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BREFS ET AUTRES

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19 mai 2023

ET BIENTÔT PLOUF ET GLOUGLOU

ET BIENTÔT PLOUF ET GLOUGLOU

1.
L'argument du président Macron selon lequel pour pouvoir continuer à investir dans le secteur public, il faut produire plus de richesses et donc qu'il faut impérativement que les gens travaillent plus longtemps est intéressant car tout d'abord étrange : le départ à la retraite ne supprime pas le poste de production et le salarié parti peut être remplacé...

A moins que le président Macron s'imagine que, d'ici quelques années, les créations d'emplois seront telles en France que le marché du travail absorbera tellement tellement tellement de main d’œuvre que celle-ci ne suffira à produire le volume de richesses attendues qu'en augmentant toujours plus le nombre de salariés et d'heures de travail. Mais là, à mon avis, il se fiche le majeur de la main invisible du marché dans l’œil et il semble oublier les impondérables (d'ailleurs annoncés : guerre économique et technologique, tensions internationales, conflits post-coloniaux, raréfaction des ressources, soucis climatiques, pandémies diverses, intensification migratoire et montée des radicalités, cycles boursiers, poids de la dette...)

En bon libéral, il semble que le président Macron pense que l'intensification des échanges et des interdépendances suffira à éviter le pire. Cela paraît logique et j'y ai cru longtemps moi aussi. La sale guerre de Poutine en Ukraine prouve le contraire : il n'y a pas plus de rationalité dans la macroéconomie qu'il y en a dans la tête de la plupart des chefs d'Etat. 

Autre hypothèse : l'Etat réel de l'économie française est peut-être tel que le président Macron n'a pas d'autre choix que de tenter de mettre le plus vite possible le plus de gens possible au travail, sinon quoi, ce serait le bouillon ?

2.
En fin de compte, le Parti socialiste aura surtout servi à promouvoir une version light du libéralisme et Macron n'est bien sûr pas plus de gauche qu'un moule à gaufres. Par contre, il est de plus en plus libéral, économiquement parlant, le roi du « en même temps ».

3.
16 mai 2023. Russie. De nouveau, le rouble repart à la baisse par rapport à l'euro et au dollar (1 euro = 87, 68 roubles ; 1 dollar = 80, 74 roubles). L'indice RTS en baisse.

16 mai 2023 La fuite des capitaux russes ne serait pas une légende... Écho d'une arrestation par le FSB à l'aéroport de Domodedovo (sud-est de Moscou) d'un homme qui aurait tenté de faire sortir deux lingots d'or de Russie (valeur : environ 126 millions de roubles). Source : @RebeccaRambar.

Le maigre défilé du 9 mai 2023, les lamentations, les colères et les pertes importantes de Prigojine, l'enlisement des forces russes en Ukraine, beaucoup d'images fuitant montrant la désorganisation du pays, voire ses dissensions... Suis-je le seul à trouver tout cela étrange ?

Et si tout cela servait à Poutine de préparation de la population russe à un argumentaire du type : « Regardez ce que l'OTAN et l'Occident font à notre pays ; nous allons donc réagir rapidement et violemment ».

Ce qui donnerait alors à penser que Poutine, ne voulant pas s'avouer vaincu, serait prêt à sacrifier la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dans une attaque désespérée qui serait inéluctablement suivie par une riposte très forte de la coalition qui désormais sait que l'Ukraine vaincra. Perspective inquiétante.

Autre hypothèse : Poutine sait parfaitement qu'il a perdu sa guerre en Ukraine et ne sait plus comment sortir du bourbier qu'il a lui-même créé. Tâtonnerait-il ?

Note : il ne faut pas oublier non plus qu'il est possible que Poutine ne soit pas  du tout du tout du tout aussi intelligent que certains l'ont dit...

Il se pourrait aussi que les missiles hypersoniques à Poutine soient moins hypersoniques que Poutine l'a cru (puisqu'on lui a dit). Les petits bonshommes de chaipaou à Jean-Pierre Petit auraient-ils raconté des craques ou ne seraient-ils que d'interstellaires zozos ?

4.
France métropolitaine : Nombre d’inscrits à Pôle emploi et « tenus de rechercher un emploi » (catégories A,B,C) au 1er trim. 2023 : 5 089 600 (2 801 400 sans emploi ; 2 288 100 exercent une activité réduite) : Non, Macron n’est pas un génie. (source : Pôle-emploi.org)

Et je ne parle pas de l’effondrement du niveau de vie de bien des gens qui ont un travail et qui ne s’en sortent plus…

5.
Réforme des retraites… 43 annuités. C’est du 64 ans +++ assuré pour beaucoup (65, 66, 67 ?)… Article 40… Borne tire sur la corde à ressentiments… Macron se prend pour un grand homme… qu’ça chute, chute, chute, vertical !

Quant à Pap Ndiaye, le voilà obligé de gérer les effets secondaires de la sotte réforme Blanquer et se prépare à ce que le Pacte fasse plouf et glouglou.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 mai 2023

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18 mai 2023

DE LA PROSE QUI PERTURBE AH AH AH

DE LA PROSE QUI PERTURBE AH AH AH

1.
Luis Sepulveda traduit par François Gaudry, « Le Neveu d'Amérique » (« Points »). Notes, souvenirs. Parfois terrible quand il évoque la dictature et le Chili con carnage de Pinochet (« Le pire arrivait, à peu près tous les quinze jours, quand on nous emmenait au régiment Tucapel pour les interrogatoires »), parfois mélancolique et plein d'un humour souvent anarchisant. Chapitres souvent courts, livre bref et tonique. L'histoire de l'enfant au dauphin (chapitre 6 de la 3ème partie) est particulièrement émouvante. Le productivisme fait aussi le malheur des gens.

2.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quaddruppani, « L'image de la Faucheuse » in «  Brume (La Faucheuse) », J'ai Lu n°2579. Variation sur le thème du miroir maudit. Une scène et son double. Le présent doublon du passé ? J'aime bien les trouvailles d’expression qu'on y trouve, dans la prose de Stephen King :

« M. Carlin gloussa, c'était un son sec comme si des os avaient cliqueté dans la soupente de l'escalier. »

La progression du recueil fait succéder au classique « L'image de la Faucheuse » par « Nona ». Impressionnant. Itinéraire à la première personne d'un tueur halluciné. Frustrations et violence, sexe, rats, possession, crypte, crime sadique... Pensées décalées :

« La vigne sporulée se contente peut-être de rêver qu'elle fornique, mais je suis sûr que la Vénus gobe-mouches déguste cette mouche, savoure sa lutte faiblissante alors que ses mâchoires se referment sur elle. » ([le narrateur]).

Après ces soixante pages horrifiques, une poésie ? Un texte de chanson surréaliste ? « Pour Owen ». Ça se passe « rue des Fruits ». Le narrateur conduit son fils à l'école et c'est amusant ces variations sur les élèves et les fruits ; mélancolique aussi, et se finissant sur une note psychédélique plutôt sympathique :

« je me garerais sous une pluie de feuilles d'octobre
et nous regarderions une banane aider la dernière
pastèque en retard à franchir ces hautes portes. »

3.
A la fin des années 70, dans les collèges et les lycées, nos professeurs regardaient avec le grand mépris très inculte dont ils étaient capables le film « Grease » ainsi que la plupart des films de divertissement américains. Les romans de Stephen King étaient très mal vus eux aussi, et l'on parlait sans rire d'impérialisme culturel et d'abrutissement des masses. Cinquante ans plus tard, « Grease » n'est certes pas considéré comme un chef d’œuvre, mais comme un film bien ficelé et agréable à regarder. Quant à Stephen King, certains de ses textes sont en passe de devenir des classiques.

4.
Ce qui sans doute fascine les lecteurs de Stephen King, c'est la variété de ses atmosphères. Il semble que l'auteur tente d'épuiser tous les thèmes de l'épouvante : des plus classiques (pouvoirs psychiques inconnus, objets, gens, animaux hantés, miroir maudit, malédictions et possessions diverses et avariées...) aux plus baroques et repoussants. Une nouvelle comme « Le goût de vivre » permet de comprendre pourquoi certains lecteurs reculent, et que d'autres se détournent de cet univers si violent pour n'y plus revenir, à la prose qui perturbe (« Ah ! Ah ! Ah ! » dit le narrateur).

5.
Henri James traduit par Jean Pavans, « Le Tour d'écrou » (Librio n°200) : Chef d’œuvre de la littérature de hantise et d’ambiguïté. Le lecteur face aux étrangetés narratives précises et fascinantes. La narratrice est-elle folle ? Ces spectres sont-ils réels, aux frontières du réel et de l'être ? Flora et Miles mentent-ils à leur préceptrice ? De quoi parle exactement Mrs Grose quand elle évoque les « horreurs » échappées de la bouche de la petite Flora ? Et évidemment que l'on pense à des abus de toutes sortes, y compris sexuels – et si la narratrice mentait ? Jusqu'à quel point les enfants peuvent-ils savoir ? A se fasciner par ce huis-clos hanté aux apparitions de plus en plus rapprochées, jusqu'à l'inéluctable que permet la langue.

Citation :

« Mais rien d'autre n'avait changé dans la nature, à moins bien sûr que l'étrange intensification de mon regard n'ait été un changement. L'or était toujours dans le ciel, la limpidité dans l'air, et l'homme qui me regardait du haut des remparts était aussi net qu'un tableau dans son cadre. » (chapitre III [la narratrice])

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2023.

18 mai 2023

EN FEUILLETANT LE CRABE-TAMBOUR DE SCHOENDOERFFER

EN FEUILLETANT LE CRABE-TAMBOUR DE SCHOENDOERFFER

1.
Quand on lit que « La sorcière ravivait la braise de leurs cigarettes pour faire plus vivant... », fort probable que la narration navigue dans le morbide à tendance où que chuis tombé là ?

2.
« décolore, use, érode, grignote... » M'arrive de songer que le Temps grouille d'une infinité d'insectes invisibles qui décolorent, usent, érodent, mitent et trouent, grignotent, engloutissent cette apparence du réel que nous appelons « présent ».

3.
« Adieu vieille Europe, que le Diable t'emporte !... » dit la chanson de la Légion... « Fou la Tête », et tous des crabes... il y en a des « Fou la Tête » dans le Crabe-tambour… têtes brûlées, chair à faits divers…

4.
« Alors tu me laisses tomber ?... Qu'est-ce que tu vas faire ?... » c'est la question... Qu'est-ce qu'on va faire ? Et que fait-on vraiment ?

5.
Si vous voyez passer un « … Vous étiez son ami... », ne lui répondez pas. C’est un conseil. Mais si vous aimez les boîtes de chocolats empoisonnés…

6.
Quand « La Mort est là, dans ce salon confortable, ... », vous pouvez lui offrir un whisky, ça ne changera rien au fatal picard.

7.
« … sur le dos d'un chameau avec toute une escorte de pillards déguenillés qui tiraillaient des coups de feu en l'air... », qu’on dirait une vignette de bande dessinée. Les romans, c'est du cinoche, du cinoche en mots pour l'oscura caboche.

8.
« … le choix de l'homme n'est pas entre ce qu'il croit le Bien ou le Mal – ce serait simple et définitif – mais entre le Bien et un autre Bien, entre deux valeurs essentielles, qui tout à coup, par une simple facétie du destin se trouvent en contradiction », dit le commandant au narrateur du Crabe-Tambour, de Pierre Schoendoerffer.... C’est ce qui nous attend… confrontations des espaces vitaux, conflits identitaires, sécessions, annexions,… alibis, expertises… poids des religions, communautarismes autocratiques, traités léonins, main mise sur les matières premières… Les raisons d’Etat de partout vont se mettre sur la gueule… les démocraties vont partir en confettis bien sanglants… les marchands de canons, superstars…

9.
« Nous écoutons les informations à la radio »... Nous avons donc besoin d’oreilles… les oreilles ne se trouvent sous le sabot d’un cheval que si un humain se fait piétiner par un équidé… ranger ses oreilles sous les sabots d’un cheval est d’ailleurs tout à fait stupide : tous les extra-terrestres à oreilles séparables qui nous visitent depuis qu'on nous dit qu'ils nous visitent le savent.

10.
« … le chef boit pour noyer un morbide démon intérieur... », raconte des histoires de fou la tête que défois on se dit « du courage... pour ne pas sombrer... » pis qu'on passe dans le rayon des glouglous pis qu'on a du mal à résister à l’appel de la bière fraîche.

11.
« Des histoires de marche à pied »... ça donne soif... Et vous ne croyez pas aux signes non plus, hein ?... « Un crabe plein d'orgueil » ... l'incendie de tout un monde... l'officier parle et raconte ; il a soif.

12.
Joues cuites.... bouffées... ça tanne... le vent se lève... Chalut glisse... pont glacé... roulis, Machin qui crève... Y a du ruisselant ... Les gens vivent, vivent, rêvent... Tous les noms de dieu, poissons, fièvres et lèvres.

13.
« Les petits marchands de soupe ambulants »... le commerce déambule ses pieds, ses bras, ses mains, son dos... bouffent le monde, les gens ont faim, toujours... une faim infinie, l'humanité...

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2023.

16 mai 2023

PAROLES PAROLES

PAROLES PAROLES

1.
Vendredi 12 mai 2023, le président Macron est venu à Dunkerque faire la promotion de l'installation d'une usine du groupe taïwanais ProLogium qui produira un nouveau type de batterie pour les voitures électriques. On parle de 3000 emplois directs et de 12000 emplois indirects.

Paraît que les Hauts-de-France vont devenir une terre de réindustrialisation dans le secteur de l'économie décarbonée (le journal Le Monde évoque des « gigafactories »). Cela signifie-t-il la création de dizaines de milliers d'emplois directs et indirects ? Si c'est le cas, alors le président Macron pourra s'enorgueillir de ce succès. Il n'en aura pas eus beaucoup.

2.
14 mai 2023. Deux colonels russes tués dans la région de Bakhmut. Le 13, les Russes auraient perdu deux hélicoptères MI-8 et deux avions (Su-34 et Su-35) dans la région de Bryansk (au nord-est de l'Ukraine).

Les Wagner semblent piétiner à Bakhmut et leurs morts s'accumulent. Prigojine dit-il la vérité et manque-t-il réellement de munitions ou essaie-t-il de faire porter le chapeau des pertes de Wagner (importantes, dit-on) à l'Etat-major ?

Dans la sale guerre de Poutine en Ukraine, il semble que la question des moyens réels de la Russie se pose. De jour en jour et vu de France, on a l'impression que les forces russes sont de moins en moins en capacité de mener sur une longue durée une guerre conventionnelle face à un adversaire de mieux en mieux équipé et déterminé.

Les Russes cachent-ils leur jeu et préparent-ils une nouvelle offensive qui prendra l'Ukraine et le monde par surprise ou n'ont-ils plus d'autre choix que d'essayer de conserver ce qu'ils ont acquis ? (et apparemment, ce n'est pas gagné).

Autre hypothèse : l'action de Poutine serait-elle limitée par des lignes rouges qu'il sait ne pas pouvoir franchir sans risquer une réponse très forte de l'Occident et de l'OTAN ?

3.
15 mai 2023. On parle beaucoup de l'importance des investissements annoncés dans l'industrie française. On verra si le président Macron est capable d'autre chose que de susciter la colère et le ressentiment.

15 mai 2023. Le président Macron évoque aussi des baisses d'impôt pour les salariés gagnant, si j'ai bien compris, entre 1500 et 2000 euros par mois. Étonnant en période d'endettement massif.

J'apprends le 16 mai que le président Macron ne sait pas comment réaliser cette baisse d'impôt et qu'il a précisé que cela se ferait quand la situation budgétaire le permettrait. Ce n'est donc probablement pas demain la veille. Paroles, paroles, paroles, bonbons et chocolats...

4.
Je me demande comment Pap Ndiaye va réussir à faire avaler la couleuvre « Pacte » aux enseignants. Beaucoup craignent que la signature dudit Pacte les rende corvéables à merci, d'autant que la part d'administratif, de paperasse, de remplissage de tableaux et de boîtes à coucous numériques tend à s'intensifier dans l'éducation nationale comme partout (et c'est idiot, et périlleux).

Suite aux annonces surréalistes du ministre Pap Ndiaye sur la disparition de certaines filières du tertiaire dans les LP et la métamorphose des PLP des dites filières en professeurs des écoles – abracadabra donc -, la CGT appelle à la grève le 30 mai 2023 dans les LP.

Les enseignants s'interrogent... surtout que si on réindustrialise, comme l'a promis, prédit, assuré le président Macron, il y aura sans doute création de nombre d'emplois indirects dans le tertiaire (et donc, qui formera les vendeurs, les secrétaires, les agents d'accueil, les personnels de service dont le secteur tertiaire aura besoin tantôt ? - et si l'idée du président Macron était de confier ces formations aux seuls centres de formation des apprentis, voire au secteur privé?).

Entendu récemment sur les ondes qu'un agité de la Macronie proposait de remplacer le SNU par le SNE (Service National Ecologique) et de le rendre obligatoire (évidemment!). Vous verrez que si ça continue, la Macronie finira par envoyer les jeunes Français et Françaises œuvrer à l'équilibre écologique de la nation en travaillant (gratuitement ou quasi) dans les fermes et les champs... ah la la, les gros sabots qu'ils ont défois, dans la Macronie...

Le président Macron est-il autre chose qu'un marchand de mauvaise soupe ? Nous le saurons bientôt. Points négatifs : endettement massif, réforme des retraites, réforme Blanquer/Pap Ndiaye. Ça, c'est ce qu'on a. Points positifs : des promesses de réindustrialisation, des baisses d'impôt. Ça, c'est ce que l'on devrait avoir... Mwouais...

5.
Je sais bien qu'il vaut mieux vivre dans une démocratie aux prisons pas très propres que dans une dictature à salles de torture, mais tout de même, ce que l'on entend dire sur l'état des prisons françaises est affligeant.

Les bonnes âmes diront qu'il faut trouver des peines alternatives, mais en ces temps de criminalité montante (non, Darmanin n'est pas un génie) et de multi-condamnés en liberté qui achèvent leur parcours en assassinant leur(s) prochain(s), me semble qu'il n'y en a peut-être pas assez de prisons.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mai 2023.

15 mai 2023

DERRIERE CERTAINES PORTES

DERRIERE CERTAINES PORTES

1.
Pierre Schoendoerffer, « Le Crabe-tambour », (Grasset, 1976).
Schoendoerffer parle de la vie militaire (ici, la marine), mais c'est surtout des heurs et des malheurs des hommes dont parle ce roman. Progrès de la maladie, affaires d'honneur, légendes et alcool (le « gwin ru » qui revient sans cesse dans les histoires de l'officier des pêches), le portrait d'un absent, le capitaine Willsdorff, rebelle dans l'âme, - un « Fou la Tête » lui aussi ? - ses chats, les souvenirs de l'Indochine et de l'Algérie, figures de disparus, de surgis du passé, de moribonds, la dernière rencontre entre celui que le narrateur appelle « le commandant » (c'est son grade) et un revenant, bien vivant encore (et certains disent que c'est un miracle). Le film est beau ; le roman tout autant.

Citation :
« Willsdorff l'a regardé fixement : « Pourquoi croyez-vous que j'aie fait fait ce que j'ai fait ? lui a-t-il dit, pour m'amuser ? » Je vous promets qu'il ne riait pas. Comme l'autre insistait, Willsdorff s'est levé. « Imbécile », a-t-il dit encore et il est sorti. Je ne l'ai plus jamais revu. »
(chapitre XXIII [le nouveau commandant au narrateur])

2.
René Char, « L'instituteur révoqué » in « Le Marteau sans maître » (Poésie/Gallimard). Évocation d'une conversation d'un groupe de trois « personnages » : le décor est « indifférent », les « échos » inconnus. Le narrateur évoque le « sang secret » et la « pierre catastrophique ». Le poème date de 1931 ; il aurait pu être daté de 1945. Prémonition ? « Je ne vous laisse rien à penser » est la dernière phrase du fragment.

Les gens échangent des phrases banales. Derrière ce rideau de syllabes, des enjeux qu'ignore la machine.

3.
Jean-Patrick Manchette, « La Position du tireur couché », Carré noir n°562. Roman noir à froid. C'est qu'on y refroidit beaucoup. Glaçant, fascinant, humain. Prose objective, behavioriste, pas de psychologisme, les faits, le réel, celui qui assassine. Tentative de portrait d'un tueur à gages en proie à un réel masqué.

Citation :
« Je n'ai jamais vu des êtres pareils, observa-t-elle. Mais tu es comme eux ? Ou bien non ? (Soudain sa voix et son regard étaient redevenus incertains.) »
(chapitre 12, [Anne à Terrier])

4.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quadruppani,« Mémé », in « Brume (La Faucheuse) », J'ai Lu n°2579. Horreur domestique, puisque l'on sait que derrière certaines portes... Pas pour rien que le recueil s'appelle « La Faucheuse ». Aussi de ce qui se passe dans les têtes qu'elle cause, la prose d'épouvante de Stephen King, aussi des livres cachés, des enfants qui naissent quand même, de sorcellerie, du môme George et de la vieille femme qui va mourir, qui meurt, et...

Citation :
« George demanda à sa mère pourquoi et elle répondit :
« Je crois que la possession de ces livres était devenue aussi importante pour elle que d'avoir des enfants. »

Le lecteur notera que ce n'est pas parce que l'on a un polichinelle dans le tiroir que l'on ne peut pas avoir un cadavre dans le placard.

5.
Stephen King, « Sables », in « Brume (La Faucheuse) », Nouvelle de science-fiction. Dévoration. C'est que les sables bouffent tout. Les sables du temps aussi – tout est « plein de sable », tout est « atteint de la fièvre des Beach Boys ». J’extrapole le Shapiro. Reviennent d'anciennes images et des noms d'il y a des lunes. A noter, cet art de la parenthèse en italiques qui rend compte de la pensée soudaine du personnage :

« A ce moment même, il vit un délicat ruisselet de sable glisser le long du flanc de l'une d'entre elles [des dunes]. Comme si elle avait entendu.
(entendu ce que je pensais). »

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2023.

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15 mai 2023

DES MARGUERITES DES BARGEASQUES ET DES SOURIS

DES MARGUERITES DES BARGEASQUES ET DES SOURIS

1.
Jean-Pierre Mocky, « Les Compagnons de la marguerite » (1967). Comédie. Variations sur le libertinage. C'est en noir et blanc, ça nostalgise, d'autant que c'est avec Francis Blanche, et donc dans le comique, l'absurde, le cocasse qu'ça fait d'la souvenance. Un film sur le faux qui se substitue au vrai et qui s'épidémise because ça arrange bien des gens d'avoir soudainement des registres qui ne disent plus ce qu'ils disaient hier. C'est donc aussi une histoire de faussaire, et donc, et fatalement, de policiers, ce qui entraîne la création d'une société secrète (d'où le titre).

Il y a des policiers en deudeuche (la 2 chevaux Citroën), la musique est de Gérard Calvi et Michel Serrault y est épatant. La scène avec les policiers à buste de Marianne en plâtre est marrante dans le genre dérision potache pas bien méchante, allez, surtout si on pense à toutes les saloperies que, sous prétexte de satire, les zozos d'la téloche des années 2020 balancent sans honte, et sans talent.

La scène de l'inspecteur Leloup de « la brigade des us et coutumes » [Francis Blanche] en robe de mariée « tapant la belote », la clope au bec, ainsi que la déposition finale au tribunal du même Leloup valent leur pesant de réformes du baccalauréat (puisqu'on cause stupidités). Ah ça, Pas facile à attraper, le Matou.

Citation :
« Quand le bien-pensant parle, on entend l'âne qui brait, disait Saint Louis, roi de France » [Matouzec, interprété par Claude Rich].
Remarque : les dialogues sont de Alain Moury caramelle (et nougat) Wikipédia et je ne sais pas qui c'est.

On me signale que Alain Moury serait un pseudonyme de Frédéric Dard. Cela ne m'étonnerait pas. Les univers de Mocky et de Dard étant proches dans le loufoque et la moquerie.

2.
Jean-Pierre Mocky, « La Grande frousse » (1964). Comédie genre humour noir et bizarreries diverses. Au générique, zavez trois cavaliers à cape noire chapeau noir chevaux blancs. Y a une chanson où on entend « Hélas, hélas, fatalitas ! ». L'inspecteur Triquet (interprété par Bourvil) fait parfois des p'tits sauts à la Bourvil, et a le cœur tendre à s'émouvoir d'un cou coupé (on coupait encore à la guillotine à cette époque).

J'aime beaucoup la scène de l'arrivée nocturne de Triquet dans la ville pleine de vent et de peur (le scénario est une adaptation de « La Cité de l'indicible peur », de Jean Ray). La peur vient de la bargeasque (une « bête » locale, prédatrice et nocturne), et la ville semble un bourg médiéval agrémenté de quelques magasins modernes.

Le décalé et observateur Monsieur Franqui (joué par Francis Blanche) idolâtre « Madame Urodèle », un mannequin à la tranchante – et une tranchante, c'est fait pour trancher ; la musique est de Gérard Calvi et Livina (Véronique Nordey), la secrétaire du maire (si accueillant et rassurant, le maire) est bien jolie quoique fort blanche et c'est forcé puisque c'est en noir et blanc.

Chasse à la bécasse, aux faux billets, à Mickey (le faussaire faussant compagnie), à la bargeasque, à l'assassin (défois que les gens, ils auraient beau être que des sans-vie, que ça vous tuerait quand même au cinéma), chasse dans le brouillard, chasse au fou que défois, voyez, y en a des bipèdes, zont l'air normal mais en fait ils se promènent la nuit déguisés en on ne sait quoi et parfois même le jour, et y en a aussi on croit que leur femme est partie mais en fait « oh, on était méchant ! » dit le brigadier Loupiac (Jean Poiret).

Triquet cherche Mickey et trouve une souris.

Citation : « Ah c'est vrai, vous êtes pistonné, vous, vous êtes un bourgeois, tandis que moi, j'me suis fait moi-même, je suis un no man's land. » [l'inspecteur Virgus, interprété par Marcel Pérès, à Triquet].
Paraît que les dialogues sont de Raymond Queneau.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2023.

14 mai 2023

UN GRAIN ARRIVANT

UN GRAIN ARRIVANT

(Zigouigouis d'bouts d'phrases du Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer.)

1.
« Un grain arrivant... », cause marine... c'est ça, grain... y a aussi grain de beauté et aussi grain de riz, autre chose... « maître après dieu -... » cause navire, capitaine et commandant... comment s'appelait-t-il déjà ce célèbre amiral des Provinces-Unies ?... de Ruyter, c'est ça... son nom est cité dans « le Crabe-tambour », à propos des navires français qui portèrent le nom d'Éole.

2.
« J'avais choisi mon peuple... » qu'il rizière le narrateur du Crabe-tambour... C'est qu'il y en a des peuples... « J'avais choisi ma vie... », ça c'est ce qu'on se dit... Choisit-on jamais quoi que ce soit ? Ni son nom, ni son dieu... qu'si ça s'trouve, nous choisissons ce que nous avons déjà choisi.

3.
« épouvantail surgi de mon passé... »... qu'il revenante le narrateur du Crabe-tambour… le frère d’armes retrouvé au coin de la rue… pas brillant devenu le rescapé…

4.
Ah tiens, j'écoute du rock progressif, un groupe allemand du nom de « Polytoxicomane Philharmonie »... « Je file comme un crabe vers son trou... » crabelette le narrateur du Crabe-tambour... « Psycho Erectus », c'est le nom de l'album des saxons planants... du coup, forcé que ma caboche se projette la choucroute volante filant dans l'espace et croisant des fusées en forme de bouteilles de bière... Dans le film tiré du roman, le Kashmir de Led Zeppelin qu’on entend...

5.
« Nuit. Pluie. Un ciel rouge... »... Notation… les lumières de la ville...« Parmi ceux qui survécurent un grand nombre oublièrent qu'il y avait eu ordre du roi et pensèrent qu'ils étaient là par hasard … »… phrase… histoire… dans « Le Crabe-tambour »... plein d’histoires... bouche et caboche… pleines de signes et de gwin ru… un tissu d'histoires, ce roman (c'est aussi la qualité du film).

6.
« des instructions... dans une langue incompréhensible... », c'est ce qu'on croit comprendre, et nous faisons ce qui nous est demandé, alors même que les instructions, les ordres, demandes, injonctions, prières demandent autre chose, tout autre chose.

7.
« on l'appelait le crabe-tambour !... »… le narrateur, au fil du voyage, il en rencontre des gens qui l’ont connu, le capitaine Willsdorff… tous ces gens, Seigneur, tous ces gens morts en Indochine, en Algérie… Nous, en France, nous sommes le 13 mai 2023, je regarde les chansons futiles et braillantes et bruyantes de l’Eurovision avec leur parfum de sophistication et leurs gymnastiques chorégraphiées (me semble qu’il y a du progrès dans leur moule à asperges à paillettes, on a vu pire, bien pire, certaines années)…

Essentielle, la ritournelle, essentielle… aussi essentielle que la mode, le maquillage, le cinoche, les cafés, les restaurants, les magazines et les people… l’illusion d’une autre vie, d’un monde cabaret, et beaucoup de travail… Let’s celebrate…

8.
« J'ai l'impression que son silence me juge… » Je ne sais plus qui confesse ça dans le Crabe-tambour… peu importe… le silence est un juge très certain. Celui du Commandeur, ou alors le moulin des rumeurs, quand il n’est pas si silencieux, le silence…

9.
« Alors du fond de quelque nulle par éclatait le son du cor... »… de là, « du fond de quelque nulle part » , qu’ça vient… gestion des nulle part de partout… modernité qu’ça cavale, des rues d’la soif qui s’allongent, labyrinthant jusqu’aux confins, passants, vitrines, ateliers, entrepôts, usines, cités-dortoirs et les ports qui gonflent et enflent, bucs d’ogres.

10.
Dans les nouvelles d’épouvante, c’est « de sa main morte, gantée de cuir » que le revenant prend le vivant à la gorge. Ou alors, c'est la « main morte, gantée de cuir » du commandant de l'Eole dans « Le Crabe-tambour », de Pierre Schoendoerffer.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 mai 2023.

11 mai 2023

S'AGIT DE RETROUVER UN RYTHME

S'AGIT DE RETROUVER UN RYTHME

1.
Robert-Louis Stevenson, « L'île au trésor » traduit par Déodat Serval (1885). L'enfant et la violence. Romanesque ici. Je me demande comment Stevenson s'y prend pour, en ce début désespérant de 21ème siècle, nous intéresser encore à une histoire de marins, de pirates et de chasse au trésor. Archétype ? Efficacité d'un style à la fois fluide et dépaysant (termes de marine, dialogues nourris d'expressions imagées,...) ? Intelligence de la construction narrative ? Nostalgie des stéréotypes (ah ça, Long John Silver, sa béquille et son perroquet sur l'épaule, quelle trouvaille!) ? complexité des personnages ? Je ne sais pas, mais sur moi, en tout cas, cette histoire pleine de bateaux, de combats, de blessés, de morts, d'honneur et de trahisons, fonctionne et continue à me plaire.

Citation :
« - Jim, dit-il enfin, tu as vu ce marin de tantôt ?
- Chien-Noir ?
- Oui ! Chien-Noir !... C'en est un mauvais, mais ceux qui l'ont envoyé sont pires. Voilà. Si je ne parviens pas à m'en aller, et qu'ils me flanquent la tache noire, rappelle-toi qu'ils en veulent à mon vieux coffre de mer. »
(Stevenson, « L'île au trésor », chapitre III [Billy Bones])

Et bien sûr, le fameux bout d'chanson qui revient :

« Nous étions quinze sur le coffre du mort !...
Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum !
La boisson et le diable ont expédié les autres,
Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum ! »

L'original dit :

« Fifteen men on the dead man's chest -
Yo-ho-ho and a bottle of rum !
Drink and the devil had done for the rest -
Yo-ho-ho and a bottle of rum ! »

2.
Frank Le Gall : « La Maison dans l’île » (1994, Dupuis). Bande dessinée. Récit onirique. La ligne claire est propice à l'évocation du rêve qui se présente d'abord sous forme d'énigmes. L'enchaînement des réflexions du personnage principal (Tintin dans « L’Étoile mystérieuse », Théodore Poussin dans « La Maison dans l'île ») donne une apparence de logique à cette suite d'étrangetés. Tout est dans l'atmosphère. J'apprécie l'univers des aventures de Théodore Poussin : Mystère, action, tout ça très fluide et lisible. La mouette est amusante.

3.
James Cain, « Le Facteur sonne toujours deux fois », traduit par Sabine Berritz. (Le Livre de Poche). Roman noir. Efficace. L'itinéraire d'un loser du type vagabond dangereux raconté à la première personne. Rédemption impossible. Aussi bref que coup-de-poing. Il est aussi question de chameau, de chat et de puma.

« - Encore une fois, écoute-moi bien. Ce que je veux, c'est partir. Je veux m'en aller loin d'ici. Je ne veux plus voir, à chaque instant, l'ombre de ce sacré Grec qui me saute dessus, j'entends l'écho de sa voix dans mes rêves et je tressaille chaque fois qu'à la T.S.F. j'entends une guitare. Il faut que je parte, comprends-tu ? Je veux partir, sinon je deviens timbré. »
(chapitre XIII [le narrateur])

4.
André Hardellet, « Poème », in « La Cité Montgol » (Poésie/Gallimard n°324). Le poème se relit comme on réécoute une musique. S'agit de retrouver un rythme, une image, le parfum d'une fille en noir, l'énigme de la chambre perdue...

Quelques phrases constituent ce « Poème » de André Hardellet, associations rêveuses (Rimbaud en eut de fameuses).

« Le mystère – c'est la voix étouffée des ramoneurs derrière les murs et le parcours de la Grange-Batelière sous l'Opéra. »

Je causais tantôt de L'île au trésor, roman d'initiation (si l'on veut) ; celle-ci amuse :
« L'Île-au-Trésor – c'est la touffe de parfums entre tes cuisses – salées. »

Et bien sûr, l'ironie légère :

« La plus belle récompense de l'homme – c'est encore son sommeil.

Et le mien tarde bien à venir. »

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2023.

11 mai 2023

EN ATTENDANT LA REINDUSTRIALISATION QU'IL DIT MACRON

EN ATTENDANT LA REINDUSTRIALISATION QU'IL DIT MACRON

1.
Les enseignants d'il y a 40 ou 50 ans n'étaient pas moins sots que les enseignants actuels mais ils étaient plus respectés.

Il me semble aussi qu'ils avaient généralement plus de quant-à-soi (mais je n'en suis pas si sûr).

Ils avaient aussi, me semble-t-il, beaucoup plus de liberté pédagogique et les programmes avaient au moins l'apparence de la logique cependant que les réformes de ces dix dernières années (de Peillon à Blanquer) leur font faire à peu près n'importe quoi.

2.
En français comme il se doit (d'honneur), on ne dit pas « nique ta mère ! » mais : Auriez-vous l'obligeance de signifier à Madame votre mère qu'il serait opportun qu'elle rendît un peu plus souvent visite à son amant, ce qui aurait pour effet d'éviter l'inceste qui, à voir votre figure, ne peut, hélas, que paraître inéluctable ?

3.
Donc si Zemmour est un nain, Dupont-Aignan est un demi-nain, Philippot un tiers de nain et Asselineau une flaque, dites, j'ai pas bon dans les proportions de l'union des droites pétainistes subventionnées par le Roi des nains, sa petitesse Vladimir Poutine ?

4.
Je n'apprécie pas les propos de René Chiche (je les trouve pétainistes et je ne porte pas Pétain dans mon cœur) mais s'il est vrai que Chiche a été suspendu sans solde (donc sans la moitié de son traitement, ce qui serait attendu), alors c'est une infamie égale à la suspension sans traitement des soignants réfractaires au vaccin. On ne prive pas quelqu'un de ressources, c'est un principe.

Si René Chiche est suspendu mais continue à percevoir la moitié de son traitement , alors, je n'ai rien à reprocher au ministère. Comme je l'ai dit, je n'apprécie pas les propos pétainistes de René Chiche ; sa suspension en elle-même me laisse froid.

5.
Ce n'est pas un « passage anal » que l'on reproche au dernier bouquin de Bruno Le Maire, mais un passage banal. Vulgairement banal.

6.
Quel est le but de Raffarin ? Défendre Macron qu'il sait influençable et donc perméable aux chants des sirènes chinoises ? Je m'interroge. Quant aux élèves des Lycées professionnels, je vais le rassurer tout de suite : ils n'en ont rien à fiche de Macron. Beaucoup votent Le Pen, d'autres Mélenchon.

7.
Quand je contemple le zoo qu'est la vie politique française actuelle, vous comprendrez que je ne suis pas prêt de voter. Je note cependant que toutes ces féeries nous coûtent, comme dit l'autre, un pognon de dingue.

Et s'agit de l'élite du monde occidental (ah l'ENA, oh Sciences Po !). Zimaginez les politiques russes et ceux des pays à moindre exigence de représentativité démocratique. Et vous pensez sérieusement que ce monde pourra longtemps continuer ainsi, avec 8 milliards de bipèdes ?

8.
Le « Pacte » avec primes à Pap Ndiaye, ce sont les obligations de service sans primes de demain. Enseignants, méfiez-vous. Zont fait pareil avec l'introduction du contrôle continu dans les LP ; des primes pendant quelques années et puis nada... sauf des injonctions.

Possible que Pap Ndiaye échoue. Le sait sans doute déjà. Il fera comme Blanquer ; un petit tour en politique (histoire de mettre des sous de côté et de se faire des relations – ça peut être utile), puis il retournera à sa carrière (peut-être un bouquin que personne ne lira).

Dans un tweet sur le fil de Pap Ndiaye, parmi les nouvelles missions que les enseignants pourront (devront?) accepter, il est question de « face-à-face pédagogique ». Est-ce une périphrase pour « heure de cours » ? ou s'agit-il d'autre chose (« atelier de communication interactive », « méthodologie bienveillante », remplacement-garderie, chef d'oeuvre inachevé, recherches sur internet, co-intervention modulaire... ????)

9.
Comment qu'on va faire qu'avec notre dette publique là qu'il paraît que tous les ministères doivent faire des économies et qu'en même temps, faut réinvestir dans l'hôpital, dans l'éducation, dans la défense, la justice... Euh, n'y-a-t-il point dichotomie ? Bah, je suis bien tranquille, grâce à sa formidable pensée complexe, le président macron va tout bien nous espliquer, et ça va se finir comme d'habitude depuis 2018 : noms d’oiseaux, casserolades, lacrymos.

10.
11 mai 2023 : annonces volontaristes du président Macron sur la réindustrialisation : s'agit de faciliter les implantations, initier un nouveau crédit d'impôt, freiner l'adoption de certaines normes européennes,.. Objectif : augmenter rapidement le volume d'heures de travail et la production de richesses.

Ce que veut le président Macron, c'est endiguer le déclin économique de la France (très endettée) afin qu'elle puisse garder son rang de grande puissance.

Peut-il y arriver ? Sans doute, mais ne rêvons pas, cela se fera au prix de nombreux sacrifices sociaux (réforme des retraites, de l'assurance-chômage,...), sociétaux (abandon progressif de certaines missions du service public et transfert dans le privé, cf l'avenir problématique des LP publics), environnementaux et moraux (certaines implantations étant vouées à devenir de piteux scandales politico-financiers d'ici plusieurs années, c'est la loi du genre).

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2023. 

11 mai 2023

EN ATTENDANT LES STORM SHADOW

EN ATTENDANT LES STORM SHADOW

1.
9 mai 2023. J'entends à la radio que l'Assemblée nationale s'apprêterait à inscrire le groupe Wagner sur la liste des organisations terroristes. Ce serait une bonne mesure (la France doit choisir son camp et s'y tenir).

Réaction d'une voix des Renseignements : cela risquerait d'aggraver les tensions entre la France et certains pays africains. Tu parles, Charles ! Les dirigeants africains qui tournent le dos à la France et font appel à Wagner savent très bien ce qu'ils font. Ne pas montrer notre désapprobation serait, au contraire, un signe de faiblesse.

2.
Courant février 2023, Prigojine affirmait que Bakhmut ne serait pas prise par les forces russes et la soldatesque à gages de Wagner avant mars, voire mi-avril. Au 9 mai 2023, le Kremlin ne crie pas vraiment victoire et Bakhmut n'est toujours pas sous contrôle...

Hypothèse : Possible que le message de l'Etat-major russe à Prigojine soit : nous ne voulons pas vous aider pas et freinerons le plus possible toute aide que l'on exigera de nous. Si tel est le cas, cela peut susciter des interrogations sur l'état d'esprit actuel de l'armée russe.

3.
9 mai 2023. Paraît que Bercy a fait savoir qu'il allait intensifier ses contrôles fiscaux en direction des « ultra-riches ». Le problème, c'est qu'à l'effectivité de ces contrôles, on n'y croit pas vraiment. Ça sent l'effet d'annonce et la poudre de perlimpinpin à plein nez.

A moins que ces contrôles visent particulièrement entreprises et gens aisés et très aisés en lien et favorables à la Russie poutinienne... Ce qui ne m'étonnerait pas.

4.
La Russie fait 17 millions de km² et compte 144 millions d'habitants. Développer un pays aussi immense demande des investissements gigantesques. Il se dit que corruption et affairisme captent une bonne partie des capitaux nécessaires et seraient une des causes des étranges déboires de l'armée russe en Ukraine. Poutine ne peut donc qu'accepter de perdre sa guerre ou précipiter l'Europe dans un brasier qui mènera la Russie à sa perte.

5.
10 mai 2023. Plusieurs vidéos apparaissent sur twitter qui montreraient des suicides de soldats russes sur le front. Cela commencerait-il à sentir la fin pour « l'opération spéciale » de Poutine en Ukraine ? Étrangement, le rouble semble se stabiliser et les indices boursiers russes remontent...

Embellie ? Mesures techniques ? Anticipation par la finance russe d’événements cruciaux pour l'avenir de la Fédération de Russie ?

6.
11 mai 2023. La livraison par la Grande-Bretagne de missiles Storm Shadow (portée : 250 km, dit-on) est un indice de plus que l'Occident croit en la victoire de l'Ukraine.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2023.

 

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