boit de la bière en pensant aux frites qu'on mangerait bien avec un bout de bœuf, et que le monde soit plein de grenouilles, c'est ce qu'on se dit aussi, qu'ça grouille et coasse, grouille et coasse, grouille et coasse, qu'la caravane passe et qu'le bœuf éclate.

 

7.
« Mais mystérieuses et inhabituelles ne signifie pas pour autant surnaturelles. »
(Richard D. Nolane, « Le Triangle des Bermudes » in « Les Enigmes de l'Etrange »)
Sinon, la vie presque toute entière serait surnaturelle (déjà qu'elle est souvent bien cheloue, louche et curieuse).
Quant au « Triangle des bermudas », je suppose que ça doit être un film interdit aux mineurs.

 

8.
Entendu dans une vidéo sur YouTube (la chaîne « Et Pan ! », épisode 4, « OVNI,  l'histoire secrète (1896-1969) » dire que les sous-marins soviétiques du siècle dernier, patrouillant je ne sais où sous les eaux de la guerre froide, furent parfois confrontés à un « phénomène sonore » non-identifié qu’ils pensèrent d'origine américaine, ou alors un bestiau des gouffres, genre « calamar géant » ou alors c’étaient, dit-on, des OVNI sous-marins, et, comme les Russes comparaient ces sons à des « coassements de grenouilles » (« Quackers »), doit-on en conclure que les OVNI coassent ou que les extra-terrestres des profondeurs marines sont des batraciens ?
J'adore la désinformation « OVNI ». Quel film ! Quel scénario ! Quel talent dans l'enfumage ! En voilà du complotisme qui tient la route !

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mai 2025

11 mai 2025

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

 

1.
26 avril 2025. Paraît que, selon le site « Les Echos », le ministre de l'aménagement du territoire, François Rebsamen, envisagerait une « contribution modeste » pour le « financement des services publics de la commune ». Cela s'appelle un impôt local (pour remplacer la taxe d'habitation?) et on connaît la chanson : on commence par une « contribution modeste » pour continuer par des hausses régulières de cette contribution « modeste » (tu parles) et zou, on finit par tondre consciencieusement le contribuable afin de subventionner des bêtises, voire euh non rien.

 

2.
26 avril 2025. On dit que Trump se demande si Poutine ne serait pas en train de le « balader » et on en conclut un peu vite que Trump pourrait changer de politique envers la Russie :
3 hypothèses :
- soit Trump joue la comédie et fait semblant de s'offusquer du comportement de Poutine mais, en fait, le krasnov aurait choisi son camp depuis longtemps et continuera à servir la soupe à la mafia poutinienne autant qu'il le pourra ;
- soit Trump est toujours aussi changeant d'humeur, instable et inconséquent, et comme il change d'avis aujourd'hui, il changera d'avis demain ;
- soit Trump a soudain ouvert les yeux et se rend compte que, s'il veut rester crédible, il a tout intérêt à faire siens les objectifs de l'Occident des démocraties et donc décourager Poutine de continuer à bombarder les populations civiles ukrainiennes.

 

3.
Le point commun entre l’extrême-gauche (LFI et autres agités) et l’extrême-droite (RN, Reconquête et consorts périlleux), c'est leur détestation des sociaux-démocrates. C'est pour cela qu'un démocrate sincère, de gauche comme de droite, ne peut se sentir proche ni de Mélenchon, ni de Bardella.

 

4.
2 mai 2025. Quel que soit le sort des armes, que l'Occident ne renonce pas à soutenir le président Zelensky et l’Ukraine libre et indépendante ; c'est une question d'honneur et de sécurité face à la guerre hybride que Poutine a  décidé de mener contre nos démocraties. 

 

5.
Les Français qui combattent pour le compte de la Russie dans la sale guerre de Poutine en Ukraine sont des traîtres à la patrie point barre.

 

6.
Il serait naïf de croire que les soutiens de l’Ukraine ne se trouvent que chez les « progressistes » et autres « mondialistes » ; il ne manque pas de gens de droite, plutôt conservateurs, que la perspective d'une Russie totalitaire et surpuissante en Europe insupporte.

 

7.
Difficile de dire si Trump est un crétin qui plonge les USA dans la récession ou si c'est un génie qui, confiant dans la résilience de l'économie américaine, accepte les risques momentanés d'une crise pour restaurer la paix en Europe, ouvrir le marché ukrainien aux produits made in USA et surtout casser l'alliance entre la Russie et la Chine.

 

8.
Mai 2025. Entendu dire que le président Macron envisagerait de revoir les rythmes scolaires en raccourcissant les vacances d'été : les professionnels du tourisme apprécieront ; en outre, ouvrir plus longtemps les établissements a un coût. En conséquence, à moins de rallonger les vacances d'hiver, il est à penser qu'un étirement de l'année scolaire (jusqu'au 13 juillet ? ou alors avec une rentrée dès le 16 août?) serait économiquement contre-productif, et en période d'austérité budgétaire, ce n'est sans doute pas le moment ; il est vrai aussi que le président Macron n'aura guère brillé par sa prévoyance en matière de finances.

 

9.
Mai 2025 : en trente ans de carrière, je n'ai jamais vu une fin d'année scolaire aussi abracadabradantesque et irrespectueuse que celle-ci,  la technocratie n'a décidément que peu de limites dans l'art du n'importe quoi.

 

10.
La politique en France ? Une combinaison entre commerce et pseudo-élite des pseudos grandes écoles.
Résultat : les partis-entreprises (qui n’accéderont jamais au pouvoir et n'y tiennent d'ailleurs pas, LFI et RN) travaillent pour la plus grande gloire de la médiocrité technocratique des partis de gouvernement (de l'insipide PS au carriériste LR).

 

11.
« La démocratie, tyrannie de l'incompétence » est sans doute l'un des meilleurs sujets d’examen qui ait jamais été donné.
Certes, je suis démocrate (c'est-à-dire que je conteste les systèmes anti-démocratiques tout en restant sceptique sur l'efficacité réelle de la démocratie), mais en ces temps de trumpisme et de poutinisme, la question, je crois, mérité d'être posée.

 

12.
Et dire que ceux qui sont qui sont censés apprendre à vos mômes ce qu'est l'esprit critique sont les mêmes qui acceptent sans guère broncher que, peu à peu, les normes du CPS (compétences psycho-sociales) contaminent nos enseignements.
Foutez la paix aux normes morales des Français, elles ne sont ni meilleures ni pires qu'ailleurs (et même plutôt meilleures, je pense) mais, en tout cas, elles ne regardent pas les enseignants et encore moins le gouvernement.

 

13.
La Belgique a acquis une identité si forte qu'il serait vraiment dommage ue les Flandres soient avalées par les Pays-Bas et que la Wallonie devienne une sotte administration française de plus.

 

14.
11 mai 2025. Paraît que Poutine demande à négocier avec le président Zelensky. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine et il le sait. Il ne contrôle, au prix d'un nombre considérable de morts et de blessés, qu'une partie du Donbass ; Trump l'a roulé dans la farine et les USA ont la main sur l'exploitation des minerais et des terres rares ukrainiens tant convoités ; le président Zelensky a maintenant une dimension internationale d'homme d’État ; l'OTAN est toujours aussi puissante ; l'économie russe est en lambeaux et la parole de la Russie ne vaut plus un kopeck (Lavrov, vous pouvez aller composer vos niaiseries dans votre datcha de luxe, vous ne servez plus à rien) ; en outre, les pays des BRICS s'entre-déchirent et la France ne basculera pas à l’extrême-droite en 2027.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

11 mai 2025

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

 

1.
« Nadja, arrivée la première, en avance, n'est plus la même. »
(André Breton, « Nadja »)

 

Nadja ne vous écrira pas aujourd'hui. Pas question.
Arrivée de la banshee incessamment.
La truite ne se prend pas pour un saumon (comme prévu, le frelaté des insoumissions et le cadet de la navale font tout pour perdre). De laisser tomber la souris.
Première année, le krasnov orange va se planter (la chanson est vouée à rester la même).
En deux temps trois mouvements le Russe va perdre sa dame (gambit refusé) cette (le chat est trop gros)
Avance (JD, on lui dit merde) n'est qu'une illusion, demandez aux flammes rousses (une perruque rousse désigne immédiatement). Il
N'est plus temps de se demander si le téléphone va manger du homard.
Plus personne (l'ironie est partout ; ses yeux brillent).
La violonade est pour bientôt (Nadja attend son encre).
Même chose ici qu'ailleurs : les billets flambent ; trop de monde sur le pont.

 

2.
« 9 octobre – Nadja a téléphoné en mon absence. A la personne venue à l'appareil, qui lui demandait de ma part comment l'atteindre, elle a répondu :  « On ne m'atteint pas. »
(André Breton, « Nadja »)

 

9 n'est que le jour de l’annonce de l'arrivée de la banshee.
Octobre verra des jours meilleurs.
Nadja n'a pas le téléphone (les homards sont dans la verte). Nadja
A le téléphone (les homards répondent). 

 

En 2 temps 3 mouvements, le Russe perdra ses tours (elles se détestent).
Mon Dieu, pourquoi suis-je si faible et le Diable si puissant ? Mon manque de foi, cette
Absence de l'être, va-t-il me priver de boudin blanc cet hiver ?

 

A Moscou, à l'heure perdue, on croit plus au sang qu’aux larmes.
La puissance du marteau se heurte à la morale du clou.

 

Personne (je l'ai déjà dit : l'ironie se régale et décompose la chair sous les masques). Elle est
Venue la chanson, avec la fièvre.
A jamais (ce peu qu'il me reste à vivre), je préfère le « New Boots and Panties » de Ian Dury et des Blockheads aux complaisances des ondes.
L'appareil est en fonction et comme on dit dans tous les bars : « Pas de fumée sans feu ».

 

Qui arrêtera cet homme ? N'y a-t-il personne ? Le président Zelensky est-il seul ?
Lui qui fut clown, le voilà homme d'Etat, et Poutine matamore ridicule et sanglant. Zut
Demandait l'âge du capitaine mais chacun sait que le capitaine n'a plus d'âge (il l'a joué aux dés).

 

De cette guerre mondiale qui s'annonce, que voulez-vous qu'on dise sinon que Cassandre a toujours raison.
Ma foi est aussi absente que l’honnêteté à l’Assemblée nationale. Qui
Part à la chasse perd sa place (Poutine devrait méditer cette sagesse des écoles françaises).

 

Comment allez-vous ? fait la flamme à la sainte. La mort, farce atroce.
L'atteindre ? Vous voulez dire « la joindre » ? Je suppose que vous voulez la joindre mais
Elle n'est plus joignable depuis que Zut s'est mise au pistolet automatique. Elle
A observé la Jeune Ukraine et s'est souvenue que l'on n’arrête pas le flux (Poutine ne connaît pas toutes les nages). Rien ne me sera
Répondu : les morts qui marchent n'ont plus de mots et bavent leurs leçons.
On se souvient que le 8 mai commémore la victoire des démocraties.

 

Ne vous fiez pas à la fontaine à promesses ; elle fait juste son travail. On ne
M’atteint pas mais vous ne perdez rien pour attendre. Ce ne sera
Pas la dernière parole de l'homme qui se tient debout face au mur de flammes que les bouches gâtées lui annoncent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

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10 mai 2025

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

 

1.
« Allongeant le bras derrière elle,... »
(John Updike)
Allongeant le bras derrière elle, elle constata que le poulpe était toujours là.

 

2.
« Il jeta le fond de son verre. »
(John Updike)
Il jeta le fond de son verre lequel, illico presto, et sans demander son reste.

 

3.
« non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, »
(John Updike)
Non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, mais il dit aussi des choses merveilleuses dont Zut ne se souvient pas parce que Zut, pas là, à cause des crêpes ou des saucisses, je ne sais plus.

 

4.
« ce vieux luthérien au visage carré »
(John Updike)
Ne connaissant aucun « vieux luthérien », je ne sais pas s'il a le visage carré ou pas, et m'en fiche, n'ayant aucune envie de fréquenter ni vieux luthérien, ni, en dehors de l’inévitable, la plupart des gens que je trouve de plus en plus trop nombreux, bavards et inconséquents.

 

5.
« Pareil au timbre lent d'un immense gong, le jaune envahissait les bois, (...) »
(John Updike)
Je ne prends pas de gong au petit déjeuner ; ça pèse un peu trop sur l'estomac.

 

6.
« Une vision quelque peu effrayante, cette corrosion, cette douleur, cette fuite du temps soudain révélées dans leur nudité. »
(John Updike)
Depuis l’affaire du zèbre zigzaguant, Zut évite les visions. Elle ne s'en remet pas pour autant à la cornemuse.

 

7.
« L'hiver s’écoulait. Il neigeait et dans la chambre noire des tourmentes qui soufflaient à longueur de nuit, (...) »
(John Updike)

Zut envisage d'aménager une chambre noire, d'où elle pourra contempler les tourmentes qui s'agitent sur la ville.

 

8.
Dans mon jardin, pas de mélenchon ; ça peut donner la serpentine agressive. Je ne cultive pas non plus la poutine, pour la même raison.

 

9.
« Ses yeux se réduisaient à deux éclats de diamant, son visage se figeait, de plus en plus pâle, tandis que grandissait son auditoire invisible, ce qui la poussait à forcer la voix. »
(John Updike)
Je n'ai que rarement vu le visage de Zut se figer ; c'est qu'il est très difficile à attraper.

 

10.
« Maintenant, la foule imaginaire se pressait derrière elle – des troupes qu’elle menait au combat.»
(John Updike traduit par Maurice Rambaud, « Les Sorcières d'Eastwick »)

 

Maintenant je vais écrire ce petit texte sans importance
La journée se termine (il est 19 heures) il n'y a pas
Foule dans ma tête mon
Imaginaire n'est pas très débridé aujourd’hui il
Se tient tranquille Ça ne se
Pressait pas trop dans ma caboche ces derniers temps
Derrière les rideaux nul assassin
Elle est partie à sa répétition
Des chansons, je n'en connais guère, je me souviens que le mot
Troupes désignait les cigarettes que l'on trouvait dans les rations des soldats jadis (des Gauloises je crois)
Qu’elle soit vénéneuse cette fourchette ne m’étonnerait pas Cet homme
Menait une drôle de vie ; pas étonnant que le cœur ait flanché Vivre
Au jour le jour n'est pas facile d’ailleurs rien n'est si facile Un
Combat la vie ? Je ne sais pas. Pour beaucoup, oui, je suppose que oui. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2025.

9 mai 2025

DISCORDANTE ET RIDICULE

DISCORDANTE ET RIDICULE

 

« Un luth, une guitarone, et un hautbois. Symphonie discordante et ridicule. Madame Laure à son balcon, derrière une jalousie.  »
(Aloysius Bertrand, « La Sérénade »)

 

Un luth ? Que voulez-vous que je fasse d'un
Luth ? Je ne joue pas de musique, je regarde des clips sur Youtube
Une guitarone ? Koikenfer ? même que la
Guitarone, je ne savais même pas que c’était une « petite guitare »
Et du hautbois je n'en veux pas non plus oh donnez-moi
Un steak-frites que je le dévore car voyez-vous un
Hautbois ne se mange pas et j'ai faim et j'ai soif (ajoutez donc de la bière bien fraîche).

 

Symphonie, quel drôle de mot d'une musique que nous n'écoutons guère avons-nous l'âme
Discordante notre montre joue-t-elle des claquettes et notre âme discorde-t-elle
Et bien ridicule allez
Ridicule comme une chanson d'amour chantée à une chemise par un fer à repasser.

 

Madame  Laure je ne la connais pas Madame 
Laure j'ai connu une miss Sauterelle elle était très grande
A mon avis ça ne plaît guère aux longues jeunes filles qu'on dise d'elles que ce sont de grandes sauterelles
Son cerveau grouille-t-il de serpents sifflants ? Quant au 
Balcon, va-t-il assister à l'incendie de Rome (il faudrait pour cela que le balcon ait des yeux) et
Derrière Poutine, pensez-vous qu'il y ait beaucoup de serpents sifflants et Poutine est-il un nœud de vipères
Une fois je me suis rattrapé de justesse alors que je m'échappais (c'était derrière une 
Jalousie et je ne pense pas avoir lu ce roman).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2025.

4 mai 2025

MOURIR PARCE QU'IL EST MORT NON JE N Y CROIS PAS

MOURIR PARCE QU'IL EST MORT NON JE N Y CROIS PAS

 

1.
« - « Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de l'incendie ? »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Je ne l’appelle pas « mon ami », le grillon
Je pourrais peut-être que je pourrais
Littérairement, ou alors mystiquement
Je pourrais peut-être appeler le grillon « mon ami »
Il est vrai aussi que je ne fréquente guère de grillons
Les grillons, n'est-ce pas, sont rares par ici.

 

2.
« Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les paroles de la salamandre, ne répondit point, soit qu'il dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût fantaisie de bouder. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

La salamandre, c'est l'esprit du feu, dit-on
(en fait, je l'ai lu dans les notes qui figurent dans une édition de poche de « Gaspard de la Nuit »)
Je ne savais donc pas la salamandre capable de paroles « affectueuses »
Je ne pense pas que cela soit d'une très grande utilité de savoir que l'esprit du feu puisse discuter avec les grillons
C'est moins utile qu'une fourchette
C'est moins utile qu'un couteau
C'est moins utile qu'une balayette
et moins partant qu'un bateau
Je ne m'interroge même pas sur la symbolique de l'esprit du feu
A vrai dire je m'en tamponne la cafetière
D'autres s'y intéressent savamment 
Savamment qu'ils s'y intéressent
Ils ont bien raison
En tout cas, c'est toujours mieux que d'aller massacrer ses contemporains. 

 

3.
« Oh ! chante-moi ta chanson de chaque soir dans ta logette de cendre et de suie, derrière la plaque de fer, écussonnée de trois fleurs-de-lys héraldiques ! »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Oh comme il est beau ce chapeau, ce lavabo, et ce chameau est-il beau (je ne sais pas si l'on peut trouver beau un chameau) Dans
Chante-moi il y a le son « ch » comme dans cheveu cheval chapeau chameau château et
Moi aussi je chuinte que le chuintement c'est le cri de la chouette et le son « ch » est dit chuintant donc chante-moi fait la salamandre au grillon chante-moi
Ta chanson lequel mot, chanson, rime avec chausson, charron, chapon, et la
Chanson, on la connaît, faudrait pas nous prendre pour des 
Faudrait pas nous prendre pour des sots 
Je ne chante pas de chansons 
D'ailleurs je chante faux 
Je fais des pâtes au jambon 
Mais je ne chante pas 
De chansons.

 

4.
« Mais le grillon ne répondait point encore, et la salamandre éplorée, tantôt écoutait si ce n’était pas sa voix, tantôt bourdonnait avec la flamme aux changeantes couleurs rose, bleue, rouge, jaune, blanche et violette. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Mais est une conjonction de coordination. Le fait de le savoir prouve que vous avez été à l'école et que vous n'avez pas enfermé votre professeur des écoles dans un placard. Ne faites jamais cela : n'enfermez jamais votre professeur des écoles dans un placard car après vous ne saurez plus où mettre votre autre cadavre.

 

5.
« - « Il est mort, il est mort, le grillon mon ami ! »
- Et j'entendais comme des soupirs et des sanglots, tandis que la flamme, livide maintenant, décroissait dans le foyer attristé. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Il est presque cinq heures du matin il
Est que je me lève tôt car je ne suis pas
Mort cela le prouve car
Il est presque cinq heures du matin il
Est que je me lève tôt (pas toujours) car je ne suis pas si
Mort cette boucle le prouve 
Le prouve sans doute.

 

6.
« - « Il est mort ! Et puisqu’il est mort, je veux mourir ! » - Les branches de sarment étaient consumées, la flamme se traîna sur la braise en jetant son adieu à la crémaillère, et la salamandre mourut d’inanition. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Mourir parce qu'il est mort, non, je n'y crois pas. 
D'ailleurs, je ne crois guère en grand chose, sauf aux OVNI, aux revenants, au grand complot technocratique contre la démocratie, au Matin des Magiciens, au retour de toute chose et, bien sûr, au Monstre en spaghetti volant.

 

Flamme qui traîne, adieu à la crémaillère.
Encore faut-il savoir ce qu'est exactement une crémaillère, et là, il faut bien que je trouve un chat, que je lui donne ma langue, pour qu'il me réponde. 

 

Salamandre mourant d'inanition, bonjour la boîte de thon.
Ce qui exige de la mayonnaise, que nous ferons avec diligence et agilité, huile, moutarde et jaune d’œuf. Quant aux frites, nous irons les acheter dans une friterie, car nous sommes civilisés.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mai 2025.

27 avril 2025

ET SI LE MORT RUE C'EST QUE POISSON NE RIT

ET SI LE MORT RUE C'EST QUE POISSON NE RIT

 

1.
« Nostre art s'aprent en deux manières, c'est à savoir par enseignement d'un maistre, bouche à bouche, et non autrement, ou par inspiration et révélation divines ; »
(Pierre Vicot cité par Aloysius Bertrand in « L'Alchimiste")

 

Exercice :
Dans ces phrases, n'encadrez que les COD :
« Les films comiques plaisent aux petits comme aux grands » et pas besoin de prêtre pour faire une omelette et ouvrir un paquet de chips.
« Nul ne prévoyait des réactions aussi spontanées de la part de Maxime », d'autant que le curé, évidemment qu'il peut se la faire tout seul, son omelette.
Je tire une partie de ces phrases d'une édition du Bled d'Edouard Bled et Odette Bled (les ai mises entre guillemets) et je note qu'un saxophone ne peut se faire une omelette.

 

2.
« ou bien par les livres, lesquels sont moult obscurs et embrouillez ; et pour en iceux trouver accordance et vérité moult convient estre subtil, patient, studieux et vigilant.»
(Pierre Vicot cité par Aloysius Bertrand in « L'Alchimiste")

 

Vous retrouverez les titres des livres auxquels Pierre Vicot fait allusion et, tout en respectant les normes en vigueur, vous  traduirez en gwaziliche  ceux que vous pourrez acheter, récupérer ou gougnafier. Vous éviterez de finir le paquet de chips (ce n'est pas si bon pour la santé).
Quand vous aurez fini, inutile de sonner de la trompette ou de frapper du gong cause qu'on s'en fiche bien des alchimies traduites en gwaziliche.

 

3.
« Rien encore ! - Et vainement ai-je feuilleté pendant trois jours et trois nuits, aux blafardes lueurs de la lampe, les livres hermétiques de Raymond Lulle ! »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Après avoir vérifié que Raymond Lulle (1232-1315) s’appelait bien Raymond, vous vous poserez la question de l'influence de la boîte d’épinards et du marin dans l’œuvre de celui dont on ne sait pas s'il fut réellement alchimiste, et dont vous aurez résumé la pensée en trois tweets maximum (à défaut, vous pouvez détailler votre recette de cuisine préférée).

 

4.
« Non rien, si ce n'est avec le sifflement de la cornue étincelante, les rires moqueurs d'un salamandre qui se fait un jeu de troubler mes méditations. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Le salamandre est ici l'esprit du feu. On notera qu'il est moqueur. Ce qui ne concerne aucune sorte de sœur, qu'elle ait ou non les yeux bleus, les cheveux bleus, le sang bleu.

 

5.
« Tantôt il attache un pétard à un poil de ma barbe, tantôt il me décoche de son arbalète un trait de feu dans mon manteau. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

L'arbalète était une arme de trait qui fut très utilisée au moyen-âge. Les arbalétriers ne buvaient pas de coca-cola parce que Christophe Colomb n'avait pas encore été inventé.

 

6.
« Ou bien fourbit-il son armure, c'est alors la cendre du fourneau qu'il souffle sur les pages de mon formulaire et sur l'encre de mon écritoire. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Le formulaire contient les formules nécessaires comme les os nécessaires remuent sous la peau et que sous la peau de la mer se trouvent les poissons, les grands fonds et les galions engloutis.

 

7.
« Et la cornue, toujours plus étincelante, siffle le même air que le diable, quand Saint Eloy lui tenailla le nez dans sa forge. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Wikipédia me précipite que la cornue « est un récipient utilisé dans un laboratoire de chimie pour la distillation ou la distillation sèche de substances. » Je ne pense pas qu'il existe de formations musicales de cornues : pas de hard cornu pour siffler « le même air que le diable, quand Saint Eloy lui tenailla le nez dans sa forge. »

 

8.
« Mais rien encore ! - Et pendant trois autres jours et trois autres nuits, je feuilletterai, aux blafardes lueurs de la lampe, les livres hermétiques de Raymond Lulle ! »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

« je feuilletterai » est la forme de la première personne du futur de l’indicatif. et on peut conjuguer le verbe « feuilleter » en mangeant un mille-feuille mais il faut avoir des doigts.

 

Et si le mort rue, c'est que poisson ne rit.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 avril 2025

 

26 avril 2025

COMME UN OS DANS LA SARDINE

COMME UN OS DANS LA SARDINE

 

1.
« Dans la rue déserte où nous parvînmes sans avoir été remarqués, je l'arrêtai et je lui demandai, anxieux :
« Eh bien, mon ami... Avez-vous retrouvé le parfum de la Dame en noir ?... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Il faut faire attention à ne pas emprunter trop souvent la même rue déserte ; elle pourrait s'attacher et vous flanquer un terrible bourdon sentimental.

 

2.
« Ah ! c’était toujours un spectacle de le voir regarder les choses autour de lui. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Les choses défois on voudrait les regarder dans les yeux, histoire d'évaluer la force de son regard, avant qu'elles se mettent à gigoter dans tous les sens.

 

3.
« Eh bien, fit-il, il n'est pas mort ! »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Darzac])

 

Et si le mort n'est pas mort, peut-on supposer que le mort rue, et me disant cela, je pensai à la boîte de thon, à la mayonnaise, aux pommes de terre sautées, aussi à Coin-coin Kessako qu'vous savez pas qui c'est.

 

4.
« Avec Larsan, on n'est jamais sûr d'une chose pareille. Où est le cadavre ? » »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Défois on sait plus on les met, ses cadavres que faut faire attention, défois qu'ils s'évadent de la mort des placards pour aller faire les fantômes et on ne sait quoi dans les campagnes hallucinées et les bandes de musique rare.

 

5.
« Ah ! les vitres noires ! les vitres noires derrière lesquelles se cachait Larsan !... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Dans la vie, parfois, on croise des vitres noires ; il ne faut pas les regarder, elles vous voient, il ne faut pas les regarder surtout que pourrait y avoir des larsans derrière où on ne sait qui de périlleux de lancinant de tranchant ah les vitres noires faut les éviter ! 
 

 

6.
« Il ne se montre si bien là où il paraît être que pour qu'on ne le voie pas là où il est. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
De qui Rouletabille parle-t-il donc ainsi ?
Défois, le Diable et le bon Dieu, on sait pas trop où ils sont mais Larsan si, on sait pour Larsan, derrière les vitres noires.

 

7.
« Qu'est-ce que ceci, sinon l'ombre d'un canot qui se détache de l'ombre du fort et glisse maintenant sur le flot argenté ? »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])

 

Ce n'est pas parce que le flot est argenté qu'un canot y glisse dessus et qu'une devineuse fume sa clope sous la lune pleine de choses et autres parce qu'on ne sait pas ce qu'il y a dans la lune.

 

8.
« L’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Et pourquoi donc que « l’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau » ? Parce que :
- D'une manière générale, il vaut mieux ne pas croire tout ce qu'on nous dit et même tout ce qu'on ne nous dit pas parce qu'on nous en cache ?
- Ce n'est pas aux rideaux que l'on apprend à faire la soupe ?
- A force de chercher du lard aux cochons, on finit par tomber sur un os dans la sardine ?

 

9.
« - Toujours les yeux ! Prenez garde à vos yeux, Sainclair... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Rouletabille a raison : il faut prendre garde à ses yeux car défois, ils voient, les yeux, des choses qui n’existent pas parce que, soit le cerveau hallucine, soit on est tout berlué de l’extérieur même qu'on dit qu'on n'en croit pas ses oreilles.

 

10.
« - Oh ! Oh ! fit-il, du sang de Larsan !... Qui est-ce qui connaît le sang de Larsan ?... Qui en a jamais vu la couleur ? Pour connaître la couleur du sang de Larsan, il faudrait m'ouvrir les veines, Sainclair ! C'est le seul moyen !... » 
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Les romans policiers ça raconte des histoires sanglantes c'est pour ça il faut faire attention à ne pas s'en mettre trop plein la tête qu'après on pourrait en avoir les mains sales que là, voyez, j'écoute le Led Zeppelin d'il y a des lunes électriques vrombir une version concert de « Dazed and confused » et c'est très épatant aussi.

 

11.
« - Non, ce n'est pas la même chose, conclut Rouletabille, puisque c'est le contraire. Dans la Chambre Jaune, il y avait un corps de moins ; dans la chambre de la Tour Carrée, il y a un corps de trop ! »
(Gaston Leroux)

 

 

Le problème des corps de moins et celui des corps de trop ne cessent d’inquiéter en haut lieu. On craint en effet une contagion au niveau mondial qui ne pourrait que fausser les statistiques. Inquiétudes sur les ponts. 

 

12.
« La Tour Carrée, habitation de la Dame en noir, était l'objet de son constant souci. »
(Gaston Leroux)
Cette phrase signifie-t-elle que :
- Qui a constant souci mange pourtant du riz ?
- Que le joueur joue avec les pièces noires ?
- Que qui mange du riz peut tout aussi bien manger du poisson, que l'on soit, ou non, vendredi ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 avril 2025

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