DES CHOSES ENCORE JUSQU'A PLUS SOIF
1.
6 juillet 2023. 13 heures 40. 1 euro = 100,06 roubles. 1 rouble = 0,01 euro. La dégringolade de la monnaie russe se poursuit, inéluctablement semble-t-il.
2.
Les gens ont des cœurs saignants et mangent du steak. Quelques lueurs de clairvoyance n'allument ni les réverbères ni les lampions. A moins de crever de faim, on n'échange pas un violon contre un jambon. (n tw)
3.
Les politiques accaparent l'attention jusqu'à occulter le fait que nous sommes libres. Dans le film « Le Témoin », de Jean-Pierre Mocky (1978), Alberto Sordi joue le rôle d'un homme honnête et scrupuleux que la saloperie ambiante va finir par tuer.
4.
Je ne crois pas au paradis. S'il existait, Elon Musk chercherait à en devenir l'actionnaire majoritaire. La vérité est une légende, avec beaucoup de morts dedans. Le socialisme, quand il ne tue pas, produit des bouquins achetés par les gogos pour le plus grand bénéfice des éditeurs.
5.
Quand je pense à Eric Ciotti, cela ne m'empêche pas de manger des spaghetti. Je ne regarde les films de la série Fantomas, de André Hunebelle, que pour contempler Mylène Demongeot.
6.
La beauté du visage de l'autre occulte l'évidence qu'il n'est pas plus que moi. Cependant, elle a de jolis yeux. Que nous nous fascinions pour des mamelles est en soi assez ridicule.
7.
L'étudiante au visage si disgracieux et au si joli corps, j'y pense souvent depuis que j'ai quitté l'université (la littérature était alors la proie des analyses psychanalytiques, elle est maintenant, dit-on, dévorée par les gender studies).
8.
J'ai toujours pensé qu'il fallait ficher la paix aux putes. Parce qu'il y a des hommes, dont il vaut mieux qu'ils aillent voir les putes plutôt que d'enquiquiner les gamines, aussi parce qu'elles en savent beaucoup sur la bêtise et le désarroi, et qu'il y a des putes drôlement perspicaces, et enfin parce que ne se laisse michetonner que celui qui le veut bien.
9.
L’extrême-droite et l’extrême-gauche ont ceci de commun que tous deux veulent produire un « homme nouveau » dans une société nouvelle, l'homme d'Ordre pour les uns, l'homme Juste pour les autres (à ce jeu-là, je crains qu'en effet Mélenchon soit plus dangereux que l'influençable Marine le Pen). Cela finit toujours par des camps et des goulags. Le catholicisme, lui, au moins a compris depuis longtemps que c'était peine perdue et qu'il était infiniment plus humain de ne pas condamner, mais d'accompagner. Amen.
10.
Le circuit neuronal est une nécessité (sinon on est une plante verte, un caillou, un téléspectateur) et aussi une addiction. Les complotistes et les trolls divers le savent parfaitement qui répètent à l'infini des raisonnements simplistes jusqu'à ce que cela « s'imprime » dans les cerveaux, jusqu'à ce que, par la répétition du même raisonnement simpliste, le circuit neuronal se crée dans le cerveau de la cible (nous autres). Et c'est ainsi que certains croient dur comme fer que Poutine est le sauveur de l'humanité, que les USA seraient dirigés par des pédocriminels (quelle blague!), que la Terre est plate et que Brigitte Macron serait un homme. Nous ne sommes que des programmations.
A rebours, cette constatation renseigne le pédagogue sur sa manière de travailler. Oui, nos aînés avaient raison : c'est par la répétition que l'élève apprend : répétition du geste jusqu'à ce qu'il soit parfaitement maîtrisé (c'est, je pense, l’exemple de la tradition japonaise), répétition du raisonnement (syllogisme, application des théorèmes, mémorisation des démonstrations,...). Je constate que certains dans l'éducation nationale, sans le dire clairement (faudrait pas froisser les pédagogistes et Philippe Meirieu, cet idiot utile) en reviennent aux méthodes qui ont fonctionné (répétition, mémorisation par le « par cœur », mémorisation des outils argumentatifs (thèse, antithèse, synthèse, introduction, conclusion, commentaire linéaire etc...). Puisse Pap Ndiaye les écouter.
Que l'on me comprenne bien : l'apprentissage par la répétition demande du temps. Aussi, ce n'est pas dans l'émiettement des transmissions dans les heures gadgets (co-intervention, chef d'oeuvre etc...) et la baisse du volume horaire disciplinaire que l'on pourra travailler efficacement. Quant à la multiplication des projets « culturels », aussi séduisants soient-ils (ah oui, moi aussi, j'aurais bien aimé visiter Amsterdam... (en fait, non je déconne, je m'en fous, d'Amsterdam), ils ne remplaceront jamais l'apprentissage du geste utile (coiffer, nourrir, produire, réfléchir...). Ah oui, je sais, la connaissance est aride mais l'enjeu est de taille : la liberté, l'autonomie, cette chose si particulière (et hélas, je le crains, provisoire) d'être heureux en France.
11.
Ras le bol de la blague « anti-raciste ». Les gens ne vivent pas comme ça. Les gens vivent en fonction de la manière d'être et de se comporter de l'autre. Que celui-ci soit portugais, musulman, flamand, wallon, juif, parpaillot, homosexuel, communiste, les gens s'en fichent. Que l'autre fasse bien son travail, soit poli, respectueux , ne cherche pas sans arrêt à imposer son point de vue ou sa religion, et quel qu'il soit, il sera accepté.
Nom d'une pipe, il n'y a pas plus à droite que moi (sauf les nazis, que je vomis), mais que vous soyez musulman, flamand, wallon, juif, parpaillot, homo, gouine ou que sais-je, si vous ne cherchez pas à me nuire, il n'y a aucune raison pour que je ne travaille pas avec vous, que je ne boive pas un verre avec vous, que je ne vous rende pas service. C'est cela, il me semble, être humain.
12.
La démocratie, tyrannie de l'incompétence ? L’exemple de la sotte réforme Blanquer en est la parfaite illustration.
13.
Souvenirs de Mons en Belgique.
D'où me vient cette image ? la jeune professeure aux cheveux longs et bruns nous obligeant à prier (dans mon souvenir, j'étais déjà rétif, et pourtant, cette fascination me reste en mémoire).
Le jeune employé avec un trou dans sa main (séquelles d'une boîte d'allumettes ayant explosé suite à un jeu stupide).
Mon chat Mickey, qui, le long de mon bras, se couchait sur le dos, et qui fut perdu parce qu'on retournait en France.
L'agence en douanes où mon père travaillait et où, apparemment, il n'était pas assez heureux pour ne pas vouloir revenir en France.
La tristesse de ma mère le jour des funérailles du roi Baudouin.
C'est très bête, je le sais, mais c'est peut-être pour des chose comme ça que j'aime les chansons de Jacques Brel et d'Angèle.
Patrice Houzeau
Malo, le 7 juillet 2023.