QUANT A LA POULE ELLE S'EN FOUT ELLE POND
QUANT A LA POULE ELLE S'EN FOUT ELLE POND
« car ma pensée n'impose aucune nécessité aux choses »
(Descartes, « Méditation Métaphysiques »)
Car je pense c'est-à-dire que je suis, a écrit Descartes.
Ma foi, cela semble si évident que l'on s'étonne que nul n'ait inscrit cette vérité avant que l'auteur du « Discours de la Méthode » le fit.
Pensée limpide. Essayez donc d'y placer un éléphant ; vous n'arriveriez pas à en troubler la pureté. Il est aussi que le monde étant douteux (ah ça, il en a bien l'air), ma pensée
N'impose pas qu'il existe, et pourtant, je sais qu'il existe ou, qu'en tout état de cause, quelque chose existe dont je parle, et qui n'est peut-être qu'illusion mais qui existe pour moi qui lui donne un sens en soi. Il en résulte que s'il n'y a
Aucune nécessité que les dieux existent, il y a tout de même
Nécessité de bien veiller à ce que le lait sur le feu ne déborde pas et qu'il faut une poule pour pondre l’œuf que vous irez vous faire cuire.
Aux Enfers descend-t-on quand on est mort ? Où s'élève-t-on, âme pure, lavée de tout péché, vers le Seigneur ? Je ne sais pas mais j'en doute. Les
Choses n'étant pas ce qu'elles ont l'air d'être, m'étonnerait pas qu'elles ne soient pas plus que ça et ceci dit, celui qui a dit que « le réel, c'est quand on se cogne » (on dit que c'est Lacan qui l'a dit), il n'a pas tort non plus. Quant à la poule, elle s'en fout, elle pond.
Patrice Houzeau
Malo, le 9 décembre 2024.