QUAND MON BANDONEON ME RAPPELLE
QUAND MON BANDONEON ME RAPPELLE
« Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois
Du grotesque récit de vos rares exploits.
La sottise ne plaît qu'alors qu'elle est nouvelle.
En un mot, faites reine une autre qu'Isabelle. »
(Corneille, « L'Illusion comique », III, 4 [Géronte])
1.
Je n'ai pas le talent d'écrire des Victor Hugo, des Georges Simenon, des Albert Camus, ou des rapports à une académie ; aussi je
Ne ponds que des grotesques, mais allégrement alors. Je ne
Suis que ce que je tente d'être, mais en mangeant des frites.
2.
Pas un jour sans que mon bandonéon me rappelle que la vie est absurde. C'est d'autant plus vrai que je n'ai jamais eu (et n'aurai probablement jamais – sauf si j'en trouve un dans une boîte à livres) de bandonéon. Quand Zut n'est pas
D'humeur à être Zut, Zut disparaît. Il n'y a plus de Zut alors.
3.
A beau mentir qui sait parler, car s'il ne sait pas, pourquoi revenir avec un éléphant ? Il faut se dépêcher de
Rire de tout, de crainte de n'en avoir bientôt plus rien à carrer.
4.
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle revient vous flanquer une gifle.
5.
De Thierry Mariani (politique français au service de la Russie), mon chien n'a rien à dire. Défois, il gronde. Il y a des
Fois où la marchande de foie qui vendait du foie dans la ville de Foix, eh bien, elle a mal au dos.
6.
Du vent qui souffle dans la montagne, je n'ai rien à dire. D'ailleurs, je n'ai pas de guitare, pas de moustache, pas de pipe et juste un œuf pour me le faire cuire. L'adjectif
« Grotesque » vient d'une histoire de bizarres peintures sur les murs de ruines romaines, d'une sorte de grotte aux peintures étonnantes surprenantes curieuses et découvertes à la fin du 15ème siècle, d'où le nom de « pittura grottesca ». Je lis ça dans Wikipédia cependant que ma fourchette me regarde d'un drôle d’œil en me murmurant de façon insistante qu'elle a faim. La tête est le lieu même de l'invention, du
Récit grotesque. Et nous promenons tout au long du jour notre intime grotesque vision du réel, et des autres qui s'y agitent, et nous appelons cela lucidité.
7.
De ces quatre vers de Corneille que je cite, je dirai que Géronte y dit clairement à Matamore qu'il n'est qu'un guerrier de pacotille, une baudruche qui s'écoute parler, et qu'Isabelle, la fille de Géronte, n'est pas pour son vilain nez. Aucun rapport avec notre premier ministre tout neuf, François Bayrou, qui a déclaré tantôt qu'il n'ignorait « rien de l'Himalaya ». Nous voilà donc rassurés.
8.
Vos veaux ont-ils avoué ou se vouent-ils au silence ? Le Commissaire Leboeuf se perdait en conjectures et pensait à une boîte de thon, parce que le thon, c'est bon, surtout avec des pommes de terre sautées. En ce moment, en France, les premiers ministres ne sont pas
Rares. Ainsi, après avoir nommé Élisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier, le 13 décembre 2024, le président Macron procéda à la nomination de François Bayrou au poste de premier ministre. Certains pensent que c'est peut-être sa dernière carte. Si Bayrou échoue, Macron devra-t-il démissionner ? Quant à l'article 16 qui donnerait au président des pouvoirs très étendus, je ne crois pas que l’État soit en situation de péril national, et que la France serait réellement en danger, si le président Macron n'avait plus d'autre choix que d'accepter un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire, sauf à ce que la France Insoumise tentât de renverser la Vème République, pour y instaurer on ne sait quel régime, mais nous n'y sommes pas encore, et sans doute n'y serons nous jamais. Quant aux
Exploits, je n'en fais guère, c'est contraire à ma façon de boire de la bière en refaisant le monde à ma sottise.
9.
La sottise est ce qui reste quand on comprend très bien qu'on ne comprend pas. Mes pantoufles, soutenues en cela par la table à repasser, aiment à dire que la
Sottise est moins bêtise qu'absence de réflexion. La question devient donc : écrire des sottises (comme je le fais) relève-t-il de l'absence de réflexion ? A cela, je réponds : Oui, Zut, et alors. Je
Ne réfléchis que lorsque l'on me regarde, et si on ne me regarde pas, je réfléchis aussi, mais ça ne se voit pas. Il me
Plaît d'écrire sottises, grotesques et incongrus. Ma sympathie pour les pâtes au jambon en est toujours renouvelée.
10.
Qu'alors que j'écoutai des chansons en anglais, je me dis que toujours ces chansons, je me demande ce qu'en pensent les sardines en boîte, les cornes d'aurochs, les pianos désaccordés, les pâtés en croûte, sans oublier que j'ai du pain sur la planche.
11.
Qu'elle est belle la lavabelle, me dis-je en me rappelant une parodie de Vincent Lagaf' intitulée « Bo le Lavabo », et puis je vomis dedans.
Est-elle belle, la lavabelle, me redis-je en me relevant, et derechef splash dedans.
12.
Nouvelle journée sur la France, qu'on subodore que la dette va bientôt faire de petits impôts, petits mais costauds.
13.
En matière de philosophie, il faut s'abstenir de se crever les yeux. Cela n'aide absolument pas à sublimer la lucidité qui tricote des chaussettes en votre être.
14.
Un peu de Sartre, tout de même, ne peut faire de mal, ainsi, considérons cette proposition sartrienne tirée de « L’existentialisme est un humanisme », je cite : « [...] l’existentialiste ne prendra jamais l'homme comme fin, car il est toujours à faire », et notons qu'il suffit d'ajouter au verbe « faire » le complément « l'andouille », et nous comprenons bien ce que nous voulons signifier. Si. Car au
Mot il faut des lettres comme au jeu il faut des petits chevaux, si on joue aux « petits chevaux », et de l'oie, si on joue au « jeu de l'oie », ainsi que du diable et du bon dieu si vous jouez au jeu de la foi. Amen, mais vite alors parce que j'ai pas qu'ça qu'à faire.
15.
Faites attention à vos yeux. Ils ne voient pas ce que vous croyez. Le mot
« Reine » me fait plus penser aux bouchées à la reine qu'à la décapitation.
16.
Une saucisse m'ayant avoué son désarroi face aux assauts répétés et brûlants d'une compagnie de frites, je me dis qu'une
Autre saucisse lui tiendrait au moins compagnie, en attendant
Qu'Isabelle les bouffe toutes deux, buvant de la bière et roulant des yeux à chanter des chansons paillardes.
Patrice Houzeau
Malo, le 14 décembre 2024.