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BREFS ET AUTRES

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22 mai 2023

LISANT DU PHILIP K DICK ECOUTANT LES WHITE STRIPS

LISANT DU PHILIP K DICK ECOUTANT LES WHITE STRIPS

1.
… à parler des soucoupes volantes... un bon bout de temps à parler des soucoupes volantes, comme si ça m'intéressait alors que je la reluquais la jolie avec son joli et ses jolis hein et que je me disais aussi que ce que j'entendais, le rock des White Stripes, il était vraiment excellent, le rock de Jack et Meg White.

2.
Me demande pourquoi Philip K. Dick a flanqué soudain à sa phrase « des larves de serpents » qui « se tordaient toujours », quelque chose avait dû m'échapper tandis que la guitare de Jack White saturait bien blues et que la fille, la fille quelle fille

3.
… quand vous l'aurez, vous n'aurez rien... comme ça qu'on finit... (bien content je contemplais... avec que dalle... sac d'os ne possède rien... la pochette de « De Stijl » des White Stripes)... rien dans le trou... dans les poches, les trous... aux chaussettes aussi.

4.
… peut-être mais ce n'était pas certain... la jolie causait encore soucoupes volantes... (je contemple la pochette aux rectangles... les OVNIS, une manifestation d'un univers parallèle, crois-tu... blancs et rouges à la Mondrian de la pochette de « De Stijl »)... pas certain.

pas certain, mon cul, qu'elle dit, qu'elle avait bien... faut bien qu'ils viennent de quelque part... d'un univers parallèle, je te dis, qu'ils viennent, tu peux me croire (elle se reversa à boire)... dans ma tête sautillaient un petit Jack et une petite Meg sur le bon vieux rythme du rock n' roll...

5.
Est-ce bien sérieux à 59 balais de lire des romans de Philip K. Dick et d'écouter du rock n' roll ? qu'ils me firent alors les poissons à gros yeux tournants autour de moi dans la pièce d'où Machine s'était barrée avec ses soucoupes volantes.

Surtout que pendant que je dévore mon Philip K. Dick et me gave de ritournelles électriques, mes collègues du lycée général passent, j'en suis sûr, leurs soirées à méditer les plus belles pages de Proust en comparant différentes interprétations du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov.

Ça, c'est pour ceux qui ne sont pas mariés. Sinon, font comme tout le monde, regardent un truc ou l'autre à la télé en attendant que ça se passe.

6.
Retenir la page 166 du volume, il y a une citation à faire... Sinon, le personnage du roman de Philip K. Dick s'appelle Jason Taverner, et personne ne le reconnaît plus alors qu'il était si célèbre où ça ? Histoire d'univers parallèle, tu penses ?

Toutes les parallèles finissent-elles par se rejoindre en un point, genre point aleph ou je ne sais quoi... la matière comme une infinité de lignes finissant par se rejoindre en un point... une infinité de lignes s'étant déjà résolues en un point qui lie l'infini des univers... une infinité de lignes sans début ni fin ni centre s'étant déjà résolues, se résolvant, et filant vers leur résolution comme si ce point était sans exister.

Le chat de Schrödinger joue-t-il avec les univers comme avec une pelote qui se défait à l'infini ?

7.
Il y a une réponse page 172 une réponse page 172 page 172 page 172 se répétait-elle, sortant de l'immeuble dans laquelle elle l'avait laissé avec le disque des White Stripes et ses spéculations fumeuses jusqu'à ce que, surgi de l'ombre près du guéridon à abat-jour, le couteau.

8.
Il y a dans le disque « Elephant » des White Stripes un morceau où la guitare, elle barrit on dirait que je sais pas c'est peut-être ça qui... ou alors c'est dans un des textes mais comme je poutre en angliche (je l'ai déjà dit ça), même que j'écoute du rock anglo-saxon pour ne pas être gêné – surtout quand je lis - par toutes les sottises qu'elles peuvent dire les chansons quand elles sont chantées en français (y a pas plus démagogique qu'une chanson de la chanson française dite « à texte ») alors je sais pas, mais y a comme un barrissement de bestiau dans un des morceaux de l’excellent « Elephant » des White Stripes, l'album où il y a la chanson que j'aime bien là « Well It's True That We Love One Another » même qu'après zont l'air bien contents Jack et Meg White, même que Meg elle dit « Let's celebrate »

Patrice Houzeau
Malo, le 22 mai 2023.

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22 mai 2023

RISQUES ENORMES ET AUTRES AVANIES

RISQUES ENORMES ET AUTRES AVANIES

1.
Le président Macron est un vrai technocrate : il veut arriver à nous faire croire à l’illusion du plein emploi alors que les gens qui danseront devant le buffet en effectuant un stage bidon entre une formation bidon et un SNU obligatoire seront de plus en plus nombreux.

Ni SNU, ni Pacte. La Macronie fait n’importe quoi. Les projets de Pap Ndiaye sont encore plus sots et menaçants que ceux de Blanquer.

Le SNU est un endoctrinement coûteux et contraire à la façon dont bon nombre de Français vivent la République. Les enfants n’appartiennent pas à l’Etat, et le rôle de l’Etat n’est pas de les « éduquer », mais de leur fournir l’enseignement nécessaire à l’exercice d’un métier (c’est le rôle premier de l’école). Avec le SNU, nous voilà au stade ultime de la fameuse, hypocrite et délétère « éducation à la citoyenneté » : les chantiers de jeunesse. Pouah, ça pue le néo-pétainisme à plein nez.

2.
19 mai 2023. Non seulement Bakhmut n’est pas tombé, mais il se pourrait que Prigojine se rende maintenant à l’évidence que Wagner est peut-être bien tombé dans un piège tendu par les forces ukrainiennes mais aussi par les forces russes régulières.

3.
France Bleu nous apprend le 30 avril 2023 qu’une adolescente porte plainte pour une agression sexuelle qui se serait déroulée dans le cadre du SNU. Sans préjuger des résultats de l’enquête, il n’est pas nécessaire d’avoir la « pensée complexe » à Macron pour comprendre que la généralisation du SNU signifiera arithmétiquement une augmentation des plaintes en tout genre.

Alors que la rentrée 2023 sera de nouveau dégradée en raison des postes non pourvus et des conséquences des sottes réformes Blanquer/Pap Ndiaye, il semblerait qu’en dépit de la dette publique et de l’inflation qui pourrit le quotidien des Français les plus modestes, la Macronie s’apprête à arroser chefs d’établissement et enseignants de primes récompensant leur engagement en faveur du SNU. Affligeant.

4.
Je ne sais pas si vous le constatez comme moi, mais il semble que le nombre de morts prématurées et sans raison apparente semble augmenter ces temps-ci. Un employé des pompes funèbres avec qui j’ai discuté m’a dit partager ce ressenti. Effets secondaires du vaccin anti-covid ? Poursuite à bas bruit de la pandémie ? Je m’interroge. Je précise que je sais bien que sans le vaccin, le nombre de morts du covid aurait été beaucoup plus important.

5.
19 mai 2023. Paraît que Peskov a reconnu aujourd’hui que la politique démographique de la Russie était un échec. La bonne blague ! les Russes ne vont pas se mettre à faire des enfants pour qu’un Poutine quelconque en fasse de la chair à canon.

6.
Dans le conflit russo-ukrainien, l’heure de vérité approche. L’Occident va bientôt livrer des F-16 à l’Ukraine, ce qui complétera l’arsenal de plus en plus efficace des armes occidentales. La défaite de Poutine est proche. Comment va-t-il réagir ? La Chine va-t-elle à son tour rentrer en guerre (ce qui déclencherait la troisième guerre mondiale) ? A défaut d’allié sur le terrain, Poutine va-t-il jeter la Russie et l’Europe dans un brasier nucléaire ?

7.
Nuit du 19 au 20 mai 2023. On dit que les Wagner mettent le paquet en bombardements pour prendre le contrôle total de Bakhmut (ils auront ainsi gagné un champ de ruines et subi ces derniers mois de lourdes pertes).

8.
Il est clair que Poutine fascine autant les vieux crapauds du stalinisme que les crapules de l’extrême-droite la plus rance, sans compter les agités du bocal.

9.
20 mai 2023. La Russie réagit à l'annonce de la prochaine arrivée des F-16 dans l'arsenal ukrainien en évoquant les « risques colossaux » que prendrait l'Occident. Quels « risques colossaux » ? Une attaque nucléaire ? La riposte serait immédiate et massive.

10.
Que ce soit un avion de la république française qui ait amené la délégation ukrainienne et le président Zelensky au sommet du G7 de Hiroshima prouve que le président Macron a choisi son camp. Oui, il faut soutenir l'Ukraine et lui fournir les moyens de chasser les forces russes de son territoire.

Nous n'avons pas le choix : ne pas soutenir l'Ukraine et laisser Poutine faire ce qu'il veut en Europe reviendrait à admettre la faiblesse des démocraties libérales devant la montée des autoritarismes impérialistes. Ce qui reviendrait à creuser notre propre tombe.

11.
Il a fallu plus de 9 mois aux Wagner pour détruire Bakhmut, encore ont-ils fini le massacre par des bombardements massifs. A ce rythme-là, ce sont les petits-fils des petits-fils des mercenaires à Prigojine qui iront se faire découper en rondelles devant Kiev, si la Russie existe encore.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 mai 2023.

20 mai 2023

ET EST-CE QU’ILS AIMENT LES VIVANTS ?

ET EST-CE QU’ILS AIMENT LES VIVANTS ?

1.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quadruppani, « Le camion d’oncle Otto », in « Brume, (La Faucheuse) », J’ai Lu n°2579. Thématique de l’objet hanté et vengeur. Epouvante à tendance grotesque (non, l’huile de moteur n’est pas comestible). Que se passe-t-il entre les plis du temps ? Ce que nous ne pouvons voir et qui nous hante.

Dans ses notes de fin de volume, Stephen King écrit : « Le camion existe vraiment, et la maison aussi ; j’ai raconté l’histoire que je me racontais à leur sujet pour passer le temps au cours d’un long voyage en voiture. »

2.
Stephen King, « Livraisons matinales » et « Grandes roues… » in « Brume, La Faucheuse », aussi intitulées « laitier n°1 » et « laitier n°2 » : le loser contre le tueur en série. Bières et ressentiments contre meurtres gratuits et sophistiqués. Chacun de ces trouducs n’est jamais qu’un bipède prédateur à sa manière, d’une espèce différente, comme serpent et araignée. On peut comprendre que certains lecteurs n’aiment pas Stephen King pour cette lucidité. Je lui rends grâce, moi, à cette lucidité : que les bipèdes qui se croient créés par on ne sait quel bricoleur de génie appelé dieu, soient capables du meilleur comme du pire est une évidence, et que le pire, en fin de compte, finira par fiche l’espèce dite humaine au fin fond du définitif est aussi fatal que la petite moustache à Hitler. C’est ce que la littérature nous rappelle, qu’on sait déjà, qu’on ne veut pas s’avouer, parce qu’on est hypocrite. Et voilà tout.  

Citation :
« Il avait commencé à voir de drôles de choses aux limites de son champ de vision. La plus persistante était, dans le coin le plus éloigné, un énorme insecte enveloppé dans de la soie d’araignée. »

3.
Pendant que j’bouquine du Stephen King, il y a « La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz », de Luis Bunuel qui passe en espagnol. Comme je poutre en espagnol itou, ça ne me dérange pas du tout, ça fait comme de la musique qui accompagne ma lecture que l’on devine rapide.

4.
Stephen King, « La ballade de la balle élastique ». Elfes et folie. Ça cause aussi littérature : d’où vient l’inspiration ? La littérature peut-elle mener à la folie ou est-ce la folie qui ? La folie qui La folie qui folie qui folie qui On s’y laisserait prendre n’est-ce pas ? Cas de double folie ici : celui de l’auteur et aussi celui de l’éditeur. La nouvelle évoque aussi le conspirationnisme, autre nom pour la paranoïa. Jadis, les Occidentaux avaient peur du péril communiste, maintenant ils fascinent leurs angoisses en accusant les appareils électriques de troubler le cerveau, les vaccins de tuer, les milliardaires de comploter contre l’humanité, les mondialistes, les migrants, l’OTAN, l’UE, les « chemtrails », voient des nazis partout et voient en l’assassin Poutine un « sauveur de l’humanité ». Bref, la déraison court les rues et les réseaux sociaux, et bien entendu, comme dans l’excellente nouvelle de Stephen King, cela pourrait tourner mal, très mal.

Citation :
« - C’est très intéressant, dit l’écrivain, poursuivez votre raisonnement un peu plus loin, si ça ne vous ennuie pas. Quand donc la part irrationnelle s’arrête-t-elle en fait de jouer avec le pistolet pour le retourner contre elle-même ? »

5.
Pendant que je poissonne d’avril en mai ces lignes, j’entends cette phrase du film « Le Fantôme de la liberté », de Luis Bunuel, prononcée par le personnage d’un gendarme : « L’usine à gaz vient de sauter. Alerte générale ! » C’est rien ; ça m’amuse.

« Le Fantôme de la liberté », de Luis Bunuel (1974). Suite de scènes surréalistes basées sur les paradoxes : on signale la disparition et recherche une petite fille qui est pourtant là ; les photos choquantes ne le sont pas pour le spectateur mais le sont pour les personnages ; il y a compagnie d’étranges moines, ce qui est toujours amusant si l’on connaît l’étymologie du mot « moine » ; un condamné à mort signe des autographes ; la revenante donne un coup de téléphone et un rendez-vous : « il s’agit de comprendre le véritable mystère de la Mort », laquelle Mort est le sujet du film. Et puis, il y a le zoo, le zoo tandis que l’on entend des coups de feu qui font écho aux fusillades des pelotons d’exécution dans l’Espagne occupée par les troupes de Napoléon.

6.
Je viens d’entendre sur LCI le participe adjectivé « stagnées » au lieu de l’attendu « stagnantes » (je cite : « … les choses ne sont pas aussi stagnées que… ») : Influence anglo-américaine sur la formation des mots.

7.
La nouvelle « Le chenal » termine le second volume de « Brume ». Plus poétique que fantastique. La maladie, les souvenirs, la mort, la perspective d’un autre monde... Très beau texte, très mélancolique et très humain, destiné à devenir un classique.

Citation :
« Ce sont peut-être bien les questions du Chenal : Est-ce que les morts chantent ? Et est-ce qu’ils aiment les vivants ? »

Patrice Houzeau
Malo, le 20 mai 2023.

19 mai 2023

JE N'AIME PAS LA POESIE JE PREFERE LA TARTE AU RIZ

JE N’AIME PAS LA POESIE JE PREFERE LA TARTE AU RIZ

En écoutant l’épatant - mais si, tant que ça - « Duck Stab » des Residents

1.
Alors avec sa petite jupe toute simple
Elle avec sa petite jupe toute simple et sa moustache elle
Arriva avec sa petite jupe toute simple elle
Et sa moustache et sa petite jupe toute simple elle arriva et
Vit avec ses grands yeux et sa petite jupe toute simple vit
Le crâne elle fit Oh et sa moustache tomba alors laissant le
Crâne elle repartit dans sa petite jupe toute simple mais sans sa moustache, qui était bien fausse, allez.

2.
On ne prend pas les dieux avec les yeux. Ça rend aveugle.

3.
« ce bonheur qui n’est pas illusoire et de passage »
(Jacques Chardonne, « Claire »)

Ce bonheur c’est pas du thon (en boîte) ce
Bonheur c’est pas du thon (en boîte) ni des sardines
Qui c’est-y qui a dit que le tsar dîne à l’huile Non Non Non ce
N’est pas ce bonheur du thon (en boîte)
Pas du thon (en boîte) pas d’la beuh (en boîte) pas d’la bière (en boîte) pas
Illusoire ce bonheur pas du thon (en boîte) ce bonheur
Et moi je sais pas non plus moi qui tranche de thon et ne sais que dire
De ce bonheur qui n’est pas du thon (en boîte) sous le lent
Passage des nuages, qu’on dirait des baleines toutes gondolées.

4.
Si vous pensez que l’on ne vous reconnaîtra pas parce que vous êtes venu sans tête, vous vous mettez le doigt de votre main perdue dans l’œil de votre absence.

5.
« sur sa chaise longue avec une exclamation de joie »
(Jacques Chardonne, « Claire »)

Sur sa chaise longue avec une kalach sur
Sa chaise longue avec une kalach elle attend plus sur sa
Chaise longue avec une kalach elle attend plus
Longue brune et pourtant sans tête sur sa chaise longue
Avec une kalach et sans tête Juste
Une longue et pleine de sang et sans tête avec une kalach
Exclamation : oh une kalach !  Alors
De la main morte on prend la kalach tandis que dans la maison d’à-côté la
Joie de vivre se fait dépouiller secouer démembrer égorger par la vodka de passage dans votre pays.

6.
Les gens qui écrivent des vers, qu’on lira pas, au lieu de faire des tartes au riz, qu’on mangera, ne méritent pas que les bananes n’aient pas d’os dedans.

7.
Je n’aime pas la poésie surtout s’il y a des os je préfère je
N’aime pas la poésie surtout s’il y a des os je préfère les moules je n’aime
Pas la poésie surtout s’il y a des os je préfère les canards je n’aime pas
La poésie surtout s’il y a des os je préfère je n’aime pas la
Poésie surtout s’il y a des os je préfère ne pas en écrire car
Je n’aime pas la poésie surtout s’il y a des os je
Préfère la tarte au riz surtout quand
La tarte au riz joue de l’harmonica et quand la
Tarte au riz joue de l’harmonica quand la tarte
Au riz joue de la guitare quand la tarte au
Riz joue de la guitare et chante en angliche bin c’est bien.

8.
Je préfère les chansons en angliche car je poutre complétement en yaourt.

9.
« La neige éphémère est jolie sous nos climats. »
(Jacques Chardonne, « Claire »)

La neige éphémère est blanche mais il y a du sang sur la
Neige éphémère qui est blanche et qui est
Ephémère et blanche mais il y a du sang sur la neige qui
Est jolie aussi la neige éphémère et blanche mais il y a du sang sur la
Jolie neige éphémère et blanche comme un jupon mais il y a du sang et
Sous la neige éphémère on retrouvera
Nos voisins tout à fait morts quand les
Climats fondront la neige on retrouvera la tête de la fille à la kalach.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 mai 2023.

19 mai 2023

ZELENSKY AU G7 : UNE CLAQUE POUR POUTINE

ZELENSKY AU G7 : UNE CLAQUE POUR POUTINE

1.
19 mai 2023 :
Volodymyr Zelensky au G7 (cette année au Japon) : un camouflet pour Poutine.
Les Etats-Unis permettraient aux pays européens de fournir des F-16 à l’Ukraine.
Le G7 s’apprêterait à prendre des sanctions visant le commerce des diamants russes.
L’Ukraine prépare une contre-offensive. Les missiles hypersoniques russes sont interceptés et détruits.
Poutine étrangement passif. La Russie est isolée. Ni la Chine, ni la Biélorussie ne semblent vouloir d’une troisième guerre mondiale.

2.
Le problème n’est pas de savoir si l’Ukraine gagnera, mais de savoir quand Poutine acceptera sa défaite.

3.
19 mai 2023. « Les diamants russes ne sont pas éternels » (Charles Michel, Président du Conseil européen). La Belgique favorable aux sanctions sur les importations de diamants russes.

Bien entendu, certaines sanctions sont contournées par la Russie, mais les Russes sont obligés de brader leur pétrole et leur gaz aux BRICS. En réalité, la Russie perd de l’argent chaque jour.

Et au prix des missiles hypersoniques qui ne sont pas hypersoniques du tout, sans compter le coût humain et financier de la sale guerre de Poutine en Ukraine, il est à penser que la Russie va droit à des difficultés économiques majeures.

4.
19 mai 2023. Le général de Bavinchove vient de dire sur LCI qu’en Ukraine « l’armée russe ne veut pas se battre et ne se bat pas ». Possible (sinon probable) que beaucoup d’officiers russes n’ont pas voulu et ne veulent pas de la sale guerre de Poutine.

5.
Les salaires minimums sont nécessaires dans les pays développés car ils servent à soutenir la consommation et donc la production. Dans les pays peu développés et qui dépendent de l’aide internationale, ce n’est pas la question du salaire minimum qui se pose, mais celle de la survie.

En effet, le salaire minimum n’est pas une mesure contre la pauvreté, mais une mesure de soutien, compensée par les recettes fiscales. C’est en amont du cycle qu’il faut agir, pas quand la maison brûle (trop tard et en grande partie vain). Du reste, assurer une maison n’empêche pas l’incendie.

6.
L’une des grandes qualités des Etats-Unis, c’est qu’ils savent garder le secret sur l’état de leur technologie militaire (ils ont même inventé la diversion « OVNI » pour cela). Je parie assez que l’armée américaine reste bien plus puissante que toute autre au monde.

7.
Les missiles hypersoniques russes ne seraient pas si indétectables et invincibles que ça. On se demande même s’ils sont réellement « hypersoniques ». Autrement dit, Poutine tente d’enc…. l’OTAN avec des suppositoires géants. Ça va pas marcher.

8.
En déclarant le 5 mai 2023 sur France Info que dès septembre (à la rentrée donc), 80 filières du tertiaire seront supprimées dans les LP, qu’a cherché à faire Pap Ndiaye ? On ne sait pas. Boulette ? Machiavélisme à la Blanquer ? Nudge ? Incompétence ? Drôle de binz.

9.
Non, Macron n’est pas Hitler. Macron est désinvolte (état de l’hôpital public à la veille de la pandémie du covid, dette publique…), Macron est influençable et naïf (affaire Benalla, soi-disant relation privilégiée avec Poutine,…), Macron est imbu de lui-même (la fameuse « pensée complexe »), Macron est autoritaire (réforme des retraites, réforme Blanquer), Macron est arrogant, brutal, vulgaire, étrangement tactile (bien des photos et des « petites phrases » le prouvent), mais c’est un démocrate. Incompétent, mais démocratiquement.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 mai 2023.  

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19 mai 2023

ET BIENTÔT PLOUF ET GLOUGLOU

ET BIENTÔT PLOUF ET GLOUGLOU

1.
L'argument du président Macron selon lequel pour pouvoir continuer à investir dans le secteur public, il faut produire plus de richesses et donc qu'il faut impérativement que les gens travaillent plus longtemps est intéressant car tout d'abord étrange : le départ à la retraite ne supprime pas le poste de production et le salarié parti peut être remplacé...

A moins que le président Macron s'imagine que, d'ici quelques années, les créations d'emplois seront telles en France que le marché du travail absorbera tellement tellement tellement de main d’œuvre que celle-ci ne suffira à produire le volume de richesses attendues qu'en augmentant toujours plus le nombre de salariés et d'heures de travail. Mais là, à mon avis, il se fiche le majeur de la main invisible du marché dans l’œil et il semble oublier les impondérables (d'ailleurs annoncés : guerre économique et technologique, tensions internationales, conflits post-coloniaux, raréfaction des ressources, soucis climatiques, pandémies diverses, intensification migratoire et montée des radicalités, cycles boursiers, poids de la dette...)

En bon libéral, il semble que le président Macron pense que l'intensification des échanges et des interdépendances suffira à éviter le pire. Cela paraît logique et j'y ai cru longtemps moi aussi. La sale guerre de Poutine en Ukraine prouve le contraire : il n'y a pas plus de rationalité dans la macroéconomie qu'il y en a dans la tête de la plupart des chefs d'Etat. 

Autre hypothèse : l'Etat réel de l'économie française est peut-être tel que le président Macron n'a pas d'autre choix que de tenter de mettre le plus vite possible le plus de gens possible au travail, sinon quoi, ce serait le bouillon ?

2.
En fin de compte, le Parti socialiste aura surtout servi à promouvoir une version light du libéralisme et Macron n'est bien sûr pas plus de gauche qu'un moule à gaufres. Par contre, il est de plus en plus libéral, économiquement parlant, le roi du « en même temps ».

3.
16 mai 2023. Russie. De nouveau, le rouble repart à la baisse par rapport à l'euro et au dollar (1 euro = 87, 68 roubles ; 1 dollar = 80, 74 roubles). L'indice RTS en baisse.

16 mai 2023 La fuite des capitaux russes ne serait pas une légende... Écho d'une arrestation par le FSB à l'aéroport de Domodedovo (sud-est de Moscou) d'un homme qui aurait tenté de faire sortir deux lingots d'or de Russie (valeur : environ 126 millions de roubles). Source : @RebeccaRambar.

Le maigre défilé du 9 mai 2023, les lamentations, les colères et les pertes importantes de Prigojine, l'enlisement des forces russes en Ukraine, beaucoup d'images fuitant montrant la désorganisation du pays, voire ses dissensions... Suis-je le seul à trouver tout cela étrange ?

Et si tout cela servait à Poutine de préparation de la population russe à un argumentaire du type : « Regardez ce que l'OTAN et l'Occident font à notre pays ; nous allons donc réagir rapidement et violemment ».

Ce qui donnerait alors à penser que Poutine, ne voulant pas s'avouer vaincu, serait prêt à sacrifier la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dans une attaque désespérée qui serait inéluctablement suivie par une riposte très forte de la coalition qui désormais sait que l'Ukraine vaincra. Perspective inquiétante.

Autre hypothèse : Poutine sait parfaitement qu'il a perdu sa guerre en Ukraine et ne sait plus comment sortir du bourbier qu'il a lui-même créé. Tâtonnerait-il ?

Note : il ne faut pas oublier non plus qu'il est possible que Poutine ne soit pas  du tout du tout du tout aussi intelligent que certains l'ont dit...

Il se pourrait aussi que les missiles hypersoniques à Poutine soient moins hypersoniques que Poutine l'a cru (puisqu'on lui a dit). Les petits bonshommes de chaipaou à Jean-Pierre Petit auraient-ils raconté des craques ou ne seraient-ils que d'interstellaires zozos ?

4.
France métropolitaine : Nombre d’inscrits à Pôle emploi et « tenus de rechercher un emploi » (catégories A,B,C) au 1er trim. 2023 : 5 089 600 (2 801 400 sans emploi ; 2 288 100 exercent une activité réduite) : Non, Macron n’est pas un génie. (source : Pôle-emploi.org)

Et je ne parle pas de l’effondrement du niveau de vie de bien des gens qui ont un travail et qui ne s’en sortent plus…

5.
Réforme des retraites… 43 annuités. C’est du 64 ans +++ assuré pour beaucoup (65, 66, 67 ?)… Article 40… Borne tire sur la corde à ressentiments… Macron se prend pour un grand homme… qu’ça chute, chute, chute, vertical !

Quant à Pap Ndiaye, le voilà obligé de gérer les effets secondaires de la sotte réforme Blanquer et se prépare à ce que le Pacte fasse plouf et glouglou.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 mai 2023

18 mai 2023

DE LA PROSE QUI PERTURBE AH AH AH

DE LA PROSE QUI PERTURBE AH AH AH

1.
Luis Sepulveda traduit par François Gaudry, « Le Neveu d'Amérique » (« Points »). Notes, souvenirs. Parfois terrible quand il évoque la dictature et le Chili con carnage de Pinochet (« Le pire arrivait, à peu près tous les quinze jours, quand on nous emmenait au régiment Tucapel pour les interrogatoires »), parfois mélancolique et plein d'un humour souvent anarchisant. Chapitres souvent courts, livre bref et tonique. L'histoire de l'enfant au dauphin (chapitre 6 de la 3ème partie) est particulièrement émouvante. Le productivisme fait aussi le malheur des gens.

2.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quaddruppani, « L'image de la Faucheuse » in «  Brume (La Faucheuse) », J'ai Lu n°2579. Variation sur le thème du miroir maudit. Une scène et son double. Le présent doublon du passé ? J'aime bien les trouvailles d’expression qu'on y trouve, dans la prose de Stephen King :

« M. Carlin gloussa, c'était un son sec comme si des os avaient cliqueté dans la soupente de l'escalier. »

La progression du recueil fait succéder au classique « L'image de la Faucheuse » par « Nona ». Impressionnant. Itinéraire à la première personne d'un tueur halluciné. Frustrations et violence, sexe, rats, possession, crypte, crime sadique... Pensées décalées :

« La vigne sporulée se contente peut-être de rêver qu'elle fornique, mais je suis sûr que la Vénus gobe-mouches déguste cette mouche, savoure sa lutte faiblissante alors que ses mâchoires se referment sur elle. » ([le narrateur]).

Après ces soixante pages horrifiques, une poésie ? Un texte de chanson surréaliste ? « Pour Owen ». Ça se passe « rue des Fruits ». Le narrateur conduit son fils à l'école et c'est amusant ces variations sur les élèves et les fruits ; mélancolique aussi, et se finissant sur une note psychédélique plutôt sympathique :

« je me garerais sous une pluie de feuilles d'octobre
et nous regarderions une banane aider la dernière
pastèque en retard à franchir ces hautes portes. »

3.
A la fin des années 70, dans les collèges et les lycées, nos professeurs regardaient avec le grand mépris très inculte dont ils étaient capables le film « Grease » ainsi que la plupart des films de divertissement américains. Les romans de Stephen King étaient très mal vus eux aussi, et l'on parlait sans rire d'impérialisme culturel et d'abrutissement des masses. Cinquante ans plus tard, « Grease » n'est certes pas considéré comme un chef d’œuvre, mais comme un film bien ficelé et agréable à regarder. Quant à Stephen King, certains de ses textes sont en passe de devenir des classiques.

4.
Ce qui sans doute fascine les lecteurs de Stephen King, c'est la variété de ses atmosphères. Il semble que l'auteur tente d'épuiser tous les thèmes de l'épouvante : des plus classiques (pouvoirs psychiques inconnus, objets, gens, animaux hantés, miroir maudit, malédictions et possessions diverses et avariées...) aux plus baroques et repoussants. Une nouvelle comme « Le goût de vivre » permet de comprendre pourquoi certains lecteurs reculent, et que d'autres se détournent de cet univers si violent pour n'y plus revenir, à la prose qui perturbe (« Ah ! Ah ! Ah ! » dit le narrateur).

5.
Henri James traduit par Jean Pavans, « Le Tour d'écrou » (Librio n°200) : Chef d’œuvre de la littérature de hantise et d’ambiguïté. Le lecteur face aux étrangetés narratives précises et fascinantes. La narratrice est-elle folle ? Ces spectres sont-ils réels, aux frontières du réel et de l'être ? Flora et Miles mentent-ils à leur préceptrice ? De quoi parle exactement Mrs Grose quand elle évoque les « horreurs » échappées de la bouche de la petite Flora ? Et évidemment que l'on pense à des abus de toutes sortes, y compris sexuels – et si la narratrice mentait ? Jusqu'à quel point les enfants peuvent-ils savoir ? A se fasciner par ce huis-clos hanté aux apparitions de plus en plus rapprochées, jusqu'à l'inéluctable que permet la langue.

Citation :

« Mais rien d'autre n'avait changé dans la nature, à moins bien sûr que l'étrange intensification de mon regard n'ait été un changement. L'or était toujours dans le ciel, la limpidité dans l'air, et l'homme qui me regardait du haut des remparts était aussi net qu'un tableau dans son cadre. » (chapitre III [la narratrice])

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2023.

18 mai 2023

EN FEUILLETANT LE CRABE-TAMBOUR DE SCHOENDOERFFER

EN FEUILLETANT LE CRABE-TAMBOUR DE SCHOENDOERFFER

1.
Quand on lit que « La sorcière ravivait la braise de leurs cigarettes pour faire plus vivant... », fort probable que la narration navigue dans le morbide à tendance où que chuis tombé là ?

2.
« décolore, use, érode, grignote... » M'arrive de songer que le Temps grouille d'une infinité d'insectes invisibles qui décolorent, usent, érodent, mitent et trouent, grignotent, engloutissent cette apparence du réel que nous appelons « présent ».

3.
« Adieu vieille Europe, que le Diable t'emporte !... » dit la chanson de la Légion... « Fou la Tête », et tous des crabes... il y en a des « Fou la Tête » dans le Crabe-tambour… têtes brûlées, chair à faits divers…

4.
« Alors tu me laisses tomber ?... Qu'est-ce que tu vas faire ?... » c'est la question... Qu'est-ce qu'on va faire ? Et que fait-on vraiment ?

5.
Si vous voyez passer un « … Vous étiez son ami... », ne lui répondez pas. C’est un conseil. Mais si vous aimez les boîtes de chocolats empoisonnés…

6.
Quand « La Mort est là, dans ce salon confortable, ... », vous pouvez lui offrir un whisky, ça ne changera rien au fatal picard.

7.
« … sur le dos d'un chameau avec toute une escorte de pillards déguenillés qui tiraillaient des coups de feu en l'air... », qu’on dirait une vignette de bande dessinée. Les romans, c'est du cinoche, du cinoche en mots pour l'oscura caboche.

8.
« … le choix de l'homme n'est pas entre ce qu'il croit le Bien ou le Mal – ce serait simple et définitif – mais entre le Bien et un autre Bien, entre deux valeurs essentielles, qui tout à coup, par une simple facétie du destin se trouvent en contradiction », dit le commandant au narrateur du Crabe-Tambour, de Pierre Schoendoerffer.... C’est ce qui nous attend… confrontations des espaces vitaux, conflits identitaires, sécessions, annexions,… alibis, expertises… poids des religions, communautarismes autocratiques, traités léonins, main mise sur les matières premières… Les raisons d’Etat de partout vont se mettre sur la gueule… les démocraties vont partir en confettis bien sanglants… les marchands de canons, superstars…

9.
« Nous écoutons les informations à la radio »... Nous avons donc besoin d’oreilles… les oreilles ne se trouvent sous le sabot d’un cheval que si un humain se fait piétiner par un équidé… ranger ses oreilles sous les sabots d’un cheval est d’ailleurs tout à fait stupide : tous les extra-terrestres à oreilles séparables qui nous visitent depuis qu'on nous dit qu'ils nous visitent le savent.

10.
« … le chef boit pour noyer un morbide démon intérieur... », raconte des histoires de fou la tête que défois on se dit « du courage... pour ne pas sombrer... » pis qu'on passe dans le rayon des glouglous pis qu'on a du mal à résister à l’appel de la bière fraîche.

11.
« Des histoires de marche à pied »... ça donne soif... Et vous ne croyez pas aux signes non plus, hein ?... « Un crabe plein d'orgueil » ... l'incendie de tout un monde... l'officier parle et raconte ; il a soif.

12.
Joues cuites.... bouffées... ça tanne... le vent se lève... Chalut glisse... pont glacé... roulis, Machin qui crève... Y a du ruisselant ... Les gens vivent, vivent, rêvent... Tous les noms de dieu, poissons, fièvres et lèvres.

13.
« Les petits marchands de soupe ambulants »... le commerce déambule ses pieds, ses bras, ses mains, son dos... bouffent le monde, les gens ont faim, toujours... une faim infinie, l'humanité...

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2023.

16 mai 2023

PAROLES PAROLES

PAROLES PAROLES

1.
Vendredi 12 mai 2023, le président Macron est venu à Dunkerque faire la promotion de l'installation d'une usine du groupe taïwanais ProLogium qui produira un nouveau type de batterie pour les voitures électriques. On parle de 3000 emplois directs et de 12000 emplois indirects.

Paraît que les Hauts-de-France vont devenir une terre de réindustrialisation dans le secteur de l'économie décarbonée (le journal Le Monde évoque des « gigafactories »). Cela signifie-t-il la création de dizaines de milliers d'emplois directs et indirects ? Si c'est le cas, alors le président Macron pourra s'enorgueillir de ce succès. Il n'en aura pas eus beaucoup.

2.
14 mai 2023. Deux colonels russes tués dans la région de Bakhmut. Le 13, les Russes auraient perdu deux hélicoptères MI-8 et deux avions (Su-34 et Su-35) dans la région de Bryansk (au nord-est de l'Ukraine).

Les Wagner semblent piétiner à Bakhmut et leurs morts s'accumulent. Prigojine dit-il la vérité et manque-t-il réellement de munitions ou essaie-t-il de faire porter le chapeau des pertes de Wagner (importantes, dit-on) à l'Etat-major ?

Dans la sale guerre de Poutine en Ukraine, il semble que la question des moyens réels de la Russie se pose. De jour en jour et vu de France, on a l'impression que les forces russes sont de moins en moins en capacité de mener sur une longue durée une guerre conventionnelle face à un adversaire de mieux en mieux équipé et déterminé.

Les Russes cachent-ils leur jeu et préparent-ils une nouvelle offensive qui prendra l'Ukraine et le monde par surprise ou n'ont-ils plus d'autre choix que d'essayer de conserver ce qu'ils ont acquis ? (et apparemment, ce n'est pas gagné).

Autre hypothèse : l'action de Poutine serait-elle limitée par des lignes rouges qu'il sait ne pas pouvoir franchir sans risquer une réponse très forte de l'Occident et de l'OTAN ?

3.
15 mai 2023. On parle beaucoup de l'importance des investissements annoncés dans l'industrie française. On verra si le président Macron est capable d'autre chose que de susciter la colère et le ressentiment.

15 mai 2023. Le président Macron évoque aussi des baisses d'impôt pour les salariés gagnant, si j'ai bien compris, entre 1500 et 2000 euros par mois. Étonnant en période d'endettement massif.

J'apprends le 16 mai que le président Macron ne sait pas comment réaliser cette baisse d'impôt et qu'il a précisé que cela se ferait quand la situation budgétaire le permettrait. Ce n'est donc probablement pas demain la veille. Paroles, paroles, paroles, bonbons et chocolats...

4.
Je me demande comment Pap Ndiaye va réussir à faire avaler la couleuvre « Pacte » aux enseignants. Beaucoup craignent que la signature dudit Pacte les rende corvéables à merci, d'autant que la part d'administratif, de paperasse, de remplissage de tableaux et de boîtes à coucous numériques tend à s'intensifier dans l'éducation nationale comme partout (et c'est idiot, et périlleux).

Suite aux annonces surréalistes du ministre Pap Ndiaye sur la disparition de certaines filières du tertiaire dans les LP et la métamorphose des PLP des dites filières en professeurs des écoles – abracadabra donc -, la CGT appelle à la grève le 30 mai 2023 dans les LP.

Les enseignants s'interrogent... surtout que si on réindustrialise, comme l'a promis, prédit, assuré le président Macron, il y aura sans doute création de nombre d'emplois indirects dans le tertiaire (et donc, qui formera les vendeurs, les secrétaires, les agents d'accueil, les personnels de service dont le secteur tertiaire aura besoin tantôt ? - et si l'idée du président Macron était de confier ces formations aux seuls centres de formation des apprentis, voire au secteur privé?).

Entendu récemment sur les ondes qu'un agité de la Macronie proposait de remplacer le SNU par le SNE (Service National Ecologique) et de le rendre obligatoire (évidemment!). Vous verrez que si ça continue, la Macronie finira par envoyer les jeunes Français et Françaises œuvrer à l'équilibre écologique de la nation en travaillant (gratuitement ou quasi) dans les fermes et les champs... ah la la, les gros sabots qu'ils ont défois, dans la Macronie...

Le président Macron est-il autre chose qu'un marchand de mauvaise soupe ? Nous le saurons bientôt. Points négatifs : endettement massif, réforme des retraites, réforme Blanquer/Pap Ndiaye. Ça, c'est ce qu'on a. Points positifs : des promesses de réindustrialisation, des baisses d'impôt. Ça, c'est ce que l'on devrait avoir... Mwouais...

5.
Je sais bien qu'il vaut mieux vivre dans une démocratie aux prisons pas très propres que dans une dictature à salles de torture, mais tout de même, ce que l'on entend dire sur l'état des prisons françaises est affligeant.

Les bonnes âmes diront qu'il faut trouver des peines alternatives, mais en ces temps de criminalité montante (non, Darmanin n'est pas un génie) et de multi-condamnés en liberté qui achèvent leur parcours en assassinant leur(s) prochain(s), me semble qu'il n'y en a peut-être pas assez de prisons.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mai 2023.

15 mai 2023

DERRIERE CERTAINES PORTES

DERRIERE CERTAINES PORTES

1.
Pierre Schoendoerffer, « Le Crabe-tambour », (Grasset, 1976).
Schoendoerffer parle de la vie militaire (ici, la marine), mais c'est surtout des heurs et des malheurs des hommes dont parle ce roman. Progrès de la maladie, affaires d'honneur, légendes et alcool (le « gwin ru » qui revient sans cesse dans les histoires de l'officier des pêches), le portrait d'un absent, le capitaine Willsdorff, rebelle dans l'âme, - un « Fou la Tête » lui aussi ? - ses chats, les souvenirs de l'Indochine et de l'Algérie, figures de disparus, de surgis du passé, de moribonds, la dernière rencontre entre celui que le narrateur appelle « le commandant » (c'est son grade) et un revenant, bien vivant encore (et certains disent que c'est un miracle). Le film est beau ; le roman tout autant.

Citation :
« Willsdorff l'a regardé fixement : « Pourquoi croyez-vous que j'aie fait fait ce que j'ai fait ? lui a-t-il dit, pour m'amuser ? » Je vous promets qu'il ne riait pas. Comme l'autre insistait, Willsdorff s'est levé. « Imbécile », a-t-il dit encore et il est sorti. Je ne l'ai plus jamais revu. »
(chapitre XXIII [le nouveau commandant au narrateur])

2.
René Char, « L'instituteur révoqué » in « Le Marteau sans maître » (Poésie/Gallimard). Évocation d'une conversation d'un groupe de trois « personnages » : le décor est « indifférent », les « échos » inconnus. Le narrateur évoque le « sang secret » et la « pierre catastrophique ». Le poème date de 1931 ; il aurait pu être daté de 1945. Prémonition ? « Je ne vous laisse rien à penser » est la dernière phrase du fragment.

Les gens échangent des phrases banales. Derrière ce rideau de syllabes, des enjeux qu'ignore la machine.

3.
Jean-Patrick Manchette, « La Position du tireur couché », Carré noir n°562. Roman noir à froid. C'est qu'on y refroidit beaucoup. Glaçant, fascinant, humain. Prose objective, behavioriste, pas de psychologisme, les faits, le réel, celui qui assassine. Tentative de portrait d'un tueur à gages en proie à un réel masqué.

Citation :
« Je n'ai jamais vu des êtres pareils, observa-t-elle. Mais tu es comme eux ? Ou bien non ? (Soudain sa voix et son regard étaient redevenus incertains.) »
(chapitre 12, [Anne à Terrier])

4.
Stephen King traduit par Michèle Pressé et Serge Quadruppani,« Mémé », in « Brume (La Faucheuse) », J'ai Lu n°2579. Horreur domestique, puisque l'on sait que derrière certaines portes... Pas pour rien que le recueil s'appelle « La Faucheuse ». Aussi de ce qui se passe dans les têtes qu'elle cause, la prose d'épouvante de Stephen King, aussi des livres cachés, des enfants qui naissent quand même, de sorcellerie, du môme George et de la vieille femme qui va mourir, qui meurt, et...

Citation :
« George demanda à sa mère pourquoi et elle répondit :
« Je crois que la possession de ces livres était devenue aussi importante pour elle que d'avoir des enfants. »

Le lecteur notera que ce n'est pas parce que l'on a un polichinelle dans le tiroir que l'on ne peut pas avoir un cadavre dans le placard.

5.
Stephen King, « Sables », in « Brume (La Faucheuse) », Nouvelle de science-fiction. Dévoration. C'est que les sables bouffent tout. Les sables du temps aussi – tout est « plein de sable », tout est « atteint de la fièvre des Beach Boys ». J’extrapole le Shapiro. Reviennent d'anciennes images et des noms d'il y a des lunes. A noter, cet art de la parenthèse en italiques qui rend compte de la pensée soudaine du personnage :

« A ce moment même, il vit un délicat ruisselet de sable glisser le long du flanc de l'une d'entre elles [des dunes]. Comme si elle avait entendu.
(entendu ce que je pensais). »

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2023.

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