POP SONGS JAZZ ET DROMADAIRE
POP SONGS JAZZ ET DROMADAIRE
1.
« Kids in America » is a song recorded by English pop singer Kim Wilde. It was released in the United Kingdom as her debut single in January 1981 », nous angliche Wikipedia. Synthé-pop efficace à faire guincher les gisquettes dans les boîtes et à émouvoir le lycéen boutonneux des classes qui n'allaient pas en vacances et dont l'un des grands luxes était de regarder les clips à la télé. Je regarde le joli visage de la chanteuse dans la lumière bleue. Je me demande ce qu'ils ont fait, depuis 1981, les « Kids in America » (« New York to east California/ There's a new wave coming, I warn ya », qu'elle chantait, Kim Wilde). C'est vrai qu'entre-temps il y a eu quelques guerres.
Entendu sur l'essentiel You Tube une version très tonique et marrante et électrique du « Kids in America » de Kim Wilde par Shaka Ponk, l'un des meilleurs groupes de rock français de tous les riffs et remets-moi donc « Satisfaction ». Apparemment, ça date d'il y a une bonne dizaine d'années et c'était dans le cadre des Live du Figaro.
2.
Ah tiens, « Take Five », de Dave Brubeck. L'élégance du jazz. Le thème si chantant joué par Paul Desmond au sax alto, la formidable sobriété du solo de piano de Dave Brubeck, la virtuosité toute en retenue du solo de batterie de Joe Morello, tout ça soutenu par la basse d'Eugene Wright. Chef d’œuvre que l'on écoute au lieu d'écouter les politiques ânonner comment ils vont nous sortir du bourbier où ils nous ont eux-mêmes fourrés.
3.
« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage »
Se fument un p'tit joint because qu'i s'font chier.
(d'après Baudelaire, et sur l'air de « Si j'avais un dromadaire »)
4.
« Common people » est l'une des meilleures chansons de la fin du 20ème siècle (1995, je crois), nous la devons au groupe anglais Pulp et à l'ironie de Jarvis Cocker. On en connaît le sujet : le narrateur issu d'un milieu modeste rencontre une étudiante d'un milieu favorisé qui lui confie sottement qu'elle aimerait vivre comme les « gens ordinaires ». Le narrateur l'emmène dans un supermarché, et lui explique ce que pourrait signifier pour elle vivre comme les « gens ordinaires » :
« Rent a flat above a shop
Cut your hair and get a job
Smoke some fags and play some pool
Pretend you never went to school »
Et bien sûr, la nuit, contempler les cafards qui escaladent les murs.
Conclusion :
« Laugh along with the common people
Laugh along even though they're really laughing at you
And the stupid things that you do
Because you think that poor is cool. »
Cette chanson, j'espère qu'elle est étudiée dans bien des collèges et lycées anglais et français. D'utilité publique. Politique et de bon sens. Le clip, très esthétique, qui l'illustre avec ces jeunes filles minces qui dansent d'une façon si faussement vulgaire, ces détails de la vie quotidienne des gens ordinaires, cette petite fille riche qui découvre les supermarchés comme un « nouveau monde » sur la musique entêtante et moqueuse du groupe Pulp, est un petit bijou.
Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2023.