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BREFS ET AUTRES

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17 juin 2023

MORUE TU RIS MAIS QUEL SALE TEMPS !

MORUE TU RIS MAIS QUEL SALE TEMPS !

« La mort est à la fois plus grande qu'une montagne et plus petite qu'un cheveu. »
(Claude Izner, « Mystère rue des Saint-Pères », chapitre V [Kenji Mori])

La mort (pourquoi parler de la mort alors que je pourrais parler des fraises?). La
Mort (non, parce que les fraises c'est bon avec du riz froid sucré et de la chantilly). La mort
Est (sauf que la mort, c'est en toute saison, alors que les fraises, évidemment...). La mort est,
A vrai dire, je pourrais aussi parler du roman que je lis, « Mystère rue des Saint-Pères », de Claude Izner, que ça me plaît, cette histoire de libraire et de mort subite par piqûre dans le Paris de 1889, avec cette illustratrice du nom de Tasha Kherson et l'étrange Kenji Mori...
La littérature policière à énigmes, y a rien de tel surtout que demain, je sais que je ne mangerai pas de fraises avec du riz froid sucré et de la chantilly ; donc, toutes les
Fois que je peux rester chez moi à lire des romans policiers pendant que vous vous agitez comme des gens qui sont tout, je suppose (bande de gueux à diplômes et têtes de nœud), j'en profite et
Plus le temps passe, plus je me dis que je dois avoir raison quand je vous le dis, que les fraises, c'est bon avec du riz froid sucré et de la chantilly.
Grande chose que les fraises, aussi la littérature policière, et le fait que personne ne vienne me demander quoi que ce soit (y en a j'vous jure, zécoutent trop les curés et le ministre de l'éducation nationale, fichez-moi la paix et démerdez-vous, j'suis pas éducateur social). Donc, plus grande
Qu'une montagne, la mort qu'il dit Kenji Mori. Je ne suis jamais allé à la montagne. Je n'irai jamais. Pourquoi faire. Même les bouquins qu'ça se passe dans la
Montagne (Frison-Roche, et d'autres je suppose), ça ne m'attire pas plus que ça. Je préfère Hercule Poirot (mais je ne prétends pas avoir bon goût non plus).
Et après, me direz-vous, on s'en fout ; et vous avez raison vu que je m'en fous itou.
Plus petite aussi la mort, qu'il dit Kenji Mori (un personnage de Japonais dans un roman policier, une chance sur deux qu'à un moment, il balance un proverbe, alors que, si ça se trouve, les Japonais ne disent pas plus de proverbes, sentences, maximes, sapiences et blagues de carambar qu'un paysan dans Maupassant, donc, plus
Petite aussi la mort, qu'il dit Kenji Mori (tiens, Mori comme Fubuki Mori, dans l'épatant « Stupeur et tremblements » d'Amélie Nothomb) ou comme dans « Morue, tu ris, mais quel sale temps ! » (d'où ça vous vient, toutes ces conneries, monsieur Houzeau ? Chaipas, ça doit être un don), plus petite
Qu'un cheveu, la mort, hein, dis ; et là se pose le problème de çui-là qu'a laissé tomber sa moumoute dans la soupe à l'oignon, mais nous en parlerons une autre fois, de veau, évidemment.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juin 2023.

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17 juin 2023

AU LAC DE TES YEUX ET AUTRES SOTTISES

AU LAC DE TES YEUX ET AUTRES SOTTISES

« Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre cœur se noie et fond
Là le défont
Dans l'eau d'amour et de folie
Souvenir et Mélancolie »
(Apollinaire, « Poèmes à Lou », V)

Au lac je ne vais pas au
Lac non je ne vais pas je préfère écouter la foudre souple
De la batterie d'Art Blakey – défois quand j'écoute les batteurs, je pense à un tonnerre, à un tonnerre élastique, un tonnerre élastique aux éclairs élégants -
Tes yeux , paumées les mirettes dans une trompette, tes
Yeux errent dans un saxophone non ce lac
Très profond trop
Profond pour ma pomme, ce lac je l'évite.

Mon pauvre cœur dirais-je si j'étais sentimental n'est
Pauvre que parce qu'il sait être sec (et là je dis que le mieux pour moi avec le hareng fumé, c'est quand même les pommes de terre, avec du beurre) Le
Cœur éponge ça fait de mauvaises farces flaques et claques
Se noie pas mon cœur ou alors se
Noie une heure ou deux dans quelques bières
Et après il s'occupe de ses affaires et se fond
Dans l'énigme des poèmes, abscons carambars, et les intrigues policières.

Là il est bien mon cœur Bientôt
Le sommeil prend son hôte et je m'endors tandis que se
Défont les figures d'Hercule Poirot ou des Poèmes à Lou.

Dans l'eau je ne me regarde pas
L'eau je la mets dans mon whisky
D'amour voyez je ne me soucie
Et je suis assez heureux comme ça.

De vous Zut je fus parfois zélé parfois oublieux La
Folie à passions, la chamade à mourir, violons et soupirs, bah ce n'est pas pour moi.

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? Ai-je bien coupé le gaz
Et vidé la baignoire ? Ai-je bien rempli la gamelle de
Mélancolie, la chatte qui n'aime pas rester seule ? Là, je raconte n'importe quoi, parce que je n'ai pas de chat qui s'appelle Mélancolie, ce qui serait sottise d'appeler mon chat Mélancolie, parce que de chat je n'en ai pas, mais que j'ai un peu de mélancolie, parfois, quand je songe que je pourrais avoir un chat que j'appellerais Bonaventure, comme tout le monde.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juin 2023

17 juin 2023

ALORS LA CHAPEAU POINTU ET TANT PIS POUR VOUS

ALORS LA CHAPEAU POINTU ET TANT PIS POUR VOUS

« Cette ère-là est sans fin, puisque nos sociétés sont, cette fois, virtuellement en phase de mobilité continuelle. »
(Jean Baudrillard, « La société de consommation »)

Cette ère-là : Baudrillard c'est l'ère des « Grands Magasins », de la consommation de masse qu'il vienne les valses de Vienne en évoquant cette
Ere-là. Notons qu'il n'évoque ni le mystère de la Zone 51, ni l'horloge de ma grand'tante, et ça c'est quand même
Là, car quelque part la zone 51 me gratefule le ded, et l'horloge de ma grand grand-tante, alors, hein, sans cadran ni aiguilles ni ossements, tout le monde s'en moque de l'horloge de ma grand-tante, (mais en attendant, vous ne perdez pas le violon de la jolie violoniste que je vis violonner pour autant) donc elle
Est sans fin cette ère-là
Sans fin (ce qui ne veut pas dire qu'elle est infinie parce que l'humain n'a rien d'infini, un jour l'humain finira de rire et de mourir, de pourrir et de souffrir, de tuer et de crever, de faire des frites et de gratter des moules, et il n'y aura plus d'humains ; il n'y aura que de l'indescriptible) mais bon en attendant elle est sans
Fin, l'ère des consommations (one scotch ? one bourbon ? one beer ?)
Puisque... puisqueuh bon, là je n'ai aucun argument ; c'est que je m'en fish and chips aussi, pis j'ai la flemme... Il n'empêche que
Nos sociétés - notez que l'on peut difficilement ici remplacer le mot
Sociétés par des chapeaux pointus et c'est dommage car ce
Sont de fiers couvre-chefs que les chapeaux pointus -
Cette insulte qu'on leur fait en les ôtant du réel... il y aura une
Fois où les chapeaux pointus point ne l'oublieront et ce n'est pas
Virtuellement qu'ils s'armeront de leur violon, de leur archet, de leur jolie violoniste et qu'ils viendront,
En véloces et virtuoses instruments de la violonisation de vos âmes consommatrices Ah ce sera une
Phase atroce une phase
De gigue qui s'arrête pas qui s'arrête jamais et c'est de
Mobilité perpétuelle, d'agitation chronique, d'innovation, invention, valse
Continuelle des choses que vous et ce sera tant pis pour vous.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 juin 2023.

16 juin 2023

AGACERIES POLITIQUES EN FRANCE GUERRE EN UKRAINE

AGACERIES POLITIQUES EN FRANCE GUERRE EN UKRAINE

1.
Les succès des forces ukrainiennes dans leurs actions offensives, peut-on croire à tout ce que l'on nous dit, (« 68 blindés russes » ? 1 régiment entier (5 compagnies) annihilés !) ? Si c'est vrai, cela pourrait signifier que Poutine la perdra bientôt sa sale guerre en Ukraine.

2.
Paraît que Poutine a déclaré que la Russie manquait « d'armes de pointe » (bizarre, il semblait dire le contraire il y a quelques mois) et que les forces russes auraient reconnu l'avantage du matériel à visée nocturne dont disposent les Ukrainiens. Euh, quand l'ennemi commence à trouver excuses et explications, c'est-y-pas que ses pertes seraient assez sévères, défois ?

3.
Paraît que certains trouvent que le silence du Pentagone et de la Maison Blanche significatif d'une éventuelle mise à distance du conflit russo-ukrainien. C'est juste le contraire. Plus que probable que les USA analysent chaque minute des actions offensives des Ukrainiens et espèrent qu'elles seront victorieuses. Ils s’exprimeront quand ils seront sûrs de leurs conclusions.

4.
12 juin 2023 : 16 heures, j'écoute Élisabeth Borne contre-carrer la motion de censure. Elle joue du violon, de la trompette, du tambour. Lyrique et très très très langue de bois.

Borne va même jusqu'à rappeler dans sa creuse diatribe le drame d'Annecy (rappel : tentative de tuerie de masse à Annecy le 8 juin 2023 par un ressortissant étranger: 6 personnes blessées, dont 4 enfants en bas âge). Outre que cela tend à prouver que l'insécurité ne baisse pas en France depuis que Macron préside, je ne vois pas ce que le drame d'Annecy a à voir avec la motion de censure déposée en raison de la façon dont le gouvernement a fait passer la réforme des retraites.

5.
12 juin 2023. La contre-offensive ukrainienne progresse vite, dit-on. On dit aussi que les lignes fortifiées russes seront très dures à passer. Tout dépendra donc du nombre d'hommes, de chars, de drones, de missiles que l'Ukraine pourra aligner.

6.
L'euro passe les 90 roubles. Les nouvelles seraient-elles mauvaises ? On dit que la contre-offensive ukrainienne fait des dégâts dans les rangs des forces russes. L'OTAN ne peut pas perdre et ne perdra pas.

7.
Avec l'inéluctable défaite de Poutine et la contre-offensive ukrainienne, ça va être assez curieux de voir certains pro-russes contorsionner leurs raisonnements pour dire que oui, en fin de compte, la victoire de l'Ukraine est une bonne chose.

8.
Privatisation de l'enseignement (regardez les initiatives Blanquer et Canto-Sperber, multiplication des formations privées, apprentissage – très largement subventionné d'ailleurs).
Augmentation du budget militaire (du reste nécessaire, essentiel, vital) et maintien d'un complexe militaro-industriel fort (nécessaire, essentiel, vital), maintien d'un rôle actif de la France dans l'OTAN.
Renforcement présidentiel du rôle diplomatique de la France, politique fédéraliste en Europe, jacobine dans le cadre national.
Recul de l'âge de la retraite dans le but non avoué de promouvoir la retraite par capitalisation.
Promotion d'une sorte de patriotisme fédéralo-républicain-européiste via le SNU, rumeurs de projets d'une sorte de « garde nationale » à la française.
Politique d'endettement/investissement qui alourdit la dette publique dans l'espoir, parfois illusoire, de plus grands bénéfices demain.
Bref, on dirait bien que le projet du président Macron, c'est l'américanisation de la France.

Ceci dit, mieux vaut le modèle américain que les modèles russe et chinois, mais le modèle gaulliste (équilibre entre secteur privé fort et secteur public fort), c'est pas mal non plus.

9.
12 juin 2023. Mort de Berlusconi. Dichotomie. Bien des hommes politiques lui rendent hommage (parfois de façon un peu trop appuyée, je trouve) tandis que bon nombre d'éditorialistes soulignent le fait qu'il entretenait probablement des liens assez étroits avec la mafia, qu'il était connu pour son goût des très jeunes filles et des partouzes, et qu'il était notoirement un relais de la propagande de Poutine en Europe (entre mafieux, on sait s'arranger hein?).

10.
Avec la défaite de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine, les historiens retiendront sans doute qu’aux 20ème et 21ème siècles, l'Occident des démocraties libérales s'était doté, avec l'OTAN, de la plus formidable organisation politico-militaire que le monde ait connue.

Par ailleurs, la défaite de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine prouvera la solidité des démocraties libérales, la supériorité de l'armement occidental, fera réfléchir la Chine et sera profitable à nos ventes d'armes.

11.
Ce n'est pas le nombre de contractants mais leur qualité qui fera du Pacte de Pap Ndiaye une réussite. Mieux vaut relativement peu de contractants mais expérimentés et fiables qu'un grand nombre de personnels inexpérimentés qui sont loin d'imaginer dans quoi ils mettent le pied.

Bref, le Pacte, parce qu'il est trop ambitieux et contraignant, pourrait causer un certain nombre de défaillances, de dépressions, voire de démissions. Ce qui serait le contraire du but recherché, car où trouver les remplaçants des contractants défaillants, surtout si ces remplaçants n'ont pas eux-mêmes signé le Pacte à notre de plus en plus provisoire ministre Pap Ndiaye, lequel serait, me dit-on, un intellectuel renommé, ce qui en France ne veut rien dire, nos universités en étant pleines, d'intellectuels soi-disant renommés.

12.
Le scandale du fonds Marianne commence à faire des remous. Pourquoi Marlène Schiappa ne démissionne-t-elle pas ? Il se dit, mais ce sont sans doute rumeurs vipérines, que Schiappa se verrait bien diplomate à New York. Et un poste bien payé dans une institution ou une ONG en Suisse, ça lui suffirait pas ?

13.
Le SNU serait intégré dès le mois de mars 2024 au temps scolaire des classes de seconde (12 jours de stage) mais uniquement pour un public volontaire. Remarque (parce que ce gouvernement est innovant dans le bizarre, le farfelu et l'art de perdre de l'argent) : si, par je ne sais quel procédé magico-administratif, le ministre Pap Ndiaye (ou l'un de ses avatars) aurait dans l'idée d'inclure la mission d'encadrant du SNU dans les briques de son Pacte, je pense que bien des enseignants refuseront de signer.

14.
Qu'est-ce que le Pacte à Pap Ndiaye sinon un contrat ? Or, il ne viendrait à aucun enseignant, je pense, l'idée de signer un contrat sans le lire préalablement. J'espère donc que les syndicats ont bien fait savoir au ministère que le Pacte devait faire l'objet d'un contrat juridiquement valide (et donc contestable, le cas échéant, devant un tribunal) entre l'enseignant et l’institution.

SNU, Pacte, nouvelles missions, dont certaines relèveraient de Pôle Emploi et non des enseignants : je ne sais pas ce que la Macronie veut faire de l'éducation nationale, mais elle commence à prendre une drôle de tournure, la transmission des savoirs, avec leurs projets, aux coûteux technocrates.

15 juin 2023. Je viens d'entendre le ministre Pap Ndiaye sur France Info. Pas une question sur le Pacte et donc pas un mot du ministre sur le problème. Par contre, Pap Ndiaye a précisé que concernant le SNU intégré dès mars 2024 au temps scolaire, il s'agirait d'un volontariat collectif d'une (ou plusieurs classes, je suppose), un « voyage scolaire » de 12 jours donc, un stage ou je ne sais quoi ; et qu'il serait thématique.

Questions : si des parents s'opposent à ce que leur(s) enfant(s) y participe(nt), y seront-ils tout de même obligés ? Comment la chose sera-t-elle rétribuée aux enseignants ? Autrement dit, est-ce que cela rentrera dans les missions du Pacte et à quelle hauteur ? Ou est-ce que cela considéré comme une obligation de service ? (et là, je ne suis pas d'accord). Etrange, tout cela, très étrange.

Bon, je déduis tout ça de ce que Pap Ndiaye a dit sur France Info le 15 juin 2023 à 18 heures 20, mais je me demande dans quelle mesure Pap Ndiaye comprend tout à fait bien ce qu'on lui a dit de dire. Eh oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juin 2023.

16 juin 2023

IM SUMPF WIE MEINE OMI

IM SUMPF WIE MEINE OMI

1.
« Mais je n'entrai pas dans la ville ». Je pique ça à un poème contemporain de je ne sais qui.
La contemporanéité est pleine de poètes que personne ne lit. On a raison.

2.
Entendu ce 16 juin 2023 que l'Ukraine était ce matin pleine d'alertes aériennes. De la mer Noire dit-on qu'ils ont été lancés les missiles russes.
La Russie cherche à déchirer l'Ukraine. La Russie elle-même est déjà déchirée.
Un jour, les couteaux sortiront en plus grand nombre encore en Russie et il y aura beaucoup d'égorgements chez les Russes.
La mafia est une bête énorme qui finit toujours par vomir des couteaux.

3.
« En l'honneur des enfants volés / la rivière est plus claire ». Je lis ça dans un poème de Jacques Izoard. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je m'en fiche. Je me dis qu'on dit que les Russes à Poutine volent des enfants aux Ukrainiens. Pour compenser quoi ? Que les Russes ne veulent plus faire d'enfants (si c'est pour en faire des soldats hein). Pour compenser les pertes sur le champ de bataille ? Pour en faire des otages ? Thierry Mariani est-il un type bien ? C'est un politique. Pour quelqu'un comme moi, il ne peut pas être un type bien. Les politiques ne sont pas des types bien. Ce sont juste des gens dont on a besoin. Ce n'est pas pour ça que je les respecte. Qu'ils me fichent la paix et je leur fiche la paix. Mais je ne voudrais pas d'un politique comme ami. A cause de leur troisième main. Celle que vous ne voyez pas et qui tient le couteau qu'ils vous plantent dans le dos.

4.
Je regardais hier soir des vidéos d'il y a beaucoup de lunes (et leurs grands cimetières dessous) montrant Nina Hagen. Une émission de variétés allemande. Bon, je vais couper France Inter et Nagui pour écouter Nina Hagen. Nagui, je m'en fous. J'aime bien Nagui. Je ne l'écoute pas souvent. Je préfère Nina Hagen, qui chante (Nina Hagen est une vraie chanteuse, elle a de la voix, de la justesse, de l'octave et de l'originalité) dans « Pop 78 » donc que Nina Hagen chante les toniques « TV-Glotzer » et « Auf'm Bahnhof Zoo ». Regarder la jeune Nina, cheveux noirs, yeux vifs, remuer et faire du théâtre, balancer ses insolences et vocaliser punk, ça a un rapport avec le temps. Avec l'être du temps. Pour peu que l'on prenne soin de ces documents, Nina Hagen est aussi, pour le temps qui reste aux humains, cette chanteuse pop/rock qui apparut sur la scène de l'Ouest à la fin des années 70.

Citation :
« Allein, die Welt hat mich vergessen
ich hänge rum, hab's bei allen verschissen
ich sitz zu Hause, keine Lust zu gar nichts
ich fühl mich alt, im Sumpf wie meine Omi »
(« TV-Glotzer » chanté par Nina Hagen)

La narratrice de ce « TV-Glotzer » raconte que le monde l'a oubliée, qu'elle est toute seule, et qu'ayant « baisé avec tout le monde », elle n'a plus rien d'autre à faire que de rester assise chez elle, qu'elle n'a plus envie de rien et qu'elle se sent aussi « vieille et enlisée » (« Sumpf » signifie « marais, bourbier ») que sa « grand-mère ».

5.
Je me demande ce que fait Marlène Schiappa en ce moment (le 16 juin 2023 à midi 11). Dit-elle des choses fines et intelligentes ? Dit-elle des conneries ? Prépare-t-elle son départ du gouvernement ? Boit-elle un apéro avec je ne sais qui ? A-t-elle des soucis personnels à régler d’urgence ? Engueule-t-elle quelqu'un ? Je me fous de Marlène Schiappa. On a besoin de Marlène Schiappa. C'est une utilité. Comme Macron. Comme tous ceux qui exercent une fonction. Ils assurent le show. Je ne les aime pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juin 2023.

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15 juin 2023

MAZETTE DIT L'ETRANGE JEUNE FILLE

MAZETTE DIT L'ETRANGE JEUNE FILLE

Le premier chapitre de « La Bande de l'araignée », de Jean Ray (Librio n°170), dans ses aventures de Harry Dickson, « le Sherlock Holmes américain », s'intitule « l'étrange jeune fille », ce qui donne à rêver sur le lien entre l'étrange et les jeunes filles, quoique les jeunes filles soient des bipèdes tout aussi encombrants que les autres, même que certaines ont de grands pieds.

Il y est question d'araignées. Because Dickson en a maintenant dix, de ces arthropodes prédateurs, mais ce ne sont pas des vraies. « Ah ! l'effarant mystère ! » disent le texte et la marquise, laquelle sortit à cinq heures pour n'en plus revenir.

Il est ensuite question de Georgette Cuvelier, qui s'appelait Georgette parce que si elle s'était appelée Bérénice, peut-être que le sort de l'intrigue en aurait été changé, bien qu'il n'y ait aucune opposition à ce que Bérénice, aussi bien que Georgette, aille rendre visite à Harry Dickson.

A la page 9, il est question de « mazette », dans le sens de quelqu'un qui est malhabile, de peu d'intérêt. On disait alors « une mazette » et Georgette de dire, je cite le texte de Jean Ray : « Ce serait malheureux si un détective de votre renom n'avait trouvé dès le premier abord. A moins de n'être qu'une mazette à la réputation surfaite. » Le français moderne a perdu l'usage de ce joli mot. Il est vrai que « La Bande de l'Araignée » a été publié en 1933. C'est amusant, mais deux pages plus loin, parlant du « fameux Vampire aux yeux rouges de hideuse mémoire » que vient d'évoquer Harry Dickson, Georgette réutilise le même mot de « mazette » : « - Peuh ! une mazette ! dit la visiteuse avec un mépris non dissimulé. »).

Nous apprenons aussi que Mlle Georgette Cuvelier n'est pas un moule à gaufres, et ça, c'est bien dommage parce que franchement, ce n'est pas avec des jeunes filles étranges qui disent « mazette » à tout bout de champ (j'ai eu une élève qui disait au moins trois fois par heure « j'suis dégoûtée », elle non plus n'était pas un moule à gaufres), donc ce n'est pas avec des jeunes filles étranges que l'on fait des gaufres, mais avec des gaufriers, ou alors il faut faire des gaufres en étant aidé par la jeune fille étrange, et là, je dis attention, parce que l'étrangeté de la jeune fille pourrait influer défavorablement sur la qualité des gaufres. Tous les marchands de frites vous le diront.

Et comme nous arrivons à la fin de cette première partie, je ne peux qu'être d'accord avec Harry Dickson, le « Sherlock Holmes américain » : « Je vous dis que nous nous trouvons devant une effroyable énigme humaine. » C'est aussi ce que je dis à la chaussette dépareillée, isolée, vouée à la solitude du tiroir, en attendant que la seconde, disparue, veuille bien se manifester.

Conclusion : je suis bien content d'avoir appris le sens du substantif « mazette », parce que ça rime avec pipelette :
« Mazette fit la pipelette, zavez vu la minette ? C'est la fête à la brouette ! » (Pourquoi « brouette » ? Parce que « chou, genou, hibou, joujou, bijou, caillou, pou » ne riment nullement avec « mazette, pipelette, minette, fête », cependant qu'ils prennent un x au pluriel comme nous l'apprîmes alors que nous étions morveux.)

Ce qui me fait penser que, surveillant hier des épreuves du baccalauréat, je me suis rendu compte que certains élèves de terminale bac pro ne savaient pas lire l'heure sur les horloges. Comment c'est-y possible ? ai-je demandé à l'un d'entre eux. « Parce qu'on ne me l'a pas appris ». Dormez-vous tranquille, Meirieu, et vous, Blanquer, dormez-vous tranquille ?

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juin 2023.

13 juin 2023

LE PACTE A PAP N DIAYE : ON COMMENCE A Y VOIR PLUS CLAIR

LE PACTE A PAP N DIAYE : ON COMMENCE A Y VOIR PLUS CLAIR

1.
Sortant d'une assemblée générale portant sur le Pacte et la transformation du Lycée professionnel, j'ai dans la tête autant de questions que de réponses.
J'ai bien compris, et suis d'accord avec ce point de vue, que le Pacte avait pour but de répondre aux difficultés évidentes et nombreuses que rencontrent les LP.

2.
Pour ce qui est du Pacte, comme je le pressentais, il n'y a évidemment pas autant de pactes que d'enseignants. Autrement dit, ce sont les enseignants qui ont déjà l'habitude de s'investir depuis plusieurs années dans des missions et projets divers et variés qui signeront, considérant, à juste titre, qu'ils seront alors rémunérés pour le nombre d'heures, souvent très grand, qu'ils auront effectuées.

En outre, une mission n'évince pas forcément le candidat qui se sent légitimé par l’expérience. Autrement dit, ce n'est pas parce que quelqu'un va se positionner sur une mission qu'il n'a jamais remplie auparavant qu'un collègue expérimenté va se voir piquer sa place. Certaines missions demandent effectivement non pas un, ni deux, mais parfois plusieurs collègues travaillant éventuellement sur plusieurs établissements. Et le nombre de missions proposées, et donc d'heures à remplir, est conséquent.

3.
Le souci est bien entendu le caractère insécable de la brique. Or, un enseignant peut être tout à fait à l'aise dans une mission de coordination (quelle qu'elle soit, et le champ est large) ou de maintenance, et peu goûter aux joies du remplacement de courte durée. Tout sera donc dans la souplesse et l'intelligence des personnels de direction (pour certains, travailler avec eux va être un plaisir ; pour d'autres, pitié, Seigneur!)

4.
J'ai noté un certain flou tout de même dans le contenu des missions. Il serait possible, d'après ce que j'ai compris, qu'entre dans le cadre des missions du Pacte la mise en place d'heures d'option. On a même parlé d'heures de philosophie (!!!???). Et là, ça m'étonnerait grandement que le ministère accepte sans sourciller de payer longtemps des heures de pseudo-philosophie (bin oui) en LP à 68 euros l'unité pour une poignée d'élèves plus ou moins « volontaires ». Et si cette philosophie-là passe, pourquoi pas le yoga, l'histoire de la cuisine japonaise, l'apprentissage d'une langue exotique, et tous les ateliers possibles (théâtre, poésie, danse de salon, pâte à crêpe, avec évidemment venue d'intervenants extérieurs lesquels se feront payer, ce qui nous donne un coût horaire amusant et me donne à penser que ce n'est pas de son vivant que le président Macron compte faire baisser le montant étonnant quand même de la dette publique).

5.
Il semblerait aussi que les heures de « renforcement français/maths » (vieux serpent de mer retourné dans tous les sens qu'on dirait plus un scoubidou tourmenté qu'un monstre effrayant les moines du Loch Ness) puissent rentrer aussi dans les missions, les briques, le mur (on dirait un jeu pour adolescents de l'espèce moderne appelée « geek ») alors que ces heures peuvent aussi être payées en HSE. Question : Est-ce que cela signifie qu'à terme les heures HSE vont disparaître au profit des heures missionnées, dont je pense qu'elles ne resteront pas ad vitam à 68 euros (1 euro 13 la minute quand même) sans que le ministère finisse par sortir de son chapeau à grosse tête un lapin sachant compter, réguler, et faire qu'avec a + b tu obtiens – c (la comptabilité publique a de ces mystères !) ? On nous dit que pas pour l'instant. Logique : on ne sait pas si le Pacte a réellement un avenir ; autant assurer ses arrières.

6.
Rien qu'avec ces quatre premiers points, je vois déjà se profiler les différences d'appréciation et de mise en œuvre qui ne manqueront pas de se produire selon le chef d'établissement (le perdir qui propose de socler, oui, oui, c'est bien de la novlangue) et les enseignants concernés. Entre le psycho-rigide, scrutant à la loupe chaque virgule du texte et l'appliquant scrupuleusement jusqu'à l'absurde et Kafka avait donc raison, et le bienveillant qui demandera à un(e) tel(le) d'avoir l'obligeance de, que si c'est pas possible, eh bien, on va demander à Machin, ou on va pas l'faire, bah, je pressens quelques bidouillages, quelques arrangements, quelques abus.

7.
En ce qui concerne la transformation du Lycée professionnel et la « gratification » accordée aux élèves en stage, personnellement, je m'en félicite (parce que dans certaines filières, certains stagiaires effectuent, quand bien même ils sont en formation, un travail réel ; parce que le paupérisme existe, parce que ça peut motiver et aider les jeunes majeurs...), mais quand j'apprends que cette gratification pourrait être supprimée si on juge par ailleurs l'élève absentéiste, je m'interroge. La gratification est-elle la reconnaissance d'un droit de l'élève en formation ou la récompense d'un comportement jugé correct par l'institution ? Est-elle de nature juridique ou de nature morale ? Il se pourrait que les tribunaux administratifs aient à trancher bientôt la question.

8.
Dernier point : les dispositifs « Tout droits ouverts » et « Ambition emploi » qui s'adresse, pour le premier, aux élèves décrocheurs qui pourraient bénéficier du maintien de leurs droits s'ils ne démissionnent pas et acceptent de travailler sur des solutions alternatives que le Lycée lui proposerait (c'est flou, et j'y vois surtout une manière administrative d'empêcher la marginalisation des élèves les plus en délicatesse avec le système scolaire).

Le second (« Ambition emploi ») s'adresse aux élèves qui ont échoué au CAP et au Bac Pro deux fois (ah oui, quand même). Les établissements auraient à charge de trouver une solution en lien avec des partenaires extérieurs. Seront-ils toujours dans les bases du lycée ? Je me demande qui va s'en occuper. Le Bureau des Entreprises ? Des professeurs ayant l'âme de travailleurs sociaux ? La commission « Ambition emploi » ? C'est tout de même curieux : je croyais que c'était là le travail des missions locales et de Pôle Emploi. Me serais-je gouré ?

9.
Je m'arrête là et j'ajoute que si j'ai mal compris, tant pis. Mais si j'ai bien compris et à peu près bien transcrit ce que j'ai entendu, alors je crois que le Pacte à Pap Ndiaye va être assez compliqué à mettre en place, que ça va coûter bonbon, et que les enseignants vont très vite vraiment travailler beaucoup plus, tout en s'éloignant de plus en plus nettement de leur cœur de métier : transmettre un savoir disciplinaire.

Je pense aussi qu'il sera nécessaire de veiller à qui signe le Pacte. Certains voudront signer qui, en fin de compte, ne supporteront pas la charge de travail supplémentaire et finiront par être en arrêt, laissant en plan projets, préparation aux examens, obligations de service. En outre, la quantité n'étant pas toujours une garantie de qualité, attention au vertige des moyens.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2023.

12 juin 2023

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

1.
Un court texte d'Apollinaire dans le recueil « Il y a » (cf « Poèmes à Lou précédé de Il y a », Poésie/Gallimard n°44) illustre ce que l'on peut entendre par perception de l'être. Les « canots vides » de l'île de la Grenouillère (île de la Seine connue entre 1850 et 1930 pour le canotage qu'on y pratiquait nous rame de papier Wikipédia), les « canots vides » donc, rappellent au narrateur que le lieu fut jadis hanté par « les peintres », Maupassant, et leurs conquêtes « à grosse poitrine ». C'est dans ce décalage entre l'animation passée, la vie joyeuse qui s'y déroulait et le « vide » des canots qui n'ont plus qu'à « s'entre-cogner », parce que s'ils savaient faire des crêpes, ça se saurait, dans ce décalage que se tient la perception de l'être. Un lycée vide après avoir été agité toute la semaine produit le même effet. Lorsque la pleine saison est passée, même chose pour le vide du très grand hôtel dans une région montagneuse, et en plus ça attire les fantômes.

LA GRENOUILLERE

Au bord de l'île on voit
Les canots vides qui s'entre-cognent
Et maintenant
Ni le dimanche ni les jours de la semaine
Ni les peintres ni Maupassant ne se promènent
Bras nus sur leurs canots avec des femmes à grosse poitrine
                                         Et bêtes comme chou
Petits bateaux vous me faites bien de la peine
Au bord de l'île
(Apollinaire)

2.
Dans « Il y a », il y a aussi « Avant le cinéma ». Je me suis longtemps demandé d'où venait cette chanson hors du temps qui ouvrait une émission sur le cinéma le dimanche soir sur France Culture (laquelle, je ne sais plus). Je sais maintenant que c'était un poème d'Apollinaire mis en musique par Francis Poulenc et la version que j'aimais est une version modernisée par David Jisse et Dominique Marge.

« Avant le cinéma » est une balade amusée qui illustre l'intérêt d'Apollinaire pour la modernité. Pas de démonstration, l'auteur constate simplement qu'acteurs et actrices sont considérés comme des « artistes » et deviennent plus populaires que poètes et compositeurs, et la langue du début du 20ème siècle de s'enrichir des mots « ciné » et « cinématographe », mais l'essentiel est que la qualité y soit, « aussi mon Dieu faut-il avoir du goût ».

AVANT LE CINEMA

Et puis ce soir on s'en ira
Au cinéma

Les Artistes que sont-ce donc
Ce ne sont plus ceux qui cultivent les Beaux-Arts
Ce ne sont plus ceux qui s'occupent de l'Art
Art poétique ou bien musique
Les Artistes ce sont les acteurs et les actrices

Si nous étions des Artistes
Nous ne dirions pas le cinéma
Nous dirions le ciné

Mais si nous étions de vieux professeurs de province
Nous ne dirions ni ciné ni cinéma
Mais cinématographe

Aussi mon Dieu faut-il avoir du goût
(Apollinaire)

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2023.

12 juin 2023

TELEKINESIE DOMESTIQUE

TELEKINESIE DOMESTIQUE

1.
Il y a un côté ironie du commentateur dans certaines notes qui galapagossent (pourquoi galapagossent ? Pour l’exotisme et parce qu'il y a « gosse » dedans ; or, « Les plus qu'humains », de Theodore Sturgeon, dont je vous fraise, évoque une bande de mômes inquiétants, périlleux, mystérieux...). De quoi c'est-y qu'je cause ? Ah oui, de l'ironie des notes (interventions de l'auteur ? pensées du personnage concerné?) du genre : « Preuve de plus que la puissance pas tout à fait maîtrisée offre bien des inconvénients. » Je lis ça page 43 du volume J'ai Lu n°355. C'est que la petite Janie est tout de même à l'origine de la fracture du crâne au sous-lieutenant qu'était venu voir sa maman pendant que son papa était pas là. A quatre ans. Avec un presse-papiers. Par psychokinésie. Mais ça, le sous-lieutenant, il a préféré l'oublier.

Donc après, la daronne, elle a la « chair de poule » qu'elle dit au « sous-lieutenant suivant » et ça c'est normal et en route pour l’extraordinaire ! Franchement, il est bien, ce roman de Sturgeon. Le début est terrible. Glauque. Pas très joyeux, ah non.

2.
Theodore Sturgeon traduit par Michel Chrestien, « Les plus qu'humains », J'ai Lu n°355, pp.155-57.
Une scène de fantastique télékinésique. Le narrateur évoque d'abord une maîtresse, une dominatrice, un règne (« elle avait régné sur toute la maisonnée ») et un pluriel obéissant (« nous avions obéi »). Mais l'obéissance finit par être rompue car « elle avait dépassé les bornes ».

Il y a ensuite les premières manifestations (le mot est à prendre ici au sens d’événements paranormaux). C'est visuel et rappelle le cinéma d'épouvante à la Poltergeist : potiche lévitante puis fracassante, gant baladeur qui vient gifler le visage de Mlle Kew (je ne sais pas qui c'est, mais, apparemment, l'invisible lui en veut) : il me semble avoir entendu à la radio que le gendarme des fantômes, Emile Tizané, a compte-rendu quelque part qu'il s'était lui aussi fait gifler par un gant sans personne dedans. J'ai itou dans mon anthologie de caboche le souvenir d'une scène de film dans une cuisine où la maîtresse de maison lit un magazine cependant que se promène dans l'air une cafetière (était-ce une cafetière?) qui lui verse du café donc dans une tasse (était-ce une tasse?) qu'elle tient à la main. Plongée dans sa lecture, elle ne se rend pas compte de l'insolite de la situation. Le paragraphe suivant confirme l'épouvante. Le pluriel rebellé (apparemment, ce sont des mômes) pose une question sur un dénommé « Bébé ».

La question reste sans réponse et Mlle Kew émet des hypothèses rationnelles sur l'origine de l'incident (« avion » ? « tornade » ? « tremblement de terre »?). Ah ces gens qui ne veulent pas se rendre à l'évidence des pouvoirs cachés... Les mômes inquiétants insistent, mais Mlle Kew est têtue.

Les mômes inquiétants décident donc « d'augmenter la dose ». Le sadisme, non sans ironie (« C'était trop triste ») devient comique, grotesque, avec ces « tresses » qui « se dressèrent, restèrent droites en l'air, la tirèrent vers le haut ». Mlle Kew s'alarme et demande aux mômes ce qu'ils sont « en train de faire ». Eux demandent le retour de Bébé. Refus. Les mômes inquiétants font venir les rats, ce qui, au premier couinement, effondre tout à fait Mlle Kew.

Les mômes obtiennent ce qu'ils voulaient. Il y a un échange entre le narrateur et le psychanalyste Stern à propos du déni car Mlle Kew a plus tard évoqué un « glissement de terrain » pour expliquer la suite de phénomènes qu'on sait bien qu'en fait, ce sont leurs pouvoirs, aux mômes du bouquin. Bizarre, hein.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2023.

11 juin 2023

IL Y A DES CHOSES SI SI IL Y EN A

IL Y A DES CHOSES SI SI IL Y EN A

1.
Il y a des choses que l'on ne dit pas avec des gens derrière. Pourraient vous entendre, voire vous écouter. Et pas la peine de penser à les décoller. Après, les murs seraient obscènes, comme ça tout nus.

2.
I.A … I.A ?... C'est pas ce que disent les ânes, ça, I.A ?

3.
Certains zôtres sont une consolation. Plus cons qu’eux, tu meurs. Et je suis encore vivant.

4.
Certains zôtres réussissent le tour de force d'être à la fois des trous du c.. et des petits c.... Zont tout pour aller se faire ramoner de tous les côtés.

5.
Comme le souvenir lui revenait, il prit son parapluie. Ce n'était pas la peine d'en rajouter.

6.
Chaque fois qu'il levait les yeux, il finissait par ne plus les croire. C'est ainsi qu'il passa du scepticisme à l'athéisme.
Et que désertant l'église, il n'alla plus voter.

7.
Avez-vous remarqué qu'en vieillissant, au fil des années, on passe parfois de la paresse insouciante à la neurasthénie casanière ?

8.
Le hasard, parfois, il fait si bien les choses que l'on se demande s'il ne le fait pas exprès. En tout cas, quand les frites rencontrent la mayonnaise, j'en suis fort aise, ne vous en déplaise, mon cher Blaise et toutes ces sortes de choses qui se mangent.

9.
Y en a qui disent que si les Russes utilisent relativement peu leurs avions sur le terrain, c’est que les systèmes de défense sol-air sont devenus si performants que les avions tomberaient comme des mouches. Suffirait donc de beaucoup de systèmes sol-air et moins d’avions hein. Et donc, finis les bombardiers, les avions de chasse, les hélicoptères de combat ? Etrange.

10.
Je ne vais que rarement au spectacle. C'est-à-dire que je n'y vais que quand j'y suis invité (c'est rare) et que je me décide. Défois qu'on me demanderait de payer, voire d'apprécier.

11.
Quand on porte une veste rapiécée, si elle se met à chantonner en broken english, c'est pas si grave, j'aime bien l'album de Marianne Faithfull quand même.

12.
Je me demande quelle est l'espérance de vie moyenne d'un tromboniste wagnérien ? Bon, supérieure à celle d'un gansta rapeur, c'est sûr, mais ça ne prouve rien.

13.
Comme la tête lui tournait, il loupa le coin de la rue et se retrouva dans une ambiance à serpent, indien dans le désert et guitare qui lancine genre les Doors sont passés par là, ont tiré la bobinette et la chevillette a chu.

14.
J'aime bien la musique mais j'évite, surtout l'ample, la lyrique, avec des chœurs, des taratata-taratati cuivrés et la jolie mélodie chantante et rythmée qui vous entraînerait à se dire qu'on aime les gens et autres incongruités.

15.
Non, je n'irai pas voir monter « Dom Juan » par une troupe de drag queens. D'ailleurs, je n'irai pas voir Dom Juan du tout. Je n'aime pas les comédiens, et ce que j'aime dans Dom Juan, c'est le texte, le reste, je m'en bats la bienveillance.

16.
Quand les gens me parlent, je n'oublie jamais que ce qui les motive, c'est toujours et avant tout la nécessité de se remplir l'estomac. Le reste, c'est le spectacle de l'humanité qui se prend pour ce qu'elle ne sera jamais.

17.
Ah tiens, les USA ont sorti la diversion OVNI (conférence de la NASA, vidéos curieuses, témoignages hallucinés et faux lanceur d'alerte). Quelque chose serait-il en cours ? En Europe, vous croyez ?

18.
La résilience (poil à la panse), c'est quand vot' moral finit par tricoter des chaussettes.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juin 2023.

 

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