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BREFS ET AUTRES

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17 juillet 2023

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

DU JAZZ ET DES FANTÔMES

Ernest Borneman. « Tremolo » traduit de l'américain par Henri Robillot. Gallimard, « Série Blême », 1951. Polar qui tend au suspense psychologique, mais sans tension extrême ; pas de palpitations intempestives à craindre, et pas non plus cette impression que l'on a parfois de se faire avoir par la trop grande habileté de l'auteur lorsque que l'on se plonge dans les thrillers de Mary Higgins Clark.

Mike Sommerville, l'homme, c'est le personnage sympathique par excellence, bon vivant (solide fourchette et, à l'occasion, ne refusant pas un verre) sans que cela nuise vraiment à sa détermination à faire les choses correctement : diriger correctement son entreprise, on est en Amérique, Mike est un entrepreneur ; jouer correctement du jazz, c'est un passionné de jazz dixieland, New Orleans, de Louis Armstrong, de Leon Roppolo (ou Rappolo, 1902-1943), clarinettiste de jazz connu pour avoir joué au sein des New Orleans Rhythm Kings ; passionné, Mike, de rythmes vifs avec trompettes, clarinettes, de pétillant, de l'entraînant, du fringant flamboyant, de swing. Le roman donne envie d'écouter du jazz, du bon vieux jazz. Mike semble aussi déterminé à mener une vie de couple heureuse (il est amoureux et assez sentimental) et à élever correctement son fils.

Ernerst Borneman (Berlin 1915- Scharten (Autriche) 1995) fut auteur de romans policiers, musicien de jazz, critique de jazz, psychanalyste, usw... C'est pour ça que.

Marge, la femme, semble trouble et troublée, amoureuse. Il y a du subconscient car il y a des fantômes. Psychopathologie de la vie conjugale. Et si...

Incidents du sucre, des livraisons envolées, du pick-up qui se met en marche tout seul dans la nuit et joue des disques, incidents des disques cassés, de la clarinette volée, de la montre volée, la bizarrerie d'un couac dans la logique de l'intrigue, je ne vous dis pas quoi ; vous verrez en lisant ; du reste, on s'en débaloufre vite (du verbe « s'en débaloufrer », s'en fiche complétement ou quasi), cause que c'est pas l'essentiel.

Mary-Anne, la mère de Mike, veuve, lit le « New Yorker ». Rationnelle, rassurante Mary-Anne. Evoque le subconscient. Psychopathologie de la vie de mère, d'épouse, de belle-mère, de grand-mère, et si...

Spirale.

Pete, le fils. Sera un adulte probablement aussi sympathique que son père, aide au dénouement. Je lève le doute : le môme n'est pas coupable.

« Tremolo » relève du roman de complot. « Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire », dit la Phèdre de Racine. Machine infernale tic-toc-tic-tac-tic-toc-tic-tac...

Spirale et lutte pour le contrôle de cette spirale.

Martha et Joe Washburn, la femme de ménage et l'homme à tout faire, honnêtes et de bonne volonté. Et si...

Jeannie, la chanteuse de jazz, jeune et tentation possible, représente la liberté d'une vie consacrée au jazz, aux boîtes enfumées, aux jam-sessions qui font le pont entre la nuit et le petit jour, aux amitiés entre musiciens, entre hommes autour d'une table, d'une bouteille, d'une passion partagée (la musique), tentation peut-être, la jeune et vive Jeannie, nostalgie d'une vie plus ou moins de bohème pour un Mike plus ou moins rangé des trompettes, ayant quitté les aléas d'une vie de musicien pour une vie bourgeoise de citoyen respecté.

Vous l'aurez compris, le dénouement n'est pas le plus important dans ce roman, qui n'est pas un chef d’œuvre, mais un livre attachant, surtout si l'on aime le jazz et les fantômes.

Citation :
« Puis, sans préambule, la voix de Jeannie s'éleva, grave, un peu rauque, une voix qui ne semblait destinée qu'à vous. Et pourtant, elle chantait aussi gaiement et aussi naturellement qu'un enfant qui se fredonne une chanson pour lui-même. »
(Ernest Borneman. « Tremolo », chapitre III).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juillet 2023.

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16 juillet 2023

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

DU GENTLEMAN DU BARBIER ET DU LAPIN

« Il [le colonel Belfridge] trouvait indigne d'un gentleman d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à propos d'un objet très personnel appartenant à cet autre gentleman. »
(Dorothy Sayers traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Lord Peter et le mort du 18 juin », Editions de Crémille, Genève, 1973, p.66)

Il trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du lapin il pensa il est bon ce lapin ah ça oui
Trouvait indigne d'un gentleman de il reprit du vin il pensa il est bon ce vin ah ça oui
Indigne d'un gentleman de il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman de montrer son chagrin Il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un
Gentleman il n'était pas un gentleman il contemplait le beau visage de la jeune fille mais un gentleman se devait de il n'était pas un gentleman se devait de ne se devait pas de de de
D'aller ouiner publiquement comme un professeur agrégé s'il vous plaît de philosophie suspendu (« Ouin-ouin j'ai dit tant d'conneries que maintenant on me prend pour un con, ouin-ouin ») Il contemplait le beau visage de la jeune fille il irait
Interroger le barbier Dans les romans policiers parfois, surtout dans ceux du début du vingtième siècle, on doit interroger le barbier ; on ne sait jamais.

Le barbier se dit au féminin barbière (ce qui est amusant). Le mot vient du latin « barba ». On dit dans les usuels que le barbier était jadis un notable cause qu'il était parfois aussi « chirurgien, dentiste, confesseur ». Je me souviens que les images de nos anciens manuels d'histoire de primaire montraient Olivier Le Daim qui, dit le roman national, n'était pas seulement le
Barbier de Louis XI, mais aussi son conseiller. J'ai lu aussi que « barbier » était aussi le nom de trois poissons : le « porte-écuelle », le « chirurgien », et le « barbier » proprement dit.

D'un gentleman, on attend donc qu'il ne fasse pas démonstration ostentatoire de son chagrin et, si on en a apprécié la lecture, de dire du bien du roman « Lord Peter et le mort du 18 juin », publié en 1932, de Dorothy Sayers, car c'est un très bon roman policier, très amusant, très ironique, très raisonneur, avec un couple d'enquêteurs formé par Lord Peter Winsey et la romancière Harriet Vane, qui ne sont pas sans faire penser à Tommy et Tuppence Beresford, d'Agatha Christie. Il y a aussi une plage avec un mort dessus, des danseurs mondains, un cheval, des barbiers et des barbus.

Autre chose : j'entends ce 16 juillet 2023, qu'une nouvelle fois, un cimetière a été profané, avec tags antisémites, croix gammées et toute la panoplie des saloperies des petits cons d’extrême-droite (ou de provos d’extrême-gauche, eh oui, ça existe) qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts, ni de leurs deux neurones, et qui ne semblent pas avoir d'autre but dans la vie que de nuire aux autres (des salauds quoi). Je me demande s'il ne faudra pas bientôt installer des caméras de surveillance dans chaque cimetière (ou quasi) avec veille 24 heures sur 24 d'un service de gendarmerie.

Gentleman allez savoir s'il l'était il reprit du lapin et des pommes de terre il pensa il est bon ce lapin ah ça oui et d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman
A propos d'un il reprit du vin et sourit en pensant il est bon ce vin ah ça oui indigner d'aller interroger le barbier d'un autre gentleman à
Propos d'un il n'avait apparemment pas de chagrin il pensait que ce n'était pas bon le chagrin ah ça non indigne
D'un gentleman oui bien sûr oui Quant à mon oncle il ne perd jamais d'autre
Objet que son parapluie C'est
Très curieux Même sa tête il ne la perd pas Il est vrai que la tête c'est vraiment très très très
Personnel. On ne change pas de tête comme on change de barbe quand on porte des fausses barbes.
Appartenant à la société des gens qui tiennent
A ce que leur tête reste sur leurs épaules, mon oncle fait donc très attention à
Cet habitacle du cerveau qui sert à se contrôler et à rester vivant (sauf quand on décide d'en finir avec sa vie)
Autre que lui pense généralement la même chose, mais n'a pas forcément de parapluie, et n'est pas toujours assez
Gentleman pour ne pas montrer son chagrin et ne pas reprendre du lapin, même s'il en a très envie (moi, je ne me gênerais pas, c'est bien pour ça que je n'ai pas de parapluie).

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

16 juillet 2023

DE L'ABSOLU DU MAL

DE L'ABSOLU DU MAL

1.
Je lis dans « Prolégomènes à la charité », de Jean-Luc Marion, que « le mal s'éprouve absolument ».
Il y a donc un absolu du mal.
Ce mal concerne chacun d'entre nous, chacun, c'est-à-dire chaque conscience particulière, chaque singularité que, communément, l'on appelle « individu ».
Le mal est un absolu qui menace le particulier. En cela, le mal entretient avec le vivant un lien particulier, singulier.
D'où des réactions différentes selon les individus au mal qui les atteint.
La politique a pour objet d'apporter des réponses collectives au mal qui concerne chacun. En cela, l'Etat tend à se constituer en « contre-mal » (l’expression est de Jean-Luc Marion) en absolu du légitime face à l'absolu du mal. D'où la multiplicité des différences d'appréciation entre perceptions individuelles et la nécessité d'une réponse administrative.
La crise du covid a vu éclater au grand jour cette dichotomie. Les crises sont les moments qui révèlent les gouffres creusés entre perceptions individuelles et réponse collective.
C'est le rôle des oppositions politiques d'attirer l'attention sur l'injustice qui est faite aux cas particuliers insuffisamment pris en compte par la réponse collective.
L'idéal étant évidemment une réponse « au cas par cas ». Mais l’État ne peut guère faire dans la dentelle. Ce n'est donc généralement pas en amont que cette dichotomie est réduite mais en aval, via les leçons de l’expérience et la jurisprudence.

Citation :
« Le mal s'éprouve absolument comme le seul fait indiscutable, en deçà de toute illusion, dispensé de preuve et d'argument. Le mal qui me fait mal ne trompe, lui, jamais. »
(Jean-Luc Marion, « Prolégomènes à la charité », Éditions de la Différence, 1986, p.13)

2.
Plus la voix des oppositions se fait entendre, plus grandit le sentiment que nous vivons une crise aiguë. C'est donc dans les démocraties, où les oppositions peuvent librement s’exprimer, que le sentiment de « l'urgence de la situation » semble le plus grand.
Ce qui ne veut pas dire que ce sentiment n’existe pas dans les régimes autoritaires. On peut penser que bien des Russes sont conscients de la gravité de la crise dans laquelle Poutine les a plongés en lançant sa sale guerre en Ukraine, mais, comme on sait, en Russie, les oppositions ne peuvent guère s’exprimer librement.

3.
Le but des complotismes, contrairement aux oppositions légitimes des partis et des syndicats, n'est pas de réagir à une réponse de l'Etat jugée inappropriée, mais de considérer l'Etat libéral comme étant lui-même un absolu du mal.
En cela, les complotismes ne sont pas des oppositions légitimes mais une manifestation d'un mal qui s'attaque à la légitimité démocratique.
Dès lors, on ne s'étonne plus que la majorité des tenants du complotisme soit liée à une extrême-droite qui se caractérise par le négationnisme (qu'il soit anti-vaccin, jusqu'à remettre en doute l’existence même du covid, climato-sceptique, et autres vues de l'esprit) mais aussi par un soutien appuyé au régime autoritaire de Poutine (jusqu'à nier, ou excuser, les crimes de guerre commis en Ukraine par les troupes d'occupation russes).

4.
Les Français pro-Poutine qui veulent la destitution de Macron me rappellent les Français qui disaient « plutôt Hitler que Blum ». Ce ne sont évidemment pas des patriotes, ni des résistants. Ce sont des collabos dans l'âme.

5.
Prigojine a-t-il été liquidé par Poutine ? Il me semble que s'il était mort, on le saurait, non. ? La rumeur court sur twitter, de même que celle d'une non-reddition de certains éléments de Wagner (vidéo à l'appui d'un certain Berserk). Désinformation ? Manipulation ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

15 juillet 2023

CERTITUDE ET REFUS

CERTITUDE ET REFUS

1.
La seule n'est point si sotte parce qu'elle est
Seule. Assurément, la seule n'est point si sotte et j'ai la
Certitude que si le saule pleureur, sous lequel la seule s'est assise, se mettait à lui siffler les sottises
Que les garçons sifflent aux seize ans des donzelles, la seule, point si sotte, s'en irait s’asseoir ailleurs.
J'ai un jardin car point n'ai-je de jardin et même s'il y neige, point n'ai-je besoin de le déneiger – si tant est que j'ai besoin de le déneiger - car mon jardin se déneigera bien tout seul et dans un absolu imaginaire.
C'est suant d'être sot, me susurre ma sottise, cependant que Zut m'assure de son plus profond ressentiment.
D'être à la fenêtre, longtemps, longtemps, longtemps  peut-être que c'est passqu'on sait pas quoi faire (à ch'val) cependant qu'être longtemps, longtemps, longtemps à ch'val à ne savoir pas quoi faire à la fenêtre, assurément, c'est être original, voire excentrique, déferré d'la gamelle et tout à fait tombé d'vélo, bien que cela dépende aussi, évidemment, du côté de la fenêtre qu'on est.
Dans le doute qu'on pédale – ah ce n'est point douteux que c'est dans
Le doute qu'on pédale, même que c'est dû au monde qu'est dingo, dingo, dingue pis qu'on se dit : mais n'en a-t-il point toujours été ainsi, qu'on s'en
Doute bien qu'il en a toujours été ainsi du monde, qu'il est dingo, dingo, dingue, et donc quoi qu'on s'dit, on s'dit comme la dernière phrase de l'entretien donné par Pierre Desproges à Yves Riou et Philippe Pouchain dans le livre dont elle constitue le titre : « La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute ».

2.
« L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté. »
(René Char, « Feuillets d'Hypnos »)

L'acquiescement éclaire cause qu'on sait à quoi s'en tenir et donc ça
Eclaire qu'on dit ah oui c'est clair ah oui je suis d'accord ah oui oui oui
Le visage en semble plus clair moins sphinx le
Visage qu'on croit qu'on lit en vous à livre ouvert on dit ça lire en quelqu'un comme en un livre ouvert ou à livre ouvert c'est comme le magasin vert même fermé il est tout vert tandis que
Le refus lui donne au visage qu'il reste éclairé quand même qu'en même temps et surtout dans votre esprit c'est très clair que c'est non niet nein no-no-no no-no-no ça c'est le
Refus que ça s'appelle têtu comme les notes qu'épingle sur le piano Thelonious Monk dans « Monk's Dream » épatance jazz de 1962 têtu comme le refus de Zelensky de céder devant la barbarie Poutine ah oui le refus que ça s'appelle et c'est ça qui
Lui donne sa noblesse à Antigone lui
Donne sa noblesse et sa beauté à Antigone que si ça se trouve Antigone elle était moche comme un pneu d'vélo dégonflé ou un clafoutis déconfit qu'on
La représente généralement plutôt belle Antigone d'une
Beauté franche et grave de jeune fille qui sait ce qu'elle veut alors que si ça se trouve elle passait son temps à se curer le nez avec son doigt en regardant s’exercer la garde à son oncle (Créon qu'il s'appelait) et se disant sans déconner, qu'est-ce que j'me fais.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2023.

15 juillet 2023

A POSSE AD ESSE NON VALET CONSEQUENTIA

A POSSE AD ESSE NON VALET CONSEQUENTIA

1.
Le couple Alpha est le couple qui dirige la meute de loups. Le groupe Iron Maiden est un groupe de heavy metal britannique qui s'est formé en 1975. Le groupe Iron Maiden n'est pas une meute. Le groupe Iron Maiden est une entreprise commerciale, comme Phildar, mais Phildar ne fait pas de heavy metal.

Que le groupe Iron Maiden soit une entreprise commerciale – j'aime bien le morceau « Phantom of the Opera » - ne l'empêche pas d'avoir du talent (j'aime bien aussi « La Clé de verre », mais ce n'est pas Iron Maiden qui l'a enregistré parce que c'est Dashiell Hammett qui l'a écrit).

J'achète des chaussettes. Il n'y a pas de chaussettes spécifiques pour les muets. Donc, comme j'achète des chaussettes, on ne peut pas savoir si je suis muet ou pas. Entendez-moi bien, je ne suis pas muet. Que j'achète des chaussettes n'a aucune influence sur ce que je pense de Iron Maiden et ce que je ne sais pas de l'intrication quantique.

2.
Au lycée, je n'attendais pas avec impatience les cours de physique. Je n'attendais avec impatience aucun cours. Je n'attendais pas avec impatience le nouveau disque des Beatles (le groupe n’existait plus). Je ne sais pas ce que j'attendais avec impatience mais ça me donnait soif.

3.
C'est dans la nuit du 23 au 24 février 2022 que les forces russes se sont lancées dans un tentative d'invasion de l'Ukraine. La tentative d'invasion de l'Ukraine par les forces russes a été un échec. Cet échec s'est accompagné de nombreux crimes de guerre : il n'y a que les cailloux et les collabos pro-Poutine pour le nier. Je n'aime pas Poutine. Je préfère les chips. Je pense que pour moi Poutine a moins de valeur qu'un paquet de chips.

J'aime bien les chips. Je préfère mon chat. Ceci dit, je ne mangerai pas mon chat.

Le président Macron a-t-il plus de valeur pour moi qu'un paquet de chips ? Oui, quand même.

Le président Macron est très utile et dure plus longtemps qu'un paquet de chips.

Tout dépend de l'usage qu'on en fait. Un président Macron est plus rare qu'un paquet de chips. C'est plus difficile, plus long et plus coûteux à produire. Il y faut une grande École. La France produit chaque année 15 000 tonnes de chips. On ne produit pas 15 000 tonnes de président Macron par an. D'ailleurs, on ne saurait pas quoi en faire.

Ce que dit Mélenchon a-t-il plus de valeur pour moi qu'un morceau de fromage ? La question ne se pose pas, j'aime trop la raclette.

5.
N'ayant pas inventé le paludisme, je n'ai aucune raison d'en chercher le remède. C'est, je pense, la manière dont, habituellement, nous pensons notre être au monde.

6.
« A posse ad esse non valet consequentia ». Wikipédia me pull-marine que « de la possibilité d'une chose on ne doit pas conclure à son existence ». La chanson « Yesterday » enregistrée par les Beatles et composée par Paul McCartney ne propose aucun commentaire de la maxime latine « a posse ad esse non valet consequentia ». Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à la manifestation d'un poltergeist qui dans les murs murmurerait la chanson « Yesterday ».

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2023

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15 juillet 2023

EN REDESCENDANT DU TOIT

EN REDESCENDANT DU TOIT

Le travail des fois ça tracasse le
Travail ; ça tracasse et ça casse même des fois, le travail qu'il faut quand même bien qu'il se fasse. Comme dans le roman à Jean-Paul Dubois, « Vous plaisantez, monsieur Tanner », où le narrateur a hérité d'une vieille et grande maison en mauvais état qu'il faut bien y faire des travaux et ça lui fait bien du tracas, tous ces chantiers successifs, au narrateur, qu'il a des phrases genre : « Le travail
N'avançait pas, la radio continuait de me briser les oreilles sans toutefois couvrir les aboiements de la meute qui se jetait sur moi dès que je redescendais du toit. »
Pas simples donc, on le devine, ses rapports avec les différents artisans plus ou moins scrupuleux, compétents, baroques et décalés, auxquels il est bien obligé d'avoir recours.

La marrance dans le récit que ça donne, c'est épatant. Littérature mineure, mais amusante et sans aucune prétention (ce qui nous change de tous ces zozos à plumes qui prétendent délivrer des messages essentiels sur la société contemporaine, la condition humaine, les heurs et malheurs de mon cœur, les us et coutumes de mon, et qui ne font que baver). Ça rappelle aussi des histoires de chantiers qui ont mal tourné, qu'on a tous entendues, voire, hein, dis, vécues. S'il y a une
Radio dans la phrase, c'est que les ouvriers dont il est question (des couvreurs) écoutent la radio en travaillant. La
Radio défois c'est idiot et défois c'est pas idiot, la radio. Il y a des chansons à la radio, plus ou moins idiotes, et des dialogues à la radio, des dialogues défois sur le diable et le bon dieu, Sur Deleuze et Delerm, Dublin et Dakar, Degas et Dufy, Dada et le dernier dodo de l'île Maurice, Ingres et vinaigre, poivre, sel, sur les dîners et les désastres, des débats itou sur les goûts et dégoûts, les dés à coudre, l'huile de coude, les poutres et les moules, foules, goules, poulpes, gouffres, poudre de perlimpinpin et mou de veau, et encore sur les gars et les dégâts, les garces et les parce que, moi je dis, moi je pense, moi je... pendant ce temps-là, il
Continuait de perdre ses parapluies, mon oncle.

De la radio, donc, le narrateur, Monsieur Tanner, il en a marre. A ce sujet, Wikipédia
Me téléporte que les premières liaisons hertziennes ont été faites par Marconi en 1895, en Italie puis dans les Alpes suisses (à Salvan) et que la première communication radio en morse fut réalisée en 1897, en Grande-Bretagne. J'aime bien apprendre des choses, mêle si je ne les retiens pas, vu que je ne retiens pas grand chose. Donc, elle continuait à lui
Briser les esgourdes, au narrateur, la radio que
Les couvreurs intempestivaient derechef (j'aime bien derechef). Des fois, mes
Oreilles, je crois pas tout ce qu'elles entendent. Sinon, j'aurais pas fini.

Sans prétention, certes, le roman de Jean-Paul Dubois, mais tout de même, il rappelle d'abord que l'on ne se méfie jamais assez de tout, aussi que la diversité de type qui caractérise la suite des artisans qui se succèdent sur le chantier Tanner (escrocs incompétents, électricien mystique, professionnels très chers, obsédés divers, distrait maladroit et même l'artisan consciencieux scrupuleux) prouve que la société repose sur les interactions d'individus uniques en leur genre, même si
Toutefois (j'aime bien « derechef » et « toutefois »), ces personnages singuliers sont aussi les effets (plus ou moins secondaires) du déterminisme socio-éducatif du vous m'en direz tant. Donc, la radio n'arrivait pas à
Couvrir (c'est pas elle qui faisait le boulot, c'étaient les couvreurs)
Les aboiements, et ça quand il y a des
Aboiements, moi fatal je songe aux caravanes, caravanes
De nuages qui passent au-dessus des toits comme s'ils n'avaient pas autre chose à faire.

La Fête Nationale (c'est aujourd'hui), c'est bien pour la France qu'elle vend des armes et donc on invite et honore le premier ministre indien que Macron lui refile la légion d'honneur, c'est pour vendre des armes et puis, le premier ministre indien, Narendra Modi qu'il s'appelait en 2023, c'est aussi un membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, je dis ça pour les gens qui sauraient pas), et ça, c'est efficace pour irriter Poutine (stilal qui a voulu envahir l'Ukraine et qui aura ruiné son pays).

Meute, c'est le nom que l'on donne au groupe de loups. Le couple Alpha est celui
Qui dirige la meute. J'aime bien le morceau « Phantom of the Opera » qui
Se trouve sur le premier album de Iron Maiden. Comme il se
Jetait sur le paquet de chips, je compris qu'il avait faim, parce que si l'on se jette ainsi, œil et cheveux fous,
Sur un paquet de chips, ce n'est pas parce que le paquet de chips se serait mis à vous traiter de tous les noms de la sardine.

Moi j'aime écrire des sottises au nom du droit que l'on a d'écrire des sottises.
Dès que mon esprit de sérieux (Ouh ! Ouh!) a tourné le dos, alors je me dis
Que j'écrirais bien quelques sottises et voilà que
Je les appelle dans ma tête : Ouh, ouh, petites sottises, où êtes-vous ? Donc, « dès que je
Redescendais du toit » pas si tranquille qu'aucune colombe, n'est-ce pas, du toit donc,
Du toit des inondations inéluctables, du
Toit d'où, tel un hussard, on peut les voir venir de loin, donc, dès que je redescendais du toit, je me disais, bon, si c'est comme ça, je vais aller me faire cuire un œuf.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juillet 2023.

13 juillet 2023

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

1.
12 juillet 2023. J'entends sur France Info que le nombre de faillites des petites entreprises remonte en flèche dans le commerce et la construction. La crise immobilière en cours, on n'en parle pas tellement. Elle pourrait pourtant faire des victimes. Beaucoup. Le gouvernement va devoir de nouveau débloquer des aides. Ils disent le contraire, mais l'endettement ne pourra se comprendre que si des économies sont faites dans les services publics. C'est la raison pour laquelle faudrait vraiment en finir avec la sale guerre de Poutine en Ukraine. Faut lui mettre la pâtée, au Poutine. D'autant que d'autres soucis se profilent : surpopulation, accélération des migrations, réchauffement climatique, troubles sociaux (eh oui). Eviter une augmentation des prélèvements, je sais vraiment pas comment qu'il compte faire, Bruno Le Maire.

2.
12/07/2023. Les officiels russes (Peskov, Lavrov, Medvedev et toute la mafia que Poutine tient dans sa main) blablatent blablatent blablatent. Ils feraient mieux de s'inquiéter du rouble qui ne vaut plus grand chose : 1 euro = 100, 69 roubles ; 1 dollar = 90,50 roubles.

3.
Maintenant que tout le monde se rend compte que la réforme Blanquer a été une très grande ânerie, je n'ai qu'une chose à dire : comment appelle-t-on l'auteur d'une très grande ânerie ? Hein ? Je ne vous le fais pas dire.
N'empêche, quand on pense aux enseignants qui ont alerté, se sont fait traiter de zôtres par l'aut' bienveillant, ont fait grève et perdu de l'argent, on se dit que le Blanquer s'est bien foutu de nous.

Donc, si j'ai bien compris, le Blanquer avait généralisé le contrôle continu parce que l'organisation des épreuves nationales du baccalauréat coûtait trop cher (on ne rit pas, ça faisait partie des éléments de langage d'alors).
Avec les sous économisés, la Macronie a mis en place le SNU (qui coûte des sous et qui ne marche que parce qu'on nous le dit). Pap Ndiaye reconnaît maintenant que le contrôle continu pose un certain nombre de problèmes : « équation complexe » qu'il dit sans rire. Mais non, c'est simple comme un syllogisme :
Le contrôle continu, c'est plus économique que le ponctuel, mais c'est moins fiable.
Or, le SNU, c'est pas terrible et ça coûte.
Donc, supprimons le SNU et utilisons l'argent économisé pour restaurer un baccalauréat digne de ce nom.

4.
12 juillet 2023. En économie, la confiance, dit-on, est essentielle. Il s'avère que les chiffres des pertes ukrainiennes donnés par Choïgou (incompétent notoire) sont extravagants. Or, si les Russes mentent sur la réalité de l'échec de leurs troupes dans la sale guerre de Poutine en Ukraine, ils peuvent tout autant mentir aussi sur l'état réel de leur économie.

5.
On évoque régulièrement une possible réforme constitutionnelle qui permettrait à Macron de se présenter aux présidentielles 2027. Personne ne sait si c'est la volonté du président. S'il ne le souhaite pas, les résultats des élections de 2027 pourraient être assez aléatoires.
La gauche dominée par la LFI ne remportera pas ces élections. Marine Le Pen pourrait, mais elle gagnerait de justesse et sans l'assurance d'une majorité parlementaire. Tout dépendra donc d'un éventuel candidat LR un peu crédible (ce qui n'est pas gagné) ou d'une alliance du peu populaire Renaissance, du centre de Bayrou, du LR, et du groupe Horizons. Soit une alliance, soit la création d'un nouveau parti de centre-droit.
Tout dépendra sans doute de l'état économique du pays en 2026-2027. Une victoire de l'Ukraine sur la Russie favoriserait cette alliance ou une réélection de Macron. A condition, bien sûr, qu'une nouvelle crise d'ampleur mondiale n'éclate pas d'ici là...

6.
13 juillet 2023. Paraît que Lavrov agite, une fois de plus, la menace nucléaire en cas de déploiement de F-16 dans le ciel ukrainien. Pipeau. Tout l'enjeu de la dissuasion est de persuader l'adversaire que l'on n'hésitera pas, au besoin, à utiliser l'arme nucléaire.
En cas d'attaque nucléaire russe, la riposte des Etats-Unis et de l'OTAN serait immédiate, massive et destructrice. Poutine le sait. Nous le savons tous. L'Occident ne se laissera pas impressionner par une poignée de mafieux.
Je lis que Lavrov aurait déclaré aussi « qu'il n'y aura pas de retour aux relations antérieures avec les pays inamicaux. » Apparemment, les Russes restent persuadés qu'ils vont gagner une guerre qu'ils ont déjà perdue.

7.
L'un des grands soucis à venir, c'est que l'endettement massif des pays occidentalisés induit par la crise Covid, la crise énergétique, la sale guerre de Poutine en Ukraine, la relance des politiques de réarmement, la constante nécessité des investissements finisse par être déconnecté des marchés. En clair, la spéculation sur la dette, (en raison de la différence qu'il pourrait y avoir entre résultats attendus et bénéfices réels), pourrait s'avérer de plus en plus risquée : défaillances d'entreprises, crise immobilière, crises sociales à répétition, instabilité de l'Afrique, concurrence et menaces persistantes de la Chine...

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juillet 2023.

12 juillet 2023

MOYENNEMENT CROYANT

MOYENNEMENT CROYANT

Croyant moyennement en dieu, je ne mange pas tous les jours du jambon.

« ALCMENE
Le ciel était serein, et cet enfant pleurait... Pour moi c'est le pire présage.

AMPHITRYON
Ne sois pas superstitieuse, Alcmène ! Tiens-t'en aux prodiges officiels. »
(Giraudoux, « Amphitryon 38 », I,3)

Croyant, non je ne le suis guère, même si souvent je me signe.
Moyennement croyant, alors. C'est que, comme le Don Juan de Molière, c'est
En 2 et 2 font 4, Sganarelle, et 4 et 4 font 8 plus qu'en un
Dieu invisible et qu'on laisse traîner partout, que je crois.
Je viens de lire « Amphitryon 38 », de Giraudoux. Je
Ne me plais, de plus en plus, qu’aux textes vifs et courts, et dans le genre vif et court, les pièces de Giraudoux sont assez probantes. Certes, on pourrait trouver le style un peu désuet, assez sentimental aussi, mais certaines répliques, des punchlines comme on dit maintenant, des mots d'auteur, font toujours mouche. Du théâtre de texte, du poétique, du théâtre pour comédiens. Ça tient la scène, oui. Je
Mange moins ces jours-ci, il fait chaud. Je n'aime
Pas trop ce qui se murmure sur l'avenir des lycées professionnels. Paraît que l'Etat serait tenté de contractualiser les statuts... Quel tas d'patates, dis, que la France, c'est pas les Etats-Unis, pas pour tout en tout cas, pas encore... Après, certains syndicats sont de très grands avaleurs de couleuvres, genre « contrôle continu », « parcours sup », et toutes ces conneries... J'entends
Tous les jours parler de la sale guerre de Poutine en Ukraine.
Les Ukrainiens finiront par gagner mais tous les
Jours, les Russes assassinent. Comme disait ma mère : Ils ne l'emporteront pas au paradis. Damnés, condamnés, qu'ils sont, les Russes. Maudits.
Du beurre, une baguette, une boîte de sardines ou alors du
Jambon, je ne sais pas encore. Je ne vois personne. Ou si peu. Tant mieux.

2.
Juillet 2023. Arte diffuse un concert du groupe ACDC ! Suis bien content de cette reconnaissance par la chaîne culturelle franco-allemande de l’importance de cette formidable entreprise à produire des riffs et du rock n’roll qui, depuis 1973, fait du bon boulot.

Le grand mérite d’ACDC est, à l’instar des orchestres de jazz et de blues, de n’avoir jamais dévié de leur genre : le rock n’roll. Au fil du temps, ils en sont devenus de purs virtuoses, des maîtres dans un genre, un style, une manière. Du grand art.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juillet 2023.

11 juillet 2023

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

1.
Poutine est un dieu. Le réel lui échappe. Il prend la forme des armes pour s'imposer et mille voix pour mentir (comme le font les dieux). Les humains finiront par le congédier. Et ses voix se tairont.

2.
Ceux qui disent que la contre-offensive ukrainienne patine ne savent pas ce qu'ils disent. L'armée ukrainienne a mis en échec l'armée russe en la bloquant dans l'est et le sud. Reprendre ces territoires signifie passer champs de mines et lignes de défense. Cela prendra du temps et hélas, coûtera cher en vies humaines. La décision prise par le président Macron de livrer à l'Ukraine des missiles SCALP (version française du Storm Shadow) est une bonne décision. Que cela inquiète les collabos pro-Poutine français (la tête qu'ils tirent, les compromis!) signifie que tout le monde sait que chaque jour qui passe rapproche de la chute inéluctable du régime de Poutine.

3.
Si l'Ukraine réussit à remporter la victoire (libération des territoires occupés par les Russes) avant 2027 (ce n'est pas impossible) et si les négociations pour la reconstruction de l'Ukraine remplissent les carnets de commandes des entreprises françaises, alors le président Macron pourrait décider d'une révision constitutionnelle qui lui permettrait d'envisager un troisième mandat, d'autant que la défaite inéluctable de Poutine desservira et le RN et la LFI, et que les partis républicains n'auront sans doute pas plus qu'en 2022 de candidats crédibles à présenter.

4.
Les entreprises occidentales qui continuent de travailler en Russie, alors que la défaite de Poutine est désormais inéluctable et que l'économie russe rentre dans une zone critique, vous rendez-vous compte que la reconstruction de l'Ukraine pourrait se passer de vous ?

5.
11 juillet 2023. On évoque des incursions ukrainiennes à Bakhmut et la reprise de contrôle des hauteurs dominant la ville. Il semble donc que les forces russes qui y combattent ne pourront plus maintenant progresser vers l'ouest.

6.
Il est possible que l'endettement/investissement du pays voulu par Macron, et qui sera décidé sans doute dans d'autres pays européens, obligera à une mutualisation des dettes et à une concentration supranationale dans bien des secteurs d'activités.

Cette mutualisation des dettes ne pourra sans doute se faire que dans le cadre d'une fédéralisation des Etats. Il faut donc s'attendre à ce que les partis d'opposition situés aux extrêmes soient de plus en plus âpres dans leurs critiques de la construction européenne.

Cette fédéralisation se fera pour des nécessités économiques et militaires (la sale guerre de Poutine en Ukraine n'a pas seulement renforcé l'OTAN mais aussi l'UE ; c'est sans doute ce qu'avec la plus grande attention observe la puissante Chine).

Cette Europe de plus en plus supranationale, et à terme fédérale, sera suivie d'un enrichissement des grands groupes industriels et d'un renforcement des marchés de l'est et du sud. Elle sera suivie d'un nivellement culturel par le bas (anglicisation des langues, pertes progressives de traits spécifiques, fin des exceptions culturelles...), d'un contrôle accru des populations (reconnaissance faciale, généralisation de la surveillance des réseaux informatiques, fichage systématisé, lois d’exception, garde (supra)nationale, etc...), et de la constitution d'une oligarchie sur le modèle des dynasties d'affaires américaines.

Le monde de demain sera un mélange du « Meilleur des mondes » et de « 1984 », ou de « 1984 » tout court, si l'Ouest se retrouve dans une guerre permanente et sans fin avec une éventuelle Eurasie et un Sud divisé.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2023.

 

11 juillet 2023

MAYONNAISE A LE DERNIER MOT

MAYONNAISE A LE DERNIER MOT

Tiens, je vais manger des chips. Peut-être bien que ça fera venir la fée des chips : miss Vinaigre ou miss Mayonnaise. Après, les gens, ils mangent du jambon et disent quand même des bêtises.

« Exprimant ainsi un besoin humain, j'avais toujours voulu écrire un livre s'achevant sur le mot Mayonnaise. »
(Richard Brautigan traduit par Michel Doury, « Sucre de pastèque / La pêche à la truite en Amérique », 10/18 n°1624, p.280).

Tiens, je vais écrire que je viens de voir d'la marrance dans les « shorts » de You Tube, d'la marrance en vidéos (y en a un lot) d'une certaine Minynaranja que zavez qu'à taper « Minynaranja Mambo 5 » et là, zavez une idée de l'efficacité d'un effet comique maîtrisé. Après,
Je me suis mis de l'inquiétante musique, l'album « Duck Stab » du groupe The Residents. Ça date de 1978, et c'est toujours aussi, tellement, et tant que ça qu'en tout cas, ma pomme à songes, cette fanfare électrico-étrange me fascine. Ce que je
Vais écrire maintenant, c'est que je vais manger des chips. Je vais
Manger des chips, mais c'est pas moi qui vais manger des chips. Je vais écrire que je vais manger
Des chips, mais c'est le personnage du serial killer qui va manger des
Chips après avoir égorgé éventré c'est le serial killer qui dit je vais manger des chips dans la cuisine là pleine de sang partout alors il mange les chips parce que la fille elle était en train de manger des chips dans la cuisine lorsqu'il est entré par la porte de derrière et qu'il l'a et donc il y a plein de sang partout et le paquet de chips est resté sur la table donc le serial killer il dit tiens je vais manger des chips

Peut-être que vous vous dites quesse-ki-dit quesse-qui-dit mais quesse-qui-dit que je pourrais en rajouter dans l'horrible vous décrire le sang éclaboussant les murs de la cuisine blanche et les vêtements de la fille et tout ça mais ça, ça serait pas
Bien que je préfère, et de loin, évoquer les comiques mimiques du visage de Minynaranja quand elle playbacke « Every dance now Let's go » en gigotant des mirettes à la Tex Avery ou qu'elle mime gamine la comptine « El chino capuchino »,
Que si
Ça se trouve, elle a été, la Minynaranja là, personnage de dessin animé dans une vie antérieure, zavez qu'à regarder; ça vous
Fera quelques secondes de rigolade. A
Venir, le mot « mayonnaise », que de tout temps
La mayonnaise n'a pas existé et que les diplodocus, voyez, ils étaient bien obligés de manger leurs frites sans mayonnaise. Il y a aussi le mot
« Fée » qui vient du latin « fata » qui désignait quelque divinité liée au destin
Des humains. Le mot « mayonnaise » et le mot
« Chips » ont quelque sympathie. Le mot
Miss et le mot « vinaigre » me viennent à l'esprit car il y en a qui aiment les chips au vinaigre. Ceci dit, une Miss
Vinaigre serait acide assez je pense, si,
Ou alors
Miss, cause que j'aime bien l'idée, Miss
Mayonnaise (blonde donc) que si j'avais voulu évoquer une brune, j'aurais évoqué Miss Caféine.

Après hier j'ai lu « La pêche à la truite en Amérique », de Richard Brautigan.
Les poèmes en prose de Brautigan sont marrants ; ça vous cause des
Gens d'une manière décalée comme si les gens,
Ils étaient autrement qu'on dit qu'on les voit que les gens
Mangent défois, nous écrit Brautigan, « de drôles de trucs, et on boit des machins encore plus marrants : de la dinde, du porto, des saucisses, des pastèques, du pop corn, des croquettes de saumon, de la salade de fruits, du melon, du pop corn,» moi aussi je mange
Du melon avec du porto, et aussi du
Jambon, même si je ne connais pas personnellement Pêche à la truite en Amérique
Et que je ne vais jamais à la pêche à la truite en Amérique mais que je sais que les gens
Disent quand même des trucs et des machins encore plus
Quand les gens disent les choses qu'ils disent tout le temps
Même qu'alors défois je reste chez moi à écouter
Des musiques inquiétantes façon « Duck Stab » du groupe The Residents ou que j'écris des
Bêtises du genre Tiens, je vais faire comme Brautigan et que le dernier mot de ce texte soit le mot Mayonnaise.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2023.

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