Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
15 juin 2023

MAZETTE DIT L'ETRANGE JEUNE FILLE

MAZETTE DIT L'ETRANGE JEUNE FILLE

Le premier chapitre de « La Bande de l'araignée », de Jean Ray (Librio n°170), dans ses aventures de Harry Dickson, « le Sherlock Holmes américain », s'intitule « l'étrange jeune fille », ce qui donne à rêver sur le lien entre l'étrange et les jeunes filles, quoique les jeunes filles soient des bipèdes tout aussi encombrants que les autres, même que certaines ont de grands pieds.

Il y est question d'araignées. Because Dickson en a maintenant dix, de ces arthropodes prédateurs, mais ce ne sont pas des vraies. « Ah ! l'effarant mystère ! » disent le texte et la marquise, laquelle sortit à cinq heures pour n'en plus revenir.

Il est ensuite question de Georgette Cuvelier, qui s'appelait Georgette parce que si elle s'était appelée Bérénice, peut-être que le sort de l'intrigue en aurait été changé, bien qu'il n'y ait aucune opposition à ce que Bérénice, aussi bien que Georgette, aille rendre visite à Harry Dickson.

A la page 9, il est question de « mazette », dans le sens de quelqu'un qui est malhabile, de peu d'intérêt. On disait alors « une mazette » et Georgette de dire, je cite le texte de Jean Ray : « Ce serait malheureux si un détective de votre renom n'avait trouvé dès le premier abord. A moins de n'être qu'une mazette à la réputation surfaite. » Le français moderne a perdu l'usage de ce joli mot. Il est vrai que « La Bande de l'Araignée » a été publié en 1933. C'est amusant, mais deux pages plus loin, parlant du « fameux Vampire aux yeux rouges de hideuse mémoire » que vient d'évoquer Harry Dickson, Georgette réutilise le même mot de « mazette » : « - Peuh ! une mazette ! dit la visiteuse avec un mépris non dissimulé. »).

Nous apprenons aussi que Mlle Georgette Cuvelier n'est pas un moule à gaufres, et ça, c'est bien dommage parce que franchement, ce n'est pas avec des jeunes filles étranges qui disent « mazette » à tout bout de champ (j'ai eu une élève qui disait au moins trois fois par heure « j'suis dégoûtée », elle non plus n'était pas un moule à gaufres), donc ce n'est pas avec des jeunes filles étranges que l'on fait des gaufres, mais avec des gaufriers, ou alors il faut faire des gaufres en étant aidé par la jeune fille étrange, et là, je dis attention, parce que l'étrangeté de la jeune fille pourrait influer défavorablement sur la qualité des gaufres. Tous les marchands de frites vous le diront.

Et comme nous arrivons à la fin de cette première partie, je ne peux qu'être d'accord avec Harry Dickson, le « Sherlock Holmes américain » : « Je vous dis que nous nous trouvons devant une effroyable énigme humaine. » C'est aussi ce que je dis à la chaussette dépareillée, isolée, vouée à la solitude du tiroir, en attendant que la seconde, disparue, veuille bien se manifester.

Conclusion : je suis bien content d'avoir appris le sens du substantif « mazette », parce que ça rime avec pipelette :
« Mazette fit la pipelette, zavez vu la minette ? C'est la fête à la brouette ! » (Pourquoi « brouette » ? Parce que « chou, genou, hibou, joujou, bijou, caillou, pou » ne riment nullement avec « mazette, pipelette, minette, fête », cependant qu'ils prennent un x au pluriel comme nous l'apprîmes alors que nous étions morveux.)

Ce qui me fait penser que, surveillant hier des épreuves du baccalauréat, je me suis rendu compte que certains élèves de terminale bac pro ne savaient pas lire l'heure sur les horloges. Comment c'est-y possible ? ai-je demandé à l'un d'entre eux. « Parce qu'on ne me l'a pas appris ». Dormez-vous tranquille, Meirieu, et vous, Blanquer, dormez-vous tranquille ?

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juin 2023.

Publicité
13 juin 2023

LE PACTE A PAP N DIAYE : ON COMMENCE A Y VOIR PLUS CLAIR

LE PACTE A PAP N DIAYE : ON COMMENCE A Y VOIR PLUS CLAIR

1.
Sortant d'une assemblée générale portant sur le Pacte et la transformation du Lycée professionnel, j'ai dans la tête autant de questions que de réponses.
J'ai bien compris, et suis d'accord avec ce point de vue, que le Pacte avait pour but de répondre aux difficultés évidentes et nombreuses que rencontrent les LP.

2.
Pour ce qui est du Pacte, comme je le pressentais, il n'y a évidemment pas autant de pactes que d'enseignants. Autrement dit, ce sont les enseignants qui ont déjà l'habitude de s'investir depuis plusieurs années dans des missions et projets divers et variés qui signeront, considérant, à juste titre, qu'ils seront alors rémunérés pour le nombre d'heures, souvent très grand, qu'ils auront effectuées.

En outre, une mission n'évince pas forcément le candidat qui se sent légitimé par l’expérience. Autrement dit, ce n'est pas parce que quelqu'un va se positionner sur une mission qu'il n'a jamais remplie auparavant qu'un collègue expérimenté va se voir piquer sa place. Certaines missions demandent effectivement non pas un, ni deux, mais parfois plusieurs collègues travaillant éventuellement sur plusieurs établissements. Et le nombre de missions proposées, et donc d'heures à remplir, est conséquent.

3.
Le souci est bien entendu le caractère insécable de la brique. Or, un enseignant peut être tout à fait à l'aise dans une mission de coordination (quelle qu'elle soit, et le champ est large) ou de maintenance, et peu goûter aux joies du remplacement de courte durée. Tout sera donc dans la souplesse et l'intelligence des personnels de direction (pour certains, travailler avec eux va être un plaisir ; pour d'autres, pitié, Seigneur!)

4.
J'ai noté un certain flou tout de même dans le contenu des missions. Il serait possible, d'après ce que j'ai compris, qu'entre dans le cadre des missions du Pacte la mise en place d'heures d'option. On a même parlé d'heures de philosophie (!!!???). Et là, ça m'étonnerait grandement que le ministère accepte sans sourciller de payer longtemps des heures de pseudo-philosophie (bin oui) en LP à 68 euros l'unité pour une poignée d'élèves plus ou moins « volontaires ». Et si cette philosophie-là passe, pourquoi pas le yoga, l'histoire de la cuisine japonaise, l'apprentissage d'une langue exotique, et tous les ateliers possibles (théâtre, poésie, danse de salon, pâte à crêpe, avec évidemment venue d'intervenants extérieurs lesquels se feront payer, ce qui nous donne un coût horaire amusant et me donne à penser que ce n'est pas de son vivant que le président Macron compte faire baisser le montant étonnant quand même de la dette publique).

5.
Il semblerait aussi que les heures de « renforcement français/maths » (vieux serpent de mer retourné dans tous les sens qu'on dirait plus un scoubidou tourmenté qu'un monstre effrayant les moines du Loch Ness) puissent rentrer aussi dans les missions, les briques, le mur (on dirait un jeu pour adolescents de l'espèce moderne appelée « geek ») alors que ces heures peuvent aussi être payées en HSE. Question : Est-ce que cela signifie qu'à terme les heures HSE vont disparaître au profit des heures missionnées, dont je pense qu'elles ne resteront pas ad vitam à 68 euros (1 euro 13 la minute quand même) sans que le ministère finisse par sortir de son chapeau à grosse tête un lapin sachant compter, réguler, et faire qu'avec a + b tu obtiens – c (la comptabilité publique a de ces mystères !) ? On nous dit que pas pour l'instant. Logique : on ne sait pas si le Pacte a réellement un avenir ; autant assurer ses arrières.

6.
Rien qu'avec ces quatre premiers points, je vois déjà se profiler les différences d'appréciation et de mise en œuvre qui ne manqueront pas de se produire selon le chef d'établissement (le perdir qui propose de socler, oui, oui, c'est bien de la novlangue) et les enseignants concernés. Entre le psycho-rigide, scrutant à la loupe chaque virgule du texte et l'appliquant scrupuleusement jusqu'à l'absurde et Kafka avait donc raison, et le bienveillant qui demandera à un(e) tel(le) d'avoir l'obligeance de, que si c'est pas possible, eh bien, on va demander à Machin, ou on va pas l'faire, bah, je pressens quelques bidouillages, quelques arrangements, quelques abus.

7.
En ce qui concerne la transformation du Lycée professionnel et la « gratification » accordée aux élèves en stage, personnellement, je m'en félicite (parce que dans certaines filières, certains stagiaires effectuent, quand bien même ils sont en formation, un travail réel ; parce que le paupérisme existe, parce que ça peut motiver et aider les jeunes majeurs...), mais quand j'apprends que cette gratification pourrait être supprimée si on juge par ailleurs l'élève absentéiste, je m'interroge. La gratification est-elle la reconnaissance d'un droit de l'élève en formation ou la récompense d'un comportement jugé correct par l'institution ? Est-elle de nature juridique ou de nature morale ? Il se pourrait que les tribunaux administratifs aient à trancher bientôt la question.

8.
Dernier point : les dispositifs « Tout droits ouverts » et « Ambition emploi » qui s'adresse, pour le premier, aux élèves décrocheurs qui pourraient bénéficier du maintien de leurs droits s'ils ne démissionnent pas et acceptent de travailler sur des solutions alternatives que le Lycée lui proposerait (c'est flou, et j'y vois surtout une manière administrative d'empêcher la marginalisation des élèves les plus en délicatesse avec le système scolaire).

Le second (« Ambition emploi ») s'adresse aux élèves qui ont échoué au CAP et au Bac Pro deux fois (ah oui, quand même). Les établissements auraient à charge de trouver une solution en lien avec des partenaires extérieurs. Seront-ils toujours dans les bases du lycée ? Je me demande qui va s'en occuper. Le Bureau des Entreprises ? Des professeurs ayant l'âme de travailleurs sociaux ? La commission « Ambition emploi » ? C'est tout de même curieux : je croyais que c'était là le travail des missions locales et de Pôle Emploi. Me serais-je gouré ?

9.
Je m'arrête là et j'ajoute que si j'ai mal compris, tant pis. Mais si j'ai bien compris et à peu près bien transcrit ce que j'ai entendu, alors je crois que le Pacte à Pap Ndiaye va être assez compliqué à mettre en place, que ça va coûter bonbon, et que les enseignants vont très vite vraiment travailler beaucoup plus, tout en s'éloignant de plus en plus nettement de leur cœur de métier : transmettre un savoir disciplinaire.

Je pense aussi qu'il sera nécessaire de veiller à qui signe le Pacte. Certains voudront signer qui, en fin de compte, ne supporteront pas la charge de travail supplémentaire et finiront par être en arrêt, laissant en plan projets, préparation aux examens, obligations de service. En outre, la quantité n'étant pas toujours une garantie de qualité, attention au vertige des moyens.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2023.

12 juin 2023

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

1.
Un court texte d'Apollinaire dans le recueil « Il y a » (cf « Poèmes à Lou précédé de Il y a », Poésie/Gallimard n°44) illustre ce que l'on peut entendre par perception de l'être. Les « canots vides » de l'île de la Grenouillère (île de la Seine connue entre 1850 et 1930 pour le canotage qu'on y pratiquait nous rame de papier Wikipédia), les « canots vides » donc, rappellent au narrateur que le lieu fut jadis hanté par « les peintres », Maupassant, et leurs conquêtes « à grosse poitrine ». C'est dans ce décalage entre l'animation passée, la vie joyeuse qui s'y déroulait et le « vide » des canots qui n'ont plus qu'à « s'entre-cogner », parce que s'ils savaient faire des crêpes, ça se saurait, dans ce décalage que se tient la perception de l'être. Un lycée vide après avoir été agité toute la semaine produit le même effet. Lorsque la pleine saison est passée, même chose pour le vide du très grand hôtel dans une région montagneuse, et en plus ça attire les fantômes.

LA GRENOUILLERE

Au bord de l'île on voit
Les canots vides qui s'entre-cognent
Et maintenant
Ni le dimanche ni les jours de la semaine
Ni les peintres ni Maupassant ne se promènent
Bras nus sur leurs canots avec des femmes à grosse poitrine
                                         Et bêtes comme chou
Petits bateaux vous me faites bien de la peine
Au bord de l'île
(Apollinaire)

2.
Dans « Il y a », il y a aussi « Avant le cinéma ». Je me suis longtemps demandé d'où venait cette chanson hors du temps qui ouvrait une émission sur le cinéma le dimanche soir sur France Culture (laquelle, je ne sais plus). Je sais maintenant que c'était un poème d'Apollinaire mis en musique par Francis Poulenc et la version que j'aimais est une version modernisée par David Jisse et Dominique Marge.

« Avant le cinéma » est une balade amusée qui illustre l'intérêt d'Apollinaire pour la modernité. Pas de démonstration, l'auteur constate simplement qu'acteurs et actrices sont considérés comme des « artistes » et deviennent plus populaires que poètes et compositeurs, et la langue du début du 20ème siècle de s'enrichir des mots « ciné » et « cinématographe », mais l'essentiel est que la qualité y soit, « aussi mon Dieu faut-il avoir du goût ».

AVANT LE CINEMA

Et puis ce soir on s'en ira
Au cinéma

Les Artistes que sont-ce donc
Ce ne sont plus ceux qui cultivent les Beaux-Arts
Ce ne sont plus ceux qui s'occupent de l'Art
Art poétique ou bien musique
Les Artistes ce sont les acteurs et les actrices

Si nous étions des Artistes
Nous ne dirions pas le cinéma
Nous dirions le ciné

Mais si nous étions de vieux professeurs de province
Nous ne dirions ni ciné ni cinéma
Mais cinématographe

Aussi mon Dieu faut-il avoir du goût
(Apollinaire)

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2023.

12 juin 2023

TELEKINESIE DOMESTIQUE

TELEKINESIE DOMESTIQUE

1.
Il y a un côté ironie du commentateur dans certaines notes qui galapagossent (pourquoi galapagossent ? Pour l’exotisme et parce qu'il y a « gosse » dedans ; or, « Les plus qu'humains », de Theodore Sturgeon, dont je vous fraise, évoque une bande de mômes inquiétants, périlleux, mystérieux...). De quoi c'est-y qu'je cause ? Ah oui, de l'ironie des notes (interventions de l'auteur ? pensées du personnage concerné?) du genre : « Preuve de plus que la puissance pas tout à fait maîtrisée offre bien des inconvénients. » Je lis ça page 43 du volume J'ai Lu n°355. C'est que la petite Janie est tout de même à l'origine de la fracture du crâne au sous-lieutenant qu'était venu voir sa maman pendant que son papa était pas là. A quatre ans. Avec un presse-papiers. Par psychokinésie. Mais ça, le sous-lieutenant, il a préféré l'oublier.

Donc après, la daronne, elle a la « chair de poule » qu'elle dit au « sous-lieutenant suivant » et ça c'est normal et en route pour l’extraordinaire ! Franchement, il est bien, ce roman de Sturgeon. Le début est terrible. Glauque. Pas très joyeux, ah non.

2.
Theodore Sturgeon traduit par Michel Chrestien, « Les plus qu'humains », J'ai Lu n°355, pp.155-57.
Une scène de fantastique télékinésique. Le narrateur évoque d'abord une maîtresse, une dominatrice, un règne (« elle avait régné sur toute la maisonnée ») et un pluriel obéissant (« nous avions obéi »). Mais l'obéissance finit par être rompue car « elle avait dépassé les bornes ».

Il y a ensuite les premières manifestations (le mot est à prendre ici au sens d’événements paranormaux). C'est visuel et rappelle le cinéma d'épouvante à la Poltergeist : potiche lévitante puis fracassante, gant baladeur qui vient gifler le visage de Mlle Kew (je ne sais pas qui c'est, mais, apparemment, l'invisible lui en veut) : il me semble avoir entendu à la radio que le gendarme des fantômes, Emile Tizané, a compte-rendu quelque part qu'il s'était lui aussi fait gifler par un gant sans personne dedans. J'ai itou dans mon anthologie de caboche le souvenir d'une scène de film dans une cuisine où la maîtresse de maison lit un magazine cependant que se promène dans l'air une cafetière (était-ce une cafetière?) qui lui verse du café donc dans une tasse (était-ce une tasse?) qu'elle tient à la main. Plongée dans sa lecture, elle ne se rend pas compte de l'insolite de la situation. Le paragraphe suivant confirme l'épouvante. Le pluriel rebellé (apparemment, ce sont des mômes) pose une question sur un dénommé « Bébé ».

La question reste sans réponse et Mlle Kew émet des hypothèses rationnelles sur l'origine de l'incident (« avion » ? « tornade » ? « tremblement de terre »?). Ah ces gens qui ne veulent pas se rendre à l'évidence des pouvoirs cachés... Les mômes inquiétants insistent, mais Mlle Kew est têtue.

Les mômes inquiétants décident donc « d'augmenter la dose ». Le sadisme, non sans ironie (« C'était trop triste ») devient comique, grotesque, avec ces « tresses » qui « se dressèrent, restèrent droites en l'air, la tirèrent vers le haut ». Mlle Kew s'alarme et demande aux mômes ce qu'ils sont « en train de faire ». Eux demandent le retour de Bébé. Refus. Les mômes inquiétants font venir les rats, ce qui, au premier couinement, effondre tout à fait Mlle Kew.

Les mômes obtiennent ce qu'ils voulaient. Il y a un échange entre le narrateur et le psychanalyste Stern à propos du déni car Mlle Kew a plus tard évoqué un « glissement de terrain » pour expliquer la suite de phénomènes qu'on sait bien qu'en fait, ce sont leurs pouvoirs, aux mômes du bouquin. Bizarre, hein.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2023.

11 juin 2023

IL Y A DES CHOSES SI SI IL Y EN A

IL Y A DES CHOSES SI SI IL Y EN A

1.
Il y a des choses que l'on ne dit pas avec des gens derrière. Pourraient vous entendre, voire vous écouter. Et pas la peine de penser à les décoller. Après, les murs seraient obscènes, comme ça tout nus.

2.
I.A … I.A ?... C'est pas ce que disent les ânes, ça, I.A ?

3.
Certains zôtres sont une consolation. Plus cons qu’eux, tu meurs. Et je suis encore vivant.

4.
Certains zôtres réussissent le tour de force d'être à la fois des trous du c.. et des petits c.... Zont tout pour aller se faire ramoner de tous les côtés.

5.
Comme le souvenir lui revenait, il prit son parapluie. Ce n'était pas la peine d'en rajouter.

6.
Chaque fois qu'il levait les yeux, il finissait par ne plus les croire. C'est ainsi qu'il passa du scepticisme à l'athéisme.
Et que désertant l'église, il n'alla plus voter.

7.
Avez-vous remarqué qu'en vieillissant, au fil des années, on passe parfois de la paresse insouciante à la neurasthénie casanière ?

8.
Le hasard, parfois, il fait si bien les choses que l'on se demande s'il ne le fait pas exprès. En tout cas, quand les frites rencontrent la mayonnaise, j'en suis fort aise, ne vous en déplaise, mon cher Blaise et toutes ces sortes de choses qui se mangent.

9.
Y en a qui disent que si les Russes utilisent relativement peu leurs avions sur le terrain, c’est que les systèmes de défense sol-air sont devenus si performants que les avions tomberaient comme des mouches. Suffirait donc de beaucoup de systèmes sol-air et moins d’avions hein. Et donc, finis les bombardiers, les avions de chasse, les hélicoptères de combat ? Etrange.

10.
Je ne vais que rarement au spectacle. C'est-à-dire que je n'y vais que quand j'y suis invité (c'est rare) et que je me décide. Défois qu'on me demanderait de payer, voire d'apprécier.

11.
Quand on porte une veste rapiécée, si elle se met à chantonner en broken english, c'est pas si grave, j'aime bien l'album de Marianne Faithfull quand même.

12.
Je me demande quelle est l'espérance de vie moyenne d'un tromboniste wagnérien ? Bon, supérieure à celle d'un gansta rapeur, c'est sûr, mais ça ne prouve rien.

13.
Comme la tête lui tournait, il loupa le coin de la rue et se retrouva dans une ambiance à serpent, indien dans le désert et guitare qui lancine genre les Doors sont passés par là, ont tiré la bobinette et la chevillette a chu.

14.
J'aime bien la musique mais j'évite, surtout l'ample, la lyrique, avec des chœurs, des taratata-taratati cuivrés et la jolie mélodie chantante et rythmée qui vous entraînerait à se dire qu'on aime les gens et autres incongruités.

15.
Non, je n'irai pas voir monter « Dom Juan » par une troupe de drag queens. D'ailleurs, je n'irai pas voir Dom Juan du tout. Je n'aime pas les comédiens, et ce que j'aime dans Dom Juan, c'est le texte, le reste, je m'en bats la bienveillance.

16.
Quand les gens me parlent, je n'oublie jamais que ce qui les motive, c'est toujours et avant tout la nécessité de se remplir l'estomac. Le reste, c'est le spectacle de l'humanité qui se prend pour ce qu'elle ne sera jamais.

17.
Ah tiens, les USA ont sorti la diversion OVNI (conférence de la NASA, vidéos curieuses, témoignages hallucinés et faux lanceur d'alerte). Quelque chose serait-il en cours ? En Europe, vous croyez ?

18.
La résilience (poil à la panse), c'est quand vot' moral finit par tricoter des chaussettes.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juin 2023.

 

Publicité
11 juin 2023

SOUCIS EN OCCIDENT GUERRE EN UKRAINE

SOUCIS EN OCCIDENT GUERRE EN UKRAINE

1.
La dette publique, en fin de compte, ça sert à légitimer des politiques qui rendent les riches encore plus riches et plus pauvres les plus pauvres, en demandant au passage à la classe moyenne de faire des efforts, travailler plus et plus longtemps, si elle veut sauvegarder, lui dit-on, ses services publics (qui, comme le montrent les exemples de l'éducation nationale et de l'hôpital sont au mieux de leur forme, n'est-ce pas?). Et, pour ces résultats mirobolants, le président Macron et Bruno Le maire voudraient qu'on leur dise merci.

Je me souviens que Sarkozy a dit en son temps que le problème des Français était qu'ils n'étaient pas assez endettés. Vu la grimpette de la dette, et la nécessité de travailler plus et plus longtemps, on comprend mieux pourquoi Sarkozy soutient Macron.

2.
9 juin 2023 : on apprend par la presse la garde à vue d'un collaborateur d'une sénatrice du groupe Renaissance pour des faits de « violences volontaires », « séquestration », « menaces de mort » sur fond de scandale sexuel. La tête d’œuf a été formée à Sciences-Po Paris (étrange école) et y donnerait même des cours. Pas difficile de trouver le nom probable du gus. Et puis, là, je me dis, tiens, ce coup-ci, on s'est évité un futur scandale à l'international genre Strauss-Kahn ou Richard Descoings. Je me dis aussi que la Macronie risque d'être un peu gênée aux entournures, d'autant que le gaillard n'hésite pas à se vanter de ses relations politiques.

Ceci dit, à peu près sûr que le Macron s'en fiche ; cela fait quelques temps que j'ai compris que l'humanisme et les sentiments républicains de Macron étaient très relatifs. Ou alors une cabale, un kompromat, une barbouzerie, autre chose de puant. Va savoir si on va savoir...

Possible que la tête d’œuf de Sciences Po Paris (étrange école), dont nous apprenons ce matin (le 10/09/2023) qu'elle a été écrouée, soit animée d'un sentiment de toute puissance. Usage de la cocaïne ?

3.
Edouard Philippe n'a aucune chance d'être élu président de la république en 2027 ; d'abord, il faudrait qu'il puisse se présenter, et que je sache, il n'a pas vraiment de parti ; ensuite, il n'est pas assez charismatique. Le candidat possible serait Bruno Le Maire.

4.
Je n'imagine pas une offensive se faire sans appui aérien. En particulier, si l'ennemi dispose d'un nombre important d'avions performants.

5.
Le macronisme aura été une variante de la droite parlementaire : moins conservatrice quant aux évolutions sociétales mais avec des options économiques plus libérales et volontaristes. Cependant, il aura coûté aussi cher aux dépenses publiques qu'un gouvernement de gauche.

6.
10 juin 2023. Le rouble reste très faible et son cours s'effrite face au dollar (= 82 roubles) et à l'euro (90 roubles). Les indices boursiers russes se maintiennent. Les Russes voient les menaces et leur économie tente de résister aux pressions et sanctions. Cela pourrait ne pas durer.

7.
10 juin 2023. Le président Zelensky a déclaré que des actions offensives sont en cours à l’est de l’Ukraine. On parle de combats violents. Les chars occidentaux sont engagés. Ils sont bien supérieurs, dit-on, aux chars russes. Seront-ils assez nombreux ?

8.
Semblerait que Prigojine et les forces russes aient trop vite crié victoire à Bakhmut. La bataille ne semble pas finie. Si les Ukrainiens reprennent Bakhmut ou continuent d’y bloquer les Russes. Prigojine aura perdu beaucoup d’hommes, de matériel et d’argent pour rien.

9.
Le gazoduc Nord Stream 2 était un moyen pour les Russes de rendre toujours plus dépendante l’Allemagne. Son sabotage a été une bonne chose et l’Etat qui a commandité l’opération a bien fait. Le projet Nord Stream 2 doit être définitivement abandonné.

10.
Lutter contre les effets des dérèglements climatiques et adapter sociétés et modes de vie aux changements induits est nécessaire, dit-on. Doit-on pour cela changer de modèle politique, comme l’affirme Aymeric Caron ? Ça n’arrivera pas ; faut faire avec la démocratie libérale.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juin 2023.

11 juin 2023

VIRER SPIRALE

VIRER SPIRALE

1.
« J'ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n'élude. »
(Rimbaud, « Ô saisons, ô châteaux »)

Si le narrateur a fait « la magique étude », on peut supposer qu'il est magicien.
S'il est magicien, est-il capable de transformer une citrouille en carrosse, le plomb en or, et l'or en temps ?
S'il peut transformer l'or en temps, le narrateur serait-il passant les époques comme le passe-muraille passe les murailles pour aller
faire des farces ?
Le narrateur est-il parmi nous, et si oui, alors depuis combien de temps est-il mort ?

2.
« Ayant posé soigneusement sur la table du salon son bâton noueux, sa pipe et son antique sac de tapisserie, Choulette salua Mme Martin qui lisait à la fenêtre. »
(Anatole France, « Le Lys rouge », chapitre XIX)

Si le narrateur pose sur la table du salon son bâton noueux et que le salon soudain se met à siffler façon pour qui sont ces serpents qui sifflent, peut-on en déduire que je suis à une représentation d'Andromaque et que je me réveille au dernier acte ?

Est-on bien sûr que les pièces de Racine ont été composées par Racine et non par un voyageur de l'espace, qui aurait pris les traits et la perruque à Racine, pour délivrer des messages en alexandrins aux cellules dormantes de body snatchers, leur ordonnant de hâter la modernisation de la société française, afin qu'un jour Emmanuel Macron (président de la République de la première partie du  XXIème siècle, du temps où les puissances de l'Est n'ayant pas encore envahi l'ensemble de l'Europe, les occidentaux croyaient encore en la démocratie et la liberté) afin qu'un jour donc, le président Macron puisse dire que c'est son projet.

3.
« Un visage un peu crispé doté d’une moustache et d’yeux noirs, surmonté d’un chapeau à larges bords. »
(Claude Izner, « Mystère rue des Saints-Pères », chapitre VI)

Si la « moustache », dont le « visage un peu crispé » est doté, se met à s’allonger démesurément jusqu’à se recourber aux extrémités et virer spirale, pourrait-elle servir à hypnotiser quelque suspect ?
Si le suspect est réellement hypnotisé par les moustaches à spirales du détective, est-ce que parce que le toit s’est envolé que le détective garde le « chapeau à larges bords » qui le « surmonte » ?
Si le détective à moustaches à spirales se met à miauler, est-ce parce que ce chat porte un chapeau ?
Serait-ce alors que les bipèdes que nous sommes soyons constamment sous l’influence hypnotique de créatures venues d’ailleurs, surmontées de chapeaux à larges bords, et qui nous font croire qu’elles ne sont que des chats, alors qu’elles sont nos maîtres et manipulateurs ?

4.
« Le mode de la « selffulfilling prophecy », c’est le mode tautologique. La réalité n’est plus que le modèle qui se parle à lui-même. »
(Jean Baudrillard, « la Société de consommation », folio essais n°35, p.198)

Si la « selffufilling prophecy » est un mode tautologique est-ce que, lorsqu’on ouvre ce mode tautologique, en sort une ribambelle de technocrates interconnectés accompagnant une litanie de présidents de la république, et peut-on dire alors que le mode tautologique est un mode politique ?
Si la « selffufulling prophecy » est un mode politique, dans quelle mesure l’homme, la femme, le cirage (si le cirage sait parler, bien sûr) ne font que confirmer ce qu’ils sont, ce que nous savons ce qu’ils sont, même qu’ils nous prennent pour des jambons ?
Est-ce parce que les hommes politiques nous prennent pour des jambons que j’ai si souvent envie de manger des frites ?

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juin 2023.

10 juin 2023

UNE PRIME AU MERITE AVEC OBLIGATION DE RESULTATS LE PACTE A PAP NDIAYE

UNE PRIME AU MERITE AVEC OBLIGATION DE RESULTATS LE PACTE A PAP NDIAYE

1.
Je lis, et c'est surprenant, que certains personnels de direction tiendraient aux enseignants un discours du type : « Signez le Pacte, on ne vérifiera pas les heures faites. » Ceux qui tiendraient ce discours seraient soit des inconscients, soit des menteurs (assez cyniques, je dois dire). Utiliser de l'argent public pour rétribuer quelqu'un pour un travail fictif est un délit. Ils le savent très bien. Ils savent aussi qu'ils seront tenus de rendre des comptes et que le Pacte de Pap Ndiaye les engage toujours plus dans une obligation de résultats. N'accordez aucun crédit à ce genre de discours et ne vous faites pas avoir : ne signez pas.

2.
La bataille de la réforme des retraites semble avoir été remportée par le gouvernement. Celle du Pacte enseignant, par contre, est loin d'être gagnée pour Pap Ndiaye.

3.
Le Pacte à Pap Ndiaye est présenté comme une réforme d'inspiration « libérale ». J'y vois, pour ma part, une usine à gaz lourde, contraignante, coûteuse ; je pressens donc des ensablements d'argent public et, d'ici quelques années, des rapports gratinés de la Cour des Comptes.

4.
Plus une institution est en difficulté, plus elle multiplie ordres et contre-ordres,  au point de se perdre dans ses propres injonctions. Avec le Pacte à Pap Ndiaye, on en est à la réforme résiliente et audacieuse, soit l'avant-dernière étape avant le final patatras.

5.
Je me demande s'il y a par établissement autant de pactes proposés que d'enseignants. S'il y en a moins, certains seraient donc éligibles, d'autres non. Le Pacte passerait dès lors pour une sorte de faveur, de promotion, de reconnaissance des mérites. Habile. Malin. Périlleux. 

En matière de nudge, cette manière de faire rentrer la prime au mérite dans la rémunération serait dès lors un petit chef d’œuvre de machiavélisme et de bricolage. Si l'enseignant contractant se met en arrêt-maladie, vos missions/projets/animations/garderies, vous pourrez vous les accrocher, personne ne les fera bénévolement.

Plus malin encore serait de faire croire que tous les enseignants peuvent signer le Pacte, mais comptant sur le refus de la majorité, ne tabler et ne surtout pas dépasser un quota. Il s'agira alors aux chefs d'établissement de convaincre par la flatterie et l'art de la promesse des enseignants pré-choisis pour leur malléabilité, leur engagement, leur disponibilité, leur soif de reconnaissance.

Si tel est le plan ourdi par Pap Ndiaye et ses conseillers, alors oui, le Pacte sera finalement mis en place et l'on verra advenir une classe de « super-profs » mieux payés mais surchargés de travail.

Resterait à regrouper ces formidables agents de la fonction publique dans des pôles d’excellence (établissements de centre-ville), côtés et modernes, fermer quelques établissements devenus inutiles car vidés par l'apprentissage, et bricoler avec ce qui reste.

6.
Certains enseignants savent déjà, sans en parler, qu'ils signeront le Pacte, c'est que cela leur permettra, dans certains cas, d'être rémunérés pour des missions qu'ils accomplissent chaque année et pour lesquelles ils estiment n'être pas rétribués à la hauteur de leur engagement.  

7.
Je lis un truc du genre, les enseignants qui auront signé le Pacte « ne pourront refuser d'assurer un remplacement qu'en cas d'impossibilité dûment justifiée. » Ça, c'est de l'injonction administrative. En réalité, si nous refusons poliment parce que cela ne nous arrange vraiment pas, que voulez-vous que l'administration fasse ? Nous virer ? Bin euh, c'est qu'il y a déjà plus assez de profs hein... Nous retirer du Pacte ? Oh la belle affaire !... Nous blâmer ? Haussement d'épaules... Après, si vous êtes émotif, ne signez pas, sinon c'est sûr, ils vont vous bouffer tout cru le prof.

On me dit, bin oui, mais on peut nous retirer 1/30ème pour service non fait. Et encore, ça se discute, puisqu'il y aura toujours d'autres remplacements possibles et donc la possibilité de récupérer l'heure ou les heures non faites.

8.
J'ai l'impression que comme bien des réformes de l'éducation nationale, le Pacte va être accueilli, interprété et appliqué différemment selon les établissements, et vous verrez que, comme d'habitude, même les inspecteurs des différentes disciplines auront des désaccords sur les textes. Ça sent l'usine à gaz à plein nez. Surtout que je ne pense pas qu'en ces temps de « fini, le quoi qu'il en coûte », l'éducation nationale pourra se payer très longtemps le luxe de dizaines de milliers d'heures à 68 euros. 

9.
Qu'est-ce que le Pacte ? Une prime au mérite avec obligation de résultats. C'est pour cela que, à mon avis, les enseignants considérés comme peu performants, ou simplement pas assez « investis », ne se le verront même pas proposer.

Et si vous pensez qu'à 68 euros l'heure, il n'y aura pas, tôt ou tard, de contrôle pointu du ministère, c'est que vous êtes naïf. A ce tarif-là, les établissements et les enseignants concernés seront tenus de prouver qu'ils fournissent un travail conséquent et de qualité. Sinon, évidemment, avec le temps, l'argent va inévitablement s'ensabler dans les bizarreries.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 juin 2023.

9 juin 2023

PENDANT CE TEMPS LA A BELGOROD

PENDANT CE TEMPS LA A BELGOROD

1.
Donc, si j'ai bien compris, en mars 2022, on se demandait si Kijv serait prise en trois jours par les troupes aéroportées russes et en juin 2023, on se demande si l'Ukraine ne va pas mettre la main sur Belgorod.

« Il y avait également à présent une certaine confusion dans l'esprit du dictateur. » (Van Vogt)

2.
Et si la destruction du barrage de Kakhovka n'était ni une volonté de Poutine, ni une volonté de Zelensky ? Et s'il y avait un troisième homme ?

3.
6 juin 2023. 1 euro = 87 roubles et les indices boursiers russes sont en baisse. En Russie, les nouvelles ne doivent pas être très bonnes. D'autant que la perspective d'une contre-offensive ukrainienne se rapproche et que l'Occident s'interroge sur l'état réel de l'armée russe...

4.
Si Poutine a réellement ordonné la destruction du barrage de Kakhovka, cela signifie-t-il que les pressions des ultra-nationalistes russes sont de plus en plus fortes (en demandant par exemple l'emploi du nucléaire tactique?). Il se pourrait que cette décision, si Poutine l'a réellement prise, soit une erreur stratégique majeure. Elle ne peut que renforcer l'OTAN et l'Occident dans leur volonté d'aider l'Ukraine à vaincre la Russie, renvoie tout espoir de négociations et de gel du conflit à un après-demain de plus en plus lointain, et tend à prouver que l'armée russe n'est pas en capacité de remporter une bataille décisive sans l'emploi de méthodes qui relèvent plus de la « guerre totale » façon débâcle du Troisième Reich que d'une campagne victorieuse d'armées en bon ordre de marche.

5.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la thèse d'un sabotage ukrainien du barrage de Kakhovka ne tient pas la route, c'est que les préliminaires de la contre-offensive ukrainienne donnent de bons résultats, que l'armée russe semble toujours sur la défensive et dans l'incapacité de progresser plus avant que les ruines de Bakhmut, que le crédit de Poutine baisse dans la même proportion que son isolement s'accroît, que les indicateurs économiques russes, du fait des sanctions, sont loin d'être si mirobolants que certains le disent, que la popularité du président Zelensky est grande en Occident et que l'aide occidentale et l'appui de l'OTAN lui sont absolument nécessaires. Pourquoi le président Zelensky irait-il dès lors brouiller son image et semer le doute dans l'esprit des occidentaux en ordonnant un acte aussi criminel que la destruction du barrage de Kakhovka ?

Par contre, la désorganisation et le désarroi, voire la panique des forces russes devant une armée ukrainienne qui se dit prête à contre-attaquer et qui contre-attaquera, l'intelligence visiblement surestimée de Poutine, la pression des ultra-nationalistes russes et autres eurasianistes hallucinés pourraient expliquer une telle erreur de stratégie.

6.
Ceux qui comparent le sabotage de Nord-Stream 2 et la destruction du barrage de Kakhovka disent n'importe quoi. En tout état de cause, que ce soient les Etats-Unis, l'OTAN, les Ukrainiens ou les Russes qui aient saboté Nord-Stream 2, ils ont bien fait. La destruction d'un barrage et les drames qui en résultent, c'est autre chose et cela relève plus du crime de guerre que de l'action militaire intelligente.

7.
On a tort de penser que Poutine, acculé, serait prêt à tout pour ne pas perdre la guerre si l'on entend par là l'emploi de l'arme nucléaire. Ce serait condamner la Russie à une possible destruction de son appareil militaro-industriel (la riposte de l'OTAN serait très forte), mais surtout cela ferait de la Russie un Etat paria, désavoué de tous (ou quasi). L'emploi de l'arme nucléaire signifierait concrètement la promulgation du droit du plus fort comme norme des relations internationales. Le monde est corrompu certes, mais il est aussi philosophe, et il sait que « le droit du plus fort » ne tient que jusqu'à ce que ce « plus fort » soit renversé par plus fort que lui. Et la Russie est loin d'être la plus forte.

8.
Le 9 juin 2023, 10 heures 26, 1 euro = 89 roubles. L'effritement de la monnaie russe face à l'euro se poursuit.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2023 

9 juin 2023

DU LOUP BATTANT ET AUTRES SONS ET SONGES

DU LOUP BATTANT ET AUTRES SONS ET SONGES

1.
Je tombe là-dessus, un tube de 1980, « Lança Perfume », par Rita Lee. C'est brésilien et entraînant. Le clip montre une longue fille aux cheveux longs en jean et tee-shirt pis qui chante et sourit sur une piste que je sais pas comment ça s'appelle une piste pour patineurs à roulettes (c'était la mode, les patins à roulette à la fin des années 70, début 80 ; d'ailleurs, il y a plein de patineurs et patineuses qui tournent autour de la Rita ; sinon, Rita, elle vous regarde du miroir où elle se regarde (ah ouais, quand même) et vous fait un clin d’œil en joyeusant ses lyrics).

D'après ce que je comprends, c'est un genre de chanson d'amour allons-y Nini destiné aux adolescents et autres vives. Le texte ne relève pas de la poésie la plus fine, mais elle efficace, la musiquette, avec son clavier électrique plom-plam-plim, ses cuivres, ses percussions et ses sifflets qu'on entend dans les ritournelles de là-bas, qu'on dirait qu'ils imitent les oiseaux exotiques à pleins d'couleurs qu'on dit qu'ils sont bigarrés quand on veut dire qu'ils sont tout pleins d'couleurs qu'on dirait des arlequins perroquets et chaipaquoi. La chanson se laisse entendre.

Elle me rappelle la vieille radio de mes parents où j'ai dû l'entendre 20 000 fois le « Lança Perfume » à Rita Lee, entre la valise RTL et une pub pour Coca-cola.

2.
Dans le genre curiosité néo-psychédélique française, tendance minimaliste passque la virtuosité, y a trop d'notes, il y a « Les Anneaux de Saturne » (qui « sont beaux » dit le morceau) de Chassol (2019). Dans le clip, y a des dessins de loups filant au son des percussions à répercussions spatiales (ça veut rien dire mais ça m'amuse) et des bizarreries à trois notes tandis qu'un trio nous lampadaire que le narrateur fuit, « poursuivi par les loups solitaires et affamés » mais qu'il entend « la musique céleste » lui « susurrer des mots d'amour ». On est donc bien content et on se reprend une crêpe à la confiture.

3.
Au chapitre XIV du roman « Le Fantôme du temple », de Robert van Gulik, Ma Jong mange des « nouilles épicées » et contemple un tatouage. Un tatoueur professionnel nous tigre à moustaches que les pigments rouges étaient très chers dans la Chine ancienne.

Ma Jong dans les bas-fonds, à la recherche du Roi (déchu, dit-on) des mendiants ; il y a des « parois vertes de moisissure qui ruisselaient d'eau par endroits » puis, c'est une « cave plongée dans les ténèbres » ; « des pierres manquaient par endroits et d'épaisses toiles d'araignées pendaient dans les cavités. » Ah non, ce n'est pas un endroit pour une danseuse de ballet.

« Le Fantôme du temple », de Robert van Gulik traduit par Anne Krief, il y a un fantôme dedans, - sinon, ça s’appellerait pas « Le Fantôme du temple » que même, à un moment, quelqu'un évoque « la dame blanche », me semble-t-il, à moins que le rêve me rêve.

4.
Dans le poème « A distance », Henri Michaux imprécationne et maudit en cadence ; ça fait vers courts et répétitions. C'est qu'il s'agit de se faire oublier. Par qui ? La Mort ? L'envoûteuse, la maléfique, celle des « clous de tes doigts / des clous de tes desseins sur moi ».

C'est qu'il s'agit de lui faire la guerre : « Machines sur toi / à dévaster / à rompre / à étendre / à abattre / à affoler ». Et c'est pas évident de la combattre, celle à « l'interminable langue », et apparemment, vaut mieux agir « à distance », - sorcellerie ?

Le poème « A distance » se hot-cleube à la page 77 du volume Poésie/Gallimard n°194 intitulé « A distance suivi de Annonciation ». J'aime bien Henri Michaux, c'est rythmique souvent ; ça percute et palpite ; du loup battant.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2023.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité