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BREFS ET AUTRES

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3 janvier 2025

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

DEFOIS QU'ON ATTENDRAIT QUE QUELQU'UN ARRIVE

 

1.
« De temps en temps, lorsqu'elle n'avait rien de précis à faire, elle sortait la boîte de velours, s'approchait de la fenêtre, prenait les cailloux dans sa paume et les regardait avec un mélange de fascination, de respect hésitant et d'effroi. »
(Carson McCullers traduit par Jacques Tournier, « La Ballade du café triste »)
Que sont ces cailloux que Miss Amelia regarde ?

 

- « C'étaient deux calculs qu'un médecin de Cheehaw lui avaient extraits des reins quelques années plus tôt » ?
- Deux éclats d'une météorite tombée quelques années plus tôt et qui avait causé bien des dégâts dans la petite ville triste ?
- Les reliques d'une bête mystérieuse qui avait épouvanté la région quelques années plus tôt ?

 

2.
« Accoudé à la rambarde de la véranda, le bossu fixait la route déserte, comme s'il attendait que quelqu'un arrive. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)

 

- Cette phrase annonce-t-elle un événement surprenant, un coup de théâtre, un coup de corne, un coup de blues, un coup de rouge ?
- Cette phrase annonce-t-elle la tempête, la tempête qui dévaste tout, la tempête, la tempête, la tempête qu'après faut tout réparer ?
- Serait-il que, d'après ce que j'entends sur France Inter ce vendredi 3 janvier 2025, le comédien Philippe Caubère, qui, comme Gérard Depardieu, n'est jamais qu'un saltimbanque, un amuseur de talent, certes, mais enfin rien d'essentiel (Caubère est, par exemple, moins nécessaire que mon boulanger) et bien, qu'il finisse par réellement avoir des ennuis avec la justice, cela serait-il possible ?

 

3.
« Les jeunes gens chassaient le renard dans les forêts de pins, les édredons d'hiver prenaient l'air suspendus à des cordes et, en prévision des jours froids, on enterrait les patates douces dans la paille. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Ce passage, que décrit-il ?

 

- Un mode de vie à jamais disparu ?
- Une scène ordinaire dans l'imagination d'un écrivain américain ?
- Le début d'un film de Francis Ford Coppola, dont j'aime beaucoup le « Peggy Sue s'est mariée » ?

 

4.
« Comme on pouvait s'y attendre, Marvin Macy apporta aussitôt le malheur avec lui.  Le temps changea dès le lendemain et devint étouffant. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Le retour de Marvin Macy signifie-t-il :

 

- L'irruption du fantastique au cœur d'un récit réaliste (Stephen King est-il un lecteur de Carson McCullers) ?
- Un mortel contretemps ?
- Que, pour suivre une chroniqueuse de France Inter, en ces temps de résolutions pour l’année nouvelle, je cite : « Le monde brûle, faisons des blagues. » 

 

5.
Étant donné le caractère imprévisible que l'on prête à Donald Trump, s'il réussit à imposer des négociations entre la Russie et l'Ukraine, dans le cas où Poutine se montrerait hostile à toute proposition qui n'irait pas dans son sens et, de fait, bloquerait toute possibilité d'arrêt des hostilités, faut-il s'attendre à ce que :

 

- Trump hausse les épaules et laisse l'Ukraine et la Russie poursuivre leur guerre meurtrère ? 
- Trump, lié d'une manière ou d'une autre à Poutine, se retourne contre l’Ukraine, voire la menace, au cas où le président Zelensky ne se soumettrait pas aux volontés des Russes ?
- Trump, ne voulant pas se montrer faible et impuissant face à Poutine, décide de surarmer l’Ukraine et d'agir de telle sorte que Poutine sera bien obligé de reculer ?

 

6.
Pourquoi que j'continue à composer mes sottises ?

 

- Parce que cela fait longtemps que j'ai renoncé au dessin ?
- Parce que cela m'empêche de penser à l'essentiel (les autres et la façon qu'ils ont, et pour les motifs les plus divers, de me prendre la tête) ?
- Parce que cela me permet de continuer à lire (j'aime bien), à écrire (j'aime bien), tout en écoutant des chansons pop en anglais que j'pige point (j'aime bien aussi) ?

 

7.
« Car, pendant quelques heures, ils peuvent enfin oublier ce sentiment amer et profond de ne pas valoir grand chose en ce monde. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que ce qui motive les gens, c'est l'espoir qu’aux yeux de quelqu'un leur existence puisse avoir de la valeur ?
- Que ce que nous appelons réel n'a en soi aucun sens et que seul l'humain, par ses actes, lui donne un sens qui ne vaut jamais que pour l'humain ?
- Que, comme l'a écrit Pascal, « un roi sans divertissement est un homme plein de misères » ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 janvier 2025.

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3 janvier 2025

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

ALORS MISS AMELIA DEVINT PATRONNE DE BISTROT

 

1.
« En vérité, elle rêvait d'avoir un fils, qu'elle aurait baptisé Caruso pour qu'il devienne un grand ténor. Puisque l'enfant est une fille, elle change une lettre et l'appelle Carson (qui est un prénom de garçon). »
(Jacques Tournier, avant-propos de « La Ballade du café triste », de Carson McCullers)
Pourquoi cette citation me fait-elle sourire ?

 

- Parce qu'en même temps que je la lis, cette évocation de la mère de Carson McCullers, qui, selon Jacques Tournier, s'appelait Marguerite et « avait la passion de la musique », je pense aux cornichons, lesquels baignent dans le vinaigre comme certains députés dans la bêtise ?
- Parce que Caruso poil au dos et Carson poil aux arpions ?
- Parce que, en vérité, la vérité qui sait-i s'que c'est hein, la vérité ? Et voilà qui rappelle le film « Zazie dans le Métro », de Louis Malle et le roman de Raymond Queneau itou. 

 

2.
« Le reste du temps, la ville est triste, solitaire, un endroit loin de tout, en marge du monde.
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste » traduit par Jacques Tournier)
Pourquoi cette ville est-elle triste ?

 

- Par nécessité de la fiction et par souci de réalisme ?
- Parce que, d'une manière générale, il n'y a pas de quoi rire (poêle à frire) ?
- Parce que les habitants de cette ville « en marge du monde » ne connaissent pas François Bayrou et ses joyeux lutins ?

 

3.
La Vème République à la France, en ce début d'année 2025, on dit qu'elle est en crise, parce que :

 

- C'est à cause de la dissolution-tion-tion à Macron-cron-cron ?
- Le fonctionnement de ses institutions aurait besoin d'être revu et corrigé par un toilettage constitutionnel ?
- Des clous ! La Vème République à la France, elle en a vu bien d'autres, et elle  survivra à Marine Le Pen, étant donnée que, dit-on, Marine Le Pen  pourrait bien en être la prochaine présidente ?

 

4.
« Dans la vie de Miss Amelia, bien rares étaient les jours où elle invitait quelqu'un à dîner – sauf si elle avait l'arrière-pensée de lui jouer un mauvais tour en lui soutirant de l'argent »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que penser de Miss Amelia ?

 

- Que c'est une roublarde ?
- Que c'est un personnage ?
- Qu'elle ne me fait pas penser aux cornichons, et pas non plus à la cornemuse, et pas non plus à la première phrase du texte de Franz Kafka intitulé « Vor dem Gesetz », je cite : « Vor dem Gesetz steht ein Türhuter. » ?

 

5.
« Et voici que le temps doit aller plus vite, car les quatre années qui suivent se ressemblent trop. De grands changements surviennent, bien sûr, mais lentement, par petites étapes, qui n'ont pas d’importance en elles-mêmes. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que se passe-t-il ?

 

- La vie continue, se ressemblant à elle-même, et préparant pourtant, peu à peu, jour après jour, les inévitables bouleversements ?
- La conséquence de la caravane, que ce n'est plus le même chien qui aboie ?
- Miss Amelia a fait de son épicerie un café ?

 

6.
« Il a peur de garder les yeux ouverts dans le noir. Il a une peur terrible de la mort. »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
Que nous rappelle cette phrase ?

 

- Que bon nombre de nos façons d'être s’expliquent par notre peur de la mort ?
- Qu'on dit que certains animaux voient la nuit (on dit alors qu'ils sont nyctalopes) ?
- Que la littérature est une ruse pour, d'une certaine manière, déjouer la mort ?

 

7.
« Et pourtant, c'est étrange à dire, jamais elle ne parlait de lui qu'avec une rancune amère et terrible ; »
(Carson McCullers, « La Ballade du café triste »)
De quoi est-il ici question ?

 

- D'une pièce de théâtre abandonnée, le soir de la première, par son personnage principal ?
- D'un saucisson si sec qu'il lui cassa, à Miss Amelia, deux dents de devant ?
- Du mari de Miss Amelia, Marvin Macy, qu'elle ne garda que dix jours pour le jeter dehors ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2025

2 janvier 2025

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

C’EST QU'AUSSI JE REGARDE BEAUCOUP DE FILM AMERICAINS

 

1.
« Si vous ne voulez pas que cela arrive, endurcissez-vous ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette injonction d’un personnage de combattante vêtue de noir aux cheveux clairs nous rappelle :

 

- Que nous allons tous mourir et qu’il faut s’endurcir à l’idée de la mort, surtout que la surpopulation et la rareté naturelle, ça augmente les risques de mort violente, y compris en Occident ?
- Que dans ce manga fantastique (Red Garden), les personnages principaux étant des jeunes filles ordinaires, elles ont tout intérêt à s’endurcir, si elles ne veulent pas finir dévorées par les ténèbres ?
- Que le monde n’est pas bienveillant et que la bienveillance préconisée par certains acteurs de l’Education Nationale est un leurre qui tend à masquer des intérêts politiques, économiques et sociaux qui relèvent moins de la bienveillance que de l’organisation en cours d’une société du comportement approprié, validé par l’État, autant qu'une société du contrôle de tous par tous ?

 

2.
« C’est parce que tu nous as emmenées là-bas… qu’on a été tuées ! »
(Kirihito Ayamura, « Red Garden » vol. 2]
Cette exclamation d’un des personnages du manga à la vue d’un manoir du genre gothico-sinistre nous apprend que :

 

- Les jeunes filles Kate, Rose, Rachel et Claire sont en fait des fantômes dans un monde assez réel pour être lisible ?
- Le vrai sujet de toute fiction est la façon dont l’idée de la mort conditionne nos existences ?
- Que les humains sont essentiellement des êtres qui vivent et agissent en fonction de fictions politiques, religieuses, morales, bref idéologiques ?

 

3.
Quand le vent remue les lignes de sable qui ondulent sur la plage, c’est joli mais ça ne donne pas envie de sortir. J’ai envie de boire du coca. C’est que je regarde beaucoup de film américains aussi.

 

4.
Que nous a appris la sotte réforme Blanquer ?

 

- Que la sottise est parfois efficace, mais qu’elle reste sottise ?
- Qu’en l’occurrence, l’efficacité de la sotte réforme Blanquer reste encore à prouver ?
- Qu’en fin de compte, la sotte réforme Blanquer aura été aussi contre-productive que les réformes inspirées par le pédagogisme, les outrecuidances de Philippe Meirieu et toutes ces sortes de sottises qui ont amené l’enseignement français aux limites du n’importe quoi ?
Que la sotte réforme Blanquer aura été l’une des causes de l’échec du macronisme ?

 

5.
« Les morts se relèvent… c’est la fin du monde. »
Cette phrase, d’où est-elle tirée ?

 

- Du manga « Red Garden », de Kirihito Ayamura, bande dessinée pleine de mystère et très bien faite ?
- D’un film de zombies (je n’aime pas les films de zombies car ils sont souvent trop violents et que je n’en vois pas l’intérêt que j'aime pas ça) ?
- D’une chanson du groupe Blue Öyster Cult ?

 

6.
« Quand ont-ils bien pu commencer à devenir fous ? »
Cette interrogation d'un personnage du manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura s'applique-t-elle ?

 

- Aux humains en général, qui, effectivement, semblent devenus si fous qu'ils mettent le monde en danger, non seulement par des guerres, mais aussi en se soumettant à la toute puissance d'Intelligences Artificielles, de dieux qui n’existent pas et de dirigeants populistes ?
- Aux « monstres » qui sont « en nous » ?
- Aux « monstres » avec lesquels, selon le personnage du manga, « depuis longtemps, les Delors, vivent en symbiose » ?

 

7.
Le mot « animus », employé dans le manga « Red Garden », de Hirikito Ayamura, désigne-t-il :

- L'esprit, et ainsi « l'animus » désignerait l'esprit et « l'anima » l'âme, qu'il paraît, d'après ce que j'ai lu sur internet, que cette distinction serait un héritage de la philosophie médiévale, elle-même inspirée par la philosophie antique ?
- Une adolescente particulièrement agressive ?
- Un esprit guerrier qui anime certaines âmes ?
- Je ne sais pas trop car, moi, les mangas, quand ça a l'air un peu trop philosophique, je ne cherche pas trop à comprendre parce que ce n'est pas ça qui m'intéresse, qu'en fait, moi, cette histoire d'animus et d'anima, hein... 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2024  

1 janvier 2025

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

DU REMORDS DANS LA CORNEMUSE

 

1.
« C’est pourquoi j’éprouve au fond de moi-même un certain sentiment de culpabilité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [l’archidiacre Brabazon] - quel drôle de nom).
Que penser de l’emploi ici du mot « culpabilité » ?

 

-    Le mot culpabilité apparaît-il ici parce que le genre roman policier a aussi pour sujet la notion de culpabilité ?
-    Le mot « culpabilité » est ici employé pour éviter toute confusion avec le mot « cornemuse ». En effet, un clergyman scrupuleux peut éventuellement éprouver « un certain sentiment de culpabilité », mais il est infiniment improbable qu’il éprouve au fond de lui-même un certain sentiment de cornemuse.
-    Déjà qu’il a un drôle de nom, cet archidiacre, - Brabazon, comme c’est curieux - si ça se trouve, c’est lui qu’est coupable, mais qu’il aurait comme du remords dans la cornemuse hein dites ?

 

2.
« - Je crois que son contenu peut être d’une extrême importance. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Miss Marple])
Que penser ici de l’emploi du mot « contenu » ?

 

-    Qu’il rappelle que le monde est plein de contenants et que dans certains de ces contenants, il y a des choses d’une « extrême importance », et qu’en connaître la nature permet parfois à l’enquêteur d’élucider bien des mystères ?
-    Que la littérature consiste à composer des objets (les livres) qui contiennent des signes, et que parfois l’interprétation de ces ensembles, de ces collections de signes, peut se révéler d’une « extrême importance » ?
-    Que pendant que je compose mes sottises, je suis plus ou moins un film sur Arte, dont le titre est « La grande attaque du train d’or », un film de Michael Crichton sorti en 1978, avec Sean Connery et Donald Sutherland. C’est plutôt plaisant.

 

3.
« Et il faut bien que son corps se trouve quelque part. »
Cette remarque de Miss Marple dans « Némésis » est-elle ?

 

-    Peu conforme à la vérité. Certains cadavres ne réapparaissent jamais car ces corps n’existent tout simplement plus ?
-    Révélatrice de ce qu’un roman policier classique tient un compte exact de ses cadavres ? 
-    Intéressante. Le monde est peuplé de corps qui passent. Certains sont encore vivants, d’autres plus tout à fait.

 

4.
En quoi le film « Le Patriote : Le chemin de la liberté », réalisé par Roland Emmerich, sorti en 2000, est-il un film intéressant ?

 

-    Parce que c’est un bon film sur la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis, bien rythmé, efficace, même qu’il y a Mel Gibson dedans ?
-    Parce que c’est un film qui pose la question de l’hybris guerrier déclenché par la volonté de vengeance ?
-    Parce qu’il y a des batailles dedans, avec des fusils qui font pan-pan, des canons qui tonnent, du sang, des chevaux tout ça ?

 

5.
Les lois servent-elles à :

 

-    Réglementer la vie sociale en vertu d’un projet commun ?
-    Conditionner la vie de chacun de telle manière que l’on vient à douter de l’idée de liberté, sinon de la démocratie elle-même ?
-    Justifier le salaire des députés et la prétendue légitimité des Grandes Ecoles ?

 

6. 
« Plusieurs années se sont écoulées, et cependant on dirait qu’une ombre rôde toujours parmi nous. »
(Agatha Christie, « Némésis » [Mrs Glynne])
Cette réflexion nous rappelle que :

 

-    On vit autant avec les vivants qu’avec ses fantômes ?
-    Que nous menons tous une double vie, celle, tangible et sociale avec les vivants et celle avec les spectres ? (Il arrive que le seconde prenne le pas sur l’autre et cela peut finir tragiquement).
-    Que, comme le chantait Jacques Brel, 
« On n’oublie rien de rien 
On n’oublie rien du tout
On n’oublie rien de rien
On s’habitue c’est tout » ?

 

7. 
Du roman « Némésis », d’Agatha Christie, publié en 1971, peut-on dire que :

 

-    L’assassinat du personnage de Verity Hunt est un crime passionnel ?
-    Que, comme le dit le personnage de Elizabeth Temple, « L’Amour » est « le mot le plus effrayant qui soit au monde. » ?
-    Que « Némésis » est sans doute l’un des meilleurs romans d’Agatha Christie, et l’un des plus allusifs concernant les passions qui animent les corps et les esprits ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2025.

30 décembre 2024

LA CHAIR DE L'ENIGME

LA CHAIR DE L'ENIGME

 

1.
« Il lui semblait qu'il y avait dans cette maison quelque chose d'étrange. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette phrase est-elle :

 

- typique du style roman policier à énigmes dont l'action est souvent située dans de grandes maisons plus ou moins isolées, plus ou moins bien entretenues, et où le mystère plane comme un étudiant en sociologie qui croit savoir alors qu'il sait que dalle ?
- typique du style roman policier à énigmes où l'enquêteur, Hercule Poirot,  Miss Marple ou Sherlock Holmes, doit résoudre de bizarres extravagances ?
- C'est moi, ou France Inter devient de plus en plus nunuche ?

 

2.
« L'histoire était donc une éternelle répétition. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Cette réflexion de Miss Marple à propos de meurtres à répétition dont les victimes sont des jeunes filles donne-t-elle à penser que :

 

- Certains humains sont des porcs et la justice trop clémente (surtout depuis que Badinter joua du violon et fit supprimer l'usage de la machine à se débarrasser des salopards) ?
- L'Histoire est, comme on le lit dans Shakespeare, un « récit plein de bruit et de fureur raconté par un idiot », qui, si ça se trouve, ne vote même pas pour l’extrême-gauche et ses rentiers (le dernier en date s'appelle Mélenchon et il en vit bien, dit-on, le monsieur, de l'arrogance révolutionnaire) ?
- L'Histoire, c'est du théâtre avec de vrais morts dedans ?

 

3.
« - Henry, ne dis donc pas des choses aussi affreuses ! »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Butler à son mari])
Que signifie au juste cette injonction ?

 

- Que lorsque l'on a pour prénom Henry, on ne doit pas dire de « choses aussi affreuses » ?
- Que les gens dont le prénom est Henry disent parfois des « choses aussi affreuses » ?
- Que, pour paraphraser le Irwin Molyneux du film « Drôle de drame » (Marcel Carné, 1937), à force de dire des choses affreuses, les choses affreuses finissent par arriver ?
- Que Henry aurait des choses aussi affreuses à se reprocher ?

 

4.
« - Un ennemi secret. Le terme paraît bien mélodramatique. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Que penser de cette remarque de Miss Marple ?

 

- Que dans les romans à énigmes, l'identité du coupable et le mobile de ses actions sont d'abord si difficiles à percevoir (sinon, il n'y aurait pas d'énigme) que l'on peut penser à quelque « ennemi secret » qui agit dans l'ombre et l'invisibilité ?
- Que « l'ennemi secret » existe bel et bien. Il est tapi dans l'autre, et attend la faille pour vous prendre à la gorge ?
- Que je ne me souviens pas d'avoir lu un roman de genre, ou du genre qu'on en cause sur France Culture, qui aurait eu pour titre « L'Ennemi secret ». Ceci dit, il y a « L'Adversaire », d'Emmanuel Carrère, sur l'affaire Romand, et c'est un très bon livre.

 

5.
« - C'est un nom... un nom que nous connaissions et qui... nous rappelle des souvenirs, répondit doucement Miss Glynne. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis »)
Les romans policiers ont aussi pour objet l'identité, parce que :

 

- Meurtres et drames laissent des traces dans bien des consciences concernées ?
- Les romans policiers remuent le passé, rappellent les noms des morts. En l’occurrence, celui d'une série de jeunes filles assassinées ?
- Qu'il y a une chair de l'énigme ?

 

6.
La solitude, qu'est-ce que c'est ?

 

- Un pacte passé avec ses fantômes ?
- Une habitude contemporaine ?
- La certitude de crever en maudissant le monde ?
- Une fatalité ?
- Un manque de savoir-vivre ?
- Le titre d'une chanson emphatique de Léo Ferré ?

 

7.
« Il me répugne de dire ces choses, mais c'est la vérité. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Mrs Blackett à propos du comportement de la jeune Nora Broad])
Les romans policiers ont aussi pour objet le social, parce que :

 

- Il n'y a pas de meurtre en dehors du social qui le conditionne, voire le favorise ?
- Parce que les gens ont plus de choses à cacher qu'on le croit généralement ?
- Parce que tout le monde a son idée sur la question de savoir qui a laissé sa cuillère traîner un peu trop dans le pot de confiture ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

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30 décembre 2024

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

COMMENT ÇA DE FAUX SOURCILS ?

 

1.
Pourquoi l'introduction du roman « Némésis », d'Agatha Christie, commence par ces mots que Miss Marple se répète à mi-voix, je cite :
« - Notre code est Némésis. » ?

 

- Parce que Miss Marple est âgée et commence à dérailler de la comprenette ?
- Parce que cette phrase signifie, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, que, « maintenant, il va falloir manger du saignant » ? 
- Parce que Némésis est la déesse grecque de la colère et de la vengeance, laquelle est un plat qui se mange froid, comme chacun sait depuis que quelqu'un l'a dit quelque part ?

 

2.
Que fait-on quand, comme ma pomme, on devient vieux ?

 

- On ronchonne que c'était mieux avant ?
- On soupire après ses amours perdues ?
- On se laisse aller à la nostalgie des films de Truffaut et de Hitchcock, des romans de Simenon et d'Agatha Christie, des chansons de Brel et de Nougaro et on hausse les épaules quand on écoute blablater les politiques qui ont cours ?
- On attend la tarte aux pommes ?

 

3.
« - N'allez surtout pas encore vous mêler de quelque crime, tante Jane. »
Cette demande que dans « Némésis », d'Agatha Christie, Joan, la femme à Raymond, fait à Jane Marple (Raymond, c'est à neveu, à Jane), est-elle:

 

- Une phrase en l'air puisque, Jane Marple étant le personnage principal d'un certain nombre de romans policiers composés par Agatha Christie, si elle ne se mêle pas « de quelque crime », y a pas de roman ?
- Une autre phrase codée qui, comme l'a justement fait remarquer Gaston Leroux, signifie que « le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat. » ? 
- Que Joan s'inquiète pour sa tante ?

 

4.
« - Jaune soufre, dit-elle à haute voix. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Qu'est-ce que ceci que cette phrase ?

 

- Une autre phrase codée qui signifie que ce lundi 30 décembre 2024, j'écoute France Inter (il est dix heures huit) et que ça me gave, leur didactisme mielleux là ?
- Une indication sur les préférences de Miss Marple quant à l'aménagement de son jardin ?
- Une faute de frappe car « Jaune  souffre », et terriblement, cause qu'on est dans un roman policier à énigmes et psychologie (tourments de l'âme,  macédoine de légumes, bottes de caoutchouc et chapeau mou) ?

 

5.
Je me demande quel est mon album de musique préféré ?

 

- « Atom Heart Mother », de Pink Floyd, parce que c'est un album qui me fascina à l'époque où j'écoutais de la musique qui fait du bruit plutôt que de faire mes devoirs (ah la la) ?
- « Il Faut Tourner l'Apache », de Sttellla qui date de 1998 et que je tiens pour aussi essentiel que la mousse à raser et le chausson aux pommes ?
- La Neuvième Symphonie, de Beethoven, laquelle est réellement extraordinaire d'un bout à l'autre que, s'il y a bien une musique qui a l'air de venir d'ailleurs, c'est bien ce chef d’œuvre là ?

 

6.
« Je me contente de poser un pied devant l'autre, tout en réfléchissant à certaines choses.
Quelles choses ? s'enquit Cherry avec intérêt.
J'aimerais bien le savoir moi-même. »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Némésis » [Miss Marple])
Que veut dire cette étrange réponse de Miss Marple ?

 

- Qu'elle ne sait pas à quoi elle pense, mais qu'elle y pressent quelque mystère ?
- Que Miss Marple ne veut pas révéler le fond de sa pensée, parce que voilà ?
- Qu'il y a « certaines choses » qui vous traversent l'esprit, genre Dada Ronron, ou Macron cron cron, ou zigouigoui stellaire, qu'on ne sait pas ce que ça veut dire non plus ?

 

7.
« Ses sourcils étaient faux, et cela expliquait tout. »
Cette réflexion qui, au sortir d'un rêve, vient à Miss Marple, nous rappelle que l'on trouve souvent, sous la plume d'Agatha Christie, des allusions à l'univers onirique.Sinon qu'en penser ?

 

- Rien du tout, parce que je vais faire une pause ?
- Rien du tout, parce que ces faux sourcils signifient sans doute autre chose, de bien plus profond que de faux sourcils, genre le dernier roman dont on cause sur France Culture, que je n'ai pas lu, parce que je ne lis guère, et encore moins de derniers romans dont on cause sur France Culture, que même si je les trouve dans une boîte à livres, je me dis  « Tiens, le dernier roman dont on cause sur France Culture ; je ne vais pas le lire. » ?
- Que je n'ai pas de faux sourcils (les miens étant assez épais pour qu'on s'en souvienne) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

30 décembre 2024

SOUS L'OEIL DU CHAT DU LUTHIER

SOUS L'OEIL DU CHAT DU LUTHIER

 

1.
« Fourier, qu'a-t-on fait de ton clavier
Qui répondait à tout par un accord »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Que peut-on déduire de ces vers ?

 

- Que Charles Fourier avait réponse à tout, ou assez d'imagination pour trouver une réponse à tout ?
- Que Charles Fourier avait inventé un piano savant mécano-dialectique, un genre de pianocktail à la Boris Vian, mais philosophique ?
- Que Charles Fourier utilisait l'ordinateur ?

 

2.
« Je vois ce qui m'est caché à tout jamais
Quand tu dors dans la clairière de ton bras sous les papillons de tes cheveux »
(André Breton, « Écoute au coquillage »)
Ce joli trait, exquis, qu'esquisse-t-il ?

 

- Une jolie peinture ?
- Une publicité pour une marque de déodorant ?
- Une jolie fille ?

 

3.
« Au comptoir une femme nue ailée
Verse le sang dans des verres d'éclipse »
(André Breton, « Je reviens »)
Ce drôle de trait, quoi qu'il évoque ?

 

- Une étiquette d'apéritif pour vampires ?
- La part féminine d'un ange de l'apocalypse qui sert à boire aux âmes condamnées ? 
- Une vignette dans une bande dessinée d'heroic fantasy ?

 

4.
« Il était dit que le jeu de mains devait mal finir. »
(André Breton, « Le lever du soleil »)
A quoi André Breton fait-il ici allusion ?

 

- A un meurtre dans un jardin anglais, cependant que le jardinier n'est pas fatalement le coupable ?
- Au proverbe « jeux de mains, jeux de vilains » ?
- A la violence civilisationnelle qui est autant liée à la rareté naturelle qu'à l'ineptie de certains principes et traditions ?

 

5.
« Femme à la blonde aisselle coiffant sa chevelure à la lueur des étoiles »
(André Breton, Titre d'un poème en prose)
A quoi vous fait penser ce titre de poème ?

 

- A une suite (apparemment, elle est réveillée) de ce que André Breton a écrit dans « Écoute au coquillage », je cite : 
« Je vois ce qui m'est caché à tout jamais
Quand tu dors dans la clairière de ton bras sous les papillons de tes cheveux » ?
- A un tableau de Joan Miro (avec plein de signes dedans, que ça fait comme un jazz muet somptueux, et aussi un accent aigu sur le « o » (comme dans chevillette mais sans accent) ?
- A de la mousse à raser ?

 

6.
« Le chat rêve et ronronne dans la lutherie brune. »
(André Breton, « Femme et oiseau »)
Pourquoi ce chat rêve-t-il et ronronne dans une lutherie brune ?

 

- Parce que c'est le chat du luthier ?
- Parce que ce chat n'a rien d'autre à faire ?
- Parce que ce chat est lui-même luthier ?

 

7.
« Un voilier porté par les alizés s'ouvre une passe dans les bois. »
(André Breton, « Le chant du rossignol à minuit et la pluie matinale »)
Qu'est-ce que cette phrase ?

 

- Une surréalisterie dans un grouillement de surréalisteries ?
- Une évocation de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ?
- Une imitation des phrases rimbaldiennes ?

 

8.
« Lamiel, le tison aux doigts, s'apprête à incendier le Palais de Justice. »
(André Breton, « La poétesse »)
A quoi le poète fait-il ici référence ?

 

- A un fait divers célèbre (une anarcho-syndicaliste du début du vingtième siècle ayant incendié un Palais de Justice considéré comme un instrument de pouvoir et de domination aux mains des puissants  ?
- Au personnage principal, Lamiel donc, d'un roman éponyme et inachevé de Stendhal ?
- A Cassandre ? (Pourquoi Cassandre ? Et pourquoi pas Cassandre ?, car ce n'est pas parce que Cassandre ne s'appelle pas Lamiel que l'on ne peut pas penser à Cassandre).
- A une chaudasse ? 

 

9.
« Même si, à beaucoup près, « la bouche d'ombre » ne m'a pas parlé avec la même générosité qu'à Hugo et s'est même contentée de propos décousus, [...] »
(André Breton, « Le la »)
Que penser de ce début de phrase ?

 

- Qu'André Breton reconnaît que sa poésie est parfois décousue, rapport au grouillement de métaphores qui défois lui remuait la caboche ?
- Que, modeste, André Breton, reconnaît le génie inspiré de Victor Hugo ?
- Rien du tout, cause qu'en vérité, on s'en fiche ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2024.

28 décembre 2024

ULI DUKDUK FOURIER

ULI DUKDUK FOURIER

 

1.
« Toi qui ronges la plus odorante feuille de l’atlas
        Chili
Chenille du papillon-lune »
(André Breton, « La moindre rançon »)
Ce papillon-lune évoqué par le poète est-il :

 

- Une pure invention surréaliste au même titre que, par exemple, la « girafenêtre » du poème « Mot à mante » ?
- C’est un grand papillon américain, jaune taché de roux, et qui se colle aux fenêtres les nuits de pleine lune ? 
- « C’est un grand papillon vert amande finissant en clé de sol qui passe vers minuit. » ?

 

2.
« Tu es encore couvert de terre et de sang tu viens de créer »
(André Breton, « Uli »)
De qui le poète parle-t-il ?

 

- D’un célèbre sculpteur surréaliste avec lequel il ne s’était pas brouillé ?
- D’un dieu océanien nommé Uli, dont il posséda d’ailleurs une représentation sous forme de statue ?
- D’un dieu océanien nommé Uli, avec lequel il avait parfois de longs dialogues (c’est une chose qu’on sait même si le poète, surtout depuis qu’il a disparu, n’en parle jamais) ?

 

3.
« Le sang ne fait qu’un tour
Quand le dukduk se déploie sur la péninsule de la Gazelle »
(André Breton, « Dukduk »)
Le dukduk, quoi-t-esse ?

 

- Un oiseau des îles dont le cri se transcrit par « doukdouk-doukdouk-doukdouk-nougat » ?
- Un couteau de poche fabriqué depuis 1929 par la coutellerie Cognet de Thiers (Auvergne), et qui porte ce nom car « sur le manche de ce couteau figure une représentation d’un douk-douk » ?
- Un esprit incarné dans la culture mélanésienne et aussi le nom d’un membre de la société secrète Dukduk à masque conique surmonté de plumes blanches ?

 

4.
« En ce temps-là je ne te connaissais que de vue
        Je ne sais même plus comment tu es habillé
        Dans le genre neutre sans doute on ne fait pas mieux »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Ces mots sont les premiers du poème « Ode à Charles Fourier », publié en 1947. Qui était Charles Fourier ?

 

- Un poète obscur du XIXème siècle considéré par André Breton comme un précurseur du surréalisme parce qu'il considérait, Fourier, entre autres et d'après ce que je lis sur Wikipédia, que « l'attraction passionnée s’exprime en chaque être humain par l'intermédiaire de douze aiguillons » ? 
- Un penseur du genre philosophique à idées représentant du courant appelé « socialisme utopique » ?
- Un auteur de science-fiction (1772-1837) spécialisé dans les descriptions de sociétés communautaires ?

 

5.
« On a préféré la bonne vieille méthode
Qui consiste à pratiquer des coupes sombres dans la multitude fantôme
Sous l'anesthésique à toute épreuve des drapeaux »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Que dénonce ici le poète ?

 

- La guerre comme moyen d'anesthésier les consciences et les libertés individuelles ?
- La multiplication des fantômes en milieu urbain ?
- La guerre comme outil de rétablissement de « l'équilibre de population » c'est-à-dire, je cite André Breton, un « nombre de consommateurs proportionné aux forces productives » ?

 

6.
« L'esprit du lendemain ne hasarde pas plus de trois poils de moustache hors du terrier. »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Quelle signifiance ici ?

 

- Que l'humain, c'est rien qu'du lapin, ou du veau, ou du bipède inconséquent ?
- Que le président Macron serait-il pas l’exemple même du trissotin : très diplômé et très sûr de la valeur de ses diplômes, très cultivé, très sachant et sachant parler sachant, et pour en arriver à quoi ? : une France surendettée en proie aux extrémismes de gauche comme de droite. 
- Que défois, en sortant du terrier, on se prend un coup de fusil ?

 

7.
Il y a quelques jours, « Mon petit doigt m'a dit » et aussi « Le Crime est notre affaire », deux films de Pascal Thomas, d'après Agatha Christie, sortis respectivement en 2005 et 2008, avec les excellents André Dussollier et Catherine Frot. Virtuosité dans l'art de ne pas s'appesantir, efficacité du gag-parenthèse, musicalité, mystère, humour et « léopard tacheté ».
Revu hier soir « Confidences pour confidences » (1979) car j'apprécie beaucoup les films de Pascal Thomas. Chronique d'une famille française  de la fin des années 60, début 70, humour, trente glorieuses et désillusions. Virtuose itou.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 décembre 2024.

25 décembre 2024

L’ARGUMENT DE LA METAPHORE

L’ARGUMENT DE LA METAPHORE

 

1.
« Il n'est pas trop tôt qu'on commence à se garer
A comprendre que le phénix
Est fait d'éphémères »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce qu'ça dit ?

 

- Qu'il faut bien se garer sinon on a des soucis ?
- Que le Temps est une succession d'instants abolis ?
- Que l'Univers étant en expansion vers l'infini, le Temps s'accélère qu'à un point « T moins », si ça se trouve, il va se retrouver négatif, le Temps ?

 

2.
« Une étoile rien qu'une étoile perdue dans la fourrure de la nuit »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce donc que cette étoile ?
 

 

- L’œil du Félin cosmique qui préside à nos secrètes destinées (-vous dans votre chambre ce soir) ?
- Un détail dans un dessin oublié dans une chambre perdue dans l'espace ?
- L'argument de la métaphore ?

 

3.
« Les seins jaillissent de la robe de merveilleuse à très haute taille et c'est le parler du Directoire qui s'attarde à rouler quelques pierres africaines pour composer le philtre de non-défense voluptueuse du balbutiement créole. »
(André Breton, « Le brise-lames »)
Cette phrase d’André Breton évoque-t-il :

 

- La Martinique sous le Directoire (1795-1799) ?
- La Martinique vue par les « Merveilleuses » et les « Incroyables » du Directoire qui faisaient les zazous en attendant que Bonaparte (mais prêt à tout) vienne sabrer et légiférer ?
- Un tableau qu'on comprend jusqu'à la forme « s'attarde », puis un peu moins jusqu'à l'adjectif « africaines », et plus du tout ensuite ?

 

4.
25.12.2024.
La république française une et indivisible. Ouais, bin avec Macron, c’est de moins en moins sûr.

 

5.
« L’une d’elles [les belles enseignes romantiques] un moment me tient sous le charme pervers des tableaux de l’époque négativiste de René Magritte. »
(André Breton, « L’inscription bi-ailée »)
Que penser de cette référence ?

 

-    Qu’à contempler les tableaux de René Magritte, on finit défois par tomber dedans ?
-    Qu’il y a quelque chose , dans la peinture de René Magritte,  de la ligne claire et du design de la modernité fonctionnelle ?
-    Qu’il faut faire attention au tangorille car le temps passe, mais le gorille y est euh…tout ce qui reste (on avait faim, on a quasi tout bouffé) ?

 

6.
« Ailleurs, à l’échelle des saveurs, les étranges fruits éveillent toutes les surprises – auxquelles se mêlent savamment quelques déceptions – de l’inéprouvé. »
(André Breton, « La providence tourne »)
Le poète visite un marché exotique. Que dit-il ?

 

- Que les « fruits » y sont « étranges », que si c’est pour aller loin, bien loin, pour trouver des pommes, des poires et des disques de Sacha Distel, c’est peut-être pas la peine ?
- Qu’on est parfois surpris par ce que l’on connaît pas, et même parfois déçu, mais que tout de même le corossol (à la « chair de sorbet neigeux », je cite André Breton) ou le caïmite (à « chaîne de pépins  noirs », je cite André Breton), c’est quelque chose ?
- Je ne sais pas parce que, en même temps que j’écris mes sottises, je regarde en replay sur Arte le « Rock and Roll Circus des Rolling Stones » et que je songe tout à coup qu’il me fait penser à quelque maman (si si, regardez bien), le Mick Jagger, quand il chanta alors (en 1968) : « You can’t always get what you want, honey » ?

 

7.
« Puis les cloches de l’école essaiment aux quatre coins les petites Chabines rieuses, souvent plus claires de cheveux que de teint. »
(André Breton, « Pour Madame Suzanne Césaire »)
Que penser de l’emploi du terme « Chabines » dans ce poème en prose d’André Breton tiré du cycle « Des Epingles tremblantes » et composé en 1941 ?

 

-    Que André Breton ne pouvait alors se douter que le terme « chabin, chabine » (désignant dans les Antilles des métis aux cheveux clairs, attestant ainsi une ascendance européenne) serait plus tard (et encore plus en notre époque de débats à n’en plus finir) considéré comme méprisant, voire raciste ?
-    Que André Breton savait que le terme « chabin, chabine » désignait littéralement l’hybride entre un ovin et un caprin « provenant d’une saillie d’une chèvre par un bélier » nous dit Internet, et qu’il a maintenu le terme soit par provocation, soit par volonté de témoigner (mais est-on sûr en métropole de cette définition, à savoir qui l’a proposée et si elle correspond à la réalité linguistiques des Antilles) ?
-    En tout cas, moi, j’en pense rien du tout, parce que personnellement, je ne connaissais pas le terme « chabin, chabine » avant de jeter un œil sur ce poème de André Breton, et qu’au moment où j’écris ces lignes, j’écoute les Doors chanter « Moonlight Drive » (« Let’s swim to the moon… ») tandis que le nouveau premier ministre à la France, François Bayrou qu’il s’appelle, fait ce qu’il peut pour essayer de tenir avant les très probables législatives anticipées de 2025 (ah bin oui) ? 

 

 

8.
Dans « Porteuse sans fardeau », dans quel but André Breton cite-t-il ces deux vers de Baudelaire :
« Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu’elle danse, » ?

 

-    Pour évoquer un tableau surréaliste d’une exposition surréaliste avec des danseuses aux vêtements ondoyants et nacrés dedans ?
-    Pour évoquer « portées par le même rythme, des jeunes filles de couleur [qui] passent souvent seules » et dont le « maintien est le même et n’appartient qu’à elles » ?
-    Parce que, tant qu’à faire, citer Baudelaire, ça fait toujours bien quand on écrit des poèmes ?

 

9.
« La Jambette, Favorite, Trou-au-Chat, Pointe La Rose, Sémaphore de la Démarche, Pointe du Diable, Brin d’Amour, Passe du Sans-Souci, Piton Crève-Cœur, Île du Loup-Garou,… » 
Cette énumération toponymique constitue-t-elle :

 

-    Le début du corps du poème « La Carte de l’île », de André Breton ?
-    La liste d’un certain nombre de lieux-dits de la Martinique ?
-    Le répertoire d’un groupe de jazz antillais ?
-    Les surnoms plus ou moins bienveillants que l’on donne en France aux actuels ministres de l’actuel gouvernement Bayrou ?

 

10. 
« Ici les fontaines Wallace étourdies de lianes prennent un aspect mythologique
Pour la beauté rien qu’à sa marche la reine passe sur l’autre bord »
(André Breton, « Anciennement rue de la Liberté »)
Ces deux vers prouvent-ils :

 

-    Que André Breton fut un poète aussi méritoire que Saint-John Perse et Aimé Césaire ?
-    Que les poèmes de André Breton restent méconnus alors qu’on entend des tas de zozos sur France Inter se proclamer « poètes » parce qu’ils balancent des sottises pleurnichardes sur un rythme dit « rap » ou je ne sais quel tsoin-tsoin à faire baver les veaux ?
-    Qu’on en trouve donc un peu partout, des fontaines Wallace, lesquelles sont des points d’eau potable dont l’installation fut financée, au XIXème siècle par le philanthrope Sir Richard Wallace ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 décembre 2024 

 

24 décembre 2024

DE L'ÊTRE QUI CHERCHE A CELUI QUI N'EN SAIT PAS PLUS

DE L'ÊTRE QUI CHERCHE A CELUI QUI N'EN SAIT PAS PLUS

 

1.
« […] l'homme que nous côtoyons ne se donne plus guère à tâche que de flotter. »
(André Breton, « Signe ascendant »)
Que penser de ce constat rédigé par Breton le 30 décembre 1947 ?

 

- Que André Breton, en quelques mots, se définit lui-même ?
- Que André Breton évoque ainsi le bipède perspicace de l'après bombe atomique, voué à flotter entre les conflits qui ensanglantent la planète pour le plus grand profit des marchands de canons et des politiques qu'engraisse le commerce des armes ?
- Que André Breton a anticipé le rock progressif et ses flotteries électriques ?

 

2.
« J'arrive en épervier et je sors en phénix »
(« Paroles de la 3ème âme, Égypte », cité par André Breton dans « Signe ascendant »)
Cette citation du « Livre des morts des anciens Égyptiens » évoque-t-elle : 

 

- L'épervier d'Horus, le dieu faucon et protecteur des pharaons, et aussi le Bénou, l'oiseau-âme, le phénix, associé à Osiris (ou pas d'ailleurs car je sais pas) ?
- La métamorphose de l'être qui cherche en l'être qui sait qu'il a perdu son temps ?
- Un vers qui ne veut pas dire plus que cela dans une chanson de Blue Öyster Cult qui ne signifie pas plus que cela non plus, mais il y a de la guitare électrique dedans et « Buck's Boogie », c'est un bon morceau ?

 

3.
« Je vis des esprits rassemblés ; ils avaient des chapeaux sur la tête. »
(Swedenborg cité par André Breton dans « Signe ascendant »)
Que penser de cette citation :

 

- Que pour porter le chapeau, il faut une tête ?
- Que les bipèdes perspicaces sont avant tout des esprits dotés de corps ?
- Que Swedenborg (1688-1772) admirait la peinture de Magritte (1898 - 1967) ?

 

4.
« Dans le salon de madame des Ricochets
Le thé de lune est servi dans des œufs d'engoulevent »
(André Breton, « Monde »)
Que déduire de ces deux vers :

 

- Que le « thé de lune » se gobe comme on gobe un œuf ou le mensonge habituel d'un politique quelconque ?
- Qu'il en connaissait des drôles d’oiseaux, le poète, dis ? 
- Qu'ils n'ont rien à voir avec ces vers de la chanson « Blackbird » de Paul McCartney :
« Blackbird singing in the end of night
Take these broken wings and learn to fly
All yout life, you were only waiting for this moment to arise »

 

5.
« Le service est fait par des sphinges
Qui se couvrent les yeux de linges »
(André Breton, « La maison d'Yves »)
Que dire de ces deux octosyllabes ?

 

- Que si les sphinges ont les yeux couverts de linges, alors c'est qu'on n'est pas sorti de l'auberge ?
- Que l'on peut se demander quel service peuvent accomplir les sphinges ? Le service à l'aveugle d'énigmes nourricières ? La cueillette des oranges bleues ? Le service du « thé de lune servi dans des œufs d'engoulevent » ?
- Qu'il n'y a pas plus aveugle que celui qui prétend voir ?

 

6.
« Ce matin la fille de la montagne tient sur ses genoux un accordéon de chauves-souris blanches »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Ce début de poème évoque :

 

- L'aube brumeuse et neigeuse d'une montagne ?
- Un sens inconnu et énigmatique du mot « accordéon » ?
- L'absence de rapport entre un parapluie et la jeune fille du tableau qui promena lentement ses yeux autour du salon, se dirigea vers la porte, la passa sans l'ouvrir comme on passe le temps.

 

7.
« Mais les gens sont si bien en train de se noyer
Que ne leur demandez pas de saisir la perche »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Que dire de ces deux vers de douze syllabes ?

 

- Qu'ils ne se font pas d'illusions sur la nature humaine ?
- Qu'il sont tirés d'un poème dont le titre renvoie à un mirage et aussi à la Fée Morgane, la demi-sœur magicienne du roi Arthur ?
- Que ces deux vers de douze syllabes sont très prosaïques qu'on dirait une réplique d'un film en noir et blanc ?

 

8.
« Certains vont même jusqu'à soutenir qu'il n'est pas impossible que l'homme 
Cesse de dévorer l'homme bien qu'on n'avance guère de ce côté »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Que dire de cette phrase :

 

- Qu'on dirait bien que l'avalanche d'images surréalistes, dont sont constitués les poèmes d'André Breton, est aussi assez utile pour faire passer des pensées assez simplistes et prosaïques ?
- Que c'est une manière de dire « homo homini lupus » ?
- Qu'elle est lucide et toujours d'actualité, qu'on croit, qu'on croit qu'ça va cesser la boucherie, mais ça ne cesse pas, et ne cessera pas ?

 

9.
« Voici la seiche qui s'accoude d'un air de défi à la fenêtre »
(André breton, « Premiers transparents ») 
Pourquoi la seiche s'accoude-t-elle « d'un air de défi à la fenêtre » ?

 

- Pour regarder passer les trains à l'intérieur des maisons ?
- Pour imiter le bouillon des vitres et la tempête aux cheveux de Gorgone ?
- Parce que personne n'ayant quitté le salon, les pensées tournaient dans les têtes comme un assassin dans une île, et qu'alors la seiche questionnait ?

 

10.
« Dis ce qui est dessous parle »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce à dire que ceci ?

 

- Que la Terre est creuse et qu'on y élabore des hypothèses sur le monde d'en haut ?
- Que derrière les choses, il y a comme des choses avec du langage ?
- Qu'il est temps que le cadavre exquis se mette à table, surtout s'il veut boire le vin nouveau ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 décembre 2024. 

 

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